Procès staliniens façon américaine ?

Réalité ou fiction ? Une vie ballotée par les jeux de pouvoir. Secouriste d’origine algérienne résidant en Bosnie, M. Boumediene fait un séjour  au centre de détention de Guatanamo, Cuba. Son tort : être musulman. Un récent article de ReOpenNews évoquait son histoire. 

Inculpé sans preuve  par le Gouvernement Bush pour acte de terrorisme présumé contre les ambassades US. et Britanique  à Sarajevo, il endurera plusieurs années d’incarcération, des plus dures et des plus humiliantes à "Gitmo".
Climax : séances de tortures.
Plus de sept ans après son incarcération, un juge tranche enfin : la détention de M. Boumediene est illégale.
Le Président Obama, succédant à Bush, embarrassé par la mauvaise notoriété de "Gitmo" laissée par son prédecesseur, définit avec  l’aide de son allié, la France, les conditions de libération du prisonnier.
Epilogue : le prisonnier, secouru par le Président Sarkozy, retrouve sa famille en France où il doit reconstruire sa vie, en Terra incognita.

Ce que rapporte ABC News n’a, hélas, rien d’une fiction.  M. Boumediene  raconte une part de sa vie mise entre parenthèse  par  la décision d’hommes politiques prêts à en découdre pour conquérir des zones gazières et pétrolifères quitte à broyer des civils innocents en pourfendeurs des droits qu’ils s’arrogent. Les  victimes sont bien réelles ; le cas de M. Boumediene n’est pas unique.

Source : ABC News


Exclusif : un détenu récemment libéré de Gitmo (Guantanamo) parle à ABC News.

Emprisonné durant sept ans, l’ancien secouriste rapporte à ABC News qu’il a été torturé.

Par Jake TAPPER, Karen TRAVERS et Stephanie Z. SMITH, le 8 Juin 2009

Durant sept ans et demi, Lakhdar Boumediene a été simplement connu sous le numéro "10005." C’est le numéro qu’on lui a attribué lorsqu’il est arrivé au centre de détention de Guantanamo Bay à Cuba, emporté par une rafle post 11 Septembre et accusé d’avoir fomenté des attentats contre les ambassades U.S. et britannique à Sarajevo.

Dans un entretien exclusif accordé à ABC News, Boumediene a déclaré que les interrogateurs de "Gitmo" ne l’avaient pas questionné une seule fois sur ces présumés complots, pour lesquels il nie toute implication.

"Je suis quelqu’un de normal" a dit Boumediene qui travaillait pour le Croissant-Rouge au moment de son arrestation, venant en aide aux orphelins et à d’autres personnes dans le besoin. "Je ne suis pas un terroriste."

Cet Algérien de 43 ans est maintenant de retour auprès de sa femme et de ses deux filles. C’est un homme libre en France après qu’un Juge Républicain eut constaté un manque de preuves contre Boumediene. Il est mieux connu depuis que, l’an dernier, dans l’affaire "Boumediene contre Bush", (1)  à partir de  la Cour Suprême a pris une décision qui a fait date, disant que les détenus ont le droit de contester leur détention devant la Cour.

Cette décision a constitué un stupéfiant revers pour la politique de l’administration Bush vis-à-vis de ceux qui sont suspectés de terrorisme. Elle a conduit à un arrêt du Juge du Tribunal d’instance, Richard Leon, ancien conseiller auprès des Républicains au Congrès, nommé à la magistrature par Bush, et qui a déclaré qu’il n’y avait pas de preuve crédible pour maintenir Boumediene en captivité.

Après ce que Boumediene a décrit comme un cauchemar de sept ans et demi, il est désormais un homme libre. "Je ne crois pas, j’en suis certain" a-t-il déclaré à propos de la torture.

En 2001, Boumediene, sa femme et ses deux fillettes vivaient à Sarajevo, en Bosnie. Il travaillait pour la Croix-Rouge, après avoir œuvré pour cette organisation au Pakistan et en Albanie.

Il a été arrêté par la police bosniaque en octobre 2001, accusé d’avoir conspiré pour faire exploser les ambassades U.S. et britannique. D’après lui, ces accusations étaient fausses et grotesques.

"Ils ont fouillé ma voiture, mon bureau, rien. Mon portable, rien. Rien. Rien." dit-il.

Les accusations ont été levées et la cour bosniaque a ordonné sa libération ainsi que celle de cinq autres personnes. Mais sous la pression de l’administration Bush, le gouvernement bosniaque l’a remis aux militaires U.S.

Le 17 janvier 2002, les mains et les pieds de Boumediene ont été enchaînés, puis on l’a mis dans un avion militaire à destination de Guantanamo Bay. C’était une période de forte angoisse et l’administration Bush ne prenait aucun risque.

Deux semaines plus tard, dans son allocution sur l’état de l’Union, le Président Bush a surenchéri sur les arrestations en Bosnie pour montrer que la guerre contre le terrorisme progressait.

"Nos soldats, qui travaillent avec le gouvernement bosniaque, ont capturé des terroristes qui complotaient en vue de faire exploser notre ambassade" a dit Bush dans son allocution. A ce jour, les officiels de l’administration Bush n’ont fourni aucune preuve tangible soutenant cette accusation.

Boumediene dit que les interrogatoires ont commencé dans la semaine qui a suivi son arrivée dans l’établissement de Cuba. Il pensait que sa coopération et que sa foi en les États-Unis l’aideraient et accéléreraient sa libération.

"Je pensais que l’Amérique, ce grand pays, ils ont la CIA, le FBI. Peut-être que dans une semaine ou deux ils sauront que je suis innocent. Je pourrai rentrer chez moi, chez moi." dit-il.

Mais, au lieu de cela, Boumediene rapporte qu’il a enduré de sévères traitements durant plus de sept ans. Il dit qu’on l’a laissé éveillé 16 jours d’affilée, et qu’il a été plusieurs fois physiquement abusé.

Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait avoir été torturé, Boumediene a été sans équivoque.

"Je ne le pense pas, j’en suis certain." a-t-il dit.

Boumediene raconte qu’on la tiré par les aisselles alors qu’il était assis sur une chaise, les jambes enchaînées. Il dit qu’on l’a obligé à courir avec les gardes du camp, et s’il ne maintenait pas le rythme, il était traîné, ensanglanté et meurtri.

Il a décrit ce qu’il a appelé les "jeux" auxquels jouaient les gardes après qu’il eut débuté une grève de la faim, lui injectant les aliments par le nez et plantant l’aiguille hypodermique à un mauvais endroit de son bras.

"Vous pensez que ce n’est pas de la torture ? Qu’est-ce que c’est ? Comment appelez-vous cela ? De la torture ou quoi ?" dit-il en montrant les cicatrices dues aux chaînes serrées. "Je suis un animal? Je suis pas un humain ?"

Le vice-Président Dick Cheney a été inflexible en défendant le centre de détention de Guantanamo et le traitement réservé aux détenus.

La semaine dernière Cheney a dit : "Ce complexe est bien. Les gens y sont très bien traités."

Curieusement, Boumediene dit que personne à "Gitmo" ne l’a jamais interrogé sur les supposés attentats contre les ambassades à Sarajevo. Ils voulaient savoir ce qu’il savait d’al Qaida et d’Oussama ben Laden, rapporte-t-il, c’est-à-dire rien.

Boumediene dit qu’il était dans son intérêt de mentir aux interrogateurs, lesquels récompensaient les détenus s’ils admettaient leur culpabilité.

"Si je dis à mes interrogateurs : "Je suis d’al Qaida, j’ai vu Oussama ben Laden, c’était mon chef, je l’ai aidé", ils vont me dire : "Oh, tu es quelqu’un de bien", dit-il. "Mais si je refuse ? Je leur dis que je suis innocent, que je n’ai jamais été un terroriste, jamais, jamais, ils me disent : "tu ne… tu ne coopères pas, je dois te frapper."

Après presque quatre ans d’emprisonnement, Boumediene a débuté une grève de la faim pour protester contre ces traitements.

Il dit qu’il avait cru que les Etats-Unis honoraient la diversité religieuse, mais il pense que les gardes de Guantanamo ont bafoué ses croyances religieuses. "Ils m’ont rasé la barbe, car ils ne me respectent pas, parce que les gardes ne m’ont pas laissé dormir. Ils ne m’ont pas laissé lire le Coran, ils ne m’ont pas laissé prier normalement comme les autres musulmans hors de Guantanamo", disait-il.

Boumediene a rompu sa grève de la faim à deux reprises en deux ans et demi — d’abord lorsqu’il a appris que Barack Obama avait remporté les élections, puis quand le juge Leon a ordonné sa relaxe.

Malgré les durs traitements et l’incertitude sur son sort, Boumediene a dit qu’il ne voulait pas mourir car il avait autre chose à vivre une fois de retour chez lui.

"Tous les jours, je pensais à ma femme et à mes filles." dit-il.

Les effets personnels de Boumediene lui ont été ôtés à Guantanamo, y compris son alliance. Il a maintenant une pile de lettres que sa femme lui a écrites, qu’il n’a jamais reçues, les enveloppes portant l’estampille "retour à l’envoyeur".

Là-bas, on perd tout espoir, on perd tout espoir." dit-il. "Aucune bonne nouvelle, ils ne veulent pas que vous soyez heureux."

Il a fallu plus de six ans avant que Boumediene ne commence à recevoir de bonnes nouvelles.

Boumediene contre Bush

L’été dernier, dans une décision qui a fait date en temps de guerre, la Cour Suprême a pris un arrêt stipulant que les suspects détenus à Guantanmo disposaient du droit constitutionnel pour contester leur détention devant la Cour fédérale.

Cette décision fut une sévère réprimande pour le système de l’administration Bush consistant à détenir et éventuellement juger de présumés terroristes.

Par une cinglante protestation, le Juge Antonin Scalia a dit qu’autoriser les juges fédéraux (plutôt que les officiels militaires) à libérer les suspects de terrorisme pourrait avoir des conséquences désastreuses.

"Le jeu de dupe auquel se livre l’opinion actuelle envers le Commandant en chef de la nation renforcera la guerre contre nous. Cela causera certainement plus de morts d’Américains" a-t-il écrit.

Boumediene a remporté la décision par 5 voix contre 4 lors de sa première victoire contre le Président Bush. La seconde est survenue au mois de novembre dernier quand le Juge Leon promulgua l’arrêt concernant la faiblesse des preuves retenues contre Boumediene — ce qu’il nomma "une structure fragile"– et ordonna sa libération de Guantanamo.

L’administration Bush ne l’a jamais accusé de conspiration pour les attentats contre les ambassades. Ils ont dit que Boumediene et d’autres avaient projeté de voyager en Afghanistan pour combattre les Etats-Unis.

Pour marquer le coup, Boumediene s’est fabriqué un T-shirt sur lequel était marqué comme sur un panneau de terrain de football "Boumediene : 2, Bush : 0."

Le mois dernier, lors d’une cérémonie émouvante dans un aéroport proche de Paris, Boumediene retrouvait sa famille. Ses filles, qui étaient encore très jeunes lorsqu’il fut incarcéré, ont maintenant 13 et 9 ans.

"J’ai pleuré, simplement pleuré. Car je ne connais pas mes filles." dit-il. " La plus jeune, lorsque j’ai quitté la Bosnie pour "Gitmo", avait 18 mois. Maintenant, elle a 9 ans. Elle est grande. De 18 mois, bébé, à 9 ans, elle marche, parle, joue, elle plaisante. C’est une grande différence."

A cause de sa grève de la faim, Boumediene n’était pas en bonne santé lorsqu’il est arrivé en France. Il a été soigné dans un hôpital militaire et n’a pu d’abord s’alimenter normalement.

Lorsqu’il est sorti de l’hôpital, il a pris, après sept ans et demi, son premier repas familial avec sa femme et ses enfants. Au menu ? Pizza.

Le plan de négociation Sarkozy/Obama concernant les détenus.

A la demande de la Maison-Blanche, la France a accepté de recueillir Boumediene. Le 3 avril, à Strasbourg, Obama a discuté avec Nicolas Sarkozy de la possibilité de recueillir des prisonniers libérés de Guantanamo.

Sarkozy a dit ce jour-là : "Donc, si le Président des Etats-Unis dit : je vais fermer Guantanamo, mais il faut que mes alliés recueillent — dans ce cas particulier — cette personne-ci dans nos prisons, car cela m’aidera, (moi) le Président des États-Unis à fermer cette base — si nous sommes logiques, alors nous disons oui."

Mais aucun des gouvernements U.S. et français n’a pensé que Boumediene devait être emprisonné. C’est un homme libre qui tente de savoir ce qu’il va faire.

Trois autres personnes de son groupe sont de retour en Bosnie. Deux sont restées à Guantanamo.

En France, samedi, Obama a personnellement remercié Sarkozy.

"J’apprécie beaucoup le leadership de Sarkozy dans plusieurs domaines," a-t-il dit, ajoutant "et la volonté de la France d’accepter un détenu de Guantanamo."

Boumediene : "J’essaie d’oublier Guantanamo."

Boumediene dit qu’il comprend à un certain degré que les attaques du 11-Septembre aient suscité de fortes réactions de la part du gouvernement américain.

"Le premier mois, OK, pas de problème, le bâtiment, le 11-Septembre, les gens, ils ont peur, mais pas après 7 ans. Ils peuvent savoir qui est innocent, qui est terroriste, qui n’est pas terroriste." dit-il.

"je vous donne 2 ans, pas de problème, mais pas 7."

Boumediene insiste pour dire qu’il n’a pas de problèmes avec les Américains, mais il ne peut cacher sa colère contre Bush et d’autres hauts fonctionnaires de l’administration qu’il a qualifiés de "stupides."

"Moi-même, j’essaie d’oublier Guantanamo, je ne peux oublier les quatre ou cinq personnes, elles sont stupides, elles sont très, très stupides. je ne peux les oublier." a-t-il dit.

Boumediene et son avocat envisagent des poursuites à l’encontre du gouvernement U.S. mais avant tout, disent-ils, il a besoin d’argent pour survivre.

"Je pense qu’il devrait avoir un revenu pour le restant de ses jours." a dit son avocat, Robert Kirsch du Cabinet WilmerHale. "Sa famille a été précipitée dans la pauvreté à cause d’une erreur commise il y a sept ans et demi. Ce dont il a besoin est une chance de se retrouver là où il aurait dû être."

En ce qui concerne les allégations de Boumediene au sujet des abus, le Pentagone dit : "les abus sur les détenus sont inacceptables. Cela va à l’encontre de nos valeurs, cela met en danger notre sécurité et ce n’est pas tolérable. Toute allégation crédible concernant les abus font l’objet d’une enquête minutieuse, et lorsqu’elles s’avèrent effectives, les individus sont tenus responsables de leurs agissements."

 
Christophe Schpoliansky d’ABC News a contribué au récit.

Traduction apetimedia pour ReOpenNews
 


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Non à la guerre en Afghanistan et au Pakistan

Le sommet américain avec l’Afghanistan et le Pakistan [du 6 mai 2009] à Washington marque le début d’une escalade des violences militaires dans les deux pays. Le but de la rencontre pour l’administration Obama est d’intimider ses laquais, le président afghan Hamid Karzaï et le président pakistanais Asif Ali Zardari, pour qu’ils obéissent davantage et d’élaborer une stratégie exhaustive de guerre dans le but de pacifier de larges régions de chaque côté de la frontière pakistano-afghane qui est présentement contrôlée par des rebelles islamistes.

L’importance de ce sommet trilatéral est soulignée par la présence de hauts représentants de l’armée américaine et de l’establishment du renseignement et de la politique étrangère, dont la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, le directeur de la CIA Leon Panetta, le chef du FBI Robert Mueller et le général américain du Commandement central David Petraeus, ainsi que leurs homologues de l’Afghanistan et du Pakistan. D’autres sommets trilatéraux sont prévus pour coordonner la guerre commune qui va inévitablement coûter la vie à de nombreuses autres personnes dans les deux pays.

Flanqué de Karzaï et Zardari, Obama a déclaré hier devant les médias que les Etats-Unis étaient du côté des peuples de l’Afghanistan et du Pakistan. De telles remarques doivent être rejetées avec le mépris qu’elles méritent. L’impérialisme américain intensifie ses guerres en Afghanistan et au Pakistan non pas pour « développer la sécurité, les opportunités et la justice » pour les populations locales, mais bien afin de servir l’objectif stratégique de Washington de dominer l’Asie centrale riche en énergie.

Sous les fortes pressions des Etats-Unis, l’armée pakistanaise mène actuellement une offensive dans le district de Buner impliquant 15 000 soldats qui sont appuyés par des hélicoptères et des avions de combat. L’opération, qui est applaudie à Washington, a déjà fait fuir de longues colonnes de réfugiés. Selon les officiels locaux, 40 000 personnes ont quitté la région et l’exode pourrait atteindre un demi-million de réfugiés. 

En Afghanistan, les frappes aériennes américaines plus tôt cette semaine qui ont tué jusqu’à 150 personnes dans le district de Bala Baluk ne sont que la dernière atrocité d’une guerre qui vise à terroriser le peuple afghan et réprimer toute opposition à l’occupation néocoloniale. Obama a à peine fait mention de l’incident, répétant comme à l’habitude que les Etats-Unis feraient « tout en leur possible » pour éviter les victimes civiles. Il a sinistrement mis en garde que les violences augmenteraient, mais que l’engagement des Etats-Unis « n’allait pas fléchir ».

Les présidents afghan et pakistanais ont tous deux juré fidélité à Washington et sa « guerre au terrorisme ». Bien qu’Obama parle d’eux en tant que « dirigeants élus démocratiquement », les Etats-Unis n’auraient pas de remords à les retirer du pouvoir, d’une manière ou d’une autre, s’ils ne suivaient pas les ordres. Dans les derniers mois, des officiels américains ont critiqué sévèrement Karzaï, qui fait face à une élection en août, pour son administration corrompue et inefficace ainsi que pour ses critiques de l’armée américaine et des victimes civiles tombées sous ses attaques.

De hauts représentants américains ont aussi averti Zardari quant à sa réticence à déclencher une guerre totale contre les guérillas talibanes. Le New York Times a cité anonymement un officiel de l’administration déclarant que la guerre au Pakistan allait dépendre de l’armée pakistanaise, « étant donné surtout le refus du pays, jusqu’à maintenant, de permettre l’entrée des troupes américaines ». Alors que l’armée américaine intensifie ses frappes de missiles en toute impunité, Washington fait clairement pression pour un rôle militaire beaucoup plus grand à l’intérieur du Pakistan.

Le même journal a publié une série d’articles sensationnalistes depuis quelques jours qui insistaient sur le danger que l’arsenal nucléaire pakistanais puisse tomber entre les mains d’extrémistes islamistes, le même prétexte utilisé par l’administration Bush pour réaliser son « changement de régime » en Irak. L’administration Obama considère évidemment plusieurs avenues pour remplacer Zardari si jamais ce dernier ne réalisait pas les promesses qu’il a faites à Washington.

Des éditoriaux parus hier dans le New York Times et le Wall Street Journal ont donné un soutien entier aux nouveaux plans de guerre d’Obama. Les deux journaux ont demandé au Congrès d’accéder rapidement à la requête d’Obama pour un financement supplémentaire de plusieurs milliards de dollars pour soutenir les armées et les gouvernements afghans et pakistanais. Le Wall Street Journal, en particulier, a demandé qu’aucune contrainte politique de la part du Congrès ne vienne « gommer les requêtes » ou restreindre la liberté d’action de l’armée américaine.

Ce consensus démontre que tout l’establishment politique américain, l’aile libérale représentée par les démocrates tout autant que sa contrepartie conservatrice représentée par les républicains, soutient la guerre d’Obama sur deux fronts. L’escalade des conflits en Afghanistan et au Pakistan montre que les critiques qu’ont faites Obama et des sections des médias au sujet de la guerre en Irak n’avaient qu’un caractère entièrement tactique. Obama a été choisi et amené à l’avant-scène dans les élections de l’an passé par des sections de l’élite dirigeante américaine qui considérait que l’Irak était une diversion désastreuse des objectifs et intérêts plus fondamentaux des Etats-Unis en Asie centrale.

Ayant gagné l’élection en faisant appel au sentiment largement répandu d’opposition à la guerre, Obama accomplit aujourd’hui la mission pour laquelle il a été choisi. Sous la supervision de membres clés de l’administration Bush (le secrétaire à la Défense Robert Gates et le général Petraeus), l’armée américaine prépare une importante offensive cet été en Afghanistan en doublant le nombre de ses soldats là-bas qui atteindra 68 000. Au même moment, le Pentagone a mis en place d’autres voies d’approvisionnement dans le cas où l’escalade de la guerre prévue dans le Pakistan voisin menacerait les voies d’approvisionnement actuellement utilisées et qui passent par les régions frontalières de ce pays.

Le Wall Street Journal conclut son éditorial en insistant auprès de l’administration Obama pour qu’elle clarifie que « l’implication des Etats-Unis à la sécurité dans cette région se prolongera longtemps », ajoutant : « Le plus grand danger est que les faibles institutions du Pakistan et ses dirigeants peu sûrs perdent leur désir de vaincre les islamistes. C’est ce qui a fait tomber le Shah d’Iran en 1979. Nous ne voulons pas que la même chose se reproduise à Islamabad. »

En fait, la dictature impitoyable d’Iran soutenue  par les Etats-Unis n’est pas tombée parce que le Shah a perdu son désir d’emprisonner et d’éliminer physiquement ses opposants, mais à cause d’un soulèvement populaire duquel les religieux islamiques ont réussi à prendre le contrôle. Il y a déjà des signes en Afghanistan et au Pakistan d’une vaste opposition politique et sociale aux Etats-Unis et à ses régimes marionnettes. L’avis que donne le Wall Street Journal à Obama est que les Etats-Unis doivent faire tout ce qui est nécessaire aussi longtemps qu’il le faut pour supprimer par la violence toute contestation à la domination économique et stratégique de la région par les Etats-Unis.

L’escalade de la guerre que prépare Obama ne pourra avoir qu’un effet profondément déstabilisateur sur toute la région et préparera des conflagrations militaires encore plus importantes et sanglantes [...].
 

Par Peter Symonds, le 9 mai 2009 pour WSWS.org
(Article original anglais paru le 7 mai 2009)

Un juge espagnol rouvre une enquête sur de hauts responsables de Bush

Le célèbre juge espagnol Baltasar Garzón a ouvert une nouvelle enquête sur les allégations de torture à Guantánamo Bay et dans d’autres prisons américaines visant les « possibles auteurs matériels, concepteurs ou complices » d’abus illégaux commis contre les détenus.

Dans une décision judiciaire solidement motivée et justifiée publiée mercredi, Garzón a indiqué qu’il enquêterait sur le rôle joué par les responsables de haut rang du gouvernement Bush dans ce qu’il a appelé un « programme autorisé de torture et de mauvais traitements systématiques infligés aux personnes privées de leur liberté sans que des chefs d’accusation aient été portés contre elles en les privant des droits les plus élémentaires réservés aux détenus, prévus et exigés par les traités internationaux. »

Guantánamo Bay, a-t-il écrit, pourrait bientôt être considéré comme « un véritable vide au sens juridique qui est défini par une multitude de traités et de conventions signés par la communauté internationale. »

Garzón a laissé entendre qu’il envisagerait de porter plainte contre les responsables sous l’ère Bush qui ont autorisé, dirigé ou approuvé l’usage de la torture et pas seulement les agents de la CIA qui l’ont pratiquée ou les juristes du ministère de la Justice qui ont procuré des justifications pseudo-légales.

Il a écrit que des mémos du ministère de la Justice de Bush précédemment classés secrets et rendus publics le mois dernier par le gouvernement Obama ont révélé l’existence d’un programme de torture à la prison américaine de la base aérienne Bagram en Afghanistan ainsi qu’à Guantánamo, qui avait été approuvé à « un niveau presque officiel ». Il y avait, de ce fait, « une responsabilité pénale dans les différentes structures de l’exécutif, le commandement, la conception et l’autorisation de ce programme de torture systématique ».

Il a ajouté que les mémos, rédigés par les juristes du ministère de la Justice en 2002 et en 2005, fournissaient des preuves « de ce qui précédemment pouvait seulement être insinué. »

Dans un acte judiciaire de dix pages, Garzón a écrit que les mauvais traitements infligés à Guantánamo et dans d’autres prisons américaines aux prisonniers suspectés de terrorisme laissent supposer « l’existence d’un programme concerté d’application d’une multitude de crimes de torture. » Il a dit qu’il réclamerait des copies des mémos du gouvernement Obama et qu’il demanderait aussi au juge espagnol Ismael Moreno l’information que celui-ci a rassemblée dans le courant de l’investigation sur les vols secrets [rendition] de la CIA qui ont fait escale en Espagne.

Bien que Garzón n’ait pas nommé les cibles potentielles de son enquête, le langage utilisé dans son acte judiciaire évoque la possibilité de la délivrance de mandats d’arrêt contre les responsables de haut niveau de Bush, tels le vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, la conseillère pour la Sécurité nationale, puis secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, et Bush lui-même.

En 1968, Garzón avait décerné un mandat d’arrêt contre Augusto Pinochet, alors que l’ancien dictateur chilien était en visite en Grande-Bretagne, en exigeant son extradition pour subir un procès en Espagne. Cela avait déclenché un conflit juridique qui força Pinochet à rester assigné à résidence en Grande-Bretagne pendant 17 mois. Les hauts responsables du gouvernement Bush, y compris l’ancien président, ont à présent de bonnes raisons pour ne pas quitter les Etats-Unis de peur de subir un sort similaire ou pire.

Garzón a cité la « compétence universelle de la justice » espagnole avec ses statuts et ses dispositions dans la Convention de Genève et les lois internationales interdisant la torture qui oblige les signataires à poursuivre les responsables de tout gouvernement violant les dispositions anti-torture. Il a dit qu’il réexaminerait les témoignages des quatre anciens détenus de Guantánamo Bay. Tous les quatre avaient été poursuivis pour avoir été des membres d’Al-Qaïda il y a plusieurs années, mais Hamed Abderrahman, Ahmed et Lahcen Ikassrien furent acquittés par la Haute Cour d’Espagne et Abdul Latif al Banna et Omar Deghayes eurent leur placement en détention au Royaume-Uni annulé.

Les détenus prétendent qu’ils « ont subi divers sévices physiques et enduré des abus psychologiques contre leur personne durant leur détention dans différents pays où il étaient placés sous l’autorité de personnel militaire américain. » La liste des abus comprend des coups, des sévices sexuels, l’exposition au froid et à la chaleur intense, à une musique surpuissante, de longues séances d’interrogatoire et de privation de sommeil.

L’annonce de Garzón aggrave la crise politique qui entoure le gouvernement Obama au sujet de l’utilisation de la torture et d’autres violations des lois nationales et internationales. Obama a essayé de donner l’impression que son gouvernement représentait une rupture avec ces pratiques tout en défendant certains des crimes les plus énormes tels l’enlèvement et la « disparition » d’individus et leur « restitution » (« rendition ») pour être emprisonnés et torturés par d’autres gouvernements.

Obama avait décidé le 16 avril de publier des mémos de l’époque de Bush portant sur l’approbation de méthodes telles que la simulation de noyade (« waterboarding ») que son gouvernement a reconnues comme étant de la torture. Il n’avait pris cette décision que sous l’effet de la pression d’une échéance imposée par le tribunal concernant la publication de ces mémos.

Dans le même temps, il avait exclu toute enquête ou poursuite des agents de la CIA qui avaient pratiqué la torture. Il avait manifestement espéré mettre un terme à la controverse qui couvait au sujet de la torture, en apaisant ses partisans libéraux et l’opinion mondiale tout en rassurant l’establishment militaire et du renseignement ainsi que les responsables de Bush qu’ils ne seraient pas tenus responsables.

La démarche eut l’effet inverse en déclenchant des dénonciations publiques du gouvernement de la part des responsables de Bush, y compris Cheney et l’ancien directeur de la CIA, Michael Hayden, qui avaient cherché à mobiliser des sections mécontentes de l’appareil militaire et du renseignement et de forces droitières en général en défendant la torture de présumés terroristes et en accusant Obama de saper la sécurité nationale américaine.

En raison d’un conflit croissant au sein de l’Etat, les responsables gouvernementaux ont déclaré leur opposition à toute enquête publique sur le programme de torture de Bush. Ceci a placé Obama dans une situation où il reconnaît les crimes d’Etat tout en défendant leurs auteurs.

La direction démocrate du Congrès a suivi la voie adoptée par Obama en s’opposant à toute investigation des responsables du gouvernement Bush en se ralliant à une enquête lancée par la Commission d’information du Sénat (Senate Intelligence Committee), conduite « à huis clos » et basée sur les assurances qu’elle sera « bipartite » et « non politique » et que la plupart des conclusions, sinon toutes, resteront classées.

L’annonce faite par Garzón mercredi fait suite à sa tentative de porter des accusations contre six responsables du gouvernement Bush impliqués dans la rédaction des mémos sur la torture. Le procureur général espagnol, Candido Conde-Pumpido, s’est publiquement prononcé contre cette enquête en cherchant à l’étouffer. La démarche de bloquer l’enquête était intervenue après qu’une série de discussions de haut niveau entre Washington et Madrid a eu lieu, discussions qui comprenaient des entretiens directs entre Obama et le premier ministre José Luis Zapatero du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

La nouvelle enquête de Garzón est un acte de défiance qui fait monter les enchères politiques en visant les responsables de haut niveau de Bush qui ont autorisé le programme de torture.

Mercredi, lors d’une conférence de presse, Obama a réitéré sa conviction que le « waterboarding » autorisé par Bush était de la torture. Et pourtant, d’anciens hauts représentants du gouvernement Bush continuent de défendre de telles pratiques et leur autorisation.

L’un de ceux qui ont été désignés par Garzón dans son enquête initiale, Jay Bybee qui, en tant qu’adjoint du secrétaire à la Justice, avait signé certains des mémos sur la torture, avait été nommé par Bush au poste de juge à la Cour d’appel fédérale. Les appels se multiplient à présent contre lui pour qu’il soit démis de ses fonctions. Mercredi, il a brisé le silence en défendant son rôle et en approuvant la torture des détenus. Il a dit au New York Times, « Je croyais à l’époque, et je continue de croire aujourd’hui, que les conclusions étaient juridiquement correctes. »

La défense par Condoleezza Rice de ses actes est la meilleure de toute en étant encore plus éhontée que celle de Bybee. Jeudi, le site web du Huffington Post affichait un article sur une récente discussion entre Rice et des étudiants de l’Université de Stanford. Lorsque des étudiants lui ont demandé si le « waterboarding » était de la torture, elle a répondu « [P]ar définition, s’il a été autorisé par le président, il ne violait pas nos obligations sous la Convention contre la Torture. »

La position de Rice est que Bush a personnellement autorisé le « waterboarding » et que l’autorité présidentielle outrepasse la loi. En cherchant à se défendre, elle a effectivement placé Bush lui-même directement dans la ligne de mire.

Le ministre de la Justice d’Obama, Eric Holder, a refusé de dire si les Etats-Unis coopéreraient à l’investigation de Garzón. En réponse à une question, il a simplement dit, « Evidemment, nous considérerons toute demande venant de la justice de n’importe quel pays et nous examinerons comment et si nous devons nous y conformer. »

Michael Ratner, président du Centre pour les droits constitutionnels (CCR) des Etats-Unis, qui représente de nombreux détenus de Guantánamo Bay, a dit à propos de la nouvelle enquête de Garzón, « Les conspirateurs de la torture ont de gros problèmes. Même si les Etats-Unis échouent dans leur obligation de mener une enquête criminelle, l’Espagne le fera. Les conspirateurs peuvent s’enfuir, mais ne peuvent pas se cacher. Il est probable que des mandats d’arrêt ont déjà été lancés ou le seront sous peu. Des mises en accusation suivront certainement bientôt. Les possibilités de voyage de l’équipe de tortionnaires sont en train de rétrécir. »

L’attitude adoptée par l’establishment politique et médiatique américain face à l’investigation de Garzón est révélée par le quasi-silence avec lequel les médias l’ont accueillie. Elle a à peine été mentionnée dans les actualités des chaînes de TV et a seulement bénéficié d’une couverture superficielle dans la presse écrite. Un article fut publié mercredi dans une édition électronique du New York Times, mais non dans l’édition écrite du lendemain.

Cette réaction prouve une fois de plus la complicité des médias, à la fois en ce qui concerne les actes criminels commis par le gouvernement Bush et les efforts entrepris par Obama pour empêcher que ceux qui sont coupables de crimes d’Etat soient tenus pour responsables.
 

par Paul Mitchell et Chris Marsden pour WSWS.org, le 6 mai 2009
Article original, WSWS, paru le 1er mai 2009.

