La destruction de preuves matérielles sur le site du World Trade Center

 

 


Ted Walter, Tony Szamboti, et Dennis McMahon, pour AE911Truth, le 11 avril  2018

Traduit par Christophe pour ReOpenNews

 

Cet article était à l’origine une lettre adressée à Cy Vance, procureur de la République de Manhattan, à l’occasion d’une campagne de quatre semaines, menée en 2010 par la Coalition New-yorkaise pour la Responsabilité Comptable Immédiate (NYC CAN). Toutes les semaines, des centaines de militants y prenaient part en envoyant des lettres similaires au procureur de la République, afin qu’il ouvre une enquête sur la destruction du World Trade Center 7. La quatrième et dernière lettre de la campagne offrait une information sourcée, accessible au grand public, sur la destruction illégale de preuves matérielles, et identifiant les responsables de l’ordre et de la mise en oeuvre du recyclage de l’acier.

 

Art. 205 du Code pénal de New York, obstruction aux poursuites, § 205,50

« [Une] personne "se rend complice de crime" lorsque, avec l’intention d’empêcher, d’entraver, ou de retarder, l’arrestation ou l’identification … d’une personne dont elle sait qu’elle a commis un crime, ou qu’elle soupçonne d’avoir commis un crime, elle supprime, par une quelconque action de dissimulation, d’altération ou de destruction, n’importe quelle preuve matérielle susceptible d’aider à découvrir ou appréhender une telle personne, ou de porter plainte contre elle… » [1]

Reconnaissance officielle de destruction de preuves matérielles provenant du WTC

  • Commission de la Science, Chambre des Députés des Etats-Unis, 6 mars 2002 [2] :

« Dans les mois qui ont suivi les attaques terroristes et qui ont précédé le déploiement de la FEMA (Building Performance Assessment Team (équipe BPAT), une quantité significative de débris en acier —dont la plupart de l’acier des étages supérieurs— ont été prélevés du tas de gravats, coupés en petits morceaux, et soit fondus dans l’usine de recyclage, soit expédiés par voie maritime en dehors des États-Unis. Certaines des pièces d’acier critiques —y compris les fermes de suspension du sommet des tours et les poteaux intérieurs— étaient parties avant que les premiers membres de la BPAT aient pu approcher du site. Heureusement, un chercheur indépendant de la NSF, voyant que de pièces à conviction essentielles étaient en cours de destruction, tenta d’intervenir avec la Ville de New York pour les sauvegarder, mais la Ville n’a pas jugé utile de suspendre le contrat de recyclage. »

  • Joseph Crowley, député au Congrès, 7e District, New York [3] :

« Il y a eu tant de pièces de perdues pendant ces six derniers mois, que nous ne pourrons jamais y revenir et les rapporter. Et ce n’est pas que par malchance, c’est à la limite du crime. »

  • Jonathan Barnett, PhD, enquêteur de la BPAT [4] :

« Normalement, quand vous constatez une défaillance structurelle, vous parcourez avec soin la zone de débris, à la recherche de chaque échantillon —vous photographiez chaque poutre telle qu’elle s’est effondrée et chaque poteau où il est sur le sol, et vous les ramassez très soigneusement et vous examinez chaque élément. Nous avons été incapables de faire cela dans le cas de la tour n°7. »

Contrôle du déblaiement du WTC

Après les attaques, selon le New York Times (NYT), le protocole de déblaiement et d’enquêtes consécutifs à une catastrophe n’a pas été observé [6] :

« Dans d’autres catastrophes, la FEMA, l’Army Corps of Engineers, et d’autres agences fédérales, ont joué un rôle plus central par leurs prises de décision sur le déblaiement et les enquêtes. Mais dès le début, elles ont trouvé que la ville de New York avait un niveau d’expertise en ingénierie et en construction incomparable avec ce qu’elles avaient rencontré auparavant. »

« Elles veulent faire beaucoup de choses par elles-mêmes, a dit Charles Hess en charge de la gestion de l’intervention d’urgence de l’Army Corps. »

Le Service des Projets et Constructions (DDC) de la Ville de New York a pris le contrôle du site suite à la décision d maire Giuliani de « ne pas respecter les organigrammes, de contourner son propre Bureau de la Gestion des Urgences de la Ville (OEM), et de permettre au DDC d’agir [7] » :

