Procès en France et en Belgique - Ennemis de l’Empire

Par Jean-Claude Paye pour le réseau Voltaire, le 19 juillet  2008

Les enjeux du procès des « filières kamikazes », qui vient de se dérouler en Belgique, comme celui dit des « filières irakiennes », qui a lieu en France, ne sont pas seulement internes à ces pays, mais s’inscrivent dans un nouvel ordre de droit mondial. À travers ces procès, la Belgique et la France tentent d’installer un jurisprudence permettant de satisfaire les exigences de Washington : pouvoir désigner comme ennemi tout ressortissant d’une nation avec laquelle les États-Unis ne sont pas en guerre, le faire condamner par les tribunaux de ce pays ou se faire remettre cette personne afin qu’elle soit incarcérée et jugée aux Etats-Unis. Ces deux procès représentent un pas supplémentaire dans l’intégration des systèmes judiciaires de ces deux pays européens dans un ordre juridique globalisé sous direction américaine.


Le 16 octobre 2006, le président Bush signe le Military Commissions Act of 2006.

Inscription de la notion d’ennemi dans le droit pénal

La loi antiterroriste US, le Military Commissions Act of 2006 donne au président des États-Unis le pouvoir de désigner, comme ennemis, ses propres citoyens ou tout ressortissant d’un pays avec lequel les États-Unis ne sont pas en guerre. On est poursuivi comme « ennemi combattant illégal » non pas sur des éléments de preuve, mais simplement parce qu’on est nommé comme tel par le pouvoir exécutif états-unien. Cette notion, qui avait été introduite au lendemain du 11 septembre dans l’ordre de droit des États-Unis par un arrêté présidentiel, a été intégrée dans la loi en 2006. Ainsi, cette incrimination ne fait donc plus référence à une situation d’urgence, mais devient permanente et constitue la base sur laquelle se construit un nouvel ordre juridique mondial.

Dans le cadre de l’Executive Order de 2001, cette notion permettait de poursuivre ou d’incarcérer, sans inculpation, tout étranger, capturé sur les champs de bataille d’Afghanistan et d’Irak ou simplement vendu à l’armée US par des mafias locales.
La loi de 2006 étend considérablement la notion « d’ennemi combattant illégal », puisqu’elle porte non seulement sur les étrangers capturés ou achetés sur le champ de bataille, mais concerne tout États-unien ou étranger n’ayant jamais quitté son pays d’origine. Si les États-uniens inculpés sur base de la notion d’ennemi combattant illégal, doivent être déférés devant des juridictions civiles, ce n’est pas le cas des étrangers, qui peuvent être jugés devant des « commissions militaires ».
Les commissions militaires sont des tribunaux spéciaux, tellement liberticides qu’ils violent le code militaire lui-même. Le prévenu n’a pas le choix de son avocat. Ce dernier est un militaire désigné par le président. Celui-ci nomme également les juges militaires et détermine quel degré de torture, pardon de « coercition physique », peut être appliqué au prisonnier. Ce dernier n’a pas non plus accès aux éléments de preuve, si elles sont classées « secret défense ». Bref, cette procédure n’accorde aucun droit à la défense et supprime toute séparation des pouvoirs.

Le Military Commissions Act of 2006, loi de portée internationale, n’a été contestée par aucun État. Au contraire, nous voyons que l’ordre de droit des autres nations s’adapte pour satisfaire d’éventuelles demandes d’extradition, basées sur cette loi. Tel est l’enjeu fondamental du procès des « filières kamikazes » qui s’est déroulé, en première instance et appel, en Belgique, ainsi que celui, en France, des dites « filières irakiennes », dont seulement la procédure de première instance est terminée.

Le procès des « filières irakiennes » en France

Le 14 mai 2008, le tribunal correctionnel de Paris a condamné les sept membres, six Français et un Algérien, de la dite « filière irakienne du XIXe arrondissement », à des peines de 18 mois à sept ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », c’est à dire pour avoir formé ou participé à une filière de recrutement et d’envoi de jihadistes en Irak à partir de 2004.
La France, pays qui a condamné officiellement l’invasion de l’Irak par les troupes américano-britanniques s’intègre dans la structure impériale en poursuivant pénalement des jeunes Français qui sont venus combattre avec des Irakiens agressés. Alors qu’il a été simplement établi que ces personnes se sont rendues ou avaient l’intention de se rendre en Irak pour combattre, l’accusation, sans apporter de preuve ou d’élément matériel, prétend qu’elles auraient rejoint des groupes relevant d’Al-Quaïda, terme générique, construit par les USA, pour qualifier la résistance en Irak. C’est cette identification, reprise par le tribunal, entre tout acte de résistance armée à l’occupation états-unienne et l’organisation terroriste, qui permet de considérer ces personnes, combattants, réels ou intentionnels, comme des criminels.

Ce procès est très semblable à celui qui se déroule en Belgique. Il se donne une compétence universelle et criminalise tout acte de résistance à l’armée des USA. Il pose aussi les mêmes problèmes en ce qui concerne la légalité des moyens de preuves : aucun acte d’enquête n’a été effectué en Irak. Les pièces à charge sont fondées sur des renseignements d’origine US, notamment obtenus sous la torture. Ainsi, un des accusés, Boubakeur El Hakim, a combattu en Irak. Il avait été arrêté à Falloujah en décembre 2004 par les forces états-uniennes et avait été condamné à 15 ans de prison le 3 juillet 2006 par le tribunal correctionnel de Bagdad. Il affirme avoir été victime de tortures de la part d’officiers US lorsqu’il était détenu à Abou Ghraib.

Le procès des « filières kamikazes » en Belgique

Le 15 mai 2008, s’est terminé le procès en appel de 5 prévenus, condamnés en première instance, pour appartenance à un groupe terroriste, à des peines de 28 mois à 10 ans de prison, s’est terminé à la 12ème chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Bruxelles. Le 26 juin 2008, la 12e chambre de la Cour d’Appel de Bruxelles, tout en réduisant les peines prononcées par le premier juge, a confirmé le jugement de première instance.
Ils sont reconnus coupables d’avoir participé à une filière qui aurait recruté en Belgique des combattants, en vue de faire la guerre en Irak. L’accusation leur reproche, notamment, d’avoir contribué au passage en Irak de Muriel Degauque, qui se serait faite exploser le 9 novembre 2005.
Dans le jugement belge, l’identification à Al-Quaïda n’est même plus nécessaire, tout acte de résistance armée au gouvernement « démocratique » irakien est en soi illégitime.

Dans un conflit dans lequel la Belgique n’est pas partie prenante, le tribunal se donne la compétence de déterminer, parmi les forces en lutte, celles qui sont légitimes et celles qui sont criminelles. Plutôt que de considérer les prévenus comme des combattants, luttant contre la présence illégitime des troupes US, statut prévu dans le droit international humanitaire, le tribunal les désigne comme des terroristes et cela pour deux raisons, d’une part, leur combat ne serait pas juste et, d’autre part, les moyens employés les désignent comme des criminels.
Le tribunal estime que ces hommes faisaient partie de milices islamistes qui « rêvent de créer une guerre civile inter confessionnelle pour amener au pouvoir un régime rétrograde ». Le président du tribunal avait aussi déclaré que « leur objectif réel était de se livrer à une guerre de religion et à une croisade anti-occidentale » afin d’ instaurer un califat.
Ainsi, bien que la guerre initiée par les Etats-Unis ait été déclenchée en violation du droit international et pour des motifs (collaboration du régime irakien avec le réseau Ben Laden, existence d’armes de destruction massive) qui ont été invalidés par les faits, le jugement s’inscrit dans le cadre du « choc des cultures » et de « la lutte du bien contre le mal » initiée par le président des Etats-Unis.

Criminalisation de la résistance populaire

Ignorant l’existence des troupes d’occupation, 150 000 soldats et plus de 100 000 mercenaires, le procureur a estimé que l’occupation de l’Irak était déjà terminée au moment des faits. Le passage d’un état de guerre à une situation de paix ne serait pas déterminée par la réalité du terrain, mais par la déclaration de Washington. Cette reprise intégrale du point de vue des États-Unis a été partagée par le tribunal, qui a estimé qu’il n’y avait pas de conflit armé en Irak en 2004-2005 au sens du droit international humanitaire, au motif que les factions armées dissidentes n’ont pas occupé de partie significative du territoire irakien, à partir de laquelle elles auraient pu lancer des attaques systématiques. Rappelons que, par exemple, l’application de ces critères aux résistants à l’occupation nazie les transformeraient en terroristes.

Leur manque de visibilité est aussi, pour le tribunal, un élément qui les désigne comme des terroristes. Un combattant ne peut que faire partie d’une armée régulière d’un État constitué. Toute guérilla, toute guerre de résistance des populations contre un ennemi militairement supérieur devient automatiquement criminelle. Cependant, ce jugement ne semble pas s’appliquer aux mercenaires employés par des firmes privées américaines, combattants qui ne sont pas soumis au droit de la guerre et qui ne sont pas plus identifiables que les résistants. Ils ne mènent, non plus, aucune action couvrant l’ensemble du territoire.
Ce ne serait donc pas les caractéristiques intrinsèques d’un combattant qui feraient de lui un criminel, mais simplement le fait qu’il est désigné comme tel par l’administration états-unienne. C’est le pouvoir que se donne celle-ci de nommer un ennemi comme un terroriste que conforte le tribunal. Cette reconnaissance l’intègre dans un ordre de droit impérial.

