Quand le nouvel ordre mondial se mêle de la toile, c’est grave.

 

Prise de tête. Les répercussions du 11 septembre 2001 n’en finissent pas. En cette époque de peur du terrorisme, après RFID, EDVIGE, les passeports biométriques, voici DADVSI, HADOPI ainsi que  le dernier né LOPPSI, et sous peu, PERICLES … De grands penseurs ne savent plus où donner de la tête pour assurer notre sécurité. Contrôles démultipliés dans toutes les strates de la société, sauf là où ils seraient réellement indispensables, caméras de surveillance à foison, radars à chaque coin de rue … mais pour notre plus grand bien, précise t-on toujours. Dans l’élan de ces bonnes intentions, on s’en prend désormais à un nouveau repère de pirates : les cybernautes. Noble cause avancée : lutte contre la pédophilie, rapts de droits d’auteurs… mais risques certains aussi, et à plus ou moins brève échéance : un glissement vers la privation du droit à la libre expression, censures, filtrages, espionnage : le droit à la vie privée risque de subir une sévère entorse. Nous offrirait – on une démo kratos   (kratos : du grec, " force", "pouvoir") par crainte de cyberattaques ? (lire à ce propos cet article ReOpenNews)

Internet véhicule sans doute le pire, mais le meilleur aussi :  véritable forum, soupape du libre échange des informations, du partage des réflexions sensibles et humaines, Internet donc, est lentement mais sûrement happé dans la ligne de mire d’un système sécuritaire jugé le plus approprié pour tous. Léger bémol. Ce système omet tout simplement de vous demander ce que vous en pensez. Circulez, on décide pour vous. A se demander si la toile ne serait pas devenue une sorte de dazi bao mondial, disant tout haut ce que le pouvoir voulait justement taire dans une certaine Chine, il n’y a pas si longtemps.

Au sein d’un nouvel ordre mondial en pleine éclosion, entre autres nations vouées aux même restrictions, regardons de plus près ce qui se passe en France. L’article suivant y décrit les moyens mis en oeuvre en vue de sécuriser, ou mieux, contrôler une toile, (donc des internautes) jugée peu fiable.  Sidérant.
 


Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net

Guillaume Champeau – publié le Mercredi 20 Mai 2009 à 09h08 – posté dans Société 2.0

"Le président de la République actuel a un plan". C’est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l’on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI (1) où il était président de l’UMP et ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l’appliquer avant-même la loi Hadopi (2), et prévoit de le parachever avec la Loppsi (3). Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.

Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent et l’image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n’a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s’apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet… et les internautes.

Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l’Etat, légalisation des chevaux de Troie  (4) comme mode d’écoute à distance, création d’un super-fichier "Périclès" (5) regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures…), création d’un délit d’usurpation d’identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, …

Sans cesse repoussée, la loi est attendue de pieds fermes par Nicolas Sarkozy. C’est d’ailleurs en partie elle qui a justifié l’obsession du Président à maintenir contre vents et marée la loi Hadopi. Car "le président de la République actuel a un plan". Pour le comprendre, il nous faut accumuler les pièces à conviction. Certaines relèvent très certainement de la paranoïa, d’autres sont véritablement réfléchies par le Président.

Mises bout à bout, elles laissent peu de doute sur la volonté de Nicolas Sarkozy de contrôler le net, aussi bien dans son contenu que dans son infrastructure.

Au commencement, Nicolas Sarkozy voulu devenir Président

Très tôt dans sa carrière politique, Nicolas Sarkozy n’a eu qu’une obsession : devenir président de la République. Et une vision : pour y parvenir, il fallait contrôler les médias. Maire de Neuilly-Sur-Seine, il s’efforce de faire entrer rapidement dans son cercle d’amis proches les Martin Bouygues, Lagardère (père et fils) et autres Dassault (6) qui le conduiront par leur amitié complice au sommet du pouvoir. C’est d’autant plus facile que ces capitaines d’industrie, propriétaires de médias, dépendent pour l’essentiel de leurs revenus des commandes de l’Etat. Entre amis, on sait se rendre des services…

Toute cette énergie de réseautage a été mise au service de son ambition présidentielle. En 2007, c’était la bonne. Première tentative, première victoire. Mais Nicolas Sarkozy a eu chaud. Il avait négligé Internet. A quelques points près, François Bayrou – qui a au contraire beaucoup misé sur Internet pendant la campagne – passait devant Ségolène Royal au premier tour de la Présidentielle, et c’est le leader du MoDem qui se serait retrouvé à l’Elysée.

Il serait faux toutefois de prétendre que Nicolas Sarkozy, qui s’était assuré le soutien du bloggeur Loïc Le Meur (à l’époque le plus influent), (7) s’est aperçu trop tard du pouvoir du net. Fraîchement élu, le président Sarkozy n’avait pas tardé à demander "l’avènement d’un internet civilisé", prônant une "campagne de civilisation des nouveaux réseaux". Le coup de Trafalgar du refus de la Constitution européenne par les Français avait montré pour la première fois au monde politique les limites des médias traditionnels face à Internet, où l’opposition au texte européen fut virulente. Les amis de Nicolas Sarkozy dans les grands médias et l’industrie culturelle l’ont très vite convaincu qu’il fallait faire quelque chose. Lui pour conserver le pouvoir, eux pour limiter cette concurrence gênante. C’est Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui s’est chargé des basses oeuvres, sous l’oeil attentif de son président de l’UMP et ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy.

DADVSI et HADOPI : les premières pierres vers le filtrage

Derrière les apparences d’une première loi contre le piratage sur Internet, comme l’avait prédit le journaliste américain Dan Gillmor, c’est une alliance à trois qui s’est formée entre le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et l’industrie culturelle. A peine la riposte graduée (déjà) adoptée, RDDV avait prévenu que la loi DADVSI "n’est que le premier d’une longue série d’adaptations de notre droit à l’ère numérique", et qu’il comptait bien s’attaquer "un jour au problème de la presse et de l’Internet". C’était en 2006.

Affaibli par la débâcle de DADVSI, le ministre de la Culture n’a pas eu le temps de mettre son projet en application. Mais l’idée d’accorder un label à la presse professionnelle en ligne et de doter les sites de presse d’un statut particulier opposé aux blogs était née. Nicolas Sarkozy l’a mise en application cette année. Le tout en permettant à la vieille presse papier de bénéficier par ailleurs de substantielles aides de l’Etat, contraires à la libre concurrence, pour investir le net.

Avec la loi Hadopi, qu’il a maintenu jusqu’à mettre en péril la cohésion du groupe UMP, le chef de l’Etat a réussi à imposer à tous les foyers français l’installation d’un "logiciel de sécurisation", qui, sous la forme d’un mouchard, aura pour but de filtrer les sites internet et certains logiciels. Soit de manière franche, en bloquant l’accès à des contenus ou des protocoles. Soit de manière plus sournoise, en mettant en place un système qui met en avant les sites labellisés par l’Hadopi ou par les ministères compétents, pour mieux discréditer les autres. Les sites de presse professionnels feront bien sûr partis un jour des sites labellisés, tandis que la multitude de blogs ou de sites édités par des journalistes non professionnels verront leur crédibilité mise en doute. Pour le moment on ne sait rien du périmètre des caractéristiques imposées par l’Etat aux logiciels de sécurisation, et c’est bien là sujet d’inquiétudes. Il suffira d’étendre par décret la liste des fonctionnalités exigées pour que la censure se fasse de plus en plus large et précise, hors du contrôle du législateur ou du juge.

LOPPSI : le filtrage imposé aux FAI

Si elle prévoit la création de ce logiciel de sécurisation, et suggère fortement son installation, la loi Hadopi ne fait cependant pas de son installation une obligation. Le risque d’inconstitutionnalité serait trop fort. Il faut donc compléter le tableau, en organisant un filtrage au niveau de l’infrastructure du réseau. C’est le rôle de la loi Loppsi, chapeautée par Michèle Alliot-Marie.

Entre autres choses, la Loppsi va imposer aux FAI une obligation de filtrage de résultat. Ils auront le devoir de bloquer l’accès à des sites dont la liste sera déterminée par l’administration, sous le secret. Ce qui n’est pas sans poser d’énormes problèmes dans les quelques pays qui ont déjà mis en place cette idée. Là aussi, une fois mis le pied dans la porte, sous prétexte de lutter contre la pédophilie (une tentation du pathos contre laquelle il faut résister), il suffira d’étendre la liste des exceptions qui donnent droit au filtrage. Ici pour les maisons de disques victimes de piratage, là pour les sites de presse suspectés de diffamation, ou pour les sites de jeux d’argent qui ne payent pas leurs impôts en France. La liste n’aura de limites que l’imagination et l’audace des gouvernants.

Encore faut-il que ces idées de contrôle du net puissent se mettre en place sur le terrain, ce qui nécessite des hommes et des femmes peu regardants. C’est dans cet art que Nicolas Sarkozy excelle le plus.

Le choix des hommes, le triomphe des idées

Dès 2006, Nicolas Sarkozy a compris qu’il aura besoin de verrouiller son gouvernement et les télécoms pour mettre en place son plan de contrôle d’internet. Christine Boutin, qui avait été une farouche et convaincante opposante à la loi DADVSI fin 2005 (au point de faire basculer le vote de certains députés UMP pour la licence globale), et qui avait défendu l’idée d’un internet libre, s’est ensuite mue dans un silence confondant à la reprise des débats en mars 2006. En échange, et entre temps, elle a reçu la promesse de Nicolas Sarkozy d’entrer au gouvernement après les élections présidentielles si elle mettait sa langue dans sa poche. Les deux ont tenu parole.

Président de la République, Nicolas Sarkozy a ainsi composé son gouvernement de manière à accomplir son oeuvre sans opposition interne. Nadine Morano à la Famille, et Michèle Alliot-Marie à l’Intérieur, n’ont pas eu besoin de forcer leur nature pour prêcher la censure de certains sites Internet ou le filtrage des sites pédophiles ou terroristes. Porte-parole de l’UMP, pilotée par l’Elysée, le lobbyiste Frédéric Lefebvre ne passe plus une semaine sans se confondre en invectives contre Internet, et réclamer le filtrage. En plaçant l’ex-socialiste Eric Besson au numérique, Sarkozy pensait peut-être aussi paralyser les critiques à la fois de son propre camp et de l’opposition, tout en s’assurant le soutien d’un homme qui a troqué ses convictions pour son ambition. En le remplaçant par Nathalie Kosciusko-Morizet, plus rebelle, Sarkozy a pris un risque. Mais il fait aussi un pari. Celui que son frère Pierre Kosciusko-Morizet, président des deux plus gros lobbys français du numérique hostiles au filtrage, serait moins audible dans son opposition si sa soeur est systématiquement suspectée de collusion lorsqu’elle défend le même point de vue. Ce qui n’a pas manqué lorsque PKM a prêché, dans le vide, un moratoire sur la loi Hadopi.

Il a fallu aussi convaincre dans les télécoms. Free, à la nature frondeuse, reste le plus difficile à manipuler pour Nicolas Sarkozy. Il a toutefois trouvé une arme : la quatrième licence 3G. L’opérateur sait qu’elle va être rapidement indispensable pour continuer à concurrencer Bouygues, SFR et Orange, qui peuvent tous proposer des offres regroupant ADSL et mobile. Mais elle est dépendante de la volonté du gouvernement. Très rapidement, Christine Albanel a fait comprendre à Free qu’il devrait être obéissant pour espérer accéder à la fameuse licence. Depuis, le dossier ne cesse d’être repoussé sous des prétextes fumeux, et Free a mis de l’eau dans son vin contre Hadopi et contre le filtrage, dans l’espoir de ne pas hypothéquer ses chances d’avoir accès à la téléphonie mobile.

Pis, Nicolas Sarkozy a fait nommer numéro deux de France Telecom Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui ne compte "que des amis" dans la commission qui déterminera le prix de la quatrième licence 3G. L’homme aura également pour mission de mettre en oeuvre le filtrage chez Orange, qu’il dirigera d’ici deux ans.

Le contrôle des institutions ayant leur mot à dire sur le filtrage

Enfin, Nicolas Sarkozy s’est également assuré de contrôler les institutions qui pourraient lui faire de l’ombre. La CNIL, qui s’est opposée à l’Hadopi, n’aura pas le droit de siéger au sein de la haute autorité. Les amendements le proposant ont été refusés. Elle n’a pas non plus eu le droit de publier son avis contre la loi Hadopi, et les deux députés commissaires de la CNIL, tous les deux membres de l’UMP, ont voté pour la loi. L’un des deux, Philippe Gosselin, a même été un farouche défenseur de la loi à l’Assemblée, et sans doute au sein de l’institution. Dans son dernier rapport annuel, la CNIL a dénoncé l’omerta imposée par le gouvernement, et son manque d’indépendance, notamment financière.

Plus directement, Nicolas Sarkozy a également évincé l’autorité de régulation des télécommunications (Arcep) des études sur le filtrage, auquel elle était hostile. Redoutant que l’autorité ne reste trop à l’écoute des professionnels des télécoms et des internautes, le président de la République a récemment mis à la tête de l’Arcep Jean-Ludovic Silicani, l’ancien président du Conseil de la propriété littéraire et artistique (CSPLA). Un homme notoirement favorable au filtrage et à la lutte contre le P2P. Le CSPLA, rattaché au ministère de la Culture, compte par ailleurs parmi ses membres le Professeur Sirenelli, à qui le gouvernement confie quasiment toutes les missions juridiques liées au filtrage depuis quatre ans, avec un résultat certain.

Finalement, c’est au niveau européen que Nicolas Sarkozy compte ses plus forts adversaires. Il a entamé un bras de fer avec le Parlement Européen sur l’amendement Bono, et exerce un lobbying intense sur les Etats membres pour qu’ils refusent de marquer dans le marbre le principe du respect de la neutralité du net, contraire au filtrage. Il peut compter sur le soutien de Silvio Berlusconi, propriétaire de médias, qui met en place exactement le même plan en Italie. Mais il redoute l’opposition des députés européens.

D’où l’importance des élections européennes du 7 juin prochain. De leur résultat dépendera peut-être la réussite ou l’échec du plan mis en place par Nicolas Sarkozy.


Source
:
Numerama
 


(1) DADVSI : Droit d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’information

(2) Loi HADOPI : Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des Droits sur Internet  – rebâtisée " Loi Création et Internet" : LCI, également nommée "Riposte graduée" ou encore Loi Olivienne

(3) Cheval de Troie

(4) LOPPSI : Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure

(5) Fichiers PERICLES

(6) Martin Bouygues : TF1, Bouygues Telecom – Lagardère : Hachette, Filipacchi Medias, France Télécom – Dassault :  Le Figaro,  TV Magazine, Journal des Finances, Indicateur Bertrand

(7) Loïc Le Meur
 


 A lire :

A écouter :

  • Les enfants du web #29 : "Guillaume Champeau, fondateur du célèbre site Numerama.com (anciennement Ratiatum), nous explique de façon très pédagogique les enjeux de la loi HADOPI et de la prochaine LOPPSI2. Face à un discours froid mais concernant des problématiques pourtant bien réelles, Mathieu réagit à l’article ci-dessus."

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (8)

Aujourd’hui, donc, dernier épisode de notre longue saga. Le jour est arrivé, et il le faut bien : "That’ll be the day" comme disait l’autre à lunettes, là. Dans ce dernier épisode, nous allons donc finir d’élaborer une solution plausible à la disparition brutale de Connell. Elle inclut avant tout l’examen attentif des vidéos que nous possédons, ainsi que les derniers éléments qui ont pu nous parvenir sur le crash de l’informaticien véreux. Ce scénario repose sur un élément clé, qui n’est pas l’avion lui-même ni l’écoute des différents échanges qu’il y a pu avoir entre Connell et la tour de contrôle d’Akron, des informations révélées plus tard. Mais comme je vous l’avais déjà dit, le pavillon que lequel l’avion s’est crashé. Toute la clef du mystère est là. C’est pourquoi il devrait être examiné plus en détail par une commission d’enquête… qui risque fort de ne jamais exister, à voir le peu d’empressement de la presse américaine et de la justice sur ce dossier. L’Amérique ne parle que de la cérémonie d’investiture de Barack Obama et de rien d’autre. Et Obama, lui, ne parle pas de Gaza. Ni de l’usage là-bas du phosphore blanc. Et d’autres engins de mort.

Or, si on regarde attentivement les événements, survenus lors des derniers instants de Connell, on retrouve la même constante que dans le crash de l’avion de Samantha Smith, évoquée dans l’épisode précédent : une descente en liaison avec la tour de contrôle, puis une longue interruption de la phonie et un crash final. La tour, qui trouvait que Connell avait dérivé trop au Sud-Ouest, lui avait demandé de remonter au Nord-Est. "According to the NTSB, Connell initially contacted air traffic control (ATC) at the Akron-Canton Airport to ask whether there were any reports of icing and was told there were none. His approach was then uneventful until ATC noted that he was left of his course and asked if he would like to be resequenced. Connell replied "correcting." ATC then advised him again that he was "well left of the localizer" and Connell responded that he would "like to correct." Jusqu’alors, son ILS marche. Un système au sol a-t-il pris le relais à un moment pour le diriger vers l’endroit voulu ? Ça semble difficile à croire, l’homme connaissait parfaitement les environs, sa maison est à peine à 5 km du crash. En revanche, que son ILS fonctionne correctement mais que l’avion ne dispose plus que d’un altimètre calibré avec 150 pieds de plus que la réalité… et on va droit au drame. Car Connell, en définitive, avait finalement bel et bien déclaré un cas d’urgence à la tour d’Akron ! … "The plane was on ILS (Instrument Landing System) approach to runway 23. Tower noted plane left of course. Tower directed plane to climb and maintain 3000 feet and didn’t comply. When advised to climb a second time, the pilot declared an emergency and was lost from radar shortly thereafter." Ceci expliquerait le bruit de violente reprise des gaz entendue par le voisinage, juste avant de heurter le poteau devant la maison !

Connell aurait donc pu très bien subir le même sort que la pauvre Samantha Smith. L’avion, après avoir fait un 360° suite à son ratage de l’entrée du cône de guidage radio de la piste 23 (voir le schéma de l’ILS fourni), était reparti au Nord, pour retrouver avec un vent de côté relativement fort la direction de la descente vers la piste d’Akron-Canton, au bout d’une large et une dernière boucle à gauche. Un arrondi final bien classique. Connell était donc très prudent : s’étant écarté de son objectif, il avait pris le temps de faire un large cercle pour évaluer la direction à prendre avec un vent relativement fort qui l’écartait invariablement de l’axe de la piste 23. L’homme savait très bien piloter, même avec un vent contraire assez fort. Ce faisant, ça signifiait aussi qu’il avait largement assez d’essence pour le faire : ce n’était donc pas une panne d’essence comme parfois indiqué dans les toutes premières dépêches. Ça se tient, en trajectoire, à part qu’il ne vise déjà plus l’aéroport d’Akron-Canton mais à se vautrer "proprement" : son moteur cafouille, et il n’en a plus le temps déjà. Il s’imaginait être dans sa descente à l’ILS à 300 mètres de haut, il est en fait déjà au ras des toits ! Encore à 3 000 pieds il y a quatre minutes à peine, (c’est ce qu’il croyait !) il était déjà beaucoup plus bas en fait, et tombe rapidement maintenant : le syndrome de la chute de l’avion de Kennedy ? Unindicateur de vitesse verticale("vario") trafiqué ? En tout cas, il a des ennuis sérieux de moteur. Pour ce qui est de l’altitude, il est surprenant qu’il ne se rende pas compte plus vite qu’il est trop bas : toute la région est résidentielle, et toutes les maisons ont leur lumières allumées : il est 18 heures. Ou alors, son avion a de gros problèmes de moteur, et Connell lutte déjà pour le maintenir en vol pour aller faucher la marguerite dans la première prairie venue. Connell, à bord, n’est pas non plus inconscient : tout le monde a entendu sa violente remise de gaz désespérée en vue d’éviter la maison… et son mât. Un témoin raconte qu’étant donné sa faible altitude, il était certain que l’appareil allait se crasher : "I was certain it was going to crash and was actually waiting for the sound. However, once again there was a tremendous roar of the engine and I thought it was just the pilot doing a stunt over their house. It was almost instantly after I once again heard the engine that I heard the thud as it hit the ground. Approximately 1 second later, the sky became orange and there was no doubt what had happened." Notez la tentative de saut de maison, et l’explosion entendue juste après. Pour lui, l’explosion a eu lieu au sol. Or, même s’il y a bien eu une explosion, ça ne colle pas encore tout à fait, comme explication, pour les raisons qui vont suivre.

Car tout ça n’explique toujours pas deux choses : l’incendie intense… et un corps finalement retrouvé non pas brûlé, contrairement à ce que j’avais pu vous dire alors (en suivant l’avis des policiers arrivés sur place, qui ont changé d’opinion depuis avec cette histoire d’attaché-case sorti d’on ne sait où … et ce fameux costume de ville de pilote !). Les débris sont "éparpillés sur près de 100 mètres, note encore le rapport (et les pompiers de Greenwood), sur environ 120°. "The wreckage path was about 290 feet in length along an approximate heading of 120 degrees. The wreckage path contained the fuselage, empennage, wings, engine, and propeller. The propeller, which was separated from the engine, exhibited S-shaped bending consistent with engine power". Un tel éparpillement est fort peu compatible avec un choc unique dans de l’herbe (car le revêtement de ciment devant le garage n’existe plus, d’après les vidéos). Le moteur, nous le voyons que fugacement sur une vidéo : il a atterri dans le fond du "jardin" de la propriété, précédé de l’hélice, tombée… derrière lui ! Une hélice pas si tordue que ça, en définitive… Toutes les images vidéos insistent sur la partie de la queue, très reconnaissable, et ce qui reste du fuselage arrière, avec le numéro matricule, bien visible mais pas assez sur les ailes ni sur le bloc moteur. Comme nous le supposions, il n’y a plus de cockpit du tout (mais un corps en a été éjecté, donc !), le reste de l’avion est là, dont cette fameuse aile… "volante" qui gît à plus de cinquante mètres du crash. Aucun élément de tôlerie montré (queue, fuselage, aile et aileron de queue) ne présente pourtant de brûlure apparente : à se demander ce qui a bien pu autant brûler aussi intensément ce soir là ! Or, en regardant plus attentivement la toute première vidéo que je vous ai déjà communiquée, on découvre quelque chose de très surprenant. Sur un autre cliché (celui au panneau de basket), fourni ici, on distingue un avion "à l’envers" du sens de sa marche réelle : la queue, posée dans le bon sens (verticale), précède par terre le reste du fuselage et une aile ! L’avion est dans le sens inverse complet de son arrivée sur les lieux, et il n’est pas retourné sur lui-même. Un choc frontal avec un mât et une pirouette finale donnerait-il cet alignement ? Pas sûr !

 

C’est en effet très étonnant, comme le sont les absences de trace de feu : les tôles arrachées révèlent leur couleur verte anti-corrosion, mais pas une seule trace d’incendie ! Dernier détail officiel déjà donné par le bureau d’investigation dans son rapport préliminaire, le moteur a bien tourné jusqu’au bout de l’impact, ses hélices ont été tordues au sol. C’est discutable, vu la photo de l’hélice subrepticement aperçue… Le moteur semble bien séparé du reste des vestiges (il est en fait au fond du jardin de la propriété !). Mais toujours pas de trace de l’explosion entendue par les riverains, citée aussi à plusieurs reprises par nos deux reporters photographes arrivés sur les lieux ("i heard a big explosion" dit très clairement l’un d’entre eux à deux reprises au moins). Et aucune explication non plus à la disparition complète du cockpit. Or pour ça, le cockpit en miettes, la façade criblée d’impacts et l’incendie très vif, on a une solution. Elle nous est venue en regardant l’actualité récente du Proche-Orient, où la aussi on manie la propagande, visiblement. Comme quoi, il vaut mieux se tenir au courant constamment. Je vous avais dit que l’élément clé était cette façade de maison criblée de débris. Très certainement. On apprendrait que la maison (vide) serait abattue dans les mois qui viennent que le scénario serait alors parfait : comme pour le WTC, au plus vite on nettoie la scène du crime, au plus vite les gens ne pourront plus poser de question à son propos.

 

En décortiquant la toute première et exceptionnelle vidéo du crash prise par deux passants, citée dans l’épisode 1, avec leur téléphone portable semble-t-il (doté d’un zoom ?), on peut remarquer deux éléments essentiels à notre théorie (regardez-là donc à nouveau attentivement en la téléchargeant en .flv) : l’incendie violent n’affecte en rien le pignon ou la façade de l’édifice, le lendemain découvert bien marqué pourtant (voir les photos dans l’épisode 3). Le vent est visiblement orienté ouest-est (ce qui contraint Connell a ce long détour pour arriver face à la piste !), il arrive donc vent dans le dos, ce qui est déconseillé pour atterrir, et les flammes ne peuvent donc pas être à l’origine des dégâts constatés, d’une part. D’autre part, l’avion crashé n’est même pas visible, il ne brûle même pas, en fait ! Seul un violent incendie s’active à une bonne cinquantaine de mètres de sa carcasse, sur la droite de nos deux journalistes du jour, arrivés avant les pompiers, à savoir vers l’Est donc. La phrase relevée chez Mitch Gallo, l’investigateur envoyé par le NSTB prend alors une drôle de consonance : selon lui la carcasse a bien brûlé : "Indications are Connell died from massive traumatic injuries. Although the wreckage burned following the crash, Connell’s body wasn’t burned, the spokeswoman said." Visiblement, il ment : cet avion n’a pas brûlé, les tôles immaculées le prouvent. Or la notion "d’incendie" est obligatoire, si on veut cacher des choses, en particulier le tableau de bord. Or cet avion, je le maintiens, n’a visiblement pas brûlé ! Pour ce qui est des mensonges, l’officier de police Eric Sheppard, de la Ohio Highway Patrol, n’est pas mauvais non plus : l’avion venait selon lui de… Pensylvannie. Exactement le sens contraire de son approche (c’est au Nord Est !)… soit il n’a pas de boussole, ce brave officier, soit il l’a perdue... Un résident interviewé dans la même vidéo, lui, Joe Fano, parle plutôt lui d’avoir entendu un énorme "big bang"…

Toujours dans la même incroyable vidéo, sur le coin de la maison heurtée, à peine quelques traces de flammes sur l’arbuste en bas du pignon, qui ne brûle déjà plus (mais on ne sait si c’est la lance des pompiers qui l’a éteint ou pas, logiquement non car ils arrivent après nos deux pékins reporters). Au hasard d’une courte séquence en panoramique gauche-droite, on distingue un côté de garage entièrement boursouflé par la chaleur (le revêtement extérieur est visiblement en PVC !), le pignon bien impacté, et quelques flammèches au sol, en avant de la maison, dans le sens du vol donc (ouest-est) : or le pignon, c’est net, ne brûle pas non plus ! Le lendemain matin, pourtant, il apparaît sévèrement attaqué, pourtant. Non, de tels dégâts ne peuvent être imputés à un incendie qui se tient cinquante mètres plus loin, avec un vent contraire qui ne rabat donc rien comme chaleur ou comme flammes. Ses dégâts ne proviennent absolument pas de l’incendie. La maison est bien la révélatrice d’un événement spécial, qui n’est ni un simple heurt ni un incendie.

Pour vous aider à y voir plus clair, j’ai confectionné deux schémas récapitulatifs qui vous montrent les emplacements des différents éléments aperçus sur la poignée de vidéos dont nous disposons.

Ces dégâts sont donc bien révélateurs d’un autre phénomène : l’avion a très certainement explosé en l’air, juste devant la façade, en brûlant le côté du garage à la hauteur d’un premier étage. Une chaleur dégagée de forte intensité, qui boursoufle les planches de revêtement en plastique, et crible de trous la fameuse façade ! A droite de la maison, ce qui brûle aussi longtemps, en définitive, ce n’est pas du tout l’avion. Ce sont des arbustes, arrosés de kérosène. Si vous vous souvenez, le phénomène s’était déjà produit sur la façade du Pentagone : ce qu’on avait pris pour une bombe supplémentaire dans une vidéo n’était que l’incendie d’un arbre énorme situé juste devant la façade. Finalement, les pompiers n’arrosent pas les débris de l’avion, mais des feuilles et des branches imbibées d’essence ! Logique alors de trouver la carlingue sans traces d’incendies ! A noter qu’à la fin de la scène, un hélicoptère de la police (ou de la télévision ?) est déjà en train de faire des ronds au dessus de la scène, projecteur allumé. On est donc bien aux Etats-Unis ! Mais on aurait bien aimé voir les images de là haut ! Un observateur de dernière minute avait donc relevé une explosion qu’il juge lui "une seconde" après l’impact. Elle n’explique pas les dégâts de façade ni le garage aux planches boursouflées. Non, l’explosion s’est produite juste avant le crash final, les bruits précédents étant ceux du heurt du mât situé en amont de la maison. Une explosion au sol peut difficilement brûler un étage sans faire la même chose au ras du sol. Et une explosion à dix mètres en retrait et sur le côté d’une maison ne peut couvrir d’éclats sa façade !!! Sans compter qu’un moteur qui touche un pignon de maison fait davantage de dégâts sur ces maisons de bois (comme la majeure partie des pavillons US), et saute rarement en l’air au dessus des barrières… d’un jardin.

Etonnant, en effet : les traces relevées sur la façade de la maison heurtée par Connell, à l’étude, font en effet énormément penser à ce qu’il vient de se passer... à Gaza. Comme vous le savez sans doute, les israéliens (et les américains, leurs fournisseurs) profitent de chaque nouveau conflit pour tester de nouvelles armes. Celle qui retient notre attention en ce moment est la DIME, pour Dense Inert Metal Explosive, qui se caractérise avant tout par une chaleur intense et des projections en rayon limité de particules de tungstène de quelques centimètres et même quelques millimètres parfois. L’arme a un effet très localisé, pour éviter les fameux "dommages collatéraux". Dans les images déjà connues de la cour d’exercice des palestiniens du Hamas habillés de noir qui jonchent le sol de leur école de formation, c’est cette bombe qui a été utilisée. Les hommes gisent par terre, morts, seuls un ou deux ont des extrémités de membres arrachés (par le souffle de l’explosion). Les corps sont criblés d’éclats minuscules. Or dans le cas de notre crash, tous les éléments de l’utilisation d’une DIME dans l’avion de Connell sont réunis : explosion véritable, extrêmement localisée au cockpit, qui sépare en vol les ailes et la queue, chaleur intense mais localisée, pas de flammes véritable, plutôt une boule de feu fugace, et projections incandescentes de morceaux de métal dans la façade de la maison. Selon la définition même de la munition, celle d’une "Embedded Weapons-Grade Tungsten Alloy Shrapnel". Avec elle, on a bien l’existence de projections de morceaux de métal ou shrapnels. Bien entendu, assis sur une telle bombe, ou presque, Connell n’avait aucune chance. Les premières constatations du coroner venu sur place parlent de "multiples atteintes traumatiques" et non plus de brûlures. Aurait-on prévu un crash où notre homme serait mort dans un avion incendié ayant exposé seulement au sol ? Le fait de n’avoir quasiment pas vu le bloc moteur incite à croire que la localisation de l’emplacement de l’engin mortel peut être le capot moteur, voire l’outre souple du troisième réservoir, le central, juste derrière le moteur et sa cloison pare-feu. La bombe est en effet facile à dissimuler sous un capot et son explosion "éjecte" le bloc moteur (au fond du jardin !), qui ne tient sur ce type d’appareil que grâce à des étriers en tubes fixés sur la cloison pare-feu. On vous a retrouvé ici un cliché d’un moteur de Comanche de chez Piper montrant cette fixation qui ne peut résister à une explosion de ce type. Impossible de voir dans le pignon de la maison impacté l’origine du "saut de moteur" et d’un incendie situé à 50 mètres de là. Pour le journal du parti républicain du coin, c’est de sa faute, pourtant, à Connell : "The pilot of small plane that crashed Dec. 19 east of Akron-Canton Airport was trying to correct his approach for a landing, a preliminary report indicates. But Connell, a Web-site designer and behind-the-scenes player in the Republican Party, couldn’t make corrections quickly enough". Pas assez vite…. pensez-donc !

