Oussama ben Elvis

Toutes les preuves suggèrent qu’Elvis Presley est aujourd’hui plus vivant qu’Oussama Ben Laden. Mais allez raconter cela à la CIA et à tous les autres qui se fourvoient dans la guerre contre le terrorisme.

Sept ans après la dernière apparition avérée d’Oussama Ben Laden vivant, il y a plus de preuves qu’Elvis [Presley] est toujours parmi nous. Par conséquent, on peut se demander si le paradigme Oussama Ben Laden, deus ex machina du terrorisme, et al-Qaïda, prototype du terrorisme, ne sont pas les produits de notre imagination exacerbée, et si l’investissement dans ce paradigme n’a pas empêché les organismes de la sécurité nationale de réfléchir sérieusement aux causes de nos problèmes. Alors, portons un nouveau regard sur les fondamentaux.

Mort ou Vif ?

Les preuves, négatives par elles-mêmes, portent à conclure qu’Oussama est mort depuis longtemps. Depuis octobre 2001, lorsque Tayseer Alouni de la chaîne Al-Jazeera l’a interviewé, aucune personnalité crédible n’a affirmé l’avoir rencontré – pas même après de multiples périples, guidés par des intermédiaires. Les enregistrements audio et vidéo, soi-disant d’Oussama, n’ont jamais convaincu les observateurs impartiaux. Le type ne ressemble pas à Oussama. Des vidéos le montrent avec un nez aquilin sémite, tandis que d’autres le montrent avec un nez plus court et plus large. À côté de cela, les différences de coloration et le style de barbe sont une moindre affaire. 

Les enregistrements audio d’Oussama ne semblent pas non plus provenir d’Oussama. En 2007, l’Institut Suisse d’Intelligence Artificielle, Dalle Molle, qui pratique la reconnaissance vocale pour la sécurité bancaire, a comparé les voix de 15 enregistrements incontestables d’Oussama avec 15 autres voix postérieurement attribuées à Oussama, auxquelles ont été ajoutées 2 autres voix appartenant à des orateurs arabes natifs qui s’étaient entraînés à l’imiter et lisaient ses textes. Tous les enregistrements supposés d’Oussama (outre un cas ambigu) différaient clairement les uns des autres, tout comme des enregistrements authentiques. Par contraste, la CIA trouvait tous les enregistrements authentiques. Il est difficile de concevoir quelle méthodologie a pu soutenir cette conclusion.

De même en 2007, le professeur Bruce Lawrence qui dirigeait le programme d’étude religieuse à Duke University a affirmé dans un livre sur les messages d’Oussama que leur ton de plus en plus laïc était incompatible avec le wahhabisme d’Oussama. Lawrence a aussi noté que dans une vidéo de décembre 2001 (que beaucoup tiennent pour preuve de sa responsabilité dans le 11-Septembre) le personnage d’Oussama porte des bagues en or – attitude décidément non-wahhabite. Il y écrit aussi avec la mauvaise main. Lawrence en conclut que les messages sont des faux, et même grossiers. La CIA les a tous jugé bons.

Surtout, alors que ceux qui personnifient Elvis imitent au moins son style, " You ain’t nutin’ but a hound dawg " (Tu n’est qu’un chien de chasse), le vocable des cassettes d’Oussama diffère substantiellement de ce que le vrai Oussama avait l’habitude de dire, et surtout sur les sujets les plus importants. Le 16 septembre 2001, sur Al Jazeera, Oussama a dit du 11-Septembre : "Je précise que je n’ai pas accompli cet acte qui semble avoir été effectué par des individus ayant leur propre motivation." De nouveau en octobre, dans une interview avec Tayseer Alouni, il a limité sa connexion au 11-Septembre à l’idéologie: «S’ils veulent dire, ou si vous voulez dire, que ce lien est le résultat de notre propre incitation, alors c’est vrai. Nous avons incité… " Mais dans ce qu’on appelle « la confession vidéo" que la CIA a trouvée en décembre, le personnage d’Oussama agit comme le chef du complot. Le fait que la vidéo ait été réalisée sans véritable motif propre, sinon peut-être pour être découverte par les Américains, aurait dû soulever la suspicion. Sa substance, la célébration de l’affirmation de la responsabilité dans le 11-Septembre qu’Oussama avait dénigrée, aurait dû également peser contre l’authenticité de cette vidéo. Pourquoi aurait-il attendu, pour s’accuser lui-même, que les forces américaines et alliées aient sécurisé l’Afghanistan? Mais la CIA a agi comme si elle avait pris Oussama la main dans le sac.

La CIA aurait également dû prendre au sérieux les rumeurs de la mort d’Oussama. Le 26 décembre 2001, Fox News a interrogé une source  talibane qui a déclaré avoir assisté aux funérailles d’Oussama avec 30 autres collaborateurs. La cause de la mort, a-t-il dit, était une  infection pulmonaire. Le New York Times du 11 juillet 2002 a rapporté que selon un consensus largement répandu au Pakistan, Oussama aurait succombé l’année précédente à une néphrite (maladie du rein) de longue durée. Ensuite, Benazir Bhutto – plus que tout autre connectée aux  sources d’information venant de la frontière afghano-pakistanaise – a mentionné avec désinvolture, dans une interview à la BBC, qu’Oussama avait été assassiné par ses associés. Le meurtre est aussi probable que la mort naturelle. L’adjoint d’Oussama, Ayman al-Zawahiri, est lui-même connu pour avoir tué son propre prédécesseur, Abdullah Azzam, le premier mentor d’Oussama. En outre, et parce que la capture d’Oussama par les Américains aurait mis en danger tous ceux qui lui avaient été associés ainsi que tous les services de renseignement ayant travaillé avec lui, tous avaient un intérêt à sa mort.

Oussama nouveau, Oussama Réel

Nous ne savons pas ce qui est arrivé à Oussama. Mais quel que soit ce qui s’est passé, le gars authentique, celui qui paraissait et qui parlait comme un enfant saoudien gâté transformé en idéologue, n’est plus. Celui qui apparaît maintenant dans les enregistrements est différent : il est devenu le maître du monde de la terreur, doté d’inexplicables influences. En bref, les enregistrements d’Oussama réalisés après novembre 2001 lui font prétendre à beaucoup plus de puissance qu’il n’en a jamais revendiquée et encore moins exercée.

Le véritable Oussama ben Laden, comme le vrai réseau Al-Qaïda qu’il a présidé, n’a jamais été aussi important que les rapports des services secrets arabes (Arabie saoudite en particulier) ont pu conduire la CIA à le penser. Le rôle (tardif) d’Oussama fut d’apporter un peu d’argent à la résistance anti-soviétique en Afghanistan. Les combattants arabes en général et particulièrement ceux amenés par Oussama, combattaient peu et mal. En temps de guerre, un afghan vaut de nombreux Arabes. En 1990, Oussama a affirmé au régent saoudien Abdullah que ses moudjahidines pourraient arrêter l’invasion du royaume par Saddam [Hussein]. Quand Abdullah l’a écarté en faveur d’une armée d’un demi-million de soldats US, Oussama s’est transformé en dissident et a dû se réfugier au Soudan, où il est resté jusqu’en 1996, fomentant des complots anti-saoudiens stériles, jusqu’à être obligé de se déplacer avec sa triste bande jusqu’en Afghanistan.

Il y a une bonne raison pour que ni Oussama ni Al-Qaïda n’apparaissent sur les écrans des renseignements US avant 1998. Ils n’avaient rien fait de remarquable. Après les attentats à la bombe de 1998 contre les ambassades américaines en Afrique, et surtout après que le directeur de la CIA George Tenet eut imputé la responsabilité du 11-Septembre à Oussama par le célèbre "jeu, set et match", la CIA l’a décrit comme le moteur du terrorisme. Elle a refusé d’envisager la possibilité que les associés d’Oussama pourraient avoir eu recours à lui et à son organisation comme à un pavillon de complaisance. Quand les forces américaines pénétrèrent en Afghanistan en 2001, la CIA informa Time et Newsweek qu’elle s’attendait à y trouver le quartier général "high-tech" à partir duquel Oussama contrôlait ses activités terroristes dans 50 pays. Il n’existait pas. En novembre 2008, sans base factuelle et contrairement à la raison, la CIA a continué à le décrire, lui et son organisation, comme «le plus évident et le plus réel danger pour les États-Unis." La CIA n’a pas essayé d’expliquer comment cela pouvait être possible, elle a dit qu’Oussama s’était "largement isolé du fonctionnement quotidien de l’organisation qu’il dirige personnellement." Quelle organisation?

L’Axiome et sa négation

Pourquoi une telle focalisation sur une organisation qui n’a jamais été importante, dont la plupart des associés connus ont été depuis longtemps tués ou capturés, et dont la CIA n’essaye même pas de faire la liste des actifs? L’explication officielle de la CIA, qu’Al-Qaïda a produit des "métastases" par la diffusion de son expertise, est une métaphore vide de sens. Mais, conformément à celle-ci, le gouvernement américain a accepté l’auto-désignation d’"Al-Qaïda" par les personnes qui luttent pour les intérêts sunnites et baasiste en Irak, et a épinglé le label à titre gratuit sur divers hauts profils terroristes tout en reconnaissant que leurs liens avec Oussama & Co étaient tout au plus affectifs. Mais pourquoi une telle gymnastique face à l’incontestable manque de consistance d’Oussama? Parce qu’en se concentrant sur Al-Qaïda et Oussama, on confirme un axiome de la CIA datant de la guerre froide, un axiome validé pendant les années Reagan et qui porte la politique américaine depuis 1993, à savoir : le terrorisme est l’oeuvre de «voyous isolés et de groupes" qui fonctionnent en dépit de toute autorité étatique. Selon cet axiome, des gens comme Oussama forment des cercles autour des services de renseignement des États arabes, tout comme pendant la guerre froide, des terroristes venus d’Europe de l’Est pour poser des bombes en Allemagne et en Italie, et pour tirer sur le pape Jean-Paul II, agissaient soi-disant en dépit des renseignements bulgares, en dépit de la STASI d’Allemagne de l’Est, et en dépit du KGB. Cet axiome est cher à beaucoup au sein du gouvernement des États-Unis, car il conduit logiquement à travailler avec les pays d’où viennent les terroristes plutôt qu’à les traiter comme des ennemis.

Et si le terrorisme était (comme l’a dit Thomas Friedman) « ce que  les États laissent se produire ou aident à se produire » ? Et si, dans le monde réel, les services de renseignement infiltrés (les professionnels) utilisaient les terroristes amateurs plutôt que l’inverse ? Que peut-on conclure logiquement du fait que les groupes terroristes qui font parler d’eux sur la planète Terre, comme le Hamas, le Hezbollah, l’OLP ou les FARC de Colombie, sont des extensions de, respectivement, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Égypte, et le Venezuela? C’est la négation de l’axiome favori de l’administration américaine. Cela signifie que lorsque George W. Bush ou Barack Obama parlent de l’Amérique comme étant "en guerre" contre "l’extrémisme" ou les "extrémistes", ils sont stupides ou bien agissent stupidement en évitant d’envisager le fait dérangeant que de nombreux gouvernements font la guerre indirectement.

Bref, l’insistance sur la supposée maîtrise d’Oussama sur Al-Qaïda, et l’assimilation d’Al-Qaïda au terrorisme, sont la politique officielle des États-Unis parce qu’elle évite les questions sur le rôle des États, et il est possible de traiter de bellicistes tous ceux qui posent de telles questions. La non-pertinence de facto d’Oussama après sept ans a toutefois nui à la légitimité intellectuelle de cette politique. Combien de temps encore des présidents ou des directeurs de la CIA pourront-ils agiter les spectres d’Oussama et d’Al-Qaïda avant que les populations n’en rient ?

Un château de carte intellectuel.

Remettre en cause la pertinence d’Oussama dans l’origine du terrorisme actuel conduit naturellement à se demander s’il l’a jamais été, et qui pourrait l’être plus que lui. Ce qui revient rapidement à constater combien sont fragiles les fondations sur lesquelles reposent les axiomes du gouvernement américain au sujet de la «guerre contre le terrorisme". Imaginez : nous savons que Khalid Sheikh Mohammed (KSM) a planifié et exécuté le 11-Septembre. Mais il n’existe aucun fait indépendant en faveur de cette affirmation que KSM a agi sous la direction d’Oussama et sous sa supervision. Au contraire, nous savons avec certitude que l’expertise pour le 11-Septembre  et son financement provenaient du propre groupe de KSM (le gouvernement américain a accepté, mais à ma connaissance pas vérifié, que le cœur du groupe est de la famille biologique des Baloutches). Ce groupe a mené les  attentats à la bombe de 1998 contre les ambassades américaines en Afrique et tout autre acte pour lequel Al-Qaïda s’est fait connaître. Le groupe de KSM comprenait les auteurs de l’attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993, dont Abdul Rahman Yasin, qui venait d’Iraq et y est retourné et y a disparu, ainsi que Ramzi Youssef, le cerveau de cet attentat, qui est venu aux États-Unis depuis l’Irak avec un passeport irakien et qui était surnommé par ses collègues à New-York "Rashid l’irakien." Ce groupe avait planifié l’explosion d’avions de ligne US au-dessus du Pacifique en 1995. Les principaux membres ne sont pas arabes. Ils n’ont pas de lien avec la religion (et celui qu’ils affichent désormais n’est pas convaincant). Ils ne sont pas des créatures d’Oussama. Ce n’est qu’en 1996 que ce groupe a rejoint le groupe d’Oussama, qui ne comptait pas, et lui a donné de l’importance.

Dans la vie comme en mathématiques, dans une équation vous devez juger de la fonction d’une variable en la factorisant et en regardant si l’équation fonctionne toujours. Factorisons Oussama : le constat est que le 11-Septembre arrive encore. Factorisons aussi Al-Qaïda : peut-être que le 11-Septembre arrive encore. Les autres attentats à la bombe se passent assurément sans lui. Mais si on factorise le groupe KSM : il n’y a plus de 11-Septembre, et Al-Qaïda n’est plus le groupe mondialement réputé qu’il est devenu.

Qui, précisément, sont KSM et ses neveux réputés ? C’est une question intéressante dont on ne connaît pas la réponse, et l’on n’est pas près de la découvrir. Ramzi Youssef a été condamné à la prison à vie pour l’attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993 après un procès qui s’est focalisé sur sa culpabilité et qui a fait abstraction de ses associations. Si nos tribunaux militaires adhèrent au "plaider-coupable" de KSM, on échappera à tout procès. Dans l’autre cas, le type de procès qui aura lieu devant le tribunal aura pour particularité de prouver sa culpabilité plutôt que de tenter de faire toute la vérité. Cela n’intègrera pas des contre-interrogatoires de témoins, la mise au jour de preuves et d’éléments de preuve, et l’exploration d’autres explications des événements. Normalement, les véritables procès instruisent tous les aspects des dossiers. Avons-nous besoin de ce genre de choses, étant donné que KSM a avoué ? Oui. Ne faisons pas la confusion entre les aveux et la vérité, notamment les aveux dans lesquels les prisonniers confirment les préjugés de nos agences.

L’excuse pour limiter le contrôle public des preuves procède de la prétendue nécessité de protéger les sources de renseignement. Mais d’après mon expérience, et celle d’autres personnes qui ont eu la charge de sonder cette assertion, c’est que, presque toujours, elle  masque l’incompétence de nos agences de renseignement et des intérêts bureaucratiques. Quoi qu’il en soit, l’intérêt du public dans la compréhension de ce qui est advenu devrait l’emporter sur tous les autres.

Comprendre le passé, prévoir l’avenir

Se focaliser sur Oussama ben Elvis est dangereux pour la sécurité de l’Amérique précisément parce qu’il continue de substituer dans notre subconscient collectif le mythe doux du terrorisme comme l’œuvre de voyous romantiques, à la dure réalité selon laquelle cela peut se produire uniquement parce que certains États veulent que cela se produise ou  le laissent se produire. KSM et compagnie peuvent ne pas avoir commencé leur carrière comme des agents de renseignement irakiens, ou ils ont pu quitter les Irakiens et travailler pour d’autres, ou peut-être ont-ils travaillé pour eux-mêmes. Mais ils sont sûrement un organisme à part entière. Comme tels, ils correspondent beaucoup mieux à la description qu’a faite Oussama des responsables du 11-Septembre : "des individus ayant leur propre motivation" qu’ils ne correspondent à celle de la CIA : des "instruments d’Oussama".

