Oussama ben Elvis

Toutes les preuves suggèrent qu’Elvis Presley est aujourd’hui plus vivant qu’Oussama Ben Laden. Mais allez raconter cela à la CIA et à tous les autres qui se fourvoient dans la guerre contre le terrorisme.

Sept ans après la dernière apparition avérée d’Oussama Ben Laden vivant, il y a plus de preuves qu’Elvis [Presley] est toujours parmi nous. Par conséquent, on peut se demander si le paradigme Oussama Ben Laden, deus ex machina du terrorisme, et al-Qaïda, prototype du terrorisme, ne sont pas les produits de notre imagination exacerbée, et si l’investissement dans ce paradigme n’a pas empêché les organismes de la sécurité nationale de réfléchir sérieusement aux causes de nos problèmes. Alors, portons un nouveau regard sur les fondamentaux.

Mort ou Vif ?

Les preuves, négatives par elles-mêmes, portent à conclure qu’Oussama est mort depuis longtemps. Depuis octobre 2001, lorsque Tayseer Alouni de la chaîne Al-Jazeera l’a interviewé, aucune personnalité crédible n’a affirmé l’avoir rencontré – pas même après de multiples périples, guidés par des intermédiaires. Les enregistrements audio et vidéo, soi-disant d’Oussama, n’ont jamais convaincu les observateurs impartiaux. Le type ne ressemble pas à Oussama. Des vidéos le montrent avec un nez aquilin sémite, tandis que d’autres le montrent avec un nez plus court et plus large. À côté de cela, les différences de coloration et le style de barbe sont une moindre affaire. 

Les enregistrements audio d’Oussama ne semblent pas non plus provenir d’Oussama. En 2007, l’Institut Suisse d’Intelligence Artificielle, Dalle Molle, qui pratique la reconnaissance vocale pour la sécurité bancaire, a comparé les voix de 15 enregistrements incontestables d’Oussama avec 15 autres voix postérieurement attribuées à Oussama, auxquelles ont été ajoutées 2 autres voix appartenant à des orateurs arabes natifs qui s’étaient entraînés à l’imiter et lisaient ses textes. Tous les enregistrements supposés d’Oussama (outre un cas ambigu) différaient clairement les uns des autres, tout comme des enregistrements authentiques. Par contraste, la CIA trouvait tous les enregistrements authentiques. Il est difficile de concevoir quelle méthodologie a pu soutenir cette conclusion.

De même en 2007, le professeur Bruce Lawrence qui dirigeait le programme d’étude religieuse à Duke University a affirmé dans un livre sur les messages d’Oussama que leur ton de plus en plus laïc était incompatible avec le wahhabisme d’Oussama. Lawrence a aussi noté que dans une vidéo de décembre 2001 (que beaucoup tiennent pour preuve de sa responsabilité dans le 11-Septembre) le personnage d’Oussama porte des bagues en or – attitude décidément non-wahhabite. Il y écrit aussi avec la mauvaise main. Lawrence en conclut que les messages sont des faux, et même grossiers. La CIA les a tous jugé bons.

Surtout, alors que ceux qui personnifient Elvis imitent au moins son style, " You ain’t nutin’ but a hound dawg " (Tu n’est qu’un chien de chasse), le vocable des cassettes d’Oussama diffère substantiellement de ce que le vrai Oussama avait l’habitude de dire, et surtout sur les sujets les plus importants. Le 16 septembre 2001, sur Al Jazeera, Oussama a dit du 11-Septembre : "Je précise que je n’ai pas accompli cet acte qui semble avoir été effectué par des individus ayant leur propre motivation." De nouveau en octobre, dans une interview avec Tayseer Alouni, il a limité sa connexion au 11-Septembre à l’idéologie: «S’ils veulent dire, ou si vous voulez dire, que ce lien est le résultat de notre propre incitation, alors c’est vrai. Nous avons incité… " Mais dans ce qu’on appelle « la confession vidéo" que la CIA a trouvée en décembre, le personnage d’Oussama agit comme le chef du complot. Le fait que la vidéo ait été réalisée sans véritable motif propre, sinon peut-être pour être découverte par les Américains, aurait dû soulever la suspicion. Sa substance, la célébration de l’affirmation de la responsabilité dans le 11-Septembre qu’Oussama avait dénigrée, aurait dû également peser contre l’authenticité de cette vidéo. Pourquoi aurait-il attendu, pour s’accuser lui-même, que les forces américaines et alliées aient sécurisé l’Afghanistan? Mais la CIA a agi comme si elle avait pris Oussama la main dans le sac.

La CIA aurait également dû prendre au sérieux les rumeurs de la mort d’Oussama. Le 26 décembre 2001, Fox News a interrogé une source  talibane qui a déclaré avoir assisté aux funérailles d’Oussama avec 30 autres collaborateurs. La cause de la mort, a-t-il dit, était une  infection pulmonaire. Le New York Times du 11 juillet 2002 a rapporté que selon un consensus largement répandu au Pakistan, Oussama aurait succombé l’année précédente à une néphrite (maladie du rein) de longue durée. Ensuite, Benazir Bhutto – plus que tout autre connectée aux  sources d’information venant de la frontière afghano-pakistanaise – a mentionné avec désinvolture, dans une interview à la BBC, qu’Oussama avait été assassiné par ses associés. Le meurtre est aussi probable que la mort naturelle. L’adjoint d’Oussama, Ayman al-Zawahiri, est lui-même connu pour avoir tué son propre prédécesseur, Abdullah Azzam, le premier mentor d’Oussama. En outre, et parce que la capture d’Oussama par les Américains aurait mis en danger tous ceux qui lui avaient été associés ainsi que tous les services de renseignement ayant travaillé avec lui, tous avaient un intérêt à sa mort.

Oussama nouveau, Oussama Réel

Nous ne savons pas ce qui est arrivé à Oussama. Mais quel que soit ce qui s’est passé, le gars authentique, celui qui paraissait et qui parlait comme un enfant saoudien gâté transformé en idéologue, n’est plus. Celui qui apparaît maintenant dans les enregistrements est différent : il est devenu le maître du monde de la terreur, doté d’inexplicables influences. En bref, les enregistrements d’Oussama réalisés après novembre 2001 lui font prétendre à beaucoup plus de puissance qu’il n’en a jamais revendiquée et encore moins exercée.

Le véritable Oussama ben Laden, comme le vrai réseau Al-Qaïda qu’il a présidé, n’a jamais été aussi important que les rapports des services secrets arabes (Arabie saoudite en particulier) ont pu conduire la CIA à le penser. Le rôle (tardif) d’Oussama fut d’apporter un peu d’argent à la résistance anti-soviétique en Afghanistan. Les combattants arabes en général et particulièrement ceux amenés par Oussama, combattaient peu et mal. En temps de guerre, un afghan vaut de nombreux Arabes. En 1990, Oussama a affirmé au régent saoudien Abdullah que ses moudjahidines pourraient arrêter l’invasion du royaume par Saddam [Hussein]. Quand Abdullah l’a écarté en faveur d’une armée d’un demi-million de soldats US, Oussama s’est transformé en dissident et a dû se réfugier au Soudan, où il est resté jusqu’en 1996, fomentant des complots anti-saoudiens stériles, jusqu’à être obligé de se déplacer avec sa triste bande jusqu’en Afghanistan.

Il y a une bonne raison pour que ni Oussama ni Al-Qaïda n’apparaissent sur les écrans des renseignements US avant 1998. Ils n’avaient rien fait de remarquable. Après les attentats à la bombe de 1998 contre les ambassades américaines en Afrique, et surtout après que le directeur de la CIA George Tenet eut imputé la responsabilité du 11-Septembre à Oussama par le célèbre "jeu, set et match", la CIA l’a décrit comme le moteur du terrorisme. Elle a refusé d’envisager la possibilité que les associés d’Oussama pourraient avoir eu recours à lui et à son organisation comme à un pavillon de complaisance. Quand les forces américaines pénétrèrent en Afghanistan en 2001, la CIA informa Time et Newsweek qu’elle s’attendait à y trouver le quartier général "high-tech" à partir duquel Oussama contrôlait ses activités terroristes dans 50 pays. Il n’existait pas. En novembre 2008, sans base factuelle et contrairement à la raison, la CIA a continué à le décrire, lui et son organisation, comme «le plus évident et le plus réel danger pour les États-Unis." La CIA n’a pas essayé d’expliquer comment cela pouvait être possible, elle a dit qu’Oussama s’était "largement isolé du fonctionnement quotidien de l’organisation qu’il dirige personnellement." Quelle organisation?

L’Axiome et sa négation

Pourquoi une telle focalisation sur une organisation qui n’a jamais été importante, dont la plupart des associés connus ont été depuis longtemps tués ou capturés, et dont la CIA n’essaye même pas de faire la liste des actifs? L’explication officielle de la CIA, qu’Al-Qaïda a produit des "métastases" par la diffusion de son expertise, est une métaphore vide de sens. Mais, conformément à celle-ci, le gouvernement américain a accepté l’auto-désignation d’"Al-Qaïda" par les personnes qui luttent pour les intérêts sunnites et baasiste en Irak, et a épinglé le label à titre gratuit sur divers hauts profils terroristes tout en reconnaissant que leurs liens avec Oussama & Co étaient tout au plus affectifs. Mais pourquoi une telle gymnastique face à l’incontestable manque de consistance d’Oussama? Parce qu’en se concentrant sur Al-Qaïda et Oussama, on confirme un axiome de la CIA datant de la guerre froide, un axiome validé pendant les années Reagan et qui porte la politique américaine depuis 1993, à savoir : le terrorisme est l’oeuvre de «voyous isolés et de groupes" qui fonctionnent en dépit de toute autorité étatique. Selon cet axiome, des gens comme Oussama forment des cercles autour des services de renseignement des États arabes, tout comme pendant la guerre froide, des terroristes venus d’Europe de l’Est pour poser des bombes en Allemagne et en Italie, et pour tirer sur le pape Jean-Paul II, agissaient soi-disant en dépit des renseignements bulgares, en dépit de la STASI d’Allemagne de l’Est, et en dépit du KGB. Cet axiome est cher à beaucoup au sein du gouvernement des États-Unis, car il conduit logiquement à travailler avec les pays d’où viennent les terroristes plutôt qu’à les traiter comme des ennemis.

Et si le terrorisme était (comme l’a dit Thomas Friedman) « ce que  les États laissent se produire ou aident à se produire » ? Et si, dans le monde réel, les services de renseignement infiltrés (les professionnels) utilisaient les terroristes amateurs plutôt que l’inverse ? Que peut-on conclure logiquement du fait que les groupes terroristes qui font parler d’eux sur la planète Terre, comme le Hamas, le Hezbollah, l’OLP ou les FARC de Colombie, sont des extensions de, respectivement, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Égypte, et le Venezuela? C’est la négation de l’axiome favori de l’administration américaine. Cela signifie que lorsque George W. Bush ou Barack Obama parlent de l’Amérique comme étant "en guerre" contre "l’extrémisme" ou les "extrémistes", ils sont stupides ou bien agissent stupidement en évitant d’envisager le fait dérangeant que de nombreux gouvernements font la guerre indirectement.

Bref, l’insistance sur la supposée maîtrise d’Oussama sur Al-Qaïda, et l’assimilation d’Al-Qaïda au terrorisme, sont la politique officielle des États-Unis parce qu’elle évite les questions sur le rôle des États, et il est possible de traiter de bellicistes tous ceux qui posent de telles questions. La non-pertinence de facto d’Oussama après sept ans a toutefois nui à la légitimité intellectuelle de cette politique. Combien de temps encore des présidents ou des directeurs de la CIA pourront-ils agiter les spectres d’Oussama et d’Al-Qaïda avant que les populations n’en rient ?

Un château de carte intellectuel.

Remettre en cause la pertinence d’Oussama dans l’origine du terrorisme actuel conduit naturellement à se demander s’il l’a jamais été, et qui pourrait l’être plus que lui. Ce qui revient rapidement à constater combien sont fragiles les fondations sur lesquelles reposent les axiomes du gouvernement américain au sujet de la «guerre contre le terrorisme". Imaginez : nous savons que Khalid Sheikh Mohammed (KSM) a planifié et exécuté le 11-Septembre. Mais il n’existe aucun fait indépendant en faveur de cette affirmation que KSM a agi sous la direction d’Oussama et sous sa supervision. Au contraire, nous savons avec certitude que l’expertise pour le 11-Septembre  et son financement provenaient du propre groupe de KSM (le gouvernement américain a accepté, mais à ma connaissance pas vérifié, que le cœur du groupe est de la famille biologique des Baloutches). Ce groupe a mené les  attentats à la bombe de 1998 contre les ambassades américaines en Afrique et tout autre acte pour lequel Al-Qaïda s’est fait connaître. Le groupe de KSM comprenait les auteurs de l’attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993, dont Abdul Rahman Yasin, qui venait d’Iraq et y est retourné et y a disparu, ainsi que Ramzi Youssef, le cerveau de cet attentat, qui est venu aux États-Unis depuis l’Irak avec un passeport irakien et qui était surnommé par ses collègues à New-York "Rashid l’irakien." Ce groupe avait planifié l’explosion d’avions de ligne US au-dessus du Pacifique en 1995. Les principaux membres ne sont pas arabes. Ils n’ont pas de lien avec la religion (et celui qu’ils affichent désormais n’est pas convaincant). Ils ne sont pas des créatures d’Oussama. Ce n’est qu’en 1996 que ce groupe a rejoint le groupe d’Oussama, qui ne comptait pas, et lui a donné de l’importance.

Dans la vie comme en mathématiques, dans une équation vous devez juger de la fonction d’une variable en la factorisant et en regardant si l’équation fonctionne toujours. Factorisons Oussama : le constat est que le 11-Septembre arrive encore. Factorisons aussi Al-Qaïda : peut-être que le 11-Septembre arrive encore. Les autres attentats à la bombe se passent assurément sans lui. Mais si on factorise le groupe KSM : il n’y a plus de 11-Septembre, et Al-Qaïda n’est plus le groupe mondialement réputé qu’il est devenu.

Qui, précisément, sont KSM et ses neveux réputés ? C’est une question intéressante dont on ne connaît pas la réponse, et l’on n’est pas près de la découvrir. Ramzi Youssef a été condamné à la prison à vie pour l’attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993 après un procès qui s’est focalisé sur sa culpabilité et qui a fait abstraction de ses associations. Si nos tribunaux militaires adhèrent au "plaider-coupable" de KSM, on échappera à tout procès. Dans l’autre cas, le type de procès qui aura lieu devant le tribunal aura pour particularité de prouver sa culpabilité plutôt que de tenter de faire toute la vérité. Cela n’intègrera pas des contre-interrogatoires de témoins, la mise au jour de preuves et d’éléments de preuve, et l’exploration d’autres explications des événements. Normalement, les véritables procès instruisent tous les aspects des dossiers. Avons-nous besoin de ce genre de choses, étant donné que KSM a avoué ? Oui. Ne faisons pas la confusion entre les aveux et la vérité, notamment les aveux dans lesquels les prisonniers confirment les préjugés de nos agences.

L’excuse pour limiter le contrôle public des preuves procède de la prétendue nécessité de protéger les sources de renseignement. Mais d’après mon expérience, et celle d’autres personnes qui ont eu la charge de sonder cette assertion, c’est que, presque toujours, elle  masque l’incompétence de nos agences de renseignement et des intérêts bureaucratiques. Quoi qu’il en soit, l’intérêt du public dans la compréhension de ce qui est advenu devrait l’emporter sur tous les autres.

Comprendre le passé, prévoir l’avenir

Se focaliser sur Oussama ben Elvis est dangereux pour la sécurité de l’Amérique précisément parce qu’il continue de substituer dans notre subconscient collectif le mythe doux du terrorisme comme l’œuvre de voyous romantiques, à la dure réalité selon laquelle cela peut se produire uniquement parce que certains États veulent que cela se produise ou  le laissent se produire. KSM et compagnie peuvent ne pas avoir commencé leur carrière comme des agents de renseignement irakiens, ou ils ont pu quitter les Irakiens et travailler pour d’autres, ou peut-être ont-ils travaillé pour eux-mêmes. Mais ils sont sûrement un organisme à part entière. Comme tels, ils correspondent beaucoup mieux à la description qu’a faite Oussama des responsables du 11-Septembre : "des individus ayant leur propre motivation" qu’ils ne correspondent à celle de la CIA : des "instruments d’Oussama".

Plus important encore, se concentrer sur Al-Qaïda et Oussama déforme notre compréhension de ce qui se passe en Afghanistan. Ces derniers jours, les forces talibanes sur le terrain semblent les mieux payées et les mieux armées de toutes les forces de la région, à l’exception des forces américaines. Est-ce qu’on peut sérieusement suggérer qu’Oussama ou al-Zawahiri apportent l’équipement, l’argent, ou la motivation ? De telles sommes d’argent ne peuvent venir que de pays super-riches, d’Arabie saoudite ou du Golfe. Le matériel ne peut venir que par l’entremise de courtiers qui travaillent aux services d’ États, et il ne peut atteindre les zones de combat du Pakistan qu’avec l’aval des autorités pakistanaises. En outre, la motivation pour des combats à grande échelle dans les zones pashtounes ne peut naître que dans le cadre de l’identité pashtoune. De fait, envoyer des troupes en Afghanistan pour lutter contre des pashtouns financés par les Saoudiens, soutenus par les Pakistanais et pourvus  d’équipements achetés dans le monde entier, avec pour objectif de "construire une nation afghane" capable d’empêcher Oussama et Al-Qaïda de mettre le bazar dans le monde à partir de leurs grottes, est une construction intellectuelle auto-suffisante de garçon de course.

Autorité intellectuelle

La CIA avance sur les mêmes bases pour considérer Oussama comme la terreur du monde ("jeu, set et match") en 2001, ou pour vérifier la présence d’armes de destruction massive en Iraq en 2003, (façon "dunk" de  basket-ball), ou comme en 2007 pour déterminer que l’Iran a arrêté son programme d’armes nucléaires. Mutatis mutandis, c’est aussi sur ces bases que la CIA a établi en 1962 que les Soviétiques n’installeraient pas de missiles à Cuba, que la CIA était certaine de 1963 à 1978 que l’URSS n’allait pas construire de rampe de missiles avant que cette construction ne saute aux yeux, qu’elle a convaincu Bush père que l’Union soviétique n’allait pas s’écrouler et qu’il devait contribuer à la soutenir, qu’elle a assuré le gouvernement des États-Unis en 1990 que l’Irak n’allait pas envahir le Koweït et, en 1996, que ni l’Inde ni le Pakistan n’effectueraient des essais de leurs armes nucléaires. Dans tous ces cas, et d’innombrables autres, la CIA a fourni au gouvernement américain et aux médias des bases faisant foi, qui niaient les réalités dans lesquelles l’Amérique évoluait.

La force de jugement de la CIA, son autorité, ont toujours été à l’intersection de ses préjugés et de ceux de la classe dirigeante de l’Amérique. Lorsque vous dites aux gens ce qu’ils veulent entendre, vous n’avez pas à être trop prudent sur les lieux, les faits et les conclusions. Notre problème, en bref, n’est pas tant la mentalité de la CIA que la réticence des personnels du gouvernement et du "public attentif" à exercer la maîtrise intellectuelle voulue à propos des affaires internationales. Oussama ben Laden pourrait, faute de mieux, tenir le rôle de nouveau point de départ.
 

Par Angelo M. Codevilla pour l’édition de mars du magazine The American Spectator
Traduction par Pascal pour ReOpenNews



A propos de l’auteur : Angelo M. Codevilla est ancien officier du service Étranger au Département d’État, spécialisé dans les opérations de renseignement en l’Europe de l’Ouest. Il a été membre du groupe de transition du Département d’État lors de l’élection du Président Ronald Reagan et principal auteur du rapport du groupe sur le renseignement. Il est ancien membre du personnel du Comité du renseignement du Sénat américain s’occupant de la surveillance des services de renseignement de 1977 à 1985. Ancien officier de la Marine, il est actuellement vice-président de l’U.S. Army War College Board of Visitors.

Affaire Hariri : après la Syrie, le Hezbollah et l’Iran mis en accusation

Quatre ans après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, l’enquête internationale n’a toujours pas abouti et donne lieu à de nouvelles manipulations politiques. Loin de la rigueur qui sied à une procédure judiciaire, un article du Spiegel ouvre un nouvel épisode du feuilleton : puisqu’il a fallu renoncer à accuser la Syrie, faute de preuves, les enquêteurs proches des États-Unis et d’Israël désignent maintenant l’Iran. Ce rebondissement intervient comme un contre-feu, après qu’un journaliste états-unien s’exprimant sur Russia Today, ait accusé Dick Cheney d’avoir commandité le crime.

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Le 14 février 2005, le convoi de Rafic Hariri est attaqué à Beyrouth.
A ce jour, les enquêteurs ne sont pas en mesure d’expliquer
les dégâts commis qu’une explosion classique ne saurait provoquer.

Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, les investigations du Tribunal spécial pour la Liban se dirigent désormais vers une mise en cause du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. La nouvelle a immédiatement été reprise par les agences de presse occidentales tandis que le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a demandé le lancement d’un mandat d’arrêt international ou l’interpellation par la force du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Cette agitation intervient alors que, sur la chaîne de télévision publique Russia Today, le journaliste états-unien Wayne Madsen avait affirmé, deux semaines plutôt, que l’assassinat de Rafic Hariri avait été commandité par le vice-président des États-Unis de l’époque, Dick Cheney ; une nouvelle qui avait été ignorée par les agences de presse occidentales et le gouvernement israélien, mais qui avait semé le trouble au Proche-Orient dans son ensemble et au Liban en particulier [1].

Ces deux accusations ne sont pas seulement contradictoires entre elles, elles contredisent aussi les données de l’enquête officielle selon lesquelles treize terroristes islamistes sunnites, actuellement incarcérés au Liban, ont avoué leur participation à l’attentat.

Survenant en pleine campagne électorale, ces imputations n’auront pas le temps d’être sereinement débattues avant le scrutin du 7 juin.

Le positionnement du Spiegel

L’article qui a mis le feu aux poudres en Occident sera publié dans la prochaine livraison du Spiegel. Cependant, il est déjà disponible sur le site internet du magazine, mais en version anglaise [2]. Ce choix éditorial montre que, bien que publié à Hambourg, l’article est moins destiné aux lecteurs allemands qu’à l’opinion publique internationale, voire aux Libanais.

L’auteur de l’article, Erich Follath, est un journaliste réputé qui écrit depuis trente ans sur les sujets de politique internationale les plus divers. Il s’est fait connaître, en 1985, en publiant un livre documenté de l’intérieur sur les services secrets israéliens, L’Œil de David [3]. Il est ajourd’hui membre de l’Atlantische Initiative, un groupe de pression en faveur de l’OTAN. Il ne cache pas son antipathie pour le Hezbollah, qu’il ne considère pas comme un mouvement de résistance, mais comme un « État dans l’État » et qu’il rend responsable des attentats survenus en 2002 et 2004 en Amérique latine [4].

Le Spiegel est un hebdomadaire créé en 1947, après la chute du IIIe Reich, par l’autorité d’occupation anglaise. Celle-ci en confia la direction au journaliste Rudolf Augstein. À la mort de celui-ci, en 2002, le capital a été réorganisé. Le journal appartient désormais pour un quart à la famille Augstein, pour moitié aux rédacteurs, et pour le quart restant au groupe Bertelsmann. Ce dernier est étroitement lié à l’OTAN pour le compte de laquelle il organise à Munich la conférence annuelle sur la sécurité [5].

Tout au long de son histoire, le Spiegel s’est distingué par une série de scoops qui ont profondément influé sur la vie politique allemande en détruisant bien des carrières. Généralement très bien informés, ses articles servaient toujours les intérêts anglo-américains. À droite, Franz Josef Strauß l’appelait « la Gestapo d’aujourd’hui », tandis qu’à gauche, le chancelier Willy Brandt le qualifia de « feuille de merde ».

En 2002, c’est le Spiegel qui avait été chargé de démontrer la fausseté de mon enquête sur le 11-Septembre. L’hebdomadaire avait envoyé pendant six mois une équipe contre-enquêter aux États-Unis. Elle était rentrée bredouille, les autorités US persistant à interdire aux journalistes l’accès aux sites des attentats et tout contact avec les fonctionnaires concernés. Le magazine n’en avait pas moins publié un dossier spécial pour exprimer son opposition idéologique à mes conclusions, faute de pouvoir leur opposer des contre-arguments [6].

Plus récemment, en 2008, la direction du journal a censuré un reportage de l’un de ses plus célèbres photographes, Pavel Kassim. Il avait eu le tort de prendre des clichés des crimes et des destructions commises par l’armée géorgienne, encadrée par des officiers israéliens, en Ossétie du Sud. Le Spiegel entendait expliquer à ses lecteurs la vulgate atlantiste selon laquelle les Géorgiens étaient d’innocentes victimes de l’Ours russe.

Les révélations du Spiegel

Ceci étant posé, que nous apprend l’article d’Erich Follah ? Selon le journaliste, le Tribunal spécial pour le Liban dispose depuis un mois d’informations nouvelles mais se retient de les divulguer pour ne pas politiser l’affaire en interférant dans la campagne électorale législative libanaise. Toutefois, un ou des membres de ce tribunal lui ont donné accès à des documents internes couverts par le secret de l’instruction. Et le journaliste d’ajouter que, a contrario, la publication de son article sera dommageable pour le Hezbollah et lui fera peut-être perdre les élections.

Si le Spiegel a légitiment choisi son camp, il est déplorable que cela lui fasse rendre compte de l’enquête du Tribunal spécial sans le moindre esprit critique. La fuite organisée de l’intérieur du Tribunal pose, quant à elle, une grave question sur l’impartialité de cette juridiction.

On se souvient que, au moyen de logiciels sophistiqués, les enquêteurs libanais, assistés par la Commission d’enquête de l’ONU, avaient passé au peigne fin les 94 millions de communications téléphoniques ayant eu lieu dans la période de l’attentat à Beyrouth. Ils avaient constaté que plusieurs numéros prépayés avaient été activés ce jour-là, qu’ils avaient émis des appels les uns vers les autres sur le parcours du convoi du président Hariri, puis n’avaient plus été utilisés, sauf pour quelques appels « sortants » [7]. Juste après avoir commis leur crime, les conspirateurs avaient tenté de joindre directement ou indirectement quatre généraux libanais, qualifiés en langage médiatique occidental de « pro-Syriens ». Sur la base de cette présomption, le chef de la Commission de l’ONU, Detlev Mehlis, avait fait arrêter les quatre généraux le 30 août 2005 et mis en cause la Syrie. Mais ces appels sortants ne prouvant rien du tout, sinon que les conspirateurs souhaitaient désigner aux enquêteurs ces quatre généraux, les suspects ont été libérés par le Tribunal après trois ans et demi de détention préventive [8]. La Commission des Droits de l’homme de l’ONU avait qualifié cette incarcération demandée par les enquêteurs de l’ONU « d’arbitraire » [9].

Le Tribunal aurait découvert qu’un autre appel sortant a été donné depuis un des téléphones mobiles des conspirateurs. Il conduit vers une jeune femme qui s’avère être la compagne d’Abd al-Majid Ghamlush, un résistant du réseau du Hezbollah, ayant reçu une formation militaire en Iran. Au sein de la Résistance, cet individu serait placé sous les ordres d’Hajj Salim, lequel dirigerait une cellule obéissant aux seuls ordres d’Hassan Nasrallah. Salim serait donc le cerveau du complot et le secrétaire général du Hezbollah en serait le commanditaire.

Le problème est que, si cette méthode d’investigation a été jugée erronée dans le cas des quatre généraux, on ne voit pas pourquoi elle serait soudain devenue correcte pour mettre en cause le Hezbollah. Peu importe : puisque la piste syrienne est morte, voici venir la piste iranienne. Erich Follath précise en effet que si le Hezbollah n’avait pas de mobile clair pour tuer le président Hariri, ses soutiens en Iran pouvaient en avoir. Bref, veuillez cocher la case suivante dans la liste « Axe du Mal ».

Un Tribunal tout aussi spécial que la Commission

La Commission d’enquête de l’ONU avait sombré dans le ridicule avec la Justice-spectacle de son premier président, l’Allemand Detlev Mehlis, dont même le Spiegel pense le plus grand mal [10]. Elle s’était fourvoyée en recourant à de faux témoins bientôt démasqués. Elle avait progressivement retrouvé en crédibilité avec le Belge Serge Brammertz, puis avec le Canadien Daniel Bellemare. Ce dernier ayant été nommé président du Tribunal spécial, l’on pouvait espérer que cette juridiction ferait preuve du sérieux qui avait manqué à la Commission à ses débuts.

Seulement voilà, le Tribunal dispose de ses propres enquêteurs et ceux-ci ont été choisis sur recommandation de Detlev Mehlis. M. Mehlis est un ancien procureur qui a fait sa carrière en Allemagne de l’Ouest à l’ombre de la CIA avant de travailler à Washington pour le WINEP, un think tank satellite de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) [11]. M. Mehlis, de nationalité allemande, mais éligible à la nationalité israélienne, s’entoura à Beyrouth d’une équipe majoritairement composée d’Allemands et d’Israéliens. Le nouveau chef des enquêteurs est l’Australien Nick Khaldas. En réalité un Égyptien naturalisé australien, également éligible à la nationalité israélienne [12]. Ainsi, le même groupe de pression reste aux manettes, il emploie les mêmes méthodes, et poursuit les mêmes objectifs bien éloignés de la recherche de la vérité : mettre en accusation ceux qui s’opposent aux États-Unis et à Israël au Proche-Orient.