Pour ce qui est de la dissimuler, cette bombe, ce n’est pas un problème. Sa taille est minuscule : les nouvelles générations d’EFP, par exemple, des nouvelles bombes antichars déclenchées par radio, tiennent dans la main, comme le montre clairement le site DefenseTech avec le modèle M2 Selectable Lightweight Attack Munition. L’engin pèse un kilo seulement ! Il s’attaque à plusieurs choses : "the SLAM is intended for use against APCs, parked aircraft, wheeled or tracked vehicles, stationary targets (such as electrical transformers), small fuel-storage tanks (less than 10,000-gallon), and ammunition storage facilities. The explosive formed projectile (EFP) warhead can penetrate 40 millimeters of homogeneous steel," nous apprend-on. Un truc à vous transpercer un moteur pour une EFP ! Après avoir transpercé réservoir et cloison pare-feu ! Vous noterez le "parked aircraft" dans la liste. Parmi ses déclenchements, on trouve en sélecteur 5 un timing : "the SLAM will self-destruct (M4) or self-neutralize (M2) if the selected time expires before it is detonated by a vehicle. Timed Demolition : The SLAM’s built-in timer will trigger detonation at the end of a selected time. The timed-demolition mode is active when the SLAM selector switch is set to 15, 30, 45, or 60 MINUTES". Combiné à une jauge à essence, on obtient un déclenchement chronométré. Ou a un déclenchement altimétrique : le crash paraît normal, mais la bombe sert à effacer… le tripatouillage de l’altimètre. Voire un déclenchement par radio ! Si cette arme ne correspond pas, la bonne vieille mine M18A1 Claymore qui date du Viet-Nam (elle a été fabriqué en 1960 mais est désormais amplement copiée par les… chinois) peut très bien faire l’affaire… elle lance 700 billes enfermées dans une enveloppe de plastique, sur 2 mètres de haut et 50 mètres de rayon. "The M18A1 has an olive coloured plastic casing (inert training versions are blue) with the words "Front Toward Enemy" on it. It is 216 mm (8 in) long, 83 mm (3 in) high, and 36 mm (1.5 in) deep with two sets of adjustable legs. Inside are 650 grams (1.5 lb) of plastic explosive and 700 steel balls." Il ne reste plus qu’à compter celles fichées dans la façade, qui sait ? Elle aussi peut fonctionner avec minuteur, ou un déclencheur à distance (un Nokia ?), ou même avec un… choc (le poteau ?). Un Nokia, parce qu’à Bagdad, on l’a vu, les EFPs des insurgés sont mises à feu grâce à de simples téléphones portables modifiés accolés à la charge. Un simple Nokia sur notre bombe du Viet-Nam et c’est parfait. Au premier coup de fil, au moment opportun (à condition donc d’être dans les parages, comme… nos fameux témoins en treillis militaires), l’engin saute, et le tableau de bord avec. Pas vu, pas pris. Là encore, à regarder la façade en forme de passoire de la maison heurtée, on peut aussi penser à des billes à la place des shrapnels.

Le déclenchement de ces différentes bombes de petit format étant simple : par radio (une télécommande, ce qui force à suivre l’avion en voiture au sol, par un système de relais, le cas de la mort de Wellstone, où des agents du FBI étaient un peu vite arrivés sur place), ou impact (elle n’explose qu’au moment du choc). Ou par simple phonie donc. La bombe DIME est également présentée dans les journaux de défense comme étant "one of the Air Force Research Laboratory’s responses to the challenge of fighting in an urban environment without hurting innocent bystanders in the process." Elle correspond donc bien au but recherché ici : ne faire qu’une seule victime, si possible. Ce n’est pas le WTC. La très petite taille de la charge est facilement dissimulable, comme le sont les SLAM. Le son de l’explosion relevé par tous les habitants du quartier correspond aussi à une DIME : au début de l’expulsion des particules de tungstène, la vitesse du son est largement dépassée. Le "boum" sonique est intense. Un phénomène aussi remarqué au 2017 de la rue Charolais par le voisinage, très choqué par le bruit particulier de cette fameuse explosion. Car un avion qui se crashe dans de l’herbe ne fait pas le bruit remarqué. L’analyse des shrapnels logés dans la façade de la maison inoccupée devrait donc confirmer la chose : on évalue à combien de chances pour que ce soit fait ??? Zéro ? La maison va-t-elle disparaître aussi vite que les débris du WTC ? La question mérite d’être posée. Combien de temps va-t-on mettre pour effacer toutes les traces compromettantes ? L’avion a vite été bâché, la maison… ne devrait pas tarder.

Connell aurait donc pu être l’objet d’une double mauvaise intention, car on peut déjà éliminer la thèse du sabotage de compas : il arrive certes bien trop au sud de la piste d’Akron-Canton, mais au regard d’un trajet de plus de 400 km la déviation est très faible. Son erreur de cap n’est pas si importante que cela. On peut encore à ce stade mettre ça sur un erreur de sa part, car il a débranché depuis quelques minutes son pilote automatique, comme semble l’indiquer la tour de contrôle et lui également, via leurs échanges radios où aucun affolement n’est perceptible. Mais surtout, il semble victime d’un sabotage d’altimètre, d’indicateur de vitesse verticale, ou d’ILS. En résumé, on a cherché à le faire atterrir aux instruments, ce qu’il savait très bien faire, mais avec des réglages mortels. En lui refaisant le coup de Samantha Smith, à savoir de lui donner une pente de descente bien plus courte que l’emplacement de la piste. Si ce n’est sur un arbre, c’est sur une maison sur laquelle il s’empale, obligatoirement, voire… un poteau. Avec à la clé conclusion assurée et déjà toute prête du NTSB : faute de pilotage !

Là, il est déjà sorti du champs de l’ILS : il cherche à se poser au plus vite à partir de l’endroit où il a dû remonter pour accrocher à nouveau ce fameux faisceau d’ILS. S’est-il soudain rendu compte que son ILS était vicié ? Ce qui expliquerait son soudain revirement : il sait alors que s’il atterrit "normalement’ à Akron, il est fichu et ratera la piste de loin ! Il se dirige donc par réflexe… chez lui, où il sait qu’il pourra tenter quelque chose. Il est victime alors d’un sabotage moteur, en tout cas, et d’aucun effet de givrage sur les ailes. Sa chute semble brutale, mais son moteur semble encore capable de reprises, quoiqu’il peine sérieusement en puissance. Arrivé devant la maison indiquée, l’appareil explose en vol (et non au sol), séparant l’avant, qui se retrouve projeté au loin, du reste de l’appareil, qui chute une dizaine de mètres plus loin sur le côté de la façade. L’explosion crible la façade de morceaux divers, bruni le pignon, et sa chaleur dégagée gondole tout un côté du garage. Connell, éjecté, meurt instantanément, farci de centaines de morceaux de tungstène. Son appareil est éparpillé, le cockpit n’existe plus, les ailes sont désolidarisées. Le fuselage fait sa pirouette et retombe… dans l’autre sens. L’explosion a surtout détruit le tableau de bord, où se trouvait compas et altimètre. Pas vu, pas pris. Les gens qui avaient saboté son ILS et son altimètre auraient décidé d’actionner la destruction de l’appareil pour la simple raison que s’il se posait sans encombre, le sabotage aurait été découvert… et Connell peut être alors tenté de se venger. Pour le faire exploser aussi bas, il faut obligatoirement un témoin oculaire sur place, pour choisir l’emplacement le plus approprié : en gros, il ne faut surtout pas qu’il arrive à se poser vivant, ce qu’il est en train de réussir. L’explosion est donc un "plus" du scénario initial, une "sécurité" supplémentaire de prévue, le crash programmé aurait dû se passer autrement, comme pour Samantha Smith : la méthode Reagan. L’avion aurait dû foncer dans le sol lors de la tentative d’approche de la piste 23. Par acte réflexe, Connell, qui était donc décidément plutôt bon pilote, a tenté autre chose, une manœuvre désespérée. On l’a fait exploser, constatant qu’il était en train de s’apercevoir qu’on lui refaisait un coup connu, lui qui craignait tant le sabotage de son appareil, comme il avait pu le dire avant de décoller. L’assassin est-il alors dans les premiers arrivants pour constater le décès de Connell ? Très certainement. Comme dans le crash des représentants démocrates …A voir nombre d’encagoulés et d’uniformes militaires arrivés sur place en même temps que la Ohio Patrol… et son chef "déboussolé"…

Théorie conspirationniste ? OK, écoutons celle opposée alors ! Ou plutôt, allons voir un blog qui nous racontait le lendemain même que tout ça était dû au mauvais temps et à une faute de pilotage bien entendu. Il faut le retrouver en cache, ici. Car l’original a été enlevé par l’auteur, visiblement un républicain bon teint. Tout y passait pourtant : la "confusion" du soir (fin de semaine !), de la glace sur les ailes, et même un très beau moteur "congelé" : "The most likely possibility is that his engine quit suddenly in the freezing weather." Il semble qu’il n’ait rien su du cas de la petite Smith, notre bonhomme. Dans le site, le lendemain même, à la place de l’article retiré, on a la parution de la visite du maire de New-York, Michael Bloomberg, à des enfants blessés par les tirs de roquette du Hamas en Israël, à Ashkelon. Le texte est sans ambigité : "New York Mayor Michael Bloomberg expressed solidarity with Israelis threatened by Hamas rockets on Sunday in a daylong trip to Israel that included visits to two towns targeted by the Islamic militant movement in recent weeks." Ouh là, serait-on tombé dans un autre nid de faucons ? Notre auteur républicain bon teint, fan des moteurs congelés, s’est-il déjà aperçu que Karl Rove était une peine perdue, et que de tenter de le défendre aussi bravement ("moteur congelé !) était devenu inutile ? Je ne sais pas, en tout cas on a bien affaire à un énième néo-con, qui deux articles plus tôt nous parlait d’Obama… et de l’avortement. Un Pro-Life, encore un ! Mais l’homme, qui s’est rendu compte du ridicule à tenter d’expliquer la mort de Connell par le mauvais temps a trouvé depuis une botte secrète imparable : la mort, voici cinquante ans pile, de Buddy Holly !

Ah, pour Buddy, notre bonhomme, c’est différent, a bien tout compris : "what really happened" titre-t-il fort présomptueusement. L’homme, attention, s’attaque aux "mythes". Celui de la panne d’essence, celui du mauvais sort, celui… car il y en a dans le cas du guitariste à la Fender : pour la mort brutale de Buddy Holly on a déjà tout dit ou presque, et souvent n’importe quoi, (au point parfois d’avoir à le vérifier 48 ans après) ne manque qu’une rencontre inopportune avec une soucoupe volante ! Mais lui, le finaud, a trouvé la solution !

"Désorientation spatiale du pilote", vous l’auriez parié, pas habitué selon lui à utiliser un nouvel horizon artificiel, un Sperry "F-3 attitude gyro", !!! Personnellement, je trouve fort étrange que l’on retire un article sur la mort de Connell pour nous ressortir sur un autre cas la sempiternelle solution-maison du NTSB ! L’avion du chanteur texan (il était né à Lubbock) avait foncé plein gaz sur le sol, avait rebondi trois fois et avait tué et éjecté les trois malheureux artistes (Buddy Holly, J.P. Richardson, et Richie Valens), l’infortuné pilote restant coincé (mort) dans les débris. C’était un Beechraft Bonanza, un petit avion assez semblable à celui de Connell. Malgré la vitesse de l’impact, l’avion n’avait pas brûlé. Mais ce soir là, sur la région il y avait aussi la pire tempête de neige depuis des années qui sévissait. Pour tout le monde, c’était bien ça la cause du crash. Oui, mais pour notre homme ça ne comptait pas, ce jour là… alors que pour Connell, si, bien sûr !!!

Les tenants de la politique et des méthodes de Karl Rove sont bien aux abois, à lire de pareils articles qui tentent à nouveau de faire écran de fumée sur la réalité. Les défenseurs des neo-cons ont aussi d’autres méthodes pour faire taire ceux qui voudraient fouiner trop profond dans les miasmes de leurs marécages politiques. La méthode Goebbels : mentez, mentez, ils finiront bien par le croire. Dans le journal républicain d’Akron déjà cité, qui évoque aujourd’hui l’inauguration de l’ambassade US à Bagdad ( !!!) nous avons relevé cette autre perle, une réponse à un post qui demandait pourquoi on ne parlait pas des actions de Connell dans ce même journal : "The reason the Canton Rep did not report on this information is because newspapers typically don’t consider loopy conspiracy theories to be news. I’m sure there are some delusional left wing loons out there who think that somehow Carl Rove brought down this plane. These people need serious psychiatric help". Circulez, y’a donc rien à voir. Faut être complètement fou, en effet, pour croire que Mike Connell, homme clé des magouilles présidentielles américaines pendant dix ans ait pu mourir d’un attentat perpétré par ceux qu’il a tant aidé. Il y a des jours où je me dis qu’on est peut être encore pas assez de fous sur terre… En tout cas, de rappeler qu’il y a cinquante ans mourait bêtement Buddy Holly dans un crash aérien ressemblant à celui de Connell nous laisse un beau message de fin à cette longue série d’articles qui semblent avoir eu ses lecteurs forts attentifs. C’est dans une de ces chansons les plus connues : "That’ll Be the Day". Le mensonge et la mort sont plus proches qu’on ne pense. Surtout pour certains.

You say you’re gonna leave
You know it’s a lie
’cause that’ll be the day
When I die…

Par Morice pour AgoraVox, le 12 janvier 2009

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (7)

Dans cet avant-dernier épisode, il ne nous reste plus, donc, qu’ à élaborer un scénario plausible sur les circonstances de la disparition de Connell. Evidemment, vous ne me voyez pas partir vers la thèse de l’accident. J’ai déjà suffisamment expliqué ici combien de choses clochaient dans les éléments en notre possession pour que vous vous doutiez bien que je ne peux en accréditer la thèse. Mais finalement, ma conviction vient de tout autre chose. D’une remarque fort subtile faite sur un forum par un internaute judicieux, comme ceux qui ici nous ont apporté ce qu’ils avaient glané au fil de leurs recherches. Cette remarque, la voici, et elle est à la fois fort surprenante et frappée au coin du bon sens : "The President has time to pardon turkeys and pardon criminals, but not to issue even a single sentence of condolence to a man he has known for years ? Rove ? Where is he at ? John McCain ? Anyone ? I don’t understand how no one thought to issue a statement of support for the family, especially since a father of four won’t be there for Christmas ?"

En résumé, W.Bush prend le temps de gracier la dinde de Thanksgiving, mais quand celui qui a été un proche d’un de ses collaborateurs décède… pas un seul mot de condoléances ! Les assassins formulent il est vrai rarement les condoléances à la famille de celui qu’elles ont occis, à part dans les films de Lautner et d’Audiard. Mais Rove n’était pas Michel Constantin, à ce que je sache, et de ne pas même saluer Mike Connell, son ancien protégé, est plus que louche. Karl Rove, celui qui l’a ouvertement menacé, n’a pas depuis pipé mot. En qualité de républicain, il aurait pu le faire. W.Bush, dont le frère fait partie de la même confrérie (une chose longuement expliquée dans l’épisode précédent) aurait pu le faire en qualité d’hommes ayant foi commune. Rien, rien n’a été officiellement prononcé par la Maison Blanche à l’annonce du décès de Connell, père de quatre enfants ! Pour des gens se disant religieux… Le silence complet. Un black-out qui s’est très vite étendu à la presse. C’est une évidence, sur cette affaire. Cruciale pour l’avenir judiciaire de Rove et de Bush, la mort de Connell n’a même pas fait la rubrique des chiens écrasés à ce jour dans les principaux médias "papier" US ! Connell, il vaut mieux l’ignorer : trop dangereux d’en parler. Le New York Times, pour l’instant, lui préfère Bruce Edwards Ivins. Une chose à la fois, qui sait… peut être qu’il découvrira un jour qui était Connell…

Je suis tombé par hasard dans mes recherches antérieures sur Lexis Nexis, dont je vous parlerai un jour, promis. Une base de données d’infos, utilisée par des tas de gens (dont surtout les gouvernements !), qui vient d’acheter ChoicePoint, l’organisme qui recueille les données individuelles de millions d’américains, et qui a permis d’élaborer dans certains états de fausses cartes d’électeurs (grâce à Karl Rove, iniateur du procédé comme l’avaient démontré Latapie et Bouleaux dans "Votergate"). Dans cette base, et dans un extrait provenant de Newstex Web Blogs, on y relève un texte fort significatif de la chape de plomb qui vient d’être imposée à cet "accident". Désolé, c’est en anglais et c’est un peu long : "So is this death which could derail many significant Republican fraud investigations important ? Not according to corporate and mainstream news media ! The Star Tribune’s heading is "Pilot killed in rural Ohio small plane crash operated Web sites for Bush, McCain". Not once in the article is there any mention of Mitchell Connell’s role as a testifier in key Republican fraud investigations. Indeed, after the story, one wonders why the Star Tribune is covering a technical geek peon who died in another state. This is classic deception by not telling the key significant pieces. And even worse, "Mike Connell" is not found in a search on Pioneer Press, WCCO-TV4, KARE-TV11, Fox’s KMSP-TV9, KSTP-TV5. CNN and the Washington Post. Note that MSNBC, PBS-TV2 and the New York Times did have coverage on "Mike Connell", just not his death. Compared to the 100 day non-stop coverage of the President Clinton’s sexual affair, you would think the death of key witness in election fraud that probably changed the outcome of a presidential election would at least merit a story, if not a 100 days of coverage ? The silence on this subject speaks eloquently of how mass media coverage is totally biased". Même chez le New-York Times, qui avait pourtant couvert les découvertes de Jennifer Brunner ! Rien, même pas la rubrique nécrologique ! C’est très étrange ! L’exemple donné de la couverture médiatique de l’affaire Lewinsky est très significatif. Or, au New-York Times, des journalistes participent à des conférences de Newstex. Le journal serait-il en train de nous préparer un gros coup médiatique, en nous refaisant celui du Watergate ? Il se pourrait bien : il possède déjà un très bon "gorge profonde" en la personne de Stephen Spoonamore, le spécialiste républicain ami de Connell qui a refusé d’effacer ses disques durs compromettants. Or l’homme a démontré l’existence du second serveur "derrière le Firewall" dans le cas du détournement des votes en Ohio. Il faut espérer que ce soit le bon scénario ! Restons optimistes, donc. Et revenons-en au crash proprement dit. Si demain il arrive quelque chose à Spoonamore, vous en aurez vite compris l’origine.

Vous allez me dire, comme me l’a précisé un lecteur (Philou017) : il existe déjà un pré-compte rendu d’enquête officielle. Fait par le "fameux" NTSB. Le Bureau Fédéral d’investigation en cas de catastrophe aérienne, dont je vous avoue avoir du mal à suivre ses conclusions… pour des tas de raisons, notamment ses deux compte-rendus des crash des avions des démocrates Paul Wellstone et Mel Carnahan. Et puis aussi pour la simple raison que son directeur actuel n’est autre que Mark Rosenker. Or ce dernier a travaillé de 2001 à 2005 à la White House Military Office, autrement dit était un proche de l’équipe gouvernementale actuelle puisqu’il s’occupait du transport présidentiel ! Air Force One, c’était lui. Les circonvolutions de vol de l’appareil, le 11 septembre 2001, lui aussi. Celui-là, comme appareil, ou bien son double bossu enregistré par plusieurs caméras en train de tourner lentement au dessus de la scène même du Pentagone ce jour là. Or cet avion si particulier (c’est un centre de commandement volant !) est bourré d’électronique, et sait par exemple intercepter les communications téléphoniques… et en émettre également ! Le premier acte administratif d’Obama a été de changer de responsable d’Air Force One : le poste est en effet vital pour sa sécurité. L’homme de Bush à la tête du NTSB jusqu’en 2005 est lui un ancien général de l’armée de l’air. A peine sorti de la grande muette, il ne doit toujours pas avoir grand’chose à dire en vérité. En prime, comme dernier haut fait d’armes, c’était lui aussi qui supervisait ces derniers mois les recherches de l’avion de…Steve Fossett, un joli fiasco : c’est un promeneur qui l’a retrouvé plus d’un an après, et non pas les avions loués par le NTSB. Et pas non plus Ed Dames le fondateur de la Matrix Intelligence Agency, oui, vous ne rêvez pas comme nom, une émanation privée de la Defense Intelligence Agency’s Psychic Intelligence (PSIINT). Ma confiance dans les deux est assez restreinte, (envers le second raccoleur encore plus d’ailleurs !) disons, à voir les errements de cette enquête mal menée dès le début.

Vous allez me dire, oui, mais il y aussi des témoins déjà cités dans le journal local, qui parlent de changement de temps rapide des conditions météo. Ça tombe bien, il y en a un pour réciter déjà sur place cette thèse officielle : "in a 30-minute time frame around the crash, the weather deteriorated quickly as visibility around the airport diminished from nine miles to a little over one mile with a low ceiling. In such cases, pilots typically are forced to rely on the plane’s instruments rather than their own vision, which can contribute to crashes" , nous dit l’homme de l’art, très sûr de lui. Certes. Il s’appelle Charles Starkey, c’est le "directeur de la sécurité d’une société privée de jets de Cleveland" nous dit la presse, sans citer la firme. Très bien, voilà un avis asssuré. Mais pas pour autant recommandable : l’homme est aussi un ancien de la NAVY et travaille étroitement avec le gouvernement et la FAA sur la "sécurité aérienne" ! Résultat, le lendemain on apprend l’état de la météo qu’il faisait réellement ce soir là :" when Connell’s plane crashed about 6:00 pm on 12/19 the temperature at the Akron-Canton airport was 34 degrees with overcast skies. The day in Ohio had begun with freezing rain, but the temp at the airport had risen to 45 degrees at 3:00 pm with overcast skies". Pas de glace ! Pas du tout la première thèse vendue par Starkey !! Un Starkey qui bosse en fait chez Flight Options LLC, une entreprise de location de jets privés. Un républicain bon teint ayant versé deux fois son obole cette année (pour 500 dollars au total) à la campagne de McCain-Palin..  Le premier à parler catastrophe est donc fervent supporter de l’équipe républicaine ? Un hasard ? Que vient faire un responsable d’un aérodrome privé se chargeant uniquement des jets sur le site d’un avion de tourisme à hélice qu’il n’a jamais vu chez lui ? Il rentrait du boulot et a été attiré par le violent incendie déclenché par l’accident ? Et ce soir là croise par hasard sur la scène du crime des gens encagoulés et des militaires, venus les premiers faire des "investigations" ? C’est une "FBI party", ou une scène de catastrophe aérienne ?

Des mensonges, donc, peut-on logiquement penser, avec des gens venus tout exprès pour les raconter aux journalistes. Dans le cas du WTC, on avait bien retrouvé le jour même d’étranges personnages hyper-repérables dans la rue, expliquant paisiblement que les tours allaient tomber et que Ben Laden était derrière tout ça (fortiche le mec !). Cela, et les réminiscences d’accident d’avion douteux survenus à d’autres démocrates. Pour moi, et d’autres sur le net, l’accident de Connell est avant tout le double parfait de celui de Samantha Smith, cette incroyable petite fille devenue le symbole même du réchauffement entre l’Est et l’Ouest en 1985, à bord d’un Beech 99, un crash si bien décrit dans le numéro de Flying Magazine de mai 1987. Selon lui, le NTSB avait conclu ainsi à la catastrophe : "In the end, the NTSB made the obvious determination that the probable cause of the accident was the captain’s continuation of an unstabilized approach, resulting in a descent below the glidescope. Contributing to the unstabilized approach was the radar controller’s issuance of and the pilot’s acceptance of a nonstandard vector that resulted in an excessive intercept with the localizer." En ajoutant un deuxième problème : "the NTSB report mentions NAV/COM and altimeter problems as possible sources of error contributing to the unstable approach." En gros, l’avion était en approche, réglé sur son IFR (un système émetteur depuis l’aéroport) lui indiquant la pente à respecter… pour descendre vers la piste… aidé par un altimétre, indiquant à quelle hauteur se trouve l’appareil. "The NTSB report mentions NAV/COM and altimeter problems as possible sources of error contributing to the unstable approach. Both altimeters were found with inaccurate settings". 

L’avion de Smith s’était laissé guider par son ILS vers l’aérodrome d’Auburn, dans le Maine… mais aussi vers plusieurs mètres en dessous du sol comme aire d’atterrissage ! L’avion heurta donc des arbres à 1 km en amont de de la piste et s’écrasa. Plus précisément, "when the plane hit trees at 345 ft the captain’s altimeter would have ben showing an altitude of 480-544ft". Avec pour achever le tout le détail qui vraiment tue : "Also, the No 1 Navigation/Communication transceiver was replaced the day before the accident." L’accident "parfait" du Beech N300WP pour un personnage devenu bien trop encombrant pour un dénommé… Ronald Reagan. Le tout premier employeur de Karl Rove ; comme le souligne si bien Slate. "Bush aims to be the Second Coming of Ronald Reagan. But he has never understood the genius of Reagan’s method, which was to placate the religious right without giving in where it mattered." Rove a imité McKinley selon Slate : "the key to McKinley’s political success was the alliance Hanna forged between industrialists like himself, who provided the cash, and workers, who provided the votes. In Rove’s alliance, the rich provide the cash, and religious conservatives provide the votes". Exactement le pourquoi de la présence de Connell auprès de Rove d’après ce que nous vous disions les jours précédents !

Celui là ou celui de Dan Rocco, crashé en 2002 à Gainesville en Georgie. C’était alors le vice -président de ChoicePoint, l’organisme fort mal protégé qui sous couvert de sécurité sociale ou d’alertes enlèvements espionne littéralement les américains. Fan de vieux modèles d’avion, il faisait ce jour là un tour (avant de l’acheter !) en T-6, un avion datant de 1942, (c’est l’avion de la Guerre d’Algérie) un North American T-6-AT6D (N7471C), piloté par Don Keller de l’US Aircraft, LLC (en Floride). Un club de passionnés qui bichonnent leurs avions : l’avion s’écrase en plein meeting après plusieurs passages de "touch and go". Raison invoquée par le NTSB : casse de compresseur, qui, en explosant à condamné le moteur. Son carter avait en fait des éléments de dévissés ! Connaissant le souci du détail des colllectionneurs de l’US Aircraft LLC, tout le monde se pose la question du sabotage possible voire probable. Un crash en fait à l’époque extrêmement bienvenu pour Karl Rove  : les fichiers de ChoicePoint détournés avaient permis de permuter des électeurs d’un état à l’autre, et surtout d’en supprimer des listes entières en Floride. Des noirs, surtout, par pur hasard, plutôt portés à voter… Al Gore. Sachant que là bas on s’inscrit avec sa préférence politique, il ne faut pas chercher plus loin pour savoir qui n’avait pas pu voter en 2000 pour Gore. La plainte formulée à l’époque contre Rocco pour détournement de fichiers s’éteint avec sa mort, et Rove peut respirer. On noie vite le poisson, il ne s’est rien passé en Floride. L’épisode des cartons troués permet de cacher les tripatouillages d’inscriptions (et de vidage de listes électorales !). Mais la suspicion est déjà forte sur Rove (et sur Jeb Bush, alors gouverneur de l’Etat). Lui aussi cité dans les cas des deux démocrates disparus, à une époque ou le directeur du NTSB est aussi le même, et conclut à chaque fois à une erreur humaine… avec un problème d’altimètre (ou d’indicateur de vitesse pour Wellstone)… !!! A noter que déjà en 2000, l’export des méthodes électroniques de détournement de vote est déjà cité : au Mexique, notamment.

On le voit : dès l’élection de 2000 en Floride, Karl Rove, le "cerveau de Bush" ou l’homme à la tête de fleur de bouse de vache ("Turd Blossom", le surnom "amical" donné par W. Bush lui même à son conseiller) avait déjà joué avec le feu. Avec les élections d’un côté et de l’autre avec les gens qui s’étaient compromis pour lui et risquaient de l’entraîner dans leur chute annoncée. Demain, pour conclure, nous verrons qu’il n’a pas hésité à refaire à nouveau la même chose… à coup sûr.

Par morice le 6 janvier 2009 pour Agoravox

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (6)

L’humanitaire, donc, pour Mike Connell, comme nous l’avons abordé hier… et la secte. Car je ne vois pas comment appeler autrement les "Chevaliers de Cristophe Colomb" ("the Knights of Columbus") auquel appartenait notre homme… au plus haut degré (4eme grade, obtenu fin 2005). Extérieurement, des laïcs catholiques bon teint. Mais avant tout une association fermée présentant un fonctionnement que n’aurait pas renié l’Ordre du Temple Solaire de Joseph Di Mambro. "L’ensemble des cérémonies et des réunions d’affaires de l’ordre sont restreintes aux membres bien que tous les autres évènements soient ouverts au public. Une promesse de ne révéler aucun des détails des cérémonies mis à part à des chevaliers d’un rang égal est requise pour renforcer leur impact et leur sens auprès des nouveaux membres. Une clause additionnelle subordonne la promesse aux devoirs civils et religieux du chevalier", nous dit Wikipedia. A défaut d’être franc-maçon, Connell était donc devenu "Chevalier de Colomb". Or ces fameux chevaliers ont de drôles de méthodes pour remplir leurs caisses. Tout d’abord regardons l’étonnante page du site des Chevaliers de Colomb, faite par Connell et son agence, où l’on propose de souscrire une assurance-vie chez eux… avec la mort "accidentelle" de Connell, elle sonne fort bizarrement cette page accrocheuse. La confrérie utilise aussi d’autres moyens de revenus, remarquez…

Elle parle "d’impact", elle aussi, cette page, mais il est.. purement financier celui-là : "with 1.6 million members, the Knights of Columbus’ impact is enormous. Last year alone, we donated $116 million to charitable causes, and performed over 56 million hours of community service. That’s impact !"  Pour ce qui est de l’impact, il va sans dire que la gestion obscure et fermée de la direction de l’association laisse entendre toutes les fuites possibles : enrichissement personnel ou reversements par la bande à des partis politiques ayant des idées voisines, comme par hasard celle sur l’avortement, par exemple… L’œuvre charitable a bien reversé des sommes énormes depuis dix ans (on les évalue à peu près à 1,1 milliard de dollars sur les dix dernières années !) mais les assurances en ont rapporté bien davantage. Selon les observateurs, ces preux chevaliers détiendraient plus de 60 milliards de dollars de police d’assurance individuelles… !!! Oui, vous avez bien lu, 60 milliards ! Leur société d’assurance est la onzième dans le pays, avec 1,539 milliards de dollars en 2006. A côté, les tombolas de leur comité Québecquois offrant une Toyota Camry fait un peu pingre... . Les chevaliers sont des pompes à fric, avec de gros, très gros tuyaux. Des pompes prêtes à se brancher sur n’importe quoi pour en rapporter davantage, quitte à revenir après sur leur décision : "at their annual convention a few weeks ago, the Knights of Columbus of our province decided to move away from gambling, especially casinos, as a source of revenue to support their charitable activities. Since gambling can be a relatively easy way to raise large sums of money that can be used to do good, the decision to forsake it took some courage, but it was the right decision", dit sans même trop sourire l’archevêque Thomas Collins. Voilà nos vertueux chevaliers qui sont devenus un temps durant des indiens sur leur réserve, installant des casinos pour survivre… en cette époque devenue si difficile ? Pour redevenir prudes après ? Leur conscience les honore… où les lois sur les taxations des casinos ont changé ? Quant à ce qu’ils annoncent sur la confidentialité de leurs fiches ,"nous maintenons les niveaux de confidentialité les plus élevés en ce qui concerne vos renseignements personnels non publics. Les employés du Bureau Suprême ont été formés pour manipuler soigneusement et protéger ce genre d’information", permettons-nous d’en douter. Connell, qui est partie prenante de leurs sites, aurait été bien incapable de protéger leurs adresses IP, celles des serveurs de l’Ohio ayant été découvertes dès leur mise en route.

Eux, "des hommes qui vivent les quatre principes du mouvement : la CHARITÉ, l’UNITÉ, la FRATERNITÉ et le PATRIOTISME " comme le dit leur slogan… on veut bien y croire, mais aux Laurentides, au Canada, leur recruteur signe de l’adresse mail discutable "bodylovesexy@hotmail.com"… qui laisse assez songeur. Et pas moyen de leur faire dire en quoi consiste leur cérémonie d’intronisation de nouveaux membres. Quant aux vidéos sur leurs réunions façon Témoins de Jéhovah,… euh elles semblent plus que bridées, et les chansons les accompagnant bien niaises. En fait, leurs prises de position politiques sont nettes : bien à droite toute, notamment sur l’avortement mais aussi le mariage gay. C’est très significatif chez eux, au point d’avoir rejoint très tôt le mouvement National Organization for Marriage, et d’y avoir à plusieurs reprises versé d’énormes donations. Dont 1,25 million de dollars d’un coup, le 14 août 2008, notamment.. Donner et ne pas payer de taxes, voilà le credo de l’association semble-t-il. Influencer l’opinion par des soutiens exorbitants à des mouvements réactionnaires, ça oui. Ou faire dans l’humanitaire… grâce a du bénévolat, ce qui est plus facile à gérer encore. Car derrière l’obscure appellation "National Organization for Marriage" se cachent aussi des gens fort peu recommandables en définitive.

