Attentat de Karachi en 2002: nouvel exemple de terrorisme d’état

Le 9 septembre 2002 au Pakistan, un autocar transportant des collaborateurs français de la DCN (Direction des Constructions Navales) qui se rendaient depuis leur hôtel de Karachi à leur travail explosait, percuté par un véhicule bourré d’explosifs.

Cet attentat suicide a fait au total 14 morts dont onze français et 12 blessés. L’enquête ouverte par la police pakistanaise, renforcée pour l’occasion par des agents du FBI et de la DST française s’orientait rapidement en direction des réseaux islamistes, notamment celui d’al-Qaïda à qui sont attribués également les attentats du 11 septembre 2001.

Près de sept ans plus tard, après un simulacre d’enquête et de justice (au bout de 6 ans d’emprisonnement, deux islamistes suspectés ont finalement été acquittés en mai dernier, faute de preuves), c’est une toute autre vérité qui est mise au jour concernant l’attentat de Karachi, comme le rapporte l’article qui suit.

A quand une note de type "Nautilus" pour les attentats du 11 Septembre? 


 

Attentat de Karachi en 2002: l’enquête s’oriente vers une "affaire d’Etats"

CHERBOURG (France) – L’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002 contre des salariés des arsenaux français DCN s’oriente vers une "affaire d’Etats", et non plus vers Al-Qaïda, a affirmé jeudi l’avocat de sept familles de victimes, après avoir vu les juges antiterroristes.

"La piste Al-Qaïda est totalement abandonnée. Le mobile de l’attentat apparaît lié à un arrêt des versements de commissions" de la France au Pakistan dans le cadre de la vente de sous-marins Agosta, a expliqué à l’AFP Me Olivier Morice, à l’issue d’une rencontre des juges antiterroristes avec les familles des victimes à Cherbourg (ouest).

Selon l’avocat, ces commissions ont été arrêtées à l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République française en 1995.

Dans ce scénario, l’attentat aurait été une représaille au non-versement des commissions.

"Il s’agit d’une affaire d’Etats impliquant la France, le Pakistan et l’Arabie saoudite, bailleur de fonds du Pakistan", a déclaré Magali Drouet, fille d’un salarié de la DCN, défendue par Me Morice.

Cette piste avait brusquement surgi en 2008 dans le cadre d’une enquête sur des faits présumés de corruption et de ventes d’armes. Des policiers avaient mis la main lors d’une perquisition au siège de la DCNS (ex-DCN) sur des documents portant sur des sociétés par lesquelles ont transité des commissions versées en marge de contrats d’armements.

Un de ces documents, baptisé Nautilus et non signé, faisait état d’une "instrumentalisation" de militants islamistes par des membres des services secrets pakistanais et de l’armée. Il indiquait que "l’attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l’armée (pakistanaise) et au sein des bureaux de soutien aux guérillas islamistes" des services secrets pakistanais.

Selon cette note, versée au dossier de l’instruction, "les personnalités ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui a mené à bien l’action, poursuivaient un but financier (…) Il s’agissait d’obtenir le versement de commissions non honorées" dans le cadre d’un achat de sous-marins français par le Pakistan en 1994.

Cette piste, un temps écartée par les juges chargés de l’enquête, serait de nouveau prise très au sérieux au vu "d’éléments nouveaux entrés récemment dans le dossier", selon un enquêteur qui n’a pas précisé la nature de ces nouveaux éléments.

"On s’oriente nécessairement vers des actes de grande importance. Des personnalités politiques de premier plan vont être entendues", a estimé Me Morice.

Le 8 mai 2002, un kamikaze a précipité une voiture bourrée d’explosifs contre un minibus transportant des employés de la Direction des constructions navales (DCN), tuant onze ingénieurs français et trois Pakistanais à Karachi, grand port du sud et capitale économique du Pakistan.

Les victimes françaises participaient à la construction d’un sous-marin.
 

©AFP / 18 juin 2009, publié sur Romandie.com
Parties en gras par ReOpenNews
 


A consulter :

 

Encore un faux complot « terroriste» 

A présent, cela tient d’une exaspérante banalité. Un complot terroriste effrayant est annoncé. On nous révèle ensuite que les suspects font partie d’un groupe de malheureux bons à rien, de vulgaires brutes n’ayant absolument pas le moindre lien avec un groupe terroriste quelconque; peu importe Al Qaida. Finalement, la dernière pièce du puzzle : le complot tout entier a été préparé par un voyou du gouvernement, un agent provocateur.

J’ai déjà vu ce film.

Dans ce cas, les présumés criminels — Onta Williams, James Cromitie, David Williams et Laguerre Payen — étaient des ratés, des délinquants, des drogués. Ils ne font pas partie d’Al Qaida. Sans l’aide de l’agent qui les a piégés, ils n’auraient même jamais rêvé de commettre des violences politiques, ils n’auraient même pas su où trouver des explosifs ou encore un missile Stinger. Cela n’a pas empêché les procureurs d’agir comme s’ils avaient capturé Oussama ben Laden lui-même. Comme l’a relevé le Los Angeles Times :

Les procureurs ont nommé ceci le dernier-né des complots terroristes locaux après le 11-Septembre.

Jeudi, Eric Snyder, adjoint du Procureur, a dit à la Cour : "Il est difficile d’envisager plus effrayant complot." Il a décrit les quatre suspects comme "empressés de tuer des Juifs."

En fait, il est difficile d’imaginer complot plus stupide, si peu efficace et si peu important. Les quatre ratés ont été piégés par un ignoble agent du FBI qui attendait de trouver ce qu’il cherchait aux abords de la mosquée, au nord de New York. Voici le compte-rendu du New York Times :

Salahuddin Mustafa Muhammad, l’imam de la mosquée, où les autorités affirment que l’informateur privé a d’abord rencontré les hommes, a dit qu’aucun d’eux n’était actif à la mosquée. …

Mr. Cromitie était là en juin dernier, il a rencontré un étranger.

Il ne pouvait savoir que le chemin de l’étranger vers la mosquée avait commencé en 2002, lorsqu’il fut arrêté suite à des accusations fédérales pour usurpation d’identité. Condamné à 5 ans de mise en liberté surveillée, il devint informateur privé pour le compte du F.B.I. Selon Mr. Muhammad, il a commencé à se montrer à la mosquée de Newburg vers 2007.

Le comportement de l’étranger a éveillé les soupçons de l’imam. Il avait invité d’autres fidèles à des repas et avait parlé de violence et du jihad, C’est pourquoi l’imam dit qu’il l’évitait.

"Il semblait louche" dit Mr Muhammed. Les membres "pensaient qu’il s’agissait d’un agent du gouvernement."

Mr Muhammad dit que les membres de sa congrégation lui avaient rapporté que l’homme qu’il pensait être l’informateur avait finalement offert à l’un d’entre eux une somme d’argent conséquente pour qu’il rejoigne son "équipe."

Donc une brute répugnante, l’écume aux lèvres, retient des gens à la mosquée, leur parlant de violence et du jihad ? C’est l’application de la loi ? Imaginez que quelqu’un se comporte ainsi dans une église locale ou dans une synagogue. L’imam dit que les gens "pensaient que c’était un agent du gouvernement."

En s’attaquant à ces ratés, dont aucun ne semblait être musulman, l’informateur privé a organisé l’acquisition d’un missile Stinger hors-service pour abattre des avions militaires et a échafaudé un vaste plan pour attaquer un centre juif dans le Bronx.

Cela devient encore plus pathétique :

Parmi les quatre suspects, le seul à avoir éveillé les soupçons est Payen, un natif haïtien qui fréquentait la mosquée de Newburgh. Son aspect négligé et son comportement étrange dérangeaient les autres membres, dit l’assistant de l’imam, Hamid Rashada.

Lorsque Payen apparut devant la Cour, l’avocat de la défense, Marilyn Reader, le décrivit comme étant intellectuellement perturbé et sous médicaments pour schizophrénie. L’Associated Press dit que lorsqu’on lui demanda s’il comprenait la procédure inquisitoire, Payen répliqua : "Plus ou moins."

Malgré les affirmations pompeuses du maire de New York Bloomberg et celles d’autres politiciens, dont l’élu Peter King, toute cette histoire est bidon. Les quatre ratés ont peut-être été enclins à la violence, ils ont peut-être entretenu une vive tension antisémite. Mais il semble que l’informateur ait attisé leurs tendances à la violence et leur haine contre les Juifs, qu’il ait fomenté un complot, qu’il les ait stimulés, qu’il ait facilité leur recherche d’armes, puis qu’il les ait fait tomber. Pour être certain de faire les gros titres, l’ignoble informateur a affirmé qu’il représentait un groupe d’extrémistes pakistanais, le Jaish-e Muhammad, une organisation terroriste de bonne foi. Evidemment, lui ne l’était pas.

Il est écoeurant et scandaleux que le F.B.I envoie des provocateurs dans les mosquées.

Les gros titres alimentent la grande peur que Dick Cheney tente d’attiser. Cette histoire nourrit le conte de la "patrie" attaquée. Elle ne l’est pas. Comme je l’ai déjà écrit depuis le 11/9- aucun Américain n’a reçu de coup de poing dans le nez par un musulman en colère. Complot après complot — la destruction du pont de Brooklyn ! les attentats dans le métro de New York ! l’effondrement de la Tour Sears ! l’attentat contre l’immeuble Prudential à Newark ! — ont prouvé qu’il s’agissait d’une totale absurdité.
 

Par Robert Dreyfus, le 22/05/09 pour The Nation
Traduction apetimedia pour ReOpenNews

Affaire Hariri : après la Syrie, le Hezbollah et l’Iran mis en accusation

Quatre ans après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, l’enquête internationale n’a toujours pas abouti et donne lieu à de nouvelles manipulations politiques. Loin de la rigueur qui sied à une procédure judiciaire, un article du Spiegel ouvre un nouvel épisode du feuilleton : puisqu’il a fallu renoncer à accuser la Syrie, faute de preuves, les enquêteurs proches des États-Unis et d’Israël désignent maintenant l’Iran. Ce rebondissement intervient comme un contre-feu, après qu’un journaliste états-unien s’exprimant sur Russia Today, ait accusé Dick Cheney d’avoir commandité le crime.

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Le 14 février 2005, le convoi de Rafic Hariri est attaqué à Beyrouth.
A ce jour, les enquêteurs ne sont pas en mesure d’expliquer
les dégâts commis qu’une explosion classique ne saurait provoquer.

Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, les investigations du Tribunal spécial pour la Liban se dirigent désormais vers une mise en cause du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. La nouvelle a immédiatement été reprise par les agences de presse occidentales tandis que le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a demandé le lancement d’un mandat d’arrêt international ou l’interpellation par la force du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Cette agitation intervient alors que, sur la chaîne de télévision publique Russia Today, le journaliste états-unien Wayne Madsen avait affirmé, deux semaines plutôt, que l’assassinat de Rafic Hariri avait été commandité par le vice-président des États-Unis de l’époque, Dick Cheney ; une nouvelle qui avait été ignorée par les agences de presse occidentales et le gouvernement israélien, mais qui avait semé le trouble au Proche-Orient dans son ensemble et au Liban en particulier [1].

Ces deux accusations ne sont pas seulement contradictoires entre elles, elles contredisent aussi les données de l’enquête officielle selon lesquelles treize terroristes islamistes sunnites, actuellement incarcérés au Liban, ont avoué leur participation à l’attentat.

Survenant en pleine campagne électorale, ces imputations n’auront pas le temps d’être sereinement débattues avant le scrutin du 7 juin.

Le positionnement du Spiegel

L’article qui a mis le feu aux poudres en Occident sera publié dans la prochaine livraison du Spiegel. Cependant, il est déjà disponible sur le site internet du magazine, mais en version anglaise [2]. Ce choix éditorial montre que, bien que publié à Hambourg, l’article est moins destiné aux lecteurs allemands qu’à l’opinion publique internationale, voire aux Libanais.

L’auteur de l’article, Erich Follath, est un journaliste réputé qui écrit depuis trente ans sur les sujets de politique internationale les plus divers. Il s’est fait connaître, en 1985, en publiant un livre documenté de l’intérieur sur les services secrets israéliens, L’Œil de David [3]. Il est ajourd’hui membre de l’Atlantische Initiative, un groupe de pression en faveur de l’OTAN. Il ne cache pas son antipathie pour le Hezbollah, qu’il ne considère pas comme un mouvement de résistance, mais comme un « État dans l’État » et qu’il rend responsable des attentats survenus en 2002 et 2004 en Amérique latine [4].

Le Spiegel est un hebdomadaire créé en 1947, après la chute du IIIe Reich, par l’autorité d’occupation anglaise. Celle-ci en confia la direction au journaliste Rudolf Augstein. À la mort de celui-ci, en 2002, le capital a été réorganisé. Le journal appartient désormais pour un quart à la famille Augstein, pour moitié aux rédacteurs, et pour le quart restant au groupe Bertelsmann. Ce dernier est étroitement lié à l’OTAN pour le compte de laquelle il organise à Munich la conférence annuelle sur la sécurité [5].

Tout au long de son histoire, le Spiegel s’est distingué par une série de scoops qui ont profondément influé sur la vie politique allemande en détruisant bien des carrières. Généralement très bien informés, ses articles servaient toujours les intérêts anglo-américains. À droite, Franz Josef Strauß l’appelait « la Gestapo d’aujourd’hui », tandis qu’à gauche, le chancelier Willy Brandt le qualifia de « feuille de merde ».

En 2002, c’est le Spiegel qui avait été chargé de démontrer la fausseté de mon enquête sur le 11-Septembre. L’hebdomadaire avait envoyé pendant six mois une équipe contre-enquêter aux États-Unis. Elle était rentrée bredouille, les autorités US persistant à interdire aux journalistes l’accès aux sites des attentats et tout contact avec les fonctionnaires concernés. Le magazine n’en avait pas moins publié un dossier spécial pour exprimer son opposition idéologique à mes conclusions, faute de pouvoir leur opposer des contre-arguments [6].

Plus récemment, en 2008, la direction du journal a censuré un reportage de l’un de ses plus célèbres photographes, Pavel Kassim. Il avait eu le tort de prendre des clichés des crimes et des destructions commises par l’armée géorgienne, encadrée par des officiers israéliens, en Ossétie du Sud. Le Spiegel entendait expliquer à ses lecteurs la vulgate atlantiste selon laquelle les Géorgiens étaient d’innocentes victimes de l’Ours russe.

Les révélations du Spiegel

Ceci étant posé, que nous apprend l’article d’Erich Follah ? Selon le journaliste, le Tribunal spécial pour le Liban dispose depuis un mois d’informations nouvelles mais se retient de les divulguer pour ne pas politiser l’affaire en interférant dans la campagne électorale législative libanaise. Toutefois, un ou des membres de ce tribunal lui ont donné accès à des documents internes couverts par le secret de l’instruction. Et le journaliste d’ajouter que, a contrario, la publication de son article sera dommageable pour le Hezbollah et lui fera peut-être perdre les élections.

Si le Spiegel a légitiment choisi son camp, il est déplorable que cela lui fasse rendre compte de l’enquête du Tribunal spécial sans le moindre esprit critique. La fuite organisée de l’intérieur du Tribunal pose, quant à elle, une grave question sur l’impartialité de cette juridiction.

On se souvient que, au moyen de logiciels sophistiqués, les enquêteurs libanais, assistés par la Commission d’enquête de l’ONU, avaient passé au peigne fin les 94 millions de communications téléphoniques ayant eu lieu dans la période de l’attentat à Beyrouth. Ils avaient constaté que plusieurs numéros prépayés avaient été activés ce jour-là, qu’ils avaient émis des appels les uns vers les autres sur le parcours du convoi du président Hariri, puis n’avaient plus été utilisés, sauf pour quelques appels « sortants » [7]. Juste après avoir commis leur crime, les conspirateurs avaient tenté de joindre directement ou indirectement quatre généraux libanais, qualifiés en langage médiatique occidental de « pro-Syriens ». Sur la base de cette présomption, le chef de la Commission de l’ONU, Detlev Mehlis, avait fait arrêter les quatre généraux le 30 août 2005 et mis en cause la Syrie. Mais ces appels sortants ne prouvant rien du tout, sinon que les conspirateurs souhaitaient désigner aux enquêteurs ces quatre généraux, les suspects ont été libérés par le Tribunal après trois ans et demi de détention préventive [8]. La Commission des Droits de l’homme de l’ONU avait qualifié cette incarcération demandée par les enquêteurs de l’ONU « d’arbitraire » [9].

Le Tribunal aurait découvert qu’un autre appel sortant a été donné depuis un des téléphones mobiles des conspirateurs. Il conduit vers une jeune femme qui s’avère être la compagne d’Abd al-Majid Ghamlush, un résistant du réseau du Hezbollah, ayant reçu une formation militaire en Iran. Au sein de la Résistance, cet individu serait placé sous les ordres d’Hajj Salim, lequel dirigerait une cellule obéissant aux seuls ordres d’Hassan Nasrallah. Salim serait donc le cerveau du complot et le secrétaire général du Hezbollah en serait le commanditaire.

Le problème est que, si cette méthode d’investigation a été jugée erronée dans le cas des quatre généraux, on ne voit pas pourquoi elle serait soudain devenue correcte pour mettre en cause le Hezbollah. Peu importe : puisque la piste syrienne est morte, voici venir la piste iranienne. Erich Follath précise en effet que si le Hezbollah n’avait pas de mobile clair pour tuer le président Hariri, ses soutiens en Iran pouvaient en avoir. Bref, veuillez cocher la case suivante dans la liste « Axe du Mal ».

Un Tribunal tout aussi spécial que la Commission

La Commission d’enquête de l’ONU avait sombré dans le ridicule avec la Justice-spectacle de son premier président, l’Allemand Detlev Mehlis, dont même le Spiegel pense le plus grand mal [10]. Elle s’était fourvoyée en recourant à de faux témoins bientôt démasqués. Elle avait progressivement retrouvé en crédibilité avec le Belge Serge Brammertz, puis avec le Canadien Daniel Bellemare. Ce dernier ayant été nommé président du Tribunal spécial, l’on pouvait espérer que cette juridiction ferait preuve du sérieux qui avait manqué à la Commission à ses débuts.

Seulement voilà, le Tribunal dispose de ses propres enquêteurs et ceux-ci ont été choisis sur recommandation de Detlev Mehlis. M. Mehlis est un ancien procureur qui a fait sa carrière en Allemagne de l’Ouest à l’ombre de la CIA avant de travailler à Washington pour le WINEP, un think tank satellite de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) [11]. M. Mehlis, de nationalité allemande, mais éligible à la nationalité israélienne, s’entoura à Beyrouth d’une équipe majoritairement composée d’Allemands et d’Israéliens. Le nouveau chef des enquêteurs est l’Australien Nick Khaldas. En réalité un Égyptien naturalisé australien, également éligible à la nationalité israélienne [12]. Ainsi, le même groupe de pression reste aux manettes, il emploie les mêmes méthodes, et poursuit les mêmes objectifs bien éloignés de la recherche de la vérité : mettre en accusation ceux qui s’opposent aux États-Unis et à Israël au Proche-Orient.

Au demeurant, le problème ne se limite pas aux élucubrations de M. Mehlis et de ses amis, il concerne le Tribunal spécial, ses fuites organisées dans la presse et son absence de volonté de poursuivre les pistes dont il dispose.

Durant les trois années où Detlev Mehlis et ses relais dans la presse atlantiste ont crié haro sur la Syrie et ont dénigré les juges Brammertz et Bellemare, ils ont produit un témoin miracle venu corroborer les soupçons, Mohammed Al-Siddiq. Ce personnage trouble s’est finalement rétracté après que l’on ait mis en évidence des invraisemblances dans ses propos. Il a trouvé refuge en France et devait être entendu par le Tribunal afin de comprendre qui avait voulu manipuler la Justice. Or, ce témoin avait disparu au nez et à la barbe des policiers français [13]. Ayant imprudemment noué contact avec sa famille, les services secrets syriens retrouvèrent sa trace aux Émirats arabes unis, où il fut arrêté en possession d’un faux passeport tchèque. Interrogé aux Émirats par l’équipe de Daniel Bellemare, il décrivit sur procès-verbal comment il avait été recruté, payé et protégé par quatre personnalités dont le ministre pro-US Marwan Hamade et l’oncle pro-US du président syrien, Rifaat el-Assad.

Affolé de cette découverte, le Tribunal a décidé de renoncer à citer à comparaître l’ex-témoin-clé. Son audition conduirait automatiquement à la mise en examen de ses commanditaires et tournerait les regards vers… Washington et Tel-Aviv.

Quoi qu’il en soit, les enquêteurs de l’ONU et le Tribunal spécial se grandiraient en examinant la piste Cheney avec l’acharnement dont ils ont fait preuve pour la piste syrienne et qu’ils retrouvent pour la piste iranienne.

Par Thierry Meyssan pour le Réseau Voltaire, le 24 mai 2009
 


Références :

[1] « Dick Cheney aurait commandité l’assassinat de Rafic Hariri », Réseau Voltaire, 7 mai 2009.

[2] « New Evidence Points to Hezbollah in Hariri Murder », par Erich Follath, Spiegel Online, 23 mai 2009.

[3] Das Auge Davids. Die geheimen Kommandounternehmen der Israelis, par Erich Follath, Goldmann Wilhelm éd, 1985. Ouvragé réédité, en 1989, par le groupe Bertelsmann.

[4] Sur cette intox, lire « Washington veut réécrire les attentats de Buenos-Aires », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 juillet 2006.

[5] « La Fondation Bertelsmann au service d’un marché transatlantique et d’une gouvernance mondiale », par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 20 mai 2009. Pour approfondir : La Fondation Bertelsmann et la « gouvernance » mondiale, par Pierre Hillard, François-Xavier Guibert éd., 2009, 160 pp.

[6] Reconnaissons au Spiegel l’honnêteté d’avoir au moins essayé de contre-enquêter, ce qu’aucun autre grand médias n’a tenté de faire. Observons au passage que certains auteurs m’ont reproché de ne pas avoir fait ce qu’ils n’ont pas fait et que le Spiegel a constaté qu’il était impossible de faire : investiguer sur les lieux des attentats dont l’accès est interdit aux médias au nom du Secret-Défense.

[7] « Utilisation de cartes téléphoniques prépayées » (§148 à 152 et §199 à 203) in Premier rapport de la Commission Detlev Mehlis sur l’assassinat de Rafic Hariri.

[8] « Affaire Hariri : l’ONU clôt la piste syrienne et libère les quatre généraux libanais », Réseau Voltaire, 29 avril 2009.

[9] « Rapport du Groupe de travail de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur les détentions arbitraires », 29 janvier 2008.

[10] « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih ; «  Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », entretien de Jürgen Cain Kulbel avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005 et 15 septembre 2006.

[11] L’AIPAC se définit comme le lobby ro-israélien aux USA. Voir Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, La Découverte éd. (2009), 500 pp.

[12] « Un étrange enquêteur nommé au Tribunal spécial de l’ONU pour le Liban », Réseau Voltaire, 22 décembre 2008.

[13] « Kouchner a « perdu » le témoin-clé de l’enquête Hariri », par Jürgen Cain Külbel, Réseau Voltaire, 21 avril 2008.

Loose Change 9/11: An American Coup

Dylan Avery a annoncé la sortie le 22 septembre 2009 d’un nouvel opus: Loose Change 9/11: An American Coup (Loose Change 9/11 : un Coup américain) dont voici la bande-annonce

Loose Change 9/11 : un Coup américain est écrit et dirigé par Dylan Avery et produit par Korey Rowe, avec la collaboration de Matthew Brown, un jeune entrepreneur de Fort Worth (Texas).

Le film sera une suite de Loose Change 2nd Ed. (versions éditée et ré-édité). Il durera environ 1 heure et 40 minutes, pour un budget initial conséquent de 3 500 000 $.

Loose Change 9/11 : un Coup américain commencera en passant en revue les événements mystérieux et infâmes qui ont réorganisé l’histoire mondiale – de l’incendie du Reichstag en 1933, qui a catapulté Hitler au pouvoir et le peuple allemand dans une dictature – à l’incident du Golfe du Tonkin, en 1964, qui a mené à la Guerre du Viêtnam…

Le film tentera ensuite de se focaliser sur certains points clefs de la remise en cause du 11-Septembre, et n’utilisera pour cela quasiment aucun contenu des versions précédentes (Loose Change, Loose Change 2nd ed. et Loose Change Final Cut).

Dans cette nouvelle version, disponible uniquement en DVD, le narrateur sera l’acteur et "truther" convaincu Daniel Sunjata, l’acteur de la série Rescue Me.

Nous rappelons que le DVD en français de la rigoureuse et définitive version Loose Change Final Cut est disponible chez votre marchand de journaux dans toute la France (métropole) accompagné d’une revue de 64 pages consacrée au 11 Septembre :"Les Grands Mystères de l’Histoire", Numéro Hors Série N°5 du 14/04/09.

Hersh : c’est Cheney qui a fait assassiner Hariri et Bhutto (MIS A JOUR : Démenti de Hersh)

Dans un entretien à Al-Jazeera, le journaliste états-unien Seymour Hersh a révélé de nouvelles informations sur les activités secrètes du Joint Special Operation Command.

Cette unité, créée dans les années 80, a servi durant les deux mandats de George W. Bush à perpétrer plusieurs centaines d’assassinats politiques dans le monde sous l’autorité directe du vice-président Dick Cheney [voir la ReOpeNews à ce sujet].

Selon Hersh, elle aurait notamment exécuté deux alliés indociles des États-Unis : l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (14 février 2005) —information déjà divulguée par notre confrère Wayne Madsen à Russia Today [et qui a fait l'objet d'une précédente ReOpenNews]—, et l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto (27 décembre 2007).

M. Hariri avait refusé de défendre les intérêts US dans son pays et Mme Bhutto avait révélé à la BBC [1] l’assassinat en 2001 d’Oussama Ben Laden par Omar Saeed Sheikh [2].

Par la suite, Dick Cheney a poursuivi sa politique en s’appuyant sur le propre fils de Rafic Hariri, Saad, et sur l’époux de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, promu président du Pakistan.

Selon Hersh, ces assassinats ont été supervisés par le général Stanley A. McChrystal [3], que le président Barack Obama vient de nommer commandant en chef des troupes US et de l’OTAN (ISAF) en Afghanistan.

Seymour Hersh est un journaliste réputé. Récipiendaire du Prix Pulitzer, il écrit régulièrement dans le New Yorker. Son nom reste attaché aux révélations sur le massacre de My Lai (Vietnam, 1969), sur l’affaire Vanunu et la bombe atomique israélienne.
 

[1] Entretien accordé à David Frost, le 2 novembre 2007.
[2] Umar Saeed Sheikh est un agent double du MI6 britanniique et de l’ISI pakistanaise. Il est considéré comme l’assassin du journaliste Daniel Pearl.
[3] Officiellement, le général McChrystal était jusqu’ici chargé de la traque d’Oussama Ben Laden.

 
Publié sur le Réseau Voltaire le 20 mai 2009
 


UPDATE : Il semblerait que Hersh n’ait jamais déclaré que Cheney a donné l’ordre d’assassiner Bhutto. Il s’agit d’une fausse information que Hersh a lui même réfutée. Voici le rectificatif communiqué par le réseau Voltaire :

Le Réseau Voltaire a repris dans ses colonnes une information largement diffusée par les agences de presse en Asie et diffusée en Occident aussi bien par le Wall Street Journal que par The Economist.
Dans un message adressé à la direction de Gulf News, M. Hersh a déclaré ne jamais avoir tenu les propos qui lui ont été imputés selon lesquels l’assassinat de Benazir Bhutto aurait été commandité par le vice-président US Dick Cheney.
Nous retirons donc cette dépêche de notre site web et présentons nos excuses à nos lecteurs.

Julien Coupat : « La prolongation de ma détention est une petite vengeance» 


Peu avant sa remise en liberté sous un "strict contrôle judiciaire" après plus de six mois de détention, Julien Coupat a répondu aux questions du quotidien Le Monde. Son interview, véritable réquisitoire contre un état policier qui glisse vers le totalitarisme, montre au passage que Coupat a parfaitement intégré le concept de terrorisme fabriqué.
Extraits (Lire l’interview complète dans Le Monde) :
 


Voici les réponses aux questions que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15 novembre 2008 pour "terrorisme" avec huit autres personnes interpellées à Tarnac (Corrèze) et Paris, il est soupçonné d’avoir saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours incarcéré. (Il a demandé à ce que certains mots soient en italique).

[...]

Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation ?

Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu’aux dents s’est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion [ancien patron de la police antiterroriste] dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d’un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs "prisons du peuple" en nous assommant de questions où l’absurde le disputait à l’obscène.

Celui qui semblait être le cerveau de l’opération s’excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c’était de la faute des "services", là-haut, où s’agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu’ils continuent de sévir en toute impunité.

Les sabotages sur les caténaires SNCF en France ont été revendiqués en Allemagne. Qu’en dites-vous?

Au moment de notre arrestation, la police française est déjà en possession du communiqué qui revendique, outre les sabotages qu’elle voudrait nous attribuer, d’autres attaques survenues simultanément en Allemagne. Ce tract présente de nombreux inconvénients : il est posté depuis Hanovre, rédigé en allemand et envoyé à des journaux d’outre-Rhin exclusivement, mais surtout il ne cadre pas avec la fable médiatique sur notre compte, celle du petit noyau de fanatiques portant l’attaque au cœur de l’Etat en accrochant trois bouts de fer sur des caténaires. On aura, dès lors, bien soin de ne pas trop mentionner ce communiqué, ni dans la procédure, ni dans le mensonge public.

Il est vrai que le sabotage des lignes de train y perd beaucoup de son aura de mystère : il s’agissait simplement de protester contre le transport vers l’Allemagne par voie ferroviaire de déchets nucléaires ultraradioactifs et de dénoncer au passage la grande arnaque de "la crise". Le communiqué se conclut par un très SNCF "nous remercions les voyageurs des trains concernés de leur compréhension". Quel tact, tout de même, chez ces "terroristes"!

[...]

La police vous considère comme le chef d’un groupe sur le point de basculer dans le terrorisme. Qu’en pensez-vous?

Une si pathétique allégation ne peut être le fait que d’un régime sur le point de basculer dans le néant.

Que signifie pour vous le mot terrorisme?

Rien ne permet d’expliquer que le département du renseignement et de la sécurité algérien suspecté d’avoir orchestré, au su de la DST, la vague d’attentats de 1995 ne soit pas classé parmi les organisations terroristes internationales. Rien ne permet d’expliquer non plus la soudaine transmutation du "terroriste" en héros à la Libération, en partenaire fréquentable pour les accords d’Evian, en policier irakien ou en "taliban modéré" de nos jours, au gré des derniers revirements de la doctrine stratégique américaine.