Au demeurant, le problème ne se limite pas aux élucubrations de M. Mehlis et de ses amis, il concerne le Tribunal spécial, ses fuites organisées dans la presse et son absence de volonté de poursuivre les pistes dont il dispose.

Durant les trois années où Detlev Mehlis et ses relais dans la presse atlantiste ont crié haro sur la Syrie et ont dénigré les juges Brammertz et Bellemare, ils ont produit un témoin miracle venu corroborer les soupçons, Mohammed Al-Siddiq. Ce personnage trouble s’est finalement rétracté après que l’on ait mis en évidence des invraisemblances dans ses propos. Il a trouvé refuge en France et devait être entendu par le Tribunal afin de comprendre qui avait voulu manipuler la Justice. Or, ce témoin avait disparu au nez et à la barbe des policiers français [13]. Ayant imprudemment noué contact avec sa famille, les services secrets syriens retrouvèrent sa trace aux Émirats arabes unis, où il fut arrêté en possession d’un faux passeport tchèque. Interrogé aux Émirats par l’équipe de Daniel Bellemare, il décrivit sur procès-verbal comment il avait été recruté, payé et protégé par quatre personnalités dont le ministre pro-US Marwan Hamade et l’oncle pro-US du président syrien, Rifaat el-Assad.

Affolé de cette découverte, le Tribunal a décidé de renoncer à citer à comparaître l’ex-témoin-clé. Son audition conduirait automatiquement à la mise en examen de ses commanditaires et tournerait les regards vers… Washington et Tel-Aviv.

Quoi qu’il en soit, les enquêteurs de l’ONU et le Tribunal spécial se grandiraient en examinant la piste Cheney avec l’acharnement dont ils ont fait preuve pour la piste syrienne et qu’ils retrouvent pour la piste iranienne.

Par Thierry Meyssan pour le Réseau Voltaire, le 24 mai 2009
 


Références :

[1] « Dick Cheney aurait commandité l’assassinat de Rafic Hariri », Réseau Voltaire, 7 mai 2009.

[2] « New Evidence Points to Hezbollah in Hariri Murder », par Erich Follath, Spiegel Online, 23 mai 2009.

[3] Das Auge Davids. Die geheimen Kommandounternehmen der Israelis, par Erich Follath, Goldmann Wilhelm éd, 1985. Ouvragé réédité, en 1989, par le groupe Bertelsmann.

[4] Sur cette intox, lire « Washington veut réécrire les attentats de Buenos-Aires », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 juillet 2006.

[5] « La Fondation Bertelsmann au service d’un marché transatlantique et d’une gouvernance mondiale », par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 20 mai 2009. Pour approfondir : La Fondation Bertelsmann et la « gouvernance » mondiale, par Pierre Hillard, François-Xavier Guibert éd., 2009, 160 pp.

[6] Reconnaissons au Spiegel l’honnêteté d’avoir au moins essayé de contre-enquêter, ce qu’aucun autre grand médias n’a tenté de faire. Observons au passage que certains auteurs m’ont reproché de ne pas avoir fait ce qu’ils n’ont pas fait et que le Spiegel a constaté qu’il était impossible de faire : investiguer sur les lieux des attentats dont l’accès est interdit aux médias au nom du Secret-Défense.

[7] « Utilisation de cartes téléphoniques prépayées » (§148 à 152 et §199 à 203) in Premier rapport de la Commission Detlev Mehlis sur l’assassinat de Rafic Hariri.

[8] « Affaire Hariri : l’ONU clôt la piste syrienne et libère les quatre généraux libanais », Réseau Voltaire, 29 avril 2009.

[9] « Rapport du Groupe de travail de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur les détentions arbitraires », 29 janvier 2008.

[10] « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih ; «  Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », entretien de Jürgen Cain Kulbel avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005 et 15 septembre 2006.

[11] L’AIPAC se définit comme le lobby ro-israélien aux USA. Voir Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, La Découverte éd. (2009), 500 pp.

[12] « Un étrange enquêteur nommé au Tribunal spécial de l’ONU pour le Liban », Réseau Voltaire, 22 décembre 2008.

[13] « Kouchner a « perdu » le témoin-clé de l’enquête Hariri », par Jürgen Cain Külbel, Réseau Voltaire, 21 avril 2008.

Oser douter et débattre dans le respect d’autrui

A l’instar des médias dominants, Monsieur X a, dans sa récente émission sur France Inter consacrée au 11 Septembre, traité avec condescendance les nombreuses personnes dans le monde qui remettent en cause la thèse officielle du complot islamiste.

Dans son entretien en trois parties, l’«ancien agent des services secrets» a survolé voire balayé du revers de la main la majorité des questions les plus épineuses. Il a volontairement passé sous silence les voix dissidentes de personnes hautement qualifiées (voir par exemple le document Plus de 40 Mr X remettent en cause la version officielle des attentats de 2001) et omis de mentionner dans sa bibliographie les ouvrages de références publiés par les éditions Demi-Lune. A la fin de l’émission, il conclut qu’on "peut très bien rester critique et même lucide sans pour autant verser dans le délire conspirationniste", montrant sa volonté de stigmatiser ceux qui doutent un peu trop en les faisant passer pour des malades mentaux. Mais comme le disait Nietzsche « Ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude. »

Etant donnée l’ampleur de la contestation, l’absence d’un débat sur le sujet du 11 Septembre constitue un déni de démocratie. C’est ce qu’a très bien compris un certain Richard, blogueur sur Mediapart, comme le montre son billet reproduit ci-dessous.
 


 
Oser douter et débattre dans le respect d’autrui

Aujourd’hui, s’il y a bien un sujet qui n’a pas "bonne presse" dans nos médias, ce sont les arguments remettant en question la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Bon nombre d’émissions et d’articles ont stigmatisé ces dernières années les personnes et mouvements osant douter de l’explication communément admise. Parfois à juste titre (dérives antisémites) mais trop souvent de manière partiale. Quand aux arguments avancés par ces "chercheurs de vérité", ils sont présentés presque toujours superficiellement, parfois volontairement déformés ou tout simplement ignorés. Comme dans le cas d’une grippe mutante et virulente, ils sont censés mettre en danger notre santé (mentale) de citoyens consommateurs.

Récemment, le 4 avril, un article scientifique est paru dans une revue professionnelle à comité de lecture (The Open Chemical Physics Journal, 2009, 2, 7-31). Son titre traduit en français: "Un matériau thermitique actif découvert dans les poussières de la catastrophe du 11 septembre 2001". Rédigé par une équipe de 9 chercheurs internationaux (dont 7 provenant des USA), l’article met en évidence, à l’aide de techniques d’analyses courantes, la présence de traces d’un explosif "high tech" dans 4 échantillons de poussières. Dûment répertoriés, ils proviennent des bâtiments effondrés et ont été récoltés le jour même et les jours suivants de ces terribles attentas. Cette information a été relayée à peu près uniquement par une chaîne TV danoise ; l’auteur principal de cet article étant professeur à l’Université de Copenhague.

On peut à juste titre souligner que la caution d’une publication dans une revue à comité de lecture, même prestigieuse (ce n’est pas le cas ici), n’est pas la preuve de la véracité de la thèse avancée. Il n’est pas acceptable par contre que cet article n’ait pas fait l’objet d’une plus large diffusion vu son importance. Bien qu’effectivement destiné aux professionnels de la branche, il montre néanmoins de manière indiscutable que le débat sur la remise en question de la version officielle des attentats du 11 Septembre touche l’ensemble des communautés de notre société, dont les plus prestigieuses.
Citoyens d’états démocratiques soucieux du respect d’autrui et de la liberté d’expression de chacun, nous devons faire face à la réalité et accepter que la version communément admise expliquant les attentats du 11 Septembre 2001 est aujourd’hui contestée au plus haut niveau.

Le débat public doit avoir lieu. C’est son absence, et non l’inverse, qui menace les fondements de nos systèmes démocratiques.

A ceux qui dénoncent "un usage dément du principe du doute", nous leurs rappelons les mots du philosophe des Lumières René Descartes : "Pour examiner la vérité, il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut."


Par Richard69, le 23 mai 2009 sur mediapart.fr
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Un avocat de la Commission sur le 11 septembre déclare : le gouvernement a accepté de mentir

L’avocat-conseil de la Commission sur le 11 Septembre – John Farmer – déclare que le gouvernement a accepté de ne pas dire la vérité sur le 11/9, faisant écho aux affirmations des autres membres de cette même commission, qui ont conclu que le Pentagone était impliqué dans une tromperie délibérée concernant leur réponse aux attaques.

John Farmer

Farmer a fait office d’avocat-conseil pour la Commission sur le 11 Septembre (connue officiellement sous le nom de « Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis »), et est également un ancien procureur général du New Jersey.

Le livre de Farmer sur son expérience au service de la Commission est intitulé : "The Ground Truth : The Story Behind America’s Defense on 9/11", et doit paraître demain. Il dévoile comment "le public a été sérieusement trompé concernant ce qui s’était produit le matin des attaques", et Farmer lui-même déclare que "à certains niveaux du gouvernement, à un certain moment… il y avait un accord pour ne pas dire la vérité sur ce qui s’est passé."

Seuls les plus naïfs discuteraient du fait qu’un accord pour ne pas dire la vérité est un accord pour mentir. La position de Farmer est que le gouvernement a accepté de créer une version officielle mensongère sur les événements afin de dissimuler la véritable histoire derrière le 11 Septembre.

L’éditeur du livre, Houghton Mifflin Harcourt, déclare que "Farmer établit sans aucun doute possible que la version officielle n’est pas seulement partiellement fausse, mais sert à créer une fausse impression d’ordre et de sécurité."

En août 2006, le Washington Post signala que "quelques membres de l’équipe de la Commission sur le 11 Septembre ont conclu que la première histoire décrivant la façon dont le Pentagone avait réagi aux attaques terroristes pourrait faire partie d’un effort délibéré pour induire en erreur la commission et la population, plutôt que le reflet du "nuage d’événements" de ce jour-là, selon les sources impliquées dans le débat."

Le rapport révéla comment la commission constituée de 10 membres suspectait fortement une dissimulation, à tel point qu’ils envisageaient de signaler le problème au Département de la Justice pour solliciter une enquête criminelle.

"Nous n’avons à ce jour aucune idée de la raison pour laquelle le NORAD (le North American Aerospace Command) nous a dit ce qu’il nous a dit", a déclaré Thomas H. Kean, l’ancien gouverneur républicain du New Jersey, qui dirigeait la commission. "C’était si loin de la vérité… c’est une de ces absurdités qui n’a jamais été résolue."

Farmer lui-même est cité dans l’article du Washington Post, déclarant : "J’étais choqué de constater à quel point la vérité était différente de la façon dont elle était décriteles cassettes du NORAD (défense aérienne) racontaient une histoire radicalement différente de ce qui nous avait été expliqué, et au public également, pendant deux ans… Ce n’est pas la vérité."

Comme nous l’avons également signalé en août 2006, les quelques portions des enregistrements du 11 Septembre fait par le NORAD, qui était présentées dans un article de Vanity Fair, apportent peu de réponses aux questions des personnes sceptiques concernant l’inefficacité des défenses aériennes du 11 Septembre, et augmentent au contraire l’impression d’incompatibilité entre la version officielle des événements et ce qui est réellement connu pour s’être produit ce jour-là.

Ne nous y trompons pas, Farmer ne dit pas que le 11 Septembre était un "inside-job" [coup monté de l'intérieur - NDT], mais le témoignage de Farmer, ajouté à ceux de ses collègues de la commission, mène à la conclusion que, peu importe ce qui s’est réellement passé le 11 Septembre, l’histoire officielle donnée à la population ce jour-là et qui demeure la version officielle des autorités encore aujourd’hui, est un mensonge - d’après ceux-là mêmes qui furent désignés par le gouvernement pour enquêter sur cette affaire. Ceci est un fait qu’aucun "debunker" ou apologiste du gouvernement ne pourra jamais légitimement nier.
 

Par Paul Joseph Watson pour Prison Planet.com, le 14 avril 2009

 

Au nom du 11 Septembre… (suite)

Le Business des experts en terrorisme décortiqué dans un livre sur les retombées du 11 Septembre

Roland Jacquard, Xavier Raufer, Antoine Sfeir, Antoine Basbous… Autant de spécialistes hyper médiatiques des questions de terrorisme et dont le discours est analysé et décrypté dans « Au nom du 11 septembre… Les démocraties à l’épreuve du terrorisme ». « Bakchich » publie en exclusivité les bonnes feuilles de l’ouvrage.

Au nom du 11 septembre… Les démocraties à l’épreuve de l’antiterrorisme est un ouvrage collectif qui sort aux éditions La Découverte le 11 septembre. Coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, respectivement universitaires et journaliste, il regroupe les écrits de plus d’une trentaine de spécialistes européens et de journalistes, tous pointus dans leur domaine.

De l’Afghanistan à l’Irak, en passant par l’Algérie, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la France, la Russie et bien sûr les États-Unis, cet ouvrage se penche, preuves à l’appui, sur les graves dérives et manipulations d’une lutte contre le terrorisme marquée au fer rouge par l’ampleur des attentats du 11 septembre 2001 à New York. Le tout sans oublier le durcissement des législations qui restreint les libertés, les conséquences du renforcement de la coopération antiterroriste internationale, notamment avec les États-Unis du président Bush, ou encore les actions ouvertes ou clandestines violant sciemment le droit international.

Au nom du 11 septembre - GIF - 43.9 ko
Au nom du 11 septembre
© La Découverte

Le chapitre dont Bakchich produit des extraits est écrit par le journaliste Thomas Deltombe. Sans aucune concession, il décrypte le mode de fonctionnement et les petits arrangements des « experts » en terrorisme qui trustent les écrans de télévision français et influencent donc l’opinion publique.

Publié le 8 septembre 2008 par Bakchih

Les intertitres et les passages en italique sont de Bakchich.

Armer les esprits : le business des « experts » à la télévision française par Thomas Deltombe

La naissance du marché des experts médiatiques

Nous sommes dans les années 80. C’est l’époque des attentats contre les « intérêts occidentaux » au Liban en 1983 et du « terrorisme proche-oriental » à Paris. Face à cette nouvelle donne sécuritaire, les journalistes sont désarmés. Les premiers « experts » font leur apparition dans les médias. Vingt ans plus tard, ils sont toujours là…

Les sollicitations médiatiques sont telles que certains journalistes commencent à se transformer eux-mêmes en « spécialistes ». Roland Jacquard, ancien journaliste au Canard enchaîné et collaborateur de diverses publications parisiennes, multiplie les livres sensationnalistes sur l’« internationale terroriste ». Xavier Raufer, ancien activiste d’extrême droite reconverti dans la presse magazine, milite pour la reconnaissance médiatique et universitaire d’une « science » dont il s’est fait une spécialité : la criminologie des « menaces contemporaines ». C’est l’époque aussi où le journaliste Antoine Sfeir, correspondant d’un quotidien libanais à Paris, fonde les Cahiers de l’Orient, auxquels contribuent des journalistes et des chercheurs. À la fin des années 1980, le « marché médiatique de l’expertise antiterroriste », pour reprendre une expression d’Hervé Brusini [aujourd’hui l’un des responsable de France 3], est en voie de constitution. (…)

Espèce à risque, les « spécialistes » qui interviennent dans les médias font l’objet d’une attention particulière de la part des hautes sphères du pouvoir, constate Roland Jacquard en 1986 : « On les craint, on les flatte, on cherche à les utiliser comme intermédiaires. Combien d’entre eux ont servi de provocateurs, d’agents de liaison ! Certains se muent rapidement en agents d’influence, de renseignement, d’intoxication, peut-être non rétribués, mais remerciés par des études toutes préparées, des possibilités de scoop. » [ A la guerre de l’info comme à la guerre

Après la première guerre du Golfe, les « experts » commencent à méchamment occuper les médias et en particulier les écrans de télévision. Les journalistes peuvent dormir tranquilles, leurs plateaux sont assurés.

Les stratèges militaires le savent : toute guerre est en partie une guerre de l’information. Cette idée reprend de la vigueur en France dans les années qui suivent la fin de la guerre froide. La première guerre du Golfe (1990-1991), riche en manipulations en tout genre, en est un bon exemple. C’est d’ailleurs lors de cette guerre que s’épanouit le marché de l’expertise médiatique : les « experts militaires » se démultiplient pour répondre à la demande des chaînes de télévision, que la concurrence pousse à organiser d’interminables « éditions spéciales ».

Xavier Raufer fait la promotion médiatique de son Atlas mondial de l’islam activiste [3] (…)

À la veille de l’an 2000, les médias sont donc plus que jamais une cible. Cible des armées qui remettent au goût du jour les « opérations psychologiques » mises de côté depuis la fin de la guerre d’Algérie. Cible aussi des grands groupes industriels qui se servent du « vecteur médiatique » pour déstabiliser leurs concurrents. Cible enfin d’une armée de consultants à la recherche d’un levier promotionnel pour pénétrer le marché en expansion de la « sécurité ».

Face à ces assauts, la télévision ne semble pas disposée à réagir. Cause ou conséquence de l’explosion du « marché de l’expertise », les journalistes ont tendance à se désinvestir de leur métier, remarque Hervé Brusini, aujourd’hui l’un des responsables de la chaîne publique France 3. Travaillant dans l’urgence, éloignés des lieux où se fait l’actualité mondiale, ceux qui travaillent pour les médias classiques se reposent sur ces « experts » qui ne refusent jamais de meubler un plateau de télévision ou de remplir quelques colonnes de journaux. Une forme de sous-traitance qui permet en outre aux journalistes d’externaliser leur responsabilité éditoriale. Le média n’est dès lors plus qu’une boîte vide, que les journalistes remplissent en distribuant des cartons d’invitation.

Apparue sur les écrans de télévision français en septembre 2001, l’émission C dans l’air est une bonne illustration de cette logique de désinvestissement généralisé. Bien que diffusée sur France 5, la chaîne éducative du secteur public, l’émission est en réalité totalement privatisée : réalisée dans les locaux d’Europe 1 (groupe Lagardère), elle est produite par Maximal Productions (groupe Lagardère), société dirigée par Jérôme Bellay (à l’époque patron d’Europe 1). Émission de news and talk, le principe consiste pour le présentateur, Yves Calvi (transfuge d’Europe 1), à se mettre dans la peau du « Français moyen » en posant des questions sur un ton faussement naïf et en relayant certaines de celles que les téléspectateurs envoient par SMS.

En direct, ces questions sont distribuées par le présentateur à un panel d’« experts » que l’équipe de C dans l’air a préalablement « castés » [On retrouve le même dispositif dans nombre d’émissions, en particulier sur les chaînes d’information en continu qui, par nature et par souci d’économies, sont très gourmandes d’intervenants extérieurs, généralement non rémunérés, pour remplir le temps d’antenne (LCI lancée par le groupe Bouygues-TF1 en 1994, et I-Télé lancée par le groupe Vivendi-Canal plus en 1999). C’est dans ce contexte de vampirisation du journalisme par l’« expertise » qu’intervient le 11 septembre 2001. (…)

Et le 11 septembre fût…

Les experts médiatiques n’ont évidemment pas raté le coche des attentats du 11 septembre 2001 et l’avènement d’un nouvel ordre mondial…

Le retour foudroyant du « terrorisme » dans l’actualité après le 11 septembre a puissamment consolidé la position des experts médiatiques — et en particulier de ceux qui font profession d’exploiter la peur. Car les médias exigent des réponses « expertes » à de multiples questions : que s’est-il passé et que doit-on maintenant craindre ? Qui est Ben Laden et que se passe-t-il « dans le monde musulman » ? Maintenant que « l’impensable est devenu réalité » et que le terrorisme a muté en « hyperterrorisme », les journalistes des grands médias ont tendance à faire une confiance aveugle aux scénaristes du pire.

C’est ainsi que Guillaume Bigot, obscur professeur d’économie de l’université privée Léonard-de-Vinci, sort de l’anonymat. Auteur en 2000 d’un recueil intitulé Les Sept Scénarios de l’apocalypse, il avait, dit-on, « prophétisé » le 11 septembre. Honoré de ce fait du titre de « spécialiste en géopolitique », il sera invité à faire des démonstrations d’anticipation cataclysmique sur de nombreux plateaux de télévision et il entamera une prolifique carrière d’essayiste — il tentera même sa chance en politique (comme candidat chevènementiste aux élections législatives de 2002). Un parcours qui montre que l’« apocalypse » se vend bien et que la consécration télévisuelle peut ouvrir d’intéressantes perspectives de carrière. Par un soigneux glissement du conditionnel à l’indicatif, et du « possible » au « certain », les experts du genre décrivent la situation post-11 septembre comme une terrifiante période de danger perpétuel.

La plus belle réussite de l’après-11 septembre est sans doute le come back médiatique de Roland Jacquard. L’« expert » qui prophétisait depuis plus de vingt ans l’inimaginable (terrorisme nucléaire, détournement d’avion par des virus informatiques, etc. [Fin connaisseur des médias, Roland Jacquard sait en effet que les journalistes qui l’invitent ont tellement besoin d’« experts » pour remplir les plateaux et pour répondre « aux questions que se posent les téléspectateurs », qu’ils n’interrogeront jamais publiquement la pertinence de tels « titres » [7] — sans risque d’être démenti. La forme étant de loin plus importante que le fond, ses prestations médiatiques se résument pour l’essentiel à une sidérante rafale de chiffres à prétention scientifique et d’anecdotes d’apparence technique visant à démontrer l’imminence d’une « attaque bactériologique », de l’explosion d’une « bombe radiologique » ou de l’« infiltration en France de dangereux virus ». La conclusion est toujours la même : « Il faut être extrêmement prudent, et se préparer à cette guerre de demain, parce qu’elle arrivera malheureusement un jour [Outre les « experts » des techniques opérationnelles terroristes, la configuration des plateaux de télévision prévoit systématiquement la présence de « spécialistes du monde arabo-musulman », censés donner aux téléspectateurs un peu d’intelligibilité géopolitique à l’action d’Al-Qaida et des autres mouvements « islamistes ». Les figures emblématiques en la matière sont sans conteste Antoine Sfeir et Antoine Basbous (ancien porte-parole en France des Phalanges chrétiennes libanaises, devenu essayiste) : selon l’hebdomadaire Télérama (31 janvier 2007), en ne prenant en compte que les chaînes hertziennes, Antoine Sfeir est intervenu 240 fois à la télévision entre le 11 septembre 2001 et le 11 septembre 2006 (soit prêt d’une fois par semaine en moyenne, vacances comprises) et Antoine Basbous 121 fois. Leur formidable succès médiatique s’explique largement par le fait qu’ils sont de « bons clients » : ils tiennent un discours simple et inquiétant, beaucoup plus facile à vendre que les analyses nuancées proposées par des chercheurs comme Bruno Étienne, Olivier Roy ou François Burgat.

Le business avant tout…

Si intervenir dans les médias est bon pour la visibilité, cela ne nourrit pas pour autant son homme. Du coup, plusieurs experts ont monté des structures de conseil.

On comprend mieux cette adaptation à l’alarmisme ambiant lorsque l’on sait que le « directeur de l’Observatoire des pays arabes » (Antoine Basbous), le « président de l’Observatoire international du terrorisme » (Roland Jacquard) et le « président du Centre d’études et de réflexion sur le Proche-Orient » (Antoine Sfeir) sont aussi, et surtout, des consultants. En dépit de son aspect universitaire, l’Observatoire des pays arabes est une SARL : « Créé en 1992, explique son site Web [Plus énigmatique, l’« Observatoire international du terrorisme » de Roland Jacquard consiste en une simple page Web dont tous les liens renvoient à un autre site, « Sentinel, analyses et solutions », lettre confidentielle fondée par Roland Jacquard en 1986 qui propose aux entreprises des « sessions de sensibilisation et de formation » et des « services opérationnels : audits, enquêtes financières, etc. ». Quant à Antoine Sfeir, il travaille comme consultant pour assurer l’implantation de certaines entreprises dans le « monde arabe » et rédige des rapports pour diverses administrations françaises (Secrétariat général de la défense nationale, Délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense, etc.) [11]. » (…).

De l’art d’être expert ou le cas Eric Denécé

Pour Thomas Deltombe, l’auteur de ce chapitre, Eric Denécé représente « sans doute l’exemple le plus abouti de cette génération d’experts post-11 septembre. » Portrait.

Ayant travaillé dans sa jeunesse comme analyste au SGDN (1986-1989), il s’est ensuite engagé « à titre personnel » dans « les maquis cambodgiens luttant contre les Vietnamiens » avant de devenir ingénieur commercial chez Matra Défense. Reconverti dans l’intelligence et la sécurité économique, il s’occupera dans les années 1990 de la défense des intérêts de Total en Birmanie : dans la jungle, en coordination avec l’armée birmane, et sur le papier, en dénonçant des « opérations de déstabilisation » initiées, selon lui, par les Américains contre le pétrolier français. Anticommuniste fervent, fin connaisseur des méthodes contre-insurrectionnelles et passionné par les services secrets, il crée en 2000 une association baptisée « Centre français de recherche sur le renseignement » (CF2R).

En bon spécialiste des opérations psychologiques, Éric Denécé connaît les recettes pour se faire inviter sur les plateaux de télévision. Il faut, dit-il, « être disponible » quand on vous appelle, « avoir un titre ronflant qui crédibilise », savoir « faire des phrases courtes, pour permettre aux journalistes de vous couper au montage ». Appliquant toutes ces règles à la lettre, il deviendra en tant qu’« ancien du renseignement » et « directeur du CF2R » un des experts en terrorisme les plus convoités. Ses activités de consultant, de conférencier, de formateur et d’essayiste ne semblent pas souffrir de la grande disponibilité qu’il accorde aux médias. Auteur en 2005 d’une étude aussi remarquée qu’angoissante sur le « développement de l’islam fondamentaliste en France » (pour le compte d’une entreprise de la grande distribution) et d’un ouvrage sur le risque terroriste pesant sur l’industrie touristique, Éric Denécé a pour objectif avoué de « créer une culture du renseignement » dans la société française : il a publié en 2007 un livre sur le sujet, qui a été pensé, dit-il, « pour être vendu chez Auchan, dans les gares, pour que les gens lisent ça sur les plages en vacances » ; et il travaillait la même année sur un projet de parc d’attraction, Spyland, consacré au monde mystérieux de l’espionnage… (…)

Que valent les informations des « experts » ?

Le fait que les « experts » jouissent d’un quasi monopole de l’analyse sur le terrorisme ou le monde arabo-musulman dans de nombreux médias, le bien-fondé de leurs informations est plus que jamais d’actualité.

Laissant en permanence entendre qu’ils ont un « accès privilégié » à certaines « sources sensibles », ils ne spécifient jamais la nature de cet « accès » et l’identité de ces « sources ». Le halo de mystère dont ils s’entourent ressemble fort à un écran de fumée : leur cadre conceptuel n’est le plus souvent qu’une simple copie de celui des services et les « informations » non sourcées qu’ils « dévoilent » divergent rarement de celles que les journalistes rubricards tirent des sources policières ou judiciaires.

En pratique, ce sont souvent les mêmes faits et les mêmes idées qui sont colportées de plateau en livre et de livre en plateau. En matière de terrorisme, les vraies informations sont en effet aussi rares que nombreux les porte-parole. C’est ainsi, par exemple, que le « rapport » précité d’Éric Denécé sur le « développement de l’islam fondamentaliste en France » s’appuie très largement sur des écrits journalistiques. On y trouve notamment une « excellente description » du développement de l’islamisme extraite du livre du journaliste algérien Mohamed Sifaoui, Lettre aux islamistes de France et de Navarre [13].

Ce dernier ouvrage, presque exclusivement bâti sur des rapports et des déclarations issus des RG, de la DST et du SGDN, revient sur de nombreuses affaires de « terrorisme islamiste » qui avaient déjà fait l’objet de centaines d’articles et d’ouvrages. Le « rapport » d’Éric Denécé n’en fut pas moins ovationné par l’éditorialiste du Figaro Yvan Rioufol, et il a reçu les hommages appuyés de Philippe de Villiers, qui consacrera quatre pages de son pamphlet islamophobe Les Mosquées de Roissy [Si les experts-consultants sont en général des obsessionnels du consensus, ils n’ont pas toujours les mêmes avis sur telle ou telle politique, ou tel ou tel régime. Fondateur au lendemain du 11 septembre d’un « centre de recherche » aux impressionnantes connotations anglo-saxonnes, le European Strategic Intelligence & Security Center, le journaliste Claude Moniquet défend par exemple contre vents et marées la war on terror de George W. Bush. « Ne polémiquons pas, lance-t-il en janvier 2002 à propos du camp de Guantanamo. Je crois que cette polémique est ridicule de toute façon. Je pense qu’il n’y a pas de vrai problème de droits de l’homme à Guantanamo. Il faut être sérieux quand on parle de ces choses ! Ces gens ne sont pas torturés, ces gens sont traités de manière décente. Il faut se rappeler que ces gens, lorsqu’ils étaient au pouvoir, il y a deux mois, lapidaient les femmes, égorgeaient les gens dans les stades, coupaient les mains et empêchaient les femmes de travailler, d’aller à l’école. »

Antoine Sfeir, plus critique quant à lui à l’égard de Washington, est en revanche moins loquace à propos de la dictature tunisienne. Certains voient dans ce silence un lien avec le livre on ne peut plus élogieux qu’il a consacré à la Tunisie en 2006, dans lequel il justifie les restrictions démocratiques imposées par le président Ben Ali à ses compatriotes. « Faudrait-il accepter que les États-Unis se protègent contre l’islamisme et non la Tunisie, où le danger est pourtant bien plus réel et pressant ? », argumente-t-il [


Références :

[1] (Roland Jacquard, La Guerre du mensonge. Histoire secrète de la désinformation, Plon, Paris, 1986. P. 111)

[2] (La Table ronde, 1991)

[3] (Thomas Deltombe, L’Islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2006, La Découverte, Paris, 2005, P. 125-143.)