« …il y a eu un changement dans le pouvoir de la direction qui n’a jamais été formalisé et qui, en réalité, n’a pas été justifié par la logique administrative ou des considérations politiques. Les plans d’urgence officiels et secrets de la Ville, rédigés avant l’attaque, prévoyaient que le Service Sanitaire procède au déblaiement après un effondrement d’immeuble. Une femme participant à la rédaction des dernières versions —personne intermédiaire dans la hiérarchie administrative— a dit à l’un des entrepreneurs, une semaine après l’effondrement du WTC, qu’elle ne savait toujours pas exactement ce qu’était le DDC. »

Michael Burton, commissaire délégué du DDC, montra un mépris complet pour la nécessité de préserver des preuves [8]:

« Burton, qui était devenu de fait le Grand chef du travail de déblaiement, avait clairement établi qu’il se souciait fort peu des subtilités d’ingénieurs telles que la question de savoir pourquoi les tours étaient restées debout avant de s’écrouler, le 11 septembre. ‘Nous savons pourquoi elles sont tombées, dit-il. C’est parce qu’ils ont envoyé deux avions dans les tours.’ En revanche, il était complètement plongé dans les détails de l’opération de transport de l’acier, loin du tas de débris. »

Le 28 septembre 2001, 130 000 tonnes de débris avaient déjà été enlevées du site, dans ce qu’un journaliste ayant accès libre au site appela « le programme le plus drastique qu’il soit  possible, de démolition et d’enlèvement de débris. »

La décision de détruire les preuves physiques

Selon les journalistes du NYT James Glanz et Eric Lipton [10],

« Les officiels du DDC, dont Michael Burton, ont décidé d’expédier presque tout l’acier dans des dépôts de ferraille où il serait découpé, expédié et fondu pour être réemployé avant d’être inspecté … Burton a pris la décision avec Richard Tomasetti de Thornton-Tomasetti Engineers. Plusieurs mois plus tard, Tomasetti indiqua que s’il avait su la direction que prendraient les investigations sur la catastrophe, il aurait adopté une position différente. Mais la décision de fondre rapidement l’acier du WTC avait été prise. » (soulignement ajouté par l’auteur)

Toutefois, l’ignorance supposée de M. Tomasetti quant à la nécessité de sauvegarder l’acier pose question compte tenu de ses connaissances en enquêtes d’ingénierie, et compte tenu du fait que son associé Charles Thornton était un membre dirigeant de l’équipe d’ingénieurs rassemblée initialement par l’American Society of Civil Engineers (ASCE) pour enquêter sur la cause des effondrements. L’équipe de l’ASCE, qui devait devenir la BPAT, aurait auparavant demandé que l’acier soit sauvegardé. Selon les journalistes du NYT Glanz et Lipton [11] :

« Le 28 septembre, le NYT a appris que la Ville recyclait l’acier. Lorsque le NYT a contacté Kenneth R. Holden, commissaire du DDC, celui-ci a indiqué que personne de l’équipe enquêtrice ne lui avait demandé de conserver ou d’inspecter l’acier. Il est apparu que l’ASCE avait faxé une demande, mais pas vers le bon fax. Tard dans l’après-midi, après que les journalistes ont transmis le bon n° de fax à l’ASCE, Holden a dit que la demande lui était parvenue. »

Le public sait, depuis le 28 septembre, que le DDC connaissait la demande par la BPAT de sauvegarder l’acier, cependant la décision de le recycler a été maintenue.

Bien sûr, le maire Giuliani —qui avait été procureur général— et le DDC avaient pleinement conscience, avant de décider de recycler l’acier, de l’illégalité qu’il y a à détruire des preuves matérielles. Leur refus de renoncer à recycler l’acier quand l’équipe d’investigation le leur a demandé —après moins de trois semaines dans le processus de déblaiement, avec des centaines de milliers de tonnes d’acier encore récupérables, et un gain négligeable dans la vente de l’acier puisque le financement fédéral pour le déblaiement était presque illimité—, suggère clairement que cette contravention à la loi fut délibérée, et motivée par l’intention d’empêcher la découverte d’un crime dont ils savaient qu’il avait eu lieu.