"National Organization for Marriage" a été fondée par Robert George et Maggie Gallagher, deux neo-conservateurs déclarés. Leur mouvement a but non lucratif contre le mariage gay a défrayé la chronique en 2005 quand on s’est aperçu que Maggie bénéficiait directement de l’argent versé par l’administration Bush ."She had a $21,500 contract with the Health and Human Services Department in 2002 to help promote the administration’s $300 million “healthy marriage” initiative, but did not disclose her contract and was using her column to promote the program". Et ce n’est pas tout. Pour bons et loyaux services à la nation, ou plutôt à la Maison Blanche seule, Robert George s’est vu remettre the Presidential Citizens Medal, l’un des trophées les plus rares chez les civils, le 10 décembre dernier, et à la Maison Blanche je vous prie. Parmi les généreux donateurs de leur association anti mariage gay, un nom retient tout de suite notre attention : celui d’Elsa Prince Broekhuizen, pour 450 000 dollars de dons a elle seule. "Broekhuizen is the mother of Erik D. Prince, founder of Blackwater Worldwide, the controversial operation that provides security services to federal officials in Iraq and other countries. Her daughter, Betsy DeVos, is a former Michigan GOP chair and wife of failed gubernatorial candidate Dick DeVos". La mère d’Erik et de Betsy, donc. Deux jolis cas d’espèce en politique aux USA, ces deux-là.

L’association fondée exprès contre le mariage homosexuel, l’Edgar & Elsa Prince Foundation, a donc un vice président bien connu : c’est Erik Prince, le fondateur de Blackwater, la société de mercenaires à la gâchette trop facile en Irak !!! Tout se rejoint, et le sens du slogan "CHARITÉ, l’UNITÉ, la FRATERNITÉ et le PATRIOTISME !" prend tout son sens… Les Chevaliers sont bien de la même trempe qu’ Erik Prince, c’est bien un mouvement d’extrême droite qui se pare de belles toges et d’idées de partages bien catholiques, la charité d’une main, donc, en soutenant de l’autre main les pires exactions en Irak au nom du "patriotisme" US. L’alliance traditionnelle du sabre et du goupillon  ! On comprend mieux dans le site les photos des soldats en uniforme en Irak, ou ces versements médiatiques de chèques aux blessés, de soutien à des actions comme "un téléphone par soldat" . Et on en revient à ce "with god on our side" dont j’ai déjà montré les méfaits ici-même.

Dans le site des chevaliers, Le texte en téléchargement "Armed with a faith" est à ce propos très révélateur…. Le détournement de l’hymne national est dans le genre un véritable sommet ! "Praise the power that hath made and preserved us a nation ! Then conquer we must, when our cause it is just, And this be our motto, “in God is our trust.” Nous DEVONS conquérir parce que NOTRE cause est juste ? Des Croix de Feu plutôt que des Francs-Maçons, donc, voilà ce qu’ils sont exactement ! Un soutien d’ordre politique et non religieux au gouvernement ! Avec eux, l’armée américaine est partie en croisade contre… l’infidèle : "Like a mighty army moves the church of God, Brothers, we are treading where the saints have trod, We are not divided, all one body we, One in hope and doctrine, one in charity. Onward Christian soldiers, marching as to war With the cross of Jesus going on before" dit ce fameux manuel du soldat fourni par les KofC !!! Des croisés, des soldats (de Dieu) devenus de vrais illuminés du Christ  !! Voila qui était donc véritablement Connell : un profond réactionnaire voire un illuminé aux idées d’extrême droite qui a soutenu tant que faire se peut W. Bush, tout simplement par communauté de foi. Sachant celle de Bush plutôt factice (comme sa sobriété revenue !), il y a de quoi être assez abattu par tant de cynisme. Et par tant d’imbécillité, comme à cette réunion en pleine rue des adeptes, plutôt âgés, fortement embarrassés par un seul contradicteur athée plutôt doué

Mais il y a mieux encore ! Le 3 août 2004, George Bush lui-même faisait un discours pour la 122ème convention des Chevaliers de Colomb. Vous allez me dire, mais que diable allait-il y faire ? Oh, c’est simple : dans l’assistance, "un chevalier du troisième rang", à savoir déjà bien avancé dans la hiérarchie chevaleresque : son propre frère Jeb, catholique lui, pas comme son frère…"I’m proud to say that my family has contributed to your ranks. A few years ago, Governor Jeb — (applause) — became a Knight. (Applause.) And he — yes — and he recently took his Third Degree. (Applause.) I’ll see him this weekend. His son is getting married. I’ll pass on the word, aim for the Fourth". Ça paraît assez surréaliste : le maître du monde, ou presque, venu saluer une assemblée digne de la Guilde des Maîtres Rôtisseurs, ou des Chevaliers du Tastevin, tous chapeautés comme pas un !!! Et pourtant c’est rigoureusement exact. Jeb récidivera en 2006 avec l’Ordre de Malte cette fois. Dans son discours, toujours aussi surréaliste, W. Bush remerciait ainsi les Chevaliers  : "I also appreciate the Knights’ of Columbus stand on the federal judiciary. I have a responsibility as President to make sure the federal judicial system runs well. I have nominated superb men and women for the federal — for the federal benches who will strictly and fully interpret the law, not legislate from the bench". La séparation de l’église et de l’état est loin désormais aux USA. Parmi ceux évoqués par Bush, le Chevalier de Colomb Samuel Alito Jr, nommé à la cour suprême, devenue grâce à lui à majorité catholique, et le membre de l’Opus Dei et de la John Carroll Society, un autre membre de la cour suprême des Etats-Unis : John G. Roberts, un ancien de chez Reagan (Biden, haï par les cathos conservateurs, avait voté contre sa nomination) ! Deux beaux cas de conservateurs pure souche, tous deux catholiques tendance traditionnalistes, et fermement opposés à l’avortement.

On le voit donc ici, les liens entre cette quasi-secte et la famille W. Bush ont toujours été étroits  ! Et dans ce délire sans nom, Bush continue lors de ce fameux discours de Dallas , allant jusqu’à verser une larme sur les enfants de prisonniers que proposent de soutenir les Chevaliers  : "we’re moving forward on another initiative which is mentoring for the children of prisoners. I mean, if the job of government is to try to set priorities, a priority is to help children of prisoners find love. Imagine what a tough life it is for a young boy or girl to go see his or her mom or dad behind prison bars. These are children who need help." Très bonne intention, à part qu’au même moment, à Guantanamo, des enfants et des adolescents, dont 60 de moins de 18 ans, étaient enfermés : toute l’hypocrisie du régime en un seul exemple !!! Son premier responsable du Homeland Security, W. Bush ira également le dénicher également chez un autre dignitaire des "K of C" comme on le dit désormais aux States. Le républicain Tom Ridge, chevalier lui aussi, qui laissera sa place à Chertoff en 2004. McCain songera un temps à lui comme second avant de se coltiner Sarah Palin. C’est une clique religieuse véritable, qui a envahi tous les rouages de l’état américain. Il n’ y a pas que les bondieuseries, il y a aussi et surtout une idéologie derrière. Or elle est bien d’extrême droite et en glorifie toutes ses valeurs !

Erik Prince donc, pour en revenir à nos activistes anti-marriage gay, et sa sœur… Betsy DeVos, la femme de l’héritier DeVos. L’homme qui aura réussi la prouesse de dépenser une fortune pour arriver à ne pas se faire élire gouverneur ! Une militante républicaine qui un jour a déclaré ceci  : "my family is the largest single contributor of soft money to the national Republican party…. I have decided, however, to stop taking offense at the suggestion that we are buying influence. Now, I simply concede the point. We expect to foster a conservative governing philosophy consisting of limited government and respect for traditional American virtues. We expect a return on our investment ; we expect a good and honest government. Furthermore, we expect the Republican party to use the money to promote these policies, and yes, to win elections." Le "retour sur investissements" attendu du gouvernement grassement soudoyé, pour promouvoir son entreprise : Amway, et son image internet Quixtar ou Alticor (Amivo en Europe). Des firmes accusées d’avoir dissimulé des revenus au… Canada, où les Chevaliers sont très actifs. Et toutes des firmes à fonctionnement … pyramidal, comme l’est le fonctionnement de nos preux chevaliers ! Comme par hasard ! Chez Amway on se coopte, comme on le fait chez nos fameux hommes à la toge ! Quand on vend bien, chez Amway, on devient des "Platinum"… comme lorsqu’on est bien docile chez nos adeptes des cérémonies déguisées, où l’on peut espérer un jour devenir "Officier du 4ème degré", dit "patriotique"…. Le "Chevalier Surprême" étant réservé à celui… en haut de la pyramide !!! En l’occurence en ce moment Carl A. Anderson. Or ce dernier a des états de service intéressants : "from 1983 to 1987, Mr. Anderson served in various positions of the Executive Office of the President of the United States, including Special Assistant to the President and acting Director of the White House Office of Public Liaison" nous dit sa biographie officielle. Ne cherchez pas sous quel président : c’était sous Ronald Reagan, pas vraiment un gauchiste… sous son régne était déjà en place un dénommé Rumsfeld, qui à l’époque serrait de drôles de mains…

Tout irait mieux dans la meilleure des poches de nos chevaliers pyramidaux jusqu’à ce début décembre. Jour où l’on apprend qu’un dénommé Madoff a grugé un nombre incroyable d’individus en leur promettant des taux intenables de gains en Bourse. Dans une réponse à un courrier de lecteur signifiant que l’on insiste un peu trop sur le côté juif de Madoff on trouve cette sentence incroyable : "I was scanning the business stories to see if the Madoff scheme also touched on the Knights of Columbus, and or Ave Maria funds, (either of which wouldn’t surprise me if they gave mutual business support to since they share many of the same business/social concerns in common.". Ouf, les chevaliers n’y apparaissent heureusement pas… Mais un escroc qui lui aussi a des liens avec la même fine équipe. Parmi les associés les plus proches de Madoff on compte en effet Frank DiPascali… dont l’avocat n’est autre que le propre fils de l’Attorney General Michael Mukasey, nommé par W. Bush… le monde est bien petit parfois, et nos tristes chevaliers à la triste figure l’ont échappé belle ! Quant à Obama, on lui avait dit de se méfier du KKK, il aurait tout intérêt à surveiller de près les K&C !

Le retour de bâton est terrible pour eux, de toute manière. Madoff ou pas, les questions que se posent les internautes deviennent pressantes : c’est l’effet domino du doute qui s’installe. Et si les fameux chevaliers n’étaient eux aussi que des siphonneurs de comptes de particuliers ? Voire eux aussi des boursicoteurs ? Sur un site, les phrases fusent sur les pratiques douteuses de nos chevaliers venus frapper à la porte des hôpitaux auprès des familles malades pour contracter leur fameuse assurance-vie ! Et d’engranger des données personnelles, revendues à haut prix à des instituts de sondage ! Le mieux étant la captation d’héritage, soutirée aux plus faibles : "religious organizations of all faiths – "camp out" at hospitals all across this nation. They harass sick and dieing patients on a daily basis in order to get them to donate to their organization. Families who should be getting the patients assets often find that their beloved relative has suddenly left everything to a religious organization" dit l’un. La captation d’héritage de gens fortunés, le moyen imparable de devenir riche, d’avoir un toit plus que correct et de changer de catégorie politique en devenant plus "respectable". En France, il y en a un qui a utilisé la même méthode il y a quelques années. Ça lui a fort bien réussi… "For years, the Knights of Columbus insurance company kept a tally of their clients and reported them to Catholic diocese across America. Then the wolves would come knocking at the door at Little Red Riding Hood. Shoot. America is so corrupt" ajoute l’autre ! On ne saurait mieux résumer la situation : les loups ont bien dévoré mère-grand ! Et ce, sur son lit de mort !

Car pour recruter à qui mieux mieux, nos vaillants chevaliers n’y sont pas allés de main morte : dès 1994, ils créaient leur site internet, d’une laideur à faire fuir (WordArt de Microsoft est visiblement passé par là !), remanié il est vrai depuis, mais aussi dans la foulée un service d’hébergement web, payant bien sûr. Mais avec invariablement leur rubrique ProLife bien en évidence. Depuis, ils se sont mis au goût du jour. Ou alors cherchent en 1980 à recruter plus jeune, en passant par le stade du John Paul II Institute, pour les étudiants, dans le Michigan, dont les directeurs sont l’archevêque de Washington et… Carl Anderson, le "suprême des preux" ! On y rentre comment à l’Institut JP2 ? mais par recommandation, voyons : "At least three letters of recommendation from faculty members of academic institutions formerly attended or from employment supervisors where applicable." Si vous croyiez comme moi que Dieu reconnaîtrait les siens, c’est râpé. A 6250 dollars la scolarité, remarquez… et on y prépare à quoi, dans cette FAC à bondieuseries ? Oh, à de bons et sérieux diplômes : un" Doctorate in Theology with a Specialization in Person, Marriage, and Family "(Ph.D.) par exemple, qui doit ouvrir à une foule d’emplois, c’est sûr. Où, on ne sait pas vraiment. A travailler chez Chuck Norris, certain en tout cas ! Ou alors à devenir prêtre-soldat  ou aumônier à Abou Ghraïb ? (le "curé sac au dos " ?), qui sait ? Ou à imiter l’exemple en France d’Alain Maillard de La Morandais ? C’est ça ou intégrer la police, dans ce qu’ils appellent la "Blue Mass", à savoir les membres de l’organisation faisant partie de la police. Selon certains, des relents de fascisme dans les oripeaux et les signes distinctifs ne sont pas loin… effectivement, au beau milieu du logo de nos chevaliers trône une belle … francisque ! A voir leurs cérémonies cachées, il y a en effet bel et bien un lien entre leur idéologie religieuse et les militaires : chez eux, ça se fait aussi au tambour…

Au son du tambour, pour finir au cimetière. L’endroit où ils ont failli réaliser un de leurs projets monumentaux. L’un de leurs pires projets délirants, en effet, a été de vouloir établir des monuments aux fœtus au milieu de chaque cimetière US ! Un témoignage rare nous rappelle cette folie : "When I joined the K. of C., the order was embarked on a project to install "Memorials to the Unborn" in Catholic cemeteries. Every council felt peer pressure to spend up to many thousands to set up a piece of stone in a nearby cemetery. In the end, a total of eight-ten million bucks were probably blown."  Le projet avorté, un autre est apparu aussitôt  : "But then comes word in the January 2006 issue of Columbia that the Knights of Columbus is getting behind another effort to pepper the land with monoliths. This time it’s Project Moses. The stones bear the Ten Commandments and the plan is to put one on every church property in the United States." Mettre les dix commandements sous forme de plaques de pierre gravées dans chaque église ? Voilà qui va donner du travail à l’industrie du bâtiment ! Décidément, nos chevaliers ont de l’argent à dépenser ! Heureusement, ce second projet va aussi avorter. Un mot à ne pas utiliser, chez eux, il est vrai. Bref, ce n’est pas vraiment la raison qui les guide. Peut-être pas la foi non plus pour autant. Au point de s’emmêler les pinceaux sur leur propre avenir : plutôt âgés, les vaillants chevaliers craignent tous l’apparition de l’arthrite. Manque de chance, leur croyance leur interdit de donner des fonds à la recherche sur le fléau, car elle demande l’usage de cellules souches, auquel ils sont totalement opposés ! Les témoins de Jéhovah ont leur sang, les chevaliers leurs cellules : ce sont bien deux sectes. Mais les vaillants chevaliers mourront tous perclus d’arthrose !

Au final, il ressort de tout cela une indescriptible impression de cercle fermé de personnes extrêmement riches qui présentent une belle façade d’aide aux nécessiteux, une sorte de club de notables de provinces, qui le week-end venu, se déguisent en chevaliers d’on ne sait quoi, avec bicorne à plumes, faute d’avoir une lignée d’ancêtres à louer ou assez recommandables. Tout le monde en connaît de membres de ses improbables confréries par lesquelles des politiciens se sentent obligés de passer. C’est pitoyable, en démocratie. Qu’un Mike Connell ait pu croire en ces sornettes, pourquoi pas : les sectes attirent les faibles, et la croyance religieuse de l’homme, qui frise l’obscurantisme à l’entendre, en ont fait le client parfait de ces pseudos sociétés secrètes qui ne recrutent que par cooptation, sans demander de CV ni d’états de service, et qui, une fois entrés dans le système, passent leur temps à bénéficier des largesses de l’état, en ne payant pas d’impôt ou en héritant directement de contrats juteux sans qu’il n’y ait d’appels d’offres. Blackwater est arrivé comme cela en Irak pour y faire les ravages que l’on connaît. Sans avoir à se battre contre la concurrence : les amis de nos amis, etc… rien que des "no bid contracts" pour eux. Et quelques autres.

Ce n’est donc pas une équipe de politiciens qui a dirigé la maison Blanche pendant huit ans mais un véritable gang de mafieux alliés à des religieux sectaires, eux-mêmes associés à des fortunes colossales, tous liés surtout à l’industrie de guerre. On s’est assez moqué de l’Ordre du Temple Solaire, cette secte entièrement tournée vers la fortune personnelle de ces dirigeants pour ne pas voir ici les mêmes relents. Nous sommes partis au départ, comme pour le massacre de la secte du même nom, de ce qui semble bien être un assassinat, au final nous retrouvons la même chose. A ce jour, on a arrêté aucun responsable du Temple Solaire, le mouvement s’est lui même dissous paraît-il avec la mort de ses chefs. Pourtant, tous ne sont pas morts. Connell a trop joué à se prendre pour le nouveau Luc Jouret. A vouloir expliquer au monde et à l’équipe de Bush le futur des technologies, sans réellement y comprendre quelque chose. Ses interventions sur FoxNews sonnent exactement pareil que les délires pseudo-scientifiques de Jouret. L’impression de s’y connaître, pour mieux attirer les gogos. Le faux gourou, en quelque sorte (mais un gourou peut-il être autre chose ?). A part que là le premier client est président des Etats-Unis, et qu’il n’est pas vraiment une lumière pour autant. Les autres Joseph Di Mambro du Capitole ne lui ont pas pardonné d’avoir été tenté de révéler tous les vilains secrets de leur confrérie véritable. Ceux que raconte ici Libby Mac Liberal… qui vous offre la liste complète des habitants du placard. Enjoy !

En ce qui concerne W. Bush, lui, c’est simple : au tout début de cette longue enquête, j’avais écrit qu’on lui donnerait presque le bon dieu sans confession…

Par morice le 5 janvier 2009 pour Agoravox

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (5)

Dans notre enquête sur Mike Connell, une chose est apparue assez vite : son fort sentiment religieux. Tous ses biographes insistent sur la foi de ce "bon époux" et "bon père de famille"… Une foi un peu particulière : au pays du protestantisme dominant, l’homme était… catholique. Profondément catholique, au point d’être un fervent opposant à l’avortement.

 En France, le mouvement de Xavier Dor par exemple est très représentatif de cette tendance : pas une de ses manifestations sans la présence du gratin de l’extrême droite. Rappelons que l’idée des commandos anti-IVG, qui occupent et saccagent les hôpitaux supposés pratiquer les IVG est venue… des Etats-Unis en 1986, et que Dor l’applique avec un zèle à faire frémir. C’est un pur illuminé. Des idées qui on fait leur chemin jusque dans les gouvernements : lors de l’arrestation en 1998 de Dor, les personnes venues manifester leur désaccord s’appelaient "Bernard Anthony, président de l’Agrif, Jean-Marie Le Chevallier, député-maire de Toulon FN, Christine Boutin, députée provie UDF et ambassadrice du Vatican" nous rappelle intelligemment ProChoix. En France, les associations réactionnaires s’appellent Laissez-les-vivre-SOS futures mères, Cercle Renaissance, SOS tout-petits, et la Trêve de Dieu. Le discours de Dor tourne vite, on le sait, à l’illumination : "tout vient de satan, qui vient des milieux gauchistes"… C’est bien connu !

Aux Etats-Unis, c’est pire encore : les anti-IVG "Pro-Life" ont pignon sur rue, Et manifestent de mille façon possible : en faisant des "LifeChain", en se positionnant par terre dans les rues en "Die-In", ou en se tenant devant les cliniques avec des panneaux en "Sidewalk counseling", ou encore en effectuant des "Rescue operations", les occupations de cliniques lancées par Randall Terry dès 1980. Souvent, dans la journée de leur opération commando un camion disposant des images agrandies de fœtus se promène dans la ville où a été décidée l’action. Le bon goût américain. Le 6 mars dernier encore, en Ohio, par exemple, un tribunal statuait contre l’action des Pro-Life dans leur action contre une clinique de Dayton. Sur le site internet de ProLife, évidemment l’acte juridique n’était pas apprécié. Sur le site, on pouvait voir fièrement exposé le camion avec photos de fœtus parqué juste devant celui de la campagne d’Obama, jugé "sataniste" lui aussi. Le site pointait vers un autre, dont je vous laisse découvrir l’image et l’idéologie ... La simple vision dans le site de la "political satire" nous donne une idée du lien entre mouvement anti-abortion et extrême droite. Comme peut l’être Xavier Dor venu au départ du Parti des Forces Nouvelles.

Le site pointe vers d’autres encore, dont Christians Social Justice et son site "Obamanation"… situé à Colombus, en Ohio. Dans les sites des images insensées reliant l’extermination des juifs et les foetus cohabitent de façon immonde. Pour eux, c’est donc bien clair : Obama est le nouveau satan ! Dans Christians News Wire, c’est simple : "If Elected, Barak Obama Would Become ’The Abortion President,’ Even Forcing Catholics and Evangelicals to Pay for Abortions " titre le site. Dans le site "NoHussein", c’est pire encore. Tous ses sites récitent la même litanie : Obama est pro-abortion, cela suffit pour l’assimiler à Satan. C’est du pur Xavier Dor. Or une grande partie de ces sites Pro Life a été réalisé par… Mike Connell. Un autre illuminé, tout simplement. Anti-IVG, catholique fervent et bel et bien d’extrême droite. Dans le livre de condoléances du journal de l’Ohio, l’Akron Beacon, les signataires (dont Lee Schiek, le directeur de l’aéroport de College Park) indiquent clairement son appartenance à ProLife. "Please know that our entire community is praying for the Holy Spirit to Comfort each of you on the Loss of a great man.His leadership in our Church in the K of C and in the Pro-Life movement will be greatly missed." On n’y apprend aussi que Connell avait été actif dans des expéditions humanitaires au Salvador : "I had the privilege of sharing one week with your family in El Salvador in 2007, but it was a time that had a deep impact on me. Mike’s unwavering faith and passion to serve "the least of God’s children" with love and humility showed those he knew what it meant to be "Christian"…he helped to spread the good news to the World through service, just like Jesus."

On y salue donc son action au Salvador, dans son mouvement "Serving Christ through His Poor" fondé en 2005. Dans le site, à l’article multimedia, vous pouvez voir une scène hallucinante (la troisième) de prière collective de fin de travaux humanitaires. A la fin de la scène, écoutez bien le responsable de l’association s’enquérir non pas du bien être de la (vieille) personne aidée mais bien du fait d’avoir pris des photos et une vidéo de la remise de la croix à la malheureuse ! C’est de mauvais goût et c’est une absence de respect notable. Sur le site de son entreprise, Connell raconte son action de bienfaiteur, mais aussi son appartenance aux "Chevaliers de Colomb"… voilà qui est tout aussi intéressant, sinon plus, appartenance revendiquée aussi par ses amis dans leurs condoléances attristées : "Heather (sa femme, récemment atteinte d’un cancer et présidente de l’association salvadorienne) and children, I have known Mike for only a short time as I served with him as an officer of the Knights of Columbus. He was a great leader and highly admired. My only regret is that I didn’t get to know Mike earlier. He was the type that one could trust, learn from and grow with. The world needs exactly that. I wish you well and please accept my personal condolence." Car ces chevaliers-là méritent le détour… Connell venait de monter en grade dans l’organisation et venait tout juste d’être promu "grand chevalier" ! Nous verrons demain ce qu’il en est de cette appartenance.

Pour l’humanitaire, tout d’abord, Connell était en liaison avec d’autres. L’argent que sa firme de com’ touchait provenait de sources bien définies : "These revenue reports only touch the surface. Before his death, Connell’s New Media listed 90 clients on its web site from the Alabama Republican Party to the Business Roundtable to the Free Enterprise Fund, to the Republican Jewish Coalition to USAID. The scope of Connell’s client list is a reflection of the Midas touch of the Bush administration in signaling to prospective clients which firms were in good stead." On y note USAID, déjà à plusieurs reprises ici dénoncée comme une société plus que douteuse, effectuant des enquêtes et des actions de la CIA sous le couvert de l’étiquette humanitaire. Ses liens avec l’armée américaine n’ont jamais été aussi évidents que lors de l’envoi de l’aide à la Georgie, juste après le conflit, avec l’envoi du navire le plus équipé en matériel d’écoutes qui soit pour transporter les colis pour les réfugiés (l’USS Mount Whitney !)… Au Salvador, sous Reagan, plus de 40 000 personnes sont mortes des escadrons de la mort, mouvements d’extrême droite payés et entretenus… par la CIA. Avec des méthodes qui rappellent déjà celles de Guantanamo "Various sources have reported the use of U.S.-manufactured torture equipment. Rene Hurtado, for example, explained, "There re some very sophisticated methods…of torture..[like the machine] that looks like a radio, like a transformer ; it s about 15 centimeters across, with connecting wires. It says General Electric on it…." Ça et le circuit de la drogue à une époque (en 1984 (!) où la CIA s’intéressait fort à des "expérimentations" sur la population américaine ! L’espion qui avait tout révélé, John Agee, avait été obligé de se réfugier en Angleterre, contraint à l’exil par… Georges Bush Senior et…Henry Kissinger. Il faudra attendre la chute d’un avion au Salvador d’un avion typique, un Mohawk, pour s’apercevoir de la présence de la CIA sur place. Au Salvador encore, voler les élections est un sport national depuis les années 90. "El Salvador is still ruled by a few rich families who use rigged elections, corrupt police and unrelenting violence to maintain their power, and who are supported by the U.S. military-intelligence complex. His characters see El Salvador as an eventual staging ground for a U.S. invasion of Venezuela to oust President Hugo Chavez and seize the oil resources there." Connell est-il là aussi allé mettre son grain de sel informatique ?

On le voit : la proximité du Venezuela en ce moment est tentante pour la CIA : Connell aurait-il servi de tête de pont pour le montage d’une opération de déstabilisation de Chavez ? Peut être bien, car rien dans son parcours n’explique le choix de ce pays particulier pour un élan humanitaire déclenché fort tardivement chez lui : il aurait mis plus de 20 ans à associer ses convictions religieuses et un souci de la pauvreté en Amérique du Sud ? Selon lui, c’est un prêtre local qui l’a convaincu, sans plus. Difficile à croire en sachant l’importance stratégique du pays pour les Etats-Unis. "Au Nicaragua, le programme pour influer sur le résultat des élections de 1990 avait commencé un an et demi avant, par l’unification de l’opposition, par la création d’un mouvement civique, et tout ceci est en train de se répéter au Venezuela. C’est là que réside mon intérêt politique pour le Venezuela, l’analyse des événements et écrire quelques articles" dit Agee… même scénario, et même traficotages de votes au moment des élections : le système Connell est devenu un produit d’exportation, comme nous l’avions signalé pour… la Georgie, où une association douteuse de "défense de la démocratie", l’IFES, avait apporté les ordinateurs pour "comptabiliser" les bulletins recueillis dans des urnes ordinaires… or en 2006, SmarTech, la firme de Connell, reçoit un prix pour un site internet , celui intitulé  : ’IFES TIDE Program – Honorable Mention – Best International Website" . Le Tide, c’est le Training in Detection and Enforcement, à savoir la gestion financière des campagnes électorales dans les pays étrangers. Tide fournit un "toolkit"… ou apparait en premier... US AID, ce paravent complet de la CIA. En exemple, mauvais ou pas, on y cite la Russie, la Macédoine, l’Ukraine… et le Canada. Présenté comme une aide à la démocratie, on perçoit vite l’intérêt de la chose : si le pays visé choisit la "régulation" de l’IFES, nul ne saura vraiment si des fonds de campagne n’ont pas atterri ailleurs… "l’effet Kudzu" est tout proche… Le kudzu c’est la puéraire, cette vigne qui finit par étrangler son hôte : importé du japon dans les années 30, très vivace, on n’arrive plus à l’éradiquer aux Etats-Unis. "L’effet kudzu" actuel, c’est l’étranglement progressif de la démocratie par des machines à voter trafiquées ou contrôlées. Ici devenues des produits d’exportation. Connell a prêté main forte à Saakachvili, comme il l’avait fait pour Bush en Ohio… Même méthode, vous disais-je à l’époque : "qu’est-ce qui a bien pu se passer de 17h à 20h15 en Georgie, mystère et boule de gomme ? Des chiffres qui changent, avec un écart de plus de 4% entre les résultats réels et les sondages au sortir des urnes… exactement l’écart séparant Kerry de Bush, cela rappelle des choses… beaucoup de choses". Or bientôt, au Salvador, les élections approchent…

Car, si on y prête attention, comme l’a fait le remarquable article de Sheri Myers, Bob Fitrakis et Harvey Wasserman intitulé Kudzu effect, c’est bien également SmarTech qui était derrière l’élection en Georgie ! Dans leur charte géniale ou apparaissent les noms de tous les "trafiquants de vote" répertoriés, Connell n’apparaît pas, mais Gary Greenhalgh si. C’est le vice président d’ESS, et le fournisseur privilégié de l’IFES. Un fournisseur qui ferait bien de lire les plaintes à propos de ses machines ! Or chez ESS, même problème qu’avec Connell : mis en diffcultés après des années de traque par les activistes démocrates, le patron de l’entreprise a disparu subitement…. en fuyant ses responsabilités ! Au moins échappera-t-il à un crash aérien, remarquez… Le 26 octobre 2008, Betty Ireland , la secrétaire de L’état de Virginie avait été sérieusement mise en difficultés par des plaintes, nombreuses, sur l’emploi des machines ESS lors de la dernière élection. "In recent days, at least 14 voters from Jackson, Putnam, Berkeley, Ohio, Monongalia and Greenbrier counties have told The Charleston Gazette that ES&S machines switched their votes from Democratic to Republican candidates". Ceci pour ceux qui s’étaient plaints. Or, en mai 2008, Gary Lee Greenhalgh a quitté son entreprise, la laissant aux mains… de sa femme. DE façon fort étonnante, Ireland lui avait remis, le jour même de son départ, un prix pour la fourniture de ses machines (déficientes, un vote sur sept n’était pas pris en compte !) en lui tressant une couronne de fleurs assez exceptionnelle  ; selon elle, en effet Greenhalgh est un véritable pionnier des nouvelles technologies : "a pioneer in the use of technology in the election process". Comme pionnier, il se pose là en effet.

En 2000, ces machines avaient pourtant déjà "oublié" 18 000 votes dans le comté de Sarasota, en Floride, ou sévissait alors comme responsable l’ineffable Katherine Harris. La Floride où tout avait commencé en fait. Jeb a servi d’exemple à son frère, et nous verrons demain encore à quel point. En 1985, déjà, Greenhalgh avait eu cette phrase malheureuse à propos de ces propres machines : “The problem with computer-assisted voting systems is that they centralize the opportunity for fraud," Tout le probléme en effet, une leçon retenue visiblement par Connell. En ajoutant même au Times “Mr. Greenhalgh said that while lever-type voting machines could have their counts rigged only machine by machine, counting votes by computer was done at one central site in most counties.” Dès 1980, Greenhalgh s’était bombardé lui-même à la tête d’une organisation appelée "Election Center", une association qui rappelle fort l’IFES : "a nonprofit organization dedicated to promoting, preserving, and improving democracy". En fait, un sous-marin chargé de promouvoir les machines à voter : on le voit, le procédé ne date pas d’hier aux Etats-Unis ! Sous le prétexte d’apporter la démocratie, les américains exportent leur façon de contrôler les votes dans le pays !!! C’est bien pour cela que la disparition de Connell est importante : derrière l’arbre Connell se cache la forêt américaine toute entière et leur insidieuse façon de gouverner. Celle de la manipulation démocratique des votes dans d’autres pays. Les deux "clients" les plus notables étant ces dernières années la Georgie et… le Pakistan, comme le dit si bien notre commentateur préféré ! Même le Washington Post n’a pas été convaincu par les phrases de W.Bush sur le souci démocratique qu’aurait eu Musharraf… avec à l’origine du problème…encore une fois la fameuse "aide américaine" : "Twenty million names have disappeared from the national voters list, whose preparation was financed with U.S. aid." Au Pakistan, les votants disparaissent aussi bien que les mails de Karl Rove, si vous voyez ce que je veux dire… Et des personnes compromises ou compromettantes disparaissent aussi dans des explosions subites.