Des « preuves » invérifiables et entachées d’irrégularités

L’accusation, les jugements de première instance et d’appel reposent sur une construction : l’existence d’une filière belge de kamikazes pour combattre en Irak. La réalité d’un groupe structuré n’a pas été établie et le parquet fédéral n’a pas apporté la preuve que les personnes prévenues ont « recruté des terroristes ».
Les éléments transmis par le FBI ne permettent pas de savoir avec précision ce qui s’est passé. Le parquet fédéral n’a pu étayer que les prévenus avaient l’intention d’envoyer des gens en Irak pour s’y faire exploser. 
Les preuves reposent sur des demandes d’entraide adressées aux USA, au Maroc, à l’Algérie, à la Turquie, à la Syrie, à la France, à la Thaïlande. Les éléments recueillis par cette voie sont présumés l’avoir été de manière régulière, sans que la défense ait eu les moyens d’en vérifier la légalité. Le tribunal considère qu’en matière d’entraide judiciaire internationale, il n’est pas requis que soit transmise l’intégralité du dossier. Il est ainsi impossible de renverser la présomption de légalité de ces éléments. Pourtant la défense a montré que la recherche et la saisie de données informatiques étaient entachées d’irrégularités selon le droit états-unien.
Des preuves recueillies en Algérie ont aussi été acceptées et ce bien que le Conseil de l’Europe considère que ce pays utilise systématiquement la torture dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le tribunal a déclaré qu’il « n’est ni équipé, ni compétent, ni habilité à décerner de bons et de mauvais points à un État en la matière ». Ce tribunal, non habilité pour vérifier la légalité des moyens de preuves qui lui sont soumis, se donne cependant une compétence universelle pour définir ce que sont une démocratie, un état de guerre ou de paix ou ce que sont une guerre et une résistance justes.

Une jurisprudence impériale

L’enjeu de ces procès, en France et en Belgique, est de placer directement les citoyens de ces pays sous souveraineté des États-Unis. Il s’agit de rendre applicable le Military Commissions Act de 2006 sur le sol européen.
Ces jugements créent une jurisprudence qui permettra que l’incrimination états-unienne « d’ennemi combattant illégal », soit reconnue dans l’ordre pénal français et belge. Cela facilitera des demandes d’extradition de citoyens français et belges vers les USA sur la base de cette notion contenue dans la loi antiterroriste US de 2006. Rien, dans les accords d’extradition, signés en 2003 entre l’Union européenne et les États-Unis, n’empêche que les personnes remises soient jugées devant des commissions militaires, des tribunaux spéciaux où les droits de défense n’existent pas. Cette jurisprudence place ainsi notre système judiciaire dans un ordre juridique impérial. Il y perd non seulement son autonomie, mais aussi sa capacité de juger des faits, devant valider des systèmes de valeur et les prises de position politiques de Washington.


Jean-Claude Paye est sociologue.
Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007


Sources :

- Military Commission Act of 2006
- Les rapports d’Amnesty International montrent qu’une partie importante des détenus de Guantanamo ont été simplement remis à l’armée US, moyennant rançon, par des groupes locaux armés.
- « Inscription de la guerre dans le droit pénal », La Pensée, n° 353, mars 2008.
- « Ouverture à Paris du procès d’une filière irakienne », Le Nouvel Observateur, 23 juin 2008.
- « Le procès dit des filières irakiennes ». Comité de vigilance en matière de lutte contre le terrorisme (Comité T), Rapport 2007. Ligue des Droits de l’Homme Bruxelles.
- Jean-Pierre Borloo, « Peine réduite pour les filières kamikazes », Le Soir, 26 juin 2008.
- Conseil de l’Union européenne, ST 8295/1/03 rev 1, 2 juin 2003.

BBC News: L’évolution d’une théorie du complot

Dans un article paru le 4 juillet 2008, BBC News fait le point sur l’état actuel du Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre. Malgré l’usage du vocabulaire abusif des pro-VO, avec des termes comme conspirationistes ou théorie du complot, ce texte a néanmoins le mérite de témoigner de l’ampleur qu’a pris le Mouvement en Europe comme aux Etats-Unis, en revenant sur son histoire et sur les principaux éléments relevés par les "Truthers".

Article paru sur BBC News le 4 juillet 2008

Il n’y a pas que les Tours Jumelles qui se sont effondrées le 11 Septembre. Une 3ème tour du World Trade Center (WTC), qui n’avait pas été frappée par des avions, s’est également écroulée. Alors qu’un rapport exposant les résultats d’une enquête sur la Tour 7 est sur le point d’être publié, Mike Rudin examine comment cette théorie du complot a pris une telle ampleur.

Le 11/9 est la théorie du complot de l’ère de l’internet.

Tapez « 9/11 conspiracy » (conspiration du 11/9) dans Google et vous obtiendrez 7,9 millions de résultats… Tapez « 9/11 truth » (vérité sur le 11/9) et ce sera plus de 22 millions.

Aux Etats-Unis, des sondages ont traduit les doutes largement répandus au sein de la population américaine. En 2006, un sondage New York Times/CBS News a démontré que 53% des personnes interrogées pensaient que l’administration Bush…

Un grand nombre d’Americains se demandent ce qui s’est vraiment passé le 11 Septembre

Au Royaume-Uni, une enquête menée par GfkNOP en 2006 pour l’émission télévisée de la BBC The Conspiracy Files (Les Dossiers du Complot) a mis en évidence que 16% des personnes interrogées pensaient qu’il existait une « conspiration plus vaste dans laquelle serait impliqué le gouvernement américain. »

Cet été sera un moment clé pour les sceptiques de l’explication officielle des évènements qui se sont déroulés le 11 septembre 2001, pour ce soi-disant « 9/11 Truth Movement » (« Mouvement pour la Vérité sur le 11/09 »).

Quasiment 7 ans après les terribles événements de ce jour de septembre, les autorités américaines sont sur le point de publier le rapport final sur la 3ème tour qui s’est également écroulée le 11/9. Contrairement aux Tours Jumelles, ce gratte-ciel de 47 étages et d’une hauteur de 186 mètres n’avait pas été frappé par un avion.

Ainsi, la Tour 7 est devenue un élément clé pour des « Truthers » comme Dylan Avery, le réalisateur du film sur le 11/9 diffusé sur internet, Loose Change.

« Le Mouvement pour la Vérité se focalise énormément sur le bâtiment 7, et beaucoup de gens ont, à juste titre, de graves soupçons sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là, » dit-il.

Avery précise que des locataires inhabituels étaient hébergés dans la Tour 7 : La CIA, les Services Secrets, le Pentagone et surtout le bureau de la Gestion des Situations d’Urgence (Office of Emergency Management), l’agence qui était justement chargée de gérer des désastres ou des attentats terroristes à New York. Et certains pensent que la Tour 7 est l’endroit où le complot du 11/9 a été fomenté.

L’explication officielle est que de simples incendies ont été à l’origine de l’effondrement de la Tour 7. Ceci en ferait le premier et unique gratte-ciel au monde à s’écrouler à la suite d’incendies.

Mais malgré cela, la totalité des milliers de tonnes d’acier du bâtiment a été embarquée et fondue.

La façon dont les organismes officiels ont enquêté sur la Tour 7 a conduit certaines personnes à penser qu’ils cachent quelque chose. Sa destruction n’est jamais mentionnée dans le Rapport Officiel de la Commission du 11/9.

Une enquête de l’Agence Fédérale de la Gestion des Situations d’Urgence (Federal Emergency Management Agency) a affirmé que le bâtiment s’était écroulé en raison de violents incendies qui auraient duré des heures entières, nourris par des milliers de litres de gazole stockés dans la tour pour l’alimentation des générateurs de secours. Mais le rapport a stipulé que « la probabilité d’une telle situation était faible » et qu’il fallait des études complémentaires. C’était en mai 2002.

La tâche est aujourd’hui confiée à l’Institut National des Standards et de la Technologie (NIST - National Institute of Standards and Technology) situé sur un vaste campus près de Washington DC. Cela fait plus de 2 ans et demi que les scientifiques y étudient la Tour 7.

Il est évident que les chercheurs ont été critiqués sous prétexte qu’ils seraient lents et même qu’ils auraient peur de publier (leurs travaux). Mais Shyam Sunder, chef des investigations au NIST et chargé de l’enquête sur le WTC, explique que 2 ans et demi est la durée habituelle d’une enquête sur un accident d’avion. Il ajoute que ce n’est que depuis ces dernières années qu’il a reçu des critiques de la part du Mouvement pour la Vérité.

Graphique montrant la position du WTC7

« Ce n’est qu’à la toute fin 2005 que ce groupe a commencé à se faire entendre et qu’on a commencé à les voir à quelques-unes de nos réunions. Mais pendant longtemps ils n’étaient même pas présents. Ce n’est pas vraiment le retard qui les a motivés, ils se sont tout simplement réveillés un beau jour avec l’idée qu’ici se trouvait un problème qu’ils devaient gérer.  »

Une grande remise en question.