Rien, sinon la souveraineté. Est souverain, en ce monde, qui désigne le terroriste. Qui refuse d’avoir part à cette souveraineté se gardera bien de répondre à votre question. Qui en convoitera quelques miettes s’exécutera avec promptitude. Qui n’étouffe pas de mauvaise foi trouvera un peu instructif le cas de ces deux ex – "terroristes" devenus l’un premier ministre d’Israël, l’autre président de l’Autorité palestinienne, et ayant tous deux reçus, pour comble, le Prix Nobel de la paix.

Le flou qui entoure la qualification de "terrorisme", l’impossibilité manifeste de le définir ne tiennent pas à quelque provisoire lacune de la législation française : ils sont au principe de cette chose que l’on peut, elle, très bien définir : l’antiterrorisme dont ils forment plutôt la condition de fonctionnement. L’antiterrorisme est une technique de gouvernement qui plonge ses racines dans le vieil art de la contre-insurrection, de la guerre dite "psychologique", pour rester poli.

L’antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n’est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c’est la méthode par quoi l’on produit, positivement, l’ennemi politique en tant que terroriste. Il s’agit, par tout un luxe de provocations, d’infiltrations, de surveillance, d’intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation médiatique, de l’"action psychologique", de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d’anéantir la "menace subversive" en associant, au sein de la population, l’ennemi intérieur, l’ennemi politique à l’affect de la terreur.

L’essentiel, dans la guerre moderne, est cette "bataille des cœurs et des esprits" où tous les coups sont permis. Le procédé élémentaire, ici, est invariable : individuer l’ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l’exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l’humilier publiquement, inciter les plus vils à l’accabler de leurs crachats, les encourager à la haine. "La loi doit être utilisée comme simplement une autre arme dans l’arsenal du gouvernement et dans ce cas ne représente rien de plus qu’une couverture de propagande pour se débarrasser de membres indésirables du public. Pour la meilleure efficacité, il conviendra que les activités des services judiciaires soient liées à l’effort de guerre de la façon la plus discrète possible", conseillait déjà, en 1971, le brigadier Frank Kitson [ancien général de l'armée britannique, théoricien de la guerre contre-insurrectionelle], qui en savait quelque chose.

Une fois n’est pas coutume, dans notre cas, l’antiterrorisme a fait un four. On n’est pas prêt, en France, à se laisser terroriser par nous. La prolongation de ma détention pour une durée "raisonnable" est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés, et de la profondeur de l’échec; comme est compréhensible l’acharnement un peu mesquin des "services", depuis le 11 novembre, à nous prêter par voie de presse les méfaits les plus fantasques, ou à filocher le moindre de nos camarades. Combien cette logique de représailles a d’emprise sur l’institution policière, et sur le petit cœur des juges, voilà ce qu’auront eu le mérite de révéler, ces derniers temps, les arrestations cadencées des "proches de Julien Coupat".

Il faut dire que certains jouent, dans cette affaire, un pan entier de leur lamentable carrière, comme Alain Bauer [criminologue], d’autres le lancement de leurs nouveaux services, comme le pauvre M. Squarcini [directeur central du renseignement intérieur], d’autres encore la crédibilité qu’ils n’ont jamais eue et qu’ils n’auront jamais, comme Michèle Alliot-Marie.

[...]

Propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot
Article paru dans l’édition du Monde du 26.05.09

Interview d’Annie Machon, ancien agent du MI5

Cela fait plus de dix ans qu’Annie Machon et David Shayler ont démissionné du MI5 pour dénoncer une action terroriste effectuée sous fausse bannière par le Renseignement britannique en Libye, ainsi que d’autres pratiques mensongères des Services secrets au Royaume-Uni et à l’étranger. En 2006, Annie Machon prononça un discours-programme qui fit date à la "Conférence de Chicago pour la vérité sur le 11 Septembre" (Chicago 9/11 Truth Conference), présentant son histoire à une large audience. En 2006 et 2007, Machon a organisé trois tournées en Angleterre et en Europe continentale pour William Rodriguez. Elle a voyagé et discouru avec lui à plus de quarante occasions. Elle a aussi organisé des tournées de conférences pour Richard Gage et David Ray Griffin et partagé une tribune avec Cynthia McKinney à Amsterdam en 2007. À partir de mai 2009, Annie Machon interviendra à plusieurs reprises au Canada (*).


Photographie de Chris Carr

911blogger : Mme Machon, quelle est votre relation actuelle avec David Shayler? Pensez-vous encore qu’il ait fait une véritable dépression ou bien que cette dépression était peut-être en quelque sorte préméditée dans le but de faire passer pour des cinglés les défenseurs de la vérité sur le 11/9?

Machon : Cela fait presque trois ans que nous nous sommes séparés, David et moi, et je vis actuellement en Allemagne avec mon partenaire et Molly notre chatte.

J’ai très peu de contact avec David, aujourd’hui, ce qui est étrange étant donnée l’intensité de nos années passées ensemble quand nous avons dénoncé ces affaires, nous nous sommes cachés en Europe, nous avons assisté à l’arrestation de nos amis, de nos familles et de nos soutiens, nous avons vécu en France trois ans et nous avons survécu à deux procès très médiatisés.

Quel dommage que tout ceci se soit produit juste avant que l’Internet, les archives électroniques des médias et YouTube ne deviennent endémiques – car à ce moment-là les gens auraient pu voir, d’un simple clic de souris, l’ampleur du scandale, les épreuves que nous avons endurées et la brutalité de la réaction du gouvernement et des Agences de renseignement. L’histoire a, depuis, largement été oubliée par les médias et mon livre (qui décrivait toute l’affaire) a été enterré.

Notre engagement dans le mouvement du 11/9 a commencé en 2005 à une conférence journalistique où nous essayions de promouvoir le livre, lorsqu’un important activiste anglais du 11/9 nous a approchés. Les "chasseurs de têtes" du mouvement anglais alors naissant nous recherchaient activement et durant la première année, le nom et le profil de Shayler les a vraiment aidés à construire cela – des interviews dans les médias, des tournées de conférences, etc.

Alors il a commencé à devenir de plus en plus lunatique et intraitable sur ses avis, jusqu’à ce qu’il se mette à parler en public de théories marginales et spéculatives, telles que "il n’y avait pas d’avions" ; toute la campagne fut alors ridiculisée par les médias britanniques.

En 2006, je travaillais d’arrache-pied à la construction du mouvement avec des interviews et des tournées de conférences. Vers la fin de notre relation, David et moi nous disputions constamment au sujet de son approche et ce fut une raison de notre séparation car cela me mettait en colère qu’avec ses positions, il compromette le travail de tellement de gens.

Cela dit, il s’agissait à mon avis d’une véritable dépression. Je crois que le culte du héros dénonciateur par certains secteurs de la société et sa diffamation par d’autres, ajoutés à l’isolement constant et à la lutte pour la survie, l’ont inévitablement conduit à cette mentalité de victime (sacrificielle/de Messie). Je pense que c’était seulement un mécanisme de survie d’un esprit traumatisé.

Cela m’attriste terriblement qu’un homme ayant agi avec courage et avec les meilleures intentions du monde ait pu être traité de la sorte et mis dans un tel état. Cela me met en colère que les principaux médias aient non seulement été trop mous pour demander des comptes aux espions et au gouvernement, mais à l’inverse, aient conspiré pour détruire la réputation d’un brave homme.

Cela dit, il est assez difficile d’amener le grand public à ne serait-ce que se poser les questions de base sur le 11 Septembre. Je pense qu’initier les gens au 11/9 via des sujets tels que le "No Plane Theory" (théorie selon laquelle il n’y avait pas d’avions) ou les rayons de l’espace, sans parler de l’auto-proclamation messianique, cela ne peut que faire du tort au mouvement.

911blogger : Sans forcément citer de noms, avez-vous rencontré des employés du MI5 impliqués dans le noyautage du mouvement pour la vérité sur le 11/9 en Angleterre ?

Machon : Je doute que même le MI5 puisse être suffisamment incompétent pour y envoyer quelqu’un que je reconnaîtrais !

Il y a un embrouillamini très britannique dans la manière dont la surveillance est faite dans le Royaume-Uni. Ce n’est pas seulement du MI5 dont nous avons à nous préoccuper, il y a aussi les branches des sections spéciales de la police (c.-à-d. les polices secrètes – chaque force en a une), ainsi que les compagnies privées de sécurité en plein développement, qui sont utilisées pour surveiller les activistes – et, bien entendu, tout cela peut être formellement nié. Le New Statesman Magazine comportait un bon article à ce sujet.

Aussi, le travail est bien délimité à l’intérieur du MI5. Les officiers du Renseignement (dont je faisais partie) s’occupent de coordonner les opérations; les agents sont des personnes engagées spécifiquement pour infiltrer des groupes et leurs identités sont un secret bien gardé, même au sein du Service. Ainsi, il serait extrêmement improbable que je tombe sur une personne que je serais susceptible de reconnaître.

Cela dit, j’ai donné une conférence à Londres l’année passée et un ancien officier du contre-terrorisme de la police métropolitaine, qui s’est battu contre elle pendant ces dernières années et que j’ai rencontré lors de quelques projets télévisés, m’a déclaré qu’il avait reconnu un de ses anciens collègues parmi le public. Peut-être était-il là seulement par intérêt…

911blogger : Est-ce que le MI5 en Angleterre et le MI6 à l’étranger recrutent activement des musulmans, qui à leur tour recrutent d’autres musulmans pour "Al-Qaïda" — mais qui en réalité se feront pigeonner et inculper pour des opérations terroristes sous fausse bannière ? Et est-ce vraiment cela, "Al-Qaïda"? Ou bien pensez-vous que ce soit plus compliqué ?

Machon : Le complot illégal du MI6 pour assassiner le colonel Kadhafi de Libye en 1996, était un cas classique d’une telle action terroriste sous fausse bannière et la principale raison, pour Shayler et moi, de notre dénonciation.

Dans cette affaire, le MI6 a financé un officier des renseignements libanais, du nom de code Tunworth, pour organiser cet attentat en employant un groupe d’extrémistes islamiques ayant des liens avec "Al-Qaïda". Kadhafi revenait de Sirte dans un défilé de voitures quand une explosion s’est produite sous la mauvaise voiture. Kadhafi a évidemment survécu, mais des personnes innocentes ont péri durant la fusillade qui a suivi.

En plus d’être contraire à l’éthique, et du fait de son caractère très risqué dans cette région du monde particulièrement instable, l’opération était aussi illégale pour la loi anglaise. Le MI6 est censé être régi par la loi de 1996 sur les services de renseignements. Cette loi accorde aux officiers du MI6 une immunité pour les actes illégaux commis à l’étranger (le vrai permis de tuer de "James Bond"), mais seulement s’ils obtiennent préalablement une autorisation écrite de leur instance politique supérieure – le "Foreign Secretary" (Secrétaire des affaires étrangères). Dans le cas présent, ils n’avaient pas une telle autorisation.

Nous avons essayé à maintes reprises de fournir la preuve du "complot Kadhafi" au gouvernement. À ce jour, ils ont refusé de l’accepter malgré la fuite, en 2000, d’un document du MI6 prouvant le complot et dont certaines sources dans les Renseignements français et américains étaient au courant. Quand Shayler a révélé ce crime en 1998, il a été emprisonné à Paris parce que le gouvernement britannique a essayé sans succès de l’extrader. Il y avait une énorme pression pour diligenter une enquête, mais le gouvernement s’est débrouillé pour s’en sortir en faisant traîner les choses.

Bien sûr, il est communément accepté qu’"Al-Qaïda" a commencé avec le soutien de la CIA aux moudjahidin d’Afghanistan dans les années 1980. On sait également que ces liens perdurent aujourd’hui. Mais "Al-Qaïda" est aussi devenue une idéologie, une franchise à laquelle d’authentiques musulmans en colère adhéreront. Ainsi, on y trouve un peu de tout.

911blogger : Existe-t-il un parti politique en Angleterre qui offre une véritable alternative aux partisans de la vérité pour le 11/9? Par exemple, y a-t-il un parti politique qui demande le démantèlement ou une sérieuse restructuration du MI5/MI6?

Machon : Malheureusement non. Le parti Vert anglais a manifesté un certain intérêt, il y a quelque temps, pour la cause du 11/9 mais cela n’a débouché sur rien. Les principaux partis politiques ne veulent pas y toucher. Cette question recevait une bonne couverture médiatique en Angleterre il y a quelques années, mais depuis, la campagne s’est fragmentée autour des argumentations en faveur d’une campagne politique crédible, à la David Ray Griffin ou Richard Gage, ou en faveur d’une "image globale". Beaucoup de gens ont choisi cette dernière option et cela a permis aux médias et aux classes politiques de rejeter le sujet avec une facilité déconcertante, comme pure "théorie de la conspiration".

Idem avec la réforme de la communauté du Renseignement. Les dénonciateurs sont toujours écartés comme des affabulateurs à la manière de "Walter Mitty", mécontents ou pas assez mûrs pour savoir de quoi ils parlent (pensez à Shayler, Dr. David Kelly, Katherine Gunn, Richard Tomlinson). Ainsi, en attaquant et en écartant les dénonciateurs, le gouvernement et les agents secrets s’arrangent pour éviter des enquêtes sur les révélations extrêmement graves. La seule fois où les membres du Parlement se sont mis en colère, ce fut lorsque l’un des leurs fut arrêté par la "Branche spéciale" l’année dernière : Damien Green, membre conservateur du Parlement.

Le MI5 détient des informations sur plusieurs politiciens d’importance en Angleterre, ce qui pourrait expliquer leur réticence à brider les agents secrets. C’est un vrai problème pour une démocratie – tout à fait comme la queue qui remue le chien.

Cela fait des années que je débats sur la nécessité d’une restructuration complète de nos Agences de renseignement. Elles n’ont aucun compte à rendre et sont au-dessus de toute critique, de ce fait elles deviennent des oligarchies qui s’auto-perpétuent. En leur accordant plus de pouvoir, d’argent et de ressources pour contrer la "guerre à la terreur", nous ne faisons qu’empirer les problèmes existants, nous ne les améliorons pas.

Donc, la meilleure chose que les politiciens pourraient faire serait de prendre du recul et de se demander : quelles sont les VRAIES menaces pour notre sécurité nationale et, sur cette base, comment pouvons-nous au mieux nous en protéger? Je soutiens que nous devrions démanteler le MI5, le MI6 et le GCHQ [NDT : Quartier Général du gouvernement pour les Communications, équivalent de la NSA aux États-Unis], avec tout leur bagage historique attenant, et établir une nouvelle agence qui devra travailler dans la limite de paramètres strictement définis, se conformer à la loi, et travailler sous une véritable supervision démocratique.

On trouve beaucoup plus d’informations à ce sujet sur www.anniemachon.com

911blogger : Dans son nouveau livre, Yuri Felshtinsky montre que le KGB/FSB s’est engagé dans des actes terroristes sous fausse bannière pour faire apparaître les musulmans de Tchétchénie comme des démons. Il a été récemment révélé dans le New York Times et ailleurs, que le Mossad avait recruté et employé un cousin d’un des supposés pirates du 11/9. Pouvez-vous citer quelques autres exemples d’Agences de renseignement d’autres Nations qui s’adonnent à cette pratique?

Machon : Certainement. L’exemple classique est l’attentat à la bombe qui a touché l’ambassade d’Israël à Londres en 1994. Deux Palestiniens innocents étudiant à Londres, Samar Alami et Jawed Botmeh, s’étaient liés d’amitié avec quelqu’un du nom de Reda Moghrabi, qui leur a ensuite demandé de l’aider pour l’achat d’une voiture d’occasion. Par la suite, cette voiture a explosé à l’extérieur de l’ambassade ; Alami et Botmeh ont été reconnus coupables de conspiration terroriste et condamnés à 20 ans chacun. Mograbi n’a jamais été retrouvé.

La position officielle du MI5 sur cette attaque, après avoir considéré toutes les preuves et tous les Renseignements, était que le Mossad avait attaqué sa propre ambassade à l’aide d’une explosion contrôlée. Ils l’ont fait pour deux raisons: d’abord pour obtenir un renforcement de la sécurité autour des intérêts d’Israël à Londres, et ensuite pour démolir un réseau de support palestinien qui se développait rapidement et dans lequel Alami et Botmeh semblaient actifs.

C’était l’une des affaires que nous avions dénoncées. Vous auriez pu penser que l’affaire serait rejugée immédiatement, mais le gouvernement s’est arrangé pour l’éviter, car cela aurait justifié la dénonciation, et deux personnes innocentes continuent à croupir en prison.

En outre, il s’est produit une attaque similaire à Buenos Aires en 1994. Il y a quelques années, le gouvernement – là-bas – ORDONNA une enquête judiciaire qui a révélé que le Mossad avait conduit l’attaque, là aussi.

911blogger : Y a-t-il quelques bons livres qui décrivent de manière réaliste comment les MI5 et MI6 opèrent?

Machon : C’est bien que vous le demandiez ! Mon livre s’appelle "Spies, Lies and Whistleblowers" (Espions, mensonges et dénonciateurs). Il a été interdit pendant 15 mois par le MI5, enterré par les médias nationaux en Angleterre et je crois qu’il doit être plutôt difficile de s’en procurer un exemplaire maintenant.

Mark Urban, anciennement au Renseignement militaire et actuellement à la BBC, a également écrit un bon livre appelé "UK Eyes Alpha: Inside British Intelligence" [Yeux anglais Alpha : à l'intérieur du Renseignement britannique - NDT], qui reflète correctement l’atmosphère. Stephen Dorril, quant à lui, se base sur beaucoup de recherches pour écrire ses livres bien qu’il n’ait aucune connaissance de l’intérieur sur les agences.

911blogger : Grâce à l’Internet, nous en savons beaucoup plus sur la manière dont les "Agences de renseignement" fonctionnent, et nous avons de plus en plus conscience du contrôle, qui n’existait pas de manière significative il y a 20 ans, exercé par une élite. Face au pouvoir orwellien des médias de masse, pensez-vous que nous ayons la moindre chance de réveiller assez de gens pour changer suffisamment notre société occidentale et mettre fin au terrorisme sous fausse bannière?

Machon : L’Internet pourrait être notre salut – nous avons besoin d’être notre propre média. De plus en plus, nous voyons des citoyens journalistes enregistrer et rapporter des faits que les principaux médias choisissent d’ignorer – la semaine passée, pendant une manifestation contre le G20 à Londres, un homme est décédé après avoir été agressé par un officier de police. Les principaux médias et la police ont affirmé que l’homme s’était simplement effondré, mais un spectateur avait filmé ce qui s’était réellement produit.

Bien sûr, les mass-médias font partie de "l’establishment", ils ne représentent plus le quatrième pouvoir. En Angleterre ils sont facilement manipulés et contrôlés par des lois sur le secret, de même que par le patronage et les bobards des espions et du gouvernement. Il y a un très bon livre de Nick Davies appelé "Flat Earth News" (Nouvelles de la Terre plate) qui décrit la fin du vrai journalisme d’investigation.

Donc oui, il est difficile de faire passer le message sur le 11/9 rapidement et efficacement. Il est urgent d’étendre notre portée au-delà de notre cercle. De par le monde, beaucoup de gens sont révoltés par la mort de millions d’innocents dans les guerres illégales du Moyen-Orient, et beaucoup sont aussi révoltés par l’emploi de "la guerre contre le terrorisme" comme excuse pour tailler en pièces nos libertés et nos droits constitutionnels.

Nous devons placer le 11 Septembre au cœur de ces débats, mais nous n’aurons une chance d’y parvenir qu’en respectant une discipline dans notre campagne, et qu’importent nos croyances ou nos intérêts personnels. L’enjeu est trop important.

Interview réalisée par 911blogger
Traduction par Perry pour ReOpenNews

 


Notes: Pour en savoir plus sur cette tournée de conférences au Canada et peut-être ajouter votre ville à l’itinéraire, n’hésitez pas à prendre contact avec Elizabeth Woodworth: elizwood(at)shaw.ca ou Patrick Borden: directors(at)vancouver911truth.org.

Un homme est poursuivi par les autorités britanniques pour avoir envoyé des DVD sur les attentats de Londres

Un Irlandais a été extradé, soupçonné d’avoir envoyé des DVD controversés au Juge britannique pour innocenter les accusés des attentats de Londres en 2005.

Un homme était recherché par les autorités britanniques pour tentative présumée de détournement du cours de la Justice. Il avait envoyé un DVD controversé à un juge et au Président du jury lors d’un procès concernant les attentats à la bombe de Londres en juillet 2005. Il a été présenté à la Haute Cour après avoir été arrêté à Co Meath.

Sheffield – né Antony John Hill, 60 ans, a été arrêté à son domicile de Carrick Street, Kells, tôt hier matin, sous mandat d’arrêt européen, comme on l’a dit à Mr John Mac Menamin de la justice. L’extradition de Mr Hill est liée à ses actions supposées durant le procès de plusieurs personnes accusées de conspiration lors des attaques du 7 juillet 2005 survenues dans le métro et un bus londoniens.

On soupçonne Mr Hill d’avoir envoyé, en mai et juin 2008, plusieurs copies du DVD intitulé Répercussions 7/7 (7/7 Ripple Effect) au Juge et au Président du jury, lors du procès à la Cour de Kingston Crown des personnes soupçonnées d’être impliquées dans les explosions de 2005. Répercussions 7/7 est un film, disponible sur internet, qui prétend que les personnes accusées d’être impliquées dans les explosions sont innocentes, et que les attentats étaient un complot, impliquant peut être les services secrets britanniques ou israéliens. Les autorités britanniques prétendent que des copies du DVD, dont les enveloppes portaient le cachet de la poste irlandaise, auraient été expédiées entre septembre et décembre 2007, à 5 parents de victimes tuées lors des attentats.

Le sergent Seán Fallon a dit hier à la Cour que lorsqu’il a arrêté M Hill à son domicile à 8h14, et qu’il l’a questionné à propos des DVD, il a répondu :« je les ai envoyés. Je crois ces hommes innocents ». Selon le sergent Fallon, Mr Hill a dit qu’un de ses amis avait fait les DVD et des copies ont été réalisées sur son ordinateur. Hier, les ‘Gardaí’ (agents de police irlandaise) se sont emparés des ordinateurs au domicile de Mr Hill et feront appel à la Cour pour envoyer ces ordinateurs aux autorités britanniques. L’affaire est reportée par Mr MacMenamin au 18 février. Mr John Hill est en détention préventive.

Cet article parait dans l’édition imprimée de Irish Times.

Source : article du 11 février 2009 Irishtimes.com
Traduit par Apetimedia pour ReopenNews

 


Note ReOpenNews : Nous vous invitons à regarder le film incriminé (VO non sous-titrée). Comme vous le verrez, les attentats de Londres du 7 juillet 2005 présentent des ressemblances troublantes avec ceux du 11 Septembre : réalisation ce jour-là d’exercices militaires simulant exactement les événements qui s’y sont produits, incohérences flagrantes dans la chronologie officielle, etc.

Nous vous invitons également à visiter le site anglophone  J7: The July 7th Truth Campaign, équivalent de ReOpen911 en Grande bretagne pour les les attentats de Londres.

Quand l’OTAN utilisait le terrorisme en Europe

Alors que la France s’apprête à réintégrer le giron de l’OTAN, quitté en 1966 sous la houlette du général De Gaulle, l’historien suisse Daniele Ganser [1], auteur de l’ouvrage Les Armées secrètes de l’OTAN, nous entretient du passé sulfureux de ces réseaux Stay-Behind dans leur combat contre le communisme soviétique, et de leur exploitation de groupuscules terroristes en Europe de l’Ouest durant la Guerre froide. Des pratiques de manipulation qui pourraient bien avoir encore cours aujourd’hui vis-à-vis du terrorisme islamique, selon Daniele Ganser. L’installation après-guerre de ces réseaux dans tous les pays de l’Europe et leur utilisation lors de différentes campagnes de terreur et d’attentats meurtriers – dont les attentats de la gare de Bologne, l’assassinat d’Aldo Moro ou les attaques des tueurs fous du Brabant – font désormais partie de l’Histoire, depuis les révélations du premier ministre italien Giulio Andreotti en 1990. Bien que très connus en Italie (sous le nom de réseaux Gladio), peu de gens en ont entendu parler en France, et à l’heure de la menace de "l’hyperterrorisme", il parait essentiel d’écouter Daniele Ganser nous révéler les véritables origines de ces attentats commis "sous fausse bannière" et fabriqués pour accroître la stratégie de la tension…

 

Par Paul sur AgoravoxTV, le 16/02/2009

[1] Daniele Ganser est professeur d’Histoire à Bâle en Suisse. Il est aussi président de l’Association for the Study of Peak Oil (ASPO) suisse. Il a donné en avril 2008 à Paris une conférence sur le thème " 11-Septembre et Pic pétrolier" filmée par ReOpen911.


Note ReOpenNews : Cette émission réalisée pour la radio suisse RSR et d’autres sont dans l’onglet “Radio Interviews” sur la page du site de l’éditeur Demi-Lune.

 

Le présumé pilote kamikaze du vol 93 avait-il un lien avec le Mossad?

Le présumé pilote kamikaze du vol 93 qui s’est crashé en Pennsylvanie le 11 septembre était, selon le FBI, le Libanais Ziad Al-Jarrah. Originaire de la vallée de la Bekaa, l’homme était connu pour aimer la bière et les femmes, loin de l’image du fondamentaliste donnée par le gouvernement américain.


Ziad Al-Jarra avec Mohamed Atta

Dans la famille Al-Jarrah, on retrouve ses cousins Ali al-Jarrah et Yusuf Al-Jarrah…

Quelle importance, direz-vous ?

Ali et Yusuf Al-Jarrah seraient des agents du Mossad. Ils ont été arrêtés en octobre 2008 par la police libanaise. Selon les services de sécurité libanais, le clan Al-Jarrah était le réseau d’espionnage israélien le plus performant depuis vingt ans.

C’est le journal israélien JERUSALEM POST qui reprend l’information du quotidien libanais Daily Star selon laquelle les agents du Mossad sont de la même famille que le kamikaze du 11 septembre :


Un "espion du Mossad" lié à l’assassinat de Mughniyeh

JERUSALEM POST, le 3 novembre 2008

Selon un article du quotidien libanais en langue anglaise le Daily Star de lundi dernier, les autorités libanaises enquêtent sur la possibilité qu’un citoyen libanais arrêté parce que soupçonné d’espionnage en faveur d’Israël, serait impliqué dans l’assassinat d’Imad Mughniyeh, le chef terroriste du Hezbollah.

Le quotidien libanais Al Akhbar révèle que le nom du suspect était Ali Jarrah, et rapporte qu’il a été arrêté dans le sud de Beyrouth après que l’on ait découvert qu’il suivait des personnalités du Hezbollah. Jarrah a confessé son implication dans les crimes qui lui sont attribués, rapporte le journal. Des sources menant l’enquête affirment que Jarrah a été recruté par le Mossad au milieu des années 1980 et était chargé de récolter des informations sur les organisations palestiniennes au Liban et en Syrie.

Le Jerusalem Post n’a pas pu confirmer ces informations de manière indépendante.

Le Mossad, rapportent les sources, a équipé Jarrah avec du matériel technologique avancé destinés à tracer les dirigeants du Hezbollah.

Le rapport ajoute que le frère de Jarrah, Youssouf, est suspecté d’avoir aidé son frère et arrêté de même. Le Daily Star cite une source des services de sécurité affirmant que les frères Jarrah étaient parents avec Ziad Jarrah, le Libanais qui faisait partie des kamikazes du vol UA93, lequel s’est écrasé en Pennsylvanie le 11 septembre 2001.

Traduit de l’anglais par Hubert H., version originale ici: http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1225199636945&pagename=JPost/JPArticle/ShowFull)

10 scénarii de ce qui a pu se passer le 11 Septembre 2001

Parmi les tentatives pour classer les théories sur le 11 Septembre que j’ai vues, certaines éludent les problèmes ou dépeignent de manière inéquitable ce que les gens pensent. La plupart sont exposées en termes vagues. J’ai essayé de faire mieux en dressant une liste de 9 possibilités progressives qui, je crois, décrivent équitablement les opinions divergentes qu’ont réellement les gens(je me permets d’écarter ceux qui croient en une intervention divine ou extra-terrestre). Cela reste un exercice mental, mais j’espère qu’il aide à aiguiser notre logique.

 

1 LA THEORIE OFFICIELLE

19 pirates ont planifié les attentats du 11 Septembre et ont exécuté leur plan en utilisant des couteaux et des sprays incapacitants pour prendre le contrôle d’avions, sans que cela nécessite d’aide extérieure en dehors du réseau de cellules terroristes de ben Laden/al Qaïda. En dépit d’avertissements indirects et de prédictions de la part d’enquêteurs et d’expert anti-terroristes avant le 11 Septembre, le gouvernement américain n’avait pas acquis ou synthétisé de renseignements assez utiles pour empêcher les attentats. En fait, il est plausible que les attentats n’aient pu être empêchés car les terroristes ont tiré parti de notre société libre et des faiblesses de notre système. En d’autres termes, les opposants devraient arrêter d’utiliser le 11 Septembre contre Bush ou quiconque. Les sceptiques du 11 Septembre se discréditent simplement tout seuls.

 

2 LA THEORIE DE L’INCOMPETENCE

Acceptant la théorie officielle, cette opinion ajoute qu’il est probable que les échecs pour se prémunir ou se défendre contre les attentats aient été dus à l’incompétence, voire à une négligence criminelle, de la part de la Maison-Blanche, du FBI, de la CIA, de la NSA et/ou d’autres agences de renseignement et d’application de la loi. Il est impensable que des agents du gouvernement américain aient intentionnellement laissé les attentats se produire, ou qu’ils aient consciemment échoué à réagir suite à des connaissances anticipées spécifiques. Ceux qui le pensent sont fous ou dépassent outrageusement les bornes. Néanmoins, cela vaut le coup de continuer à enquêter sur le 11 Septembre pour tirer au clair les raisons des échecs, en particulier pour permettre au gouvernement de fournir une meilleure protection dans le futur et de mener plus efficacement la guerre au terrorisme.