Non, Connell n’était pas seulement que cette image enjolivée de bon père et de bon époux. C’était aussi l’âme damnée de l’équipe de la Maison Blanche, avec ses manipulations informatiques devenues visiblement redoutables produits d’exportation. Il nous reste qu’une seule chose à voir, le concernant : ce qui le relie directement à la famille Bush. Vous allez voir, c’est tout aussi surprenant que ce que vous venez d’apprendre…

Par morice pour Agoravox, le 2 janvier 2009

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (4)

À ce jour, nous savons donc à peu près qui était Mike Connell. Résumons-nous ; c’est lui qui, en 2004, avait fait basculer l’élection de W. Bush en réalisant un clone complet du serveur informatique officiel des élections dans l’Etat d’Ohio, serveur sur lequel il avait introduit des données nouvelles trafiquées, dispatchées directement à une seule agence de presse (L’AP), aux télévisions et… au véritable serveur comptabilisant les votes. Ses manipulations l’avaient obligé à interrompre pendant deux heures la transmission des données à partir de minuit, ce que beaucoup de téléspectateurs et d’internautes avaient remarqué ce soir-là. Bref, de sérieuses perturbations. Sans compter les machines Diebold trafiquées et les files d’attente de votants dans les quartiers pro-Kerry ! Plus tard, il avait aussi été celui qui avait éffacé des serveurs de la Maison Blanche – tous hébergés dans son entreprise - les emails compromettants pour au moins quatre individus : W. Bush, Rove, Cheney et Blackwell, l’homme par qui le scandale est arrivé. Bref, un très beau cas d’espèce. Connell résume à lui seul le perpétuel mensonge Bushien.

Mais il nous manque encore quelques éléments, qui nous parviennent progressivement ; certains journalistes américains retrouvant des informations intéressantes que nous allons ajouter dans ce quatrième épisode avant d’aborder le suivant. Et puis, il y aussi ce qu’on peut trouver en cherchant soi-même un peu plus longtemps. Concernant en particulier le côté religieux du personnage, très engagé dans une sorte de croisade traditionaliste, qui explique en partie pourquoi il aurait suivi aussi aveuglément un président qui selon lui "n’aurait pas eu honte de montrer sa foi". Nous verrons que cette foi affichée est, disons, un peu spéciale. En France nous parlerions plutôt de secte orientée vers un mode de profits très particuliers. Mais avant d’aborder cette partie, il nous faut regarder attentivement les circonstances exactes de l’accident. Le film sidérant que je vous ai montré dès le premier épisode nous éclairait déjà sur une chose extrêmement troublante : l’intensité de l’incendie, alors qu’un des pompiers, interviewé dans un journal de l’Ohio affirmera "l’avoir circonscrit en 5 minutes", ce qui n’a visiblement pas été le cas. On voit bien dans la vidéo, une tentative d’extinction timide à la lance à eau, mais on laisse ensuite l’appareil brûler sans intervention particulière, faute de mousse carbonique semble-t-il. Accessoirement, ne cherchez pas le compte-rendu de l’accident dans la presse : c’est le même dans tous les journaux. L’Associated Press a encore frappé, et les journalistes se sont empressés de recopier le communiqué… officiel. Chez Associated Press règne en maître Burl Osborne, l’ancien et très conservateur dirigeant du (très) réactionnaire "The Dallas Morning News". Le second de L’AP, Kathleen Carroll, est une ancienne rédactrice du même journal. Qui a évidemment appelé ouvertement dans ses colonnes à voter… Bush, en 2004. Remarquez, au Texas, elle passe pour une vraie fedayine...

Revenons donc si vous le voulez-bien sur le crash. Au vu des images montrées et des commentaires journalistiques, on détermine clairement le point de chute de l’appareil. Ce n’est pas loin de l’aéroport d’Akron-Canton, dans une zone résidentielle peu dense, sur Charolais Street (à deux pas de Midway Street !), au numéro 2017, sur le côté droit de la deuxième maison de la rue, quand on vient de Greentown, petite bourgade d’à peine plus de 3000 habitants créée en 1816. L’avion venait donc de l’ouest… or sa trajectoire initiale, au départ de la Banlieue de Washington vers l’aéroport d’Akron-Canton, où Connell à l’habitude d’atterrir piste 23, orientée NNE- SSW, est totalement inverse ! Connell a donc rebroussé chemin au dernier moment, a fait carrément demi-tour très rapidement, seulement 4 minutes avant l’impact … Sans en avertir la tour de contrôle d’Akron, lui, réputé pour son respect sans faille des procédures de vol !

Ce soir-là, il fait certes froid (le lendemain le sol est gelé), mais le temps est clair, quelques brumes sans plus sur Akron. L’avion s’écrase à 4,8 km seulement de l’aéroport. À quelques minutes près, c’était bon pour lui. L’avion devait faire 283 miles (455 km) de trajet en ligne droite pour arriver à Akron. Ce type d’appareil peut emporter 102 gallons, soit 386 litres d’essence, et consommait tranquillement ses 20 gallons/heure (75 litres/h, à 3,90 dollars le gallon). Il pouvait donc voler 5 heures d’affilée maximum. Avec un plein, Connell faisait donc un aller-retour. Le tout est de savoir où il le faisait ce plein : à sa base privée de départ de College Park ou sur l’aérodrome civil d’Akron ? Si c’était à College Park, comme on peut plutôt le penser, car c’est là sa base d’attache, l’avion a encore plus de 175 litres à bord à son arrivée à Akron ! L’engin croisant à environ 170 nœuds à plein régime (un peu plus de 300 km/h), le vol moyen de Connell durait en effet en moyenne dans les 2 heures : "the plane was coming from College Park, Md., departing at 3:31 p.m. and scheduled to arrive at Akron-Canton at 5:43 p.m." A partir de 17H43 il commence à descendre … à 17H39 il est à 6100 pieds, à 17H47 il amorce sa descente, et il n’est plus qu’à 3300 pieds et 4 minutes plus tard … toujours à 3300 pieds (1000 mètres encore), indique le suivi GPS. Et après, plus rien. L’avion aurait chuté brutalement de 1000 m ? En panne sèche complète ? Or au sol, on retrouve son hélice Hartzell pliée avec les pales recourbées : jusqu’à l’impact le moteur a donc tourné (les riverains on entendu le bruit de moteur hoquetant : "neighbors told The Canton Repository that they heard what sounded like an engine sputtering before the crash and that the noise sounded like it was coming from a plane."). L’hélice n’était pas "en drapeau". Ce n’est donc pas une panne d’essence totale… comme l’avaient tout de suite affirmé les autorités. Le givre disent-elles aussitôt : or ce soir là, aucun autre avion arrivé à Akron et ayant volé à 6000 pieds n’en présente et aucun bulletin météo n’en avertit les aviateurs locaux. Une panne sévère touchant le moteur… très certainement… pourquoi pas…

Le plan de vol de Connell, retrouvé par suivi GPS de Live Flight Tracker, est limpide  : l’aviateur expérimenté à subi plus de turbulences au décollage qu’à l’arrivée où  sa descente fut sans encombre, il était bien dans l’axe et n’aurait plus eu à faire qu’un dernier "arrondi" à gauche en final, pour se poser. Il a volé en ligne droite, à 170 nœuds de moyenne et à 6 000 pieds, grâce à son option S-TEC installée sur son modèle, et qui permet un auto-pilote que Connell savait donc bien manipuler. En vieil habitué du trajet, Connell le branche après une cinquantaine de km de Washington non sans s’être fait plaisir au préalable, (c’est très net dans le suivi Live Flight Tracker), et il le débranche juste avant d’amorcer sa descente. La veille, le 18, il avait fait le vol dans l’autre sens beaucoup plus rapidement : 1 h 14 seulement. Le vent était très certainement dans le bon sens. Connell, au retour est en final déjà (il descend doucement vers Akron) et, soudain en difficultés, décide de filer vers… sa ville de Hartville, ou plus exactement ses alentours, sachant qu’à proximité de Greentown, des lotissements épars et récents laissent assez de place pour atterrir sur l’herbe. En rebroussant donc carrément chemin par rapport à sa destination initiale, qui se trouve dans la direction opposée. Un présentateur télé (voir la photo fournie) montrera en effet que derrière la maison heurtée par l’aile gauche de l’engin, il y a largement de quoi se "vautrer" comme on dit en jargon des pilotes (même sur un sol gelé le lendemain). Hartville, où réside Connell, est à peine à 5 km, il est évident que Cornell connaît l’endroit : pour se rendre en voiture de Hartville à l’aéroport d’Akron, il y passe régulièrement (et par Greentown également). Connell a donc eu un problème sérieux sur son Piper PA-32R-301T de 1997… un engin très bien entretenu par lui-même, mais n’en a pas averti la tour de contrôle, qui n’a reçu aucun message de détresse. Et c’est bien cela qui intrigue… au point que dans le communiqué officiel, on insiste qu’il a dû en envoyer un, c’est sûr… l’homme a eu un réflexe de pilote, en cherchant à se poser ailleurs que sur des maisons, mais n’a pas dit un seul mot au micro.

Il a donc pourtant eu le temps de virer vers le Nord-Est et de chercher à atterrir dans un pré ou dans un champ… sauf qu’au passage de la maison de Charolais Street, l’avion s’est transformé en boule de feu avant d’atteindre le sol. La preuve ? La façade de la maison heurtée. Une maison qui possède devant chez elle un poteau, pour y mettre un traditionnel drapeau lors des fêtes nationales… poteau que le Piper a bien entendu arraché au passage. Sur l’aile droite de la maison, sur le garage, l’angle supérieur est calciné, preuve que l’incendie de l’appareil s’était déjà déclaré avant l’impact. Sur la vidéo montrant l’incendie, celui-ci est certes violent, mais ne se répand pas ailleurs. "Nearby resident Taylor Fano heard the crash and said, "It blew up and shook the ground a little bit. I was standing in the kitchen and I looked out the window and all I saw was fire," rapporte l’Akron Beacon Journal."

L’impact a été trés violent, à voir le déchiqueté des tôles du Piper. Un déchiqueté tel, que l’on songe plutôt à une explosion interne. Une seule photo, parue le lendemain, montrera l’aile quasi-intacte, déjà sous bâche. Elle est moins répandue que les autres car elle a été faite par un particulier. Pourquoi donc bâcher ces débris le lendemain ? Non pas parce que l’on craint la neige : mais parce que l’aile gauche montrée s’est posée à plusieurs dizaines de mètres de l’impact ! Or c’est celle-ci qui aurait dû toucher en premier la maison. Son extrémité et pourtant intacte. Or l’aile aussi est un réservoir ! "The standard fuel capacity of the Saratoga II HP is 107 gallons, of which 102 gallons are usable. The inboard tank is attached to the wing structure with screws and nut plates and can be removed for service or inspection. The outboard tank consist of a bladder fuel cell that is interconnected with the inboard tank. A flush fuel cap is located in the outboard tank only" nous dit la notice d’utilisation du Piper. Or Connell avait l’habitude de bien gérer ses trois réservoirs souples, en switchant de l’un à l’autre : "the fuel selector control has three positions, one position corresponding to each wing tank plus an OFF position". Comment sait-on qu’elle n’est pas posée près de l’appareil cette aile ? C’est simple : derrière elle, l’arrondi de bitume appartient à une maison située au sud de celle touchée. Entre les deux, il y a 75 mètres d’écart ! La thèse de l’explosion du corps central de l’avion, et donc de son réservoir d’essence principal, se tient. L’avion est reporté comme s’étant crashé à Uniontown. Uniontown est à égale distance du crash et de Harville, où habitait Connell. Par quel réflexe a-t-il cherché à repartir chez lui ?

Tout le fuselage de l’avion a disparu, sauf la queue qui est intacte et permet, dans les premières vidéos, de nommer l’appareil via son numéro demeuré bien visible. En revanche, aucune trace du bloc moteur Lycoming (un bout de vidéo semble le montrer dans la boue marron du jardin, mais je n’en suis pas sûr). C’est en fait la façade du fameux garage, ainsi que celle de la maison, au rez-de-chaussée comme à l’étage, qui montre une chose sur laquelle peu de caméras se sont apesanties : les murs sont bizarrement criblés d’impact de petits morceaux brûlants qui ont laissé leurs traces brunâtres autour. Une explosion violente s’est bien produite, et les traces sur la façade avant de la maison montrent que cette explosion n’était pas localisée seulement au sol : l’appareil s’est crashé à l’emplacement de l’agrès en bois pour enfants, situé à l’arrière du garage (voir la vue 3D donnée de la maison décrite dans la première page de notre enquête). L’explosion est donc apparue juste avant le crash, sinon la façade n’aurait subi aucun dégât (ou bien les trous seraient de biais !). Ce n’est donc pas qu’une simple panne de carburant, ni un incendie de kérosène après le crash. Dans un autre accident du même modèle, survenu au décollage à DeKalb County en Atlanta le 23 septembre dernier, un avion du même modèle avait lui-aussi brûlé : mais il ne présentait pas du tout le même aspect final, même une fois les débris épars ramassés ! À la limite, celui de Connell présente moins de traces de brûlures sur les parties tôlées… et davantage de traces d’explosion interne. À voir les flammes vives sur la vidéo, on s’attend à ne rien retrouver. Or seul le cockpit a brûlé : les ailes et la queue sont quasi-intactes. Le corps calciné de Connell étant, lui, "méconnaissable" selon la police. Au final, on a surtout l’impression d’un très violent incendie circonscrit au seul cockpit.

Selon un bloggeur plutôt malin, beaucoup de choses ne collent pas : la première version officielle de l’accident est celle de la panne d’essence. Or là, visiblement, de l’essence il y en avait à bord ! "Recall that the feds tried to claim he ran out of gas—until video showed up with a fireball obviously fueled by gas. If he were low on gas, he might have tried a landing at the wrong time, but if he had plenty in the tank, he would have kept circling, waiting for the clouds to break. If the weather was getting worse, was there some other airport he could have reached in his plane with his gas supply where the weather was better ? That would be the usual thing to do". L’homme se demande aussi pourquoi le premier communiqué parlait d’un avion venu de Pennsylvanie : là d’accord, il aurait été effectivement à vide d’essence ! "Says he flew from College Park Airport in Maryland—why is the press being told Pennsylvania ? A journey of 2 hours. Here it says the plane can carry four people 2 1/2 to 3 1/2 hours. Oops ! Looks like the first lie was not a very good one. That is why they decided to change it to the weather."

Ceci pour le point fatal d’arrivée. Pour le point de départ, ce n’est guère mieux, bien au contraire, comme vous allez voir. Le charmant petit aéroport de College Park où résidait l’avion de Connell est très particulier : seule une petite cinquantaine de professionnels et d’amateurs l’utilisent régulièrement ! Et ce n’est pas pour une question de prix  ! Car tenez vous bien : la raison est que l’aérodrome, situé "trop près" de la capitale selon les autorités fédérales, a failli être fermé depuis les attentats du 11 Septembre, la Maison Blanche craignant des terroristes en (petit) avion au départ des aéroports privés limitrophes de la capitale ! Résultat, l’aéroport historique qu’utilisait Connell, qui possède un joli petit musée avec de fort belles pièces à l’extérieur (dont un Messerchmitt 109, un Corsair, un Mustang, un Kittyhawk et un P-47 Thunderbolt), a donc failli fermer et ne doit sa survie qu’à un règlement drastique et à des contraintes de sécurité draconiennes, allant jusqu’à l’usage de détecteurs fonctionnant à la reconnaissance d’empreintes !

Le directeur du site, Lee Schiek, interrogé par la chaîne de télévision AeroNews il y a quelques mois, expliquait tout cela en se plaignant, devant les caméras, de la baisse obligatoire de fréquentation de son aéroport, du coût des investissements de contrôle… et des visites trop fréquentes à son goût des inspecteurs… du FBI ! Non, vous ne rêvez pas et moi non plus : les seuls habilités à venir fouiller ce qu’ils voulaient à cet endroit sont bien les gens du FBI ! Mulder et Scully, à côté, peuvent aller se rhabiller ! L’endroit d’où est parti l’avion crashé était l’un des fiefs préférés du FBI ! On croît rêver ! Remarquez, dans cette frénésie paranoïaque, il y a au moins un élément amusant : on a photographié récemment un daim perdu au milieu des pistes de College Park : en voilà un qui savait comment passer outre les barrières… Pour enfoncer le clou, le jour du reportage télé, on voit la police locale ressortir de l’allée principale de l’aérodrome, décidément très surveillé ! À l’autre bout, l’aéroport d’Akron-Canton passe pour une … passoire plutôt festive, il est vrai. Plutôt cool, l’aéroport ! Là bas, pas de reconnaissance d’empreintes, mais une sécurité disons allégée ! Ne vous méprenez pas : si l’on a piégé l’avion de Connell, le meilleur moyen de le faire c’était dans l’autre aéroport… Facile à faire par des personnes habilitées à inspecter n’importe quel appareil à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il sufit d’avoir le bon badge.

Alors, accident ou attentat ? L’avion lui-même est-il fiable ? Au vu du nombre de ventes et d’accidents, sans nul doute. Il y a bien eu des crashs avec ce modèle mais ce n’est pas une série maudite pour autant. Des crashs ont eu lieu, même en Europe, comme en Suisse, en 2004, mais l’appareil, une amélioration progressive d’un excellent modèle, n’a jamais été vraiment mis en cause. L’avion demeure le plus recherché dans la gamme des plus de 6 sièges (il en a 7 désormais), occupée par des bimoteurs ou des turbopropulsés, et conserve toutes les faveurs du public depuis des années. Une australienne, Gaby Kennard a bien,en 1989, fait un tour du monde avec cet appareil (en 99 jours !) ! Le seul hic, c’est un autre accident célèbre. Car c’est surtout à bord du même modèle (ou presque) numéroté N9253N, dans lequel a disparu le 19 juillet 1999 … "John John" Kennedy, âgé alors de 38 ans, sa femme Caroline Bessette et sa belle-sœur Lauren Bessette ! À 17 miles de l’île de Martha’s Vineyard, son appareil a soudain disparu des radars alors qu’il était en train de descendre normalement pour atterrir (lui aussi ?). Le dernier écho le situe encore à 1 300 pieds d’altitude (400 mètres), et après, plus rien. Plus tard, on remarquera une chute quasi-verticale de l’avion en relevant les débris au fond de l’eau : "examination of the GPS unit revealed that it was crushed vertically". Kennedy n’était pas certifié aux instruments, et naviguait uniquement à vue, or la nuit était déjà tombée, l’heure du crash se situant à 21H41. Le rapport entier, qui conclut à une désorientation spatiale, est visible ici. Mais il n’est guère convaincant malgré ses nombreux détails très précis. Kennedy junior venait juste d’avoir sa certification de vol et a peut-être été un peu trop présomptueux sur ses capacités à voler de nuit. Cependant, peu de choses expliquent cette chute quasi-verticale au moment d’une approche de terrain ! Selon Robert Pearce, un pilote chevronné, ancien de l’Army et instructeur de vol, nommé "Chief Investigator" de l’enquête, jusqu’à trente secondes avant le crash tout est normal encore à bord : "in the last radar tracking, just 29 seconds later, the plane was down to 1,800 feet and “there was no further recorded radar.”"The descent was “within the airplane’s capabilities,” en ajoutant que les conversations avec la tour de contrôle étaient sans stress apparent (“that would indicate any kind of distress"). Le mystère là aussi reste entier ! À noter que dans quatre compte-rendus de presse, on cite aussi pour Connell la thèse de la "désorientation spatiale". Etrange similitude.

On a donc pour Connell un appareil qui a connu des ennuis de moteur, clairement entendus par des riverains, qui a tenté un atterrissage d’urgence et s’est pris un malencontreux poteau en essayant de le faire en plein milieu de résidences de banlieue. Pas de quoi crier au complot me direz-vous. ! Non, mais il va falloir quand même expliquer pourquoi dans les semaines qui précédaient Connell avait refusé de prendre l’avion pour se rendre à Washington (et d’en revenir), par peur d’un sabotage, et pourquoi aussi la maison inoccupée qu’il a heurtée se retrouve avec une façade criblée de shrapnels. Et pourquoi aussi ce pilote chevronné et très prudent n’a jamais averti la tour de contrôle d’Akron qu’il se détournait pour tenter un atterrissage d’urgence. Il y a quatre longues minutes entre le moment où il vire et le moment où il s’écrase. Qu’est-ce-qui l’empêche donc de signaler ces problèmes ? Un feu déclenché à bord ? Un moteur saboté ? Une radio mise hors-service ? Une explosion déclenchée juste avant l’impact ? Connell serait déjà mort à bord avant l’impact ?

Et chaque jour qui passe amène son lot de découvertes : depuis le début de la rédaction de cet article, le communiqué officiel annonçant le crash a apporté une étonnante précision : "le pilote portait un costume", nous dit aujourd’ hui la police, (or justement, Connell arborait rarement un blouson) et "on a retrouvé intact son attaché-case contenant des effets personnels et les restes de son déjeuner du matin" ! Que vient faire cette précision d’une importance "capitale", donnée par le responsable de l’enquête locale ? On n’en sait rien. Un bloggueur facétieux nous fait remarquer que ça ressemble fort à la découverte du passeport de Mohammed Atta, qui semblait en effet aussi ignifugé que la mallette de notre malheureux pilote, mais bon. Car, de Connell, dans un premier communiqué, il ne restait rien ; son corps ayant été complètement carbonisé et deux jours après, on s’aperçoit qu’un corps dans cet état portait donc un costume demeuré visible. À voir les flammes le soir du crash, je me permets d’en douter, l’homme n’ayant pas été éjecté. En tout cas, P.S. Murphy, le coroner (hilare), récemment élu (un républicain !) va donc pouvoir l’autopsier, mais pas dans sa nouvelle morgue, pas encore achevée, et nous dire si Connell était mort avant l’impact ou pas (on peut rêver…). L’homme qui bidouillait manuellement l’archivage de mails en se faisant passer pour un génie de l’informatique (ses serveurs tournaient tous encore sous Windows 2000) n’aura même pas droit à une morgue 2.0 alpha release. Un comble.

Comme vous le voyez, tenter de trouver la solution au crash n’est pas chose aisée. En tout cas, l’hypothèse du simple accident est difficile à gober. L’homme qui avait fondé une société ayant comme premier logo un Caméléon (Newmedia), et qui s’était un jour choisi comme slogan "because it’s a law of jungle. If you’re not growing you’re dying" ne savait pas qu’on ne lui laisserait pas s’élever davantage au sein du parti républicain où il avait laissé entendre quelques ambitions… Sur le site de son entreprise, on continue à montrer en exemple ses interventions télévisées maladroites sur Fox News uniquement (ne rêvons pas !). Je vous recommande le visionnage de son intervention du 22 janvier 2007 dans lequel il affirmait sans rire que le Net aurait son mot à dire dans l’élection présidentielle de 2008 :  "three 2008 Presidential candidacies have been announced online. Mike Connell says that in addition to being more controllable and interactive than traditional television, the Internet is the most cost-effective way to reach the masses". L’internet plus "contrôlable" que la télévision, et moins onéreux, prophétisait notre homme…lui qui avait si bien contrôlé "manuellement" l’élection en Ohio ! Ou une autre encore sur son concept fumeux de "microtargeting" par envoi de messages électoraux sur les PDA ou les portables… ou son autopromotion éhontée de la campagne de Dick DeVos (c’est lui qui avait fait le site du fils de milliardaire !)… le 13 octobre 2006.

Dans le prochain épisode, je vous propose de découvrir un autre pan de la vie de Connell. Elle vaut le détour également, et explique pas mal de choses sur celui qui a fait d’un large perdant, un président élu de justesse. Nous y reparlerons de DeVos, d’ailleurs. L’homme qui a le plus dépensé (41 millions de dollars !) pour rater son élection de gouverneur en 2006. Parfois, il est vrai, notre grand gourou de l’informatique ressemblait fort à un Pied Nickelé.

Par morice pour Agoravox, le 2 janvier 2009

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (3)

Dans le précédent volet de l’enquête, nous avons vu que Mike Connell avait été le maître d’œuvre de la soirée électorale en Ohio, où ses talents avaient permis en moins de deux heures d’interruption de liaison aux médias, d’inverser une tendance lourde pour Kerry. Aujourd’hui, d’autres allégations l’ont rattrapé : celles ayant trait à la suppression de milliers de mails de la Maison Blanche, durant des périodes cruciales de la vie politique américaine. Comme on le sait, avant de quitter le Bureau ovale, tout président en exercice doit laisser derrière lui ses documents, et aujourd’hui la correspondance par mails en fait partie. Or, en préparant l’archivage des courriers de W. Bush, des employés d’Etat ainsi qu’une commission indépendante agissant au nom du Freedom of Information Act, nommée comme responsable de ces sauvegardes, se sont aperçus qu’il en manquait un certain nombre. C’est un scandale de plus de l’ère W.Bush. Avec à nouveau comme responsable des disparitions, le même homme. Mike Connell. Cette fois, il serait à l’origine de la disparition des mails les plus compromettants concernant le trio infernal habituel, à savoir la triade W.Bush-Rove-Cheney.

En avril 2007, de nouvelles allégations sont apparues concernant Connell, différentes de celles touchant l’Ohio. Cela s’est passé lors d’une banale opération de transfert d’archives gouvernementales. W.Bush étant sur le départ, la loi américaine l’oblige en effet à laisser à la postérité l’essentiel de ses courriers, notamment ses e-mails. Or, en huit ans, la Maison Blanche a eu le temps d’en produire pas mal : 300 millions de messages qui, une fois imprimés, tiennent dans 25 000 boîtes, à déménager impérativement avant l’arrivée d’Obama. Les archivistes fédéraux officiels qui ont commencé à faire dès 2007 constatent qu’il en manque un certain nombre, surtout à partir de 2004. L’American Historical Association qui avait, en 2001, demandé  d’accéder à ces archives, avait déjà porté plainte à l’époque, trouvant que dès cette date, des éléments de communication gouvernementale manquaient déjà. L’association avait bataillé des années pour obtenir la même chose de l’Administration Clinton sans y parvenir totalement. Clinton n’était pas non plus le dernier à cacher des choses fondamentales, notamment la création sous son mandat des réseaux de ben Laden, largement aidés par une CIA qui y voyait le seul moyen de se débarrasser des Soviétiques en Afghanistan. En novembre, le juge Henry H. Kennedy Jr ordonnait donc, au nom de l’ AHA ,de préserver l’intégralité des mails de l’Administration Bush, conservés notamment dans le bunker de la Virginie géré par la Navy, le même qui contient les artefacts de l’attaque du Pentagone… à Mount Weather, exactement, là où se trouve l’ Emergency Operations Centre of the Federal Emergency Management Authority (Fema), officieusement le bunker à secrets de l’équipe Bush : "a massive underground complex originally built to house governmental officials in the event of a full-scale nuclear exchange. Today, as the Bush administration wages its war on terror, Mount Weather is believed to house a “shadow government” made up of senior Washington officials on temporary assignment."

Le site, un vestige de la guerre froide, était longtemps resté  secret, et avait été révélé par hasard en 1974 quand un Boeing 727 parti de Dulles (vol TWA 514) s’était écrasé à proximité en endommageant les liaisons à haut débit existant entre le bunker et la Capitale ! Si on doit un jour connaître les secrets de l’attaque du WTC, c’est au Mont Weather qu’il faudra aller les chercher ! L’intégralité des maigres vestiges collectés notamment  au Pentagone, y a été transportée ! La visite de ce bâtiment s’imposera dans le futur ! Aujourd’hui, pour y arriver, comme dans cet étonnant reportage vidéo, il faut d’abord trouver quelqu’un capable de situer et de parler de la base créée en 1958 sur les vestiges d’un terrain d’essai de ballons militaires : tout le monde est résolument muet dans le secteur ! Seuls sont visibles les panneaux "US Property. No Trespassing."

Les documents électroniques dans cette base étaient gérés par un logiciel maison créé par Lockheed Martin, pour un coût de 67,5 millions de dollars payés par le contribuable US. Très vite, on s’est aperçu que le transfert serait plus long que prévu : "the Archives hopes to finish much of its work on the new archival system by 2013, when by law the Bush White House records can begin to be accessed under the Freedom of Information Act." Les 18 archivistes nommés pour diriger la future bibliothèque Bush (comme celle de Clinton) paraissent insuffisants. Mais ces mêmes archivistes découvrent très vite qu’il en manque des pans entiers. Interrogée, l’administration répond qu’en 2005, une mise à jour visiblement ratée du logiciel de mailing utilisé par la Maison Blanche en est responsable. Ne cherchez pas qui est l’auteur de la manipulation ratée : c’est bien entendu Connell. L’excuse trouvée paraissait surréaliste : avant n’importe quelle mise à jour, un informaticien digne de ce nom effectue une sauvegarde préalable. Pas lui, visiblement. A moins qu’on lui ait demandé de ne pas le faire….

Une journaliste qui enquêtait sur la disparition de mails lors de l’éviction de juges par l’administration Bush en était arrivée à la même conclusion : "I have reason to believe that the alternate accounts were used to communicate with US Attorneys involved in political prosecutions, like that of Don Siegelman,” dit la journaliste Larisa Alexandrovna de RAW STORY’, sur son blog perso, le lendemain du crah : “this is what I have been working on to prove for over a year. In fact, it was through following the Siegelman-Rove trail that I found evidence leading to Connell."  Cette même journaliste, le soir de l’annonce de la disparition de Connell qui était devenu son informateur, évoquait déjà à mots couverts le terme d’assassinat

Bizarrement, ce sont pour l’essentiel les échanges entre Karl Rove, Cheney et W.Bush qui manquent à partir de 2004, surtout dans les mails : les trois larrons répertoriés, et un quatrième : Kenneth Blackwell. Et même un cinquième en la personne d’Alberto Gonzalez, avec l’affaire des juges éjectés de leur poste sur décision gouvernementale ! En mai 2007 l’énorme scandale éclate : c’est sûr, la décision d’évincer les juges récalcitrants a été prise par Rove, bien avant l’accession de Gonzalez à la responsabilité de la Justice ! "The e-mails also show Attorney General Alberto Gonzales discussed the idea of firing the attorneys en masse while he was still White House counsel — weeks before he was confirmed as attorney general." Et les échanges de mails en sont la preuve ! En réalité, les mails ont été supprimés, car le changement de logiciel préconisé par Connell, en ce qui concerne la gestion de ses mails, l’avait permis…

L’équipe de Clinton utilisait en effet Lotus Notes, Bush et Connell choisirent donc d’utiliser Outllook et Exchange. Mais pas par esprit de contradiction, façon Connell plutôt : à savoir, en utilisant comme sauvegarde quelque chose d’assez .. rustique. L’archivage, chez Connell, se faisait en effet.. à la main ! Connell, présenté partout comme un génie informatique, n’était qu’un faiseur parmi d’autres. "Instead, the White House has instituted a comically primitive system called "journaling," in which (to quote from a recent Congressional report) "a White House staffer or contractor would collect from a ’journal’ e-mail folder in the Microsoft Exchange system copies of e-mails sent and received by White House employees." Une opération manuelle avait donc bien lieu… rustique, sinon archaïque, mais surtout le meilleur moyen de filtrer, et d’éliminer surtout les mails compromettants !!! Archaïsme sidérant, mais archaïsme volontaire ! Sur son site, pourtant, Connell savait se brosser lui-même les chaussures, et ceci même jusqu’en… Slovénie : "additionally, the American Association of Political Consultants (AAPC) has recognized Connell’s work for the “Best Use of New Technology” pioneering the use of text messaging via cell phones for youth voter turnout in the October 2000 parliamentary elections in Slovenia." Révélant par là même ces méthodes insidieuses ! Une influence à laquelle la France de Nicolas Sarkozy, si attirée par LeMeur, a échappé de justesse : "in 2003, Connell was elected to the board of the American Association of Political Consultants and he speaks regularly on the topic of Internet campaigning in countries including Belgium, Bulgaria, Croatia, Czech Republic, Estonia, Hungary, Lithuania, Romania, Serbia, Slovakia and Sweden". Ouf, la France l’a échappé belle !