En avril 2005, les 1000 premiers DVD de Loose Change de Dylan Avery ont été gravés. Sa production n’a coûté que 2000 dollars. Ce fut un moment critique pour le développement du mouvement. Les producteurs de Loose Change affirment que plus de cent millions de personnes l’ont visionné. Steven Jones, ancien professeur à l’Université de Brigham Young, qui est devenu la première voix académique du mouvement, avait regardé une vidéo de l’effondrement de la Tour 7 pour la première fois au printemps 2005. Mais quand il le fit, le physicien qu’il était fut déconcerté. La conversion de l’architecte américain, Richard Gage eut lieu en 2006 quand, au volant de sa voiture, il écoutait une station de radio indépendante en train d’interviewer le théologien David Ray Griffin. « Il fallait que je remette tout en question et que je fasse des recherches. Et plus je découvrais, plus j’étais perturbé et je me suis rendu compte que ce que je cherchais c’était… les architectes et les ingénieurs. »

Constatant que ces derniers n’étaient pas encore vraiment entrés dans la bataille, Gage décida qu’il lui fallait agir. [NdT - Voir la vidéo de l’interview de Richard Gage traduite et sous-titrée par ReOpen911]

« Ça m’est venu comme ça, il fallait que je fonde une organisation nommée « Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11/9 » (Architects and Engineers for 9/11 Truth). »

 

Les polémiques se calmeront-elles un jour  ?

Le cinquième anniversaire du 11/9 fut un moment énorme pour les « truthers ». Sous le feu des projecteurs des médias, les manifestations se sont intensifiées, des sites web ont vu le jour et des films ont proliféré sur internet.

Avec la publicité, sont arrivés aussi les « déboulonneurs » (debunkers) qui mettaient les « truthers » à l’épreuve à chaque étape.

Après Loose Change il y a eu le site web Screw Loose Change (Que Loose Change aille se faire foutre). Et puis le film internet 9/11 Mysteries (Les Mystères du 11/9) a été suivi par Screw 9/11 Mysteries (Que les Mystères du 11/9 aillent se faire foutre).

Les scissions de la conspiration.

Et les « truthers » ont riposté. Quand le magazine américain de technologie Popular Mechanics a sorti un livre intitulé Debunking 9/11 Myths (La démysitification des Mythes du 11/9) il a été contredit par un livre de David Ray Griffin intitulé Debunking 9/11 Debunking (La Démystification de la Démystification du 11/9).

Avec le temps, la portée du complot présumé a pris de l’ampleur, mettant en cause non seulement des sections de l’administration Bush et les services secrets, mais aussi les pompiers, la police, les premiers secours, des enquêteurs officiels, des experts, le propriétaire des bâtiments (WTC) et les médias et puis, ah oui ! même la BBC.

Et, avec le temps, des scissions sont apparues au sein du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9.

Des soi-disant « Pas-d’avionistes » croient que des avions de ligne ne se sont pas vraiment écrasés contre les Tours Jumelles, contre le Pentagone ou dans un champ en Pennsylvanie. Certains soutiennent que des lasers envoyés depuis l’espace ont été utilisés.

Les « Avionistes » croient que des avions ont effectivement été employés mais affirment que l’effondrement des tours du WTC ne peut véritablement être expliqué que par des démolitions contrôlées.

Selon le Mouvement pour la Vérité sur le 11.09, Georges Bush cache quelquechose

Et puis il y a les LIHOPs et les MIHOPs. La plupart des « Truthers » sont des MIHOPs- ils croient que le gouvernement a « fait en sorte que ça arrive » (Made It Happen On Purpose), en élaborant et orchestrant les attentats du 11/09.

Mais les LIHOPs soutiennent que le gouvernement n’a fait que « laisser sciemment les évènements se produire » (Let It Happen On Purpose) pour lui permettre de justifier les guerres en Afghanistan et en Irak et pour appliquer des mesures de répression des libertés civiles à l’intérieur de son propre pays.

C’est dans cette atmosphère fébrile que le rapport officiel final sur le 11/9 fait son apparition.

On saura cet été si le rapport du NIST est parvenu à répondre aux multiples questions soulevées ou s’il rencontrera le même destin que la Commission Warren chargée d’enquêter sur l’assassinat du Président américain John F. Kennedy et qui, en définitive, n’a fait qu’alimenter les théories du complot.

 

Traduit de l’anglais par Kate G. et Stéphane Barthe pour ReOpen911

Quand Ron Paul, membre du Congrès, mettait le feu au poulailler républicain

Dans cet article paru dans Le Quebecois Libre le 10 juin 2007, et passé relativement inaperçu en France, Mathieu Bréard décrivait les savoureux débats sur FoxNews et MSNBC entre Ron Paul, ex-candidat à l’investiture républicaine pour les élections présidentielles de 2008, et Rudolph Giuliani, maire de New York au moment des attentats du 11/09. Rappelons que Ron Paul, Républicain radicalement anti-guerre, a plusieurs fois affirmé que "le gouvernement [des USA] est déterminé à instaurer la loi martiale" et qu’il a été écarté de la course [à l’investiture] en raison d’un black-out total des medias.

Ron Paul

Article de Mathieu Bréard pour Le Québecois Libre

Orwell a dit un jour que dans un moment de duperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. À défaut d’être élu, Ron Paul, candidat à la présidence américaine de 2008, pourra se vanter d’avoir touché la corde sensible de ses collègues républicains. Si lors des récents débats sur FoxNews et MSNBC, tous s’attendaient simplement à discuter du nombre de soldats à envoyer en renfort en Irak, ils se sont plutôt retrouvés bien malgré eux face à un miroir.

Un exercice d’introspection qui fut déstabilisant surtout pour Rudolph Giuliani, cet ancien maire de New York qui souhaite capitaliser sur les attentats terroristes du 11 septembre 2001 pour entretenir son image de fervent patriote aux yeux de l’électorat. Ainsi, il n’était pas question pour lui de se laisser écorcher et quoi de mieux que l’utilisation d’une rhétorique simpliste et manichéenne pour bien faire passer son message: les ennemis de l’Amérique, dit-il, envient notre liberté, notre richesse, ils s’attaquent à nos valeurs et à notre mode de vie. S’il semblait y avoir consensus sur le plateau derrière cette affirmation, Ron Paul en a très vite condamné l’ambiguïté et la pauvreté théorique.

          Non! réplique-t-il. On nous attaque surtout parce que l’État américain mène depuis plusieurs décennies des politiques interventionnistes ininterrompues au Moyen-Orient. Il est grand temps de prendre du recul et de se livrer à une réflexion plus approfondie sur les conséquences de nos actions. De tenir compte de cette mise en garde de l’ancien président George Washington (1789-1797) aux générations futures: notre première règle de conduite devant les nations étrangères doit être de favoriser nos relations commerciales et d’éviter de nous immiscer dans leurs affaires internes. Des alliances politiques permanentes et des tractations militaires avec n’importe quelle région du monde représentent un danger potentiel.

          Ron Paul, de réputation, ne mâche pas ses mots. Il a vivement condamné le rapport de la Commission d’enquête sur les événements du 11 septembre 2001, véritable mascarade politique où l’on a gaspillé temps et argent simplement pour dévoiler des faits déjà bien connus et éclipser le reste. Les services de renseignements, CIA, FBI et NSA, malgré une bureaucratie déjà écrasante et des budgets de dépenses colossaux, ont failli à la tâche. Comble du ridicule, des fonctionnaires sont venus réclamer le plus sérieusement du monde davantage de fonds et exiger des programmes de surveillance et de contrôle supplémentaires. On a à peine discuté, voire même effleuré, la possibilité que trop de gouvernement pouvait être au coeur du problème, que l’arrogance interventionniste des États-Unis avait peut-être atteint un point de non-retour.

 
Prenons en considération quelques faits:
1. L’appui de l’administration Reagan et Bush père au régime de Saddam Hussein. Notons que Hussein est resté le même criminel sanglant du début des années 1980, alors qu’il était un allié fidèle jusqu’à ce qu’il ne tombe plus dans les bonnes grâces des stratèges de la Maison Blanche. Entre-temps, différentes composantes d’armes conventionnelles, chimiques et bactériologiques lui ont été offertes à rabais(1). D’ailleurs, à ce jour, l’État américain continue d’entretenir des liens étroits avec le Pakistan, l’Arabie Saoudite et beaucoup d’autres dictateurs de la région, dont le Colonel Mouammar Kadhafi en Libye. Une réalité qui soulève de multiples questions sur cet engagement contradictoire envers la démocratie alors que sa propre politique étrangère ne la défend même pas.
 
2. Plus de dix années de sanctions économiques ont contribué à la mort des milliers d’enfants irakiens, privés d’eau potable et d’installations sanitaires adéquates(2). Ce genre de méthode douteuse ne touche que très rarement le régime politique en place. Les deux dernières économies communistes au monde, Cuba et la Corée du Nord, font l’objet de sanctions depuis des décennies. La douleur et le ressentiment qu’elles engendrent peuvent inciter les citoyens à chercher la vengeance contre l’agresseur. Elles ouvrent la porte à des représailles contre des civils américains.

