Le pentagone déclare la guerre cybernétique

L’US Air Force cherche à prendre le contrôle d’Internet

Source : http://www.lepost.fr/… -d-internet.html

Prendre le contrôle en mode invisible de n’importe quel ordinateur dans le monde. Voilà l’objectif affiché par L’US Air Force. Une fois pénétré, l’ordinateur sera pillé de toutes les informations de l’ennemi.

C’est ce que révèle Noah Shachtman dans son article intitulé Air Force Aims for ‘Full Control’ of ‘Any and All’ Computers, où il décrit l’objectif de l’armée de prendre le contrôle de n’importe quel ordinateur dans le monde.

Pour cela un "Cyberspace Command," a été créé. En son sein, les "cyberspace geeks" ont pour mission de prendre le contrôle d’Internet comme les aiguilleurs contrôlent le ciel depuis leur tour de contrôle. Des agences d’état américaines, comme le Ministère de la Sécurité Intérieure, ont établi un programme de 5 ans, le "National Cybersecurity Initiative", afin que les hackers fédéraux puissent tester les dernières attaques électroniques mises au point. Pour un coût de 30 milliards de dollars.

L’US Air Force, dans une note interne, rappelle que les temps ont changé : "Avant, pour faire la guerre il fallait une armée, aujourd’hui tout ce dont vous avez besoin est une connexion internet". Lundi dernier le laboratoire de recherche de l’US Air Force a débloqué un budget de 11 millions de dollars pour le développement de programmes pour un "Dominant Cyber Offensive Engagement."

Deux stratégies s’affrontent au sein de l’armée : détruire les websites ennemis [voir deuxième article ci-dessous] ou exfiltrer l’information en douceur. Avec une petite préférence tout de même pour celle qui consiste à tout détruire! On reconnaît là les boys!

Les travaux pratiques ont déjà commencé : il y a deux semaines une équipe de cadets de West Point, l’académie militaire américaine, a mis au point un programme bouclier qui a permis de repousser une attaque lancée par les geeks de la NSA.


Le Pentagone veut pouvoir détruire tous les sites Internet qui le gênent

Source : http://www.voltairenet.org/article157054.html

Le Pentagone a décidé de se doter d’une unité spécialisée capables de détruire soudainement l’ensemble des sites internet de ses adversaires en cas de conflit.

La « guerre des réseaux » (Network Warfare) est du ressort de l’Armée de l’Air. Elle est dirigée par le général Keith B. Alexander, le patron de la NSA.

La 67eme brigade de guerre des réseaux dispose déjà de plus de 8 000 hommes sous le commandement du colonel Joseph Pridotkas. L’un de ses esquadrons sera équipé, d’ici octobre, de puissants robots capables de faire tomber des milliers de sites à la fois. Il s’agit d’appliquer le concept du « tapis de bombes » au cyberspace, indique le colonel Charles W. Williamson dans le dernier numéro de l’Armed Forces Journal.

Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées

Quelques éléments supplémentaires sur la manipulation des médias par le Pentagone grâce à cet excellent article publié sur Bakchich.info :


Le vendredi 16 mai, par Doug Ireland

Pendant six longues années, le Pentagone a délibérement intoxiqué et manipulé les médias qui couvraient la guerre en Irak. Objectif : influencer l’opinion publique américaine. Doug Ireland revient dans le détail sur ce scandale encore tabou aux Etats-Unis.

C’est une histoire digne d’un roman de George Orwell. Entre 2002 et la fin avril 2008, le Pentagone a fait infiltrer toutes les grandes chaînes de télévision américaines par 75 gradés de l’armée à la retraite. Tous avaient été embauchés par ces médias comme analystes et c’est l’ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui a initié ce vaste programme d’intoxication. Si la Maison Blanche occupée par George W. Bush suivait de près le travail des taupes du Pentagone, Rumsfeld avait explicitement interdit à ses hommes de révéler aux chaînes de télévision qu’ils faisaient partie de cette opération.