Plus important encore, se concentrer sur Al-Qaïda et Oussama déforme notre compréhension de ce qui se passe en Afghanistan. Ces derniers jours, les forces talibanes sur le terrain semblent les mieux payées et les mieux armées de toutes les forces de la région, à l’exception des forces américaines. Est-ce qu’on peut sérieusement suggérer qu’Oussama ou al-Zawahiri apportent l’équipement, l’argent, ou la motivation ? De telles sommes d’argent ne peuvent venir que de pays super-riches, d’Arabie saoudite ou du Golfe. Le matériel ne peut venir que par l’entremise de courtiers qui travaillent aux services d’ États, et il ne peut atteindre les zones de combat du Pakistan qu’avec l’aval des autorités pakistanaises. En outre, la motivation pour des combats à grande échelle dans les zones pashtounes ne peut naître que dans le cadre de l’identité pashtoune. De fait, envoyer des troupes en Afghanistan pour lutter contre des pashtouns financés par les Saoudiens, soutenus par les Pakistanais et pourvus  d’équipements achetés dans le monde entier, avec pour objectif de "construire une nation afghane" capable d’empêcher Oussama et Al-Qaïda de mettre le bazar dans le monde à partir de leurs grottes, est une construction intellectuelle auto-suffisante de garçon de course.

Autorité intellectuelle

La CIA avance sur les mêmes bases pour considérer Oussama comme la terreur du monde ("jeu, set et match") en 2001, ou pour vérifier la présence d’armes de destruction massive en Iraq en 2003, (façon "dunk" de  basket-ball), ou comme en 2007 pour déterminer que l’Iran a arrêté son programme d’armes nucléaires. Mutatis mutandis, c’est aussi sur ces bases que la CIA a établi en 1962 que les Soviétiques n’installeraient pas de missiles à Cuba, que la CIA était certaine de 1963 à 1978 que l’URSS n’allait pas construire de rampe de missiles avant que cette construction ne saute aux yeux, qu’elle a convaincu Bush père que l’Union soviétique n’allait pas s’écrouler et qu’il devait contribuer à la soutenir, qu’elle a assuré le gouvernement des États-Unis en 1990 que l’Irak n’allait pas envahir le Koweït et, en 1996, que ni l’Inde ni le Pakistan n’effectueraient des essais de leurs armes nucléaires. Dans tous ces cas, et d’innombrables autres, la CIA a fourni au gouvernement américain et aux médias des bases faisant foi, qui niaient les réalités dans lesquelles l’Amérique évoluait.

La force de jugement de la CIA, son autorité, ont toujours été à l’intersection de ses préjugés et de ceux de la classe dirigeante de l’Amérique. Lorsque vous dites aux gens ce qu’ils veulent entendre, vous n’avez pas à être trop prudent sur les lieux, les faits et les conclusions. Notre problème, en bref, n’est pas tant la mentalité de la CIA que la réticence des personnels du gouvernement et du "public attentif" à exercer la maîtrise intellectuelle voulue à propos des affaires internationales. Oussama ben Laden pourrait, faute de mieux, tenir le rôle de nouveau point de départ.
 

Par Angelo M. Codevilla pour l’édition de mars du magazine The American Spectator
Traduction par Pascal pour ReOpenNews



A propos de l’auteur : Angelo M. Codevilla est ancien officier du service Étranger au Département d’État, spécialisé dans les opérations de renseignement en l’Europe de l’Ouest. Il a été membre du groupe de transition du Département d’État lors de l’élection du Président Ronald Reagan et principal auteur du rapport du groupe sur le renseignement. Il est ancien membre du personnel du Comité du renseignement du Sénat américain s’occupant de la surveillance des services de renseignement de 1977 à 1985. Ancien officier de la Marine, il est actuellement vice-président de l’U.S. Army War College Board of Visitors.

Hersh : c’est Cheney qui a fait assassiner Hariri et Bhutto (MIS A JOUR : Démenti de Hersh)

Dans un entretien à Al-Jazeera, le journaliste états-unien Seymour Hersh a révélé de nouvelles informations sur les activités secrètes du Joint Special Operation Command.

Cette unité, créée dans les années 80, a servi durant les deux mandats de George W. Bush à perpétrer plusieurs centaines d’assassinats politiques dans le monde sous l’autorité directe du vice-président Dick Cheney [voir la ReOpeNews à ce sujet].

Selon Hersh, elle aurait notamment exécuté deux alliés indociles des États-Unis : l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (14 février 2005) —information déjà divulguée par notre confrère Wayne Madsen à Russia Today [et qui a fait l'objet d'une précédente ReOpenNews]—, et l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto (27 décembre 2007).

M. Hariri avait refusé de défendre les intérêts US dans son pays et Mme Bhutto avait révélé à la BBC [1] l’assassinat en 2001 d’Oussama Ben Laden par Omar Saeed Sheikh [2].

Par la suite, Dick Cheney a poursuivi sa politique en s’appuyant sur le propre fils de Rafic Hariri, Saad, et sur l’époux de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, promu président du Pakistan.

Selon Hersh, ces assassinats ont été supervisés par le général Stanley A. McChrystal [3], que le président Barack Obama vient de nommer commandant en chef des troupes US et de l’OTAN (ISAF) en Afghanistan.

Seymour Hersh est un journaliste réputé. Récipiendaire du Prix Pulitzer, il écrit régulièrement dans le New Yorker. Son nom reste attaché aux révélations sur le massacre de My Lai (Vietnam, 1969), sur l’affaire Vanunu et la bombe atomique israélienne.
 

[1] Entretien accordé à David Frost, le 2 novembre 2007.
[2] Umar Saeed Sheikh est un agent double du MI6 britanniique et de l’ISI pakistanaise. Il est considéré comme l’assassin du journaliste Daniel Pearl.
[3] Officiellement, le général McChrystal était jusqu’ici chargé de la traque d’Oussama Ben Laden.

 
Publié sur le Réseau Voltaire le 20 mai 2009
 


UPDATE : Il semblerait que Hersh n’ait jamais déclaré que Cheney a donné l’ordre d’assassiner Bhutto. Il s’agit d’une fausse information que Hersh a lui même réfutée. Voici le rectificatif communiqué par le réseau Voltaire :

Le Réseau Voltaire a repris dans ses colonnes une information largement diffusée par les agences de presse en Asie et diffusée en Occident aussi bien par le Wall Street Journal que par The Economist.
Dans un message adressé à la direction de Gulf News, M. Hersh a déclaré ne jamais avoir tenu les propos qui lui ont été imputés selon lesquels l’assassinat de Benazir Bhutto aurait été commandité par le vice-président US Dick Cheney.
Nous retirons donc cette dépêche de notre site web et présentons nos excuses à nos lecteurs.

Ben Laden innocenté… dans une émission TV hollandaise

Le Jury de l’émission "L’avocat du diable" n’a trouvé aucune preuve que ben Laden était derrière le 11 Septembre.

Mercredi soir, à la fin de l’émission "L’avocat du diable" sur la chaîne publique Nerderland 2, le jury composé de deux hommes et trois femmes, de même que le public présent, a conclu qu’il n’existait aucune preuve que ben Laden était le cerveau derrière les attentats du World Trade Center et du Pentagone en 2001.

Les Pays-Bas, patrie du créateur de "Big Brother" Endemol, sont connus pour être à l’avant-garde d’émissions de télévision sous licence. Mais même pour le standard hollandais, "L’avocat du diable," créé par la maison de production basée à Amsterdam AVRO, repousse les limites.

L’émission met en scène l’avocat vedette Gerard Spong qui prend la défense des plus grands criminels de la planète.

Dans la dernière émission en date, Spong est parvenu à convaincre le jury que la connexion de ben Laden au 11 Septembre était le fruit de la "propagande occidentale". Le jury a également statué qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments prouvant que ben Laden est le véritable chef du réseau terroriste al-Qaida. En revanche, le jury a jugé ben Laden coupable d’être un "terroriste qui a perverti l’Islam."

L’émission va sans aucun doute attiser le débat, déjà très animé aux Pays-Pas, sur l’immigration et l’importante minorité musulmane dans le pays. Les Pays-Bas ont connu une brusque montée du sentiment anti-immigration et anti-islamique après l’assassinat en 2004 du réalisateur néerlandais Theo Van Gogh par un extrémiste musulman.

Spong a été au centre du débat, soutenant des actions légales à l’encontre du politicien anti-immigration Geert Wilders.

Par Scott Roxborough pour le Hollywood Reporter, le 9 avril 2009, traduction de SpotlessMind

 

David Ray Griffin entame sa tournée européenne par Londres

La tournée de David Ray Griffin a débuté ce mardi 14 avril 2009 à Londres. 150 personnes se sont rendues sous la pluie à la conférence organisée par l’équipe de « WE ARE CHANGE » (WAC) à l’université de Londres, où des plans d’avion exposés dans les couloirs de la section scientifique et technique nous rappelaient l’un des aspects de ce dossier tentaculaire…

David Ray Griffin à Londres le 14 avril 2009

Rappelons que David Ray Griffin poursuivra sa tournée européenne par Paris ce vendredi 17 avril 2009, pour une conférence-débat autour du film "Loose Change Final Cut" à 19h30, à l’Espace-1789 de Saint-Ouen"

Plus d’informations sur notre site Web ReOpen911


Parmi les personnalités présentes, nous avons pu rencontrer Tim Sparke, manager de Mercury Medias International, qui commercialise pour le monde entier les droits audiovisuels de centaines de films documentaires “sensibles” dont les principaux films sur le 11 Septembre, et développe sa plateforme de VOD [Vidéo On Demand – Ndlr] intitulée “joiningthedots” avec un catalogue rare. Planète, le “petit” média du bouquet Canal+, lui a acheté plusieurs nouveaux sujets lors du dernier MIPTV à Cannes. Il pense que 2011 sera la nouvelle étape clé, avec la célébration des 10 ans des attentats, et il y réfléchit déjà.

Étaient également présents Chris Coverdale, de l’association “Action Against War Today” qui souligne par sa présence le caractère pacifiste de la cause du 11 Septembre, ainsi que l’éditeur du journaliste Nick Kollerstrom (très bon chercheur sur les attentats de Londres, mais malheureusement discrédité par sa position intenable sur la Shoah…)  venu présenter en avant-première son livre sur les attentats du 7/7/2005 à Londres “Terror on the tube, an investigation by N.K.”. L’auteur y révèle notamment le nom de l’entreprise pour laquelle travaillait Visor Consultants, entreprise de sécurité fondée par Peter Power, ancien agent des renseignements britanniques, qui simulait le même jour aux mêmes heures et mêmes lieux, pour son client de la City, une situation de crise identique à ce qui se passa réellement ce jour-là.

Gareth et Catherine regrettaient qu’une fois de plus, les principaux journaux anglais les aient ignorés, le Daily Mail allant jusqu’à leur raccrocher au nez tandis que les autres se contentaient d’un ironique “Nothing new, thank you for calling” [Rien de nouveau, merci d’avoir appelé – Ndlr]. WAC dut se contenter d’une – bonne – interview sur TalkSport Radio (où l’on parle aussi de politique…), complétée par une interview téléphonique d’Alex Jones. Comme Giulietto Chiesa sur TV7 à Bordeaux, ou encore Webster Tarpley sur Radio Ici et Maintenant à Paris, ce sont les “petits” médias qui font la “grande”’actualité souterraine. Un accord tacite qui semble arranger tout le monde et permet de faire trainer les sujets sensibles, à la manière des procès embarrassants, comme celui que notre cause implicitement réclame, au-delà d’une nouvelle enquête s’appuyant sur les faits si bien argumentés par le professeur Griffin.

D’ailleurs, la perspective judiciaire de la cause du 11 Septembre semble constituer un vrai frein politique autant que citoyen tant elle effraie par sa gravité, sa complexité, et les dangers afférents. Elle est abordée avec prudence et détermination par M. Griffin, qui se concentre sur la nécessité d’une nouvelle enquête à partir des faits – c’est là sa force – qui la rendent aujourd’hui indispensable et indiscutable. On se souvient que M. Griffin a souvent évoqué le tribunal "Russell-Sartre" pour les crimes américains au Vietnam à titre d’exemple. Ici il mentionna William Pepper, avocat de James Earl Ray, assassin présumé de Martin Luther King, qui au cours d’une conférence récente à Los Angeles, lança un vibrant appel aux citoyens américains, et expliqua en détail comment il comptait rouvrir le procès de l’assassinat de Martin Luther King, orchestré selon lui par le FBI, et la longue procédure qui l’attend.

Pourquoi la conférence de D R Griffin fut-elle importante ? Parce qu’elle montre à quel point ce qui s’est passé aux États-Unis fut scandaleux, et à quel point les médias américains et à fortiori européens ont totalement passé sous silence les invraisemblances si nombreuses contenues dans les textes officiels, et laissé les personnalités officielles dire et faire avec des  comportements aberrants, dès lors qu’il s’agissait d’établir la vérité. Griffin pointe ainsi avec brio les incohérences du journal Popular Mechanics, et celles de journalistes comme Alexander Cokburn et Georges Monbiot. Le réquisitoire est tel qu’on peut difficilement s’opposer à son constat : les médias se contentent  d’attaques "ad hominem", ou au mieux constatent la dilution des responsabilités et leur incapacité à aller plus loin.

David Ray Griffin est excellent aussi lorsqu’il retrace le parcours inquiet de Barry Jennings, témoin clé du WTC7 où il se trouvait le 11 septembre 2001 entre 9h00 et 11h00, et qui est mystérieusement décédé sur son lit d’hôpital à la mi-aout 2008 (avant les élections américaines), dont la version des faits diffusée sur la BBC fut astucieusement raccrochée au timing de son acolyte Michael Hess, qui a l’avantage de situer les explosions ressenties par eux pendant la chute des tours et non avant, mais qui ne doit pas nous faire oublier que ce Monsieur Hess, après avoir confirmé le contenu du livre-témoignage “Piercing the Fog of 911” ( ! ) publié en 2007 (avant les élections toujours) par Rudolph Giuliani, est aujourd’hui vice-président d’une société de conseil appelée Giuliani Partners… C’est cette succession de faits qui, après la disparition de Barry Jennings, conduisit Dylan Avery à publier la version « uncut » du témoignage de Jennings, dans laquelle il assure avoir vu les tours debout après l’explosion où il faillit tomber au travers du plancher du 6e étage du WTC 7, dans lequel il était resté prisonnier avec Michael Hess…

Il est de mon devoir ici, même si la place manque, d’au moins citer les cas du dossier abordés avec force conviction par M. Griffin : les contradictions du FBI concernant la validité des appels téléphoniques et en particulier ceux de Barbara Olson,  les délais uniques au monde ayant conduit le NIST à remettre son rapport sur le WTC7 presque 7 ans après les événements, les contradictions du NIST face aux remarques de quelques avant-gardistes de la communauté scientifique, ou encore la personnalité trouble de Philip Zelikow, un proche de Condoleezza Rice, qui n’aurait jamais dû figurer dans la Commission.

Mais la cause progresse de façon significative. En particulier, M. Griffin relève que la revue professionnelle Publishers Weekly, qui se moquait de lui à ses débuts, a consacré son dernier livre en 2008, signe de reconnaissance sans précédent aux USA, et dont l’Europe ne mesure pas bien l’importance. Il sourit aussi quand il constate avec satisfaction que depuis 2006, de nombreux professionnels et experts ne se contentent plus de laisser leurs citations apparaitre sur le site Web de patriotsquestion911 (1) mais créent des sites spécialisés qui veulent aller plus loin, notamment en fédérant leurs collègues. Une étape vitale, dont le « mouvement » avait besoin devant les reproches de la presse et des politiques, qui en continuant de lui denier des compétences désormais réelles au sein du mouvement, franchissent  ipso facto une étape supplémentaire dans le ridicule et le deni.

