Un avocat de la Commission sur le 11 septembre déclare : le gouvernement a accepté de mentir

L’avocat-conseil de la Commission sur le 11 Septembre – John Farmer – déclare que le gouvernement a accepté de ne pas dire la vérité sur le 11/9, faisant écho aux affirmations des autres membres de cette même commission, qui ont conclu que le Pentagone était impliqué dans une tromperie délibérée concernant leur réponse aux attaques.

John Farmer

Farmer a fait office d’avocat-conseil pour la Commission sur le 11 Septembre (connue officiellement sous le nom de « Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis »), et est également un ancien procureur général du New Jersey.

Le livre de Farmer sur son expérience au service de la Commission est intitulé : "The Ground Truth : The Story Behind America’s Defense on 9/11", et doit paraître demain. Il dévoile comment "le public a été sérieusement trompé concernant ce qui s’était produit le matin des attaques", et Farmer lui-même déclare que "à certains niveaux du gouvernement, à un certain moment… il y avait un accord pour ne pas dire la vérité sur ce qui s’est passé."

Seuls les plus naïfs discuteraient du fait qu’un accord pour ne pas dire la vérité est un accord pour mentir. La position de Farmer est que le gouvernement a accepté de créer une version officielle mensongère sur les événements afin de dissimuler la véritable histoire derrière le 11 Septembre.

L’éditeur du livre, Houghton Mifflin Harcourt, déclare que "Farmer établit sans aucun doute possible que la version officielle n’est pas seulement partiellement fausse, mais sert à créer une fausse impression d’ordre et de sécurité."

En août 2006, le Washington Post signala que "quelques membres de l’équipe de la Commission sur le 11 Septembre ont conclu que la première histoire décrivant la façon dont le Pentagone avait réagi aux attaques terroristes pourrait faire partie d’un effort délibéré pour induire en erreur la commission et la population, plutôt que le reflet du "nuage d’événements" de ce jour-là, selon les sources impliquées dans le débat."

Le rapport révéla comment la commission constituée de 10 membres suspectait fortement une dissimulation, à tel point qu’ils envisageaient de signaler le problème au Département de la Justice pour solliciter une enquête criminelle.

"Nous n’avons à ce jour aucune idée de la raison pour laquelle le NORAD (le North American Aerospace Command) nous a dit ce qu’il nous a dit", a déclaré Thomas H. Kean, l’ancien gouverneur républicain du New Jersey, qui dirigeait la commission. "C’était si loin de la vérité… c’est une de ces absurdités qui n’a jamais été résolue."

Farmer lui-même est cité dans l’article du Washington Post, déclarant : "J’étais choqué de constater à quel point la vérité était différente de la façon dont elle était décriteles cassettes du NORAD (défense aérienne) racontaient une histoire radicalement différente de ce qui nous avait été expliqué, et au public également, pendant deux ans… Ce n’est pas la vérité."

Comme nous l’avons également signalé en août 2006, les quelques portions des enregistrements du 11 Septembre fait par le NORAD, qui était présentées dans un article de Vanity Fair, apportent peu de réponses aux questions des personnes sceptiques concernant l’inefficacité des défenses aériennes du 11 Septembre, et augmentent au contraire l’impression d’incompatibilité entre la version officielle des événements et ce qui est réellement connu pour s’être produit ce jour-là.

Ne nous y trompons pas, Farmer ne dit pas que le 11 Septembre était un "inside-job" [coup monté de l'intérieur - NDT], mais le témoignage de Farmer, ajouté à ceux de ses collègues de la commission, mène à la conclusion que, peu importe ce qui s’est réellement passé le 11 Septembre, l’histoire officielle donnée à la population ce jour-là et qui demeure la version officielle des autorités encore aujourd’hui, est un mensonge - d’après ceux-là mêmes qui furent désignés par le gouvernement pour enquêter sur cette affaire. Ceci est un fait qu’aucun "debunker" ou apologiste du gouvernement ne pourra jamais légitimement nier.
 

Par Paul Joseph Watson pour Prison Planet.com, le 14 avril 2009

 

Marche sur le Pentagone Samedi 21 Mars 2009

Le 15 février 2003 eut lieu la plus grande manifestation mondiale jamais organisée : plusieurs millions de personnes se sont manifestées dans plus de 600 villes à travers le monde contre la guerre en Irak. En mars 2003, une nouvelle manifestation mondiale a lieu après le déclenchement de la guerre. Aux USA, 50 000 personnes se dirigent vers le Pentagone pour réclamer la fin de la guerre et le retrait des troupes en Irak. Septembre 2005, plusieurs milliers de manifestants protestent à Washington D.C. contre l’engagement américain. Mars 2007, quatre ans après le début de la guerre, 50 000 personne reviennent à Washington D.C. et se dirigent vers le Pentagone, porteurs du même message.

En mars 2009, l’occupation étrangère est toujours présente, malgré ces mobilisations générales à l’ internationale. Il semble nécessaire de rappeler aux autorités que l’opinion n’adhère pas à cette politique offensive, déclenchée sous le faux postulat du terrorisme, mais qui semble entériner un conflit perpétuel pour l’emprise sur des zones géographiques riches en matières premières. L’Irak et l’Afghanistan font les terribles frais de cette occupation. Alors que l’économie américaine s’effondre, que les finances mondiales sont mises à mal, il serait grand temps de rapatrier les troupes et de s’occuper des réels problèmes qui touchent les populations de plein fouet.

Cette nouvelle marche, qui rassemblera des mouvements divers et de nombreuses associations aux Etats Unis, scandera encore une fois ce message : Ni guerres, ni occupation – Des emplois et de l’instruction. Que les gouvernants entendent cette fois. 
 


Marche sur le Pentagone le 21 mars 2009

En Irak, en Afghanistan, en Palestine, l’occupation est un crime.
Des emplois et de l’instruction. Ni guerres ni occupation.

Rassemblement à 12h, à l’angle de la 23rd St.
et de Constitution Ave. NW Washington, D.C.!

Divers réseaux, alliances et organisations s’assemblent dans une coalition nationale le 21 mars pour inciter des gens de tous les milieux dans chaque ville des Etats-Unis à participer à la marche sur le Pentagone, le jour du sixième anniversaire de la guerre d’Irak: le samedi 21 mars.

Plus de 1000 organisations et personnes ont à ce jour soutenu la marche sur le Pentagone du 21 mars 2009 pour dire "Ramenez les troupes au pays MAINTENANT!" en ce sixième anniversaire de l’invasion criminelle de l’Irak.

Les milliers de personnes qui marcheront diront "En Irak, en Afghanistan, en Palestine, l’occupation est un crime." et "Nous avons besoin d’emplois et d’instruction, pas de guerres ni d’occupation." Ils insisteront pour mettre fin aux menaces de guerre et aux sanctions économiques contre l’Iran. Ils diront non au programme état-unien illégal de détention et de torture.

Parmi les membres de la coalition nationale du 21 mars et les sympathisants de la marche sur le Pentagone se trouvent:

  • ANSWER Coalition groupe REPONSE (http://www.answercoalition.org/)
  • Muslim American Society Freedom [soc. Américaine musulmans-liberté]
  • National Council of Arab Americans [concile national des arabes Américains]
  • National Assembly to End the Iraq and Afghanistan Wars and Occupations [assemblée nat. pour la fin des guerres et occupations en Irak et Afghanistan] (http://www.natassembly.org/)
  • Veterans For Peace-National [vétérans pour la paix - national]
  • United States Labor Against the War (USLAW) [travailleurs des Etats-Unis contre la guerre]
  • Ramsey Clark
  • Cindy Sheehan
  • The World Can’t Wait [le Monde ne peut pas attendre]
  • Code Pink
  • Middle East Children’s Alliance [alliance des enfants du Moyen-Orient]
  • Paul Haggis, Academy-Award winning director and screenwriter [directeur et scénariste primé de l'académie]
  • Edward Asner, Actor [acteur]
  • Mimi Kennedy, Actor and Activist [actrice et activiste]
  • Elaine Johnson, Gold Star Mother [qui a perdu un enfant à la guerre]
  • Colonel Ann Wright, US Army Reserves (Retired) [colonel à la retraite]
  • Lynne Stewart
  • Tina Richards, Executive Director, Grassroots America [directrice exécutive d'un mouvement populaire]
  • Angola 3 Defense Committee [comité de défense Angola 3 (pour la défense de 3 hommes qui auraient été emprisonnée à tort dans la prison "Angola" en Louisiane, USA)]
  • Herman Wallace, Political Prisoner, Angola Prison, Louisiana [prisonier politique à "Angola"]
  • Albert Woodfox, Political Prisoner, Angola Prison, Louisiana [prisonier politique à "Angola"]
  • Raul Pacheco, guitarist, Ozomatli [guitariste d'un groupe de musique multiéthnique américain]
  • David Swanson, After Downing Street [organisation pour dénoncer les mensonges ayant conduit aux guerres et occupations]
  • Heidi Boghosian, Executive Director, National Lawyers Guild* [directrice exécutive de l'association des avocats]
  • Michael Ratner, President, Center for Constitutional Rights* [président du centre pour les droits constitutionnels]
  • Michael Smith, Member of the Board, Center for Constitutional Rights* [membre du conseil du centre pour les droits constitutionnels]
  • Blase et Theresa Bonpane, Office of the Americas [organisation non lucrative pour l'avancement de la justice internationale et de la paix]
  • Progressive Democrats of America [groupe de démocrates Américains]

& des centaines d’autres!

*mentionné uniquement dans un but de représentation

Cliquez ici pour voir la liste des sympathisants.


Des dizaines de milliers de personnes ont marché sur le Pentagone en mars 2007

Alors que des millions de familles perdent leurs maisons, leurs emplois et leurs couvertures médicales), le vrai budget militaire l’an prochain surpassera le billion de dollars—c’est-à dire 1,000,000,000,000$. Si cette somme était employée pour subvenir aux besoins de la population elle permettrait de créer 10 millions de nouveaux emplois à 60 000$ par année, de fournir une couverture médicale pour tout ceux qui n’en disposent pas encore, de reconstruire la Nouvelle-Orléans et de réparer beaucoup des dégâts causés en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A lui seul le prix de l’occupation de l’Irak est de 400 millions de dollars par jour, soit environ 12 milliards par mois.

La guerre en Irak a tué, blessé ou déplacé près d’un tiers de sa population de 26 millions. Des milliers de soldats états-uniens ont été tués et des milliers d’autres ont subi de graves blessures physiques et psychologiques. Les dirigeants états-uniens qui ont commencé et mené cette guerre criminelle doivent être jugés et emprisonnés pour crimes de guerre.

La guerre en Afghanistan est en train de s’étendre. Robert Gates, le secrétaire à la défense de Bush, qui a conservé son poste auprès du président Obama, a annoncé que le nombre de soldats en Afghanistan pourrait doubler durant les prochains mois. Le vice président Biden et M. Gates ont prédit plus de victimes–ou ce qu’ils appellent dédaigneusement "une augmentation" des pertes–pour la période à venir.

Nous devons aussi agir pour mettre fin à l’aide que les Etats-Unis apportent à la guerre menée par Israël contre le peuple Palestinien. L’administration Bush a aussi donné son feu vert et fourni les armes et l’argent pour la récente guerre d’Israël contre le peuple palestinien à Gaza. Plus de 5000 Palestiniens ont été tués ou blessés, la plupart des victimes de ce massacre sophistiqué étaient des civils, parmi lesquels des centaines d’enfants. Et "nous, le peuple" payons l’addition alors que les Etats-unis apportent chaque année 2,5 milliards de dollars à l’énorme machine militaire israélienne.

La marche sur le Pentagone du 21 mars 2009 sera une occasion cruciale pour faire entendre à la nouvelle administration à Washington la voix du peuple demandant la fin immédiate des guerres et de l’occupation ainsi que la justice économique. Des actions collectives auront lieu sur la côte ouest à San Francisco et à Los Angeles.

Soutenez la marche.
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Visionnez et imprimez des prospectus et des affiches

S’il vous plaît, faites un don qui nous est nécessaire d’urgence.

Vous pouvez contribuer au succès de la marche à venir en faisant à l’instant un don vital et urgent. Nous devons réunir 100 000$ dans les semaines qui précèdent la mobilisation pour payer des tracts, des affiches, des autocollants, des pancartes et pour couvrir les importants frais de scène, de sono, et de transports par bus. lien: Cliquez ici pour faire un don en ligne déductible des impôts sur notre serveur sécurisé, où vous pouvez aussi trouver les informations pour faire un don par chèque. Merci de votre aide – nous ne pouvons pas le faire sans vous!

 

Marche sur le Pentagone le 21 mars 2009
Traduction par Perry pour ReopenNews

Un officier de carrière de l’armée poursuit Cheney et Rumsfeld en justice pour complicité dans le 11/9

April Gallop intente un procès pour non mise en garde des personnes à l’intérieur du Pentagone, malgré la connaissance du danger, ainsi que pour connaissance préalable et complicité dans les attentats terroristes.

Un officier de l’armée qui a été blessé dans l’attaque contre le Pentagone le 11 Septembre poursuit Dick Cheney et Donald Rumsfeld en justice pour ne pas avoir alerté que le vol American Airlines 77 était sur le point de frapper le bâtiment, bien qu’ils aient eu connaissance de son approche quelque 20 minutes à l’avance.

L’officier de l’armée à la retraite April Gallop, une experte habilitée "top secret" qui a commencé à travailler pour le Pentagone en 2000, a également déposé une plainte contre le général de l’US Air Force Richard Myers, qui tenait le rôle de chef d’état-major des armées des États-Unis le 11-Septembre.