C’est finalement le New York Times qui a vendu la mèche le 20 avril 2008 . Hélas, aucune des chaînes dupées par le Pentagone, y compris CNN, NBC, CBS, ABC et Fox News, n’ont pris la peine d’en faire état. Même si leurs téléspectateurs ont copieusement été bernés pendant des années. Beaucoup de ces « analystes militaires » partageaient l’idéologie des néo-conservateurs qui n’étaient autres que les plus proches conseillers de Donald Rumsfeld.

Pour récompenser ceux qui vendaient la soupe du Pentagone dans les médias, l’administration américaine ne lésinait pas sur les moyens, quitte à flatter l’égo de tous ces hommes au travers de traitements de faveur : briefings top secrets par les plus hautes instances militaires sur tous les aspects de la guerre en Irak et notamment sur les sommes d’argent faramineuses dépensées. Selon le New York Times, les taupes avaient aussi droit à des « escortes militaires en tenue de cérémonie jusque dans la salle de conférences privée de Rumsfeld, au meilleur service en porcelaine pour leurs goûters, à la sollicitation des conseillers, aux petites notes de remerciement chaleureuses et personnalisées signées de la main de Rumsfeld et à des rappels constants de leur devoir envers le pays. »

Le Pentagone savait pertinemment que les chaînes de télévision rémunéraient ces taupes entre 500 et 1 000 dollars par intervention. La somme variait en fonction du nombre de minutes passées à l’antenne et il n’était pas rares que ces « analystes » aient droit à plus de temps que les reporters attitrés de ces chaînes, au point de squatter les écrans. Pour faire illusion, ils mettaient en avant des « informations fraîches » qu’ils disaient détenir de « sources hautement placées » mais anonymes du Pentagone. Mais ces « informations » soigneusement préparées par les crânes d’oeufs de Donald Rumsfeld étaient souvent truquées ou fausses. De surcroît, ces salades étaient toujours livrées aux téléspectateurs sur un ton optimiste. Ridicule quand on sait que la guerre en Irak, toujours en cours, a d’ores et déjà duré plus longtemps que la Deuxième Guerre Mondiale.

8000 pages de documents internes

Ce que le New York Times décrit comme des « relations symbiotiques » entre ces anciens militaires et le Pentagone montre qu’en réalité tout ce beau monde était soudé par de juteux contrats. En effet, les taupes travaillaient par ailleurs comme lobbyistes, dirigeants, consultants, membres de conseils d’administration de sociétés privées qui cherchaient à tirer profit de la manne de plusieurs centaines de milliards de dollars dépensées par l’administration Bush dans sa « croisade » contre le « terrorisme » en Irak et en Afghanistan. Le tout, répétons-le, à l’insu des chaînes de télévision et de leurs téléspectateurs.

Dans leur ensemble, les taupes représentaient environ 150 entreprises militaires du secteur privé. Le Pentagone n’avait pas choisi ces messieurs par hasard (Rumsfeld a approuvé chaque nom personnellement) et les tenait bien en laisse. Si ces commentateurs s’aventuraient à émettre à l’antenne la moindre critique à l’encontre de la politique de Bush ou ne suivaient pas à la lettre la ligne de propagande fabriquée sur mesure pour eux, ils étaient illico exclus du cercle des privilégiés. Et dans la course aux contrats d’armement et de sécurité, l’accès à l’information et aux décideurs politiques est fort prisé, voire essentiel. La seule menace d’une hypothétique exclusion suffisait donc à leur faire défendre la guerre en Irak comme le Pentagone l’entendait.

Les 8 000 pages des documents internes de ce même Pentagone qui ont alimenté l’enquête du New York Times sont dorénavant disponibles sur internet. Soit dit en passant, elles révèlent aussi que beaucoup de quotidiens et de magazines ont également été victimes de cette manipulation, à commencer par le Times qui a publié neuf articles prétendument écrits par ces « experts » sans savoir que ceux-ci étaient téléguidés par le Pentagone.

