“Une arme de persuasion massive” par Sheldon Rampton et John Stauber

Article de Paul CAUCHON paru sur LeDevoir.com, à propos de l’ouvrage de Sheldon Rampton et John Stauber : "Une arme de persuasion massive - De la propagande dans la guerre de Bush en Irak"

Médias: La guerre vendue en shampooing

La guerre contre l’Irak a représenté une formidable bataille idéologique, dans laquelle la Maison-Blanche a utilisé des techniques de marketing sophistiquées, souvent avec l’aide de prestigieuses entreprises de relations publiques.
On s’en doutait, bien sûr. Mais rarement la chose a été aussi bien documentée que dans cet ouvrage qui vient de paraître en français, Une arme de persuasion massive/De la propagande dans la guerre de Bush en Irak, publié l’automne dernier aux États-Unis, et en français récemment chez Le Pré au Clercs. Les deux auteurs, Sheldon Rampton et John Stauber, travaillent pour le Center for Media and Democracy, un organisme créé en 1993 pour enquêter sur les propagandes gouvernementales et le discours médiatique. Ce centre se spécialise particulièrement dans l’analyse des stratégies des grandes entreprises de relations publiques.

On a beaucoup écrit sur l’expérience des journalistes intégrés dans les unités militaires lors de la guerre en Irak, ou encore sur l’hyper-patriotisme de certains médias américains. Rampton et Stauber en parlent, sans que leurs propos ne soient nécessairement très marquants. L’intérêt de leur livre est ailleurs, dans le décryptage des stratégies gouvernementales pour conditionner l’opinion publique avant le déclenchement de la guerre.

Ainsi, dès 1997 (trois ans avant l’élection de Bush), un groupe de néo-conservateurs dirigé par William Bennet, rédacteur en chef du Weekly Standard (propriété de Rupert Murdoch), avait créé le Project for the New American Century, qui avait pour but de «durcir» la politique américaine envers l’Irak, et qui a fait pression sur le Congrès pour octroyer 100 millions de dollars aux opposants irakiens. Le groupe comprenait des gens comme Dick Cheney, l’éditeur Steve Forbes, Donald Rumsfeld, l’auteur Francis Fukuyama.

Il faut rappeler que, quelques mois après la guerre du Golfe de 1991, Bush le père avait demandé à la CIA de chasser Saddam Hussein du pouvoir, et l’organisme avait engagé John Rendon, un conseiller en relations publiques, pour travailler à ce dossier. Le même Rendon obtenait à l’automne 2001 un contrat de 400 000 $ pour orchestrer la propagande afin de préparer l’intervention en Afghanistan.

Le cas le plus connu du marketing de guerre est celui de Charlotte Beers, grande prêtresse du marketing aux États-Unis, qui avait dirigé deux grandes agences et qui comptait, parmi ses titres de gloire, le lancement du riz Uncle Ben’s et des shampooings Head & Shoulders! Nommée à un poste de sous-secrétaire d’État par l’administration Bush, elle a créé des campagnes de publicité, des sites internet, des shows télévisés, a organisé des rencontres avec des leaders arabes, pour tenter d’influencer l’opinion et de vendre les États-Unis au Moyen-Orient comme une «marque» représentant la liberté. Colin Powell avait lui-même déclaré lors de son embauche qu’il fallait «faire de notre politique étrangère une véritable marque».

Remarquez que ce n’est pas seulement la Maison- Blanche qui pensait en termes de marketing. Trois jours après le 11 septembre 2001, c’est le royaume d’Arabie saoudite qui signait un contrat avec le géant de la communication Burson-Marsteller pour recevoir des conseils en gestion de crise (la presque totalité des terroristes du 11 septembre étaient saoudiens, ce qui présentait mal…). Et une autre agence, Quorvis Communications, recevait 20 millions du même royaume pour faire interviewer des représentants saoudiens par des journalistes-vedettes des médias américains.

Et ça continue comme ça pendant des pages. Pour préparer l’intervention contre l’Irak plusieurs organismes soutenus par le pouvoir politique faisaient affaire avec Benador Associates, une puissante société de relations publiques qui se spécialisait dans le placement d’experts du Moyen Orient et du terrorisme dans tous les médias, des experts évidemment en faveur de la guerre. Les auteurs font remarquer qu’on les voyait partout alors que les médias semblaient ignorer les 1400 spécialistes indépendants du Moyen-Orient dans les universités américaines, qu’on imagine plus nuancés. Des organisations pacifistes découragées ont même tenté d’acheter de la publicité commerciale dans les grands réseaux de télévision pour se faire entendre, ce qui leur fut refusé par les réseaux.

Cet ouvrage porte aussi une leçon forte. Si le conditionnement à la guerre a semblé fonctionner aux États-Unis, toutes les campagnes de relations publiques pour améliorer l’image des États-Unis au Moyen-Orient ont échoué. Pourquoi? Le message véhiculé par cette armée de consultants n’était pas forcément faux, écrivent les auteurs. Mais il n’abordait jamais le coeur du ressentiment musulman envers les États-Unis, soit le conflit israélo-palestinien et le passé des interventions américaines dans la région. Comme le dit un professionnel de la publicité cité dans l’ouvrage, et qui semble plus lucide que les autres, «l’opinion islamique est davantage influencée par ce que les États-Unis font que par tout ce qu’ils peuvent dire».
 

=> Notes de ReOpenNews: A titre de complément d’information, nous présentons aussi  les notes de l’éditeur

Notes de l’éditeur (Pré-aux-Clercs) disponible sur Amazon.fr
La guerre de Bush en Irak était-elle juste ? Un an après la seconde guerre du Golfe, et à quelques mois de l’élection présidentielle américaine, des voix s’élèvent enfin outre-Atlantique pour dénoncer ouvertement une manipulation flagrante de l’opinion. Ce livre-brûlot, qui fait scandale aux Etats-Unis, est l’œuvre de deux spécialistes des médias américains, qui ont étudié en détail la propagande " bushienne ". Ils décortiquent ici ses mécanismes. Pourquoi 70 % des Américains en sont-ils venus à croire que Saddam était responsable des attentats du 11 septembre ? Pourquoi des documents falsifiés et de faux rapports des services secrets on-ils été utilisés pour accréditer la thèse des armes de destruction massive ? Pourquoi la presse internationale a-t-elle été enrôlée dans les unités combattantes, à l’inverse de l’embargo imposé lors de la première guerre du Golfe ? Comment une agence de relations publiques travaillant pour le Pentagone a-t-elle créé de toutes pièces le Congrès national irakien censé représenter les opposants à Saddam ? Comment ces mêmes agents ont-ils organisé à coups de dollars des mouvements de foule " spontanés " pour accueillir les libérateurs dans Bagdad

Un nouveau 11-Septembre pour faire gagner McCain?

Par Taïké Eilée pour Agoravox, le 28 juin 20008

Un conseiller de John McCain qui dépasse les bornes du cynisme. L’Iran, plus que jamais dans la ligne de mire américaine. Pendant ce temps-là, le 11-Septembre continue d’agiter les esprits. Peut-être plus que jamais, à quatre mois de l’élection présidentielle, à six du changement de locataire de la Maison Blanche, et à l’orée probable d’un nouveau conflit au Moyen-Orient.

Cet article, s’il manque parfois d’ordre et ne recule pas devant quelques digressions, se veut néanmoins digeste, et fait pour cela la part belle aux vidéos, courtes le plus souvent.