Gallop a été assommée lorsque le toit s’est effondré dans son bureau et son bébé de 2 mois a subi une grave lésion cérébrale après avoir subi les conséquences de ce que Gallop décrit comme «deux explosions». Gallop ne pense pas qu’un Boeing 757 ait percuté le bâtiment le 11/9. Elle affirme dans ses chefs d’accusation que l’attaque a été "menée par d’autres moyens, une ou des bombes déposées et/ou un missile», invoquant l’absence de débris d’avion après l’attentat, mais aussi la preuve de la «boîte noire» découverte sur site indiquant que l’avion était passé au-dessus du bâtiment juste avant que la boule de feu ait été observée, ou encore l’absence totale de défense terrestre et aérienne censées protéger le Pentagone.

Le tableau chronologique du 11/9 montre que le NORAD et la FAA étaient au courant que le vol 77 avait été détourné et se dirigeait probablement vers Washington à 9h24, 19 minutes avant que le Pentagone ait été frappé. L’écart entre l’impact du deuxième avion contre le World Trade Center et la frappe contre le Pentagone fut de 40 bonnes minutes.

« La plaignante, ex-G.I., allègue qu’elle a été privée de l’appui du gouvernement depuis lors, car elle a soulevé « des questions douloureuses » au sujet de la défaillance inexplicable de la défense militaire au Pentagone ce jour-là, et surtout de l’échec des fonctionnaires à mettre en garde et évacuer les occupants du bâtiment alors qu’ils savaient que l’attaque était imminente » a dit l’avocat de Gallop, M. William Veale, dans un communiqué de presse.


April Gallop

La plainte accuse Cheney, Rumsfeld et Myers d’avoir mené une conspiration visant à faciliter les attaques, et, sans les nommer, d’autres personnes d’avoir eu une connaissance anticipée des attaques. La déclaration préliminaire des chefs d’accusations affirme que les attaques ont été organisées de manière à « générer un climat politique d’acceptation grâce auquel la nouvelle administration pourrait adopter et mettre en œuvre des changements radicaux dans la politique et la conduite du gouvernement constitutionnel de notre pays. »

Le texte des poursuites énumère une montagne de preuves indiquant que des membres haut placés du cabinet présidentiel ont été complices des attaques, en mettant l’accent non seulement sur le Pentagone, mais également sur la connaissance préalable des attentats et sur l’inconcevable réponse aux détournements des quatre avions de ligne le 11-Septembre.

La texte cite le document stratégique "Projet pour un nouveau siècle américain" comme preuve que les néo-conservateurs influents ont aspiré à "un nouveau Pearl Harbor" afin de stimuler le soutien à un agenda géopolitique décidé à l’avance.

« En permettant à l’attentat de réussir, les accusés et leurs cohortes ont créé les fondements pour une prise de pouvoir exceptionnelle, et un prétexte pour le lancement de la soi-disant guerre mondiale contre le terrorisme, sous couvert de laquelle ils ont été libres de poursuivre des plans de conquête militaire pour "un éventail complet de domination" et "une primauté de l’Amérique" dans le monde; ce qu’ils ont fait », peut-on lire dans les actes d’accusation.

L’avocat William Veale dit que, si le procès passe la motion visant à le rejeter, il pourrait être la clé qui ouvrira une multitude de questions inquiétantes au sujet du 11/9.

« Ce qu’ils ne veulent pas est que le texte soit communiqué avant l’audience », a déclaré William Veale à Raw Story. « Si nous réchappons à leur première motion visant à rejeter ces réclamations, et que nous obtenons le pouvoir d’assignation, alors nous avons une réelle chance d’aller au bout de notre action. Nous avons la loi de notre côté. »

Paul Joseph Watson, Prison Planet.com, Jeudi 18 Décembre 2008

L’article original  propose la retranscription intégrale des actes d’accusation .
Traduction par Guillaume pour ReOpenNews

Guantanamo : la farce continue

Le juge fédéral Richard Leon a ouvert jeudi à Washington une audience devant un tribunal civil au cours de laquelle six détenus de Guantanamo vont pouvoir contester leur détention pour la première fois depuis l’ouverture de la prison américaine début 2002.

Richard Leon, le premier juge à mener à terme une procédure de contestation de la détention (Habeas Corpus) autorisée le 12 juin par la Cour suprême, a néanmoins expliqué aux détenus que la plupart des débats se tiendraient à huis clos entre lui et les avocats, sans public ni détenu, parce que la plupart des éléments à charge présentés par le gouvernement étaient classés "Secret défense"…

Cette première fait suite à l’annonce par le Pentagone, le mardi 21 octobre, de l’abandon de ses accusations contre cinq détenus de Guantanamo après la démission d’un procureur militaire qui s’est déclaré inquiet de la possibilité que l’armée puisse dissimuler des preuves favorables à la défense.

Cependant, le porte-parole du Pentagone M. Gordon a indiqué que le gouvernement n’envisageait de libérer aucun d’entre eux et qu’il relancerait les inculpations "à une date ultérieure". Un peu avant cette annonce, à Londres, l’organisation britannique d’avocats Reprieve représentant notamment Binyam Mohammed, a assuré avoir été informée par l’armée américaine qu’«elle allait à nouveau "l’inculper d’ici un mois, après l’élection présidentielle américaine du 4 novembre."

«Loin d’être une victoire pour M. Mohamed dans sa longue lutte pour la justice, ce n’est rien d’autre que la même farce que Guantanamo», a ajouté dans un communiqué Clive Stafford Smith, un des avocats de l’accusé.

Source : Le Figaro, AFP


Binyam Mohamed

Nous vous proposons ci-dessous la traduction d’un article publié dans la section ‘comment is free‘ du Guardian. L’auteur y dénonce l’attitude de l’Administration américaine vis-à-vis des avocats de Binyam Mohamed qui ont les pires difficultés à récupérer les documents potentiellement favorables à la défense.


Outrage à la Cour

Les autorités américaines ont fait preuve de mépris et de cynisme vis-à-vis de la justice britannique dans le procès de Binyam Mohamed, mais cette attitude ne peut plus durer.

En août, après un examen juridique par la Haute Cour de Justice britannique, le juge Lord Thomas et le juge Lloyd Jones ont statué sur le fait que le gouvernement britannique avait le devoir de rendre publics 42 documents contenant des preuves potentielles pour la défense, concernant la détention et la torture présumée du résident britannique prisonnier à Guantanamo Binyam Mohamed [Note ReOpenNews : Binyam, citoyen éthiopien, a obtenu un visa de réfugié en Grande-Bretagne].

Capturé au Pakistan en avril 2002, Mohamed soutient que la CIA l’a livré au Maroc pour être torturé, puis l’a transféré dans une de ses prisons en Afghanistan, et que les accusations dont il fait l’objet – complicité avec al-Qaïda et implication dans un complot d’attentat à la "bombe sale" – se fondent sur des aveux obtenus sous la torture. L’examen juridique s’est concentré sur l’obtention d’informations relatives à la période s’étalant de juin 2002 à mai 2004, car bien que les autorités américaines aient refusé de fournir des informations sur l’endroit où il était emprisonné, des agents britanniques lui ont rendu visite dans le cadre d’une détention provisoire au Pakistan, et auraient gardé le contact avec les Services de renseignement états-uniens après sa "disparition".

Mardi, j’ai rapporté comment l’administration américaine avait abandonné les charges contre Mohamed (et quatre autres prisonniers) dans leur projet de procès par une commission militaire, et aujourd’hui Mohamed a fait un pas de plus vers la justice quand la Haute Cour s’est de nouveau réunie pour prononcer un nouveau jugement dans son procès.

Suite au jugement initial de la Haute Cour, un jeu du chat et de la souris – transatlantique – s’est mis en place, le département d’État américain concédant aux juges quelques informations minutieusement calibrées de manière à éviter qu’ils n’ordonnent une divulgation complète, et le gouvernement britannique protestant que la publication de ces documents pourrait mettre en péril les relations entre les services secrets britanniques et états-uniens. Quand les Cours de justice américaines sont entrées dans le jeu, exigeant la publication des documents suite à une décision de la Cour Suprême en juin dernier – qui avait accordé aux prisonniers les droits constitutionnels de l’habeas corpus et les avait autorisés à contester les raisons de leur détention – la responsabilité de publier les documents a été laissée au gouvernement américain.

La semaine dernière, la Haute Cour s’est réunie pendant une semaine afin de dresser un tableau à jour du procès de Mohamed dans lequel, comme l’expliquent ses avocats, le juge Lord Thomas a appris que l’administration américaine n’avait fourni « que sept documents à ses avocats, chacun d’eux étant lourdement censuré en violation directe de l’accord conclu entre les deux gouvernements. »

Cet après-midi, le juge Lord Thomas a délivré un jugement sur le refus américain de divulguer les documents, ce qui, malgré ses précautions de langage, ne peut être vu que comme un reproche sévère envers les autorités américaines. L’incrédulité dans le ton employé par le juge –concernant leur intransigeance arrogante et peu communicative – était facilement décelable.

Il a déclaré que la Cour « ne pouvait voir aucune raison rationnelle au refus du gouvernement américain de fournir les documents » aux avocats, ajoutant qu’après avoir bénéficié d’un « délai amplement suffisant » pour les fournir, « le gouvernement des États-Unis n’avait fourni aucune explication » pour son refus de se conformer entièrement à l’accord.

La Cour a reconnu que la situation de Mohamed était désespérée, soulignant qu’on disposait de la « preuve irréfutable » qu’il « souffrait d’une détérioration progressive de sa santé mentale en raison de ses six années de détention sans procès ». Mais elle accepte de repousser à la prochaine audience fédérale aux États-Unis le 30 octobre une décision finale sur le fait d’ordonner ou non au gouvernement britannique de remettre les documents aux avocats de Mohamed, dans l’espoir que le juge Emmet Sullivan, chargé d’examiner la demande d’habeas de Mohamed – et qui a accès à ces 42 documents – sera capable de résoudre ces problèmes en suspens.

Les juges ont néanmoins été clairs sur le fait que si aucune conclusion satisfaisante n’était obtenue, la Haute Cour se réunirait de nouveau pour ordonner une divulgation. Après avoir souligné que la Cour considérait comme significative la conclusion déposée par Dinah Rose selon laquelle le gouvernement américain « cherchait délibérément à éviter la divulgation des 42 documents », la juge Lord Thomas en est venue à la sombre conclusion suivante :

« Nous devons admettre que nous avons trouvé les évènements exposés dans ce jugement profondément troublants. Il faut trouver une conclusion à cette affaire le plus rapidement possible, étant donné les retards et les revirements inexpliqués qui ont eu lieu du côté du gouvernement des États-Unis.»

Par Andy Worthington pour Guardian.co.uk, le 23 octobre 2008.
Traduction Spotless Mind pour ReOpenNews.

 

Le complexe militaro-industriel américain veille

Dans son film La Cabale, [qui a été diffusé le mardi 28 octobre dernier et sera rediffusé le 10 novembre à 3h52] sur France 5, le documentariste Mathieu Verboud revient sur la genèse de la guerre d’Irak et sur la philosophie politique des Etats-Unis, toujours prompts à guerroyer du moment que le business militaro-industriel a à y gagner. Rappelons-nous ce chiffre : durant le XXe siècle, les Etats-Unis ont dépêché des troupes dans près de trente Etats (sans compter les deux guerres mondiales).

C’est avec une image du mémorial du corps des Marines des Etats-Unis, à Washington, que commence ce documentaire. Sur le socle de ce célèbre monument représentant le prise d’Iwo Jiwa, sont inscrits les noms des grandes batailles américaines. Dernier nom gravé : l’Irak. Mais il y a encore de l’espace sur le socle. Beaucoup d’espace. Et les dirigeants de Lockheed, Halliburton, Blackwater peuvent se frotter les mains. Tant que l’on fera vibrer la corde patriotique, nationaliste et revancharde, tant que l’on dira au peuple américain qu’il doit combattre pour la liberté, ils accumuleront les dividendes. Pour comprendre la guerre d’Irak, il faut se rappeler les avertissements que lança en 1961 un certain Eisenhower et, bien avant lui, le général Smedley Butler. Le complexe militaro-industriel veille, les lobbies veillent pendant que tout le monde dort. Mais il y a lobby et lobby et Mathieu Verboud ne tombe pas dans les travers des complotistes.

Sur la guerre d’Irak, on croyait tout savoir. Mathieu Verboud ne nous apprendra rien de nouveau. Son intention est claire : "apprécier les symptômes liés à la guerre d’Irak, à la genèse de cette guerre, puis réfléchir plus largement à l’addiction américaine à la guerre depuis un demi-siècle." Mais il apporte un éclairage nécessaire. Il clarifie. Il dépouille volontairement son film. Choisissant de ne faire intervenir que deux protagonistes – Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain -, et utilisant à bon escient les images d’archives, il nous explique comment et pourquoi la guerre d’Irak a lieu. Pourquoi, quel que soit le nom du prochain locataire de la Maison-Blanche, elle a toutes les chances de continuer, et pourquoi elle peut s’étendre à l’Iran. Désespérant, mais salutaire.

Pour les RDV de l’Agora, Mathieu Verboud répond aux questions d’Olivier Bailly

Agoravox : Avez-vous rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?

Mathieu Verboud : Si l’on entend par difficultés des blocages institutionnels divers et variés, aucune difficulté. La parole sur ces questions-là est assez libre en Amérique. C’est le paradoxe. Des choses extrêmement importantes sont dites. Aujourd’hui, il est admis par tout le monde, y compris par les gens qui étaient partisans de la guerre d’Irak, qu’il y a eu mensonge sur la genèse de cette guerre, mais rien n’embraye derrière. C’est un phénomène qu’on observe partout : des gens disent des choses, on sait que c’est là, mais on regardera plus tard car ce n’est pas encore prêt dans les esprits.