L’administration Bush a intimidé les témoins lors des auditions de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre

En remettant en cause le fonctionnement autoritaire de l’Administration Bush et en souhaitant plus de transparence dans l’exercice du pouvoir, l’Administration Obama a ouvert une boîte de Pandore. De nombreux documents jusqu’ici secrets sont déclassifiés. Parmi eux, des notes internes de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre. Celle que nous publions aujourd’hui atteste que des pressions ont été exercées sur les fonctionnaires et militaires ayant comparu devant la commission afin qu’ils ne répondent pas aux questions relatives au rôle et à la réaction de l’Administration face aux attentats.


 
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Les membres de la Commission « d’enquête » sur les attentats du 11-Septembre.

On savait que la Commission d’enquête du les attentats du 11-Septembre était une mise en scène visant à valider la version gouvernementale des attentats en se substituant à une enquête judiciaire ou parlementaire. Après d’interminables tergiversations, le président Bush avait nommé lui-même une commission indépendante du Congrès qui n’avait pas manqué de l’innocenter de toute erreur ou culpabilité dans cette tragédie. Devant la colère des familles de victimes, M. Bush avait d’abord confié la présidence de cette commission au docteur Henry Kissinger [1] assisté de George J. Mitchell. Puis devant le tollé suscité par ces nominations, il les avaient remplacés par un ancien administrateur de la National Endowment for Democracy (NED), le républicain Thomas Kean, assisté par le démocrate Lee Hamilton [2]. Cependant, comme l’a montré Philip Shenon, journaliste au New York Times, le travail de la commission était en réalité encadré par son directeur exécutif, Philip Zelikow, en étroite collaboration avec Condoleezza Rice et Karl Rove [3]. M. Zelikow s’est attaché à écarter tous les témoins incontrôlables. Le schéma détaillé du rapport et les conclusions qu’il devait établir avaient été rédigés avant même que ne commencent les auditions. Le document que nous publions aujourd’hui atteste de la surprise des personnels de la commission devant les pressions exercées sur les fonctionnaires et militaires auditionnés pour qu’ils ne livrent aucune information qui s’écarte de ce schéma. Il va de soi que les recommandations des personnels de la commission pour plus de transparence n’ont jamais été prises en compte par les commissaires. [4].

Document

Circulation limitée aux membres de la commission

A : Dan Marcus et Steve Dunne
De : Kevin Scheid, Col. Lorry Fenner et Gordon Lederman
Date : 2 octobre 2003
Objet : Intimidation des témoins par les représentants de l’Exécutif

Au cours des entretiens de l’équipe 2 et d’autres, nous avons observé trois tendances concernant les représentants (« surveillants ») du Pouvoir exécutif présents [5].

En premier lieu, ce qui manque aux agences c’est une définition commune de la fonction des surveillants durant les entretiens. Les différents point de vue des agences incluent : (1) les surveillants comme représentants des agences, devant s’assurer que le personnel de la commission se conforme à l’accord entre l’Exécutif et la commission concernant l’étendue concrète de l’enquête menée par la commission ; (2) les surveillants en tant que participants aux entretiens, répondant aux questions adressées aux témoins ; (3) les surveillants en tant que rapporteurs des agences, rendant compte auprès de leur agence respective des directions prises par l’enquête de la commission et des réponses des témoins au mot près ; (4) les surveillants en tant que conseillers, pouvant être consultés par les témoins durant les entretiens ; et (5) les surveillants en tant que greffiers d’actes précis survenus lors des entretiens, comme par exemple la transmission de documents soumis par les témoins au personnel de la commission. Nous suggérons que Dan Levin [6] formule une définition commune du rôle de la présence des surveillants aux entretiens.

En second lieu, les surveillants ont parfois répondu aux questions adressées aux témoins. Il est important pour notre enquête que nous puissions déterminer non seulement comment la communauté du renseignement est censée fonctionner dans le cadre de sa politique et de ses procédures, mais également comment celle-ci fonctionne réellement. Lorsque nous avons souhaité entendre des témoins au sujet de certains rôles et responsabilités au sein de la communauté du renseignement, les surveillants ont préempté les réponses des témoins en se référant à la politique et à la procédure formelles. En conséquence, les témoins n’ont pas répondu à nos questions et nous nous sommes trouvés dans l’impossibilité de comprendre le fonctionnement réel de la communauté du renseignement et la vision des témoins de leur rôle et responsabilités.

Troisièmement, les surveillants ont adopté des postures physiques et une attitude qui, selon nous, intimident les témoins afin qu’ils ne donnent pas de réponse complète et sincère à nos questions. Les surveillants se sont la plupart du temps installés à côté des témoins et face au personnel de la commission, suggérant aux témoins qu’ils sont également des participants à l’entretien et qu’ils ont le même statut que ces derniers. De plus, les surveillants prennent note au mot près des déclarations des témoins, ce qui d’après nous suggère aux témoins la possibilité que leurs supérieurs examinent ultérieurement leur témoignage et puissent les sanctionner. Nous pensons que l’impact global du comportement des surveillants, intentionnellement ou non, est d’intimider les témoins et de faire obstruction à des réponses exhaustives et sincères. En outre, la prise de note exacte par les surveillants facilite, pour les agences, la tâche consistant à informer les futurs témoins de la direction prise par l’enquête de la commission et permet aux agences de préparer les futurs témoins de façon explicite ou implicite.

Nous vous demandons de soulever la question de l’attitude des surveillants auprès du Pouvoir exécutif afin de faire en sorte qu’ils n’agissent plus ainsi à l’avenir. L’énoncé de principes ci-joint sera peut-être utile afin de définir le rôle et l’attitude des surveillants. Nous vous sommes par avance reconnaissants pour votre aide. Merci.

Principes encadrant les représentants de l’Exécutif participant aux entretiens menés par la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis

(1) Le but de la présence de représentants de l’Exécutif (« surveillants ») lors des entretiens est de s’assurer que les questions du personnel de la commission se limitent au champ d’investigation négocié entre l’administration et la commission. Si un surveillant estime qu’une question outrepasse cet accord, alors le surveillant doit immédiatement émettre une objection.

(2) Un seul surveillant pourra participer à l’entretien même si le témoin a occupé des fonctions dans plusieurs agences. Le personnel de la commission est susceptible d’entendre un tel témoin au sujet de ses activités dans n’importe laquelle de ces agences. L’Exécutif devra préciser avant chaque entretien si le témoin a occupé des fonctions dans plus d’une agence et devra décider quelle agence dépêchera un surveillant pour participer à l’entretien.

(3) L’ambassadeur ou l’adjoint au chef de mission désignera le surveillant pour les consultations entre le personnel de la commission et les représentants de gouvernements étrangers hors des États-Unis. Le département d’État désignera le surveillant pour toute consultation de ce type sur le territoire des États-Unis. Le personnel de la commission pourra solliciter d’autres représentants de l’Exécutif afin qu’ils participent à ces consultations.

(4) Les anciens employés du Pouvoir exécutif pourront choisir de solliciter un surveillant délégué par l’Exécutif afin qu’il participe à leur entretien.

(5) Le personnel de la commission annoncera le début de l’entretien à l’heure prévue sans attendre un surveillant tardif.

(6) Les surveillants ne répondront pas aux questions adressées aux témoins. Un surveillant souhaitant fournir des informations au personnel de la commission pourra le faire par écrit à l’issue de l’entretien.

(7) Les surveillants garderont « profil bas » pendant l’entretien, par exemple en s’installant derrière les témoins de façon à ce que ces derniers ne les voient pas. Dans tous les cas, les surveillants prendront place selon les instructions du personnel de la commission.

(8) Les surveillants ne prendront pas note mot pour mot des entretiens, ce dont le personnel de la commission informera les témoins.

(9) Si un témoin souhaite consulter le surveillant, alors ce témoin doit demander une suspension temporaire de l’entretien.

(10) Si un surveillant enfreint une quelconque disposition parmi celles énoncées ci-dessus, alors le personnel de la commission pourra suspendre et reprogrammer l’entretien, de même il pourra interdire à ce surveillant de participer à tout entretien futur.

Documents joints

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Publié sur le réseau Voltaire (http://www.voltairenet.org/article159916.html)
Traduction : Réseau Voltaire

 


Références :

[1] « Le retour d’Henry Kissinger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 novembre 2002.

[2] Henry Kissinger est aujourd’hui l’un des trois principaux conseillers informels du président Obama. John Mitchell est envoyé spécial du président Obama au Proche-Orient. Tandis que Lee Hamilton est président du Conseil pour la Sécurité de la patrie. Le nom de Thomas Kean est évoqué pour présider une commission d’enquête sur l’usage de la torture par l’administration Bush.

[3] The Commission : The Uncensored History of the 9/11 Investigation, par Phillip Shennon, Twelwe éd., 464 pp., 2008.

[4] Pour une analyse des Omissions et manipulations de la Commission d’enquête, on se reportera au livre éponyme du professeur David Ray Griffin.

[5] NdT. Le terme original « minder » est trivial et ambigu. Il peut être traduit en général par « ange gardien » et désigne ici les agents chargés d’accompagner les fonctionnaires et militaires cités à comparaître devant la commission. Cependant on ne sait s’ils assistent les témoins pour que ceux-ci ne fassent pas des déclarations qui se retournent contre eux ou pour qu’ils ne fassent pas de déclarations qui se retournent contre l’agence qui les emploie. Pour rendre compte de cette ambigüité, nous avons choisi de traduire « minder » par le mot, également ambigu, de « surveillant ».

[6] Daniel Levin était à l’époque assistant de l’Attorney general des États-Unis. il dirigeait le bureau chargé de formuler la doctrine légale de l’Administration. Il s’est illustré, en 2004, en autorisant le waterboarding (forme améliorée du supplice de la baignoire) pourvu qu’il soit pratiqué sous certaines conditions.

La torture et la politique de guerre d’agression de Washington

Des divisions sont en train d’émerger au sein de la classe dirigeante américaine tandis que s’intensifie la crise concernant le recours, par le gouvernement Bush, à la torture.

Le gouvernement Obama était lui-même divisé quant à la décision de publier quatre notes de service précédemment classées secrètes par le ministère de la Justice de Bush, détaillant et approuvant des méthodes d’interrogatoire abusives, dont la simulation de noyade. Obama avait outrepassé son directeur de la CIA, Leon Panetta, et fait publier ces notes de service le 16 avril, annonçant en même temps qu’il n’y aurait pas d’enquête criminelle ni de poursuites engagées contre les agents de la CIA impliqués dans la torture de détenus.

Obama avait agi ainsi sous la pression d’une date butoir imposée par le tribunal pour la publication de ces notes de service. Il est évident qu’il espérait qu’en publiant ces notes tout en écartant  l’établissement d’une enquête, il pourrait faire taire ses sympathisants libéraux et l’opinion publique, en donnant l’apparence d’un « changement » par rapport à la politique du gouvernement Bush, tout en rassurant la CIA, l’armée et les représentants de Bush qu’ils ne subiraient aucune conséquence pour leurs actes illégaux.

Mais la publication des notes sur la torture n’a fait qu’intensifier la controverse et aggraver les divisions au sein de l’Etat. Le directeur de la CIA sous Bush, Michael Hayden et le vice-président Dick Cheney ont fait des appels de pieds à peine cachés aux mécontents au sein de l’appareil de sécurité nationale en prenant la défense des méthodes d’interrogatoire brutales et en dénonçant la publication de ces notes comme représentant un danger pour la sécurité nationale américaine. Visiblement désemparés, les représentants d’Obama ont d’abord déclaré qu’il n’y aurait pas d’enquête sur les avocats du ministère de la Justice qui avaient rédigé les notes ni sur les représentants du gouvernement Bush qui les avaient sollicités.

Ensuite Obama a semblé reculer et a suggéré que le Procureur général Eric Holder pourrait décider d’initier des enquêtes criminelles sur les avocats et que le Congrès pourrait constituer une commission d’investigation  « bipartite et non-politique », semblable à la Commission du 11-Septembre qui avait blanchi le rôle du gouvernement dans les événements entourant les attaques terroristes de septembre 2001. Ceci a provoqué des dénonciations furieuses et des menaces de représailles politiques de la part du comité de rédaction du Wall Street Journal et d’autres organes de la droite républicaine, à la suite de quoi Obama a une fois de plus changé son fusil d’épaule, et il a convoqué à la Maison Blanche les dirigeants démocrates du Congrès pour leur signifier clairement qu’il était contre même une commission du type de la Commission du 11-Septembre.

A présent il semble s’être fixé sur une politique consistant à soutenir une enquête qui est conduite par la Commission d’information du Sénat ( Senate Intelligence Committee.) Dans un article publié samedi par le Wall Street Journal, le président démocrate de cette commission , la sénatrice de Californie Dianne Feinstein a déclaré que toute investigation sur le gouvernement Bush devrait se limiter à l’enquête de sa commission. Elle a clairement fait entendre que l’enquête de la commission du Sénat ne présentait aucun danger pour aucune section de l’appareil de sécurité d’Etat ni pour aucun représentant du gouvernement Bush.

Les débats seront conduits « dans des conditions de secret défense » écrit-elle, « et les résultats seront présentés à la commission toute entière pour qu’elle l’étudie. La commission se déterminera en fonction des découvertes et des recommandations. »En d’autres termes, il est peu probable que les résultats de l’enquête soient rendus publics.

Elle a poursuivi en mettant l’accent sur le fait que l’enquête sera conduite « à huis clos » et que ce ne sera pas un « procès idéologique » ni une « chasse aux sorcières ». Pour preuve du sérieux de la commission, elle a cité l’enquête menée par celle-ci en 2004 au sujet des déclarations faites avant le début de la guerre contre l’Irak et qui affirmaient que l’Irak possédait des armes de destructions massives. En fait cette enquête avait servi à couvrir les mensonges du gouvernement Bush.

Ceci n’a pas satisfait certains éléments de l’establishment de la sécurité nationale américaine ni le Parti républicain. Ils ripostent en exploitant le fait que les démocrates sont profondément compromis par leur propre soutien à la torture.

L’ancien chef de la CIA, Porter Gross a critiqué le 25 avril les appels à enquête dans une colonne du Washington Post intitulée « La sécurité avant la politique. » Il écrit que républicains et démocrates au Congrès « avaient été mis au courant que la CIA retenait et faisait des interrogatoires de terroristes importants. Nous avions compris ce que la CIA faisait. Nous avions donné à la CIA notre soutien bipartisan. Nous avions donné des fonds à la CIA pour qu’elle accomplisse ses activités. Je n’ai souvenir d’aucune objection de la part de mes collègues. »

Parmi ceux qui avaient été informés de tels crimes il y avait la porte-parole démocrate du Congrès, à savoir Nancy Pelosi et d’autres députés démocrates en vue.

Il résulte de tout cela le spectacle d’un establishment politique américain, où la Maison-Blanche et les deux Chambres sont contrôlées par le Parti démocrate, qui est incapable de faire appliquer ses propres lois, en dépit de nombreuses preuves publiques de violations qui ont été approuvées aux plus hauts niveaux de l’Etat.

L’utilisation de la torture est en soi inséparable de l’acte criminel central qui a été approuvé par l’ensemble de l’establishment politique américain, à savoir les deux guerres d’agression illégales en Irak et en Afghanistan. Cette décision a eu des conséquences tragiques de grande envergure, dont la torture n’est qu’un aspect. Ces guerres d’agression ont causé la mort, la mutilation et le déplacement de millions d’Irakiens et d’Afghans ainsi que la mort et les séquelles physiques et mentales de milliers de soldats américains.

Loin d’être un dérivé accidentel ou excessif, la torture a été la composante essentielle d’un tissu de mensonges et de désinformation qui a permis à ces guerres de se développer. Le chroniqueur du New York Times Frank Rich a donné un argument correct dans une chronique publiée dimanche quand il a fait remarquer qu’un facteur majeur dans la décision de 2002 de torturer l’agent d’al-Qaida capturé, Abu Zubaydah était la nécessité pour le gouvernement Bush de confectionner de fausses preuves de l’existence de liens entre al-Qaïda et l’Irak.

Rich a fait remarquer que le gouvernement Bush disposait d’« un temps limité pour vendre une guerre en Irak. »Il cite un rapport de la Commission des services armés du Sénat publié la semaine dernière et dans lequel le psychiatre des armées, Major Paul Burney qui supervisait les interrogatoires à Guantanamo Bay a dit, « Une bonne partie du temps, nous nous concentrions à chercher à établir un lien entre al-Qaïda et l’Irak et on n’y arrivait pas. » Burney a dit que des représentants de haut rang étaient « frustrés » de cette situation et les interrogateurs sentaient « de plus en plus de pression pour recourir à des mesures » qui produiraient les preuves désirées.

Tout comme à l’époque de l’Inquisition espagnole et des acolytes de Staline, le but de ces tortures était de contraindre les victimes à produire des mensonges politiquement utiles. Dans ce cas, et afin de justifier leur invasion illégale de l’Irak,  Bush, Cheney et Rumsfeld voulaient prétendre qu’il existait un risque que l’Irak donne des armes de destruction massives à al-Qaïda.

Pour un gouvernement Bush cherchant coûte que coûte à justifier l’invasion de l’Irak riche en pétrole, la torture devint une nécessité politique. Selon un récent article de Vanity Fair, Zubaydah avait prétendu sous la torture que Ben Laden collaborait avec l’homme fort de l’Irak Saddam Hussein pour déstabiliser les régions autonomes kurdes au nord de l’Irak. Cette déclaration devint un lieu commun des apologistes de la guerre en Irak, et apparut notamment dans les colonnes du chroniqueur pro-guerre du New York Times, William Safire.

Ce recours à la torture faisait partie d’un schéma plus large, né de la riposte de la classe dirigeante américaine aux attaques du 11 septembre. Elle écarta toute enquête sérieuse sur les attaques, y compris l’arrêt, pour le moins suspect, par des agents hauts placés, des investigations du FBI sur les pirates de l’air juste avant les attaques, et les liens commerciaux étroits entre Ben Laden et des personnalités politiques américaines en vue, tel le président d’alors George W. Bush. Au contraire, la classe dirigeante utilisa ces attaques comme prétexte pour le bombardement intensif et l’occupation de l’Afghanistan.

L’atmosphère hystérique attisée par la presse et le gouvernement américains pour justifier cette agression contre l’Afghanistan a crée le contexte pour les crimes de guerre américains en Afghanistan, tel le massacre de prisonniers de guerre talibans dans la forteresse Qala-i-Janghi et sous la supervision américaine par des soldats du seigneur de guerre afghan Rashid Dostum, ainsi que pour l’utilisation de la torture. En février 2002, le président Bush avait annoncé que les Etats-Unis ne conformeraient plus aux Conventions de Genève sur la question du traitement des prisonniers. Des détenus capturés par les Etats-Unis en Afghanistan furent transportés dans un camp de prisonniers à Guantanamo Bay où ils furent torturés et où on leur refusa l’accès aux tribunaux américains.

Le gouvernement Bush sut utiliser au mieux les mensonges qu’il avait extorqués par la torture. En plus de l’admission de Zubaydah d’un lien entre al-Qaida et l’Irak, ce dernier et Binyam Mohamed déclarèrent sous la torture que le citoyen américain José Padilla préparait une attaque « à la bombe sale » sur des villes américaines.

Plus tard le gouvernement américain renonça à cette déclaration, ce qui revenait à une reconnaissance tacite qu’elle était fausse, mais cela avait déjà eu l’effet escompté. Le gouvernement Bush attendit un mois après la capture de Padilla pour annoncer publiquement son soi-disant complot à « la bombe sale », puis l’utilisa pour faire cesser une controverse qui enflait quatre jours après que Coleen Rowley, agent du FBI, avait révélé que son enquête sur les pirates de l’air du 11 septembre avait été étouffée par des supérieurs du FBI.

L’invasion de l’Irak, justifiée auprès de la population américaine par le recours à la torture, encouragea Washington à étendre l’utilisation de la torture contre le peuple irakien de façon à obtenir des informations sur la résistance irakienne. Le commandant de la prison de Guantanamo Bay, le général Geoffrey Miller fut envoyé en Irak pour transférer aux prisons irakiennes les méthodes d’interrogatoire de Guantanamo Bay. Il en résulta le scandale d’Abou Ghraib, avec les photos de 2004 montrant la torture américaine à grande échelle des prisonniers irakiens.

Le lien étroit entre la torture et les guerres d’agression américaines confirme l’argument du Tribunal militaire international établi pour condamner les dirigeants nazis à Nuremberg : « Initier une guerre d’agression, par conséquent, est non seulement un crime international ; c’est le crime international suprême ne différant des autres crimes de guerre que dans la mesure où il renferme en lui tout le mal accumulé dans son ensemble. »

Le World Socialist Web Site n’accorde aucune confiance au Parti démocrate ou au gouvernement Obama pour l’enquête sur l’utilisation de la torture par le gouvernement Bush. Même si cette enquête a lieu, toute enquête menée par de telles forces sera profondément compromise par des considérations politiques, telle que la complicité du Parti démocrate avec le programme de torture de Bush et la nécessité de justifier la continuation par Obama des guerres en Afghanistan et en Irak. Un véritable rapport des faits ne peut venir que d’un mouvement politique de la classe ouvrière qui fasse porter à l’establishment politique tout entier la responsabilité des crimes perpétrés par le gouvernement Bush.
 

 

Par Alex Lantier pour WSWS.org , le 28 avril 2009
(Article original anglais paru le 27 avril 2009)

Guantanamo : Al Jazeera recueille la première interview d’un détenu

Guantanamo : Al Jazeera recueille la première interview d’un détenu
Le journaliste est lui-même ancien détenu.

Un détenu de Guantanamo a pu téléphoner à la chaîne Al-Jazeera et témoigner des mauvais traitements qui lui ont été infligés. Il s’agit de la première interview d’un détenu de la prison de haute sécurité. Les Etats-Unis n’avaient en effet jamais autorisé un seul média à s’entretenir avec un prisonnier.

Mohammed el gharani

Il s’agit vraisemblablement d’une interview réalisée durant les appels téléphoniques normalement réservés aux familles. Mohammed el-Gharani, un Tchadien de 21 ans détenu à Guantanamo, a témoigné à la chaîne Al-Jazeera des mauvais traitements infligés par l’armée américaine. Lors d’un appel téléphonique à la chaîne arabophone, il a décrit un incident précis : alors qu’il refusait de quitter sa cellule parce qu’il n’avait plus le droit de parler avec d’autres détenus et qu’on lui refusait une "alimentation normale", six soldats (accompagnés d’un soldat filmant la scène) l’ont sorti de force de sa cellule. Ils l’auraient alors battu à coups de matraque et vidé deux conteneurs entiers de gaz lacrymogène sur lui.

"Je pouvais à peine voir ou respirer. Puis, ils m’ont battu encore au sol, l’un d’entre eux tenait ma tête et la frappait contre le sol. J’ai commencé à crier à son supérieur "vous voyez ce qu’il fait? vous voyez ce qu’il fait" [mais] son supérieur s’est mis à rire et m’a dit "il fait son boulot". "

Devant ces accusations, Al-Jazeera envoie les détails de cette conversation au Pentagone et au Justice Department : elle est alors contactée par le vice-amiral Brook DeWalt, porte-parole de Guantanamo, qui déclare simplement qu’il ne dispose d’aucune preuve corroborant ces propos.

Rappelons qu’un juge américain avait ordonné la libération de el-Gharani le 14 janvier dernier devant le peu de preuves le liant à Al-Qaida. Il est actuellement toujours détenu dans l’enclave cubaine où il attend sa libération.

Flou autour de la date

Un certain flou règne autour de la date de cet incident et les versions diffèrent au fur et à mesure que l’information circule.

Sur l’article original d’Al-Jazeera traduit en anglais par la chaîne, Al-Gharani déclare que les mauvais traitements ont commencé "environ 20 jours avant que Barack Obama devienne président (…) et continuent presque tous les jours depuis." Il ajoute que "depuis qu’Obama a pris ses fonctions, il ne nous a pas montré que quoi que ce soit allait changer".

Ces phrases deviennent dans la dépêche originale de l’agence américaine Associated Press (écrite en anglais et traduite par @SI) : "El-Gharani n’a pas donné la date des violences présumées mais a dit que cela s’était passé après l’élection de Barack Obama qui a ordonné la fermeture de Guantanamo d’ici la fin de l’année."

On note au passage la suppression de la citation accusant Obama de ne pas montrer de signe de changement depuis son investiture.

Dernier rebondissement : AP France n’est pas d’accord avec AP USA. Dans la version traduite en français de cette dépêche que l’on trouve sur le site du Figaro, la phrase devient : "El-Gahrani n’a pas donné (de date : ndlr) pour ces violences présumées mais a toutefois précisé qu’elles s’étaient produites avant l’élection du président américain Barack Obama le 4 novembre dernier. Depuis, Obama a ordonné la fermeture du centre de détention de Guatanamo d’ici la fin de l’année."

L’intervieweur est un ancien détenu

Une autre information intéressante que l’on ne retrouve pas dans les dépêches AP est l’identité de l’intervieweur de el-Gharani. Sami Al-Hajj, journaliste à Al-Jazeera est lui même un ancien détenu de Guantanamo libéré en mai 2008 en raison, encore une fois, d’absence de preuves le liant à des réseaux terroristes.

Interviewé sur la version anglophone de Al-Jazeera, il se montre très critique envers la gestion de Guantanamo sous la présidence Obama :

"C’est vrai qu’il y a un nouveau président des Etats-Unis mais il n’y a eu aucun changement dans l’administration de Guantanamo. Ce sont les gens qui étaient déjà là durant les années Bush et donc ils utilisent les mêmes méthodes qu’avant."

Par Jean-Guillaume Santi pour Arrêt sur Images.


 


 
La dépêche du Figaro

Un détenu de la prison américaine de Guantanamo a pu téléphoner à la chaîne satellitaire panarabe Al-Jazira pour dire qu’il a été sévèrement battu pour avoir refusé de quitter sa cellule. Il s’agit de la première interview accordée à un média par un détenu de l’enclave américaine de Cuba.

Mohammed el-Gharani, un Tchadien de 21 ans, a déclaré à Al-Jazira que ses gardiens l’ont battu à coups de matraque et l’ont aspergé de gaz lacrymogène, a rapporté la chaîne pan-arabe. Ces commentaires ont été publiés sur le site d’Al-Jazira, mardi.

Les Etats-Unis n’ont jamais autorisé de journalistes à interroger les prisonniers de Guantanamo et Al-Jazira n’a donné aucune précision sur la manière elle a réussi à entrer en contact avec el-Gahrani.

Un porte-parole de la prison, le vice-amiral Brook DeWalt a déclaré au quotidien "Miami Herald" qu’el-Gahrani a apparemment profité d’un ses coups de fil hebdomadaires à sa famille pour parler avec le journaliste d’Al-Jazira. Ce même porte-parole a ajouté qu’il n’y a aucune preuve pour confirmer les violences dont el-Gahrani affirme avoir été victime.

Ni les avocats du détenu ni DeWalt n’ont pu être joints par l’Associated Press.
El-Gahrani n’a pas donné pour ces violences présumées mais a toutefois précisé qu’elles s’étaient produites avant l’élection du président américain Barack Obama le 4 novembre dernier. Depuis, Obama a ordonné la fermeture du centre de détention de Guatanamo d’ici la fin de l’année.

Le prisonnier explique qu’il avait refusé de quitter sa cellule parce qu’il n’avait pas le droit de parler aux autres détenus et qu’on lui a refusé une "alimentation normale". Il a souligné que six soldats en tenue anti-émeutes l’ont alors sorti de sa cellule pour le battre, brisant une de ses dents.

"Je pouvais à peine voir ou respirer", a dit el-Gahrani.
Un juge américain a ordonné en janvier la libération du prisonnier tchadien, jugeant insuffisantes les accusations de l’armée américaine selon lesquelles el-Gahrani aurait appartenu au réseau terroriste Al-Qaïda et travaillé avec les Talibans en Afghanistan. En attendant sa libération, el-Gahrani est aujourd’hui détenu dans une section de la prison de Guantanamo où les prisonniers jouissent de meilleures conditions.

Il avait été arrêté au Pakistan en 2001 dans une mosquée et remis aux forces américaines en 2002. El-Garahni a été l’un des premiers prisonniers de Guantanamo et aussi l’un des plus jeunes.

Les Etats-Unis détiennent quelque 240 hommes sur la base de Guatanamo à Cuba, la plupart pour des liens présumés avec le réseau d’Oussama ben Laden ou les Talibans.

La Croix Rouge confirme des cas de torture par la CIA

La diffusion d’un rapport du CICR sur les traitements infligés aux détenus des prisons secrètes constituent des preuves suffisantes pour ouvrir un procès, estiment des organisations de protection des droits humains. Des extraits tirés d’un rapport interne du Comité international de la Croix Rouge (CICR) contiennent des témoignages de première main sur les techniques d’interrogatoire de l’agence américaine sur des suspects d’al-Qaïda. Le rapport précise que ces techniques "constituent de la torture".

Le texte est tombé dans les mains de Mark Danner, écrivain américain et professeur à l’université californienne de Berkeley, lequel va le publier dans l’édition du 9 avril prochain de la New York Review of Books, dans un article intitulé "Torture américaine: les voix des prisons secrètes".

« C’est absolument dévastateur pour l’Administration Bush, aussi impitoyable qu’un clou dans un cercueil », déclare Reed Brody, porte-parole européen de Human Rights Watch. « Nous tenons de la bouche même de détenus la confirmation de ce que nous savions d’après certaines sources. »

La conclusion inévitable est que les autorités américaines se sont livrées à des violations criminelles des lois internationales et américaines, affirme Reed Brody, lui-même auteur de plusieurs ouvrages sur les abus à l’encontre de détenus.

Le rapport du CICR apporte de l’eau au moulin de ceux qui exigent que des responsables de l’administration Bush soient poursuivis, affirment les défenseurs des droits humains.

« Il y a certainement suffisamment de preuves pour ouvrir une enquête criminelle sur ce qui s’est passé dans les centres secrets de détention depuis le 11 Septembre », indique de son côté Rob Freer, d’Amnesty International.

« Quand le CICR utilise le mot de ‘torture’, il ne le fait pas à la légère. C’est un crime passible de la justice internationale et, en présence d’allégations crédibles de torture, les États-Unis ont l’obligation d’enquêter et de traduire en justice les responsables

Des «techniques avérées»

Le CICR a fait ces découvertes de par son accès aux 14 détenus de «grande valeur» des prisons secrètes de la CIA. Ils ont été interviewés après leur transfert à Guantanamo Bay en 2006, conformément à la mission de cet organisme chargé de veiller au respect des Conventions de Genève.

Selon le rapport 2007 cité par Mark Danner, les prisonniers ont témoigné l’un après l’autre avoir été soumis à un isolement de longue durée, à des simulations de noyade, des positions pénibles, une nudité prolongée, des coups, des privations de nourriture et autres formes d’abus.

« Les témoignages des détenus par la CIA indiquent que, dans la plupart des cas, les mauvais traitements subis sont assimilables à des actes de torture. En outre, de nombreux autres actes, pris isolément ou en bloc, constituent des traitements cruels, inhumains ou dégradants », affirme le rapport, selon Mark Danner.

Les responsables du CICR ne contestent pas l’authenticité du rapport, mais un porte-parole de son siège genevois a regretté la publication du document. De son côté, la CIA n’a pas souhaité faire de commentaire.

Responsabilité

En 2006, l’ancien président Georges W. Bush avait admis l’usage de techniques d’interrogatoire coercitives sur des membres d’al-Qaïda capturés par la CIA après les attentats de 2001. En 2007, Bush certifiait que les programmes d’interrogatoire de l’agence étaient conformes aux Conventions de Genève.

L’administration Obama a ordonné la fermeture des prisons secrètes et enjoint à la CIA de n’utiliser que les méthodes d’interrogatoire approuvées par l’armée américaine jusqu’à ce que le programme soit entièrement remanié.

Certaines spéculations laissent entendre que le rapport du CICR pourrait avoir été diffusé par des responsables de la nouvelle administration dans le cadre du débat politique sur les méthodes de détention et les responsabilités.

Certains représentants démocrates au Congrès ont appelé à la création de commissions de vérité chargées d’enquêter sur les accusations d’abus auxquels se serait livré l’ancienne administration dans sa «guerre au terrorisme», y compris les interrogatoires de la CIA sur des sites secrets. Des républicains ont riposté en parlant de «chasse aux sorcières».