La bourde. John McCain n’en avait certainement pas besoin, alors que les derniers sondages le donnent perdant face à Barack Obama. La bourde, c’est celle de son principal stratège, Charlie Black, qui a confié au magazine Fortune du 23 juin 2008 qu’une nouvelle attaque terroriste aux Etats-Unis, du type 11-Septembre, constituerait "un gros avantage" pour le candidat républicain à la Maison Blanche.

Charlie Black ne s’est pas contenté de ce seul dérapage. Il a aussi considéré que l’assassinat de Benazir Bhutto en décembre 2007 avait aidé John McCain à gagner la primaire du New Hampshire, un Etat sans lequel le sénateur de l’Arizona ne serait certainement plus dans la course. "Sa connaissance du sujet et sa capacité à en parler a encore une fois souligné qu’il est celui qui est prêt à être le commandant en chef", a-t-il déclaré. "Et ça nous a aidés."

Ces propos ont déclenché un véritable tollé aux Etats-Unis (voir CNN, MSNBC, CBS). Sans tarder, Charlie Black, (étrangement) surnommé (en la circonstance) le "Sage", a présenté ses excuses, reconnaissant que ses commentaires étaient "inappropriés". John McCain s’est immédiatement désolidarisé des propos de son conseiller : "Je ne peux pas imaginer pourquoi il a dit ça. Ce n’est pas vrai. J’ai travaillé sans relâche depuis le 11-Septembre pour empêcher que les Etats-Unis ne revivent une telle attaque".

Le dérapage de Charlie Black n’est sans doute rien d’autre qu’une parole de vérité, proférée par un homme qui, l’espace d’un instant, a perdu le sens de la retenue, affichant le plus parfait cynisme. Un manque d’égard vis-à-vis des victimes des attentats, et la seule considération de l’avantage politique qu’une telle catastrophe peut lui procurer. Une attitude décomplexée qui rappelle, certes à une autre échelle, celle de Jean-Marie Le Pen souhaitant avant les élections présidentielles de 2007 de nouvelles émeutes dans les banlieues.

Les propos du stratège de McCain deviendraient évidemment très embarrassants si de nouveaux attentats venaient à frapper les Etats-Unis d’ici novembre. On se retrouverait alors dans une configuration analogue à celle d’un PNAC souhaitant à demi-mot "un nouveau Pearl Harbor" un an tout juste avant les attentats du 11-Septembre. "Le processus de transformation [des Etats-Unis en puissance hégémonique], même s’il est porteur de changements révolutionnaires, sera probablement long, en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur - comme un nouveau Pearl Harbor", lisait-on en septembre 2000 dans le rapport du think tank néoconservateur Project for the New American Century, Reconstruire les Défenses de l’Amérique. Un think tank composé du noyau dur de la future administration Bush.

La catastrophe est parfois tellement souhaitée par les politiques, qui veulent apparaître comme les sauveurs de leur population en détresse, qu’on en vient parfois à les suspecter de l’avoir eux-mêmes déclenchée lorsqu’elle se produit. A tort le plus souvent. Même si la récente traduction en français de l’archive officielle de l’Opération Northwoods (1962) n’est pas là pour nous rassurer quant à la considération que portent à leurs concitoyens certaines hautes autorités militaires, prêtes à tout pour en découdre et manipuler l’opinion publique.

John McCain, pour revenir à lui, a déjà montré à maintes reprises son côté va-t-en-guerre. En avril 2007, il s’était illustré en parodiant un célèbre titre des Beach Boys : "Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran".

Le 3 janvier 2008, il envisageait une présence militaire américaine en Irak pour les 100 prochaines années.

Aucune restriction pour lui : 10 000 ans si nécessaire !

Le 23 avril 2006, Eric Laurent, Yves Cochet et Roselyne Bachelot "révélaient", sur le plateau de Ripostes sur France 5, ce que chacun sait, et qui constitue un secret de Polichinelle, à savoir que la guerre en Irak est principalement une guerre du pétrole.

Le 2 mai dernier, John McCain a imprudemment laissé entendre la même chose.

Comme le dit le présentateur de MSNBC, ce qu’on appelle "gaffe" n’est souvent que la révélation de sa pensée profonde.

Au fond, la position de John McCain sur la nécessité de sécuriser l’approvisionnement énergétique des Etats-Unis n’est que la prolongation de celle du candidat George Bush avant sa première élection. Voici ce que ce dernier déclarait le 29 septembre 2000 : "Notre nation a connu trois récessions dans la dernière génération, et chacune d’entre elles était liée à un choc énergétique." Il préconisait alors "une stratégie à long terme pour assurer un approvisionnement fixe et fiable en énergie", sans quoi "nous mettons en danger notre économie et le mode de vie qu’il permet" (un mode de vie jugé, rappelons-le, "non négociable" par George Bush père, Bill Clinton et George W. Bush…). Il se plaignait aussi du fait que "jamais auparavant notre pays [n’avait] été aussi dépendant des réserves étrangères" et "à la merci du pétrole étranger". Il déplorait qu’un pays ennemi comme l’Irak de Saddam Hussein soit devenu "un fournisseur majeur de pétrole de l’Amérique" et "acquière de plus en plus de contrôle sur l’avenir économique de notre nation". Pour ne plus dépendre de l’Irak, il fallait prendre le contrôle de l’Irak… John McCain semble approuver cette logique.

Si l’obsession de George Bush était l’Irak, au point de commettre d’étonnants lapsus entre Saddam Hussein et Oussama Ben Laden…

… celle de John McCain semble bien être l’Iran. Au point de commettre à son tour une gaffe retentissante. En visite en Jordanie le 18 mars 2008, il affirme que des membres d’Al-Qaïda en Irak vont s’entraîner en Iran avant de revenir combattre les soldats de la coalition en Irak ; bref, il prétend que l’Iran chiite soutient le réseau islamiste sunnite ! Il faudra l’intervention discrète de Joe Lieberman, sénateur du Connecticut, pour lui remettre les idées en place.

Incroyable amalgame de la part d’un représentant du Congrès et d’un candidat à la présidence des Etats-Unis, qui se dit, en outre, très expérimenté en politique étrangère. John McCain avait d’ailleurs commis la même erreur la veille, le 17 mars, à la radio… mais aussi le 28 février, devant le Baker Institute for Public Policy à Houston.

Devant cette répétition d’erreurs, on se demande laquelle des deux hypothèses est la plus crédible : le lapsus involontaire, ou le mensonge volontaire visant à créer l’amalgame entre l’Iran et Al-Qaïda (et, qui sait, le 11-Septembre) dans l’esprit des Américains.

D’une part, John McCain insuffle donc dans l’esprit de son peuple, volontairement ou non, l’idée que l’Iran est responsable de l’embourbement américain en Irak. Et, d’autre part, son principal stratège lance qu’une attaque terroriste sur le sol américain serait bénéfique au camp républicain pour l’élection présidentielle.

Ces déclarations font un incroyable écho aux propos tonitruants de Zbigniew Brzezinski, le 1er février 2007, devant la commission sénatoriale sur les relations avec l’étranger. L’ancien conseiller à la Sécurité nationale du président Jimmy Carter avait alors averti que la politique de l’administration Bush en Irak menait inexorablement à la guerre avec l’Iran. Il avait surtout décrit un "scénario plausible de conflit militaire avec l’Iran". Celui-ci impliquerait "le fait pour l’Irak de ne pas atteindre les objectifs fixés, suivi d’accusations sur la responsabilité de l’Iran dans cet échec, puis enfin par une provocation en Irak ou par un attentat terroriste aux Etats-Unis attribué à l’Iran, culminant en une opération militaire "défensive" des Etats-Unis contre l’Iran qui plonge une Amérique solitaire dans un bourbier toujours plus vaste et plus profond finissant par englober l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan."