A : Avez-vous rencontré des difficultés pour le diffuser en France ?

MV : On l’avait proposé à une chaîne qui venait d’acheter un autre documentaire américain qui focalisait uniquement sur le Bureau des plans spéciaux et qui, ayant acheté ce film-là, ne pouvait plus acheter le mien. Il a fallu apparemment qu’on insiste auprès de France 5 pour qu’ils le prennent. Evidemment pour eux tout ça est extrêmement mélangé. Entre la guerre d’Irak qui a échoué, l’autoritarisme de Rumsfeld, la folie guerrière, la genèse de la guerre d’Irak… Quand vous arrivez avec une information qui pointe l’aspect très caractéristique et très inédit de la genèse de cette guerre – le film le dit : c’est la première guerre de toute l’histoire des Etats-Unis qui n’apporte rien de positif au pays. Du point de vue négatif au contraire, il n’y a que des recettes -, lorsque vous arrivez avec une information comme celle-là la chaîne dit « très bien on le prend » et comme ils vous sentent en position de force ils vous préviennent : « Attention, ne faites pas un film conspirationniste parce qu’avec ce que vous allez dire-là n’importe quel clampin peut s’autoriser tous les commentaires débiles… » On leur a donc dit qu’on faisait un film sur le complexe militaro-industriel.

A : Vous ne révélez rien, mais vous apportez un éclairage plus large sur la genèse de la guerre d’Irak. N’est-ce pas ce qui a manqué dans les analyses de ce conflit ? On s’est focalisé sur le 11-Septembre, y voyant une cause.

MV : Dès qu’on parle du 11-Septembre, on est forcément toujours amené à répondre à des questions sur les seuls qui sont connus pour travailler en permanence sur le 11-Septembre, c’est-à-dire « les théoriciens du complot ». Malheureusement, on n’entend personne d’autre réfléchir à la question, on ne sait pas ce que font les historiens, par exemple. Je ne me situe pas par rapport à ces gens-là ni par rapport à d’autres, ils posent des questions, comme tout le monde. Je ne révèle rien parce qu’on sait que la genèse de la guerre d’Irak, que l’analyse globale de ce conflit, sous-pondère l’aspect genèse.
Même s’il y avait eu un but de guerre « entendable », la guerre d’Irak aurait probablement été un fiasco, Abou Ghraïb aurait été là et ça aurait suffi à ce que cette guerre ait été une « guerre dégueulasse ». Il se trouve qu’en plus il y a une complication en amont qui explique beaucoup de choses et qui selon moi est très caractéristique, c’est Abou Ghraïb. Ils ont été jusque-là. Abou Ghraïb c’est un drame, un scandale, mais c’est la conclusion d’un état d’esprit et de pratique politique.

Et c’est autrement plus compromettant de créer une guerre à partir de rien que de faire une bavure dans une prison. C’est comme décrire la famille en occultant systématiquement le rôle de la grand-mère. Effectivement, dans ce film, je dis « la grand-mère existe », on me répondra « on le savait ». Eh bien alors pourquoi vous ne le dites pas ! Je ne vais pas reprocher aux autres de ne pas dire ce qu’ils ne disent pas, mais avec ce film j’ai observé deux symptômes : d’abord je pense que la genèse de la guerre d’Irak, à elle toute seule, est un symptôme infiniment plus grave parce que c’est un chaudron dans laquelle on fabrique les guerres.

On ne fabrique pas une nouvelle guerre avec Abou Ghraïb, tandis qu’avec les méthodes qui ont été employées dans toutes les guerres d’Irak on fabrique la matrice de toutes les guerres à venir. Je parle de la guerre qu’on crée sur un coin de table, la guerre sans but, sans intérêt pour le pays, et la guerre éternelle sans aucune définition claire de la victoire. Donc on crée la matrice de la guerre parfaite. Evidemment, on va prendre un moustachu pas sympathique et même particulièrement odieux qui s’appelle Saddam Hussein et, pour peu qu’il y ait eu un attentat quelques jours avant, ça fait l’affaire.

La deuxième chose, c’est qu’il faut toujours dézoomer. On me parle de la guerre d’Irak, moi je préfère parler de la genèse de la guerre que de son déroulement. Ensuite, on me parle de l’appétit des Américains. Là pareil, avant de prononcer un quelconque mot, je dézoome et je me rends compte qu’avant moi il y a une poignée de gens, des conspirationnistes, mais aussi le président Eisenhower qui l’a dit – mais le problème c’est qu’à l’époque d’Eisenhower il n’y avait pas de marketing, pas de Cheney qui était un gamin, c’étaient les années 60. Eisenhower vous dit que c’était déjà là. Puis vous allez voir le personnage principal de votre film qui vous dit que quelqu’un – Smedley Butler en l’occurrence – l’a dit encore vingt ans avant Eisenhower…

Aujourd’hui, des gens vous expliquent à la télévision que l’amiante est dangereux. Ceux qui travaillent sur l’amiante savent que les effets nocifs de l’amiante ont été documentés par la médecine dans les années 10. A la seconde où vous savez ça, cela change tout. Cela signifie que la médecine du travail était complice des entreprises, et maintenant c’est quelque chose qui est reconnu par tout le monde depuis soixante-dix ans.

Les responsabilités sont décuplées à l’instant où vous apprenez que la médecine du travail le savait. Après, il y a un autre problème. Si vous dites « prendre de l’héroïne ce n’est pas bon pour la santé », on va vous répondre « on le sait depuis longtemps, vous n’apportez rien de nouveau ». Effectivement, comme tout le monde le sait et que tout le monde sait qu’on le sait depuis très longtemps, il n’y a rien à dire à tout le monde.

Là, je remarque qu’il y a une chose que l’on sait lorsqu’on va chercher le bouquin sur l’étagère, à savoir que tout a commencé il y a déjà un siècle, mais que chaque jour où l’on en parle on fait semblant de croire que c’est arrivé hier. Non ! Les choses ont une histoire, voilà, et on peut voir dans tel ou tel aspect de la guerre d’Irak des choses nouvelles, comme par exemple la privatisation à outrance des services, ce qui n’existait pas à l’époque d’Eisenhower. En revanche, sortir le bâton dès qu’il y a un problème et taper, ça, ça ne date pas de Dick Cheney.

A : Les néo-conservateurs pêchent-ils par idéologie ou par affairisme ?

MV : Ils sont connus pour prêcher dans les deux domaines. Ils sont connus comme tels par les services secrets américains. C’est le sujet d’un autre film que je prépare. Plusieurs des personnes impliquées dans la guerre d’Irak sont là depuis trente ans et depuis trente ans trafiquent, donnent des coups de tampon illégaux sur les exportations d’armes, jouent de leur influence, la monnaye et parfois sont directement impliqués comme intermédiaires. Ils sont connus y compris pour transmettre des secrets d’Etat à des pays étrangers comme Israël, par exemple.

A : Quel que soit le nom de celui qui s’installera à la Maison-Blanche en novembre prochain, cela ne changera pas grand-chose par rapport au complexe militaro-industriel. Qu’est-ce qui pourrait faire changer la donne ?

MV : Entre le foudre de guerre Reagan et le foudre de guerre Georges W. Bush (je passe sur le père), on a eu Clinton pendant huit ans. Mais, si vous prenez Clinton et Georges Bush père, vous avez ce qu’on appelle des « modérés », des gens plus prudents, plus centristes, plus atlantistes, moins unilatéraux. Le business a prospéré quand même. Ajoutez à cela que les marchands de canons font des affaires y compris en temps de paix…

L’Amérique vend ses armes et, actuellement, ça marche du feu de Dieu, ils vendent de plus en plus. L’armement est également un outil d’entrisme économique. Le complexe militaro-industriel est vraiment au cœur de l’économie américaine. On sait d’ailleurs que globalement l’industrie de l’armement fait beaucoup tourner l’économie, c’est un lieu d’innovation, etc. Il se trouve que les Américains, pour donner un bonus aux accords de paix israélo-arabes des années 70, versent depuis cette époque-là, c’est tout à fait connu, plusieurs milliards de dollars par an en aide militaire gratuite qu’empochent les Israéliens et les Egyptiens.

Comme le disent beaucoup d’intervenants aux Etats-Unis, on peut se demander si cet argent que l’Amérique verse entre autres pays à Israël, en quoi cela a pu modérer Israël, la rassurer et est-ce que ça a pu générer une volonté, tant en Israël qu’aux Etats-Unis, d’aller vers des accords de paix avec les Palestiniens ? Apparemment non.
Il y a un gros aggiornamento qui a actuellement cours aux Etats-Unis à propos du lobby pro-israélien. Le seul problème, c’est que s’en distancier est extrêmement compliqué. La distanciation par rapport à ce lobby est aussi compliquée que de se distancier de la guerre d’Irak ou se distancier du pétrole.

A : Vous évoquez l’Aipac, un lobby pro-israélien très puissant auquel tous les politiques, démocrates comme républicains, font allégeance.

MV : Un jour un congressiste a dit : « imaginez la puissance du lobby du bois lorsque vous êtes à Seattle, dans l’Etat de Washington. Vous êtes dans un Etat où si vous êtes contre le lobby du bois vous êtes mort politiquement. L’Aipac, c’est l’équivalent du lobby du bois, mais à l’échelon du pays. Les ministres reculent devant l’Aipac. L’Aipac fait atteindre aux motions qui défendent Israël au Congrès des scores brejnéviens. L’Aipac est légendairement connu à Washington.

Son patron politique vient de se faire arrêter pour espionnage au profit d’Israël, c’est l’affaire Franklin, un ancien collaborateur de Doug Feith, qui a donné des documents sur le programme nucléaire iranien à l’Aipac qui les a immédiatement transmis au Mossad à Washington. Tous les protagonistes ont été arrêtés et le directeur exécutif de l’Aipac, connu comme le loup blanc à Washington, Steve Rosen est actuellement au trou pour avoir transmis des informations à Israël, le collaborateur de Douglas Feith est au trou également pour les mêmes raisons. Le procès qui devait commencer il y a un an, que je devais filmer il y a six mois en est à son neuvième ajournement. C’est le procès impossible. La défense veut faire citer à la barre Cheney, Condee Rice, etc.

Il se trouve que l’adjoint de Douglas Feith, Franklin, l’homme qui a fourni à l’Aipac les documents sur le programme nucléaire iranien qu’il avait dans son coffre au Pentagone, est parti pour douze ans en tôle. Certains m’ont dit qu’il était sorti alors que d’autres m’ont affirmé que non, il est bien en tôle ! Vous allez sur internet et vous ne savez pas si cet espion est en tôle ou pas ! Ce procès a terriblement gêné les grands médias parce qu’il exposait au grand jour la réalité de l’Aipac et c’est là où l’on voit ressortir un magnifique article de Seymour Hersch qui, un an avant son arrestation, avait rencontré le patron de l’Aipac et lui avait demandé comment fonctionnait l’Aipac, qu’est-ce qu’on y faisait, etc. Et le patron de l’Aipac lui avait répondu : « l’Aipac est comme une fleur vénéneuse : elle vit la nuit et se couche au petit matin ».

Des bouquins décrivent les membres de l’Aipac qui au moment d’une résolution se pointent juste dans les couloirs, ouvrent une porte où des gens sont en train de voter, passent leur tête à la porte. Dix, vingt personnes dans la salle savent ce qui se passe : le lobby est passé, il est temps de bien voter. Ils disent tous : si on se met contre ce lobby on se suicide politiquement.

L’Aipac est considéré par les congressistes américains comme le deuxième lobby le plus puissant des Etats-Unis après le lobby des personnes âgées. Et le troisième est le lobby des armes.

A : Eh bien justement, terminons sur une personne âgée, le sénateur Robert Byrd, seule voix discordante au Congrès à propos de la guerre d’Irak. A-t-il dit tout haut ce que tout le monde aux Etats-Unis pense tout bas ?

MV : Je vais vous raconter une anecdote tirée du film The Israël lobby de la réalisatrice néerlandaise Marije Meerman : dans ce film, un historien anglais, Juif, critique vis-à-vis d’Israël, témoigne. Un jour cet historien, Tony Judt est à Paris. Il est avec un congressiste américain qui tient des propos sur le conflit israélo-palestinien qui lui semblent assez sensés. Il lui dit « je suis d’accord avec ce que vous racontez, vous avez une position équilibrée, il me semble que c’est quelque chose que vous ne racontez nulle part en Amérique publiquement ». Le congressiste opine. Et Tony Judt qui n’est pas dupe lui demande « Est-ce que vous faites ça parce que vous avez peur de perdre votre vote juif ? »

Le type sourit et lui répond : « Je viens d’une circonscription du Middle-West, je n’ai quasiment aucun Juif dans ma circonscription et de toute façon ils votent tous pour moi, donc je n’ai aucun risque de perdre des électeurs Juifs en disant publiquement ce que je pense du conflit israélo-palestinien. En revanche, si je le dis, la rétorsion viendra plus tard, elle ne sera pas forcément orchestrée dans le lobby, mais mes collègues en ont tellement peur que tout autre projet, toute autre requête ou résolution que je mettrais aux voix au Congrès à l’avenir seront systématiquement bloqués. Ça serait un suicide politique ».