S’il faut donc trouver la raison de l’élimination physique de Connell, ne cherchons pas plus loin : lui a donc VU le contenu de ce qui a disparu. Et savait donc ce qu’il y avait dedans. L’élimination physique des fichiers, il connaissait : dommage qu’il n’ait jamais pensé qu’un jour il puisse subir le sort des fichiers qu’on lui a demandé de supprimer. L’avantage de sa solution manuelle archaïque aura finalement signé sa perte. C’était bien le détenteur des secrets de l’opération de 2004, du vol de l’élection présidentielle, dont l’Ohio a été la plaque tournante et Blackwell le bras armé ! Un des employés de l’administration, amené à témoigner, confirme : "in detailed testimony to the House Committee on Oversight and Government Reform, he detailed the "journaling" system’s flaws. Because the archiving process was conducted manually and in an ad hoc fashion, human error could easily lead to the inadvertent omission of e-mails that are required to be preserved under federal law. Files were "scattered across various servers" on the network of the Executive Office of the President, and there "was no consistently applied naming convention" for the files. It’s hardly surprising that things tended to get lost." Trier à la main en 2008, on croit rêver !

Les emails de Karl Rove, mais aussi ceux de Dick Cheney manquent donc à l’appel, parmi ces correspondances compromettantes. Le 21 janvier dernier, une nouvelle investigation sur les échanges de courriers de la Maison Blanche révèle un énième scandale : cette fois-ci, ce sont ceux de 2003, plus exactement ceux de septembre, où il manque cette fois 16 jours pleins dans les archives. Le 30 septembre de cette année-là pourtant, Alberto Gonzalez avait prévenu ses amis et collègues de garder tous leurs mails : "preserve all materials that might be relevant", à la suite d’une plainte à propos de la révélation du statut de membre de la CIA d’une diplomate, Valerie Plame, dont le mari avait eu le malheur de dénoncer le conte de fées à propos du Yellow Cake venu d’Afrique pour alimenter les bombes nucléaires de Saddam… qui étaient inexistantes. L’ironie veut que tous les mails de Dick Cheney aient disparu le jour même où Gonzalez demandait d’en prendre soin… D’autres jours manquent aussi : "Cheney’s office also is missing e-mails from Oct. 4, 2003, when the Justice Department demanded that the White House turn over "all documents that relate in any way" to the leak of Plame’s identity. E-mails are also missing for the following day, during which the probe intensified and CIA director George Tenet found himself at the center of it". A cette date, les démocrates qui ont enquêté relèvent 473 mails fondamentaux effacés ou disparus : "all in all, some 473 days of emails are missing from various Administration departments, according to a House Democrat who saw a White House presentation on the files."

Devant la gestion assez lamentable de l’archivage des mails, des responsables de l’administration fédérale avaient pourtant proposé dès 2002 de revenir à Lotus Notes. Ils écriront en ce sens à W.Bush, se heurtant alors à la responsable administrative de la Maison Blanche, Theresa Payton, qui affirma qu’un informaticien d’Unysis, "Booz" Allen Hamilton, avait développé une rétroactivité fiable vers Lotus. Peine perdue : Lotus permettait l’archivage automatisé imposé par la loi dont ne voulait visiblement pas l’équipe Bush ! La réponse de Payton était assez évasive pour masquer les vraies raisons : celle du maintien du tri manuel… signé Connell. "Payton claims that the White House is working on yet another archiving system. But until it’s completed—and it’s now looking increasingly unlikely that it will be operational before the end of the administration—the White House will lack an automated system for complying with the requirements of federal law." Chez ComputerWorld, on ne se fait plus aucune illusion sur la crédibilité de  la dénommée Payton. Comme le précise le magazine informatique, la dame était aussi payée pour garder les "1 000 days" de mails manquants. A croire qu’elle était venue déposer pour dire qu’elle avait failli à toutes ses obligations de responsable ! Un blogueur virulent commente son action : "just like the SS during World War II, "Just followed orders". On est fort tenté de dire la même chose aujourd’hui. Les responsabilités de Blackwell, de Connell et de Payton sont engagées dans une véritable forfaiture. Connell, roi de la programmation de sites informatiques, aurait donc été incapable d’élaborer un simple script d’automatisation de sauvegarde de mails ? Alors que ce n’était même pas nécessaire. Dans Exchange, le procédé qu’il avait lui-même préconisé, la fonction existe… d’origine….

Le mot de la fin de cette histoire assez abracadabrantesque revenant à un autre consultant informatique républicain. Il y a quelques semaines, c’est lui qui avait créé un des blogs et affiché son interview un peu partout. Le 21 octobre dernier, à la suite des plaintes répétées de certains démocrates et de représentants agissant sous le nom du Freedom of Information Act, le procureur Nora Dannehy, agissant sous l’injonction de Michael Mukasey lui-même, ordonnait une enquête sur la disparition des mails, qui visait en premier lieu Alberto Gonzalez, mais aussi tous ceux de l’administration Bush susceptibles d’y avoir participé. Dans un premier document de 358 pages remis par les enquêteurs du Congrès à Mukasey, le nom qui revient le plus est celui de… Mike Connell, vers qui convergent alors tous les témoignages. "Although several administration officials, including Gonzales have testified before the Judiciary Committee, there is one person, yet to be interviewed, who may hold the keys to the missing emails — Bush IT expert Mike Connell", confirme Rebbeca Abrahams, du Hufftington Post, un des journaux ayant le mieux couvert la longue saga des mails perdus de la Maison Blanche. Mieux encore, quand on apprend le contenu d’une réunion tenue le 11 octobre 2006 entre Randy Cole, le président de GovTech, Mike Connell et un autre consultant renommé, Stephen Spoonamore, le dirigeant de la firme Cybrinth. Ce jour-là, Connell, déjà visé par plusieurs plaintes depuis 2004, lui pose une bien étrange question. "At the time, Spoonamore, a leading cyber security expert, was considering a project with Connell. During this meeting, Spoonamore indicated that Connell asked him about ways to "permanently destroy hard drives." Spoonamore said, "If this is what I think you’re talking about, this meeting is over." Spoonamore, qui ne fait pas mystère de ses amitiés républicaines, en vrai conservateur, s’est arrêté tout de suite là où Connell s’était engouffréLors de plusieurs interviews, il cite les nombreuses failles de sécurité des systèmes Diebold. En se citant, rappelant qu’il avait dès 1999 recommandé lui-même de ne pas utiliser ces engins ! Et en accusant nommément Connell d’avoir franchi le Rubicon. Les républicains ont trouvé leur "gorge profonde" en la personne de Spoonamore. Le 19 septembre dernier, son incroyable déposition claire et précise devant un juge fédéral sonne comme une déclaration de mort pour Connell et Blackwell : "the vote tabulation and reporting system, as modified at the direction of Mr. Blackwell, allowed the introduction of a single computer in the middle of the pathway. This computer located at a company principally managing IT Systems for GOP campaign and political operations (Computer C) received all information from each county computer (Computer A) BEFORE it was sent onward to Computer B. This centralized collection of all incoming statewide tabulations would make it extremely easy for a single operator, or a preprogrammed single "force balancing computer" to change the results in any way desired by the team controlling Computer C. In this case GOP partisan operatives. Again, if this out of state system had ANY digital access to the Secretary of States system it would be cause for immediate investigation by any of my banking clients."

Le 19 septembre 2008, un expert informatique républicain a donc témoigné que Bush n’avait jamais été élu en Ohio ! Selon lui, Connell n’avait pas agi directement… mais était "effrayé" que quelqu’un aît pu le faire à sa place : "while he has not admitted to wrongdoing, and in my opinion he is not involved in voting theft, Mike clearly agrees that the electronic voting systems in the US are not secure. He further made a statement that he is afraid that some of the more ruthless partisans of the GOP, may have exploited systems he in part worked on for this purpose". On ne peut être plus clair. Connell n’avait plus qu’un seul moyen de s’en sortir : dire qu’il avait agi sur ordre. La méthode SS traditionnelle, déjà évoquée ici par un commentaire à un blog ; ou la méthode si bien expliquée par Jonathan Littell. La fin de la déposition condamnait d’une certaine manière Connell : "I believe however he knows who is doing that work, and has likely turned a blind eye to this activity. Mr. Connell is a devout Catholic. He has admitted to me that in his zeal to ’save the unborn’ he may have helped others who have compromised elections. He was clearly uncomfortable when I asked directly about Ohio 2004". Selon Spoonamore, Connell, dans sa pitoyable croisade anti-avortement avait donc "aidé" des gens de son bord à commettre autre chose. Comparer cette croisade rétrograde à une élection présidentielle est osé. L’importance du sujet – l’élection trafiquée d’un président – est sans commune mesure avec des convictions religieuses d’un autre âge. Des liens évidents ont existé. Connell se savait fichu, et pouvait donc bien redouter le jugement des hommes avant d’atteindre celui du jugement dernier. Finalement…

On vous a déjà dit que cette administration avait menti sur les armes de destruction massive, sur les liens entre ben Laden et Saddam Hussein, et bien d’autres choses encore : on s’aperçoit aujourd’hui que la gestion informatique de la Maison Blanche a fait de même concernant les votes trafiqués qui lui ont permis d’accéder au pouvoir sans légitimité. Et elle vient de se débarrasser de celui qui aurait pu révéler le pot aux roses, ou était sur le point de tout avouer à la justice américaine.

Un squelette de plus dans le placard de W.Bush. Combien en faudra-t-il encore avant qu’on le puisse le juger, un jour ?

Par morice pour Agoravox, le 1er janvier 2009

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (2)

La disparition de Mike Connell, vendredi dernier est lourde de sens, je vous expliquais dans le premier épisode. C’était un homme-clé pour l’équipe au pouvoir, aux USA, car c’est celui qui permis à l’administration américaine d’entrer dans l’ère informatique… à sa façon, à savoir en utilisant la faculté qu’ont certains ordinateurs de cacher certaines choses. Apparu en 1999 lors de la préparation des élections de Floride, où ses talents semblent avoir donné un coup de main sérieux à la carrière de Jeb, le frère de W. Bush, notre homme détenait, vous disais-je, de lourds secrets. En réalité, il était le pivot informatique de l’élection volée de 2004, dans le fief républicain de l’Ohio, l’Etat qui a permis à W. Bush d’obtenir de justesse un second mandat. Revenons aujourd’hui sur les méthodes de Connell qui, sans nul doute, expliquent aujourd’hui sa disparition précoce.

L’homme s’était pourtant garanti il y a neuf ans déjà contre toute atteinte possible en déclarant sa loyauté indéfectible à la famille Bush : “I’m loyal to my friends and I’m loyal to the Bush family…” avait-il tenu à écrire dans le magazine Inside Business, le 2 Novembre 1999. C’est probablement vrai. L’homme avait commencé sa collaboration avec la famille Bush voici dix ans exactement… en Floride. "Tom Brazatis of the Cleveland Plain Dealer described Connell as “an Internet consultant in 1998 for the winning campaigns of governors Bob Taft in Ohio and Jeb Bush in Florida.” The article stated that Connell told the Plain Dealer that he had been hired to do “special internet projects” for George W. Bush. “Connell declined to be more specific,” noted the Plain Dealer’s 2000 article". Onze années après, après s’être occupé de "projets plus spéciaux", l’homme aux profondes convictions religieuses traditionnalistes ne pouvait que regretter cette loyauté à un seul sens. Chez les Bush, on ne partage pas le manteau pourpre. Il n’y a pas de bon samaritain dans la famille. L’une des dernières déclarations de Connell étaient à ce propos fort inquiétante : "Mr. Connell told a close associate that he was afraid that the George Bush and Dick Cheney would “throw [him] under the bus" répète le site indépendant Velvet Revolution. En fait de bus, c’est son Piper Saratoga qui a causé sa perte. Un avion sûr, qu’il pilotait assidûment et qu’il ne prenait jamais en cas de pépin météo ou mécanique. En aviation, Connell était aussi méticuleux qu’en gestion de serveurs informatiques. Il n’embarquait jamais à la va-vite, faisant consciencieusement son check-list avant chaque décollage, malgré le fait qu’il pilotait depuis des années plusieurs fois par semaine : son avion, c’était son deuxième moyen de transport après l’automobile. Et un Piper Saratoga crashé, ça ne flambe pas autant à l’impact. Bus ou avion, le résultat est aujourd’hui le même. A savoir s’il a vraiment emporté tous ses secrets dans sa tombe… au quel cas sa mort n’aurait servi à rien !!!

Mais voyons un peu les prouesses de notre malheureux aviateur, celles qui lui valent semblent-il cette disparition prématurée. Essentiellement les manipulations électroniques électorales, et plus récemment sa participation à la disparition d’emails cruciaux pour la Maison Blanche lors du problème de l’éviction décidée de plusieurs juges fédéraux jugés anti-W. Bush. A partir de sociétés lui appartenant ou détenues par des tiers, mais dont Connell était partie prenante. Toutes ces sociétés ont eu un point commun : elles ont changé de nom un nombre incalculable de fois. Sa firme mère SmartTech détient ainsi la bagatelle de 1134 noms de domaines !!! Parmi ces sociétés, on retrouve l’exposition de valeurs religieuses très ancrées à droite : Connell gérait ainsi aussi bien l’Anti-Abortion Groups Computers que la Christian Computer Services mais aussi l’incroyable Radical Christian Fascists Church Computers, via une âme damnée, Randy Cole, directeur de SmartTech avec sa femme. Une firme dont on retrouve l’intégralité de la table d’administration chez GovTech, sa sœur jumelle… se chargeant elle des projets… gouvernementaux "spécifiques". Là, on retrouve aussi bien la "GOP Campaign Work" (Bush00, Bush Transition Team, Bush04, 40+ GOP Congress runs, 25+ GOP Senate runs, etc) que la "GOP Computer Support for GOP operations, GOP-Technology", ou la "Government Agency Contracts" sans oublier la "GOP Mass Mailing/Phone Bank Computers" et la principale ; "GovTech Solutions", devenue parfois "Government Technology Systems". Le tout dans un savant mélange de noms et de redirections : ainsi, 72hour.net  ("Technical Contact : SMARTech Corp, DNS Administrator noc@smartechcorp.net ") qui redirige vers…. GOP.com. Mais l’homme était aussi le créateur de sites internets, dont celui du gouvernement, dont GeorgeWBush.com and GWB43.com, ce dernier étant le site d’où entrait et sortait 95% de la communication de Karl Rove. Ou le plus étonnant Abriendo-Caminos.com , chargé de séduire les hispaniques. Au plus fort de la campagne de 2008, SmartTech présentait toujours 999 serveurs différents, dont notamment : angryhillary.com (ou .net), clintongunban.com, ou counterclintonlibrary.com (ou .net), ou encore stophillarynow.com et stophillarypac.com, pas vraiment des soutiens à Hillary Clinton  ! L’homme affichait ouvertement ses convictions, religieuses et d’extrême droite, sans se soucier de savoir si l’état américain pouvait avoir recours à un individu aussi partisan. Ses recruteurs, pour tout dire, devaient avoir les mêmes opinions, tout simplement !

Sans aucun complexe, durant ces huit années, tout en travaillant pour le gouvernement, Connell avait aussi été à l’origine de sites restés tristement célèbres : "RNC.org", et surtout l’infâme "swiftboatvetsfortruth.org", devenu depuis "Swift Vets and POWs for Truth " dans lequel des vétérans du Viet-Nam payés par le multimillardaire Sam Fox, très lié à la très droitiste Republican Jewish Coalition, et qui répandaient tous les jours leur haine d’un Kerry ancien "swift man" lui aussi, devenu progressivement opposant à la guerre du Viet-Nam. Connell, comme l’équipe de Bush ne s’est jamais soucié d’un évident conflit d’intérêt à réaliser les sites purement gouvernementaux et ceux des plus violents opposants au candidat gouvernemental. Logique qu’il s’entende parfaitement avec Rove. Parmi les sites dont il avait eu la charge, on note aussi ceux surtout de Kenneth Blackwell, l’infâme destructeur des achives de l’élection de 2004 en Ohio (les deux tiers ont disparu sous ces ordres !). Connell était plus de mèche avec lui qu’aucun autre. Blackwell, qui rêvait d’entrer à la maison blanche (une promesse que lui avait fait Kar Rove et W. Bush) avait bâti toute sa stratégie de conquête du parti républicain sur les prouesses technologiques de Connell.

De mèche, en effet, c’est le moins qu’on puisse dire. Une longue entente plutôt, devenue une seconde nature pour ce qui est des manigances électorales. Déjà inquiété en 2004, Blackell récidivera deux ans après, à en causer sa perte. Lors de deux élections de 2006 en effet en Ohio, l’incorrigible Blackwell va en effet se faire prendre bêtement la main dans le sac. Le site officiel de l’élection dans l’état, "election.sos.state.oh.us" avait comme tout site un numéro d’IP précis, le 64.203.98.137. Seulement voilà : cette catégorie d’IP tombait pile au milieu de celle attribuée à la firme SMARTtech Corp de Chattanooga, la firme de Connell, comme l’on fait remarquer des internautes curieux. Juste dans le même rang de numéros, on trouvait aussi "VoterVault.com" (le site de Karl Rove) et "NRCC.org", deux sites dédiés au RNC, le Republican National Committee. L’élection de l’état, qui se veut indépendante par principe, était tout simplement directement hébergée sur des serveurs du Parti Républicain ! Les deux sites, celui de l’Ohio et celui du Parti à Washington travaillaient en miroir complet, comme l’ont montré des copies d’écran édifiantes réalisées par les journalistes d’un site citoyen, Pluribus Media. Comme l’affirment d’autres, pour Blackwell, c’est "again", une nouvelle fois donc, car tout le monde a en tête à son propos les résultats de l’élection présidentielle de 2004, où Blackwell a été prépondérant dans la victoire républicaine, avec en prime la mise en place de méthodes incroyables de votes (bureaux déplacés au dernier moment, électeurs rayés des listes sans être prévenus, etc.. ). Une méthode déjà appliquée en 2000 mais qui était devenue trop voyante. Pour faire digérer l’échec de cette élection catastrophique de 2000, aussi catastrophique que celle de Floride, Blackwell avait présenté à ses électeurs une refonte complète de son système électoral, accompagnée d’une note salée en investissements informatiques… signés SmartTech. Le but du jeu ? Présenter le résultat des élections en temps réel, via l’Internet ! Blackwell, réfractaire en 2000 à tout ordinateur, était devenu en quatre ans le plus grand prosélyte des nouvelles technologies ! Mais avec une idée derrière la tête, bien entendu ! Une idée soufflée par Karl Rove, et mise en place par… Connell.

Car ce fameux soir d’élection, des bloggeurs suspicieux comme la célèbre Wonkette avait eu le temps de faire des copies d’’écrans télévisuels où les chiffres changeaient régulièrement derrière le présentateur, comme si l’on "tempérait" à la volée les résultats en "live" de l’Ohio ! La Wonkette, cette futée, avait vu juste : ça trafiquait sec, et à la volée je vous prie ! "Ohio’s election results were delivered to Americans at Internet speed in 2004, reflecting Ken Blackwell’s deliberate contrast to Florida’s chaos of four years earlier. The Secretary of State had met the enemy of timely results when in Florida where he was sent to join Ohio’s special team helping the Bush effort." Et tout cela avait eu un coût : "New Media Communications and its spin-off, Govtech Solutions, have received about $465,000 from the secretary of state’s office, and New Media (une autre société de Connell !) received $30,335 for its work on the Blackwell campaign". Un demi million de dollars pour trafiquer les résultats, et devenir président à la place de Kerry, ce n’est en définitive pas cher payé ! Le 24 avril 2007, l’avis péremptoire de deux journalistes, Steven Rosenfeld et Bob Fitrakis, tombait  : "did the most powerful Republicans in America have the computer capacity, software skills and electronic infrastructure in place on election night 2004 to tamper with the Ohio results to ensure George W. Bush’s re-election ? The answer appears to be yes. " Mieux encore : "On Election Night 2004, the Republican Party not only controlled the vote-counting process in Ohio, the final presidential swing state, through a secretary of state who was a co-chair of the Bush campaign, but it also controlled the technology that allowed the tally of the vote in Ohio’s 88 counties to be reported to the media and voters." Ce soir là, on a donc beaucoup utilisé l’Internet en Ohio, surtout à partir des bureaux de Ken Blackwell. On s’en doutait, en effet : une seule agence, AP, avait obtenu l’exclusivité du report des votes, et les télévisions, ce soir-là, ce qui pouvait passer pour étrange, et les médias recevaient directement non pas les résultats réels, mais les résultats trafiqués de l’Ohio. Non pas de l’Associated Press, dont le patron n’est autre qu’un traditionnaliste, mais bel et bien directement de Connell. Comme les dépêches d’agence recevaient les mêmes chiffres, donnés comme officiels, les médias n’y ont vu que du feu ! Tout était donc "routé" à partir de SmartTech (!), comme le disent les spécialistes informatiques. Comme la source unique était partisane, on peut facilement l’accuser d’avoir "tempéré" les chiffres avant de les communiquer aux médias. Le mot paraît faible tant parfois les disparités entre bureaux de vote ont été grandes…

Dans un long article rédigé au lendemain même des élections, en 2004, deux internautes attentifs, Stéphane Bouleaux et David Latapie, avaient décrit le procédé dans "Votergate", devenu un Wiki depuis, procédé qui utilisait pour tempérer entre états le puissance phénoménale d’un des plus gros calculateurs au monde dédié à la science.. et à l’armée, celui de Sandia, en Californie, qui a été aussi l’un des artisans de la seconde élection de Bush. Rumsfeld venait juste de lancer son projet d’Internet dédié à l’armée, reliant tout le pays, et dans certains comtés, le soir de l’élection, des bureaux ont été fermés sous prétexte de "terrorisme" pour permettre aux militaires de déployer leurs antennes, les liaisons téléphoniques modems (celle des machines Diebold !) étant défaillantes. Et de "tempérer" les résultats. On ne dira jamais assez comment cette élection de 2004 a été volée. 2004, c’est bien "la mère de toutes les fraudes élctorales" comme l’on dit certains. Principalement en Ohio. Tout le monde avait remarqué les chiffres mirobolants de certains comtés : A Clyde, par exemple, Bush avait gagné avec… 131% des voix. A Perry County, deux bureaux affichaient sans rire 124 et 120% de résultats en sa faveur…. à Gahanna Ward 1, dans le premier bureau, sur 638 votants seulement, Bush avait été crédité au final de 4 258 bulletins… Dans le seul comté de Cuyahoga (ou en 2008 de sérieux problèmes restaient), on découvre d’étranges électeurs fantômes : "as of yet, there have been no statistical studies of Ohio similar to the Berkeley paper. But emailers have zapped around a chart that supposedly shows 93,000 "extra" votes were cast in various municipalities in Cuyahoga County—that is, these areas listed more votes than registered voters". 93 000 "extras", presque la marge avec laquelle Bush devance Kerry au final… on trouve aussi des gens, à Cuyahoga pour témoigner de l’accès direct du prestataire, en l’occurrence ici Triad GSI, aux tableaux récapitulatifs de vote.

Le soir même, toujours, selon les premiers sondages d’opinion au sortir des bureaux ("exit polls"), Kerry l’emportait avec une différence d’environ 2 à 3% (une plus étroite victoire finale par 51% contre 49% sera plus tard annoncée dans la nuit), en Ohio comme ailleurs. Mais juste avant le résultat, on annonce le contraire  : "It is important to remember how large the discrepancy was between the early vote tallies and the early exit poll figures. By the time polls were closing in the eastern states, the vote-count figures published by CNN showed Bush leading Kerry by a massive 11 percent margin. At 8:50 p.m. EST, Bush was credited with 6,590,476 votes, and Kerry with 5,239,414. This margin gradually shrank. By 9:00 p.m., Bush purportedly had 8,284,599 votes, and Kerry 6,703,874 ; by 9:06 p.m., Bush had 9,257,135, and Kerry had 7,652,510, giving the incumbent a 9 percent lead, with 54 percent of the vote to Kerry’s 45 percent". La différence entre ce qui serait les premiers résultats et le sondages au sortir des urnes est ENORME : "at the same time, embarrassingly enough, the national exit poll figures reported by CNN showed Kerry as holding a narrow but potentially decisive lead over Bush. At 9:06 p.m. EST, the exit polls indicated that women’s votes (54 percent of the total) were going 54 percent to Kerry, 45 percent to Bush, and 1 percent to Nader ; men’s votes (46 percent of the total) were breaking 51 percent to Bush, 47 percent to Kerry, and 1 percent to Nader. Kerry, in other words, was leading Bush by nearly 3 percent". Pour l’Ohio, idem : "At 7:32 p.m. EST, CNN was reporting the following exit poll data for Ohio. Women voters (53 percent of the total) favoured Kerry over Bush by 53 percent to 47 percent ; male voters (47 percent of the total) preferred Kerry over Bush by 51 percent to 49 percent. Kerry was thus leading Bush by a little more than 4 percent. But by 1:41 a.m. EST on November 3, when the exit poll was last updated, a dramatic shift had occurred : women voters had split 50-50 in their preferences for Kerry and Bush, while men had swung to supporting Bush over Kerry by 52 percent to 47 percent. The final exit polls showed Bush leading in Ohio by 2.5 percent." Incoyable renversement de tendance.

En fait, peu après minuit, tous les comptes par comtés se retrouvent gelés pendant 90 minutes environ. Plus rien de l’Ohio ne parvenait aux médias. La célèbre Wonkette, ce soir-là le fait savoir : le black-out a commencé. Quand les images réapparaissent, les fromages Excel ont changé de sens : c’est Bush qui vire en tête, de 3%. Tout le monde regarde étonné les nouveaux camemberts. Les plus hilarants de ces résultats sont ceux des trois comtés de Warren, Butler et Clermont Counties. 10 500 votes pour W.Bush rien qu’à eux trois (soit le 1/10eme de son avance finale en trois comtés seulement !). Or, ce jour là, les gens votent aussi pour d’autres choses aux Etats-Unis, on le sait. C’est ainsi qu’à Warren, Butler et Clermont Counties les électeurs vont voter massivement à la fois pour W. Bush et… POUR le mariage gay ! Ce à quoi est vivement opposé W. Bush, mais auquel Kerry n’est pas opposé ! Les bulletins de votes de Kerry ont-ils été carrément versés à Bush ? Très certainement, et c’est la case d’à côté qui le révèle ! Le logiciel ou l’intervention humaine a bien changé le nom, mais a gardé bêtement la suite du bulletin tel quel !!! Connell n’est donc pas si intelligent qu’on l’a présenté…

Le soir de l’élection toujours, des copies d’écran révèlent les autres manipulations en direct. Bush l’emportera en Ohio avec 118 601 voix d’avance, un résultat donné au petit matin suivant seulement… alors que lui-même, interviewé dans son ranch et toujours donné comme battu se dit "confiant". Il peut l’être : Connell a travaillé toute la nuit pour en faire un président élu… sans les voix nécessaires ! Et ce n’est pas fini  ! Durant la campagne 2008, alors que le staff républicain est au courant des poursuites engagées par les juges contre Connell, pour une autre histoire, celle des mails de la Maison Blanche, revoilà notre homme chargé de la gestion du site Internet de McCain. Rove a beau avoir en 2000 tout fait pour l’évincer au profit dans les primaires au profit de Bush, est bien obligé d’accepter le fait. En fait cela l’arrange, car il garde la mainmise sur les contenus du site. Le 31 octobre dernier, Connel reçoit sa convocation à propos du tripatouillage de vote en 2004, lui intimant l’ordre de se présenter le 3 novembre pour venir témoigner. C’est la veille de l’élection présidentielle d’Obama… et en Ohio, justement, Jennifer Brunner, qui veille au grain depuis deux ans commence à voir le résultat de ces efforts. Aux primaires, Clinton l’emporte devant Obama (53% contre 45%) McCain écrasant Huckabee (60% contre 31%, mais Ron Paul fait 5% dans l’état !). Lors de la présidentielle 2008, Barack Obama l’emporte de 4 points (51% contre 47%). En 2004, sur un écart final de 118 601 voix en faveur de Bush, le magazine Rolling Stone évaluait en juin 2006 à 357 000 les voix non comptabilisées en faveur de Kerry. Un simple décompte des bulletins inversés en dénombre 80 000 : cela fait 160 000 d’écart, Bush en perdant 80 000 et Kerry en gagnant 80 000. Davantage que l’écart final ! Finalement, en Ohio, en 2008, les gens n’ont pas voté autrement qu’en 2004 où Kerry était annoncé avec… 3,5% d’avance quelques jours avant l’élection ! Mais en 2008, les tripatouillages ont été empêchés, et McCain n’est pas passé !

A peine élue à la place de Kenneth Blackwell, Jennifer Brunner, une démocrate, demande un audit bi-partisan, surnommé EVEREST ("Evaluation & Validation of Election-Related Equipment, Standards & Testing") sur le matériel informatique utilisé. Ses conclusions, connues le 14 décembre 2007 sont catastrophiques pour l’Etat et… Blackwell : "Ohio’s electronic voting systems have ’critical security failures’ which could impact the integrity of elections in the Buckeye State." Elle propose aussitôt le bannissement des machines TouchScreen (Direct Recording Electronic ou DRE). Blackwell avait vanté les possibilités Internet du système, elle insiste sur le manque de sécurité des transmissions de ce type : "in an era of computer-based voting systems, voters have a right to expect that their voting system is at least as secure as the systems they use for banking and communication". Mais ce n’est pas sa seule découverte. La révélation en avril 2006 déjà d’un don de la firme Diebold de 50 000 dollars pour la campagne électorale de Blackwell (for "political interests.") n’a pas vraiment aidé à redorer son blason : en l’acceptant, Blackwell avait tout simplement enfreint la loi. Conflit d’intérêt pur et simple ! De 41 comtés gérés par Diebold en 2004 on été passé à 47 en 2006 : la firme lui devait bien ça. Le 7 novembre 2007, Blackwell, l’antigay reconnu et bigot avéré prenait pourtant la déculottée de sa vie, infligée par le candidat démocrate Ted Strickland, qui obtenait 60,4% des voix contre 36,8 au candidat noir qui se rêvait déjà en Obama républicain.

L’Ohio versait donc démocrate, après 9 ans sous la coupe de Bob Taft le républicain. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé toutes les méthodes, dont le fameux et immonde "push-poll" inauguré par Karl Rove contre…MCCain : "Blackwell is using Rove’s notoriously deceptive push poll device to spread an unsubstantiated smear against his Democratic gubernatorial opponent, Ted Strickland. Push polls were rendered infamous when Rove used them in South Carolina to falsely suggest that Senator John McCain had fathered a mixed-race child. Often the impact of push polls is magnified by callers to talk shows that spread additional street rumors, as in the lie that McCain impregnated a black hooker. The reality in McCain’s case : he had adopted a child from one of Mother Teresa’s orphanages and prominently displayed her in his campaign literature". Etrange aide à la décision de vote…. Chez Blackwell, la question que posaient ses téléphonistes-robots était celle-ci : "if you knew Ted Strickland had hired a child molester would you still vote for him ?", puis juste après : "are you going to vote for Ted Strickland ?" et "are you going to vote for Ken Blackwell ?"… le procédé est le même, et Blackwell et Rove ont bien les mêmes méthodes. La dernière découverte de Brunner étant la plus terrible : le 1er août 2007, elle confirme le fait que les 2/3 des archives papier de l’élection 2004 ont été illégalement détruites. Elles auraient dû être détruites légalement 22 mois après seulement. Selon Arnebeck, déjà, les disparitions contenaient essentiellement les comtés où avaient eu lieu de graves irrégularités :"the missing records reveal where the fraud occurred," said Arnebeck. "You take as an example, Warren County [where some 22,000 unused ballots are now missing]. It is well documented that there was a phony homeland security alert and that was the excuse for excluding the public and the press from observing what was going on during Election Day. So the missing unused ballots would suggest that ballots were remade to fit the desired result." Comme par hasard…

Et ce n’est pas tout : durant la campagne présidentielle 2008, Blackwell, ancien maire de Cincinnati, devenu éditorialiste dans le New York Sun, n’avait jamais eu de mots assez durs vis à vis de Barack Obama. Le message audio délivré en boucle sur un répondeur par Blackwell comme supporter de McCain en dit long sur ce qu’il espérait à nouveau si celui-ci passait. Battu au poste de gouverneur, le 8 décembre dernier, Blackwell se proposait néanmoins à la tête du parti républicain, en 2012, à la place de Mike Ducan, élu en 2007 ("Chairman of the Republican National Committee"). Sur son CV, il rappelle ses fondamentales (sic) : "I am a member of the board of directors of the National Rifle Association, the National Taxpayers Union and the Club for Growth". Son programme est tout aussi engageant : "It is time to completely remake the Republican Party by returning to our core philosophy (limited government, traditional values and a strong defense), reaching voters more effectively (by better utilization of technology, targeting and voter identification and turnout), and reorganizing the RNC itself (spending smarter, replacing staff and consultants and modernizing our fundraising infrastructure)". Exactement ce contre quoi viennent de voter ces concitoyens ! Mais le plus étonnant était sa proposition de transformer les églises en centre de recrutement d’électeurs : "hire a large team of coordinators to work with churches across the country to help them register the members of their congregations who are not registered to vote." Sur les blogs, sa proposition en a fait rire plus d’un : "as a Democrat, I enthusiastically support Blackwell’s bid. Not only will it ensure the continued demise of the Republican Party, but it will really screw up Rob Portman’s and John Kasich’s campaigns" dit l’un, "Well, if yer a democrat ya just gotta love this one ! It’s all the reeling republicans need right now is another reich-wing christain dingbat to further destroy what little party they have left. Have they learned absolutely nothing from the Palin effect ? !!!!!!!" conclut l’autre. "Reich-Wing Christian", la charge paraît forte… mais pas tant que ça en définitive. Il faut dire qu’après Palin, les républicains peuvent toujours attaquer la falaise :"I think Blackwell and Palin should be co-leaders. It would be the greatest reality show on earth. Put it on the Comedy Network". Voilà l’homme sur lequel avait tablé l’équipe de W. Bush pour gagner l’élection 2004, l’Ohio ayant été la clé de voûte de la victoire. Sarah Palin avait déjà eu un prédécesseur, et c’était bien le trafiquant des votes de l’Ohio…

Mais ce ne sont pas les seules manigances auxquelles s’est prêté Mike Connell. Il y en a eu d’autres, tout aussi graves. Et d’autres qui paraissent aussi totalement grotesques, comme les gens de Coptix, maison sœur de l’hébergement de chez SmartTech, assez idiots pour laisser croire que W. Bush est venu lui-même saluer leurs efforts… dans un photomontage digne de lycéens… A une époque récente de sa vie, on a demandé à Connell de jouer les nettoyeurs d’ordinateurs, sur les serveurs de Coptix, justement. Pas vraiment non plus une réussite, comme nous allons le voir dans la troisième partie de l’enquête…

Par morice pour Agoravox, le 31 décembre 2008 

 

Le cadavre de trop dans le placard de W.Bush (1)

Il est comme ça, W.Bush, l’air pas trop malin, mais une certaine gouaille quand même, on lui donnerait le bon dieu sans confession, à cet homme. Ses mimiques et ses frasques lui ont permis pendant huit ans de cacher le côté sombre qui l’anime, un côté génétique, dirions-nous, car dans la famille Bush, bien des ombres subsistent, la première étant l’allégeance ostentatoire du grand père Prescott aux idées nazies déjà bien ancrées chez lui, et son acoquinage démontré avec la famille Thyssen, la principale bénéficiaire financièrement des camps de concentration. Seulement voilà, sous des aspects bonhomme, la carrière météoritique de notre clown médiatique esquiveur de chaussures (taille 44) est jonchée de cadavres, comme celle de son propre père, et celui qui vient de s’ajouter à la longue liste qu’il traînait derrière lui risque de faire plus de bruit que les autres, s’il existe encore des journalistes dignes de ce nom aux Etats-Unis.