Mais une étude réalisée par le Projet pour l’Excellence dans le Journalisme de la respectée Fondation Pew a révélé que, dans la semaine suivant la parution de l’enquête du Times sur cette vaste duperie, sur les 48 principaux médias passés au crible, seul le journal télévisé de la chaîne publique PBS avait consacré un reportage au scandale. A titre de comparaison, à la même période, on recensait 50 reportages sur une secte polygame au Texas ! Jusqu’à aujourd’hui, aucune des grandes chaînes privées qui se sont fait enfumées par le Pentagone n’ont pipé mot sur l’opération d’intoxication dont elles ont été victimes. NBC peut éventuellement arguer du fait qu’elle appartient au conglomérat General Electric, un important fournisseur militaire. mais quid des autres ?

Eisenhower avait vu venir le scandale

Une semaine après les révélations du New York Times, le Pentagone a annoncé qu’il mettait fin à cette entreprise de manipulation de l’opinion publique, confirmant ainsi la véracité des informations du quotidien. En dépit du fait que ce programme soit totalement illégal (la propagande gouvernementale dissimulée de ce type et qui cible les citoyens américains a été interdite par des lois successive du Congrès depuis 1951), aucune commission du Congrès n’a indiqué qu’une enquête avec des séances publiques était prévue. Il est pourtant nécessaire qu’un procureur indépendant du même acabit que celui que le Congrès, alors contrôlé par le Parti Républicain, avait désigné pour enquêter sur Bill Clinton avec pour résultat « l’impeachment » du Président Clinton en 1998, soit nommé pour appeler les responsables de ce programme secret à la barre. Mais les Démocrates qui ont aujourd’hui la main haute sur le Congrès ont peur de s’attirer les foudres de toutes ces grandes chaînes de télévision embourbées dans ce scandale.

La morale de cette histoire sordide se trouve dans le célèbre discours de fin de mandat du président Eisenhower. C’était en 1961. Eisenhower avait été le commandant suprême des Alliés en Europe pendant la Deuxième Guerre Mondiale et connaissait la musique. Avant de quitter la présidence, il avait alors mis en garde les États-Unis contre les dangers du « complexe militaro-industriel » en ces termes : « cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (…) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (…) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. » Malheureusement, c’est chose faite aux Etats-Unis. Depuis longtemps.


Précédents articles repris par ReOpen911 News sur le sujet : ici et

 

Le « médiagate » : Analystes, experts, médias et industrie de l’influence

Hervé Le Crosnier, le 22 avril 2008

Dans l’édition de dimanche du New York Times, un long, très long et passionnant article décrivait les méthodes du Pentagone pour manipuler les médias. Et soulignait la responsabilité des médias dans ce cadre.

Au coeur de cette nouvelle démonstration des méfaits de l’industrie de l’influence (qui regroupe la publicité, mais aussi les « public relation », l’infowar et les pouvoirs militaro-industriels) on trouve les « analystes » des médias. Une catégorie particulière : les analystes et commentateurs ne sont ni totalement journalistes liés par un code de déontologie, ni totalement propagandistes patentés dont on pourrait relier les paroles aux idéologies et aux conflits d’intérêts.

L’article du New York Times résume une enquête approfondie, une spécialité qui reste la gloire des journaux étatsuniens, et dont on aimerait tant avoir l’équivalent par ici. Cette enquête s’appuie sur l’examen de 8000 pages de documents et d’e-mails obtenus par une plainte pour déclassifier des sources. Il démontre que les "analystes militaires« des grands médias, qui viennent donner la »bonne parole", faire des conjectures et assommer le bon peuple de leur « expertise » étaient en réalité des pions au service du Pentagone d’une part et des « consultants » auprès des entreprises du complexe militaro-industriel d’autre part. A ce titre, les « analyses » et « commentaires » qu’ils délivraient sur les ondes étaient à mettre en relation avec les immenses marchés à gagner ou à perdre pour leurs commanditaires.