Robert Byrd est trop vieux. Au pire, il fait encore un mandat, mais il est hors d’atteinte. C’est par ailleurs un personnage paradoxal puisque c’est un ancien membre du Ku Klux Klan…

Robert Byrd dit-il tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Quand vous avez une terreur collective, il y a une peur collective des uns des autres, du côté maccarthyste de l’administration Bush. S’opposer à la guerre c’est passer pour un anti-patriote, s’opposer à la guerre après le 11-Septembre c’est passer en plus pour un con, et derrière si vous rajoutez que le lobby vous guette en disant manque de pot, sur cette équation-là il y a l’ingrédient Israël, si vous votez contre c’est que vous êtes des traîtres… Pourquoi Obama à l’époque dit qu’il est contre la guerre ? Parce qu’il est encore trop petit, il peut encore se permettre de le dire. Dès que vous passez l’échelon au-dessus jamais vous n’allez prendre la position du maverick comme dirait McCain, du franc-tireur.

A : Quels sont les rapports entre l’Aipac et Israël ? Car, après tout, l’Aipac n’est pas Israël…

MV : Ce n’est pas une courroie de transmission organique, c’est-à-dire qu’il n’est pas mandaté par l’Etat israélien. Imaginons que vous êtes un chanteur et que vous avez un club de fans. C’est pareil. Il n’est pas mandaté par vous, il peut même vous irriter. On sait qu’il y a des chanteurs qui ont douze clubs de fans et qui sont irrités par tel ou tel club de fans qui fait des trucs qui ne leur plaisent pas. Bon, voilà, c’est un club de fans auto-constitué qui rend malgré tout énormément de services au gouvernement israélien.

Sharon a sorti un jour une boutade : "Américains si vous voulez aider Israël, aidez l’Aipac !" Il se trouve que l’Aipac a fait une OPA. Il y a une chose très particulière en Amérique : il y a des milliers d’associations juives ou pro-israéliennes et l’Aipac n’est que l’une d’entre elles. Mais elle a pris un virage à droite et a mobilisé le débat sur un aspect très particulier qui est la politique étrangère américaine. Grosso modo vous pouvez être dans une association juive non politisée, qui n’affiche pas de position politique ni démocrate ni républicaine aux Etats-Unis, ni Likoud ni travailliste en Israël, mais à un moment donné, si par exemple il y a un pépin dans le monde avec Israël, vous allez vous en remettre à la ligne politique décidée par l’Aipac parce qu’il n’y a plus qu’elle qui se voit en Amérique…

Les deux questions qui suivent (ainsi que les réponses, bien sûr) ont été rédigées par Matthieu Verboud lui-même. Il les destinait au site web de France 5 qui a omis de les y faire figurer. Nous remercions Matthieu Verboud de nous autoriser à les reproduire.

Pourquoi ce film ?

Parce que l’heure est, une fois encore, à la guerre. Irak, Afghanistan, Georgie, demain peut-être l’Iran… Parce que les experts de ces questions évoquent aujourd’hui, non sans réelles inquiétudes, des perspectives tout simplement terrifiantes : Troisième Guerre mondiale, risque d’embrasement nucléaire, tout ça sur fond de reprise possible de la guerre froide. A chaque fois, les Etats-Unis sont au centre de l’équation. On ne le dit jamais parce qu’on l’ignore, mais ce pays représente aujourd’hui 75 % des dépenses militaires de la planète ! Ça fait beaucoup pour un seul pays, un pays qui ne représente que 5 % de la population mondiale. Bien sûr, l’Histoire témoigne que de tous les grands empires de l’Histoire, l’empire américain est sans conteste le plus démocratique, le moins barbare. Et pourtant, en un peu plus d’un siècle (guerres mondiales mises à part), les États-Unis ont fait peser le poids de leurs interventions militaires aux quatre coins du globe. Depuis cinquante ans, date de l’émergence du complexe militaro-industriel, le nombre d’interventions américaines dans le monde a tout simplement doublé par rapport au demi-siècle précédent ! Bien sûr, il ne s’agit-là que d’un chiffre grossier dans la mesure où le complexe militaro-industriel fait des affaires même en temps de paix, mais il témoigne néanmoins des perspectives colossales que les États-Unis offrent historiquement à leurs marchands de canons. Pour mémoire, le coût des opérations militaires américaines depuis le 11-Septembre avoisine désormais celui de la guerre de Corée.

En quoi la guerre d’Irak constitue un cas d’école ?

Parce que comme le disent nos personnages, elle incarne la guerre de l’avenir : la guerre sans fin, sans vainqueur, sans claire définition de la victoire, la guerre éternelle. Et aussi parce qu’en attaquant une seconde fois l’Irak en 2003, les Etats-Unis attaquaient un pays dont ils savaient eux-mêmes au-delà de tout doute possible qu’il ne constituait plus, et depuis longtemps, une quelconque menace militaire. L’un de nos deux personnages, le lieutenant colonel Karen Kwiatkowski, le raconte : dans les douze ans qui séparent les deux guerres d’Irak, les Américains et les Anglais ont lancé plus de bombes sur ce pays que sur le Vietnam ! Au fil des ans, la US Air Force en était à vider ses munitions sur des rochers. Il ne restait plus que ça à viser. Quelles que soient les raisons de se réjouir que l’on pouvait avoir à l’époque en voyant une démocratie chasser un dictateur sanguinaire du pouvoir, partir en guerre sur de telles prémices était un mensonge fait au monde, mais aussi un crime majeur contre la Constitution des Etats-Unis.

Par Olivier Bailly pour Agoravox, le mardi 28 octobre 2008

Un mystérieux avion blanc au-dessus de la Maison-Blanche le 11 Septembre

Saurons-nous un jour quel était ce mystérieux avion blanc de type Boeing 747 qui a survolé Washington aux alentours de 10h du matin le 11 septembre 2001 ? Les images de l’époque, prises par CNN, montrent certaines particularités faisant penser au fameux "Doomsday Plane", l’avion de la "Fin du Monde" prévu pour servir de centre mobile de commandement de l’armée américaine, en cas d’attaque nucléaire.

 

Les journalistes ont mené eux-mêmes l’enquête et relevé les détails caractéristiques de cet avion, ceux qui le distinguent d’un 747 normal. Pourtant, comme on le voit dans la vidéo, la Commission d’Enquête sur le 11/09 a décidé que cela n’avait rien à voir avec les événements du Pentagone. Son Président s’entête à nier l’évidence. Comme le rappelle le député européen Giulietto Chiesa dans son interview à l’émission Le Storie

Giulietto Chiesa : "L’important, c’est par exemple que personne ne nous ait dit qu’au moment précis où ce soi-disant avion percutait le Pentagone,un autre avion blanc survolait la Maison-Blanche, un quadrimoteur nommé "doomsdays plane", le fameux avion "de la fin du monde", avec lequel le Pentagone peut commander la défense en cas d’attaque nucléaire. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la CNN, qui a diffusé 6 ans après les images de cet avion survolant la Maison-Blanche. Et CNN ajoute ne pas comprendre comment le Président de la Commission peut déclarer 6 ans après les faits :"Oui, nous en avons entendu parler…"

On peut ne pas être convaincu par le trou dans le mur du Pentagone, par l’effondrement des trois Tours du World Trade Center, par les restes du 4e avion à Shanksville, mais comment peut-on se satisfaire de ce silence des autorités américaines sur un point aussi crucial ? Comment Lee Hamilton peut-il balayer ces faits de son petit rire moqueur, sans apporter le moindre argument, en tentant de ridiculiser ceux qui veulent simplement savoir ?

Au nom des victimes du 11/9 et de celles des guerres illégales qui s’en sont suivies en Irak et en Afghanistan, n’a-t-on pas enfin le droit de connaître la vérité, sept ans après la tragédie ?

Informez-vous et signez la pétition pour une nouvelle enquête sur le 11 Septembre.

GéantVert pour ReOpen911

 

Dans « La Terreur Fabriquée»  Webster Tarpley signale d’autres incendies à Washington le 11/09

Véritable réquisitoire contre la version officielle sur le 11/09, l’ouvrage de Webster Tarpley intitulé "La Terreur Fabriquée Made in USA" regorge d’informations oubliées ou étouffées depuis les événements de 2001. Par exemple page 356, on trouve un autre chapitre mentionnant des explosions et des incendies à Washington le matin du 11 septembre 2001.

Afin d’illustrer les propos de Webster Tarpley, nous vous proposons (en fin d’article) le reportage en direct de la télévision Arte datant du 11 septembre 2001, dans lequel les journalistes parlent de 2 explosions au Pentagone avant que l’"avion" ne le percute, et d’un incendie au Département d’État, non loin de la Maison-Blanche. On distingue aussi dans ce clip vidéo le mystérieux "avion blanc" en train de survoler Washington, au-dessus d’une population affolée. CNN reconnaitra seulement en 2007 qu’il s’agissait de l’avion "Dooms Day", véritable Centre de commandement mobile de l’armée américaine, prévu pour un cas de conflit nucléaire.


Webster Tarpley: La Terreur Fabriquée Made in USA.

(page 356)

[...] Il faut également prendre en compte certains incidents révélateurs supplémentaires, qui disparurent rapidement des comptes rendus des événements parce qu’ils mettaient mal à l’aise les tenants de la version officielle. Le premier fut un incendie dans le bâtiment Eisenhower (OEOB) où se trouvent les bureaux du Conseil national de sécurité. Ce bâtiment fait partie intégrante du complexe de la Maison-Blanche ; on y trouvait les bureaux de personnages tels que Condoleezza Rice, Stephen Hadley, Elliot Abrams et d’autres. La chaîne de télévision ABC retransmit en direct l’incendie de l’OEOB le 11 Septembre à 9 h 42 heure locale (Meyssan, p. 2002). Il y eut un autre incident, une voiture piégée au Département d’État : « Lisa me glissa un mot : “CNN parle d’une voiture piégée au Département d’État. Incendie sur le Mall près du Capitole” » (Clarke, p. 9). Selon une autre source : «À 10 h 20, on nous annonça qu’une énorme camionnette piégée avait explosé à côté du Département d’État à Washington. Ce n’était pas vrai mais, une fois de plus, cela changeait la donne » (Daily Telegraph, 16 décembre 2001). L’incendie sur le Mall près du Capitole est encore un incident de plus. Clarke se souvient également avoir reçu un rapport : « Il y a eu une explosion dans le parking du Pentagone, peut-être une voiture piégée» (Clarke, p. 7).

 

Si nous mettons tous ces incidents bout à bout, sans oublier la menace d’attentat contre Bush dans la matinée, nous voyons que l’étendue du complot du 11 Septembre était à la fois plus vaste et plus complexe que ce que montrent les actes spectaculaires de terrorisme fabriqué auxquels le monde assista ce jour-là.

 


Note ReOpenNews: Pour en savoir plus, lisez l’ouvrage de Webster Tarpley "La Terreur Fabriquée – Made in USA" aux éditions Demi-Lune, et regardez l’Interview en vidéo de Webster Tarpley :« La guerre au terrorisme est un mythe. »
Webster Tarpley, historien et journaliste états-unien, travaille sur les formes modernes d’ingérence, en particulier sur l’exploitation de la menace terroriste. « On ne peut pas comprendre la politique actuelle des États-Unis si l’on mésestime la portée réelle du 11 Septembre. Les attentats du 11 Septembre ont été un coup d’État. La guerre contre le terrorisme est basée sur un mythe et est devenue une religion d’État obligatoire depuis ces événements. La seule façon de lutter contre les néo-conservateurs est de détruire ce mythe. L’ouverture d’une commission de vérité comme celle de Russell-Sartre lors de la guerre du Vietnam pourrait contribuer à le détruire. »

Des Exercices militaires ont-ils facilité l’attaque du 11 Septembre sur le Pentagone ?

Depuis le 11 Septembre, de nombreux auteurs et chercheurs ont attiré l’attention sur les exercices effectués ou préparés par les militaires américains ou des agences gouvernementales lors des attentats du 11 Septembre. Ces exercices portent des noms tels que Vigilant Guardian, Global Guardian, Timely Alert II et Tripod et la question s’est posée de savoir quelle connexion aurait pu exister ce matin-là entre les exercices et les événements du monde réel.[1] Par Matthew Everett pour 911Truth.org

Un bombardier B2 pendant les operations Global Guardian

Des exercices accomplis avant le 11 Septembre et ayant souvent une ressemblance étrange avec les attentats avaient déjà attiré l’attention. Par exemple, peu après le 11 Septembre, le New Yorker rapportait que « durant ces dernières années, le gouvernement a régulièrement planifié et simulé des attentats terroristes, y compris des scénarios faisant intervenir le piratage de plusieurs avions ».[2] USA Today relatait que « pendant les deux années précédant les attentats du 11 Septembre, le commandement de la Défense Aérospatiale Nord Américaine a effectué des exercices simulant … des avions de ligne détournés et employés comme armes en s’écrasant sur des cibles afin de causer une catastrophe collective. Une des cibles considérées était le World Trade Center".[3]

Comme je vais le démontrer dans cet article, des exercices ont aussi eu lieu, dont la ressemblance avec l’attentat du Pentagone est à vous glacer le sang. Je vais examiner des indices qui suggèrent que le Pentagone avait prévu un tel exercice d’entraînement pour le matin même du 11 Septembre. Je finirai en examinant brièvement les implications possibles de ces exercices en étudiant notamment s’ils pourraient avoir aidé à faciliter l’attaque sur le Pentagone.