L’homme qui vient de mourir s’appellait Mike Connell, et c’était un des hommes-clé des victoires électorales de W.Bush. Celui qui savait tout des manigances et des tripatouillages informatiques, et qui venait quelques jours avant son accident d’avion survenu vendredi dernier (19 décembre) de poser une étrange question à un de ses amis : "sais-tu, toi, comment effacer complètement des disques durs ?"…. cette question, il l’avait posée juste avant de comparaître devant un juge, la veille même de l’élection de Barrack Obama. Connell, cerné depuis quatre années par la justice, était alors disposé semble-t-il à tout déballer. Le symbole est fort : c’était l’homme qui pouvait envoyer W.Bush en prison pour le restant de sa vie, et sa mort accidentelle ne fait que relancer la suspicion sur les pratiques douteuses d’un régime sur la défensive et devenu hors contrôle. Comme il s’agît d’un fait très grave, je vais essayer d’être plus exhaustif sur la question. Ce sera donc à nouveau une longue enquête. Pour la débuter, je vous propose ces images exceptionnelles prises quelques minutes à peine après le crash de l’avion de Connell. Selon la version officielle, l’avion s’est écrasé les réservoirs vides. On se demande alors pourquoi il brûle aussi longtemps, pourquoi les pompiers arrivés sur place le laissent brûler (équipés de jet d’eau et non de mousse carbonique il est vrai), et aussi pourquoi les riverains parlent d’ une "explosion" et non d’un simple crash…


Michael Connell

L’homme décédé dans les débris de l’avion en flammes était surnommé le "It Guru", à savoir le gourou de l’internet, une sorte de Loïc le Meur outre-atlantique, en quelque sorte. En aussi frimeur, en beaucoup plus croyant et en beaucoup plus efficace politiquement parlant. Le "monsieur Internet" de W.Bush détenait de lourds secrets, c’est évident, et venait juste d’être l’objet d’une enquête serrée qui était circonscrite à l’état de l’Ohio, l’état qui avait fait basculer la soirée électorale de 2004 dans de bien étranges circonstances. Comme je n’ai eu de cesse de vous le dire, dans cet Etat, les malversations ont été nombreuses, et Kenneth Blackwell, le responsable républicain des bureaux de vote de l’époque avait alors donné plus qu’un coup de pouce à son président : au point de faire supprimer la majeure partie des archives existantes à propos du vote dans cet état, une fois la victoire (trompeuse) de W.Bush acquise. Une chose découverte et condamnée par son successeur, Jennifer Brunner, comme je vous l’avais expliqué ici-même en août 2007 déjà. Brunner restera dans l’histoire désormais comme celle ayant mis le doigt où il ne fallait pas, en démontrant par l’exemple que l’Ohio avait certes basculé, mais de façon extrêmement douteuse, et en osant surtout l’exprimer aux médias, preuves à l’appui. Puis en déposant des recours en suspicion sur les pratiques de Kenneth Blackwell, pratiques qui remontaient directement à la tête du parti républicain (the GOP). Si un jour Bush est condamné, nous pourrons songer à envoyer des fleurs à celle qui a effectué un travail remarquable pour faire constater toutes les malversations commises dans son état, avec ténacité et constance.

Depuis deux ans maintenant Jennifer Brunner a réalisé un travail de fourmi en tentant de retrouver les comptes disparus des bureaux de vote de 2004 et en interrogeant les disques durs des machines à voter. Cette femme plutôt discrète, on pourra un jour lui élever une statue, car c’est elle qui fera tomber le système de détournement électoral mis en place par l’équipe présidentielle, malgré les pressions et les menaces qu’elle a reçues. W. Bush n’avait pas été élu à la régulière, et Jennifer Brunner était la première à le dire avec autant de détails et de preuves flagrantes. Il est évident que la brusque disparition de Connell est liée à ces diverses manipulations. S’ajoute à cela les menaces récentes proférées à l’encontre du disparu du jour par un homme redoutable, dont on sait qu’il est capable de terribles colères et d’irrémédiables décisions : Karl Rove, l’homme damné de l’équipe Bush, celui qui avait enterré McCain par une campagne de publicité ignominieuse en 2000 déjà en Caroline du Sud, aidé par son ami Charlie Condon. Les deux mêmes qui s’étaient empressés d’aider McCain en 2008 dans le même Etat. Ce Machiavel du pauvre a été dans tous les coups fourrés Bushiens : avec lui, il est inutile de parler éthique : ce mot est banni de son vocabulaire depuis très longtemps, au temps où il faisait ses premières armes auprès de "Tricky Dicky", autrement dit… Richard Nixon, affublé du Rove de l’époque, Henry A. Kissinger.

Outré, par ces menaces proférées devant témoin, un avocat de l’Ohio, Cliff Arnebeck, qui n’est pas un inconnu, venait juste d’écrire au procureur général Mukasey (malheureusement lui aussi dans la poche de l’équipe Bush, impliqué ailleurs également  et pas vraiment en forme actuellement) pour demander la protection de Connell et de sa famille, craignant des représailles de celui qui est considéré comme l’homme politique le plus dangereux de ces trente dernières années. Trop tard. Le maître d’œuvre de la victoire informatique de W. Bush en Ohio est mort vendredi dernier dans l’accident de son petit avion personnel monomoteur, un Piper Saratoga. Un accident comme il s’en est produit en fait pas mal sur le parcours de la famille Bush et de ses amis neo-cons : on songe obligatoirement et automatiquement à celui qui aurait permis le 16 octobre 2000 à John Ashcroft de se débarrasser de son grand rival démocrate Mel Carnahan. En 2002, l’enquête avait rendu responsable un indicateur de pression d’altitude défectueux, ce que personne n’avait réussi à croire. Le dernier message audio de Carnahan, pilote expérimenté du Cessna 335 immatriculé N8354N, après la traversée de turbulences et de zones de vents agités et glacés, avait déclaré au micro de bord "we’ve got our hands full right now," démontrant qu’il était bien maître des commandes de l’appareil. La conclusion de l’enquête officielle disait tout l’inverse : "the National Transportation Safety Board determines that the probable cause of this accident was the pilot’s failure to control the airplane while maneuvering because of spatial disorientation". La faute aussi paraît-il a un horizon artificiel défectueux…. et un indicateur d’altitude dont la pompe n’avait pas été purgée, comme essaie de le démontrer sans vraiment y parvenir ce rapport officiel. Au final, il faut savoir que le 8 novembre 2000 Aschcroft avait été finalement … battu par un mort, et surtout par sa femme Jean, qui s’était présentée au dernier moment, les électeurs ayant sanctionné semble-t-il le parti qu’ils rendaient donc responsable de l’éviction définitive de Carnahan, alors qu’Ascroft avait quelques longueurs d’avance à trois semaines de l’élection (et le jour du crash !). Jean fut ensuite battue en 2002 par le républicain James Talent. Ceci pour le premier squelette dans le placard.

A signaler que les républicains étaient allés, peu de temps après, jusqu’à utiliser l’indicatif de l’avion pour créer un site internet ouvertement pro-républicain (www.n8354n.blogspot.com) et pro-Christopher "Kit" Bond, le sénateur du Missouri ancien adversaire de Carnahan. "This is about personal decency. This is not political dialogue. This was meant to hurt people who are still grieving from that plane crash" en avait dit un proche, effondré par tant de bêtise. Chez les républicains, il y a bien longtemps que le sens de l’honneur a disparu semble-t-il, et W. Bush est donc bien leur représentant. Bond avait quand même limogé Ernie Blazar, l’auteur du site… mais également son responsable de communication de campagne…

En 2002, c’était le cas d’un autre candidat démocrate, Paul Wellstone, à bord lui d’un Beechcraft King Air A100. Un avion extrêmement sûr, qui n’avait connu que deux accidents avec décès dans les 6 ans qui avaient précédé le crash. Cette fois, on avait incriminé l’indicateur de vitesse. Juste avant sa disparition, Wellstone avait croisé Dick Cheney, qui lui avait dit ceci devant témoins  : "if you vote against the war in Iraq, the Bush administration will do whatever is necessary to get you. There will be severe ramifications for you and the state of Minnesota." Ce n’était pas Ashcroft, cette fois, mais Dick Cheney en personne qui était l’auteur de menaces. L’enquête sur l’accident avait été conduite de façon fort étrange, la CIA intervenant en premier sur les lieux du drame, comme l’avait remarqué le journaliste local Jim Fetzer, du Duluth News Tribune qui avait noté cette chose étrange : arrivés en voiture quelques minutes seulement après le crash, les hommes de la CIA avaient donc dû partir bien avant le décollage… et savaient donc où l’avion allait tomber ou avaient suivi au sol durant tout le vol sa trajectoire !


Les restes de l’avion de Paul Weston

Selon l’enquête, l’avion immatriculé N41BE de Wellstone était tombé faute de voler assez vite : il volait à 85 nœuds (un peu plus de 150 km/h) seulement selon le tableau de bord du crash ! Une hypothèse réfutée par les collègues des deux pilotes, qui avaient plus de 5 000 heures au compteur  : "It is hard to believe that two experienced pilots would fail to monitor airspeed," avait dit l’un d’entre eux lors de la commission d’enquête. Wellstone avait échappé peu de temps avant à un autre étrange phénomène : en visite en Colombie pour vérifier la lutte contre la drogue, il avait reçu la dose complète d’épandage sur la tête, provenant d’un avion agricole utilisé sur place. A haute dose ou ingurgité, le produit tout droit sorti de Monsanto peut s’avérer mortel ou gravement intoxiquer l’individu. Il était fermement opposé à l’intervention US en Colombie, et quelqu’un lui avait rappelé à sa façon que ça ne se passait pas comme ça… là-bas. Le journaliste curieux du Duluth News s’était alors renseigné sur les statistiques des crashs d’avions. Elles étaient inquiétantes, révélant qu’un avion emportant un démocrate avait presque deux fois plus de chances de tomber que le même emportant un républicain !  "In fact, of 22 air crashes involving state and federal officials, including one ambassador and one cabinet official, From the Wilderness found that 14 – 64 percent – were Democrats and 8 – 36 percent – were Republicans." Wellstone, surnommé avec mépris "Pablo" par l’équipe de Bush pour avoir soutenu une Amérique du Sud plus libre, était cordialement haï par trois personnes : Georges W.Bush, Karl Rove,et Dick Cheney. "There are people in the White House who wake up in the morning thinking about how they will defeat Paul Wellstone," a avoué un jour un sénateur républicain au journal The Nation. "This one is political and personal for them." Wellstone, en fait, été haï pour une raison simple : il avait découvert un joli pot aux roses. Le gouvernement fédéral et surtout le parti républicain local s’était sucré sur le dos des indiens depuis des années. Un scandale énorme. En 2001, il avait voté contre toute l’orientation de la politique bushienne en dénonçant au passage le détournement de fonds : "Wellstone voted against the Homeland Security Act and many of Bush’s judicial nominees. He pushed for stronger environmental programs, for genuine measures to counter corporate fraud, and for investigations into Sept. 11 and $350 million that was missing from the Bureau of Indian Affairs". Le lendemain de sa mort, on trouvait des voitures appartenant à des républicains tendance dure arborant fièrement des auto-collants "He’s dead, get over it." Le syndrome Carnahan, sans doute. Chez la famille Bush et les républicains les plus durs, le comportement n’a jamais été vers la compassion. Wellstone est bien le second squelette du placard Bushien.

Car ces deux disparitions successives d’élus qui étaient donnés largement vainqueurs ont joué un rôle crucial dans le paysage politique américain : de 2002 à 2004 le Sénat US était composé de 51 Républicains, de 48 Démocrates et d’un seul indépendant : il va sans dire qu’avec deux démocrates de plus, le cours de l’histoire eût été inversé. Jean Carnahan élue, mais battue dès 2002 ne permettait pas d’inverser le sens de l’histoire. Déjà à l’époque, on avait cité Karl Rove comme possible commanditaire des deux "accidents". Wellstone, en particulier, était annoncé haut la main, briguant alors un troisième mandat avec deux précédents forts réussis. Son rival heureux, Norm Coleman, avait osé en appeler au choix de Dieu pour son élection gagnée faute de combattant : "hey, I mourn the loss, but I am here and I am going to do what I think is the right thing to do and thank God I have a chance to be here." Toute l’hypocrisie des partisans de W. Bush, versés religiosité selon les besoins. Coleman était un ancien démocrate passé républicain, pour la seule et unique raison d’hériter ainsi d’un siège sénatorial. Une histoire qui rappelle d’autres traîtrises françaises, au moment où un sous-ministre est attendu dans le parti pour lequel il trahi sa famille d’origine en échange du maroquin tant convoité.

Bref, un banal accident d’avion peu très bien cacher un assassinat politique, on le sait, et si c’est le cas pour Connell, et si la justice le découvre, ça en est fini de W. Bush et de Karl Rove. Enfin, pourrait-on dire. Connell est à coup sûr le troisième squelette important du placard, pour ne parler aujourd’hui que de ceux-là. Car à partir des malversations de l’Ohio on remontera plus haut, c’est une évidence, et c’est bien pourquoi la disparition subite de Connell est de la dynamite, qui risque fort d’exploser à la face d’un homme qui a dirigé pendant huit années le pays le plus puissant du monde avec les méthodes d’Al Capone. La famille Bush est plus proche du gang que de l’organisation politique, le père aussi à un lourd passé dans ce sens, et c’est pourquoi la disparition de "l’homme informatique" de l’ère W.Bush est un événement extrêmement important. L’histoire, on l’espère, jugera un jour cet homme et sa famille pour leurs méfaits. On a pendu rapidement Saddam Hussein pour des tas de raisons, on verra bien quel sort attendra dans les jours futurs celui qui aura mené son pays à sa perte, sinon le monde entier, à ne penser qu’à son enrichissement personnel et non à ses concitoyens. La mort de Connell, retournant le soir du 19 décembre dans sa bonne cité de Hartville, Ohio, annonce peut être bien le réflexe de trop d’une équipe de mafieux ayant à leur tête Dick Cheney et se sachant découverts. C’est aujourd’hui une évidence : Connell, à peine refroidi, le "forrest gump" du parti républicain, surnommé ainsi tant il avait été présent partout ces dernières années est à partir de maintenant bel et bien le cadavre le plus encombrant de l’ère Bush. On savait qu’un jour ses placards pleins parleraient. Même si l’homme a du mal à se souvenir de ce qu’il y a dedans, et ne souhaite être jugé "qu’après sa mort" (ben tiens !). On ne savait pas que c’était le dernier occupant qui serait le meilleur révélateur des méthodes bushiennes.

La disparition de Connell, c’est le cadavre de trop, tout simplement. Je vous propose donc dans les épisodes suivants de revenir sur les hauts faits d’armes de Connell, qui, vous le verrez, expliquent aussi pourquoi l’équipe de W.Bush a pu être aussi tentée de s’en débarrasser. Pour eux, l’étau était en train de sérieusement se resserrer.


Par Morice pour
Agoravox, le 30 décembre 2008
 


Images du Crash de l’avion de M. Connell :

 

 

 

 

 

 

Selon Change.org, une nouvelle enquête sur le 11/9 n’apporterait pas de changements en Amérique

Suite aux nombreuses promesses de changement que Barack Obama a faites pendant sa campagne électorale, le site Change.org (à ne pas confondre avec Change.gov, le site officiel de l’équipe de transition Obama-Biden) propose de recueillir les souhaits du public et de les soumettre au vote. Les internautes sont donc invités à proposer et soutenir des idées qui, selon eux, sont susceptibles d’apporter un véritable changement en Amérique. Change.org s’engage à présenter les dix idées ayant réuni le plus de suffrages au nouveau Président le jour de son investiture, le 20 janvier 2009, ainsi qu’au Congrès, et à leur apporter son soutien à l’aide d’une imposante campagne médiatique sur le net.

Dès le 6 novembre, les premières idées ont été soumises afin de participer au premier tour de l’élection qui s’achèvera le 31 décembre. Le deuxième tour aura lieu du 5 au 15 janvier 2009 où les 3 meilleures idées de chaque catégorie seront en compétition, et soumises à un nouveau vote afin de décerner les 10 meilleures idées que Change.org transmettra à la nouvelle administration américaine.

Le 30 novembre, trois semaines après le début du concours, l’idée suivante a été postée dans la catégorie "Criminal Justice" (la justice criminelle) :

Conduct a new, independent investigation
into the attacks of September 11, 2001.

Given the hundreds of inconsistencies and contradictions that abound in the formal explanations provided to the world by the Bush Administration, it behooves the Obama administration to conduct a true, unbiased, independent investigation into what transpired on 9/11/01, which has since served as a pretext to start wars in Afghanistan and Iraq and roll back civil liberties via the Patriot Act.

Posted by Debora Blake on Nov 30, 2008 at 8:09 am PST


Conduire une nouvelle enquête indépendante
sur les attentats du 11 Septembre 2001.

Étant donné les centaines d’incohérences et de contradictions qui abondent dans les explications formelles fournies au monde par l’administration Bush, étant donné que cette tragédie a servi de prétexte pour lancer les guerres en Afghanistan et en Irak et pour réduire les libertés civiles par le biais du Patriot Act, il appartient à l’administration Obama de procéder à une véritable enquête indépendante et impartiale sur ce qui s’est passé le 11 septembre 2001.

Posté par Debora Blake le 30 Nov 2008 à 08:09 PST (17h09 heure Paris)

En à peine 48 heures, l’idée a reçu le vote de 660 citoyens désireux de saisir l’opportunité de faire entendre leur voix collectivement. Ce soutien rapide et massif a permis de propulser l’idée à la première place du classement des idées préférées, toutes catégories confondues.

L’écart en faveur de notre idée ne faisant que grandir, nous entrevoyions alors l’ouverture. En mobilisant tous les militants et sympathisants du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9 et en restant numéro UN des votes, il devenait possible d’attirer l’attention des grands médias et, selon la description du concours fournie par Change.org lui-même, l’attention du nouveau président Obama.

Pourtant à notre grande surprise, dans la nuit de dimanche à lundi, heure de Paris, les responsables du site Change.org ont promptement décidé de censurer l’idée alors qu’elle était de loin en tête de classement avec le double des votes de l’idée placé n° 2. Voici le mail qu’ils ont envoyé à toutes les personnes ayant voté pour elle :

Hello ******,

We wanted to send you a note about an idea you recently voted on in the Ideas for Change in America competition titled "Conduct a new, independent investigation into the attacks of September 11, 2001"
We support calls for truth and transparency in our government on every subject and welcome you to directly petition the new administration about this matter, which you can do at http://change.gov/page/s/ofthepeople. However, this is unfortunately outside the scope of the Ideas for Change in America project, which aims to offer specific policy solutions rather than investigations into past government action. As such, it is not eligible to enter the second round of the competition.
We understand that good people may disagree with our vision. But this is a private effort not connected to the Obama campaign or transition team, and we reserve the right to keep the competition and its content aligned with the stated mission and overall spirit of the project.
Thank you for your understanding. As mentioned above, we welcome you to directly petition the Obama administration about your proposal at http://change.gov/page/s/ofthepeople. And we hope you continue your work to advance change.

Best,

- The Ideas for Change in America Team


Bonjour ******,

Nous voulions vous envoyer un mot sur une idée pour laquelle vous avez récemment voté dans le cadre du concours des Idées pour le Changement en Amérique intitulé "Conduire d’une nouvelle enquête indépendante sur les attentats du 11 Septembre 2001".
Nous soutenons les appels à la vérité et à la transparence dans notre gouvernement sur tous les sujets et vous invitons à adresser une pétition directement à la nouvelle Administration au sujet de ce problème, ce que vous pouvez faire à http://change.gov/page/s/ofthepeople. Toutefois, ceci est malheureusement hors de portée du projet des Idées pour le Changement en Amérique, qui vise à offrir des solutions pour les politiques américaines plutôt que des enquêtes sur l’action gouvernementale passée. Pour cela, elle ne peut prétendre à entrer au deuxième tour du concours.
Nous comprenons que des gens bien soient en désaccord avec notre vision. Mais il s’agit d’une initiative privée sans lien avec la campagne d’Obama ou l’équipe de transition, et nous nous réservons le droit de maintenir le concours et son contenu alignés avec la mission qu’on s’est donnée et l’esprit général du projet.
Nous vous remercions de votre compréhension. Comme mentionné ci-dessus, nous vous invitons à adresser une pétition directement à l’administration Obama au sujet de votre proposition à http://change.gov/page/s/ofthepeople. Et nous espérons que vous continuerez votre travail pour contribuer au changement.

Bien à vous,

L’équipe des Idées pour le Changement en Amérique

Ainsi, ils déclarent que proposer l’idée d’une nouvelle enquête sur les attentats qui ont donné à l’Administration Bush l’occasion d’espionner ses concitoyens, de torturer, de déclencher deux guerres préventives en se basant sur des mensonges et plus généralement de fouler aux pieds la Constitution n’est pas synonyme d’« aller de l’avant » et ne remplit donc pas leurs critères. Peu importe le nombre de personnes qui veulent connaître la vérité sur le 11/9 ; ils refusent que l’idée soit promue et discutée sur leur site.

Il est, par ailleurs, très intéressant de noter que dans la FAQ du concours, on peut y lire:

What should my idea be about?

The mission of Ideas for Change in America is to identify and advance concrete solutions to the major challenges confronting the country, and we welcome any ideas consistent with this vision. Ideas that conflict with the spirit of this mission, that look backward instead of forward, that express values without offering solutions, that offer solutions which won’t receive serious consideration by either the Obama administration or the 111th Congress, that are intended to attack others, or are otherwise offensive are not eligible for the second round. We reserve the right to remove any ideas that violate these stated principles.


De quel sujet mon idée doit-elle traiter ?

La mission des Ideés pour le Changement en Amérique est d’identifier et proposer des solutions concrètes qui répondent aux défis majeurs auxquels notre pays se trouve confronté, et nous sommes ouverts à toute idée conforme à cette vision. Les idées contraires à l’esprit de cette mission, qui regardent en arrière au lieu d’aller de l’avant, qui expriment des valeurs sans proposer de solutions, qui proposent des solutions qui ne seront pas perçues comme étant sérieuses par l’administration d’Obama ni même par le 111ème Congrès, qui sont destinées à attaquer autrui ou qui sont insultantes ne pourront pas prétendre à passer au deuxième tour. Nous nous réservons le droit de supprimer toute idée jugée non conforme à ces principes.

Ainsi, nous apprenons que Change.org se permet de trier parmi les idées soumises celles qui ne seront pas perçues comme étant sérieuses par l’administration d’Obama ou par le Congrès. Nous pouvons bien nous demander pour qui Change.org se prend ? Par cette censure, le site Change.org a démontré qu’il n’est pas une « plate-forme sociale » mais bien un autre « chien de garde » en étroite collaboration avec d’autres associations "à but humanitaire", telle que, pour n’en citer qu’une, Focus on the Family, dont l’agenda est aligné avec celui des neo-conservateurs.

Un site retraçant cette affaire a déjà été créé sur le web :
http://www.topratedbutcensored911idea.com/ (l’idée mieux votée mais censurée sur le 11/9)
Vous y trouverez, entre autres, des captures d’écran attestant la position qu’avait atteinte l’idée et archivant les commentaires postés par les votants.

Pour votre information, nous listons ci-dessous des idées non censurées par Change.org que nous vous invitons à soutenir.

A l’heure où nous publions cet article, nous apprenons que Change.org procède à la suppression non seulement des commentaires qui font référence au 11/9 – des commentaires, précisons-le bien clairement, factuels et posés – mais aussi les comptes des utilisateurs. Ainsi, Change.org enfreint la liberté d’expression qui lui confère le droit même d’avoir un site web en ligne. Si le simple fait de proposer une idée d’une nouvelle enquête sur le 11/9 et d’en discuter librement est capable de provoquer cette réaction démesurée qui aboutit à la censure, alors la situation est bien plus grave que nous ne le croyions.

 

A l’aube du « grand jour » : le 11-Septembre et les « foules intelligentes » du web

Par Luc-Laurent Salvador pour Agoravox, le 24 septembre 2008

Les attentats du 11-Septembre 2001 ont eu un impact dévastateur sur la géopolitique mondiale comme sur les sociétés occidentales. Les guerres en Afghanistan et en Irak, les atteintes aux libertés individuelles des citoyens états-uniens ou européens, tout cela n’aurait probablement pas été possible sans cette catastrophe. Le mandat de Bush se termine sans que la version officielle de ces événements ait été remise en question malgré les efforts continus des truthers. Il y aurait matière à se décourager et toutes raisons de craindre que la persistance du mythe nous rapproche encore davantage de l’Apocalypse. Il conviendrait pourtant de voir que ces événements, précisément parce qu’ils perpétuent une logique sacrificielle que l’humanité a cultivée depuis ses origines, nous offrent une occasion unique de révéler à tous et, partant, d’invalider définitivement le mécanisme du « bouc émissaire » sur lequel le monde actuel repose encore. La possibilité d’un changement radical n’a donc jamais été aussi grande. Tous les espoirs sont permis car, grâce à internet et au web social, le peuple soumis à la propagande médiatique a enfin véritablement droit à la parole. Il ne reste plus qu’à trouver le moyen pour que cette parole s’exprime de manière souveraine et fasse taire pour toujours le mensonge d’une paix bâtie sur la violence sacrificielle.

« Je pense qu’il y aura des révolutions spirituelles et intellectuelles dans un futur proche. Ce dont je parle maintenant semble complètement fou et, pourtant, je pense que le 11-Septembre ne va cesser de gagner en signification ». René Girard, 2008, p. 29

Vers le « grand jour » ?

Qui n’a jamais vibré à l’idée d’un « grand soir », ce moment sacré où l’on sent que la foule ou le mouvement populaire avec lequel on fait corps est sur le point de renverser l’ordre établi ?

Après un XIXe révolutionnaire et passablement affolant pour les gouvernements de tous bords, l’éducation au XXe siècle a cultivé en chacun de nous un individualisme très rassurant pour les puissances de ce monde en général, les grands groupes marchands en particulier. Nous avons appris avec Hollywood à cultiver l’idée que seuls les héros changent le monde et nous sommes devenus de plus en plus méfiants vis-à-vis des mouvements collectifs, des illusions qu’ils véhiculent trop souvent et de la barbarie dans laquelle ils peuvent parfois verser, contrairement à nos démocraties toujours moralement impeccables puisque supposées protectrices des libertés individuelles. Pour le citoyen consumériste formaté par les médias, le « grand soir » n’est plus que le rêve passéiste de quelques révolutionnaires égarés. Quelle erreur !

Dans ce qui suit, je vais essayer de montrer pourquoi, depuis le 11-Septembre et, plus exactement, à cause de lui, les circonstances n’ont, paradoxalement, jamais été aussi favorables à une contestation radicale de l’ordre établi et à l’avènement du « grand soir », ou peut-être devrais-je dire, du « grand jour ».

En effet, au cours du XXe, le grand soir a souvent été un prélude à la nuit, le rêve a souvent tourné au cauchemar. Le grand jour semble préférable car il traduit l’idée d’un éveil, d’une sortie de l’illusion et du mensonge, d’une venue à la lumière. Dans l’Apocalypse, le grand jour est celui où Dieu exprime sa colère, mais si nous suivons le vieil adage « vox populi, vox dei » nous pouvons aussi considérer que voix du peuple = voix de Dieu, de sorte que le « grand jour » est alors celui où la voix du peuple peut enfin prévaloir. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas de dénigrer l’élan populaire des révolutions passées, mais plutôt de s’inscrire dans la continuité de ce qu’il avait de juste, de nécessaire et de sain pour, précisément, l’accomplir et venir, enfin, au grand jour.

À chacun de rêver ce dernier comme il le souhaite. La richesse des possibles n’est jamais un problème, si l’on reste disponible à ce qui se présente. Or, tout porte à penser que la possibilité d’un tel événement va grandissante car, ainsi que j’essaierai de le montrer, des foules innombrables n’attendent probablement qu’une occasion pour se mobiliser.

Que manque-t-il pour qu’elles le fassent ? Quelle forme pourrait prendre ce qui enclenchera le processus de cristallisation d’une opinion encore silencieuse, mais qui n’en pense pas moins ? C’est la question qui sera traitée dans l’article à suivre. Une réponse sera proposée qui devrait permettre à chacun de comprendre comment il peut aisément se mobiliser pour contribuer à l’avènement du grand jour.

Si la paix, la justice et la vérité ont la moindre valeur pour vous qui lisez ces lignes, sachez que vous êtes invités à l’action. Ça commence maintenant, par la prise de conscience du pouvoir qui est entre vos mains et qui, pour produire ses effets, a seulement besoin d’être exercé dans une solidarité que les foules intelligentes du web social ou du peer-to-peer peuvent mettre en acte de manière fulgurante. Un autre monde est réellement possible.

Le 11-Septembre est une opportunité

Comment le 11-Septembre pourrait-il favoriser l’avènement du grand jour ? Comment ce désastre qui est à l’origine de conflits internationaux, d’une guerre de cent ans contre le terrorisme et d’une restriction significative des libertés individuelles pourrait-il être regardé comme une opportunité ?

Pour la raison très simple que le 11-Septembre a amené le pouvoir politico-médiatique états-unien (mais aussi européen) à fournir un tel effort de propagande et de désinformation qu’il s’est en quelque sorte « exposé » et s’en trouve, à présent, fragilisé.

Cette « exposition » vient, en premier lieu, de ce que le pouvoir a lui-même donné la meilleure publicité à un acte qui a été indéniablement conçu pour être spectaculaire. Ensuite, dans l’accomplissement des attentats comme dans l’interprétation qu’il en a faite, ce pouvoir a laissé des traces, de nombreuses traces. Des actes, tout d’abord, des manquements ensuite, des mensonges et, peut-être le plus parlant, des silences inexplicables et inexpliqués sur une multitude de points cruciaux vis-à-vis desquels le public attendait et attend toujours des réponses. Ainsi, nous avons là un pouvoir qui ploie sous la charge de ses incohérences et de ses contradictions.