[4] (Jérôme Bellay, « Garantis incollables », Télérama, 31 janvier 2007. Ainsi, la consultation des archives de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) montre que Xavier Raufer a été invité dix-huit fois dans cette émission, entre janvier 2007 et novembre 2007, pour s’exprimer sur des sujets aussi variés que les « gangs de banlieue », les Roms, les « bébés à vendre », Al-Qaida ou le pillage des œuvres d’art…)

[5] (Interrogé sur TF1 le 20 juillet 2001 à l’occasion du sommet du G8 à Gênes (Italie), il avait évoqué une possible attaque « par canots à moteur » ou « par deltaplane ». Information qu’il tenait, disait-il, des services de sécurité occidentaux et… « soviétiques » (sic))

[6] (Les fonctions de Roland Jacquard à l’ONU sont pourtant assez mystérieuses. Aucun des sites web de l’organisation internationale ne mentionne son nom dans un quelconque organigramme. Les messages que nous avons envoyé aux instances onusiennes chargées des questions de terrorisme sont restés sans réponse. Le chercheur Arnaud Le Gall n’a pas eu plus de succès en essayant de contacter Roland Jacquard lui-même. Selon plusieurs « experts » et journalistes que nous avons interrogés, c’est en tant que « conseiller » du président gabonais Omar Bongo que Roland Jacquard serait accrédité à l’ONU.)

[7] (Les 4 Vérités, France 2, 14 septembre 2001)

[8] (« La déferlante kamikaze », C dans l’air, France 5, 19 mai 2003)

[9] (www.opa-conseils.fr)

[10] (Bernard Godard et Sylvie Taussig, Les Musulmans en France. Courants, institutions, communautés : un état des lieux, Robert Laffont, Paris, 2007, p. 324.)

[11] (Entretien avec l’auteur, 19 juin 2007)

[12] (Le Cherche-Midi, 2004)

[13] (Albin Michel, 2004)

[14] (Albin Michel, 2004)

[15] (Voir « La Sfeir tunisienne », Bakchich, 23 août 2006 ; et Alain Gresh, « Illustration et apologie de la dictature tunisienne », Carnet du Diplo, 20 septembre 2006)

L’Express et sa vision de l’antisémitisme

L’Express, le très populaire journal de décryptage de l’information en France, publie chaque semaine un dossier. Cette semaine : Les nouveaux réseaux antisémites. Le dossier est divisé en trois rubriques : 1) Dieudonné dans ses œuvres, 2) Les amis très particuliers du centre Zahra, et 3)Internet, comment la haine tisse sa toile.

Illustration de l’article par l’Express

La première partie revient sur des provocations de Dieudonné qui, régulièrement, tient des propos très discutables. Dans la deuxième partie, il est question de groupes musulmans antisionistes. Enfin, la troisième traite des DANGERS DU NET.

Le titre de cette dernière partie donne immédiatement le ton. Vous connaissez la formule : "Sur Internet on trouve tout et n’importe quoi". Cette formule est répétée à l’envi  dans nombre de journaux et d’émissions. [Cf. l’extrait de l’émission "Complément d’Enquête" - Ndlr] 

Etudions comment est structurée la rubrique qui traite de l’antisémitisme sur Internet. Elle débute par le portrait du site Altermedia.>

"Dans ce qui reste une zone de non-droit, les réseaux antisémites ont trouvé un terrain de propagande. Au-delà des sites les plus en vue, ils usent de stratégies trompeuses pour véhiculer leurs thèses. Décryptage de ces techniques."

Selon l’Express, "Le but d’Altermédia ? Donner la parole aux "ignorés" des médias classiques. Son nom sonne comme un site d’information. Il en a même toutes les apparences : ici des articles, là des chroniques… Sauf que c’est un site non pas d’information, mais de propagande".

En informant ses lecteurs des "vraies origines" du site, l‘Express essaie de démontrer que le but de ce type de média alternatif est ni plus ni moins la manipulation. Étant donné que le site américain a été fondé par David Duke, ancien membre du Ku Klux Klan, le lecteur qui se donnera la peine de "creuser" les articles y trouvera des idées antisémites…

Mais pourquoi parler d’un site de média alternatif et non pas du site de J-M Le Pen, du MRR etc… qui sont autrement plus portés sur la propagande raciale et du danger que représente l’étranger, n’en déplaise aux extrême droitistes !

La manière dont l’Express présente les choses n’est pas anodine : il prend comme exemple de site alternatif qui "dit ce que les médias traditionnels ne disent pas" un site dont le fondateur est une personne a priori infréquentable et dont les articles sont en effet plus ou moins discutables. Mais l’amalgame est rapidement fait par le lecteur de l’Express : les "soi-disant médias alternatifs" sont créés pour véhiculer de drôles d’idées, et surtout pas les bonnes…

Vient ensuite un deuxième article mis en valeur par un titre en rouge (tous les autres titres du dossier sont en noir…) : 

Opération 11 Septembre

L’article, placé dans un encadré, est reproduit ci-dessous :

"Eric Hufschmid, Willis Carto. Ces deux Américains, inconnus du grand public en France, partagent un antisémitisme forcené, dont ils ne font pas mystère. L’un le déverse sur son blog, l’autre en abreuve les pages de sa publication, la revue d’extrême droite American Free Press. Mais ils ont un autre point commun : ils ne croient pas à la thèse officielle concernant les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Pour eux, les vrais responsables sont à rechercher du côté de la communauté juive.

Il serait faux de croire que ces théories du complot n’ont aucun écho. Internet a fait la célébrité de Hufschmid et Carto, nouveaux vengeurs masqués, pourfendeurs du « prêt-à-penser » médiatique. Deux vidéos, diffusées sur la Toile depuis 2005, alimentent le phénomène : Loose Change (80 minutes) et 9/11 Mysteries (90 minutes) font figure de références pour les tenants du complot. Beaucoup ignorent que, derrière les images d’archives, les démonstrations techniques et les témoignages d’experts, se dissimule le duo Hufschmid-Carto.

Ainsi, dans 9/11 Mysteries (2006), il ne faut pas attendre plus de vingt minutes avant d’entendre le premier – présenté comme un expert en découpe des métaux – exposer son point de vue sur l’effondrement des tours new-yorkaises. Quant au film Loose Change, dont il existe trois versions, il puise une partie de ses arguments dans American Free Press. Autre constat : ses promoteurs bénéficient de moyens importants. La production de la dernière version en date (novembre 2007), baptisée "Final Cut", aurait coûté 200.000 dollars – soit cent fois plus que la mouture initiale.
À ce jour, 100 millions de personnes ont regardé ces films. L’humoriste Jean-Marie Bigard et l’actrice Marion Cotillard les ont cités publiquement, exprimant, eux aussi, leurs doutes sur le 11 Septembre. Avant de s’en excuser ensuite…
"

Le premier paragraphe de cet encadré n’est pas construit n’importe comment. D’abord, il présente deux Américains inconnus du public. Ensuite, il montre qu’ils sont ultra antisémites. Enfin, il précise que tous deux ne croient pas à la thèse officielle du 11 Septembre.

Vous rendez-vous compte ? Deux antisémites réfutent la thèse officielle du 11 Septembre ! Vous n’allez pas nous dire que vous partagez leurs idées ?! Encore une fois, l’Express favorise chez son lecteur la création d’un amalgame : si vous réfutez cette thèse vous aussi, attention, faites preuve d’introspection, il est fort probable que vous soyez aussi un dangereux antisémite !

L’Express enchaîne : sur LA TOILE, – un monde différent du nôtre dangereusement tissé par des conspirateurs acharnés et antisémites ?-, le succès de films tels que Loose Change et 911 Mysteries démontre que les révisionnistes parviennent à manipuler une partie de l’opinion.

Ainsi, dans le film "9/11 mysteries", L’Express note qu’Eric Hufschmid intervient au bout d’à peine 20 minutes… Mais ce que l’Express omet de préciser est qu’Eric Hufschmid est quelqu’un qui doute d’absolument TOUT. Il se demande si les chambres à gaz ont existé, si Wikipedia n’est pas l’oeuvre du diable et même si Alex Jones, qui n’est pas un militant antisioniste, est quelqu’un d’intègre. Il suppose même qu’étant très en faveur du judaïsme le but d’Alex Jones est de tromper les vrais chercheurs pour la vérité en les détournant du complot Israëlien qui, pour lui, ne fait absolument aucun doute. Et en effet, Mr Eric Hufschmid a de gros doutes sur les analyses des experts du Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre et il le revendique sur son blog.

Sur son site, on peut lire ceci : "Veuillez considérer que les gens auxquels vous faites confiance pour dévoiler la corruption, tels que Amy Goodman (de Democracy Now), Alex Jones (www.infowars.com), Webster Tarpley (auteur de 9/11 Synthetic Terror : Made in USA), Dave von Kleist (de radio show PowerHour), et des centaines ou des milliers d’autres, nous trompent. Pourquoi ces gens mentiraient-ils ? Voici une explication : pour s’en tirer avec les crimes, feindre de combattre le crime."

Deuxième point : l’Express induit ses lecteurs en erreur en affirmant que Loose Change prend ses "arguments" à American Free Press. Loose Change s’appuie sur des faits, des interviews, des constats, une chronologie pour proposer, dans sa version 2 aujourd’hui la plus diffusée, un compte rendu alternatif à la version officielle. Les arguments sont bâtis sur le croisement des faits et l’interprétation qu’on leur donne. Or American Free Press ne présente pas d’arguments à proprement parler.

Ensuite, pourquoi l’Express tient-il à préciser que la troisième version de Loose Change (bientôt diffusée en France par ReOpen911) a coûté $ 200.000 ? La réponse est simple, si je complète la phrase de l’Express :

La production de la dernière version en date (novembre 2007), baptisée Final Cut, aurait coûté 200.000 dollars (soit 200.000 dollars dépensés à des fins de propagande antisémite), c’est à dire 100 fois plus que la mouture initiale.

Le début de l’article étant encore dans l’esprit des lecteurs, ces derniers déduisent de façon inconsciente que beaucoup d’argent est dépensé dans de pareilles foutaises de propagande «conspirationniste », de quoi indigner et effrayer n’importe qui.

Enfin, l’article s’achève par le bouquet final : "À ce jour, 100 millions de personnes ont regardé ces films. L’humoriste Jean-Marie Bigard et l’actrice Marion Cotillard les ont cités publiquement, exprimant, eux aussi, leurs doutes sur le 11 Septembre. Avant de s’en excuser ensuite…"

L’Express évite bien entendu de parler de Mr Chauprade, ou de Guiletto Chiesa, ou encore de Cynthia Mckinney

En revanche, il précise en conclusion que Mr Bigard et Mlle Cotillard se sont excusés (et ont reconnu qu’ils faisaient fausse route ?).

De cette petite analyse du dossier de l’Express, il est possible de déduire plusieurs choses :

1. La Presse établie refuse le débat sur le 11 Septembre en occultant systématiquement les arguments factuels mettant en cause la théorie officielle. Il faut à tout prix induire chez le lecteur l’envie de s’en détourner. Dans ce but, on fait croire que les personnes à l’origine des documentaires « conspirationnistes » les plus populaires ont des idées très discutables qu’il n’est pas bon de partager, même partiellement.

2. Cette entreprise de décrédibilisation est parfaitement réfléchie. L’Express présente l’article encadré juste après un article sur "tout et n’importe quoi sur le web, et surtout […] l’antisémitisme dans les soi-disant voix dissidentes des médias traditionnels", ceci afin d’amener le lecteur – qui ne possède aucune connaissance réelle des faits – à penser inconsciemment que l’ « Opération 11 Septembre » est une opération de manipulation antisémite.

3. Les auteurs de tels articles sont très bien informés ; comment un journaliste ne connaissant rien au 11 Septembre saurait-il qu’à la vingtième minute de 9/11 mysteries intervient un homme possédant un blog dans lequel une sous-rubrique présente des arguments antisionistes ? Ou qu’une partie de la chronologie et des témoignages de Loose Change 2 est basée sur des documents mis à disposition par American Free Press ?

On peut donc penser que les journalistes connaissent un tant soit peu le sujet … Or, après avoir vu ces deux films susmentionnés, il est IMPOSSIBLE de ne pas constater que la version officielle présente au moins plusieurs zones d’ombre. Ainsi, il est clair que la tentative de décrédibiliser le Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre, tout au moins en France, est bien organisée, d’une manière qui vise à EMPECHER le lecteur de chercher par lui-même des informations sur ce sujet. En effet, comment peut-on oser aller voir une projection de Loose Change une fois que l’on "sait" que des antisémites y ont participé? Ce serait presque un crime !

Par ailleurs, j’ai tenté de poster un message de réponse sur le site de l’Express, mais celui-ci n’a pas été validé par la modération.

Il faut faire très attention à tout ceci et s’interroger sur les raisons pour lesquelles tout est fait en France pour ETOUFFER l’affaire et EMPECHER les citoyens de chercher des informations sur le sujet. Tous les moyens sont bons pour faire taire (Bigard et Cotillard obligés de s’excuser publiquement, Chauprade viré, journalistes de France 24 mis au placard, etc…) ou pour décrédibiliser ceux qui veulent la vérité sur les attentats du 11 septembre 2001, non pas avec des arguments, mais plutôt de manière insidieuse et détournée.

"Nous sommes totalement indépendants, personne ne nous dicte quoi écrire ou sur quoi chercher, nous sommes le plus objectif possible et personne ne nous met des bâtons dans les roues, nous sommes 200 % libres." David Pujadas – Présentateur du 20 heures de France 2.

Le 11 Septembre, il fallait à tout prix que les avions ne soient pas interceptés, et tout a été mis en oeuvre pour cela.

Aujourd’hui, il faut à tout prix que personne ne se penche sur ce dossier, et tout est mis en oeuvre pour cela.

Annexe : Echanges de ROBIN avec l’Express

L’un des membres du forum, ROBIN, a contacté l’Express suite à son dossier, voici le mail qu’il leur a envoyé :

Premier message de ROBIN :

Internet, comment la haine tisse sa toile
>Ca y est y’avait longtemps qu’on avait pas seriné cette antienne aussi éculée qu’honteusement mensongère : ceux qui doutent du dogme (car c’est devenu un dogme qu’il est interdit de discuter) officiel de la version bushienne des attentats du 11 septembre = antisémites, négationnistes, révisionnistes……..et comme d’habitude sans la moindre réfutation factuelle point par point des arguments sur la base d’un dossier très lourd qui a été mis au point depuis des années non seulement par les familles des victimes mais par des dizaines d’associations demandant une réouverture de l’enquête : ingénieurs, architectes, pilotes, militaires de tous niveaux, universitaires, politiques de tous niveaux etc.….. tous des antisémites négationnistes révisionnistes……Descartes aussi pendant qu’on y est !!
Ces insultes ressorties à tous sujets et de préférence hors de propos sont devenues des tartes à la crème du terrorisme intellectuel permettant de faire taire toute opposition et discussion rationnelle.

Réponse de l’Express :

Bonjour,
Votre message a été modéré.
Merci de ne pas vous servir de notre site pour diffuser de fausses informations.
Bien à vous,

Deuxième message de ROBIN :

Bonsoir,
Vous avez censuré un de mes messages pour cause de fausses informations.
Qu’entendez-vous par fausses informations ? Car de toute évidence votre article en recèle pas mal non plus.
M.ROBIN

Deuxième réponse de l’Express :

Bonsoir,
A peu près chaque mot de votre court message. Bien à vous,
Eric Mettout – EMETTOUT@lexpress.fr

Je pense que ce court échange parle de lui-même.

Voilà comment la haine tisse sa toile…

 

par Aurélien pour ReOpenNews

 

Note ReOpenNews : un autre article, complémentaire avec celui d’Aurélien, a été rédigé sur Agoravox en réaction de l’article de l’express. Nous vous invitons également à le lire : Les contre-vérités de l’Express

L’ancienne juge d’instruction Eva Joly écrit à Sarkozy à propos de l’indépendance de la justice

Que peut-on dire de notre démocratie qui abandonne l’indépendance des deux piliers que sont les médias (comme le prouvent l’existence et le contenu même de ce site ReOpenNews et de tant d’autres sites d’information dite "alternative" !) et la justice en France ? Eva Joly, l’ancienne juge d’instruction qui a affronté sur le terrain juridique des hommes et des femmes de pouvoir, alerte ici l’opinion publique sur le danger que représente la suppression du "juge d’instruction" voulue par notre Président.

Avant même la lecture de son message, la question se pose de savoir quelle confiance prêter au gouvernement actuel pour mettre en place un véritable "juge DE l’instruction" (sic), qui serait vraiment indépendant du pouvoir politique. N’est-ce pas le sens même de cette future réforme que de supprimer ce fameux juge d’instruction qui a si longtemps, en France, fourré son nez dans les affaires financières et politiques les plus troubles, sans aucune emprise possible de la part des gens "de pouvoir". Après la mise en coupe réglée de nos médias, assiste-t-on, au travers de cette réforme de la justice prévue pour cette année, à la destruction du dernier rempart protégeant nos libertés et notre Justice ? Voici l’avis de l’ex-juge d’instruction Eva Joly.

Eva Joly

 
LE MONDE | 15.01.09

“Monsieur le président,

Supprimer le juge d’instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice à l’égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d’indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique.

Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu’un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu’un juge indépendant. Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de “rivalité” entre le politique et le judiciaire. La rivalité n’est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques. Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c’est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s’empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l’a observé justement : “C’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites.” Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d’un magistrat en France peut en témoigner.

Qui peut encore croire que le juge d’instruction est “l’homme le plus puissant de France” ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L’homme le plus puissant de France, c’est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d’euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.

LE SPECTACLE DE L’IMPUNITÉ

A de rares exceptions, en matière financière, il n’y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs. La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l’encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa La justice aurait dû enquêter pour crever l’abcès. Elle ne l’a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l’impunité. Une justice dépendante, c’est une justice qui n’ouvre pas d’enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir. Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n’y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun.

Est-ce cette face-là de la justice qu’il faut faire ressortir au XXIe siècle ? Le juge d’instruction est le fruit de notre histoire. Il n’existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d’arbitraire.

Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l’oeuf. Vous voulez confier les enquêtes au parquet ? Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n’a guère été votre choix. Les contempteurs des juges d’instruction affirment qu’il est impossible d’instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n’ayez l’intention d’accorder aux avocats un pouvoir d’enquête… Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l’image de la justice américaine.

En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l’arbitraire et l’inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l’idéal de 1789 d’égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j’appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.

Eva Joly, ancienne magistrate

Vers un nouveau révisionnisme ?

 En congédiant Aymeric Chauprade, Hervé Morin, ministre de la Défense, aurait-il instauré un délit de révisionnisme à l’encontre des théories alternatives sur les attentats du 11 Septembre ?

Aymeric Chauprade, géopoliticien renommé chargé de cours au collège interarmées de défense, vient d’être débarqué par le ministre de la défense suite à un article du Point qui l’accuse de « déformer l’histoire du 11 Septembre » dans son récent ouvrage consacré au choc des civilisations.

Le motif invoqué pour la sanction met en évidence une prise de position très claire du ministre de la défense à l’encontre des théories alternatives sur les attentats du 11 septembre 2001. Le ministre parle notamment de « relents inacceptables » s’agissant de la thèse d’un « complot israélo-américain imaginaire visant à la conquête du monde ».

Il est cependant troublant de constater, à la lecture de son chapitre, que Chauprade ne fait qu’exposer l’existence de théories alternatives réfutant l’histoire officielle du 11 Septembre et généralement qualifiées de "conspirationnistes". Il n’apparaît nulle part qu’il les cautionne, gardant à l’évidence une distance à leur égard.

L’anathème révisionniste

Ce qui paraît très étonnant, c’est cet usage très ciblé de termes habituellement réservés aux affaires de négationnisme et d’antisémitisme. On se souvient que Thierry Meyssan avait déjà été taxé de révisionniste lors de la sortie de son ouvrage « L’effroyable imposture » relatif au 11 septembre. Est-ce à dire que désormais, tout ce qui touche aux attentats du 11 septembre relève d’un registre historiographique assimilable à celui de la Shoah ? Une telle instrumentalisation paraît non seulement déplacée, eu égard à la mémoire collective, mais politiquement périlleuse.

Israël définitivement intouchable ?

N’est-il pas étonnant qu’on puisse admettre des centaines de complots plus ou moins fantaisistes pourvu qu’ils ne touchent pas Israël ? D’une manière générale, toute hypothèse ou jugement, aussi délirants soient-ils, mettant en cause les Israéliens, à tort ou à raison, doivent-ils être qualifiés d’antisémites ? N’est-il pas tout aussi antisémite de faire porter aux Arabes la responsabilité du 11 Septembre ? Un complot en valant un autre, selon le point de vue géopolitique adopté, il est à craindre que ce genre d’instrumentalisation plombe sérieusement toute tentative d’analyse, et Chauprade semble en faire aujourd’hui les frais.

Un phénomène sociétal mondialisé

La question se pose : Chauprade devait-il ou non évoquer ces théories alternatives ? La réponse semble s’imposer d’elle-même : si l’on tape « 9/11 » sur Google.fr, il en résulte 133 millions de pages (contre 153 millions sur Google.uk) dont la grande majorité appartiennent à des sites réfutant l’histoire telle qu’elle est officiellement admise par les pouvoirs politiques, les médias et l’opinion publique. Il s’agit par conséquent d’un phénomène non négligeable, de dimension mondiale, à travers lequel s’expriment des millions de personnes plus ou moins bien intentionnées et qui influencent des millions d’internautes, jeunes et moins jeunes, de manière durable et avec des conséquences sociétales difficiles à évaluer.

Ainsi Chauprade évoque un phénomène à caractère géopolitique qui va s’amplifiant sur Internet et qu’il serait stupide d’ignorer, alors même qu’il peut avoir une influence directe sur l’analyse du choc des civilisations, qui est le thème de son ouvrage.

Or n’est-ce pas le rôle d’un chercheur en sciences humaines et sociales que d’observer ce genre de réalités ? Et ne serait-ce pas celui des journalistes que de s’en préoccuper ? On peut ainsi légitimement se demander pourquoi si peu d’entre eux s’intéressent au phénomène, en dehors d’Eric Laurent au demeurant peu contesté par ses pairs, et d’un improbable mais courageux article dans le Nouvel Obs.

Le retour du grand inquisiteur ?

Finalement cette affaire soulève bien des questions : Chauprade porte-t-il atteinte au renom de l’institution militaire en déclarant qu’il ne peut se prononcer sur la « thèse officielle » ? Jean Guisnel peut-il légitimement condamner Chauprade pour l’usage de ce terme, lequel se réfère au rapport de la commission américaine sur les attentats du 11 septembre ? Aux yeux de Guisnel, ce terme signe t-il l’aveu d’une croyance hérétique en d’autres vérités (interdites), et fait-il de Chauprade le suppôt des conspirationnistes ? Pour Hervé Morin, la « thèse officielle » est-elle raison d’Etat ? Les néoconservateurs américains, Bush, Rumsfeld et consors sont-il à ce point dignes de confiance qu’un rapport suffise à entériner l’Histoire ? Quid de la liberté de l’information, et de l’indépendance des chercheurs ?

Des questions sans réponses

N’importe quel analyste, journaliste ou scientifique intellectuellement honnête et indépendant peut hésiter à se prononcer sur cette « thèse officielle ». Les raisons et arguments ne manquent pas, si ce n’est l’absence de preuves formelles ou « les mensonges et les silences » que dénonce Eric Laurent lequel pose de sérieuses questions sans pouvoir y répondre.

Ce n’est donc pas en jetant l’anathème ou en feignant d’ignorer ce phénomène, que ministres et journalistes « bien pensants » empêcheront la rumeur d’enfler, bien au contraire. On s’étonne même qu’un professionnel comme Jean Guisnel, qui accuse Chauprade de partialité, puisse être aussi complaisant à l’égard des conclusions de l’enquête soit disant scientifique de l’Institut officiel de normalisation américain, lesquelles reposent essentiellement sur des avis d’experts et des simulations informatiques. L’abus du terme scientifique relève ici du faux argument d’autorité. Si on ajoute à cela les mots piégés (relents), la diabolisation, les amalgames, l’insinuation, Jean Guisnel est pris en flagrant délit de propagande, et son article ressemble à s’y méprendre à une opération de déstabilisation.

« La vérité est ailleurs » (X-Files)

Les vérités officielles permettent généralement de contrôler les opinions publiques en attendant que le temps long de l’Histoire fasse son oeuvre. On peut d’ailleurs comprendre que l’intérêt supérieur des états consiste à adopter ce principe de raison suffisante, au nom de la paix sociale et de la sécurité. N’est-ce pas le rôle de la diplomatie que d’accommoder les mensonges et les silences au profit de la stabilité géopolitique ?

Mais c’est compter sans Internet, sans la société et ses autoroutes de l’information, sans l’intelligence et l’éducation collective de millions de personnes qui peuvent aujourd’hui exercer leurs compétences aussi bien au travail que durant leurs loisirs. Grâce à Internet, l’expertise n’a ni horaires ni frontières et de fait, une expertise en valant une autre, nul ne s’étonnera que les peuples puissent être de plus en plus réticents à digérer à la demande toutes les « thèses officielles ».

L’inéluctable conclusion

En définitive, le « crime » de Chauprade n’est-il pas d’avoir ouvert une boite de Pandore ? De fait, sur l’affaire du 11 Septembre, on n’échappera pas, sous peine de voir grossir encore les rangs des conspirationnistes de tous poils, à la création d’une commission d’enquête indépendante. Composée de chercheurs, journalistes et experts, sa mission sera non pas d’établir une vérité improbable, mais de statuer sur la capacité d’Internet à informer ou désinformer l’opinion au regard des éléments factuels disponibles tant du côté de la thèse officielle, que de celui des thèses alternatives ou dites conspirationnistes. Nul chercheur, expert ou journaliste honnête, quelle que soit son opinion sur la question, ne pourra réfuter une telle démarche, à commencer par Jean Guisnel et Aymeric Chauprade. L’enjeu est considérable, à commencer par l’éducation de nos enfants.

Par Luc Rivet sur Agoravox, le 21 février 2009
Liens rajoutés par ReOpenNews

 

Complet manque d’enquête : L’effroyable montage

Que vaut l’information sur Internet ? Rien, ou pas grand chose, selon Thomas Horeau et Régis Mathé, auteurs d’un reportage surréaliste diffusé en fin d’année dernière dans Complément d’enquête sur France 2. Un reportage qui avait pour but de ramener les brebis égarées de l’Internet sur le droit chemin cathodique. Effet inverse garanti !

Au delà de l’exemple précis que je donne dans cet article, c’est une attitude plus générale des médias traditionnels vis-à-vis d’Internet qui est questionnée.

Derrière l’agressivité et la haine, il y a souvent une souffrance, une peur, une fébrilité. De nombreux journalistes, dans leurs reportages, font montre depuis plusieurs années d’une attitude très négative, faite de méfiance, de suspicion, presque de haine, lorsqu’ils traitent d’Internet. Des échanges qui s’y déroulent, des informations qu’on y trouve. Est-ce à dire qu’Internet les mette en danger, les inquiète, leur inflige une souffrance ?

Un certain nombre d’entre eux entretiennent un mauvais rapport au Net, d’abord parce qu’ils y perçoivent une concurrence à leur travail, jugée inacceptable, une source de critiques aussi, auxquelles ils ont bien du mal à se faire. Ensuite, tout simplement, parce qu’ils ne semblent pas bien connaître l’objet de leur courroux ; ils développent alors la peur classique que l’on éprouve devant l’étranger, l’inconnu, ce qu’on ne comprend pas, et qui nous dépasse, et met à mal les cadres figés de notre monde. Alors on attaque, on se défend, on mord, on montre les crocs.

Cette attitude désastreuse a pu être constatée, de manière particulièrement claire et caricaturale, dans un reportage abracadabrantesque de l’émission Complément d’enquête sur France 2, le 1er décembre 2008. D’aucuns auront dû se pincer pour croire ce qu’ils voyaient, tant ce reportage semblait avoir été fait par des hommes d’un autre temps, d’un autre siècle. Internet y était présenté comme le mal, le lieu de toutes les perditions en matière d’information, du moins lorsqu’il est le terrain de jeu, libre et sans contrainte, des amateurs, non encadrés par les professionnels des médias.