De son côté, Barak Obama n’a pas manifesté beaucoup d’enthousiasme pour les commissions de vérité mais n’a pas exclu d’éventuelles poursuites, argumentant que personne n’est supposé être au-dessus des lois.

Cependant, le président a déclaré le mois dernier qu’il préférait «regarder en avant plutôt qu’en arrière».

« Je comprends le dilemme politique qui se pose à la nouvelle administration, qui souhaite lancer un vaste programme en matière de droits humains », souligne Reed Brody.

« Mais pour que les États-Unis regagnent un peu de crédibilité, les investigations et les poursuites contre ces crimes constitueraient un pas important pour montrer au monde que non seulement nous pensons que ces actes étaient mauvais mais que nous voulons punir les responsables d’activités si peu américaines. »

Swissinfo, Simon Bradeley à Genève
(Traduction de l’anglais: Isabelle Eichenberger)

Conflit d’intérêt majeur à la Commission d’enquête sur le 11 Septembre

Voici un article paru en 2004, mais qui nous semble toujours aussi pertinent, à l’heure où le Mouvement pour la Vérité sur le 11-Septembre est la cible de pratiquement tous les grands médias hexagonaux, y compris sur l’Internet.
Il serait sans doute judicieux que les journalistes français s’intéressent au cas du président de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre, M. Thomas Kean, et de ses accointances avec les milieux d’affaires du pétrole. Rappelons que le rapport de cette Commission du Sénat américain qui officialisa la "version gouvernementale" des événements du 11/9, qualifie la question du financement des attentats de point "secondaire".

Thomas Kean

Par Michel Chossudovsky, le 23 juillet 2004

Peu de gens savent que le partenaire d’Unocal dans le consortium CentGas touchant le pipeline transafghan, la pétrolière saoudienne Delta Oil, appartient aux clans ben Mahfouz et Al-Amoudi qui seraient liés à Oussama ben Laden d’al-Qaïda.

D’après le témoignage rendu en 1998 au Sénat par l’ancien directeur de la CIA, James Woolsey, la jeune soeur du puissant homme d’affaires Khalid ben Mahfouz est mariée à Oussama ben Laden.

Ben Mahfouz est soupçonné d’avoir canalisé des millions de dollars vers le réseau al-Qaïda. Par «pure coïncidence», voici que l’ancien gouverneur du New Jersey, Thomas Kean, l’homme que le président Bush a choisi pour diriger la Commission d’enquête sur le 11 Septembre, a lui aussi des liens d’affaires avec ben Mahfouz et Al-Amoudi.

Thomas Kean est directeur (et actionnaire) d’Amerada Hess Corporation qui participe à la coentreprise Delta-Hess avec Delta Oil d’Arabie saoudite, laquelle appartient aux clans ben Mahfouz et Al-Amoudi. Delta-Hess a été créée en 1998 pour la mise en valeur et la prospection de champs pétrolifères dans la région de la mer Caspienne. En Azerbaïdjan, Delta-Hess a une participation de 2,72 % dans la société Azeri-Chirag-Gunashli et une autre de 20 % dans la société Garabaghki-Hursangi. Elle détient aussi des actions dans le pipeline Bakou-Tbilisi-Ceyhan (BTC).

Selon Energy Compass du 15 novembre 2002, « une aura de mystère entoure Delta-Hess, enregistrée aux îles Caïmans. Hess n’est pas pressée de révéler les conditions de l’alliance car elles revêtent, affirme-t-elle, un caractère confidentiel. Un porte-parole de la société estime que rien ne l’oblige à rendre ces conditions publiques. »

Par pur hasard, l’ancien gouverneur du New Jersey fait en outre partie du Conseil des relations étrangères avec un autre membre en vue du conseil d’administration d’Amerada Hess, l’ancien secrétaire au Trésor Nicholas Brady. Autrement dit, la saoudienne Delta Oil, l’un des pôles de l’alliance Delta-Hess, est contrôlée en partie par Khalid ben Mafhouz, beau-frère de ben Laden.

Et non seulement l’ex-gouverneur Thomas Kean siège au conseil d’administration d’une compagnie qui fait affaire avec Khalid ben Mahfouz, mais il dirige la Commission d’enquête sur le 11 Septembre qui est chargée d’enquêter sur le beau-frère de Khalid, Oussama ben Laden.

Henry Kissinger était en conflit d’intérêts et il a démissionné ! Le vice-président de la Commission, l’ancien sénateur George Mitchell du Maine, a démissionné lui aussi pour la même raison.

On pourrait penser que le fait d’avoir des liens commerciaux avec le beau-frère et présumé bailleur de fonds de l’«Ennemi numéro un» constitue un véritable «conflit d’intérêts», surtout pour qui a le mandat, dans le cadre des travaux de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre, d’enquêter sur l’«Ennemi numéro un».

Et les médias inféodés à la grande entreprise d’applaudir. Sans mentionner ses liens d’affaires saoudiens, ils font l’éloge de Thomas Kean, « un homme d’une probité exceptionnelle et d’une grande force intellectuelle ». Pour le Baltimore Sun, « rien ne prouve qu’il soit en conflit d’intérêts » (26 décembre 2002). De quelles autres preuves aurait-on encore besoin !

Signalons de plus que Thomas Kean est coprésident du Projet de sécurité intérieure (Homeland Security Project) sous les auspices de la Fondation Century. À ce titre, Kean a joué un rôle essentiel dans la mise au point des recommandations de la fondation, lesquelles ont inspiré la loi américaine créant le Bureau de la sécurité intérieure.

La connexion saoudienne

Thomas Kean, décrit comme un «républicain modéré», n’est pas le seul à entretenir des liens d’affaires avec des Saoudiens. Nombre de documents montrent que d’autres personnalités du Parti républicain, y compris la famille Bush, ont transigé avec des membres de la famille ben Laden. (Voir le dossier du Centre de recherche sur la mondialisation au sujet des tractations financières de George W. Bush.)

Il semble en outre que les responsables de Delta (membre du consortium d’Unocal touchant le pipeline transafghan) aient joué un rôle crucial lors des négociations avec les Talibans. Par ailleurs, Enron, la géante énergétique de fâcheuse mémoire et dont l’ex-PDG, Ken Lay, était un proche de la famille Bush, avait conclu un marché intéressant en vue d’entreprendre une étude de faisabilité pour le compte du consortium Unocal-Delta. Enron Corporation s’était également vu confier, de concert avec Delta, le soin de négocier avec le gouvernement taliban le projet de pipeline.

Un dossier solidement monté par Wayne Madsen montre que George W. Bush a aussi transigé avec le beau-frère d’Oussama, Khalid ben Mafhouz, lorsqu’il était dans le commerce du pétrole au Texas. George W. Bush et Khalid ben Mahfouz ont tous deux été impliqués dans le scandale de la Bank of Commerce and Credit International (BCCI) :

« Des observateurs établissent d’autres liens entre Bush et Mahfouz dans le cadre d’investissements dans le groupe Carlyle, une société de placement américaine gérée par un conseil d’administration dont l’ex-président George Bush a déjà fait partie. Bush fils [George W.] a détenu des actions dans une filiale du groupe Carlyle, la compagnie Caterair, entre 1990 et 1994. Et Carlyle figure parmi les principaux bailleurs de fonds de la campagne électorale de Bush. Au conseil d’administration de Carlyle se trouve Sami Baarma, directeur de l’institution financière pakistanaise Prime Commercial Bank dont le siège social est à Lahore et qui appartient à Mahfouz.» (Voir Maggie Mulvihill, Jonathan Wells et Jack Meyers : «Slick deals; the White House connection; Saudi ‘agents’ close Bush Friends », Boston Herald, 11 décembre 2001.)

Dans la foulée du 11 Septembre

Khalid ben Mahfouz a été prudemment exclu («pure coïncidence» encore) de l’enquête menée par le Trésor américain dans la foulée du 11 Septembre et qui a débouché sur le gel des avoirs financiers de quelque 150 entreprises, organismes de charité et individus d’Arabie saoudite soupçonnés de financer le terrorisme. D’après Scotland on Sunday, l’enquête a révélé qu’un organisme «de charité» saoudien, Blessed Relief, aurait servi de paravent pour financer Oussama ben Laden :

« Des hommes d’affaires saoudiens auraient transféré des millions de dollars à ben Laden par l’entremise de cet organisme. L’un des magnats saoudiens ainsi soupçonné est justement Khalid ben Mahfouz, propriétaire de la National Commercial Bank avec laquelle la famille royale saoudienne fait affaire. Les autorités américaines et britanniques ont également enquêté sur Mohammed Hussein Al-Amoudi, autre milliardaire saoudien qui aurait pu avoir des liens financiers avec ben Laden. Al-Amoudi, qui contrôle un vaste réseau de compagnies engagées dans la construction, les mines, les banques et le pétrole, a nié à son tour toute relation avec ben Laden. Ses avocats de Washington ont déclaré qu’il était définitivement opposé au terrorisme et qu’il n’était au courant d’aucuns transferts d’argent à ben Laden par des entreprises saoudiennes. »

Toujours selon cette source d’information, « Al-Amoudi et ben Mahfouz ont tous deux été épargnés par le département du Trésor américain. Il n’existe aucune preuve contre eux ni, encore, contre le gouvernement lui-même. Mais l’attention braquée sur l’Arabie saoudite depuis le 11 Septembre a suscité des questions fondamentales concernant ses dirigeants. » (Scotland on Sunday, 11 août 2002)

La poursuite des familles des victimes du 11 Septembre

Une dépêche nous apprend que Thomas Kean – au contraire d’Henry Kissinger – a été choisi pour diriger la Commission d’enquête sur le 11 Septembre en raison de « ses bons rapports avec les familles des victimes du 11 Septembre, élément important pour la Maison-Blanche qui faisait l’objet de critiques de plus en plus vives de la part de ces familles ». (Scripps Howard News Service, 17 décembre 2002)

Mais l’ironie du sort veut que la poursuite d’un billion de dollars entamée en août dernier par les familles des victimes des attentats du 11 Septembre cite deux partenaires commerciaux de Thomas Kean dans la coentreprise Delta-Hess parmi les accusés, soit Khalid ben Mahfouz (beau-frère d’Oussama ben Laden) et Mohammed Hussein Al-Amoudi. Les deux sont étiquetés dans la poursuite en tant que présumés «financiers» d’al-Qaïda. Que va donc en faire Thomas Kean dans le contexte de la Commission d’enquête ?

Le mystère entourant le bombardement des ambassades en 1998

Le témoignage de l’ex-directeur de la CIA, James Woolsey, confirme que la société pharmaceutique soudanaise qui a été bombardée en 1998 sur ordre du président Clinton appartenait à Salah Idris, associé commercial et protégé de Khalid ben Mahfouz. Il s’agissait de représailles pour le bombardement de deux ambassades des États-Unis en Afrique, attribué à al-Qaïda.

Le conglomérat Mahfouz, propriétaire de la plus grande banque d’Arabie saoudite, la National Commercial Bank, s’apprêtait à injecter de l’argent dans le projet du pipeline transafghan. (Pour plus de détails, voir le chapitre VI de Guerre et mondialisation par Michel Chossudovsky.) Delta-Hess était aussi en 1998 sur le point de se lancer dans la prospection et la mise en valeur des ressources pétrolières et gazières du bassin de la mer Caspienne.

On se demande bien pourquoi l’administration Clinton aurait ordonné de bombarder une usine qui était dirigée par un partenaire commercial d’Unocal et d’Amerada-Hess !

[Traduction l'aut' journal]
 


 
Notes ReOpenNews : Sur le travail de Commission d’Enquête sur le 11 Septembre, lisez les ouvrages de David Ray Griffin parus aux édition Demi-Lune :

 

George W. Bush devrait-il être arrêté à Calgary, en Alberta, et jugé pour crimes internationaux ?

Pendant de trop longues années, quelques sociologues ont battu le haut du pavé en participant à une campagne de propagande visant à dénigrer toute critique de la politique des États-Unis en l’assimilant à une fascination pathologique des masses pour le complotisme. Les temps changent. Lors de la prestigieuse conférence annuelle de sociologie de l’université de Winnipeg, le 6 mars 2009, le professeur Anthony J. Hall s’est interrogé sur l’impunité de l’administration Bush que lui procure le tabou du 11-Septembre. Nous reproduisons la version développée de son intervention.

De graves allégations criminelles planent autour de l’ex-président des États-Unis, George W. Bush, et de l’actuel président du Soudan, Omar al-Bashir. À la fin du mois de février 2009, il a été rapporté que la Cour pénale internationale basée à La Haye se prépare à émettre un mandat à l’encontre d’al-Bashir au sujet de sa culpabilité présumée à des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Alors que ces documents étaient en cours de préparation contre le chef de l’État du Soudan, l’ex-président Bush se préparait à lancer une série de conférences rémunérées débutant à Calgary, en Alberta (Canada) le 17 mars. La visite de Bush dans la capitale pétrolière de l’Alberta fait figure de test de la cohérence et de l’authenticité de la positon « sans équivoque » du gouvernement canadien, selon laquelle « le Canada n’est pas et ne deviendra pas un refuge sûr pour les personnes impliquées dans des crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou autres actes répréhensible. »

Le contraste entre les traitements accordés à Bush et à al-Bashir ont été mis en évidence quasiment par inadvertance, par Geoffrey York, un collègue avec qui je m’entretenais souvent quand nous étions tous les deux correspondants réguliers du quotidien Globe and Mail il y a presque 20 ans, sur les péripéties d’affaires autochtones du Manitoba qui, à maintes reprises, devinrent des sujets captant l’attention nationale. Dans son reportage sur les charges retenues contre al-Bashir, York écrivait : « Pour la première fois dans l’histoire, un tribunal pénal international s’apprête à émettre un mandat d’arrêt contre le chef d’un État, l’accusant d’orchestrer une campagne de meurtres, de tortures et de viols. » Le journaliste estimait que l’initiative de la CPI « serait saluée par beaucoup comme un signe que personne n’est au-dessus de la loi. »

Ce contraste frappant entre le traitement d’al-Bashir et celui de Bush sert à clarifier la division qui existe dans le monde entre des criminels (ou présumés tels) en deux grandes catégories, l’une constituée par une petite élite essentiellement au-dessus des lois et l’autre par des gens pas suffisamment riches ni assez influents pour s’affranchir de la force coercitive de la loi. Ce n’est pas sans ironie que je suis arrivé à cette conclusion. D’une part, la décision de la CPI d’engager des poursuites contre al-Bashir, ainsi que d’ouvrir un véritable procès contre le chef de guerre congolais Thomas Lubanga Dyilo en janvier 2009, sont les signes d’une transformation majeure de la CPI. Le tribunal n’est plus un simple porte-voix pour l’expression vide de nobles idéaux, mais plutôt un lieu de véritable engagement visant à assujettir la règle du meurtre, de la mutilation et de l’intimidation à l’autorité supérieure du droit.

D’autre part, en désignant par sa première action juridique la responsabilité de potentats locaux dans ces régions de l’Afrique qui souffrent, là même où souvent dominent les cartels des matières premières et leurs régimes clientélistes, la CPI a surtout souligné l’hypocrisie de l’Occident qui protège ses propres seigneurs et profiteurs de guerre au sein du complexe militaro-industriel de toute responsabilité juridique pour les actes de violence de ses agents : beaucoup de ceux qui régulièrement planifient, instiguent, financent, arment, facilitent et s’engagent dans cette exploitation appartiennent à ce que l’on appelle le secteur privé. En effet, le double standard promu par la CPI dans le choix de ses objectifs en matière de poursuites n’est que la répétition sur la scène internationale de la grande duplicité du système de justice pénale aux États-Unis.

Comme l’illustre crûment la proportion inéquitable et scandaleusement élevée de Noirs parqués dans les prisons privatisées de la superpuissance déclinante [1], les forces de l’ordre et la justice, de toute évidence, font montre d’efforts disproportionnés pour criminaliser les Afro-américains pauvres, en prenant soin d’exclure de leur attention les habitants des banlieues pavillonnaires à la peau claire et les enclaves plus rares encore de l’extrême richesse. Les autorités en charge de l’application du nouveau droit international se limiteront-elles à poursuivre les responsables de gangs dans le ghetto continental de l’Afrique tout en regardant ailleurs quand il s’agit de réseaux criminels plus globaux dont les sièges sont situés en Amérique du Nord, en Europe, en Israël, et, de plus en plus, en Chine, en Inde et en Russie.

Si la renommée d’Omar al-Bashir est loin d’être internationale, George Bush est l’un des hommes les plus connus dans le monde. En effet, tout au long des huit années de sa présidence désastreuse, Bush a réussi à se rendre odieux à l’ensemble de la planète. Il est largement détesté pour ses décisions politiques ainsi que pour l’assortiment de faucons bellicistes, de corsaires du capital, de propagandistes du mensonge, d’évangéliques fanatiques, d’usuriers, de dérangés défenseurs de la torture, et de généraux psychotiques qui formaient son proche entourage [2]. Une proportion importante de l’opinion publique mondiale voit cet homme discrédité comme l’incarnation de quelque chose de bien pire qu’un exécrable dirigeant. Ils considèrent le 43e président des États-Unis comme un individu grossier, irrespectueux des lois. En effet, beaucoup voient à juste titre Bush comme un déviant pathologique qui nourrissait le fantasme délirant que la puissance de sa fonction lui donnait tout pouvoir pour autoriser les forces armées de son pays et de compagnies de mercenaires privées à commettre massacres, disparitions et tortures les plus graves et d’une amplitude génocidaire.

Cette vision très populaire s’appuie sur un nombre croissant d’études juridiques d’universitaires qui utilisent des éléments de preuve déjà disponibles dans la sphère publique pour établir que George Bush et ses subalternes ont violé de nombreuses lois nationales et internationales, y compris les Conventions de Genève et les instances de l’ONU interdisant la torture. Philippe Sands, Francis Boyle [3]et le professeur Michael Mandel de l’Osgood Hall Law School, trois des juristes internationaux les plus actifs, ont démontré que George Bush et son cabinet de guerre avaient transgressé le droit international, à de très, très nombreuses reprises. De fait, la liste est longue des juristes qui cherchent à amener l’ex-président américain devant la justice. Avec son nouveau livre, The Prosecution of George W. Bush for Murder, Vincent Bugliosi, ancien procureur dans l’affaire Charles Manson, ajoute sa voix à la foule [4].

Compte tenu de la substance et de l’étendue de la documentation déjà assemblée pour inculper Bush et nombre de ses principaux lieutenants pour des crimes nationaux et internationaux, la capacité de l’ex-président à franchir les frontières internationales pour donner des discours dans des lieux comme Calgary est un indicateur du malaise juridique des organismes d’application de la loi. Le rôle de ces organismes est-il de protéger la propriété et le prestige des riches de l’incursion des marginalisés et des démunis ? La loi n’est-elle pas une simple vue de l’esprit si elle ne peut pas restreindre l’utilisation abusive de la violence aux fins d’enraciner les privilèges et d’intimider la dissension ? Les autorités de la Couronne au Canada ou le ministère public dans d’autres pays se lèveront-ils afin de démontrer leur respect pour la puissance de la loi et son application uniforme au président comme à l’indigent, aux colons comme aux autochtones, aux Blancs comme aux Noirs ? Comment pouvons-nous transcender les codes, souvent racistes, contenus dans la rhétorique de la loi et de l’ordre, et les élever aux normes requises par le respect de la primauté du droit ?

Donnera-t-on jamais sa chance à l’épanouissement de la vérité dans un procès qui verrait, non seulement Bush, mais aussi Richard Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Condoleezza Rice et d’autres rendre des comptes pour leurs décisions et leurs actions dans la conduite de guerres d’agression. En tant que principaux stratèges, les industriels de l’armement et du pétrole, les propriétaires de sociétés de mercenaires, et leurs lobbyistes et propagandistes, la plupart de ces individus ont contribué à édifier les plans de ce projet pour un nouveau siècle américain, c’est-à-dire la privatisation de notre économie basée sur la terreur et les fausses justifications pour les soi-disant « guerres préventives ». Un an avant le 11 Septembre, le PNAC annonçait le besoin « d’un nouveau Pearl Harbor », afin de produire le climat d’hystérie nécessaire à la réalisation des objectifs de ses sponsors. Le plus ambitieux d’entre tous était la création d’un prétexte pour prendre le contrôle des ressources pétrolières en Irak et dans tout le Moyen-Orient.

Imaginer le monde régi par le droit international

Depuis plusieurs générations, le principe a été établi que tous les peuples du monde et leur gouvernement doivent reconnaître l’intérêt commun de la compétence universelle lorsqu’il s’agit de traiter de la plus haute forme de criminalité. À son retour d’Afrique en 1890, George Washington Williams, un missionnaire noir des États-Unis, a contribué à établir la pensée légale dans cette direction. Comme Williams cherchait des mots assez évocateurs pour décrire les effroyables violations des droits de l’homme dont il avait été témoin dans l’État dit libre du Congo du roi Léopold, il trouva l’expression « crimes contre l’humanité ». En 1944, un juif polonais qui avait échappé à l’horreur nazie en Europe, s’appuya sur son expérience pour renforcer le vocabulaire de la criminalité internationale. Raphael Lemkin a inventé la notion de « génocide », afin de faire avancer le projet d’essayer de traiter des crimes si graves qu’ils compromettent la survie d’une partie de la famille humaine. Dans le monde entier, Lemkin a cherché à ce qu’il ne puisse y avoir d’immunité, ni de refuge, pour ceux qui sont impliqués dans l’élimination de groupes nationaux, ethniques, raciaux ou religieux ; mécanismes auxquels il ajoute aussi le génocide culturel. Lemkin a contribué à aider les délégations à l’Organisation des Nations Unies à établir, en 1948, la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Ce pilier fondamental du droit international n’a été adopté par les États-Unis qu’en 1989.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement états-unien a brièvement été perçu comme le principal champion du principe que ceux qui commettent les cas les plus élevés de criminalité internationale doivent être tenus responsables individuellement en tant que personnes. Cette brève convergence du pragmatisme et de l’idéalisme a été mise en œuvre dans les processus juridiques de Nuremberg et de Tokyo, où certains des dirigeants de l’Axe défait ont été jugés devant des tribunaux militaires internationaux. En décrivant ses objectifs au président états-unien Harry Truman, le procureur général du gouvernement des États-Unis à Nuremberg Robert Jackson, a expliqué que le moment était venu d’établir clairement « que la guerre d’agression est illégale et criminelle ». A son avis, une telle activité, y compris les campagnes « d’extermination, d’asservissement et de déportation de civils », constituaient des « crimes internationaux » pour laquelle « les individus sont responsables ». En présentant son argumentation devant les juges, Jackson a souligné l’importance d’aller au-delà de toutes les anciennes lignes de défense qui avaient fourni une « immunité pour pratiquement toutes les personnes impliquées dans les plus grands crimes contre l’humanité et la paix ». « Un aussi vaste domaine d’irresponsabilité » ne pourrait plus être « toléré » parce que « la civilisation moderne met des armes de destruction illimitées dans les mains des hommes. »

Le vocabulaire utilisé par les juges de Nuremberg dans la détermination de la peine des condamnés nazis souligne que « le fait de déclencher une guerre d’agression n’est pas seulement un crime international ; il est le crime international suprême qui se distingue des autres crimes de guerre seulement en ce sens qu’il renferme tout le mal accumulé de l’ensemble. » Les attendus de Nuremberg ont été affinés et adoptés en 1950 par l’Organisation des Nations Unies comme principes qui incluent, précisément, la nature même des actes illégaux connus pour avoir eu lieu, par exemple, à Abou Ghraïb et à Guantanamo sous la présidence de George W. Bush. Les principes de Nuremberg divisent la criminalité internationale en trois catégories : les crimes contre la paix, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Un de ces principes stipule que : « le fait que l’auteur d’un crime international a agi en qualité de chef d’État ou de fonctionnaire ne dégage pas sa responsabilité en droit international. » [5].

Bien que la Cour pénale internationale soit un nouvel ajout récent à l’infrastructure juridique du droit pénal international, elle s’appuie sur des espoirs, des idéaux et des traditions qui ont de profondes racines dans beaucoup de sociétés en quête de justice. En dépit de tous ses problèmes et lacunes, la CPI est la meilleure expression d’une tentative visant à implémenter un grand nombre des proclamations les plus émouvantes de l’humanité annonçant l’égale dignité de chaque vie humaine telle que définie dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. La CPI a été créée à la suite d’une étude des Nations Unies pour devenir une véritable entité lors du Statut de Rome en 1998. Le tribunal a acquis une forme institutionnelle en 2002. Il compte actuellement 108 États membres, dont le Canada, avec 40 États supplémentaires en passe de ratifier le Statut de Rome.

Les gouvernements de la Russie, de l’Inde et de la Chine s’opposent à la cour. Le président Bill Clinton a signé le traité de Rome au nom de son gouvernement mais le président Bush a annulé la signature de son prédécesseur en 2002 dans le cadre de ses vastes et multiples efforts visant à exclure les États-Unis de plusieurs accords multilatéraux. La CPI demeure-t-elle le meilleur espoir pour l’avenir, ou le lamentable échec des États à ce jour pour défendre et faire respecter la primauté du droit international nous conduit-il à un stade où l’humanité doit essayer autre chose ? Sommes-nous arrivés à un point dans l’évolution de la communauté mondiale, où il devient envisageable, voire nécessaire, de commencer à mettre en place les structures d’une véritable juridiction dont les fonctionnaires appliqueraient leur compétence pour arbitrer et faire appliquer le droit pénal international par l’expression d’une certaine forme de citoyenneté partagée de l’humanité ?

Calgary et le Congo

Il y a beaucoup plus en jeu que ce que l’on discerne immédiatement de la décision de George Bush d’accepter une invitation à s’adresser à un parterre de chefs d’entreprise réunis à Calgary par la Chambre de Commerce locale. Selon David Taras, un professeur de sciences politiques à l’université de Calgary, il faut y voir une stratégie de l’ancien président des États-Unis pour entamer le processus de réhabilitation de son image auprès du public dans ce centre urbain « très conservateur et pro-américain ». Certains ont surnommé Calgary la « Houston du nord », un surnom qui ne rend pas compte du caractère réel de la ville. Calgary est en effet quasiment une colonie de Houston et de Dallas, économiquement et, dans une certaine mesure, politiquement et culturellement. Une forte proportion de ses habitants ont émigré du Texas ou ont des parents qui ont fait le voyage vers le nord depuis l’État de l’ancien gouverneur Bush. Calgary est la base politique et la circonscription du gouvernement minoritaire de l’actuel dirigeant du Canada, le Premier ministre Stephen Harper. En 2001, Harper et certains de ses proches conseillers de la province ont clairement affiché leurs positions pleines de préjugés quand ils ont préconisé la construction d’un « pare-feu » autour de l’Alberta afin de protéger ses ressources pétrolières et ses agences de l’autorité constitutionnelle du gouvernement national du Canada.

Au cours des huit dernières années, Harper a agi plus ou moins comme le principal détenteur de la marque de fabrique Bush dans sa gouvernance du Canada. En tant que leader de l’opposition, Harper a réprimandé le Premier ministre Jean Chrétien de ne pas engager les troupes canadiennes dans l’invasion anglo-US et l’occupation de l’Irak. Harper a travaillé en étroite collaboration avec l’ancien Premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein, en s’opposant au protocole de Kyoto sur le changement climatique mondial. Les deux ont repris à leur compte le discours politique développée par la société de conseil et relations publiques, Burson-Marsteller. La branche de cette société à Calgary est la National Public Relations, dont les « chargés de communication verts » ont créé des organisations de façade, telles que la Canadian Coalition for Responsible Environmental Solutions.

David Frum a été l’un des zélateurs les plus frappants de l’axe idéologique qui relie l’Alberta aux idées et au staff de la Maison Blanche de Bush. Avant que Frum ne devienne l’un des principaux propagandistes de la « guerre contre la terreur » de George Bush [6] cette icône des néoconservateurs avait gagné ses galons en travaillant au magazine libertaire Alberta Report de l’évangéliste Ted Byfield. Frum est largement crédité à droite pour avoir contribué à renouveler la condamnation de « l’Empire du Mal » de Ronald Reagan, par l’élaboration de la formule « l’Axe du Mal ». George Bush la rendit célèbre en l’incluant à sa propagande de guerre d’agression dans son discours présidentiel sur l’État de l’Union en janvier 2002.

Par conséquent, de nombreuses forces de l’histoire convergent dans la manière dont Bush sera reçu par les fonctionnaires de l’immigration et du ministère de la Justice quand il atterrira à l’aéroport international de Calgary. Le 23 février 2009, une organisation portant le nom d’avocats contre la guerre a averti des fonctionnaires, y compris le Premier ministre Harper et le chef de l’opposition de Sa Gracieuse Majesté, que « George W. Bush, ancien président des États-Unis et commandant en chef des forces armées états-uniennes, est une personne soupçonnée de torture et autres violations flagrantes des droits humains, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, de manière crédible. » Se référant à des dispositions très précises de la loi sur l’immigration et de ses sections particulières relatives aux crimes contre l’humanité et crimes de guerre, les juristes ont précisé pourquoi Bush ne devrait pas être autorisé à entrer dans le pays. Ils continuent en expliquant que, si Bush est autorisé à pénétrer sur le territoire canadien, alors il devrait être arrêté par des agents de police canadiens. À l’appui de ces assertions, les juristes citent de nombreuses sources, y compris des éléments de preuve tiré d’un rapport interne de l’armée US terminé en juin 2008 par le général Antonio Taguba. Ils ont également cité certaines des conclusions rendues en février 2009 par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak. Ce responsable de l’ONU écrit : « Nous possédons tous les éléments de preuve qui établissent que les méthodes de torture utilisées dans les interrogatoires par le gouvernement des États-Unis ont été spécialement ordonnés par l’ancien ministre de la Défense américain Donald Rumsfeld …. Il est évident que ces ordres ont été donnés en pleine connaissance par les plus hautes autorités des États-Unis. »

Il existe de nombreux aspects canadiens à la prolifération mondiale de la torture, aux restitutions extraordinaires, aux incarcérations injustifiées, aux refus d’une procédure régulière et à d’autres violations flagrantes des droits humains qui dans la plupart des cas impliquent, d’une manière ou d’une autre, la Maison-Blanche de George Bush. La gendarmerie royale du Canada, le ministère canadien des Affaires étrangères et le Service canadien du renseignement de sécurité sont impliqués avec l’ensemble des branches du gouvernement états-unien dans les événements qui ont conduit à l’emprisonnement et à la torture en Syrie des citoyens canadiens Maher Arar, Abdullah Almalki, Ahmed El-Maati et Muayyed Nureddin. La terreur d’État qui s’abattit sur ces personnes constitue une petite partie du régime de non droit transnational résultant de l’affirmation illégale du président des États-Unis de sa compétence juridictionnelle sur toute personne, partout dans le monde, qui serait désignée par le pouvoir exécutif des États-Unis comme combattant ennemi illégal. Ce terme de « combattant ennemi illégal » est une expression inventée par les conseillers de George Bush comme un dispositif linguistique permettant au gouvernement voyou des États-Unis de se soustraire à la juridiction de droit international ou même à sa propre législation.

Michael Keefer, de l’université de Guelph, a soigneusement étudié le zèle du gouvernement de Stephen Harper à reproduire la stratégie de George W. Bush pour amplifier le rôle de la sécurité nationale étatique en jouant jusqu’à l’hystérie la carte de la menace de l’existence supposée d’une cellule terroriste islamiste locale dans la région du Grand Toronto. Keefer a montré la façon dont la GRC a utilisé des « taupes » rétribuées qui reçurent plusieurs millions de dollars pour la fabrication d’un fiasco lorsque les « accusations se sont évaporées ». L’affaire a littéralement « implosé » après que la GRC eût créé les conditions politiques pour que le Premier ministre Harper puisse diffuser en 2006 la version canadienne des théories hallucinatoires de George Bush au sujet de la « haine » imaginaire que l’islam vouerait aux libertés occidentales. La débâcle fut sévère, mais probablement pas assez pour ne pas détruire les vies de jeunes gens traumatisés et ce bien qu’ils soient sortis libres du tribunal. Selon Keefer, cet épisode consistait essentiellement dans son ensemble en « une opération de propagande concoctée pour renforcer la frauduleuse opération de manipulation psychologique que constitue la guerre contre le terrorisme ayant suivi le 11-Septembre ».