3. En mai 2003, le président George W. Bush a ordonné une offensive militaire inconstitutionnelle contre l’Irak, alors que ce pays n’a jamais attaqué ni même menacé le territoire des États-Unis, ou fait ouvertement une déclaration de guerre. Ni la population irakienne et le Parti Baas n’ont été complices des attentats terroristes du 11 septembre(3). Les allégations à cet effet ne sont que des rumeurs, des demi-vérités et des théories qui restent à être prouvées. Dans cette guerre, l’État américain est l’agresseur et non la victime. Le berceau de la civilisation est maintenant un amas de ruines, des milliers de civils innocents ont été injustement tués, sans parler de tous les militaires américains qui sont tombés au combat. On commence à peine à mesurer les conséquences très graves de cette guerre et de ses débordements dans toute la région. Les coûts pour le Trésor américain sont à ce point importants qu’ils nécessitent des emprunts.

4. On poste des troupes militaires en permanence sur les terres islamiques en sachant fort bien tout l’impact négatif que cela peut avoir sur une majorité de musulmans. Des milliards de dollars en impôts sont dépensés annuellement pour maintenir un vaste réseau de bases militaires à l’étranger(4). En 1962, l’installation à Cuba d’une rampe de lancement de missiles soviétiques, à quelques kilomètres des côtes de la Floride, fut largement suffisante pour susciter une vague d’inquiétude sans précédent chez les Américains. Il n’y a donc absolument rien d’étonnant de voir l’État iranien chercher dans le nucléaire un moyen de dissuasion efficace pour contrer l’arrogance de Washington à ses frontières. Le président Mahmoud Ahmadinejad a compris, à l’instar de la Corée du Nord, que le nucléaire offre un ultime moyen de se prémunir contre une invasion.

5. La mise en place des tribunaux militaires. La constitution des États-Unis et le principe de l’habeas corpus(5) ont été suspendus alors qu’ils protègent les individus contre les emprisonnements illégaux. Le président dispose d’un pouvoir excessif en regard de sa fonction pour déterminer qui représente « l’ennemi », qui doit être enfermé, et ce qui est ou pas de la torture ou de l’abus. Dans les couloirs sombres de la prison de Guantanamo à Cuba, des centaines de prisonniers sont détenus pour une période indéterminée sans même avoir eu droit à un avocat et à un procès équitable. Les actes de torture physique et de manipulation psychologique y sont fréquents. Comme le soulignent plusieurs anciens haut placés du département d’État, dont William Rogers, le droit constitutionnel ne doit pas être bafoué, mais bien défendu. Il ne faut pas adopter les mêmes méthodes barbares que ceux que nous dénonçons.

6. Le soutien diplomatique, financier et militaire accordé sans réserve à l’État d’Israël. Dans un article du London Review of Books intitulé: « The Israel Lobby », le professeur John Mearsheimer de l’Université de Chicago et Stephen Walt du Harvard Kennedy School expliquent l’influence négative du lobby pro-Israël sur les intérêts domestiques et internationaux des États-Unis. On est plutôt timide à condamner les affronts d’Israël envers les droits de l’homme et tous les principes de liberté défendus par l’Occident. Cette forme d’immunité accentue non seulement l’antisémitisme dans le monde, mais paradoxalement, fait en sorte qu’on colle cette même étiquette à tous ceux et celles qui, dans le milieu journalistique, osent écrire des éditoriaux défavorables ou plus critiques envers les agissements de Tel-Aviv

 
Honnêtement, qui peut encore douter que toutes les politiques susmentionnées engendrent l’indignation et la colère des populations locales? Comment ne pas saisir que ces actes d’agressions répétés donnent des munitions supplémentaires aux extrémistes pour mieux manipuler la conscience populaire, faire avancer leur cause et appeler à la révolte armée? Faites-vous bombarder quotidiennement, soyez témoin de la destruction de votre environnement, de la mort de vos enfants, et affirmez que cela ne va pas modifier votre façon de voir les choses! Quand on n’a plus rien à perdre, la mort devient bien banale, écrivait l’auteur marocain Tahar Ben Jelloun. Imaginons un instant, comme le souligne Ron Paul, que la Chine adopte une attitude similaire à l’égard des États-Unis en s’installant dans le Golfe du Mexique. Ses habitants n’en seraient-ils pas irrités? Poser la question, c’est y répondre.

          Apparemment ébranlé par les répliques de Ron Paul, Rudolph Giuliani n’a trouvé rien de mieux à dire que de prétendre que son interlocuteur était contre l’Amérique et qu’il devait présenter des excuses. Voilà l’erreur de jugement classique, grotesque, digne du novice. M. Paul blâme la politique étrangère du gouvernement américain et le gouffre profond dans lequel il a plongé le pays. Tout comme les pères fondateurs(6), il comprend que le gouvernement fédéral et la population sont deux groupes bien distincts. Et c’est précisément pour défendre ce principe que le Bill of Rights protège chaque citoyen contre les empiétements et les abus de l’État. Voilà ce qui à l’origine distingue cette nation du reste du monde.

          Malheureusement, cette spécificité n’est plus appliquée. Les droits sont maintenant bafoués et les libertés individuelles, si chères au rêve américain, s’effritent au fur et à mesure que cette croisade interventionniste se perpétue à l’étranger(7). Sur un fond de paranoïa excessive, l’heure est aux soupçons, à la réglementation abusive, et à la fermeture des frontières. Les politiciens à Washington étant de fins manipulateurs utilisent toutes sortes de stratagèmes pour convaincre le citoyen de sacrifier à chaque jour une partie plus grande de sa liberté en retour d’une sécurité hypothétique. À ce rythme, que restera-t-il dans quelques années?

Ainsi, à peine le débat était-il terminé entre les candidats du Parti républicain, que déjà certaines langues sales réclamaient que Ron Paul soit muselé. L’homme dérange l’establishment, mais suscite surtout un enthousiasme grandissant au sein de la population. Sans doute parce qu’il propose de renouer avec les idéaux perdus de la véritable République américaine. 
 
1. Le registre des sociétés, mis au point a partir des dossiers du Middle East Data Project, regroupe des informations sur plus de deux cents sociétés impliquées dans la livraison à l’Irak de technologie militaire avancée. Cette étude a été réalisée par Mednews dont le directeur à Paris est Kenneth Timmerman.
2. Le 12 mai 1996, Madeleine Albright, lors d’une entrevue avec Lesley Stahl à 60 minutes, avait déclaré que la mort d’enfants irakiens était un sacrifice nécessaire pour contenir Saddam Hussein. Ramzi Yousef, l’un des terroristes responsables des attentats de 1993 contre le World Trade Center, a déclaré que ce régime de sanctions avait motivé cette attaque. Il en va de même pour Richard Reid, qui a essayé de faire sauter une avion de ligne avec des explosifs dissimulés dans ses chaussures.

3. Saddam Hussein était un laïciste, alors que les membres d’Al Qaeda sont des musulmans fondamentalistes ayant des idées radicalement opposées.
D’ailleurs les kamikazes du 11 septembre étaient en majorité originaires de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, des alliés des États-Unis. Une étude intitulée « Overview of the Enemy », démontre qu’Oussama Ben Laden a cherché à créer des liens avec l’Irak au milieu des années 1990, mais sans succès. Lui-même n’était pas très chaud à l’idée de conclure une entente avec un régime laïque.
4. Il est toujours stupéfiant de voir des gens s’offusquer de la hausse d’une petite taxe scolaire ou encore de considérer l’impôt comme un vol alors qu’ils cautionnent un tel appareil étatique qui draine autant de ressources financières, humaines et matérielles.
5. Habeas corpus est une procédure légale qui amène un juge à se prononcer sur le caractère légal ou non de la détention d’une personne et, le cas échéant, à ordonner sa libération.
6. Le président prête serment de sauvegarder, de protéger et de défendre la constitution des États-Unis. Une engagement qui, avouons-le, ressemble maintenant à une véritable farce.
7. Une guerre signifie que plus de pouvoirs seront donnés à l’État. Ces pouvoirs additionnels ont toujours été dans l’histoire contemporaine synonymes de perte de libertés individuelles. La grande majorité des mesures adoptées que l’on dit « temporaires » deviennent avec le temps permanentes et ouvrent la porte à de dangereux précédents dans une multitude de domaines
 

Le Chef de Gestion des situations d’urgence du WTC 7 était spécialiste en effondrement d’immeuble

par Paul Joseph Watson pour Prison Planet, le 10 juillet 2008

Jerome Hauer, l’ancien Chef de Gestion des situations d’urgence de la ville de New York, dont le bureau se trouvait au 23ème étage du WTC 7, était également spécialiste en effondrement d’immeuble, selon un article du New York Times récemment découvert. Hauer a attiré la suspicion du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9 en raison de son zèle à promouvoir l’histoire officielle dans les heures qui ont suivi l’attaque, alors qu’elle était encore entourée de mystère.