C’est ici le « médiagate » qui s’installe. Car, bien loin des quelques lignes éparses publiées dans la presse française sur ce sujet majeur, le NYT dénonce la complicité et l’aveuglement des médias qui avaient engagés et payaient ces analystes. Y compris le NY Times lui-même qui regrette certains éditoriaux de ces malfaisants.

Il n’y a pas de domination sans complices, et ceux qui aujourd’hui rejettent toute la faute sur « le Pentagone » cherchent en réalité à dédouaner leur responsabilité.

La « guerre psychologique » (psy-ops) est une stratégie pourtant connue, commentée, on trouve même des manuels militaires, des documents émanant du Pentagone pour la décrire. Dont ce fameux rapport "Information Operations Roadmap" signé par Donald Rumsfeld, ministre des armées de 2001 à 2006. Rédigé en 2003 et rendu public en 2006 après une demande au titre du « Freedom of Information Act » (on peut le lire à http://www.gwu.edu), ce document prévoyait de bloquer l’internet pour éviter la diffusion d’informations contradictoires. Le même Rumsfeld n’hésitait pas à menacer les médias en 2006 ("Any kind of moral and intellectual confusion about who and what is right or wrong can severely weaken the ability of free societies to persevere." The Washington Post, 30 août 2006 - http://www.washingtonpost.com)

Et pourtant, malgré cette connaissance des enjeux de la guerre psychologique et des opérations ideologiques de l’armée, les médias engageaient des « analystes », des « experts » sans se poser la question de leurs liens avec l’appareil militaire et industriel. On leur demandait de signer un simple document de « disclosure », sans enquêter sur leurs employeurs et les intérêts en conflit avec la place propagandiste déterminante qui leur est offerte.

Car ces « experts » ne sont pas ceux qui apportent des « informations », mais qui émettent le « discours » idéologique global, qui « interprètent » les événements, du haut de leurs « connaissances », en général longuement vantées auparavant par les présentateurs…

Mais qui sont ces expert(e)s ?

Ces experts, nous les connaissons aussi en France, ancien militaires spécialistes de l’armée, consultant en sécurité spécialistes de la tolérance zéro, « spécialiste » de ceci ou cela… Toujours les mêmes, faisant la tournée des rédactions, ils ou elles interviennent dès qu’il se passe un événement. On leur déroule le tapis rouge et on les laisse pérorer. Mais qui sont-ils(elles) ? Qui les paye vraiment ? quels sont les intérêts croisés entre leur domaine d’expertise, leurs sources de revenus et le discours qu’ils prononcent ? Nous ne le savons jamais… et pire, ce que semble montrer l’enquête du New York Times, c’est que les médias ne se posent pas la question. Eux si prompt à salir les militants et les activistes n’enquêtent même pas sur les « experts » qu’ils commanditent ?

Oui, c’est un véritable « médiagate » qui s’ouvre sous nos yeux. Et c’est maintenant qu’il faut porter le fer : qui sont les « experts » ? A quel degré pouvons-nous croire ce qu’ils(elles) disent ? Pourquoi sont-ce toujours les mêmes « experts », avec le même angle d’analyse ? Pourquoi n’y a-t-il jamais deux « analystes » opposés ?

La guerre qui s’est installée en Irak a été le produit des mensonges médiatiques (la fameuse affaire des « armes de destruction massive ») et des commentaires récurrents par des analystes pousse-au-crime dont les petites affaires dépendaient de leur pouvoir de conviction. C’est encore et toujours « Tintin et l’Homme à l’oreille Cassée » ! Tintin reporter, et nous sommes pourtant au 21ème siècle.

Mais que n’avez-vous encore rien dit messieurs les grands éditorialistes de nos médias hexagonaux ! Où sont vos messages pour regarder devant votre porte, examiner de près les intérêts de vos analystes extérieurs ?

Car ce qui est vraiment en jeu, c’est le basculement de l’industrie de l’information aux mains de l’industrie de l’influence.