Ce qui fait aussi dire à M. Griffin que seul un événement majeur pourrait faire basculer l’opinion des médias et des leaders d’opinion, qui se défausseraient ainsi facilement derrière leur silence, cette fois devenu complice du fait qu’ils savaient ou se doutaient, mais ne pouvaient pas parler, et non plus du fait qu’ils ne savaient pas ou ne voulaient pas savoir. M. Griffin conclut d’ailleurs le jeu de questions réponses avec ce constat : il est très facile de trouver des témoins. Il suffit de les encourager, de les protéger, de les récompenser, ou de les menacer s’ils ne coopèrent pas. Et seule la justice sous toutes ses formes a ce pouvoir.

Au final, avec son style ironique inimitable, David Ray Griffin nous annonça la publication prochaine de deux nouveaux livres “Ossama dead or alive” et “The mysterious collapse of WTC7”, signa quelques-uns de ses ouvrages vendus par la militante Belinda dont le mythique “Omissions et Manipulations de la Commission du 11/9” disponible en français aux Éditions Demi Lune. WAC souhaite inviter de nouvelles personnalités américaines et canadiennes du mouvement, comme le professeur danois Niels Harrit, de l’université de Copenhague, récent et brillant contributeur aux analyses des poussières du WTC prouvant la présence de thermite.

La vérité par le travail des citoyens n’a jamais été aussi proche d’aboutir, pourtant l’opposition rencontrée est telle qu’elle menace de démotiver les plus actifs d’entre eux. Il faut plus que jamais  faire connaitre les travaux de ces chercheurs courageux, et mobiliser une nouvelle génération de militants dans la perspective du 11 septembre 2011 où les médias ne devront plus avoir le choix que de donner la parole à ces chercheurs grâce au travail préparatoire de longue haleine que tous les militants de cette cause juste ont entrepris depuis la publication des différents rapports. Comme le réclame David Ray Griffin : "trouvons davantage de scientifiques, d’hommes politiques, de juristes, et d’agents des services de renseignement, pour accompagner et faire connaitre nos travaux."

Par BlueRider pour ReOpenNews, le 15 avril 2009


Notes ReOpenNews : Le site http://patriotsquestion911.com/ a été partiellement traduit en français sur le site http://www.vigli.org/

Bulle de détente

Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons un peu de détente avec une BD au ton décalé sur Georges W. Bush et Oussama ben Laden (cliquez sur le lien ci-dessous) !

Bush &Ben
When the world goes down

LE PROJET

Le projet BD que nous vous proposons de découvrir est né il y a deux ans. Il a commencé très doucement avec un objectif de trois planches mettant en scène Ben Laden. Le résultat ayant reçu des appréciations positives, l’auteur a décidé d’aller plus loin et de réaliser une BD complète sur ce sujet qui est rarement traité sur un ton humoristique.

Le scénario n’a pas été conçu à l’avance. L’auteur le construit au fur et à mesure en fonction de ses lectures, de visionnages et de ses intuitions depuis 2001. Son but n’est pas de proposer une hypothèse sur le 11 Septembre mais de caricaturer l’ensemble des hypothèses dont la plus invraisemblable à ses yeux reste celle de la version officielle. Si la BD est évidemment une fiction, des informations réelles viennent régulièrement se glisser dans le scénario.

Si l’auteur a démarré son scénario avec Ben Laden c’est que la présentation qui en était faite par les médias traditionnels lui paraissait caricaturale. Elle ne prenait pas en compte le passé de l’individu : ses études, son parcours, ses liens avec l’Arabie Saoudite et les USA, sa fortune, etc. Au lieu de cela, les spectateurs du monde entier avaient droit à des vidéos "super 8" mal traduites présentant Ben Laden dans une grotte ou une tente de bédouin, assis sur le sol, une kalashnikov entre les tongs de ses pieds et quelques chèvres en arrière plan… Pour ce qui est de Bush, en matière de caricature, il était le deuxième candidat idéal.

La BD devrait se dérouler sur une cinquantaine de planches. Les personnages principaux sont ben Laden, Saddam Hussein, Bush, Rumsfeld, Cheney, Rice, Powell et le mollah Omar. Parmi les personnages secondaires on trouve la créature de Roswell, Sarkozy, De Villepin, Edouard Stern, Chirac, Obama, etc…

A l’heure actuelle, un peu plus de 50% de la BD  a été réalisé… son auteur pense la finaliser pour la fin de l’année 2009.

L’AUTEUR

Azim (pseudo signifiant "le Grand" au sens noble du terme, c’est à dire quelqu’un d’important pour la collectivité) a  35 ans et vit en Bretagne… Il est altermondialiste, représentant politique local, chef d’entreprise et travaille aussi dans le commerce bio et équitable. Il est également dessinateur de BD et "rappeur conscient", (il a 3 albums audio à son actif).

"Métisse" d’un pieds-noirs espagnol et d’une bretonne, il a bien connu ses deux grands-pères, qu’il a adorés. L’un a vécu le mensonge gouvernemental du bien fait de la colonie et de la nécessité de la torture en Algérie et l’autre était résistant FFI pendant la seconde guerre mondiale. Adolescent, Azim collait des affiches politiques avec lui, 40 ans après l’occupation nazie.

Grâce à ses deux grands-pères, Azim a compris que les "colons de base" (ouvriers portugais et espagnols, par exemple…) avaient été manipulés pour soutenir le "fascisme colonial". Et grâce à son grand-père breton, il a compris que l’Histoire est beaucoup plus complexe que dans les livres et que nous serons très peu à résister lorsque l’Histoire le demandera…

Après quelques années d’études en sociologie et d’études personnelles poussées, Azim a compris que "ce monde n’était qu’une farce". Au départ, il a lui-même cru aux "complots" avant de se résigner à une réalité plus sordide qu’il appelle la "stratégie" : Chaque groupe influent utilise les moyens dont il dispose pour accroître ses privilèges ou pour les et s’associe avec tel ou tel lobby… Et force est de constater que ce sont toujours, a peu près, les mêmes groupes d’influences.

Le jour du 11 septembre, Azim était dans la galerie marchande une grande surface, pour le travail. Il devait être 11h00… sur tous les écrans, passaient en boucle les images des "attentats". Son téléphone a sonné. C’était son pote français Ali,bouleversé et inquiet… il pensait qu’on allait l’expulser et que les "beurs" allaient devoir bientôt vivre cachés. Azim est resté figé devant les écrans… emprunt d’émotions diverses, partagées et difficiles à décrire mais déjà convaincu qu’il s’agissait là d’une "drôle d’Histoire".

Avec la vision décalée de quelqu’un qui a déjà vécu beaucoup d’entourloupes et de mensonges par procuration, Azim a tenté de recouper et de mettre en perspective tout ce qu’il connaissait ou croyait savoir en matière de géopolitique, de lobbies et de stratégies …Il a gardé tous les zappings depuis cette époque ainsi que toutes les émissions d’investigations. En 2003, son avis définitif sur le 11 Septembre était fait : "on nous ment, on nous a menti !"

Aujourd’hui, Azim n’a qu’une certitude sur le 11 Septembre : n’avoir aucune théorie! Il reste attentif, dubitatif parfois mais certain que l’histoire qui nous est contée est une supercherie… la plus grande supercherie que le monde ait connue.

Découvrez le site d’Azim

Islam : L’ennemi fabriqué

La « Guerre contre le Terrorisme », instaurée par les États-Unis suite aux attentats du 11 Septembre, prétend défendre la patrie américaine et plus généralement « le monde civilisé » contre les extrémistes islamistes et l’« Axe du Mal ». Cette guerre nous est présentée comme une « guerre juste », alors que de plus en plus d’éléments indiquent qu’en réalité elle ne fait que servir des objectifs géopolitiques et économiques. Dans l’article ci-dessous, la journaliste Silvia Cattori dénonce la diabolisation orchestrée de l’Islam -et par extension des nations et des populations musulmanes- afin de construire un consensus en faveur de cette guerre.


Par Silvia Cattori, le 16 novembre 2008 pour Mondialisation.ca

« Viendra un temps où les responsables des crimes contre l’humanité, qui ont accompagné le conflit israélo-palestinien et d’autres conflits de notre époque, seront appelés à répondre devant les tribunaux des hommes ou de l’histoire, avec leurs complices et tous ceux qui, en Occident, ont choisi le silence, la lâcheté et l’opportunisme ». (ISM-Italia)

Les va-t-en-guerre se sont appuyés sur des attentats isolés, aux origines mal élucidées, pour incriminer tout à la fois, Oussama Ben Laden, Saddam Hussein, les Palestiniens, les « musulmans » en général, et influer sur notre perception [1].

Pour justifier leurs guerres unilatérales, et légaliser, sous le masque d’une « guerre mondiale au terrorisme », leurs violations des droits des peuples et du droit international, il leur fallait commencer par mentir et fabriquer un ennemi.

Est-il besoin de rappeler que, avant d’envahir l’Irak en 2003, l’administration Bush avait présenté de faux documents de façon à accréditer la possession d’« armes de destruction massive » par le Président Saddam Hussein et une responsabilité irakienne dans les attentats du 11 septembre 2001 ?

Cette falsification monstrueuse n’était que l’un des innombrables mensonges répandus pour entraîner le monde entier dans des guerres criminelles à répétition.

Depuis 2005, grâce à l’enquête confiée par le Conseil de l’Europe au sénateur suisse Dick Marty [2], nous savons comment, dans le cadre de cette prétendue « guerre au terrorisme », les officiers de la CIA et du FBI ont fait transférer dans des prisons secrètes, pour y être sauvagement torturés, nombre de musulmans kidnappés au hasard. Nous savons également comment des pays européens ont étroitement participé à ces activités, contraires aux principes fondamentaux dont ils se réclament. [3]

Mais nous sommes très loin d’imaginer toute la mesure dans laquelle ces pouvoirs se servent de journalistes et d’agences de « relations publiques » [4] pour répandre la peur de façon à imposer une fausse perception des choses.

« On est dans un moment épouvantable. Le milieu intellectuel parisien est dans une dérive parareligieuse, dans une islamophobie latente (…) Il n’y a aucune raison d’avoir peur de l’Islam » répondait l’intellectuel français Emmanuel Todd au journaliste qui lui demandait s’il n’avait pas "peur des musulmans". [5]

Pourtant, en Occident, cette peur des musulmans est bien là, palpable.

Il a suffi aux idéologues, adeptes du « choc des civilisations », d’associer l’Islam au « terrorisme », le port du voile au « fanatisme », pour distiller insidieusement un sentiment d’insécurité et créer un profond rejet contre cette religion. On doit malheureusement constater que la majorité des grands médias ont fait largement écho à leurs arguments racistes – délibérément ou par ignorance – contribuant ainsi à amplifier cette vaste intoxication.

Nous en sommes les témoins directs. Des journalistes, des journaux à grand tirage, des présentateurs télévisés ont abusé de manière stupéfiante de leur position.

Chacun de nous peut se souvenir de tel ou tel commentateur, ou envoyé spécial en Irak ou en Palestine, qualifiant de « terroristes » ceux qui se dressaient contre l’envahisseur, alors qu’il s’agissait de résistants. Ou encore de tel autre journaliste faisant systématiquement passer des idées grotesques, sur le voile et la « charia » (la loi musulmane), pour entretenir l’impression que les musulmans « ne sont pas comme nous », n’acceptent pas « nos » valeurs, saisissant toute occasion de les associer au « fanatisme », à l’« arriération », à l’« oppression » de la femme [6].

Sans ces féroces campagnes de dénigrement de la culture et des traditions de la société arabe, le développement des préjugés islamophobes n’aurait jamais pu prendre une telle dimension. Et l’indifférence des gens demeure si totale, malgré les images insoutenables de détenus torturés, ou de civils déchiquetés par les bombardements, en Palestine, au Liban, en Irak, en Afghanistan.

Il faut appeler les choses par leur nom. Ce qui nous a été présenté comme une guerre pour « restaurer la loi et la sécurité », n’était ni plus ni moins une guerre islamophobe. Une guerre totalement instrumentalisée par des intervenants dévoués à la défense des intérêts d’Israël au Moyen-Orient avant tout.

Dans des pays comme la Suisse ou l’Italie, par exemple, où l’on n’avait jamais connu d’attentats pouvant être attribués à des Arabes ou à des musulmans, des personnes qui n’avaient rien à se reprocher, ont été ciblées en raison de leur appartenance religieuse. Et – dans tous les milieux sociopolitiques – dès les années 2000 surtout, les gens ont commencé à regarder avec de plus en plus de méfiance les femmes portant le foulard et les fidèles qui fréquentaient les mosquées.

Cette criminalisation, consciente ou non, d’une population importante (l’Union européenne compte 15 millions de musulmans), avait une motivation éminemment politique. Elle devait préparer l’opinion publique à adhérer à la guerre ou à l’accepter.

La criminalisation des musulmans a servi à cela : à conditionner l’opinion pour que nul n’aille s’apitoyer sur les souffrances que nos « défenseurs des libertés » leur faisaient endurer ; et aussi à préserver les criminels étatiques de toute critique.

Cette politique cynique, à laquelle des journalistes asservis ont indéniablement contribué, porte un nom : « stratégie de la tension ». Une stratégie qui consiste à cibler et dénigrer des citoyens ordinaires, -ici des musulmans respectueux des lois- à les accuser de choses absurdes et, le moment venu, à leur attribuer les provocations ou les attentats que des agents clandestins étatiques ont préparés à cet effet, ou – et cela se produit plus souvent qu’on ne l’imagine- ont parfois eux-mêmes perpétrés.

Ce n’est pas une fiction. Dans un ouvrage intitulé « Les armées secrètes de l’OTAN » [7], l’historien suisse Daniele Ganser a montré comment, durant la « guerre froide », les États-Unis, et leurs alliés européens, se sont servis d’un réseau clandestin formé par l’OTAN, en association avec la CIA, appelé « Gladio », pour fomenter des attentats meurtriers et ensuite les attribuer aux communistes. Vincenzo Vinciguerra, qui a participé à la préparation de ces attentats à la bombe contre des innocents, a confirmé par la suite que le but recherché par ces massacres était de provoquer la panique et de pousser les autorités vers un régime autoritaire.

Aujourd’hui, les mêmes manipulations ne sont-elles pas toujours à l’œuvre, à notre insu ?

Mais, cette fois, les manipulateurs étatiques ne ciblent plus les gauchistes et les communistes, comme durant les années 60-80 ; ils ciblent les Arabes et les musulmans. Chaque attentat est tout de suite mis à profit par ces « spécialistes du terrorisme », appelés à les commenter et les expliquer, pour relancer le débat et accroître la méfiance vis-à-vis de l’Islam.

Il n’y a, en général, aucune réaction pour contester l’arbitraire et les falsifications. [8] Il est donc d’autant plus aisé, de répandre des fausses nouvelles, que les médias traditionnels ne montrent aucune propension à aller enquêter, comme il se devrait, pour vérifier si les versions officielles sont plausibles. [9]

Les citoyens, pris dans la désinformation, sont loin de s’imaginer que leurs autorités, aidées par le quatrième pouvoir, pourraient tremper, de près ou de loin, dans la mise en place de stratégies contraires à leur intérêt, et on les comprend.

Mais, aujourd’hui, quelque chose est en train de changer : les victimes commencent à sortir la tête de l’eau et à parler [10]. Et, pour certaines d’entre elles, à exprimer leur amertume vis-à-vis de ces journalistes et journaux qui ont été à l’origine de leur descente aux enfers. Il est urgent de les écouter. Et de lever le voile sur cette sombre période.

Les deux exemples qui suivent concernent des personnalités très différentes, mais qui ont une chose en commun : ils ont été l’objet d’accusations, aussi infondées que dévastatrices, de la part de médias clairement orientés.

Les mensonges qui tuent : le cas de Youssef Nada.

M. Nada, ingénieur et banquier italien d’origine égyptienne, est une des victimes de ces campagnes médiatiques mensongères. Suite aux accusations d’une poignée de journalistes, il a été inscrit sur la liste noire de l’ONU. Bien que son innocence ait été confirmée par les tribunaux, ses biens restent gelés et il demeure, depuis 2001, assigné à résidence dans la minuscule enclave de Campione d’Italia. [11]

Il dirigeait une société bancaire florissante dans la ville suisse de Lugano, quand un article de Guido Olimpio, paru sur le « Corriere della Sera » [12], l’a brutalement frappé. Le journaliste l’accusait alors de financer le groupe palestinien du Hamas. Groupe que l’occupant israélien considérait comme « terroriste » et visait à faire cataloguer comme tel par les pays occidentaux.