Biaisé d’entrée. Le reportage, signé Thomas Horeau et Régis Mathé, était intitulé "La vérité est ailleurs" et présenté ainsi sur le site de France 2 : "Ils ne font plus confiance aux médias traditionnels. Désormais ils s’informent uniquement sur Internet. Sites d’infos indépendants, débats citoyens, échanges de vidéos, mais aussi rumeurs, mensonges et films truqués ; pourquoi le web est-il devenu leur unique référence ?" D’emblée on remarque un présupposé : les aficionados d’Internet auraient rompu avec les médias traditionnels, ils ne s’informeraient plus que sur le seul média Internet. Et ils seraient de ce fait en grand danger, car soumis aux fausses informations, qui pullulent sur Internet, tandis que les médias traditionnels en sont, eux, comme chacun sait, exempts.


Complement de Desinformation France 2
par geanvert38

Crescendo. La construction du reportage parle d’elle-même. C’est un passage en revue de différents sites : d’abord Hoaxbuster, qui déniche les fausses rumeurs du Net, pour rétablir la vérité. Le ton est déjà donné : Internet est le royaume de la rumeur et du faux. Attention danger. Puis, le site ReOpen911, qui recense des informations sur les attentats du 11-Septembre et milite pour la réouverture d’une enquête indépendante, et que le reportage présente, en gros, comme ce qui se fait de pire sur Internet en matière de propagation de fausses informations. On est là au coeur de la Rumeur, presque dans l’antre de la folie… La séquence qui traite de ce site est d’ailleurs introduite par une accumulation d’informations, plus risibles et ridicules les unes que les autres : "Nicolas Sarkozy et Carla Bruni chantent en duo à l’Elysée… la preuve en image de visiteurs venus d’un autre monde…"

Puis vient le tour d’AgoraVox, "autoproclamé le média citoyen" (on continue dans le registre de l’imposture), où l’on ne trouverait que "très peu d’info, et beaucoup, beaucoup de commentaires". Si le site ne propose, en effet, que peu d’informations inédites, il est faux de dire qu’il ne contient que peu d’informations ; il en regorge. Même dans une analyse, une critique, un point de vue, l’auteur se base en général sur des informations (souvent sourcées) ; en outre, il peut en effet participer aux commentaires de son article, pour éclaircir certains points et débattre, ce que Thomas Horeau et Régis Mathé ne peuvent pas faire suite à leur reportage ; heureusement pour eux, tant ils se feraient vraisemblablement incendier.

Combat d’arrière-garde. Ensuite, la raison d’être d’AgoraVox serait, nous dit-on, qu’un nombre croissant d’internautes ne se fient plus aux journalistes – jugés "paresseux et suivistes" et soumis à "une censure qui ne dit pas son nom" – et ne se fieraient "plus qu’à la toile pour s’informer". Dans cette curieuse assertion, le journaliste semble oublier que tous les médias sont aujourd’hui sur Internet, que nombre d’individus regardent la télévision, écoutent la radio et lisent la presse traditionnelle sur la toile, sans plus passer par les canaux anciens. La distinction rigide entre médias traditionnels et Internet est donc absolument désuète aujourd’hui et vient créer un antagonisme qui n’existe pas en réalité, ou qui est largement exagéré. Internet met simplement tous les médias, professionnels ou non, au même niveau, les rend sujets à la critique et à l’enrichissement de chacun, ce que les mauvais journalistes continuent de vivre comme un scandale et une souffrance, au lieu de comprendre que c’est au contraire une chance pour eux, comme l’a montré le journaliste de la Silicon Valley Dan Gillmor, dès juillet 2004, dans son livre We the media – et dont la célèbre devise est : "Mes lecteurs en savent plus que moi" (alors coopérons !).

Silences coupables. Le reportage nous présente l’un des rédacteurs d’AgoraVox, Manuel Atreide (appelé ici simplement "Manuel"), pour nous dire que lui, ce qu’il n’aime pas, ce sont les journalistes qui ne paient pas leur place à l’opéra (sans préciser pourquoi) et que ce qu’il aime, c’est de ne pas avoir un rédacteur en chef qui lui dit sur quoi écrire. Un peu court comme description… lorsque l’on sait que l’équipe de France 2 a passé 2h30 en sa compagnie ! En effet, invité le 6 décembre dernier des Immédiatiques sur France Culture, pour parler de son expérience de rédacteur sur AgoraVox, Manuel Atreide n’a pas manqué de se plaindre du montage – d’une minute – que les journalistes de Complément d’enquête ont fait de son interview… longue de 2h30. Avait-on intérêt à taire les motivations du "journaliste citoyen" pour faire apparaître sa démarche comme puérile, relevant du simple caprice ?

Le critique littéraire Pierre Assouline, qui débattait avec Manuel Atreide, a jugé que celui-ci était "tombé sur un mauvais journaliste" : "Votre type de France 2, il était pas bon, et c’est pas parce que vous êtes tombé sur quelqu’un d’approximatif et qui était pas un très bon journaliste qu’il faut en faire une règle".

Certes, pas de généralité ; même si, lorsque l’on traite d’Internet, les reportages équilibrés se font rares. Un récent reportage d’Envoyé spécial (France 2) sur Facebook a ainsi, à son tour, défrayé la chronique, prenant le parti de mettre l’accent sur tous les dangers potentiels du célèbre réseau social, et en passant sous silence ses aspects positifs. De très nombreux internautes ont vivement réagi à ce reportage, décortiquant notamment ses approximations, au point que France 2, ébranlée par ce tollé, leur a proposé de faire eux-mêmes un reportage sur le sujet, que la chaîne a promis de diffuser sur son site Internet.

Mensonges par omission. Des approximations, il y en a, et pas qu’un peu, dans le reportage de Complément d’enquête. Ainsi, on laisse penser que, sur AgoraVox, les articles passent en ligne selon la seule volonté des internautes qui votent "sous pseudonyme" (ce qui est le cas de certains, mais pas de tous). Le choix du plus grand nombre, d’une marée d’anonymes… laisse-t-on penser. Sans autre préalable. C’est tout simplement omettre l’ensemble du processus de modération, dont les étapes sont pourtant décrites sur le site, et dont on peut imaginer que Carlo Revelli, le fondateur d’AgoraVox, a parlé aux reporters venus l’interroger. Le reportage veut laisser entendre que tout peut passer en ligne, et qu’aucun filtre n’existe. Faux. Au lieu de s’intéresser aux inévitables imperfections d’un système en constante évolution, on fait croire que le système de filtrage n’existe tout simplement pas. On parle d’information "sans contrôle"… Et on préfère mettre l’accent sur une déclaration faite manifestement en off par Carlo Revelli, où il dit en blaguant craindre "l’horrible montage" que les "horribles journalistes" feront de son interview… Il s’agit de faire passer les internautes pour des paranoïaques, qui craindraient sans raison les montages des vertueux journalistes : en revenant, dans un instant, sur le cas de ReOpen911, on verra que cette crainte est malheureusement plus que justifiée. Notons encore que le reportage affirme que la "une" d’AgoraVox résulte du choix des internautes, alors qu’elle relève, jusqu’ici, de celui de la rédaction. On n’en est plus à une approximation près…

La rumeur de Val. Le reportage traite enfin de sites d’information indépendants, mais animés par des journalistes professionnels : Rue 89 et Mediapart. Le salut de l’information sur Internet ? Comme s’il fallait choisir entre les uns et les autres… Mais on peut même en douter, puisque Thomas Horeau et Régis Mathé, entre la présentation de ces deux sites, donnent la parole, sans réserve apparente, à Philippe Val, qui ne dirige pourtant aucun site, mais un journal papier, Charlie Hebdo, et qui vient nous dire que l’information crédible sur Internet, "c’est juste une bonne blague dans le royaume du n’importe quoi" (l’homme est connu depuis janvier 2001 pour sa position farouchement "internetophobe" [1], qui explique sans doute son intervention dans ce reportage au parti pris assez explicite). Pour illustrer sa brillante idée, Philippe Val lance face caméra : "Y a jamais eu d’avions sur les Twin Towers, et en plus y avait pas de juifs dedans et c’est les Américains qui ont envoyé les avions, mais tout ça doit tenir ensemble. Mais sur Internet, ça tient, ça touche un peu les murs, mais ça tient". L’humanité la plus élémentaire aurait sans doute voulu que ces propos incohérents soient coupés au montage… tant ils ridiculisent leur auteur.

Selon Philippe Val, ces propos existent sur Internet ; on aimerait lui demander où. La première idée qu’il lance n’est soutenue par personne, si ce n’est par quelques illuminés qui se comptent sur les doigts de la main. La deuxième est une rumeur que celui-là même que l’on présente comme le pape du complotisme, Thierry Meyssan, a démontée dans son livre L’Effroyable imposture… dès 2002 ! Sur Wikipédia, on peut lire : "L’historien Pierre Rigoulot écrit dans son livre L’Antiaméricanisme : « Meyssan n’hésite même pas à relancer les plus odieuses rumeurs sur la responsabilité du Mossad car "les juifs avaient été prévenus et étaient peu nombreux dans le bâtiment" ». Ce livre a été condamné en diffamation par jugement de la 17e chambre du TGI de Paris, le 13 avril 2005, Pierre Rigoulot ayant inventé de toutes pièces cette fausse citation de Thierry Meyssan alors même que celui-ci réfute cette thèse dans L’Effroyable imposture" (voir aussi ce débat sur LCI, le 21 mars 2002, à partir de 8min30). Val est aujourd’hui l’un des seuls à continuer à donner vie à cette rumeur, enterrée depuis longtemps, au moins en France.

De précieuses images.
Arrêtons-nous justement, un instant, sur la séquence du reportage consacrée à ReOpen911 (que l’association a "débunkée" en vidéo, et que l’éditeur Arno Mansouri a aussi décryptée longuement sur le Réseau Voltaire). Nous avons la chance de disposer de la quasi intégralité de l’interview, que les personnes interrogées ont eu la bonne idée de filmer. Et le décalage entre ce film de 53 minutes et les 2 minutes sélectionnées par les journalistes de France 2 est saisissant. Ce qui est extraordinaire, c’est que la voix off du reportage introduit la séquence en disant : "Une défiance jusqu’à l’excès, jusqu’à l’obsession du complot. Ce jour-là, ils acceptent de nous recevoir, mais en filmant l’entretien. Ils se méfient des journalistes, de leurs questions et de leurs montages…" Et, alors qu’on s’attendrait à un montage irréprochable, fidèle, honnête, compte tenu de la dénonciation qui précède d’une défiance injustifiée, le reportage va nous présenter le montage le plus malhonnête qui soit, le plus à charge, le plus biaisé, le plus mensonger même. A noter que c’est la deuxième fois, avec le passage de Carlo Revelli, que le journaliste ironise sur la crainte injustifiée de ses interlocuteurs vis-à-vis de son futur montage… ce qui ne va pas l’empêcher de commettre son méfait. C’est ce qu’on appelle le culot.


Com.d’enquête Images Reopen
par ReOpen911

A bas la complexité ! Ici, Thomas Horeau et Régis Mathé veulent faire passer un message simple, "sans ambiguité" : les "jeunes militants" qu’ils mettent en scène sont des "révisionnistes", qui "nient le 11-Septembre" ; on n’en fait parler qu’un seul, censé représenter tous les autres, et censé être aligné sur les premières déclarations maladroites de Jean-Marie Bigard. En regardant l’interview dans son entièreté, on est sidéré d’une telle manipulation. On y entend des gens réfléchis, qui ne pensent pas tous exactement la même chose ; l’un dit qu’il ne croit pas à la thèse de Thierry Meyssan du missile sur le Pentagone, qu’il adhère plutôt à l’idée d’un crash de Boeing, même si des questions subsistent. Un autre dit qu’il serait prêt à admettre qu’il se trompe, qu’il fait fausse route, qu’il en serait même heureux si on le lui montrait, mais qu’il souhaite un dialogue à base d’arguments, et pas d’insultes. Impensable d’intégrer de tels passages dans le montage final…

On remarque que le journaliste pose des questions souvent fermées, qui veulent simplifier le débat, comme s’il était à la recherche de la petite phrase définitive qui lui permettra de cataloguer une fois pour toutes ses interlocuteurs. Mais de manière sans doute assez désespérante pour lui, les personnes interviewées demeurent prudentes et appellent toujours à complexifier les problèmes. L’un dira à la fin que le point commun de tous les membres de son association, c’est qu’à un moment dans leur vie, ils ont eu la chance d’avoir du temps pour s’informer et prendre du recul ; Thomas Horeau et Régis Mathé n’avaient manifestement pas de temps à perdre dans la réalisation de leur reportage. Ils avaient une idée préconçue à faire valoir, une thèse, et n’ont pas démordu de leur projet ; au lieu que l’expérience ne les pousse à construire un angle à leur reportage, c’est l’angle, décidé manifestement en amont, qui a plié l’expérience pour qu’elle s’en accomode. Un journaliste devrait être ouvert à l’expérience, à l’imprévu, être réellement disposé à s’enrichir des rencontres qu’il fait, et non pas vouloir de manière forcée imposer ses préjugés.

Un joli roman. Au final, ce reportage de Complément d’enquête nous a-t-il proposé de l’information ? Cette denrée si rare sur Internet, à ce qu’on nous dit ? J’ai posé la question à Manuel Atreide. Voici sa réponse : "Le reportage est habilement fait. C’est plaisant, c’est rythmé mais ce n’est pas de l’info. C’est une histoire scénarisée, construite, pour laquelle on assemble des bouts d’interviews pour aller dans le sens qu’on veut donner. L’information, c’est raconter une histoire ou donner des faits pour que les gens se fassent leur propre idée ? Il n’y a rien à redire au reportage en lui-même, en ce qui me concerne, pas de déformation de mes propos. Mais c’est tout le montage que j’analyse comme problématique. Et je peux le faire puisque je sais ce qui a été dit, au moins en partie. C’est cela qui m’inquiète au fond. Thomas Horeau a fait un joli roman video. Pas de l’info. Selon moi !

Ce reportage est un comble : il dénonce la désinformation sur Internet, et pratique lui-même la désinformation. Il pointe la paranoïa des internautes, inquiets des montages malhonnêtes des journalistes, et (pour mieux leur donner raison ?) pratique le pire montage qui soit. Un reportage à diffuser assurément dans toutes les écoles de journalisme… comme contre-exemple à ne surtout jamais suivre !

Vigilants. Si Internet (sous-entendu : l’Internet amateur) diffuse inévitablement du faux (on se demande par quel miracle il en serait autrement), les médias traditionnels (c’est une autre évidence à rappeler) en sont aussi les vecteurs. L’article d’Ignacio Ramonet, "Médias en crise", publié en janvier 2005 dans Le Monde diplomatique, est une bonne piqûre de rappel, qui rappelle justement quelques-uns des plus retentissants bidonnages médiatiques aux Etats-Unis et en Europe, ou de simples erreurs, qui ont largement participé à remettre en cause la crédibilité des médias installés. Il rappelle aussi comment ces médias se sont parfois transformés, notamment en temps de guerre, en véritables organes de propagande et d’intoxication. Internet, qui n’est ni le média idéal ni le média du mal, aura eu au moins le mérite de mettre en lumière certains des mensonges ou des simples erreurs propagés dans les grands médias.

L’un des derniers exemples en date est la révélation, dans la blogosphère, qu’une vidéo-buzz, censée montrer les ravages causés par les bombes israéliennes sur des civils palestiniens début janvier à Gaza, datait en réalité du 23 septembre 2005 et faisait suite à l’explosion accidentelle d’un camion contenant des roquettes du Hamas dans un camp de réfugiés à Jabalya. Ce qui n’empêcha pas le 13h de France 2 de l’utiliser dans un de ses reportages, lundi 5 janvier, avant de s’excuser le lendemain de l’erreur.


Note :

[1] Philippe Val, éditorial de Charlie Hebdo du 17 janvier 2001, cité par ACRIMED : "A part ceux qui ne l’utilisent (Internet) que pour bander, gagner en bourse et échanger du courrier électronique, qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité. Vivre sous l’Occupation devait être un cauchemar. On pouvait se faire arrêter à tout moment sur dénonciation d’un voisin qui avait envoyé une lettre anonyme à la Gestapo. Internet offre à tous les collabos de la planète la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur médiocrité. C’est la réalité inespérée d’un rêve pour toutes les dictatures de l’avenir."


Annexe :

Il n’est pas inintéressant de mettre ces propos en rapport avec ceux tenus par Caroline Fourest sur France Culture le 30 janvier 2009. Dans les deux cas, on a affaire à des personnalités qui supportent mal certaines dérives facilitées par Internet, et qui – là est leur dérive propre – tendent à faire de comportements certes répréhensibles mais minoritaires le comportement-type de l’internaute moyen.


Caroline Fourest sur France Culture
par prochoix

Fourest s’en prenait, dans sa chronique, à un phénomène "en vogue sur Internet" : "la haine des médias, du système médiatique, qui semble devoir jouer le même rôle que la haine du lobby judéo-maçonnique ou que la focalisation sur l’immigration, celui du bouc-émissaire". Selon cette pensée, "les médias seraient tous un peu sionistes, manipulateurs et vendus au pouvoir". Cette "pensée complotiste", qui règne selon Fourest sur Internet, se caractérise par "l’absence délibérée de discernement et de raisonnement : le réflexe, l’amalgame et le préjugé remplacent l’analyse". On remarque ici qu’à une pensée simpliste (tous les médias nous manipulent), on en oppose une autre du même acabit (la foule des internautes est dangereusement paranoïaque).

Fourest en vient à justifier "l’allergie" d’un certain nombre de journalistes "à la pensée bouc-émissaire en vogue sur Internet". En effet, quoi que feraient les journalistes, ils seraient immanquablement critiqués. Et la fondatrice de la revue ProChoix, dont l’objet, rappelons-le, est la défense des libertés individuelles, de rêver tout haut à quelques freins à la liberté d’expression : "Autant l’avouer, il y a des moments où l’on se prend à regretter le temps où il fallait au moins prendre sa plume, rédiger une lettre, payer un timbre et aller à la Poste pour vous donner des leçons…". Le parallèle avec les nostalgiques du suffrage censitaire serait ici tentant… De la même manière que le peuple, sous le règne du suffrage universel, vote parfois mal (la dernière fois c’était en 2005, paraît-il…), il commente aussi parfois bêtement sur les forums. Est-ce une raison pour le lui interdire ?

Selon l’analyste de France Culture, "l’internaute possède sur le journaliste un avantage qui ne sert pas forcément le débat public : en un clic anonyme, le moindre redresseur de torts peut mentir, tronquer et insulter sans avoir à se justifier." On pourrait dire exactement la même chose (à la question de l’anonymat près) des journalistes ; le reportage de Complément d’enquête l’a illustré : des journalistes peuvent mentir (au moins par omission), tronquer, insulter (l’air de rien), sans avoir à se justifier. Caroline Fourest, en opposition frontale avec la conception de Dan Gillmor, semble regretter la prise de parole du plus grand nombre sur Internet et l’ascendant qu’avait autrefois sur lui la classe journalistique.

La journaliste dit ensuite son malaise face aux innombrables commentaires sur Internet, qui auraient jusqu’au redoutable pouvoir de nous faire perdre "tout courage de penser ; car "les redresseurs de torts" (les gens qui postent des commentaires) "sont les meilleurs chiens de garde de la pensée unique et molle. Si vous les écoutez tous, vous ne direz plus rien sur rien." Mais qui a dit qu’il fallait les écouter tous ? Par ailleurs, les "chiens de garde" n’existent-ils pas aussi parmi les journalistes ? Serge Halimi, auteur des Nouveaux chiens de garde, avait pourtant fait le boulot sur cette question… Déjà oublié ? Les "chiens de garde" sont partout, y compris en chacun de nous. Pas sûr cependant que "les meilleurs" d’entre eux (les plus puissants et efficaces) soient les commentateurs du web…

Rejetant finalement la tentation de haïr l’interactivité et l’outil web en lui-même (ouf…), Caroline Fourest reconnaît que les "miracles" existent parfois : "des commentaires constructifs, qui vous signalent une erreur ou vous mettent sur une piste et contribuent à ouvrir votre horizon de journaliste". Enfin un peu de positif… "Le propre du journaliste, proclame-t-elle, c’est d’avoir le cuir assez épais pour discerner le commentaire imbécile de l’alerte utile". On pourrait dire que c’est le propre de tout internaute, journaliste ou non, qui écrit sur Internet.

Conclusion : "[Internet] n’est qu’un média. Il n’existe aucun grand ordonnateur, nous sommes tous responsables de ce que nous en faisons". On le voit in fine, avec ces toutes dernières paroles modérées, qui tranchent avec l’attaque initiale : Caroline Fourest n’a rien contre Internet et la libre expression qu’il permet ; elle est seulement atterrée par la bêtise qui y règne parfois, et qui est la bêtise humaine (rien de neuf sous le soleil…), seulement plus visible qu’à l’époque du courrier des lecteurs. Une visibilité accrue qui lui fait grossir le phénomène et minimiser, à l’inverse, les manifestations de l’intelligence (collective ou non), qu’elle va jusqu’à qualifier de "miracles".

Face à Internet, Fourest verrait donc simplement le verre à moitié vide, quand d’autres le verraient à moitié plein… Quant à Philippe Val, un brin plus extrémiste, ses propos suggèrent qu’il n’a pas trouvé la moindre trace de liquide au fond du verre. Aurait-il tout bu ?

Par Taïké Eilée pour Agoravox, le 11 Février 2008

Guerre contre le terrorisme: Cherche slogan désespérément

Désireuse de donner une meilleure image de la stratégie américaine en Afghanistan, en Irak et au Pakistan, la nouvelle administration revoit son vocabulaire.


"La guerre contre le terrorisme est une mascarade",
affirmaient déjà ces manifestants lors d’une manifestation
à San Francisco en février 2007

Dans un nouvel effort pour se démarquer de l’administration Bush, le gouvernement de Barack Obama cherche des expressions alternatives à la "guerre contre le terrorisme" [War on Terror] décrétée par son prédécesseur. Ces derniers jours, les responsables de la sécurité nationale de la nouvelle administration se sont réunis à plusieurs reprises pour trouver de nouveaux termes susceptibles de décrire au mieux la stratégie américaine de lutte contre les groupes terroristes en Afghanistan, en Irak et au Pakistan. L’objectif est de forger une expression qui permettrait de requalifier les opérations américaines antiterroristes aussi bien d’un point de vue idéologique que militaire.

Barack Obama a publiquement annoncé la nouvelle approche de son administration dans un entretien accordé à CNN. "Je pense qu’il est essentiel pour nous de reconnaître que nous sommes en lutte, ou en guerre, contre certaines organisations terroristes. Les mots ont leur importance dans ce contexte parce que le seul moyen pour nous de gagner cette bataille passe par la conquête des cœurs et des esprits", a-t-il expliqué. Certains critiques dénoncent depuis longtemps l’emploi de la formule "guerre contre le terrorisme", en arguant que le terme terrorisme ne désigne pas un ennemi à proprement parler, mais une tactique.

Il y a quelques mois, des responsables des Affaires étrangères et de la Défense avaient tenté de remplacer "Guerre contre le terrorisme" par "Lutte contre l’extrémisme violent" [Struggle Against Violent Extremism]. Mais Bush avait aussitôt manifesté sa désapprobation lors d’une réunion avec des représentants du Conseil de sécurité nationale. "Le président était hors de lui, se souvient l’un des participants. Pour lui, il était absurde de penser que les Américains ne comprenaient pas cette expression. On n’en a plus jamais reparlé."

"La guerre contre le terrorisme" a été une constante dans le discours de Bush. Cette expression a été officiellement utilisée lors de sa première intervention télévisée après les attentats du 11 septembre 2001, durant laquelle il avait annoncé la riposte du gouvernement en des termes si véhéments que, selon ses détracteurs, ses mots annonçaient l’invasion de l’Irak. "Notre ennemi est un réseau radical composé de terroristes et de tous les gouvernements qui les soutiennent", avait alors déclaré le président. "Notre guerre contre le terrorisme commence avec Al-Qaida, mais elle ne s’arrête pas là. Elle ne s’arrêtera pas tant que nous n’aurons pas découvert et neutralisé tous les groupes terroristes aux ambitions internationales."

Après ce discours, le ministère de la Défense a officiellement adopté cette terminologie en y ajoutant l’adjectif mondial – Global War on Terror ou GWOT. Le Pentagone s’est mis à utiliser cet acronyme dans toutes les publications officielles, les documents stratégiques et les mémos. Une médaille GWOT pour les soldats envoyés en mission dans ces zones de guerre a même été créée. Depuis sa prise de fonctions, le 20 janvier 2009, Barack Obama s’est, quant à lui, appliqué à contourner cette formule. Il a préféré faire référence à la "lutte permanente contre le terrorisme et l’extrémisme" et à un "combat en progrès". Il n’a utilisé l’expression favorite de Bush qu’une seule fois, lors d’un discours au ministère des Affaires étrangères le 22 janvier. Il y a notamment expliqué que les Etats-Unis doivent "relever des défis mondiaux d’une extraordinaire complexité : la guerre contre le terrorisme, les divisions interreligieuses et la propagation de technologies mortelles". Selon un fonctionnaire qui participe aux discussions terminologiques en cours, l’objectif est de "trouver une formule qui exprime un message plus optimiste".

Michael Isikoff et Mark Hosenball pour Newsweek
Article sélectionné et traduit par Courrier International
, le 9 février 2009



Note ReOpenNews :
L’illustration et sa légende ci-dessus sont celles de Courrier International (qui a lui-même reprise celles de Newsweek?) Remarquez le "911truth.org" en bas à gauche de la banderolle!

A propos de la mascarade que dénoncent les manifestants de la photo, vous trouverez ci-dessous un nouvel article très engagé de Paul Craig Roberts.

Paul Craig Roberts est un économiste et journaliste américain. Au début des années 1980, il a été Sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan. Il a enseigné l’économie politique au Center for Strategic and International Studies. Il a été rédacteur et chroniqueur de divers journaux, notamment The Wall Street Journal ou BusinessWeek. Paul Craig roberts est l’une des personnalités de premier plan qui a eu le courage de remettre publiquement en question la version officielle du 11/9. Nous avons déjà publié sur ReOpenNews quelques autres articles de lui, tous très critiques vis-à-vis de la politique extérieure des néo-conservateurs de l’administration Bush :


La guerre contre le terrorisme est un canular

Selon la propagande du gouvernement étasunien, des cellules terroristes sont répandues partout aux Etats-Unis, obligeant le gouvernement à espionner tous les citoyens et à violer la majorité des protections constitutionnelles. Parmi les derniers mots du Président Bush quand il a quitté ses fonctions, il y a l’avertissement que l’Amérique sera bientôt frappée de nouveau par le terrorisme Musulman.

Si les Etats-Unis étaient infestés de terroristes, le gouvernement n’aurait pas à nous le dire. Les faits nous le diraient. Comme il ne se passe rien, le gouvernement y va de ses avertissements pour entretenir les peurs qui font accepter au public les guerres sans fondement, les infractions aux libertés publiques, les cartes d’identité et autres tracas et harcèlements lors de déplacements en avion.

La preuve la plus évidente qu’il n’y a pas de cellules terroristes c’est que pas un seul néo-conservateur n’a été assassiné.

Je n’approuve pas les assassinats, et j’ai honte que le gouvernement de mon pays pratique l’assassinat politique. Les Etats-Unis et Israël montrent un très mauvais exemple à Al Qaïda.

Les Etats-Unis combattent Al Qaïda et les Talibans en assassinat leurs dirigeants, et Israël fait de même avec le Hamas. Il est raisonnable de penser qu’Al Qaïda pourrait agir pareil avec les instigateurs et les responsables des guerres étasuniennes au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, tous les membres d’Al Qaïda connaissent la complicité des néo-conservateurs dans la mort et les dévastations infligées aux Musulmans en Irak, en Afghanistan, au Liban et à Gaza. De plus, les néocons sont très visibles et constituent des cibles faciles pour les chefs du Hamas et du Hezbollah. Les néocons sont connus dans les médias depuis des années et des listes de leurs noms, accessibles à tous, circulent en ligne.

Les néocons ne sont pas protégés par les Services Secrets. C’est terrible à envisager, mais ce serait un jeu d’enfant pour Al Qaïda de les assassiner tous un par un. Mais, les néocons se déplacent librement, bonne indication qu’il n’y a pas de problème terroriste aux USA.

Si, comme l’affirment toujours les néocons, les terroristes peuvent passer en contrebande des armes nucléaires et autres bombes sales aux USA pour semer des ravages sur nos villes, ils peuvent aussi obtenir des armes pour assassiner tout néocon ou ancien responsable du gouvernement.

Et pourtant, les néocons, étasuniens les plus haïs des Musulmans, sont saints et saufs.

La “guerre contre le terrorisme“ est un canular qui dissimule la prise de contrôle par les Etats-Unis des oléoducs, les profits du complexe militaro-sécuritaire, les attaques contre les libertés publiques par les adeptes de l’état policier, et l’expansion territoriale d’Israël.

Al Qaïda n’existait pas en Irak avant qu’il n’y soit importé par l’invasion étasunienne et le renversement de Saddam Hussein qui maintenait Al Qaïda hors d’Irak. Les Talibans ne sont pas une organisation terroriste mais un mouvement qui essaye d’unifier l’Afghanistan sous les lois de l’Islam. Les seuls étasuniens menacés par les Talibans sont ceux que Bush a envoyés en Afghanistan pour tuer des Talibans et imposer un état fantoche au peuple Afghan.

Le Hamas est le gouvernement démocratiquement élu de Palestine, ou du peu qu’il en reste après les annexions illégales par Israël. Le Hamas est une organisation terroriste de la même façon que les gouvernements Israélien et Etasunien le sont. Pour soumettre le Hamas à l’hégémonie israélienne, Israël utilise la terreur des bombardements et les assassinats contre les Palestiniens. Le Hamas réplique à la terreur d’Israël avec des roquettes artisanales et inefficaces.