Et ce n’est pas un mince enjeu, compte tenu des puissances inégalées des « technologies de l’information et de la communication » et des méthodes de l’influence. Le fameux « mur » entre les rédactions et les services de pub est définitivement effondré, et la "connaissance fine des usagers" transforme tout média en moyen de manipuler des lecteurs plus ou moins consentants. Nous sommes au régime de la "publicité comportementale", et nous voyons avec ce militaro-médiagate que l’influence touche tous les terrains de la vie sociale, du nucléaire à l’agriculture, de la gouvernance des villes à l’éducation, et jusqu’à la question centrale de la guerre et de la paix.

Oui Messieurs des grands médias, nous attendons votre coup de projecteur sur les conséquences de ces révélations du New York Times. Qu’allez-vous faire ? Comment allez-vous rendre public les conflits d’intérêts de vos analystes et experts ? Allez-vous chercher des experts indépendants, des universitaires dont les laboratoires ne sont pas en marché avec tel ou tel acteur du domaine d’expertise ?

Ou allez-vous à nouveau fermer les yeux ? Manier le cynisme de ceux qui savent cela depuis si longtemps… ce cynisme qui n’est aujourd’hui que le dernier rempart de celles et ceux qui ne veulent surtout rien changer.

Le cynisme n’est pas de mise : nous passons avec l’enquête du New York Times de l’hypothèse à la démonstration… et ce n’est pas rien. Nous laisserons-nous entraîner dans la prochaine guerre par ce même type d’expert et d’analyste aux intérêts croisés ? Allez-vous, allons-nous, rester complices de la désinformation et des opérations de guerre psychologique ?

Il est temps de sortir le balai et de nettoyer, car les temps qui viennent vont être difficiles. Nous avons besoin d’une information crédible. Ce n’est pas le moment de démissionner devant l’industrie de l’influence, mais celui de relever la tête.

Le Pentagone veut s’attaquer à vos blogs

Mondialisation.ca, Le 7 avril 2008

Le Pentagone affirme qu’il ne s’agit là que d’un ‘exercice intellectuel’… mais il suffit de regarder autour de soi pour voir que toutes ces méthodes sont déjà en usage sur Internet. La revue “Le Meilleur des Mondes” en est un parfait exemple…

Une étude du Pentagone propose d’interférer de manière illégale avec les blogs, y compris en recrutant de bloggeurs influents, en créant de faux blogs, en hackant et en modifiant leur contenu, voire en “éliminant” purement et simplement de sites “contraires aux intérêts des États-Unis”. (Grégoire Seither - IES News Service - 03/0/2008)

Depuis le début de la guerre en Irak, la question des blogs suscite un vif débat au sein de l’armée des Etats-unis - surtout quand ce sont des soldats et des officiers qui veulent les tenir. Au sein de l’Etat-major, certains pensent que les blogs posent un danger à la sécurité et sont une perte de temps pour les soldats, tandis que d’autres, comme le Gen. David Petraeus et le Lt. Gen. William Caldwell, estiment que les blogs sont une précieuse source d’information et une manière, pour des soldats ordinaires, de “gagner les coeurs” en façonnant l’opinion, tant aux Etats-unis qu’à l’étragner.

Mais il existe une troisième approche, illustrée par une étude réalisée en 2006 pour l’académie militaire des forces spéciales (Joint Special Operations University) et intitulée “Blogs and Military Information Strategy”. Des stratéges de la “guerre de l’information” au sein du Pentagone proposent de recruter des bloggeurs et de faire grimper leur cote en créant du buzz, puis de les utiliser comme outils de propagande. “Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte,” écrivent les auteurs du rapport, James Kinniburgh et Dororthy Denning.

Le rapport précise un certain nombre de méthodes à travers lesquelles l’armée des Etats-unis - et notamment les unités chargées des relations publiques, mais aussi le renseignement ainsi que les équipes d’action psychologique (PsyOps) - peuvent tirer profit du phénomène des blogs :

Les stratèges de l’information peuvent secrètement recruter ou rémunèrer des bloggueurs influents ou bien d’autres personnes qui ont l’oreille de la communauté cybernaute (…) afin de diffuser un message favorable aux Etats-unis.