La poursuite de la destruction de preuves, malgré les protestations publiques

Dans les mois suivants, la ville a ignoré les appels provenant du public à cesser ce recyclage de l’acier. Selon Glanz et Lipton du NYT  [12],

« La décision de poursuivre le programme recyclage a indigné des familles de victimes. Le 14 décembre, près de trois mois après la divulgation du programme, Sally Regenhard se tenait devant l’Hôtel de ville, sous une pluie fine, protestant contre la décision de recyclage. Son fils Christian, un pompier, était mort dans l’effondrement d’une tour. "Nous sommes ici aujourd’hui, disait-elle, pour appeler à arrêter la destruction de preuves, composées principalement d’acier." »

Ce cri a eu pour écho des voix provenant de la communauté des ingénieurs du feu. Bill Manning, rédacteur de Fire Engineering, écrivait le 1er janvier 2002 [13] :

« Depuis plus de trois mois, l’acier structurel du WTC a été sans interruption, et continue d’être, découpé et vendu à la casse. Des pièces à conviction cruciales qui pourraient répondre à de nombreuses questions sur les pratiques de conception d’immeubles de grande hauteur et sur leur résistance au feu, ont été envoyées en Chine par bateau, et on ne les reverra en Amérique que si on achète une nouvelle voiture. Une telle destruction de preuve montre l’incroyable ignorance, de la part des dirigeants, de la valeur d’une enquête scientifique minutieuse sur le plus grand effondrement dû à un incendie, jamais survenu dans l’histoire mondiale. J’ai passé au peigne fin nos règles nationales d’enquêtes sur les incendies, la NFPA 921, et nulle part on n’y trouve de dérogation autorisant à détruire des preuves sur des bâtiments de plus de dix étages. Au train où vont les choses, et si cela continue, l’enquête sur l’incendie et l’effondrement du WTC se résumera à des hypothèses sur le papier et des simulations informatiques. »

Des appels à cesser le recyclage n’a trouvé que des oreilles sourdes. Selon Glanz et Lipton du NYT [14],

« Les fonctionnaires du cabinet du maire ont refusé de répondre pendant trois jours à des demandes écrites et orales de faire des commentaires sur qui décidait de recycler l’acier, et sur l’inquiétude que cette décision faisait peser sur l’enquête. "La ville a estimé raisonnable que l’acier recyclé soit récupéré" a dit Matthew G. Monahan, porte-parole du DDC en charge de l’enlèvement de l’acier du site. »

Pourquoi la ville n’a-t-elle pas simplement arrêté de recycler l’acier ? À nouveau, le refus catégorique des fonctionnaires de la ville d’abandonner le recyclage de l’acier suggère clairement que cette entorse à la loi fut délibérée, et motivée par l’intention d’empêcher la découverte d’un crime dont ils savaient qu’il avait eu lieu.

Notes :

[1] New York Penal – Article 205, §205.5 Hindering Prosecution.

[2] Committee on Science, U.S. House of Representatives, March 6, 2002. p.14. 

[3] Ibid. p. 185.

[4] The History Channel, Modern Marvels: Engineering Disasters 13, 2004. 

[5] James Glanz and Eric Lipton, New York Times, “Experts Urge Broader Inquiry in Towers’ Fall,” December 25, 2001. 

[6] William Langewiesche, “American Ground: Unbuilding the World Trade Center,” New York, NY: North Point Press, 2002, p. 66, 118.

[7] James Glanz and Eric Lipton, “City in the Sky: The Rise and Fall of the World Trade Center,” New York, NY: Times Book, Henry Holt and Company, 2003, p.299.

[8] David Sapsted, The Daily Telegraph, “250 Tons of Scrap Stolen from Ruins,” September 28, 2001. 

[9] William Langewiesche, “American Ground: Unbuilding the World Trade Center,” New York, NY: North Point Press, 2002, p. 146.

[10] James Glanz and Eric Lipton, “City in the Sky: The Rise and Fall of the World Trade Center,” New York, NY: Times Book, Henry Holt and Company, 2003, p.330.

[11] Ibid. p.331.

[12] Ibid. p.332.

[13] Bill Manning, Fire Engineering, “$elling Out The Investigation,” January 1, 2002. 

[14] James Glanz and Eric Lipton, New York Times, “Experts Urge Broader Inquiry in Towers’ Fall,” December 25, 2001.

 


 





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