Brzezinski doutait du caractère "défensif" de l’action militaire en préparation et laissait entendre qu’une manipulation était possible. Il mettait aussi en garde dans son intervention contre "la lutte idéologique décisive" contre l’islam radical que prône Bush, la qualifiant de "récit historique mythique" utilisé pour justifier une "guerre qui dure et qui est potentiellement en expansion". Sur ce point encore, McCain n’est pas rassurant, lui qui compte parmi ses soutiens le pasteur évangéliste Rod Parsley, un homme de foi que le candidat à la Maison Blanche considère comme son "guide spirituel" et qui prône, ni plus ni moins, la destruction de l’islam.

Mais Barack Obama est-il réellement plus rassurant que son adversaire républicain au sujet du Moyen-Orient ? On aurait pu le penser ; mais un discours récent du chouchou des sondages et des médias, devant le puissant lobby pro-israélien, l’AIPAC (American Israel Politic Affair Committee), a fait déchanter tous ceux qui croyaient encore qu’avec lui les choses seraient vraiment différentes en matière de politique étrangère. Barack Obama a, en effet, affiché la plus grande intransigeance vis-à-vis de l’Iran, et assuré qu’il serait prêt à "tout" pour l’empêcher d’accéder à l’arme nucléaire. Il a même "brandi si fort la menace d’une action militaire que cela ressemblait aux menaces prononcées par George W. Bush", a souligné la chaîne de télévision NBC.

Les différences de vue des deux candidats sur l’Iran, si elles existent, pourraient être davantage explicitées lors d’un éventuel débat à venir. Suite au dérapage de Charlie Black, Barack Obama a, en effet, fait savoir qu’il était "favorable à un débat sur le terrorisme avec John McCain, qui", dit-il, "a totalement soutenu la politique de Bush, nous a détourné d’al-Qaida, n’a pas réussi à amener devant la justice Ben Laden et a fait que nous sommes moins en sécurité".

Petite parenthèse : quand Barack Obama reproche à George Bush d’avoir échoué à amener Ben Laden devant la justice, il semble oublier que de hautes autorités américaines ont fait savoir depuis longtemps que ce n’était pas leur objectif. Le 9 janvier 2005, A.B. "Buzzy" Krongard, ancien directeur exécutif et numéro 3 de la CIA, admet en effet explicitement, dans le London Times, qu’il est préférable que Ben Laden demeure vivant et libre. Le journal note d’ailleurs que "plusieurs officiels américains ont reconnu en privé qu’il serait mieux de garder Ben Laden cloué à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan plutôt que d’en faire un martyr ou de le traduire en justice. Mais Krongard est la figure la plus haut placée qui reconnaît publiquement que sa capture pourrait s’avérer contre-productive". Comment continuer à laisser penser qu’Oussama Ben Laden est activement recherché après la déclaration de Krongard, qui, nous dit-on, est loin d’être la seule à aller dans ce sens ?

Parenthèse dans la parenthèse : rappelons qu’AB "Buzzy" Krongard a été mis en cause par le journaliste Eric Laurent pour son rôle trouble dans les délits d’initiés (niés par le rapport de la Commission d’enquête) qui auraient précédé le 11-Septembre.

Le 3 mars 2005, deux mois après la déclaration de Krongard au London Times, le directeur de la CIA Porter Goss se montrera très étonné et même amusé quand George Bush lancera à la presse que ses services essaient chaque jour d’obtenir des informations pour localiser Ben Laden.

Parenthèse fermée. En ce début d’été, la probabilité d’une attaque américaine de l’Iran apparaît forte. Le 4 juin dernier, le très écouté néoconservateur Daniel Pipes lançait dans National Review que, si Obama était élu, Bush attaquerait l’Iran avant la fin de son mandat le 20 janvier 2009. En cas de victoire de McCain, celui-ci déciderait quoi faire (voir à 2 min 5).

Si l’on en croit Bakchich, la campagne d’intoxication de l’opinion a bien commencé aux Etats-Unis et bat même son plein : "Au New York Times, le journaliste qui suit les affaires militaires, Michael Gordon et a écrit dans le passé moult articles sur les prétendues « armes de destruction massive » de Saddam Hussein avant l’invasion de l’Irak, que beaucoup considèrent comme une espèce de porte-parole loyal du Pentagone, multiplie depuis le début du mois de mai les papelards. Ceux-ci sont certes basés sur des sources anonymes mais mettent en avant des affirmations de membres de l’administration Bush indiquant que les Iraniens entraînent des milices chiites pour tuer des Américains en Irak. De son côté, l’ancien porte-parole de la Maison Blanche sous Bush, Scott McClellan, qui vient de publier un livre-confession où il révèle qu’il a été obligé de mentir pour justifier l’invasion de l’Irak, se répand dans les médias au sujet des articles de Gordon dans le Times : ils seraient le résultat d’un programme d’intox destiné à préparer le public américain à accepter la nécessité impérative de bombarder l’Iran. Exactement comme c’était le cas en 2003 avec l’Irak !"

L’administration Bush a été, rappelons-le, convaincue d’au moins 935 mensonges entre 2001 et 2003 pour faire accepter au peuple américain la future guerre en Irak. Puis, durant la guerre, elle a "organisé une vaste entreprise de manipulation des analystes militaires travaillant à la télévision pour obtenir une couverture favorable de la guerre en Irak", selon le New York Times du 20 avril 2008.

Pour faire accepter ses guerres en Afghanistan et en Irak, et donc peut-être bientôt en Iran, le gouvernement américain a aussi dû dissimuler au public la responsabilité des Etats officiellement "amis" qui ont appuyé, selon certaines sources crédibles, les pirates de l’air du 11-Septembre.

Censurées, les 28 pages du rapport du Congrès sur les attentats du 11-Septembre, qui mettaient en cause l’Arabie Saoudite (New York Times). Ignorées, les protestations de Bob Graham, président du Comité du renseignement du Sénat, contre cette censure ; oubliée, sa mise en cause, sur PBS, de "gouvernements étrangers […] impliqués dans l’aide aux activités d’au moins quelques-uns des terroristes aux Etats-Unis", oubliée cette "preuve très convaincante qu’au moins quelques-uns des terroristes étaient assistés, pas seulement dans le financement - bien que cela en ait fait partie - par un gouvernement étranger souverain".

Balayés d’un revers de main, ou simplement laissés sans réponse, les incessants rappels de l’implication des services secrets militaires pakistanais, l’ISI, dans les attentats (voir ces deux extraits de 9/11 Press for Truth : 1-2 et ce reportage de WPTV sur l’agent Randy Glass).

Bob Graham est très impliqué dans l’histoire du 11-Septembre, puisqu’il se trouvait au moment des attentats au Capitole, à Washington, en compagnie du très controversé directeur de l’ISI, Mahmoud Ahmad, et du président du Comité du renseignement de la Chambre (et futur patron de la CIA), Porter Goss ; puisque c’est son équipe qui avait reçu durant l’été 2001 les avertissements de Randy Glass au sujet d’une attaque imminente de l’ISI sur le World Trade Center ; puisqu’il a, comme on l’a vu, mis en cause des Etats étrangers, officiellement amis des Etats-Unis, pour leur participation aux attentats, et qu’il a critiqué la censure de la Maison Blanche. Il a répondu, il y a quelques mois, aux questions que tous les curieux se posent, précisément sur Mahmoud Ahmad, Randy Glass, mais aussi le lieutenant-colonel Anthony Shaffer (l’homme qui a révélé l’existence de l’opération Able Danger), et Sibel Edmonds.