Le rôle des gouvernements canadien et états-unien en tant que partenaires dans des violations flagrantes des droits de l’homme et du droit international est illustré de façon transparente dans le cas du citoyen canadien Omar Khadr [7]. Khadr était un enfant soldat de quinze ans en Afghanistan lorsque les forces américaines l’arrêtèrent après un incident violent au cours duquel le jeune garçon fut blessé deux fois. Peu de temps après cet épisode litigieux, Khadr fut transféré dans le tristement célèbre camp X-Ray de Guantanamo à Cuba. Le Premier ministre Stephen Harper a utilisé l’affaire pour affirmer publiquement sa volonté de subordonner la souveraineté du Canada à la culture de domination militaire de l’Amérique de George Bush. À la différence des dirigeants des autres pays occidentaux qui sont intervenus avec succès pour faire libérer leurs citoyens de Guantanamo, Harper s’est fait un point d’honneur de ne pas demander aux autorités américaines, le retour d’Omar Khadr dans son pays de naissance.

Le général canadien Roméo Dallaire, qui prit part à des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a fait des observations sur l’importance de l’affaire Omar Khadr comme une expérimentation par les gouvernements canadien et états-unien de décisions de ne pas respecter les lois internationales interdisant la poursuite des enfants soldats. Dallaire a écrit : « Nous permettons aux États-Unis de juger un enfant soldat canadien devant un tribunal militaire dont les procédures violent les principes fondamentaux de la justice. » Le général a fait état de « preuves irréfutables de malfaisances des États-Unis », d’« altérations » de preuves par des fonctionnaires, et de diverses formes d’abus à l’encontre d’Omar Khadr, y compris des menaces de « viol et de mort ». Dans l’affaire Omar Khadr, Dallaire accuse le gouvernement du Canada de se rendre complice d’« un affront aux droits de l’homme et au droit international. »

Le mépris de tous les principes reconnus du droit états-unien et international à Guantanamo Bay et à Abou Ghraïb seront presque certainement vus par les générations futures comme définissant des marqueurs de l’infamie des deux mandats de la présidence de George W. Bush. Un certain nombre de juristes militaires ont démissionné de leur poste à Guantanamo, dégoûtés, y compris le colonel Morris Davis, le procureur en chef. Un whistler blower (dénonciateur, NdT) plus récent est le lieutenant-colonel Darrel Vandeveld, ex-procureur. Comme rapporté dans le Globe and Mail, le 2 mars 2009, Vandeveld a condamné les « traitements sadiques », les « abus » et le « simulacre » de justice appliqué à Khadr et aux autres détenus dans le « désordre sans nom » de Guantanamo. C’est le « goulag de notre époque », a déclaré Amnesty International. « Je ne pouvais pas croire que les Américains pouvaient faire cela » a déclaré Vandeveld, en prévision de témoignage, qu’il pourrait très bien être appelé à donner devant un tribunal de droit national ou international.

La poursuite de la persécution dans un goulag états-unien d’un jeune homme appréhendé alors qu’il était un enfant soldat jette une ombre étrange et révélatrice sur la poursuite concomitante de l’inculpation de Thomas Lubanga Dyilo par la CPI à La Haye. Lubanga a été accusé de recruter et de déployer des enfants soldats dans l’Est du Congo. De nombreuses sociétés minières canadiennes et états-uniennes font parties, en bonne place, des sociétés occidentales (Amérique du Nord, Europe et Afrique du Sud) qui contribuent à alimenter les conflits où des enfants soldats sont régulièrement déployés. Les enfants soldats continuent d’être incorporés par ceux qui aux deux bouts de la chaine profitent des meurtres de masse et du chaos dans une zone qui a connu, de loin, le plus grand génocide depuis la Seconde Guerre mondiale.

Grâce à leur position commune sur l’affaire Omar Khadr, George Bush et Stephen Harper n’ont-ils pas transgressé le même droit international que Lubanga est maintenant accusé d’avoir violé ? Alors que nous approchons de la fin de la première décennie du XXIe siècle, pourrait-il y avoir une preuve plus flagrante de l’anarchie cultivée au plus haut niveau de nos gouvernements ? Que reste-t-il à dire quand un ex-président états-unien, l’actuel Premier ministre canadien et un chef de guerre congolais peuvent tous les trois être accusés du même mépris pour les lois internationales interdisant le recrutement et la poursuite pénale des enfants soldats ?

Confronter les mensonges du 11 Septembre

Il n’est pas difficile d’imaginer les principaux arguments de la défense, si George W. Bush, Richard Cheney, Donald Rumsfeld et d’autres de leur sorte faisaient face à leurs accusateurs dans une cour de justice. La base de leur défense serait presque certainement à trouver dans leur affirmation que leur pays avait été attaqué en 2001 par un ennemi extérieur utilisant des tactiques tellement audacieuse et inattendue que les terroristes islamiques ont réussi à prendre par surprise l’ensemble du complexe militaro-industriel, ainsi que l’énorme machinerie de la sécurité nationale. A partir de là, les avocats de la défense soutiendraient que les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, ainsi que toutes les autres actions, y compris celles qui ont eu lieu dans la baie de Guantanamo et à Abou Ghraïb, ne peuvent être interprétées comme les éléments d’une guerre d’agression. Elles ne devraient pas être considérées comme faisant partie d’un plan coordonné d’agression militaire dont les juges de Nuremberg ont statué il y a longtemps qu’il constitue « le crime international suprême qui se distingue des autres crimes de guerre seulement en ce sens qu’il renferme tout le mal accumulé de l’ensemble. »

Suite à cette argumentation, les avocats de la défense affirmeraient que tout ce qui s’est produit lors de la guerre (juste et civilisée) contre le terrorisme ne doit pas être interprété comme une guerre d’agression. Au contraire, ces actions devraient être considérées comme une forme d’auto-défense nécessaire, ou, peut-être comme des actions préventives entreprises par précaution avec l’espoir de sauver les civils innocents de la menace violente des extrémistes islamistes. Que nous en soyons conscients ou pas, nous sommes tous continuellement bombardés du message que nous avons de bonnes raisons de craindre la sauvagerie des terroristes, un message soigneusement élaboré par les praticiens de ce qu’on appelle « la gestion des perceptions » pour jeter une suspicion constante sur l’ensemble du monde arabe et musulman. En effet, la mythologie populaire de la guerre contre le terrorisme forme l’élément essentiel sur lequel se fonde l’économie de la terreur qui a alimenté la croissance de l’énorme complexe militaro-industriel tout au long de la présidence des Etats-Unis de George W. Bush. Le vieil ennemi du temps de la Guerre froide n’existant plus, un nouvel ennemi était nécessaire. Des entreprises telles que Blackwater, la société de mercenaires d’Eric Prince, ont été en mesure de prospérer dans le même moule privatisé comme ce fut le cas pendant la guerre sainte (ou djihad) capitaliste contre « l’Empire du Mal » soviétique.

En contre-interrogatoire des témoignages citant le 11-Septembre comme la principale justification des mesures qui ont été prises au nom de la guerre contre la terreur, un procureur pourrait affronter Bush et les autres de la manière suivante. Il ou elle pourrait citer à comparaître certains responsables US, dont la négligence et/ou l’incompétence supposées ont conduit à l’échec qui a permis aux terroristes d’atteindre leurs objectifs pourtant bien protégés. Le procureur pourrait demander des éclaircissements sur ce qui s’est passé à ces fonctionnaires dont les malversations et les erreurs ont causé des défaillances sans précédent, par exemple, ceux en charge du renseignement, du contre-espionnage, de la sécurité dans les aéroports, de la défense aérienne et de l’application des lois sur l’immigration. Savoir si tous les fonctionnaires incompétents furent virés ? Si certains ont été réprimandés ? Si quelqu’un avait démissionné ? L’accusé répondrait « Non ». Le procureur demanderait alors : « Pourquoi donc ? »

Si les meurtres de masse et la destruction occasionnés le 11/9 sont imputables à un échec massif de la sécurité nationale, pourquoi personne n’a-t-il assumé la responsabilité ou été tenu pour responsable d’éléments précis de ce prétendu échec ? Et quid de la propre responsabilité de George W. Bush dans la débâcle ? Pourquoi le Président lui-même n’a-t-il pas immédiatement pris en charge la crise en allant à Washington au lieu de fuir au fin fond de l’Amérique dans son avion Air Force One, laissant Richard Cheney, l’ancien PDG de Halliburton, en charge des opérations dans le bunker sous la Maison-Blanche au cours de la fatidique journée du 11 septembre 2001 ?

Les manquements les plus graves concernant les événements du 11/9 ne sont pas le fait des agences de renseignement des États-Unis, des services de sécurité des aéroports, du NORAD, etc. Au contraire, l’incapacité la plus profonde et la plus sombre à nous protéger de ces ennemis qui nous menace le plus est à chercher du côté des journalistes, des grands médias, des professeurs et des universités qui les (nous) emploient. C’est nous qui avons, dans la très grande majorité des cas, choisi de renoncer à notre scepticisme et, avec lui, à notre éthique professionnelle ainsi qu’à nos responsabilités. Dans l’ensemble, notre classe et notre caste continuent à répondre aux événements du 11-Septembre d’une manière expéditive plutôt que rationnelle. Comme je le vois, par conséquent, il s’agit d’une trahison en masse des intellectuels, qui constitue le plus important résultat sous-jacent de la poursuite de la fraude connue sous le nom de « guerre contre le terrorisme ». La guerre contre la terreur continue à être produite, promue et vendue au public dans la plus agressive campagne de guerre psychologique jamais entreprise. Combien d’entre nous se font complices de cette noire machination par leur silence, le facteur principal qui permet la continuation de guerres d’agression justifiées au nom de la théorie officielle du complot du 11-Septembre, aussi infondée que dépourvue de preuves ?

Ce n’est pas mon intention, ici et maintenant, de déconstruire les mensonges et les crimes de la Maison Blanche de Bush ou, plus récemment, de la dissimulation par le Président Obama des éléments clés sur la vérité de ce qui s’est passé le matin du 11 septembre 2001. Je me suis d’ailleurs essayé à une telle déconstruction, mais pas de manière aussi exhaustive, experte et professionnelle que d’autres ont pu le faire. Je pourrais citer des dizaines, voire des centaines, de solides contributions scientifiques visant à rassembler des preuves spécifiques examinant par le menu et en grand détail ce qui s’est probablement et certainement passé, ainsi que ce qui n’a absolument pas eu lieu, ce matin lumineux de la fin de l’été 2001. Ces nombreuses contributions sont en grande partie dans le domaine public et sont facilement accessibles à l’ère de Google et de You Tube.

Alors que nombreux sont ceux qui ont déplacé les repères dans la compréhension de ceux qui sont engagés dans la quête de vérité, la contribution d’un universitaire en particulier, se distingue par la remarquable combinaison de sa portée, de sa précision et de son attention aux détails. Je crois que je parle pour beaucoup de collègues qui dans un large consensus s’accordent sur le fait que le professeur de théologie David Ray Griffin a plus que gagné le titre de doyen de ce que l’on appelle le « 9/11 Truth mouvement » [8]. Je mets au défi quiconque de lire une partie de la petite bibliothèque de livres et d’articles qu’il a écrits sur les divers aspects du 11 Septembre et de ne pas développer un mépris total pour la version officielle du complot. Compte tenu de ce que Griffin et d’autres ont déjà publié, il ne subsiste pas la moindre crédibilité à l’idée que la frappe sur le Pentagone et la pulvérisation des trois tours à structure d’acier du World Trade Center ont été causés par une poignée de Saoudiens seulement armés de cutters, disposant d’une formation sommaire au pilotage et d’un intense zèle djihadiste.

Récemment, est née la branche la plus professionnelle des sceptiques du 11-Septembre qui est le fait de l’infatigable Richard Gage, fondateur de l’association « Architects and Engineers for 9/11 Truth » forte de 600 membres (architectes et ingénieurs). Gage en réunissant une grande masse d’études techniques et en la vulgarisant, a établi au-delà du doute raisonnable que les tours aux puissantes structures en acier ne se sont pas écroulées du fait des crashes des avions de ligne, des incendies de kérosène et de la gravité, mais à cause de démolitions contrôlées. Toutes les trois se sont effondrées sur leur empreinte, peu ou prou à la vitesse de la chute libre.

Tout aussi récemment, j’ai étudié attentivement la profonde et abondante érudition affichée dans le livre du Canadien Peter Dale Scott, The Road to 9/11 : Wealth Empire and the Future of America [9]. Cet ouvrage, évalué par ses pairs, est publié par University of California Press située à Berkeley. Scott s’appuie sur des décennies d’enquête sur le fonctionnement interconnecté des compagnies pétrolières, des cartels de la drogue, des opérations de contre-espionnage, des banques et de la politique, et son volume met en évidence une collaboration aussi étroite que longue entre Dick Cheney et Donald Rumsfeld, laquelle culmine avec leurs apparitions et disparitions étranges dans les jours qui ont précédé et suivi le 11/9. Comme les travaux de Nafeez Mosaddeq Ahmed [10], le livre de Scott présente beaucoup d’éléments de preuve qui démontrent que le croquemitaine d’al-Qaïda a été impliqué de l’intérieur dans le fonctionnement de la sécurité nationale US, et ce dès son incorporation dans les moudjahidine parrainés par le duo CIA-ISI. Commençant comme des acteurs clés dans les opérations financières de la défunte Banque de crédit et de commerce international (BCCI) fondée à Lahore, les personnages destinés à assumer leurs rôles au sein d’al-Qaïda ont contribué à faire avancer le processus de transformation du terrorisme en une entreprise et en une opportunité politique pour les nombreux marchands de peur. Je recommande en particulier le chapitre 10 du livre de Scott, intitulé « Al-Qaïda et les élites états-uniennes ». Les sous-parties de ce chapitre comprennent des expressions comme « Les agents des États-Unis, les compagnies pétrolières et al-Qaïda », « Les États-Unis et al-Qaïda en Azerbaïdjan », « Unocal, les Taliban et ben Laden en Afghanistan », « Al-Qaïda, l’Armée de libération du Kosovo et le pipeline transbalkanique »,« Al-Qaïda et le complexe pétrolier, militaire et financier ».

Je pourrais terminer par un plaidoyer en faveur d’une enquête parlementaire au Canada sur la véracité de l’interprétation du 11-Septembre, qui continue de mettre en danger la vie de nos soldats en Afghanistan. Je pourrais terminer en soulignant l’échec journalistique de la CBC (Canadian Broadcasting Corporation, la radio nationale, NdT) ou la propagande pour les guerres d’agression qui a proliféré en particulier dans les médias commerciaux. Comme l’a révélé l’enquête sur la CIA de l’après-Watergate, des « agents » recrutés dans les grands médias ont longtemps été utilisés par des organismes de la sécurité nationale (de l’État) afin de propager des campagnes de désinformation dont le but véritable est de booster les affaires de gens comme la famille Bush, une dynastie de profiteurs de guerre. Je pourrais illustrer certains de mes arguments en pointant vers les sites ridicules de Can West Global, et surtout celui du Nation Post. Je citerai seulement le titre d’un article où des bloggeurs anonymes se voient attribué beaucoup d’espace dans ce journal pour attaquer mon travail. Que font les rédacteurs de ce journal quand ils titrent « S’attaquer aux théoriciens du complot du 11-Septembre » sinon défendre le mythe de la guerre contre le terrorisme en occultant tout débat ?

Nombreuses sont les façons dont je pourrais conclure, mais je choisis en fait de terminer ce texte avec quelques réflexions sur George Bush, le droit international et le livre remarquablement bien accueilli de Naomi Klein intitulé La Stratégie du choc : la montée du capitalisme du désastre [11]. À travers le prisme de son interprétation keynésienne, Klein observe de nombreux pays au cours des dernières décennies. Pour ce faire, elle présente par exemple l’argument très convaincant que les modestes programmes de redistribution qui avaient été incorporées aux économies nationales et à l’économie mondiale en général n’ont pas survécu aux incursions du « capitalisme du désastre ». Nos relations matérielles ont été soumises aux chocs répétés de l’hyper privatisation pendant les périodes où nous avons été les plus vulnérables aux effets désorientant de traumatismes manufacturés ou induits naturellement.

Comme l’auteur le reconnaît dans son livre, les événements du 11 Septembre constituent l’exemple type de sa thèse centrale. Le choc des images de l’effondrement des tours a créé le prétexte pour l’invasion de l’Irak et la hâte du régime de Bush pour exploiter ce que Klein appelle le « marché du terrorisme ». L’Irak devait être un prototype pour démontrer que « le boulot de l’État n’est pas de fournir la sécurité, mais de l’acheter au prix du marché ». En outre, la violence en Irak a aidé à stimuler la culture de la peur et de la haine en Amérique du Nord qui renforce la montée de ce que Klein nomme « l’industrie de la sécurité de la patrie ».

Comme la plupart des auteurs qui écrivent sur la guerre contre le terrorisme, Klein aborde les attentats du 11 Septembre du bout de l’orteil pour arriver indemnes sur un terrain professionnel plus sûr. Pour elle, cette zone plus sûre consiste à documenter la façon dont Bush, Cheney, Rumsfeld, Paul Bremer, et les autres architectes et ingénieurs de la privatisation de l’économie de la terreur ont exploité le 11 Septembre pour faire progresser leur ordre du jour politique. Mais éludant quasiment le sujet de ce qui s’est réellement passé le jour du Grand Choc, Klein s’incline devant le mantra « des échecs de la sécurité le 11-Septembre ». Klein emmène alors ses lecteurs dans sa très originale et importante analyse économique de l’Irak, le « Ground Zero » de la guerre contre le terrorisme.

Je crois comprendre la décision journalistique de Naomi. Je considère cela comme un compromis nécessaire, si elle voulait conserver un espoir de faire connaître son très utile travail sur les médias au Canada et aux États-Unis ainsi qu’auprès de jeunes militants dans le monde entier. Mais je pense que Klein est trop bien informée pour ne pas être méfiante de l’alibi de « l’échec de la sécurité » avancé par le régime Bush. Si mon intuition est vraie, que faut-il dire au sujet de la gravité du climat de paranoïa si même Naomi Klein s’autocensure, plutôt que de prendre le risque de rejoindre les groupes marginalisés « des théoriciens du complot » ? L’adhésion de Klein à des tabous sur le 11 Septembre est-elle similaire à celle de Noam Chomsky et des producteurs de médias sinon progressistes, comme par exemple, ZMag, The Nation, et Democracy Now ? Ou Barrie Zwicker a-t-il raison quand il affirme que des forces malveillantes sont à l’œuvre pour répéter dans le contexte de la soi-disant guerre contre le terrorisme, les techniques de désinformation et de guerre psychologique qui avaient cours pendant la Guerre froide ?

La rhétorique du discours d’espoir et de changement du Président Obama ne transcendera pas les discours de haine et les crimes de haine qui continueront à se multiplier aussi longtemps que le public détournera son regard de la vérité sur l’événement dont le contenu a été déformé pour justifier les crimes internationaux qui continuent à être perpétrées au nom de la guerre contre le terrorisme. Tant que cette fraude n’est pas exposée (reconnue), l’obscénité continuera probablement et George Bush franchira les frontières internationales pour donner des discours grassement rémunérés. Néanmoins, nous nous efforcerons de faire ce que nous pouvons le 17 mars en faisant de la visite de l’ancien président américain à Calgary un test pour savoir si nous sommes gouvernés par la règle du droit ou par la règle de la désinformation, du copinage et de la puissance militaire.
 

Par Anthony J. Hall, professeur d’études sur la mondialisation à l’université de Lethbridge (Canada)

Article original publié sous le titre « Should George W. Bush Be Arrested in Calgary, Alberta, To Be Tried For International Crimes ? », par Mondialisation.Ca, le 7 mars 2009.
Version française : Arno Mansouri pour Réseau Voltaire.

 


Références :

[1] « Les USA d’Obama : actuellement 1 noir sur 11, incarcéré ou en probation », Réseau Voltaire, 7 mars 2009.

[2] « Les 52 plus dangereux dignitaires américains. Le jeu de cartes du régime Bush », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er mai 2003.

[3] Lire Guerre biologique et terrorisme, par Francis A. Boyle, éditions Demi-lune, disponible sur la librairie du Réseau Voltaire.

[4] The Prosecution of George W. Bush for Murder, par Vincent Bugliosi, Vanguard Press, 2008, 352 pp.

[5] Les jugements des tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo exclurent eux aussi l’impunité des dirigeants : dans son arrêt du 1er octobre 1946, le tribunal de Nuremberg, a souligné que "la protection que le droit international assure aux représentants de l’État ne saurait s’appliquer à des actes criminels. Les auteurs de ces actes ne peuvent invoquer leur qualité officielle pour se soustraire à la procédure normale et se mettre à l’abri du châtiment".

[6] « Le programme des faucons pour 2004 », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire.

[7] « Omar Khadr sera jugé, mais pas libéré », Réseau Voltaire, 27 septembre 2007.

[8] Voir les articles et les livres de David Ray Griffin sur Réseau Voltaire.

[9] The Road to 9/11 : Wealth, Empire, and the Future of America, par Peter Dale Scott, University of California Press, 2007, 432 pp.

[10] La Guerre contre la vérité, par Nafeez Mosaddeq Ahmed, éditions Demi-lune, 512 pp. Disponible sur la librairie du Réseau Voltaire.

[11] La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre, par Naomi Klein, version française Actes Sud, 2008, 669 pp.

Des sénateurs veulent ouvrir une enquête sur les dérives judiciaires de l’administration Bush dans sa «guerre contre le terrorisme»

Alors que George W. Bush s’apprête à prononcer une série de dix discours au Canada, en Europe et en Asie le mois prochain, l’ancien président pourrait bien voir la quiétude de sa récente retraite menacée. La commission des Affaires judiciaires du Sénat, composée de démocrates et de républicains, examine ce 4 mars les moyens d’ouvrir une enquête sur les dérives judiciaires constatées pendant les deux mandats du 43e président américain, dans le cadre de sa «guerre contre le terrorisme». «Nous ne devons pas avoir peur de découvrir ce que nous avons fait», a estimé son président, le démocrate Patrick Leahy. Le 9 février dernier, il avait déjà annoncé son intention de mettre en place une telle commission indépendante sur le modèle des «commissions vérité et réconciliation», mises en place en Afrique du Sud après l’apartheid. «Rien n’a fait plus de dégâts à la stature et à l’autorité morale de l’Amérique que la révélation que, ces huit dernières années, nous avons abandonné notre engagement historique pour les droits de l’homme, en outrepassant la loi», a-t-il argué.

Le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy.
Le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy.

Même si la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ne soutient pas ce projet, le sénateur démocrate n’est pas seul dans ce combat : d’une part, environ deux-tiers des Américains y sont favorables ; d’autre part, des associations de défense des droits de l’homme et des parlementaires multiplient les appels à l’ouverture d’une telle enquête. Tous ont en ligne de mire, les écoutes téléphoniques illégales, le recours à la torture dans des interrogatoires antiterroristes ou encore le limogeage politique de neuf procureurs en 2006.

«Lire la page avant de la tourner»

Mais ce n’est pas tout : Patrick Leahy entend également s’attaquer au programme de transfert de détenus pour des interrogatoires menés par la CIA, aux mauvais traitements à la prison d’Abou Ghraïb en Irak, et à la destruction de documents ou à la rédaction de notes internes justifiant ces dérives, et notamment le recours à la torture depuis le 11-Septembre. Même si Barack Obama n’a jamais caché sa désapprobation vis-à-vis des méthodes pratiquées par son prédécesseur, sa position semble toutefois plus tempérée, le président redoutant de s’attirer les foudres du camp républicain. Interrogé il y a trois semaines sur l’éventualité d’une commission d’enquête, il avait déclaré : «ma position générale est de dire : (…) tournons la page». «Mais je pense aussi que personne n’est au dessus des lois», avait-il ajouté. «Nous devons lire la page avant de la tourner», a répondu mercredi Patrick Leahy, précisant être en contact avec la Maison-Blanche sur ce point. Pour lui, l’enquête de la commission devra dépasser «la question de savoir si des crimes ont été commis» et se pencher sur «les erreurs» qui ont été commises «de manière à ne pas les reproduire».

Julie Connan (lefigaro.fr) avec AFP
 


Note ReOpen911 :

Pour mémoire, le sénateur démocrate Leahy est celui qui, avec son homologue Tom Daschle, avait reçu une lettre à l’anthrax peu après le 11 Septembre. Tous les deux étaient les plus véhéments opposants au USA PATRIOT Act…
Vous trouverez plus de détails sur l’anthrax dans le livre Guerre biologique et terrorisme de Francis A. Boyle, dont l’auteur avait compris 7 ans avant le FBI que cet anthrax ne pouvait provenir que du laboratoire militaire de l’USAMRIID Fort Detrick.

 

Il est possible de soutenir Patrick Leahy dans sa procédure d’enquête sur les malversations de l’administration Bush,en signant la pétition en ligne sur son site BushTruthCommission.com (voir traduction ci-dessous)

Soutenez la commission vérité et réconciliation

Plus de 62 000 signatures pour l’instant … continuez à nous soutenir!

J’ai proposé l’idée d’une commission vérité et réconciliation pour enquêter sur les abus commis sous l’administration Bush-Cheney – de manière à ne pas les reproduire. Ces abus peuvent inclure l’utilisation de la torture, la mise en place d’écoutes téléphoniques illégales, la pratique d’extraditions extraordinaires, et l’outrepassement des lois par l’Exécutif. S’il vous plait signez cette pétition en ligne incitant le Congrès à se pencher sur l’établissement d’une commission vérité et réconciliation pour enquêter sur les abus de l’Administration Bush-Cheney.

Merci,


Patrick Leahy Sénateur des Etats-Unis

Mon intervention du 8 février à l’université de Georgetown :

 

Texte de la pétition :

Je sous-signé me joins au Sénateur Patrick Leahy’s pour réclamer l’établissement d’une commission vérité et réconciliation, afin d’enquêter sur les abus constitutionnels de l’administration Bush-Cheney de manière à ne pas les reproduire. Ces abus peuvent inclure l’utilisation de la torture, la mise en place d’écoutes téléphoniques illégales, la pratique d’extraditions extraordinaires, et l’outrepassement des lois par l’Exécutif.

Une commission vérité et réconciliation devrait s’attacher à trouver des réponses nous permettant de développer une compréhension commune des échecs survenus dans le passé récent. Plutôt qu’une vengeance, nous avons besoin d’une enquête impartiale sur ce qui s’est réellement passé. La meilleure manière d’aller de l’avant est d’obtenir la vérité et découvrir ce qui s’est passé — de manière à s’assurer que cela ne se reproduise pas.

Signé : [Votre nom]

Bulle de détente

Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons un peu de détente avec une BD au ton décalé sur Georges W. Bush et Oussama ben Laden (cliquez sur le lien ci-dessous) !

Bush &Ben
When the world goes down

LE PROJET

Le projet BD que nous vous proposons de découvrir est né il y a deux ans. Il a commencé très doucement avec un objectif de trois planches mettant en scène Ben Laden. Le résultat ayant reçu des appréciations positives, l’auteur a décidé d’aller plus loin et de réaliser une BD complète sur ce sujet qui est rarement traité sur un ton humoristique.

Le scénario n’a pas été conçu à l’avance. L’auteur le construit au fur et à mesure en fonction de ses lectures, de visionnages et de ses intuitions depuis 2001. Son but n’est pas de proposer une hypothèse sur le 11 Septembre mais de caricaturer l’ensemble des hypothèses dont la plus invraisemblable à ses yeux reste celle de la version officielle. Si la BD est évidemment une fiction, des informations réelles viennent régulièrement se glisser dans le scénario.

Si l’auteur a démarré son scénario avec Ben Laden c’est que la présentation qui en était faite par les médias traditionnels lui paraissait caricaturale. Elle ne prenait pas en compte le passé de l’individu : ses études, son parcours, ses liens avec l’Arabie Saoudite et les USA, sa fortune, etc. Au lieu de cela, les spectateurs du monde entier avaient droit à des vidéos "super 8" mal traduites présentant Ben Laden dans une grotte ou une tente de bédouin, assis sur le sol, une kalashnikov entre les tongs de ses pieds et quelques chèvres en arrière plan… Pour ce qui est de Bush, en matière de caricature, il était le deuxième candidat idéal.

La BD devrait se dérouler sur une cinquantaine de planches. Les personnages principaux sont ben Laden, Saddam Hussein, Bush, Rumsfeld, Cheney, Rice, Powell et le mollah Omar. Parmi les personnages secondaires on trouve la créature de Roswell, Sarkozy, De Villepin, Edouard Stern, Chirac, Obama, etc…

A l’heure actuelle, un peu plus de 50% de la BD  a été réalisé… son auteur pense la finaliser pour la fin de l’année 2009.

L’AUTEUR

Azim (pseudo signifiant "le Grand" au sens noble du terme, c’est à dire quelqu’un d’important pour la collectivité) a  35 ans et vit en Bretagne… Il est altermondialiste, représentant politique local, chef d’entreprise et travaille aussi dans le commerce bio et équitable. Il est également dessinateur de BD et "rappeur conscient", (il a 3 albums audio à son actif).

"Métisse" d’un pieds-noirs espagnol et d’une bretonne, il a bien connu ses deux grands-pères, qu’il a adorés. L’un a vécu le mensonge gouvernemental du bien fait de la colonie et de la nécessité de la torture en Algérie et l’autre était résistant FFI pendant la seconde guerre mondiale. Adolescent, Azim collait des affiches politiques avec lui, 40 ans après l’occupation nazie.

Grâce à ses deux grands-pères, Azim a compris que les "colons de base" (ouvriers portugais et espagnols, par exemple…) avaient été manipulés pour soutenir le "fascisme colonial". Et grâce à son grand-père breton, il a compris que l’Histoire est beaucoup plus complexe que dans les livres et que nous serons très peu à résister lorsque l’Histoire le demandera…

Après quelques années d’études en sociologie et d’études personnelles poussées, Azim a compris que "ce monde n’était qu’une farce". Au départ, il a lui-même cru aux "complots" avant de se résigner à une réalité plus sordide qu’il appelle la "stratégie" : Chaque groupe influent utilise les moyens dont il dispose pour accroître ses privilèges ou pour les et s’associe avec tel ou tel lobby… Et force est de constater que ce sont toujours, a peu près, les mêmes groupes d’influences.

Le jour du 11 septembre, Azim était dans la galerie marchande une grande surface, pour le travail. Il devait être 11h00… sur tous les écrans, passaient en boucle les images des "attentats". Son téléphone a sonné. C’était son pote français Ali,bouleversé et inquiet… il pensait qu’on allait l’expulser et que les "beurs" allaient devoir bientôt vivre cachés. Azim est resté figé devant les écrans… emprunt d’émotions diverses, partagées et difficiles à décrire mais déjà convaincu qu’il s’agissait là d’une "drôle d’Histoire".

Avec la vision décalée de quelqu’un qui a déjà vécu beaucoup d’entourloupes et de mensonges par procuration, Azim a tenté de recouper et de mettre en perspective tout ce qu’il connaissait ou croyait savoir en matière de géopolitique, de lobbies et de stratégies …Il a gardé tous les zappings depuis cette époque ainsi que toutes les émissions d’investigations. En 2003, son avis définitif sur le 11 Septembre était fait : "on nous ment, on nous a menti !"

Aujourd’hui, Azim n’a qu’une certitude sur le 11 Septembre : n’avoir aucune théorie! Il reste attentif, dubitatif parfois mais certain que l’histoire qui nous est contée est une supercherie… la plus grande supercherie que le monde ait connue.

Découvrez le site d’Azim

Guerre contre le terrorisme: Cherche slogan désespérément

Désireuse de donner une meilleure image de la stratégie américaine en Afghanistan, en Irak et au Pakistan, la nouvelle administration revoit son vocabulaire.


"La guerre contre le terrorisme est une mascarade",
affirmaient déjà ces manifestants lors d’une manifestation
à San Francisco en février 2007

Dans un nouvel effort pour se démarquer de l’administration Bush, le gouvernement de Barack Obama cherche des expressions alternatives à la "guerre contre le terrorisme" [War on Terror] décrétée par son prédécesseur. Ces derniers jours, les responsables de la sécurité nationale de la nouvelle administration se sont réunis à plusieurs reprises pour trouver de nouveaux termes susceptibles de décrire au mieux la stratégie américaine de lutte contre les groupes terroristes en Afghanistan, en Irak et au Pakistan. L’objectif est de forger une expression qui permettrait de requalifier les opérations américaines antiterroristes aussi bien d’un point de vue idéologique que militaire.