C’était en 1997. Ce qui confirme que la stratégie de criminalisation était déjà à l’œuvre bien avant les attentats du 11 septembre 2001. L’accusation formulée contre lui a eu des conséquences terriblement lourdes. Bien qu’elle ait été dûment démentie, elle a été reprise sans vérification par d’autres journalistes et a ainsi continué à faire les grands titres de la presse internationale [13]. Pour finir par se transformer en « vérité ».

Le doute et l’opprobre jeté sur M. Nada a permis, dans un premier temps, de stigmatiser cet éminent opposant politique au régime dictatorial du Président Moubarak (un allié des États-Unis et d’Israël) et de discréditer l’association des Frères musulmans, dont M. Nada est également une des personnalités les plus respectées.

Dans un second temps, les accusations du "Corriere della Sera" ont permis au FBI de désigner M. Nada lors des attentats du 11 septembre et de faire de lui un coupable.

C’est ainsi que, le 7 novembre 2001, M. Nada a sursauté en entendant le Président des États-Unis en personne dire, sur une chaîne télévisée, que la société Al Taqwa, qu’il dirigeait à Lugano, était le principal pourvoyeur de fonds d’Oussama Ben Laden.

Sur quelle preuve M. Bush pouvait-il bien fonder une si énorme accusation ? Le seul élément jamais présenté par le FBI, aux autorités suisses, reste l’article du « Corriere della Sera » écrit par Guido Olimpio en 1997.

Ce qui aurait pu ne rester qu’une accusation sans fondement était devenu une « vérité » officielle planétaire permettant de légitimer des sanctions illégales et des guerres.

Cette fois ce n’était pas seulement avec le mouvement palestinien Hamas que M. Nada était accolé ; mais avec le « diable » en personne ! Oussama Ben Laden ! Cette fois M. Nada était brûlé.

Comme il le dit lui-même, dans le film que lui a consacré Andrea Canetta : « Calomnier quelqu’un de mon âge revient à le tuer avant qu’il ne meure. Ils m’ont assassiné. Le fait que je me tienne debout devant vous ne signifie pas que je sois vivant. Ils m’ont tué, moi et ma famille, ma réputation. Ils ont détruit tout ce que j’avais construit au cours de ma vie » [14].

Basé sur un pur mensonge, un engrenage kafkaïen venait de se mettre en place. Depuis sept ans, M. Nada en est réduit à se battre devant les tribunaux et devant l’opinion publique pour que justice lui soit enfin rendue.

Le mal est fait. Même si, demain, justice lui était rendue, sa vie a déjà été massacrée.

Le cas de Kassim Britel.

C’est une autre histoire horrifiante. Elle concerne cet Italien d’origine marocaine, victime, comme des milliers d’autres musulmans, d’une de ces opérations criminelles de la CIA appelées « extraordinary renditions ».

M. Kassim Britel voyageait au Pakistan quand, le 10 mars 2002, il a été enlevé par les Services de renseignement pakistanais. Il a été torturé, puis « vendu », oui vendu, aux officiers du FBI et de la CIA [15]. Ces derniers l’ont torturé à leur tour et lui ont promis argent et liberté s’il acceptait d’espionner des musulmans. Comme il a refusé, ils l’ont livré aux Services secrets marocains afin qu’ils l’interrogent et le torturent encore. Il est toujours dans leurs mains à ce jour, alors même que son innocence a été démontrée, et malgré la pressante invitation au gouvernement italien, contenue dans la Résolution du Parlement européen sur les « vols secrets de la CIA », pour que l’Italie « fasse des pas concrets pour sa libération ».

Ici aussi, il y a une famille traumatisée par la manière avec laquelle on a transformé un mari, un fils, un frère, en « criminel ». Ici aussi ce sont les accusations, jamais prouvées, d’un journaliste qui ont été, semble-t-il à l’origine de la diabolisation de la victime.

Son épouse raconte son calvaire d’une voix douce. « Mon époux a été calomnié d’une manière très lourde par quelques journalistes qui, semble-t-il, diffusent ce que veulent les services secrets ». Raison pour laquelle Mme Britel a ouvert une action en justice contre les quotidiens italiens, « Il Corriere della Sera » et « Libero ».

« Déjà en 2001, quatre mois avant que mon mari ne soit enlevé illégalement et remis à des agents de la CIA au Pakistan, Guido Olimpio avait écrit un article dans lequel il le présentait comme un dangereux terroriste. J’étais très en colère. Il disait qu’il était toujours en voyage, qu’il était membre d’un réseau terroriste islamiste, qu’il fournissait de faux papiers d’identité, que nos noms et adresses avaient été trouvés à Kaboul, et que, sous couvert d’une vie anonyme et tranquille, il disparaissait périodiquement. Il parlait de passeports vierges volés dans notre ville, de sa prétendue appartenance au « Groupe salafiste pour la prédication et le combat, associé à Oussama Ben Laden ».

Ce n’étaient que de pures inventions ! Mon mari menait une vie normale. Comment un journal peut-il accepter que l’on invente des choses pareilles dans un pays civilisé ? Je n’arrivais plus à raisonner. Je me disais : regarde ce qu’ils nous ont fait ! Tout cela a détruit notre famille. Ils veulent m’incriminer moi aussi parce que je défends mon époux, parce que je porte le foulard.

Le journaliste ne présentait jamais aucune preuve justifiant le contenu de ses dénonciations. En le lisant, je me disais qu’il ne parlait pas de mon mari, que tout cela était absurde, qu’il parlait de quelqu’un d’autre, qu’il inventait ces choses pour faire le portrait de celui qu’il voulait faire passer pour un « terroriste dormant ». Tout ce qu’il disait n’avait rien à voir avec la réalité. C’étaient des affirmations gratuites qui ne reposaient sur rien. Malgré cela, il est revenu à la charge plusieurs fois pour dire des mensonges présentés comme de graves révélations mettant en cause mon mari.

C’est dans le contexte délétère de la radicalisation raciste ayant suivi les attentats du 11 septembre, que le « Corriere della Sera », a édité à 2 millions d’exemplaires le pamphlet islamophobe d’Oriana Fallaci « La rabbia e l’orgoglio » [16] [La Rage et l’Orgueil] qui qualifiait l’Islam de « nazifascisme » et appelait à la haine contre les musulmans.

Je me rappelle que, le 19 novembre 2001, j’ai trouvé une foule de journalistes qui m’attendaient sur mon lieu de travail. Et que, les 20 et 21 novembre, il y a eu une dizaine d’articles. Les plus lourdement accusateurs étaient ceux du "Corriere della Sera". [17]. Les gens que je rencontrais me disaient « Tu as lu le titre du Corriere ? ».

Quand je lisais ces choses, cela me tombait dessus. Même si je voulais réagir, je ne pouvais pas. J’étais paralysée. J’ai dû m’enfuir de ma maison.

J’ai écrit au Président, aux ministres. Depuis des années je demande justice. Le fait qu’il soit innocent n’a pas servi à rendre à Kassim sa liberté et à lui restituer son honneur. Sa vie est en péril. Je suis fatiguée et indignée. Nous sommes des citoyens sans droits.

Quand, suite à ma dénonciation pénale, Guido Olimpio a été convoqué et interrogé par la police judiciaire, il a déclaré : « Les informations proviennent de divers organes du Renseignement italien et aussi étrangers par voie confidentielle ». Était-ce une manière de ne pas avouer qu’il avait menti du début à la fin ?

Je tiens à souligner que le rôle du gouvernement Berlusconi et de ses Services secrets – alors dirigés alors par Franco Frattini [18] – est fondamental dans cette affaire. Ils étaient au courant de l’arrestation de mon mari et de ce qu’il subissait, et ils ne me le disaient pas. Les polices collaboraient avec les services de la CIA, du Pakistan et du Maroc, en dehors du cadre légal, comme cela est démontré dans les actes de l’enquête italienne, fermée et archivée en septembre 2006 ».

Pourquoi ont-ils agi ainsi ?

« Il y a un épisode qui l’explique. Nous étions en 2001, peu avant la réunion du G8 à Gênes. Les médias étaient remplis d’articles qui annonçaient que des groupes « extrémistes islamistes » se préparaient à aller au G8 verser « du sang infesté » sur les forces de l’ordre. C’est durant cette période que la police a mis sous enquête tous les musulmans qui fréquentaient les mosquées et a perquisitionné leurs foyers. En juillet, quand notre maison a été perquisitionnée, Kassim était en voyage au Pakistan. C’est précisément à cette époque que les titres des journaux mettaient l’Italie en émoi en annonçant la probabilité d’attaques imminentes d’ « islamistes ». A noter que, lors de la réunion du G8, il n’y a eu aucune attaque organisée par des musulmans. En revanche, il y a eu des provocations et des violences policières.

Deux mois après la fermeture du dossier de Kassim par la justice, le 29 septembre 2006, le « Corriere della Sera », qui avait toujours fait ses grands titres pour diffamer mon mari et l’associer au terrorisme international, aux Talibans et à Ben Laden, en l’appelant de manière impropre « El Kassim », a publié une petite note en page 13, sous le titre : « Terrorisme, accusations inconsistantes pour Britel ». Ainsi, celui que Guido Olimpio avait toujours appelé « El Kassim » était devenu soudain « Britel » au moment où il était innocenté.

Les lecteurs n’allaient pas forcément faire le lien entre le « terroriste » fabriqué de toutes pièces, et l’honnête homme qui avait injustement subi presque sept années d’emprisonnement et de tortures. Il ne sera pas rappelé non plus que « Britel » avait été victime des abominables « renditions » et détentions secrètes illégales de la CIA, condamnées par le Conseil de l’Europe et le Parlement européen. Ceci pour dire, en conclusion, que les lecteurs auront été désinformés jusqu’au bout ».

Comme cela apparaît, au travers de ces deux cas révoltants, la priorité des médias en général, n’est pas d’attirer l’attention du monde sur les souffrances provoquées par les violations du droit international perpétrées par des grandes puissances, dans le cadre de cette « lutte contre le terrorisme ». La priorité est d’inonder les gens et les librairies d’articles et d’ouvrages évoquant un lien entre « islam et terrorisme ». La priorité est d’entretenir la peur du « terrorisme religieux », cette « hydre menaçante à cent têtes » qui « étend sa progression jusqu’au seuil de nos portes » [19].

La déshumanisation des Arabes est une arme de guerre. Une arme, que l’État colonial israélien a toujours utilisée avec un évident succès. C’est ainsi que les Palestiniens ont toujours été maltraités et présentés abusivement par leur occupant comme « terroristes ».

Pendant ce temps, derrière le paravent de prétendus « processus de paix », Israël a réussi à entraîner « l’Occident » dans sa confrontation militaire avec le monde arabe et à lui faire adopter son système « orwellien » de surveillance des populations. Transformant ainsi son conflit régional en confrontation globale, en une guerre mondiale contre l’Islam.

Cet état de guerre qui humilie et ensanglante les peuples du Moyen-Orient depuis 60 ans, et qui maintient l’opinion publique sous le règne du mensonge, a déjà trop duré.

« Aujourd’hui, alors que notre planète est « minée » par d’innombrables conflits entre groupes, entre États, et même entre sphères culturelles, nous avons un énorme besoin d’un « journalisme de la paix » qui nous offre des clés pour comprendre ces conflits, qui nous donne des éléments pour saisir les contradictions qu’ils reflètent, et qui nous propose des pistes de réflexion sur la manière de les transformer et transcender . » [20]

Pour contribuer à mettre un terme à ces cruels conflits, il ne faut pas avoir peur de dire la vérité, même si cela n’a rien d’agréable. Car il est encore bien plus désagréable de découvrir les souffrances endurées par des innocents injustement condamnés.

Mais, comme le dit si justement le journaliste Alan Hart : « L’enfer, c’est lorsque vous comprenez que votre vie touche à son terme et que vous n’avez pas mobilisé tous vos talents et toutes vos ressources autant que vous auriez pu le faire afin de changer quelque chose – c’est-à-dire que l’enfer, c’est le moment où vous prenez conscience, après mûre réflexion, que vous avez gâché votre vie. Le Paradis, en revanche, c’est la prise en considération de l’approche de votre mort sans crainte, parce que vous savez qu’au contraire, vous avez fait de votre mieux pour changer, aussi peu que ce soit, le monde. » [21]

Le site de Silvia Cattori, journaliste indépendante en Suisse : http://www.silviacattori.net/


[1] Sur les « stratégies du mensonge dans la politique contemporaine » et le fonctionnement de la falsification lire l’ouvrage : « La fabbrica del falso » de Vladimiro Giacchè, Derive-Approdi, 2008.

[2] Voir : « Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des États membres du Conseil de l’Europe », Rapport de M. Dick Marty à la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 12 juin 2006. « Détentions secrètes et transferts illégaux de détenus impliquant des États membres du Conseil de l’Europe : 2e rapport », Rapport de M. Dick Marty à la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 7 juin 2007. Le Parlement européen a, de son côté, réalisé une enquête approfondie instituant le TDIP (Temporary Committee on the alleged use of European countries by the CIA for the transportation and illegal detention of prisoners).

[3] Voir : « Jean-Claude Paye : Les lois antiterroristes. Un acte constitutif de l’Empire », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 12 septembre 2007.

[4] Voir à ce sujet : « Opération Balkans : publicité pour la guerre et la mort », par Jörg Becker et Mira Beham, Horizons et débats, 11 novembre 2008. « Comment la machinerie croate des relations publiques s’est mise à polariser l’opinion avec l’aide de « Ruder Finn » », extraits du livre « Kriegstrommeln – Medien, Krieg und Politik » de Mira Beham, Horizons et débats, 12 novembre 2008.

[5] Voir : « Le milieu intellectuel parisien est dans une islamophobie latente », Interview d’Emmanuel Todd, El Watan. 3 novembre 2008.

[6] Les partisans de la manière forte avec les Arabes et les musulmans, les plus remarqués : Daniel Pipes aux États-Unis ; le « philosophe » Alain Finkielkraut, un peu l’équivalent français d’Oriana Fallaci ; le journaliste Alexandre Adler. A la veille de la guerre contre l’Afghanistan, ce dernier prétendait qu’elle aurait le mérite de libérer les femmes de la Burka. Dans le Figaro, du 8 novembre 2008, il a fait l’éloge de Bush, cet allié docile d’Israël pour que l’on n’oublie pas d’« instruire à décharge et de reconnaître le grand courage du président à l’heure de l’épreuve, sa détermination à porter le fer au cœur du dispositif ennemi, en Irak » ; voir cet article.

[7] Voir : http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php ?products_id=65

Voir également : « Le terrorisme non revendiqué de l’OTAN », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 29 décembre 2006.

[8] En pleine offensive israélienne, Guido Olimpio a lancé de très graves accusations pour criminaliser, à nos yeux, l’adversaire d’Israël, donc celui qui se trouvait du côté des agressés. Voir : « Droga e viagra, così si finanzia Hezbollah », par Guido Olimpio,Corriere della Sera, 22 juillet 2006.

[9] Les journalistes qui remettent en question l’histoire officielle et en démontrent les points faibles sont ostracisés, contraints de s’exiler, comme Christopher Bollyn, journaliste d’investigation pour American Free Press ; ou poursuivis en justice, comme l’Allemand Jürgen Cain Külbel.

[10] Voir : « Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 18 juillet 2008.

Moazzam Begg, autre rescapé de Guantanamo raconte son histoire dans le livre : « Enemy Combatant : The Terrifying True Story of a Briton in Guantanamo ».

[11] Voir : « L’incroyable histoire de Youssef Nada », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 13 juin 2008. « Youssef Nada : Pour nous le mal est déjà fait », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 30 octobre 2008.

[12] Chef de la rubrique étrangère du "Corriere della Sera" dès 1987. Correspondant en Israël de 1999 à 2003. Voir l’article : « Hamas perde metà del tesoro », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 20 octobre 1997. Voir également la notice concernant M. Olimpio, sur le Site officiel de Youssef Nada.