De cette manière les Etats-unis peuvent franchir le fossé de l’information et contourner les préjugés enracinés, mais aussi tirer profit du capital intellectuel et social pre-existant. Parfois, le nombre de ces agents d’influence fait la différence.

Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte.

Toutefois, ces opérations doivent être menées avec la plus grande discrétion car elles peuvent avoir des conséquences très négatives pour l’image de l’armée, comme le montre la réaction de l’opinion publique quand l’armée a révélé avoir payé des journalistes pour qu’ils publient des articles élogieux dans la presse irakienne. Ou quand il a été découvert que l’armée payait des journalistes aux Etats-unis pour influencer la manière dont ils rendaient compte de la situation en Irak.

Les gens n’aiment pas qu’on les trompe, et si ces méthodes sont révélées au public, le prix à payer sera une perte de crédibilité et de confiance.

Une autre stratégie est de “fabriquer” un blog et un bloggeur et de “booster” sa position pour en faire une voix influente dans la blogosphère. Ce processus peut prendre un certain temps et - selon la personne choisie pour animer le blog - nécessiter un gros investissement en termes de formation culturelle et linguistique, avant que le blog ne soit efficace. Néanmoins, il y a aujourd’hui des gens dans l’armée qui aiment blogguer. Dans certains cas leurs talents peuvent être redirigés vers la tenue d’un blog dans le cadre d’une campagne d’information. Si in blog militaire propose des informations intéressantes qui ne sont pas disponibles ailleurs, sa réputation et donc son indice de confiance et d’influence grimpent très vite.

Dorothy Denning, co-auteure du rapport, n’est pas une inconnue dans le domaine de la surveillance d’Internet - et ce n’est pas la première fois que ses propositions font des vagues. Au début des années 1990 - quand elle dirigeait le Département des Etudes Informatiques de l’université de Georgetown, elle avait été une des principales avocates du “Clipper Chip”. La “puce Clipper” était un projet de cryptoprocesseur conçu par la NSA et destiné à doter les appareils électroniques vendus au grand public d’une puce de sécurité. La clé de chiffrement devait être fournie au gouvernement qui devenait ainsi capable d’écouter les communications si nécessaire. Le projet fut annulé en 1996.

Dans son rapport de 2006, Denning agite la menace d’une utilisation des blogs par les ennemis de l’Amérique. Mais - affirme t’elle - ces sites peuvent être détournés au profit des intérêts américains.

Il y a des cas où un site, situé en dehors de la zone d’influence du gouvernement U.S., promeut un message qui est contraire aux intérêts des Etats-unis, ou bien soutient activement les activités d’information, de recrutement et de logistique de nos ennemis.

La première réaction pourrait être d’éliminer ce site, mais cette solution pose problème car elle ne garantit pas que le site en question va rester hors-ligne. Comme c’est souvent le cas, le site oppositionnel risque de tout simplement migrer vers un autre serveur, souvent dans un autre pays. De plus, une telle action risque de générer de la publicité pour ce site et contribuer à en faire connaître ses contenus à un public encore plus vaste.

Par ailleurs, le fait d’éliminer un site qui diffuse des EEI ennemis (éléments essentiels d’information) et nous fournit un accès aux informations ennemies n’est pas une bonne stratégie : cela nous prive d’une précieuse source d’informations. Cela ne veut pas dire non plus que, une fois l’information obtenue devient obsolète ou bien qu’il est supplanté par une source plus intéressante, que le site doit alors être éliminé.

Plutot que d’attaquer de front, une meilleure stratégie consiste à détourner secrètement le blog ennemi et de s’en servir comme d’un moyen pour diffuser des informations “amies”. Il suffit de “hacker” le site et d’apporter de subtils changements aux informations - parfois il suffit de changer une phrase ou deux - pour que la crédibilité du blog soit remise en question par son lectorat, ce qui est une méthode plus efficace pour réduire au silence une voix qui nous déplait.