Barack Obama a publiquement annoncé la nouvelle approche de son administration dans un entretien accordé à CNN. "Je pense qu’il est essentiel pour nous de reconnaître que nous sommes en lutte, ou en guerre, contre certaines organisations terroristes. Les mots ont leur importance dans ce contexte parce que le seul moyen pour nous de gagner cette bataille passe par la conquête des cœurs et des esprits", a-t-il expliqué. Certains critiques dénoncent depuis longtemps l’emploi de la formule "guerre contre le terrorisme", en arguant que le terme terrorisme ne désigne pas un ennemi à proprement parler, mais une tactique.

Il y a quelques mois, des responsables des Affaires étrangères et de la Défense avaient tenté de remplacer "Guerre contre le terrorisme" par "Lutte contre l’extrémisme violent" [Struggle Against Violent Extremism]. Mais Bush avait aussitôt manifesté sa désapprobation lors d’une réunion avec des représentants du Conseil de sécurité nationale. "Le président était hors de lui, se souvient l’un des participants. Pour lui, il était absurde de penser que les Américains ne comprenaient pas cette expression. On n’en a plus jamais reparlé."

"La guerre contre le terrorisme" a été une constante dans le discours de Bush. Cette expression a été officiellement utilisée lors de sa première intervention télévisée après les attentats du 11 septembre 2001, durant laquelle il avait annoncé la riposte du gouvernement en des termes si véhéments que, selon ses détracteurs, ses mots annonçaient l’invasion de l’Irak. "Notre ennemi est un réseau radical composé de terroristes et de tous les gouvernements qui les soutiennent", avait alors déclaré le président. "Notre guerre contre le terrorisme commence avec Al-Qaida, mais elle ne s’arrête pas là. Elle ne s’arrêtera pas tant que nous n’aurons pas découvert et neutralisé tous les groupes terroristes aux ambitions internationales."

Après ce discours, le ministère de la Défense a officiellement adopté cette terminologie en y ajoutant l’adjectif mondial – Global War on Terror ou GWOT. Le Pentagone s’est mis à utiliser cet acronyme dans toutes les publications officielles, les documents stratégiques et les mémos. Une médaille GWOT pour les soldats envoyés en mission dans ces zones de guerre a même été créée. Depuis sa prise de fonctions, le 20 janvier 2009, Barack Obama s’est, quant à lui, appliqué à contourner cette formule. Il a préféré faire référence à la "lutte permanente contre le terrorisme et l’extrémisme" et à un "combat en progrès". Il n’a utilisé l’expression favorite de Bush qu’une seule fois, lors d’un discours au ministère des Affaires étrangères le 22 janvier. Il y a notamment expliqué que les Etats-Unis doivent "relever des défis mondiaux d’une extraordinaire complexité : la guerre contre le terrorisme, les divisions interreligieuses et la propagation de technologies mortelles". Selon un fonctionnaire qui participe aux discussions terminologiques en cours, l’objectif est de "trouver une formule qui exprime un message plus optimiste".

Michael Isikoff et Mark Hosenball pour Newsweek
Article sélectionné et traduit par Courrier International
, le 9 février 2009



Note ReOpenNews :
L’illustration et sa légende ci-dessus sont celles de Courrier International (qui a lui-même reprise celles de Newsweek?) Remarquez le "911truth.org" en bas à gauche de la banderolle!

A propos de la mascarade que dénoncent les manifestants de la photo, vous trouverez ci-dessous un nouvel article très engagé de Paul Craig Roberts.

Paul Craig Roberts est un économiste et journaliste américain. Au début des années 1980, il a été Sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan. Il a enseigné l’économie politique au Center for Strategic and International Studies. Il a été rédacteur et chroniqueur de divers journaux, notamment The Wall Street Journal ou BusinessWeek. Paul Craig roberts est l’une des personnalités de premier plan qui a eu le courage de remettre publiquement en question la version officielle du 11/9. Nous avons déjà publié sur ReOpenNews quelques autres articles de lui, tous très critiques vis-à-vis de la politique extérieure des néo-conservateurs de l’administration Bush :


La guerre contre le terrorisme est un canular

Selon la propagande du gouvernement étasunien, des cellules terroristes sont répandues partout aux Etats-Unis, obligeant le gouvernement à espionner tous les citoyens et à violer la majorité des protections constitutionnelles. Parmi les derniers mots du Président Bush quand il a quitté ses fonctions, il y a l’avertissement que l’Amérique sera bientôt frappée de nouveau par le terrorisme Musulman.

Si les Etats-Unis étaient infestés de terroristes, le gouvernement n’aurait pas à nous le dire. Les faits nous le diraient. Comme il ne se passe rien, le gouvernement y va de ses avertissements pour entretenir les peurs qui font accepter au public les guerres sans fondement, les infractions aux libertés publiques, les cartes d’identité et autres tracas et harcèlements lors de déplacements en avion.

La preuve la plus évidente qu’il n’y a pas de cellules terroristes c’est que pas un seul néo-conservateur n’a été assassiné.

Je n’approuve pas les assassinats, et j’ai honte que le gouvernement de mon pays pratique l’assassinat politique. Les Etats-Unis et Israël montrent un très mauvais exemple à Al Qaïda.

Les Etats-Unis combattent Al Qaïda et les Talibans en assassinat leurs dirigeants, et Israël fait de même avec le Hamas. Il est raisonnable de penser qu’Al Qaïda pourrait agir pareil avec les instigateurs et les responsables des guerres étasuniennes au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, tous les membres d’Al Qaïda connaissent la complicité des néo-conservateurs dans la mort et les dévastations infligées aux Musulmans en Irak, en Afghanistan, au Liban et à Gaza. De plus, les néocons sont très visibles et constituent des cibles faciles pour les chefs du Hamas et du Hezbollah. Les néocons sont connus dans les médias depuis des années et des listes de leurs noms, accessibles à tous, circulent en ligne.

Les néocons ne sont pas protégés par les Services Secrets. C’est terrible à envisager, mais ce serait un jeu d’enfant pour Al Qaïda de les assassiner tous un par un. Mais, les néocons se déplacent librement, bonne indication qu’il n’y a pas de problème terroriste aux USA.

Si, comme l’affirment toujours les néocons, les terroristes peuvent passer en contrebande des armes nucléaires et autres bombes sales aux USA pour semer des ravages sur nos villes, ils peuvent aussi obtenir des armes pour assassiner tout néocon ou ancien responsable du gouvernement.

Et pourtant, les néocons, étasuniens les plus haïs des Musulmans, sont saints et saufs.

La “guerre contre le terrorisme“ est un canular qui dissimule la prise de contrôle par les Etats-Unis des oléoducs, les profits du complexe militaro-sécuritaire, les attaques contre les libertés publiques par les adeptes de l’état policier, et l’expansion territoriale d’Israël.

Al Qaïda n’existait pas en Irak avant qu’il n’y soit importé par l’invasion étasunienne et le renversement de Saddam Hussein qui maintenait Al Qaïda hors d’Irak. Les Talibans ne sont pas une organisation terroriste mais un mouvement qui essaye d’unifier l’Afghanistan sous les lois de l’Islam. Les seuls étasuniens menacés par les Talibans sont ceux que Bush a envoyés en Afghanistan pour tuer des Talibans et imposer un état fantoche au peuple Afghan.

Le Hamas est le gouvernement démocratiquement élu de Palestine, ou du peu qu’il en reste après les annexions illégales par Israël. Le Hamas est une organisation terroriste de la même façon que les gouvernements Israélien et Etasunien le sont. Pour soumettre le Hamas à l’hégémonie israélienne, Israël utilise la terreur des bombardements et les assassinats contre les Palestiniens. Le Hamas réplique à la terreur d’Israël avec des roquettes artisanales et inefficaces.

Le Hezbollah représente les Chiites du Sud Liban, autre région du Moyen-Orient convoitée par Israël pour son expansion territoriale.

Les USA classent le Hamas et le Hezbollah dans les “organisations terroristes“ pour la seule raison qu’ils sont du côté d’Israël dans le conflit. Il n’y a pas de raison objective à ce que le Département d’Etat étasunien appelle le Hamas et le Hezbollah des organisations terroristes. C’est de la propagande pure et simple.

Les USA et Israël ne considèrent pas leurs bombardements de civils comme de la terreur. Ce qu’ils considèrent comme tel c’est la réponse des peuples opprimés et sans Etat parce que leurs pays sont gouvernés par des marionnettes à la solde des oppresseurs. Ces peuples, dépossédés de leurs propres pays, n’ont pas de Département d’Etat, pas de Département de la Défense, pas de sièges aux Nations Unies ou de porte-parole dans les médias dominants. Ils ne peuvent que se soumettre à l’hégémonie ou résister avec le peu de moyens dont ils disposent.

Le fait qu’Israël et les Etats-Unis poursuivent leur propagande sans fin pour empêcher cette vérité fondamentale d’éclater prouve que ce sont eux qui ont tort et que ce sont les Palestiniens, les Libanais, les Irakiens et les Afghans qui sont lésés.

Les généraux étasuniens à la retraite qui servent de propagandistes à Fox “News“ clament sans arrêt que l’Iran arme les résistants Irakiens ou Afghans et le Hamas. Mais où sont les armes ? Pour s’opposer aux chars “made in USA“, les résistants doivent fabriquer des engins explosifs artisanaux à partir d’obus récupérés. Après six ans de conflit, les insurgés n’ont toujours pas d’armes contre les hélicoptères de combat étasuniens. Comparez leur “armement“ avec celui que les Etats-Unis ont fourni aux Afghans, il y a une trentaine d’années lorsqu’ils combattaient contre les Soviétiques.

Les images de l’attaque meurtrière d’Israël sur Gaza montre de nombreux Gazaouis, tous sans armes, fuyant sous les bombes israéliennes ou dégageant des décombres des morts et des blessés. Tout le monde pourrait penser que chaque Palestinien est maintenant armé, chaque homme, chaque femme et chaque enfant. Cependant, tous les reportages sur l’attaque israélienne ont montré une population désarmée. Le Hamas doit fabriquer des roquettes artisanales qui sont tout juste des marques de défi. Si le Hamas était armé par l’Iran, l’attaque d’Israël sur Gaza lui aurait coûté des hélicoptères de combat, des chars et des centaines de morts parmi ses soldats.

Le Hamas est une petite organisation armée avec des fusils de petit calibre incapable de pénétrer un gilet pare-balles. Le Hamas est incapable d’empêcher les descentes de petites bandes de colons israéliens sur les villages de Cisjordanie, qui jettent dehors les Palestiniens et s’approprient leurs terres.

Le mystère est : pourquoi après 60 années d’oppression les Palestiniens sont-ils toujours un peuple sans armes ? Il est clair que les pays Musulmans sont complices d’Israël et des Etats-Unis en maintenant les Palestiniens désarmés.

L’affirmation indue que l’Iran fournit des armes sophistiquées aux Palestiniens est du même acabit que celle sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. C’est une propagande pour la justification du massacre de civils arabes et de la destruction des infrastructures civiles pour conforter l’hégémonie des Etats-Unis et d’Israël au Moyen-Orient.

 

Article original en anglais, The War on Terrorism is a Hoax, Information Clearing House, 4 février 2009.
Traduction Laurent EMOR pour le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info

Obama déclare vouloir mettre fin au règne du « secret» 

Cet article publié dans l’hebdomadaire américain NewsWeek le 24 janvier et repris par Le NouvelObs, revient sur la volonté de Barack Obama de déclassifier de nombreuses archives confidentielles. Sera-t-elle réellement suivie d’effets ?

Nous avons vu en novembre 2008, lors du sondage des "meilleures idées" organisé par Change.org – site Web de soutien à Barack Obama – que l’idée de rouvrir l’enquête sur le 11 Septembre avait été censurée car ne représentant pas un "projet pour l’avenir". Le point de vue de ReOpen911 sur l’article qui suit pourrait se résumer à ceci : "Assez de secrets, assez de promesses, allez jusqu’au bout de ce que vous dites, et rendez publics les documents sur le 11-Septembre toujours séquestrés par le FBI, rouvrez l’enquête sur le 11/9."

Barack Obama

Par Jonathan Alter pour Newsweek, traduction de David Korn

Si Obama veut voir sa politique adoptée, il faut imposer des pénalités aux officiels qui refusent de rendre leurs documents publics.

"Il règne depuis trop longtemps dans cette ville une manie du secret". Ces mots du Président Obama furent les plus importants du premier jour de son mandat. Obama signa ensuite des ordres exécutifs destinés à rééquilibrer la balance en faveur d’une plus grande transparence gouvernementale. La charge de la preuve pèsera désormais, du moins en théorie, sur celui qui veut rendre l’information confidentielle, et non sur celui qui désire la rendre publique. Commencer par un geste de cette importance est remarquable de la part d’Obama. Il remet en question par cet acte non seulement l’attitude d’un George W. Bush et d’un Dick Cheney, mais surtout un réflexe bureaucratique solidement ancré. Lorsqu’on connaît la valeur accordée par Obama à la discipline et au contrôle, qui sait s’il ne renouera pas avec ces bonnes vieilles habitudes ? On le saura un jour.

Thomas Jefferson affirmait que "l’information est la monnaie de la démocratie", et pour des générations, l’Amérique – en temps de paix – a observé ce principe. Considérant, à l’instar du Secrétaire d’État (l’équivalent US des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, NdT) Henry Stimson, qu’un "gentleman ne lit pas le courrier d’un autre gentleman", le pays ne s’était pas encore doté avant la seconde guerre mondiale d’un service de renseignement. Puis vinrent les législations Atomic Energy Act de 1946 et National Security Act de 1947, qui affirmaient en substance que certaines informations, toujours plus nombreuses, étaient "confidentielles par nature". En conséquence, aucune procédure formelle n’était prévue pour déterminer si telle ou telle information devait être classée ou non – il suffisait d’un bureaucrate tout-puissant, armé d’un gros tampon.

La Guerre Froide a engendré un climat de crainte pour la sécurité nationale, que l’on considère aujourd’hui comme normal. De temps en temps, les valeurs de transparence refont surface, avant d’être écrasées par la peur. Signée par le président Johnson en 1966, la loi Freedom of Information Act et les efforts de déclassification entrepris par les présidents Johnson et Carter ont été sévèrement entravés par Bush après le 11-Septembre. Et pour protéger les anciens présidents, (y compris, comme par hasard, son père et lui-même), Bush accorda aux ex-présidents le pouvoir de garder secrètes leurs archives après la fin de leur mandat. Cette mise à bas du concept même d’honnêteté historique a également été inversée par le décret Obama.

Le paraphe qu’Obama a apposé sur son décret ne va pas transformer la bureaucratie comme par magie. Chacune des agences de l’exécutif est affectée de cette maladie du secret. Le département des archives de la sécurité nationale de l’université George Washington, qui est allé en justice pour obtenir l’accès à 5 millions de courriers électroniques de l’administration Bush, décerne chaque année le "Rosemary Award", ainsi nommé en référence à la secrétaire du Président Nixon, Rose Mary Woods, fameuse pour avoir effacé 18 minutes et demie d’un enregistrement d’une importance cruciale concernant l’affaire du Watergate. Le prix est attribué à l’agence qui met le plus de mauvaise volonté à répondre à une requête dite "FOIA" (Freedom Of Information Act). L’an dernier, c’était le Département du Trésor qui l’emportait, grâce à son étonnante faculté à redoubler d’efforts pour entraver la diffusion d’informations. Espérons qu’il embrasse le changement, sans quoi on ne saura jamais exactement comment les 700 milliards de dollars du plan gouvernemental de sauvetage des banques ont été dépensés en quelques mois.
Les gens raisonnables sont d’accord pour dire que les détails vitaux concernant la sécurité nationale (telles que les sources et les méthodes permettant de recueillir des renseignements) doivent être tenus secrets. Mais selon la commission sur le 11 Septembre, 75 % des informations concernant Oussama Ben Laden et qui furent classées secrètes n’auraient pas dû l’être, et selon certaines estimations, 90 % de ce qui est classé secret pourrait être demain publié sur Internet sans affecter la sécurité nationale.

Elle en bénéficierait, au contraire. Feu le sénateur Patrick Moynihan affirmait que le secret n’est pas simplement antidémocratique, mais tout bonnement stupide. Il entrave le processus qui conduit aux bonnes décisions, car on ne peut débattre à grande échelle de ce qui est dissimulé. Ce qui par définition réduit l’éventail des choix. Moynihan écrivait que le secret, plus que l’information vantée par Jefferson, était devenue la monnaie du gouvernement, tant les différentes agences en amassent autant que possible. Ceci créé une rareté qui fait du secret un "actif organisationnel", qui s’échange sur un marché fermé réservé aux officiels, avec les mêmes conséquences néfastes que dans n’importe quel marché fermé.

Il y a aussi des facteurs culturels. Gérer des informations confidentielles permet au fonctionnaire de se sentir important, comme si le sacrifice consenti en acceptant un travail moins bien payé était partiellement compensé par le “frisson” (en français dans le texte, NdT) qu’on éprouve en manipulant des secrets. Des fonctionnaires qui craignent d’autre part, s’ils s’aventuraient du côté de la transparence et de la déclassification, d’être sévèrement réprimandés par le chef. Si la nouvelle politique d’Obama arrive à s’imposer, ces mêmes fonctionnaires devront craindre des pénalités pour n’avoir pas déclassifiés et immédiatement rendus publics leurs documents.
Bien des agences gouvernementales utilisent encore des ordinateurs datant des années quatre-vingt, et les archives présidentielles auraient bien besoin aussi d’une mise à jour du matériel informatique. Thomas Blanton, qui travaille aux Archives de la Sécurité nationale, confiait que le staff de George H.W.Bush avait produit quelques centaines de milliers de courriers électroniques. Celui de Bill Clinton environ 32 millions, et l’équipe de George W. Bush plus de 100 millions. Noyés sous les données, les historiens devront faire usage de savantes recherches par mot-clé s’ils veulent retrouver quoi que ce soit d’intéressant.

Internet offre de nouvelles opportunités de faire de la transparence une énorme machine à économiser de l’argent. Lorsqu’il était sénateur, Obama avait fait approuver une législation surnommée "Google pour le gouvernement", qui requiert la publication sur Internet d’une brève description de tout contrat fédéral. Il doit à présent aller plus loin et imposer la publication sous forme de fichiers PDF de tous les contrats passés avec le secteur privé. Il faut ignorer les glapissements des entreprises qui se nourrissent au biberon du gouvernement fédéral : lorsque leurs concurrents prendront connaissance de ces contrats, ils s’empresseront de convaincre le gouvernement qu’ils peuvent faire mieux et pour moins cher.

À la maison Blanche, Obama et les journalistes débattent déjà ce que qui est légitimement confidentiel. Le fait que le deuxième serment présidentiel n’ait pas été retransmis ne constitue pas un coup fatal porté à la république. Mais la transparence exige que l’on se débarrasse d’inexplicables traditions washingtoniennes, telles que d’utiliser l’expression "sources haut placées dans le gouvernement" pour parler des officiels parlant "hors micro", alors que tout le monde connaît leur identité (lors de sa première conférence de presse, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibb a par inadvertance cité le nom de l’un d’entre eux, le juriste de la Maison Blanche Greg Craig). Le président a le droit aux entretiens privés, mais au nom de la transparence, il ne devrait pas trop se formaliser des inévitables fuites. Et il n’y a pas à s’irriter, comme la semaine dernière, quand les journalistes sautent sur chaque opportunité de poser une question délicate.
Les récits de secrets et d’espionnage sont depuis longtemps un domaine apprécié de la geste Washingtonienne. La transparence, c’était bon pour les gogos. Mais voilà qu’un nouveau président ultrabranché déclare qu’il est temps de "rendre le gouvernement aussi honnête et transparent qu’il se doit". Il aurait pu ajouter ces quelques mots de Pat Moynihan : "le secret, c’est bon pour les losers".


Notes : Lire aussi les articles sur le fameux "sondage" organisé par Change.org en novembre 2008

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (8)

Aujourd’hui, donc, dernier épisode de notre longue saga. Le jour est arrivé, et il le faut bien : "That’ll be the day" comme disait l’autre à lunettes, là. Dans ce dernier épisode, nous allons donc finir d’élaborer une solution plausible à la disparition brutale de Connell. Elle inclut avant tout l’examen attentif des vidéos que nous possédons, ainsi que les derniers éléments qui ont pu nous parvenir sur le crash de l’informaticien véreux. Ce scénario repose sur un élément clé, qui n’est pas l’avion lui-même ni l’écoute des différents échanges qu’il y a pu avoir entre Connell et la tour de contrôle d’Akron, des informations révélées plus tard. Mais comme je vous l’avais déjà dit, le pavillon que lequel l’avion s’est crashé. Toute la clef du mystère est là. C’est pourquoi il devrait être examiné plus en détail par une commission d’enquête… qui risque fort de ne jamais exister, à voir le peu d’empressement de la presse américaine et de la justice sur ce dossier. L’Amérique ne parle que de la cérémonie d’investiture de Barack Obama et de rien d’autre. Et Obama, lui, ne parle pas de Gaza. Ni de l’usage là-bas du phosphore blanc. Et d’autres engins de mort.

Or, si on regarde attentivement les événements, survenus lors des derniers instants de Connell, on retrouve la même constante que dans le crash de l’avion de Samantha Smith, évoquée dans l’épisode précédent : une descente en liaison avec la tour de contrôle, puis une longue interruption de la phonie et un crash final. La tour, qui trouvait que Connell avait dérivé trop au Sud-Ouest, lui avait demandé de remonter au Nord-Est. "According to the NTSB, Connell initially contacted air traffic control (ATC) at the Akron-Canton Airport to ask whether there were any reports of icing and was told there were none. His approach was then uneventful until ATC noted that he was left of his course and asked if he would like to be resequenced. Connell replied "correcting." ATC then advised him again that he was "well left of the localizer" and Connell responded that he would "like to correct." Jusqu’alors, son ILS marche. Un système au sol a-t-il pris le relais à un moment pour le diriger vers l’endroit voulu ? Ça semble difficile à croire, l’homme connaissait parfaitement les environs, sa maison est à peine à 5 km du crash. En revanche, que son ILS fonctionne correctement mais que l’avion ne dispose plus que d’un altimètre calibré avec 150 pieds de plus que la réalité… et on va droit au drame. Car Connell, en définitive, avait finalement bel et bien déclaré un cas d’urgence à la tour d’Akron ! … "The plane was on ILS (Instrument Landing System) approach to runway 23. Tower noted plane left of course. Tower directed plane to climb and maintain 3000 feet and didn’t comply. When advised to climb a second time, the pilot declared an emergency and was lost from radar shortly thereafter." Ceci expliquerait le bruit de violente reprise des gaz entendue par le voisinage, juste avant de heurter le poteau devant la maison !

Connell aurait donc pu très bien subir le même sort que la pauvre Samantha Smith. L’avion, après avoir fait un 360° suite à son ratage de l’entrée du cône de guidage radio de la piste 23 (voir le schéma de l’ILS fourni), était reparti au Nord, pour retrouver avec un vent de côté relativement fort la direction de la descente vers la piste d’Akron-Canton, au bout d’une large et une dernière boucle à gauche. Un arrondi final bien classique. Connell était donc très prudent : s’étant écarté de son objectif, il avait pris le temps de faire un large cercle pour évaluer la direction à prendre avec un vent relativement fort qui l’écartait invariablement de l’axe de la piste 23. L’homme savait très bien piloter, même avec un vent contraire assez fort. Ce faisant, ça signifiait aussi qu’il avait largement assez d’essence pour le faire : ce n’était donc pas une panne d’essence comme parfois indiqué dans les toutes premières dépêches. Ça se tient, en trajectoire, à part qu’il ne vise déjà plus l’aéroport d’Akron-Canton mais à se vautrer "proprement" : son moteur cafouille, et il n’en a plus le temps déjà. Il s’imaginait être dans sa descente à l’ILS à 300 mètres de haut, il est en fait déjà au ras des toits ! Encore à 3 000 pieds il y a quatre minutes à peine, (c’est ce qu’il croyait !) il était déjà beaucoup plus bas en fait, et tombe rapidement maintenant : le syndrome de la chute de l’avion de Kennedy ? Unindicateur de vitesse verticale("vario") trafiqué ? En tout cas, il a des ennuis sérieux de moteur. Pour ce qui est de l’altitude, il est surprenant qu’il ne se rende pas compte plus vite qu’il est trop bas : toute la région est résidentielle, et toutes les maisons ont leur lumières allumées : il est 18 heures. Ou alors, son avion a de gros problèmes de moteur, et Connell lutte déjà pour le maintenir en vol pour aller faucher la marguerite dans la première prairie venue. Connell, à bord, n’est pas non plus inconscient : tout le monde a entendu sa violente remise de gaz désespérée en vue d’éviter la maison… et son mât. Un témoin raconte qu’étant donné sa faible altitude, il était certain que l’appareil allait se crasher : "I was certain it was going to crash and was actually waiting for the sound. However, once again there was a tremendous roar of the engine and I thought it was just the pilot doing a stunt over their house. It was almost instantly after I once again heard the engine that I heard the thud as it hit the ground. Approximately 1 second later, the sky became orange and there was no doubt what had happened." Notez la tentative de saut de maison, et l’explosion entendue juste après. Pour lui, l’explosion a eu lieu au sol. Or, même s’il y a bien eu une explosion, ça ne colle pas encore tout à fait, comme explication, pour les raisons qui vont suivre.

Car tout ça n’explique toujours pas deux choses : l’incendie intense… et un corps finalement retrouvé non pas brûlé, contrairement à ce que j’avais pu vous dire alors (en suivant l’avis des policiers arrivés sur place, qui ont changé d’opinion depuis avec cette histoire d’attaché-case sorti d’on ne sait où … et ce fameux costume de ville de pilote !). Les débris sont "éparpillés sur près de 100 mètres, note encore le rapport (et les pompiers de Greenwood), sur environ 120°. "The wreckage path was about 290 feet in length along an approximate heading of 120 degrees. The wreckage path contained the fuselage, empennage, wings, engine, and propeller. The propeller, which was separated from the engine, exhibited S-shaped bending consistent with engine power". Un tel éparpillement est fort peu compatible avec un choc unique dans de l’herbe (car le revêtement de ciment devant le garage n’existe plus, d’après les vidéos). Le moteur, nous le voyons que fugacement sur une vidéo : il a atterri dans le fond du "jardin" de la propriété, précédé de l’hélice, tombée… derrière lui ! Une hélice pas si tordue que ça, en définitive… Toutes les images vidéos insistent sur la partie de la queue, très reconnaissable, et ce qui reste du fuselage arrière, avec le numéro matricule, bien visible mais pas assez sur les ailes ni sur le bloc moteur. Comme nous le supposions, il n’y a plus de cockpit du tout (mais un corps en a été éjecté, donc !), le reste de l’avion est là, dont cette fameuse aile… "volante" qui gît à plus de cinquante mètres du crash. Aucun élément de tôlerie montré (queue, fuselage, aile et aileron de queue) ne présente pourtant de brûlure apparente : à se demander ce qui a bien pu autant brûler aussi intensément ce soir là ! Or, en regardant plus attentivement la toute première vidéo que je vous ai déjà communiquée, on découvre quelque chose de très surprenant. Sur un autre cliché (celui au panneau de basket), fourni ici, on distingue un avion "à l’envers" du sens de sa marche réelle : la queue, posée dans le bon sens (verticale), précède par terre le reste du fuselage et une aile ! L’avion est dans le sens inverse complet de son arrivée sur les lieux, et il n’est pas retourné sur lui-même. Un choc frontal avec un mât et une pirouette finale donnerait-il cet alignement ? Pas sûr !

 

C’est en effet très étonnant, comme le sont les absences de trace de feu : les tôles arrachées révèlent leur couleur verte anti-corrosion, mais pas une seule trace d’incendie ! Dernier détail officiel déjà donné par le bureau d’investigation dans son rapport préliminaire, le moteur a bien tourné jusqu’au bout de l’impact, ses hélices ont été tordues au sol. C’est discutable, vu la photo de l’hélice subrepticement aperçue… Le moteur semble bien séparé du reste des vestiges (il est en fait au fond du jardin de la propriété !). Mais toujours pas de trace de l’explosion entendue par les riverains, citée aussi à plusieurs reprises par nos deux reporters photographes arrivés sur les lieux ("i heard a big explosion" dit très clairement l’un d’entre eux à deux reprises au moins). Et aucune explication non plus à la disparition complète du cockpit. Or pour ça, le cockpit en miettes, la façade criblée d’impacts et l’incendie très vif, on a une solution. Elle nous est venue en regardant l’actualité récente du Proche-Orient, où la aussi on manie la propagande, visiblement. Comme quoi, il vaut mieux se tenir au courant constamment. Je vous avais dit que l’élément clé était cette façade de maison criblée de débris. Très certainement. On apprendrait que la maison (vide) serait abattue dans les mois qui viennent que le scénario serait alors parfait : comme pour le WTC, au plus vite on nettoie la scène du crime, au plus vite les gens ne pourront plus poser de question à son propos.

 

En décortiquant la toute première et exceptionnelle vidéo du crash prise par deux passants, citée dans l’épisode 1, avec leur téléphone portable semble-t-il (doté d’un zoom ?), on peut remarquer deux éléments essentiels à notre théorie (regardez-là donc à nouveau attentivement en la téléchargeant en .flv) : l’incendie violent n’affecte en rien le pignon ou la façade de l’édifice, le lendemain découvert bien marqué pourtant (voir les photos dans l’épisode 3). Le vent est visiblement orienté ouest-est (ce qui contraint Connell a ce long détour pour arriver face à la piste !), il arrive donc vent dans le dos, ce qui est déconseillé pour atterrir, et les flammes ne peuvent donc pas être à l’origine des dégâts constatés, d’une part. D’autre part, l’avion crashé n’est même pas visible, il ne brûle même pas, en fait ! Seul un violent incendie s’active à une bonne cinquantaine de mètres de sa carcasse, sur la droite de nos deux journalistes du jour, arrivés avant les pompiers, à savoir vers l’Est donc. La phrase relevée chez Mitch Gallo, l’investigateur envoyé par le NSTB prend alors une drôle de consonance : selon lui la carcasse a bien brûlé : "Indications are Connell died from massive traumatic injuries. Although the wreckage burned following the crash, Connell’s body wasn’t burned, the spokeswoman said." Visiblement, il ment : cet avion n’a pas brûlé, les tôles immaculées le prouvent. Or la notion "d’incendie" est obligatoire, si on veut cacher des choses, en particulier le tableau de bord. Or cet avion, je le maintiens, n’a visiblement pas brûlé ! Pour ce qui est des mensonges, l’officier de police Eric Sheppard, de la Ohio Highway Patrol, n’est pas mauvais non plus : l’avion venait selon lui de… Pensylvannie. Exactement le sens contraire de son approche (c’est au Nord Est !)… soit il n’a pas de boussole, ce brave officier, soit il l’a perdue... Un résident interviewé dans la même vidéo, lui, Joe Fano, parle plutôt lui d’avoir entendu un énorme "big bang"…

Toujours dans la même incroyable vidéo, sur le coin de la maison heurtée, à peine quelques traces de flammes sur l’arbuste en bas du pignon, qui ne brûle déjà plus (mais on ne sait si c’est la lance des pompiers qui l’a éteint ou pas, logiquement non car ils arrivent après nos deux pékins reporters). Au hasard d’une courte séquence en panoramique gauche-droite, on distingue un côté de garage entièrement boursouflé par la chaleur (le revêtement extérieur est visiblement en PVC !), le pignon bien impacté, et quelques flammèches au sol, en avant de la maison, dans le sens du vol donc (ouest-est) : or le pignon, c’est net, ne brûle pas non plus ! Le lendemain matin, pourtant, il apparaît sévèrement attaqué, pourtant. Non, de tels dégâts ne peuvent être imputés à un incendie qui se tient cinquante mètres plus loin, avec un vent contraire qui ne rabat donc rien comme chaleur ou comme flammes. Ses dégâts ne proviennent absolument pas de l’incendie. La maison est bien la révélatrice d’un événement spécial, qui n’est ni un simple heurt ni un incendie.

Pour vous aider à y voir plus clair, j’ai confectionné deux schémas récapitulatifs qui vous montrent les emplacements des différents éléments aperçus sur la poignée de vidéos dont nous disposons.