Ce type de discussion ouverte permettra-t-il d’amoindrir les soupçons qui pèsent parfois sur le gouvernement américain au sujet du 11-Septembre ? Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas la culture du secret et du mensonge, mise en œuvre avec une application extrême par l’administration Bush, qui le permettra. Le travail de clarification à mener sur les circonstances du 11-Septembre s’annonce considérable. Les citoyens du monde entier font de plus en plus part de leur mécontentement.

Après qu’un député et membre du Parti Démocrate japonais, Yukihisa Fujita, a fait, le 11 janvier 2008, une déclaration de 30 minutes en séance parlementaire pour exprimer ses interrogations sur le 11-Septembre et "la guerre contre le terrorisme", c’est au tour, le 10 juin 2008, de Libby Davies, députée de Vancouver et présidente du groupe parlementaire du Nouveau parti démocratique (membre de l’Internationale socialiste), de donner lecture à la Chambre des communes du Canada d’une pétition de citoyens appelant à l’ouverture d’une enquête canadienne sur les attentats du 11-Septembre.

Pendant ce temps-là, un conseiller de John McCain ne trouve rien de mieux à faire que d’évaluer publiquement l’opportunité que constituerait pour son champion un nouveau 11-Septembre…

Un animateur radio appelle au meurtre d’un militant anti-guerre

Par Nick Langewis pour The Raw Story, le 15 juin 2008 

Michael ReaganMichael Reagan, animateur d’une émission de radio et fils de l’ancien président Ronald Reagan, pourrait faire l’objet d’une enquête du FBI après avoir appelé au meurtre de Mark Dice, militant anti- guerre et fondateur d’un office de surveillance des médias sur les ondes, The Resistance.
Dans le programme du 10 juin de son émission Radio America diffusée à l’échelle nationale, Reagan a traité Dice et d’autres membres du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 de “traîtres”  après avoir appris qu’ils envoyaient aux troupes en Irak des lettres, des documents déclassifiés et des DVD qui, disent-ils, montrent l’implication du gouvernement dans les attaques du World Trade Center en 2001.

Cette action fait partie de l’opération "informer les soldats" menée par The Resistance.

“Je ne veux pas que les soldats qui risquent leur vie en Irak soient utilisés comme des pions dans la création du Nouvel Ordre Mondial » a dit Dice dans un récent communiqué de presse. “Je connais personnellement des Marines qui pensent que le 11/9 était un coup monté de l’intérieur, et ils me disent que beaucoup de Marines soupçonnent que c’est le cas mais ils n’osent pas en parler publiquement de peur d’être punis”
“Nous devons trouver les personnes qui font ça,” a dit Reagan, “les faire sortir et les abattre, vraiment. Trouver les personnes qui envoient ces lettres…pour démoraliser les troupes…ce sont des traîtres à ce pays…et les descendre. Vous avez un problème avec ça? Faites-vous une raison. Mais quiconque fait ça ne mérite pas de vivre. Vous les traitez de traîtres–c’est ce qu’ils sont–et vous les abattez. Je paierai pour les balles.”

“Pourquoi ne pas faire sortir Mark Dice,” a continué Reagan “et le placer au milieu d’un champ de tir ? Attachez-le à un poteau, ne bandez pas ses yeux, et allez-y à fond,  amusez-vous avec Mark Dice.”

"Maintenant nous savons où sont allés les sympathisants de Ron Paul,” a raillé un autre animateur.

Dimanche, Dice a annoncé sur son site web qu’il avait reçu des excuses personnelles de Reagan et qu’il serait invité dans l’émission de Reagan du lundi 16 juin à 15h30 heure locale pour recevoir des excuses publiques. 

"Bien que je comprenne que des divergences d’opinions politiques peuvent conduire à des mots vifs, les déclarations de Reagan sont totalement inacceptables, indignes d’un Américain, et extrêmement dangereuses,” a dit Dice. “Reagan a élevé la haine et la rhétorique dirigées contre ceux qui désapprouvent cette guerre à un niveau jamais atteint. Il doit être licencié immédiatement et aucune station de radio ou chaîne de télévision ne devrait faire entendre de nouveau sa voix ou montrer son visage.

"Malgré les excuses de Reagan,” a continué Dice, “la boîte de Pandore a été ouverte et ne pourra jamais être refermée. Les ramifications de ses menaces et suggestions sont énormes et effrayantes. A une époque où quelques clics sur un clavier suffisent à retrouver l’adresse de quelqu’un, les commentaires de Reagan ouvrent la porte au harcèlement, au vandalisme et pire encore. Toute menace sera immédiatement communiquée au FBI et les actions légales appropriées seront prises”

Ci-dessous un extrait de l’émission de Reagan du 10 juin, tel qu’il a été posté sur Youtube :

Le député démocrate Kucinich lance une procédure visant la destitution de Bush: 3 points de la résolution sont en lien direct avec le 11 Septembre

Sources : CNN, le 9 juin 2008

Le lundi 9 juin, le député démocrate de l’Ohio Dennis Kucinich, s’adressant à la Chambre des Représentants, a introduit une résolution comportant 35 points, afin de lancer une procédure de destitution (impeachment) du Président George W. Bush.

Kucinich, (ancien candidat à la primaire démocrate) a affirmé que Bush avait "frauduleusement" justifié la guerre en Irak et induit en erreur "le peuple américain et des membres du Congrès en leur faisant croire que l’Irak possédait des armes de destruction massive afin de fabriquer un faux casus belli". "En agissant ainsi, le Président George W. Bush est coupable d’une infraction justifiant sa destitution” a déclaré Kucinich.

Au total, Kucinich a présenté 35 raisons justifiant une destitution. Trois d’entre elles sont en lien direct avec le 11 Septembre.

  • Le point N°33 concerne la négligence criminelle de l’administration Bush en ce qui concerne le 11/9.
  • Le point N°34 l’accuse d’entrave à la justice concernant le 11/9.
  • Le point N°35 concerne la façon dont cette administration s’est occupée des premiers secours (First Responders).

Texte complet de la résolution : http://chun.afterdowningstreet.org/amomentoftruth.pdf

Vidéo du discours de Dennis Kucinich :


Cette nouvelle est très importante et fait l’objet de nombreux articles outre-atlantique (exemple dans le Chicago Tribune). En France, cette information n’est pour le moment que très peu reprise dans les grands médias. Pour lesquels, c’est bien connu, seuls des imbéciles et des “sottes insondables” (voir la diatribe de Redeker dans Le Monde et le lynchage de Marion Cotillard par Marianne) peuvent remettre en cause la version officielle du 11 Septembre.

Robert Fisk : Al Qaida est vaincue ? Allez dire ça aux Marines !

ContreInfo, le 2 juin 2007

« Al-Qaïda est un mode de pensée, pas une armée. Elle se nourrit de la douleur, de la peur et de la cruauté - notre cruauté et notre oppression - et aussi longtemps que nous continuerons de dominer le monde musulman avec nos hélicoptères Apache, nos tanks, nos véhicules de patrouille, notre artillerie, nos bombes et nos dictateurs « amis », aussi longtemps Al Qaida continuera d’exister. » Après les récentes déclarations du directeur de la CIA affirmant que la défaite d’Al Qaida était proche, Fisk dénonce la vacuité des discours tenus à Washington en regard de la réalité sur le terrain. Celle d’une guerre allant du Liban au Pakistan, où l’occident tente sans succès d’imposer sa loi par la force des armes.