Hauer était également directeur général de Kroll Associates - l’entreprise qui avait en charge la sécurité du complexe du World Trade Center le 11/9 - et il a trahi une connaissance anticipée des attaques à l’anthrax une semaine avant qu’elles ne surviennent.

Dans un article du New York Times du 27 juillet 1999 exhumé par 9/11 Blogger et intitulé Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? C’est son boulot de le savoir, le journaliste Randy Kennedy livre une brillante étude sur Hauer.

"Il y a une histoire qu’il raconte où cette fascination est vraiment palpable… mais l’on peut difficilement rater une autre illustration, un peu plus métaphorique, quand on entre dans son bureau au 23ème étage du World Trade Center 7, connu aussi sous le nom de Bunker, le centre d’aide d’urgence de 13 millions de dollars à l’épreuve des balles, des ouragans et des pannes de courant inauguré par la ville le mois dernier."

L’article décrit le bâtiment 7 tel qu’il était, un objet à structure renforcée, inébranlable, construit dans le seul but de rester fermement debout dans une situation de crise, et non pas la boîte en carton-pâte soi-disant devenue le premier immeuble en acier de l’histoire à s’effondrer suite aux seuls dégâts des incendies, selon des démystificateurs (le terme original debunkers est également utilisé, NDT) tels que la BBC, History Channel, Popular Mechanics, et d’autres.

De fait, comme l’indiquait en 1999 Larry Silverstein, cité par le New York Times, les concepteurs du WTC 7 "ont intégré suffisamment de redondance pour permettre d’enlever des portions entières de planchers sans affecter l’intégrité structurelle du bâtiment", une construction solide qui fut de nouveau rénovée cette année "avec plus de 375 tonnes d’acier qui ont nécessité 19 kilomètres de soudures".

L’article décrit ainsi le rôle de Hauer : "En tant que Chef de Gestion des situations d’urgence, Mr Hauer supervise la réponse apportée aux effondrements de bâtiments, dont il n’a pas été privé ces trois dernières années".

Jerome Hauer photographié en 1996 avec Rudy Giuliani.

Pendant la plus grande partie de sa vie professionnelle, la tâche de Jerome Hauer a été d’en connaître un rayon sur le fonctionnement des choses de telle façon que lorsqu’elles ne fonctionnent plus - quand elles s’effondrent, quand on les fait tomber ou exploser, quand elles gèlent, ou éclatent, ou grillent - il sache quoi faire. Comme tous les accros des situations d’urgence, il reste assis à imaginer d’atroces manières qu’ont les choses d’être détruites et les gens de mourir, puis il espère que tous ses projets resteront sur l’étagère.

C’est pourquoi il est intéressant que Hauer ait eu son bureau installé au milieu d’un immeuble de 47 étages qui, le 11/9 en fin d’après-midi, s’effondra sur ses propres fondations en 7 secondes, alors qu’il n’avait été touché que par quelques débris et n’avait souffert que d’incendies mineurs.

L’article met l’accent sur les situations d’urgence qu’il énumèrerait dans son C.V. d’expert en "crash d’hélicoptère, en incendie dans le métro, en rupture de conduite d’eau, en tempête de neige, en canicule, en panne de courant, en effondrement d’immeuble, en effondrement d’immeuble, en effondrement d’immeuble."

Juste après les attentats, Hauer est apparu sur CBS avec Dan Rather, et il s’est mis aussitôt à fabriquer une explication péremptoire des événements et à broder une histoire qui est bientôt devenue l’histoire officielle.

Voir le clip.

Il est suspect que Hauer se soit empressé d’insister sur le fait que les immeubles n’avaient pas été détruits par des explosifs mais par les avions qui les avaient frappés, bien que cela fût en totale contradiction avec ce que les architectes et concepteurs principaux du WTC avaient conclu durant leurs études préalables sur l’impact d’avions dans les tours.

Quand le scenario commença à se développer, Hauer pointa aussi directement le doigt vers ben Laden.

Hauer déclara à Rather : "Mon sentiment, c’est que la seule vitesse de l’avion, et le fait que vous ayez un avion plein de carburant qui heurte le bâtiment qui a ensuite brûlé, c’est que la vitesse de l’avion a certainement eu un effet sur la structure elle-même. Ensuite, le fait qu’il ait brûlé et que vous ayez cette chaleur intense, ça a sans doute aussi affaibli la structure. Et je pense que, tout simplement, les avions ont frappé les immeubles et ont provoqué l’effondrement".

Rather demanda aussi à Hauer si les attentats avaient pu être réalisés sans être commandités par un État. Hauer répondit : "Je ne suis pas sûr d’être de cet avis, que cela a été forcément commandité par un État. Cela… porte incontestablement la marque de quelqu’un comme ben Laden".

Hauer était étonnamment "précis" dans sa connaissance anticipée de la manière avec laquelle l’histoire officielle semblerait plus tard confirmer la totalité de ses présomptions initiales en dépit du chaos environnant dans les heures qui ont suivi les attentats.

Le 11/9, Hauer était directeur général de Kroll Associates, une société de sécurité intimement mêlée au complexe militaro-industriel qui, par coïncidence, avait en charge la sécurité de tout le complexe du World Trade Center en ce jour fatidique.

De plus, ce serait Hauer qui aurait conseillé la Maison Blanche de prendre du Cipro, un antibiotique efficace contre l’anthrax, le jour du 11/9, et ce, une semaine avant que l’on ne reçoive la première lettre (empoisonnée ) à l’anthrax.

Deux mois après le 11/9, Hauer fit partie du jury du CFR (Conseil sur les Relations Etrangères) qui communiqua un document intitulé Groupe de Travail Indépendant sur la Réponse de l’Amérique au Terrorisme, lequel exigeait notamment que les explications alternatives du 11/9 soient neutralisées.

Le fait que Hauer ait fourni une récapitulation presque précise et instantanée des causes de l’effondrement des immeubles, fait sans précédent dans l’histoire, ajouté à son "expertise" dans le domaine des caractéristiques des démolitions contrôlées, sans compter sa connaissance anticipée des attaques à l’anthrax et sa position chez Kroll Associates, continuent à attirer légitimement l’attention parmi les chercheurs du mouvement pour la vérité sur le 11/9.

Traduit par Stéphane Barthe pour ReOpenNews

 

“Une arme de persuasion massive” par Sheldon Rampton et John Stauber

Article de Paul CAUCHON paru sur LeDevoir.com, à propos de l’ouvrage de Sheldon Rampton et John Stauber : "Une arme de persuasion massive - De la propagande dans la guerre de Bush en Irak"

Médias: La guerre vendue en shampooing

La guerre contre l’Irak a représenté une formidable bataille idéologique, dans laquelle la Maison-Blanche a utilisé des techniques de marketing sophistiquées, souvent avec l’aide de prestigieuses entreprises de relations publiques.
On s’en doutait, bien sûr. Mais rarement la chose a été aussi bien documentée que dans cet ouvrage qui vient de paraître en français, Une arme de persuasion massive/De la propagande dans la guerre de Bush en Irak, publié l’automne dernier aux États-Unis, et en français récemment chez Le Pré au Clercs. Les deux auteurs, Sheldon Rampton et John Stauber, travaillent pour le Center for Media and Democracy, un organisme créé en 1993 pour enquêter sur les propagandes gouvernementales et le discours médiatique. Ce centre se spécialise particulièrement dans l’analyse des stratégies des grandes entreprises de relations publiques.

On a beaucoup écrit sur l’expérience des journalistes intégrés dans les unités militaires lors de la guerre en Irak, ou encore sur l’hyper-patriotisme de certains médias américains. Rampton et Stauber en parlent, sans que leurs propos ne soient nécessairement très marquants. L’intérêt de leur livre est ailleurs, dans le décryptage des stratégies gouvernementales pour conditionner l’opinion publique avant le déclenchement de la guerre.

Ainsi, dès 1997 (trois ans avant l’élection de Bush), un groupe de néo-conservateurs dirigé par William Bennet, rédacteur en chef du Weekly Standard (propriété de Rupert Murdoch), avait créé le Project for the New American Century, qui avait pour but de «durcir» la politique américaine envers l’Irak, et qui a fait pression sur le Congrès pour octroyer 100 millions de dollars aux opposants irakiens. Le groupe comprenait des gens comme Dick Cheney, l’éditeur Steve Forbes, Donald Rumsfeld, l’auteur Francis Fukuyama.

Il faut rappeler que, quelques mois après la guerre du Golfe de 1991, Bush le père avait demandé à la CIA de chasser Saddam Hussein du pouvoir, et l’organisme avait engagé John Rendon, un conseiller en relations publiques, pour travailler à ce dossier. Le même Rendon obtenait à l’automne 2001 un contrat de 400 000 $ pour orchestrer la propagande afin de préparer l’intervention en Afghanistan.

Le cas le plus connu du marketing de guerre est celui de Charlotte Beers, grande prêtresse du marketing aux États-Unis, qui avait dirigé deux grandes agences et qui comptait, parmi ses titres de gloire, le lancement du riz Uncle Ben’s et des shampooings Head & Shoulders! Nommée à un poste de sous-secrétaire d’État par l’administration Bush, elle a créé des campagnes de publicité, des sites internet, des shows télévisés, a organisé des rencontres avec des leaders arabes, pour tenter d’influencer l’opinion et de vendre les États-Unis au Moyen-Orient comme une «marque» représentant la liberté. Colin Powell avait lui-même déclaré lors de son embauche qu’il fallait «faire de notre politique étrangère une véritable marque».