Encore mieux, s’il s’avère que le blog diffuse des communications ennemies ou bien des informations logistiques, le contenu informatif peut être manipulé. En modifiant discrètement les messages du blog et en corrompant les informations, on peut améner l’ennemi à croire que le bloggeur en question les a trahis - ce qui aboutit souvent à l’élimination du blog (et du bloggeur)…

Hacker un blog pour en modifier les informations peut également mettre le bloggeur en délicatesse avec l’ennemi et ainsi le rendre maléable à une influence amie, voire permettre aux U.S. de lui proposer de faire défection et d’assurer sa sécurité en échange d’informations. (…)

Source de la publication en français: http://libertesinternets.wordpress.com/

Pentagone : « Nous devons combattre le Net »

Information Operation Roadmap
Par Brent Jessop

 

Dans son document Information Operations Roadmap [feuille de route des opérations sur l’information], le Pentagone est franc sur le fait qu’Internet, avec son potentiel à la liberté d’expression, s’oppose directement à ses objectifs. Internet doit être traité comme s’il s’agissait d’un « système d’armement » ennemi.

Le document de 2003 du Pentagone, intitulé Information Operation Roadmap, a été divulgué au public suite à une demande, faite sous la loi de la Liberté de l’Information, aux Archives de la Sécurité Nationale de l’Université George Washington en 2006. L’explication détaillée de l’idée maîtresse de ce document, et l’importance de l’information ou des opérations de guerre de l’information, a été décrite dans le premier article de cette série (1).

Attaque du réseau informatique

Tiré du document Information Operation Roadmap :

Dès que les recommandations de ce rapport seront mises en œuvre, elles serviront de point de départ à l’amélioration rapide des capacités d’attaque du réseau informatique. - 7

L’amélioration des possibilités des opérations militaires sur l’information, incluent : … Une série d’offensives vigoureuses incluant la gamme complète de moyens électroniques et les attaques contre le réseau informatique

Le Pentagone se servira-t-il de ses capacités d’attaque des réseaux informatiques contre Internet ?

Combattre le Net

Nous devons combattre le Net. Le Ministère de la Défense est en train de construire une force focalisée sur l’information. Les réseaux deviennent de plus en plus le centre de gravité opérationnel et le Ministère doit être prêt à « combattre le Net. »

La stratégie de « défense en profondeur » du Ministère de la Défense devra fonctionner sur le principe de « combattre le Net » comme s’il s’agissait d’un système d’armement. - 13

On ne devrait donc pas s’étonner de voir le Pentagone s’attaquer énergiquement aux « autoroutes de l’information » pour tenter d’obtenir la suprématie dans la guerre de l’information. L’implication de Donald Rumsfeld dans le Projet pour un Nouveau Siècle Américain [Project for a New American Century - abréviation anglaise : PNAC] jette davantage de lumière sur le besoin et le désir de contrôler l’information.

 

Le PNAC souhaite dominer le cyberespace

Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain (PNAC) a été établi en 1997 avec un nombre imposant de membres qui sont devenus plus tard le noyau de l’administration de George W. Bush. Parmi beaucoup d’autres puissants, mais dont les noms sont moins connus, la liste comprend : Jeb Bush, Dick Cheney, I. Lewis Libby, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. Leur objectif déclaré est d’utiliser une énorme expansion militaire étasunienne dans le plan de « domination mondiale des États-Unis. » En septembre 2000, le PNAC a publié le désormais tristement célèbre document intitulé Reconstruire les Défenses des États-Unis [Rebuilding America’s Défenses]. Ce document a un thème très similaire à « Information Operation Roadmap » du Pentagone, qui fut signé par le Ministre de la Défense Donald Rumsfeld.