C’est en fait ce qu’a sous-entendu la commission Kean, bien que le rapport de la Commission sur le 11 Septembre n’ait trouvé des ratés qu’à des niveaux peu élevés d’agences non militaires comme le FBI ou la FAA. Pendant leur mandat, les membres de la Commission ont fréquemment souligné qu’ils n’étaient pas là dans le but de trouver un coupable. Wesley Clark, Carolyn Maloney et quelques autres politiciens du parti démocrate ont exprimé une variante plus controversée de cette hypothèse, suggérant que les erreurs ont été faites à un haut niveau, ce qui les ramène à Bush et sa direction incompétente. Cette approche va généralement de pair avec un soutien énergique à la "Guerre contre le terrorisme", des appels à une plus grande "sécurité de la patrie", et à une critique de la tactique mise en place pour la guerre en Irak présentée davantage comme une diversion que comme une réelle tentative de destruction d’al Qaida.

 

3 DOUBLE JEU SAOUDIEN, APATHIE DE BUSH

Comme dans le cas de figure n°1, les États-Unis ne s’attendaient pas à ce qui allait arriver. Mais un rôle beaucoup plus important et actif que celui admis jusqu’à présent est attribué au jeu d’influences des intégristes saoudiens, au moins dans le financement et le soutien apporté à al Qaida. La famille Bush ne souhaite pas que cette théorie prenne de l’ampleur parce qu’elle la mettrait en situation délicate étant donné les liens d’affaires privés de longue date qui l’unissait aux intérêts pétroliers saoudiens. C’est pourquoi Bush et ses partisans ont fait obstruction aux enquêtes sur le 11 Septembre, et il est possible que l’Administration ait aussi, avant cette date, écarté le FBI des pistes principales d’investigation comme service rendu à leurs clients saoudiens. Bien qu’il ait pu involontairement faciliter les attentats, le clan Bush aurait agi pour les en empêcher… s’il avait été assez intelligent pour deviner ce qui allait se passer.

Ce point de vue est plus ou moins celui de Greg Palast dans son livre, "The Best Government Money Can Buy" ("Le meilleur gouvernement que l’argent peut acheter", NdT), et du film de Michael Moore "Fahrenheit 9/11". C’est également la philosophie sous-jacente des procès intentés par des avocats représentant les familles des victimes du 11 Septembre à l’encontre des intérêts saoudiens. Le sénateur Bob Graham, qui a co-dirigé en 2002 l’enquête du Congrès sur le 11 Septembre, a depuis identifié l’Arabie saoudite comme étant à l’origine du soutien financier apporté à al Qaida; bien qu’il ait obstinément omis de mentionner la connexion pakistanaise, bien plus explosive.

VARIANTE 3a: TRAHISON TALIBANE, CONNEXION PAKISTANAISE

Au début de l’année 2001, Bush et ses collaborateurs écartaient la possibilité d’une attaque terroriste, ralentissant ainsi l’activité des enquêteurs sur ben Laden tout en envoyant de l’aide humanitaire en Afghanistan. Tout cela était fait pour faciliter l’instauration d’un dialogue officieux avec les Talibans. Mais lorsque les Talibans refusèrent un gouvernement unifié et un marché pour un pipeline, les États-unis leur déclarèrent qu’ils avaient le choix entre « un tapis doré ou un tapis de bombes ». Al Qaida a fini par frapper les Etats-Unis juste avant que Bush n’attaque les Talibans. C’est la position du best-seller de Dasquié et Brisard, « The Forbidden Truth ».("La vérité interdite", NdT)

Beaucoup de chercheurs comme Paul Thompson, l’auteur de la Chronologie Complète du 11 Septembre, se sont concentrés plus particulièrement sur le rôle de l’armée pakistanaise et notamment sur l’agence de renseignement ISI, qui a engendré les Talibans dans les années 90 et a maintenu des liens étroits avec Al Qaida de même qu’avec la CIA jusqu’en 2001. Même d’après la version officielle, le Pakistan était le centre géographique pour l’organisation et la logistique du complot du 11 Septembre. En outre, l’ISI semble avoir financé directement les pirates de l’air présumés. Les chercheurs qui se sont penchés attentivement sur la connexion pakistanaise supposent que l’ISI a mené un double jeu, ou bien a agi comme sous-traitant d’un autre service de renseignement (peut-être la CIA) dans la préparation des pirates de l’air avant les attentats.

 

4 SOUHAIT D’UN  NOUVEAU PEARL HARBOR (« Laissons-le se produire»)

Bush et ses collaborateurs ont feint de ne rien voir au début de l’année 2001, espérant et attendant qu’une attaque se produise afin de mener à bien le plan de domination mondiale qu’ils ont eux-mêmes conçu dans leur « Projet pour un nouveau siècle américain » et qui aurait été impossible à mettre en place autrement. L’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak étaient prêtes bien avant le 11 Septembre. Les membres de l’Administration savaient vaguement(21) qu’une attaque d’Al Qaida se préparait; ils auraient même pu la provoquer (comme dans le cas de figure 3a) et ils se sont assurés qu’elle ne serait pas empêchée. En revanche, ils n’ont pas pris directement part aux attaques ou fait quoi que ce soit pour se compromettre. (Ceux qui adhèrent à ce point de vue émettent souvent l’hypothèse que les membres de l’Administration ont été surpris de voir à quel point les attentats avaient été horribles, et ont été choqués par l’effondrement des Tours du World Trade Center.) Cette position est populaire parmi les membres de « Democratic Underground » (une communauté en ligne de démocrates ou progressistes états-uniens comprenant 122 000 comptes, NdT), par défaut pour ceux qui soupçonnent le LIHOP (voir ci-dessous, NdT) mais pensent que les preuves sont insuffisantes.

 

5 LIHOP TOTAL/LIHOP PLUS = "Letting It Happen On Purpose" ("laisser faire délibérément")

Comme dans la version officielle, les pirates étaient envoyés par al Qaida (réseau de cellules terroristes inspirées par ben Laden) pour mettre à exécution le plan du 11 Septembre. Toutefois, Bush et ses collaborateurs et/ou d’autres éléments appartenant au gouvernement américain, aux services secrets ou à d’autres organisations étaient au courant de la menace d’attentats et se sont assurés qu’ils auraient lieu, ceci dans l’intention d’exploiter un nouveau Pearl Harbor. Cette aide de la part d’initiés a pu inclure la protection des pirates présumés, l’obstruction des enquêtes du FBI, la démission de la défense aérienne, une désertion volontaire des dirigeants pendant les attaques, et probablement l’invention d’autres excuses pour ne rien faire, comme « nous faisions seulement un exercice militaire et il a été corrompu par des scélérats ». C’est, au minimum, la position de Michael Ruppert, de David Ray Griffin et de la branche principale du Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre.

VARIANTE 5a, LIHOP PLUS:

Les initiés ont pris en charge d’autres étapes de réalisation du complot du 11 Septembre pour garantir son succès (pourquoi laisser quelque chose de si important aux mains d’amateurs?), par exemple en infiltrant et en aidant les pirates de l’air, probablement même en les remplaçant par des doublures loyales ou en assurant la conduite des avions (ou des drones) par contrôle à distance, ou encore en faisant toute chose considérée comme nécessaire.

POUR TOUT VOUS DIRE :

Je pense que l’hypothèse la plus vraisemblable est celle d’un coup monté de l’intérieur qui s’est servi d’un « authentique » complot terroriste. Au cours de la période entre le projet Bojinka de 1996 et le 11 Septembre lui-même, le rêve islamiste originel de faire s’écraser des avions sur des cibles américaines a été perverti et mené à terme par des cerveaux au sein de l’élite du pouvoir états-unien. C’est la voie logique pour laisser une puissante traînée de preuves indiquant la direction des pigeons. Le complot idéal aurait consisté à fabriquer un pigeon qui pensait sincèrement avoir commis le crime – comme Marinus van der Lubbe, l’homme qui se rendit fièrement à son exécution pour avoir incendié le Reichstag (parlement Allemand) en 1933, bien qu’il n’y ait réellement aucun doute sur le fait que c’étaient les nazis eux-mêmes qui y avaient mis le feu.

 

6 OPERATION NORTHWOODS 2001 MIHOP = « Déclenchement délibéré »

Il n’y avait pas de pirates de l’air. L’affaire entière était planifiée bien avant 2001 et finalement exécutée de l’intérieur par des membres des services de renseignement américains et/ou le clan Bush. Ces derniers ont mené leur opération sous fausse-bannière en se servant de pigeons ou d’une fausse liste de coupables. Les avions étaient probablement pilotés par un système de contrôle à distance, ou ont été remplacés à mi-parcours par des avions pilotés à distance. Les exercices de guerre simulant les attaques réelles ont eu lieu le 11 Septembre de manière à embrouiller une grande partie des militaires et fournir une version de secours dissimulant la vérité. Toute l’histoire aurait aussi bien pu être élaborée à Hollywood, et en fait avait déjà été présentée au public dans des productions hollywoodiennes comme l’épisode pilote de « Au coeur du complot » en mars 2001, « Couvre-feu » (1998), « Au revoir, à jamais » (1996) et autres films. En fait, de tels films pourraient avoir été utilisés volontairement comme une préparation à la propagande. C’est la conclusion des auteurs Mamadou Chinyelu, Webster Tarpley, John Leonard et d’autres.

 

7 LE REGNE DU NWO (« New World Order »)

Le point de vue est similaire à celui de Operation Northwoods 2001, mais les cerveaux du complot ne sont pas de simples «éléments au sein du gouvernement des États-Unis » mais l’élite des dirigeants mondiaux – un noyau radical parmi eux a décidé, en tant que groupe, de mettre en place un incident leur permettant d’accroître leur contrôle sur le Zeitgeist du monde. Le 11 Septembre permet à leurs émissaires de s’emparer de ressources capitales, de remodeler le monde, d’abandonner les façades démocratiques et de transiter vers un féodalisme de trusts financiers. Le dépeuplement mondial est probablement l’un de leurs objectifs ultimes. Les membres du clan Bush ne sont que des hommes de main de second ordre, qui pourraient ne pas avoir été mis au courant des détails du 11 Septembre à l’avance. Les acteurs importants, eux, dirigeaient la propagande avant et après le 11 Septembre pour que cela fonctionne. C’est l’approche de Chaim Kupferberg, Michel Chossudovsky et Don Paul.

 

8 LIGUE REBELLE / NEO-CONSERVATEURS

Bush et ses associés se sont eux-mêmes fait avoir par un groupe de néo-conservateurs radicaux au sein du complexe des services de renseignement et de l’armée, qui ont tenté ou même réussi à réaliser un coup d’Etat. C’est ainsi que j’interprète les opinions de Larouche et de ses partisans, de Thierry Meyssan, et d’autres. Tarpley s’oriente aussi dans cette direction.

NOTE SUR LES DEMOLITIONS :

Les scénarios 5a à 8, qui sont tous inclus dans « la théorie du coup monté de l’intérieur », peuvent ou non inclure l’idée que les bâtiments du World Trade Center ont été détruits par des charges explosives placées à l’avance. Alors que la théorie de la démolition (pour ceux qui y croient) est considérée comme une preuve que le 11 Septembre était un coup monté de l’intérieur, on peut facilement croire à un coup monté de l’intérieur ne nécessitant pas les démolitions. Ceux qui adhèrent à la version du coup monté de l’intérieur avec démolition se concentrent généralement sur 2 sortes de motifs. L’une se fonde sur la théorie des opérations psychologiques (« psyops »): la vision carrément biblique des tours s’effondrant provoque un choc encore plus fort que l’impact des avions. Elle traumatise les centaines de millions de personnes qui y assistent en direct à la télévision, les rendant bien plus sensibles au conditionnement mental de la représentation d’un nouvel ennemi et d’une éternelle « guerre contre le terrorisme ». L’autre groupe de motifs émane d’un monde ordinaire bassement matérialiste: les immeubles étaient démodés et remplis d’amiante, et leur destruction en règle aurait coûté des milliards ; les propriétaires ont ramassé un beau paquet d’argent grâce à leurs assurances; la destruction du WTC a stimulé par la suite de nouveaux projets de développement pour Manhattan; les dossiers gênants stockés dans le bâtiment 7 ont été détruits ; etc.

 

9 THEORIES DU TROISIEME ETAT

Différentes théories, habituellement avancées par des chercheurs isolés, ont mélangé et assorti les arguments pour faire reposer la responsabilité principale sur la Chine, la Russie, l’Allemagne nazie, ou d’autres. Ce qui donne parfois d’étranges combinaisons, allant jusqu’à suggérer, pour l’une d’elles, que le gouvernement Canadien était directement impliqué dans l’enrayement de la défense aérienne nord-américaine. Jusqu’ici, la plus importante des théories du troisième état était celle avancée par Cheney et beaucoup de ses alliés néo-conservateurs, qui ont postulé une connexion directe avec l’Irak. Bien qu’ils aient pour la plupart cessé de soutenir cette idée, cette dernière a eu un impact fatidique en tant que justification de l’invasion de l’Irak en 2003. Les sondages montrent encore chaque fois que beaucoup d’Américains pensent que le régime de Saddam Hussein est impliqué dans les événements du 11 Septembre.

Par ailleurs, l’autre théorie du troisième état la plus répandue fait reposer la responsabilité principale sur Israël ou, plus vaguement, sur « les sionistes » qui sont supposés diriger le gouvernement des États-Unis. Eric Hufschmid et Christopher Bollyn ont avancé l’opinion selon laquelle Israël n’était pas simplement complice d’un complot plus vaste dirigé par les États-Unis, mais a été véritablement celui qui fit en sorte que le gouvernement états-unien n’ait rien vu venir, afin d’engendrer une guerre mondiale entre le monde musulman et l’Occident, et d’organiser la destruction des pays arabes ennemis. L’idée selon laquelle Israël a fait en sorte que les attentats se produisent semble très répandue dans le monde arabe.

Si vous pensez toujours que l’axe du complot était à l’intérieur de l’armée et des services secrets américains, allez aux cas de figure 5 à 7. Pour l’Arabie saoudite ou les Talibans, allez au cas 3. Pour al Qaida en tant que réseau agissant seul, sans le support d’aucun état, allez aux cas 1 ou 2.

 

10 « NE SAIT PAS »

Plus de 4 ans après les attaques, la communauté de chercheurs sur le 11 Septembre doit encore établir un véritable rapport collectif et une base de données commune, et elle semble incapable de faire face à un nombre persistant d’erreurs discréditées depuis longtemps et d’exagérations. (Pour citer seulement quelques exemples représentatifs des textes d’origines douteuses qui encombrent les écrits de nombreux sceptiques du 11 Septembre : – le passeport magique d’un pirate présumé, prétendument trouvé par un policier au World Trade Center pendant les attaques, était attribué à Satam Al-Suqami, et non à Mohammed Atta. – L’équipe de la FEMA (l’Agence Fédérale des Situations d’Urgence, NdT) dirigée par Tom Kenney, des pompiers du Massachusetts, ont été envoyés à New York le mardi et non le lundi (10 septembre) comme il l’a faussement annoncé sur CBS. – Le seul élément « prouvant » que Condoleezza Rice a délivré le 10 septembre l’avertissement « ne prennez pas l’avion » au maire de San Francisco Willie Brown, était un appel anonyme lors d’une émission de radio. – Marvin Bush n’a pas dirigé ou supervisé le système de sécurité du World Trade Center; il était actionnaire dans une entreprise sous-traitante relativement mineure).

Certains se sont précipités pour décrire des scénarios complets d’évènements donnés, qui semblent prendre en compte tous les faits, mais qui restent peu probables et ne peuvent pas être prouvés. Les chercheurs, les citoyens et même les législateurs manquent de pouvoir pour faire présenter des archives ou faire comparaître des témoins qui pourraient répondre aux questions pertinentes. Le gouvernement a détruit ou supprimé des preuves, intimidé les informateurs, et se satisfait pleinement de voir le 11 Septembre enveloppé de brume et de poussière. Beaucoup de protagonistes ont leurs propres raisons pour nous arroser de désinformation, parmi lesquels : les agences des États-unis et d’autres pays; les hauts fonctionnaires cherchant à se protéger ou à se faire mousser; les corporations et beaucoup de gens à l’intérieur des médias de masse; des auteurs opportunistes; et peut être des faux informateurs et des faux témoins. La pire tentation est de déclarer l’affaire close à la faveur de son scénario favori, avant d’avoir la preuve réelle en main.

 

En tant que sceptiques authentiques, nous devons continuer à prouver et rectifier, et nous devons, bien sûr, continuer à nous battre pour une enquête indépendante et une divulgation – au moment même où nous travaillons sur des approches politiques plus larges pour traiter le fait que le gouvernement américain ne révélera jamais toute la vérité sur le 11 Septembre, avant que le peuple ne l’impose.

 

Par Nicholas Levis sur www.aldeilis.net (Document original 1 Avril 2004 – corrigé Mai 2006)
Traduction par temceln

Professeur Chauprade sur la contestation à la version officielle du 11 septembre 2001


Un universitaire à récemment rejoint la communauté des sceptiques concernant la version officielle du 11/9  : le professeur de géopolitique au Collège Interarmées de Défense Aymeric Chauprade, souverainiste opposé à tous les impérialismes, et auteur de Chronique du choc des civilisations (imprimé en décembre 2008 et sorti il y a quelques jours). Dans cet ouvrage abondamment illustré, dix pages (pp.14-24) traitent de « la version officielle contestée » du 11 septembre 2001.

Nous reproduisons ici quelques passages de cette synthèse aux termes soigneusement pesés (l’auteur est en effet chargé d’instruire notre élite militaire, et l’éditeur est réputé pour son sérieux). Parmi les références citées, quelques titres de journaux et de documentaires et quelques noms d’enquêteurs dans le corps du texte, et, à la fin, une courte liste de sites comprenant Complete911timeline (« donne une chronologie critique du 11 septembre et propose des milliers d’articles et de reportages « enterrés» par les grands médias » ), 911Truth.org, Scholarsfor9/11Truth (« rassemble plus de 200 experts et scientifiques »), Reopen911.info (« présente de nombreux articles et répertorie des vidéos, essentiellement américaines » ), et les récents ouvrages de Meyssan (L’Effroyable Imposture + Le Pentagate,  2007), Griffin (Le Nouveau Pearl Harbor, 2006) et Tarpley (La Terreur fabriquée, 2006).

Encarts sur Ben Laden :

« (…) En 1996, Ben Laden déclare ouvertement la guerre aux Etats-Unis. Le Soudan, qui essaie de redorer son blason auprès de l’Occident, après avoir livré le terroriste Carlos aux Français, propose aux Américains de leur livrer Ben Laden. Etrangement, et probablement sous l’influence de la CIA, dont les connexions avec l’islamisme radical restent ambiguës et qui n’entend sans doute pas voir la justice américaine s’y intéresser de trop près, Washington décline deux fois de suite l’offre soudanaise ». 

« La puissance financière de Ben Laden, des liens secrets probablement conservés avec quelques membres de sa nombreuse et riche famille et les liens importants de cette dernière avec le complexe pétrolier texan (dont la famille Bush ), ont contribué à alimenter la thèse d’une conjuration islamo-américaine, voire islamo-américano-sioniste après le 11 septembre 2001, thèse fondée sur l’idée de la convergence d’intérêts entre des djihadistes soucieux d’accélérer le réveil du monde islamique, des Américains intéressés par le pétrole irakien, et des Israéliens décidés à bouleverser les frontières du Moyen-Orient » 

Sur le 11-9, plus précisément.

« Pourquoi les attaques du 11 septembre 2001 ont-elles constitué une accélération foudroyante du choc des civilisations ? Parce que le monde s’est divisé entre ceux qui pensent qu’un formidable attentat islamiste a déclenché une guerre contre l’Occident libéral et démocratiqe, et ceux qui pensent qu’un machiavélique complot américano-israélien a été le point de départ d’une guerre américaine contre le reste du monde. Une hypothèse qui ne manque pas d’arguments, à défaut de forcément convaincre »

« D’abord, les associations des familles de victime qualifient le texte officiel [rapport final de la commission nationale] de "rapport final de l’omission" ».

« Les théories qui remettent en cause la version officielle s’articulent autour de trois sujets distincts : les attentats contre le World Trade Center, l’attentat contre le Pentagone, l’ambiguïté du renseignement israélien ».

WTC : des tours minées ?

« L’incendie (…) ne peut être responsable de l’effondrement de bâtiments aux structures d’acier. Alors que le Meridian Plazza de Philadelphie, en 1991, a brûlé dix-neuf heures sans s’effondrer, les tours Sud et Nord se seraient respectivement écroulées au bout d’une heure et deux heures d’incendie, ceci quand le Scientific American (octobre 2001) affirme que rien n’a jamais été construit d’aussi solide que le WTC. L’incendie n’a pas été si violent que le prétend la Commission d’enquête, puisque, selon la FEMA (…) le kérosène s’est volatilisé dans l’explosion (…) Le test dit de Cardington atteste qu’un immeuble d’acier résiste à des températures très supérieures à celle de la combustion du kérosène. Le Fire Engineering Magazine, référence dans la science du feu, soutient qu’aucun bâtiment d’acier n’a jamais été détruit par le feu et que l’enquête sur le WTC ne fut qu’une "farce grossière" ».

« Plus troublant encore est le mystère du bâtiment 7 (…) brutalement désintégré à 17h30. Le « FEMA’s Report on the collapse » reconnaît prudemment que « les détails sur les incendies du bâtiment 7 et la façon dont ils ont provoqué l’effondrement sont inconnus ». Mystère qui débouche sur l’étrange M. Larry Silverstein, propriétaire du WTC seulement depuis le 24 juillet 2001 et qui s’était employé à remplacer le personnel d’entretien et de sécurité (…) il avait demandé aux pompiers de « tirer » le bâtiment 7 (terme qui désigne une démolition contrôlée) Or, comment les pompiers de New York, lesquels ne disposaient pas des personnels qualifiés dans le domaine de la démolition contrôlée, auraient-ils pu placer en moins de sept heures les explosifs aux bons endroits dans un bâtiment qui, selon la version officielle, brûlait, quand on sait qu’une implosion préparée demande au minimum deux semaines. Le bâtiment 7 n’était-il pas le centre de contrôle qui aurait servi à la démolition de l’ensemble ? Quelques mois plus tôt, le 23e étage avait été rénové dans le but d’en faire un centre de commande des situations d’urgence pour la mairie de New York. Cet étage (…) pouvait résister à des situations exceptionnelles (…) (et) offrait une vue idéale sur l’ensemble des bâtiments du WTC. Dans Painful Questions, Eric Hufschmid note que la trajectoire des deux avions semblait viser le bâtiment 7, comme si celui-ci émettait un signal d’autoguidage ».

« La thèse des explosifs est illustrée par un autre fait : une carte thermique des gravats du WTC fournie par la NASA montre que, cinq jours après les attentats, la température à l’intérieur des sous-sols du bâtiment 7 et de la tour Sud (où la chaleur est restée piégée) était encore supérieure à la température de fusion de l’acier. Seuls des explosifs comme le C4, qui porte la température à plus de 1600 °C peuvent expliquer la fusion des structures des sous-sols des tours ».

« Quant à l’école de pilotage de Venice (Floride), elle est pointée du doigt pour ses liens historiques avec la CIA ».

« Le matin du 11 septembre, plusieurs simulations militaires pouvant servir de couverture aux attaques eurent lieu (sous le contrôle du NORAD, de l’US Air Force et de la CIA) : il s’agissait de Northern Vigilance, exercice annuel de l’Air Force simulant une attaque russe, qui amena à déplacer les chasseurs patrouillant habituellement dans le Nord-Est vers le Canada et l’Alaska, les exercices Vigilant Warrior et Vigilant Guardian, simulant des détournements d’avions et l’injection de faux signaux d’avions sur les radars, et l’opération Northern Guardian, qui aurait affaibli la capacité de réponse de la base aérienne de Langley ».

Le Pentagone

« Les terroristes, qui provoquèrent la mort de plus de 2500 personnes dans le WTC, auraient-ils été assez stupides pour frapper la seule partie vide d’un bâtiment, le Pentagone, où travaillent habituellement 20 000 personnes ? L’aile touchée était en rénovation ; elle devait voir ses murs et fenêtres renforcés face à une attaque d’un missile de croisière ou d’un drone… Pour frapper cette aile en venant de la direction opposée, l’avion (si c’est le vol 11 77) a dû opérer un virage de 270° »

« Lorsque la navette Columbia a explosé à 65 km au-dessus du Texas en 2003, à la vitesse de 19 000 km/h, avec ses sept astronautes, on a retrouvé des lambeaux humains et des débris de l’appareil sur des centaines de kilomètres. Comment expliquer l’absence de débris significatifs et de morceaux de corps dans le cas d vol AA 77 ? (…) Où sont les 60 tonnes des moteurs, du fuselage, des sièges, des bagages et bien sûr des passagers ?. Le drone Global Hawk ressemble à un petit Boeing. Il est silencieux, vole à 18 000 m. d’altitude sans se faire repérer par les radars (les aiguilleurs ne le verraient donc pas venir ; or ils n’ont justement pas vu venir le vol AA 77) et son explosion laisserait, du fait qu’il est composé pour moitié de fibres de carbone et de résine, seulement 2 tonnes de débris. Avec lui, la pelouse du Pentagone ne serait jonchée que de quelques morceaux d’aluminium peu épais, et de fragments de moteur, à l’image de celui que l’on retrouve sur une photo et qui est bien trop petit pour appartenir à un 757.Officiellement, en décembre 2002, l’armée américaine déplorait la perte de deux Global Hawk en opérations, sans que l’on en connaisse la cause  (source : Christopher Bolen, reporter) ».

Le renseignement Israëlien

« Le troisième volet de la « théorie du complot  s’articule autour des arrestations de citoyens israéliens par le FBI juste après le 11 septembre. Le très officiel mémorandum de la Commission nationale sur les attaques terroristes du 11 septembre (rapport de la Commission du renseignement du Sénat américain), intitulé « La Surveillance israélienne des futurs pirates de l’air et des suspects du FBI dans les attaques du 11 septembre et son échec à donner aux Etats-Unis les avertissements nécessaires : le besoin d’une enquête publique » (publié le 15 septembre 2004), rapporte de nombreux faits qui ne peuvent qu’alimenter la polémique. »

« Que dit ce rapport du Sénat ? Des groupes israéliens (plus de 125 personnes), sous couvert d’espionnage dans le cadre de la DEA américaine (Drug Enforcement Agency), suivaient sur le sol américain les activités des islamistes. Ces « Israeli DEA Groups » se divisaient en cellules (New Jersey, Hollywood en Floride, etc.), toutes basées à proximité des cellules islamistes. Leurs moyens lourds d’écoute (notamment des communications de mobiles) font croire aux auteurs du rapport qu’ils disposaient très certainement des détails précis de l’opération terroriste en préparation. Le principal groupe israélien jouxtait à Hollywood le centre de commande des opérations terroristes (…) Le matin du 11 septembre, juste après le premier impact sur les tours jumelles, plusieurs membres de la cellule israélienne du New Jersey, écoutés par le FBI, se seraient réjouis au téléphone du succès de l’opération. »

« Le rapport souligne le décalage entre les avertissements vagues donnés par les Israéliens aux Américains dans la deuxième moitié d’août 2001 et la précision des informations dont disposaient certainement les groupes qui évoluaient sur le territoire américain et « tenaient à la culotte » les groupes islamistes ; il s’interroge sur le rôle de la CIA qui semblait protéger ces groupes israéliens et sur l’ambiguïté de la coopération du « renseignement extérieur » avec le FBI, lequel n’hésita pas à placer plusieurs de ces citoyens israéliens incriminés sur la liste des suspects du 11 septembre, au même titre que les islamistes. Mais ces Israéliens ne resteront pas longtemps aux Etats-Unis. Sans doute du fait des pressions de la CIA et de ses relations avec le Mossad, ils seront expulsés libres, vers Israël et l’on ne parlera plus de l’affaire des espions israéliens du 11 septembre, encore moins en France d’ailleurs qu’aux Etats-Unis (…) A cela s’ajoute l’ensemble des spéculations financières étranges, remarquées par la Commission des opérations de Bourse de New York (…) ».

Opération sous faux drapeau ?

« Si l’on fait la synthèse de ces trois volets, chacun ébranlant fortement la thèse officielle, on voit alors s’esquisser une sorte de complot – pas nécessairement à un niveau gouvernemental ou présidentiel, mais associant obligatoirement des composantes du renseignement américain et (ou) israélien – se superposer au complot islamiste. Une conspiration chargée de réussir un attentat sous « faux drapeau » de façon à justifier des choix politiques américains forts. Al-Qaïda, dont la responsabilité dans le 11 septembre proprement dit n’a jamais vraiment été établie, ne serait dès lors que le réseau exécutant et le responsable visible de cette conspiration. Des avions pilotés à distance auraient été téléguidés sur des tours qui devaient s’effondrer sous l’effet de destructions contrôlées à l’explosif, orchestrées à partir du centre de contrôle du bâtiment 7. Le vol AA 77 aurait atterri sur une base militaire de l’Ohio où il aurait disparu avec ses passagers et il aurait été remplacé par un drone Global Hawk envoyé sur l’aile en réfection du Pentagone (…) »

« Les événements tragiques du 11 septembre auraient alors constitué le premier acte d’une sorte de coup d’Etat invisible limitant les libertés civiles (Patriot Act), et donnant des marges de manœuvre géopolitiques considérables tant à l’Amérique (Asie centrale, Irak, Iran, etc.) qu’à Israël (libéré des contraintes internationales sur la Palestine grâce au spectre du terrorisme international), ainsi que des perspectives économiques nouvelles au complexe militaro-industriel et à l’industrie pétrolière des Etats-Unis ».

« Dans une Amérique hantée par le souvenir de l’assassinat de Kennedy et par les ambiguïtés de l’attaque japonaise de Pearl Harbor, profondément marquée par la culture du complot (ses thrillers multiplient les scénarios de coup d’Etat invisible contre les vieilles libertés américaines), et où la CIA a de lourds antécédents en matière d’opérations sous « faux drapeau », la thèse du complot intérieur est-elle vraiment plus étonnante que la thèse officielle selon laquelle des gens peu expérimentés et non rompus aux techniques du renseignement auraient réussi une opération aussi extraordinaire ? Reste toutefois, pour les tenants de la thèse officielle, l’argument le plus fort : comment une telle conspiration n’a-t-elle pas pu être démasquée dans un pays où tant de contre-pouvoirs peuvent jouer et où tant d’hommes farouchement attachés à leurs libertés sont prêts à se dresser pour « tuer Liberty Valance », pour paraphraser le titre de l’un des plus célèbres westerns de John Ford ? ».