Ces dégâts sont donc bien révélateurs d’un autre phénomène : l’avion a très certainement explosé en l’air, juste devant la façade, en brûlant le côté du garage à la hauteur d’un premier étage. Une chaleur dégagée de forte intensité, qui boursoufle les planches de revêtement en plastique, et crible de trous la fameuse façade ! A droite de la maison, ce qui brûle aussi longtemps, en définitive, ce n’est pas du tout l’avion. Ce sont des arbustes, arrosés de kérosène. Si vous vous souvenez, le phénomène s’était déjà produit sur la façade du Pentagone : ce qu’on avait pris pour une bombe supplémentaire dans une vidéo n’était que l’incendie d’un arbre énorme situé juste devant la façade. Finalement, les pompiers n’arrosent pas les débris de l’avion, mais des feuilles et des branches imbibées d’essence ! Logique alors de trouver la carlingue sans traces d’incendies ! A noter qu’à la fin de la scène, un hélicoptère de la police (ou de la télévision ?) est déjà en train de faire des ronds au dessus de la scène, projecteur allumé. On est donc bien aux Etats-Unis ! Mais on aurait bien aimé voir les images de là haut ! Un observateur de dernière minute avait donc relevé une explosion qu’il juge lui "une seconde" après l’impact. Elle n’explique pas les dégâts de façade ni le garage aux planches boursouflées. Non, l’explosion s’est produite juste avant le crash final, les bruits précédents étant ceux du heurt du mât situé en amont de la maison. Une explosion au sol peut difficilement brûler un étage sans faire la même chose au ras du sol. Et une explosion à dix mètres en retrait et sur le côté d’une maison ne peut couvrir d’éclats sa façade !!! Sans compter qu’un moteur qui touche un pignon de maison fait davantage de dégâts sur ces maisons de bois (comme la majeure partie des pavillons US), et saute rarement en l’air au dessus des barrières… d’un jardin.

Etonnant, en effet : les traces relevées sur la façade de la maison heurtée par Connell, à l’étude, font en effet énormément penser à ce qu’il vient de se passer... à Gaza. Comme vous le savez sans doute, les israéliens (et les américains, leurs fournisseurs) profitent de chaque nouveau conflit pour tester de nouvelles armes. Celle qui retient notre attention en ce moment est la DIME, pour Dense Inert Metal Explosive, qui se caractérise avant tout par une chaleur intense et des projections en rayon limité de particules de tungstène de quelques centimètres et même quelques millimètres parfois. L’arme a un effet très localisé, pour éviter les fameux "dommages collatéraux". Dans les images déjà connues de la cour d’exercice des palestiniens du Hamas habillés de noir qui jonchent le sol de leur école de formation, c’est cette bombe qui a été utilisée. Les hommes gisent par terre, morts, seuls un ou deux ont des extrémités de membres arrachés (par le souffle de l’explosion). Les corps sont criblés d’éclats minuscules. Or dans le cas de notre crash, tous les éléments de l’utilisation d’une DIME dans l’avion de Connell sont réunis : explosion véritable, extrêmement localisée au cockpit, qui sépare en vol les ailes et la queue, chaleur intense mais localisée, pas de flammes véritable, plutôt une boule de feu fugace, et projections incandescentes de morceaux de métal dans la façade de la maison. Selon la définition même de la munition, celle d’une "Embedded Weapons-Grade Tungsten Alloy Shrapnel". Avec elle, on a bien l’existence de projections de morceaux de métal ou shrapnels. Bien entendu, assis sur une telle bombe, ou presque, Connell n’avait aucune chance. Les premières constatations du coroner venu sur place parlent de "multiples atteintes traumatiques" et non plus de brûlures. Aurait-on prévu un crash où notre homme serait mort dans un avion incendié ayant exposé seulement au sol ? Le fait de n’avoir quasiment pas vu le bloc moteur incite à croire que la localisation de l’emplacement de l’engin mortel peut être le capot moteur, voire l’outre souple du troisième réservoir, le central, juste derrière le moteur et sa cloison pare-feu. La bombe est en effet facile à dissimuler sous un capot et son explosion "éjecte" le bloc moteur (au fond du jardin !), qui ne tient sur ce type d’appareil que grâce à des étriers en tubes fixés sur la cloison pare-feu. On vous a retrouvé ici un cliché d’un moteur de Comanche de chez Piper montrant cette fixation qui ne peut résister à une explosion de ce type. Impossible de voir dans le pignon de la maison impacté l’origine du "saut de moteur" et d’un incendie situé à 50 mètres de là. Pour le journal du parti républicain du coin, c’est de sa faute, pourtant, à Connell : "The pilot of small plane that crashed Dec. 19 east of Akron-Canton Airport was trying to correct his approach for a landing, a preliminary report indicates. But Connell, a Web-site designer and behind-the-scenes player in the Republican Party, couldn’t make corrections quickly enough". Pas assez vite…. pensez-donc !

Pour ce qui est de la dissimuler, cette bombe, ce n’est pas un problème. Sa taille est minuscule : les nouvelles générations d’EFP, par exemple, des nouvelles bombes antichars déclenchées par radio, tiennent dans la main, comme le montre clairement le site DefenseTech avec le modèle M2 Selectable Lightweight Attack Munition. L’engin pèse un kilo seulement ! Il s’attaque à plusieurs choses : "the SLAM is intended for use against APCs, parked aircraft, wheeled or tracked vehicles, stationary targets (such as electrical transformers), small fuel-storage tanks (less than 10,000-gallon), and ammunition storage facilities. The explosive formed projectile (EFP) warhead can penetrate 40 millimeters of homogeneous steel," nous apprend-on. Un truc à vous transpercer un moteur pour une EFP ! Après avoir transpercé réservoir et cloison pare-feu ! Vous noterez le "parked aircraft" dans la liste. Parmi ses déclenchements, on trouve en sélecteur 5 un timing : "the SLAM will self-destruct (M4) or self-neutralize (M2) if the selected time expires before it is detonated by a vehicle. Timed Demolition : The SLAM’s built-in timer will trigger detonation at the end of a selected time. The timed-demolition mode is active when the SLAM selector switch is set to 15, 30, 45, or 60 MINUTES". Combiné à une jauge à essence, on obtient un déclenchement chronométré. Ou a un déclenchement altimétrique : le crash paraît normal, mais la bombe sert à effacer… le tripatouillage de l’altimètre. Voire un déclenchement par radio ! Si cette arme ne correspond pas, la bonne vieille mine M18A1 Claymore qui date du Viet-Nam (elle a été fabriqué en 1960 mais est désormais amplement copiée par les… chinois) peut très bien faire l’affaire… elle lance 700 billes enfermées dans une enveloppe de plastique, sur 2 mètres de haut et 50 mètres de rayon. "The M18A1 has an olive coloured plastic casing (inert training versions are blue) with the words "Front Toward Enemy" on it. It is 216 mm (8 in) long, 83 mm (3 in) high, and 36 mm (1.5 in) deep with two sets of adjustable legs. Inside are 650 grams (1.5 lb) of plastic explosive and 700 steel balls." Il ne reste plus qu’à compter celles fichées dans la façade, qui sait ? Elle aussi peut fonctionner avec minuteur, ou un déclencheur à distance (un Nokia ?), ou même avec un… choc (le poteau ?). Un Nokia, parce qu’à Bagdad, on l’a vu, les EFPs des insurgés sont mises à feu grâce à de simples téléphones portables modifiés accolés à la charge. Un simple Nokia sur notre bombe du Viet-Nam et c’est parfait. Au premier coup de fil, au moment opportun (à condition donc d’être dans les parages, comme… nos fameux témoins en treillis militaires), l’engin saute, et le tableau de bord avec. Pas vu, pas pris. Là encore, à regarder la façade en forme de passoire de la maison heurtée, on peut aussi penser à des billes à la place des shrapnels.

Le déclenchement de ces différentes bombes de petit format étant simple : par radio (une télécommande, ce qui force à suivre l’avion en voiture au sol, par un système de relais, le cas de la mort de Wellstone, où des agents du FBI étaient un peu vite arrivés sur place), ou impact (elle n’explose qu’au moment du choc). Ou par simple phonie donc. La bombe DIME est également présentée dans les journaux de défense comme étant "one of the Air Force Research Laboratory’s responses to the challenge of fighting in an urban environment without hurting innocent bystanders in the process." Elle correspond donc bien au but recherché ici : ne faire qu’une seule victime, si possible. Ce n’est pas le WTC. La très petite taille de la charge est facilement dissimulable, comme le sont les SLAM. Le son de l’explosion relevé par tous les habitants du quartier correspond aussi à une DIME : au début de l’expulsion des particules de tungstène, la vitesse du son est largement dépassée. Le "boum" sonique est intense. Un phénomène aussi remarqué au 2017 de la rue Charolais par le voisinage, très choqué par le bruit particulier de cette fameuse explosion. Car un avion qui se crashe dans de l’herbe ne fait pas le bruit remarqué. L’analyse des shrapnels logés dans la façade de la maison inoccupée devrait donc confirmer la chose : on évalue à combien de chances pour que ce soit fait ??? Zéro ? La maison va-t-elle disparaître aussi vite que les débris du WTC ? La question mérite d’être posée. Combien de temps va-t-on mettre pour effacer toutes les traces compromettantes ? L’avion a vite été bâché, la maison… ne devrait pas tarder.

Connell aurait donc pu être l’objet d’une double mauvaise intention, car on peut déjà éliminer la thèse du sabotage de compas : il arrive certes bien trop au sud de la piste d’Akron-Canton, mais au regard d’un trajet de plus de 400 km la déviation est très faible. Son erreur de cap n’est pas si importante que cela. On peut encore à ce stade mettre ça sur un erreur de sa part, car il a débranché depuis quelques minutes son pilote automatique, comme semble l’indiquer la tour de contrôle et lui également, via leurs échanges radios où aucun affolement n’est perceptible. Mais surtout, il semble victime d’un sabotage d’altimètre, d’indicateur de vitesse verticale, ou d’ILS. En résumé, on a cherché à le faire atterrir aux instruments, ce qu’il savait très bien faire, mais avec des réglages mortels. En lui refaisant le coup de Samantha Smith, à savoir de lui donner une pente de descente bien plus courte que l’emplacement de la piste. Si ce n’est sur un arbre, c’est sur une maison sur laquelle il s’empale, obligatoirement, voire… un poteau. Avec à la clé conclusion assurée et déjà toute prête du NTSB : faute de pilotage !

Là, il est déjà sorti du champs de l’ILS : il cherche à se poser au plus vite à partir de l’endroit où il a dû remonter pour accrocher à nouveau ce fameux faisceau d’ILS. S’est-il soudain rendu compte que son ILS était vicié ? Ce qui expliquerait son soudain revirement : il sait alors que s’il atterrit "normalement’ à Akron, il est fichu et ratera la piste de loin ! Il se dirige donc par réflexe… chez lui, où il sait qu’il pourra tenter quelque chose. Il est victime alors d’un sabotage moteur, en tout cas, et d’aucun effet de givrage sur les ailes. Sa chute semble brutale, mais son moteur semble encore capable de reprises, quoiqu’il peine sérieusement en puissance. Arrivé devant la maison indiquée, l’appareil explose en vol (et non au sol), séparant l’avant, qui se retrouve projeté au loin, du reste de l’appareil, qui chute une dizaine de mètres plus loin sur le côté de la façade. L’explosion crible la façade de morceaux divers, bruni le pignon, et sa chaleur dégagée gondole tout un côté du garage. Connell, éjecté, meurt instantanément, farci de centaines de morceaux de tungstène. Son appareil est éparpillé, le cockpit n’existe plus, les ailes sont désolidarisées. Le fuselage fait sa pirouette et retombe… dans l’autre sens. L’explosion a surtout détruit le tableau de bord, où se trouvait compas et altimètre. Pas vu, pas pris. Les gens qui avaient saboté son ILS et son altimètre auraient décidé d’actionner la destruction de l’appareil pour la simple raison que s’il se posait sans encombre, le sabotage aurait été découvert… et Connell peut être alors tenté de se venger. Pour le faire exploser aussi bas, il faut obligatoirement un témoin oculaire sur place, pour choisir l’emplacement le plus approprié : en gros, il ne faut surtout pas qu’il arrive à se poser vivant, ce qu’il est en train de réussir. L’explosion est donc un "plus" du scénario initial, une "sécurité" supplémentaire de prévue, le crash programmé aurait dû se passer autrement, comme pour Samantha Smith : la méthode Reagan. L’avion aurait dû foncer dans le sol lors de la tentative d’approche de la piste 23. Par acte réflexe, Connell, qui était donc décidément plutôt bon pilote, a tenté autre chose, une manœuvre désespérée. On l’a fait exploser, constatant qu’il était en train de s’apercevoir qu’on lui refaisait un coup connu, lui qui craignait tant le sabotage de son appareil, comme il avait pu le dire avant de décoller. L’assassin est-il alors dans les premiers arrivants pour constater le décès de Connell ? Très certainement. Comme dans le crash des représentants démocrates …A voir nombre d’encagoulés et d’uniformes militaires arrivés sur place en même temps que la Ohio Patrol… et son chef "déboussolé"…

Théorie conspirationniste ? OK, écoutons celle opposée alors ! Ou plutôt, allons voir un blog qui nous racontait le lendemain même que tout ça était dû au mauvais temps et à une faute de pilotage bien entendu. Il faut le retrouver en cache, ici. Car l’original a été enlevé par l’auteur, visiblement un républicain bon teint. Tout y passait pourtant : la "confusion" du soir (fin de semaine !), de la glace sur les ailes, et même un très beau moteur "congelé" : "The most likely possibility is that his engine quit suddenly in the freezing weather." Il semble qu’il n’ait rien su du cas de la petite Smith, notre bonhomme. Dans le site, le lendemain même, à la place de l’article retiré, on a la parution de la visite du maire de New-York, Michael Bloomberg, à des enfants blessés par les tirs de roquette du Hamas en Israël, à Ashkelon. Le texte est sans ambigité : "New York Mayor Michael Bloomberg expressed solidarity with Israelis threatened by Hamas rockets on Sunday in a daylong trip to Israel that included visits to two towns targeted by the Islamic militant movement in recent weeks." Ouh là, serait-on tombé dans un autre nid de faucons ? Notre auteur républicain bon teint, fan des moteurs congelés, s’est-il déjà aperçu que Karl Rove était une peine perdue, et que de tenter de le défendre aussi bravement ("moteur congelé !) était devenu inutile ? Je ne sais pas, en tout cas on a bien affaire à un énième néo-con, qui deux articles plus tôt nous parlait d’Obama… et de l’avortement. Un Pro-Life, encore un ! Mais l’homme, qui s’est rendu compte du ridicule à tenter d’expliquer la mort de Connell par le mauvais temps a trouvé depuis une botte secrète imparable : la mort, voici cinquante ans pile, de Buddy Holly !

Ah, pour Buddy, notre bonhomme, c’est différent, a bien tout compris : "what really happened" titre-t-il fort présomptueusement. L’homme, attention, s’attaque aux "mythes". Celui de la panne d’essence, celui du mauvais sort, celui… car il y en a dans le cas du guitariste à la Fender : pour la mort brutale de Buddy Holly on a déjà tout dit ou presque, et souvent n’importe quoi, (au point parfois d’avoir à le vérifier 48 ans après) ne manque qu’une rencontre inopportune avec une soucoupe volante ! Mais lui, le finaud, a trouvé la solution !

"Désorientation spatiale du pilote", vous l’auriez parié, pas habitué selon lui à utiliser un nouvel horizon artificiel, un Sperry "F-3 attitude gyro", !!! Personnellement, je trouve fort étrange que l’on retire un article sur la mort de Connell pour nous ressortir sur un autre cas la sempiternelle solution-maison du NTSB ! L’avion du chanteur texan (il était né à Lubbock) avait foncé plein gaz sur le sol, avait rebondi trois fois et avait tué et éjecté les trois malheureux artistes (Buddy Holly, J.P. Richardson, et Richie Valens), l’infortuné pilote restant coincé (mort) dans les débris. C’était un Beechraft Bonanza, un petit avion assez semblable à celui de Connell. Malgré la vitesse de l’impact, l’avion n’avait pas brûlé. Mais ce soir là, sur la région il y avait aussi la pire tempête de neige depuis des années qui sévissait. Pour tout le monde, c’était bien ça la cause du crash. Oui, mais pour notre homme ça ne comptait pas, ce jour là… alors que pour Connell, si, bien sûr !!!

Les tenants de la politique et des méthodes de Karl Rove sont bien aux abois, à lire de pareils articles qui tentent à nouveau de faire écran de fumée sur la réalité. Les défenseurs des neo-cons ont aussi d’autres méthodes pour faire taire ceux qui voudraient fouiner trop profond dans les miasmes de leurs marécages politiques. La méthode Goebbels : mentez, mentez, ils finiront bien par le croire. Dans le journal républicain d’Akron déjà cité, qui évoque aujourd’hui l’inauguration de l’ambassade US à Bagdad ( !!!) nous avons relevé cette autre perle, une réponse à un post qui demandait pourquoi on ne parlait pas des actions de Connell dans ce même journal : "The reason the Canton Rep did not report on this information is because newspapers typically don’t consider loopy conspiracy theories to be news. I’m sure there are some delusional left wing loons out there who think that somehow Carl Rove brought down this plane. These people need serious psychiatric help". Circulez, y’a donc rien à voir. Faut être complètement fou, en effet, pour croire que Mike Connell, homme clé des magouilles présidentielles américaines pendant dix ans ait pu mourir d’un attentat perpétré par ceux qu’il a tant aidé. Il y a des jours où je me dis qu’on est peut être encore pas assez de fous sur terre… En tout cas, de rappeler qu’il y a cinquante ans mourait bêtement Buddy Holly dans un crash aérien ressemblant à celui de Connell nous laisse un beau message de fin à cette longue série d’articles qui semblent avoir eu ses lecteurs forts attentifs. C’est dans une de ces chansons les plus connues : "That’ll Be the Day". Le mensonge et la mort sont plus proches qu’on ne pense. Surtout pour certains.

You say you’re gonna leave
You know it’s a lie
’cause that’ll be the day
When I die…

Par Morice pour AgoraVox, le 12 janvier 2009

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (7)

Dans cet avant-dernier épisode, il ne nous reste plus, donc, qu’ à élaborer un scénario plausible sur les circonstances de la disparition de Connell. Evidemment, vous ne me voyez pas partir vers la thèse de l’accident. J’ai déjà suffisamment expliqué ici combien de choses clochaient dans les éléments en notre possession pour que vous vous doutiez bien que je ne peux en accréditer la thèse. Mais finalement, ma conviction vient de tout autre chose. D’une remarque fort subtile faite sur un forum par un internaute judicieux, comme ceux qui ici nous ont apporté ce qu’ils avaient glané au fil de leurs recherches. Cette remarque, la voici, et elle est à la fois fort surprenante et frappée au coin du bon sens : "The President has time to pardon turkeys and pardon criminals, but not to issue even a single sentence of condolence to a man he has known for years ? Rove ? Where is he at ? John McCain ? Anyone ? I don’t understand how no one thought to issue a statement of support for the family, especially since a father of four won’t be there for Christmas ?"

En résumé, W.Bush prend le temps de gracier la dinde de Thanksgiving, mais quand celui qui a été un proche d’un de ses collaborateurs décède… pas un seul mot de condoléances ! Les assassins formulent il est vrai rarement les condoléances à la famille de celui qu’elles ont occis, à part dans les films de Lautner et d’Audiard. Mais Rove n’était pas Michel Constantin, à ce que je sache, et de ne pas même saluer Mike Connell, son ancien protégé, est plus que louche. Karl Rove, celui qui l’a ouvertement menacé, n’a pas depuis pipé mot. En qualité de républicain, il aurait pu le faire. W.Bush, dont le frère fait partie de la même confrérie (une chose longuement expliquée dans l’épisode précédent) aurait pu le faire en qualité d’hommes ayant foi commune. Rien, rien n’a été officiellement prononcé par la Maison Blanche à l’annonce du décès de Connell, père de quatre enfants ! Pour des gens se disant religieux… Le silence complet. Un black-out qui s’est très vite étendu à la presse. C’est une évidence, sur cette affaire. Cruciale pour l’avenir judiciaire de Rove et de Bush, la mort de Connell n’a même pas fait la rubrique des chiens écrasés à ce jour dans les principaux médias "papier" US ! Connell, il vaut mieux l’ignorer : trop dangereux d’en parler. Le New York Times, pour l’instant, lui préfère Bruce Edwards Ivins. Une chose à la fois, qui sait… peut être qu’il découvrira un jour qui était Connell…

Je suis tombé par hasard dans mes recherches antérieures sur Lexis Nexis, dont je vous parlerai un jour, promis. Une base de données d’infos, utilisée par des tas de gens (dont surtout les gouvernements !), qui vient d’acheter ChoicePoint, l’organisme qui recueille les données individuelles de millions d’américains, et qui a permis d’élaborer dans certains états de fausses cartes d’électeurs (grâce à Karl Rove, iniateur du procédé comme l’avaient démontré Latapie et Bouleaux dans "Votergate"). Dans cette base, et dans un extrait provenant de Newstex Web Blogs, on y relève un texte fort significatif de la chape de plomb qui vient d’être imposée à cet "accident". Désolé, c’est en anglais et c’est un peu long : "So is this death which could derail many significant Republican fraud investigations important ? Not according to corporate and mainstream news media ! The Star Tribune’s heading is "Pilot killed in rural Ohio small plane crash operated Web sites for Bush, McCain". Not once in the article is there any mention of Mitchell Connell’s role as a testifier in key Republican fraud investigations. Indeed, after the story, one wonders why the Star Tribune is covering a technical geek peon who died in another state. This is classic deception by not telling the key significant pieces. And even worse, "Mike Connell" is not found in a search on Pioneer Press, WCCO-TV4, KARE-TV11, Fox’s KMSP-TV9, KSTP-TV5. CNN and the Washington Post. Note that MSNBC, PBS-TV2 and the New York Times did have coverage on "Mike Connell", just not his death. Compared to the 100 day non-stop coverage of the President Clinton’s sexual affair, you would think the death of key witness in election fraud that probably changed the outcome of a presidential election would at least merit a story, if not a 100 days of coverage ? The silence on this subject speaks eloquently of how mass media coverage is totally biased". Même chez le New-York Times, qui avait pourtant couvert les découvertes de Jennifer Brunner ! Rien, même pas la rubrique nécrologique ! C’est très étrange ! L’exemple donné de la couverture médiatique de l’affaire Lewinsky est très significatif. Or, au New-York Times, des journalistes participent à des conférences de Newstex. Le journal serait-il en train de nous préparer un gros coup médiatique, en nous refaisant celui du Watergate ? Il se pourrait bien : il possède déjà un très bon "gorge profonde" en la personne de Stephen Spoonamore, le spécialiste républicain ami de Connell qui a refusé d’effacer ses disques durs compromettants. Or l’homme a démontré l’existence du second serveur "derrière le Firewall" dans le cas du détournement des votes en Ohio. Il faut espérer que ce soit le bon scénario ! Restons optimistes, donc. Et revenons-en au crash proprement dit. Si demain il arrive quelque chose à Spoonamore, vous en aurez vite compris l’origine.

Vous allez me dire, comme me l’a précisé un lecteur (Philou017) : il existe déjà un pré-compte rendu d’enquête officielle. Fait par le "fameux" NTSB. Le Bureau Fédéral d’investigation en cas de catastrophe aérienne, dont je vous avoue avoir du mal à suivre ses conclusions… pour des tas de raisons, notamment ses deux compte-rendus des crash des avions des démocrates Paul Wellstone et Mel Carnahan. Et puis aussi pour la simple raison que son directeur actuel n’est autre que Mark Rosenker. Or ce dernier a travaillé de 2001 à 2005 à la White House Military Office, autrement dit était un proche de l’équipe gouvernementale actuelle puisqu’il s’occupait du transport présidentiel ! Air Force One, c’était lui. Les circonvolutions de vol de l’appareil, le 11 septembre 2001, lui aussi. Celui-là, comme appareil, ou bien son double bossu enregistré par plusieurs caméras en train de tourner lentement au dessus de la scène même du Pentagone ce jour là. Or cet avion si particulier (c’est un centre de commandement volant !) est bourré d’électronique, et sait par exemple intercepter les communications téléphoniques… et en émettre également ! Le premier acte administratif d’Obama a été de changer de responsable d’Air Force One : le poste est en effet vital pour sa sécurité. L’homme de Bush à la tête du NTSB jusqu’en 2005 est lui un ancien général de l’armée de l’air. A peine sorti de la grande muette, il ne doit toujours pas avoir grand’chose à dire en vérité. En prime, comme dernier haut fait d’armes, c’était lui aussi qui supervisait ces derniers mois les recherches de l’avion de…Steve Fossett, un joli fiasco : c’est un promeneur qui l’a retrouvé plus d’un an après, et non pas les avions loués par le NTSB. Et pas non plus Ed Dames le fondateur de la Matrix Intelligence Agency, oui, vous ne rêvez pas comme nom, une émanation privée de la Defense Intelligence Agency’s Psychic Intelligence (PSIINT). Ma confiance dans les deux est assez restreinte, (envers le second raccoleur encore plus d’ailleurs !) disons, à voir les errements de cette enquête mal menée dès le début.

Vous allez me dire, oui, mais il y aussi des témoins déjà cités dans le journal local, qui parlent de changement de temps rapide des conditions météo. Ça tombe bien, il y en a un pour réciter déjà sur place cette thèse officielle : "in a 30-minute time frame around the crash, the weather deteriorated quickly as visibility around the airport diminished from nine miles to a little over one mile with a low ceiling. In such cases, pilots typically are forced to rely on the plane’s instruments rather than their own vision, which can contribute to crashes" , nous dit l’homme de l’art, très sûr de lui. Certes. Il s’appelle Charles Starkey, c’est le "directeur de la sécurité d’une société privée de jets de Cleveland" nous dit la presse, sans citer la firme. Très bien, voilà un avis asssuré. Mais pas pour autant recommandable : l’homme est aussi un ancien de la NAVY et travaille étroitement avec le gouvernement et la FAA sur la "sécurité aérienne" ! Résultat, le lendemain on apprend l’état de la météo qu’il faisait réellement ce soir là :" when Connell’s plane crashed about 6:00 pm on 12/19 the temperature at the Akron-Canton airport was 34 degrees with overcast skies. The day in Ohio had begun with freezing rain, but the temp at the airport had risen to 45 degrees at 3:00 pm with overcast skies". Pas de glace ! Pas du tout la première thèse vendue par Starkey !! Un Starkey qui bosse en fait chez Flight Options LLC, une entreprise de location de jets privés. Un républicain bon teint ayant versé deux fois son obole cette année (pour 500 dollars au total) à la campagne de McCain-Palin..  Le premier à parler catastrophe est donc fervent supporter de l’équipe républicaine ? Un hasard ? Que vient faire un responsable d’un aérodrome privé se chargeant uniquement des jets sur le site d’un avion de tourisme à hélice qu’il n’a jamais vu chez lui ? Il rentrait du boulot et a été attiré par le violent incendie déclenché par l’accident ? Et ce soir là croise par hasard sur la scène du crime des gens encagoulés et des militaires, venus les premiers faire des "investigations" ? C’est une "FBI party", ou une scène de catastrophe aérienne ?

Des mensonges, donc, peut-on logiquement penser, avec des gens venus tout exprès pour les raconter aux journalistes. Dans le cas du WTC, on avait bien retrouvé le jour même d’étranges personnages hyper-repérables dans la rue, expliquant paisiblement que les tours allaient tomber et que Ben Laden était derrière tout ça (fortiche le mec !). Cela, et les réminiscences d’accident d’avion douteux survenus à d’autres démocrates. Pour moi, et d’autres sur le net, l’accident de Connell est avant tout le double parfait de celui de Samantha Smith, cette incroyable petite fille devenue le symbole même du réchauffement entre l’Est et l’Ouest en 1985, à bord d’un Beech 99, un crash si bien décrit dans le numéro de Flying Magazine de mai 1987. Selon lui, le NTSB avait conclu ainsi à la catastrophe : "In the end, the NTSB made the obvious determination that the probable cause of the accident was the captain’s continuation of an unstabilized approach, resulting in a descent below the glidescope. Contributing to the unstabilized approach was the radar controller’s issuance of and the pilot’s acceptance of a nonstandard vector that resulted in an excessive intercept with the localizer." En ajoutant un deuxième problème : "the NTSB report mentions NAV/COM and altimeter problems as possible sources of error contributing to the unstable approach." En gros, l’avion était en approche, réglé sur son IFR (un système émetteur depuis l’aéroport) lui indiquant la pente à respecter… pour descendre vers la piste… aidé par un altimétre, indiquant à quelle hauteur se trouve l’appareil. "The NTSB report mentions NAV/COM and altimeter problems as possible sources of error contributing to the unstable approach. Both altimeters were found with inaccurate settings". 

L’avion de Smith s’était laissé guider par son ILS vers l’aérodrome d’Auburn, dans le Maine… mais aussi vers plusieurs mètres en dessous du sol comme aire d’atterrissage ! L’avion heurta donc des arbres à 1 km en amont de de la piste et s’écrasa. Plus précisément, "when the plane hit trees at 345 ft the captain’s altimeter would have ben showing an altitude of 480-544ft". Avec pour achever le tout le détail qui vraiment tue : "Also, the No 1 Navigation/Communication transceiver was replaced the day before the accident." L’accident "parfait" du Beech N300WP pour un personnage devenu bien trop encombrant pour un dénommé… Ronald Reagan. Le tout premier employeur de Karl Rove ; comme le souligne si bien Slate. "Bush aims to be the Second Coming of Ronald Reagan. But he has never understood the genius of Reagan’s method, which was to placate the religious right without giving in where it mattered." Rove a imité McKinley selon Slate : "the key to McKinley’s political success was the alliance Hanna forged between industrialists like himself, who provided the cash, and workers, who provided the votes. In Rove’s alliance, the rich provide the cash, and religious conservatives provide the votes". Exactement le pourquoi de la présence de Connell auprès de Rove d’après ce que nous vous disions les jours précédents !

Celui là ou celui de Dan Rocco, crashé en 2002 à Gainesville en Georgie. C’était alors le vice -président de ChoicePoint, l’organisme fort mal protégé qui sous couvert de sécurité sociale ou d’alertes enlèvements espionne littéralement les américains. Fan de vieux modèles d’avion, il faisait ce jour là un tour (avant de l’acheter !) en T-6, un avion datant de 1942, (c’est l’avion de la Guerre d’Algérie) un North American T-6-AT6D (N7471C), piloté par Don Keller de l’US Aircraft, LLC (en Floride). Un club de passionnés qui bichonnent leurs avions : l’avion s’écrase en plein meeting après plusieurs passages de "touch and go". Raison invoquée par le NTSB : casse de compresseur, qui, en explosant à condamné le moteur. Son carter avait en fait des éléments de dévissés ! Connaissant le souci du détail des colllectionneurs de l’US Aircraft LLC, tout le monde se pose la question du sabotage possible voire probable. Un crash en fait à l’époque extrêmement bienvenu pour Karl Rove  : les fichiers de ChoicePoint détournés avaient permis de permuter des électeurs d’un état à l’autre, et surtout d’en supprimer des listes entières en Floride. Des noirs, surtout, par pur hasard, plutôt portés à voter… Al Gore. Sachant que là bas on s’inscrit avec sa préférence politique, il ne faut pas chercher plus loin pour savoir qui n’avait pas pu voter en 2000 pour Gore. La plainte formulée à l’époque contre Rocco pour détournement de fichiers s’éteint avec sa mort, et Rove peut respirer. On noie vite le poisson, il ne s’est rien passé en Floride. L’épisode des cartons troués permet de cacher les tripatouillages d’inscriptions (et de vidage de listes électorales !). Mais la suspicion est déjà forte sur Rove (et sur Jeb Bush, alors gouverneur de l’Etat). Lui aussi cité dans les cas des deux démocrates disparus, à une époque ou le directeur du NTSB est aussi le même, et conclut à chaque fois à une erreur humaine… avec un problème d’altimètre (ou d’indicateur de vitesse pour Wellstone)… !!! A noter que déjà en 2000, l’export des méthodes électroniques de détournement de vote est déjà cité : au Mexique, notamment.

On le voit : dès l’élection de 2000 en Floride, Karl Rove, le "cerveau de Bush" ou l’homme à la tête de fleur de bouse de vache ("Turd Blossom", le surnom "amical" donné par W. Bush lui même à son conseiller) avait déjà joué avec le feu. Avec les élections d’un côté et de l’autre avec les gens qui s’étaient compromis pour lui et risquaient de l’entraîner dans leur chute annoncée. Demain, pour conclure, nous verrons qu’il n’a pas hésité à refaire à nouveau la même chose… à coup sûr.