Robert Fisk, The Independent, 1er juin 2008

Robert FiskAinsi, Al-Qaïda serait « presque vaincu » ? Des succès importants auraient été remportés contre Al-Qaïda ? L’organisation serait virtuellement défaite ? « Dans l’ensemble, nous avons de très bons résultats » déclare le patron de la CIA, Michael Hayden, dans le Washington Post. « La défaite stratégique d’Al-Qaïda en Irak est proche. La défaite stratégique pour Al-Qaïda en Arabie saoudite est proche. Al-Qaïda a subi d’importants revers au niveau mondial - et je vais employer le mot dans son acception « idéologique », - une grande partie du monde islamique se détourne de leur modèle de l’Islam. » Cela pourrait presque faire illusion.

Six mille morts en Afghanistan, des dizaines de milliers de morts en Irak, un attentat-suicide par jour en Mésopotamie, le plus haut niveau de suicides jamais enregistré dans l’armée américaine - la presse arabe met à juste titre cette information en parallèle avec les déclaration de Hayden -, sans oublier les bases américaines permanente en Irak au delà de ce 31 décembre. Et nous aurions gagné ?

Il y a de cela moins de deux ans, nous avons également eu droit à une évaluation aberrante sur le déroulement de cette guerre, lorsque le général Peter Pace, l’étrange (et heureusement depuis lors retraité) chef d’état-major US, déclarait au sujet de la guerre américaine en Irak que « nous ne sommes pas en train de gagner mais nous ne sommes pas en train de perdre ». À cette occasion, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, avait déclaré être d’accord avec Pace « nous ne gagnons pas, mais nous ne perdons pas ».

James Baker, qui venait de publier son propre rapport sur le bourbier Irakien écrivait alors - lecteur, retenez-vous de rire ou pleurer - « Je ne pense pas que l’on puisse dire que nous sommes en train de perdre. Dans le même ordre d’idées, je ne suis pas sûr que nous sommes en train de gagner ». A la suite de quoi, Bush en personne proclamait « Nous ne sommes pas en train de gagner, nous ne sommes pas en train de perdre. « Pitié pour les Irakiens. Mais qu’à cela tienne, cette fois-ci nous sommes vraiment, vraiment en train de gagner. Ou tout au moins Al-Qaïda est « presque » - notez bien le « presque », les amis - vaincu. Puisque Mike Hayden nous le dit.

Suis-je le seul à trouver cela infantile à un point frisant la déraison ? Tant que l’injustice régnera au Moyen-Orient, Al-Qaïda gagnera. Tant que nous aurons 22 fois plus de forces occidentales dans le monde musulman que nous n’en avions temps des croisades - mes calculs sont assez précis - nous continuerons d’être en guerre contre les musulmans. L’infernale catastrophe Moyen-Orientale est désormais en train de se propager à travers le Pakistan, l’Afghanistan, l’Irak, Gaza, et même au Liban. Et nous serions en train de vaincre ?

Certes, nous avons gagné un répit en Irak en achetant la moitié des insurgés afin qu’il se battent pour nous et qu’ils tuent leurs cousins d’Al-Qaïda. Bien sûr, nous continuons à soutenir le régime de tortionnaires et de coupeurs de têtes d’Arabie Saoudite. Cela ne nous pose aucun problème, j’imagine, vu notre enthousiasme pour « le supplice de la baignoire ». Mais cela ne signifie pas que l’organisation Al-Qaïda soit vaincue.

Car Al-Qaïda est un mode de pensée, pas une armée. Elle se nourrit de la douleur, de la peur et de la cruauté - notre cruauté et notre oppression - et aussi longtemps que nous continuerons de dominer le monde musulman avec nos hélicoptères Apache, nos tanks, nos véhicules de patrouille, notre artillerie, nos bombes et nos dictateurs « amis », aussi longtemps Al Qaida continuera d’exister.

Devrons-nous vivre cette folie jusqu’aux dernières heures du régime Bush à Washington ? N’y a-t-il donc personne dans cette magnifique ville impériale qui comprenne ce que « nous » faisons ici au Moyen-Orient ? Pourquoi donc le Washington Post lui même offre-t-il ses colonnes aux divagations d’un fonctionnaire de la CIA, ce service qui n’a pas réussi à empêcher le 11 septembre parce que - si l’on en croit ce que l’on rapporte - un appel téléphonique en arabe mentionnant les avions allant s’écraser sur les tours jumelles n’aurait pas été traduits à temps [Note ReOpen911 : Lire la position de Fisk sur le 11 Septembre]. Allons-nous bombarder l’Iran ? Est-ce là ce que nous attendons aujourd’hui ? Ou bien une autre guerre américano-iranienne aura-t-elle lieu au Liban, opposant le Hezbollah et les Israéliens ? Et Mike croit-il qu’Al-Qaïda soit présent en Iran ?

Israël continue de construire des colonies pour les Juifs - et les Juifs uniquement - sur des terres arabes. Et Washington ne fait rien. Bien que ces implantations soient illégales, George Bush les approuve. Elles alimentent la colère et la frustration et font naître un sentiment justifié de colère, mais Washington n’empêche pas ce scandale de perdurer. En ouvrant chaque matin mon quotidien en langue arabe j’y trouve de nouvelles raisons pour lesquelles Ben Laden ne va pas disparaître de ce monde.

Considérez cette information en provenance de Gaza cette semaine. Huit étudiants palestiniens avaient été sélectionnés par le programme Fulbright offrant des bourses pour étudier aux États-Unis. Vous pourriez penser, n’est-ce pas, qu’il était dans l’intérêt des Etats-Unis de faire venir ces jeunes musulmans au pays de la liberté. Mais non. Israël ne les laissera pas quitter Gaza. Cela doit faire partie de la « guerre contre le terrorisme » qu’Israël affirme mener aux côtés de l’Amérique. Le Département d’Etat américain a donc annulé les bourses d’études. Non, inutile de vous transformer en candidat à l’attentat suicide pour Al Qaida en raison d’une telle absurdité. Mais il serait difficile de trouver dans le journal d’hier une information qui soit plus significative que cette petite vexation minable.

Mike Hayden la lira-t-il ? Ou bien a-il - à l’image de la plupart à Washington - tellement peur d’Israël qu’il ne manifestera pas la plus petite réaction ? La CIA ne comprend-elle pas, est-elle incapable de se représenter que tant que nous laisserons le Moyen-Orient maintenu dans une situation injuste, Al-Qaida continuera d’exister ? Voila ce que l’on m’a demandé à Bagdad : Pourquoi nos forces militaires sont-elles au Pakistan, en Afghanistan, Irak, Jordanie, Turquie, Egypte, Algérie (les forces spéciales des États-Unis y disposent d’une base près de Tamanraset), Bahreïn, Koweït, Yémen, Oman, Arabie Saoudite, Qatar et Tadjikistan ? ( Les pilotes des chasseurs-bombardiers français sont basés à Douchanbé et fournissent « un soutien aérien rapproché » aux soldats Anglais en Afghanistan.)

Aussi longtemps que nous déroulerons ce rideau de fer à travers le Moyen-Orient, nous serons en guerre et Al-Qaïda sera en guerre contre nous. Ce nouveau rideau de fer, en fait, démarre au Groenland et s’étend à travers la Grande-Bretagne et l’Allemagne, passe par la Bosnie, la Grèce et la Turquie. A quoi sert-il ? Qui se trouve de l’autre côté ? La Russie, la Chine, l’Inde.

Ce sont des questions que nous ne nous posons pas. Ce n’est certainement pas le genre de questions que le Washington Post oserait soumettre à Mike et ses potes de la CIA. Oui, nous discourons sur la démocratie, la liberté et les droits de l’homme, bien que nous n’en accordions qu’assez peu au monde musulman. Car le genre de liberté qu’ils revendiquent - le genre de liberté qui permet à des groupes comme Al-Qaida de prospérer - c’est d’être libéré de « nous ». Et cela, je le crains fort, nous n’avons pas l’intention de le leur donner.