EXERCICES ANTÉRIEURS AU 11 SEPTEMBRE BASÉS SUR UN AVION S’ECRASANT SUR LE PENTAGONE

Après le 11 Septembre, des membres de l’Administration Bush ont proclamé que personne n’avait auparavant envisagé le type d’attentats qui ont eu lieu ce jour-là. Par exemple, Condoleezza Rice a dit: « Je ne pense pas que qui que ce soit aurait pu prévoir que ces gens prendraient un avion pour l’envoyer s’écraser sur le World Trade Center, en prendrait un autre pour l’écraser sur le Pentagone; qu’ils essaieraient d’employer un avion comme un missile, un avion piraté comme un missile. » [4] Cependant ces affirmations étaient totalement fausses. En plus de l’exercice impliquant le crash simulé d’un avion sur le World Trade Center, il y a eu durant les 12 mois précédant le 11 Septembre au moins trois exercices basés sur un avion frappant le Pentagone.

Le premier de ceux-ci a eu lieu vers la fin du mois d’octobre 2000. Dans la salle de conférence du Bureau du Secrétaire de la Défense, des stratèges militaires ont simulé un exercice «  catastrophe » au Pentagone qui avait pour thème la collision d’un avion commercial sur le Pentagone, avec 341 victimes. Cet exercice a été décrit pour la première fois dans un journal militaire au cours d’un reportage au sujet duquel le Daily Mirror déclara par la suite qu’il se « lit comme un rapport de ce qui s’est effectivement produit le 11 Septembre. » [5]

Un exercice similaire s’est déroulé en mai 2001. Comme l’a rapporté plus tard le journal U.S. Medicine, la réponse du Département de la Défense aux attentats du 11 Septembre « a été aidée par le fait que le personnel du département médical avait pratiqué un exercice de simulation en mai 2001 avec un avion de ligne 757 s’écrasant sur le Pentagone ». [6] Les cliniques DiLorenzo Tricare Health Clinic et Air Force Flight Medicine Clinic, toutes deux situées dans le Pentagone, y ont participé. Les docteurs James Geiling et John Baxter ont déclaré par la suite que ces exercices les avaient bien préparés à répondre à l’attentat du Pentagone le 11 Septembre.[7]

Se rapportant vraisemblablement aux deux exercices décrits ci-dessus, le lieutenant-colonel John Felicio, commandant adjoint pour l’administration de la DiLorenzo Tricare Health Clinic a dit: « La grâce salvatrice de nos efforts [du 11 Septembre] furent les deux exercices MASCALS (acronyme pour Mass-Casualty, soit dommages massifs, autrement dit, une catastrophe produisant des victimes en surnombre – NdT) que nous avions effectués auparavant avec la hiérarchie et le personnel de la clinique. Vous savez que c’était presque surnaturel. Le scénario que nous avions pour ces MASCALS était très similaire à ce qui s’est effectivement produit. Notre scénario pour les deux MASCALS, était un avion qui s’écrasait dans la cour du Pentagone. » [8]

Le troisième exercice s’est déroulé en août 2001, seulement un mois avant le 11 Septembre. C’était un autre exercice de MASCAL, toujours au Pentagone, et qui impliquait une évacuation du bâtiment. Selon le général Lance Lord, commandant du Centre de commandement de l’espace aérien, « le scénario pour cet exercice comprenait un avion percutant le bâtiment. »[9]

UN EXERCICE D’AVION DANS LE PENTAGONE ETAIT-IL PROGRAMME POUR LE 11 SEPTEMBRE?

On peut voir que les exercices d’entraînement du Pentagone avant le 11 Septembre faisaient souvent appel à des simulations de « crash » d’avions sur le bâtiment. Mais est-ce qu’un autre exercice semblable aurait pu être programmé pour le matin du 11 Septembre? Divers indices montrent que cela a pu être le cas. L’existence d’un tel exercice n’a jamais été annoncée explicitement, sans doute parce qu’il a été classé « secret-défense ». En fait, prétendument en raison d’un « état d’urgence nationale » décrété par le Président Bush en réponse aux attentats du 11 Septembre, le Secrétaire adjoint à la Défense d’alors, Paul Wolfowitz, a publié une note explicative à l’adresse des hauts fonctionnaires du Département de la Défense (DoD) en octobre 2001, demandant un niveau de secret particulièrement élevé. Il a demandé instamment que les employés du DoD, aussi bien que les personnes d’autres organisations le soutenant, se montrent très prudents en discutant d’informations liées au travail du DoD, indépendamment de leurs fonctions : « Ne tenez aucune conversation liée au travail dans des espaces communs, des lieux publics, dans les transports ou sur des circuits électroniques non sécurisés. Les informations classifiées ne peuvent être discutées que dans les espaces autorisés et avec des personnes ayant un besoin spécifique et le niveau de sécurité adéquat. Les informations non secrètes pourraient de même nécessiter une protection parce qu’elles peuvent souvent être exploitées pour révéler des conclusions délicates. Une grande partie de l’information que nous employons pour conduire les opérations du DoD est trop sensible pour être divulguée au public. En cas de doute, ne révélez ou ne discutez d’informations officielles qu’avec d’autres membres du personnel du DoD. »[10]

En dépit du secret, la combinaison des indices que je résume ci-dessous suggère qu’un exercice d’entraînement devait avoir lieu le 11 Septembre, basé sur un avion s’écrasant sur le Pentagone :

i) Le capitaine Charles Leidig junior avait assuré des fonctions de suppléant au Centre de commandement du Directorat J3 seulement deux mois avant le 11 Septembre. En août 2001, il avait accédé au rang de « sentinelle », en tant que directeur adjoint pour les Opérations au Centre National du Commandement Militaire (NMCC), qui se trouve au Pentagone. La veille du 11 Septembre, le Général de brigade W. Montague Winfield, directeur adjoint pour les opérations au NMCC, a demandé que Leidig effectue une partie de son service le 11 Septembre. Ainsi, entre 8:30 et environ 10:30 ce matin (c’est-à-dire pendant pratiquement toute la durée des attentats), un officier de remplacement était responsable de tenir une "Conférence sur Evénement Important" (par la suite promue au rang de "Conférence sur Menace Aérienne") en réponse aux attentats en train de se produire. [11] Rien d’autre n’a été dit pour expliquer comment ou pourquoi cette situation s’est produite. Mais la raison aurait-elle pu être (ou au moins l’excuse donnée) que Leidig avait besoin d’acquérir de l’expérience comme directeur-adjoint pour les opérations en assumant ce rôle pendant un exercice d’entraînement ?

ii) Les rapports de certains membres de l’équipe médicale du Pentagone suggèrent qu’ils se préparaient pour un exercice MASCAL (victimes en surnombre) le matin du 11 Septembre. Par exemple le Sergent Matthew Rosenberg, un médecin à la clinique DiLorenzo Tricare Health Clinic, raconte : « Nous avions pratiquement complété notre plan MASCAL. ? Croyez-le ou pas, le jour avant l’incident j’étais justement au téléphone avec le FBI et nous nous interrogions sur ‘’qui a le commandement si ceci doit se produire, qui a la juridiction médicale, qui fait ceci, qui fait cela’’ et on en a parlé encore et encore, et cela m’a beaucoup aidé. Et alors le lendemain, pendant l’incident, je l’ai vu en personne. Il était là dehors pour l’incident ce jour-là. » [12] Selon le major Lorie A. Brown, infirmière en chef au DiLorenzo Tricare Health Clinic le matin du 11 Septembre, « Nous avions alors notre équipement MASCAL hors des zones de stockage pour cause d’inventaire. Ainsi, il y a eu beaucoup de pièces qui se sont mises en place et tout a très bien marché ce jour-là. C’était simplement fortuit. C’était vraiment étonnant la manière dont les choses se sont produites. » [13]
Comme je l’ai décrit ci-dessus trois exercices du Pentagone comprenaient la simulation d’un crash d’avion sur le bâtiment. Et tôt le matin du 11 Septembre, Matthew Rosenberg était censé être « en bas dans le corridor 8 » du Pentagone, « satisfait d’avoir droit à une heure entière pour étudier un nouveau plan d’urgence de désastre médical basé sur le scénario improbable d’un avion s’écrasant à cet endroit. »[14]. Était-il en train d’étudier la préparation d’un exercice devant avoir lieu plus tard le même jour ?

iii) Au moins deux bases de l’armée situées à proximité du Pentagone effectuaient des entraînements le matin du 11 Septembre, sur le thème d’attaques terroristes ou de chutes d’avions. Au Fort Belvoir, à une vingtaine de kilomètres au sud du Pentagone, elles effectuaient un exercice de contrôle de garnison avec pour but de « tester la sécurité de la base en cas d’attaque terroriste. »[15] Au Centre éducatif de Fort Myer, une base de l’armée située à 2,5 km au nord-ouest du Pentagone, les sapeurs-pompiers suivaient ce qui a été décrit comme une « leçon de rafraîchissement sur les accidents d’avion » et un « cours d’une semaine sur la lutte contre le feu sur les terrains d’aviation. » [16]

Selon le major Don Arias, le dirigeant des affaires publiques du NORAD, « c’est une pratique courante quand nous avons des exercices que d’en tirer un profit maximum. Ainsi parfois nous avons plusieurs organisations qui participent au même exercice pour des raisons différentes. » [17] Cet exercice antiterroriste au Fort Belvoir aurait-il pu être programmé pour faire partie d’un exercice plus important au Pentagone voisin, et cette « leçon de rafraîchissement pour les accidents d’avion » au Fort Myer aurait-elle pu avoir été programmée comme une partie d’un exercice impliquant un avion s’écrasant sur le Pentagone? Après tout, c’est bien le Département du Feu de Fort Myer qui est responsable des opérations de la caserne de pompiers à l’héliport du Pentagone, juste à 50 m de l’endroit où le bâtiment a été percuté le 11 Septembre. [18]

LA SIGNIFICATION DES EXERCICES D’ENTRAÎNEMENT

Quelle est la signification de ces exercices d’entraînement ? Est-ce seulement par coïncidence qu’au moins trois exercices ont été effectués l’année du 11 Septembre, basés sur le scénario d’un avion s’écrasant sur le Pentagone? Si un autre exercice d’avion sur le Pentagone était prévu pour le 11 Septembre, est-ce seulement une autre coïncidence encore plus grande ?

Plusieurs auteurs ont suggéré un rôle plus sinistre joué par les exercices d’entraînement similaires aux événements du monde réel. Ils croient que de tels exercices se produisant pendant ou avant un attentat peuvent indiquer qu’un groupe criminel à l’intérieur du gouvernement ou de l’armée en est responsable. Selon l’auteur Webster Tarpley: « Les exercices du personnel ou de la hiérarchie sont parfaits pour un réseau incontrôlé qui est forcé de mener ses opérations en utilisant les mêmes communications et les mêmes ordinateurs que d’autres officiers qui ne sont pas nécessairement partie prenante dans l’opération illégale, le Coup d’État ou la provocation, selon ce qu’il en est. Un officier putschiste [c'est-à-dire un officier incontrôlé] peut très bien être en train de travailler à une console à côté d’un autre officier qui n’est pas sur le coup, et qui pourrait en effet s’y opposer s’il était au courant. Le comportement du putschiste est suspect : que diable peut-il bien faire ? L’officier loyal jette un coup d’œil et questionne le putschiste à ce propos. Le putschiste mentionne une manœuvre du personnel pour lequel il fait des préparatifs. L’officier loyal en conclut que les activités du putschiste font partie d’une manœuvre militaire reconnue officiellement, et ses soupçons sont apaisés. Le putschiste peut même expliquer que la participation à l’exercice du personnel nécessite une autorisation à un niveau de sécurité spécial dont l’officier loyal ne dispose pas. La conversation se termine, et le putschiste peut continuer son travail de traître » [19]

Paul Joseph Watson et Alex Jones ont écrit : « L’exercice remplit plusieurs buts différents. Il sert de couverture pour que de petits groupes compartimentés de terroristes gouvernementaux puissent mener à bien leurs opérations sans que le plus grand service de sécurité se rende compte de ce qu’ils font, et d’une manière plus importante, s’ils se font prendre pendant ou après l’attentat avec n’importe quel fait compromettant, il leur suffit de prétendre qu’ils ne faisaient que participer à un exercice. » [20]

Clairement, les exercices de crash d’avion sur le Pentagone, et la possibilité que d’autres exercices similaires aient été programmés pour le 11 Septembre, soulèvent de sérieuses questions. Vu leur similitude avec les attaques réelles, la question de savoir s’ils ont sournoisement rempli les objectifs malveillants décrits ci-dessus doit être approfondie. Pourtant, le rapport de la Commission sur le 11 Septembre ne mentionne pas les trois exercices du Pentagone d’avant le 11 Septembre, et omet de considérer la possibilité d’un exercice similaire ayant lieu le jour même du 11 Septembre. C’est une preuve de plus que, cinq ans après l’événement, nous avons encore grand besoin d’une enquête sérieuse sur les attentats du 11 Septembre.

=== Fin  ===

Matthew Everett a écrit deux articles importants au sujet de la complicité du gouvernement des U.S.A. dans les événements du 11 Septembre pour le Journal of Psychohistory, et a aussi contribué à la Chronologie Complète du 11 Septembre [de Paul Thompson – NdT].

Traduction de Perry pour ReOpenNews


NOTES
[1] For a comprehensive list of 9/11-related training exercises, including those taking place on September 11 itself, see the "Military Exercises Up to 9/11" page of Paul Thompson’s Complete 911 Timeline:
 
[2] "September 11, 2001." The New Yorker, September 24, 2001.
 
[3] Steven Komarow and Tom Squitieri, "NORAD had drills of jets as weapons." USA Today, April 18, 2004.
 
[4] "National Security Advisor Holds Press Briefing." Office of the Press Secretary, May 16, 2002.
 