Tiré du document Reconstruire les Défenses des États-Unis :

Il est maintenant communément admis que l’information et les autres nouvelles technologies… créent une dynamique pouvant menacer la capacité des États-Unis à user de leur puissance militaire dominante.

Le contrôle de l’espace et du cyberespace, tout comme le contrôle de la haute mer, et la protection du commerce international, permettait dans le passé de définir les puissances mondiales, le contrôle des « biens communaux internationaux » sera la clé du pouvoir mondial dans l’avenir. Si les États-Unis sont incapables de protéger leurs intérêts ou ceux de leurs alliés dans l’espace ou dans la sphère de l’information (infosphère) ils auront du mal à exercer le leadership dans la politique mondiale.

Même s’il faut des dizaines d’années avant que le processus de transformation se déploie, avec le temps, l’art de la guerre dans les airs, sur terre et sur mer, sera très différent de ce qu’il est aujourd’hui, et le « combat » se déroulera probablement dans de nouvelles dimensions : dans l’espace, dans le « cyberespace, » et peut-être dans le monde microbien.

Pour en savoir plus sur le document Reconstruire les Défenses des Etats-Unis, [Rebuilding America’s Defences] lire ici (anglais).

Internet 2

Dans le document Information Operations Roadmap, la partie des plans relatifs à Internet consiste à assurer « la dégradation subtile du réseau plutôt que son effondrement. » (Page 45) C’est présenté en termes « défensifs, » mais il est probable que ce soit aussi exclusivement défensif que le Ministère de la Défense.

Que le Pentagone s’inquiète d’Internet n’est pas un mal en soi. C’est après tout le Ministère de la défense, par l’intermédiaire du DARPA, qui nous a donné Internet à l’origine. Parmi de nombreux autres point positifs pour le Pentagone, Internet est utile, non seulement comme outil d’affaires, mais aussi comme excellent moyen de surveillance et de suivi des utilisateurs, pour l’acclimater les gens au monde virtuel, et pour élaborer le profil psychologique de chaque utilisateur. Mais l’un des problèmes avec Internet tel qu’il est conçu actuellement, est son potentiel à la dissémination d’idées et d’informations en désaccord avec les thèmes et les messages du gouvernement étasunien, à ce que l’on appelle communément la liberté d’expression. Bien entendu, puisque le plan consiste à dominer totalement l’infosphère, Internet devrait être adapté ou remplacé par une version améliorée et encore plus sympathique pour le Pentagone.

Dans un article de Paul Joseph Watson du site Prison Planet.com, l’émergence d’Internet 2 est décrite.

Le développement d’« Internet 2 » est également conçu pour créer un système de castes en ligne, par lequel les anciens concentrateurs Internet seraient laissés se détériorer et mourir, forçant les gens à utiliser le nouvel Internet, taxable, censuré et réglementé. Si vous tentez de comprendre à quoi ressemblera exactement Internet dans cinq ans, à moins que nous n’y résistions, jetez juste un coup d’œil sur les derniers efforts de la Chine pour éliminer complètement la dissidence et l’anonymat sur le web.

Conclusion

Dans le prochain article nous examinerons le recours du Pentagone aux opérations psychologiques ou PSYOP et dans le dernier article de cette série nous examinerons si oui ou non il existe des limites à l’usage d’opérations sur l’information contre le publique étasunien ou l’audience étrangère.

L’auteur Brent Jessop est étudiant en deuxième année de maîtrise en génie biologique à l’université de Guelph en Ontario au Canada.

Original : http://www.knowledgedrivenrevolution.com/Articles/200711/20071119_IOR_3_Fight_Net.htm
Traduit au mieux par Dany Quirion et Pétrus Lombard pour Alter Info

 

Note des traducteurs :

(1) Cet article est le troisième d’une série de cinq. Étant donné les pannes majeures du réseau Internet au Moyen-Orient et les suspicions qui en découlent, nous avons choisi de traduire dans le désordre, ce troisième article spécifique à l’Internet. La traduction des quatre autres articles relatifs au document « Information Operation Roadmap » du Pentagone suivra.