Remarquez que ce n’est pas seulement la Maison- Blanche qui pensait en termes de marketing. Trois jours après le 11 septembre 2001, c’est le royaume d’Arabie saoudite qui signait un contrat avec le géant de la communication Burson-Marsteller pour recevoir des conseils en gestion de crise (la presque totalité des terroristes du 11 septembre étaient saoudiens, ce qui présentait mal…). Et une autre agence, Quorvis Communications, recevait 20 millions du même royaume pour faire interviewer des représentants saoudiens par des journalistes-vedettes des médias américains.

Et ça continue comme ça pendant des pages. Pour préparer l’intervention contre l’Irak plusieurs organismes soutenus par le pouvoir politique faisaient affaire avec Benador Associates, une puissante société de relations publiques qui se spécialisait dans le placement d’experts du Moyen Orient et du terrorisme dans tous les médias, des experts évidemment en faveur de la guerre. Les auteurs font remarquer qu’on les voyait partout alors que les médias semblaient ignorer les 1400 spécialistes indépendants du Moyen-Orient dans les universités américaines, qu’on imagine plus nuancés. Des organisations pacifistes découragées ont même tenté d’acheter de la publicité commerciale dans les grands réseaux de télévision pour se faire entendre, ce qui leur fut refusé par les réseaux.

Cet ouvrage porte aussi une leçon forte. Si le conditionnement à la guerre a semblé fonctionner aux États-Unis, toutes les campagnes de relations publiques pour améliorer l’image des États-Unis au Moyen-Orient ont échoué. Pourquoi? Le message véhiculé par cette armée de consultants n’était pas forcément faux, écrivent les auteurs. Mais il n’abordait jamais le coeur du ressentiment musulman envers les États-Unis, soit le conflit israélo-palestinien et le passé des interventions américaines dans la région. Comme le dit un professionnel de la publicité cité dans l’ouvrage, et qui semble plus lucide que les autres, «l’opinion islamique est davantage influencée par ce que les États-Unis font que par tout ce qu’ils peuvent dire».
 

=> Notes de ReOpenNews: A titre de complément d’information, nous présentons aussi  les notes de l’éditeur

Notes de l’éditeur (Pré-aux-Clercs) disponible sur Amazon.fr
La guerre de Bush en Irak était-elle juste ? Un an après la seconde guerre du Golfe, et à quelques mois de l’élection présidentielle américaine, des voix s’élèvent enfin outre-Atlantique pour dénoncer ouvertement une manipulation flagrante de l’opinion. Ce livre-brûlot, qui fait scandale aux Etats-Unis, est l’œuvre de deux spécialistes des médias américains, qui ont étudié en détail la propagande " bushienne ". Ils décortiquent ici ses mécanismes. Pourquoi 70 % des Américains en sont-ils venus à croire que Saddam était responsable des attentats du 11 septembre ? Pourquoi des documents falsifiés et de faux rapports des services secrets on-ils été utilisés pour accréditer la thèse des armes de destruction massive ? Pourquoi la presse internationale a-t-elle été enrôlée dans les unités combattantes, à l’inverse de l’embargo imposé lors de la première guerre du Golfe ? Comment une agence de relations publiques travaillant pour le Pentagone a-t-elle créé de toutes pièces le Congrès national irakien censé représenter les opposants à Saddam ? Comment ces mêmes agents ont-ils organisé à coups de dollars des mouvements de foule " spontanés " pour accueillir les libérateurs dans Bagdad

Les Etats-unis en train de “préparer le champ de bataille” en Iran

Nous présentons ici à la fois l’article de CNN paru le 30 juin 2008 sur la préparation par les États-Unis de la guerre en Iran, et la traduction par mondialisation.ca de l’article de Seymour Hersh paru dans The New Yorker, et qui mentionné à plusieurs reprises par CNN.

Reportage de CNN : Les Etats-unis en train de "préparer le champ de bataille" en Iran

 WASHINGTON (CNN) – "L’administration Bush a amorcé une ‘escalade significative’ dans ses opérations clandestines en Iran en envoyant des commandos US espionner les installations nucléaires du pays et ébranler le gouvernement de la république islamique", a déclaré le journaliste Seymour Hersh dimanche.

Le drapeau iranien flotte près du bâtiment abritant le réacteur de la centrale nucléaire de Bushehr au sud de Téhéran.

La Maison Blanche, la CIA et les responsables du Département d’État se sont refusés à tout commentaire sur le reportage de Hersh, qui a été publié dans le numéro de cette semaine du New Yorker.

Hersh a raconté dans l’émission "Late Edition with Wolf Blitzer" sur CNN que le Congrès avait autorisé un fonds de 400 millions de dollars US pour financer cette campagne secrète, qui implique des troupes spéciales américaines et des dissidents iraniens.

Le président Bush et le vice-président Dick Cheney ont rejeté les conclusions des services de renseignement américains selon lesquelles l’Iran avait arrêté ses efforts de fabrication d’une bombe nucléaire. Ils "ne veulent pas laisser l’Iran en place avec son programme nucléaire", a déclaré Hersh.

« Ils pensent que leur mission est de s’assurer qu’avant de quitter leurs fonctions l’an prochain, l’Iran, ou bien sera attaqué, ou bien aura arrêté son programme d’armement » a dit Hersh.

Le nouvel article, "Préparer le champ de bataille" [ndt, voir plus bas dans cette page] est le dernier d’une série d’articles accusant l’administration Bush de préparer une guerre contre l’Iran.

Son reportage est basé sur les témoignages de sources, actuelles ou anciennes, au sein de l’armée, des services de renseignement et du Congrès.

« Comme d’habitude avec ces papiers trimestriels, nous préférons nous abstenir de tout commentaire », a déclaré sur CNN le porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. « Par principe, la CIA ne commente pas des allégations concernant ses opérations secrètes » a expliqué Paul Gimigliano, le porte-parole de la CIA. Ryan Crocker, l’ambassadeur américain à Bagdad, a nié que des raids aériens aient été lancés depuis l’Irak où, d’après des commandants américains, l’Iran est en train de préparer des attaques sur les troupes américaines.

« Je peux vous affirmer sans équivoque que les forces américaines ne mènent aucune action contre l’Iran en passant par la frontière irakienne, que ce soit dans le sud ou ailleurs » a dit Crocker.

Hersh affirme que les initiatives américaines étaient dirigées depuis l’Afghanistan qui, comme l’Irak, partage une frontière avec l’Iran.

Il explique que le programme a causé une « augmentation spectaculaire des événements cinétiques et du chaos » à l’intérieur de l’Iran, citant entre autres des attaques par des séparatistes kurdes au nord du pays et une attaque sur une mosquée à Shiraz qui a tué 13 personnes.

Les Etats-Unis soutiennent que leur but est d’isoler l’Iran par voie diplomatique et ce faisant, de l’inciter à jouer cartes sur table à propos de ses ambitions nucléaires. Mais Bush dit que « toutes les options » sont envisageables pour gérer le problème.

L’Iran insiste sur le fait que son programme nucléaire est destiné à fournir de l’énergie électrique à la population, et refuse de se conformer aux demandes du Conseil de Sécurité de l’ONU qui exige que l’Iran interrompe son programme d’enrichissement d’uranium.

Des inspecteurs nucléaires de l’ONU affirment que Téhéran a divulgué des informations essentielles qui pourraient déterminer si, oui ou non, le pays tente de fabriquer des armes nucléaires.

Israël, que l’on suppose en possession de son propre arsenal nucléaire, a mené des exercices militaires dans l’est méditerranéen au début du mois de juin, impliquant des dizaines d’avions militaires et d’avions de ravitaillement en carburant.

En 1981, des avions militaires israéliens avaient détruit un réacteur nucléaire irakien.

Le porte-parole du Parlement iranien, Ali Larijani, a mis en garde d’autres pays contre des actions qui pourraient « leur coûter très cher ». Parmi les commentaires parus dimanche dans Mehr, une agence de presse semi-officielle, un général iranien a déclaré que ses troupes étaient en train de creuser plus de 320 000 tombes pour enterrer les troupes de toute force d’invasion avec «tout le respect qui leur est dû».

« En accord avec les lois de la guerre et du conflit armé, nous devons prendre en main les préparatifs nécessaires pour l’enterrement des soldats des pays agresseurs » a expliqué le général de division Mirfaisal Baqerzadeh, un officier iranien chargé de l’identification des soldats portés disparus.

 

Traduit de l’anglais par Kate G. pour ReOpenNews


Article de Seymour R. Hersh, traduction parue le 4 juillet sur mondialisation.ca

Préparer le champ de bataille : L’administration Bush intensifie ses mesures secrètes contre l’Iran

par Seymour M. Hersh
 
Mondialisation.ca, Le 4 juillet 2008
The New Yorker  

A la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à la demande du président Bush destinée à financer une importante augmentation des opérations secrètes contre l’Iran, selon des sources actuelles et anciennes de l’armée, des services de renseignements et au Congrès. Ces opérations, pour lesquelles le président a demandé jusqu’à quatre cent millions de dollars, ont été décrites dans un Presidential Finding (ndt : document présidentiel) signé par Bush, et sont destinées à déstabiliser le gouvernement religieux du pays.