[5] Dennis Ryan, "Contingency Planning: Pentagon MASCAL Exercise Simulates Scenarios in Preparing for Emergencies." MDW News Service, November 3, 2000.
http://www.mdw.army.mil/content/anmviewer.asp?a=290; Andy Lines, "Pentagon Chiefs Planned for Jet Attack." Daily Mirror, May 24, 2002.
 
[6] "Crisis Response Puts Agencies On Path To Better Coordination." U.S. Medicine, January 2002.
 
[7] Matt Mientka, "Pentagon Medics Trained For Strike." U.S. Medicine, October 2001.
 
[8] Soldiers to the Rescue: The Medical Response to the Pentagon Attack. Washington, D.C.: Office of Medical History, September 2004, p. 18.
 
[9] Gen. Lance Lord, "A year ago, a lifetime ago." The Beam, September 13, 2002.
 
[10]Paul Wolfowitz, Memorandum for Secretaries of the Military Departments, et al., "Operations Security Throughout the Department of Defense." Department of Defense, October 18, 2001.
 
[11] "Statement of Capt. Charles J. Leidig, Jr. Commandant of Midshipmen United States Naval Academy Before the National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States." June 17, 2004.
http://www.9-11commission.gov/hearings/hearing12/leidig_statement.pdf; National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States, Twelfth Public Hearing, June 17, 2004.
 
[12] Soldiers to the Rescue: The Medical Response to the Pentagon Attack, p. 39.
 
[13] Ibid., p. 7.
 
[14] David Maraniss, "September 11, 2001: Steve Miller Ate a Scone, Sheila Moody Did Paperwork, Edmund Glazer Boarded a Plane: Portrait of a Day That Began in Routine and Ended in Ashes." Washington Post, September 16, 2001.
 
[15] Chuck Hagee, "An Engineer’s Expertise Joins a Firefighter’s Nightmare." The Connection Newspapers, September 5, 2002.
 
[16] Alan Wallace, "A Fire Fighter’s Story." First Due News, April 17, 2003.
http://web.archive.org/web/20030417074321/http://www.oapff.com/first-due.htm; Spc. Jennifer Lilly and Chris Walz, "Local heroes: FMMC fire department reflects on attacks." Pentagram, November 2, 2001.
http://www.dcmilitary.com/army/pentagram/6_44/local_news/11746-1.html; Michael J. Ward, "Attack on the Pentagon: The initial fire & EMS response." JEMS, April 2002.
 
[17] Quoted in Michael C. Ruppert, Crossing the Rubicon: The Decline of the American Empire at the End of the Age of Oil. Gabriola Island: New Society Publishers, 2004, p. 367.
 
[18] "After-Action Report on the Response to the September 11 Terrorist Attack on the Pentagon." Arlington County, July 2002, p. A-20.
http://www.arlingtonva.us/departments/Fire/edu/about/FireEduAboutAfterReport.aspx; Stephen Murphy, "ARFF Crews Respond to the Front Line at Pentagon." NFPA Journal, November 1, 2001.
 
[19] Webster Griffin Tarpley, 9/11 Synthetic Terror: Made in USA. Joshua Tree: Progressive Press, 2005, pp. 204-205.
 
[20] Paul Joseph Watson and Alex Jones, "London Underground Bombing ‘Exercises’ Took Place at Same Time as Real Attack: Culpability cover scenario echoes 9/11 wargames." Prison Planet, July 13, 2005.

Les attentats du 11 Septembre : un alibi pour sortir du traité ABM ?

par RAG pour ReOpen911.info, le 04 août 2008

En 2000, les futurs conseillers de l’administration Bush II, réunis au sein du groupe de réflexion « Project for the New American Century » (PNAC) rendent un rapport intitulé « Reconstruire les Défenses de l’Amérique ». Ce projet décrit la stratégie des forces armées américaines nécessaires pour la « Pax Americana ». Leur ambition est de créer une armée spatiale et de poursuivre le développement du bouclier anti-missiles afin d’établir l’hégémonie des Etats-Unis.

 

Albert Wohlstetter (1913-1997) était professeur à l’université de Chicago et conseiller de la Rand Corporation. Il fut l’inspirateur du néo-conservatisme et dans The Delicate Balance of Terror il préconisait dès 1958 l’utilisation d’armes nucléaires tactiques en liaison avec d’autres armes téléguidées suffisamment précises pour éviter les dommages collatéraux, c’est-à-dire la mort de populations civiles.
Ce faisant, c’était un adversaire du traité de désarmement nucléaire signé entre l’Union Soviétique et le gouvernement américain qui selon lui, limitait la créativité technologique des États-Unis tout en ne maintenant qu’un équilibre artificiel avec l’URSS.

Le traité ABM (anti-missiles Balistiques) conclu en 1972 entre Nixon et Brejnev obligea les Américains à stopper officiellement la militarisation de l’espace. Le 8 mars 1983, en pleine Guerre Froide, Reagan qualifia l’Union Soviétique d’« Empire du mal ». La politique du Président américain en matière de défense s’articulait autour de la doctrine « Paix dans la force ». Ainsi naquit « Star Wars », qui désignait le programme américain de défense anti-missiles, aussi appelé « Initiative de Défense Stratégique » (IDS). Son lancement intervint le 23 mars 1983. Il s’agissait d’un projet de réseau de satellites capable de détecter et détruire les missiles balistiques lancés contre les États-Unis.

17 ans plus tard, en 2000, les néoconservateurs du PNAC réclament la maîtrise de l’espace et constatent que leur programme, qui nécessite une forte augmentation du budget militaire du Pentagone, ne pourra se réaliser qu’à la faveur d’un événement d’une exceptionnelle gravité, tel qu’un nouveau Pearl Harbor.
Alors qu’il était administrateur de la Rand Corporation et juste avant qu’il ne devienne secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld a théorisé l’arme spatiale. Son ambition était de créer un nouveau type d’armée et de mettre en œuvre le fameux bouclier anti-missiles. Rumsfeld s’est demandé si le seul événement capable de galvaniser les énergies de la  nation et de forcer le gouvernement à agir, ne serait pas une attaque destructrice contre les USA, un « Pearl Harbor spatial. »

Delmart Vreeland, agent des services secrets de l’US Navy, avait décrit ce programme lors d’un entretien avec Mike Ruppert où il expliquait en ces termes les raisons de sa présence à Moscou fin 2000 : « J’avais été envoyé là-bas par le gouvernement des États-Unis et par l’ONI [Office of Naval Intelligence]. J’ai reçu mes ordres entre le 4 et le 7 septembre 2000. C’était pour travailler à l’ambassade canadienne sur des diagrammes et des projets concernant un système d’armes défensives [weapons defense system]. Le nom de ce système de défense est SSST [Stealth Satellite System Terminator - Système de satellite furtif Terminator]. La seule partie dont j’ai parlé publiquement est un élément relatif à des satellites réellement en orbite actuellement, qui ne sont pas à ce jour la propriété du gouvernement des Etats-Unis. Sur conseil de mon avocat, je ne peux pas parler des autres composants. ». Vreeland donnait une description du système ABM américain et précisait que les satellites utilisés étaient de type civil.

En juin 2001 eut lieu un exercice de simulation militaire appelé Amalgam Virgo. Le visage de ben Laden apparaissait dans le document d’Etat-major. Le scénario envisagé, une frappe d’un missile de croisière, ressemblait en tous points à l’attaque du Pentagone. Cet exercice sera cité en 2004 lors de la Commission d’Enquête sur les attentats mais aucune investigation ne sera menée. Autre coïncidence, le jour des attentats du 11 Septembre se déroulait aussi un exercice de simulation de guerre nucléaire appelé Global Guardian.  La marine américaine (US Navy) faisait partie de cette opération et était en mesure d’envoyer un missile sur le Pentagone grâce au système AEGIS.
Au lendemain d’une agression terroriste inédite sur leur propre sol, et se considérant en guerre, les États-Unis se voient reconnaître par le Conseil de sécurité de l’ONU le droit à la légitime défense.

L’annonce du retrait du traité ABM fut rendue publique dès le 13 décembre 2001. Le mardi 12 juin 2002, à Madrid, George W. Bush affirmait que c’était désormais « un vestige du passé ». Le lendemain, les Etats-Unis étaient officiellement désengagés de ce traité.
Ce retrait unilatéral fit sauter le verrou qui empêchait le développement du bouclier spatial. Non seulement ce programme retrouvait ainsi une actualité, mais c’était désormais l’US Navy qui était en position centrale dans ce qui succédait au programme IDS : la National Missile Defense mise en œuvre par la Missile Defense Agency (MDA).

Les attaques du 11 Septembre, venues du ciel, ont vraiment constitué une aubaine pour les « va-t-en guerre » néoconservateurs. En faisant voter au Congrès américain le plus gros budget de défense militaire, de l’histoire, la guerre au terrorisme a pu être lancée en Afghanistan, fief des Talibans, de ben Laden et d’Al-Qaida.  La traque de ben Laden, commencée il y a sept ans, s’est avérée infructueuse et étrangement, il n’est toujours pas inculpé par le FBI pour les attentats du 11/09.

Conclusion

Les attentats du 11 Septembre ont clairement constitué pour les USA, le bon de sortie du traité ABM de 1972.

Au mois de mai 2008, le PNAC a arrêté la diffusion de son site internet, cependant la doctrine des néoconservateurs a été reprise par l’American Committee for a Strong Europe qui prévoit de reconstruire les forces armées européennes par l’intermédiaire de l’OTAN et par l’adoption de la politique de défense commune du mini-traité de Nicolas Sarkozy. Le projet de bouclier anti-missiles qui était une arme défensive devient maintenant offensive et nous rappelle les tristes heures de la crise des missiles de Cuba.

Comme le dit Noam Chomsky:

« En isolant le pays (USA) des représailles, la défense anti-missiles garantira la capacité et la disponibilité des Etats-Unis à modeler l’environnement dans d’autres régions du monde. »

« La défense anti-missiles ne sert pas à protéger l’Amérique. C’est un outil visant à la domination mondiale. »

« L’installation d’un système de défense anti-missiles en Europe orientale est pratiquement une déclaration de guerre. »  

Le pentagone déclare la guerre cybernétique

L’US Air Force cherche à prendre le contrôle d’Internet

Source : http://www.lepost.fr/… -d-internet.html

Prendre le contrôle en mode invisible de n’importe quel ordinateur dans le monde. Voilà l’objectif affiché par L’US Air Force. Une fois pénétré, l’ordinateur sera pillé de toutes les informations de l’ennemi.

C’est ce que révèle Noah Shachtman dans son article intitulé Air Force Aims for ‘Full Control’ of ‘Any and All’ Computers, où il décrit l’objectif de l’armée de prendre le contrôle de n’importe quel ordinateur dans le monde.

Pour cela un "Cyberspace Command," a été créé. En son sein, les "cyberspace geeks" ont pour mission de prendre le contrôle d’Internet comme les aiguilleurs contrôlent le ciel depuis leur tour de contrôle. Des agences d’état américaines, comme le Ministère de la Sécurité Intérieure, ont établi un programme de 5 ans, le "National Cybersecurity Initiative", afin que les hackers fédéraux puissent tester les dernières attaques électroniques mises au point. Pour un coût de 30 milliards de dollars.

L’US Air Force, dans une note interne, rappelle que les temps ont changé : "Avant, pour faire la guerre il fallait une armée, aujourd’hui tout ce dont vous avez besoin est une connexion internet". Lundi dernier le laboratoire de recherche de l’US Air Force a débloqué un budget de 11 millions de dollars pour le développement de programmes pour un "Dominant Cyber Offensive Engagement."

Deux stratégies s’affrontent au sein de l’armée : détruire les websites ennemis [voir deuxième article ci-dessous] ou exfiltrer l’information en douceur. Avec une petite préférence tout de même pour celle qui consiste à tout détruire! On reconnaît là les boys!

Les travaux pratiques ont déjà commencé : il y a deux semaines une équipe de cadets de West Point, l’académie militaire américaine, a mis au point un programme bouclier qui a permis de repousser une attaque lancée par les geeks de la NSA.


Le Pentagone veut pouvoir détruire tous les sites Internet qui le gênent

Source : http://www.voltairenet.org/article157054.html

Le Pentagone a décidé de se doter d’une unité spécialisée capables de détruire soudainement l’ensemble des sites internet de ses adversaires en cas de conflit.

La « guerre des réseaux » (Network Warfare) est du ressort de l’Armée de l’Air. Elle est dirigée par le général Keith B. Alexander, le patron de la NSA.

La 67eme brigade de guerre des réseaux dispose déjà de plus de 8 000 hommes sous le commandement du colonel Joseph Pridotkas. L’un de ses esquadrons sera équipé, d’ici octobre, de puissants robots capables de faire tomber des milliers de sites à la fois. Il s’agit d’appliquer le concept du « tapis de bombes » au cyberspace, indique le colonel Charles W. Williamson dans le dernier numéro de l’Armed Forces Journal.

Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées

Quelques éléments supplémentaires sur la manipulation des médias par le Pentagone grâce à cet excellent article publié sur Bakchich.info :


Le vendredi 16 mai, par Doug Ireland

Pendant six longues années, le Pentagone a délibérement intoxiqué et manipulé les médias qui couvraient la guerre en Irak. Objectif : influencer l’opinion publique américaine. Doug Ireland revient dans le détail sur ce scandale encore tabou aux Etats-Unis.

C’est une histoire digne d’un roman de George Orwell. Entre 2002 et la fin avril 2008, le Pentagone a fait infiltrer toutes les grandes chaînes de télévision américaines par 75 gradés de l’armée à la retraite. Tous avaient été embauchés par ces médias comme analystes et c’est l’ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui a initié ce vaste programme d’intoxication. Si la Maison Blanche occupée par George W. Bush suivait de près le travail des taupes du Pentagone, Rumsfeld avait explicitement interdit à ses hommes de révéler aux chaînes de télévision qu’ils faisaient partie de cette opération.