[13] Richard Labévière, journaliste de radio RFI, a repris les accusations d’Olimpio. Dans le documentaire, diffusé par la télévision suisse TSR, il associait M. Nada à l’attentat de Luxor en 1998,où 60 touristes, en majorité suisses, avaient été tués. Ce qui a conduit la Procureure suisse de l’époque, Mme Carla Del Ponte, à interroger M. Nada. Elle a conclu que les informations selon lesquelles Al Taqwa – la société de M. Nada – finançait le terrorisme, émanaient « des services », et que « M. Nada et sa société, n’avaient rien à voir avec le terrorisme » (Corriere del Ticino, 2 juin 2006). Les journalistes en question ont néanmoins continué, durant des années, à écrire des livres et des articles qui faisaient de M. Nada un suspect

[14] Voir sous ce lien, le film d’Andrea Canetta sur Youssef Nada – intitulé « Nel nome dell’uomo » – diffusé le 2 novembre 2008 par la Télévision suisse italienne : http://www.rtsi.ch/trasm/storie/welcome.cfm ?idg=0&ids=0&idc=35702

[15] Pour plus d’information sur M. Britel, voir : http://www.giustiziaperkassim.net

Voir également : « Résolution du Parlement européen sur l’utilisation alléguée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers (2006/2002(INI)) ». Rapport 2008 d’Amnesty International Italie . « Italy : A briefing to the UN Committee against Torture », Amnesty International, 2007. « Pakistan. Les droits humains bafoués au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Synthèse », Amnesty International, 29 septembre 2006.

[16] Un article d’Oriana Fallaci, publié le 25 septembre 2001 par le “Corriere della Sera”, où elle réagissait aux attentats du 11 septembre, et qui deviendra un livre : « La Rage et l’Orgueil », Plon, 2002 (éd. italienne : 2001) ; « La Force de la Raison », Rocher, 2004. Les allégations islamophobes d’Oriana Fallaci ont été démontées par divers auteurs : Stefano Allievi : « Niente di personale, signora Fallaci », Aliberti, 2006. Stefano Allievi : « Ragioni senza forza forze senza ragione : una risposta a Oriana Fallaci », EMI, 2004. Giancarlo Bosetti : « Cattiva maestra », Marsilio, 2005.

[17] L’article que Mme Britel considère comme le plus cruel : « Da Bergamo a Kabul : così il marocchino reclutava militanti », 20 novembre 2001 – Corriere della Sera. Olimpio Guido.

Autres articles : « El Kassim, l’ insospettabile di Bergamo che arruolava volontari della Jihad Guido Olimpio », Pubblicato il 20 novembre 2001 – Corriere della Sera. Le 22 mai 2003, alors que M. Britel était de nouveau soumis à torture et détenu en secret, M. Olimpio le disait impliqué dans le massacre de Casablanca ; voir : « Il mistero di El Kassim, da Bergamo a Casablanca (via Kabul) », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 22 mai 2003. Mme Britel suppose que M. Olimpio connaissait une note « réservée » des Services qui précisait que les autorités du Maroc ne le considéraient pas comme impliqué dans cet attentat.

[18] L’actuel Ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, était « Ministre en charge de la coordination des Services d’information et sécurité » du 11.6.2001 au 13.11.2002.

[19] Rhétorique que l’on trouve dans le recueil des articles de Guido Olimpio : « La rete del terrore », Sperling & Kupfer, 2002.

[20] Voir : « Journalisme de guerre et guerre contre le journalisme », par Abbas Aroua, Fondation Cordoue de Genève, 27 juin 2008.

[21] Alan Hart, ancien correspondant en chef, au Moyen-Orient, de la chaîne britannique « Independent Television News » [ITN] ; présentateur de la célèbre émission de la BBC, Panorama, auteur de l’ouvrage « Le sionisme : Le véritable ennemi des juifs » (« Zionism : The Real Enemy of the Jews »)

Ben Laden : l’enquête-choc sur un «terroriste planétaire»

 

Voici un article de Rue89, consacré à un ouvrage paru chez Payot éditeur sur Ben Laden et al-Qaida. Son auteur Ian Amel nous y dépeint la démesure qu’il a constaté entre les actes terroristes qu’on leur attribue et ce que sont réellement ces réseaux islamistes : "Le vrai Oussama Ben Laden n’a rien d’un grand stratège, d’un brillant idéologue ni même d’un chef de guerre" explique Ian Amel, "[les USA] ont fabriqué le mythe d’un génie du mal, et tentent de faire croire qu’ils le traquent depuis sept ans."


C’est la dernière enquête-choc sur Ben Laden, prénom Oussama. Ian Hamel, un journaliste d’investigation franco-suisse particulièrement averti décortique les données de cette « Enigme Oussama Ben Laden ». Il ne s’est pas contenté de quelques entretiens menés dans ses territoires habituels, Genève et Paris. Il a pris son « bâton de pèlerin », il s’est embarqué depuis plusieurs années dans une longue odyssée. Khartoum, Douchanbé au Tadjikistan, Sanaa au Yemen. L’Arabie Saoudite et le Pakistan. Le Liban, la Suisse, la France.

Un groupe rustique, limité, sans envergure

Il voulait savoir si Ben Laden existe vraiment ou s’il est une fabrication de toutes pièces. Est-il ce qu’il paraît, colle-t-il à son portrait de diable surgissant de sa boîte brossé par les Services de renseignement américains, et après eux tous les médias du monde ?

Ou bien est-il un pantin entre les mains des Services américains et saoudiens, agité pour… terroriser l’opinion mondiale, et justifier certaines actions sans rapport avec lui ? Comme la guerre contre Saddam Hussein en Irak, dont il est aujourd’hui certain que le dictateur n’avait rien à voir avec Ben Laden. Est-il le « Deus ex machina » d’une puissance sans borne, ou un petit chef de guerre local ?

Sur ce point, Ian Hamel répond de façon plutôt formelle. S’il vit toujours, ce qui n’est pas sûr, Ben Laden n’a jamais disposé, aujourd’hui moins qu’hier, d’aucun moyen réel, d’aucune arme sophistiquée dépassant le niveau de la kalachnikov qu’il aime tant brandir.

Et en dehors de ses évidentes capacités de propagande intelligente, surtout pas d’arme de destruction massive. Tout juste de la mort aux rats ! Son groupe est rustique, limité, sans envergure. Au mieux bloqué dans les zones tribales du Pakistan, à la frontière de l’Afghanistan, paralysé. En tout cas à l’opposé de sa silhouette fantomatique étendue sur le monde.

Terroriste planétaire ou fanfaron ?

Nombre d’experts ont écrit sur Ben Laden, sans sortir de leur bureau. Sans aller vraiment au fond des choses, comment peut-on aujourd’hui porter un regard sur Ben Laden ? Il est possible de tracer à main levée son portrait simplifié et en creux par quelques questions, qui risquent de rester longtemps sans réponse faute d’obtenir des aveux circonstanciés de l’individu.

Est-il bien le leader du « terrorisme international », ce concept élaboré par l’administration Bush pour justifier les immenses efforts pour le neutraliser ? Est-il un chef de guerre charismatique qui s’inscrirait dans la lignée des maîtres secrets qui des Esséniens aux Soufis émergent parfois de l’Orient compliqué ?

Ou un fanfaron ? Un modeste personnage qui a fini par croire à la réputation qu’on lui a fabriqué ? L’image de ce « terroriste planétaire » a été forgée par les services spéciaux américains, comme le croient à juste raison de nombreux musulmans ? Un épouvantail agité de façon récurrente pour permettre à des généraux de justifier les énormes budgets militaires nécessités par la guerre en Irak et en Afghanistan ?

Ben Laden et Al-Qaïda ne seraient que des affiches, des « franchises » en quelque sorte, utilisées par les gouvernements les plus réactionnaires du Proche-Orient pour dévaloriser, pour mater, pour détruire leurs oppositions.

La tribu familiale apparaît pour la première fois à la fin des années 70

Tout concourt à démontrer que le personnage, et l’organisation Al-Qaïda sur laquelle il est censé s’appuyer ne sont que des outils de propagande. Une propagande que l’on est bien obligé de prendre au sérieux, compte-tenu des méfaits commis sous cette bannière de l’Islam radical.

En quelque sorte une construction publicitaire, dont la véritable capacité de nuisance est sans doute fort éloignée du faisceau de circonstances qui lui a permis avec ses hommes de réussir presque par hasard un des coups terroristes les plus stupéfiants de l’histoire.

Le propos central de Hamel part d’un constat : la monarchie saoudienne a été horrifiée par les incidents survenus pendant le pèlerinage de la Mecque le 20 novembre 1979. Des centaines de personnes sont prises en otage à la grande mosquée Al-Masjid al Haram par un groupes de cinq cents fondamentalistes qui se sont introduits clandestinement dans les lieux.

Dans l’organisation de ce coup de force et dans son dénouement la famille Ben Laden, considérée comme proche de la famille royale, joue un rôle peu clair. Cette tribu familiale apparaît pour la première fois dans l’histoire pour ne plus quitter l’avant-scène pendant trente ans.

Ben Laden n’existerait que dans le regard de ceux à qui il est utile

Pour redorer l’image des Saoudiens comme protecteurs du monde musulman, le prince Turki, chef des services de renseignements saoudiens décide d’aller prêter main forte aux Afghans en lutte contre les Soviétiques.

Faute d’obtenir le soutien d’un prince royal, il demande aux Ben Laden d’assumer cette tâche. C’est ainsi qu’Oussama se trouve engagé auprès des Afghani. Avec l’appui logistique massif des Américains, les troupes de Moscou sont contraintes de se retirer. Selon le récit de Ian Hamel, Ben Laden aurait alors conclu que cette victoire lui était totalement due.

La complexité de l’itinéraire impose l’idée que ce grand gosse de Ben Laden ne serait rien en lui-même, il n’existerait que dans le regard de ceux à qui il est utile. En bref, il n’y aurait pas de Ben Laden, seul son pantin virtuel aurait une forme de réalité.

Nous voici totalement à l’opposé du mythe agité par l’administration Bush pour justifier la « guerre au terrorisme ». Une guerre qui multiplie à l’infini les ennemis des Etats-Unis : ce sera au nouveau président américain de percer cet abcès, sans doute sans victoire militaire possible.

Article de Par Philippe Madelin pour Rue89

L’Enigme Oussama Ben Laden de Ian Hamel – Payot éditeur, novembre 2008 – 336p., 20€.

 

Richard Labévière dénonce l’Orwellisation de la presse française

Par William Castel pour Agoravox, le 23 août 2008

Viré pour mal-pensance, Richard Labévière contre-attaque

 

Rédacteur en chef à Radio France Internationale (RFI), grand reporter et écrivain spécialiste du Proche et du Moyen Orient, Richard Labévière vient d’être licencié, au motif qu’il n’aurait pas demandé la permission de sa direction pour faire une interview de Bachar el-Assad le 8 juillet dernier, juste avant l’arrivée du Président syrien en France en visite officielle (l’interview incriminée est en ligne sur le site de TV5 Monde).

Un prétexte aberrant, qui cache d’évidence d’autres raisons…inavouables.

Le licenciement de ce journaliste de renommée internationale a été prononcé en plein mois d’août, le 12 exactement, à la dérobée, comme si de rien n’était… Une évidente volonté de discrétion, respectée scrupuleusement par tous les grands médias français, puisque pas un seul à ce jour (sauf erreur) ne s’est fait l’écho de ce limogeage.

Richard Labévière livre aujourd’hui ce qui lui semble être les vraies raisons de son renvoi.

Celui-ci s’inscrit d’abord, dit-il, dans "une suite de harcèlements professionnels" de la part de la direction de RFI, sur une durée de 4 ans. Labévière s’est ainsi vu retirer en 2005 l’Editorial international de RFI sur la simple demande de l’ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili.

Labévière dit aussi avoir été victime de menaces de mort sur son lieu de travail, "émanant vraisemblablement du Betar" (milice sioniste), "avec des complicités internes à RFI". L’accusation est forte.

Il s’agirait, par ces pratiques, d’intimider les journalistes qui sortent du discours officiel pro-israélien que RFI chercherait à imposer.

Labévière note que sa mise au pas intervient au moment où Christine Ockrent, épouse du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, et Alain Pouzilhac prennent la tête de l’Audiovisuel extérieur de la France (RFI, TV5 Monde et France 24). Coïncidence ?

Il s’agirait ni plus ni moins, selon lui, que d’imposer une lecture néoconservatrice, américaine ou israélienne, des crises proche-orientales. Avoir une lecture pro-palestinienne ou pro-arabe ne serait aujourd’hui plus permis.

Retour du délit d’opinion ? Mainmise d’une pensée unique ? Terrorisme intellectuel ? Richard Labévière va jusqu’à parler d’Orwellisation de la presse française, publique et privée.

A l’heure où le pluralisme semble menacé, sans que les médias s’en émeuvent le moins du monde, une pétition de soutien à Richard Labévière vient d’être mise en ligne.

Le journaliste a décidé d’assigner en justice la chaîne publique qui l’employait. Un préavis de grève est par ailleurs lancé par les syndicats de RFI pour la rentrée, et un référé prudhommal aura lieu le 22 septembre prochain.

Touche pas à mon BHL

Rappelons que, parmi ses faits d’armes, Richard Labévière avait publié l’an dernier un livre intitulé Bernard-Henry Lévy ou La règle du je, dans lequel il démontait la "double imposture : philosophique et journalistique" que représente selon lui BHL.

"Il s’agit de démonter, note son éditeur, les bouffonneries qu’il fait passer pour de la philosophie et du journalisme, avec l’aide des médias et de la grande édition qui sont les chiens de garde de l’idéologie la plus réactionnaire." Labèvière présente BHL comme un "serviteur de l’Empire américain et du libéralisme mondialisé, ego médiatique vide et surdimensionné". De quoi s’attirer des ennuis…

Touche pas à mon ben Laden

Même si cela n’a vraisemblablement aucun rapport avec son licenciement estival, souvenons-nous aussi que Richard Labévière est l’un des deux journalistes (avec Alexandra Richard du Figaro) à avoir rapporté la présence d’Oussama ben Laden à l’hôpital américain de Dubaï du 4 au 14 juillet 2001, deux mois seulement avant les attentats du 11-Septembre, et sa rencontre, le 12 juillet, avec le chef d’antenne local de la CIA Larry Mitchell.

Extrait de son ouvrage Les Coulisses de la Terreur : "Recoupé et vérifié par d’autres témoignages, le récit de notre informateur atteste que la fameuse rencontre a eu lieu le 12 juillet 2001. Révélée le 31 octobre 2001 par Radio-France Internationale (RFI) et Le Figaro, l’information est aussitôt démentie par le directeur de l’hôpital, Bernard Koval (…). Le lendemain, RFI révèle l’identité de l’agent de la CIA qui, selon ses informations, a bel et bien rencontré ben Laden. Le représentant local de la CIA qui a rendu visite à Oussama ben Laden le 12 juillet 2001 à l’hôpital américain de Dubaï s’appelle Larry Mitchell."

Description du livre : "Deux mois avant les attentats du 11 Septembre, la CIA négocie encore avec Oussama ben Laden. Puis les Etats-Unis déclenchent les hostilités en Afghanistan. Ils laissent s’échapper le milliardaire saoudien et ses protecteurs, comme ils laissent s’évanouir leurs capitaux dans une jungle financière. Qui sont les complices au cœur même de l’establishment américain ? Aurons-nous bientôt un « ben Ladengate » ? Pour l’éviter, les idéologues de l’administration Bush inventent une nouvelle guerre froide : la guerre sans fin contre la terreur… Désormais, tous ceux qui ne partagent pas les valeurs du meilleur des mondes selon Washington sont suspectés de soutenir le terrorisme, sinon d’être des terroristes eux-mêmes, agents d’un nouveau complot contre le monde libre et les champions du Bien. Ce complot est baptisé d’un nom générique : Al Qaïda. Du Pakistan à Bali, de Riyad à Casablanca, de Genève à Lugano, enquêtant sur les lieux des attentats et les places bancaires, Richard Labévière parvient à une conclusion : Al Qaïda n’existe pas. Le terrorisme ne relève pas d’une organisation mondiale, mais d’une nébuleuse de réseaux qui s’enracinent localement, dans les économies les plus inégalitaires et les régimes politiques les plus arbitraires. Pourtant, la mythologie ben Laden continue. Pour survivre, l’Empire a besoin d’un ennemi et de faire la guerre : une guerre sans fin. "

Le livre a paru en novembre 2003. Les ennuis de Labévière ont commencé, d’après ses dires, il y a environ 4 ans… Non, il n’y a sans doute aucun rapport…

Ben Laden a-t-il revendiqué les attentats du 11 Septembre ?