Photo: Simon James : Une fresque sur le mur de l’ancienne ambassade américaine à Téhéran, à présent appelé "la tanière des espions" par les Iraniens

Les actions clandestines impliquent un soutien aux groupes minoritaires arabes, les Ahwazi et les Baluchi et à d’autres organisations dissidentes. Elles comprennent également la collecte de renseignements sur le supposé programme d’armes nucléaires iranien.

Les opérations clandestines contre l’Iran ne sont pas neuves. Depuis l’année dernière, les Forces d’opérations spéciales américaines ont mené des opérations transfrontalières depuis le sud de l’Irak, avec l’autorisation du Président. Celles-ci comprenaient la capture de membres d’Al Qods, la branche des commandos de la Garde Révolutionnaire iranienne, afin de les emmener en Irak pour les interroger et la poursuite d’"objectifs de grande valeur" dans la guerre contre le terrorisme du Président qui ont été capturés ou tués.

Mais l’ampleur et la portée des opérations en Iran qui impliquent la Central Intelligence Agency et la Joint Special Operations Command (JSOC), ont été considérablement élargies, selon les actuels et anciens responsables. Nombre de ces activités ne sont pas précisées dans le nouveau Presidential Finding et certains dirigeants du Congrès ont eu de sérieux doutes quant à leur nature.

Selon la loi fédérale, un Finding, qui est extrêmement secret, doit être délivré lorsque une opération clandestine des services de renseignements est en cours et doit, au minimum, être porté à la connaissance des dirigeants démocrates et républicains de la Chambre des Représentants et du Sénat et aux membres hauts placés de leurs commissions respectives de renseignements - ce que l’on appelle la Bande des Huit.

L’argent pour l’opération peut alors, selon le besoin, être réaffecté de leurs précédentes attributions par les commissions du Congrès concernées, qui peuvent aussi être informées.

"Le Finding portait sur une attaque contre les ambitions nucléaires de l’Iran et une tentative de fragilisation du gouvernement par un changement de régime," a déclaré une personne qui connaît son contenu et qui est impliquée dans le «travail avec des groupes d’opposition et le transfert d’argent."
"Le Finding subvenait aux besoins d’une nouvelle gamme d’activités dans le sud de l’Iran et dans des régions à l’est, où l’opposition politique Baluchi est forte", a-t’elle ajouté.

Selon cette source, bien que certains hommes politiques fussent préoccupés par certains aspects du Finding, et "qu’il y ait eu un certain nombre de discussions à un niveau élevé" sur le sujet, le financement a été approuvé.
En d’autres termes, certains membres de la direction des Démocrates (le Congrès est sous le contrôle des Démocrates depuis les élections de 2006) étaient prêts, en secret, à se rallier à l’Administration dans le développement d’activités clandestines en Iran, alors que le candidat présumé à la présidence, Barack Obama, déclarait qu’il privilégiait des négociations directes et la diplomatie.

La demande de financement a eu lieu au moment où l’administration recevait l’Estimation des Services de Renseignements (ESR), publiée en Décembre, qui concluait que l’Iran avait mis fin à ses travaux sur les armes nucléaires en 2003.

L’Administration a minimisé l’importance de l’ESR et, en disant qu’elle était engagée dans la diplomatie, elle a continué à insister sur le fait qu’une action urgente était indispensable pour contrer la menace nucléaire iranienne.

Le président Bush a mis doute les conclusions de l’ESR et de hauts responsables à la sécurité nationale, dont le secrétaire à la Défense Robert Gates et le secrétaire d’État Condoleezza Rice ont fait des déclarations similaires. (Ainsi que le sénateur John McCain, le futur candidat républicain à la présidence.)

Pendant ce temps, l’Administration a également ressorti les accusations d’implication des dirigeants iraniens dans l’assassinat de soldats américains en Irak: que ce soit directement, en envoyant des unités de commandos en Irak, et indirectement, par la fourniture de matériels utilisés pour les bombes de bords de routes et d’autres matériels mortels. (Il y a eu des questions quant à l’exactitude des affirmations, le Times, entre autres, a indiqué que "des incertitudes subsistaient quant à l’ampleur de cette participation».)

Des responsables militaires et civils au Pentagone ont fait part à la Maison Blanche de leurs inquiétudes au sujet des ambitions nucléaires de l’Iran, mais il existait des désaccords quant à savoir si une attaque militaire était la bonne solution. Certains responsables du Pentagone pensaient, comme ils l’avaient fait savoir au Congrès et aux médias, qu’un bombardement de l’Iran n’était pas une réponse viable à la question de la prolifération nucléaire et que plus de diplomatie était nécessaire.

Un sénateur démocrate m’a dit qu’à la fin de l’année dernière, lors d’une réunion-déjeuner confidentielle, le secrétaire à la Défense, Gates, a rencontré le comité électoral des Démocrates au Sénat. (Ces réunions sont organisées régulièrement.) Selon le sénateur, Gates a alerté sur les conséquences d’une frappe préventive de l’Administration Bush contre l’Iran, en disant : «Nous allons créer des générations de jihadistes, et nos petits-enfants se battront contre nos ennemis ici en Amérique."

Les commentaires de Gates ont stupéfait les Démocrates au déjeuner et un autre sénateur a demandé si Gates parlait au nom de Bush et du vice-président Dick Cheney. La réponse de Gates, m’a dit le sénateur fût : "Disons que je parle ici en mon nom" (Un porte-parole de Gates a confirmé qu’il avait abordé les conséquences d’une frappe lors de à la réunion, mais qu’il n’aborderait pas ce qu’il a dit, en dehors de contester l’interprétation des propos du sénateur.)

Le Comité des Etats-Majors Interarmes, dont le président est l’amiral Mike Mullen, «repoussaient fortement la pression de la Maison-Blanche destinée à entreprendre une frappe militaire contre l’Iran", m’a déclaré la personne qui connaît bien le Finding. De même, un consultant du Pentagone qui est impliqué dans la guerre contre le terrorisme a déclaré qu’"au moins dix contre-amiraux et généraux, dont des commandants de combat (des généraux d’armée qui dirigent des opérations militaires dans le monde) ont pesé sur cette question».

Le plus critique de ces officiers est l’amiral William Fallon, qui, jusqu’à récemmen,t était le chef du Commandement central américain, et donc en charge des forces américaines en Irak et en Afghanistan.

En Mars, Fallon a démissionné sous la pression, après avoir donné une série d’interviews indiquant ses réserves au sujet d’une attaque armée contre l’Iran. Par exemple, à la fin de l’année dernière, il a déclaré au Financial Times que le "véritable objectif de la politique américaine était de changer le comportement des Iraniens et que "les attaquer comme un moyen d’y arriver ne me semble pas être la meilleure solution."

L’amiral Fallon a reconnu, quand j’ai parlé avec lui en Juin, qu’il avait entendu dire qu’il y avait des gens à la Maison Blanche qui avaient été bouleversés par ses déclarations publiques. «Trop de gens pensent que vous devez être pour ou contre les Iraniens», m’a t-il dit. "Soyons sérieux. Il y a quatre-vingt millions de personnes qui y vivent et ce sont tous des individus. L’idée selon laquelle il n’y a qu’une façon ou une autre n’a pas de sens."

Quant à la guerre en Irak, Fallon dit : «J’ai râlé au sujet des choses qui étaient proposées? Tu parles. Certaines d’entre elles étaient très stupides."

L’accord de la direction des Démocrates sur l’engagement de centaines de millions de dollars pour effectuer plus d’opérations secrètes en Iran était marquante, compte tenu des préoccupations de responsables comme Gates, Fallon, et bien d’autres. "Le processus de contrôle n’a pas été tenu au courant : il a été détourné par l’administration", a déclaré la personne qui connaît bien le contenu du Finding. "Le processus est rompu et nous avons autorisé des choses dangereuses."

De hauts responsables Démocrates au Congrès m’ont dit qu’ils étaient inquiets de la possibilité que leur compréhension des nouvelles opérations soit différente de celle de la Maison Blanche.

Selon la personne qui le connait, l’un des sujets concerne une référence du Finding à une possible action défensive mortelle menée par des agents américains en Iran. (Au début du mois de Mai, le journaliste Andrew Cockburn a publié des éléments du Finding dans Counterpunch, un bulletin d’information et un magazine sur internet.)

Le texte a été inséré dans le Finding à l’instigation de la CIA, selon un ancien haut fonctionnaire des services de Renseignements. Les opérations secrètes présentées dans le Finding sont effectuées pour l’essentiel simultanément à des opérations d’une mission secrète de l’armée actuellement en Iran, qui est sous le contrôle du JSOC.

Selon l’interprétation de la Loi de l’Administration Bush, les opérations secrètes de l’armée, contrairement à celles de la CIA, n’ont pas besoin d’être décrites dans le Finding, parce que le Président a un droit constitutionnel pour commander les forces de combat sur le terrain sans ingérence du Congrès.