 


Politologue renommé, Aymeric Chauprade est chercheur à l’université René Descartes, professeur de science politique à l’Université de Neuchâtel (Suisse) et directeur des études de géopolitique au Collège interarmées de défense. Chargé de cours géopolitique à la Sorbonne, il dispense également des enseignements à l’École de guerre économique (Paris), au Collège des forces armées royales du Maroc (Rabat), à l’Institut supérieur de gestion, au Centre d’enseignement supérieur aérien (Paris) et à l’école de gendarmerie (Maisons-Alfort). Directeur de collections depuis 1995, il a édité plus de 200 ouvrages, en mathématiques, sciences physiques, chimie, histoire, géographie et science politique, aux éditions Ellipses et est le fondateur et le rédacteur en chef de la Revue française de géopolitique. (Source : http://www.cesa.air.defense.gouv.fr/article.php3?id_article=34)


Mercredi 28 Janvier 2009, par jeproteste@yahoo.ca

A propos de deux attaques

Avant même que ne disparaisse l’odeur de poudre brûlée de l’hôtel Taj Mahal à Mumbai (Bombay), les Etats-Unis donnaient déjà leurs instructions à l’Inde. Il ne fallait pas rater le coche et il fallait attaquer le Pakistan, pour la simple raison que la totalité des hommes armés des assauts terroristes survenus dans cette ville étaient apparemment venus par bateau du Pakistan voisin. Des responsables US, dont la ministre des Affaires Etrangères Condoleezza Rice, appellent l’Inde à s’engager à mener une enquête « transparente » et « approfondie » sur ces attaques afin de déterminer qui en étaient les responsables.

Quelle différence avec la réaction du gouvernement US américain aux attaques du 11-Septembre aux Etats-Unis !

Au lieu d’une enquête « transparente », nous avons eu droit à des séances secrètes des comités de renseignement au Congrès, des interviews de fonctionnaires aux postes clefs, du président Bush et du vice-président Cheney, réalisées à huis clos par la Commission sur le 11/9, et bien entendu, l’arrestation secrète de milliers de musulmans vivant aux Etats-Unis, dont beaucoup furent détenus des mois durant et tenus au secret sans chef d’accusation à leur encontre, parfois victimes de tortures et souvent déportés avec de fortes de chances d’être – à nouveau – arrêtés, torturés voire mis à mort.

Au lieu d’établir calmement ce qui s’était passé et qui étaient les responsables, l’administration Bush a regroupé des Saoudiens membres de la famille Ben Laden, et d’autres qui avaient des liens avec le régime d’Arabie Saoudite, pays d’où venaient la plupart de ceux qu’on a déclaré impliqués dans le détournement des quatre avions utilisés lors des attaques, et elle les a renvoyés chez eux par avion sans même essayer de les interroger.

Et puis, là aussi sur la base seulement d’un minimum de preuves, les Etats-Unis lancèrent dans les jours qui suivirent une guerre totale contre l’Afghanistan, dans le but de chasser et de détruire le gouvernement taliban. Peu après cette agression, l’administration Bush/Cheney déplaça son attention et lança une guerre totale encore plus grande contre l’Iraq, une nation qui n’avait pas le moindre rapport avec les attaques contre le Pentagone et le World Trade Center.

Voilà ce qui a tenu lieu de transparence et de réponse mesurée.

Nous avons là encore un exemple de la façon dont les Etats-Unis s’attendent à voir un certain type de comportement adopté chez les autres dans le reste du monde alors qu’ils en adoptent un autre pour eux-mêmes.

On dirait que nous, les US Américains, nous n’avons pas à agir de manière rationnelle, nous n’avons pas à prendre en ligne de compte les conséquences de nos actes, nous n’avons pas à obéir aux lois internationales, et nous n’avons pas à écouter les avis des autres. Si les Nations-Unies refusent de soutenir un de nos plans visant à attaquer et à renverser le gouvernement d’une nation souveraine, on aura qu’à le faire tous seuls. Mais les autres pays ne peuvent pas se permettre de se conduire de cette manière.

 

Il est une autre différence entre l’Inde et les Etats-Unis qui a émergé au travers de cette dernière atrocité. Après les attaques de Mumbai, le ministre indien de la sécurité a démissionné en reconnaissant que son ministère avait commis la faute de n’avoir pas détecté le risque d’une attaque qui était en préparation depuis six mois, et de n’avoir pas empêché des morts innombrables faute de préparation adéquate des forces de polices et des soldats en vue d’éventualités de ce type (la police et les soldats n’étaient pas munis des fusils pour snipers et à plan de visée optique qui leur auraient permis d’atteindre et de tuer certains des dix terroristes avec un minimum de risques pour leurs otages).

Personne n’a démissionné pour les multiples ratés qui ont conduit aux attaques du 11/9 et leur ont permis de se passer (certes, le directeur de la CIA George Tenet a reçu un poste moins important, mais seulement après avoir réçu les éloges du président Bush et avoir reçu une Médaille Présidentielle de la Liberté !). Personne n’a démissionné pour les ratés du renseignement, personne n’a démissionné pour les ratés de la défense aérienne, personne n’a démissionné pour les ratés de l’enquête, personne n’a démissionné pour les mensonges qui ont servi de base à l’attaque contre l’Afghanistan et à la guerre contre l’Irak. En fait, aucune responsabilité n’a été reconnue aux Etats-Unis pour la plus grande catastrophe qui a touché la sécurité du pays depuis Pearl Harbor. Alors qu’en Inde, il n’a fallu que quelques jours avant que le principal responsable de la sécurité au gouvernement ne démissionne de son poste après avoir été en disgrâce aux yeux du public.

Espérons que des esprits plus sensés l’emporteront quand il sera question de traiter avec le Pakistan, au fur et à mesure que l’histoire de cette dernière action terroriste sera dévoilée.

Et espérons que les US Américains demanderont à ce que l’on rende honnêtement des comptes sur ce qui s’est passé le 11 septembre 2001 et que ceux qui sont coupables d’avoir permis à ces événements de se produire et d’avoir envoyé leur pays à l’aventure dans un jihad au Moyen-Orient, à la fois inutile, sanglant et apparemment au bout du compte sans fin, seront dénoncés et forcés de payer pour leur incompétence et leurs crimes.

A cet égard, les medias privés établis nous aideraient bien en adoptant pour le 11-9 la même approche sceptique et curieuse de tout savoir qu’ils semblent avoir adoptée sur la tragédie indienne. Au lendemain des attaques de Mumbai, des journalistes célèbres mettent ouvertement en doute les sources gouvernementales et les experts en terrorisme quant à savoir qui était derrière les assaillants, jusqu’au point de laisser penser, comme l’a fait mardi Brian Jenkins de la Rand Corporation sur NPR (NdT : une radio publique), qu’il n’est pas inenvisageable d’imaginer que le gouvernement pakistanais les ait orchestrées (bien qu’il pensât que cela était l’explication la moins probable), ou que des « éléments voyous » des services secrets pakistanais aient pu être derrière celles-ci.

Quand on en arrive au 11-9, de telles hypothèses ne sont pas admises dans nos médias établis, malgré des faits avérés qu’il y ait eu, au moins, quelques connaissances préalables sur cette attaque, à la fois au sein de la communauté du renseignement US américaine et au sein du Mossad israélien (quelques jours avant les attaques, quelqu’un a misé de l’argent contre les actions des deux compagnies aériennes touchées par les détournements, et contre celles de deux grandes banques d’investissements dont les bureaux étaient dans les tours, et ce via la banque d’investissement Alex Brown dont le PDG est récemment devenu le n°3 de la CIA ; et des individus qui observaient les attaques en les filmant furent arrêtés par les policiers de New Jersey et plus tard libérés, sur intervention du ministère des Affaires Etrangères, après avoir été identifiés comme étant des agents du Mossad).  

 

Par Dave Lindorff, le 2 décembre 2008

Article original : http://www.thiscantbehappening.net/?q=node/239 (Les deux derniers paragraphes étant absent de : http://www.counterpunch.org/lindorff12022008.html)      

Traduction par Sacha Sher.

 

DAVE LINDORFF est un journaliste et chroniqueur basé à Philadelphie. Son dernier livre est Plaidoyer en faveur d’un impeachment (St. Martin’s Press, 2006, maintenant disponible en édition de poche). Son travail peut être lu sur www.thiscantbehappening.net. Il avait découvert que les boîtes noires des avions écrasés à New York avaient bien été retrouvées contrairement aux affirmations officielles. Journaliste d’investigation depuis 34 ans, c’est un chroniqueur régulier pour CounterPunch, et il écrit aussi fréquemment pour Extra! et Salon magazine, ainsi que pour Businessweek, The Nation et Treasury&Risk Magazine. Avant cela, il a écrit notamment pour Rolling Stone, Mother Jones, Village Voice, Forbes, The London Observer et le journal australien National Times. C’est également un artiste : http://www.myspace.com/davelindorff.

 

Un officier de carrière de l’armée poursuit Cheney et Rumsfeld en justice pour complicité dans le 11/9

April Gallop intente un procès pour non mise en garde des personnes à l’intérieur du Pentagone, malgré la connaissance du danger, ainsi que pour connaissance préalable et complicité dans les attentats terroristes.

Un officier de l’armée qui a été blessé dans l’attaque contre le Pentagone le 11 Septembre poursuit Dick Cheney et Donald Rumsfeld en justice pour ne pas avoir alerté que le vol American Airlines 77 était sur le point de frapper le bâtiment, bien qu’ils aient eu connaissance de son approche quelque 20 minutes à l’avance.

L’officier de l’armée à la retraite April Gallop, une experte habilitée "top secret" qui a commencé à travailler pour le Pentagone en 2000, a également déposé une plainte contre le général de l’US Air Force Richard Myers, qui tenait le rôle de chef d’état-major des armées des États-Unis le 11-Septembre.

Gallop a été assommée lorsque le toit s’est effondré dans son bureau et son bébé de 2 mois a subi une grave lésion cérébrale après avoir subi les conséquences de ce que Gallop décrit comme «deux explosions». Gallop ne pense pas qu’un Boeing 757 ait percuté le bâtiment le 11/9. Elle affirme dans ses chefs d’accusation que l’attaque a été "menée par d’autres moyens, une ou des bombes déposées et/ou un missile», invoquant l’absence de débris d’avion après l’attentat, mais aussi la preuve de la «boîte noire» découverte sur site indiquant que l’avion était passé au-dessus du bâtiment juste avant que la boule de feu ait été observée, ou encore l’absence totale de défense terrestre et aérienne censées protéger le Pentagone.

Le tableau chronologique du 11/9 montre que le NORAD et la FAA étaient au courant que le vol 77 avait été détourné et se dirigeait probablement vers Washington à 9h24, 19 minutes avant que le Pentagone ait été frappé. L’écart entre l’impact du deuxième avion contre le World Trade Center et la frappe contre le Pentagone fut de 40 bonnes minutes.

« La plaignante, ex-G.I., allègue qu’elle a été privée de l’appui du gouvernement depuis lors, car elle a soulevé « des questions douloureuses » au sujet de la défaillance inexplicable de la défense militaire au Pentagone ce jour-là, et surtout de l’échec des fonctionnaires à mettre en garde et évacuer les occupants du bâtiment alors qu’ils savaient que l’attaque était imminente » a dit l’avocat de Gallop, M. William Veale, dans un communiqué de presse.


April Gallop

La plainte accuse Cheney, Rumsfeld et Myers d’avoir mené une conspiration visant à faciliter les attaques, et, sans les nommer, d’autres personnes d’avoir eu une connaissance anticipée des attaques. La déclaration préliminaire des chefs d’accusations affirme que les attaques ont été organisées de manière à « générer un climat politique d’acceptation grâce auquel la nouvelle administration pourrait adopter et mettre en œuvre des changements radicaux dans la politique et la conduite du gouvernement constitutionnel de notre pays. »

Le texte des poursuites énumère une montagne de preuves indiquant que des membres haut placés du cabinet présidentiel ont été complices des attaques, en mettant l’accent non seulement sur le Pentagone, mais également sur la connaissance préalable des attentats et sur l’inconcevable réponse aux détournements des quatre avions de ligne le 11-Septembre.

La texte cite le document stratégique "Projet pour un nouveau siècle américain" comme preuve que les néo-conservateurs influents ont aspiré à "un nouveau Pearl Harbor" afin de stimuler le soutien à un agenda géopolitique décidé à l’avance.

« En permettant à l’attentat de réussir, les accusés et leurs cohortes ont créé les fondements pour une prise de pouvoir exceptionnelle, et un prétexte pour le lancement de la soi-disant guerre mondiale contre le terrorisme, sous couvert de laquelle ils ont été libres de poursuivre des plans de conquête militaire pour "un éventail complet de domination" et "une primauté de l’Amérique" dans le monde; ce qu’ils ont fait », peut-on lire dans les actes d’accusation.

L’avocat William Veale dit que, si le procès passe la motion visant à le rejeter, il pourrait être la clé qui ouvrira une multitude de questions inquiétantes au sujet du 11/9.

« Ce qu’ils ne veulent pas est que le texte soit communiqué avant l’audience », a déclaré William Veale à Raw Story. « Si nous réchappons à leur première motion visant à rejeter ces réclamations, et que nous obtenons le pouvoir d’assignation, alors nous avons une réelle chance d’aller au bout de notre action. Nous avons la loi de notre côté. »

Paul Joseph Watson, Prison Planet.com, Jeudi 18 Décembre 2008

L’article original  propose la retranscription intégrale des actes d’accusation .
Traduction par Guillaume pour ReOpenNews

Le 11 Septembre indien : qui était derrière les attaques de Mumbai?

Washington encourage les divisions politiques entre l’Inde et le Pakistan

Les attaques terroristes de Mumbai faisaient partie d’une opération planifiée et coordonnée habilement, impliquant plusieurs équipes d’hommes armés entraînés et expérimentés.

L’empreinte de cette opération est celle du renseignement paramilitaire. Selon un expert russe du contre-terrorisme, les terroristes de Mumbai « ont utilisé les mêmes tactiques que les militants tchéchènes employaient dans les attaques au Nord-Caucase, où des villes entières étaient terrorisées, où des maisons et des hôpitaux étaient pris d’assaut. (Russia Today, 27 novembre 2008). 

On a décrit les attaques de Mumbai comme étant « le 11 Septembre indien ».

Celles-ci ont été perpétrées simultanément à plusieurs endroits, à quelques minutes d’intervalles.

La première cible était l’entrée principale de la gare de Mumbai, Chatrapati Shivaji Terminus, (CST), où les tireurs ont ouvert le feu sans distinction dans la foule de passagers. Les tireurs «sont ensuite sortis en courant de la station et sont entrés dans les édifices avoisinants, dont l’Hôpital Cama ».

Taj Mahal Hotel

Des groupes de tireurs distincts ont attaqué deux hôtels luxueux de Mumbai, le Oberoi-Trident et le Taj Mahal Palace, situés au coeur d’une aire touristique, à proximité de la Porte de l’Inde. 

Les tireurs ont également ouvert le feu au Café Leopold, un restaurant branché de la zone touristique. La troisième cible était la Maison Nariman , un centre d’affaires hébergeant Chabad Lubavitch, le Centre juif de Mumbai. Six otages ont été tués, dont le rabbin et sa femme.

L’aéroport des vols domestiques de Santa Cruz, le multiplexe Metro Adlabs et le port de Mazgaon ont aussi été ciblés.

« Les attentats se sont produits aux endroits les plus achalandés. En plus des hôtels et des hôpitaux, les terroristes ont frappé aux gares, au Marché Crawford, à Wadi Bunder et sur l’autoroute Western Express, près de l’aéroport. Sept endroits ont été attaqués avec des armes automatiques et des grenades. » (Times of India, 26 novembre 2008)

 

Les troupes indiennes ont encerclé les hôtels. Des commandos des Forces spéciales indiennes ont été envoyés dans les deux hôtels afin de confronter les terroristes. Des témoins affirment que les tireurs séparaient les personnes détenant un passeport américain ou britannique.

 
Vendredi, les membres des forces de sécurité indiennes se sont placés en position de tir
entre les camions de pompiers et les ambulances sur le terrain de l’hôtel Taj.
(Ruth Fremson, The New York Times)

Selon les comptes-rendus, il y aurait plus de 150 victimes. La plupart étaient des Indiens et beaucoup d’entre eux ont été tués dans l’attaque du terminus du chemin de fer Chhatrapati Shivaji.

Au moins 22 étrangers ont été tués dans les attentats, ainsi que quatorze policiers, incluant le chef de l’escouade anti-terroriste.

Qui était derrière ces attaques?

Un groupe pratiquement inconnu nommé « Moudjahidin du Deccan » a revendiqué les attentats. Le Deccan fait référence à un plateau de l’Inde centrale et méridionale situé principalement dans l’État d’Andhra Pradesh. Ce groupe inconnu est déjà catégorisé comme appartenant au réseau terroriste Al Quaeda, sans preuves à l’appui.

Les rapports de police confirment que neuf des « présumés agresseurs » ont été arrêtés et, selon des sources policières non confirmées, trois agresseurs ont avoué appartenir à Lashkar-e-Taiba [Lashkar-e-Tayyiba], une organisation séparatiste pakistano-cashemirie soutenue clandestinement par le Service de renseignement militaire pakistanais (ISI). Toujours selon les reportages, au moins une des personnes arrêtées est un citoyen britannique d’origine pakistanaise.

D’une même voix, les médias occidentaux et indiens pointent du doigt le Pakistan et son soutien présumé aux organisations terroristes islamiques :

« Les gourous de la stratégie et les analystes de la sécurité des États-Unis et d’ailleurs dans le monde examinent le rôle du Pakistan dans le terrorisme à la suite d’un autre épisode de terreur en Inde, et finissent par pointer du doigt son voisin, fortement vilipendé.

En raison du leurre des « Moudjahidin du Deccan » utilisé pour revendiquer les attentats, les reportages initiaux en provenance de l’Inde suggéraient que le carnage de Mumbai était une attaque localisée de militants mécontents. Mais les preuves citées par l’armée indienne et les experts en sécurité, basées sur des interceptions d’appels, sur la nature des armes, sur la manière d’entrer par la mer, etc., ont rapidement dirigé l’attention sur le Pakistan. » (Times of India, 27 novembre 2008)

Les médias américains se sont concentrés sur les liens entre les attaques de Mumbai et les « groupes terroristes renaissants [qui] jouissent de refuges dans les zones tribales du Pakistan, comme de la protection ou du soutien présumés de la part de membres du renseignement pakistanais. » (Washington Post, 28 novembre 2008) 

« Le choc des civilisations »

En Europe et en Amérique du Nord, les attaques de Mumbai par des fondamentalistes islamiques sont perçues comme un pan du « choc des civilisations ». « L’Islam militant est impliqué dans une guerre contre la civilisation. »

La perte dramatique de vies humaines résultant des attaques a contribué de façon immuable à renforcer le sentiment anti-musulman à travers le monde occidental.

Les grandes lignes des attaques terroristes de Mumbai en Inde deviennent évidentes. Les terroristes ont ciblé l’Inde, les États-Unis, la Grande-Bretagne et le peuple juif. (Market Watch, 28 novembre 2008)

D’après les médias, l’ennemi est al Qaïda, « l’ennemi extérieur » illusoire, dont les bases opérationnelles sont situées dans les zones tribales et dans la province frontalière du nord-ouest du Pakistan. Le mandat sacré autoproclamé de Washington dans la « guerre mondiale au terrorisme » est de débusquer ben Laden et d’extirper le fondamentalisme islamique.

Par conséquent, le droit des États-Unis d’intervenir militairement au Pakistan, en violation de la souveraineté pakistanaise, est soutenu. Le bombardement de villages dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan relève d’une « tentative humanitaire », en réaction aux pertes de vies dues aux attentats de Mumbai. :

« Avant ces horribles raids, les nouvelles d’Asie du Sud étaient encourageantes. Le problème central demeure la pacification de l’Afghanistan, où les États-Unis et d’autres forces de l’OTAN luttent pour réprimer les talibans et des membres d’al Qaïda » (Washington Post, 28 novembre 2008)

« Toutefois, Washington désire la coopération de l’armée pakistanaise dans la lutte au terrorisme. Ces dernières semaines, des officiers américains en Afghanistan signalaient de meilleurs résultats, attribuant aux Pakistanais le mérite d’avoir pris l’offensive contre les talibans sur le territoire pakistanais. »

Désinformation médiatique

Les réseaux de télévision américains ont abondamment couvert les événements dramatiques de Mumbai. Les attaques ont servi à déclencher une atmosphère de peur et d’intimidation à travers les États-Unis.

On dit de ces attentats qu’ils sont intimement liés au 11 septembre. Les communiqués officiels américains et les reportages des médias ont décrit les attaques de Mumbai comme le segment d’un processus plus large, incluant la possibilité d’une attaque terroriste en sol américain commanditée par al Qaïda.

Pendant la campagne électorale, le vice-président élu, Joe Biden, avait mis les États-Unis en garde en prévoyant que « ceux qui […] nous ont attaqués le 11 septembre, se sont regroupés dans les montagnes entre l’Afghanistan et le Pakistan et planifient de nouvelles attaques ». (Souligné par l’auteur.)

Ce sont les mêmes personnes qui étaient derrière les attaques de Mumbai.

Ce sont aussi les mêmes personnes qui planifient des attaques aux États-Unis. 

Immédiatement après les attentats de Mumbai, le maire de New York, Michael Bloomberg, a mis le métro de la ville en « alerte élevée », sur la base « d’un rapport non corroboré de terrorisme potentiel ici à New York. Ce rapport a amené le Service de police de la ville de New York à prendre des mesures préventives afin de protéger notre réseau de transport et nous ferons toujours le nécessaire pour que notre ville demeure en sécurité », affirmait M. Bloomberg dans un communiqué. (McClatchy-Tribune Business News, 28 novembre 2008, souligné par l’auteur.)

Étonnamment, un jour avant les attentats de Mumbai, « le FBI et le Département de la sécurité intérieure (Homeland Security, DHS) avaientt prévenu qu’il existait une menace, possible mais non corroborée, d’al Qaïda contre le réseau de transport de New York ». (Ibid)

« Au moment où les attentats de Mumbai étaient perpétrés, les autorités américaines signalaient qu’Al Quaeda avait possiblement discuté d’attaquer le métro de New York. Un avertissement vague, certes. " Nous n’avons pas de détails spécifiques confirmant que ce complot excède la simple planification, mais nous donnons cet avertissement puisque nous sommes inquiets qu’une telle attaque puisse être perpétrée pendant la prochaine période des fêtes ", affirmait le FBI et le . Département de la sécurité intérieure » (Chicago Tribune, 29 novembre 2008)

Le renseignement pakistanais est le cheval de Troie des États-Unis

En chœur, les médias pointent du doigt l’implication du Services de renseignement pakistanais, l’Inter Services Intelligence (ISI), sans mentionner que l’ISI opère invariablement en étroite collaboration avec la CIA. 

Les médias américains servent indéfectiblement les intérêts de l’appareil de renseignement des États-Unis. Voici ce que ces médias biaisés insinuent :

  1. Les terroristes sont liés à Al Qaeda. Les attentats de Mumbai sont une opération « financée par un État » impliquant l’ISI pakistanais.
  2. Les tireurs de Mumbai sont liés aux groupes terroristes situés dans les zones tribales et la province frontalière du nord-ouest du Pakistan.
  3. Le bombardement continu des zones tribales par les Forces aériennes américaines, violant la souveraineté pakistanaise, est par conséquent justifié comme partie intégrante de la « guerre mondiale au terrorisme ».

L’ISI constitue le cheval de Troie des États-Unis, un mandataire de facto de la CIA. Depuis le début des années 1980, le renseignement pakistanais travaille en étroite collaboration avec ses équivalents américains et britanniques.

Si l’ISI devait être impliqué dans une opération clandestine de grande envergure contre l’Inde, la CIA aurait été préalablement avisée de la nature et du moment précis de l’opération. L’ISI n’agit pas sans le consentement de son équivalent américain.

De plus, le renseignement américain est connu pour avoir soutenu Al Qaeda dès le début de la guerre soviéto-afghane et tout au long de l’ère post-guerre froide. (Pour plus de détails, voir Michel Chossudovsky,Al Qaeda and the War on Terrorism, Global Research, 20 janvier 2008.) 

Les camps d’entraînement de la guérilla financés par la CIA ont été établis au Pakistan pour entraîner les Moudjahidin. Le renseignement américain a historiquement soutenu al Qaïda en utilisant l’ISI du Pakistan comme intermédiaire.

« Avec le soutien de la CIA et l’acheminement massif de fonds par l’armée américaine, l’ISI pakistanais s’est développé en une structure parallèle exerçant un pouvoir énorme sur tous les aspects du gouvernement » (Dipankar Banerjee, "Possible Connection of ISI With Drug Industry", India Abroad, 2 décembre 1994.)

Dans la foulée des attentats du 11 septembre, l’ISI pakistanais a joué un rôle clé dans l’invasion de l’Afghanistan en octobre 2001, en étroite collaboration avec le haut commandement militaire de l’OTAN et des États-Unis. Ironiquement, en octobre 2001, les reportages, autant de la presse indienne qu’américaine, citant des sources du FBI et du renseignement ont suggéré que l’ISI fournissait du soutien aux présumés terroristes du 11 septembre. (Voir Michel Chossudovsky, Cover-up or Complicity of the Bush Administration, The Role of Pakistan’s Military Intelligence (ISI) in the September 11 Attacks, Global Research, 2 november 2001)

L’espion en chef du Pakistan nommé par la CIA

Historiquement, la CIA a joué un rôle officieux dans la nomination du directeur de l’ISI.

En septembre, Washington a fait pression sur Islamabad, en utilisant la « guerre au terrorisme » comme prétexte pour congédier le chef de l’ISI, le lieutenant général Nadeem Taj.

« On croit que Washington exerce une pression intense sur le Pakistan pour qu’il congédie le chef de l’ISI, Nadeem Taj, ainsi que deux de ses députés en raison du double jeu de l’agence clé avec les militants. (Daily Times, 30 septembre 30 2008)

Le président Asif Ali Zardari a assisté à des réunions à New York à la fin septembre avec le directeur de la CIA, Michael Hayden. (The Australian, 29 septembre 2008) À peine quelques jours plus tard, un nouveau lieutenant général approuvé par les États-Unis était nommé par le chef de l’armée au nom de Washington, le général Kayani. 


Lt. général Ahmed Shuja Pasha

À cet égard, la pression exercée par l’administration Bush a contribué à bloquer une initiative parlementaire menée par le gouvernement PPP visant à mettre les services de renseignement du pays (ISI) sous autorité civile, notamment sous la juridiction du ministre de l’Intérieur. 

En d’autres mots, Washington exerce plus de contrôle sur l’ISI que le gouvernement dûment élu du Pakistan.


Lt. gén. Ahmed Shuja Pasha (à droite) aux côtés du gén. Ashfaq Kayani
sur le USS Abraham Lincoln discutant avec Michael Mullen, chef d’État-major des armées.
 

Les États-Unis violent la souveraineté territoriale du Pakistan.

Les États-Unis violent actuellement la souveraineté territoriale du Pakistan en bombardant régulièrement des villages des zones tribales et de la province frontalière du Nord-Ouest. La « guerre au terrorisme » sert de  prétexte à ces opérations. Alors que le gouvernement pakistanais a « officiellement » accusé les États-Unis d’effectuer des bombardements aériens sur son territoire, l’armée pakistanaise (incluant l’ISI) a « officieusement » endossé ces attaques aériennes.

À cet égard, la nomination opportune du lieutenant général Ahmed Shuja Pasha à la tête de l’ISI était voulue pour assurer la continuité des opérations de « contre-terrorisme » américaines au Pakistan. Avant sa nomination, le lieutenant général Ahmed Shuja Pasha, en étroite collaboration avec les États-Unis et l’OTAN, était responsable des attaques ciblées de l’armée pakistanaise, apparemment contre les talibans et Al Quaeda dans les régions tribales (Federally Administered Tribal Areas, FATA) et la province frontalière du Nord-Ouest (PFNO). 

 

Dès sa nomination, le lieutenant général Ahmed Shuja Pasha a profondément remanié l’ISI, remplaçant plusieurs de ses commandants régionaux. (Daily Times, 30 septembre 2008). À la fin octobre, il était à Washington, aux quartiers généraux de la CIA à Langley et au Pentagone, afin de rencontrer ses homologues américains de l’armée et du renseignement :

« Le Pakistan se plaint publiquement des attaques aériennes américaines. Mais le nouveau directeur du renseignement, le lieutenant général Ahmed Shuja Pasha, était à Washington la semaine dernière en compagnie de militaires et d’espions de haut rang, et tout le monde semble être parti en souriant. » (David Ignatieff, A Quiet Deal With Pakistan, Washington Post, 4 novembre 2008, souligné par l’auteur)

Le moment choisi pour les attaques de Mumbai.

Les attaques aériennes sur les zones tribales, dont découlent d’innombrables morts de civils, ont créé une vague de sentiment anti-américain à travers le Pakistan. De la même manière, dans les mois précédent les attentats de Mumbai, ce sentiment anti-américain a aussi servi à promouvoir une nouvelle atmosphère de coopération entre l’Inde et le Pakistan.

Alors que les relations entre les États-Unis et le Pakistan sont à leur plus bas, les gouvernements d’Islamabad et de New Delhi ont fait des efforts significatifs dans les derniers mois pour promouvoir les relations bilatérales.

À peine une semaine avant les attaques, le président du Pakistan Asif Ali Zardari « a incité à ouvrir un débat publique sur la question du Cachemire en Inde et au Pakistan, et à laisser la population décider de l’avenir du Cachemire indien (IHK) ».

Il a également demandé « d’amener les relations bilatérales à un autre niveau », et de forger une union économique entre les deux pays.

Diviser et régner

Quels intérêts sont servis par ces attaques?

Washington est résolu à utiliser les attentats de Mumbai pour :

  1. Encourager les divisions entre le Pakistan et l’Inde et faire dérailler le processus de coopération bilatéral entre les deux pays;
  2. Promouvoir des divisions sociales, ethniques et sectaires à la fois en Inde et au Pakistan;
  3. Justifier l’action militaire américaine au Pakistan, incluant le meurtre de civils, en violant la souveraineté territoriale du pays;
  4. Fournir une justification à l’extension de la « guerre au terrorisme » américaine dans le sous-continent indien et en Asie du Sud-Est.

En 2006, le Pentagone avait prévenu qu’une « autre attaque terroriste considérable de type 11 Septembre pourrait provoquer à la fois la justification et l’opportunité qui manquent actuellement pour réagir contre certaines cibles connues » (Fuite d’un communiqué d’un officiel du Pentagone remis au Washington Post, 23 avril 2006). Dans le contexte actuel, les attaques de Mumbai sont considérées comme « une justification » pour traquer des « cibles connues » dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan.