Par Onegus, le 28 juillet 2008

http://onegus.blogspot.com/2008/07/ben-laden-t-il-revendiqu-les-attentats.html

Ben Laden superstar

Dans le flot grandissant des questions qui se posent de plus en plus ouvertement au sujet du récit qui nous a été fait des attentats du 11 septembre 2001, il est souvent rétorqué que leur paternité n’est pas à mettre en doute puisque « Ben Laden a clairement revendiqué en être l’auteur ». Qu’est-il donc de cette affirmation que certains semblent vouloir définitive, suivant ainsi la ligne exacte de l’Administration Bush, quand ils ne reprennent pas au terme près les déclarations d’un président dont la propension au mensonge délibéré est aujourd’hui plus qu’établie ?
Chacun peut effectuer un travail assez simple de vérification des sources médiatiques de l’époque pour se rendre compte que cette affirmation repose sur des éléments proches du néant, et que, s’il en a plus tard loué les auteurs, Ben Laden n’a eu de cesse de nier être à l’origine des attentats dans les semaines qui ont suivi le 11 septembre 2001.
Pour un retour sur cette question centrale de la revendication du 11/9, voici la reprise d’une analyse très bien documentée publiée en 2005 sur le blog de Sacha Sher, et qui semble, à ma connaissance, être encore dans ses grandes lignes totalement d’actualité (hormis certains liens caduques)…

«On n’a pas besoin de débattre de son innocence ou de sa culpabilité.
Il est coupable. Livrez-le.
».

Georges. W. Bush aux Taliban qui réclamaient des preuves de la culpabilité d’Oussama Ben Laden, le 15 octobre 2001.

Pas de revendication pendant trois ans.

Signalons rapidement qu’il y eut, assez mystérieusement, une fausse revendication palestinienne le 11 septembre [1] et allons à l’essentiel : pendant trois ans, M. Ben Laden, n’a jamais – jamais ! – revendiqué les attentats et a plusieurs fois répété n’y être pour rien. Ce n’est que quatre jours avant les élections présidentielles du 2 novembre 2004 qu’il apparut sur une vidéo qui avait été déposée au bureau local d’Islamabad d’Al-Jazeera – chaîne télévisée qui la diffusa partiellement – pour employer le « nous » pour parler de ceux qui avaient attaqué les Etats-Unis et pour reconnaître avoir collaboré avec Mohamed Atta (selon la traduction anglaise fournie par le site http://english.aljazeera.net [2]). La raison pour laquelle il aurait admis sa responsabilité nous paraît être sa volonté d’envoyer un message fort à l’opinion mondiale. Toutefois l’idée d’une fabrication vidéo totale n’est pas à exclure. Par exemple, il paraît étonnant que Ben Laden évoque qu’à un moment des compatriotes aient caressé l’idée que la visite du président Bush en 1991 eût eu pour conséquence de réformer le pouvoir saoudien… En dehors de ce détail, le contenu du message et la réaction des autorités, des médias et des candidats semblent correspondre à une déclaration surprise authentique. Il ne semble pas que le but ait été d’avantager l’un des candidats par rapport à l’autre. Le personnage apparaissant comme étant Ben Laden lance certes une pique assez cinglante contre Georges Bush, resté écouter une histoire de chèvre dans une salle de classe ce qui aurait permis de retarder la défense aérienne, et l’on se demande s’il n’a pas été inspiré par des opposants internes à M. Bush. Mais le message n’a pas la moindre illusion sur les candidats, le vrai problème étant le système à moitié géré par des militaires, et à moitié par des fils de présidents, tous les bénéfices des guerres allant à des compagnies privées. A ce titre, il explique même que la Maison Blanche mène les Etats-Unis à la banqueroute comme le souhaite « Al Qaida ». Il prévient par ailleurs les candidats que si la politique américaine reste agressive et implique toujours la destruction et l’assassinat de femmes et d’enfants innocents, et si la sécurité des populations musulmanes n’était pas assurée, celle des Etats-uniens ne le serait pas non plus, quel que soit le candidat pour lequel ces derniers voteraient. Et il semble bien mettre en garde le futur candidat contre une prochaine campagne de mensonges et d’oppression. Bien entendu, sa réapparition risque d’avoir d’abord un effet inverse à celui escompté, et échauffera les esprits du futur président, au moins dans le court terme. Mais il ne s’adresse pas tant à l’élite américaine qu’au peuple américain, dont il sait qu’il ne s’éveillera que s’il craint de nouvelles victimes en son sein. Oussama Ben Laden a bien choisi le moment opportun pour employer pour la première fois l’arme politique d’une menace terroriste, après avoir indirectement reconnu être derrière les attaques du 11 Septembre.

Car le 12 septembre 2001, il déclarait qu’elles avaient été commises par des « groupes terroristes américains ». Le 17 septembre, il niait à nouveau « catégoriquement » toute implication [3]. Dans une interview parue dans le journal pakistanais Ummat, le 28 septembre 2001, il expliquait « à nouveau qu’il n’était pas impliqué », qu’il n’était pas hostile aux Etats-Unis mais au « système qui fait des autres nations des esclaves des Etats-Unis ou les force à hypothéquer leur liberté politique et économique. Ce système est entièrement sous le contrôle des juifs Américains, dont la priorité première est Israël et non les Etats-Unis ». La politique étrangère des Etats-uniens est suffisante pour susciter sur elle « la colère de Dieu », mais, selon lui, il faudrait demander l’identité des auteurs des attaques au gouvernement secret qui se trouve à l’intérieur du gouvernement des Etats-Unis, et rechercher du côté de ceux qui, dans ce gouvernement, « travaillent pour d’autres Etats. Ou des personnes qui voudraient faire de ce siècle un siècle de confrontation entre l’Islam et le christianisme pour sauver leur civilisation, leur nation, leur pays, leur idéologie. Cela pourrait être n’importe qui, de la Russie à Israël, de l’Inde à la Serbie ». Sans oublier les services secrets américains qui réclament chaque année des budgets importants au Congrès [4]. Le 7 octobre 2001, juste avant les attaques contre l’Afghanistan, et malgré les titres de dépêches trompeurs, il ne revendiqua pas les attaques ni ne les loua, « mais loua les individus qui [les] avaient commis » de cette façon : « Quand Dieu a béni un de ces groupes de l’Islam, ils [autre version : l’avant-garde de l’islam] ont détruit l’Amérique (…) Je prie Dieu d’élever leur statut et de les bénir » [5]. Au cours d’un entretien avec le journaliste Tayseer Allouni du 21 octobre, dont la retranscription est pour le moins suspecte, puisque c’est la seule interview citée par le chercheur tendancieux Rohan Gunaratna, et également la seule où M. Ben Laden prononce l’expression « organisation Al Qaïda », il affirme avoir incité au meurtre des Américains et des Juifs, mais ne dit pas avoir organisé les attentats [6]. Le 7 novembre, il répondit à une question d’Hamid Mir sur l’identité musulmane des pirates en disant que les Américains eux-mêmes avaient diffusé une liste de suspects, et que « selon [ses] informations, ils étaient tous passagers » (on peut d’ailleurs se demander pourquoi on ne trouve aucun nom de passager musulman classé parmi les innocents). Il affirma par ailleurs n’avoir aucun lien avec les attaques [7]. Le 26 décembre 2001, dans une cassette datant probablement de mi-décembre, Ben Laden, pâle et fantomatique, répéta qu’il est « inconcevable » que ses fidèles « s’en soient pris à des civils ». « Ceux qui ont commis les attaques étaient dix-neuf étudiants – que Dieu les accepte comme martyrs ». Ils ont « frappé le cœur de la force militaire la plus grande avec l’aide de Dieu » (il fallait au moins cela faute de relations au secrétariat à la Défense !) [8].

Un autre membre supposé d’ « Al Qaïda » Abu Hafs, interrogé par Robert Fisk de The Independent et Yusef Al Shuli d’Al Jazeera, rendit la CIA et le FBI responsables, car ils auraient dû normalement déjouer des terroristes restés des années à l’intérieur des Etats-Unis. Bien que les attaques coïncidaient avec leurs intérêts, ils ne les avaient pas commises [9]!

Le fait de ne rien revendiquer était-il une manière d’éviter des représailles ? Cela paraît peu probable.

  1. Des indices montrent que s’il craignait les représailles, il n’aurait pas commis les attentats. Selon le « n°3 d’Al Qaïda », Khalid Sheikh Mohammed, prétendument capturé vivant et interrogé par les Etats-Uniens, une partie des chefs d’ « Al Qaïda » – mais peut-être tous ? – exprimait la crainte que les Etats-Unis ne répliquent militairement en cas de gros attentat, chose évidemment confirmée par la suite. Ceci dit, pourquoi ce prisonnier, si fier de revendiquer les attentats au nom d’ « Al Qaïda », se mettrait-il soudainement à dévoiler les divisions au sein du mouvement ? Ce qui est rapporté de cette confession reflète-t-il le fait qu’« Al Qaïda » comportait des taupes à des échelons inférieurs ? Ben Laden était-il conscient des tentatives de manipulation par la CIA au sein même de son mouvement ? En tout cas, s’il voulait éviter le pire après les attentats, il est raisonnable de penser qu’il aurait évité de les commettre en premier lieu [10].
  2. Il se peut qu’il ne craignait pas les représailles et les recherchait afin d’enclencher une spirale de violence. Des indices montrent qu’il savait, à la suite des menaces de l’envoyé Tom Simons contre les taliban, qu’une guerre était en préparation contre l’Afghanistan pour l’automne 2001 au cas où les taliban refuseraient de laisser passer un gazoduc du Turkménistan au Pakistan jusqu’à l’Océan Indien. A-t-il alors voulu frapper de manière préventive, comme le supposent certains ? Pour que quelques consciences états-uniennes y voient un acte de représailles vis-à-vis de l’ensemble de la politique états-unienne d’humiliation, d’oppression et de meurtre, et pas seulement vis-à-vis d’un seul pays ? Ne saute-t-il pas maintenant aux yeux du monde que les dirigeants des Etats-Unis se comportent en barbares (bombardant des locaux de la Croix Rouge et des mariages en Afghanistan, exterminant des villageois comme à Falloujah en Irak), sans véritable raison, contre un ennemi non déclaré qui tient plus du croquemitaine imaginaire ? N’est-il pas évident que les Etats-Unis maltraitent leurs prisonniers alors que les taliban ont convenablement traité des journalistes capturés comme Michel Peyrard, Aziz Zemouri, et l’anglaise Yvonne Ridley qui accuse les services britanniques d’avoir voulu sa mort en la faisant passer pour une espionne aux yeux de ses ravisseurs ?

Le 13 décembre 2001, les Etats-uniens avaient diffusé et traduit une cassette vidéo de M. Ben Laden prétendument filmée le 9 novembre. Pourquoi cela prit-il plus d’un mois ? Presque au même moment, le 22 décembre, Richard Reid le converti était accusé d’avoir voulu faire exploser le vol AA63 parti de Paris. Pourquoi tant de motifs d’incrimination de la nébuleuse « Al Qaïda » à ce moment précis ?

  1. Parce que le 11 décembre, les Etats-Unis venaient de se retirer du traité anti-missiles balistiques, et qu’ils avaient testé, le lendemain, une explosion nucléaire souterraine au Nevada ?
  2. Parce que la rumeur voulait que Ben Laden ait été enterré à Tora Bora vers le 15 décembre, un responsable afghan ayant même déclaré avoir vu sa dépouille mortelle [11], et qu’il était par conséquent impossible au cheikh de démentir la traduction nord-américaine ?
  3. Parce que la seule preuve d’un lien entre les terroristes et « Al Qaïda » avait mal tourné ? Rappelons en effet l’affaire du transfert de 100 000 dollars sur le compte de Mohammed Atta. Quelqu’un avait identifié – on ne sait comment – le numéro de téléphone de la personne à l’origine du transfert à partir du Pakistan, le britannique Omar Saeed Sheikh – que certains considèrent comme un agent des services pakistanais, et qui était, comme par hasard, le suspect n°1 pour l’assassinat du journaliste Daniel Pearl et pour les actes de terrorisme au Kashmir. Et la presse indienne avait annoncé que M. Sheikh avait reçu ses ordres du chef des services pakistanais, le général Mahmud Ahmad (Times of India du 9 Octobre 2001). Or ce général s’était rendu à Washington le 4 septembre pour rencontrer le directeur de la CIA Georges Tenet, et le matin même du 11 septembre pour s’entretenir avec Bob Graham et Porter Goss, les congressistes membres des commissions du renseignement au Sénat et à la chambre des représentants. Ces derniers étaient déjà venus au Pakistan à la fin du mois d’août 2001 et devinrent plus tard responsables de la commission d’enquête officielle sur le 11- septembre (alors même que M. Goss, maintenant directeur de la CIA, était peu enclin à arrêter M. Ben Laden suite aux renseignements donnés plusieurs années avant l’an 2001 par le membre du congrès Dana Rohrabacher [12]). On commençait donc à se demander si le général Ahmad n’avait pas reçu des ordres des Etats-uniens pour financer une opération à l’intérieur de leur territoire. On pourrait aussi penser que les visites avaient eu pour but d’organiser les manœuvres prévues en Afghanistan, à commencer par l’assassinat sophistiqué du commandant Massoud. Quoiqu’il en soit, la visite de M. Ahmad ternissait l’image des Etats-Unis. Ce dernier fut donc renvoyé, et l’image des services pakistanais, purgés de leurs éléments dits fondamentalistes, en sortit redorée. Mais M. Ahmad ne fut jamais arrêté ni jugé, et refuse de répondre aux questions [13].

Dans ce contexte, la vidéo-confession involontaire de M. Ben Laden était une piqûre de rappel pour journalistes à nouveau alignés. Pourtant, la date de réalisation et le lieu où elle a été retrouvée ont été contestés, et ceux qui ont pris la peine de vérifier la traduction de la bande sonore – parfois difficilement audible –, comme l’équipe du magazine allemand Monitor, ont noté que les traducteurs du Pentagone avaient modifié ou ajouté des morceaux de phrases à des passages importants [14].

Et même dans d’autres passages, les révélations sont suspectes. Un premier exemple laisse penser que les traducteurs ont voulu renforcer la version officielle de l’effondrement des tours, désormais mise à mal : M. Ben Laden, qui aurait reçu une formation d’ingénieur civil, croyait qu’à lui seul « le carburant de l’avion ferait également fondre l’ossature de fer [ou d’acier selon les traductions]» des tours jumelles [15]… Autre exemple allant cette fois-ci à l’encontre de la version officielle : M. Ben Laden n’aurait parlé à son hôte saoudien que de deux groupes impliqués, « un groupe ne connaissant pas l’autre » [16]. On peut donc supposer que seuls deux groupes, et non quatre, étaient chargés d’envoyer des avions dans des cibles, à moins que ces groupes ne fussent censés réaliser des détournements classiques, et que Ben Laden fut surpris de voir qu’ils aient décidé de se suicider. Un de ces groupes a d’ailleurs peut-être échoué dans sa mission. Des histoires ont circulé à propos de deux « terroristes » qui n’avaient justement pas de lien apparent avec les autres, et qui ne seraient pas passés à l’acte. Il se serait agi des dénommés Ayub Ali Khan et Mohammed Jaweed Azmath, des Indiens qui étaient à bord du vol AA43 programmé au départ de Newark pour Los Angeles à 8h10, soit dix minutes après le vol UA93 au départ du même aéroport. On les avait interpellés le lendemain dans un train en possession de cutters, de faux papiers, de teinture pour les cheveux, et de 5000 $ en cash. Qui les avait dénoncés ? Qui les avait payés ? Pourquoi sont-ils toujours sous les verrous ? Ben Laden avait-il prévu une opération-suicide comprenant seulement deux avions décollant de Newark, voire une simple opération de détournements classiques ? Pourquoi ne l’aurait-il pas reconnu lors de ses entretiens ? Craignait-il qu’on lui mette tout sur le dos ? Voulait-il laisser les Etats-uniens s’exciter tout seuls et passer aux yeux du monde pour des néanderthaliens industrialisés, à l’image de Tony Blair qui avança dans un texte tentant d’impliquer Ben Laden, qu’aucun élément avancé contre lui ne tiendrait devant une cour, mais martelait quand même que seule l’organisation « Al Qaïda » avait les motivations et les capacités de perpétrer cet attentat ? M. Ben Laden voulait-il éviter une revendication rapide afin de protéger d’éventuels complices ? Et s’il avait eu des complices à l’intérieur même des Etats-Unis, par exemple des militaires opposés à la mainmise du pouvoir par des financiers, pourquoi n’a-t-il pas fait une critique de fond de la corruption du pouvoir américain actuel avant sa déclaration diffusée le 29 octobre 2004 ?