La chose n’est pas nouvelle me direz-vous, mais ce qui est nouveau et qui n’avait probablement pas été prévu, c’est que cette charge ne s’allégera pas, comme à l’accoutumée, en se perdant dans les brumes de la désinformation et de l’oubli. Nous avons enfin, avec le web, un média « grand public » qui a de la mémoire et qui pense en toute liberté, indépendamment des lobbies et autres groupes de pressions. Le formidable travail accompli durant toutes ces années par les truthers qui questionnent la version officielle est exactement ce dont nous avions besoin. Les mensonges des uns, les incohérences ou les silences complices des autres, ont été archivés, analysés et mis en ligne grâce à l’action diligente et bénévole d’une armée de volontaires soutenus financièrement par le public, mais surtout par des mécènes très impliqués comme Jimmy Walter.

Grâce à eux, chacun de nous peut à présent visionner en toute liberté et jusqu’à la nausée une vertigineuse somme d’informations dont la cohérence fait terriblement sens alors qu’elle aurait été censée se perdre dans le flux ininterrompu et subtilement désorganisé des nouvelles et des dépêches qui nous submergent jour après jour. Cet accès direct et instantané du citoyen à une documentation solide est un obstacle qui peut faire trébucher l’establishment politico-médiatique car, sur un nombre incalculable de points, ce dernier est incapable de répondre de manière cohérente aux questions qui lui sont adressées, non seulement par les familles des victimes, mais aussi par tous ceux qui savent qu’être citoyen c’est, avant toute chose, demander des comptes aux gouvernants.

C’est cela qui nous a permis de parvenir au point de bascule où nous nous trouvons à présent. Nous avons donc, avec le web, un puissant levier qui, joint au solide point d’appui qu’offre le 11-Septembre – en tant que monstrueux cas de terrorisme d’État – devrait permettre de renverser ces murailles millénaires de mensonges grâce auxquelles les peuples ont toujours été canalisés et dépossédés de leur pouvoir. Ainsi, un peu comme au judo, ce sera probablement l’intensité de l’effort fourni par l’adversaire qui permettra de le faire basculer, pour autant qu’on lui oppose, en temps et en lieu, ce qu’il faut de résistance.

Si l’incapacité du gouvernement américain à répondre aux questions légitimes qui lui sont posées devenait un fait établi, par exemple, grâce à un tribunal international, l’immoralité de sa violence serait reconnue et la guerre éternelle au terrorisme perdrait toute légitimité car nous pourrions la reconnaître pour ce qu’elle est : une manipulation. Tel est précisément l’objectif des truthers. Sa réalisation est la condition sine qua non du changement espéré. Et quel changement se serait !

En effet, si le gouvernement américain devait reconnaître avoir conçu et mis en œuvre les attaques du 11-Septembre afin de légitimer l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, le monde vivrait une véritable révolution dont, William Blum, bien que n’évoquant pas le 11-Septembre, nous donne une petite idée dans un chapitre intitulé Libérer le monde à mort :

« Si j’étais le président, je pourrais stopper les attaques terroristes contre les États-Unis en quelques jours. Définitivement. Je demanderais d’abord pardon, publiquement et en toute sincérité, à toutes les veuves et tous les orphelins, à tous les torturés, à tous les appauvris et à tous les millions d’autres victimes de l’impérialisme américain. Puis j’annoncerais que les interventions américaines à l’échelle mondiale sont terminées – y compris les atroces bombardements. J’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État de l’Union, mais, assez bizarrement, un État étranger. Je réduirais ensuite le budget militaire d’au moins 90 % et j’utiliserais les économies pour payer des réparations aux victimes et restaurer les dommages occasionnés par les nombreux bombardements et invasions américains. Il y aurait plus d’argent qu’il n’en faut [...] C’est ce que je ferais durant mes trois premiers jours à la Maison-Blanche. Le quatrième jour, je serais assassiné. » (Freeing the world to death), p. 96. tr. auct.

La reconnaissance de l’implication du pouvoir états-unien dans les attentats du 11-Septembre aurait probablement une ampleur plus importante encore car ce qui est en jeu, c’est une tradition de violence, qui remonte aux origines de l’humanité et dont on peut penser que ces événements constituent le sommet, l’aboutissement et, peut-être, osons l’espérer, le terme.

Le mécanisme sacrificiel

Selon l’anthropologue René Girard, les sociétés humaines seraient, depuis la nuit des temps, fondées sur un mécanisme sacrificiel qui aurait permis d’assurer la cohésion du groupe en canalisant sa violence contre une victime, accusée de tous les maux, et dont l’immolation rituelle ramènerait la paix dans le groupe, pour autant que le mécanisme en question reste méconnu et que personne ne reconnaisse un « bouc émissaire ».

Nous sommes les dignes héritiers de ces sociétés sacrificielles au sens où nous sommes tout autant portés à ces consensus accusateurs. La seule différence, mais elle est de taille, c’est que nous avons progressivement acquis la capacité à reconnaître l’existence de boucs émissaires, c’est-à-dire de victimes chargées d’une culpabilité qui n’est pas la leur dans le but de réconcilier le groupe. Cette capacité est précisément ce qui fait dérailler le processus sacrificiel car, en reconnaissant l’accusé comme victime, en n’acceptant pas l’accusation dont il fait l’objet et, en étant, en quelque sorte, témoins de son innocence, nous empêchons le consensus de se former. Lorsque l’accusation n’est pas unanime, lorsque certains se solidarisent avec la victime, la violence ne peut plus être expulsée par la mise à mort, elle reste dans le groupe. Le mécanisme sacrificiel ne peut s’accomplir et les accusés nous apparaissent alors pour ce qu’ils sont, des victimes, des boucs émissaires destinés à rassembler ou à mobiliser une communauté en détournant son attention des véritables coupables.

Par exemple, l’historien Tacite raconte qu’en l’an 64 de notre ère, pour se défendre de la rumeur qui le rendait responsable de l’incendie de Rome, l’empereur Néron aurait accusé les chrétiens qui ont alors été suppliciés par la population. À l’heure actuelle, nous reconnaissons aisément ces chrétiens comme les boucs émissaires de Néron et des Romains parce que nous n’adhérons pas aux accusations portées contre ce qui était alors une secte détestée « pour ses abominations… [et sa] … haine pour le genre humain. »

Par contre, lorsque notre capacité de reconnaissance des boucs émissaires est prise en défaut, nous participons à une accusation qui nous semble légitime, parce que unanime. Dans ce cas, le mécanisme sacrificiel fonctionne comme il l’a toujours fait.

Prenons le cas des terroristes tchétchènes qui, en septembre 1999, ont fait successivement exploser une dizaine d’appartements dans Moscou et sa banlieue, occasionnant plus de 300 morts. À quelques exceptions près, le peuple russe a été tout à fait unanime et s’est lancé dans une « chasse aux Caucasiens » dans les rues de Moscou. Poutine a pu engager la deuxième guerre de Tchétchénie avec la brutalité que l’on sait et se faire élire président dans la foulée. Il est assez évident qu’ici le mécanisme a fonctionné à fond parce que tout le monde y a cru. Ne sommes-nous pas tous prompts à juger le terrorisme islamique détestable « pour ses abominations… [et sa] … haine pour le genre humain » ?

Si vous n’y croyez pas, alors, verrez-vous là sans doute, encore une fois, des boucs émissaires. Vous n’auriez pas complètement tort car, en définitive, aucun élément de preuve démontrant l’implication des terroristes tchétchènes n’a pu être présenté. L’accusation est seulement venue du pouvoir et le peuple a suivi comme un seul homme ou presque. Cela paraît d’autant plus orwellien que Felshtinsky & Litvinenko indiquent dans leur livre Blowing up Russia que le seul attentat qui ait pu être déjoué dans la nuit du 22 septembre à Ryazan avait pour auteurs les services secrets russes, le FSB (ex-KGB).

Afin que personne ne se méprenne, je m’empresse d’indiquer que je ne souhaite pas, avec cet exemple, mettre la Russie en accusation, pas plus qu’avec cet article je ne souhaite mettre les États-Unis en accusation. Ce que j’essaie d’exprimer, c’est notre besoin universel d’une vérité qui ne pourra émerger que d’un consensus sur une histoire où chacun viendra tenir sa place, de bourreau ou de victime. Sous ce rapport, je crois sincèrement que les Européens n’ont de leçon à donner à personne et ont encore à assumer une histoire de violence sur laquelle, à l’exception du peuple allemand, ils ont tendance à fermer les yeux. Pour qui voudrait les ouvrir, sous le rapport du terrorisme d’État européen, je recommande la lecture de l’excellent livre de Daniele Ganser : « Les Armées secrètes de l’Otan ».

En définitive, tout dépend de notre capacité à sortir du cercle des accusateurs pour nous mettre à la place de l’accusé et comprendre sa situation. Selon que nous serons ou non avec l’accusation, nous verrons des dangereux criminels ou, au contraire, des boucs émissaires.

Pour les chrétiens martyrisés, les juifs, les sorcières, l’efficience de l’histoire a déjà permis que nous sortions tous ou presque du cercle des accusateurs. Par contre, les immigrés, les « jeunes des banlieues », les chômeurs et autres « assistés » sont encore des coupables « tout trouvés » vis-à-vis desquels le nécessaire travail de distanciation ou de dépassement des préjugés n’a pas été accompli.

Pour anéantir la « Matrice »

Renverser l’ordre établi, c’est mettre fin à ce cercle vicieux de la violence qui, depuis la nuit des temps, engendre la paix qui a besoin de la violence. Refuser cette fabrique perverse du lien social est probablement le seul moyen de sortir de la barbarie dans laquelle nous nous enfonçons.

Cela devient possible à présent parce que l’attention du monde entier a été polarisée par le 11-Septembre. Si sa signification passe, aux yeux de l’opinion publique internationale, d’un complot Al-Qaïda à un complot Bush & cie, tous verront alors la puissance hypnotique qu’un tel événement a pu avoir sur eux et, ainsi qu’il est bien connu, « un homme averti en vaut deux ». Chacun sera à l’avenir porté à reconnaître ce procédé dans les multiples formes qu’il est susceptible de prendre au niveau politique. Nulle conspiration ne passera plus lorsque nous serons tous des adeptes de la « théorie du complot ».

Le fait que nous ayons à faire sens de quelque chose qui est vieux comme le monde et qu’en définitive nous connaissons déjà très bien ne doit pas nous décevoir. Cela montre seulement que l’ordre ancien doit encore être aboli. La nouveauté, c’est que nous en avons enfin le pouvoir, nous nous trouvons clairement à un moment charnière de l’histoire. Car chacun sait dorénavant tout ce qu’il faut savoir. Il ne nous reste plus qu’à le reconnaître et à agir, c’est-à-dire, mettre nos actes en conformité avec nos convictions, pour faire œuvre révolutionnaire.

En effet, ce qui pourra précipiter la chute des puissances de ce monde et mettre au grand jour le système d’accusations mensongères au travers duquel sont « fabriqués » les ennemis nécessaires pour manipuler et contrôler les masses, jusqu’à les faire consentir à la guerre et au massacre des innocents, ce n’est pas un élu à la Néo ou une « dream team » de fantastiques super héros. Anéantir la matrice du mensonge dans laquelle nous vivons ne peut se réaliser sans les obscurs citoyens que nous sommes pour la bonne raison que cette matrice, c’est nous qui l’entretenons.

Ce sont les masses qui sont les véritables sources du pouvoir et c’est pourquoi les puissances de ce monde veillent à ce qu’elles soient constamment placées sous l’influence des médias. La matrice se délitera quand chacun s’en désolidarisera en affirmant son refus de voir ces violences accomplies en son nom. L’acte que chacun doit accomplir s’il ne veut plus contribuer à la matrice, c’est en sortir. Cela, personne ne peut le faire à notre place.

Vaincre la peur du ridicule

Rien ne peut mieux éclairer la situation présente que le vieux conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur. Cette belle histoire raconte comment deux escrocs jouant de la peur du ridicule et de la tendance moutonnière des humains réussirent à faire croire un énorme mensonge à tout un peuple. Ils prétendaient tisser une toile incroyable de finesse que les sots ou les incapables ne voyaient pas. Pris tour à tour dans la peur du ridicule, le roi, puis ses conseillers et enfin le peuple tout entier en vinrent à faire semblant d’admirer des habits merveilleux sans pouvoir avouer qu’ils ne les voyaient pas, de peur de passer pour des sots ou des incapables. Tous étaient convaincus de l’existence de ce tissu, puisqu’ils croyaient que tous les autres le voyaient. Lors du défilé de l’empereur dans les rues, un enfant, innocent et, donc, étranger à la peur du ridicule, s’exclama « l’empereur n’a pas d’habits ! » Son père pris sa défense, affirmant qu’il ne pouvait mentir et, très vite, la foule se mit à chuchoter puis à s’exclamer que l’empereur n’avait effectivement pas d’habits. Ce dernier comprit que son peuple avait raison, mais il continua de faire semblant, pour sauver les apparences.

Il y a ici un parallèle à faire avec la situation actuelle. Il est, je crois, assez évident : une large part de la population a connaissance de nombreux faits qui falsifient complètement la version officielle et permettent d’accepter cette chose énorme : « le roi est nu », autrement dit, les attentats du 11-Septembre sont « Made in USA ».

Mais il y a aussi une différence qui saute aux yeux : hormis le cyberespace, le grand public forme une majorité silencieuse. Les prises de conscience s’opèrent dans le for intérieur de chacun et ne sont exposées qu’a minima, même dans la sphère privée. La raison en est que l’espace public est actuellement dominé par la représentation mensongère assénée par les médias du pouvoir, de sorte que chacun tend à se croire plus ou moins seul à penser ce qu’il pense. Chacun craint donc de se voir discrédité, ridiculisé ou rejeté par un entourage dont le silence ou le désintérêt lui semblent une preuve de soumission aux médias en question.

Nous sommes tous concernés par cette peur et, cela, de manière variable en fonction de notre statut social. Les journalistes, les politiques, mais aussi tous ceux qui font profession de respectabilité, comme les universitaires, sont, de loin, les plus exposés. Cette pression qui s’exerce sur l’individu lorsqu’il est « en vue » explique l’étonnant contraste entre, d’une part, le silence observé dans la sphère publique « officielle » sur la question du 11-Septembre et, d’autre part, la formidable agitation autour de cette dernière dans les commentaires des lecteurs de la presse alignée comme dans le web social en général.

Quoi qu’il en soit, tout se passe comme si, contrairement au conte d’Andersen, les « cris » des truthers n’avaient pas (encore ?) réussi à délier les langues. La rumeur qui enfle sur le web social semble insuffisamment audible dans la sphère publique pour amener quelques politiques ou journalistes courageux à prendre le relais, et ce, malgré des avancées marquantes comme le débat qui a récemment eu lieu au Parlement européen. Le poids du silence médiatique est ici tellement lourd qu’on doit raisonnablement se demander s’il est encore possible de changer l’état des choses.

Cette question, un peu désespérée et désespérante, Jimmy Walter se l’est posée. Alors qu’il a initié et formidablement soutenu le mouvement des truthers pendant de longues années, il a répondu, à regrets, par la négative.

Selon lui, en effet, la plupart des gouvernements et des médias connaissent parfaitement la vérité, mais nul ne bougera, « pas même Hugo Chavez du Venezuela, l’Iran ou les médias de gauche ». Les mouvements protestataires sont évoqués a minima ou carrément ignorés par les médias de sorte qu’il n’y aurait plus d’espoir et qu’il ne resterait plus qu’à « faire preuve de compassion pour les proches qui souffrent encore [du 11-Septembre] et se préparer pour les désastres à venir. Car ils ne vont pas abandonner ou s’arrêter là. »

En même temps qu’il écrivait cela, Jimmy Walter a indiqué son retrait du mouvement des truthers. J’imagine que, parmi ces derniers, plus d’un a dû se sentir orphelin et quelque peu perplexe. Tous ces efforts pour informer auraient-il été accomplis en vain ? N’y a-t-il donc pas moyen de vaincre la censure et la démonisation dont fait l’objet la question du 11-Septembre ? Devons-nous nous résigner à l’idée qu’hormis le web, les espaces de liberté de pensée ne relèvent plus que de la sphère privée ?

Pour ma part, je ne le crois pas. La chape de plomb médiatique peut sûrement être renversée, mais, sans forcément changer de stratégie, il nous faudra trouver une nouvelle tactique. Une nouvelle pierre doit être apportée à l’édifice des truthers pour qu’il puisse enfin atteindre la sphère publique des médias « officiels ». Dans l’article à suivre je ferai une proposition en ce sens. Il devrait apparaître, sans surprise, que la solution est entre nos mains. Sa réalisation dépend de chacun de nous, elle dépend de vous, lecteurs, et de votre pleine conscience que le moment d’agir, c’est maintenant ou jamais, avant qu’un nouveau désastre (économique ou guerrier) ne se présente.

Thierry Meyssan : « l’internet est déjà un champ de bataille au sens militaire du terme»

Jérôme Bouteiller (NetEco) pour L’expansion, le 29 juillet 2008

Journaliste indépendant et auteur controversé, Thierry Meyssan s’appuie depuis de longues années sur le Net pour mener ses enquêtes et diffuser ses idées. Entretien exclusif avec l’auteur de l’Effroyable Imposture qui revient sur son engagement et son utilisation d’un outil internet, rattrapé par la censure…

JB – Thierry Meyssan bonjour ! Médiatisé pour avoir remis en cause la version du gouvernement des Etats-Unis sur le déroulement des attentats du 11 septembre 2001, vous êtes également secrétaire général du Parti Radical de Gauche et président de l’Association le Réseau Voltaire qui milite, depuis 1994, pour la liberté d’expression. En quelques mots, comment définiriez vous votre action ? Quelle est votre ambition première ?

Thierry MeyssanTM – Mon ambition, c’est à la fois comprendre et influer. Je suis un analyste politique et un militant. Contrairement à la vision actuelle de la profession, je ne conçois le journalisme que de cette façon. Je ne me retrouve ni dans la presse d’opinion qui commente l’actualité sans remettre en question la vision qu’on nous en donne, ni dans la presse dominante qui, par son refus de prendre position, défend le désordre établi.

J’ai été responsable du Parti radical de gauche de 1994 à 2008. Mais j’ai désormais quitté la France et ne peux plus assumer cette fonction. Je reste très attaché à cette philosophie qui place de hautes exigences et accepte des compromis difficiles à la fois par réalisme et par discipline démocratique.

J’ai effectivement été trés médiatisé à la suite de mes travaux sur les attentats du 11 Septembre et l’évolution politique des États-Unis. Si j’ai fait l’objet d’une campagne de dénigrement d’une rare violence dans les pays anglo-saxons et en France, j’ai bénéficié d’une forte reconnaissance notamment dans les pays méditerranéens et en Amérique latine. Je me suis trouvé soudain propulsé sur la scène internationale et j’ai depuis la chance d’être consulté par de nombreux leaders politiques dans le monde qui attachent de l’importance à mes analyses. Je suis toujours surpris de voir le décalage entre mon activité et le portrait peu flatteur que la presse française dresse de moi. Ne dit-on pas que nul n’est prophète en son pays ?

JB – Depuis trois ans, votre site VoltaireNet.org s’est mué en «agence de presse non alignée». Cette nouvelle formule a t’elle séduit les internautes ? Quelle est votre audience ? Comment financez vous votre activité ?

TM – Depuis mon travail lors de la guerre du Kosovo, je suis préoccupé par la domination de quelques agences de presse (AP, Reuters, AFP) qui imposent leur vision des événements à l’ensemble du monde. Cela m’a conduit à renouer avec le combat du Mouvement des non-alignés contre la dominance informationnelle qui avait secoué jadis l’UNESCO. Persuadés que les journalistes locaux savent mieux ce qui se passe chez eux que les agences de New York, Londres et Paris, nous avons constitué un réseau d’agences de presse, de journaux et de revues et nous avons commencé à syndiquer nos articles. Cette formule est un succès éclatant en Amérique latine, où notre réseau est devenu la première source d’information indépendante. Nous balbutions dans le monde arabe et cela reste à construire dans le reste du monde.

Nous n’envisageons pas l’internet comme un média à part. Nous essayons de nous appuyer aussi sur de nombreuses publications papier. Quant à moi, je publie des livres, j’écris des articles pour de grandes revues politiques en Russie, dans le monde arabe et en Amérique latine. Je participe à de nombreuses émissions de radio et de télévision dans le monde et j’en présenterai bientôt moi-même. L’internet est cependant le média de loin le plus fluide et le moins onéreux.

Au début, notre activité était financée par mes droits d’auteur car mes ouvrages ont connu un succès mondial. Mais, après que mon éditeur (*) ait organisé sa faillite en me volant les droits qu’il avait encaissé en mon nom, nous nous sommes trouvés dans de grandes difficultés. Actuellement, tous les frais techniques et certains frais de traduction sont financés par les dons des lecteurs. Même si ceux-ci sont généreux, notre marge de manœuvre est restreinte.

JB – Les pannes observées ces dernières semaines sur VoltaireNet.org étaient elles la conséquence de ce succès ou des réponses électroniques de la part d’opposants à l’action du Réseau Voltaire ? Selon vous, qui se cache derrière ces attaques ?

VoltaireNet SarkozyTM – Nous avons d’abord été victimes de notre succès. Le serveur que nous utilisions n’a pas supporté l’augmentation du trafic sur nos sites. En effet, outre Voltairenet.org, nous éditions des sites pour nos partenaires ainsi que des bases de données documentaires. Avec ces perturbations, notre site principal, Voltairenet.org, a perdu de l’audience. Il tourne néanmoins à 1,3 million de visiteurs distincts par mois.

A cela se sont ajoutées diverses attaques que nous avons eu du mal à interpréter, jusqu’à conclure au sabotage interne. Il se trouve que nous venions de lancer un appel de dons à nos lecteurs. Plus de 1500 nous ont répondu, cela nous a permis de prendre le taureau par les cornes : nous avons changé d’hébergeur et d’équipe technique. Nous disposons désormais d’une machine dédiée ultra-moderne, d’une bande passante très large et d’une équipe technique capable d’intervenir 24 h sur 24. Nous basculerons les DNS dans les prochains jours et reprendrons progressivement le rythme de nos publications.

Nous avons par le passé fait l’objet de nombreuses attaques informatiques. Non seulement les traditionnelles attaques par requêtes multiples pour saturer le site, mais des choses plus sophistiquées, par exemple la pénétration dans les bases de données pour en changer le contenu. Sans parler des attaques physiques avec la destruction d’une de nos machines hébergée dans un centre de télécom pourtant protégé.

JB – Contrairement aux pratiques en vogue dans la blogosphère, votre site ne propose aucune interactivité avec ses lecteurs. Redoutez vous des excès de leur part ? Pourquoi ne pas miser sur une forme de «collaboration » avec les internautes ?

TM – C’est un grand regret pour nous tous. Nos tentatives de créer des forums nous ont vaccinés. Nous avons immédiatement été envahis par des agents provocateurs de toutes sortes qui faisaient déraper les discussions ou postaient des messages racistes ou extrémistes pour nous discréditer.

JB – Au delà des problèmes techniques et financiers, estimez vous qu’internet facilite la liberté d’expression d’associations telles que la vôtre ou craignez vous également le développement de la censure sur ce nouveau média, y compris en France ?

TM – Bien sûr qu’internet facilite l’exercice de la liberté d’expression. De ce point de vue, la généralisation d’internet est une révolution politique qui bouscule les institutions. Mais cette liberté est relative. Nous devons d’abord affronter nos propos limites intellectuelles. Dans les sociétés modernes, nous avons perdus la capacité de penser par nous-mêmes et avons adopté le comportement grégaire du consommateur de mass-média. Lorsque nous nous affranchissons de nos préjugés, nous devons faire face à toutes sortes de pressions. Et si la profession journalistique ne brille pas par son courage, il n’y a pas de raison que le reste de la société soit meilleur.

Historiquement, chaque média nouveau est un bol d’air frais. Mais avec le temps, il fait l’objet d’encadrements législatifs et réglementaires qui l’étouffe. Il en sera probablement de même pour l’internet lorsque l’on aura trouvé des moyens techniques pour le contrôler.

Au delà de la censure, qui est un phénomène national, l’internet est déjà un champ de bataille au sens militaire du terme. Les États-Unis ont détruit des milliers de sites pendant la guerre du Kosovo. Israël a fait de même pendant la guerre de 2006 contre le Liban —et à cette occasion une unité spécialisée de Tsahal a réussi à bloquer temporairement notre site pourtant hébergé à ce moment là sur le territoire français—. En vue du prochain conflit, l’US Air Force vient d’investir des sommes considérables pour acquérir des matériels lui permettant de détruire des dizaines de milliers de sites en quelques jours. Personne n’est à l’abri et ne comptez pas sur le gouvernement français pour vous défendre si votre site est attaqué par ces États.

JB – Thierry Meyssan, je vous remercie.


Note : (*) Meyssan fait référence à Carnot, l’éditeur original de L’Effroyable Imposture et Le Pentagate.

G8 : Vers une police globale de l’internet ?

Article de Wesson paru sur AgoraVox le 14 juillet 2008

Le G8, c’est l’occasion pour les grands de ce monde d’aborder des discussions consensuelles : l’explosion du prix des denrées alimentaires, la maitrise du réchauffement planétaire, autant de beaux sujets qui feront les délices de la presse quotidienne.

Mais il y des sujets en discussion au G8 qui devraient se faire nettement plus discrets : l’Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) en est un dont on ne risque pas d’entendre parler. Il s’agit ni plus ni moins que d’une mise en coupe réglée de l’internet et du droit sur la propriété intellectuelle.
 

ACTA, qu’est-ce que c’est ?

L’ACTA est un accord global visant à instaurer un véritable état policier au niveau mondial concernant la propriété intellectuelle. Il a été établi à la demande de la RIAA et MPAA, deux associations américaines bien connues pour leur défense des intérêts de l’industrie du disque et du cinéma par un lobbyisme intensif.

L’accord OMC-TRIPS vieillissant, les Etats-Unis, la commission européenne, le Japon, la Suisse, puis rejoints par le Canada, l’Australie, la Corée, le Mexique et la Nouvelle-Zélande, ont discuté d’un nouveau droit sur la propriété intellectuelle. Dans un parfait langage marketing, ils ont appelé ça ACTA – Anti-Counterfeiting Trade Agreement.

Un document secret de travail a été établi, très court mais passionnant.

Il contient la proposition d’un accord commercial multilatéral renforçant strictement les droits de propriétés relatifs à l’activité d’Internet.

On y déniche page 3, paragraphe 1 une clause "tueuse de pirate bay", qui criminalise toute aide d’un site à vocation non commerciale à l’échange d’information non autorisée sur Internet.

Une définition tellement vague que l’on pourrait y inclure des sites tels que Agoravox.

Un peu plus loin, il est question d’une interdiction pure et simple de mesures de contournement quelle qu’elle soit, qui rendrait illicite par exemple les lecteurs DVD dézonnés ou le retrait de MTP (DRM).

Il y a aussi l’imposition d’une forte coopération de la part des Fournisseurs d’accès à Internet, qui devront révéler les informations personnelles de leurs abonnés sur demande.

Le contrôle à la frontière n’est pas oublié non plus. Il y est question d’une "autorité compétente" qui serait à même de saisir tout ordinateur/ipod/téléphone sans avoir été mandaté par les ayant droit.

Bref, un catalogue de mesures techniques, de répression et de flicage divers. Par contre, rien n’est prévu pour la délinquance financière internationale.

La discussion sur ce texte a été menée dans le plus grand secret. Ni l’OMC, ni l’OMPI n’ont été invités à la table des négociations. On ne connaitra le texte que lorsqu’il sera prêt à être signé, et il ne sera pas possible d’en modifier les termes.

Et il semblerait que ce soit pour bientôt. Vu les dernières déclarations faites au G8, l’accord serait sur le point d’aboutir :

"Nous encourageons l’accélération des négociations pour établir un nouveau cadre légal international, ACTA, et nous pensons terminer la négociation à la fin de cette année".

Un accord international pour une législation délirante

C’est un moyen très pratique d’imposer une législation très impopulaire par un accord international qui s’appliquera sans qu’un parlement puisse en minimiser les termes ou la portée. Bien entendu, on prétend que l’adhésion à cet accord sera sur la base du volontariat ; en pratique, il y a peu de pays qui pourront refuser cette "invitation".

Et pourtant, il ne s’agit de rien d’autre que de la généralisation au niveau mondial de ce qui se fait de pire en matière d’intrusion et de contrôle de la vie privée et de sanctions démesurées. Que peut-il sortir d’autre d’un accord dont on ne sait rien, sauf qu’il se négocie sous la dictées des entreprises multimilliardaires d’Hollywood ?

Que peut-on faire pour empêcher cela ?

L’administration Bush souhaite sa finalisation pour avant la fin de son mandat, c’est une course de vitesse. Heureusement, cet accord pose de nombreux problèmes qui seront complexes et long à résoudre.

Par exemple, le parlement européen n’est pas d’accord sur les conditions de suspension / résiliation de l’abonnement internet pour les utilisateurs de P2P. Il est possible qu’un désaccord persiste longtemps sur ces questions entre l’Europe et les Etats-Unis.

Également, la commission européenne n’a pas de mandat pour imposer des sanctions en matière de copyright. Ce volet sanction devra passer par tous les parlements des pays européens, avec les conséquences électorales qui pourraient en découler. Ça prend du temps et laisse des traces longues à faire oublier.

Et pour finir, le secret qui entoure cet accord est aussi une de ses faiblesses. La Commission aurait dû obtenir un mandat pour mener des négociations, et si c’est le cas, personne n’est au courant. De plus, la Commission n’a pas de légitimité pour négocier le volet des sanctions légales, un accord clé en main prêt à signer aura du mal à en contenir.

Mais hélas, nous n’en sommes pas à la première couleuvre avalée dans ce domaine. C’est pourquoi il est important de demander, auprès de son député, du gouvernement ou de la présidence de l’Europe, la publication du contenu de cet accord, et la définition précise du mandat dont dispose la commission concernant les termes de l’ACTA.

Plus que jamais, il est important d’agir contre cette ACTA, une DADVSI 3 en édition internationale, pour que de tels accord ne puissent plus être négociés et passés en secret.


Sources :

* wikileaks.org : Le site ayant publié le premier document de travail sur l’ACTA

* torrentfreaks : ils en ont parlé

* The Pirate Bay : Une cible identifiée de l’ACTA

* ACTA sur wikipédia (en Anglais)

Le pentagone déclare la guerre cybernétique

L’US Air Force cherche à prendre le contrôle d’Internet

Source : http://www.lepost.fr/… -d-internet.html

Prendre le contrôle en mode invisible de n’importe quel ordinateur dans le monde. Voilà l’objectif affiché par L’US Air Force. Une fois pénétré, l’ordinateur sera pillé de toutes les informations de l’ennemi.

C’est ce que révèle Noah Shachtman dans son article intitulé Air Force Aims for ‘Full Control’ of ‘Any and All’ Computers, où il décrit l’objectif de l’armée de prendre le contrôle de n’importe quel ordinateur dans le monde.

Pour cela un "Cyberspace Command," a été créé. En son sein, les "cyberspace geeks" ont pour mission de prendre le contrôle d’Internet comme les aiguilleurs contrôlent le ciel depuis leur tour de contrôle. Des agences d’état américaines, comme le Ministère de la Sécurité Intérieure, ont établi un programme de 5 ans, le "National Cybersecurity Initiative", afin que les hackers fédéraux puissent tester les dernières attaques électroniques mises au point. Pour un coût de 30 milliards de dollars.

L’US Air Force, dans une note interne, rappelle que les temps ont changé : "Avant, pour faire la guerre il fallait une armée, aujourd’hui tout ce dont vous avez besoin est une connexion internet". Lundi dernier le laboratoire de recherche de l’US Air Force a débloqué un budget de 11 millions de dollars pour le développement de programmes pour un "Dominant Cyber Offensive Engagement."

Deux stratégies s’affrontent au sein de l’armée : détruire les websites ennemis [voir deuxième article ci-dessous] ou exfiltrer l’information en douceur. Avec une petite préférence tout de même pour celle qui consiste à tout détruire! On reconnaît là les boys!

Les travaux pratiques ont déjà commencé : il y a deux semaines une équipe de cadets de West Point, l’académie militaire américaine, a mis au point un programme bouclier qui a permis de repousser une attaque lancée par les geeks de la NSA.


Le Pentagone veut pouvoir détruire tous les sites Internet qui le gênent

Source : http://www.voltairenet.org/article157054.html

Le Pentagone a décidé de se doter d’une unité spécialisée capables de détruire soudainement l’ensemble des sites internet de ses adversaires en cas de conflit.