C’est finalement le New York Times qui a vendu la mèche le 20 avril 2008 . Hélas, aucune des chaînes dupées par le Pentagone, y compris CNN, NBC, CBS, ABC et Fox News, n’ont pris la peine d’en faire état. Même si leurs téléspectateurs ont copieusement été bernés pendant des années. Beaucoup de ces « analystes militaires » partageaient l’idéologie des néo-conservateurs qui n’étaient autres que les plus proches conseillers de Donald Rumsfeld.

Pour récompenser ceux qui vendaient la soupe du Pentagone dans les médias, l’administration américaine ne lésinait pas sur les moyens, quitte à flatter l’égo de tous ces hommes au travers de traitements de faveur : briefings top secrets par les plus hautes instances militaires sur tous les aspects de la guerre en Irak et notamment sur les sommes d’argent faramineuses dépensées. Selon le New York Times, les taupes avaient aussi droit à des « escortes militaires en tenue de cérémonie jusque dans la salle de conférences privée de Rumsfeld, au meilleur service en porcelaine pour leurs goûters, à la sollicitation des conseillers, aux petites notes de remerciement chaleureuses et personnalisées signées de la main de Rumsfeld et à des rappels constants de leur devoir envers le pays. »

Le Pentagone savait pertinemment que les chaînes de télévision rémunéraient ces taupes entre 500 et 1 000 dollars par intervention. La somme variait en fonction du nombre de minutes passées à l’antenne et il n’était pas rares que ces « analystes » aient droit à plus de temps que les reporters attitrés de ces chaînes, au point de squatter les écrans. Pour faire illusion, ils mettaient en avant des « informations fraîches » qu’ils disaient détenir de « sources hautement placées » mais anonymes du Pentagone. Mais ces « informations » soigneusement préparées par les crânes d’oeufs de Donald Rumsfeld étaient souvent truquées ou fausses. De surcroît, ces salades étaient toujours livrées aux téléspectateurs sur un ton optimiste. Ridicule quand on sait que la guerre en Irak, toujours en cours, a d’ores et déjà duré plus longtemps que la Deuxième Guerre Mondiale.

8000 pages de documents internes

Ce que le New York Times décrit comme des « relations symbiotiques » entre ces anciens militaires et le Pentagone montre qu’en réalité tout ce beau monde était soudé par de juteux contrats. En effet, les taupes travaillaient par ailleurs comme lobbyistes, dirigeants, consultants, membres de conseils d’administration de sociétés privées qui cherchaient à tirer profit de la manne de plusieurs centaines de milliards de dollars dépensées par l’administration Bush dans sa « croisade » contre le « terrorisme » en Irak et en Afghanistan. Le tout, répétons-le, à l’insu des chaînes de télévision et de leurs téléspectateurs.

Dans leur ensemble, les taupes représentaient environ 150 entreprises militaires du secteur privé. Le Pentagone n’avait pas choisi ces messieurs par hasard (Rumsfeld a approuvé chaque nom personnellement) et les tenait bien en laisse. Si ces commentateurs s’aventuraient à émettre à l’antenne la moindre critique à l’encontre de la politique de Bush ou ne suivaient pas à la lettre la ligne de propagande fabriquée sur mesure pour eux, ils étaient illico exclus du cercle des privilégiés. Et dans la course aux contrats d’armement et de sécurité, l’accès à l’information et aux décideurs politiques est fort prisé, voire essentiel. La seule menace d’une hypothétique exclusion suffisait donc à leur faire défendre la guerre en Irak comme le Pentagone l’entendait.

Les 8 000 pages des documents internes de ce même Pentagone qui ont alimenté l’enquête du New York Times sont dorénavant disponibles sur internet. Soit dit en passant, elles révèlent aussi que beaucoup de quotidiens et de magazines ont également été victimes de cette manipulation, à commencer par le Times qui a publié neuf articles prétendument écrits par ces « experts » sans savoir que ceux-ci étaient téléguidés par le Pentagone.

Mais une étude réalisée par le Projet pour l’Excellence dans le Journalisme de la respectée Fondation Pew a révélé que, dans la semaine suivant la parution de l’enquête du Times sur cette vaste duperie, sur les 48 principaux médias passés au crible, seul le journal télévisé de la chaîne publique PBS avait consacré un reportage au scandale. A titre de comparaison, à la même période, on recensait 50 reportages sur une secte polygame au Texas ! Jusqu’à aujourd’hui, aucune des grandes chaînes privées qui se sont fait enfumées par le Pentagone n’ont pipé mot sur l’opération d’intoxication dont elles ont été victimes. NBC peut éventuellement arguer du fait qu’elle appartient au conglomérat General Electric, un important fournisseur militaire. mais quid des autres ?

Eisenhower avait vu venir le scandale

Une semaine après les révélations du New York Times, le Pentagone a annoncé qu’il mettait fin à cette entreprise de manipulation de l’opinion publique, confirmant ainsi la véracité des informations du quotidien. En dépit du fait que ce programme soit totalement illégal (la propagande gouvernementale dissimulée de ce type et qui cible les citoyens américains a été interdite par des lois successive du Congrès depuis 1951), aucune commission du Congrès n’a indiqué qu’une enquête avec des séances publiques était prévue. Il est pourtant nécessaire qu’un procureur indépendant du même acabit que celui que le Congrès, alors contrôlé par le Parti Républicain, avait désigné pour enquêter sur Bill Clinton avec pour résultat « l’impeachment » du Président Clinton en 1998, soit nommé pour appeler les responsables de ce programme secret à la barre. Mais les Démocrates qui ont aujourd’hui la main haute sur le Congrès ont peur de s’attirer les foudres de toutes ces grandes chaînes de télévision embourbées dans ce scandale.

La morale de cette histoire sordide se trouve dans le célèbre discours de fin de mandat du président Eisenhower. C’était en 1961. Eisenhower avait été le commandant suprême des Alliés en Europe pendant la Deuxième Guerre Mondiale et connaissait la musique. Avant de quitter la présidence, il avait alors mis en garde les États-Unis contre les dangers du « complexe militaro-industriel » en ces termes : « cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (…) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (…) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. » Malheureusement, c’est chose faite aux Etats-Unis. Depuis longtemps.


Précédents articles repris par ReOpen911 News sur le sujet : ici et

 

Le « médiagate » : Analystes, experts, médias et industrie de l’influence

Hervé Le Crosnier, le 22 avril 2008

Dans l’édition de dimanche du New York Times, un long, très long et passionnant article décrivait les méthodes du Pentagone pour manipuler les médias. Et soulignait la responsabilité des médias dans ce cadre.

Au coeur de cette nouvelle démonstration des méfaits de l’industrie de l’influence (qui regroupe la publicité, mais aussi les « public relation », l’infowar et les pouvoirs militaro-industriels) on trouve les « analystes » des médias. Une catégorie particulière : les analystes et commentateurs ne sont ni totalement journalistes liés par un code de déontologie, ni totalement propagandistes patentés dont on pourrait relier les paroles aux idéologies et aux conflits d’intérêts.

L’article du New York Times résume une enquête approfondie, une spécialité qui reste la gloire des journaux étatsuniens, et dont on aimerait tant avoir l’équivalent par ici. Cette enquête s’appuie sur l’examen de 8000 pages de documents et d’e-mails obtenus par une plainte pour déclassifier des sources. Il démontre que les "analystes militaires« des grands médias, qui viennent donner la »bonne parole", faire des conjectures et assommer le bon peuple de leur « expertise » étaient en réalité des pions au service du Pentagone d’une part et des « consultants » auprès des entreprises du complexe militaro-industriel d’autre part. A ce titre, les « analyses » et « commentaires » qu’ils délivraient sur les ondes étaient à mettre en relation avec les immenses marchés à gagner ou à perdre pour leurs commanditaires.

C’est ici le « médiagate » qui s’installe. Car, bien loin des quelques lignes éparses publiées dans la presse française sur ce sujet majeur, le NYT dénonce la complicité et l’aveuglement des médias qui avaient engagés et payaient ces analystes. Y compris le NY Times lui-même qui regrette certains éditoriaux de ces malfaisants.

Il n’y a pas de domination sans complices, et ceux qui aujourd’hui rejettent toute la faute sur « le Pentagone » cherchent en réalité à dédouaner leur responsabilité.

La « guerre psychologique » (psy-ops) est une stratégie pourtant connue, commentée, on trouve même des manuels militaires, des documents émanant du Pentagone pour la décrire. Dont ce fameux rapport "Information Operations Roadmap" signé par Donald Rumsfeld, ministre des armées de 2001 à 2006. Rédigé en 2003 et rendu public en 2006 après une demande au titre du « Freedom of Information Act » (on peut le lire à http://www.gwu.edu), ce document prévoyait de bloquer l’internet pour éviter la diffusion d’informations contradictoires. Le même Rumsfeld n’hésitait pas à menacer les médias en 2006 ("Any kind of moral and intellectual confusion about who and what is right or wrong can severely weaken the ability of free societies to persevere." The Washington Post, 30 août 2006 – http://www.washingtonpost.com)

Et pourtant, malgré cette connaissance des enjeux de la guerre psychologique et des opérations ideologiques de l’armée, les médias engageaient des « analystes », des « experts » sans se poser la question de leurs liens avec l’appareil militaire et industriel. On leur demandait de signer un simple document de « disclosure », sans enquêter sur leurs employeurs et les intérêts en conflit avec la place propagandiste déterminante qui leur est offerte.

Car ces « experts » ne sont pas ceux qui apportent des « informations », mais qui émettent le « discours » idéologique global, qui « interprètent » les événements, du haut de leurs « connaissances », en général longuement vantées auparavant par les présentateurs…

Mais qui sont ces expert(e)s ?

Ces experts, nous les connaissons aussi en France, ancien militaires spécialistes de l’armée, consultant en sécurité spécialistes de la tolérance zéro, « spécialiste » de ceci ou cela… Toujours les mêmes, faisant la tournée des rédactions, ils ou elles interviennent dès qu’il se passe un événement. On leur déroule le tapis rouge et on les laisse pérorer. Mais qui sont-ils(elles) ? Qui les paye vraiment ? quels sont les intérêts croisés entre leur domaine d’expertise, leurs sources de revenus et le discours qu’ils prononcent ? Nous ne le savons jamais… et pire, ce que semble montrer l’enquête du New York Times, c’est que les médias ne se posent pas la question. Eux si prompt à salir les militants et les activistes n’enquêtent même pas sur les « experts » qu’ils commanditent ?

Oui, c’est un véritable « médiagate » qui s’ouvre sous nos yeux. Et c’est maintenant qu’il faut porter le fer : qui sont les « experts » ? A quel degré pouvons-nous croire ce qu’ils(elles) disent ? Pourquoi sont-ce toujours les mêmes « experts », avec le même angle d’analyse ? Pourquoi n’y a-t-il jamais deux « analystes » opposés ?

La guerre qui s’est installée en Irak a été le produit des mensonges médiatiques (la fameuse affaire des « armes de destruction massive ») et des commentaires récurrents par des analystes pousse-au-crime dont les petites affaires dépendaient de leur pouvoir de conviction. C’est encore et toujours « Tintin et l’Homme à l’oreille Cassée » ! Tintin reporter, et nous sommes pourtant au 21ème siècle.

Mais que n’avez-vous encore rien dit messieurs les grands éditorialistes de nos médias hexagonaux ! Où sont vos messages pour regarder devant votre porte, examiner de près les intérêts de vos analystes extérieurs ?

Car ce qui est vraiment en jeu, c’est le basculement de l’industrie de l’information aux mains de l’industrie de l’influence.

Et ce n’est pas un mince enjeu, compte tenu des puissances inégalées des « technologies de l’information et de la communication » et des méthodes de l’influence. Le fameux « mur » entre les rédactions et les services de pub est définitivement effondré, et la "connaissance fine des usagers" transforme tout média en moyen de manipuler des lecteurs plus ou moins consentants. Nous sommes au régime de la "publicité comportementale", et nous voyons avec ce militaro-médiagate que l’influence touche tous les terrains de la vie sociale, du nucléaire à l’agriculture, de la gouvernance des villes à l’éducation, et jusqu’à la question centrale de la guerre et de la paix.

Oui Messieurs des grands médias, nous attendons votre coup de projecteur sur les conséquences de ces révélations du New York Times. Qu’allez-vous faire ? Comment allez-vous rendre public les conflits d’intérêts de vos analystes et experts ? Allez-vous chercher des experts indépendants, des universitaires dont les laboratoires ne sont pas en marché avec tel ou tel acteur du domaine d’expertise ?

Ou allez-vous à nouveau fermer les yeux ? Manier le cynisme de ceux qui savent cela depuis si longtemps… ce cynisme qui n’est aujourd’hui que le dernier rempart de celles et ceux qui ne veulent surtout rien changer.

Le cynisme n’est pas de mise : nous passons avec l’enquête du New York Times de l’hypothèse à la démonstration… et ce n’est pas rien. Nous laisserons-nous entraîner dans la prochaine guerre par ce même type d’expert et d’analyste aux intérêts croisés ? Allez-vous, allons-nous, rester complices de la désinformation et des opérations de guerre psychologique ?

Il est temps de sortir le balai et de nettoyer, car les temps qui viennent vont être difficiles. Nous avons besoin d’une information crédible. Ce n’est pas le moment de démissionner devant l’industrie de l’influence, mais celui de relever la tête.