Références

[1] Trente-sept minutes après le 2e crash, des personnes parlant au nom du Front Démocratique pour la Libération de la Palestine ont appelé la chaîne de télévision d’Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis) pour revendiquer le crash des deux avions contre le World Trade Center. Plus tard, les vrais représentants ont nié toute implication (« Timetable of Terror », The Independent, 11/09/2001).

[2] “Full transcript of bin Ladin’s speech”, copié sur http://cryptome.org/us-eu-gap.htm en même temps que d’autres traductions et retranscriptions partielles, ou sur www.scoop.co.nz/mason/stories/WO0411/S00034.htm.

[3] “Bin Laden says he wasn’t behind attacks”, CNN, http://archives.cnn.com/2001/US/09/16/inv.binladen.denial/index.html. “Osama Bin Laden claims terrorist acts in USA were committed by some American terrorists groups”, http://english.pravda.ru/Accidents/2001/09/12/14910.html

[4] Le Spectre du terrorisme – Déclarations, interviews, témoignages sur Oussama Ben Laden, éditions Sfar, Paris (1 rue Cassini, 75014 Paris), 2001, pp. 83-91. www.ananova.com/news/story/sm_410936.html?menu=news.latestheadlines .

[5] « Bin Laden praises Sept. 11 attacks », Jim Landers, http://multimedia.belointeractive.com/attack/binladen/1007binladen.html.

[7] “Osama claims he has nukes : If US uses N-arms it will get the same response”, www.dawn.com/2001/11/10/top1.htm . Eric Laurent, La face cachée du 11 septembre, p.240.

[8] “Bin Laden defends terrorism vs. US”, Donna Bryson, 27/12/2001, http:/ /multimedia.belointeractive.com/attack/binladen/1227binladentape.html

[9] Ewing2001, 911 Encyclopedia, “Abu Hafs”.

[10] http://9-11commission.gov, « Outline of the 9/11 Plot », p.19.

[11] www.welfarestate.com/binladen/funeral, traduisant Al-Wafd (Egypte), 26 décembre 2001, vol. 15, n°4633.

[12] Ewing2001, 911 Encyclopedia, “Rohrabacher”, http://news.globalfreepress.com/ewing/911SkepticsUnite.html

[13] [http://xymphora.blogspot.com, September 30, 2002. “Mysterious September 11 Breakfast Meeting on Capitol Hill”, www.globalresearch.ca/articles/CHO308C.html. Chaïm Kupferberg, « There’s Something About Omar : Truth, Lies and the legend of 9/11 », 21 octobre 2003, http://globalresearch.ca/articles/KUP310A.html. www.lidiotduvillage.com/article.php3?id_article=1789.

[14] Eric Laurent, La face cachée du 11 septembre, pp.244-7.

[15] Yosri Fouda et Nick Fielding, Les cerveaux du terrorisme, septembre 2003, Editions du Rocher, p.197.

 

Guantanamo : le Secret de Hamdan

Même le chauffeur de Hitler n’avait pas été condamné pour crime
Guantanamo : le Secret de Hamdan

Par Bruce Jackson, pour Counterpunch, le 9 août 2008
Traduction VD pour
Le Grand Soir, le 10 août 2008

Salim Ahmed Hamdan n’a pas de secrets à révéler sur Ben Laden et ses complices. La seule chose que Salim Ahmed Hamdan sait et que Ben Laden ignore, c’est la même chose que vous et moi ignorons : c’est ce que les interrogateurs de Bush lui ont fait subir dans leur prison sur cette île. Les secrets de Salim Ahmed Hamdan ne sont pas des secrets sur Al Qaïda, ce sont des secrets sur les agissements du gouvernement des Etats-Unis.

Après une semaine de procès – totalement interdit au public, une majeure partie interdite à la presse, et une bonne partie basée sur des témoins que les procureurs n’ont pas autorisés à être interrogés ni même présentés à la cour – cinq colonels et un capitaine de la marine ont jugé Ahmed Hamdan coupable d’avoir été le chauffeur de Ben Laden. Ils l’ont condamné à une peine de 66 mois de prison, soit cinq mois de plus que la peine annoncée par le juge d’instruction et qui correspondait au temps qu’il avait déjà passé en prison.

Salim Ahmed Hamdan est en prison depuis qu’il a été arrêté en Afghanistan au mois de novembre 2001, il y a 80 mois. 15 mois n’ont donc pas été comptés comme « temps passé en prison ». Ce temps a certainement compté pour Hamdan et sa famille.

Pendant les procès à Guantanamo, les accusés n’ont pas le droit d’être confrontés aux accusateurs ni aux témoins. Les ouï dires peuvent être présentés comme pièces à conviction. Des indices obtenus par des méthodes de coercition sont acceptés. Les juges peuvent exclure des éléments obtenus par des méthodes qu’ils réprouvent – ce qui semble avoir été le cas ici – mais ils ne sont pas obligés. Absolument rien de tout ce qui précède ne serait toléré dans aucun tribunal des Etats-Unis, mais la méthode serait adorée par tous les dirigeants des pires systèmes totalitaires. Ce système est destiné à produire des condamnations, pas à rendre la justice. C’est le système choisi et mis en place par George W. Bush, Dick Cheney, John Woo et leurs complices, qui n’ont eu aucun mal à le faire accepter par un Congrès complaisant.

Le gouvernement des Etats-Unis porta plusieurs accusations contre Hamdan. Le jury militaire l’a acquitté des accusations les plus graves – qu’il faisait partie de la conspiration des dirigeants d’Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilité dans les attaques terroristes de 2001, et qu’il avait aussi conspiré en 2001 pour tuer des Etats-uniens en Afghanistan avec un lance-missile.

Au final, il fut condamné pour avoir été le chauffeur de Ben Laden, d’avoir été un membre d’Al Qaïda et de « connaître les objectifs de l’organisation ». Ceci est la première fois dans l’histoire des Etats-Unis qu’un chauffeur sans aucune responsabilité avérée – sinon celle d’avoir à transporter son patron en temps et en heure à l’endroit prévu – est poursuivi et jugé coupable par un tribunal militaire pour une raison quelconque. Plusieurs commentateurs ont souligné que le chauffeur et garde du corps de Hitler – le major SS-Sturmbannführer Erich Kempka – fut détenu un temps comme témoin pendant les procès d’autres nazis, mais n’avait pas été lui-même accusé à Nuremberg ni ailleurs.

Le verdict et la courte peine prononcée constituent un revers pour les procureurs, qui avaient demandé que la charge de « chauffeur de Ben Laden » soit punie de 30 ans de prison, et un revers aussi, par extension, pour l’administration Bush qui avait misé une bonne partie de sa crédibilité sur ce procès. Après coup, les procureurs ont tenté de sauver les meubles en déclarant qu’il s’agissait d’une illustration parfaite du bon fonctionnement de ce nouveau système judiciaire. Il n’y a rien eu de tel. Ce fut une abomination, une parodie de justice, une farce juridique où certaines personne ont tenté d’agir avec dignité malgré un contexte qui rendait la chose pratiquement impossible.

Apparemment, il n’y avait aucune preuve que Hamdan ait eu un lien quelconque avec les attaques du 11 Septembre ni même qu’il savait quelque chose avant que les attaques ne se produisent. Les procureurs du gouvernement étaient probablement conscients de la légèreté de leurs accusations et c’est pour cela qu’ils ont ajouté l’accusation de « chauffeur de Ben Laden » deux ans après que les premières accusations aient été prononcées. Malgré cela, pourquoi ont-ils dépensé autant de temps et d’argent à persister dans des accusations dont ils connaissaient la légèreté ? Peut-être parce qu’ils présumaient que les six militaires membres du jury seraient plus tentés de protéger leurs carrières que de sauver leur honneur ou de servir la justice. Ces jurés étaient sûrement au courant des avocats militaires qui avaient défendu les droits constitutionnels des prisonniers et qui ont vu leurs carrières brisées. Si tel était leur calcul, les procureurs ont commis une monumentale bourde.

Pratiquement tous les éléments à charge contre Hamdan ont été apparemment tirés à partir de ses propres déclarations extorquées au cours de 40 interrogatoires, dont certains ont duré des journées entières. J’écris « apparemment » parce que ce que Hamdan a dit fait partie des choses gardées secrètes et cachées au nom de la « sécurité nationale ».

Ce qui amène deux questions : cachées à qui ? Et pourquoi ?

A part ce qui lui estarrivé depuis sa capture et son transfert par les Etats-uniens au goulag offshore à Cuba, Hamdan ne sait rien de plus que ses employeurs ne savaient à la date de son arrestation, il y a sept ans. En fait, une des raisons pour lesquelles les accusations les plus graves contre lui ont finalement été abandonnées était que les procureurs savaient qu’ils n’arriveraient pas un convaincre un jury.

Il a été maintenu en isolement, persécuté et, très vraisemblablement, torturé pendant des années par ses geôliers US. Ses anciens employeurs doivent présumer qu’à ce jour il a déjà raconté tout ce qu’il savait et qu’il a du même inventer des choses pour faire cesser les tortures.

Salim Ahmed Hamdan n’a pas de secrets à révéler sur Ben Laden et ses complices. La seule chose que Salim Ahmed Hamdan sait et que Ben Laden ignore, c’est la même chose que vous et moi ignorons : c’est ce que les interrogateurs de Bush lui ont fait subir dans leur prison sur cette île. Les secrets de Salim Ahmed Hamdan ne sont pas des secrets sur Al Qaïda, ce sont des secrets sur les agissements du gouvernement des Etats-Unis.

Si vous êtes assez âgé, cela pourrait vous rappeler quelques souvenirs. Pendant l’offensive du Têt au Vietnam en 1968, et encore pendant quelque temps après, le Département de la Défense des Etats-Unis dressait le bilan des victimes parmi les Etats-uniens et leurs alliés, mais refusait de divulguer le bilan des victimes de l’Armée de Libération Nationale. Les chiffres étaient sans ambiguïté : il suffisait de compter les cadavres sur le terrain. Mais le Département de la Défense disait que cette information était classifiée et devait rester cachée. Alors, hier comme aujourd’hui, la question est posée : cachée à qui ? Et pourquoi ? Les Vietnamiens savaient combien de personnes ils envoyaient au combat et combien en revenaient, et ils savaient faire des soustractions, aussi connaissaient-ils parfaitement le nombre de victimes dans leurs propres rangs. Les seuls qui ne savaient pas étaient les Etats-uniens et leurs alliés. Le Département de la Défense ne cachait donc pas les chiffres à nos ennemis, mais à nous.

Ce qui est arrivé à Salim Ahmed Hamdan n’est pas la seule chose que la Maison Blanche s’évertue à nous cacher. Elle a fait bannir les photographes dont les journaux publiaient les images des GI’s morts. Elle a banni toute couverture par la presse et toute photographie des retours de cercueils. Elle a banni toute couverture de funérailles militaires même lorsque les familles des GI’s tués souhaitent la présence de la presse. Nous ne connaissons toujours pas les noms des dirigeants de l’industrie pétrolière que le Vice-président Cheney a rencontré durant la première année de son mandant, juste avant que l’administration ne formule sa politique pétrolière. Cette administration est remplie de secrets, de choses qu’elle ne veut pas laisser savoir, voir ou entendre.

Le seul instant de dignité de cette farce que fut ce procès du goulag à Guantanamo fut peut-être tout à la fin, après que la sentence ait été prononcée et juste avant que Hamdan n’ait été emmené là où ils vont le planquer en attendant de décider de son sort. Il n’a plus que quelques mois à accomplir mais l’administration Bush a toujours insisté qu’il était un combattant ennemi dangereux, qu’il faisait partie d’une catégorie de personnes pour qui, insiste l’administration, n’existe aucun droit et qui peut être maintenu indéfiniment en prison tant que les Etats-Unis seraient engagés quelque part dans le monde dans ce qu’ils considèreraient comme une guerre contre le terrorisme. En décembre, lorsqu’il aura accompli sa peine, retournera-t-il à la maison ou sera-t-il maintenu dans une glacière jusqu’à ce que les Etats-Unis élisent un Président qui croit à l’Etat de droit et qui agit en conséquence ?

« M. Hamdan » a dit le juge, « J’espère qu’un jour viendra où vous retrouverez votre femme, vos filles et votre pays. »

« Inch Allah » a répondu Hamdan. Un interprète a traduit de l’arabe : « Si Dieu le veut ».

« Inch Allah » a répondu le juge.

Rapport de la CIA : Ben Laden est en train de mourir d’une insuffisance rénale

La fuite de nouveaux détails prouve une campagne de propagande destinée à intensifier l’activité militaire.

Steve Watson Infowars.net Mercredi 2 juillet 2008, paru sur Prison Planet

Un rapport top secret de la CIA divulgué au magazine TIME, suggèrant qu’Oussama ben Laden n’en a plus que pour 6 ou 8 mois à vivre, révèle une propagande dirigée constitutive d’un effort pour intensifier la guerre contre la terreur durant les mois restants de l’administration Bush.

Les « fuites » suggèrent que des sources à l’intérieur de la CIA « se sont ostensiblement débrouillées pour obtenir le nom de certains des médicaments que prend ben Laden » et en ont conclu que l’ancien atout du renseignement est en train de mourir d’insuffisance rénale.

En gros, ils savent quelles pilules il prend, mais ils n’ont aucune idée où il se les procure.

La même semaine où arrivaient ces informations, il fut révélé que le Pakistan avait un accord permettant aux drones Predator manoeuvrés par la CIA de survoler le pays et de bombarder des cibles dans leur soi-disant « chasse » à ben Laden.

En prime, des détails d’un plan secret du Pentagone pour envoyer des forces spéciales U.S. dans les sauvages régions tribales du Pakistan en vue de trouver ben Laden ont également fait surface. Ces plans n’auraient pas été exécutés en raison de querelles internes à la Maison-Blanche.

L’article du TIME commente: «Si ben Laden est mourant, la nouvelle sera sans aucun doute accueillie avec quelque ambivalence. D’une part, son départ est ce que le gouvernement U.S. a ardemment essayé de hâter – bien avant le 11 Septembre. Mais la mort par maladie du rein n’est pas ce qu’ils avaient en tête. "Ne serait-ce pas une situation tragique si, malgré tout ces efforts, ben Laden mourait sans que cela se produise des mains des forces de la coalition?" » a dit un actuel haut fonctionnaire de l’anti-terrorisme.

En effet, quelle fin glorieuse ce serait pour le mandat de Bush que le Président puisse se percher sur le corps pourrissant de ben Laden, l’homme qu’il avait fait le voeu de capturer « mort ou vif », et de proclamer que tout ce sur quoi la machine de guerre des néo-conservateurs avait travaillé pendant les 7 dernières années valait bien le coup.

Dans ce cas il vaut mieux se mettre au travail car, selon la CIA, exactement comme Bush, ben Laden n’en a plus que pour quelques mois.

Le seul petit problème avec tout cela, c’est bien sûr que ben Laden était à l’article de la mort pour cause d’insuffisance rénale chronique depuis déjà au moins 8 ans.

Selon le journal français Le Figaro, ben Laden était sous dialyse [NdT: lien en français] après s’être fait expédier une machine de dialyse à sa base de Kandahar en Afghanistan, en 2000, et quand la CIA lui a rendu personnellement visite à l’hôpital de Dubaï. D’autres récits suggèrent qu’il souffrait aussi d’une hépatite C à cette époque et qu’il ne lui restait plus que 2 ans à vivre.

Les journalistes qui ont rencontré ben Laden avant le 11 Septembre ont par la suite clamé leur incrédulité quant au fait qu’il ne soit pas apparu en vidéo après décembre 2001 pour se vanter de ne pas avoir été capturé. Depuis ce temps, chacune des bandes vidéo de ben Laden qui ont été rendues publiques n’a plus contenu que de vagues messages non spécifiques et, dans bien des cas, la bande était ancienne et trafiquée.