Le premier ministre indien, Manmohan Singh a affirmé que des « forces externes » ont perpétré les attentats, faisant allusion au rôle possible du Pakistan. Les reportages médiatiques pointent aussi dans cette direction, en laissant entendre que le gouvernement pakistanais était derrière ces attaques :

Des officiels et législateurs américains se sont abstenus de nommer le Pakistan, mais leur condamnation du « terrorisme islamique » laissait peut de doute quant à leurs inquiétudes.

C’est la propre évaluation de l’administration Bush – coulée dans les médias – qui a donné de la force aux dernières accusations contre Islamabad. Selon cette évaluation, l’agence de renseignement pakistanaise ISI était liée aux attentats à la bombe de l’ambassade indienne à Kaboul quelques semaines auparavant, attentats qui ont fait près de 60 morts, dont un diplomate indien très admiré ainsi qu’un officiel senior respecté de la défense. (Times of India, 27 novembre 2008) 

Les attaques ont provoqué un sentiment anti-pakistanais en Inde

Les attaques ont servi à promouvoir un sentiment anti-pakistanais en Inde, ainsi que des divisions sectaires entre les musulmans et les hindous.

Le Time Magazine a visé, en des termes non équivoques, le rôle insidieux « de la puissante organisation ISI, souvent accusée d’orchestrer des attaques terroristes en Inde », sans reconnaître que le nouveau chef de l’ISI a été nommé sur ordre de Washington. (Time online)

Le reportage du Time suggère, sans preuves, que les architectes des attaques sont vraisemblablement des groupes islamiques financés par le Pakistan, dont Lashkar-e-Taiba (Armée des purs), qui fait partie du réseau al Qaïda, Jaish-e-Mohammed, une organisation séparatiste cachemirie appartenant à Al Qaeda, ayant revendiqué les attentats terroristes de décembre 2001 au Parlement de l’Union à Delhi, ainsi que le Mouvement des étudiants islamiques d’Inde. (Ibid)

Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammed sont reconnus comme étant soutenus par l’ISI.

Démarches diplomatiques entre Islamabad et Delhi

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a signalé que son gouvernement collaborerait entièrement avec les autorités indiennes.

Le nouveau gouvernement du Pakistan a été contourné par ses propres services de renseignement, qui demeurent sous la juridiction du haut commandement militaire.

Le gouvernement du Parti du peuple pakistanais, mené par le premier ministre Yousaf Raza Gilani, n’a aucun contrôle sur l’appareil militaire, ni sur l’appareil de renseignement, qui continuent à entretenir des rapports étroits avec leurs équivalents américains. À plusieurs égards, le gouvernement civil du Pakistan ne contrôle pas sa politique étrangère. L’armée pakistanaise et sa puissante aile de renseignement mènent la barque.

Dans ce contexte, le président Asif Ali Zardari semble jouer des deux côtés : collusion avec l’appareil de l’armée et du renseignement, dialogue avec Washington et faux-semblant avec le premier ministre Gilani et l’Assemblée nationale.

Le 28 novembre, deux jours après les attentats de Mumbai, Islamabad annonçait que le nouveau chef de l’ISI, le lieutenant général Ahmed Shuja Pasha, serait envoyé à Delhi pour des consultations avec ses homologues indiens, dont le conseiller à la Sécurité nationale M K Narayanan, ainsi que les dirigeants de l’agence de renseignement extérieur, la Research and Analysis Wing (RAW), et du Intelligence Bureau, responsable du renseignement intérieur. La RAW et l’ISI pakistanais sont connus pour s’être fait la guerre clandestinement durant plus de 30 ans.

Le jour suivant (29 novembre) Islamabad a annulé la visite du lieutenant général Shuja Pasha en Inde à la suite « du ton très agressif du ministre des Affaires étrangères indien, Pranab Mukherjee, envers les officiels pakistanais [lors d’une] conversation téléphone après les attentats de Mumbai ». (Press Trust of India, 29 novembre 2008, citant Geo News Pakistan). 

Situation tendue : les relations indo-pakistanaises se détériorent

Les attaques de Mumbai ont déjà créé une situation extrêmement tendue, qui sert largement les intérêts géopolitiques américains dans cette région. 

Islamabad envisage de relocaliser quelque 100 000 militaires de la frontière afghane à la frontière indienne, « s’il y a escalade des tensions avec l’Inde, ce qui sous-entendait l’implication d’éléments pakistanais dans le carnage de Mumbai ». (Source d’information pakistanaise citée par PTI op. cit.)

« Ces sources ont affirmé qu’on a dit à l’OTAN et au commandement américain que le Pakistan ne pourrait pas se concentrer sur la guerre au terrorisme et s’attaquer aux militants autour de la frontière afghane, puisque la défense de ses frontières avec l’Inde s’avérait beaucoup plus importante. » (Ibid, Geo News citant le journaliste senior pakistanais Hamid Mir.) 

Ingérence américaine dans la conduite de l’enquête policière indienne

L’ingérence totale de Washington dans la conduite de l’enquête policière indienne est également significative. Le Times of India révèle « une coopération sans précédent du renseignement impliquant des agences d’enquête et des groupes d’espions de l’Inde, des États-Unis du Royaume-Uni et d’Israël. »

Le FBI et les Services secrets britanniques, MI6, ont des bureaux de liaison à Delhi. Le FBI a envoyé des policiers, des officiers du contre-terrorisme et des médecins légistes à Mumbai « afin d’enquêter sur les attaques qui ont fait des victimes américaines […]. Des experts de la Police métropolitaine de Londres ont aussi été dépêchés à Mumbai :

« "L’hypothèse" du gouvernement américain voulant que les groupes militants Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammed soient des suspects des attentats a retardé l’enquête qu’avaient entreprises les autorités pakistanaises, a affirmé l’officiel. Les deux groupes militants cachemiris ont des liens avec al Qaïda. » (Wall Street Journal, 28 novembre 2008)

Le rôle du contre-terrorisme américain, britannique et israélien et des officiels de la police consiste essentiellement à manipuler les résultats de l’enquête de la police indienne.  

Un fait mérite toutefois d’être mentionné, notamment que le gouvernement de Delhi a refusé la requête d’Israël d’envoyer une unité des forces spéciales de l’armée pour assister les commandos indiens dans la libération d’otages juifs à l’intérieur du Cha,bad Jewish Center de Mumbai. (PTI, 28 novembre 2008.) 

Bali 2002 comparé à Mumbai 2008

Les attaques terroristes de Mumbai ressemblent à certains égards aux attaques de Bali de 2002. Dans les deux cas, des touristes occidentaux étaient ciblés. Le centre de villégiature de Kuta, sur l’île de Bali en Indonésie, a fait l’objet de deux attaques distinctes, ciblant principalement des touristes australiens. (Ibid)

Il y a quelques semaines, le 9 novembre 2008, les présumés terroristes des attentats à la bombe de Bali en 2002 ont été exécutés à la suite d’un long procès. (Michel Chossudovsky, Miscarriage of Justice: Who was behind the October 2002 Bali bombings? Global Research, 13 novembre 2008). Les architectes politiques des attentats de Bali n’ont jamais été traduits en justice.

Un rapport de novembre 2002 émanant des hauts gradés indonésiens, révélait l’implication du chef du renseignement indonésien, le général General A. M. Hendropriyono et de la CIA. Les liens entre Jemaah Islamiyah (JI) et l’agence de renseignement indonésienne (BIN) n’ont jamais été soulevés dans l’enquête officielle du gouvernement indonésien, enquête menée dans les coulisses par le renseignement australien et la CIA. De plus, peu après les attentas, le premier ministre australien, John Howard, « a admis que les autorités australiennes avaient été avisées de possibles attaques à Bali, mais qu’elles avaient décidé de ne pas sonner l’alerte  ». (Christchurch Press, 22 novembre 2002).

En ce qui concerne les attentats de Bali de 2002, les témoignages de deux anciens présidents indonésiens, qui signalaient la complicité de l’armée et de la police indonésiennes, ont simplement été écartés dans les procédures judiciaires. En 2002 le président Megawati Sukarnoputri a accusé les États-Unis d’être impliqués dans les attaques. En 2005, dans une entrevue avec la chaîne australienne SBS TV, l’ancien président Wahid Abdurrahman affirmait que l’armée et la police indonésiennes avaient joué un rôle dans les attentats de Bali de 2002. (Cité dans Miscarriage of Justice: Who was behind the October 2002 Bali bombings?, op cit)

Note

1. Dans les derniers mois, le chef du renseignement extérieur (RAW), Ashok Chaturvedi, est devenu une cible politique. Le premier ministre Manmohan Singh est résolu à le congédier et à le remplacer par une personne plus acceptable. On ignore si Chaturvedi participera à l’enquête de la police et du renseignement.

Par Michel Chossudovsky, le 20 décembre 2008
Article original en anglais,
India’s 9/11. Who was Behind the Mumbai Attacks? publié le 30 novembre 2008.
Traduit par Julie Lévesque pour
Mondialisation.ca.

« L’homme le plus dangereux»  du monde, Bombay et le 11-Septembre

Hamid Gul a fait un passage remarqué sur la chaîne d’information américaine CNN dimanche dernier. Digne de Jean-Marie Bigard. Mais cette fois-ci, aucun écho dans les médias français. Il faut dire qu’Hamid Gul n’est pas humoriste ; il est seulement l’ancien chef des tout-puissants services secrets pakistanais, l’ISI.


Le général Hamid GUL

Interview exceptionnelle, dimanche 7 décembre, sur CNN. Fareed Zakaria reçoit l’ancien directeur de l’ISI Hamid Gul. L’homme a dirigé les services secrets militaires pakistanais entre 1987 et 1989. Il a collaboré avec la CIA dans la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan. Depuis la fin des années 80, sa relation aux Etats-Unis a sensiblement évolué…

Interrogé sur les récents attentats de Bombay, mais aussi sur ceux du 11-Septembre, Hamid Gul affirme qu’il s’agit, dans les deux cas, de "complots intérieurs". Les "sionistes" et les "néoconservateurs" sont, d’après lui, les planificateurs des attentats de New York et Washington. Si les opinions du général Gul sur le 11-Septembre étaient connues depuis longtemps, il les a réaffirmées ce week-end publiquement, dans un contexte très particulier.

Contexte de l’interview. Dans l’enquête sur les attentats de Bombay du 26 novembre 2008, c’est la piste du Lashkar-e-Taiba qui est privilégiée par le renseignement indien. Ce groupe terroriste a entretenu, on le sait, des relations très étroites avec l’ISI, qui se trouve, par conséquent, également soupçonné.

Concernant Hamid Gul plus précisément : selon un membre important du gouvernement pakistanais, témoignant sous couvert d’anonymat, l’Inde chercherait à le faire arrêter en raison de ses liens avec le Lashkar. L’ancien chef de l’ISI ne serait certes pas impliqué dans les attentats de Bombay, mais aurait néanmoins joué un rôle de "proche conseiller" dans de nombreuses attaques récentes ; il est, par ailleurs, considéré comme le "parrain" d’une certaine politique pakistanaise consistant à utiliser des groupes comme le Lashkar pour combattre les Indiens au Cachemire.

Les Etats-Unis ont, de leur côté, transmis au conseil de sécurité des Nations Unies quatre noms d’anciens hauts officiers de l’ISI, qu’ils souhaiteraient voir placer sur une liste de terroristes internationaux : parmi eux, le général Hamid Gul. En cause, ses liens avec Al-Qaïda et les Taliban, et surtout l’aide qu’il leur aurait apportée. Les trois autres noms seraient : Javed Nasir, Zahirul Islam Abbasi et Aslam Beg. Par ailleurs, Khalid Khawaja a déclaré qu’il suspectait les Américains de vouloir le rajouter à leur liste ; Khawaja est, selon Roland Jacquard et Atmane Tazaghart, le membre de l’ISI qui avait manipulé Richard Reid, cet Anglais qui avait essayé de faire exploser l’avion du vol Paris-Miami le 22 décembre 2001 à l’aide d’explosifs cachés dans ses chaussures.

Mercredi 10 décembre, le Pakistan a bloqué la résolution américaine à l’ONU, et fait savoir que "si des sanctions doivent être prises à l’encontre de Gul, ce sera sous les lois pakistanaises". Gul, pour sa part, a demandé au gouvernement pakistanais de prendre sa défense.

Venons-en à l’interview.

Et si c’était… ? Hamid Gul nie d’emblée avoir jamais soutenu logistiquement Al-Qaïda et les Taliban, même s’il dit soutenir moralement toutes les résistances à l’invasion américaine de l’Afghanistan, qu’il qualifie d’"agression". Interrogé ensuite sur les attentats de Bombay et leur organisation apparemment militaire, qui suggère, selon Fareed Zakaria, l’appui de forces spéciales ou de services de renseignement, Gul affirme qu’il pourrait s’agir d’un "inside job", une opération menée à partir de l’Inde.

Pour justifier son idée, il se base sur un précédent : l’attentat contre le Samjhauta Express, le "train de l’amitié" reliant Delhi à Lahore, au Pakistan, et qui avait fait 68 morts le 18 février 2007. D’abord imputé à des militants islamistes et à l’ISI, il avait ensuite été suggéré, début novembre 2008, que ses véritables auteurs étaient des extrémistes hindous appuyés par un officier de l’armée indienne, le lieutenant-colonel Shrikant Purohit. C’est Hemant Karkare, le chef de l’ATS (Brigade antiterroriste de la police de Bombay), tué dans l’attaque du 26 novembre, qui avait soulevé cette piste. Karkare avait aussi mis en cause Purohit dans d’autres attentats anti-musulmans, notamment ceux de Malegaon en septembre 2006, qui avaient aussi dans un premier temps été imputés à des groupes comme le Lashkar.

Infiltré. L’arrestation, samedi 6 décembre, de Mukhtar Ahmed, ravive chez certains l’idée que l’opération de Bombay n’a pu réussir sans complicités au sein de l’appareil d’Etat indien. Mukhtar Ahmed, "l’un des deux Indiens arrêtés pour avoir illégalement acheté des cartes SIM (pour téléphones portables) utilisées par les assaillants dans les attentats de Mumbai (ex-Bombay)", est en effet "un policier du contre-espionnage qui pourrait avoir été en mission secrète, selon des responsables de la sécurité". Selon la BBC, "sa mission était de procurer des cartes SIM aux combattants du Lashkar-e-Taiba et de transmettre les numéros à la police de sorte que les appels en provenance de ces numéros puissent être surveillés par le renseignement". Time ne voit dans cette affaire qu’un signe supplémentaire de la défaillance du système de renseignement indien. Bakchich, sans supposer l’intervention de barbouzes indiens, note cependant que "si l’on admet que le Lashkar-e Taiba a organisé l’opération, il n’a pu le faire qu’avec des complicités locales à tous les niveaux – par exemple organiser ce type d’opération à Mumbai exige la collaboration de la mafia – et également avec l’aide d’un ou de plusieurs groupes indiens."

Le rôle exact du policier indien dans les attentats de Bombay reste à déterminer. Son infiltration au sein du Lashkar n’a, quant à elle, pas à nous étonner. Le procédé est classique. Al-Qaïda, avant le 11-Septembre, était également infiltrée, selon Mohamed Hassanein Heikal, ancien ministre des Affaires étrangères égyptien, par les services secrets américains, pakistanais, saoudiens et égyptiens. C’est un de ces agents infiltrés, le Marocain Hassan Dabou, qui avait d’ailleurs alerté les autorités marocaines et américaines qu’Oussama Ben Laden préparait "des opérations de grande envergure à New York dans l’été ou l’automne 2001" : "les deux tours du World Trade Center" devaient être attaquées, selon lui, "à l’aide d’une voiture bourrée de 6 tonnes d’explosifs".

Gul, bis repetita. Venons-en justement, à présent, aux déclarations de Gul au sujet du 11-Septembre. Exprimées une première fois dimanche 7 décembre sur CNN, elles l’ont été de nouveau le lendemain, et même approfondies, au micro du journaliste et activiste Alex Jones, connu pour ses convictions sur le 11-Septembre ; pour lui, il s’agit d’un "inside job".

Hamid Gul accuse les "sionistes" et les "néocons" d’être à l’origine des attentats. L’accusation est ancienne. La première fois que Gul l’a formulée, c’était dès le lendemain des attaques, alors que Ground Zero fumait encore. A l’époque, l’ancien chef de l’ISI était plus explicite : dans un entretien à United Press International, le 26 septembre 2001, il accusait sans détour le Mossad israélien d’être le principal instigateur des attentats.

Diversion ? Dans La Face cachée du 11-Septembre (éd. Plon, Pocket, 2004, p. 218), Eric Laurent note que Gul "fut le premier, dix jours après le 11 septembre, à évoquer publiquement la thèse d’un complot entre le Mossad et la CIA". Le grand reporter ne semble pas faire grande confiance à sa parole. Ainsi rajoute-t-il : "Le Pakistan et ses dirigeants sont des maîtres de l’ambiguïté. Les propos de Gul sur le 11 septembre visaient sans doute à détourner l’attention des révélations sur les liens entre Mohamed Atta et son protecteur, le général Mahmood". En effet, quelques jours seulement après les déclarations de Gul, était révélé dans la presse le transfert d’argent qu’aurait ordonné le chef de l’ISI Mahmood Ahmed en direction du chef des kamikazes Mohammed Atta. Au même moment, Ahmed quittait la tête de l’ISI sous la pression américaine, probablement suite à ces révélations.

Au terme du très long entretien qu’il a accordé à Alex Jones, Hamid Gul eut à répondre justement au sujet de cette supposée implication du chef de l’ISI. Gul répondit que ce n’était là que désinformation, précisant même qu’Ahmed était son ami, qu’il l’avait récemment rencontré à Lahore, et qu’il avait catégoriquement démenti cet acte qu’on lui prête. Toute autre réponse aurait indéniablement surpris.

Ripostes. Pure diversion ou non, les sorties d’Hamid Gul coïncident toujours, dans le cas du 11-Septembre comme dans celui des attentats de Bombay, avec des attaques dont lui-même ou l’ISI font l’objet. Ce sont des ripostes. Des contre-attaques. Cette guerre de l’information se fait étonnamment, notons-le, dans une grande discrétion : le grand public n’a jamais entendu parler des opinions d’Hamid Gul sur le 11-Septembre, pas plus que des résultats de l’enquête indienne, confirmés par le FBI, qui "mouillaient" le chef de l’ISI. Ces résultats ont été écartés du rapport de la Commission d’enquête.

Hamid Gul, s’il n’a pas été personnellement mis en cause au lendemain des attentats du 11-Septembre, comme ce fut le cas de Mahmood Ahmed, l’a néanmoins été quelques années plus tard, au travers d’un document saisissant reçu par la Commission d’enquête… la veille de la publication de son rapport le 22 juillet 2004… et qui, de ce fait, n’a pas pu être pris en compte. Ce document, qui émanait d’une source haut placée au Pakistan restée anonyme, indiquait que "l’ISI était pleinement impliquée dans la conception et le soutien de toute l’affaire" du 11-Septembre, et aussi que l’ancien chef de l’ISI Hamid Gul était un acteur central du complot. Un ancien leader politique pakistanais y déclarait : "J’ai des raisons de penser qu’Hamid Gul était le cerveau d’Oussama Ben Laden". Le document précisait que Gul était considéré par la CIA comme "l’homme le plus dangereux" du Pakistan. Lorsqu’on se souvient que Thomas Kean, le président de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre, avait qualifié le Pakistan de "pays le plus dangereux du monde", on n’est pas loin de conclure, par syllogisme, que Gul est pour les Américains l’homme le plus dangereux du monde.

Preuves ? Mais quels sont donc ses arguments pour défendre la thèse du complot "américano-sioniste" ? Pas de scoop en la matière ; ce sont ceux qu’ont déjà fait connaître les membres du "Mouvement pour la vérité" : extrême et anormale lenteur de la réaction de l’US Air Force le jour des attaques, improbable manoeuvre d’exception réalisée par le piètre pilote présumé Hani Hanjour pour venir frapper le Pentagone, etc.

Les raisons qu’auraient eu les néoconservateurs pour mener ces attentats ? Profiter d’un moment très particulier dans l’histoire post guerre froide, où la Chine et la Russie ne sont pas encore devenues ou redevenues les grandes puissances qu’elles seront bientôt, pour s’implanter militairement dans des zones stratégiques, le Moyen-Orient et, de plus en plus, l’Asie centrale et le bassin de la Caspienne, et contrôler les robinets d’hydrocarbures de la planète… tout cela sous le prétexte de la "guerre au terrorisme".

Les arguments donnés par Gul ne prouvent évidemment rien. Ils soulèvent néanmoins de vraies questions. Quant aux motifs invoqués, ils ne prouvent rien non plus, si ce n’est que les Etats-Unis de George W. Bush et Dick Cheney ont profité de la tragédie du 11-Septembre pour mettre en oeuvre le plan de domination mondiale du PNAC (le groupe de réflexion néoconservateur Projet pour le Nouveau Siècle américain) ; cela, tout le monde peut l’admettre (c’est la "stratégie du choc" de Naomi Klein), mais ne prouve pas pour autant que les profiteurs (les plus visibles) sont les organisateurs.

Gul doute, KSM avoue. D’ailleurs, Gul rejette-t-il toute implication d’Al-Qaïda ? Selon lui, les preuves n’ont pas été apportées, et l’affaire du 11-Septembre demeure "enveloppée de mystère". Gul, incontestablement, met le doigt sur certaines failles de l’histoire officielle, les preuves de la culpabilité de Ben Laden n’ayant jamais été clairement montrées, bien que promises. Notons cependant que sur CNN, Gul reprend à son compte l’idée que le complot a été organisé en partie en Allemagne, faisant ainsi implictement référence à la cellule terroriste de Mohammed Atta à Hambourg… ce qui le ramène à la piste Al-Qaïda…

Coïncidence : tandis qu’Hamid Gul doute encore de la responsabilité d’Al-Qaïda, l’ancien numéro 3 de l’organisation terroriste et "cerveau" présumé du 11-Septembre, Khaled Sheikh Mohammed (KSM), s’apprête à passer aux aveux à Guantanamo. Lui et deux de ses co-accusés, ont en effet décidé, lundi dernier, de plaider coupable. Les deux autres accusés, qui souhaitent aussi plaider coupable pour, dit-on, mourir avec leurs "frères", devront au préalable subir un examen psychiatrique.

Certains s’interrogent sur la valeur de ces aveux, dont on se demande s’ils n’ont pas été extirpés sous la torture, le chef de la CIA, Michael Hayden, ayant reconnu que KSM avait été soumis à la pratique du waterboarding, une simulation de noyade. Remarquons tout de même que KSM, ainsi que Ramzi bin al-Shaibah, l’un des accusés de Guantanamo, avaient revendiqué l’organisation du 11-Septembre lors d’une interview accordée à Al-Jazeera en août 2002 (quelques mois avant leur arrestation), et reproduite dans El Mundo et le Guardian, le 9 septembre 2002. Apparemment ce n’était pas là sous la torture. Les deux hommes avaient présenté le 11-Septembre comme la réplique raffinée de l’opération Bojinka. L’authenticité de cette interview a-t-elle été mise en doute ?

Si Al-Qaïda n’était nullement impliqué, comme le suggère Hamid Gul, il serait également difficile de rendre compte des avertissements, très nombreux et d’origines fort variées, reçus par le renseignement américain dans les mois précédant le 11-Septembre, et qui concernaient tous un énorme attentat à venir d’Al-Qaïda sur le sol américain (impliquant des avions).

Un allié ? Si Hamid Gul peut séduire certains "chercheurs de vérité" (auxquels il fait d’ailleurs un petit clin d’oeil sur CNN… avant de se faire inviter chez Alex Jones), car il pointe assurément certaines zones d’ombre de l’enquête, il ne faut néanmoins pas se méprendre : la vision qu’il propose ne colle pas avec l’ensemble des éléments dont nous disposons à l’heure actuelle ; rien n’indique, par exemple, une implication du Mossad (seulement une possible anticipation de l’événement). La désinformation existe sans doute de tous les côtés dans cette affaire, et Hamid Gul n’y échappe pas. Son discours doit être soumis à un examen critique. Aucun discours politique n’est neutre, encore moins généreux envers le public ; il répond à des intérêts, à une stratégie qu’on n’expose pas au grand jour.

Le dessein politique d’Hamid Gul n’est pas le nôtre : au cours de son interview à UPI en septembre 2001, il se déclarait opposé à la démocratie, et appelait de ses voeux un "système étatique post-moderne", qui serait "un village global soumis à la loi divine". Son refus affiché du capitalisme inégalitaire pourrait l’apparenter, de loin, à notre Besancenot national… d’autant qu’il propose de le remplacer par un islam "égalitaire", "tolérant" et "progressiste". Seulement voilà, son modèle, ce sont les Taliban : "Ils représentent l’islam dans sa forme la plus pure", nous dit-il. "Jusqu’au 11-Septembre, ils avaient un ordre public parfait…" Destructeurs des bouddhas millénaires du Bamyian, misogynes et obscurantistes patentés… Ceux qui nous les proposent en modèles sont, au moins, à considérer avec prudence.

Accepter l’obscurité. Pour finir, j’aimerais citer Mariam Abou Zahab, qui écrivait dans Bakchich au sujet des attentats de Bombay : "Accuser le Pakistan et désigner le Lashkar-e Taiba comme unique responsable permet aux autorités indiennes d’occulter bien des aspects d’une réalité qui, comme tous les observateurs avertis de l’Asie du Sud le savent, est toujours beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine a priori." La même remarque vaut pour les attentats du 11-Septembre (en remplaçant "Pakistan" par "Afghanistan", "Lashkar-e-Taiba" par "Al-Qaïda", "autorités indiennes" par "autorités américaines", et "Asie du Sud" par "Moyen-Orient"). Fuir les visions simplistes. Toujours. La vérité ne se donne pas… et ne sort probablement pas, cristalline, de la bouche d’Hamid Gul.

Par Taïké Eilée pour Agoravox, le 12 décembre 2008

11 mars 2004 à Madrid: était-ce vraiment un attentat islamiste?

192 tués et 1800 blessés: l’attentat de Madrid est un traumatisme pour la société espagnole, d’autant que la polémique sur les auteurs réels de l’attentat n’est toujours pas close. Le 11 mars 2004 vers 7 heures 40, dix bombes explosent dans quatre trains de banlieue en l’espace de quelques minutes. La date semble choisie soigneusement, on est à trois jours des élections générales, le Parti Populaire (droite) sortant de José-Maria Aznar en est favori. Les médias et la majorité des espagnols ont immédiatement suspecté l’ETA, le groupe nationaliste basque, contre lequel Aznar a prôné la manière forte. Mais les soupçons de l’opinion publique se retournent vers al-Qaïda quand les premières informations filtrent de l’enquête et quand des suspects marocains sont arrêtés, à la veille de l’élection. Cette attaque pourrait être une représaille à la participation de l’Espagne dans la guerre d’Irak, même si les autopsies montrent qu’il n’y a pas eu de kamikaze. L’entêtement du gouvernement Aznar à condamner l’ETA passe pour un calcul électoral et le vote du 14 mars donne la victoire au Parti Socialiste de José Luis Zapatero. Trois semaines plus tard, le 3 avril, 7 suspects maghrébins se suicident en faisant exploser leur appartement alors qu’ils sont assiégés par la police. L’instruction de l’enquête dure plus de deux ans et en février 2007 le procès de l’attentat s’ouvre. Le verdict est rendu en octobre 2007: la Justice valide la thèse de l’attentat islamiste. Mais les commanditaires présumés de l’attentat sont absouts, seul un prévenu est reconnu coupable d’avoir posé des bombes dans les trains, et la plupart des 29 inculpés sont condamnés pour leur appartenance à des groupes jihadistes et non pour leur implication dans l’attentat. Le jugement en appel confirme cette sentence en juillet 2008.

En Espagne cet attentat, designé comme « 11M » d’après sa date, est l’objet d’une intense polémique. La presse française n’a pratiquement pas rendu compte de la polarisation des médias espagnols sur le sujet[1]. Certains d’entre eux mettent ouvertement en doute la thèse de l’attentat islamiste, comme le deuxième quotidien le plus diffusé: El Mundo (centre-droit), et la deuxième station de radio du pays: COPE. Le journaliste le plus emblématique de cette opinion est sans doute Luis Del Pino, du premier quotidien numérique d’Espagne Libertad Digital, et également auteur de plusieurs livres et documentaires de TéléMadrid[2] sur le thème. Cette position est souvent traitée de théorie du complot ou de « consparanoïa » par d’autres médias, plus soucieux de jeter le discrédit que d’entrer dans un débat argumenté. Ces clivages se retrouvent à d’autres niveaux de la société, comme entre les différentes associations de victimes de l’attentat. Les sceptiques sur la thèse de l’attentat islamiste sont eux-mêmes divisés: certains incriminent l’ETA, d’autres voient derrière l’attentat la main d’éléments de l’appareil d’état. L’annonce de Luis Del Pino qu’il n’envisageait plus la culpabilité de l’ETA a provoqué une scission dans le mouvement citoyen prônant une réouverture de l’enquête.

Cet article défend une ligne proche de celle de Luis Del Pino. La Justice espagnole ayant validé la thèse de l’attentat islamiste, on se doit de commencer par exposer cette thèse. Pourtant, aussi incroyable que cela paraisse, celle-ci ne résiste pas à l’analyse. Et les agissements suspects de certains secteurs des autorités attirent les soupçons sur eux. Toutes les informations contenues dans cet article proviennent des médias espagnols cités plus haut et des documents judiciaires officiels: acte d’inculpation, audiences du procès et verdict.

La piste islamiste

La thèse de l’attentat islamiste est la conclusion d’une enquête qui s’est développée à partir de deux pistes. On va exposer le cheminement de cette investigation, en mettant en évidence les preuves retenues par la Justice espagnole[3].