Mike Hayman peut croire que le monde musulman « repousse » « le modèle d’Islam » prôné par Al Qaida, mais j’en doute. En fait, j’ai plutôt tendance à penser qu’Al-Qaïda est de plus en plus forte. Mike dit qu’ils sont vaincus en Irak et en Arabie Saoudite. Mais sont-ils vaincus à Londres ? Et à Bali ? Et à New York et Washington ?


Publication originale The independent, traduction Contre Info

 

Le théâtre contestataire de Tim Robbins à Paris

Le Monde, le 27 mai 2008

Tim Robbins, acteur mémorable dans Mystic River de Clint Eastwood ou dans The Player de Robert Altman, et réalisateur de La Dernière Marche, est à Paris pour quelques jours. Cette figure américaine n’est pas là pour un nouveau film, mais pour une pièce de théâtre, Embedded, qu’il a écrite en 2004, quelques mois après le déclenchement de la guerre américaine en Irak.

Depuis le 22 mai et jusqu’au 7 juin, Embedded est jouée, en français, à la Cartoucherie de Vincennes, au Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine. C’est une troupe du Pays basque, le Petit Théâtre de pain, qui a eu l’idée de la monter, dans une mise en scène de Georges Bigot, un ancien du Soleil. Et Tim Robbins est venu les soutenir, et même, comme c’était le cas dimanche 25 mai à l’issue de la représentation, rencontrer le public et discuter avec lui.

Tim Robbins, qui fait partie avec sa compagne, Susan Sarandon, et Sean Penn - ce dernier vient de présider le jury du Festival de Cannes - de l’aile la plus à gauche d’Hollywood, a écrit la pièce pour "représenter une Amérique qui a été manipulée pour soutenir la guerre en Irak".

"ON M’A TRAITÉ DE TRAÎTRE"

"Les autorités américaines ont réussi à créer l’illusion du soutien de l’opinion publique à cette guerre

, ajoute le comédien.

Cette vaste opération de manipulation a été notamment menée par le biais de ces fameux journalistes "embedded", embarqués avec l’armée américaine, à qui les militaires ont présenté une "information" souvent truquée et mise en scène. Toute cette histoire en dit beaucoup sur l’état de la démocratie américaine."

Rien de tel que le théâtre, cet art qui joue du faux pour dire le vrai, pour déjouer les mises en scène du pouvoir. Du théâtre, Tim Robbins en fait depuis l’âge de 12 ans. A 20 ans, à l’université UCLA, en Californie, il crée avec d’autres comédiens l’Actors’ Gang. C’est ce même "Gang des acteurs" - avec lequel il n’a jamais cessé de travailler depuis vingt-six ans, montant des classiques comme ses propres pièces (sept au total) - qui, depuis 2004, a joué Embedded un peu partout aux Etats-Unis.

La pièce présente de manière extrêmement satirique l’équipe qui, autour de George Bush, conçoit le scénario de la guerre en Irak, et elle démonte (sans juger) le mécanisme qui amène des journalistes "embedded" à enfreindre les règles de leur métier. Les soldats, eux, sont montrés de manière très humaine, pris dans un processus qui les dépasse et les broie.

"J’ai voulu présenter, très simplement, des informations que beaucoup de gens en Amérique ignorent encore aujourd’hui, explique Tim Robbins. Les problèmes psychologiques que subissent nombre de ces jeunes gens sont encore largement occultés. J’ai aussi utilisé l’histoire de Jessica Lynch, une jeune soldate qui aurait été torturée et violée par des Irakiens. On sait maintenant de manière quasi certaine que son histoire est fausse et qu’elle a été, là aussi, instrumentalisée."

Aux Etats-Unis, la réception de la pièce a été globalement assez négative. "On m’a traité de traître, de partisan des terroristes, raconte Robbins. Mais aussi d’antisémite, parce que je donne au philosophe juif allemand Leo Strauss un rôle important dans la pièce, en tant que "gourou" des conservateurs américains…"

"Dans notre monde, le rôle du théâtre est fondamental, conclut le dramaturge Robbins : c’est l’espace où se maintient une véritable liberté de parole. Je n’aurais jamais pu faire un film sur le sujet d’Embedded. Je n’aurais jamais eu l’argent. Le théâtre est devenu aux Etats-Unis le lieu du débat politique qui n’existe plus dans les grands médias. Il touche certes moins de spectateurs que la télévision, mais chacun de ces spectateurs mène une véritable réflexion critique. Oui, il n’y a plus que le théâtre… et le rock’n'roll !"

Fabienne Darge

Un brûlot contre Bush publié par son ancien porte-parole

AFP, le 28 mai 2008

Un ancien porte-parole de la Maison Blanche tire à boulets rouges contre son ex-patron, le président George W. Bush, et fustige l’attitude complaisante des médias américains lors de l’invasion de l’Irak, dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine.

Dans ce livre de 341 pages intitulé "What happened: inside the Bush White House and Washington’s culture of deception" (Ce qui s’est passé: au coeur de la Maison Blanche de Bush et la culture de la désinformation à Washington), Scott McClellan accuse le président Bush d’avoir promu la guerre en Irak à coups de "propagande" que les journalistes ont largement relayée, selon lui.

Ce Texan de 40 ans s’en prend également à la réponse désastreuse de l’administration Bush face à l’ouragan Katrina qui avait dévasté La Nouvelle-Orléans en 2005.

"L’un des pires désastres de notre histoire est devenu l’un des pires désastres de la présidence Bush", écrit Scott McClellan dans cet ouvrage dont des extraits sont publiés mercredi dans la presse américaine, en particulier le magazine Politico.

Il stigmatise aussi "la décision d’envahir l’Irak" dont le public américain a déjà jugé selon lui qu’il s’agissait d’"une sérieuse bourde stratégique". Bush s’est "précipité dans une guerre" avec un "calendrier inadapté" et "sans avoir préparé l’après-conflit", relève l’auteur.

"J’aime et admire toujours le président Bush", écrit-il néanmoins dans son livre.

M. Bush, sans répondre directement, a insisté mercredi sur la nécessité de mener la guerre contre le terrorisme, devant les nouveaux officiers de l’Air Force à Colorado Springs (Colorado, ouest).

Il a rappelé qu’il n’avait fallu que quelques semaines pour renverser les régimes de Saddam Hussein et des talibans d’Afghanistan. Mais aujourd’hui, "nous aidons des démocraties émergentes à se reconstruire sous la menace des réseaux terroristes et de politiques terroristes d’Etat". "C’est une tâche difficile et sans précédent et nous apprenons au fil de l’eau", a-t-il reconnu.

Dans son livre, Scott McClellan tire aussi à boulets rouges contre l’ancien stratège et conseiller de M. Bush, Karl Rove, et le responsable de l’équipe du vice-président Cheney, Lewis "Scooter" Libby, accusés de l’avoir dupé à propos de leurs rôles dans le scandale de la divulgation de l’identité de l’ex-agent de la CIA Valerie Plame.

Cette dernière était l’épouse de l’ancien ambassadeur Joseph Wilson qui avait accusé l’administration américaine d’avoir menti sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Révéler au grand public l’identité d’un agent de la CIA est un crime fédéral.

M. McClellan avait démissionné de la Maison Blanche, ou y avait été incité, en avril 2006, éclaboussé par le scandale Plame, qui touchait au bien-fondé de la guerre en Irak et avait fortement entamé le crédit de la Maison Blanche.