Par morice le 6 janvier 2009 pour Agoravox

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (6)

L’humanitaire, donc, pour Mike Connell, comme nous l’avons abordé hier… et la secte. Car je ne vois pas comment appeler autrement les "Chevaliers de Cristophe Colomb" ("the Knights of Columbus") auquel appartenait notre homme… au plus haut degré (4eme grade, obtenu fin 2005). Extérieurement, des laïcs catholiques bon teint. Mais avant tout une association fermée présentant un fonctionnement que n’aurait pas renié l’Ordre du Temple Solaire de Joseph Di Mambro. "L’ensemble des cérémonies et des réunions d’affaires de l’ordre sont restreintes aux membres bien que tous les autres évènements soient ouverts au public. Une promesse de ne révéler aucun des détails des cérémonies mis à part à des chevaliers d’un rang égal est requise pour renforcer leur impact et leur sens auprès des nouveaux membres. Une clause additionnelle subordonne la promesse aux devoirs civils et religieux du chevalier", nous dit Wikipedia. A défaut d’être franc-maçon, Connell était donc devenu "Chevalier de Colomb". Or ces fameux chevaliers ont de drôles de méthodes pour remplir leurs caisses. Tout d’abord regardons l’étonnante page du site des Chevaliers de Colomb, faite par Connell et son agence, où l’on propose de souscrire une assurance-vie chez eux… avec la mort "accidentelle" de Connell, elle sonne fort bizarrement cette page accrocheuse. La confrérie utilise aussi d’autres moyens de revenus, remarquez…

Elle parle "d’impact", elle aussi, cette page, mais il est.. purement financier celui-là : "with 1.6 million members, the Knights of Columbus’ impact is enormous. Last year alone, we donated $116 million to charitable causes, and performed over 56 million hours of community service. That’s impact !"  Pour ce qui est de l’impact, il va sans dire que la gestion obscure et fermée de la direction de l’association laisse entendre toutes les fuites possibles : enrichissement personnel ou reversements par la bande à des partis politiques ayant des idées voisines, comme par hasard celle sur l’avortement, par exemple… L’œuvre charitable a bien reversé des sommes énormes depuis dix ans (on les évalue à peu près à 1,1 milliard de dollars sur les dix dernières années !) mais les assurances en ont rapporté bien davantage. Selon les observateurs, ces preux chevaliers détiendraient plus de 60 milliards de dollars de police d’assurance individuelles… !!! Oui, vous avez bien lu, 60 milliards ! Leur société d’assurance est la onzième dans le pays, avec 1,539 milliards de dollars en 2006. A côté, les tombolas de leur comité Québecquois offrant une Toyota Camry fait un peu pingre... . Les chevaliers sont des pompes à fric, avec de gros, très gros tuyaux. Des pompes prêtes à se brancher sur n’importe quoi pour en rapporter davantage, quitte à revenir après sur leur décision : "at their annual convention a few weeks ago, the Knights of Columbus of our province decided to move away from gambling, especially casinos, as a source of revenue to support their charitable activities. Since gambling can be a relatively easy way to raise large sums of money that can be used to do good, the decision to forsake it took some courage, but it was the right decision", dit sans même trop sourire l’archevêque Thomas Collins. Voilà nos vertueux chevaliers qui sont devenus un temps durant des indiens sur leur réserve, installant des casinos pour survivre… en cette époque devenue si difficile ? Pour redevenir prudes après ? Leur conscience les honore… où les lois sur les taxations des casinos ont changé ? Quant à ce qu’ils annoncent sur la confidentialité de leurs fiches ,"nous maintenons les niveaux de confidentialité les plus élevés en ce qui concerne vos renseignements personnels non publics. Les employés du Bureau Suprême ont été formés pour manipuler soigneusement et protéger ce genre d’information", permettons-nous d’en douter. Connell, qui est partie prenante de leurs sites, aurait été bien incapable de protéger leurs adresses IP, celles des serveurs de l’Ohio ayant été découvertes dès leur mise en route.

Eux, "des hommes qui vivent les quatre principes du mouvement : la CHARITÉ, l’UNITÉ, la FRATERNITÉ et le PATRIOTISME " comme le dit leur slogan… on veut bien y croire, mais aux Laurentides, au Canada, leur recruteur signe de l’adresse mail discutable "bodylovesexy@hotmail.com"… qui laisse assez songeur. Et pas moyen de leur faire dire en quoi consiste leur cérémonie d’intronisation de nouveaux membres. Quant aux vidéos sur leurs réunions façon Témoins de Jéhovah,… euh elles semblent plus que bridées, et les chansons les accompagnant bien niaises. En fait, leurs prises de position politiques sont nettes : bien à droite toute, notamment sur l’avortement mais aussi le mariage gay. C’est très significatif chez eux, au point d’avoir rejoint très tôt le mouvement National Organization for Marriage, et d’y avoir à plusieurs reprises versé d’énormes donations. Dont 1,25 million de dollars d’un coup, le 14 août 2008, notamment.. Donner et ne pas payer de taxes, voilà le credo de l’association semble-t-il. Influencer l’opinion par des soutiens exorbitants à des mouvements réactionnaires, ça oui. Ou faire dans l’humanitaire… grâce a du bénévolat, ce qui est plus facile à gérer encore. Car derrière l’obscure appellation "National Organization for Marriage" se cachent aussi des gens fort peu recommandables en définitive.

"National Organization for Marriage" a été fondée par Robert George et Maggie Gallagher, deux neo-conservateurs déclarés. Leur mouvement a but non lucratif contre le mariage gay a défrayé la chronique en 2005 quand on s’est aperçu que Maggie bénéficiait directement de l’argent versé par l’administration Bush ."She had a $21,500 contract with the Health and Human Services Department in 2002 to help promote the administration’s $300 million “healthy marriage” initiative, but did not disclose her contract and was using her column to promote the program". Et ce n’est pas tout. Pour bons et loyaux services à la nation, ou plutôt à la Maison Blanche seule, Robert George s’est vu remettre the Presidential Citizens Medal, l’un des trophées les plus rares chez les civils, le 10 décembre dernier, et à la Maison Blanche je vous prie. Parmi les généreux donateurs de leur association anti mariage gay, un nom retient tout de suite notre attention : celui d’Elsa Prince Broekhuizen, pour 450 000 dollars de dons a elle seule. "Broekhuizen is the mother of Erik D. Prince, founder of Blackwater Worldwide, the controversial operation that provides security services to federal officials in Iraq and other countries. Her daughter, Betsy DeVos, is a former Michigan GOP chair and wife of failed gubernatorial candidate Dick DeVos". La mère d’Erik et de Betsy, donc. Deux jolis cas d’espèce en politique aux USA, ces deux-là.

L’association fondée exprès contre le mariage homosexuel, l’Edgar & Elsa Prince Foundation, a donc un vice président bien connu : c’est Erik Prince, le fondateur de Blackwater, la société de mercenaires à la gâchette trop facile en Irak !!! Tout se rejoint, et le sens du slogan "CHARITÉ, l’UNITÉ, la FRATERNITÉ et le PATRIOTISME !" prend tout son sens… Les Chevaliers sont bien de la même trempe qu’ Erik Prince, c’est bien un mouvement d’extrême droite qui se pare de belles toges et d’idées de partages bien catholiques, la charité d’une main, donc, en soutenant de l’autre main les pires exactions en Irak au nom du "patriotisme" US. L’alliance traditionnelle du sabre et du goupillon  ! On comprend mieux dans le site les photos des soldats en uniforme en Irak, ou ces versements médiatiques de chèques aux blessés, de soutien à des actions comme "un téléphone par soldat" . Et on en revient à ce "with god on our side" dont j’ai déjà montré les méfaits ici-même.

Dans le site des chevaliers, Le texte en téléchargement "Armed with a faith" est à ce propos très révélateur…. Le détournement de l’hymne national est dans le genre un véritable sommet ! "Praise the power that hath made and preserved us a nation ! Then conquer we must, when our cause it is just, And this be our motto, “in God is our trust.” Nous DEVONS conquérir parce que NOTRE cause est juste ? Des Croix de Feu plutôt que des Francs-Maçons, donc, voilà ce qu’ils sont exactement ! Un soutien d’ordre politique et non religieux au gouvernement ! Avec eux, l’armée américaine est partie en croisade contre… l’infidèle : "Like a mighty army moves the church of God, Brothers, we are treading where the saints have trod, We are not divided, all one body we, One in hope and doctrine, one in charity. Onward Christian soldiers, marching as to war With the cross of Jesus going on before" dit ce fameux manuel du soldat fourni par les KofC !!! Des croisés, des soldats (de Dieu) devenus de vrais illuminés du Christ  !! Voila qui était donc véritablement Connell : un profond réactionnaire voire un illuminé aux idées d’extrême droite qui a soutenu tant que faire se peut W. Bush, tout simplement par communauté de foi. Sachant celle de Bush plutôt factice (comme sa sobriété revenue !), il y a de quoi être assez abattu par tant de cynisme. Et par tant d’imbécillité, comme à cette réunion en pleine rue des adeptes, plutôt âgés, fortement embarrassés par un seul contradicteur athée plutôt doué

Mais il y a mieux encore ! Le 3 août 2004, George Bush lui-même faisait un discours pour la 122ème convention des Chevaliers de Colomb. Vous allez me dire, mais que diable allait-il y faire ? Oh, c’est simple : dans l’assistance, "un chevalier du troisième rang", à savoir déjà bien avancé dans la hiérarchie chevaleresque : son propre frère Jeb, catholique lui, pas comme son frère…"I’m proud to say that my family has contributed to your ranks. A few years ago, Governor Jeb — (applause) — became a Knight. (Applause.) And he — yes — and he recently took his Third Degree. (Applause.) I’ll see him this weekend. His son is getting married. I’ll pass on the word, aim for the Fourth". Ça paraît assez surréaliste : le maître du monde, ou presque, venu saluer une assemblée digne de la Guilde des Maîtres Rôtisseurs, ou des Chevaliers du Tastevin, tous chapeautés comme pas un !!! Et pourtant c’est rigoureusement exact. Jeb récidivera en 2006 avec l’Ordre de Malte cette fois. Dans son discours, toujours aussi surréaliste, W. Bush remerciait ainsi les Chevaliers  : "I also appreciate the Knights’ of Columbus stand on the federal judiciary. I have a responsibility as President to make sure the federal judicial system runs well. I have nominated superb men and women for the federal — for the federal benches who will strictly and fully interpret the law, not legislate from the bench". La séparation de l’église et de l’état est loin désormais aux USA. Parmi ceux évoqués par Bush, le Chevalier de Colomb Samuel Alito Jr, nommé à la cour suprême, devenue grâce à lui à majorité catholique, et le membre de l’Opus Dei et de la John Carroll Society, un autre membre de la cour suprême des Etats-Unis : John G. Roberts, un ancien de chez Reagan (Biden, haï par les cathos conservateurs, avait voté contre sa nomination) ! Deux beaux cas de conservateurs pure souche, tous deux catholiques tendance traditionnalistes, et fermement opposés à l’avortement.

On le voit donc ici, les liens entre cette quasi-secte et la famille W. Bush ont toujours été étroits  ! Et dans ce délire sans nom, Bush continue lors de ce fameux discours de Dallas , allant jusqu’à verser une larme sur les enfants de prisonniers que proposent de soutenir les Chevaliers  : "we’re moving forward on another initiative which is mentoring for the children of prisoners. I mean, if the job of government is to try to set priorities, a priority is to help children of prisoners find love. Imagine what a tough life it is for a young boy or girl to go see his or her mom or dad behind prison bars. These are children who need help." Très bonne intention, à part qu’au même moment, à Guantanamo, des enfants et des adolescents, dont 60 de moins de 18 ans, étaient enfermés : toute l’hypocrisie du régime en un seul exemple !!! Son premier responsable du Homeland Security, W. Bush ira également le dénicher également chez un autre dignitaire des "K of C" comme on le dit désormais aux States. Le républicain Tom Ridge, chevalier lui aussi, qui laissera sa place à Chertoff en 2004. McCain songera un temps à lui comme second avant de se coltiner Sarah Palin. C’est une clique religieuse véritable, qui a envahi tous les rouages de l’état américain. Il n’ y a pas que les bondieuseries, il y a aussi et surtout une idéologie derrière. Or elle est bien d’extrême droite et en glorifie toutes ses valeurs !

Erik Prince donc, pour en revenir à nos activistes anti-marriage gay, et sa sœur… Betsy DeVos, la femme de l’héritier DeVos. L’homme qui aura réussi la prouesse de dépenser une fortune pour arriver à ne pas se faire élire gouverneur ! Une militante républicaine qui un jour a déclaré ceci  : "my family is the largest single contributor of soft money to the national Republican party…. I have decided, however, to stop taking offense at the suggestion that we are buying influence. Now, I simply concede the point. We expect to foster a conservative governing philosophy consisting of limited government and respect for traditional American virtues. We expect a return on our investment ; we expect a good and honest government. Furthermore, we expect the Republican party to use the money to promote these policies, and yes, to win elections." Le "retour sur investissements" attendu du gouvernement grassement soudoyé, pour promouvoir son entreprise : Amway, et son image internet Quixtar ou Alticor (Amivo en Europe). Des firmes accusées d’avoir dissimulé des revenus au… Canada, où les Chevaliers sont très actifs. Et toutes des firmes à fonctionnement … pyramidal, comme l’est le fonctionnement de nos preux chevaliers ! Comme par hasard ! Chez Amway on se coopte, comme on le fait chez nos fameux hommes à la toge ! Quand on vend bien, chez Amway, on devient des "Platinum"… comme lorsqu’on est bien docile chez nos adeptes des cérémonies déguisées, où l’on peut espérer un jour devenir "Officier du 4ème degré", dit "patriotique"…. Le "Chevalier Surprême" étant réservé à celui… en haut de la pyramide !!! En l’occurence en ce moment Carl A. Anderson. Or ce dernier a des états de service intéressants : "from 1983 to 1987, Mr. Anderson served in various positions of the Executive Office of the President of the United States, including Special Assistant to the President and acting Director of the White House Office of Public Liaison" nous dit sa biographie officielle. Ne cherchez pas sous quel président : c’était sous Ronald Reagan, pas vraiment un gauchiste… sous son régne était déjà en place un dénommé Rumsfeld, qui à l’époque serrait de drôles de mains…

Tout irait mieux dans la meilleure des poches de nos chevaliers pyramidaux jusqu’à ce début décembre. Jour où l’on apprend qu’un dénommé Madoff a grugé un nombre incroyable d’individus en leur promettant des taux intenables de gains en Bourse. Dans une réponse à un courrier de lecteur signifiant que l’on insiste un peu trop sur le côté juif de Madoff on trouve cette sentence incroyable : "I was scanning the business stories to see if the Madoff scheme also touched on the Knights of Columbus, and or Ave Maria funds, (either of which wouldn’t surprise me if they gave mutual business support to since they share many of the same business/social concerns in common.". Ouf, les chevaliers n’y apparaissent heureusement pas… Mais un escroc qui lui aussi a des liens avec la même fine équipe. Parmi les associés les plus proches de Madoff on compte en effet Frank DiPascali… dont l’avocat n’est autre que le propre fils de l’Attorney General Michael Mukasey, nommé par W. Bush… le monde est bien petit parfois, et nos tristes chevaliers à la triste figure l’ont échappé belle ! Quant à Obama, on lui avait dit de se méfier du KKK, il aurait tout intérêt à surveiller de près les K&C !

Le retour de bâton est terrible pour eux, de toute manière. Madoff ou pas, les questions que se posent les internautes deviennent pressantes : c’est l’effet domino du doute qui s’installe. Et si les fameux chevaliers n’étaient eux aussi que des siphonneurs de comptes de particuliers ? Voire eux aussi des boursicoteurs ? Sur un site, les phrases fusent sur les pratiques douteuses de nos chevaliers venus frapper à la porte des hôpitaux auprès des familles malades pour contracter leur fameuse assurance-vie ! Et d’engranger des données personnelles, revendues à haut prix à des instituts de sondage ! Le mieux étant la captation d’héritage, soutirée aux plus faibles : "religious organizations of all faiths – "camp out" at hospitals all across this nation. They harass sick and dieing patients on a daily basis in order to get them to donate to their organization. Families who should be getting the patients assets often find that their beloved relative has suddenly left everything to a religious organization" dit l’un. La captation d’héritage de gens fortunés, le moyen imparable de devenir riche, d’avoir un toit plus que correct et de changer de catégorie politique en devenant plus "respectable". En France, il y en a un qui a utilisé la même méthode il y a quelques années. Ça lui a fort bien réussi… "For years, the Knights of Columbus insurance company kept a tally of their clients and reported them to Catholic diocese across America. Then the wolves would come knocking at the door at Little Red Riding Hood. Shoot. America is so corrupt" ajoute l’autre ! On ne saurait mieux résumer la situation : les loups ont bien dévoré mère-grand ! Et ce, sur son lit de mort !

Car pour recruter à qui mieux mieux, nos vaillants chevaliers n’y sont pas allés de main morte : dès 1994, ils créaient leur site internet, d’une laideur à faire fuir (WordArt de Microsoft est visiblement passé par là !), remanié il est vrai depuis, mais aussi dans la foulée un service d’hébergement web, payant bien sûr. Mais avec invariablement leur rubrique ProLife bien en évidence. Depuis, ils se sont mis au goût du jour. Ou alors cherchent en 1980 à recruter plus jeune, en passant par le stade du John Paul II Institute, pour les étudiants, dans le Michigan, dont les directeurs sont l’archevêque de Washington et… Carl Anderson, le "suprême des preux" ! On y rentre comment à l’Institut JP2 ? mais par recommandation, voyons : "At least three letters of recommendation from faculty members of academic institutions formerly attended or from employment supervisors where applicable." Si vous croyiez comme moi que Dieu reconnaîtrait les siens, c’est râpé. A 6250 dollars la scolarité, remarquez… et on y prépare à quoi, dans cette FAC à bondieuseries ? Oh, à de bons et sérieux diplômes : un" Doctorate in Theology with a Specialization in Person, Marriage, and Family "(Ph.D.) par exemple, qui doit ouvrir à une foule d’emplois, c’est sûr. Où, on ne sait pas vraiment. A travailler chez Chuck Norris, certain en tout cas ! Ou alors à devenir prêtre-soldat  ou aumônier à Abou Ghraïb ? (le "curé sac au dos " ?), qui sait ? Ou à imiter l’exemple en France d’Alain Maillard de La Morandais ? C’est ça ou intégrer la police, dans ce qu’ils appellent la "Blue Mass", à savoir les membres de l’organisation faisant partie de la police. Selon certains, des relents de fascisme dans les oripeaux et les signes distinctifs ne sont pas loin… effectivement, au beau milieu du logo de nos chevaliers trône une belle … francisque ! A voir leurs cérémonies cachées, il y a en effet bel et bien un lien entre leur idéologie religieuse et les militaires : chez eux, ça se fait aussi au tambour…

Au son du tambour, pour finir au cimetière. L’endroit où ils ont failli réaliser un de leurs projets monumentaux. L’un de leurs pires projets délirants, en effet, a été de vouloir établir des monuments aux fœtus au milieu de chaque cimetière US ! Un témoignage rare nous rappelle cette folie : "When I joined the K. of C., the order was embarked on a project to install "Memorials to the Unborn" in Catholic cemeteries. Every council felt peer pressure to spend up to many thousands to set up a piece of stone in a nearby cemetery. In the end, a total of eight-ten million bucks were probably blown."  Le projet avorté, un autre est apparu aussitôt  : "But then comes word in the January 2006 issue of Columbia that the Knights of Columbus is getting behind another effort to pepper the land with monoliths. This time it’s Project Moses. The stones bear the Ten Commandments and the plan is to put one on every church property in the United States." Mettre les dix commandements sous forme de plaques de pierre gravées dans chaque église ? Voilà qui va donner du travail à l’industrie du bâtiment ! Décidément, nos chevaliers ont de l’argent à dépenser ! Heureusement, ce second projet va aussi avorter. Un mot à ne pas utiliser, chez eux, il est vrai. Bref, ce n’est pas vraiment la raison qui les guide. Peut-être pas la foi non plus pour autant. Au point de s’emmêler les pinceaux sur leur propre avenir : plutôt âgés, les vaillants chevaliers craignent tous l’apparition de l’arthrite. Manque de chance, leur croyance leur interdit de donner des fonds à la recherche sur le fléau, car elle demande l’usage de cellules souches, auquel ils sont totalement opposés ! Les témoins de Jéhovah ont leur sang, les chevaliers leurs cellules : ce sont bien deux sectes. Mais les vaillants chevaliers mourront tous perclus d’arthrose !

Au final, il ressort de tout cela une indescriptible impression de cercle fermé de personnes extrêmement riches qui présentent une belle façade d’aide aux nécessiteux, une sorte de club de notables de provinces, qui le week-end venu, se déguisent en chevaliers d’on ne sait quoi, avec bicorne à plumes, faute d’avoir une lignée d’ancêtres à louer ou assez recommandables. Tout le monde en connaît de membres de ses improbables confréries par lesquelles des politiciens se sentent obligés de passer. C’est pitoyable, en démocratie. Qu’un Mike Connell ait pu croire en ces sornettes, pourquoi pas : les sectes attirent les faibles, et la croyance religieuse de l’homme, qui frise l’obscurantisme à l’entendre, en ont fait le client parfait de ces pseudos sociétés secrètes qui ne recrutent que par cooptation, sans demander de CV ni d’états de service, et qui, une fois entrés dans le système, passent leur temps à bénéficier des largesses de l’état, en ne payant pas d’impôt ou en héritant directement de contrats juteux sans qu’il n’y ait d’appels d’offres. Blackwater est arrivé comme cela en Irak pour y faire les ravages que l’on connaît. Sans avoir à se battre contre la concurrence : les amis de nos amis, etc… rien que des "no bid contracts" pour eux. Et quelques autres.

Ce n’est donc pas une équipe de politiciens qui a dirigé la maison Blanche pendant huit ans mais un véritable gang de mafieux alliés à des religieux sectaires, eux-mêmes associés à des fortunes colossales, tous liés surtout à l’industrie de guerre. On s’est assez moqué de l’Ordre du Temple Solaire, cette secte entièrement tournée vers la fortune personnelle de ces dirigeants pour ne pas voir ici les mêmes relents. Nous sommes partis au départ, comme pour le massacre de la secte du même nom, de ce qui semble bien être un assassinat, au final nous retrouvons la même chose. A ce jour, on a arrêté aucun responsable du Temple Solaire, le mouvement s’est lui même dissous paraît-il avec la mort de ses chefs. Pourtant, tous ne sont pas morts. Connell a trop joué à se prendre pour le nouveau Luc Jouret. A vouloir expliquer au monde et à l’équipe de Bush le futur des technologies, sans réellement y comprendre quelque chose. Ses interventions sur FoxNews sonnent exactement pareil que les délires pseudo-scientifiques de Jouret. L’impression de s’y connaître, pour mieux attirer les gogos. Le faux gourou, en quelque sorte (mais un gourou peut-il être autre chose ?). A part que là le premier client est président des Etats-Unis, et qu’il n’est pas vraiment une lumière pour autant. Les autres Joseph Di Mambro du Capitole ne lui ont pas pardonné d’avoir été tenté de révéler tous les vilains secrets de leur confrérie véritable. Ceux que raconte ici Libby Mac Liberal… qui vous offre la liste complète des habitants du placard. Enjoy !

En ce qui concerne W. Bush, lui, c’est simple : au tout début de cette longue enquête, j’avais écrit qu’on lui donnerait presque le bon dieu sans confession…

Par morice le 5 janvier 2009 pour Agoravox

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (5)

Dans notre enquête sur Mike Connell, une chose est apparue assez vite : son fort sentiment religieux. Tous ses biographes insistent sur la foi de ce "bon époux" et "bon père de famille"… Une foi un peu particulière : au pays du protestantisme dominant, l’homme était… catholique. Profondément catholique, au point d’être un fervent opposant à l’avortement.

 En France, le mouvement de Xavier Dor par exemple est très représentatif de cette tendance : pas une de ses manifestations sans la présence du gratin de l’extrême droite. Rappelons que l’idée des commandos anti-IVG, qui occupent et saccagent les hôpitaux supposés pratiquer les IVG est venue… des Etats-Unis en 1986, et que Dor l’applique avec un zèle à faire frémir. C’est un pur illuminé. Des idées qui on fait leur chemin jusque dans les gouvernements : lors de l’arrestation en 1998 de Dor, les personnes venues manifester leur désaccord s’appelaient "Bernard Anthony, président de l’Agrif, Jean-Marie Le Chevallier, député-maire de Toulon FN, Christine Boutin, députée provie UDF et ambassadrice du Vatican" nous rappelle intelligemment ProChoix. En France, les associations réactionnaires s’appellent Laissez-les-vivre-SOS futures mères, Cercle Renaissance, SOS tout-petits, et la Trêve de Dieu. Le discours de Dor tourne vite, on le sait, à l’illumination : "tout vient de satan, qui vient des milieux gauchistes"… C’est bien connu !

Aux Etats-Unis, c’est pire encore : les anti-IVG "Pro-Life" ont pignon sur rue, Et manifestent de mille façon possible : en faisant des "LifeChain", en se positionnant par terre dans les rues en "Die-In", ou en se tenant devant les cliniques avec des panneaux en "Sidewalk counseling", ou encore en effectuant des "Rescue operations", les occupations de cliniques lancées par Randall Terry dès 1980. Souvent, dans la journée de leur opération commando un camion disposant des images agrandies de fœtus se promène dans la ville où a été décidée l’action. Le bon goût américain. Le 6 mars dernier encore, en Ohio, par exemple, un tribunal statuait contre l’action des Pro-Life dans leur action contre une clinique de Dayton. Sur le site internet de ProLife, évidemment l’acte juridique n’était pas apprécié. Sur le site, on pouvait voir fièrement exposé le camion avec photos de fœtus parqué juste devant celui de la campagne d’Obama, jugé "sataniste" lui aussi. Le site pointait vers un autre, dont je vous laisse découvrir l’image et l’idéologie ... La simple vision dans le site de la "political satire" nous donne une idée du lien entre mouvement anti-abortion et extrême droite. Comme peut l’être Xavier Dor venu au départ du Parti des Forces Nouvelles.

Le site pointe vers d’autres encore, dont Christians Social Justice et son site "Obamanation"… situé à Colombus, en Ohio. Dans les sites des images insensées reliant l’extermination des juifs et les foetus cohabitent de façon immonde. Pour eux, c’est donc bien clair : Obama est le nouveau satan ! Dans Christians News Wire, c’est simple : "If Elected, Barak Obama Would Become ’The Abortion President,’ Even Forcing Catholics and Evangelicals to Pay for Abortions " titre le site. Dans le site "NoHussein", c’est pire encore. Tous ses sites récitent la même litanie : Obama est pro-abortion, cela suffit pour l’assimiler à Satan. C’est du pur Xavier Dor. Or une grande partie de ces sites Pro Life a été réalisé par… Mike Connell. Un autre illuminé, tout simplement. Anti-IVG, catholique fervent et bel et bien d’extrême droite. Dans le livre de condoléances du journal de l’Ohio, l’Akron Beacon, les signataires (dont Lee Schiek, le directeur de l’aéroport de College Park) indiquent clairement son appartenance à ProLife. "Please know that our entire community is praying for the Holy Spirit to Comfort each of you on the Loss of a great man.His leadership in our Church in the K of C and in the Pro-Life movement will be greatly missed." On n’y apprend aussi que Connell avait été actif dans des expéditions humanitaires au Salvador : "I had the privilege of sharing one week with your family in El Salvador in 2007, but it was a time that had a deep impact on me. Mike’s unwavering faith and passion to serve "the least of God’s children" with love and humility showed those he knew what it meant to be "Christian"…he helped to spread the good news to the World through service, just like Jesus."

On y salue donc son action au Salvador, dans son mouvement "Serving Christ through His Poor" fondé en 2005. Dans le site, à l’article multimedia, vous pouvez voir une scène hallucinante (la troisième) de prière collective de fin de travaux humanitaires. A la fin de la scène, écoutez bien le responsable de l’association s’enquérir non pas du bien être de la (vieille) personne aidée mais bien du fait d’avoir pris des photos et une vidéo de la remise de la croix à la malheureuse ! C’est de mauvais goût et c’est une absence de respect notable. Sur le site de son entreprise, Connell raconte son action de bienfaiteur, mais aussi son appartenance aux "Chevaliers de Colomb"… voilà qui est tout aussi intéressant, sinon plus, appartenance revendiquée aussi par ses amis dans leurs condoléances attristées : "Heather (sa femme, récemment atteinte d’un cancer et présidente de l’association salvadorienne) and children, I have known Mike for only a short time as I served with him as an officer of the Knights of Columbus. He was a great leader and highly admired. My only regret is that I didn’t get to know Mike earlier. He was the type that one could trust, learn from and grow with. The world needs exactly that. I wish you well and please accept my personal condolence." Car ces chevaliers-là méritent le détour… Connell venait de monter en grade dans l’organisation et venait tout juste d’être promu "grand chevalier" ! Nous verrons demain ce qu’il en est de cette appartenance.

Pour l’humanitaire, tout d’abord, Connell était en liaison avec d’autres. L’argent que sa firme de com’ touchait provenait de sources bien définies : "These revenue reports only touch the surface. Before his death, Connell’s New Media listed 90 clients on its web site from the Alabama Republican Party to the Business Roundtable to the Free Enterprise Fund, to the Republican Jewish Coalition to USAID. The scope of Connell’s client list is a reflection of the Midas touch of the Bush administration in signaling to prospective clients which firms were in good stead." On y note USAID, déjà à plusieurs reprises ici dénoncée comme une société plus que douteuse, effectuant des enquêtes et des actions de la CIA sous le couvert de l’étiquette humanitaire. Ses liens avec l’armée américaine n’ont jamais été aussi évidents que lors de l’envoi de l’aide à la Georgie, juste après le conflit, avec l’envoi du navire le plus équipé en matériel d’écoutes qui soit pour transporter les colis pour les réfugiés (l’USS Mount Whitney !)… Au Salvador, sous Reagan, plus de 40 000 personnes sont mortes des escadrons de la mort, mouvements d’extrême droite payés et entretenus… par la CIA. Avec des méthodes qui rappellent déjà celles de Guantanamo "Various sources have reported the use of U.S.-manufactured torture equipment. Rene Hurtado, for example, explained, "There re some very sophisticated methods…of torture..[like the machine] that looks like a radio, like a transformer ; it s about 15 centimeters across, with connecting wires. It says General Electric on it…." Ça et le circuit de la drogue à une époque (en 1984 (!) où la CIA s’intéressait fort à des "expérimentations" sur la population américaine ! L’espion qui avait tout révélé, John Agee, avait été obligé de se réfugier en Angleterre, contraint à l’exil par… Georges Bush Senior et…Henry Kissinger. Il faudra attendre la chute d’un avion au Salvador d’un avion typique, un Mohawk, pour s’apercevoir de la présence de la CIA sur place. Au Salvador encore, voler les élections est un sport national depuis les années 90. "El Salvador is still ruled by a few rich families who use rigged elections, corrupt police and unrelenting violence to maintain their power, and who are supported by the U.S. military-intelligence complex. His characters see El Salvador as an eventual staging ground for a U.S. invasion of Venezuela to oust President Hugo Chavez and seize the oil resources there." Connell est-il là aussi allé mettre son grain de sel informatique ?