La première piste de l’investigation part d’une bombe qui n’a pas explosé. Au total trois bombes déposées dans les trains avaient un défaut et n’ont pas sauté ce jour-là. On a ainsi rapidement su qu’elles étaient dissimulées dans des sacs de voyage ou des sacs à dos. Les démineurs ont neutralisé deux d’entre elles par explosion contrôlée dans la matinée du 11 mars, mais le troisième sac est passé inaperçu et a été regroupé avec les objets abandonnés sur les lieux par les victimes. Ce n’est qu’au moment où est fait l’inventaire de ces objets que le sac piégé est découvert, au commissariat du quartier de Vallecas, dans la nuit du 11 au 12 mars. La bombe, connue comme « sac de Vallecas », est composée de 10 kg de dynamite de type « Goma 2 Eco », de mitraille, d’un détonateur et d’un téléphone portable qui devait la mettre à feu avec la fonction réveil. Ce téléphone contient une carte SIM dont l’enquête auprès du réseau de vente permet de déterminer la route de commercialisation. Celle-ci aboutit à une téléboutique de Madrid tenue par un marocain: Jamal Zougam. Sur la base de ces éléments, la police arrête Zougam, deux de ses employés et deux indiens qui auraient pour leur part vendu le téléphone. Nous sommes le 13 mars, veille des élections, ces arrestations sont médiatisées et les photos des suspects sont largement diffusées. Dans les jours qui suivent, des usagers du métro témoignent les avoir vu dans les trains attaqués. Finalement la faiblesse des témoignages conduira à relâcher 4 des 5 suspects au bout de quelques semaines. Zougam restera incarcéré car les témoignages à son encontre sont plus solides.

L’autre piste d’où est partie l’enquête sont les révélations de Rafa Zouhier, un petit trafiquant de drogue marocain, indicateur de la Garde Civile (le second corps de police en Espagne). Quelques jours après l’attentat, il fait part aux policiers, dans une conversation téléphonique enregistrée, des forts soupçons qu’il a sur un certain Jamal Ahmidan, alias El Chino. El Chino est aussi un petit trafiquant marocain, et Zouhier l’avait mis en contact avec une bande d’Asturies (région du nord de l’Espagne) soupçonnée de divers trafics, notamment d’explosifs miniers. L’un des membres de cette bande, Emilio Trashorras, confirme à la police qu’il a fourni des explosifs de type Goma 2 Eco à El Chino, ce que corrobore un jeune gitan qui a participé à l’opération. D’autre part il se trouve que certains membres de la bande d’El Chino étaient sur écoute dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue. Et ces enregistrements confirment leur voyage en Asturies.

Les deux pistes de l’investigation mènent à des acteurs complètements différents: d’un côté Zougam, et de l’autre El Chino et sa bande. Aucun lien personnel n’est trouvé entre eux. La jonction est faite par l’intermédiaire de 7 cartes SIM dont les numéros sont apparus lors de l’enquête auprès du réseau de commercialisation de téléphones. Ces cartes SIM sont liées à Zougam car il les a achetées en même temps que la carte SIM retrouvée dans le sac de Vallecas. Et elles sont liées à El Chino car l’opérateur téléphonique Amena déclare qu’elles ont été allumées pour la première fois la veille de l’attentat, dans la zone de couverture d’une antenne qui est celle qui dessert la maison d’El Chino. C’est dans cette maison que les explosifs auraient été stockés et que les bombes auraient été montées. Les 7 cartes SIM n’ont jamais eu d’activité suite à leur allumage, ce qui pourrait indiquer leur utilisation dans les bombes. Le lien est ainsi fait entre Zougam et la bande d’El Chino.

Le 3 avril en début d’après-midi, trois semaines après l’attentat, la police localise enfin la bande d’El Chino, dans un appartement de Léganes, en banlieue Madrilène. Remarquant la présence de la police, les suspects refusent de se rendre et ouvrent même le feu. Dans la soirée, le GEO (Grupo Especial de operaciones, équivalent du GIGN) donne l’assaut pour tenter de capturer le commando terroriste. La police a été avertie par les services de renseignement que les assiégés ont réalisé des appels téléphoniques où ils annoncent leur intention de se suicider. Peu après le forçage de la porte, l’appartement explose, tuant les 7 occupants et un policier du GEO. Dans les décombres de l’appartement on retrouve des explosifs Goma 2 Eco, des textes et une vidéo revendiquants l’attentat, mais des cagoules empêchent d’identifier les personnes qui y apparaissent. La majorité des 7 suicidés sont, comme El Chino, de petits trafiquants de drogue. Les autres appartiennent à des cercles islamistes radicaux. La sentence du procès conclura qu’ils ont posé les bombes avec Zougam, et qu’ils projetaient de perpétrer d’autres attentats dans la région de Grenade, où ils avaient loué un appartement.

Un certain nombre d’indices secondaires viennent corroborer les conclusions de cette enquête. Parmi eux il faut évoquer une fourgonnette Renault Kangoo car elle a été le premier élément important à apparaitre dans l’investigation et elle a cristallisé de nombreuses polémiques. Ce véhicule se trouvait garé sur le parking de la station de métro d’Alcala, par laquelle sont passés tous les trains qui ont explosé. Un concierge du quartier a signalé dès le matin du 11 mars qu’il avait vu trois individus suspects rôder autour de cette Kangoo. Ils étaient quasiment masqués par leurs écharpes et leurs bonnets, et l’un d’eux s’est dirigé vers la station de métro avec un sac. En fin de matinée, la fourgonnette est ouverte et inspectée. Deux chiens policiers dressés à la détection d’explosifs fouillent la Kangoo et n’y trouvent rien de suspect. Comme elle figure dans le fichier des véhicules volés, elle est ensuite transportée dans une dépendance policière. Là-bas, après une nouvelle inspection on découvrira 7 détonateurs, un petit morceau de Goma 2 Eco emballé sous un siège, et surtout une cassette coranique, qui aura un impact décisif sur l’opinion publique espagnole.

Le verdict du procès conclue que le but de ce commando terroriste était d’imposer par la violence la loi islamique en Europe, et qu’il s’inspire d’al-Qaïda sans avoir de lien avec cette organisation.

Les failles du verdict

On vient d’exposer toutes les preuves importantes sur lesquelles s’appuie la thèse de l’attentat islamiste. Or elles sont toutes entachées de suspicions, comme on va le voir en les reconsidérant une à une.

On vient d’exposer toutes les preuves importantes sur lesquelles s’appuie la thèse de l’attentat islamiste. Or elles sont toutes entachées de suspicions, comme on va le voir en les reconsidérant une à une. La preuve matérielle centrale est une des bombes qui n’a pas explosée le 11 mars: le sac de Vallecas. Mais il pèse de forts soupçons de falsification tant sur sa composition que sur les circonstances de son apparition. Tout d’abord cette bombe n’a pas explosé parce qu’un câble du montage n’était tout simplement pas connecté. Le démineur qui l’a désactivée a déclaré avec perplexité au procès que ce « petit bâclage » cadrait mal avec la complexité du reste du dispositif[4] ». Ensuite il y a une différence de composition majeure entre cette bombe et les autres. Le sac contient 640 grammes de vis et de clous faisant office de mitraille, or les autopsies ont révélé qu’aucune victime n’a été atteinte par des projectiles métalliques[5]. Et les deux bombes neutralisées le matin du 11 mars n’en contenaient pas non plus selon les policiers qui les ont manipulées. Pourquoi les terroristes auraient-ils mis de la mitraille dans une seule bombe? Enfin les circonstances de l’apparition du sac de Vallecas sont confuses. Lors du procès les démineurs ont expliqué avoir fouillé quatre fois les objets abandonnés dans les wagons, et ils ont certifié que cet engin explosif ne pouvait pas s’y trouver[6]. Son origine est d’autant plus mise en doute que les objets abandonnés parmi lesquels il est apparu ont subi trois transports dans la journée du 11 mars, sans être toujours bien surveillés[7]. Et ils ont fini au commissariat de Vallecas, contrairement à ce qu’avait ordonné le juge. Si on ajoute les témoignages contradictoires sur le moment de sa découverte[8], l’absence de mention de la bombe dans les inventaires d’objets abandonnés[9] et l’inexistence de photos avant qu’elle soit décomposée, on se rend compte de la faiblesse de cette preuve. Le tribunal en a pourtant fait la clef de voûte de son verdict.

L’enquête auprès du réseau de commercialisation de téléphones a conclu que la carte SIM contenue dans le sac de Vallecas avait été en vente dans la téléboutique de Zougam. Sur quoi s’appuie-t-elle pour arriver à cette conclusion? Les cartes SIM passent généralement par 3 ou 4 intermédiaires avant d’être vendues au consommateur dans une téléboutique. Or seuls les premiers intermédiaires font figurer sur leurs factures le numéro d’identification de chaque carte SIM vendue, les suivants ne notent que le nombre total de cartes SIM. En l’occurrence aucune facture ne prouve que la carte SIM incriminée ait été achetée par Zougam[10]. Seul le témoignage de son fournisseur, qui affirme se souvenir lui avoir vendu cette carte SIM particulière parmi des centaines d’autres, permet d’arriver à cette conclusion. Considérons cet élément comme une preuve suffisante et continuons à examiner le cheminement de l’enquête.

Le fait de vendre une carte SIM ne rend pas le vendeur responsable de l’usage, éventuellement délictueux, qu’en fait son acheteur. Mais Zougam était apparu en qualité de témoin dans une enquête antérieure sur des terroristes islamistes. Il semble que ce fait ait été l’unique argument motivant son arrestation le 13 mars, puisqu’aucun témoin ne l’a décrit ou identifié à cette date. Si on reconsidère le comportement de Zougam jusqu’à cette arrestation, on s’aperçoit qu’il aurait commis une série d’imprudences invraisemblables. Premièrement il utilise une carte SIM en vente dans sa propre téléboutique pour monter la bombe de Vallecas. Deuxièmement il laisse cette carte SIM dans le téléphone alors qu’elle n’est pas nécessaire pour utiliser la fonction réveil. Et troisièmement il poursuit son activité normale jusqu’à son arrestation le 13 mars dans l’après-midi, alors que toute l’Espagne sait depuis le 12 mars au matin qu’une des bombes a été démontée par la police. A partir de ce moment Zougam doit forcément savoir que les enquêteurs disposent d’une carte SIM menant jusqu’à lui, et pourtant il ne cherche pas à se cacher ni à prendre la fuite. L’incohérence d’un tel comportement conduit à douter de sa culpabilité.

Les arrestations du 13 Mars sont très médiatisées et la photo des suspects est diffusée. Des passagers des trains attaqués viennent spontanément témoigner sur des individus suspects vus le 11 mars dans les trains. Certains de ces témoignages sont retenus contre Zougam et constituent la seule preuve de son implication dans l’attentat. Mais ici encore, cette preuve est incroyablement faible au vu de la gravité des faits. Une première faille vient de la diffusion dans les medias de la photo de Zougam, car elle empêche les témoignages de respecter une règle fondamentale qui est que le souvenir ne soit pas influencé par d’autres images vues par la suite. D’autre part certains témoignages sont incompatibles à propos du parcours que Zougam aurait suivi dans les trains, ils se contredisent sur sa description, son habillement, ou ils le voient poser un sac à un endroit où aucune bombe n’a explosé[11].

Finalement le verdict rendu en octobre 2007 ne retient que trois témoignages contre Zougam[12]. En appel, en juillet 2008, un de ces trois témoignages est invalidé par la cour car le témoin avait déclaré devant le juge d’instruction mais pas devant le tribunal, où il n’avait même pas été convoqué. Cela avait empêché la défense de Zougam de l’interroger alors qu’il pesait de nombreux doutes sur ses déclarations. Par exemple d’après son témoignage le suspect aurait quitté le train en sortant sur le quai, puis il serait revenu dans le même wagon par la porte communiquant avec le wagon voisin. Comportement d’une indiscrétion étrange pour qui pose des bombes. Il ne reste donc que deux témoignages accusant Zougam: deux amies roumaines qui voyageaient ensemble. La première est venue témoigner trois semaines après l’attentat. La description qu’elle parvient à faire du suspect ce jour-là est très sommaire: 1 mètre 80, carrure moyenne et portant un sac, pas un détail de plus. Par contre cette description s’étoffe quelques jours plus tard, quand la police lui montre une série de photos parmi lesquelles elle reconnait Zougam: cheveux jusqu’aux épaules, nez plutôt gros, bouc, lèvre inferieure plus grosse que la supérieure, etc. On se demande alors si ce qu’elle décrit n’est pas ce qu’elle voit sur la photo plutôt que ce dont elle se souvient. Ses déclarations évoluent aussi sur d’autres aspects comme la position du wagon dans le train. Au bout d’un an elle se souvient que le suspect l’a bousculée afin de justifier qu’elle ait vu son visage, et elle dit pour la première fois qu’elle voyageait avec une amie, qui deviendra ainsi le second témoin accusant Zougam. Pourquoi n’avoir jamais mentionné cette amie pendant un an? Pourquoi ce second témoin a-t-il attendu un an pour se manifester? De quoi peut-elle se souvenir après ce temps? Et ce témoignage peut-il être considéré comme indépendant de celui de son amie? C’est sur la base de ces deux témoignages douteux qu’est prononcée la seule condamnation pour l’exécution matérielle de l’attentat du 11 mars. Zougam a par ailleurs toujours nié être impliqué dans l’attentat.

Tous les autres poseurs de bombes supposés sont morts dans l’explosion de l’appartement de Léganes, trois semaines après l’attentat, le 3 avril. Une conséquence importante de leur disparition est que l’enquête n’a pas reconstitué leurs rôles exacts dans le scenario de l’attentat, focalisant son attention sur les prévenus. La Justice reconnait dans son verdict ne pas savoir exactement qui parmi ces 7 individus a posé des bombes et à quel endroit[13]. Ceci contraste avec le cas de Zougam qui est clairement accusé d’avoir posé les bombes du train ayant explosé à la station Santa Eugenia. Au vu des difficultés pour maintenir le dossier d’accusation contre Zougam, on peut penser que ce flou a paradoxalement bénéficié à qui soutenait la culpabilité de ces 7 suspects. Ainsi, l’enquête s’est principalement attachée à démontrer que leur mort dans l’appartement de Léganes est un suicide. Ce suicide aura mis en évidence le caractère fanatique des suspects, et la découverte dans les décombres de documents de revendication fera office d’aveu posthume de l’attentat.

Les circonstances de la découverte de cet appartement, à un moment où les 7 suspects l’occupent, restent confuses. Pendant longtemps la police a évoqué une fusillade en ville entre des agents et une bande de maghrébins. S’en serait suivi une course-poursuite qui les mène à se réfugier dans l’appartement de Léganes[14]. Par la suite cet épisode disparait du discours officiel pour faire place à une toute autre explication. La police aurait épluché la liste d’appels d’un téléphone suspecté de servir au commando terroriste. En joignant un numéro de cette liste, elle serait entrée en contact avec un propriétaire affirmant louer un appartement de Léganes à des arabes depuis un mois. Le verdict retient cette version de la découverte de l’appartement et élude complètement l’épisode de la course-poursuite.

La police assiège donc cet appartement en début d’après-midi du 3 avril. Vers 21 heures le GEO donne l’assaut, de manière précipitée selon les déclarations de plusieurs membres de cette brigade[15]. Mais avant qu’ils ne puissent entrer, l’appartement explose, tuant les 7 occupants et un membre du GEO. Etant donné l’état des cadavres, les 7 suspects sont identifiés avec leurs empreintes digitales ou leur ADN. L’enquête conclue au suicide collectif, mais le caractère suicidaire de cette explosion n’est pas aussi clairement établi que l’affirme le verdict. Avant l’assaut du GEO et l’explosion, les habitants du voisinage ont entendu des coups de feu, des cris et même des cantiques en arabe provenant de l’appartement. Mais personne n’a pu voir clairement les suspects. Et il n’existe aucune trace, aucun relevé des impacts de balles que l’échange de coups de feu aurait dû laisser dans la zone[16]. L’argument décisif pour soutenir la thèse du suicide est le fait que les suspects auraient appelé leurs proches pour leur dire adieu pendant le siège de l’appartement. Lors du procès, le seul proche cité à témoigner de ces appels fut le frère d’un des 7 suspects, Abdenabi Kounjaa. Ce dernier a déclaré ne pas avoir reconnu la voix de son frère lors de cet appel, et avoir pensé que ce n’était pas lui[17]. C’est pour cette raison qu’il a prévenu immédiatement la police, et n’a pas rappelé son frère pour le dissuader de se suicider. Ce témoignage met sérieusement en doute l’authenticité des appels, d’autant qu’aucun autre proche contacté par les suspects n’a été cité à témoigner au procès. On n’est pas davantage éclairé par le dossier de l’instruction, qui contient trois rapports successifs sur ces appels. Chaque rapport contredit le précédent sur de très nombreux points: les téléphones utilisés, l’identité de certains destinataires, le nombre d’appels effectués à certains destinataires[18]. De telles divergences laissent perplexe quant à la fiabilité de ces rapports.

Les suspects se sont-ils vraiment suicidés? Et dans quelles conditions se sont-ils retrouvés dans cet appartement? Le 3 avril cela faisait quatre jours que les médias annonçaient qu’ils étaient recherchés et diffusaient leurs photos. Dans ce contexte, quelle imprudence de se réunir dans un appartement de la banlieue de Madrid au lieu de fuir chacun de son côté. Et pourquoi ces criminels de masse ont-ils attendu que la police évacue tout le voisinage avant de faire exploser l’appartement? Les incohérences ne s’arrêtent pas là. En s’intéressant aux agissements des suspects entre l’attentat et le suicide, on apprend par exemple qu’El Chino a fait la fête avec sa belle-famille 8 jours après l’attentat, dans la maison où il aurait monté les bombes. Le profil même de la plupart des membres du commando cadre mal avec l’islamisme radical qui est censé les avoir poussé au massacre puis au suicide. Quatre d’entre eux étaient des délinquants de petite envergure du milieu du narcotrafic, peu compatible avec cet islamisme. El Chino vivait avec une espagnole « de souche », portant des tenues légères, et leur fils était inscrit dans une école catholique[19]. La mort de ces 7 suspects aura en tout cas permis de reconstituer un scenario de l’attentat sans trop entrer dans les détails, et sans contradiction de la part des accusés. Par ailleurs le lien évoqué plus haut entre les 7 suicidés et Zougam est mis en doute par des journalistes ayant eu accès au dossier de l’instruction[20]. Selon eux les documents fournis par l’opérateur téléphonique Amena ne comportent aucune indication que les 7 cartes SIM en question ont été allumées près de la maison d’El Chino. Au procès le problème a été soulevé par la défense, mais l’employé d’Amena cité à témoigner n’a pas pu y répondre[21].

Le dernier élément important qui étaye la thèse de l’attentat islamiste est la Renault Kangoo. Le verdict établit que certains membres du commando terroriste, sans préciser lesquels[22], ont utilisé cette fourgonnette pour se rendre à la station de métro avec leurs bombes. Le tribunal n’a donc pas pris en compte le témoignage au procès du maître-chien qui l’a inspecté. En effet si celui-ci concède que le petit bout d’explosif ait pu passer inaperçu, il affirme que la manipulation de sacs contenant des dizaines de kilo d’explosifs aurait dû laisser des traces olfactives dans le volume du véhicule, et que son chien les aurait détectées[23]. D’autre part le concierge qui a attiré l’attention de la police sur cette Kangoo déclare qu’il lui a semblé que les individus étaient des européens de l’est. Et la guichetière de la station à qui l’un des individus a acheté un billet affirme qu’il parlait sans accent étranger[24]. Ici encore le comportement des suspects surprend: pourquoi attirer l’attention en s’adressant à la guichetière avec le visage à moitié masqué, au lieu d’utiliser un distributeur automatique? Pourquoi prendre le risque d’utiliser un véhicule volé sans changer les plaques? Et pourquoi les terroristes ont-ils abandonné ce véhicule? Surtout si on sait qu’ils ont laissé des détonateurs, de l’explosif et des vêtements à l’interieur? D’après l’acte d’inculpation ces vêtements contiennent l’ADN des suspects, mais le verdict ne retient pas cette preuve.

La thèse de l’attentat islamiste perd toute sa crédibilité devant tant de failles dans les preuves qui la soutiennent. D’autant que d’autres éléments non évoqués dans cet article l’affaiblissent encore. En validant cette thèse, la Justice espagnole a jugé de manière stupéfiante que ces failles n’étaient pas significatives.

L’ombre de la police

Existe-t-il d’autres éléments qui permettraient soit de confirmer la thèse de l’attentat islamiste, soit d’orienter l’enquête dans une autre direction? Le problème est que des pièces fondamentales de l’investigation ont fait l’objet de négligences pour le moins inquiétantes. Tout d’abord les wagons où les bombes ont explosé ont été détruits deux jours seulement après l’attentat[25]. Quel besoin y avait-il de se débarrasser si vite de la « scène de crime »? En 2006 un métro accidenté à Valence a été conservé deux ans pour les besoins de l’enquête. La Justice reconnait dans son verdict que de nombreux doutes auraient pu être levés si les wagons avaient été conservés plus longtemps[26].

Parmi ces doutes, le plus important est celui qui concerne la nature de l’explosif. L’analyse des substances chimiques déposées sur les objets proches des foyers d’explosion aurait du être la donnée fondamentale de l’enquête. Or on ne sait toujours pas avec certitude ce qui a explosé dans les trains, comme le reconnait le verdict[27]. Voyons pourquoi l’explosif n’a pas pu être déterminé. La première négligence concerne le choix du service qui a réalisé l’expertise des échantillons. Elle a été confiée aux démineurs, alors que leurs laboratoires ne disposent que de moyens rudimentaires pour analyser les explosifs. Selon la procédure habituelle c’est la police scientifique qui aurait dû faire ces analyses, ce pour quoi elle dispose de matériel beaucoup plus pointu. Les résultats de l’expertise sont ainsi très imprécis: le rapport remis au juge d’instruction conclue à la présence de « composants génériques de dynamite » dans les échantillons. Il ne désigne pas quel est le type de dynamite: Titadyne, Goma 2 Eco, Goma 2 EC? Plus surprenant: il ne donne pas la liste des composants chimiques qui ont été trouvés.

Devant un tel flou, le tribunal a enfin ordonné une nouvelle expertise à l’ouverture du procès, en 2007. Malheureusement cette expertise a dû se baser sur les échantillons déjà analysés, et non sur de nouveaux prélèvements dans les trains, ceux-ci ayant disparu. Les experts se sont plaints du trop petit nombre d’échantillons conservés par la police, et des négligences grossières qui les avaient altérés lors des tests antérieurs[28]. Finalement leurs conclusions n’éclairent pas davantage sur le type de l’explosif puisqu’elles font apparaître une liste de produits chimiques qui ne correspond à aucune composition de dynamite[29].

A la fin du procès, le témoignage de la chef du laboratoire des démineurs était très attendu pour répondre aux interrogations concernant le travail qu’elle avait rendu en mars 2004. Mais elle a déclaré qu’elle ne disposait plus des supports de chromatographie où les éléments chimiques apparaissent[30], ni même des documents où elle les a noté pendant son analyse[31]. Par contre elle a provoqué la stupeur du tribunal en citant pour la première fois la liste précise des composants chimiques trouvés, et en expliquant qu’elle n’avait jamais donné cette liste car personne ne lui avait explicitement demandé[32]. L’imprécision du rapport d’analyse avait créé une telle polémique en Espagne pendant les 3 ans écoulés entre l’attentat et son témoignage au procès que cette explication est grotesque. Quel crédit peut-on accorder à cette liste qu’elle n’a donnée qu’au bout de trois ans et qui correspond à la composition de la Goma 2 Eco?

Au sujet de l’explosif, il faut ajouter les doutes provoqués par la déclaration du chef des démineurs qui a supervisé les opérations le 11 mars. En voyant les dégâts provoqués par les bombes, il a déclaré que les déchirures des structures des wagons étaient caractéristiques d’explosifs de haute puissance, de type militaire, et non de dynamite[33]. Rappelons que certains explosifs militaires ne laissent pas de traces chimiques sur le lieu de l’explosion, ce qui les rend difficilement détectables.

Une autre source de doute est l’emplacement des bombes qui a été reconstitué dans l’acte d’inculpation[34]. Selon ce document la plupart des sacs contenant 10 kg d’explosif n’étaient pas du tout dissimulés: par exemple déposé entre deux sièges se faisant face près de la fenêtre, ou posés sur le porte-bagage, ou déposés à coté de la poubelle, ou encore déposé sous un strapontin (qui devait pourtant être replié). Seule une bombe était cachée sous un siège non-pliable. Pourquoi les terroristes n’ont-ils pas mieux dissimulé les sacs? Et pourquoi des sacs si lourds, déposés en des endroits si visibles, n’ont-ils pas attiré l’attention des voyageurs? Pour répondre à ces questions certains journalistes émettent l’hypothèse de bombes de tailles beaucoup plus réduites, chargées d’explosifs de haute puissance et non de dynamite[35]. La Goma 2 Eco qui a été retrouvée dans la Kangoo, dans le sac de Vallecas et dans l’appartement de Léganes ne constitue pas une preuve de ce qui a explosé dans les wagons. Les soupçons qui pèsent sur ces pièces font plutôt penser à des leurres destinés à détourner l’attention de la scène de crime: les trains.

Dernier exemple de négligence, les enregistrements des conversations entre les patrouilles de police auraient permis de tirer au clair l’épisode de la course-poursuite à Léganes. Mais quand le juge d’instruction les a sollicités, la police a répondu qu’elles n’avaient pas été conservées[36].

Plus grave que les négligences, il y a de forts soupçons de falsification sur plusieurs pièces de l’enquête. Nous avons déjà évoqué le sac de Vallecas, la Kangoo et les appels d’adieu des suicidés à Léganes. Mais il existe d’autres éléments dont la falsification est devenue tellement évidente qu’ils n’ont pas étés retenus dans le verdict, comme par exemple les conversations téléphoniques de Rabei Osman, un égyptien qui résidait en Italie. La police italienne a enregistré et traduit ses conversations en 2004, et dans l’une d’elles il s’attribuerait l’organisation de l’attentat. Au procès, de nouvelles traductions sollicitées par la défense ont fait apparaître que les phrases où il revendique l’attentat ont purement et simplement été inventées par les traducteurs italiens[37]. La Justice a dû l’absoudre de tout lien avec l’attentat, alors qu’il avait été présenté pendant longtemps comme le cerveau du groupe terroriste. Le verdict ne désigne donc pas « d’auteur intellectuel » de l’attentat, déclenchant l’indignation des associations de victimes, qui ont fait appel.

Mais la falsification la plus notoire de l’enquête est une Skoda Fabia que la police à trouvé près de la station de métro d’Alcala, à 20 mètres de l’emplacement de la Kangoo. Cette découverte ne se fait que le 13 juin 2004, soit trois mois après l’attentat. Ce deuxième véhicule permet de renforcer la thèse des 7 ou 8 terroristes arrivant en voiture à Alcala, et il contient des traces d’ADN d’un des suicidés de Léganes. Cependant de nombreux observateurs doutent qu’un véhicule stationné si près de la Kangoo ait pu passer inaperçu pendant trois mois, d’autant que son immatriculation ne figure pas dans les relevés effectués le 11 mars. Cette preuve reste donc dans le flou jusqu’en juin 2005, quand la police apporte au juge d’instruction le témoignage d’un prisonnier chilien. Celui-ci affirme qu’il a volé la Skoda puis qu’il l’a vendu à l’un des suicidés de Léganes en octobre 2003. Mais la preuve est de nouveau discréditée en mars 2006, quand un journaliste d’El Mundo retrouve le témoignage d’un gardien d’un quartier de Madrid où la Skoda a été abandonnée en novembre 2003. Selon lui, le véhicule était resté en stationnement gênant pendant trois semaines et avait reçu de nombreuses contraventions, puis il avait disparu. En vérifiant ce témoignage dans les fichiers des contraventions, il est apparu que le véhicule était impliqué dans plusieurs délits, comme des vols à l’arraché. Ces délits ont été commis entre septembre et octobre 2003, période où le véhicule est supposé être en possession du chilien. Or la police, comme le chilien, avait jusque-là totalement occulté ces faits au juge d’instruction. En voulant interroger de nouveau le prisonnier sud-américain, le juge a appris qu’il avait été extradé vers le Chili sans qu’on l’avertisse.

A toutes ces contradictions s’ajoutent l’incohérence du comportement des terroristes. Pour aller commettre l’un des pires attentats jamais vu en Europe, ils auraient ainsi utilisé une voiture volée, impliquée dans des délits, laissée un temps à l’abandon, verbalisées plusieurs fois, et n’auraient même pas changé la plaque d’immatriculation. Le tribunal n’avait pas d’autre choix que d’écarter la Skoda des preuves étayant le verdict[38]. D’autre part l’ADN retrouvé dans cette pièce probablement falsifiée jette le doute sur les traces d’ADN trouvées dans plusieurs vêtements si « opportunément » laissés par les suspects dans cette affaire.

Pour terminer dans le registre des soupçons de falsification, citons quelques cas de témoignages. Emilio Trashorras a affirmé que la police lui avait demandé d’inventer l’épisode dans lequel il fournit des explosifs à El Chino[39]. Il pensait qu’il bénéficierait du statut de témoin protégé et qu’il ne serait pas inquiété par la Justice. Pour sa part le témoin Hassan Serroukh a déclaré au juge d’instruction que sa déposition devant la police avait été falsifiée. Cette déposition décrivait Zougam comme un religieux fanatique, alors que Serroukh affirme ne l’avoir jamais mentionné[40].

Négligences, soupçons de falsification: les agissements suspects de la part d’éléments policiers sont nombreux dans l’enquête qui a suivi l’attentat. Mais la suspicion augmente encore quand on examine la préparation de l’attentat tel que la présente le verdict. Deux acteurs clés de l’attentat sont indicateurs de la police[41]. Le premier, Zouhier, a mis en contact le commando terroriste avec un trafiquant d’explosifs. L’enquête a révélé que le policier qui le contrôle l’a appelé les deux jours précédents l’attentat. Le second, Trashorras, est ce même trafiquant d’explosif. Il a eu des conversations téléphonique avec son référent policier la veille, le lendemain et le surlendemain du jour où il aurait fournit l’explosif à El Chino. Mais ce policier assure que Trashorras ne lui a rien dit à ce sujet. D’autre part, les téléphones portables utilisés dans les bombes ont été débloqués dans une téléboutique qui appartient à un policier d’origine syrienne, Maussili Kalaji[42].

Quelle coïncidence que tous ces collaborateurs des terroristes soient liés à la police. Mais surtout quelle chance qu’aucun ne les ait dénoncé. Le sort aura également souri aux terroristes concernant la surveillance dont ils faisaient l’objet par la police. D’après sa documentation, depuis janvier 2003 la police surveillait étroitement un groupe islamiste comprenant plusieurs terroristes qui se suicideront à Léganes. Au total ce groupe est soumis à des filatures pendant 81 journées régulièrement réparties entre janvier 2003 et février 2004. Cette surveillance semble s’intensifier dans la première quinzaine de février 2004, mais elle s’arrête brusquement le 17 février, soit 11 jours avant l’opération de récupération des explosifs, et 24 jours avant l’attentat[43]. La même chance bénéficiera à deux membres du groupe terroriste qui étaient sur écoute téléphonique dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue. Ces écoutes sont soudainement levées le 12 mars, le lendemain de l’attentat[44]. Donnons un dernier exemple où la police apparaît en filigrane derrière les terroristes. Après l’explosion de l’appartement de Léganes, des documents concernant l’ETA ont été trouvés parmi les décombres. On a appris qu’ils provenaient en fait de l’appartement voisin, partiellement détruit. Ce logement était occupé par un policier qui, coïncidence encore, se dédiait à la lutte anti-terroriste[45].