MM. Rove et Libby ont rétorqué dans des interviews télévisées séparées mais tout aussi virulentes que Scott McClellan n’avait pas élevé d’objections à l’époque contre les méthodes qu’il dénonce aujourd’hui et n’assistait pas aux réunions-clés où était élaborée la politique américaine.

Principal porte-parole de George W. Bush depuis juillet 2003, Scott McClellan avait déjà travaillé pour le futur président quand il était gouverneur du Texas. Il avait ensuite été son porte-parole pendant la campagne présidentielle de 2000, puis responsable adjoint de la presse à la Maison Blanche.

La porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino a déclaré mercredi dans un communiqué: "c’est triste, ce n’est pas le Scott que nous connaissons". M. McClellan n’a pas répondu pour sa part à une demande d’interview de l’AFP.

Un autre ancien porte-parole de la Maison Blanche Ari Fleischer s’est dit "navré" et déconcerté" par ce livre et a jugé, sur la radio NPR (National Public Radio), qu’il aurait dû refuser ce poste s’il n’adhérait pas à la politique menée.

“Citoyens, arrêtons Bolton, le criminel de guerre”, par George Monbiot (Mis à jour)

ContreInfo, le 27 mai 2008

Monbiot rappelle le rôle déterminant des mensonges et des manipulations de John Bolton dans le déclenchement de la guerre d’Irak, une guerre d’agression injustifiée, qui au regard des critères de Nuremberg, constitue le « crime international suprême. » Il appelle à procéder à l’arrestation du néo-conservateur lors de sa visite au festival littéraire de Hay-on-Wye, au nom d’une loi britannique qui autorise les citoyens à se saisir d’une personne soupçonnée d’avoir commis un crime.


Par George Monbiot, The Guardian, 26 mai 2008

Nous avons pratiquement oublié la guerre d’Irak. Nous avons tendance à n’y voir désormais à peine plus qu’une « erreur politique », au même titre que d’autres décisions mineures du Labour. La presse et l’opinion publique ont évolué et se préoccupent maintenant de questions plus pressantes, comme le prix de l’immobilier.

Mais c’est une erreur qui a tué ou blessé des centaines de milliers de personnes dans un pays qui ne nous faisait aucun mal. Les erreurs de ce genre - une guerre d’agression injustifiée - ont été qualifiées de « crime international suprême » par le tribunal de Nuremberg. Les erreurs de ce type, dans tout régime régi par le droit international, devraient voir leurs auteurs mis derrière des barreaux pour le reste de leur vie. Mais ce crime majeur qu’est la guerre en Irak a été banalisé.

Ce processus de normalisation a si bien réussi que dans trois jours, l’un de ses auteurs viendra ici au festival littéraire de Hay-on-Wye - haut lieu de la bienséance - pour promouvoir son livre et tenter d’en vendre quelques exemplaires. Je ne regrette pas le fait qu’il vienne ici - loin de là - mais j’y vois comme un signe indiquant que ce crime qu’il a aidé à commettre est désormais considéré comme un évènement normal relevant du processus politique.

John Bolton avait tout d’abord appelé à la guerre contre l’Iraq en tant que signataire d’une lettre ouverte envoyée au président Clinton par le Projet pour un Nouveau Siècle Américain en 1998 [1]. En 2001, il a rejoint l’administration Bush pour y occuper la fonction à l’appellation hilarante de Sous-Secrétaire d’État pour le contrôle des armements au Département d’Etat. Sa présence au Département d’Etat semble avoir été imposée par Dick Cheney qui voulait le voir surveiller Colin Powell.

Il a immédiatement commencé à s’en prendre au droit international, menant avec succès ses batailles contre le Traité SALT de limitation des missiles balistiques, le protocole sur les armes biologiques, le traité sur les armes légères, et peut-être avec prescience, la participation de l’Amérique à la Cour Pénale Internationale.

En avril 2002, Bolton a orchestré le licenciement du chef de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, José Bustani. La faute de Bustani consistait à avoir offert de régler le différend portant sur les supposées armes de destruction massive de Saddam Hussein, par l’envoi d’inspecteurs du désarmement en l’Irak.

Par la diffusion d’un document provenant de son ministère, Bolton a contribué à promouvoir l’affirmation fausse selon laquelle Saddam Hussein avait cherché à se procurer de l’uranium au Niger. Il a joué un rôle central dans le montage et la promotion de ce motif de guerre trompeur.

C’est seulement lorsque ceux qui contribuent à lancer des guerres illégales prendront peur devant les sanctions encourues que les futurs gouvernements s’abstiendront de les déclarer. En tant que citoyen, je crois que nous avons le devoir d’essayer de dissuader les futurs crimes de guerre. Je propose donc que nous permettions à John Bolton de prendre la parole ici, pour ensuite procéder à une arrestation citoyenne.

La section 24A de la loi sur la criminalité organisée dangereuse permet à tout citoyen de procéder à « l’arrestation sans mandat d’une personne … qu’il a des motifs raisonnables de soupçonner d’être coupable » d’une infraction.

Je ne veux pas défendre quelque chose que je ne serais pas disposé à faire moi-même. J’avais envisagé de rester chez moi ce mercredi, mais j’ai maintenant l’intention de revenir, pour écouter M. Bolton parler, puis ensuite procéder à cette arrestation. A Hay, j’espère que d’autres pourront se joindre à moi.

[1] Letter to President Clinton. L’original n’est plus disponible, le site du PNAC, n’ayant pas réglé sa facture d’hébergement, est depuis peu suspendu.


Publication originale The Guardian, traduction Contre Info


Mise à jour (29 mai 2008) : John Bolton a échappé à son arrestation citoyenne au festival de Hay. Georrge Monbiot a en effet été bloqué par deux imposants gardes du corps avant qu’il puisse atteindre l’ancien conseiller de Bush.

Source : The Telegraph

Guerre en Irak : huit milliards portés manquants

LE MONDE, le 25 mai 2008

Un audit de l’Inspection générale du département de la défense américain, intitulé " Contrôle interne des versements payés en Irak, au Koweït et en Egypte ", a décelé que ses responsables sont incapables de justifier 8,2 milliards de dollars payés à des contractants américains ou des sous-traitants locaux en Irak. Cette somme représente 1,5 % des dépenses du Pentagone depuis le début de la guerre, en mars 2003. Selon le service des recherches du Congrès, celles-ci atteignent à ce jour 540 milliards de dollars (d’autres sources poussent le calcul jusqu’à 800 milliards).

Ces sommes ont fait l’objet de facturations ne permettant pas d’en retracer la destination ou ont été versées sans factures. Un contractant américain, IAP Worldwide Services, a par exemple perçu, à une occasion, 11,1 millions de dollars sur présentation d’un bon, sans que la nature du service rendu soit connue. Le même audit indique par ailleurs que 1,8 milliard de dollars d’avoirs irakiens gelés après la conquête de Bagdad ont disparu. Il n’a pas plus retrouvé la trace de 134,8 millions de dollars versés aux alliés britanniques, polonais et sud-coréens des Etats-Unis en Irak.

Vu le nombre monumental de documents à vérifier, les auditeurs ont sélectionnés 702 contrats représentatifs. La somme sans traçabilité est une extrapolation faite à partir de leur bilan. Le cas le plus exceptionnel consiste en un versement de 320,8 millions de dollars avec la simple mention " paiement de salaires irakiens ", sans aucune indication de l’identité des personnes ou des organismes rémunérés ni du travail qu’ils avaient effectué. Dans la colonne suivante apparaît le chiffre " 1 000 ". Un représentant au Congrès a demandé s’il s’agissait du nombre de personnes payées. Auquel cas chacune aurait perçu 320 800 dollars…

Interrogée par des parlementaires pour savoir si elle avait une idée de la destination de ces sommes, Mary Ugone, directrice-adjointe de l’Inspection générale du Pentagone, a répondu : " nous ne savons pas ce qu’il en est ".