Le Hezbollah représente les Chiites du Sud Liban, autre région du Moyen-Orient convoitée par Israël pour son expansion territoriale.

Les USA classent le Hamas et le Hezbollah dans les “organisations terroristes“ pour la seule raison qu’ils sont du côté d’Israël dans le conflit. Il n’y a pas de raison objective à ce que le Département d’Etat étasunien appelle le Hamas et le Hezbollah des organisations terroristes. C’est de la propagande pure et simple.

Les USA et Israël ne considèrent pas leurs bombardements de civils comme de la terreur. Ce qu’ils considèrent comme tel c’est la réponse des peuples opprimés et sans Etat parce que leurs pays sont gouvernés par des marionnettes à la solde des oppresseurs. Ces peuples, dépossédés de leurs propres pays, n’ont pas de Département d’Etat, pas de Département de la Défense, pas de sièges aux Nations Unies ou de porte-parole dans les médias dominants. Ils ne peuvent que se soumettre à l’hégémonie ou résister avec le peu de moyens dont ils disposent.

Le fait qu’Israël et les Etats-Unis poursuivent leur propagande sans fin pour empêcher cette vérité fondamentale d’éclater prouve que ce sont eux qui ont tort et que ce sont les Palestiniens, les Libanais, les Irakiens et les Afghans qui sont lésés.

Les généraux étasuniens à la retraite qui servent de propagandistes à Fox “News“ clament sans arrêt que l’Iran arme les résistants Irakiens ou Afghans et le Hamas. Mais où sont les armes ? Pour s’opposer aux chars “made in USA“, les résistants doivent fabriquer des engins explosifs artisanaux à partir d’obus récupérés. Après six ans de conflit, les insurgés n’ont toujours pas d’armes contre les hélicoptères de combat étasuniens. Comparez leur “armement“ avec celui que les Etats-Unis ont fourni aux Afghans, il y a une trentaine d’années lorsqu’ils combattaient contre les Soviétiques.

Les images de l’attaque meurtrière d’Israël sur Gaza montre de nombreux Gazaouis, tous sans armes, fuyant sous les bombes israéliennes ou dégageant des décombres des morts et des blessés. Tout le monde pourrait penser que chaque Palestinien est maintenant armé, chaque homme, chaque femme et chaque enfant. Cependant, tous les reportages sur l’attaque israélienne ont montré une population désarmée. Le Hamas doit fabriquer des roquettes artisanales qui sont tout juste des marques de défi. Si le Hamas était armé par l’Iran, l’attaque d’Israël sur Gaza lui aurait coûté des hélicoptères de combat, des chars et des centaines de morts parmi ses soldats.

Le Hamas est une petite organisation armée avec des fusils de petit calibre incapable de pénétrer un gilet pare-balles. Le Hamas est incapable d’empêcher les descentes de petites bandes de colons israéliens sur les villages de Cisjordanie, qui jettent dehors les Palestiniens et s’approprient leurs terres.

Le mystère est : pourquoi après 60 années d’oppression les Palestiniens sont-ils toujours un peuple sans armes ? Il est clair que les pays Musulmans sont complices d’Israël et des Etats-Unis en maintenant les Palestiniens désarmés.

L’affirmation indue que l’Iran fournit des armes sophistiquées aux Palestiniens est du même acabit que celle sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. C’est une propagande pour la justification du massacre de civils arabes et de la destruction des infrastructures civiles pour conforter l’hégémonie des Etats-Unis et d’Israël au Moyen-Orient.

 

Article original en anglais, The War on Terrorism is a Hoax, Information Clearing House, 4 février 2009.
Traduction Laurent EMOR pour le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info

Chauprade confirme ses doutes sur la version officielle du 11/9

CID : Chauprade s’en prend à un "petit clan qui défend des intérêts américains" et va saisir la justice

Aymeric Chauprade, expert en géopolitique et enseignant au CID, qui a été congédié jeudi par le ministre de la Défense après la parution d’un texte contestant ce qu’il appelle "la version officielle" des attentats du 11 septembre, va attaquer en justice le ministre de la Défense Hervé Morin. Son avocat devrait préciser cette semaine la nature de la plainte . "Une riposte juridique est engagée" dit-il. Ce samedi, Chauprade assure n’avoir toujours eu aucun contact avec le cabinet du ministre, afin de pouvoir s’expliquer.

"J’ai désormais les mains libres pour m’exprimer. Le petit clan qui, au coeur de la Défense défend des intérêts étrangers, essentiellement américains, va devoir s’inquiéter", menace-t-il.

Aymeric Chauprade, 40 ans, a été reçu vendredi matin par le général Vincent Desportes, commandant du Collège interarmées de Défense. Au cours d’un entretien "très courtois" d’un quart d’heure, le général lui a signifié la fin immédiate de sa collaboration. Chauprade a demandé à ce que son renvoi lui soit notifié par écrit. Les autres interventions de Chauprade dans des organismes de la Défense, comme l’IHEDN, l’Emsom (troupes de marine) et le Cesa (armée de l’air), devraient également être annulées. Il devait par exemple embarquer le 20 février sur le navire-école Jeanne d’Arc pour une série d’interventions auprès des élèves-officiers de la Marine, entre Djakarta et La Réunion. La Marine l’a averti d’un "changement de programme brutal".

Interrogé par Secret Défense [libération.fr] sur le fond de l’affaire, c’est-à-dire les attentats du 11 Septembre, Aymeric Chauprade maintient ses affirmations qui rejoignent celles des complotistes, visant à dédouaner l’islamisme radical pour en attribuer la responsabilité aux Américains ou aux Israéliens : "On a le droit de ne pas savoir (qui est à l’origine des attentats). Je ne suis pas convaincu par le version officielle. J’ai en effet présenté de manière crédible les thèses alternatives. Mais je donne la version officielle – que tout le monde d’ailleurs connait – dans une chronologie. J’ai des doutes importants , mais cela ne veut pas dire que je crois que les responsables sont des éléments des services américains ou israéliens. Je ne tire pas de conclusions, je m’interroge".

Paru sur Blog "Secret Défense" (libération.fr)
Liens et extraits mis en gras par ReOpenNews


Note ReOpenNews : Déjà interrogé la veille par le blog Secret Défense, Aymeric Chauprade s’était d’abord dit « stupéfait » : « On me coupe la tête. Je n’ai eu aucun contact avec le cabinet du ministre, qui n’a pas cherché à m’entendre avant de prendre cette décision à la suite de la parution d’un seul article [celui de Le Point, NdlR] ». Sur les accusations portées à son encontre, Chauprade avait répondu : « Je présente cette thèse, certes de manière avantageuse, mais sans la faire mienne. Je souhaitais mettre en opposition deux façons de voir le monde ». Dès jeudi, des élèves du collège interarmées ont assuré leur professeur de leur solidarité contre ce qu’ils appellent une « chasse aux sorcières » entreprise au nom de la « pensée unique » (source : Le Post).

Chauprade : Viré par Hervé Morin pour avoir osé parler du débat sur le 11 Septembre

Aymeric Chauprade, le professeur qui dans son récent ouvrage "Chronique du choc des civilisations avait évoqué le débat sur le 11-Septembre et les questions toujours en suspend concernant la version officielle sur ces attentats, vient d’être viré de sa chaire de géopolitique du CID (Collège interarmées de défense) par M. Hervé Morin, ministre de la Défense.

La purge continue. Et Le Point s’en félicite !  (voir article ci-dessous)  Ceux qui tentent d’évoquer l’existence du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 deviennent persona non grata et perdent d’autant plus vite leur poste qu’ils ont accès aux médias.

Rappelons-nous les deux journalistes de France 24, Grégoire Deniau et Bertrand Coq, virés pour avoir eu le culot d’organiser un débat sur les événements du 11-Septembre sur les canaux français et surtout arabe de la chaîne, avec qui plus est un sympathisant du Réseau Voltaire. Rappelons-nous aussi Richard Labévière, ex-rédacteur en chef à Radio-France International (RFI), limogé par Christine Ockrent en août dernier, en plein coeur de l’été. Richard Labévière était ce journaliste qui en 2001 avait publié un article sur la visite qu’Oussama Ben Laden avait reçue à l’hôpital américain de Dubaï du 4 au 14 juillet 2001, de la part du chef de l’antenne locale de la CIA, deux mois avant le 11/9, mais les vraies raisons de son renvoi semblaient davantage liées à ses prises de position jugées trop pro-palestiniennes ou pro-arabes. Et que dire du lynchage systématique réservé par les grands médias hexagonaux à ces quelques personnalités courageuses qui se sont exprimées sur le 11/9, comme Marion Cotillard ou plus récemment Jean-Marie Bigard ? Ou encore du journaliste Ulysse Gosset viré pour avoir osé, lors de son émission sur France 24, tenir tête à …. Bernard Kouchner, notre french doctor.

 

Aymeric Chauprade
 

Poser des questions à propos des multiples invraisemblances de la version officielle sur le 11/9 n’est pas acceptable dans un pays comme la France, le pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

Voici la dépêche du Point, parue ce jour, suivie de l’article du même journal mettant en cause le professeur Chauprade.


paru sur LePoint.fr le 5/02/2009

Hervé Morin congédie un géopoliticien suite à un article du Point

Le ministre français de de la Défense, Hervé Morin, n’aura pas tardé à réagir à l’article du Point paru cette semaine (voir ci-dessous - Ndlr) pointant la complaisance apparente d’Aymeric Chauprade, titulaire de la chaire de géopolitique du CID (Collège interarmées de défense, anciennement École de guerre), vis-à-vis des thèses conspirationnistes relatives aux attentats du 11 Septembre 2001.

En arrivant sur le porte-avion Charles de Gaulle qui navigue au large de Toulon, Hervé Morin a déclaré jeudi au Point : "J’ai découvert un texte au travers duquel passent des relents inacceptables. Sur onze pages, on nous parle d’un complot israélo-américain imaginaire visant à la conquête du monde. Quand j’ai appris cela mardi soir, j’ai donné pour consigne au général Desportes, le directeur du Collège interarmées de défense [le supérieur de M. Chauprade], de ne pas conserver ce monsieur Chauprade dans son corps enseignant. Il n’a absolument rien à faire à l’École militaire". Une décision à valeur de renvoi pour Aymeric Chauprade.


 Article de Jean Guisnel, paru sur LePoint.fr le 04 février 2009

Chauprade, l’homme qui forme les officiers et déforme l’histoire

Aymeric Chauprade est un géopoliticien qui ne cache pas ses convictions. Directeur de campagne de Philippe de Villiers  aux européennes de 2004, en charge de la  Revue française de géopolitique, il est très réservé sur l’ adhésion de la Turquie à l’Union européenne, et a planché en juillet 2007, parmi d’autres intervenants aux idées affirmées, lors des Universités d’été du mouvement Renaissance catholique  sur le thème : " le nationalisme est-il un péché ? " Il s’est montré critique sur le récent Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, ce qui ne manque pas de courage pour un enseignant censé se trouver en phase avec la politique de défense nationale.

Chroniqueur expert au Figaro, auteur prolifique dont les livres sont acquis chaque année à des centaines d’exemplaires par nombre d’écoles militaires, il a récemment publié un gros ouvrage très illustré sur le thème du choc des civilisations cher à l’Américain Samuel Huntington décédé le mois dernier. Logiquement, s’agissant d’un spécialiste de géostratégie, Aymeric Chauprade s’intéresse au monde de "l’après-11-Septembre", dont il décline les évolutions d’une manière conforme à sa conception politique. Certes, c’est son droit. C’est tout juste si l’on se demande s’il est logique que le ministère de la Défense confie à un idéologue aux convictions aussi affichées, la chaire de géopolitique du CID (Collège interarmées de défense , anciennement École de guerre).

Rappelons que tous les officiers français promis à un avenir d’encadrement dans les armées, mais aussi de très nombreux officiers étrangers, soit plusieurs centaines de cadres militaires chaque année, suivent son enseignement à l’École militaire, à Paris.
Or, il se trouve que ce professeur affiche dans son livre une perception pour le moins curieuse des attentats du 11-Septembre. Dans son introduction générale qui s’étend sur dix pages, il présente les théories du complot qui foisonnent autour de cet événement, comme "une hypothèse qui ne manque pas d’argument à défaut de forcément convaincre". Cette "hypothèse" étant en réalité la vision de "ceux qui pensent qu’un machiavélique complot américano-israélien a été le point de départ d’une guerre américaine contre le reste du monde". Le point de vue est-il balancé, les sources contradictoires ? Non. Des recherches personnelles de celui qui se présente comme ayant "puissamment contribué à la renaissance des études géopolitiques en France" viendraient-elles conforter des sources inédites, des travaux scientifiques incontestables, sur ce prétendu complot ? Pas davantage. Le lecteur a seulement le droit à une compilation complaisante et sans recul, le plus souvent à l’indicatif.

Autorité "scientifique"

L’attaque des tours jumelles du World Trade Center de New York et du Pentagone par des terroristes préparés par al-Qaïda ? "Le nouveau dogme du terrorisme mondial", une "version officielle", donc sujette à caution. Au World Trade Center, "l’incendie n’a pas été si violent que le prétend la commission d’enquête". "L’onde de choc n’a pas pu provoquer l’effondrement. (…) Seule une démolition contrôlée par des explosifs permet d’obtenir un effondrement aussi rapide et parfait." Le reste est à l’avenant.

Ce qui pose problème sous la plume de cet enseignant qu’on penserait enclin à une certaine rigueur, c’est qu’il conforte de son autorité "scientifique" ces théories complotistes qu’il ne conteste pas, avec lesquelles il ne prend pas de distance. Un seul exemple : il prend à son compte la fable accusant George W. Bush et/ou les services secrets américains d’avoir organisé les attentats pour justifier une entrée en guerre. Cette version voudrait qu’il existât un "mystère" autour de l’effondrement du bâtiment 7 du World Trade Center, lequel a été détruit sans avoir été touché par un avion. Alors que les services officiels américains ont pris la peine de répondre à ces questions, dans un document publié le 21 août dernier, le professeur Chauprade ne cite pas cette source dans son ouvrage imprimé en décembre 2008 ! Comment s’en étonner, puisque la bibliographie qu’il propose sur ce sujet comprend sept sources univoques, toutes favorables à la thèse du complot ?
À la fin de ces dix pages intégralement biaisées, l’auteur se pose une question : "Comment une telle conspiration n’a-t-elle pas pu être démasquée dans un pays où tant de contre-pouvoirs peuvent jouer ?" Mais c’est tout simple, professeur : elle n’a pas existé !


Notes de ReOpenNews : Il semble que les lecteurs du site Internet du Point ne vont pas tous, (loin s’en faut !) dans le sens de la chasse aux sorcières lancée par Jean Guisnel, co-auteur avec Guillaume Dasquié d’un livre creux, mais repris par tous les médias, visant à réfuter le livre L’Effroyable Imposture de Thierry Meyssan.

Lire aussi notre récent article sur Aymeric Chauprade : Professeur Chauprade sur la contestation à la version officielle du 11 septembre 2001 et aussi Presse et Médias: Coup d’État sur l’audiovisuel français

 

 

Interview de l’écrivain Webster G. Tarpley : Les hommes derrière Obama

Cette interview a été réalisée au début de l’automne 2008, c’est-à-dire avant l’élection de Barack Obama à la présidence de la République états-unienne le 4 novembre dernier. Donc également bien avant les attentats de Bombay (le 26 & 27 novembre 2008) qui ont marqué un regain des tensions entre l’Inde et le Pakistan. M. Tarpley est l’auteur de plusieurs livres ; seul La Terreur fabriquée, made in USA est disponible en français. Elle nous semble importante, car elle apporte un éclairage sur l’actualité politique internationale à laquelle il est impossible d’accéder dans les médias grand public et même trop rarement sur l’Internet.

Les hommes derrière Obama

1re partie de l’entretien avec l’historien
Webster G. Tarpley
 

Interview de l’écrivain Webster G. Tarpley sur B.Obama (1/2)
envoyé par ReOpen911
 

Méfiez-vous d’Obama ! 

Il n’est pas ce que les gens pensent ! On tente de le présenter comme un musulman… il l’a d’ailleurs peut-être été… ce que l’on veut cacher aux États-Unis, tout en le promouvant dans le reste du monde : « Vous devriez l’apprécier » !

En fait, je suis un écrivain et un historien. J’ai écrit sur le terrorisme en Europe centrale, un livre sur Bush, La Biographie non autorisée de George Bush [père], qui est largement diffusée sur l’Internet, un autre sur la crise économique mondiale Surviving the Cataclism [Survivre à la catastrophe]. J’ai aussi écrit des essais sur l’histoire Against Oligarchy, puis le livre La Terreur fabriqué made in USA. Cette année a été publié Obama: A Post-modern Coup, la création d’un « Manchurian Candidate », mais je trouve le phénomène Obama si alarmant que j’ai écrit un second livre La Biographie non autorisée de Barack Obama.

En termes de politique états-unienne, mon devoir est d’attirer l’attention sur les opérations secrètes les plus dangereuses. Au cours de la période 2001-2007, ce fut le mythe du 11-Septembre et les guerres contre l’Afghanistan et l’Irak. Jusqu’à la mi-2007, la guerre contre l’Iran représentait aussi un danger réel, sur lequel j’ai concentré mon attention. Ce risque a diminué et maintenant le danger le plus important est l’opération liée à la candidature d’Obama. Cette politique est une sorte de coup d’État, avec de graves conséquences pour le monde, parce que la politique d’Obama est encore plus agressive, plus militariste et généralement encore plus catastrophique que ce que nous avons vu avec les néo-conservateurs.

Vous ne pouvez pas dire quoi que ce soit de bien sur McCain, mais les choses sont encore pires avec Obama. Il s’agit d’une tragédie mondiale en cours de fabrication : ce sera une catastrophe si Obama est élu président. C’est une marionnette de la Commission trilatérale et de Brzezinski en particulier. Il s’agit du groupe de banquiers qui contrôlaient l’administration Carter. Trop peu de gens se souviennent à quel point cette période fut catastrophique à la fois en termes économiques et stratégiques.

Maintenant, ce même groupe a fabriqué une autre marionnette, cette fois avec plus de préparation et d’endoctrinement. Ils ont décidé d’introduire un nouveau visage, une personne qui n’est pas de droite, ni un néo-conservateur, mais un démagogue de gauche qui promet le changement et l’espérance, et qui, en réalité, représente des politiques plus destructrices ; il est capable de se servir des pays européens comme de pions, comme d’actifs que l’on peut sacrifier, parce que le projet de l’administration Obama visera à étendre le théâtre de la guerre bien au-delà du Moyen-Orient. Parce que pour Brzezinski, le centre de la puissance dans le monde n’est pas en Iran, mais à Moscou et à Pékin. Il est déterminé à écraser la Russie et la Chine dans un avenir proche, afin de perpétuer la domination des États-Unis et du Royaume-Uni pour un autre siècle. Tel est le projet ! Plus ambitieux que les néo-conservateurs, plus aventureux et dangereux aussi. Les Européens doivent se réveiller. La vision romantique qu’ils ont d’Obama pourrait les conduire au suicide, s’ils ne comprennent pas cela.

Il y a des gens à droite qui ne savent pas comment attaquer Obama. Je veux insister sur le fait que c’est une marionnette du capitalisme contrôlée par les pires milieux financiers qui soient : les Rockefeller, Soros et d’autres dont le projet est une austérité extrême, une réduction sauvage du niveau de vie et essentiellement de soumettre les [citoyens des] États-Unis à la misère et à l’appauvrissement. En matière de politique étrangère, le plan est de rechercher la confrontation avec la Russie et la Chine. Pour cela, ils ont besoin de la couverture de la gauche et en face la droite, elle, ne sait pas comment réagir. Elle accuse Obama d’être un communiste, ce qui est absurde, car il s’agit d’un serviteur du capitalisme financier, ou d’être musulman, car un de ses prénoms est Hussein.

Il a vécu en Indonésie pendant un temps et a pu se considérer comme tel à un moment donné. Mais il semble que les deux pères d’Obama – Obama Sr. son père biologique kényan qui l’a abandonné, et son père d’adoption indonésien, M. Lolo Sotero – portaient plus d’attention aux bouteilles de Johnny Walker Black Label qu’à l’islam. Par conséquent, le lien à l’islam n’a pas beaucoup de poids. Cependant, comme le vainqueur de l’élection présidentielle aura accès au bouton thermonucléaire pour lancer des missiles intercontinentaux équipés de bombes H, le public a le droit de tout connaître, absolument tout, sur Obama : s’il a été musulman – personnellement, cela ne me gêne pas, mais cela pourrait ennuyer certaines personnes – s’il est séropositif, s’il a un casier judiciaire, s’il est bisexuel, s’il a fumé de la cocaïne… Toutes ces accusations qui ont été portées contre lui.

Obama est une marionnette des pires milieux impérialistes… Il s’identifie au même projet impérialiste, mais mis en œuvre d’une manière plus efficace et plus sophistiquée et en définitive, plus folle. Dans le cas de l’Iran, un néo-conservateur comme McCain a déclaré : « Nous allons bombarder l’Iran » et Brzezinski a répondu : « Vous êtes fous … vous ne pouvez pas faire cela, vous êtes trop faibles, ruinés, isolés, détestés. Je ne veux pas faire une guerre américaine contre l’Iran, je veux que l’Iran entre en guerre avec la Russie ! Revoyons la situation et utilisons l’Iran comme un pion à jouer contre la Russie. Je peux vous montrer comment faire … J’ai joué l’Afghanistan contre l’Union soviétique et j’ai détruit l’URSS. » La Syrie est un autre exemple. Les néo-conservateurs diraient : « Attaquons la Syrie », alors que Brzezinski estime qu’il faut négocier avec la Syrie. Il y a une très importante base navale russe à Tartous en Méditerranée ; Brzezinski a été récemment en Iran pour la Rand Corporation. L’objectif serait de faire partir les Russes de Tartous et si possible que la Syrie se tourne contre la Russie. Au lieu d’être des cibles, les musulmans seraient utilisés comme chair à canon pour le projet qui vise la Russie et la Chine. Dans le « Turkistan chinois » [le Xinjiang] il y a une minorité musulmane, les Ouigours ; le plan de Brzezinski est de les impliquer dans une insurrection du type de celles promues au Tibet. Ainsi, la liste des cibles connues à ce jour va s’agrandissant et maintenant, il faut ajouter le Soudan, pays musulman de la Ligue arabe. Pourquoi le Soudan ? Qu’est-ce qui se passe au Darfour ? Sont-ils vraiment préoccupés par la crise humanitaire ? Non, leur préoccupation est que 7 % du pétrole de la Chine provient du Soudan et, par conséquent, ils cherchent désespérément un prétexte pour pénétrer dans ce pays et renverser le général Bashir afin de couper l’accès de la Chine au pétrole soudanais.

Regardons maintenant un point vraiment important. Jusqu’à présent, on a beaucoup spéculé sur une attaque contre l’Iran : à savoir si elle serait le fait des USA ou d’Israël. Je dis non, les États-Unis et l’Angleterre ne le feront pas, même si je ne peux pas exclure un acte de folie de certains [politiciens] Israéliens, mais je ne le pense pas.

 
 

Les hommes derrière Obama

2e partie de l’entretien avec l’historien
Webster G. Tarpley
 

Interview de l’écrivain Webster G. Tarpley sur B.Obama (2/2)
envoyé par ReOpen911
 

Je ne pense pas que cela soit probable désormais. Mais il y a une attaque qui est possible, en ce moment, et c’est contre le Pakistan. Le Pakistan est un pays musulman comptant plus de 160 millions d’habitants, qui disposent de l’arme nucléaire et de vecteurs de lancement. L’été dernier, à Chicago, il y eut un débat parmi les candidats démocrates, et Obama a dit : « Je veux que les États-Unis bombardent le nord-ouest du Pakistan de façon unilatérale. » Mme Clinton a répondu : « Non, ce n’est pas la chose à faire. » McCain n’était pas d’accord, et même Bush non plus d’ailleurs. Maintenant, les États-Unis sont en train de faire ce que demandait Obama. Les États-Unis bombardent le nord-ouest du Pakistan. Et en effet, les troupes US, celles de l’OTAN et les forces afghanes se préparent à envahir le Pakistan, à partir de l’Afghanistan. Alors, pourquoi font-ils cela ? Il s’agit de cette partie du monde à propos de laquelle on parle encore de ben Laden, d’al-Qaïda, de la guerre contre la terreur, toute cette mythologie absurde… Pourquoi font-ils cela ? Parce que le but est de détruire le gouvernement central du Pakistan. Vous avez peut-être entendu les déclarations récentes du Premier ministre pakistanais, M. Ghilani : « Notre honneur et notre souveraineté nationaux ne permettent pas que des troupes étrangères pénètrent sur notre territoire. » Il a entièrement raison. Pourtant, les US et l’OTAN vont faire cela grâce à une nouvelle politique. Le but est de détruire le Pakistan. Vous voyez l’Irak, démantelé en 3 parties ? Le Pakistan lui sera découpé en 4 ou 5 morceaux : le Sindh, le Pashtounistan, le Balouchistan, le Waziristan, etc. Et cela ne s’arrêtera pas là.

Quel est l’objectif ? Ce n’est pas tant qu’il s’agit d’un pays musulman : le Pakistan est un allié potentiel de la Chine. Il entretient des relations amicales avec la Chine, et dans des circonstances de crise mondiale, le Pakistan tendrait à se rapprocher de la sphère d’influence de la Chine. Revenons à notre liste de pays ciblés : l’Iran n’en fait plus partie car il est perçu comme un pion à jouer contre la Russie. Cette liste inclut le Soudan et le Pakistan. Voilà le changement. Et Obama est celui qui a demandé l’attaque du Pakistan, quand tous les autres s’y opposaient. Ainsi, il est ironique de remarquer que McCain était un meilleur ami des musulmans qu’Obama, puisqu’il déclarait : « Je me suis entretenu avec le général Musharaf, et je ne crois pas en l’unilatéralisme. » Mais Obama insiste : « Ce doit être unilatéral. » Ceci est la politique de Brzezinski. C’est certain parce qu’Obama ne sait pas ce dont il parle… Obama ne sait même pas ce qu’est le Pakistan. Il récite ce que lui dit Brzezinski.

L’argument de ce dernier est que les néo-conservateurs sont des imbéciles, tellement obsédés par Israël, le golfe Persique, l’Irak et l’Iran qu’ils en ont perdu la vision d’ensemble. Selon lui, les vraies puissances mondiales sont la Russie, la Chine, 2 pays capables de s’opposer réellement aux États-Unis et aux Anglais, et sur lesquels les USA doivent vraiment fixer leur attention. Dans cette perspective, l’Inde devient un allié important, tout comme le Japon bien sûr. Vient juste de se tenir un sommet entre le Japon et la Chine. Et la grande question fut la suivante : « Le Japon deviendra-t-il une base servant aux opérations de déstabilisation de la Chine que Brzezinski planifie ? » Le gouvernement japonais a heureusement répondu par la négative. Le ministre de la Défense japonais a déclaré que le chaos en Chine serait la pire des choses pour les intérêts du Japon. Le Japon a dit non, tout comme Taïwan, où la population a voté pour le parti le plus raisonnable, celui qui s’oppose aux indépendantistes et souhaite établir de bonnes relations avec la Chine continentale. Le Kuomintang est revenu au pouvoir.

Ainsi, alors que le monde entier s’apprête à prendre position, la finalité d’avoir Obama comme président est de pouvoir poursuivre les mêmes menées impérialistes sous un nouveau visage, après un lifting, une petite opération de chirurgie plastique. Il est bon de présenter un tel visage à l’Afrique… parlons de ce continent. L’objectif en Afrique est de se débarrasser des Chinois. De priver les Chinois de pétrole (nous l’avons vu avec le Soudan), mais aussi des matières premières, minerais et autres dont la Chine a besoin. Brzezinski souhaite isoler la Chine, l’encercler, et l’obliger, en dernier recours, à ne plus avoir d’autres choix pour son pétrole que de se tourner vers les puits russes dans l’Est de la Sibérie. En d’autres termes, le résultat final de cette politique est de faire s’opposer la Chine et la Russie. Pour se débarrasser des 2, les faire se détruire : ainsi, les USA et les Britanniques pourront-ils établir leur hégémonie mondiale pour un autre siècle.

Il existe aussi une stratégie pour l’Europe. L’idée est qu’avec Bush ou McCain, les USA sont détestés, on n’a plus confiance en eux, et personne ne veut collaborer avec eux. La démagogie d’Obama, ce nouveau visage, permet que des multitudes de jeunes et des personnes qui n’ont aucune idée de ce qu’ils sont en train de faire soient dupées et soutiennent ces politiques. Obama espère que l’Europe joigne [les USA] contre la Russie. Mon conseil : « Ne suivez pas ce chemin. Réalisez ce qui est en vue, et refusez-le. Et si Obama vient à Londres, Paris ou Berlin, il sera important que les gens sortent et lui disent : "Nous ne voulons pas de cela." »

Telle est la politique que Brzezinski a définie et qu’il suit : expansion de l’OTAN, bien au-delà des limites qui avaient été définies en 1990 et 1991. Rappelez-vous cet accord stipulant que les USA n’entreraient même pas en Allemagne de l’Est. Maintenant, nous sommes en Lituanie, en Géorgie et en Ukraine, entre autres pays. Nous nous dirigeons vers une crise des missiles en Pologne. Nous avons eu la crise des missiles de Cuba en 1962, ce fut extrêmement sérieux. La crise des missiles en Pologne sera pire, parce qu’il y a des éléments en Pologne, en République Tchèque, et même en Lituanie… il y a des tentacules de ce système dans ce pays, aux portes de la Russie. Quel est le but ? C’est de détenir la capacité de frapper en premier, une attaque-surprise, pour détruire au sol la force de dissuasion nucléaire russe ; ensuite, la vague de missiles russes tirés en représailles peut être annihilée par les missiles basés en Pologne. C’est un pas en direction de la troisième guerre mondiale. Et l’architecte en est Brzezinski.