On le voit : la proximité du Venezuela en ce moment est tentante pour la CIA : Connell aurait-il servi de tête de pont pour le montage d’une opération de déstabilisation de Chavez ? Peut être bien, car rien dans son parcours n’explique le choix de ce pays particulier pour un élan humanitaire déclenché fort tardivement chez lui : il aurait mis plus de 20 ans à associer ses convictions religieuses et un souci de la pauvreté en Amérique du Sud ? Selon lui, c’est un prêtre local qui l’a convaincu, sans plus. Difficile à croire en sachant l’importance stratégique du pays pour les Etats-Unis. "Au Nicaragua, le programme pour influer sur le résultat des élections de 1990 avait commencé un an et demi avant, par l’unification de l’opposition, par la création d’un mouvement civique, et tout ceci est en train de se répéter au Venezuela. C’est là que réside mon intérêt politique pour le Venezuela, l’analyse des événements et écrire quelques articles" dit Agee… même scénario, et même traficotages de votes au moment des élections : le système Connell est devenu un produit d’exportation, comme nous l’avions signalé pour… la Georgie, où une association douteuse de "défense de la démocratie", l’IFES, avait apporté les ordinateurs pour "comptabiliser" les bulletins recueillis dans des urnes ordinaires… or en 2006, SmarTech, la firme de Connell, reçoit un prix pour un site internet , celui intitulé  : ’IFES TIDE Program – Honorable Mention – Best International Website" . Le Tide, c’est le Training in Detection and Enforcement, à savoir la gestion financière des campagnes électorales dans les pays étrangers. Tide fournit un "toolkit"… ou apparait en premier... US AID, ce paravent complet de la CIA. En exemple, mauvais ou pas, on y cite la Russie, la Macédoine, l’Ukraine… et le Canada. Présenté comme une aide à la démocratie, on perçoit vite l’intérêt de la chose : si le pays visé choisit la "régulation" de l’IFES, nul ne saura vraiment si des fonds de campagne n’ont pas atterri ailleurs… "l’effet Kudzu" est tout proche… Le kudzu c’est la puéraire, cette vigne qui finit par étrangler son hôte : importé du japon dans les années 30, très vivace, on n’arrive plus à l’éradiquer aux Etats-Unis. "L’effet kudzu" actuel, c’est l’étranglement progressif de la démocratie par des machines à voter trafiquées ou contrôlées. Ici devenues des produits d’exportation. Connell a prêté main forte à Saakachvili, comme il l’avait fait pour Bush en Ohio… Même méthode, vous disais-je à l’époque : "qu’est-ce qui a bien pu se passer de 17h à 20h15 en Georgie, mystère et boule de gomme ? Des chiffres qui changent, avec un écart de plus de 4% entre les résultats réels et les sondages au sortir des urnes… exactement l’écart séparant Kerry de Bush, cela rappelle des choses… beaucoup de choses". Or bientôt, au Salvador, les élections approchent…

Car, si on y prête attention, comme l’a fait le remarquable article de Sheri Myers, Bob Fitrakis et Harvey Wasserman intitulé Kudzu effect, c’est bien également SmarTech qui était derrière l’élection en Georgie ! Dans leur charte géniale ou apparaissent les noms de tous les "trafiquants de vote" répertoriés, Connell n’apparaît pas, mais Gary Greenhalgh si. C’est le vice président d’ESS, et le fournisseur privilégié de l’IFES. Un fournisseur qui ferait bien de lire les plaintes à propos de ses machines ! Or chez ESS, même problème qu’avec Connell : mis en diffcultés après des années de traque par les activistes démocrates, le patron de l’entreprise a disparu subitement…. en fuyant ses responsabilités ! Au moins échappera-t-il à un crash aérien, remarquez… Le 26 octobre 2008, Betty Ireland , la secrétaire de L’état de Virginie avait été sérieusement mise en difficultés par des plaintes, nombreuses, sur l’emploi des machines ESS lors de la dernière élection. "In recent days, at least 14 voters from Jackson, Putnam, Berkeley, Ohio, Monongalia and Greenbrier counties have told The Charleston Gazette that ES&S machines switched their votes from Democratic to Republican candidates". Ceci pour ceux qui s’étaient plaints. Or, en mai 2008, Gary Lee Greenhalgh a quitté son entreprise, la laissant aux mains… de sa femme. DE façon fort étonnante, Ireland lui avait remis, le jour même de son départ, un prix pour la fourniture de ses machines (déficientes, un vote sur sept n’était pas pris en compte !) en lui tressant une couronne de fleurs assez exceptionnelle  ; selon elle, en effet Greenhalgh est un véritable pionnier des nouvelles technologies : "a pioneer in the use of technology in the election process". Comme pionnier, il se pose là en effet.

En 2000, ces machines avaient pourtant déjà "oublié" 18 000 votes dans le comté de Sarasota, en Floride, ou sévissait alors comme responsable l’ineffable Katherine Harris. La Floride où tout avait commencé en fait. Jeb a servi d’exemple à son frère, et nous verrons demain encore à quel point. En 1985, déjà, Greenhalgh avait eu cette phrase malheureuse à propos de ces propres machines : “The problem with computer-assisted voting systems is that they centralize the opportunity for fraud," Tout le probléme en effet, une leçon retenue visiblement par Connell. En ajoutant même au Times “Mr. Greenhalgh said that while lever-type voting machines could have their counts rigged only machine by machine, counting votes by computer was done at one central site in most counties.” Dès 1980, Greenhalgh s’était bombardé lui-même à la tête d’une organisation appelée "Election Center", une association qui rappelle fort l’IFES : "a nonprofit organization dedicated to promoting, preserving, and improving democracy". En fait, un sous-marin chargé de promouvoir les machines à voter : on le voit, le procédé ne date pas d’hier aux Etats-Unis ! Sous le prétexte d’apporter la démocratie, les américains exportent leur façon de contrôler les votes dans le pays !!! C’est bien pour cela que la disparition de Connell est importante : derrière l’arbre Connell se cache la forêt américaine toute entière et leur insidieuse façon de gouverner. Celle de la manipulation démocratique des votes dans d’autres pays. Les deux "clients" les plus notables étant ces dernières années la Georgie et… le Pakistan, comme le dit si bien notre commentateur préféré ! Même le Washington Post n’a pas été convaincu par les phrases de W.Bush sur le souci démocratique qu’aurait eu Musharraf… avec à l’origine du problème…encore une fois la fameuse "aide américaine" : "Twenty million names have disappeared from the national voters list, whose preparation was financed with U.S. aid." Au Pakistan, les votants disparaissent aussi bien que les mails de Karl Rove, si vous voyez ce que je veux dire… Et des personnes compromises ou compromettantes disparaissent aussi dans des explosions subites.

Non, Connell n’était pas seulement que cette image enjolivée de bon père et de bon époux. C’était aussi l’âme damnée de l’équipe de la Maison Blanche, avec ses manipulations informatiques devenues visiblement redoutables produits d’exportation. Il nous reste qu’une seule chose à voir, le concernant : ce qui le relie directement à la famille Bush. Vous allez voir, c’est tout aussi surprenant que ce que vous venez d’apprendre…

Par morice pour Agoravox, le 2 janvier 2009

Bush met en garde Obama contre le risque d’attentat, l’Iran et la Corée

Histoire qu’on ne l’oublie pas avant l’heure et pour rappeler qu’elle est encore aux commandes, l’équipe Bush envoie cette mise en garde à Obama, à propos de la menace terroriste sur le sol américain, et commente le conflit en cours à Gaza et la crise financière. Voici la dépèche AFP tombée ce lundi 12 janvier dans l’apres-midi.


George W. Bush. January 2009. Source AFP

WASHINGTON (AFP) — La possibilité d’un attentat sur le sol américain est "la plus grave menace" à laquelle Barack Obama sera confronté, a averti lundi le président sortant George W. Bush, qui a également mis en garde son successeur à propos de l’Iran et de la Corée du Nord.

"La plus grave menace à laquelle il sera confronté, ainsi que les autres présidents après lui, est un attentat sur notre sol. J’aimerais pouvoir dire que ce n’est pas le cas, mais il existe toujours un ennemi qui voudrait faire du mal aux Américains. Ce sera une menace majeure", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, très vraisemblablement sa dernière à huit jours de la passation de pouvoirs à Washington.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont frappé les Etats-Unis au cours du premier mandat de George W. Bush.

M. Bush a par ailleurs jugé que l’Iran et la Corée du Nord restaient "dangereux", exprimant sa préoccupation concernant le programme nucléaire de Pyongyang.

"La Corée du Nord est toujours un problème. Le renseignement américain réfléchit pour établir l’ampleur du problème (qu’elle représente). L’une de mes préoccupations est qu’ils pourraient avoir un programme d’uranium hautement enrichi. C’est pourquoi il est important qu’un processus de vérification sérieux sorte des pourparlers à Six", a estimé M. Bush.

Le président sortant a appelé le gouvernement nord-coréen à "honorer ses engagements afin de permettre des mesures de vérification étroites pour s’assurer qu’ils ne mettent pas en place un programme d’enrichissement d’uranium".

"Ils restent dangereux. L’Iran reste dangereux", a-t-il lancé.

A propos de la situation dans la bande de Gaza, George W. Bush a répété qu’il était en faveur d’un "cessez-le-feu durable" mais que la responsabilité en revenait au mouvement islamiste Hamas qui contrôle le territoire palestinien.

"Je suis pour un cessez-le-feu durable et la définition d’un cessez-le feu durable, c’est que le Hamas cesse de tirer des roquettes sur Israël", a déclaré le président. "Je crois que c’est au Hamas de faire ce choix", a-t-il ajouté.

M. Bush a précisé que, selon lui, "la meilleure façon d’obtenir ce cessez-le feu était de travailler avec l’Egypte pour arrêter le trafic d’armes vers Gaza qui permet au Hamas de poursuivre ses tirs de roquettes".

Sur l’économie, M. Bush s’est dit prêt à demander au Congrès de débloquer la seconde moitié du plan de recapitalisation des banques, soit 350 milliards de dollars, si M. Obama le lui demande.

"Je n’ai pas l’intention de faire la demande, à moins qu’il (Barack Obama) me le demande spécifiquement", a-t-il déclaré.

Le TARP, le Troubled Assets Relief Program, ou Plan de sauvetage des actifs à risques, est un plan de 700 milliards de dollars lancé en octobre pour venir en aide au système financier, avec l’espoir de faire à nouveau circuler le crédit pour stimuler l’investissement et la consommation dans une économie frappée de récession. A ce jour, 350 milliards ont déjà été utilisés.

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (4)

À ce jour, nous savons donc à peu près qui était Mike Connell. Résumons-nous ; c’est lui qui, en 2004, avait fait basculer l’élection de W. Bush en réalisant un clone complet du serveur informatique officiel des élections dans l’Etat d’Ohio, serveur sur lequel il avait introduit des données nouvelles trafiquées, dispatchées directement à une seule agence de presse (L’AP), aux télévisions et… au véritable serveur comptabilisant les votes. Ses manipulations l’avaient obligé à interrompre pendant deux heures la transmission des données à partir de minuit, ce que beaucoup de téléspectateurs et d’internautes avaient remarqué ce soir-là. Bref, de sérieuses perturbations. Sans compter les machines Diebold trafiquées et les files d’attente de votants dans les quartiers pro-Kerry ! Plus tard, il avait aussi été celui qui avait éffacé des serveurs de la Maison Blanche – tous hébergés dans son entreprise - les emails compromettants pour au moins quatre individus : W. Bush, Rove, Cheney et Blackwell, l’homme par qui le scandale est arrivé. Bref, un très beau cas d’espèce. Connell résume à lui seul le perpétuel mensonge Bushien.

Mais il nous manque encore quelques éléments, qui nous parviennent progressivement ; certains journalistes américains retrouvant des informations intéressantes que nous allons ajouter dans ce quatrième épisode avant d’aborder le suivant. Et puis, il y aussi ce qu’on peut trouver en cherchant soi-même un peu plus longtemps. Concernant en particulier le côté religieux du personnage, très engagé dans une sorte de croisade traditionaliste, qui explique en partie pourquoi il aurait suivi aussi aveuglément un président qui selon lui "n’aurait pas eu honte de montrer sa foi". Nous verrons que cette foi affichée est, disons, un peu spéciale. En France nous parlerions plutôt de secte orientée vers un mode de profits très particuliers. Mais avant d’aborder cette partie, il nous faut regarder attentivement les circonstances exactes de l’accident. Le film sidérant que je vous ai montré dès le premier épisode nous éclairait déjà sur une chose extrêmement troublante : l’intensité de l’incendie, alors qu’un des pompiers, interviewé dans un journal de l’Ohio affirmera "l’avoir circonscrit en 5 minutes", ce qui n’a visiblement pas été le cas. On voit bien dans la vidéo, une tentative d’extinction timide à la lance à eau, mais on laisse ensuite l’appareil brûler sans intervention particulière, faute de mousse carbonique semble-t-il. Accessoirement, ne cherchez pas le compte-rendu de l’accident dans la presse : c’est le même dans tous les journaux. L’Associated Press a encore frappé, et les journalistes se sont empressés de recopier le communiqué… officiel. Chez Associated Press règne en maître Burl Osborne, l’ancien et très conservateur dirigeant du (très) réactionnaire "The Dallas Morning News". Le second de L’AP, Kathleen Carroll, est une ancienne rédactrice du même journal. Qui a évidemment appelé ouvertement dans ses colonnes à voter… Bush, en 2004. Remarquez, au Texas, elle passe pour une vraie fedayine...

Revenons donc si vous le voulez-bien sur le crash. Au vu des images montrées et des commentaires journalistiques, on détermine clairement le point de chute de l’appareil. Ce n’est pas loin de l’aéroport d’Akron-Canton, dans une zone résidentielle peu dense, sur Charolais Street (à deux pas de Midway Street !), au numéro 2017, sur le côté droit de la deuxième maison de la rue, quand on vient de Greentown, petite bourgade d’à peine plus de 3000 habitants créée en 1816. L’avion venait donc de l’ouest… or sa trajectoire initiale, au départ de la Banlieue de Washington vers l’aéroport d’Akron-Canton, où Connell à l’habitude d’atterrir piste 23, orientée NNE- SSW, est totalement inverse ! Connell a donc rebroussé chemin au dernier moment, a fait carrément demi-tour très rapidement, seulement 4 minutes avant l’impact … Sans en avertir la tour de contrôle d’Akron, lui, réputé pour son respect sans faille des procédures de vol !

Ce soir-là, il fait certes froid (le lendemain le sol est gelé), mais le temps est clair, quelques brumes sans plus sur Akron. L’avion s’écrase à 4,8 km seulement de l’aéroport. À quelques minutes près, c’était bon pour lui. L’avion devait faire 283 miles (455 km) de trajet en ligne droite pour arriver à Akron. Ce type d’appareil peut emporter 102 gallons, soit 386 litres d’essence, et consommait tranquillement ses 20 gallons/heure (75 litres/h, à 3,90 dollars le gallon). Il pouvait donc voler 5 heures d’affilée maximum. Avec un plein, Connell faisait donc un aller-retour. Le tout est de savoir où il le faisait ce plein : à sa base privée de départ de College Park ou sur l’aérodrome civil d’Akron ? Si c’était à College Park, comme on peut plutôt le penser, car c’est là sa base d’attache, l’avion a encore plus de 175 litres à bord à son arrivée à Akron ! L’engin croisant à environ 170 nœuds à plein régime (un peu plus de 300 km/h), le vol moyen de Connell durait en effet en moyenne dans les 2 heures : "the plane was coming from College Park, Md., departing at 3:31 p.m. and scheduled to arrive at Akron-Canton at 5:43 p.m." A partir de 17H43 il commence à descendre … à 17H39 il est à 6100 pieds, à 17H47 il amorce sa descente, et il n’est plus qu’à 3300 pieds et 4 minutes plus tard … toujours à 3300 pieds (1000 mètres encore), indique le suivi GPS. Et après, plus rien. L’avion aurait chuté brutalement de 1000 m ? En panne sèche complète ? Or au sol, on retrouve son hélice Hartzell pliée avec les pales recourbées : jusqu’à l’impact le moteur a donc tourné (les riverains on entendu le bruit de moteur hoquetant : "neighbors told The Canton Repository that they heard what sounded like an engine sputtering before the crash and that the noise sounded like it was coming from a plane."). L’hélice n’était pas "en drapeau". Ce n’est donc pas une panne d’essence totale… comme l’avaient tout de suite affirmé les autorités. Le givre disent-elles aussitôt : or ce soir là, aucun autre avion arrivé à Akron et ayant volé à 6000 pieds n’en présente et aucun bulletin météo n’en avertit les aviateurs locaux. Une panne sévère touchant le moteur… très certainement… pourquoi pas…

Le plan de vol de Connell, retrouvé par suivi GPS de Live Flight Tracker, est limpide  : l’aviateur expérimenté à subi plus de turbulences au décollage qu’à l’arrivée où  sa descente fut sans encombre, il était bien dans l’axe et n’aurait plus eu à faire qu’un dernier "arrondi" à gauche en final, pour se poser. Il a volé en ligne droite, à 170 nœuds de moyenne et à 6 000 pieds, grâce à son option S-TEC installée sur son modèle, et qui permet un auto-pilote que Connell savait donc bien manipuler. En vieil habitué du trajet, Connell le branche après une cinquantaine de km de Washington non sans s’être fait plaisir au préalable, (c’est très net dans le suivi Live Flight Tracker), et il le débranche juste avant d’amorcer sa descente. La veille, le 18, il avait fait le vol dans l’autre sens beaucoup plus rapidement : 1 h 14 seulement. Le vent était très certainement dans le bon sens. Connell, au retour est en final déjà (il descend doucement vers Akron) et, soudain en difficultés, décide de filer vers… sa ville de Hartville, ou plus exactement ses alentours, sachant qu’à proximité de Greentown, des lotissements épars et récents laissent assez de place pour atterrir sur l’herbe. En rebroussant donc carrément chemin par rapport à sa destination initiale, qui se trouve dans la direction opposée. Un présentateur télé (voir la photo fournie) montrera en effet que derrière la maison heurtée par l’aile gauche de l’engin, il y a largement de quoi se "vautrer" comme on dit en jargon des pilotes (même sur un sol gelé le lendemain). Hartville, où réside Connell, est à peine à 5 km, il est évident que Cornell connaît l’endroit : pour se rendre en voiture de Hartville à l’aéroport d’Akron, il y passe régulièrement (et par Greentown également). Connell a donc eu un problème sérieux sur son Piper PA-32R-301T de 1997… un engin très bien entretenu par lui-même, mais n’en a pas averti la tour de contrôle, qui n’a reçu aucun message de détresse. Et c’est bien cela qui intrigue… au point que dans le communiqué officiel, on insiste qu’il a dû en envoyer un, c’est sûr… l’homme a eu un réflexe de pilote, en cherchant à se poser ailleurs que sur des maisons, mais n’a pas dit un seul mot au micro.

Il a donc pourtant eu le temps de virer vers le Nord-Est et de chercher à atterrir dans un pré ou dans un champ… sauf qu’au passage de la maison de Charolais Street, l’avion s’est transformé en boule de feu avant d’atteindre le sol. La preuve ? La façade de la maison heurtée. Une maison qui possède devant chez elle un poteau, pour y mettre un traditionnel drapeau lors des fêtes nationales… poteau que le Piper a bien entendu arraché au passage. Sur l’aile droite de la maison, sur le garage, l’angle supérieur est calciné, preuve que l’incendie de l’appareil s’était déjà déclaré avant l’impact. Sur la vidéo montrant l’incendie, celui-ci est certes violent, mais ne se répand pas ailleurs. "Nearby resident Taylor Fano heard the crash and said, "It blew up and shook the ground a little bit. I was standing in the kitchen and I looked out the window and all I saw was fire," rapporte l’Akron Beacon Journal."

L’impact a été trés violent, à voir le déchiqueté des tôles du Piper. Un déchiqueté tel, que l’on songe plutôt à une explosion interne. Une seule photo, parue le lendemain, montrera l’aile quasi-intacte, déjà sous bâche. Elle est moins répandue que les autres car elle a été faite par un particulier. Pourquoi donc bâcher ces débris le lendemain ? Non pas parce que l’on craint la neige : mais parce que l’aile gauche montrée s’est posée à plusieurs dizaines de mètres de l’impact ! Or c’est celle-ci qui aurait dû toucher en premier la maison. Son extrémité et pourtant intacte. Or l’aile aussi est un réservoir ! "The standard fuel capacity of the Saratoga II HP is 107 gallons, of which 102 gallons are usable. The inboard tank is attached to the wing structure with screws and nut plates and can be removed for service or inspection. The outboard tank consist of a bladder fuel cell that is interconnected with the inboard tank. A flush fuel cap is located in the outboard tank only" nous dit la notice d’utilisation du Piper. Or Connell avait l’habitude de bien gérer ses trois réservoirs souples, en switchant de l’un à l’autre : "the fuel selector control has three positions, one position corresponding to each wing tank plus an OFF position". Comment sait-on qu’elle n’est pas posée près de l’appareil cette aile ? C’est simple : derrière elle, l’arrondi de bitume appartient à une maison située au sud de celle touchée. Entre les deux, il y a 75 mètres d’écart ! La thèse de l’explosion du corps central de l’avion, et donc de son réservoir d’essence principal, se tient. L’avion est reporté comme s’étant crashé à Uniontown. Uniontown est à égale distance du crash et de Harville, où habitait Connell. Par quel réflexe a-t-il cherché à repartir chez lui ?

Tout le fuselage de l’avion a disparu, sauf la queue qui est intacte et permet, dans les premières vidéos, de nommer l’appareil via son numéro demeuré bien visible. En revanche, aucune trace du bloc moteur Lycoming (un bout de vidéo semble le montrer dans la boue marron du jardin, mais je n’en suis pas sûr). C’est en fait la façade du fameux garage, ainsi que celle de la maison, au rez-de-chaussée comme à l’étage, qui montre une chose sur laquelle peu de caméras se sont apesanties : les murs sont bizarrement criblés d’impact de petits morceaux brûlants qui ont laissé leurs traces brunâtres autour. Une explosion violente s’est bien produite, et les traces sur la façade avant de la maison montrent que cette explosion n’était pas localisée seulement au sol : l’appareil s’est crashé à l’emplacement de l’agrès en bois pour enfants, situé à l’arrière du garage (voir la vue 3D donnée de la maison décrite dans la première page de notre enquête). L’explosion est donc apparue juste avant le crash, sinon la façade n’aurait subi aucun dégât (ou bien les trous seraient de biais !). Ce n’est donc pas qu’une simple panne de carburant, ni un incendie de kérosène après le crash. Dans un autre accident du même modèle, survenu au décollage à DeKalb County en Atlanta le 23 septembre dernier, un avion du même modèle avait lui-aussi brûlé : mais il ne présentait pas du tout le même aspect final, même une fois les débris épars ramassés ! À la limite, celui de Connell présente moins de traces de brûlures sur les parties tôlées… et davantage de traces d’explosion interne. À voir les flammes vives sur la vidéo, on s’attend à ne rien retrouver. Or seul le cockpit a brûlé : les ailes et la queue sont quasi-intactes. Le corps calciné de Connell étant, lui, "méconnaissable" selon la police. Au final, on a surtout l’impression d’un très violent incendie circonscrit au seul cockpit.

Selon un bloggeur plutôt malin, beaucoup de choses ne collent pas : la première version officielle de l’accident est celle de la panne d’essence. Or là, visiblement, de l’essence il y en avait à bord ! "Recall that the feds tried to claim he ran out of gas—until video showed up with a fireball obviously fueled by gas. If he were low on gas, he might have tried a landing at the wrong time, but if he had plenty in the tank, he would have kept circling, waiting for the clouds to break. If the weather was getting worse, was there some other airport he could have reached in his plane with his gas supply where the weather was better ? That would be the usual thing to do". L’homme se demande aussi pourquoi le premier communiqué parlait d’un avion venu de Pennsylvanie : là d’accord, il aurait été effectivement à vide d’essence ! "Says he flew from College Park Airport in Maryland—why is the press being told Pennsylvania ? A journey of 2 hours. Here it says the plane can carry four people 2 1/2 to 3 1/2 hours. Oops ! Looks like the first lie was not a very good one. That is why they decided to change it to the weather."

Ceci pour le point fatal d’arrivée. Pour le point de départ, ce n’est guère mieux, bien au contraire, comme vous allez voir. Le charmant petit aéroport de College Park où résidait l’avion de Connell est très particulier : seule une petite cinquantaine de professionnels et d’amateurs l’utilisent régulièrement ! Et ce n’est pas pour une question de prix  ! Car tenez vous bien : la raison est que l’aérodrome, situé "trop près" de la capitale selon les autorités fédérales, a failli être fermé depuis les attentats du 11 Septembre, la Maison Blanche craignant des terroristes en (petit) avion au départ des aéroports privés limitrophes de la capitale ! Résultat, l’aéroport historique qu’utilisait Connell, qui possède un joli petit musée avec de fort belles pièces à l’extérieur (dont un Messerchmitt 109, un Corsair, un Mustang, un Kittyhawk et un P-47 Thunderbolt), a donc failli fermer et ne doit sa survie qu’à un règlement drastique et à des contraintes de sécurité draconiennes, allant jusqu’à l’usage de détecteurs fonctionnant à la reconnaissance d’empreintes !

Le directeur du site, Lee Schiek, interrogé par la chaîne de télévision AeroNews il y a quelques mois, expliquait tout cela en se plaignant, devant les caméras, de la baisse obligatoire de fréquentation de son aéroport, du coût des investissements de contrôle… et des visites trop fréquentes à son goût des inspecteurs… du FBI ! Non, vous ne rêvez pas et moi non plus : les seuls habilités à venir fouiller ce qu’ils voulaient à cet endroit sont bien les gens du FBI ! Mulder et Scully, à côté, peuvent aller se rhabiller ! L’endroit d’où est parti l’avion crashé était l’un des fiefs préférés du FBI ! On croît rêver ! Remarquez, dans cette frénésie paranoïaque, il y a au moins un élément amusant : on a photographié récemment un daim perdu au milieu des pistes de College Park : en voilà un qui savait comment passer outre les barrières… Pour enfoncer le clou, le jour du reportage télé, on voit la police locale ressortir de l’allée principale de l’aérodrome, décidément très surveillé ! À l’autre bout, l’aéroport d’Akron-Canton passe pour une … passoire plutôt festive, il est vrai. Plutôt cool, l’aéroport ! Là bas, pas de reconnaissance d’empreintes, mais une sécurité disons allégée ! Ne vous méprenez pas : si l’on a piégé l’avion de Connell, le meilleur moyen de le faire c’était dans l’autre aéroport… Facile à faire par des personnes habilitées à inspecter n’importe quel appareil à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il sufit d’avoir le bon badge.

Alors, accident ou attentat ? L’avion lui-même est-il fiable ? Au vu du nombre de ventes et d’accidents, sans nul doute. Il y a bien eu des crashs avec ce modèle mais ce n’est pas une série maudite pour autant. Des crashs ont eu lieu, même en Europe, comme en Suisse, en 2004, mais l’appareil, une amélioration progressive d’un excellent modèle, n’a jamais été vraiment mis en cause. L’avion demeure le plus recherché dans la gamme des plus de 6 sièges (il en a 7 désormais), occupée par des bimoteurs ou des turbopropulsés, et conserve toutes les faveurs du public depuis des années. Une australienne, Gaby Kennard a bien,en 1989, fait un tour du monde avec cet appareil (en 99 jours !) ! Le seul hic, c’est un autre accident célèbre. Car c’est surtout à bord du même modèle (ou presque) numéroté N9253N, dans lequel a disparu le 19 juillet 1999 … "John John" Kennedy, âgé alors de 38 ans, sa femme Caroline Bessette et sa belle-sœur Lauren Bessette ! À 17 miles de l’île de Martha’s Vineyard, son appareil a soudain disparu des radars alors qu’il était en train de descendre normalement pour atterrir (lui aussi ?). Le dernier écho le situe encore à 1 300 pieds d’altitude (400 mètres), et après, plus rien. Plus tard, on remarquera une chute quasi-verticale de l’avion en relevant les débris au fond de l’eau : "examination of the GPS unit revealed that it was crushed vertically". Kennedy n’était pas certifié aux instruments, et naviguait uniquement à vue, or la nuit était déjà tombée, l’heure du crash se situant à 21H41. Le rapport entier, qui conclut à une désorientation spatiale, est visible ici. Mais il n’est guère convaincant malgré ses nombreux détails très précis. Kennedy junior venait juste d’avoir sa certification de vol et a peut-être été un peu trop présomptueux sur ses capacités à voler de nuit. Cependant, peu de choses expliquent cette chute quasi-verticale au moment d’une approche de terrain ! Selon Robert Pearce, un pilote chevronné, ancien de l’Army et instructeur de vol, nommé "Chief Investigator" de l’enquête, jusqu’à trente secondes avant le crash tout est normal encore à bord : "in the last radar tracking, just 29 seconds later, the plane was down to 1,800 feet and “there was no further recorded radar.”"The descent was “within the airplane’s capabilities,” en ajoutant que les conversations avec la tour de contrôle étaient sans stress apparent (“that would indicate any kind of distress"). Le mystère là aussi reste entier ! À noter que dans quatre compte-rendus de presse, on cite aussi pour Connell la thèse de la "désorientation spatiale". Etrange similitude.

On a donc pour Connell un appareil qui a connu des ennuis de moteur, clairement entendus par des riverains, qui a tenté un atterrissage d’urgence et s’est pris un malencontreux poteau en essayant de le faire en plein milieu de résidences de banlieue. Pas de quoi crier au complot me direz-vous. ! Non, mais il va falloir quand même expliquer pourquoi dans les semaines qui précédaient Connell avait refusé de prendre l’avion pour se rendre à Washington (et d’en revenir), par peur d’un sabotage, et pourquoi aussi la maison inoccupée qu’il a heurtée se retrouve avec une façade criblée de shrapnels. Et pourquoi aussi ce pilote chevronné et très prudent n’a jamais averti la tour de contrôle d’Akron qu’il se détournait pour tenter un atterrissage d’urgence. Il y a quatre longues minutes entre le moment où il vire et le moment où il s’écrase. Qu’est-ce-qui l’empêche donc de signaler ces problèmes ? Un feu déclenché à bord ? Un moteur saboté ? Une radio mise hors-service ? Une explosion déclenchée juste avant l’impact ? Connell serait déjà mort à bord avant l’impact ?

Et chaque jour qui passe amène son lot de découvertes : depuis le début de la rédaction de cet article, le communiqué officiel annonçant le crash a apporté une étonnante précision : "le pilote portait un costume", nous dit aujourd’ hui la police, (or justement, Connell arborait rarement un blouson) et "on a retrouvé intact son attaché-case contenant des effets personnels et les restes de son déjeuner du matin" ! Que vient faire cette précision d’une importance "capitale", donnée par le responsable de l’enquête locale ? On n’en sait rien. Un bloggueur facétieux nous fait remarquer que ça ressemble fort à la découverte du passeport de Mohammed Atta, qui semblait en effet aussi ignifugé que la mallette de notre malheureux pilote, mais bon. Car, de Connell, dans un premier communiqué, il ne restait rien ; son corps ayant été complètement carbonisé et deux jours après, on s’aperçoit qu’un corps dans cet état portait donc un costume demeuré visible. À voir les flammes le soir du crash, je me permets d’en douter, l’homme n’ayant pas été éjecté. En tout cas, P.S. Murphy, le coroner (hilare), récemment élu (un républicain !) va donc pouvoir l’autopsier, mais pas dans sa nouvelle morgue, pas encore achevée, et nous dire si Connell était mort avant l’impact ou pas (on peut rêver…). L’homme qui bidouillait manuellement l’archivage de mails en se faisant passer pour un génie de l’informatique (ses serveurs tournaient tous encore sous Windows 2000) n’aura même pas droit à une morgue 2.0 alpha release. Un comble.

Comme vous le voyez, tenter de trouver la solution au crash n’est pas chose aisée. En tout cas, l’hypothèse du simple accident est difficile à gober. L’homme qui avait fondé une société ayant comme premier logo un Caméléon (Newmedia), et qui s’était un jour choisi comme slogan "because it’s a law of jungle. If you’re not growing you’re dying" ne savait pas qu’on ne lui laisserait pas s’élever davantage au sein du parti républicain où il avait laissé entendre quelques ambitions… Sur le site de son entreprise, on continue à montrer en exemple ses interventions télévisées maladroites sur Fox News uniquement (ne rêvons pas !). Je vous recommande le visionnage de son intervention du 22 janvier 2007 dans lequel il affirmait sans rire que le Net aurait son mot à dire dans l’élection présidentielle de 2008 :  "three 2008 Presidential candidacies have been announced online. Mike Connell says that in addition to being more controllable and interactive than traditional television, the Internet is the most cost-effective way to reach the masses". L’internet plus "contrôlable" que la télévision, et moins onéreux, prophétisait notre homme…lui qui avait si bien contrôlé "manuellement" l’élection en Ohio ! Ou une autre encore sur son concept fumeux de "microtargeting" par envoi de messages électoraux sur les PDA ou les portables… ou son autopromotion éhontée de la campagne de Dick DeVos (c’est lui qui avait fait le site du fils de milliardaire !)… le 13 octobre 2006.

Dans le prochain épisode, je vous propose de découvrir un autre pan de la vie de Connell. Elle vaut le détour également, et explique pas mal de choses sur celui qui a fait d’un large perdant, un président élu de justesse. Nous y reparlerons de DeVos, d’ailleurs. L’homme qui a le plus dépensé (41 millions de dollars !) pour rater son élection de gouverneur en 2006. Parfois, il est vrai, notre grand gourou de l’informatique ressemblait fort à un Pied Nickelé.

Par morice pour Agoravox, le 2 janvier 2009