Mais les frontières entre les opérations ne sont pas toujours claires: en Iran, les agents de la CIA et les alliés régionaux ont des compétences linguistiques et des connaissances locales permettant d’établir des contacts pour les agents du JSOC et ils ont travaillé avec eux pour envoyer du personnel, du matériel et de l’argent en Iran depuis une base obscure située à l’ouest de l’Afghanistan.

En conséquence, il n’a été donné au Congrès qu’une vue partielle de la façon dont l’argent pour lequel il donnait son accord serait utilisé. L’une des missions des agents du JSOC, la poursuite des "objectifs de grande valeur," n’était pas directement abordée dans le Finding.

De plus en plus, certains hommes politiques réalisent que l’administration Bush, au cours des dernières années, a mélangé les opérations de renseignements aux opérations militaires afin d’éviter que le Congrès soit totalement informé sur ce qu’elle faisait.

«C’est une grosse affaire," dit la personne qui connaît le Finding. "La CIA avait besoin du Finding pour effectuer ses affaires traditionnelles, mais le Finding ne s’appliquait pas au JSOC. Le Président a signé un décret après le 11 Septembre qui donnait au Pentagone l’autorisation de faire des choses qu’il n’avait jamais été en mesure de faire avant sans en aviser le Congrès. L’excuse était que l’armée «préparait l’espace du combat, et en utilisant ce terme, ils ont réussi à contourner le contrôle du Congrès. Tout est justifié en termes de lutte dans la guerre mondiale contre le terrorisme».
Il a ajouté : «L’Administration a brouillé les frontières : elle utilise souvent une zone de gris" - entre les opérations dont la haute direction du Congrès doit être informée et celles qui n’ont pas à l’être", mais maintenant c’est une purée de pois."

"L’agence dit que nous n’aurions pas été en position d’aider à tuer des gens sans le Finding" m’a dit l’ancien haut fonctionnaire du renseignement. Il faisait référence à la menace juridique qu’affrontent certains membres de l’agence pour leur implication dans la reddition et la torture de suspects dans la guerre contre le terrorisme. "Cela a poussé les militaires dans le mur», a-t-il dit.
Quant à la C.I.A., a déclaré l’ancien haut fonctionnaire du renseignement, "l’ensemble de l’autorisation comprend le meurtre, mais c’est quand même pas pour ça qu’ils l’ont présenté. Il s’agit de recueillir des informations, d’obtenir des soutiens." Le Finding présenté au Congrès était un compromis fournissant une couverture à la CIA tout en faisant référence à l’utilisation de la force meurtrière dans des termes ambigus.

Le langage défensif-meurtrier a conduit certains Démocrates, selon des sources au Congrès au courant de leurs opinions, à appeler le directeur de la CIA et le Général Michael V. Hayden de l’armée de l’air pour une réunion d’information spéciale.
Hayden a rassuré les hommes politiques en disant que le langage utilisé ne servait qu’à fournir une autorisation aux membres des Forces Spéciales sur le terrain en Iran de tirer s’ils étaient capturés ou en mauvaise posture.

Les hommes politiques étaient loin d’être convaincus. Un membre du Congrès a ensuite écrit une lettre personnelle au Président Bush, en insistant sur le fait qu’"aucune action ou époque mortelle" n’avait été autorisée à l’intérieur des frontières de l’Iran. En Juin, il n’avait reçu aucune réponse.

Par le passé, des membres du Congrès ont exprimé leur scepticisme sur les renseignements fournis par la Maison Blanche.

Le 15 Mars 2005, David Obey, à l’époque un Démocrate de premier plan travaillant dans la Commission des Finances de la Chambre des Représentants, dirigée par les Républicains, qui approuve les dépenses, avait annoncé qu’il mettait de côté un amendement qu’il avait l’intention de présenter ce jour-là et qu’il couperait tous les financements du programme des Renseignements jusqu’à ce que le Président accepte de tenir le Congrès pleinement informé des actions militaires secrètes menées dans la guerre contre le terrorisme.
Il a changé d’avis, a-t-il dit, parce que la Maison Blanche avait promis une meilleure coopération. "Le pouvoir exécutif comprend que nous ne cherchons pas à dicter ce qu’ils doivent faire», avait-il déclaré à l’époque dans un discours. "Nous essayons tout simplement de faire en sorte que ce qu’ils font est compatible avec les valeurs américaines et que cela ne met pas le pays en difficulté."

Obey a refusé de commenter les détails des opérations en Iran, mais il m’a dit que la Maison-Blanche était revenue sur sa promesse de consulter plus en détail le Congrès. Il a dit : "Je pense qu’il y a quelque chose en cours, mais je ne sais pas que croire. Cheney a toujours voulu attaquer l’Iran, et s’il avait plus de temps, il trouverait un moyen de le faire. Nous n’avons toujours pas suffisamment d’informations de la part des agences et j’ai très peu confiance dans les informations qu’elles nous donnent."

Aucun des quatre Démocrates dans la Bande des Huit – le chef de la majorité au Sénat, Harry Reid, la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, le président de la Commission aux Renseignements du Sénat, John D. Rockefeller IV et le président de la Commission aux Renseignements de la Chambre des Représentants, Silvestre Reyes – n’a fait de commentaires sur le Finding, et certains font remarquer que c’est classé secret.

Un collaborateur d’un membre de la direction des Démocrates a répondu, en son nom, en soulignant les limites de la Bande des Huit. Une notification d’un Finding, a déclaré le collaborateur, "est juste une notification et pas une annonce d’actions. La supervision des activités de renseignements en cours est faite par un exposé complet aux membres de la Commission aux Renseignements."

Toutefois, le Congrès n’a pas les moyens de contester la Maison Blanche lorsqu’elle présente un Finding. Il a le pouvoir de suspendre le financement de toute opération du gouvernement.
Les membres de la Chambre des Représentants et la direction des Démocrates au Sénat qui ont accès au Finding peuvent aussi, s’ils le veulent et s’ils sont inquiets, trouver des moyens d’exercer leur influence politique auprès de l’administration. (Un porte-parole de la CIA a déclaré : «En règle générale, nous ne commentons pas d’une manière ou d’une autre les allégations d’actions secrètes ou des prétendues conclusions." (La Maison Blanche s’est également refusée à tout commentaire.)

Un membre de la Commission des Finances de la Chambre des Représentants a reconnu que, même avec une victoire des Démocrates en Novembre, "il faudra un an avant de reprendre le contrôle des activités des services de renseignements." Il a ajouté ; "Nous contrôlons l’argent et ils ne peuvent rien faire sans l’argent. L’argent, c’est la clé. Mais je suis très méfiant au sujet de cette administration." Il a ajouté: «Cette administration a été tellement secrète."

Une ironie ans le départ de l’Amiral Fallon, c’est qu’il était, dans de nombreux domaines, en accord avec le Président Bush sur la menace posée par l’Iran.
Ils avaient une bonne relation de travail, m’a dit Fallon et, quand il dirigeait CENTCOM, ils étaient régulièrement en contact. Le 4 Mars, une semaine avant sa démission, Fallon avait témoigné devant la Commission des Services Armés du Sénat, en disant qu’il était "encouragé" par la situation en Irak et en Afghanistan.

En ce qui concerne le rôle joué par les dirigeants iraniens, il avait déclaré : "Ils ont été absolument inutiles, très préjudiciables, et je ne tolère absolument pas aucune de leurs activités. Et depuis que je suis dans ce métier, j’attends encore de voir des actions publiques de l’Iran qui soient utiles à cette région".

Fallon a précisé dans nos conversations qu’il estimait qu’il n’était pas approprié de faire publiquement des commentaires sur le Président, le Vice-Président, ou sur des opérations spéciales. Mais il a dit qu’il avait entendu que des gens à la Maison Blanche avaient "combattu" son point de vue sur l’Iran.

"Quand je suis arrivé au CENTCOM, les Iraniens finançaient chaque entité en Irak. C’était dans leur intérêt que nous partions et donc ils ont décidé de tuer autant d’Américains que possible. Et pourquoi pas? Ils ne savaient pas ce qui en ressortirait mais ils voulaient que nous partions.
J’ai décidé que je ne pouvais pas résoudre la situation en Irak sans le voisin. Pour résoudre ce problème en Irak, nous avons dû en quelque sorte impliquer l’Iran et la Syrie. Je devais travailler avec le voisin
».

Fallon m’a dit que son centre d’attention n’était pas la question nucléaire iranienne, ou un changement de régime, mais "l’extinction des incendies en Irak." Il y avait constamment des discussions à Washington et sur le terrain sur la façon d’impliquer l’Iran et sur l’option du bombardement. Fallon dit qu’il pensait qu’"il ne se passerait rien sauf si les Iraniens faisaient quelque chose de stupide."

Toutefois, la retraite anticipée de Fallon semble avoir été provoquée non seulement par ses commentaires négatifs sur un bombardement de l’Iran, mais aussi par sa forte confiance dans la chaîne de commandement et son insistance à être informé sur les opérations spéciales dans la région sou sa responsabilité.

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