Un autre exemple, l’indépendance du Kosovo, sous la direction de ce que j’estime être une organisation criminelle, est un autre projet de Brzezinski. Cela a été pensé comme un affront à la Russie. Aujourd’hui, on poursuit Karadzic, capturé. Karadzic est un individu sinistre, mais pourquoi cela se produit-il maintenant ? Quelle est l’intention ? Il s’agit de tendre un peu plus les relations avec la Russie, qui inclut la possibilité se dessinant à l’horizon d’une guerre entre la Géorgie et la Russie. C’est donc bien une stratégie globale. On ne parle plus de l’Irak et du golfe Persique, mais d’un dessein mondial, et de nouveau, le cerveau derrière cela est Brzezinski. Cela se passe en ce moment aux États-Unis.

Laissez-moi apporter une précision. Vous pensez que Bush et Cheney dirigent le pays. Ce n’est plus le cas : ils sont "partis", finis ; ils ne comptent plus. Ils gardent simplement les clés de la Maison Blanche, ils sont là pour la galerie. Pour que le public pense que tout fonctionne normalement. Le pouvoir est maintenant entre les mains de ce que l’on nomme le "Principles Committee" qui regroupe les ministres les plus importants, une sorte de comité interministériel si vous préférez. Le secrétaire d’État [Condoleezza] Rice, le ministre de la Défense Richard Gates [reconduit dans ses fonctions par Obama], Henry Paulson du Trésor [le ministère des Finances], l’amiral Michael Mullen, chef de l’État-major des armées US, un type très important, en font partie. Mais ce sont des bureaucrates, qui n’ont pas de politiques à long terme ; les stratégies qu’ils mettent en place sont celles de Brzezinski.
 
Pour les résumer : ne pas attaquer l’Iran, signer un Traité avec la Corée du Nord – Cheney en fut horrifié, il en a quasiment eu sa 99e crise cardiaque – et cela est mis en œuvre par Rice ; et au contraire, attaquer le Pakistan, se préparer à attaquer le Soudan, le Zimbabwe, le Myanmar [la Birmanie]… Dans tous ces cas, les raisons invoquées sont d’ordre humanitaire. On ne parle pas de ben Laden ni d’al-Qaïda – le Pakistan étant l’exception. Pour le Soudan et le Zimbabwe, on se justifie en mettant les droits de l’homme en avant. Cela nous ramène à la présidence Carter, n’est-ce pas ? Cela nous ramène à l’époque où Brzezinski dirigeait le Conseil national de sécurité. Telle est la vraie nature du changement : au lieu d’avoir un impérialisme avec des slogans de droite, nous aurons maintenant un impérialisme avec des slogans de gauche. Mais le programme reste exactement le même, ou selon moi, pire, parce que les néo-conservateurs présentaient un "avantage" : ils choisissaient de s’en prendre à des États relativement faibles. Tout le monde savait que l’Irak ne pourrait jamais répliquer directement contre l[e territoire d]es États-Unis. On ne voit pas non plus très bien comment l’Iran y parviendrait. Mais pour ce qui est de la Russie et de la Chine, c’est une autre histoire, n’est-ce pas ? Parce que ces 2 pays disposent de missiles balistiques intercontinentaux et de la puissance nucléaire, qu’ils peuvent se défendre et qu’ils le feront. La partie pour les néo-conservateurs arrive à sa fin, mais vous comprenez qu’au moins eux, ils avaient une sorte de limite à leur folie, alors que pour ce qui est de Brzezinski, la folie est en l’espèce sans limites.

Traduit par Arno Mansouri pour ReOpenNews

 

Israël face à la conscience des peuples

Alors que jeudi, un hôpital de Gaza a été touché par les bombardements israëliens et que les médecins français présents sur place crient au scandale humanitaire, la plupart des médias continuent à présenter le déchainement de violence que subit la population palestinienne comme la conséquence d’une guerre aux torts partagés.

Des voix courageuses s’élèvent heureusement contre cette propagande, comme en témoigne la déclaration de l’euro-député Giuletto Chiesa jeudi devant le parlement européen :

Giulietto Chiesa (PSE italien) a interpelé l’assemblée en rappelant « qu’un grand personnage antifasciste italien, Pierre Gobetti, avait déclaré que lorsque la vérité est d’un seul côté, le fait de s’en tenir à un jugement de Salomon [partage les torts entre deux parties – NdT] revient à adopter une position partisane », et « c’est ce qui se produit ces jours-ci à Gaza ». Mr Chiesa a déclaré souhaiter que le Parlement « trouve les mots justes afin de stopper Israël », dans la mesure où « s’il ne le fait pas, il se couvrira de honte face à l’histoire, face aux Palestiniens et à l’opinion publique européenne et du monde arabe ». « Israël est en train de bombarder et de décimer un ghetto », a-t-il dit, ajoutant que « les fils de ceux qui furent exterminés sont devenus des exterminateurs ». Et pour cette raison, « nous n’avons pas d’excuses et la justification du droit d’Israël à la sécurité ne vaut pas », car « chacun, s’il le veut, peut se rendre compte que personne n’est en mesure de menacer la sécurité et l’existence d’Israël ». Ceci est prouvé par le « déséquilibre des forces en présence », « par le bilan des morts et des blessés » et par le soutien « que l’Occident continue d’apporter à Israël ». « Ce carnage – a-t-il conclu – n’a d’autre but que celui d’empêcher la création d’un État palestinien, c’est comme cela qu’on tue la paix, et c’est pour cela qu’il faut stopper Israël »

Uri Avnery, homme politique engagé de la gauche israëlienne, dénonce également, dans l’article que nous reproduisons-ci-dessous, la propagande déployée par l’armée israëlienne et reprise par les grands médias occidentaux pour tenter de justifier l’injustifiable aux yeux de l’opinion publique internationale.


Israël face à la conscience des peuples

Voilà près de soixante-dix ans, lors de la seconde guerre mondiale, un crime affreux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, un gang d’extrémistes appelé « l’Armée Rouge » a pris en otage des millions d’habitants, provoquant depuis les zones habitées les représailles de la Wehrmarcht. Les Allemands n’eurent d’autre choix que de bombarder et pilonner la population et d’imposer un blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps auparavant, un crime semblable avait été commis en Angleterre. Le gang Churchill, se dissimulant au sein de la population de Londres, utilisait sans vergogne des millions de citoyens en tant que bouclier humain. Les Allemands ont été obligés d’envoyer la Luftwaffe et furent malgré leurs réticences contraints de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

Tels sont les récits que l’ont lirait aujourd’hui dans les livres d’histoire – si les Allemands avaient gagné la guerre.

Absurde ? Pas plus que les compte rendus publiés quotidiennement dans nos médias qui répètent ad nauseam : les terroristes du Hamas qui prennent les habitants de Gaza comme « otages » et utilisent les femmes et les enfants comme « boucliers humains, » ne nous laissent pas d’autre choix que de recourir à des bombardements massifs pendant lesquels, à notre grande tristesse, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes sans armes ont été tués et des blessés.

Dans cette guerre, comme dans toute guerre, la propagande joue un rôle majeur. La disparité des forces entre l’armée israélienne – avec ses avions, hélicoptères, drones, navires de guerre, son l’artillerie et ses chars – et les quelques milliers de combattants du Hamas pourvus d’armes légères, est de l’ordre de un pour mille, peut-être de un pour un million. Dans le domaine du politique, cet écart est encore plus grand. Mais dans la guerre de propagande, il est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont d’abord répété la version de la propagande israélienne officielle. Ils ont presque entièrement ignoré celle de la partie palestinienne, tout comme les manifestations quotidiennes organisées par les pacifistes israéliens. La justification avancée par le gouvernement israélien (« L’Etat doit défendre ses citoyens contre les roquettes Qassam ») a été acceptée comme l’entière vérité. Le point de vue de l’autre camp, affirmant que les Qassams sont des représailles contre un siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a absolument pas été mentionné.

Ce n’est que lorsque les horribles scènes en provenance de la bande de Gaza ont commencé à apparaître sur les écrans des télévision occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à évoluer peu à peu.

Certes, l’occident et les chaînes de télévision israélienne n’ont montré qu’une infime partie seulement des terribles événements qui sont rapportés chaque jour, 24 heures sur 24, sur la chaîne arabe Al Jazeera, mais l’image d’un bébé mort dans les bras de son père terrifié est plus marquante que mille phrases élégamment tournées d’un porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif, en dernier ressort.

La guerre – toute guerre – est le royaume du mensonge. Qu’on appelle cela propagande ou guerre psychologique, tout le monde admet qu’il faille mentir pour le bien son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être qualifié de traître.

Le problème posé par cette attitude provient du fait que cette propagande est plus convaincante pour le propagandiste lui-même que pour autrui. Et lorsqu’on se convainc soi-même que le mensonge est la vérité, que la falsification est la réalité, on n’est plus à même de prendre des décisions rationnelles.

Un exemple de ce processus est donné par la plus choquante atrocité de cette guerre jusqu’à présent : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura, située dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Immédiatement après que cet évènement ait été connu dans le monde entier, l’armée a « révélé » que les combattants du Hamas avaient tiré au mortier près de l’entrée de l’école. Comme preuve, ils ont publié une photo aérienne montrant en effet l’école et le mortier. Mais rapidement, le « menteur officiel » de l’armée a dû admettre que cette photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Plus tard, ce menteur officiel a affirmé que « nos soldats ont essuyé des tirs depuis l’intérieur de l’école ». Il s’est passé moins d’un jour avant que l’armée ne doive admettre devant le personnel de l’ONU qui c’était également un mensonge. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, aucun combattant du Hamas ne se trouvait à l’intérieur de l’école, qui était remplie de réfugiés terrorisés.

Mais cet aveu importe peu désormais. Entre temps, l’opinion publique israélienne a été convaincue qu’« ils ont tiré depuis l’intérieur de l’école », et les speakers de la TV le mentionnaient simplement comme un fait.

Il en est allé de même concernant les autres atrocités. Chaque bébé se métamorphose, lors de sa mort, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commandement du terrorisme, tout bâtiment du gouvernement civil un « symbole du pouvoir du Hamas ». Et ainsi l’armée israélienne peut garder sa pureté, sa réputation « d’armée la plus morale au monde ».

La vérité, c’est que ces atrocités sont le résultat direct du plan de bataille. Cela reflète la personnalité d’Ehud Barak – un homme dont le mode de pensée et d’action sont l’indice manifeste de ce qu’on appelle « la démence morale »( moral insanity], une maladie qui relève de la sociopathie.

Le véritable objectif de cette opération (outre le fait de gagner des sièges lors des prochaines élections) est de mettre un terme au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’esprit de ses planificateurs, le Hamas est perçu comme un envahisseur qui aurait pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est, bien entendu, tout à fait différente.

Le mouvement Hamas a remporté la majorité des votes dans les élections éminemment démocratiques qui ont été tenues en Cisjordanie, Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens en étaient venus à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien permis d’obtenir de la part d’Israël – ni un gel des colonies, ni la libération des prisonniers, ni les mesures importantes qui auraient rapproché de la fin de l’occupation et de la création de l’Etat palestinien. Le Hamas est profondément ancré dans la population – non seulement en tant que mouvement de résistance, de lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le Groupe Stern le furent par le passé – mais aussi en tant qu’organisation politique et religieuse qui fournit des services sociaux, éducatifs et médicaux.

Du point de vue de la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils de chaque famille vivant dans la bande de Gaza et dans les autres territoires palestinien. Ils ne sont pas « cachés derrière la population », mais au contraire la population les considère comme ses seuls défenseurs.

Par conséquent, l’ensemble de cette opération est basée sur des hypothèses erronées. Faire de sa vie un enfer ne conduira pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à se rassembler derrière lui et renforcera sa détermination à ne pas se rendre. La population de Leningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens se dressèrent contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre de mener une telle guerre, avec de telles méthodes, dans une zone densément peuplée, sait qu’il provoquera d’horribles massacres de civils. Apparemment, cela ne l’a pas effleuré. Ou alors il a estimé qu’ « ils allaient changer leurs façons de faire » et que « cela se graverait dans leur conscience », de sorte que, dans l’avenir, ils n’oseront plus résister à Israël.

L’une des plus grandes priorité pour les planificateurs est la nécessité de minimiser les pertes parmi les soldats, sachant que le sentiment d’une grande partie de l’opinion publique favorable à la guerre serait différent si des pertes apparaissaient. C’est ce qui s’est passé durant la première et la seconde guerre du Liban.

Cette préoccupation a joué un rôle particulièrement important car cette guerre en sa totalité fait partie de la campagne électorale. Ehud Barak, qui a gagné en popularité dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que sa cote s’effondrerait si des images de soldats morts occupaient les écrans de télévision.

Par conséquent, une nouvelle doctrine a été appliquée : éviter les pertes parmi les soldats en pratiquant la destruction totale sur leur passage. Les planificateurs ne sont pas seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour épargner un soldat israélien, comme cela s’est déjà produit, mais 800. La prévention des pertes de notre côté est la première règle, et elle est à l’origine du nombre record de victimes civiles dans l’autre camp.

Cela s’est traduit par le choix conscient d’un type de guerre particulièrement cruel – qui est aussi son talon d’Achille.

Une homme sans imagination comme Barak (son slogan électoral est « Pas un chic type, mais un dirigeant ») ne peut pas se représenter comment les gens sensés dans le monde entier réagissent face à des actes comme le meurtre de toute une famille élargie, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, et aux rangées de linceuls blancs de garçons et de filles avant leur l’enterrement, aux compte rendus sur des victimes qui se vident de leur sang durant des jours avant de mourir parce que les ambulances ne sont pas autorisées à les secourir, au meurtre de médecins et d’infirmiers qui tentaient de porter secours aux blessés, à l’assassinat de conducteurs des camions de vivres de l’ONU. Les photos des hôpitaux avec les morts, les mourants et les blessés allongés à même le sol par manque de place, ont choqué le monde entier. Aucun argument n’a de force à côté de l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur et criant : « Maman ! Maman ! »

Les planificateurs ont pensé qu’ils pourraient empêcher le monde de voir ces images en interdisant à la presse de couvrir les évènements. Les journalistes israéliens – pour leur honte – ont accepté de se satisfaire des communiqués et des photos fournies par le porte-parole de l’armée de terre, comme s’il s’agissait d’informations authentiques, tout en restant eux mêmes à des kilomètres de ces événements. Les journalistes étrangers n’ont pas été autorisés à travailler non plus, jusqu’à ce qu’ils aient protesté et ont alors été emmené en visites rapides et supervisées, organisées pour des groupes sélectionnés. Mais dans une guerre moderne, de telles images fabriquées et aseptisées ne parviennent pas à exclure du champ toutes les autres. Les caméras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au coeur de l’enfer, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazeera diffuse en permanence des images qui sont reçues dans chaque foyer.

LA BATAILLE pour les écrans de télévision est l’une des batailles décisives de cette guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans, du Nigeria à l’Indonésie voient ces images d’horreur. Cela a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs voient les dirigeants de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Autorité Palestinienne comme des collaborateurs d’Israël et de ces atrocités commises à l’encontre de leurs frères palestiniens.

Les services de sécurité des régimes arabes voient apparaître un dangereux ferment dans ces peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé en raison de sa fermeture du point de passage de Rafah face à des réfugiés au visage terrifié, a commencé à faire pression sur les décideurs de Washington qui jusqu’à présent avaient bloqué tous les appels à un cessez-le-feu. Ils commencent à comprendre que cela représente une menace vitale pour les intérêts américains dans le monde arabe et ont subitement changé d’attitude – ce qui a provoqué la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les personnes atteintes de « démence morale » ne sont pas vraiment à même de comprendre les motivations des gens normaux et doivent donc tenter de deviner quelles seront leurs réactions. « De combien de divisions dispose le pape ? » se moquait Staline. « De combien de divisions dispose la conscience des peuples ? » doit sans doute se demander Ehud Barak.

En fait, elles existent. Elles ne sont pas très nombreuses. Pas très rapide à réagir. Pas très fortes et organisées. Mais à un certain moment, avec le déferlement des atrocités et les manifestations de masse, cela peut décider de l’issue d’une guerre.

L’ECHEC à comprendre la nature du Hamas, a induit une incapacité à comprendre quels seraient les résultats prévisibles de cette guerre. Non seulement Israël est incapable de la gagner, mais le Hamas ne peut pas la perdre.

Même si l’armée israélienne réussissait à tuer les membres du Hamas jusqu’au dernier combattant, le Hamas serait tout de même victorieux. Les combattants du Hamas seraient considérés comme des exemples pour la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des modèles à imiter pour chaque jeune du monde arabe. La Cisjordanie tomberait entre les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah se noierait dans un océan de mépris, et les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.

Si à la fin de la guerre le Hamas est encore debout, ensanglanté, mais invaincu, en face de la puissante machine militaire israélienne, cela apparaîtra comme une victoire fantastique, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui va se graver dans la conscience mondiale, ce sera l’image d’Israël vu comme un monstre taché de sang, prêt à tout moment à commettre des crimes de guerre et non pas à faire preuve de retenue en respectant la morale. Cela aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre position dans le monde, nos chances de parvenir à la paix et à la tranquillité.

En fin de compte, cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël.

Par Uri Avnery, 10 janvier 2009
Publication originale Gush Shalom, traduction Contre Info


Uri Avnery (ou Uri Avneri) (de son nom de naissance Helmut Ostermann) est un écrivain et journaliste israélien né le 10 septembre 1923 à Beckum (Westphalie, Allemagne). Surtout connu pour être un militant des droits des palestiniens et pacifiste convaincu, il appartient à une tendance de la gauche israélienne [...] Il est cofondateur de Gush Shalom, (en français Bloc de la Paix), mouvement israélien qui milite pour la paix et en vue de la création d’un État palestinien. Gush Shalom est sur ce point en accord avec Shalom Archav (en français La Paix maintenant), un mouvement prônant un retour aux frontières de 1967 de la part d’Israël, la partition de Jérusalem et la création d’un État palestinien distinct d’Israël au côté de celui-ci sous le slogan de "Deux peuples, deux états".

L’affaire de Tarnac :un ordre psychotique

Réflexion sur le fonctionnement de l’accusation de terrorisme.

Le 11 novembre 2008, dans le cadre de l’opération « Taïga », cent cinquante policiers encerclaient le petit village de Tarnac, en Corrèze. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L’interpellation de dix jeunes gens était avant tout un spectacle destiné à créer l’effroi.

Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotage de lignes de la SNCF, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants – l’arrachage de plusieurs caténaires – ont été qualifiés de « terroristes » alors qu’ils n’ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L’accusation, qui dit disposer de nombreux indices, reconnaît n’avoir aucun élément matériel de preuve.

C’est le profil des jeunes interpellés qui justifie leur mise en examen. Ils ont été arrêtés parce qu’« ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers », et que nombre d’entre eux « participaient de façon régulière à des manifestations politiques », par exemple « aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration ». Quant à leur logement, il est désigné comme « un lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes ».

Bien qu’accusés de constituer le « noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée », ils seront rapidement libérés, certains sous condition, d’autres assignés à résidence. Seul le « chef » et sa compagne resteront emprisonnés. Ce 26 décembre, la cour d’appel de Paris a, à la requête du parquet, annulé l’ordonnance de mise en liberté de Julien Coupat. La demande de libération de sa compagne avait été préalablement rejetée.

Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotage, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de « terroristes », et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, bien que la police reconnaisse l’absence de tout élément matériel de preuve. L’image du terrorisme érigée par le pouvoir crée un réel qui se substitue aux faits. Ceux-ci ne sont pas niés, mais toute capacité explicative leur est déniée. Les actes de sabotage ne peuvent être que le fait de personnes désignées comme terroristes. L’acte de nommer, antérieur à toute procédure d’évaluation objective, renverse celle-ci et l’enferme dans une forme vide.

L’absence d’éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n’est pas niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la primauté de l’image construite par le pouvoir. La position de la ministre de l’Intérieur, Mme Alliot-Marie, est particulièrement intéressante : « Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils n’utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens, qui pouvaient les prévenir de la présence d’étrangers. » Mais la ministre en convient : « Il n’y a pas de traces d’attentat contre des personnes. »

Ces déclarations résument bien l’affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c’est leur mode de vie, le fait qu’ils tentent d’échapper à la machine économique et qu’ils n’adoptent pas un comportement de soumission « proactive » aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien social est également un comportement incriminé, puisque cette pratique permet de poser un cran d’arrêt au déploiement de la toute-puissance de l’État.

Dans ces déclarations, la référence aux faits, en l’absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre une phase de délire, une reconstruction du réel avec l’image du terrorisme comme support.

Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s’opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle de « documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares ». Un horaire de la SNCF devient ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de chemins de fer.

La mise en scène de l’arrestation et de l’inculpation des « autonomes de Tarnac » est un phénomène qui révèle une mutation profonde de l’ordre symbolique de la société.

Le pouvoir a la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de la fonction symbolique expliquent l’absence de frein opposé à la toute-puissance de l’État qui se montre en tant qu’image englobante, en tant que figure maternelle.

À un ordre social qui se révèle contradictoire se substitue une structure psychotique, un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de confrontation avec le réel.

Tribune de Jean-Claude Paye pour L’Humanité

11 Septembre : le citoyen face aux experts

En tant que membre de ReOpen911 (le Mouvement français pour la vérité sur le 11 septembre), on me demande souvent pourquoi de simples citoyens se prétendent supérieurs aux experts. La question paraît contenir la réponse mais en réalité, il existe bel et bien un moyen d’être non pas “supérieur” aux experts, mais d’avancer, même en s’opposant à une majorité (supposée) d’experts. La solution consiste à examiner les arguments sur le plan logique.

Je dois préciser au préalable que j’écris en mon nom propre, puisque le Mouvement pour la vérité compte de nombreux experts et qu’en France, ReOpen911 (1) compte aussi des professionnels parmi ses membres (un professionnel de la démolition contrôlée, par exemple). En ce qui me concerne, je ne suis ni architecte, ni contrôleur aérien, etc.

Le simple citoyen, donc, peut-il se positionner dans le débat sur les attentats du 11 septembre 2001, malgré les importants désaccords existant entre les experts ?


Les Tours Jumelles possèdent un noyau constitué de 47 colossales poutres d’acier,
occupant au centre des tours un rectangle égal à 30% de la surface de l’étage.

Arguments faisant l’unanimité

Dans le cas le plus simple, nos contradicteurs sont d’accord avec nous. Cela arrive plus souvent qu’on ne le pense. Par exemple, l’architecte Christophe Hébert observe, comme nous, la ressemblance de l’effondrement de la tour nord avec la démolition à l’explosif prévue en fin de vie de la tour, puisque dans les deux cas l’effondrement est vertical et entraîné par le noyau (2) (3). Noter que Hébert n’est pas à proprement parler un contradicteur puisqu’il ne semblait pas connaître l’existence de la controverse lorsqu’il a écrit son article.

Arguments sans contradiction

Un autre cas simple est celui où nos arguments ne sont pas contredits. Sur un plan logique, je peux et je dois alors envisager qu’ils sont valides. Je ne peux exclure toutefois que nos contradicteurs ignorent l’existence de ces arguments ou qu’ils n’ont pas pris le temps de les étudier. Par exemple, notre affirmation selon laquelle, tour n° 7 du World Trade Center mis à part, aucun grand immeuble à structure acier n’a jamais cédé au feu n’est pas contredite.


Présentation du rapport sur la tour n° 7 par le NIST en août 2008, à gauche,
et extrait du diaporama de Richard Gage, à droite.

Arguments faisant polémique

Le troisième cas de figure, le plus difficile, est celui où nos arguments sont controversés. Si des affirmations scientifiques s’opposent, le simple citoyen que je suis ne peut pas trancher et doit conserver les deux affirmations. Par exemple, le NIST (l’organisme scientifique gouvernemental ayant conduit l’enquête la plus récente) affirme ne pas avoir trouvé de preuve que les Tours Jumelles ont été détruites par une démolition contrôlée (4) (ce qui contredit d’ailleurs l’observation de Hébert). De son côté, Richard Gage, un architecte du Mouvement pour la vérité, affirme au contraire que l’effondrement de la tour n° 7 du World Trade Center présente toutes les caractéristiques d’une démolition contrôlée et qu’il y a de nombreuses preuves de démolition contrôlée aussi pour les Tours Jumelles (5). Le néophyte que je suis ne peut que garder, dans un premier temps, ces deux affirmations contradictoires. Ce cas de figure est le plus embarrassant pour le citoyen.

À défaut de pouvoir résoudre les oppositions scientifiques, il n’est pas interdit pour le citoyen d’examiner si, d’un point de vue logique, les arguments de nos contradicteurs démontent effectivement les nôtres. Et ici nos contradicteurs commettent une grande variété d’erreurs.


  Panaches horizontaux pendant l’effondrement des tours (devant et sur le côté).

L’erreur la plus répandue consiste, pour nos contradicteurs, à émettre une autre interprétation du même fait en faisant comme si cela suffisait. Par exemple, le journaliste Stéphane Malterre, dans un documentaire diffusé sur Canal+ en avril dernier (6), affirme que les panaches de fumée horizontaux sortant des Tours Jumelles pendant leur effondrement (7) sont dus à l’air chassé par les planchers en train de tomber et fait comme si c’était la seule explication. Ce type d’erreur est vraiment très fréquent.

Un autre erreur répandue consiste, pour nos contradicteurs, à sélectionner nos arguments. Cela signifie que nos contradicteurs choisissent de répondre à certains arguments (parfois au moyen de l’autre interprétation) et d’en ignorer d’autres. Or, je cherche une thèse complète pour le 11 septembre, et non une thèse incomplète. Par exemple, les traces possibles d’explosifs observés par la FEMA (l’organisme scientifique gouvernemental ayant mené la première enquête) (8) et Barnett (9) sur les poutres en acier de la tour n° 7 sont embarrassantes, car inexplicables dans le cadre d’un incendie. En conséquence, nos contradicteurs les ignorent.

Une variante de la sélection des arguments est la sélection des faits. Par exemple, l’ingénieur en structure Geoff Rooke, lorsqu’il évoque les bâtiments abîmés par la chute les Tours Jumelles, les considère tous comme « détruits » (10). Il omet de signaler que tous ces bâtiments sont restés debout, sauf la tour n° 7, qui n’était pourtant pas la plus abîmée, loin de là (11). Il s’évite ainsi d’avoir à argumenter sur ce que nous considérons comme l’anomalie la plus criante de toute cette affaire.


  Antoine Vitkine sur le plateau de France 24 (sept. 2008)

Un autre raisonnement étrange chez nos contradicteurs est celui selon lequel le dernier qui parle a raison. De ce point de vue, il n’est plus nécessaire d’examiner l’argument, mais seulement sa date. Par exemple, l’auteur Antoine Vitkine, invité sur le plateau de France 24 en septembre dernier, nous reproche de continuer à parler du rapport de la FEMA alors que le rapport du NIST est sorti depuis (12).

Pour qu’un contre-argument soit retenu, encore faut-il qu’il ne déforme pas nos arguments. Par exemple, Phil Mole, auteur d’un article prétendant démonter nos arguments, nous prête d’affirmer tantôt que l’acier a fondu, et tantôt de donner pour les températures de l’acier des valeurs trop faibles pour le faire fondre (13). En fait, Mole mélange deux problèmes : d’une part la présence d’acier fondu, observée par des témoins (premier sujet), et d’autre part les températures atteintes par l’acier pendant l’incendie, sur lesquelles le Mouvement pour la vérité est plutôt d’accord avec le NIST, sauf envolées lyriques de ce dernier nécessaires à ses exercices de contorsion. Par ailleurs, vu les chiffres donnés, je crains que Mole ne mélange les températures de l’air et de l’acier. D’après le NIST, la température de l’acier n’a pas dépassé les 250 °C dans l’immense majorité des cas, et dans le cadre de l’incendie, nous sommes d’accord avec ce chiffre.


  Tour sud : juste avant l’effondrement, le bloc supérieur se penche.

Les arguments de nos contradicteurs peuvent aussi être tout simplement illogiques. Par exemple, Phil Mole explique de la façon suivante pourquoi la tour nord tombe droite alors que la tour sud penche sur le côté (une autre anomalie) (14) : la tour sud a été touchée dans un coin et plus bas (15). Ce à quoi on peut répondre que, d’une part, Mole confond le centre d’une face et le centre de la tour, car la tour nord, bien que frappée au centre d’une face, n’a pas été frappée au centre tout court, et d’autre part que les colonnes d’acier sont plus résistantes dans les étages inférieurs, de sorte que frapper plus bas revient à frapper un endroit plus solide (l’acier formant les colonnes du noyau a une épaisseur de 13 cm dans les fondations et décroît pour atteindre 1 cm au sommet (16)).