Le Pentagone veut s’attaquer à vos blogs

Mondialisation.ca, Le 7 avril 2008

Le Pentagone affirme qu’il ne s’agit là que d’un ‘exercice intellectuel’… mais il suffit de regarder autour de soi pour voir que toutes ces méthodes sont déjà en usage sur Internet. La revue “Le Meilleur des Mondes” en est un parfait exemple…

Une étude du Pentagone propose d’interférer de manière illégale avec les blogs, y compris en recrutant de bloggeurs influents, en créant de faux blogs, en hackant et en modifiant leur contenu, voire en “éliminant” purement et simplement de sites “contraires aux intérêts des États-Unis”. (Grégoire Seither – IES News Service – 03/0/2008)

Depuis le début de la guerre en Irak, la question des blogs suscite un vif débat au sein de l’armée des Etats-unis – surtout quand ce sont des soldats et des officiers qui veulent les tenir. Au sein de l’Etat-major, certains pensent que les blogs posent un danger à la sécurité et sont une perte de temps pour les soldats, tandis que d’autres, comme le Gen. David Petraeus et le Lt. Gen. William Caldwell, estiment que les blogs sont une précieuse source d’information et une manière, pour des soldats ordinaires, de “gagner les coeurs” en façonnant l’opinion, tant aux Etats-unis qu’à l’étragner.

Mais il existe une troisième approche, illustrée par une étude réalisée en 2006 pour l’académie militaire des forces spéciales (Joint Special Operations University) et intitulée “Blogs and Military Information Strategy”. Des stratéges de la “guerre de l’information” au sein du Pentagone proposent de recruter des bloggeurs et de faire grimper leur cote en créant du buzz, puis de les utiliser comme outils de propagande. “Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte,” écrivent les auteurs du rapport, James Kinniburgh et Dororthy Denning.

Le rapport précise un certain nombre de méthodes à travers lesquelles l’armée des Etats-unis – et notamment les unités chargées des relations publiques, mais aussi le renseignement ainsi que les équipes d’action psychologique (PsyOps) – peuvent tirer profit du phénomène des blogs :

Les stratèges de l’information peuvent secrètement recruter ou rémunèrer des bloggueurs influents ou bien d’autres personnes qui ont l’oreille de la communauté cybernaute (…) afin de diffuser un message favorable aux Etats-unis.

De cette manière les Etats-unis peuvent franchir le fossé de l’information et contourner les préjugés enracinés, mais aussi tirer profit du capital intellectuel et social pre-existant. Parfois, le nombre de ces agents d’influence fait la différence.

Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte.

Toutefois, ces opérations doivent être menées avec la plus grande discrétion car elles peuvent avoir des conséquences très négatives pour l’image de l’armée, comme le montre la réaction de l’opinion publique quand l’armée a révélé avoir payé des journalistes pour qu’ils publient des articles élogieux dans la presse irakienne. Ou quand il a été découvert que l’armée payait des journalistes aux Etats-unis pour influencer la manière dont ils rendaient compte de la situation en Irak.

Les gens n’aiment pas qu’on les trompe, et si ces méthodes sont révélées au public, le prix à payer sera une perte de crédibilité et de confiance.

Une autre stratégie est de “fabriquer” un blog et un bloggeur et de “booster” sa position pour en faire une voix influente dans la blogosphère. Ce processus peut prendre un certain temps et – selon la personne choisie pour animer le blog – nécessiter un gros investissement en termes de formation culturelle et linguistique, avant que le blog ne soit efficace. Néanmoins, il y a aujourd’hui des gens dans l’armée qui aiment blogguer. Dans certains cas leurs talents peuvent être redirigés vers la tenue d’un blog dans le cadre d’une campagne d’information. Si in blog militaire propose des informations intéressantes qui ne sont pas disponibles ailleurs, sa réputation et donc son indice de confiance et d’influence grimpent très vite.

Dorothy Denning, co-auteure du rapport, n’est pas une inconnue dans le domaine de la surveillance d’Internet – et ce n’est pas la première fois que ses propositions font des vagues. Au début des années 1990 – quand elle dirigeait le Département des Etudes Informatiques de l’université de Georgetown, elle avait été une des principales avocates du “Clipper Chip”. La “puce Clipper” était un projet de cryptoprocesseur conçu par la NSA et destiné à doter les appareils électroniques vendus au grand public d’une puce de sécurité. La clé de chiffrement devait être fournie au gouvernement qui devenait ainsi capable d’écouter les communications si nécessaire. Le projet fut annulé en 1996.

Dans son rapport de 2006, Denning agite la menace d’une utilisation des blogs par les ennemis de l’Amérique. Mais – affirme t’elle – ces sites peuvent être détournés au profit des intérêts américains.

Il y a des cas où un site, situé en dehors de la zone d’influence du gouvernement U.S., promeut un message qui est contraire aux intérêts des Etats-unis, ou bien soutient activement les activités d’information, de recrutement et de logistique de nos ennemis.

La première réaction pourrait être d’éliminer ce site, mais cette solution pose problème car elle ne garantit pas que le site en question va rester hors-ligne. Comme c’est souvent le cas, le site oppositionnel risque de tout simplement migrer vers un autre serveur, souvent dans un autre pays. De plus, une telle action risque de générer de la publicité pour ce site et contribuer à en faire connaître ses contenus à un public encore plus vaste.

Par ailleurs, le fait d’éliminer un site qui diffuse des EEI ennemis (éléments essentiels d’information) et nous fournit un accès aux informations ennemies n’est pas une bonne stratégie : cela nous prive d’une précieuse source d’informations. Cela ne veut pas dire non plus que, une fois l’information obtenue devient obsolète ou bien qu’il est supplanté par une source plus intéressante, que le site doit alors être éliminé.

Plutot que d’attaquer de front, une meilleure stratégie consiste à détourner secrètement le blog ennemi et de s’en servir comme d’un moyen pour diffuser des informations “amies”. Il suffit de “hacker” le site et d’apporter de subtils changements aux informations – parfois il suffit de changer une phrase ou deux – pour que la crédibilité du blog soit remise en question par son lectorat, ce qui est une méthode plus efficace pour réduire au silence une voix qui nous déplait.

Encore mieux, s’il s’avère que le blog diffuse des communications ennemies ou bien des informations logistiques, le contenu informatif peut être manipulé. En modifiant discrètement les messages du blog et en corrompant les informations, on peut améner l’ennemi à croire que le bloggeur en question les a trahis – ce qui aboutit souvent à l’élimination du blog (et du bloggeur)…

Hacker un blog pour en modifier les informations peut également mettre le bloggeur en délicatesse avec l’ennemi et ainsi le rendre maléable à une influence amie, voire permettre aux U.S. de lui proposer de faire défection et d’assurer sa sécurité en échange d’informations. (…)

Source de la publication en français: http://libertesinternets.wordpress.com/

Pentagone : « Nous devons combattre le Net »

Information Operation Roadmap
Par Brent Jessop

 

Dans son document Information Operations Roadmap [feuille de route des opérations sur l'information], le Pentagone est franc sur le fait qu’Internet, avec son potentiel à la liberté d’expression, s’oppose directement à ses objectifs. Internet doit être traité comme s’il s’agissait d’un « système d’armement » ennemi.

Le document de 2003 du Pentagone, intitulé Information Operation Roadmap, a été divulgué au public suite à une demande, faite sous la loi de la Liberté de l’Information, aux Archives de la Sécurité Nationale de l’Université George Washington en 2006. L’explication détaillée de l’idée maîtresse de ce document, et l’importance de l’information ou des opérations de guerre de l’information, a été décrite dans le premier article de cette série (1).

Attaque du réseau informatique

Tiré du document Information Operation Roadmap :

Dès que les recommandations de ce rapport seront mises en œuvre, elles serviront de point de départ à l’amélioration rapide des capacités d’attaque du réseau informatique. – 7

L’amélioration des possibilités des opérations militaires sur l’information, incluent : … Une série d’offensives vigoureuses incluant la gamme complète de moyens électroniques et les attaques contre le réseau informatique

Le Pentagone se servira-t-il de ses capacités d’attaque des réseaux informatiques contre Internet ?

Combattre le Net

Nous devons combattre le Net. Le Ministère de la Défense est en train de construire une force focalisée sur l’information. Les réseaux deviennent de plus en plus le centre de gravité opérationnel et le Ministère doit être prêt à « combattre le Net. »

La stratégie de « défense en profondeur » du Ministère de la Défense devra fonctionner sur le principe de « combattre le Net » comme s’il s’agissait d’un système d’armement. – 13

On ne devrait donc pas s’étonner de voir le Pentagone s’attaquer énergiquement aux « autoroutes de l’information » pour tenter d’obtenir la suprématie dans la guerre de l’information. L’implication de Donald Rumsfeld dans le Projet pour un Nouveau Siècle Américain [Project for a New American Century - abréviation anglaise : PNAC] jette davantage de lumière sur le besoin et le désir de contrôler l’information.

 

Le PNAC souhaite dominer le cyberespace

Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain (PNAC) a été établi en 1997 avec un nombre imposant de membres qui sont devenus plus tard le noyau de l’administration de George W. Bush. Parmi beaucoup d’autres puissants, mais dont les noms sont moins connus, la liste comprend : Jeb Bush, Dick Cheney, I. Lewis Libby, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. Leur objectif déclaré est d’utiliser une énorme expansion militaire étasunienne dans le plan de « domination mondiale des États-Unis. » En septembre 2000, le PNAC a publié le désormais tristement célèbre document intitulé Reconstruire les Défenses des États-Unis [Rebuilding America's Défenses]. Ce document a un thème très similaire à « Information Operation Roadmap » du Pentagone, qui fut signé par le Ministre de la Défense Donald Rumsfeld.

Tiré du document Reconstruire les Défenses des États-Unis :

Il est maintenant communément admis que l’information et les autres nouvelles technologies… créent une dynamique pouvant menacer la capacité des États-Unis à user de leur puissance militaire dominante.

Le contrôle de l’espace et du cyberespace, tout comme le contrôle de la haute mer, et la protection du commerce international, permettait dans le passé de définir les puissances mondiales, le contrôle des « biens communaux internationaux » sera la clé du pouvoir mondial dans l’avenir. Si les États-Unis sont incapables de protéger leurs intérêts ou ceux de leurs alliés dans l’espace ou dans la sphère de l’information (infosphère) ils auront du mal à exercer le leadership dans la politique mondiale.

Même s’il faut des dizaines d’années avant que le processus de transformation se déploie, avec le temps, l’art de la guerre dans les airs, sur terre et sur mer, sera très différent de ce qu’il est aujourd’hui, et le « combat » se déroulera probablement dans de nouvelles dimensions : dans l’espace, dans le « cyberespace, » et peut-être dans le monde microbien.

Pour en savoir plus sur le document Reconstruire les Défenses des Etats-Unis, [Rebuilding America's Defences] lire ici (anglais).

Internet 2

Dans le document Information Operations Roadmap, la partie des plans relatifs à Internet consiste à assurer « la dégradation subtile du réseau plutôt que son effondrement. » (Page 45) C’est présenté en termes « défensifs, » mais il est probable que ce soit aussi exclusivement défensif que le Ministère de la Défense.

Que le Pentagone s’inquiète d’Internet n’est pas un mal en soi. C’est après tout le Ministère de la défense, par l’intermédiaire du DARPA, qui nous a donné Internet à l’origine. Parmi de nombreux autres point positifs pour le Pentagone, Internet est utile, non seulement comme outil d’affaires, mais aussi comme excellent moyen de surveillance et de suivi des utilisateurs, pour l’acclimater les gens au monde virtuel, et pour élaborer le profil psychologique de chaque utilisateur. Mais l’un des problèmes avec Internet tel qu’il est conçu actuellement, est son potentiel à la dissémination d’idées et d’informations en désaccord avec les thèmes et les messages du gouvernement étasunien, à ce que l’on appelle communément la liberté d’expression. Bien entendu, puisque le plan consiste à dominer totalement l’infosphère, Internet devrait être adapté ou remplacé par une version améliorée et encore plus sympathique pour le Pentagone.

Dans un article de Paul Joseph Watson du site Prison Planet.com, l’émergence d’Internet 2 est décrite.

Le développement d’« Internet 2 » est également conçu pour créer un système de castes en ligne, par lequel les anciens concentrateurs Internet seraient laissés se détériorer et mourir, forçant les gens à utiliser le nouvel Internet, taxable, censuré et réglementé. Si vous tentez de comprendre à quoi ressemblera exactement Internet dans cinq ans, à moins que nous n’y résistions, jetez juste un coup d’œil sur les derniers efforts de la Chine pour éliminer complètement la dissidence et l’anonymat sur le web.

Conclusion

Dans le prochain article nous examinerons le recours du Pentagone aux opérations psychologiques ou PSYOP et dans le dernier article de cette série nous examinerons si oui ou non il existe des limites à l’usage d’opérations sur l’information contre le publique étasunien ou l’audience étrangère.

L’auteur Brent Jessop est étudiant en deuxième année de maîtrise en génie biologique à l’université de Guelph en Ontario au Canada.

Original : http://www.knowledgedrivenrevolution.com/Articles/200711/20071119_IOR_3_Fight_Net.htm
Traduit au mieux par Dany Quirion et Pétrus Lombard pour Alter Info

 

Note des traducteurs :

(1) Cet article est le troisième d’une série de cinq. Étant donné les pannes majeures du réseau Internet au Moyen-Orient et les suspicions qui en découlent, nous avons choisi de traduire dans le désordre, ce troisième article spécifique à l’Internet. La traduction des quatre autres articles relatifs au document « Information Operation Roadmap » du Pentagone suivra.