Sylvain Cypel

10 guerres, 10 médiamensonges

par Michel Collon pour Mondialisation.ca, Le 17 mai 2008

Contre le Venzuela et l’Equateur, Bush nous refait le coup des "armes de destruction massive". Petit inventaire de la désinformation.

Chaque guerre est précédée d’un grand médiamensonge. Aujourd’hui, Bush menace le Venezuela et l’Equateur. Demain, l’Iran ? Et après, à qui le tour ?
Avec, dans le rôle de la marionnette, le président Uribe, narcotrafiquant et massacreur d’Indiens (quatre millions de déplacés). Lequel Uribe prétend avoir trouvé dans l’indestructible ordinateur de Raul Reyes (FARC) des preuves du soutien de Chavez au « terrorisme » et de militarisation de la région.

Des journaux comme Le Monde répercutent cette campagne de propagande pour la prochaine guerre de Bush. Rappelons simplement combien de fois les mêmes Etats-Unis et les mêmes médias nous ont déjà manipulés. Chaque grande guerre est « justifiée » par ce qui apparaîtra plus tard (trop tard) comme une désinformation. Inventaire rapide…

1. VIETNAM (1964-1975) :

  • MEDIAMENSONGE : Les 2 et 3 août, le Nord-Vietnam aurait attaqué deux navires US dans la baie du Tonkin.
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : L’attaque n’a jamais eu lieu. C’est une invention de la Maison-Blanche.
  • VERITABLE OBJECTIF : Empêcher l’indépendance du Vietnam et maintenir la domination US sur la région.
  • CONSEQUENCES : Millions de victimes, malformations génétiques (Agent Orange), énormes problèmes sociaux.

2. GRENADE (1983) :

  • MEDIAMENSONGE : La petite île des Caraïbes est accusée de construire une base militaire soviétique et de mettre en danger la vie de médecins US.
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : Entièrement faux. Le président US Reagan a fabriqué ces prétextes de toutes pièces.
  • VERITABLE OBJECTIF : Empêcher les réformes sociales et démocratiques du premier ministre Bishop (qui sera assassiné).
  • CONSEQUENCES : Répression brutale et rétablissement de la mainmise de Washington.

3. PANAMA (1989) :

  • MEDIAMENSONGE : L’invasion vise à arrêter le président Noriega pour trafic de drogue.
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : Créature de la CIA, Noriega réclamait la souveraineté à la fin du bail du canal. Intolérable pour les USA.
  • VERITABLE OBJECTIF : Maintenir le contrôle US sur cette voie de communication stratégique.
  • CONSEQUENCES : Les bombardements US ont tué 2.000 à 4.000 civils, ignorés des médias.

4. IRAK (1991) :

  • MEDIAMENSONGE : Les Irakiens auraient volé les couveuses de la maternité de Koweït-City
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : Invention totale par une agence publicitaire payée par l’émir du Koweït, Hill & Knowlton.
  • VERITABLE OBJECTIF : Empêcher que le Moyen-Orient résiste à Israël et acquière son indépendance envers les USA.
  • CONSEQUENCES : D’innombrables victimes par la guerre, puis un long embargo y compris sur les médicaments.

5. SOMALIE (1993) :

  • MEDIAMENSONGE : Monsieur Kouchner se « met en scène » comme héros d’une intervention humanitaire.
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : Quatre sociétés US avaient acheté un quart du sous-sol somalien riche en pétrole.
  • VERITABLE OBJECTIF : Contrôler une région militairement stratégique
  • CONSEQUENCES : Ne parvenant pas à la contrôler, les Etats-Unis maintiendront la région dans un chaos prolongé.

6. BOSNIE (1992 - 1995) :

  • MEDIAMENSONGE : La firme US Ruder Finn et Bernard Kouchner mettent en scène de prétendus camps serbes d’extermination.
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : Ruder Finn et Kouchner mentaient. C’étaient des camps de prisonniers en vue d’échanges. Le président musulman Izetbegovic l’a avoué.
  • VERITABLE OBJECTIF : Briser la Yougoslavie trop à gauche, éliminer son système social, soumettre la zone aux multinationales, contrôler le Danube et les routes stratégiques des Balkans.
  • CONSEQUENCES : Quatre années d’une guerre atroce pour toutes les nationalités (musulmans, serbes, croates). Provoquée par Berlin, prolongée par Washington.

7. YOUGOSLAVIE (1999) :

  • MEDIAMENSONGE : Les Serbes commettent un génocide sur les Albanais du Kosovo
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : Invention pure et simple de l’Otan comme le reconnut Jamie Shea, son porte-parole officiel.
  • VERITABLE OBJECTIF : Imposer la domination de l’Otan sur les Balkans, et sa transformation en gendarme du monde. Installer une base militaire US au Kosovo.
  • CONSEQUENCES : Deux mille victimes des bombardements OTAN. Nettoyage ethnique du Kosovo par l’UCK, protégée de l’Otan.

8. AFGHANISTAN (2001) :

  • MEDIAMENSONGE : Bush prétend venger le 11 Septembre et capturer Ben Laden
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : Aucune preuve que ce réseau existe. De toute façon, les talibans avaient proposé d’extrader Ben Laden.
  • VERITABLE OBJECTIF : Contrôler militairement le centre stratégique de l’Asie, construire un pipeline permettant de contrôler l’approvisionnement énergétique de l’Asie du Sud.
  • CONSEQUENCES : Occupation de très longue durée, et forte hausse de la production et du trafic d’opium.

9. IRAK (2003) :

  • MEDIAMENSONGE : Saddam posséderait de dangereuses armes de destruction, affirme Colin Powell à l’ONU, éprouvette en main.
  • CE QU’ON APPRENDRA PLUS TARD : La Maison-Blanche a ordonné à ses services de falsifier des rapports (affaire Libby) ou d’en fabriquer.
  • VERITABLE OBJECTIF : Contrôler tout le pétrole et pouvoir faire chanter ses rivaux : Europe, Japon, Chine…
  • CONSEQUENCES : L’Irak plongé dans la barbarie, les femmes ramenées à la soumission et l’obscurantisme.

10 VENEZUELA - EQUATEUR - (2008 ?) :

  • MEDIAMENSONGE : Chavez soutiendrait le terrorisme, importerait des armes, serait un dictateur (le prétexte définitif ne semble pas encore choisi).
  • CE QU’ON SAIT DEJA: Plusieurs médiamensonges précédents se sont déjà dégonflés : Chavez tirant sur son peuple, Chavez antisémite, Chavez militariste… Mais la diabolisation continue.
  • VERITABLE OBJECTIF : Les multinationales US veulent garder le contrôle du pétrole et des autres richesses de toute l’Amérique latine, ils craignent la libération sociale et démocratique du continent.
  • CONSEQUENCES : Washington mène une guerre globale contre le continent : coups d’Etat, sabotages économiques, chantages, développement de bases militaires près des richesses naturelles..

Bref, chaque guerre est précédée et ‘justifiée’ par un grand médiamensonge. Et notre inventaire est loin d’être complet !

Empêcher les guerres, c’est démasquer ces médiamensonges le plus tôt possible et le plus largement possible. Merci de diffuser ce texte, de le traduire si possible (la version espagnole arrive bientôt), et de nous communiquer ces traductions. Dans la guerre de l’info, la véritable force, c’est vous !