Autre type d’argument, les attaques sur les personnes, qui exploitent l’idée qu’un argument n’a pas le même poids selon la personne qui l’énonce. Par exemple, le blogueur Tristan Mendès-France, entendant démonter nos arguments, insiste sur le fait qu’ils viennent (selon lui) de l’extrême-droite antisémite (17) ou bien d’un scientifique qu’il considère comme discrédité (18).

Une variante des attaques sur les personnes sont les accusations diverses dont nous sommes l’objet. Nous serions anti-ceci, pro-cela… De façon amusante, ces accusations révèlent en réalité les attirances et les répulsions de leur auteur. Ainsi, une personne hostile à l’extrême-gauche nous placera à l’extrême-gauche, et de même avec l’extrême-droite. Un sympathisant d’Israël nous accusera d’antisionisme voire d’antisémitisme, tandis qu’une personne islamophobe nous accusera de soutenir l’islamisme radical. Par exemple, l’intellectuel Alexandre Adler, que l’extrême-gauche effraie visiblement, nous associe à la montée d’un « social fascisme » très à gauche (19), tandis que le journaliste euro-enthousiaste Jean Quatremer nous mélange, sans surprise, avec les… euro-sceptiques (20).

Nos contradicteurs recourent aussi à l’argument d’autorité. L’autorité peut changer d’avis, se rétracter, et ainsi de suite plusieurs fois : sa version est toujours la bonne. Par exemple, Nathalie Bastin de l’ESISC (un centre d’étude spécialisé dans le terrorisme) évoque dans un document différentes motivations possibles des chercheurs et des militants du Mouvement pour la vérité : la paranoïa, le refus de la réalité, l’anti-américanisme, etc. (21). L’éventualité que nous ayons raison n’est tout simplement pas envisagée puisque nous mettons en doute la version officielle.

Le glissement sémantique est utilisé par nos contradicteurs pour nous associer à ce que nous ne sommes pas. Par exemple, le professeur de philosophie Robert Redeker, dans un article du Monde resté célèbre, nous assimile aux révisionnistes de la Shoah (22) (23).

La confusion entre acteur et observateur entraîne certains contradicteurs à nous reprocher les informations que nous apportons, comme si nous avions une quelconque responsabilité dans leur concrétisation. Selon ces contradicteurs, nous avons des “opinions extrêmes” ou, typiquement, nous “alimentons l’antisémitisme”. Il va de soi qu’étudier un événement ne signifie pas qu’on y a participé, ni d’ailleurs qu’on l’approuve.


Journal de France 2 du 10 septembre 2008

À court d’arguments, nos contradicteurs nous assènent enfin la réalité telle qu’ils l’imaginent. Par exemple, dans un reportage diffusé en septembre dernier, France 2 invente pour Marion Cotillard et Jean-Marie Bigard des rétractations qui n’ont jamais existé (24) (Cotillard et Bigard ont au contraire confirmé leur position (25) (26)).

Le 11 septembre 2001

En pratique, j’ai pu observer depuis deux ans que l’opposition scientifique frontale est rare et porte sur des points secondaires, et pas sur nos affirmations principales. Par exemple, le fait que le NIST voie un incendie faire rage là où les photos montrent un feu éteint dans la tour n° 7 (27) est une opposition frontale sur un fait, mais reste secondaire car incendie ou pas incendie, ça ne fait pas disparaître les signes de démolition contrôlée. Les preuves de démolition contrôlée que nous avançons n’ont jamais été contredites. Par conséquent, nous maintenons nos affirmations :

  1. La démolition contrôlée est la meilleure hypothèse pour expliquer l’effondrement des trois tours du World Trade Center.
  2. De nombreuses anomalies suggèrent des complicités dans l’armée de l’air et les services de renseignement des États-Unis, et l’implication de pays alliés.
  3. Le rôle de l’équipe d’Al-Qaïda se limitait probablement à attirer l’attention sur elle.

Et nous attendons toujours une réfutation de nos arguments.

Conclusion

Comme nous le voyons, le citoyen néophyte, s’il n’est pas capable de résoudre les oppositions scientifiques, est tout de même capable d’évaluer les arguments sur le plan logique et de rejeter ce qui n’est pas logique. J’invite nos contradicteurs à vérifier, à l’avenir, que leurs arguments n’appartiennent pas à l’une des catégories ci-dessus car, bien que plusieurs d’entre elles aient une certaine efficacité sur l’opinion publique, et notamment les accusations, ces arguments sont invalides sur le plan logique et ne convaincront pas les militants de ReOpen911.

Par Yves Ducourneau, le 9 décembre 2008


Références :

(1) http://www.reopen911.info/reopen911.html

(2) « [...] l’aspect “propre”, vertical de l’effondrement, telle que l’avaient prévu les ingénieurs (dynamitage du noyau). » (http://www.cyberarchi.com/…article=4282)

(3) On observera, sur ces images de la tour nord, la verticalité de l’effondrement et l’antenne, posée sur le noyau, descendre une fraction de seconde avant le reste : http://video.google.com/…3839229

(4) « In summary, NIST found no corroborating evidence for alternative hypotheses suggesting that the WTC towers were brought down by controlled demolition using explosives planted prior to Sept. 11, 2001. » (http://wtc.nist.gov/…/faqs_8_2006.htm)

(5) Télécharger ici la traduction française du diaporama de Richard Gage, au format PDF (pages 85 et 271 notamment) : http://download.sfrs.fr/media-1/…/221004.pdf

(6) “Jeudi Investigation : Rumeur, intox : les nouvelles guerres de l’info”, réalisé par Stéphane Malterre, diffusé le 24 avril 2008 sur Canal+ ( http://forums.lesinsoumis.org/…f=27&p=3290 ).

(7) Images : http://yves.ducourneau.club.fr/…terale1.jpg et http://yves.ducourneau.club.fr/…terale2.jpg

(8) « D’énormes trous – certains plus larges qu’une pièce d’un dollar – laissent passer la lumière au travers d’une pièce d’acier qui était autrefois massive. Cette allure de fromage suisse a choqué tous les spécialistes du feu, qui s’attendaient à des déformations et des courbures – mais pas à des trous. » (http://yves.ducourneau.club.fr/119/jones2.html)

(9) « (…) l’érosion inattendue de l’acier trouvé dans cette poutrelle a justifié une étude sur les changements microstructuraux qui se sont produits dans cet acier. L’examen d’autres parties de cette poutrelle est en cours. ANALYSE – La rapide détérioration de l’acier a été le résultat d’un chauffage avec oxydation en combinaison avec une fusion inter-granulaire due à la présence de soufre. » (http://yves.ducourneau.club.fr/119/jones.html)

(10) « Les dégâts collatéraux : Mariotte Hôtel, World Trade Center No.3, South Plaza No.4, Douane des États-Unis – Bat 6, Winter Garden, Église grecque de Saint Nicolas, Bat 5 et 7, 90 West Street, Banken Trust Batiment, Batiment Verzin, World Financial Center – Batiment No.3. Tous ces bâtiments ont été détruits par l’effondrement des deux tours. » (http://download.sfrs.fr/media-1/…221004.pdf)

(11) Images de la tour n° 7 et d’autres bâtiments abîmés : http://yves.ducourneau.club.fr/119/wtc7.html

(12) “Le débat de France 24 : le mythe du complot”, diffusé le 11 septembre 2008 sur France 24, à 10’ : http://www.dailymotion.com/…-du-complot_news

(13) « Le 9/11 Truth Movement affirme ou sous-entend souvent que l’acier à dû fondre (…). Alors que leurs estimations de la température de l’incendie du WTC varient, la plupart d’entre eux sont d’accord pour dire que la température a probablement atteint 538 °C et peut-être dépassé les 982 °C. Des flammes de cette température seraient un peu en-dessous des près de 1537 °C nécessaires pour faire fondre l’acier (…). » (“Les théories conspirationnistes autour du 11 septembre”, par Phil Mole ; http://www.pseudo-sciences.org/…?article786)

(14) Effondrement de la tour sud : http://video.google.fr/…762708889

(15) « Les images [montrent que la tour Sud] a penché dans la direction du point d’impact avant de commencer à s’écrouler [...]. La différence entre les deux effondrements peut s’expliquer par la manière dont chaque avion a heurté les bâtiments. Le premier avion a touché la tour Nord entre les 94e et 98e étages et l’a heurtée de plein fouet, s’encastrant quasiment directement jusqu’au cœur du bâtiment. Le deuxième avion a heurté la tour Sud entre les 74e et 78e étages, mais s’est encastré de biais, endommageant gravement tout le coin nord-est du bâtiment. Comparée à la tour Nord, la tour Sud a subi des dommages qui étaient à la fois moins également répartis et nettement plus bas dans la structure, obligeant le point affaibli à supporter plus de poids [...]. » (Phil Mole)

(16) “Le procès du 11 septembre”, par Victor Thorn, page 26 (http://www.editionsdemilune.com/…mbre-p-3.html)

(17) « D’abord, il faut montrer (grâce au documentaire de Stéphane Malterre sur Canal+) en quoi certaines références conspirationnistes du mouvement reopen911-USA sur les attentats du 11 septembre proviennent directement des mouvances d’extrême-droite antisémites américaines [...]. » (http://blog.mendes-france.com/…vs-reopen/)

(18) « JP Petit est celui qui a relayé en France l’idée que le tsunami de 2004 était une expérimentation militaire américaine qui a mal tourné. Voilà le genre d’ “experts” auxquels les conspis accordent du crédit [...]. » (http://blog.mendes-france.com/…niste-lui-meme/)

(19) “Social fascisme”, Le Figaro du 4 octobre 2008 (http://www.lefigaro.fr/…-social-fascisme-.php)

(20) “Quand l’euroscepticisme mène au conspirationnisme”, le 24 septembre 2008 (http://bruxelles.blogs.liberation.fr/…les-eurosceptiq.html)

(21) “Le révisionnisme post 9/11”, par Nathalie Bastin de l’ESISC, le 13 décembre 2007, pages 5 et 7 (http://www.esisc.org/…/revisionnisme-333.pdf)

(22) “Marion Cotillard et les complots”, Le Monde du 30 mars 2008 (http://leblogdrzz.over-blog.com/…953.html)

(23) Voir la discussion sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/révisionnisme

(24) Journal de France 2 du 10 septembre 2008, à 01’ : http://www.dailymotion.com/…-avec-nos_news

(25) “11 septembre 2001 : Marion Cotillard persiste et signe”, par Olivier Bonnet (http://www.plumedepresse.com/spip.php?article512)

(26) Voir Jean-Marie Bigard au Grand Journal de Canal+ le 17 octobre 2008, à 02’50” : http://www.youtube.com/watch?v=hs8eG6STob4

(27) « Cette partie de la simulation des incendies [par le NIST] contredit les propres preuves photographiques du NIST sur l’activité des feux au 11e étage. » (http://www.reopen911.info/…me-partie/)

Les négationnistes du 11 septembre 2001

Il est de bon ton aujourd’hui de vilipender les Négationnistes, c’est-à-dire ceux qui essayent de nier l’utilisation des chambres à gaz pour l’extermination de juifs ou de minimiser la culpabilité du régime nazi envers les juifs. Quoiqu’on en pense, il faut pourtant admettre que les théories négationnistes n’ont pratiquement aucune influence sur les décisions politiques contemporaines, sur la vie quotidienne des gens, ou sur les guerres que mène l’Occident contre des peuples du tiers-monde. C’est donc plus sur le terrain de la symbolique que sur celui des faits qu’il faut chercher les origines de cette mode.

En revanche, depuis l’an 2001, une nouvelle catégorie de négationnistes dangereux dans les faits vient d’apparaître. Il s’agit des négationnistes du 11 Septembre, qui ne sont pas des personnes marginales. Cette mouvance très influente comprend des dirigeants politiques, des journalistes en vue et des universitaires qui apparaissent régulièrement à la télévision. Ce qui relie ces négationnistes entre eux est leur acharnement à dissimuler la vérité sur le massacre du 11 septembre et à promouvoir des insinuations et des accusations monstrueuses contre les "nouveaux juifs", je veux parler cette fois des musulmans. Ces négationnistes s’efforcent – en dissimulant la vérité – de protéger les auteurs de ce massacre.

Quelles vérités dissimulent les Négationnistes du 11 Septembre? J’en ai recensé cinq de première importance.

1ère vérité dissimulée : Le gouvernement américain n’a jamais produit une seule preuve que des liens existaient entre Oussama ben Laden et le massacre du 11 septembre 2001. Ceux qui ont "fait leurs devoirs" auront sans doute découvert qu’aucun dirigeant américain n’a affirmé la culpabilité d’Oussama ben Laden dans l’affaire du 11 septembre. Toutes les déclarations officielles sont restées au niveau des insinuations. En juin 2006, la police fédérale américaine (FBI) a finalement reconnu qu’elle ne possédait aucune preuve fiable qui permettrait de lier Oussama ben Laden au massacre du 11 septembre. Un journaliste du Muckraker Report [1] téléphona au FBI pour demander pourquoi la page web du FBI sur les exploits d’Oussama ben Laden [2], ne mentionnait pas son rôle dans le massacre du 11 septembre. Rex Tomb du FBI lui répondit que le FBI ne possèdait pas de preuves suffisantes pour mentionner cette participation. Point à la ligne. Les Négationnistes du 11 septembre, dont les directeurs et rédacteurs en chef des grands journaux mondiaux, ont caché cette nouvelle au public pour faire en sorte que le mythe fondateur perdure et pour protéger les vrais auteurs du massacre.

2ème vérité dissimulée : Le gouvernement américain n’a jamais produit de preuve que des musulmans ont détourné des avions le 11 septembre. Ceci pourrait sembler incroyable au lecteur non averti. Et pourtant c’est une vérité incontournable. Le FBI a publié les noms de 19 personnes soupçonnées d’avoir détourné quatre avions commerciaux le 11 septembre. Mais même le FBI ne se sent pas en mesure d’affirmer leur responsabilité [3]. Dans son communiqué de presse datant du 27 septembre 2001 (et qui n’a pas été changé depuis) le FBI déclare que l’identité desdits kamikazes reste en suspens. En effet il n’existe pas la moindre preuve que les personnes mentionnées par le FBI ont embarqué dans ces avions. Ces noms n’apparaissent pas sur les listes authentiques des passagers ; leurs cartes d’embarquement n’ont pas été trouvées ; personne ne les a vu embarquer dans les avions ; il n’existe aucun enregistrement vidéo de leur embarquement ; et leurs restes humains n’ont pas été identifiés. [4] Il s’agit donc de fantômes qui ont servi la propagande américaine. Les Négationnistes du 11 septembre ont dissimulé ce fait majeur pour maintenir dans l’esprit du public le mythe fondateur des terroristes musulmans que personne n’a vu monter dans les avions.

3ème vérité dissimulée : Le gouvernement américain a fait tout son possible pour empêcher une enquête judiciaire et une enquête publique sur le massacre sur le 11 septembre. Quel intérêt aurait un gouvernement quelconque à empêcher une enquête sur un massacre perpétré sur son propre sol? Les Négationnistes du 11 septembre ont fait tout leur possible pour que l’opinion publique ne prenne pas connaissance des efforts faits par le gouvernement américain pour étouffer la vérité sur ce massacre.

4ème vérité dissimulée : Le gouvernement américain n’a pas traduit en justice les personnes qui ont délibérément détruit des preuves qui auraient facilité l’enquête sur le massacre du 11 septembre. Par exemple l’acier des tours jumelles a été rapidement vendu à l’étranger, avant qu’une étude technique sur la raison de leur effondrement n’ait été entamée. Des témoignages enregistrés sur bande magnétique le matin du 11 Septembre par des contrôleurs des transports aériens ont été déchiquetés en morceaux par leur supérieur. Une quantité énorme de fichiers du projet Able Danger prouvant que la CIA surveillait depuis longtemps avant le 11 Septembre certains futurs "terroristes", a été détruite. Tandis que quelques journaux américains ont mentionné ici et là ces destructions de preuves, les Négationnistes du 11 septembre ont fait tout leur possible pour que l’opinion publique ne pose aucune question sur le but de ces destructions.

5ème vérité dissimulée : Quand un meurtre de droit commun a lieu, les journaux commencent normalement à poser des questions si, après quelques mois, personne n’est inculpé. En ce qui concerne le massacre de 3.000 personnes le 11 septembre, les nouveaux Négationnistes n’ont pas posé la moindre question sur le fait que le gouvernement américain n’avait pas encore inculpé ni traduit en justice une seule personne pour complicité ou soutien à ce massacre monumental, et ceci pendant plus de six ans!

Les Négationnistes du 11 septembre ne sont pas des êtres marginaux pourchassés devant les tribunaux parce qu’ils mettent en question un événement historique. Ce sont des personnes qui dirigent des pays et manipulent l’opinion publique. Ce sont eux qui ont justifié le bombardement de villages en Afghanistan – le pays le plus pauvre de la planète -, qui a causé des milliers de morts d’innocents dont aucun n’était responsable du crime du 11 Septembre. Ce sont eux qui ont préparé le public pour la guerre d’agression contre l’Iraq et la mort de plus d’un million de personnes dans ce pays meurtri depuis l’embargo. Ce sont eux qui incitent la population du monde occidental à considérer chaque islamiste comme un terroriste potentiel, copiant en ceci les idéologues nazis qui incitaient leur peuple à soupçonner les juifs de crimes contre le peuple allemand. Les Négationnistes du 11 septembre sont les vrais héritiers du régime nazi dont le but final serait de criminaliser toute opposition politique au nom de la guerre contre le terrorisme.

Il est temps de se dresser contre cette mouvance négationniste dangereuse, et de l’isoler intellectuellement et politiquement avant qu’elle ne nous mène à la barbarie.

Par Elias Davidsson, le 2 décembre 2008 pour Mondialisation.ca
Écrit en avril 2008, publié en septembre 2008 sur Aldeilis.


A propos de l’auteur de cet article, M. Elias Davidsson :

M. Elias Davidsson, membre du mouvement européen pour la vérité sur le 11 Septembre, est un spécialiste du droit international et un défenseur de la Paix et des Droits de l’Homme. Homme de multiples talents et intérêts (informaticien, compositeur de musique…) M. Davidsson est né en Palestine, en 1941, avant la création de l’État d’Israël. Voici sa présentation :

« Mes parents étaient des réfugiés juifs d’Allemagne. Mon histoire personnelle, comme celle de mes parents, m’a convaincu de m’opposer de toutes mes forces contre le racisme. Or, aujourd’hui le racisme le plus virulent pratiqué en Occident vise les musulmans. Ce sont donc eux qui devraient avoir droit à notre protection et à notre sympathie. La diabolisation des musulmans est un instrument de propagande utilisé pour justifier les attaques de pays musulmans et s’accaparer leurs richesses énergétiques, comme le régime nazi a diabolisé les juifs pour leur dérober leur patrimoine. L’odieux journal Der Stürmer qui diffusait un antisémitisme grossier et ordurier est remplacé aujourd’hui, non par un seul, mais par des centaines de médias qui diffusent sournoisement des mythes non moins odieux sur un soi-disant complot terroriste mondial inspiré par l’Islam. C’est donc en tant que juif – comme les autorités rabbiniques me définissent – que je m’oppose à la diabolisation des musulmans, particulièrement par le biais d’accusations sans fondement contre 19 prétendus kamikazes musulmans. » (Note de la rédaction : il s’agit pour M. Davidsson de la version officielle des événements du 11-Septembre, celle du complot islamiste des 19 kamikazes, que personne n’a vu embarquer dans les avions). « C’est aussi en tant que chercheur – dont les écrits ont été publiés par des revues spécialisées de droit – que je me révolte contre le manque de rigueur intellectuelle de ceux qui propagent à tout vent des mythes sur le danger du terrorisme islamique. Les faits, et en particulier, les statistiques sur le terrorisme démentent ce discours. Comme toujours, le talon d’Achille des puissants se situe dans leurs mensonges et leur peur panique de la vérité. »


Notes :
[1] http://www.muckrakerreport.com/id267.html
[2] http://www.fbi.gov/wanted/topten/fugitives/laden.htm
[3] http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel01/092701hjpic.htm
[4] http://www.aldeilis.net/france/index.php?option=com_content&task=view&id=50&Itemid=28

Groupe de Bilderberg : Une élite qui se cache pour diriger le monde ?

On entend parfois parler d’un certain "Groupe de Bilderberg", qui se réunirait en secret tous les ans, pour établir les stratégies entre "grands" de ce monde, mais qu’en est-il vraiment ? Pour essayer d’y voir plus clair, voici deux articles parus en juin 2008, et qui nous expliquent ce qu’est ce groupe et quelle influence il aurait sur les politiques internationales en Occident.

Le premier article est l’oeuvre d’une association "Initiative Citoyenneté Défense" dont le but est d’informer les citoyens sur la politique française de Défense.

Le deuxième est paru sur le site de Rue89, à l’occasion de la réunion annuelle de ce mystérieux groupe, où apparaissent les noms de personnalités de tous les pays, y compris la France. Aux cotés de noms comme Henri Kissinger ou Paul Wolfowitz, la réunion de juin 2008 a vu la participation – selon plusieurs sources comme PrisonPlanet, Infowars, AmericanFreePress – de Christine Ockrent, Hubert Vedrine, Manuel Valls, François Pérol, et d’autres noms moins connus mais tous haut placés dans les grands groupes et multinationales.

Connaissiez-vous l’existence et l’activité de ce groupe ? L’avez-vous découvert dans les grands médias ? Rue89 semble penser que la couverture médiatique est largement suffisante, alors faites-vous votre propre opinion !


Première réunion du Groupe de Bilderberg en 1954


B. Obama, H. Clinton et le groupe de Bilderberg

Article paru sur le site Initiative Citoyenneté Défense, juillet 2008

La presse en ligne s’est récemment (en juin 2008 – NdlR) faite l’écho d’une possible visite des candidats démocrates Hillary Clinton et Barack Obama auprès du « Groupe de Bilderberg », réuni secrètement à l’hôtel Westfields Marriott à Chantilly (USA).

Qu’est-ce que cette organisation « secrète » ?

Un puissant réseau d’influence
Le Groupe de Bilderberg a été fondé en 1954 à l’hôtel Bilderberg à Osterbeek (Pays-Bas) – d’où son nom – à l’initiative du Prince hollandais Bernhard, ancien officier SS, et du richissime David Rockefeller. Le Groupe de Bilderberg, conçu à l’origine comme une « alliance anti-communiste occulte », constitue toujours l’un des plus puissants réseaux secrets d’influence. Il rassemblerait des personnalités de tous les pays, leaders de la politique, de l’économie, de la finance, des média, mais aussi des responsables de l’armée et des services secrets.

Une organisation secrète en trois cercles
Très structuré, le Groupe de Bilderberg est – selon certaines sources – organisé en 3 cercles successifs.

Le “cercle extérieur” est assez large et comprend 80% des participants aux réunions. Les membres de ce cercle ne connaissent qu’une partie des stratégies et des buts fondamentaux de l’organisation.

Le deuxième cercle, beaucoup plus fermé, est le Steering Committee (Comité de Direction).Il est constitué d’environ 35 membres, exclusivement européens et nord-américains. Ils connaissent à 90% les objectifs et stratégies du Groupe.

Le cercle le plus central est le Bilderberg Advisory Committee (Comité consultatif). Il comprend une dizaine de membres, seuls à connaître intégralement les stratégies et les buts précis de l’organisation. Pour ceux qui enquêtent sur les réseaux de pouvoir, le Groupe de Bilderberg est un véritable « gouvernement mondial occulte ». Au cours de ses réunions, des décisions stratégiques essentielles y sont prises, hors des institutions démocratiques où ces débats devraient normalement avoir lieu.


 
Westfields Marriott in Chantilly, Va.,
site of the Bilderberg conference this weekend

Bilderberg: silence médias sur les réunions de l’élite mondiale

Article paru sur Rue89, 11 juin 2008

C’est à cette époque de l’année que le groupe Bilderberg, rassemblant environ 120 milliardaires, banquiers, hommes politiques, industriels, universitaires, haut fonctionnaires, personnalités d’influence dans le monde du travail et de l’éducation et journalistes, se réunit pendant un week-end dans un hôtel. ou un centre de villégiature quelque part en Amérique du Nord ou en Europe, afin de discuter en privé des affaires du monde.

Cette année, la 56e conférence de Bilderberg s’est déroulée [le 8 juin 2008 - NdlR] à l’hotel Westfields Marriott de Chantilly en Virginie, à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport international de Washington Dulles. Comme lors des éditions précédentes, les détracteurs de Bilderberg accusent la presse grand public de passer sous silence un club qui selon eux dirige un gouvernement secret.

Le lieu où seraient choisis les futurs présidents américains

Les critiques affirment que Bilderberg est le lieu où sont choisis les futurs présidents américains et Premiers ministres britanniques, ce que confirmerait la participation à la conférence de Bill Clinton en 1991 et celle de Tony Blair en 1993. En 2004, le magazine Time a révélé que John Kerry a choisi John Edwards pour être son colistier juste après que ce dernier avait fait une forte impression sur les participants de la session Bilderberg en Italie.

D’après l’ouvrage de 1980 intitulé "Trilateralism : The Trilateral Commission and Elite Planning for World Management" (Le Trilatéralisme : la commission trilatérale et l’organisation du management mondial par les puissants), le Président Dwight D. Eisenhower souhaitait vivement que son personnel assiste à Bilderberg, le Président John F. Kennedy a largement recruté les membres de son administration parmi d’ancien participants de Bilderberg, comme Dean Rusk, George W. Ball, George McGhee, Walter Rostow, Arthur Dean et Paul Nitze, et les membres de l’administration Carter prenaient largement part aux réunions annuelles du groupe.

Un critique a publié une liste établissant que le club Bilderberg 2008 comprend Henry Kissinger, Ben S. Bernanke, David Rockefeller, Vin Weber, Robert B. Zoelick, Donald Graham, Verdon Jordan, Charlie Rose et leurs homologues européens. Des manifestants ont surveillé cette élite à l’entrée de l’hôtel et enregistré des vidéos de "surveillance" à l’extérieur et à l’intérieur des parties du bâtiment faiblement gardées, avant que la conférence commence.

Jusqu’ici les détracteurs de Bilderberg ont raison : la presse grand public a ignoré Bilderberg en 2008. Selon la base de données Nexis, les sites Wonkette et Raw Story ont relaté l’événement et les objections des critiques. Avec une simple recherche Web, on tombe sur des articles de critiques de Bilderberg comme Alex Jones et Jim Tucker, qui sonnent l’alarme sur le problème.

Les critiques ont raison sur un autre point : la réunion de 120 importantes personnalités mondiales est une nouvelle à ne pas taire. Mais à la décharge de la presse grand public, il faut dire qu’il est difficile de rendre compte d’un rassemblement privé, placé sous haute surveillance.

Permettre aux participants d’exprimer librement et ouvertement leur opinion

Les organisateurs de Bilderberg ont donné le mot d’ordre aux participants de ne pas divulguer les débats du weekend, affirmant dans un communiqué de presse cette année que "le caractère privé des réunions n’a pas d’autre motif que celui de permettre aux participants d’exprimer librement et ouvertement leur opinion". En 1927 la Chatham House, "think tank" britannique, a consacré une règle du même type, et des obligations de cet ordre s’appliquent lors de certaines réunions du Conseil de relations étrangères ("think tank" américain) et du Groupe de stratégie de l’Institut Aspen. Dans presque toutes les villes du monde, des groupes privés se réunissent pour discuter de manière confidentielle. C’est comme ça que le monde fonctionne. Il y a bien de temps à autre des fuites de la part des membres de Bilderberg, comme dans le cas de John Edwards en 2004, mais les chics et puissants gardent généralement le silence.

Quelles auraient été les conséquences si le Washington Post avait envoyé un reporter au très exclusif rassemblement de Chantilly ? Un journaliste d’Associated Press était parti couvrir la session Bilderberger de 1978 à Princeton dans le New Jersey, mais ce qu’il a raconté se résume à une scène où des "hommes en costumes gris et aux lunettes de soleil" le chassent du périmètre du centre de conférence Henry Chauncey. Extraits de la dépèche (Steve Hindy) :

"Kissinger s’est nonchalamment promené autour d’un petit étang artificiel samedi, jusqu’à s’approcher à quelques mètres de la route menant au bâtiment.

Il a tourné autour de l’étang deux fois, une première fois avec un homme grisonnant qui fumait la pipe et une seconde avec un homme plus jeune. Kissinger avait l’air grave et attentif pendant que les hommes parlaient de choses comme de "limitations de portées".

Kissinger avait l’air agacé et a refusé de s’exprimer lorsqu’un reporter s’est approché de lui.

L’un des deux agents des services secrets protégeant l’ancien secrétaire d’Etat fit un signe de tête plein de sympathie au reporter et lui dit : ‘Vous avez fait de votre mieux.’

Et pourtant la presse grand public ne peut guère être accusée de passer Bilderberg sous silence. Selon Nexis, le New York Times a mentionné Bilderberg une vingtaine de fois depuis 1981, dont un article de 2004 intitulé "une conférence secrète pour dominer le monde". D’autres articles dans le Washington Post, le Chicago Tribune et le Boston Globe mentionnent le groupe.