La « guerre des réseaux » (Network Warfare) est du ressort de l’Armée de l’Air. Elle est dirigée par le général Keith B. Alexander, le patron de la NSA.

La 67eme brigade de guerre des réseaux dispose déjà de plus de 8 000 hommes sous le commandement du colonel Joseph Pridotkas. L’un de ses esquadrons sera équipé, d’ici octobre, de puissants robots capables de faire tomber des milliers de sites à la fois. Il s’agit d’appliquer le concept du « tapis de bombes » au cyberspace, indique le colonel Charles W. Williamson dans le dernier numéro de l’Armed Forces Journal.

11-Septembre : un sauvetage numérique ?

Les médias se sont souvent dévoyés dans leur traitement du 11-Septembre : d’abord, en adoptant une hiérarchie de l’information aberrante ; ensuite, en réduisant tous les insatisfaits de la version officielle à une bande d’aliénés. Savoir hiérarchiser l’information et ne jamais pratiquer l’amalgame et le simplisme constituent pourtant deux qualités obligées du journaliste. Ce qu’on peut qualifier de "naufrage médiatique" trouve néanmoins son point d’accomplissement dans un paradoxe : en effet, si les médias soutiennent globalement l’histoire officielle, ce sont pourtant leurs propres journalistes qui ont, ici ou là, contribué à en dynamiter des pans entiers. Internet, avec ses ressources inédites, permet de s’en rendre compte et de mesurer l’ampleur du désastre. Et peut-être aussi d’y remédier. Certains s’y emploient, comme le chercheur indépendant Paul Thompson.

Cet article est la suite de 11-Septembre : un naufrage médiatique, paru le 8 avril 2008 sur AgoraVox.

Internet et la bataille de la mémoire

Les médias de masse n’ont pas vraiment, c’est le moins qu’on puisse dire, poussé les gens à remettre en cause la "vérité établie" au sujet du 11-Septembre. Pourtant, près de la moitié des Américains voulaient en 2006 une nouvelle enquête sur les attentats (que 81 % d’entre eux considèrent d’ailleurs comme l’événement le plus important de leur vie). D’où une telle insatisfaction a-t-elle bien pu naître ? Peut-être de la fréquentation de ces lieux sur le Net, où de simples individus bénévoles récoltent patiemment et laborieusement toutes les informations – parfois surprenantes – qu’ils trouvent sur le 11-Septembre. Des informations sorties, bien souvent, tout droit des médias traditionnels, et même de médias de grand renom… mais qui ont réussi à passer plus ou moins inaperçues, perdues dans le flot d’informations (pas toujours essentielles) qui nous submergent chaque jour. Une info en chassant une autre, et le rythme de l’information s’accélérant sans cesse, le triomphe de l’oubli semblerait assuré…

Il serait assuré sans Internet et sa mémoire phénoménale, ses archives, ses liens par centaines, par milliers, qui permettent de retrouver et de relier entre elles des informations qu’on aurait sinon à jamais perdues… avant peut-être qu’un rat de bibliothèque, un historien, ne fasse le travail quelques années ou décennies plus tard. Internet permet de ne pas attendre cinquante ou cent ans pour réviser une histoire qui, d’évidence, nous ment (au moins dans certaines lignes). S’il ne suffit pas pour découvrir toute la vérité, le Net est une arme suffisante pour débusquer nombre de mensonges. D’autant que, si l’on en croit l’ancien analyste de la CIA Raymond McGovern, près de 80 % des informations – même sensibles – sont disponibles dans le domaine public (9/11 Press for Truth, 30e minute).

Si notre temps numérique paraît ainsi celui de la mémoire courte, de la mémoire en péril, de l’oubli instantané, il est aussi celui de la mémoire retrouvée, aussi rapidement qu’elle a été perdue. Le vagabondage, le papillonnage, l’errance hypertexte et hypermédia, auxquels prête naturellement le web, sont en effet à double facette : ils peuvent constituer tout aussi bien une ruine pour la mémoire qu’une chance unique pour sa survie et son intégrité ; aussi bien une aubaine pour les falsificateurs de l’histoire, que l’assurance de leur échec. La vigilance active des internautes connectés en réseaux est ce qui peut faire la différence ; l’activité de veille sur Internet, d’archivage et d’échanges est essentielle, que de simples individus ont d’ailleurs mis en œuvre dans le cas du 11-Septembre depuis que le doute a commencé à les tenailler.

Extraire les pépites de la boue : en quête des informations dissimulées

Paul Thompson est l’un de ces veilleurs ; il est peut-être le plus emblématique. Avec lui, la mémoire du 11-Septembre est sauve. Depuis mi-2002, ce chercheur indépendant alimente la base documentaire Complete 9/11 Timeline. Chronologie détaillée époustouflante du 11-Septembre et de son contexte, qui recense, thème par thème (et ils sont nombreux), la quasi totalité des informations parues dans les médias sur le sujet. Plus de 7000 articles y étaient déjà compilés en 2006, lors de la sortie du documentaire 9/11 Press for Truth, qui en est adapté. Voici ce que Paul Thompson y déclare (31ème minute) et qui éclaire bien l’intérêt de son travail : "Quand j’ai commencé mes recherches, j’ai remarqué cet étrange phénomène : il y a beaucoup d’informations explosives qui sont sorties dans la presse, mais elles ont été étouffées. [...] On peut trouver une partie d’une information importante dans la presse et une autre partie dans un journal télévisé. Si vous assemblez toutes ces parties diffuses, vous obtenez un récit très différent du 11-Septembre." Et il poursuit (36ème minute) : "On pouvait trouver un article à la Une, et un autre en milieu de journal. J’ai remarqué plusieurs fois que l’article du milieu était plus important que celui de la première page." Ce travail de patience s’apparente à la reconstitution d’un puzzle. Un puzzle dont il a fallu, au préalable, aller chercher minutieusement les pièces, une par une, les doigts dans la terre, et la loupe à la main, quêtant la plus petite des pépites. Avec d’autant plus de soin que les pièces les plus importantes s’avèrent souvent être aussi les moins visibles.

Voici un exemple d’information de toute première importance, quasi imperceptible, lancée en passant, comme si de rien n’était, dans un long et dense article du Figaro du 20 juillet 2007 intitulé "Pakistan : la Mosquée rouge, centre névralgique d’al-Qaida" (un peu comme un diamant qu’on jetterait dans une mare boueuse, rendant son éclat indétectable… ou presque). Au beau milieu de votre lecture, vous tombez sur ça : "En mai dernier, en pleine crise avec les dirigeants de la mosquée, le président Musharraf avait accepté de libérer un ex-responsable de l’ISI, Khalid Khawaja emprisonné depuis plusieurs semaines. Il était accusé d’avoir introduit dans les bâtiments de la mosquée des responsables d’al-Qaida et des armes ! Ce membre de l’ISI est celui qui servait d’instructeur pour les explosifs dans les camps d’al-Qaida, notamment à Shakar Dara. C’est lui qui avait manipulé Richard Reid, cet Anglais qui avait essayé de faire exploser l’avion du vol Paris-Miami [d’American Airlines] le 22 décembre 2001 à l’aide d’explosifs cachés dans ses chaussures." Combien de lecteurs auront été suffisamment estomaqués ici pour stopper net leur lecture et se demander pourquoi ces révélations ne font pas la Une de tous les journaux de la planète ? Car que nous dit-on ? Que les services secrets militaires du Pakistan – l’ISI – ont commandité un attentat-suicide dans un avion américain trois mois après le 11-Septembre ! Qu’un membre de la coalition antiterroriste – formée par les Etats-Unis au lendemain du 11-Septembre – a projeté de dégommer un avion américain ! Rien que ça ! N’est-ce pas absolument énorme comme information ? Les auteurs de ce papier ne mériteraient-ils pas davantage d’écoute que Marion Cotillard ? Si leur information est sûre, quel scoop ! quel tremblement de terre !

L’article est signé, précisons-le, par Roland Jacquard et Atmane Tazaghart. Le premier est "Président de l’Observatoire international du terrorisme, expert auprès des Nations-unies et du conseil de l’Europe, président du Conseil stratégique de la Lettre Sentinel. Il a publié différents ouvrages de référence sur le terrorisme islamiste : Au nom d’Oussama Ben Laden (Picollec, 2001), Les Archives secrètes d’Al-Qaïda (Picollec, 2002)". Le second est un "fin connaisseur de la nébuleuse islamiste qu’il suit quotidiennement pour le compte de la revue panarabe Al-Majalla" ; il est "spécialiste de Ben Laden et d’Al-Qaïda", et collabore avec France24. Pas assez glamour pour Marianne2 ?

Cette information sur l’implication des services pakistanais dans l’attentat manqué de Richard Reid est évidemment à mettre en perspective avec toutes les autres informations qui traitent du lien entre l’ISI et le 11-Septembre, et que j’avais commencées à mettre en lumière dans un autre article publié sur AgoraVox le 11 septembre 2007. Pour ceux que l’anglais n’effraie pas, Paul Thompson a consacré une conférence à ce sujet : à écouter ici.

L’aiguillon du journaliste

Avant d’énumérer d’autres informations tout aussi explosives, précisons un point important, touchant à la démarche et à l’ambition – limitée – que doit avoir le veilleur du web… s’il prend Pyrrhon comme guide.

"Le sceptique [...] ne conteste pas que tel objet lui paraisse blanc, ou que le miel lui paraisse doux. Mais le miel est-il doux ? l’objet est-il blanc ? Voilà ce qu’il ne sait pas." De même, nous ne savons pas, avec certitude, quelles sont les informations rapportées dans la presse qui sont vraies et celles qui ne le sont pas. La désinformation vient probablement se mêler à l’information, surtout dans une affaire comme celle du 11-Septembre, et ce n’est pas nous, petits citoyens sans moyens d’investigation autres que le Net, qui pouvons les démêler, et faire la part entre le vrai et le faux. L’ISI a-t-elle réellement commandité l’attentat de Richard Reid ? A-t-elle réellement financé Mohammed Atta et les pirates du 11-Septembre ? A-t-elle fait assassiner le commandant Massoud ? A-t-elle vraiment eu le projet de détruire le World Trade Center ? En bons sceptiques, nous devons dire que nous n’en savons rien. Nous constatons seulement que des journaux réputés, ou de grandes chaînes de télévision, ont livré – assez subrepticement – ces informations (voir mon précédent article). Et ces informations contredisent assurément la version officielle.

Nous constatons que ces informations sont de la plus grande importance, mais n’ont été que peu relayées. Une part infinitésimale de la population en a entendu parler. On peut alors se demander pourquoi. Deux possibilités s’offrent à nous : soit ces informations se sont avérées fausses, ou pas fiables du tout, et dans ce cas on s’attendrait à un correctif, à un démenti de la part des médias qui ont lancé ces "bombes" ; soit elles sont bel et bien confirmées, et alors on ne comprend pas pourquoi elles ne se diffusent pas partout, à tous les médias de la planète, pour accéder jusqu’à la Une du 20h. Au fond, ce que nous pouvons faire avec Internet, c’est mettre les médias face à leurs contradictions, c’est les aiguillonner, c’est leur demander de la cohérence, de la clarté, davantage de transparence.

Pour jouer ce rôle d’aiguillon, il faut, au préalable, avoir mené ce qu’on pourrait appeler une "enquête seconde", dont le terrain est le web principalement, après l’enquête première menée par les journalistes, sur le "vrai terrain". Cette enquête seconde consiste à prospecter le web, pour collecter et rassembler, thème par thème, les informations que les journalistes ont livrées de manière éparpillée, à la fois dans l’espace et dans le temps (un bout d’information dans un journal, un autre bout dans un autre, à six mois ou un an d’intervalle…). Les "journalistes citoyens" ne constitueraient-ils pas une aide précieuse pour des journalistes professionnels qui, par manque de temps ou pour d’autres raisons, ne font pas ce travail de synthèse pourtant essentiel ?

Aujourd’hui pourtant, un veilleur vigilant est snobé par les médias s’il fait ingénument remarquer que le Times of India, le Dawn, le Wall Street Journal, le Daily Excelsior, ou encore le London Times ont rapporté que, selon le FBI, le chef de l’ISI (en visite officielle à Washington le 11 septembre 2001) avait fait transférer 100 000 dollars au chef des pirates de l’air du 11-Septembre Mohammed Atta… et s’étonne que personne n’en parle… et demande pourquoi. Ces grands journaux ont-ils tous "dérapé" ? N’ont-ils fait que rapporter une rumeur ? Nous n’en savons rien ; même si des médias de premier plan se sont étonnés – entre 2004 et 2006 – que cette piste ne soit pas explorée : Asia Times, Guardian, Times of India, CBC News… Mais une chose est sûre : dans un monde où tout internaute peut accéder à la quasi totalité des sources d’information, les journalistes doivent changer de comportement ; ils doivent apprendre à rendre des comptes. Ils ne peuvent pas laisser sans réponse des lecteurs qui prennent la peine de les lire et ne comprennent pas la logique de ces lourds silences.

Précisons que cette implication pakistanaise n’est pas seulement évoquée dans quelques journaux que peu, manifestement, ont lus ; vous la retrouvez dans le best-seller de Bernard-Henri Lévy Qui a tué Daniel Pearl ?, que la plupart des (grands) journalistes ont lu, et dans le film Un Cœur invaincu avec Angelina Jolie, dont on a pu lire des critiques (très positives) un peu partout, sans qu’aucune, à ma connaissance, ne mette en exergue cette révélation.

La version officielle contredite par les médias

La question de la crédibilité de l’information se pose sur de nombreux autres sujets. En effet, la version officielle, jamais mise en doute globalement par les médias, est contredite sur de nombreux points, et pas des moindres, par des articles publiés dans les journaux les plus prestigieux du monde. Voici un échantillon très synthétique de ces informations, que peu de gens connaissent, et que nos journalistes médiatiques (mal informés ?) ignorent, ou traitent comme des hérésies.

Al-Qaïda seul responsable des attentats du 11-Septembre ?
Officiellement, l’organisation de Ben Laden a agi seule, sans soutien étatique. Même si l’on a supposé, du côté de la Maison Blanche, dès le 12 septembre 2001 (dixit Richard Clarke et George Tenet), une implication de Saddam Hussein…

Version officielle contredite par les médias :
L’Arabie Saoudite – via ses services secrets – a appuyé au moins deux des pirates de l’air : Nawaf Alhazmi et Khalid Almihdhar étaient, en effet, en contact à San Diego avec deux Saoudiens, Omar al-Bayoumi et Osama Bassnan, probables agents du renseignement saoudien ; c’est le New York Times qui l’affirme, relayant le contenu des 28 pages du rapport du Congrès sur les attentats du 11-Septembre que la Maison Blanche a réussi à censurer. Bob Graham, président du Comité du renseignement du Sénat, a lui-même affirmé – sur PBS et au Sénat – que des Etats souverains "amis" des Etats-Unis avaient supporté "au moins quelques-uns des terroristes" du 11-Septembre, parlant même sur PBS de "preuve très convaincante", et se plaignant de la censure de George W. Bush. Ajoutée à l’implication du Pakistan, cette information suggère donc que deux pays alliés des Etats-Unis ont participé à l’organisation des attentats.

Le renseignement américain et la Maison Blanche ne savaient rien ?
Officiellement, ils n’ont reçu aucun avertissement avant le 11-Septembre d’une attaque terroriste à venir consistant à utiliser un avion de ligne détourné comme un missile.
Dès le 17 septembre 2001, le directeur du FBI Robert Mueller prétend qu’il n’a "eu connaissance d’aucun avertissement qui aurait indiqué ce type d’opération dans le pays". Le 26 septembre, le président Bush affirme que les terroristes "ont frappé d’une manière qui était inimaginable". Le 30 septembre, le Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, interrogé pour savoir s’il avait imaginé que le Pentagone puisse être attaqué à l’aide d’un avion commercial, répond, effarouché : "Oh mon Dieu, non. Ça n’aurait jamais traversé l’esprit de quiconque…" Le 17 octobre, le chef de l’état-major interarmées, le général Richard Myers, confesse : "Nous n’avions pas pensé à cela". Le 16 mai 2002, la Conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice déclare, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche qui restera dans l’histoire : "Je ne pense pas que quiconque aurait pu prévoir que ces gens prendraient un avion et le projetteraient dans le World Trade Center, prendraient un autre avion et le projetteraient dans le Pentagone, essaieraient de se servir d’un avion comme d’un missile, d’un avion détourné comme d’un missile." Le 22 mars 2004, elle écrit dans le Washington Post : "Malgré ce que certains ont suggéré, nous n’avons reçu aucun renseignement nous indiquant que des terroristes se préparaient à attaquer notre patrie en se servant d’avions comme de missiles…" Le 8 avril 2004, elle affirme sous serment, devant la Commission d’enquête : "Les rapports de menaces que nous avons reçus au printemps et à l’été 2001 ne spécifiaient ni date, ni lieu, ni type d’attaque. [...] Il n’y avait pas d’informations sur de nouvelles menaces, elles ne concernaient aucun attentat à venir à l’intérieur des Etats-Unis." (9/11 Press for Truth, 41ème minute).
Le 22 juillet 2004, le rapport de la Commission d’enquête offre sa version, exprimée pages 345 à 347 : la possibilité pour des terroristes d’utiliser un avion comme une arme avait été imaginée avant le 11-Septembre – ce qui va à l’encontre de la première version avancée par toute l’administration Bush – mais était jugée improbable, et aucune parade n’avait été suffisamment étudiée. Le rapport confirme qu’aucune alerte de ce type d’attaque n’a été reçue par les agences de renseignement.

Version officielle contredite par les médias :
Le renseignement américain avait été averti "depuis au moins 1994 et continuellement jusqu’à l’été 2001" (Associated Press) que des terroristes envisageaient d’utiliser des avions comme armes. Il savait qu’Al-Qaïda avait le projet d’un attentat de grande ampleur sur le sol américain durant l’été ou l’automne 2001 (AFP), consistant à détourner des avions de ligne pour les crasher (CBS News) dans des bâtiments symboliques (Frankfurter Allgemeine Zeitung), notamment le Pentagone et des gratte-ciel à New York (WorldNetDaily), dont le World Trade Center (Newsweek). De nombreux services de renseignement étrangers avaient apporté ce genre d’avertissements aux Etats-Unis dans les mois précédant le 11-Septembre : britanniques (Sunday Times), italiens (Los Angeles Times), allemands (FAZ), jordaniens (Christian Science Monitor), russes et bien d’autres encore (Fox News)… En avril 2000, un terroriste repenti, Niaz Khan, s’était même rendu au FBI pour raconter qu’il avait été entraîné les semaines précédentes au Pakistan par des disciples de Ben Laden pour détourner un avion de ligne et le crasher dans un building aux Etats-Unis (MSNBC). Le 10 juillet 2001, le directeur de la CIA George Tenet avait averti Condoleezza Rice : "Il va y avoir une attaque terroriste importante dans les prochaines semaines ou les prochains mois" et elle sera "spectaculaire" (Washington Post). George W. Bush fut averti au plus tard par le PDB du 6 août 2001.
Un attentat-suicide sur le World Trade Center avait même été simulé par le NORAD dès 1999 ! Un autre sur le Pentagone devait l’être en avril 2001, avant d’être finalement abandonné car jugé "trop irréaliste" par l’état-major des armées (Boston Globe). USA Today du 18 avril 2004 fit justement remarquer : "Dans les deux ans précédant les attaques du 11-Septembre, le NORAD conduisit des exercices simulant ce qui, selon la Maison Blanche, était inimaginable à l’époque…"
L’ancien directeur-adjoint de la CIA John Gannon apporta lui-même ce saisissant contre-pied à la version gouvernementale : "Si vous aviez demandé à n’importe qui si des terroristes pourraient utiliser un avion comme un missile, personne ne l’aurait exclu." Mise au point salutaire réalisée dès le 17 mai 2002 par CBS News. Quant au Wall Street Journal, il fit remarquer le 19 septembre 2002 : "Les services de renseignement étaient au courant de nombreuses menaces indiquant que des terroristes pourraient utiliser des avions comme des armes contre les Etats-Unis, bien que le gouvernement ait clamé après le 11-Septembre que les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone étaient surgies de nulle part." Un membre de la Commission d’enquête, le démocrate Bob Kerrey, interpella même assez vivement le président Bush le 8 novembre 2004 sur CNN : "Vous saviez qu’ils [les terroristes] étaient aux Etats-Unis. Vous aviez été averti par la CIA. Vous saviez en juillet qu’ils étaient à l’intérieur des Etats-Unis. Vous avez été de nouveau informé par un briefing au mois d’août qu’il s’agissait d’une terrible menace. Et qu’avez-vous fait ? Rien, comme on a pu le constater à la Commission." Est-il besoin d’en rajouter ?
La sprinteuse Marion Jones a été condamnée à six mois de prison pour avoir menti aux enquêteurs fédéraux dans une affaire de dopage. Est-il question d’emprisonner George W. Bush au terme de son mandat, ainsi que son administration, pour avoir menti "au moins 935" fois entre 2001 et 2003 au sujet de la menace que représentait l’Irak ? et combien de fois au sujet du 11-Septembre ?

Des terroristes inconnus ?
Officiellement, le renseignement américain n’avait identifié que deux pirates de l’air avant le 11-Septembre : "Parmi les 19 pirates, seuls Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi avaient été identifiés comme des menaces potentielles par la CIA [...]. Ni Mr. Alshehhi, ni Mr. Atta n’avait été identifié par les agences de renseignement américaines comme une menace potentielle, selon le rapport de la Commission" (New York Times).

Version officielle contredite par les médias :
Quatre futurs kamikazes – le leader Mohammed Atta et ses seconds : Marwan Alshehhi, Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi – avaient été identifiés plus d’un an avant le 11-Septembre, par l’unité de renseignement militaire Able Danger, selon le New York Times. Plusieurs membres de cette unité top secrète ont témoigné de leur découverte, dont le lieutenant-colonel Anthony Shaffer, qui rapporta d’ailleurs à Fox News les pressions qu’un supérieur hiérarchique exerça sur lui pour qu’il n’enquête plus sur Atta.
Louis Freeh, directeur du FBI de 1993 à juin 2001, a écrit le 17 novembre 2005 dans le Wall Street Journal que le rapport de la Commission avait commis "une erreur embarrassante" en prétendant qu’Atta n’avait pas été identifié, ajoutant avec beaucoup de virulence : "La Commission a inexplicablement conclu que [l’identification d’Atta en 2000] n’était "pas historiquement importante". Cette conclusion stupéfiante – ajoutée à l’échec pour lancer une enquête sur Able Danger et pour l’incorporer aux conclusions du rapport – soulève de sérieux doutes quant à la crédibilité de la Commission, et, si les faits sont avérés, pourrait juste rendre la Commission historiquement insignifiante elle-même." Le 18 septembre 2006, le Ministère de la Défense rendit pourtant ce verdict étonnant : "Bien que nous ayons entendu quatre témoins qui prétendent avoir vu un graphique représentant Mohammed Atta et d’autres possibles terroristes ou "cellules" impliqués dans le 11-9, nous avons établi que leurs souvenirs n’étaient pas précis."
La CIA, de son côté, était sur les traces de Marwan Alshehhi à Hambourg dès mars 1999, selon l’hebdomadaire allemand Stern et la première chaîne de télévision publique allemande ARD ; mais aussi de Mohammed Atta dès janvier 2000, selon Focus, le Berliner Zeitung, et l’Observer ; ce dernier journal afficha son étonnement : "La révélation qu’Atta était suivi par la police longtemps avant le 11-Septembre soulève la question de savoir pourquoi les attaques n’ont pas pu être empêchées par l’arrestation des terroristes". La CIA avait même fait interpeller Ziad Jarrah aux Emirats arabes unis, en janvier 2000 selon Stern, en janvier 2001 selon CNN et le Chicago Tribune. Notons que nous avons là trois des quatre pilotes du 11-Septembre : Atta était en effet aux commandes du vol 11 crashé sur la Tour Nord du WTC, Alshehhi aux commandes du vol 175 crashé sur la Tour Sud, Jarrah aux commandes du vol 93 crashé en Pennsylvanie. Ces identifications, ajoutées à celles de Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi à Kuala Lumpur en janvier 2000, portent au nombre de cinq les terroristes repérés par le renseignement américain avant le 11-Septembre (notons que si l’on ajoute à ces cinq noms celui d’Hani Hanjour, pilote présumé du vol 77, crashé sur le Pentagone, nous tenons les six "leaders" des kamikazes ; les treize autres avaient un rôle plus secondaire dans l’opération).
Si cela ne suffisait pas… Le 23 août 2001, le Mossad livra à la CIA une liste comportant 19 noms de terroristes vivant aux Etats-Unis, et qui semblaient se préparer pour une attaque imminente. Coïncidence ou non, 19 est le nombre des pirates de l’air du 11-Septembre. Les 19 noms ont-ils été livrés ? Seuls quatre d’entre eux ont été donnés dans la presse : il s’agit de Nawaf Alhazmi, Khalid Almihdhar, Marwan Alshehhi et Mohammed Atta. De quelles sources d’information alternatives a bien pu sortir cette improbable révélation ? Der Spiegel, Die Zeit, BBC.
Une information d’autant plus intéressante que l’on sait que cinq Israéliens ont été arrêtés à New York le matin du 11-Septembre pour leur comportement suspect face aux Tours. Selon l’hebdomadaire juif Forward, "une enquête du contre-espionnage du FBI conclut qu’au moins deux d’entre eux étaient en réalité des agents du Mossad". Selon ABC News, l’un de ces agents déclara : "Notre but était de documenter l’événement". Le Monde nous avait aussi appris l’existence d’un vaste réseau d’espions israéliens – environ 120 – infiltrés aux Etats-Unis, se faisant passer notamment pour des étudiants en art, et dont certains semblaient suivre les terroristes du 11-Septembre ou, du moins, fréquentaient les mêmes lieux. Salon rapporta que les espions avaient vécu à proximité d’au moins dix des dix-neuf pirates de l’air.
Au lieu de s’exciter sur de fumeuses rumeurs antisémites, voici des informations a priori solides sur lesquelles des journalistes d’investigation auraient été bien inspirés de travailler.

En guerre à cause du 11-Septembre ?
Officiellement, les Etats-Unis sont en guerre en Afghanistan et en Irak à cause des attaques du 11-Septembre. Au sujet de l’Irak, George W. Bush lança le 18 juin 2005 : "Nous sommes partis en guerre parce que nous avons été attaqués…"

Version officielle contredite par les médias :
En mars 2005, la BBC révèle que la planification de la guerre en Irak a eu lieu dès les premières semaines du mandat de George W. Bush, soit en janvier 2001, pour des motifs principalement pétroliers. Eric Laurent, dans La Face cachée du pétrole, dira la même chose en 2006 : "L’administration Bush [...] a, dès son arrivée au pouvoir, en janvier 2001, planifié l’invasion de l’Irak. Une commission secrète sur l’énergie, créée par le vice-président Cheney en a arrêté tous les détails et le 11 septembre a servi de prétexte à l’intervention militaire. Des documents de travail que cette commission a été contrainte de rendre public, montrent une carte de l’Irak où, en mars 2001, huit zones d’exploitations ont été tracées, juste à côté de la frontière saoudienne."
Parmi les politiques ayant donné leur avis sur la question, n’en citons qu’un, l’ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter : "Je ne crois pas que nous ayons actuellement en tête de leur remettre [aux Irakiens] la responsabilité de l’approvisionnement en pétrole et de les laisser décider qui gère le pétrole [...]. Ce que je crois, c’est qu’il y a des gens à Washington actuellement, certains de nos dirigeants les plus haut placés, qui n’ont aucunement l’intention de retirer les forces militaires d’Irak et ils se projettent 10, 20, 50 ans dans l’avenir avec cette forte présence militaire. [...] La raison pour laquelle nous sommes allés en Irak était d’établir une base militaire permanente dans la région du Golfe et je n’ai jamais entendu un seul de nos dirigeants dire qu’il s’engageait auprès du peuple irakien sur le fait que dans dix ans il n’y aurait pas de base militaire états-unienne en Irak" (CNN, 1er février 2006). Une analyse qui fait écho à la préconisation du PNAC en septembre 2000 : "Les Etats-Unis ont cherché depuis des décennies à jouer un rôle plus permanent dans la sécurité régionale du Golfe. Alors que le conflit irrésolu avec l’Irak fournit la justification immédiate, le besoin d’une forte présence des forces américaines dans le Golfe dépasse le problème du régime de Saddam Hussein" (Reconstruire les défenses de l’Amérique, page 14).
Concernant la guerre en Afghanistan, l’ancien secrétaire aux Affaires étrangères du Pakistan Niaz Naik a rapporté la tenue d’une réunion secrète, à la mi-juillet 2001 à Berlin, durant laquelle de hauts fonctionnaires américains lui firent part de plans pour mener des actions militaires contre le régime de Kaboul, et pour le renverser, s’il refusait leur plan de construction d’un pipeline sur leur sol ; l’un des Américains, Tom Simons (ancien ambassadeur des Etats-Unis au Pakistan), dit que les Taliban auraient à choisir entre un "tapis de bombes" – l’invasion – et un "tapis d’or" – le pipeline. L’opération militaire envisagée se déroulerait, selon la BBC, avant les premières neiges en Afghanistan, soit "à la mi-octobre au plus tard". Le 2 août 2001, les négociations, engagées en février 2001, entre Américains et Taliban se soldèrent par un échec cinglant (selon WSWS et l’Irish Times). Le 7 octobre débuta la guerre.

Ben Laden, l’homme le plus traqué du monde ?
Officiellement, Oussama Ben Laden est l’ennemi public numéro 1, réclamé "mort ou vif" par le président américain le 17 septembre 2001 ; il est d’ailleurs inscrit depuis juin 1999 sur la site des 10 criminels les plus recherchés par le FBI.

Version officielle contredite par les médias :
Selon Le Figaro et RFI, du 4 au 14 juillet 2001, Ben Laden se fait soigner dans un hôpital américain à Dubaï. Le milliardaire saoudien, qui souffre d’une affection rénale, est installé dans le très réputé département d’urologie du docteur Terry Callaway. Le 12 juillet, il reçoit la visite du chef d’antenne locale de la CIA, Larry Mitchell ! Selon Le Figaro, l’agent de la CIA "aurait même été informé sur d’éventuels attentats". Rappelons qu’au même moment, à Berlin, des diplomates font part à Niaz Naik du projet américain de bombarder les Taliban, à moins que ces derniers n’acceptent leur projet de pipeline, mais aussi et surtout "ne leur livrent Ben Laden" !
Le 6 avril 2002, le général Richard Myers, chef d’état-major et plus haut gradé de l’armée des Etats-Unis, lance sur CNN : "Le but n’a jamais été d’attraper Ben Laden", ajoutant toutefois que ce serait "souhaitable". Le 9 janvier 2005, A.B. "Buzzy" Krongard, ancien directeur exécutif et numéro 3 de la CIA, admet explicitement, dans le London Times, qu’il est préférable que Ben Laden demeure vivant et libre. Le journal note que "plusieurs officiels américains ont reconnu en privé qu’il serait mieux de garder Ben Laden cloué à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan plutôt que d’en faire un martyr ou de le traduire en justice. Mais Krongard est la figure la plus haut placée qui reconnaît publiquement que sa capture pourrait s’avérer contre-productive". Si l’on peut comprendre l’intérêt de ne pas faire de Ben Laden un martyr, on comprend nettement moins celui de ne pas le traduire en justice…
Pour se détendre un peu, on peut aller voir (à la fin de cette petite vidéo) la réaction, le 3 mars 2005 (deux mois après la déclaration de Krongard), du directeur de la CIA Porter Goss, lorsque George W. Bush lance à la presse que ses services essaient chaque jour d’obtenir des informations pour localiser Ben Laden ; appréciez la surprise mâtinée d’hilarité qui envahit son visage…
Si nous résumons les informations qui précédent, nous obtenons la version suivante : le Pakistan et l’Arabie Saoudite, deux pays alliés des Etats-Unis, ont soutenu les pirates de l’air du 11-Septembre ; le renseignement américain avait connaissance bien avant les attentats d’une mission-suicide à venir d’Al-Qaïda, et connaissait les principaux kamikazes ; les guerres d’Afghanistan et d’Irak étaient planifiées avant les attentats ; Ben Laden n’a jamais été sérieusement traqué. Version vraie ou fausse ? En tout cas, basée uniquement sur les grands médias. N’est-ce pas incroyable ? Ce travail systématique de mise en évidence des contradictions de la presse pourrait se poursuivre sur bien d’autres thèmes…

Limites de la presse, nécessité des veilleurs amateurs

Les médias fournissen