 

Tous ces agissements suspects avant et après l’attentat, conjugués à la faiblesse évidente de la piste islamiste, orientent les soupçons vers certains secteurs de l’appareil d’état. Il faut cependant bien noter que ces soupçons ne constituent pas des preuves, et que seule une réouverture de l’enquête permettra de savoir s’ils sont fondés. En révélant des témoignages accablants et en absolvant les commanditaires supposés, le procès n’a fait que confirmer l’extrême fragilité de la thèse de l’attentat islamiste. La décision du tribunal d’entériner cette thèse laisse penser que le verdict était déterminé d’avance pour des raisons politiques. La phase judiciaire close, il ne reste que le champ médiatique pour défendre la recherche de la justice. Malheureusement la plupart des médias assimilent tous ceux qui critiquent le verdict à des obsédés de la lutte contre l’ETA, faussant le débat. On peut aussi déplorer la stratégie du discrédit adoptée par ceux qui traitent systématiquement de « théorie du complot » toute mise en cause des autorités. Nos médias condamnent souvent l’état chinois pour son intolérance vis-à-vis des citoyens qui critiquent le pouvoir. Si on estime qu’en Occident la démocratie est plus avancée qu’en Chine, on doit pouvoir débattre ouvertement et critiquer les jugements et les agissements suspects de nos autorités. Même si ces critiques sont graves, ou plutôt surtout si ces critiques sont graves.

Par Tio Daniel pour ReOpenNews



Où trouver les sources (toutes en espagnol) :



Références :

1 Un des rares articles en français qui évoque le positionnement d’El Mundo. L’article n’entre cependant pas dans la discussion des preuves.

2 Ces deux documentaires (en espagnol): Las Sombras del 11-M et 11-M: 1000 Días Después, très intéressants pour une première approche rapide du travail de Luis Del Pino, sont disponibles sur cette page du site du collectif pour la réouverture de l’enquête .

3 L’exposé des preuves dans le verdict (2007) est fait dans les parties Hechos Probados (Faits prouvés, pages 172 à 228) et Fondamenos Juridicos (Fondements juridiques, pages 423 à 722).

4 vidéo de son témoignage . Avancer à 5 min 02: La conception du téléphone portable cadre mal, parce que même si elle est simple, elle est très ingénieuse (…) et ça ne cadre pas avec le petit bâclage entre guillemets de ne pas assembler les câbles, non? Parce que ce n’est pas logique. [no cuadra la concepción del teléfono móvil, porque, aunque es sencilla es muy ingeniosa, (...) y eso no cuadra con la pequeña chapuza entre comillas de no encintar los cables, ¿no?, porque no es lógico.]

5 Entretien de Carmen Baladia, chef des médecins legistes le 11 mars , avec Luis del Pino pour Libertad Digital TV, 23 janvier 2008: Mais ni clous, ni écrous, ni vis. Il n’y avait pas de mitraille dans nos 191 morts. [Pero ni clavos, ni tuercas, ni tornillos. No había metralla entre nuestros 191 muertos. ]

6 vidéo du témoignage du chef des démineurs de Madrid. 39 min 30: Ce dont je suis totalement convaincu, c’est qu’après la fouille des démineurs qui ont travaillé là, il n’y avait pas un seul sac qui contenait un engin explosif, et ça je peux vous l’assurer. [De lo que sí estoy totalmente convencido es de que, despues de la revision des los tedax que trabajaron alli, no habia ni una sola mochila que contuviese un artefacto explosivo, y eso se lo puedo asegurar.]

7 La fiscal prescinde del testigo clave de la custodia de la mochila de Vallecas. El Mundo, 21 mars 2007: [La procureur fait abstraction du témoin-clé de la surveillance du sac de Vallecas.]

8 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 24 Llamame

9 Verdict (2007), page 517: Ce qui est sûr c’est que, comme l’ont dit plusieurs parties, dans cette documentation le sac de sport qui contenait l’explosif n’apparait pas. [Lo cierto es que, como pusieron de manifiesto varias partes, en esa relación no aparece la bolsa de deportes que contenía el explosivo.]

10 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 17 los intocables

11 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 21 Déjà vu

12 La Sentencia del 11M. La autoría material (II) , Asturias Liberal, Lucía Velasco, 1e septembre 2008.

13 Verdict en appel (2008), page 7: trois membres de la cellule terroriste décrite, sans qu’on ait la certitude absolue de leurs identités, se sont déplacés jusqu’à la localité de Alcala de Heranes dans une fourgonnette blanche (…) En même temps, d’autres membres du groupe faisaient de même en montant dans les trains dans des lieux indéterminés [tres miembros de la célula terrorista descrita, sin que se tenga la certeza absoluta de sus identidades, se desplazaron hasta la localidad de Alcalá de Henares en una furgoneta blanca (...) Al tiempo, otros miembros del grupo hacían lo mismo subiendo a los trenes en lugares no determinados]

14 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 20 la busca, paragraphe ¿Cómo llegó la Policía al piso de Leganés?

15 "Nos llaman héroes (…) y somos tontos por ir donde fuimos" CadenaSER.com, 7 avril 2004 [« On nous dit héros (...) et nous sommes des imbéciles d'y être allé »]: Certains agents des opération spéciales qui ont participé à l’assaut de l’appartement de Léganes samedi dernier mettent en question la manière dont l’assaut de l’immeuble a été ordonné. Ceci est le témoigne intégral recueilli par la Cadena SER. [Algunos de los agentes de operaciones especiales que participaron en el asalto del piso de Leganés el pasado sábado cuestionan la forma en la que se ordenó el asalto al inmueble. Este es el testimonio íntegro recogido por la Cadena SER.]

16 ‘Las piedras de Pulgarcito , El Mundo, Fernando Mugica, 11 mars 2005, ['les cailloux du petit poucet']: 300 à la minute est la cadence de tir de ces armes. Mais dans la documentation exhaustive des démineurs et de la police scientifique, les douilles des cartouches prétendument tirées par ces mitrailleuses n’existent pas. Et où sont les impacts de ces balles? Et le marquage exact de leurs trajectoires, comme cela se fait toujours dans n’importe quelle enquête policière? [Trescientas por minuto es la cadencia de disparo de esas armas. Pero en la relación exhaustiva de los Tedax y de la Policía Científica no existen las vainas de los cartuchos presuntamente disparados por esas ametralladoras. ¿Y dónde están los impactos de esas balas? ¿Y la marcación exacta de sus trayectorias, como se hace siempre en cualquier investigación policial?]

17 vidéo de son témoignage Il déclare qu’il ne reconnaît pas la voix à trois reprises. Notamment à 11 min 15: La voix qu’il avait… je suspectais que c’était pas mon frère. Je lui dis: qui es-ce? Et il me dit: c’est Abdula. Et je lui dis: qui est Abdula? – Ton frère. [ la voz que tenía… que tenía duda como no si fuera mi hermano. Y le digo: ¿quién es? Y me dice: Soy Abdulá. Y le digo: ¿quién es Abdulá? Tu hermano.]

18 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 26 las llamadas.

19 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 12 el cuento del chino, paragraphe Un terrorista hacendoso.

20 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 39 los registros de Amena, paragraphe ¿Qué pasa con las 7 tarjetas?

21 vidéo de l’audience 6 min 27: Défense de Zougam: Pourriez-vous indiquer exactement dans quel folio de ce rapport se trouve l’information qui vous permet d’affirmer que ces 7 cartes ont été allumées à Morata? [podrían indicar ustedes exactamente en qué folio de este informe se encuentra el dato que les permite afirmar que se encendieron esas 7 tarjetas en Morata?]

22 voir note 13

23 vidéo de son témoignage 9 min 32: Défense de Zougam: Dans le cas où dans cette fourgonette on aurait transporté 50 ou 30 kilos d’explosif. Le chien aurait détecté cette odeur? – Maître-chien: Oui il l’aurait détecté, immédiatement. Parce qu’il reste des résidus d’explosifs et le chien les auraient détecté. [En el caso de que en esa furgoneta se hubieran transportado 50 o 30 Kilos de explosivo ¿El perro habría detectado ese olor?- Si lo habría detectado, inmediatamente. Porque quedan residuos del explosivo y el perro lo habría detectado.] 11 min 32: Un autre avocat demande ensuite si le chien l’aurait senti dans le cas où l’explosif aurait été particulièrement bien emballé. Ce à quoi le témoin répond que oui, car avec une telle quantité la manipulation provoque toujours des traces.

24 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 5 las miguitas del pulgarcito, paragraphe la furgoneta de Alcala.

25 Verdict page 476: les trains qui, comme cela figure dans la documentation, ont été démantelés le 13 mars 2004 [los trenes que, como consta en el rollo de Sala, fueron desguazados el 13 de marzo de 2004]

26 Verdict en appel page 652: Cependant on peut être surpris d’une destruction si rapide, qui a empêché une étude postérieure plus posée et approfondie d’aspects qui auraient pu être d’intérêt pour l’enquête, et même son éventuelle réitération. [A pesar de ello puede resultar sorprendente una tan apresurada destrucción, que impidió un estudio posterior más reposado y en profundidad, e incluso su reiteración de haber sido necesaria, de aspectos que pudieran haber resultado de interés para la investigación.]

27 Verdict page 538: On se connait pas avec une certitude absolue la marque de la dynamite qui a explosé dans les trains [No se sabe con absoluta certeza la marca de la dinamita que explotó en los trenes]

28 «La nitroglicerina no ha venido volando » El Mundo, Entretien d’un des experts avec Antonio Rubio, 4 juin 2007 [« La nitroglycérine n'est pas venue en volant »]: L’expert: quand un chimiste analyse quelque chose, il fait une dissolution qui passe par des équipements et ce qu’il convient de faire c’est de la conserver. Dans notre cas, elles n’avaient pas été conservées [cuando un químico analiza cualquier asunto, hace una disolución que pasa por unos equipos de medidas y lo que procede es reservarla. Pues aquí no estaban reservadas]

29 Verdict page 541: Le tribunal, (…) considère qu’il est prouvé que dans tous les cas il apparaît des composants de la GOMA 2 ECO, ce qui indique que cette dynamite était présente dans tous les foyers d’explosion des trains, bien qu’on ne puisse écarter la présence d’une ou plusieurs autres marques de dynamite. [El Tribunal, (...) da por probado que en todos los casos aparecen componentes de la GOMA 2 ECO, lo que indica que ésta dinamita estuvo presente en todos los focos de los trenes, si bien no se puede descartar la presencia de otra u otras marcas de dinamita.]

30 vidéo de son témoignage 15 min 47: Avocat de Zougam: Ces plaques vous les conservez? – Chef du laboratoire des démineurs: Non, évidemment. [¿Esas placas las conservan? - Evidentemente no.]

31 vidéo de son témoignage 1h 09 min 19: Le juge: Donc celles [les notes prises par la chef du laboratoire des démineurs] du 11 mars, de l’analyse que vous faites le 11 mars même, vous ne les conservez pas? – Chef du laboratoire des démineurs: Ces-là non. [O sea, las del 11 de marzo, la del análisis que hace usted el mismo 11 de marzo no las conserva? - Esas mismas no.]

32 vidéo de son témoignage 57 min 17: L’avocat d’une association de victimes: Pourquoi avez-vous attendu jusqu’à aujourd’hui pour les [les composants chimiques] détailler alors que pendant ces trois années vous n’évoquiez que « des composants générique de dynamite »? (…) – Chef du laboratoire des démineurs: Pardon, à moi ils m’ont demandé quels composants il y avait, et on a parlé, sans qu’ils me demandent « détaillez-moi ceux qui apparaissent », ça ne s’est jamais produit. (…) et je ne me souviens pas qu’on m’ait dit à aucun moment pendant ces quatre ans que j’écrive les composants. [¿Por qué ha esperado hasta hoy para concretarlos y en estos tres años se refería únicamente a « componentes genéricos de dinamita »? (...) - Perdone, a mí me hablaron de qué componentes había, y digo estuvimos hablando eh, sin que me dijeran detálleme los que le salen a usted en el análisis, a mí eso nunca se me produjo. (...) y yo no recuerdo que se me dijera en ningún caso en estos cuatro años que escribiera los componentes.]

33 Acte d’inculpation, page 53 : déclaration du chef des démineurs de Madrid: il était clair que ce n’était pas du Titadine parce que ce type d’explosif mord, c’est à dire qu’il ne découpe pas proprement, au contraire un haut explosif découpe totalement et vu le résultat des explosions, ça pourrait être du C3 ou du C4 [tenían claro que no era Titadine porque este tipo de explosivo muerde, es decir, que no tiene corte limpio, en cambio un alto explosivo corta totalmente y una vez visto los resultados de las explosiones podía tratarse de un C3 o un C4]

35 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 11 el tiempo debe detenerse, paragraphe tirando el hilo.

36 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 20 la busca: Réponse de la police, 20 mai 2005: En réponse à la sollicitation du tribunal… en rapport avec les faites survenus dans la localité de Léganes les 3 et 4 avril de l’année passée, nous informons que, étant donné le temps passé, on ne conserve plus les bandes d’enregistrement des faits en question. [Dando cumplimiento a lo solicitado por ese Juzgado... respecto a los hechos ocurridos en la localidad de Leganés los días 3 y 4 de abril del pasado año, se participa que, dado el tiempo transcurrido, ya no se conservan las cintas de grabación de dicho suceso.]

37 Verdict page 634: les conversations de Rabei Osman EL SAYED AHMED dans lesquelles, selon les accusations, il se déclare auteur intellectuel des attentats en disant « le fil de ce qui s’est passé à Madrid est à moi…c’était mon projet le plus cher, etc. », sont clairement erronées [las conversaciones de Rabei Osman EL SAYED AHMED en las que, según las acusaciones, se atribuye la autoría intelectual de los atentados al decir que « el hilo de lo de Madrid fue mio...era mi proyecto más querido, etc. », son claramente equívocas]. Et verdict page 720: NOUS DEVONS ABSOUDRE ET NOUS ABSOLVONS (…) Rabei Osman EL SAYED AHMED(…) de tous les délits dont il était accusé. [DEBEMOS ABSOLVER Y ABSOLVEMOS A (...) Rabei Osman EL SAYED AHMED(...) de todos los delitos de que venía acusado.]

38 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 29 El Chileno.

39 Trashorras: La Policía me ofreció dinero para incriminar a Zougam y ‘El Tunecino’ El Mundo, 5 septembre 2006, entretien avec Fernando Mugica, [Trashorras: La police m'a offert de l'argent pour que j'incrimine Zougam et 'El Tunecino']: « J’ai dit au juge que Jamal Ahmidan, que je connaissais comme ‘Mowgli’, emportait les explosifs parce que c’est la police qui me l’avait demandé [...]; j’ai été menacé et contraint à déclaré en ce sens (…) » ["Yo le dije al juez que Jamal Ahmidan a quien conocía como 'Mowgli', llevaba los explosivos porque así me lo pidió la Policía [...]; fui amenazado y coaccionado para que declarase en ese sentido]

40 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 7 Jamal Zougham, cabeza de turco.

41 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 9 Visperas de sangre, paragraphe Quinto enigma: llamadas de cortesía.

42 Verdict page 529: Six autres [téléphones] ont été confiés (…) à l’établissement Test Ayman, S. L. par l’employé Cuenca Medina, selon les déclarations coïncidentes de (…) et de Maussili Kalaji, propriétaire de Test Ayman, S.L. [otros seis fueron encargados (...) al establecimiento Test Ayman, S.L. por el empleado Cuenca Medina, según las declaraciones coincidentes de (...) y de Ayman Maussili Kalaji, dueño de Test Ayman, S.L.]

43 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 15 un ejercicio de escapismo, paragraphes Con la Policía en los talones et El escape.

44 Los enigmas del 11M par Luis Del Pino, chapitre 9 Visperas de sangre, paragraphe Cuarto enigma: el tiempo invertido.

45 Verdict page 563: Les folios 73357 et 73358 contiennent une comparution du fonctionnaire du Corps National de Police numéro 73.158 dans laquelle, après avoir expliqué qu’il se dédiait jusqu’en juillet 2003 au secteur spécial de filatures du commissariat général d’information et qu’il vivait 40 rue Martin Gaite à Léganes, il reconnait un dossier de documents à son nom et numéro professionnel. [Consta a los folios 73357 y 73358 una comparencia del funcionario del Cuerpo Nacional de Policía con número 73.158 en la que, tras explicar que hasta julio de 2003 estuvo destinado en el área especial de seguimientos de la comisaría general de información y que vivía en el calle Martín Gaite número 40 de Leganés, reconoce una carpeta con documentos con su nombre y número profesional.]

 

Vigilant Shield 08

Le Northcom, la partie "sécurité intérieure" du NORAD, dont le centre de commandement est situé dans les Cheyenne Mountains, projette un « exercice d’entraînement de 5 jours sur l’application de la loi martiale » dans une optique de plan anti-terroriste.

En effet, George W. Bush a fait passer cette sinistre "Directive 51" le 9 mai 2007, qui permettrait légalement, en cas de trouble majeur type "attaque terroriste sur le sol américain", d’instaurer la loi martiale, d’invalider les élections présidentielles, de démettre le Congrès de son rôle de contre-pouvoir, de remplacer la police par l’armée et les tribunaux civils par des tribunaux militaires, et d’emprisonner sans procès toute personne contrevenant à l’ordre public et à la sécurité nationale.

Ce plan VIGILANT SHIELD 08 était officiellement prévu depuis un an et devait se dérouler le mois dernier, en octobre 2008 :
http://www.northcom.mil/News/2007/083007.html

Mais cette opération n’a apparemment pas eu lieu et a été décalée à novembre, donc ce mois-ci. Plus exactement, du 12 au 18 novembre 2008.
http://www.northcom.mil/News/2008/110508.html

Ceci est indiqué dans un article publié le 9 octobre 2008 par le colonel Guy Razer, le capitaine Eric May, le docteur James Fetzer et le sergent Donald Buswell, à lire sur America First Books : Vigilant Shield and Jokers Gone Wild — A Hot-Cold-Silent War False Flag Alert).

L’opération prévoit entre autres : « L’exercice de niveau national 108 inclura la détonation simulée de trois dispositifs à dispersion radiologique, sous la responsabilité de l’USNORTHCOM et de l’US Pacific Command. »

Pour rappel, les événements du 11 septembre 2001 se sont produits le même jour qu’un gigantesque exercice national anti-terroriste impliquant l’US Air Force, de sorte qu’il n’y avait plus d’avions de combat dans les Etats de New York et Washington. Même chose pour les attentats de Londres le 7 juillet 2005, qui se sont produits… au même endroit et au même moment que l’exercice anti-terroriste mené par les forces de l’ordre britanniques. Il est d’autant plus facile de fabriquer une opération "false flag" quand tout est déjà en place…

Mais ce n’est pas tout. En septembre 2008, un journal spécialisé dans les informations militaires annonce, avant de publier un démenti suite au tollé provoqué par cette information, qu’une unité d’élite, la première brigade de combat de la troisième division d’infanterie de l’US Army jusqu’ici détachée en Irak, est rapatriée le 1er octobre pour servir au maintien de l’ordre sur le territoire même des Etats-Unis, sous contrôle… du Northcom :
http://www.armytimes.com/news/2008/09/army_homeland_090708w/
[Note ReOpen911 : Voir la ReOpenNews à ce sujet]

Le rapport entre les deux informations est particulièrement éloquent. On peut se demander la raison du report d’un mois de l’opération Vigilant Shield. Peut-être la crise financière ?

En tout cas l’ACLU (le groupe le plus puissant aux USA agissant pour les libertés individuelles) a ouvert une procédure FOIA de demande d’information sur ce déploiement allégué de troupes militaires sur le sol américain :
http://www.aclu.org/safefree/general/37274prs20081021.html

CNN en a aussi parlé il y a quelques jours, le 24 octobre 2008. Extrait sur YouTube :
http://www.youtube.com/watch?v=kyBaxm2oIHk

Le réseau Voltaire résume aussi la situation
http://www.voltairenet.org/article158452.html
mais n’a semble-t-il pas fait le lien avec l’opération Vigilant Shield 2008.

Mis en ligne 2 jours avant l’élection présidentielle US par Jean-Pierre Petit qui rappelle que le futur président des USA n’aura pas en main les rènes du pays avant le 20 janvier 2009.

A défaut d’être inquiets, soyons informés!

Qu’est il vraiment arrivé le 11 septembre ? Un entretien avec David Ray Griffin


Par Sam Vaknin pour The conservative Voice, le 8 septembre 2008

Le 11 septembre, j’étais chez moi à divertir des invités, des journalistes seniors venant de Scandinavie. Je me souviens avoir regardé avec horreur et incrédulité le déroulement dramatique des attaques meurtrières perpétrées contre les Etats-Unis sur l’écran de télévision. Je me suis tourné vers le spécialiste en affaires internationales d’un grand journal danois et je lui ai dit « Ça ne peut pas être fait par al Qaïda.» Je suis Israélien et à ce titre j’ai un "sixième sens" quant à la capacité des terroristes et à leur potentiel d’action.

C’est là qu’entre en scène David Ray Griffin. Une connaissance mutuelle m’a présenté à lui. Il est professeur émérite de philosophie, de religion et de théologie à Claremont School of Theology et Claremont Graduate University. Il a publié plus de 30 livres, dont huit sur le 11 septembre. Le plus connu est The New Pearl Harbor Revisited: 9/11, the Cover-Up, and the Exposé (Le Nouveau Pearl Harbor revisité: 11/9, la dissimulation et l’exposé).

Son visage ne trahit rien de ses impressionnants pouvoirs d’analyse de renseignements. Mais, le sous-estimer serait une grave erreur. En tant que philosophe, il est hautement entraîné et qualifié pour évaluer la crédibilité des données, la validité et la cohérence des théories (y compris les théories de la conspiration) et la rationalité et la logique des hypothèses. Ses qualifications font sans doute de lui le plus apprécié et le plus chevronné des membres de ce qui est connu sous le nom du "Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre" (9/11 Truth Movement).

Dans nos échanges, il a prouvé sa tolérance vis à vis des opinions divergentes, son ouverture au débat et sa constante rigueur d’esprit. Pourtant, alors que le Mouvement sur la Vérité a réussi à jeter le doute sur la version officielle des événements du 11 Septembre (correctement labellisée par Griffin: "la théorie du complot officielle"), il échoue à mon avis à présenter des arguments choc appuyant la théorie alternative du complot avancée par de nombreux autres membres selon laquelle l’administration Bush serait à l’origine de ces attaques, d’une façon ou d’une autre. Jugez vous-mêmes.

La théorie de l’incompétence

Q. Cette administration a démontré son incroyable incompétence à plusieurs reprises : l’ouragan Katrina, l’administration de l’Irak occupé, et aussi la gestion de la crise des prêts hypothécaires (subprime). Pourquoi le 11 septembre et tous les mois qui le précèdent, cette incompétence ferait-elle exception ?

DRG: Mais elle ne fait pas exception : la planification et l’exécution de l’opération ont été terriblement imparfaites, d’où tous ces problèmes dans l’histoire officielle, y compris dans les contradictions internes et l’évidente transgression des lois fondamentales de la physique. Si le Congrès et la presse avaient procédé ne serait-ce qu’à la plus superficielle des enquêtes, la responsabilité intérieure (inside job) du 11 septembre aurait été avérée. Je vais donner neuf exemples (en citant mes livres, où ces questions sont examinées plus en détail) :

Un. Le Président Bush était dans une salle de classe en Floride lorsque la deuxième tour jumelle a été frappée. Bien que la première attaque ait été considérée comme un accident, la deuxième a été jugée comme la preuve que l’Amérique était "l’objet d’attaques", comme Andrew Card, chef d’état-major de Bush, serait venu lui chuchoter à l’oreille. Pendant ce temps à la Maison Blanche, les Services Secrets emmenaient le Vice-President Cheney dans un bunker, alors qu’ils laissaient Bush dans la salle de classe encore 10 autres minutes, comme le montre la vidéo du film de Michael Moore "Fahrenheit 9/11." Si les attentats avaient vraiment été, comme il le semblait alors, des attaques terroristes surprise poursuivant des objectifs de grande ampleur, dans la minute qui suit les agents des services secrets auraient dû craindre un détournement d’avion de ligne dont la cible était l’école elle-même. Leur échec à emmener Bush au loin implique qu’ils savaient que Bush n’était pas en danger, parce qu’ils savaient qui avait réellement le contrôle des avions. La reconnaissance apparemment tardive à La Maison Blanche de cette implication s’est manifestée un an plus tard (avant que la vidéo n’émerge sur Internet), quand elle a commencé à raconter une autre histoire, celle affirmant que Bush avait quitté la salle de classe quelques secondes après avoir été informé de la deuxième attaque sur les tours jumelles (9/11 Contradictions, chap. 1).

Deux. La Maison Blanche et le Pentagone ont jugé plus tard nécessaire de fausser également la vérité sur les emplois du temps du Vice Président Cheney, du secrétaire à la Défense Rumsfeld, et du général Richard Myers ce matin là entre 9 et 10 h. Richard Clarke rapporte dans son livre « Contre tous les ennemis » que Myers et Rumsfeld étaient au Pentagone, dans le studio de téléconférence et participaient à une vidéo conférence avec la Maison Blanche, mais Myers et Rumsfeld ont tous les deux déclaré qu’ils étaient ailleurs. Bien que Clarke et Norman Mineta, secrétaire aux Transports, aient indiqué que Cheney était dans le bunker avant 9:20, la Commission du 11 Septembre a affirmé qu’il n’y était pas entré avant 10:00 (soit 20 minutes après l’attaque contre le Pentagone et juste avant l’écrasement du vol 93). Et bien que Clarke ait indiqué qu’il avait reçu l’ordre d’abattre [NDT : les avions] de la part Cheney vers 9:50 (au moins 13 minutes avant que le crash du vol 93), la Commission a fait valoir que Cheney n’a donné cet ordre qu’après 10:15 ( 9/11 Contradictions Chaps. 2-7).

Trois. Une grande partie de la preuve que les avions ont été détournés a été fournie par des gens qui ont indiqué qu’ils avaient reçu des appels de téléphone cellulaire des parents ou des membres d’équipage à bord des avions. Environ une douzaine d’appels de téléphones cellulaires a été signalée pour le seul vol 93. Mais, après que le Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre (9/11 Truth Movement) ait rendu public qu’il n’était pas techniquement possible en 2001 que des appels téléphoniques soient passés à partir de postes cellulaires en haute altitude dans des avions de ligne, le FBI a changé son rapport en disant que les seuls appels téléphoniques passés en provenance des quatre avions de ligne ont été les deux qui se sont produits lorsque le vol 93 était descendu en dessous de 5000 pieds –1500m- (altitude à laquelle la possibilité de passer des appels est plus discutable). Ce changement de version signifie, entre autres choses, que le FBI ayant déclaré par écrit et sous serment en 2001 que l’agent de bord Amy Sweeney du vol 11 avait fait un appel de 12 minutes à partir d’un téléphone cellulaire, a dû ensuite fabriquer une histoire très improbable pour soutenir sa version révisée : l’appel aurait en réalité été passé à partir d’un téléphone de bord. (The New Pearl Harbor Revisited [abrégé NPHR], chaps 3 et 6).

Quatre. La première explication des militaires concernant le fait qu’ils n’aient pas été en mesure d’intercepter les trois premiers vols avant qu’ils ne frappent leur cible a été de toute évidence si problématique qu’elle a du être changée. Les membres du Mouvement pour la Vérité (9/11 Truth Mouvement) ont montré que, aussi lente qu’ait pu être la FAA à aviser les militaires -ce que le NORAD a revendiquée en 2001- il y avait encore suffisamment de temps pour intercepter les vols et en particulier les vols 175 et 77. Ainsi, la Commission du 11 Septembre en 2004 a tout simplement créé un nouveau calendrier, en faisant valoir, et contre toute attente, que la FAA n’avait rien notifié du tout aux militaires à propos de ces deux vols (9/11 contradictions, Chaps. 10 & 11).

Cinq. Après la publication par le Mouvement pour la Vérité de preuves considérables sur le fait que le vol 93 avait été abattu, la Commission du 11 Septembre a créé une toute nouvelle histoire à ce sujet. Bien que les militaires eussent déclaré que la FAA les avait informés au sujet de ce vol et même qu’il était poursuivi par des avions de combat, la Commission du 11 Septembre a considéré que la FAA n’avait rien notifié à l’armée jusqu’à ce que le vol 93 ne s’écrase. Aussi, comme je l’ai souligné plus haut, la Commission du 11 Septembre a fait valoir que Cheney n’avait pas transmis l’ordre d’abattre l’avion avant 10:15 environ, alors même que Richard Clarke a déclaré avoir reçu cet ordre à 9:50 environ (9/11 Contradictions, chaps 12 et 13).

Six. Le FBI a tout d’abord déclaré à la presse disposer de pièces à conviction sur la responsabilité d’al Qaïda dans ces attaques, à commencer par les dernières volontés et le testament de Mohamed Atta retrouvés dans une Mitsubishi de location abandonnée dans le parking de l’aéroport de Boston. Le FBI a également signalé que deux autres membres d’al Qaïda qui étaient sur le vol 11, Ameer et Adnan Bukhari, avaient loué une Nissan le 10 Septembre pour aller de Boston à Portland où ils étaient restés la nuit avant ensuite de reprendre un vol de retour pour Boston le lendemain matin afin d’attraper le vol 11. Le problème est que le 13 septembre, le FBI s’est rendu compte qu’aucun des deux frères Bukhari n’étaient morts le 11 septembre : l’un était toujours en vie et l’autre était déjà mort l’année précédente. Ainsi, le FBI a simplement changé d’histoire, en affirmant que c’était Atta lui-même et Abdul al-Omari, un autre membre d’al Qaïda, qui avaient conduit la Nissan vers Portland. Les pièces à conviction incriminées furent dites non plus s’être trouvées dans la Mitsubishi en stationnement mais dans les bagages d’Atta, bagages qui auraient raté le transfert d’avion à Boston vers le vol 11. Le problème avec cette nouvelle histoire, outre le fait qu’on ne l’ait pas eue avant le 16 septembre, est qu’elle n’a tout simplement aucun sens car cela signifierait qu’Atta avait prévu d’emmener avec lui son testament dans le vol 11 qui s’est écrasé sur le World Trade Center (9/11 Contradictions, chap. 16).