Le mois dernier encore, dans le Washington Post, Anne-Marie Slaughter a fait référence aux membres de Bilderberg dans sa critique d’un nouvel ouvrage : "Superclass : The Global Power Elite and the World They Are Making" (la Superclasse, l’élite de la puissance mondiale et le monde qu’elle est en train de construire). [en France, Michael Gama a consacré un livre, "Rencontres au sommet" (ed. Altiplano), à ces réunions des riches et des puissants, dont Bilderberg].

Article traduit par Marie Peterson pour Rue89


Notes de ReOpenNews: Lire aussi Daniel Estulin dans The True Story of the Bilderberg Group (véritable histoire du groupe Bilderberg)

Islam : L’ennemi fabriqué

La « Guerre contre le Terrorisme », instaurée par les États-Unis suite aux attentats du 11 Septembre, prétend défendre la patrie américaine et plus généralement « le monde civilisé » contre les extrémistes islamistes et l’« Axe du Mal ». Cette guerre nous est présentée comme une « guerre juste », alors que de plus en plus d’éléments indiquent qu’en réalité elle ne fait que servir des objectifs géopolitiques et économiques. Dans l’article ci-dessous, la journaliste Silvia Cattori dénonce la diabolisation orchestrée de l’Islam -et par extension des nations et des populations musulmanes- afin de construire un consensus en faveur de cette guerre.


Par Silvia Cattori, le 16 novembre 2008 pour Mondialisation.ca

« Viendra un temps où les responsables des crimes contre l’humanité, qui ont accompagné le conflit israélo-palestinien et d’autres conflits de notre époque, seront appelés à répondre devant les tribunaux des hommes ou de l’histoire, avec leurs complices et tous ceux qui, en Occident, ont choisi le silence, la lâcheté et l’opportunisme ». (ISM-Italia)

Les va-t-en-guerre se sont appuyés sur des attentats isolés, aux origines mal élucidées, pour incriminer tout à la fois, Oussama Ben Laden, Saddam Hussein, les Palestiniens, les « musulmans » en général, et influer sur notre perception [1].

Pour justifier leurs guerres unilatérales, et légaliser, sous le masque d’une « guerre mondiale au terrorisme », leurs violations des droits des peuples et du droit international, il leur fallait commencer par mentir et fabriquer un ennemi.

Est-il besoin de rappeler que, avant d’envahir l’Irak en 2003, l’administration Bush avait présenté de faux documents de façon à accréditer la possession d’« armes de destruction massive » par le Président Saddam Hussein et une responsabilité irakienne dans les attentats du 11 septembre 2001 ?

Cette falsification monstrueuse n’était que l’un des innombrables mensonges répandus pour entraîner le monde entier dans des guerres criminelles à répétition.

Depuis 2005, grâce à l’enquête confiée par le Conseil de l’Europe au sénateur suisse Dick Marty [2], nous savons comment, dans le cadre de cette prétendue « guerre au terrorisme », les officiers de la CIA et du FBI ont fait transférer dans des prisons secrètes, pour y être sauvagement torturés, nombre de musulmans kidnappés au hasard. Nous savons également comment des pays européens ont étroitement participé à ces activités, contraires aux principes fondamentaux dont ils se réclament. [3]

Mais nous sommes très loin d’imaginer toute la mesure dans laquelle ces pouvoirs se servent de journalistes et d’agences de « relations publiques » [4] pour répandre la peur de façon à imposer une fausse perception des choses.

« On est dans un moment épouvantable. Le milieu intellectuel parisien est dans une dérive parareligieuse, dans une islamophobie latente (…) Il n’y a aucune raison d’avoir peur de l’Islam » répondait l’intellectuel français Emmanuel Todd au journaliste qui lui demandait s’il n’avait pas "peur des musulmans". [5]

Pourtant, en Occident, cette peur des musulmans est bien là, palpable.

Il a suffi aux idéologues, adeptes du « choc des civilisations », d’associer l’Islam au « terrorisme », le port du voile au « fanatisme », pour distiller insidieusement un sentiment d’insécurité et créer un profond rejet contre cette religion. On doit malheureusement constater que la majorité des grands médias ont fait largement écho à leurs arguments racistes – délibérément ou par ignorance – contribuant ainsi à amplifier cette vaste intoxication.

Nous en sommes les témoins directs. Des journalistes, des journaux à grand tirage, des présentateurs télévisés ont abusé de manière stupéfiante de leur position.

Chacun de nous peut se souvenir de tel ou tel commentateur, ou envoyé spécial en Irak ou en Palestine, qualifiant de « terroristes » ceux qui se dressaient contre l’envahisseur, alors qu’il s’agissait de résistants. Ou encore de tel autre journaliste faisant systématiquement passer des idées grotesques, sur le voile et la « charia » (la loi musulmane), pour entretenir l’impression que les musulmans « ne sont pas comme nous », n’acceptent pas « nos » valeurs, saisissant toute occasion de les associer au « fanatisme », à l’« arriération », à l’« oppression » de la femme [6].

Sans ces féroces campagnes de dénigrement de la culture et des traditions de la société arabe, le développement des préjugés islamophobes n’aurait jamais pu prendre une telle dimension. Et l’indifférence des gens demeure si totale, malgré les images insoutenables de détenus torturés, ou de civils déchiquetés par les bombardements, en Palestine, au Liban, en Irak, en Afghanistan.

Il faut appeler les choses par leur nom. Ce qui nous a été présenté comme une guerre pour « restaurer la loi et la sécurité », n’était ni plus ni moins une guerre islamophobe. Une guerre totalement instrumentalisée par des intervenants dévoués à la défense des intérêts d’Israël au Moyen-Orient avant tout.

Dans des pays comme la Suisse ou l’Italie, par exemple, où l’on n’avait jamais connu d’attentats pouvant être attribués à des Arabes ou à des musulmans, des personnes qui n’avaient rien à se reprocher, ont été ciblées en raison de leur appartenance religieuse. Et – dans tous les milieux sociopolitiques – dès les années 2000 surtout, les gens ont commencé à regarder avec de plus en plus de méfiance les femmes portant le foulard et les fidèles qui fréquentaient les mosquées.

Cette criminalisation, consciente ou non, d’une population importante (l’Union européenne compte 15 millions de musulmans), avait une motivation éminemment politique. Elle devait préparer l’opinion publique à adhérer à la guerre ou à l’accepter.

La criminalisation des musulmans a servi à cela : à conditionner l’opinion pour que nul n’aille s’apitoyer sur les souffrances que nos « défenseurs des libertés » leur faisaient endurer ; et aussi à préserver les criminels étatiques de toute critique.

Cette politique cynique, à laquelle des journalistes asservis ont indéniablement contribué, porte un nom : « stratégie de la tension ». Une stratégie qui consiste à cibler et dénigrer des citoyens ordinaires, -ici des musulmans respectueux des lois- à les accuser de choses absurdes et, le moment venu, à leur attribuer les provocations ou les attentats que des agents clandestins étatiques ont préparés à cet effet, ou – et cela se produit plus souvent qu’on ne l’imagine- ont parfois eux-mêmes perpétrés.

Ce n’est pas une fiction. Dans un ouvrage intitulé « Les armées secrètes de l’OTAN » [7], l’historien suisse Daniele Ganser a montré comment, durant la « guerre froide », les États-Unis, et leurs alliés européens, se sont servis d’un réseau clandestin formé par l’OTAN, en association avec la CIA, appelé « Gladio », pour fomenter des attentats meurtriers et ensuite les attribuer aux communistes. Vincenzo Vinciguerra, qui a participé à la préparation de ces attentats à la bombe contre des innocents, a confirmé par la suite que le but recherché par ces massacres était de provoquer la panique et de pousser les autorités vers un régime autoritaire.

Aujourd’hui, les mêmes manipulations ne sont-elles pas toujours à l’œuvre, à notre insu ?

Mais, cette fois, les manipulateurs étatiques ne ciblent plus les gauchistes et les communistes, comme durant les années 60-80 ; ils ciblent les Arabes et les musulmans. Chaque attentat est tout de suite mis à profit par ces « spécialistes du terrorisme », appelés à les commenter et les expliquer, pour relancer le débat et accroître la méfiance vis-à-vis de l’Islam.

Il n’y a, en général, aucune réaction pour contester l’arbitraire et les falsifications. [8] Il est donc d’autant plus aisé, de répandre des fausses nouvelles, que les médias traditionnels ne montrent aucune propension à aller enquêter, comme il se devrait, pour vérifier si les versions officielles sont plausibles. [9]

Les citoyens, pris dans la désinformation, sont loin de s’imaginer que leurs autorités, aidées par le quatrième pouvoir, pourraient tremper, de près ou de loin, dans la mise en place de stratégies contraires à leur intérêt, et on les comprend.

Mais, aujourd’hui, quelque chose est en train de changer : les victimes commencent à sortir la tête de l’eau et à parler [10]. Et, pour certaines d’entre elles, à exprimer leur amertume vis-à-vis de ces journalistes et journaux qui ont été à l’origine de leur descente aux enfers. Il est urgent de les écouter. Et de lever le voile sur cette sombre période.

Les deux exemples qui suivent concernent des personnalités très différentes, mais qui ont une chose en commun : ils ont été l’objet d’accusations, aussi infondées que dévastatrices, de la part de médias clairement orientés.

Les mensonges qui tuent : le cas de Youssef Nada.

M. Nada, ingénieur et banquier italien d’origine égyptienne, est une des victimes de ces campagnes médiatiques mensongères. Suite aux accusations d’une poignée de journalistes, il a été inscrit sur la liste noire de l’ONU. Bien que son innocence ait été confirmée par les tribunaux, ses biens restent gelés et il demeure, depuis 2001, assigné à résidence dans la minuscule enclave de Campione d’Italia. [11]

Il dirigeait une société bancaire florissante dans la ville suisse de Lugano, quand un article de Guido Olimpio, paru sur le « Corriere della Sera » [12], l’a brutalement frappé. Le journaliste l’accusait alors de financer le groupe palestinien du Hamas. Groupe que l’occupant israélien considérait comme « terroriste » et visait à faire cataloguer comme tel par les pays occidentaux.

C’était en 1997. Ce qui confirme que la stratégie de criminalisation était déjà à l’œuvre bien avant les attentats du 11 septembre 2001. L’accusation formulée contre lui a eu des conséquences terriblement lourdes. Bien qu’elle ait été dûment démentie, elle a été reprise sans vérification par d’autres journalistes et a ainsi continué à faire les grands titres de la presse internationale [13]. Pour finir par se transformer en « vérité ».

Le doute et l’opprobre jeté sur M. Nada a permis, dans un premier temps, de stigmatiser cet éminent opposant politique au régime dictatorial du Président Moubarak (un allié des États-Unis et d’Israël) et de discréditer l’association des Frères musulmans, dont M. Nada est également une des personnalités les plus respectées.

Dans un second temps, les accusations du "Corriere della Sera" ont permis au FBI de désigner M. Nada lors des attentats du 11 septembre et de faire de lui un coupable.

C’est ainsi que, le 7 novembre 2001, M. Nada a sursauté en entendant le Président des États-Unis en personne dire, sur une chaîne télévisée, que la société Al Taqwa, qu’il dirigeait à Lugano, était le principal pourvoyeur de fonds d’Oussama Ben Laden.

Sur quelle preuve M. Bush pouvait-il bien fonder une si énorme accusation ? Le seul élément jamais présenté par le FBI, aux autorités suisses, reste l’article du « Corriere della Sera » écrit par Guido Olimpio en 1997.

Ce qui aurait pu ne rester qu’une accusation sans fondement était devenu une « vérité » officielle planétaire permettant de légitimer des sanctions illégales et des guerres.

Cette fois ce n’était pas seulement avec le mouvement palestinien Hamas que M. Nada était accolé ; mais avec le « diable » en personne ! Oussama Ben Laden ! Cette fois M. Nada était brûlé.

Comme il le dit lui-même, dans le film que lui a consacré Andrea Canetta : « Calomnier quelqu’un de mon âge revient à le tuer avant qu’il ne meure. Ils m’ont assassiné. Le fait que je me tienne debout devant vous ne signifie pas que je sois vivant. Ils m’ont tué, moi et ma famille, ma réputation. Ils ont détruit tout ce que j’avais construit au cours de ma vie » [14].

Basé sur un pur mensonge, un engrenage kafkaïen venait de se mettre en place. Depuis sept ans, M. Nada en est réduit à se battre devant les tribunaux et devant l’opinion publique pour que justice lui soit enfin rendue.

Le mal est fait. Même si, demain, justice lui était rendue, sa vie a déjà été massacrée.

Le cas de Kassim Britel.

C’est une autre histoire horrifiante. Elle concerne cet Italien d’origine marocaine, victime, comme des milliers d’autres musulmans, d’une de ces opérations criminelles de la CIA appelées « extraordinary renditions ».

M. Kassim Britel voyageait au Pakistan quand, le 10 mars 2002, il a été enlevé par les Services de renseignement pakistanais. Il a été torturé, puis « vendu », oui vendu, aux officiers du FBI et de la CIA [15]. Ces derniers l’ont torturé à leur tour et lui ont promis argent et liberté s’il acceptait d’espionner des musulmans. Comme il a refusé, ils l’ont livré aux Services secrets marocains afin qu’ils l’interrogent et le torturent encore. Il est toujours dans leurs mains à ce jour, alors même que son innocence a été démontrée, et malgré la pressante invitation au gouvernement italien, contenue dans la Résolution du Parlement européen sur les « vols secrets de la CIA », pour que l’Italie « fasse des pas concrets pour sa libération ».

Ici aussi, il y a une famille traumatisée par la manière avec laquelle on a transformé un mari, un fils, un frère, en « criminel ». Ici aussi ce sont les accusations, jamais prouvées, d’un journaliste qui ont été, semble-t-il à l’origine de la diabolisation de la victime.

Son épouse raconte son calvaire d’une voix douce. « Mon époux a été calomnié d’une manière très lourde par quelques journalistes qui, semble-t-il, diffusent ce que veulent les services secrets ». Raison pour laquelle Mme Britel a ouvert une action en justice contre les quotidiens italiens, « Il Corriere della Sera » et « Libero ».

« Déjà en 2001, quatre mois avant que mon mari ne soit enlevé illégalement et remis à des agents de la CIA au Pakistan, Guido Olimpio avait écrit un article dans lequel il le présentait comme un dangereux terroriste. J’étais très en colère. Il disait qu’il était toujours en voyage, qu’il était membre d’un réseau terroriste islamiste, qu’il fournissait de faux papiers d’identité, que nos noms et adresses avaient été trouvés à Kaboul, et que, sous couvert d’une vie anonyme et tranquille, il disparaissait périodiquement. Il parlait de passeports vierges volés dans notre ville, de sa prétendue appartenance au « Groupe salafiste pour la prédication et le combat, associé à Oussama Ben Laden ».

Ce n’étaient que de pures inventions ! Mon mari menait une vie normale. Comment un journal peut-il accepter que l’on invente des choses pareilles dans un pays civilisé ? Je n’arrivais plus à raisonner. Je me disais : regarde ce qu’ils nous ont fait ! Tout cela a détruit notre famille. Ils veulent m’incriminer moi aussi parce que je défends mon époux, parce que je porte le foulard.

Le journaliste ne présentait jamais aucune preuve justifiant le contenu de ses dénonciations. En le lisant, je me disais qu’il ne parlait pas de mon mari, que tout cela était absurde, qu’il parlait de quelqu’un d’autre, qu’il inventait ces choses pour faire le portrait de celui qu’il voulait faire passer pour un « terroriste dormant ». Tout ce qu’il disait n’avait rien à voir avec la réalité. C’étaient des affirmations gratuites qui ne reposaient sur rien. Malgré cela, il est revenu à la charge plusieurs fois pour dire des mensonges présentés comme de graves révélations mettant en cause mon mari.

C’est dans le contexte délétère de la radicalisation raciste ayant suivi les attentats du 11 septembre, que le « Corriere della Sera », a édité à 2 millions d’exemplaires le pamphlet islamophobe d’Oriana Fallaci « La rabbia e l’orgoglio » [16] [La Rage et l’Orgueil] qui qualifiait l’Islam de « nazifascisme » et appelait à la haine contre les musulmans.

Je me rappelle que, le 19 novembre 2001, j’ai trouvé une foule de journalistes qui m’attendaient sur mon lieu de travail. Et que, les 20 et 21 novembre, il y a eu une dizaine d’articles. Les plus lourdement accusateurs étaient ceux du "Corriere della Sera". [17]. Les gens que je rencontrais me disaient « Tu as lu le titre du Corriere ? ».

Quand je lisais ces choses, cela me tombait dessus. Même si je voulais réagir, je ne pouvais pas. J’étais paralysée. J’ai dû m’enfuir de ma maison.

J’ai écrit au Président, aux ministres. Depuis des années je demande justice. Le fait qu’il soit innocent n’a pas servi à rendre à Kassim sa liberté et à lui restituer son honneur. Sa vie est en péril. Je suis fatiguée et indignée. Nous sommes des citoyens sans droits.

Quand, suite à ma dénonciation pénale, Guido Olimpio a été convoqué et interrogé par la police judiciaire, il a déclaré : « Les informations proviennent de divers organes du Renseignement italien et aussi étrangers par voie confidentielle ». Était-ce une manière de ne pas avouer qu’il avait menti du début à la fin ?

Je tiens à souligner que le rôle du gouvernement Berlusconi et de ses Services secrets – alors dirigés alors par Franco Frattini [18] – est fondamental dans cette affaire. Ils étaient au courant de l’arrestation de mon mari et de ce qu’il subissait, et ils ne me le disaient pas. Les polices collaboraient avec les services de la CIA, du Pakistan et du Maroc, en dehors du cadre légal, comme cela est démontré dans les actes de l’enquête italienne, fermée et archivée en septembre 2006 ».

Pourquoi ont-ils agi ainsi ?

« Il y a un épisode qui l’explique. Nous étions en 2001, peu avant la réunion du G8 à Gênes. Les médias étaient remplis d’articles qui annonçaient que des groupes « extrémistes islamistes » se préparaient à aller au G8 verser « du sang infesté » sur les forces de l’ordre. C’est durant cette période que la police a mis sous enquête tous les musulmans qui fréquentaient les mosquées et a perquisitionné leurs foyers. En juillet, quand notre maison a été perquisitionnée, Kassim était en voyage au Pakistan. C’est précisément à cette époque que les titres des journaux mettaient l’Italie en émoi en annonçant la probabilité d’attaques imminentes d’ « islamistes ». A noter que, lors de la réunion du G8, il n’y a eu aucune attaque organisée par des musulmans. En revanche, il y a eu des provocations et des violences policières.

Deux mois après la fermeture du dossier de Kassim par la justice, le 29 septembre 2006, le « Corriere della Sera », qui avait toujours fait ses grands titres pour diffamer mon mari et l’associer au terrorisme international, aux Talibans et à Ben Laden, en l’appelant de manière impropre « El Kassim », a publié une petite note en page 13, sous le titre : « Terrorisme, accusations inconsistantes pour Britel ». Ainsi, celui que Guido Olimpio avait toujours appelé « El Kassim » était devenu soudain « Britel » au moment où il était innocenté.

Les lecteurs n’allaient pas forcément faire le lien entre le « terroriste » fabriqué de toutes pièces, et l’honnête homme qui avait injustement subi presque sept années d’emprisonnement et de tortures. Il ne sera pas rappelé non plus que « Britel » avait été victime des abominables « renditions » et détentions secrètes illégales de la CIA, condamnées par le Conseil de l’Europe et le Parlement européen. Ceci pour dire, en conclusion, que les lecteurs auront été désinformés jusqu’au bout ».

Comme cela apparaît, au travers de ces deux cas révoltants, la priorité des médias en général, n’est pas d’attirer l’attention du monde sur les souffrances provoquées par les violations du droit international perpétrées par des grandes puissances, dans le cadre de cette « lutte contre le terrorisme ». La priorité est d’inonder les gens et les librairies d’articles et d’ouvrages évoquant un lien entre « islam et terrorisme ». La priorité est d’entretenir la peur du « terrorisme religieux », cette « hydre menaçante à cent têtes » qui « étend sa progression jusqu’au seuil de nos portes » [19].

La déshumanisation des Arabes est une arme de guerre. Une arme, que l’État colonial israélien a toujours utilisée avec un évident succès. C’est ainsi que les Palestiniens ont toujours été maltraités et présentés abusivement par leur occupant comme « terroristes ».

Pendant ce temps, derrière le paravent de prétendus « processus de paix », Israël a réussi à entraîner « l’Occident » dans sa confrontation militaire avec le monde arabe et à lui faire adopter son système « orwellien » de surveillance des populations. Transformant ainsi son conflit régional en confrontation globale, en une guerre mondiale contre l’Islam.

Cet état de guerre qui humilie et ensanglante les peuples du Moyen-Orient depuis 60 ans, et qui maintient l’opinion publique sous le règne du mensonge, a déjà trop duré.

« Aujourd’hui, alors que notre planète est « minée » par d’innombrables conflits entre groupes, entre États, et même entre sphères culturelles, nous avons un énorme besoin d’un « journalisme de la paix » qui nous offre des clés pour comprendre ces conflits, qui nous donne des éléments pour saisir les contradictions qu’ils reflètent, et qui nous propose des pistes de réflexion sur la manière de les transformer et transcender . » [20]

Pour contribuer à mettre un terme à ces cruels conflits, il ne faut pas avoir peur de dire la vérité, même si cela n’a rien d’agréable. Car il est encore bien plus désagréable de découvrir les souffrances endurées par des innocents injustement condamnés.

Mais, comme le dit si justement le journaliste Alan Hart : « L’enfer, c’est lorsque vous comprenez que votre vie touche à son terme et que vous n’avez pas mobilisé tous vos talents et toutes vos ressources autant que vous auriez pu le faire afin de changer quelque chose – c’est-à-dire que l’enfer, c’est le moment où vous prenez conscience, après mûre réflexion, que vous avez gâché votre vie. Le Paradis, en revanche, c’est la prise en considération de l’approche de votre mort sans crainte, parce que vous savez qu’au contraire, vous avez fait de votre mieux pour changer, aussi peu que ce soit, le monde. » [21]

Le site de Silvia Cattori, journaliste indépendante en Suisse : http://www.silviacattori.net/


[1] Sur les « stratégies du mensonge dans la politique contemporaine » et le fonctionnement de la falsification lire l’ouvrage : « La fabbrica del falso » de Vladimiro Giacchè, Derive-Approdi, 2008.

[2] Voir : « Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des États membres du Conseil de l’Europe », Rapport de M. Dick Marty à la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 12 juin 2006. « Détentions secrètes et transferts illégaux de détenus impliquant des États membres du Conseil de l’Europe : 2e rapport », Rapport de M. Dick Marty à la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 7 juin 2007. Le Parlement européen a, de son côté, réalisé une enquête approfondie instituant le TDIP (Temporary Committee on the alleged use of European countries by the CIA for the transportation and illegal detention of prisoners).

[3] Voir : « Jean-Claude Paye : Les lois antiterroristes. Un acte constitutif de l’Empire », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 12 septembre 2007.

[4] Voir à ce sujet : « Opération Balkans : publicité pour la guerre et la mort », par Jörg Becker et Mira Beham, Horizons et débats, 11 novembre 2008. « Comment la machinerie croate des relations publiques s’est mise à polariser l’opinion avec l’aide de « Ruder Finn » », extraits du livre « Kriegstrommeln – Medien, Krieg und Politik » de Mira Beham, Horizons et débats, 12 novembre 2008.

[5] Voir : « Le milieu intellectuel parisien est dans une islamophobie latente », Interview d’Emmanuel Todd, El Watan. 3 novembre 2008.

[6] Les partisans de la manière forte avec les Arabes et les musulmans, les plus remarqués : Daniel Pipes aux États-Unis ; le « philosophe » Alain Finkielkraut, un peu l’équivalent français d’Oriana Fallaci ; le journaliste Alexandre Adler. A la veille de la guerre contre l’Afghanistan, ce dernier prétendait qu’elle aurait le mérite de libérer les femmes de la Burka. Dans le Figaro, du 8 novembre 2008, il a fait l’éloge de Bush, cet allié docile d’Israël pour que l’on n’oublie pas d’« instruire à décharge et de reconnaître le grand courage du président à l’heure de l’épreuve, sa détermination à porter le fer au cœur du dispositif ennemi, en Irak » ; voir cet article.

[7] Voir : http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php ?products_id=65

Voir également : « Le terrorisme non revendiqué de l’OTAN », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 29 décembre 2006.

[8] En pleine offensive israélienne, Guido Olimpio a lancé de très graves accusations pour criminaliser, à nos yeux, l’adversaire d’Israël, donc celui qui se trouvait du côté des agressés. Voir : « Droga e viagra, così si finanzia Hezbollah », par Guido Olimpio,Corriere della Sera, 22 juillet 2006.

[9] Les journalistes qui remettent en question l’histoire officielle et en démontrent les points faibles sont ostracisés, contraints de s’exiler, comme Christopher Bollyn, journaliste d’investigation pour American Free Press ; ou poursuivis en justice, comme l’Allemand Jürgen Cain Külbel.

[10] Voir : « Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 18 juillet 2008.

Moazzam Begg, autre rescapé de Guantanamo raconte son histoire dans le livre : « Enemy Combatant : The Terrifying True Story of a Briton in Guantanamo ».

[11] Voir : « L’incroyable histoire de Youssef Nada », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 13 juin 2008. « Youssef Nada : Pour nous le mal est déjà fait », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 30 octobre 2008.

[12] Chef de la rubrique étrangère du "Corriere della Sera" dès 1987. Correspondant en Israël de 1999 à 2003. Voir l’article : « Hamas perde metà del tesoro », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 20 octobre 1997. Voir également la notice concernant M. Olimpio, sur le Site officiel de Youssef Nada.

[13] Richard Labévière, journaliste de radio RFI, a repris les accusations d’Olimpio. Dans le documentaire, diffusé par la télévision suisse TSR, il associait M. Nada à l’attentat de Luxor en 1998,où 60 touristes, en majorité suisses, avaient été tués. Ce qui a conduit la Procureure suisse de l’époque, Mme Carla Del Ponte, à interroger M. Nada. Elle a conclu que les informations selon lesquelles Al Taqwa – la société de M. Nada – finançait le terrorisme, émanaient « des services », et que « M. Nada et sa société, n’avaient rien à voir avec le terrorisme » (Corriere del Ticino, 2 juin 2006). Les journalistes en question ont néanmoins continué, durant des années, à écrire des livres et des articles qui faisaient de M. Nada un suspect

[14] Voir sous ce lien, le film d’Andrea Canetta sur Youssef Nada – intitulé « Nel nome dell’uomo » – diffusé le 2 novembre 2008 par la Télévision suisse italienne : http://www.rtsi.ch/trasm/storie/welcome.cfm ?idg=0&ids=0&idc=35702

[15] Pour plus d’information sur M. Britel, voir : http://www.giustiziaperkassim.net

Voir également : « Résolution du Parlement européen sur l’utilisation alléguée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers (2006/2002(INI)) ». Rapport 2008 d’Amnesty International Italie . « Italy : A briefing to the UN Committee against Torture », Amnesty International, 2007. « Pakistan. Les droits humains bafoués au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Synthèse », Amnesty International, 29 septembre 2006.

[16] Un article d’Oriana Fallaci, publié le 25 septembre 2001 par le “Corriere della Sera”, où elle réagissait aux attentats du 11 septembre, et qui deviendra un livre : « La Rage et l’Orgueil », Plon, 2002 (éd. italienne : 2001) ; « La Force de la Raison », Rocher, 2004. Les allégations islamophobes d’Oriana Fallaci ont été démontées par divers auteurs : Stefano Allievi : « Niente di personale, signora Fallaci », Aliberti, 2006. Stefano Allievi : « Ragioni senza forza forze senza ragione : una risposta a Oriana Fallaci », EMI, 2004. Giancarlo Bosetti : « Cattiva maestra », Marsilio, 2005.

[17] L’article que Mme Britel considère comme le plus cruel : « Da Bergamo a Kabul : così il marocchino reclutava militanti », 20 novembre 2001 – Corriere della Sera. Olimpio Guido.

Autres articles : « El Kassim, l’ insospettabile di Bergamo che arruolava volontari della Jihad Guido Olimpio », Pubblicato il 20 novembre 2001 – Corriere della Sera. Le 22 mai 2003, alors que M. Britel était de nouveau soumis à torture et détenu en secret, M. Olimpio le disait impliqué dans le massacre de Casablanca ; voir : « Il mistero di El Kassim, da Bergamo a Casablanca (via Kabul) », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 22 mai 2003. Mme Britel suppose que M. Olimpio connaissait une note « réservée » des Services qui précisait que les autorités du Maroc ne le considéraient pas comme impliqué dans cet attentat.

[18] L’actuel Ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, était « Ministre en charge de la coordination des Services d’information et sécurité » du 11.6.2001 au 13.11.2002.

[19] Rhétorique que l’on trouve dans le recueil des articles de Guido Olimpio : « La rete del terrore », Sperling & Kupfer, 2002.

[20] Voir : « Journalisme de guerre et guerre contre le journalisme », par Abbas Aroua, Fondation Cordoue de Genève, 27 juin 2008.

[21] Alan Hart, ancien correspondant en chef, au Moyen-Orient, de la chaîne britannique « Independent Television News » [ITN] ; présentateur de la célèbre émission de la BBC, Panorama, auteur de l’ouvrage « Le sionisme : Le véritable ennemi des juifs » (« Zionism : The Real Enemy of the Jews »)