« Avec un ego de la taille du Mont-Everest, Oussama ben Laden ne serait pas, n’aurait pas pu rester silencieux si longtemps s’il était toujours en vie. Il a toujours aimé se faire attribuer le mérite même de choses avec lesquelles il n’avait rien à voir. Serait-il resté silencieux 9 mois durant sans claironner sa propre survie? » écrivait Amir Taheri du New York Times en juillet 2002.

Une très bonne raison pour Oussama d’être resté silencieux après 2001 pourrait être le fait qu’il est probablement mort le 26 décembre de cette même année, selon un reportage de l’Observer pakistanais qui citait un officiel taliban disant que ben Laden était mort d’une complication pulmonaire non traitée et qu’il avait assisté à ses funérailles.

En 2002, CNN rapporta que le président pakistanais Pervez Musharraf croyait que ben Laden était mort: [Un fonctionnaire de l'administration Bush] dit que selon les renseignements U.S. ben Laden a besoin d’une dialyse tous les trois jours et que « cela peut évidemment poser un problème quand tu cours d’un endroit à l’autre, et que tu dois envisager de devoir produire de l’électricité dans une cachette en montagne ».

D’autres ont défrayé la chronique en soulignant qu’ils tenaient ben Laden pour mort. Parmi eux: le président afghan Hamid Karzaï, le chef du contre-terrorisme du FBI Dale Watson, des sources du renseignement israélien, l’ancien Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto, le professeur Bruce Lawrence, expert de ben Laden et chef du programme d’études religieuses de l’université de Duke.

En outre, un mémo des services secrets français ayant fuité en septembre 2006 concluait que ben Laden était mort de typhoïde par empoisonnement le mois précédent. Le mémo citait des sources des services secrets d’Arabie saoudite qui étaient convaincues que ben Laden était mort au Pakistan.

« L’information récoltée par les Saoudiens indique que le chef d’Al-Qaïda fut victime, quand il était au Pakistan le 23 août 2006, d’un cas très grave de typhoïde qui entraîna une paralysie partielle de ses organes internes » déclare le mémo français.

En se basant sur les indices disponibles, la Maison-Blanche sait avec certitude que ben Laden est mort, ou du moins le suspecte fortement, et qu’il l’est depuis plusieurs années, mais ils ont choisi de conserver son mythe pour des raisons de propagande politicienne, comme un hameçon sur lequel accrocher l’avance de l’agenda des néo-conservateurs impérialistes.

Traduit de l’anglais par Perry et Stéphane Barthe pour ReOpenNews


=> Notes de ReOpenNews : les articles référencés dans le texte sont pour la plupart en anglais, nous nous en excusons d’avance auprès de nos lecteurs non anglophones. Lisez aussi la ReOpenNews sur Les dessous de la traque de Ben Laden

Le New York Times révèle les dessous de la traque de Ben Laden

Selon le blogue informé de Matt Drudge (DrudgeReport.com), l’administration Bush est furieuse à l’encontre du New York Times car ils ont appris qu’un article à paraître demain révèlerait les dessous de la traque de Ben Laden. Un débat existerait entre le Pentagone et d’autres agences dont la CIA concernant le meilleur moyen de retrouver le leader d’Al Quaeda.

Le gouvernement Bush serait très embarrassé par la révélation des dissensions internes au sein des agences censées traquer le terroriste le plus recherché par les Etats-Unis d’Amérique.

Source : EnAmerique.com, le 29 juin 2008


Cette nouvelle est à mettre en perspective avec cette courte vidéo tirée du documentaire français OBL, Les ratés d’une traque.

Les journalistes y racontent qu’à deux reprises des soldats français en Afghanistan ont eu la possibilité d’intercepter et même d’abattre le chef d’Al-Qaïda. Chaque fois, les Américains les en ont empêché. Si l’administration Bush n’a pas réagi, à Paris le documentaire a suscité déjà remous. A tel point que le ministère français de la Défense a pris la peine d’apporter un démenti : « Pure affabulation », selon le porte-parole du ministère français de la Défense.

Ces révélations rejoignent pourtant celles de deux soldats Américains, membres des Forces spéciales, dont l’ouvrage en français Sur les traces d’Al-Qaïda paru fin 2004, est curieusement passé inaperçu. Plus d’informations sur cet ouvrage sur The political Machine.

[Mise à jour 2 juillet 2008 : L'article mentionné par Matt Drudge a en fait été publié par l'International Herald Tribune : http://www.iht.com/articles/2008/06/30/america/30tribal.php]

La Force des Cauchemars: Les Ombres dans la Caverne

Traduction de Géant Vert – Mars 2008

La Force des Cauchemars essaie d’évaluer si la menace d’une organisation terroriste cachée et bien organisée est une illusion ou pas. La partie finale de l’émission explique comment cette illusion a été créée et qui en sont les bénéficiaires.

Ben laden

Profitant du choc et de la vague de panique consécutifs aux attaques du World Trade Center le 11 Sept 2001, les néoconservateurs ont rebâti les Islamistes radicaux à l’image de leur ennemi juré d’hier, l’Union Soviétique – un sinistre réseau de terreur orchestré par Oussama Ben Laden depuis sa caverne en Afghanistan.

Il y a dans le monde des individus et des groupes dangereux et fanatiques, inspirés par les idées des islamistes extrémistes et prêts à utiliser des techniques de terrorisme de masse – les attaques en Amérique et à Madrid le montrent très clairement. Mais la vision cauchemardesque d’une unique organisation puissante et prête à frapper nos sociétés est une illusion.

Quel que soit l’endroit où l’on cherche cette organisation Al-Qaïda, depuis les montagnes d’Afghanistan jusqu’aux cellules dormantes en Amérique, les Britanniques et les Américains poursuivent un ennemi fantôme.

Mais la raison pour laquelle personne ne remet en cause cette illusion est que cet ennemi cauchemardesque fournit à une multitude de groupes un nouveau pouvoir et une nouvelle influence dans cette époque cynique, et pas seulement à des politiques.

Les esprits les plus noirs détiennent désormais le pouvoir.

Dans la première partie, cette émission a étudié les origines du néo-conservatisme et du radicalisme islamiste dans les années 50.

La deuxième partie a examiné comment les islamistes radicaux et les néoconservateurs ont battu l’Union Soviétique en Afghanistan.

« La force des Cauchemars » sera diffusée durant les trois soirées du Mardi 18 au Jeudi 20 Janvier 2005 à 23h20 GMT sur BBC 2. La dernière partie a été mise à jour après la nouvelle loi de la Chambre des Lords promulguée en Décembre, qui interdit de détenir sans procès des étrangers suspectés de terrorisme.

Article de BBC NEWS
http://news.bbc.co.uk/go/pr/fr/-/2/hi/programmes/3970901.stm
Publié le 14/01/2005 à 11h54 GMT

Le Pentagone avoue qu’il n’y avait pas de lien entre Saddam Hussein et Al-Qaida

Cinq ans après le début de la guerre en Irak, une vaste étude du Pentagone, publiée dans la plus grande discrétion, confirme l’absence de lien direct entre l’ancien président irakien Saddam Hussein et le réseau Al-Qaida, que l’administration Bush avait mis en avant pour justifier l’invasion de l’Irak

 

Mercredi 12 mars, le Pentagone a annulé une conférence de presse sur la question et les militaires américains ont limité la distribution de cette étude. Impossible de se la procurer sur Internet : le document est uniquement disponible sur demande avant d’être envoyé par courrier. Cette étude, basée sur l’analyse de 600 000 documents officiels irakiens et sur des milliers d’heures d’interrogatoires d’anciens collaborateurs de l’ancien président irakien, "n’a trouvé aucune connexion directe entre l’Irak de Saddam [Hussein] et Al-Qaida".

D’autres rapports, rédigés par la commission d’enquête sur le 11-Septembre ou encore par les services de l’inspecteur général du Pentagone, en 2007, étaient déjà arrivés à la même conclusion, mais aucune étude avant celle-ci ne reposait sur autant d’informations.Selon le résumé de l’étude, disponible sur le site de la chaîne ABC, "Saddam Hussein soutenait des groupes terroristes et le terrorisme d’Etat était devenu un outil de routine du maintien du pouvoir", mais "les cibles privilégiées de cette terreur d’Etat étaient les citoyens irakiens".
Sur son site, ABC rappelle qu’en 2004, le président américain George W. Bush avait déclaré, cité par le Washington Post : "La raison pour laquelle je continue de dire qu’il y a un lien entre l’Irak, Saddam et Al-Qaida est parce qu’il y a un lien entre l’Irak et Al-Qaida." Un an plus tôt, c’était le vice-président de l’époque, Dick Cheney, qui déclarait sur NBC : "Nous savons qu’il (Saddam Hussein) a de nouveau essayé de fabriquer des armes nucléaires et nous savons qu’il entretient des relations de longue date avec des groupes terroristes, dont Al-Qaida."

 

Source: Le Monde

Pourquoi détruire les bandes vidéo du 9-11 ?

 

Par Paul Craig Roberts, le 3 février 2008

Contrairement aux deux présidents de la Commission du 9-11, Thomas Kean et Lee Hamilton, beaucoup d’Étasuniens se contentent de son rapport. Max Cleland, un sénateur membre de la Commission du 9-11 qui a démissionné, n’était lui non plus pas satisfait. Il a raconté au Boston Globe (13 novembre 2003) : « Cette enquête est maintenant compromise. » Même Louis Freeh, ancien directeur du FBI, a écrit dans le Wall Street Journal (17 novembre 2005) qu’il y a des inexactitudes dans le rapport de la commission et des « questions qui ont besoin de réponses. »

Kean et Hamilton ont tout deux déclaré publiquement à deux reprises, une fois en 2006 dans leur livre, Sans précédent : L’histoire interne de la Commission du 9-11, et de nouveau le 2 janvier 2008 dans le New York Times, qu’il y a des inexactitudes dans le rapport, et des questions sans réponse ou avec des réponses insatisfaisantes.

Le deuxième jour de cette nouvelle année, Kean et Hamilton ont accusé la CIA d’obstruction à leur enquête : « Ce que nous savons, c’est que les fonctionnaires ont décidé de ne pas informer un organisme légalement constitué, créé par le Congrès et le Président, pour enquêter sur l’une des plus grandes tragédies que ce pays ait affrontée. Nous appelons ça de l’obstruction. »

Dans leur livre, Kean et Hamilton ont écrit qu’ils ont été dans l’impossibilité d’avoir « accès aux détenus témoins vedettes, qui étaient les seules sources possibles d’informations internes sur le complot du 9-11. »

Les seules informations permises à la commission, sur ce que les interrogatoires ont appris des meneurs présumés du complot, tels que Khalid Cheikh Mohammed, sont venues de sources de « troisième main. » La commission n’a pas été autorisée à questionner les prétendus comploteurs en détention, ni même à rencontrer ceux qui les avaient interrogés. En conséquence, écrivent Kean et Hamilton, « Nous n’avions aucun moyen d’évaluer la crédibilité des informations des détenus, » celle fournies des mains d’un parti tiers. « Comment pouvions-nous dire si quelqu’un comme Khalid Cheikh Mohammed nous disait la vérité ? »

Le fait que les bandes vidéo des interrogatoires existaient a été caché à la Commission du 9-11.

Les bandes vidéo ont été détruites depuis. La destruction de ces vidéos est devenu un problème à cause de l’implication de la Maison Blanche dans la décision de les détruire, et on pense qu’elles ont été détruites parce qu’elles révèlent les méthodes de torture que l’administration Bush nie utiliser.

Selon le Président Bush, les États-Unis ne pratique pas la torture, même si lui et son Ministère de la Justice (sic) font valoir le droit à torturer.

La torture est une diversion ? La Commission du 9-11 n’a été chargée d’enquêter ni sur les méthodes d’interrogatoire, ni sur le traitement des détenus. Cette commission a été chargée d’enquêter sur la participation d’Al-Qaïda, aux attentats du 9-11, et d’identifier les auteurs de cet acte terroriste. Il n’y a aucune raison de refuser à la commission les preuves vidéo des aveux impliquant Al-Qaida et Oussama ben Laden.

La preuve vidéo a-t-elle été refusée à la Commission du 9-11 parce que les auteurs présumés du complot n’ont ni avoué, ni impliqué Al-Qaïda, ni mis en cause Ben Laden ? Quelqu’un pense-t-il sérieusement que la preuve de la confession n’aurait pas été révélée ? Des preuves qui auraient évité ce qui est devenu une énorme industrie de chercheurs de vérité sur le 9-11, qui implique un grand nombre de gens hautement crédible.

L’administration Bush n’avait aucune raison de redouter la question de la torture. Les notes de service du Ministère de la Justice en ont légalisé l’usage, et le Congrès a adopté une loi, signée par le Président Bush, qui protège rétroactivement les interrogateurs étasuniens qui ont torturé des détenus. La Loi sur les Commissions Militaires, adoptée en septembre 2006 et signée par Bush en octobre 2006, dépouille les détenus des protections des Conventions de Genève : « Aucun combattant ennemi étranger hors-la-loi, soumis à procès par une commission militaire en vertu du présent acte, ne peut invoquer les Conventions de Genève comme source de droits. » D’autres dispositions de la loi privent les détenus des procès rapides, des protections contre la torture, et de l’auto-incrimination. La loi comporte une disposition qui protège les tortionnaires rétroactivement contre des poursuites pour crimes de guerre.

L’administration Bush a habilement tiré parti des affirmations de torture pour transformer la destruction des bandes vidéo par la CIA en « une histoire de torture. » Il est beaucoup plus probable que les bandes aient été détruites parce qu’elles révèlent l’absence d’aveux sur le complot. Comme le demandent Kean et Hamilton, sans preuve, comment connaissons-nous la vérité ? Tout ce que nous avons, c’est la parole de l’administration, qui nous a raconté que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive et qui nous dit, tout en s’asseyant sur le rapport du NIE, qui concluait que l’Iran avait mis fin à son programme d’armement en 2003, que l’Iran a un programme d’armes nucléaires en cours et est près d’avoir une arme nucléaire.

Et la cassette vidéo où Ben Laden accepte la responsabilité des attentats du 9-11 ? Tout indique que cette bande est un faux. Le Ben Laden de « la confession vidéo » du 9 novembre 2001 ne ressemble en rien au Ben Laden de la dernière vidéo confirmée de décembre 2001.

Récemment, le journal italien, Corriere Della Sera, a annoncé que l’ancien président d’Italie, Francesco Cossiga, a dit que le renseignement italien avait conclu que la confession vidéo de Ben Laden était un faux.

Dans le Washington Post en ligne du 1er février 1999, William Arkin décrivait une technologie de morphing de la voix [interpolation des changements avec le vieillissement, NDT], mise au point par le laboratoire de Los Alamos du gouvernement. Arkin a rapporté que le morphing numérique, incluant l’apparence, « venue avec l’âge, est disponible pour servir dans les opérations psychologiques. »

La journaliste d’investigation Kristina Borjesson nous rappelle que, « six jours après le 9-11, CNN a signalé que Ben Laden avait envoyé à Al-Jazira une déclaration qui démentait son implication. » Elle nous rappelle aussi que le FBI a dit qu’il n’avait aucune preuve solide de la responsabilité de Ben Laden dans le 9-11. Le FBI recherche Osama pour les attentats contre les ambassades étasuniennes de Tanzanie et du Kenya en 1998, pas pour le 9-11. Borjesson signale aussi que, dans la « confession vidéo, » Ben Laden se révèle écrivant de la main droite, mais il est connu être gaucher.

Si le Ben Laden de la « confession vidéo » est en fait un faux, comme il paraît l’être, pourquoi courir le risque de créer ce genre de vidéo si la CIA a celles des aveux des présumés participants d’Al-Qaïda au complot du 9-11 ?

Pourquoi détruire ces pièces à conviction, surtout après que la torture ait reçu l’aval du Ministère de la Justice et du Congrès des États-Unis ?

 

Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l’administration Reagan. Il est l’auteur de Supply-Side Revolution : An Insider’s Account of Policymaking in Washington, Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l’entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d’inconduite des procureurs.

 

Original : http://www.vdare.com/roberts/080203_tapes.htm
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info