Sept. L’histoire officielle de l’attaque contre le Pentagone est que le pilote du vol 77 (un Boeing 757) a exécuté une manœuvre extraordinaire afin de frapper le premier étage de Wedge 1. Cependant les autorités affirment qu’il s’agissait de Hani Hanjour qui, comme cela a été signalé par plusieurs reportages dans la grande presse, ne pouvait pas même piloter en toute sécurité un simple mono-réacteur. L’identification de l’incompétent Hanjour comme pilote du vol 77 est à l’évidence une décision de dernière minute car le fait est que son nom n’apparaissait même pas sur la première liste des membres d’Al Qaïda présents sur le vol 77 (NPHR, chaps. 2 et 6).

Huit. Les témoignages rapportés par des journalistes et des employés du Pentagone, ainsi que des photographies et des vidéos prises juste après l’attaque contre le Pentagone, révèlent qu’il n’y avait aucun signe prouvant que le Pentagone ait été touché par un avion de ligne de grande taille. Bien qu’environ 30 personnes prétendent avoir vu un avion de ligne frapper le Pentagone, leurs témoignages sont souvent en contradiction les uns avec les autres et avec les faits physiques (NPHR, chap. 2).

Neuf. Le WTC 7 était selon toute vraisemblance supposé s’effondrer à environ 10:45 le matin du 11 Septembre, peu après l’effondrement des tours jumelles. En effet une très forte explosion s’est produite dans le sous-sol à environ 9:15, soit 90 minutes avant les explosions qui étaient censées le détruire (ce qui aurait donné le même intervalle de temps que celui indiqué par le concierge William Rodriguez pour la tour Nord, à savoir des explosions à 8:46 dans le sous-sol et des explosions pour la démolition à 10:28). Mais la plupart des explosifs qui étaient censés se déclencher à 10:45 ne l’ont pas fait. En conséquence, le bâtiment n’a été détruit que plus tard dans l’après-midi à un moment où l’effondrement a été enregistré sur de nombreuses vidéos, et montre un cas typique d’effondrement à l’explosif par implosion. Ceci a nécessité d’essayer de garder le plus longtemps possible les gens dans l’ignorance au sujet de l’effondrement du World Trade Center 7 : les vidéos de l’effondrement du WTC 7 n’ont plus jamais été diffusées sur les grandes chaînes de télévision après le 11 Septembre. La Commission du 11 Septembre n’a même pas parlé de cet effondrement et l’Institut national des Normes et de la Technologie (NIST) a maintes fois retardé la diffusion de son rapport sur l’effondrement de ce bâtiment reculant l’échéance le plus tard possible en 2008 [NDT : le rapport a finalement été diffusé fin Août 2008], c’est à dire peu de temps avant la fin du mandat de l’administration Bush.

Comme le montrent ces exemples ainsi que beaucoup d’autres problèmes sur presque tous ses aspects, l’opération du 11 Septembre a fait montre d’incompétence. Si un seul de ces problèmes avait été examiné plus avant par le Congrès ou la presse, la supercherie du 11 Septembre aurait été rapidement démasquée.

WTC7

Q: Le gouvernement américain avait-il les moyens nécessaires en interne pour réaliser une démolition contrôlée du WTC 7? On imagine mal le gouvernement proposer un contrat de sous-traitance pour la démolition, n’est ce pas?

DRG: Sans enquête, nous n’avons aucun moyen d’en être sûr. Mais les organisateurs ont probablement engagé quelqu’un : comme l’explique ImplosionWorld.com, les implosions contrôlées, qui provoquent la chute verticale du bâtiment sur sa base (tel le WTC 7), sont "de loin les projets de démolition les plus difficiles à réaliser, et seule une poignée de sociétés de démolition possèdent l’expérience nécessaire… pour réaliser ces implosions de bâtiments" (11 Septembre, La Faillite des médias, Ch. 3). Si le sens de votre question est que la sous-traitance de ce travail aurait été rejetée car elle aurait impliqué un fort risque que les acteurs vendent la mèche, alors c’est une assomption irréaliste. Personne qui ne soit absolument digne de confiance n’aurait été engagé de toute façon. Et pourquoi quelqu’un avouerait avoir participé à un projet qui a tué des milliers de concitoyens?

Q: Pourquoi les conspirateurs n’ont-ils pas attendu quelques heures après les attaques et ensuite démoli les tours [jumelles] une fois que les occupants eurent été évacués?

DRG: Encore une fois, sans une enquête, dans laquelle les témoins sont questionnés sous la menace de peines de prison, nous n’avons aucun moyen de savoir pourquoi ces gens ont pris de telles décisions. On peut, cependant, la plupart du temps, faire des suppositions raisonnables. Dans ce cas précis, la volonté de détruire ces bâtiments était certainement un objectif secondaire, important seulement à quelques conspirateurs. Le but premier était certainement de créer un spectacle traumatisant — les avions frappant les tours et la chute des tours dans la foulée, tuant des milliers de personnes — dans le but de préparer psychologiquement le peuple américain et le congrès à soutenir les attaques sur les pays musulmans, en commençant par l’Afghanistan (contre lequel une guerre avait déjà été préparée), et d’accepter les restrictions de nos droits constitutionnels (le PATRIOT Act). Ce spectacle pouvant ensuite être rediffusé indéfiniment à la télévision pour renforcer la rage du public et son acceptation à "la guerre au terrorisme" du gouvernement Bush, qui peut se décliner en une attaque de l’Irak (une guerre également planifiée à l’avance) et, si ces guerres contre les deux premières cibles se passent bien, d’autres pays figurant sur la "liste noire" du gouvernement, comme rapporté par le Général Wesley Clark et le néo conservateur Michael Ledeen (NPHR, chap. 7).

Q: Pourquoi le WTC7 a-t-il été attaqué et pas d’autres buildings ayant subi des dommages des débris et d’incendies plus importants?

DRG: Encore une fois, on pourrait connaître facilement la réponse avec une réelle investigation, dans laquelle on a les moyens de faire parler les gens. Mais comme cette enquête n’a pas eu lieu, certaines personnes ont proposé des théories. L’une d’elle est que le bâtiment contenait des dossiers que certaines autorités voulaient voir disparaître. Une autre théorie est que le Centre D’opérations D’urgence de Giuliani situé au 23ème étage possédait les équipements qui ont guidé les avions dans les Tours Jumelles, ce qui signifie que le bâtiment devait être entièrement démoli pour détruire toute trace de preuves matérielles. Personnellement je ne spécule pas sur ces hypothèses, puisque je n’essaie pas de développer une théorie complète de tous les événements qui ont eu lieu ce jour-là. Je me concentre plutôt sur les différents types de preuves indiquant les mensonges de la version officielle, ce qui est amplement suffisant pour montrer qu’une autre -une véritable- enquête est nécessaire.

Le Vol United 93

Q: La conspiration au niveau gouvernemental, d’après 9/11 Truth Movement, incluait une interdiction de décoller : une instruction donnée aux militaires pour qu’ils ne puissent pas interférer avec les avions détournés et pour leur permettre de toucher leurs cibles. Dans ce cas, pourquoi le vol UA 93 a-t-il fait exception? Pourquoi a-t-il été abattu (d’après le 9/11 Truth Movement)?

DRG: Permettez moi au préalable de corriger votre première assertion. Plusieurs, voire la plupart, des personnes du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9 ne croient pas qu’il y ait eu de pirates dans les avions et ne croient donc pas qu’il y ait eu d’"avions détournés" auquels on aurait "permis" d’atteindre leurs cibles. En tout cas moi je ne le crois pas (j’ai déjà largement justifié mon opinion dans NPHR) et je suppose, au contraire, que toute l’opération a été exécutée par la Maison Blanche et le Pentagone, avec comme principaux acteurs Cheney, Rumsfeld et Myers.

En ce qui concerne le vol 93, à défaut d’une réelle enquête, nous ne saurons probablement jamais la vérité. Il existe en effet de forts éléments qui indiquent que l’avion a été abattu près de Shanksville en Pennsylvanie. Et cela pourrait être le plan initial, permettant de fabriquer l’histoire des passagers héroïques déjouant les diaboliques arabes musulmans voulant frapper une autre cible (comme la Maison Blanche ou le Capitole), ainsi cette histoire pourrait servir à Bush comme commencement de sa "guerre au terrorisme" dans laquelle les victimes américaines se défendraient contre les terroristes musulmans et "les pays qui les supportent". Mais nous n’avons aucun moyen d’en être sûr..

On peut cependant affirmer avec certitude que : la version officielle -selon laquelle il n’a pas eu de débris sur le site du crash parce que l’avion, piquant à plus de 900 km/h par heure, se serait entièrement enfoncé dans le sol, bien qu’un bandeau rouge (comme ceux supposément portés par les pirates) et le passeport du pilote d’al Qaïda aient été retrouvés au sol- est fausse. D’abord, cette description des faits ne colle avec aucun des témoignages occulaires rapportés. De même, plusieurs témoins occulaires ont décrit un avion survolant la zone dans deux directions différentes, et ensuite deux sites de crash ont été bouclés. D’après les preuves dont on dispose, il est donc très difficile de comprendre guère plus, mise à part le fait que la version officielle est un mensonge (NPHR, chap. 3).






Sur cette dernière image : Ziad Jarrah, le pilote supposé du vol UA93

Q: Dans votre livre, "9/11 Contradictions", vous acceptez comme véridique un coup de téléphone passé depuis l’avion vers une ligne fixe (pp. 116-7). Pourquoi rejeter alors la véracité et l’existence des autres appels téléphonique supposément passés depuis d’autres avions?

DRG: En fait vous avez mal compris. Je n’ai pas accepté le coup de téléphone supposé de Tom Burnett comme un fait. Ce que j’ai accepté c’est que Deena Burnett a reçu un appel téléphonique qu’elle pensait être de son mari, Tom Burnett. Le passage auquel vous vous referez est au chapitre 12 de "9/11 Contradictions". Si vous lisez le chapitre 17, vous verrez que j’ai utilisé les appels reçus par Deena Burnett comme un point central des preuves qui montrent que les appels étaient faux. Voilà pourquoi : elle raconte qu’elle était certaine que les appels venaient de Tom, car elle a reconnu son numéro de portable. Mais quand le FBI a changé son histoire pour se débarrasser des critiques à propos des appels en haute altitude depuis des portables, la nouvelle version disait que les appels de Tom Burnett ont été passés depuis un téléphone embarqué (malgré le premier rapport écrit du FBI sur le 11/9 citant les propos de Deena selon lesquels les appels provenaient du portable de Tom). Si l’on accepte ce nouveau rapport du FBI (présenté au procès de Moussaoui en 2006), comment peut-on expliquer le fait que Deena affirme avoir reconnu le numéro de portable de son mari? Étant donné qu’elle a témoigné au FBI le jour même, on ne peut supposer qu’elle se soit trompée. Et on ne peut pas non plus l’accuser de mentir. Mais une explication devient possible si l’on sait qu’il est techniquement possible de truquer la provenance des appels aussi bien que leur voix. La conclusion que ces appels sont faux est également renforcée par les propos supposément tenus par Tom Burnett.

Une fois que l’on accepte le fait que les appels à partir des cellulaires étaient truqués, on doit assumer que les appels supposément passés depuis les téléphones embarqués ont aussi été truqués : si les pirates avaient réellement surpris tout le monde en prenant le contôle des avions, comment des gens pouvaient-ils être prêts à passer des faux appels cellulaires pour signaler la présence des pirates dans l’avion? (NPHR, chap. 3 et 6).

Al Qaïda et Atta

Q: Pourquoi le FBI et la Commission du 11/9 approuveraient-ils une chronologie fallacieuse concernant les activités de Atta en 2001? Ils admettent qu’ils ne peuvent pas expliquer ses déplacements. Ils n’utilisent pas cette chronologie pour appuyer la version officielle.

DRG: J’ai expliqué plus haut que le FBI avait une raison de donner une fausse description des déplacements de Atta le 10 et 11 : l’histoire selon laquelle deux pirates du vol 11 ont conduit une Nissan vers Portland était devenue tellement connue que, quand le FBI a découvert que les Bukharis n’étaient pas morts le 11/09, ils ont senti que la meilleure solution était de dire qu’Atta avait amené la Nissan à Portland. Cette version révisée est entrée dans la version officielle.

En ce qui concerne le calendrier du FBI sur les premiers mois de 2001, une des raisons pour lesquelles ils expliquent qu’il avait quitté Venice (Floride), pour ne plus y revenir, était évidement pour cacher le fait qu’en mars et avril 2001 il vivait avec une strip-teaseuse, Amanda Keller, bien connue à Venice (particulièrement des propriétaires qui leur louaient leur appartement). Un autre motif, suggéré par le journaliste d’investigation Daniel Hopsicker, est que Atta – qui, selon Keller, consommait de la cocaïne, qu’il se procurait par la Huffman Aviation, où il etait supposé prendre des cours de pilotage (bien que Keller rapporte qu’il etait déjà un pilote chevronné) – était peut-être impliqué dans une affaire de drogue et de contrebande dont le quartier général était à Huffman. Avec ces éléments, on comprend que nier la présence de Atta à Venice en 2001 sert évidement à accréditer la version officielle.

Dans NPHR, d’ailleurs, je donne encore d’autres éléments qui montrent que la chronologie du FBI sur Atta est fausse. Bien que cette chronologie nous dise que Atta est d’abord arrivé aux USA en juin 2000, plusieurs individus crédibles, dont un officiel du Ministère de la Justice, affirment que Atta était déjà sur le sol américain bien avant en 2000, tout comme l’opération militaire connue sous le nom de Able Danger. Il était ici clairement très important, pour les autorités, de soutenir le contraire, comme le montre le fait que l’inspecteur général du Pentagone a tout fait pour obtenir des membres de Able Danger qu’ils changent leur version ou, s’ils ne le faisaient pas, pour les diffamer (NPHR, chap 6). Mais était-ce si important? Je ne sais pas. Peut-être que le FBI et le Pentagone ont simplement senti que, ayant fortement insisté sur le fait qu’Atta n’était pas arrivé aux USA avant le 3 juin 2000, ils devaient rester sur cette ligne. Mais cela aurait aussi pu être motivé par la volonté de garder le secret sur ses activités pendant cette période.

Q: si al Qaïda n’était pas impliqué, comment expliquez vous le projet Bojinka ainsi que les multiples avertissements (venant du ministre des Affaires étrangères de l’Afghanistan, plusieurs agents, et les services de renseignements de pays allant de la Russie jusqu’à Israël), pointant tous le doigt sur Ossama Ben-Laden? Comment tenez vous compte des multiples communications interceptées qui montrent clairement l’implication d’al Qaïda et ben Laden?

DRG: Je n’ai jamais affirmé qu’al Qaïda n’était pas impliqué du tout. J’affirme seulement qu’il n’existe aucune preuve que des agents d’al Qaïda aient piraté les avions. Ils semblent qu’ils aient été impliqués en tant qu’employés pour servir de coupable plausible. La Maison Blanche et la Commission du 11/9, par exemple, se sont efforcés de dissimuler le fait qu’à la fois le Pakistan et l’Arabie Saoudite leur ont fait passer de l’argent (NPHR, chaps. 6 et 8).

Q: Tous les membres du dispositif d’al Qaïda mentionné par Abu Zubaydah sont morts peu après son témoignage. Pourquoi Abu Zubaydah a-t-il survécu? Pourquoi n’a-t-il pas également été liquidé?

DRG: Je ne voudrais pas présumer savoir. Et peut-être est-ce le bon moment pour répondre clairement à votre assertion qui veut que, pour contester la version conspirationniste officielle, l’on doive avoir une version alternative aussi spécifique, avec des réponses à toutes les questions qui peuvent raisonnablement en émerger. Mais c’est faux. Imaginons que vous soyez accusé du meurtre de Bill Jones. Vous conviendrez que, pour être innocenté, tout ce que vous avez à faire consiste à prouver que vous ne pouvez pas avoir tué Bill Jones. Mais imaginez que, après l’avoir prouvé, le juge vous déclare : "Désolé, mais ça ne suffit pas. Vous devez aussi nous expliquer qui a tué Jones, comment, et pourquoi". Vous trouveriez certainement cela peu raisonnable. Par analogie, le 9/11 Truth Movement a fourni des preuves abondantes que les attentats du 11 Septembre n’ont pas pu être l’oeuvre des terroristes d’al Qaïda. Nous n’avons pas à trouver exactement qui a organisé les attaques, leurs intérêts, et pourquoi ils ont mené chaque partie de l’opération et son camouflage tels qu’ils l’ont fait. Donc il n’y a tout simplement aucun besoin pour nous d’essayer d’expliquer pourquoi Zubaydah n’a pas été liquidé.

Q: Le licenciement de Mahmoud Ahmad comme chef du service de renseignements Pakistanais – en apparence pour le faire taire – aurait pu, au contraire, l’inciter à parler et révéler ce qu’il sait. S’il avait été sanctionné à la demande de la CIA, pour sa collaboration avec les pirates de l’air, cela semblerait prouver que l’administration Bush n’a pas été complice dans les attentats.

DRG: Je ne trouve pas plausible le fait que le licenciement de Ahmad l’aurait incité à parler. Les gens, particulièrement les professionnels de longue date comme Ahmad, ne confessent généralement pas, par dépit, leur participation à un meurtre de masse. Et il a probablement été généreusement récompensé pour avoir démissionné en silence.

Gouvernement et Autres Institutions

Q: Les Américains ont tendance à se méfier de leur gouvernement et à lui attribuer les pires motivations, intentions, et agissements (pensons par exemple aux théories du complot entourant l’assassinat de Kennedy). Le Mouvement pour la Vérité n’est-il pas un nouvel exemple de paranoïa «anti-Establishment" ?

DRG: Comme d’autres préjugés sur le Mouvement pour la Vérité sur le 11/9, celui-ci ne tient pas la route. Si ce jugement, selon lequel nous aurions rejoint le mouvement parce que nous soupçonnions l’administration Bush des pires méfaits (et non pas parce que nous étions devenus convaincus sur la base d’éléments de preuve), était fondé, nous aurions pour la plupart d’entre nous commencé à qualifier le 11/9 de complot de l’intérieur dès la première semaine. Mais si vous regardez l’histoire de la plupart des leaders du mouvement, vous constaterez qu’ils ont rejoint le Mouvement beaucoup plus tard. J’ai moi-même entendu parler de la théorie du complot de l’intérieur pour la première fois fin 2002 et, lorsque le défenseur de cette théorie m’a envoyé ce qu’il pensait être des éléments de preuve, je n’ai pas trouvé cela convaincant. Ce n’est que lorsque j’ai pris connaissance de "9/11 Timeline" de Paul Thompson en Mars 2003 que j’ai commencé à aller dans cette direction. Pour donner deux autres exemples, Steven Jones, notre principal physicien, ne s’est impliqué qu’à partir de 2005, et Richard Gage, qui a fondé Architects and Engineers for 9/11 Truth, qu’à partir de 2006.

De plus, les gens paranoïaques ne sont généralement pas à même d’évaluer les éléments de preuve de manière prudente. Si vous consultez les écrits de personnes telles que Kevin Ryan (un chimiste anciennement employé chez Underwriters Laboratories), Rob Balsamo (fondateur de Pilots for 9/11 Truth), A.K. Dewdney (ex chroniqueur pour Scientific American), Robert Bowman (ancien chef du programme "Star Wars"), ou encore Jones et Gage, vous constaterez qu’ils illustrent leurs propos par des observations empiriques rigoureuses, et non pas par des pensées paranoïaques. L’affirmation selon laquelle les leaders du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9 sont paranoïaques est un préjugé sans fondement.

Q: Les précédentes opérations sous fausse bannière n’ont pas eu lieu sur le sol américain et ont occasionné un nombre restreint de victimes. Mais pas le 11 Septembre. Pourquoi ce changement de mode opératoire ? La seule destruction des Twin Towers (disons la nuit et avec explosifs) n’aurait-elle pas été suffisante ? Pourquoi ce bilan énorme, et facilement évitable, en vies humaines (comme par exemple au Pentagone) ?

DRG: Je répondrai à cette question de la même façon que j’ai répondu à votre deuxième question dans la section WTC 7 (qui portait également sur les tours jumelles), à savoir que le spectacle des avions percutant les tours, puis des tours s’effondrant (spectacle montré en boucle à la télévision), ainsi que le bilan en vies humaines, étaient certainement considérés comme essentiel pour que l’Administration obtienne carte blanche auprès du peuple américain, et de nos représentants au Congrès, afin de faire ce qu’elle voulait.

En ce qui concerne votre observation selon laquelle aucune opération sous fausse bannière n’avait jamais eu lieu sur le sol américain, c’est vrai uniquement parce que le Président Kennedy a mis son veto à l’opération Northwoods. Tous les chefs d’état-major du Pentagone avaient approuvé un plan pour tuer des citoyens américains en 1962 afin d’avoir un prétexte pour une guerre destinée à reprendre le contrôle de Cuba (Le Nouveau Pearl Harbour, chap. 7).

Q: Si ce ne sont pas les membres d’al Qaïda, alors qui pilotait les avions ? Qui étaient les pilotes kamikaze ? Certainement pas des Américains ?

DRG: je doute que qui que ce soit était aux commandes des avions qui ont frappé les tours jumelles et de ce qui a frappé le Pentagone. Ils étaient tous probablement pilotés à distance. Les données indiquent que le Pentagone, outre le fait qu’il abritait des bombes qui ont explosé, a été frappé par un missile ou un petit avion (qui aurait pu être piloté à distance). Et il est tout à fait possible que les pilotes des avions qui ont frappé les tours jumelles ont perdu le contrôle au profit d’un pilotage à distance. Ou, plus probable, ils ont pu être remplacés par des drones quand leurs transpondeurs ont été coupés à proximité de la base aérienne à Rome, New York (scénario d’ailleurs prévu dans l’opération Northwoods). En tout cas, je ne pense pas qu’il existe des pilotes américains qui se seraient portés volontaires pour une opération suicide.

Q: Si un missile a percuté le Pentagone, alors où est et était le vol 77 ?

DRG: Je n’ai jamais soutenu que le Pentagone avait été percuté par un missile. J’ai rapporté dans mon premier livre (Le Nouveau Pearl Harbour) que Thierry Meyssan défendait cette hypothèse. Mais j’ai aussi mentionné que son principal argument était qu’il n’y a aucune preuve de crash d’un Boeing 757 sur le Pentagone alors qu’il y a certains éléments de preuve qu’il s’agissait d’un missile ou d’un petit avion militaire. Cela ne répond bien sûr pas à votre question: si ce n’est pas le vol 77 qui a percuté le Pentagone, qu’en est-il advenu ?

Je n’ai jamais cessé d’être surpris par le nombre de gens qui pensent pouvoir répondre à cette question, ce qui discrédite notre revendication. Mais c’est tout simplement l’exemple le plus répandu du postulat selon lequel, pour tenir un raisonnement convaincant contre la théorie officielle, il est nécessaire de développer une théorie alternative détaillée – à savoir dans le cas présent expliquer ce qui est advenu du vol 77. Mais cela n’a aucun sens. Il y a énormément de scénarios possibles sur ce qui a pu se passer avec le vol 77. Par exemple, il est possible que ce soit l’avion de ligne qui s’est écrasé à la frontière entre le Kentucky et l’Ohio ; il a pu également être dévié vers une base de l’US Air Force. Mais à moins qu’une enquête soit menée, il n’existe aucun moyen pour ceux d’entre nous qui n’ont pas participé à l’opération de vraiment savoir ce qui est advenu de ce vol. Et il n’est pas nécessaire que nous ayons une réponse, tout comme vous, pour prouver que vous n’avez pas tuer Bill Jones, il n’est pas nécessaire que vous soyez en mesure de dire qui l’a fait et comment.

Je pourrais ajouter que nous avons de sérieuses preuves que le gouvernement a menti pour nous convaincre que le vol 77 a frappé le Pentagone. L’avocat et général U.S. Ted Olson – qui avait joué un rôle dans la prise de pouvoir de l’administration Bush en soutenant avec succès que la Cour suprême des États-Unis devait cesser le comptage des votes en Floride en 2000- affirma le 11 Septembre 2001 que sa femme, l’animatrice de télévision Barbara Olson, lui avait téléphoné à deux reprises depuis le vol 77 peu de temps avant que le Pentagone soit frappé, lui signalant que des pirates armés de couteaux et de cutters avaient pris le contrôle de l’avion. Ce témoignage fut utilisé comme preuve que le vol 77 avait été détourné et qu’il ne s’était pas écrasé dans le Mid-West. Lorsque le FBI présenta ses éléments de preuve au sujet des appels téléphoniques transmis depuis les avions durant le procès Moussaoui en 2006, l’agence déclara ceci au sujet de Barbara Olson: "Elle a essayé de passer un appel sans obtenir de connexion, appel qui dura donc 0 seconde." En conséquence, bien que le FBI fasse partie du Ministère de la Justice, son rapport indique que l’histoire racontée par Ted Olson, ancien avocat général du ministère de la Justice, était fausse – ce qui implique soit qu’Olson avait menti soit qu’il avait été trompé. Dans les deux cas, l’affirmation selon laquelle Barbara Olson aurait donné des renseignements sur le vol 77 était fondée sur une supercherie. Et une telle supercherie est un élément de preuve supplémentaire que toute l’histoire sur le vol 77 et l’attaque contre le Pentagone est fausse (NPHR, chap. 2).

Q. Pouvez-vous s’il vous plaît expliquer le rôle des attentats terroristes sur la politique intérieure des États-Unis?

DRG: Il est clair que les attentats du 11/9 ont joué un rôle majeur dans les élections de 2002 et 2004, aidant les Républicains à prendre le contrôle du Congrès et de la Maison Blanche. Ce coup de pouce n’était bien sûr pas suffisant pour maintenir Bush et Cheney à la Maison Blanche en 2004, obligeant les Républicains a déformer le passé de John Kerry durant la guerre et aussi à voler l’élection par divers moyens, principalement dans l’Ohio (cf. Mark Crispin Miller, Fooled Again). Mais il semble ne pas faire de doute que l’utilisation du 11/9 pour effrayer les gens a joué un rôle dans les élections en faveur des Républicains (même si c’est irrationnel puisque même si l’administration Bush n’a pas orchestré ni délibérément laissé faire les attentats du 11/9, elle les a tout au moins rendu possibles par son incompétence).

En 2006, l’appel à la peur basé sur le 11/9 a eu peu d’effet et il en a encore moins en 2008. Ce fait n’a toutefois pas empêché les Républicains de l’utiliser une fois de plus pour conduire les gens effrayés à voter pour eux, comme l’illustrent les déclarations de Bush, Giuliani et McCain durant la convention Républicaine.

Toutefois, beaucoup de gens dans la communauté du 11/9 craignent qu’un nouvel attentat sous fausse bannière, peut-être cette fois-ci avec l’utilisation d’une arme nucléaire, ne survienne d’ici les élections de 2008, pour aider McCain à gagner ou, pire, pour servir de prétexte à Bush afin de déclarer la loi martiale et annuler les élections, ce qui lui permettrait, par le pouvoir que lui confèrerait la directive présidentielle 51, d’assurer le contrôle unilatéral du gouvernement fédéral. Je ne suis pas en train de dire que je m’attends à ce que cela se produise. Mais je ne considère pas que cette crainte soit irréaliste.

Q. Dans les jours qui ont précédé le 11 septembre, le volume d’options de vente sur les actions des entreprises impliquées dans les attaques (principalement les compagnies aériennes et les sociétés dont le siège se trouvait dans le World Trade Center) est monté en flèche. Est-ce que nous savons qui a acheté ces options et était-ce un cas de délit d’initié ?

DRG: Il semble que ce soit un cas de délit d’initié (comme je l’ai signalé dans Omissions et manipulations de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre, citant l’étude sérieuse d’Allen Poteshman, qui enseigne la finance à l’Université de l’Illinois).

Mais la Commission sur le 11/9, tout en nous assurant qu’il ne s’agissait pas d’un cas de délit d’initié, a refusé de nous dire qui avait acheté un nombre colossal d’options de vente sur ces entreprises. Pour illustrer sa prétendue preuve que tous les achats étaient innocents, la Commission déclara qu’un "unique investisseur institutionnel basé aux Etats-Unis et sans liens possibles avec al Qaïda avait acheté 95% des options de vente sur UAL." La Commission a ainsi utilisé une logique circulaire. Partant de l’hypothèse que les attentats avaient été planifiés et exécutés par al Qaïda seul, sans que personne d’autre n’ait eu connaissance des plans, elle a soutenu qu’à moins d’être lié à al Qaïda, l’acheteur ne pouvait pas avoir obtenu d’informations privilégiées. Mais cet argument soulève la question fondamentale qui est précisément de savoir si les attentats ont été planifiés par al Qaïda, sans que personne d’autre n’ait eu connaissance des plans (NPHR, chap. 5).

En ne rendant pas publique l’identité des investisseurs, la Commission sur le 11/9 ne nous permet pas de confirmer que les achats ne relèvent pas d’informations privilégiées. Nous devons simplement le prendre pour argent comptant, ce qui est difficile à faire compte tenu des dizaines de mensonges par omission et distorsion contenus dans le rapport de la Commission (Omissions et manipulations de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre).

Sam, merci pour vos questions, lesquelles m’ont peut-être permis d’atteindre un nouveau public avec des éléments prouvant que l’histoire officielle sur 11/9 est un mensonge. Ces éléments de preuve, dont je n’ai mentionné qu’une petite partie ici, signifient que les politiques fondées sur l’hypothèse que l’Amérique a été attaquée par des musulmans le 11/9 doivent être inversées. Ce point est d’autant plus pertinent que Barack Obama soutient que l’une des raisons de réduire notre présence en Irak est d’avoir les troupes et les ressources nécessaires pour "aller chercher en Afghanistan les gens qui nous ont attaqués le 11/9." Sa position, qui a été rappelée à maintes reprises par les orateurs à la Convention démocrate, est également reproduite par le New York Times qui considère l’attaque américaine contre l’Irak comme une « guerre de choix » mais l’attaque contre l’Afghanistan comme une «guerre de nécessité», et par le magazine Time qui a appelé cette dernière « la guerre juste ». Si nous n’avons pas été attaqués par des musulmans le 11/9, ces deux guerres sont tout autant l’une que l’autre injustifiées (ainsi que tout autant illégales en vertu du droit international).

Traduction : Pascal, LF et Christopher