Les moines de Tibéhirine auraient été tués par l’armée algérienne

Après l’attentat de Karachi, voilà un nouveau scoop "conspirationniste"! D’ici 10 ans nous pourra-t-on espérer des articles de la presse dominante révélant les dissimulations concernant le 11 Septembre?
 


L’armée algérienne aurait tué les moines de Tibéhirine, selon un militaire français

L’hypothèse, déjà avancée à plusieurs reprises ces dernières années, mais jamais démontrée, selon laquelle les sept moines trappistes auraient été tués par l’armée algérienne au cours d’une "bavure", se trouve aujourd’hui singulièrement renforcée.


L’archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, et l’imam Gaci
devant les plaques à la mémoire des moines assassinés par des terroristes
algériens en 1996 à Tibéhirine, en Algérie, le 20 février 2007.

Après des années d’hésitation, un témoin clé de cette affaire a accepté de déposer, le 25 juin à Paris, devant Marc Trévidic, le juge d’instruction chargé de l’enquête depuis deux ans, à la suite du juge Jean-Louis Bruguière. Il s’agit d’un Français, qui a été attaché militaire à l’ambassade de France à Alger, entre 1995 et 1998, en pleine "décennie de sang", lorsque groupes islamistes armés et service de sécurité algériens s’affrontaient dans une "sale guerre" qui allait se solder par quelques 100 000 morts.

En mai 1996, lors d’une mission dans l’Atlas blidéen, du côté de Médéa, à une soixantaine de kilomètres d’Alger, deux hélicoptères de l’armée algérienne ont mitraillé un bivouac, croyant qu’il s’agissait d’un groupe armé, car la zone était supposée être vide. " Ils se sont ensuite posés. (…) Ils ont pris des risques. Une fois posés, ils ont découvert qu’ils avaient tiré notamment sur les moines. Les corps des moines étaient criblés de balles. Ils ont appelé par radio le CTRI de Blida", a expliqué le général à la retraite Buchwalter, le nouveau témoin, au juge Trévidic dans sa déposition à laquelle Le Monde a eu accès.

DRAME MAQUILLÉ

De qui l’attaché de défense français tenait-il cette information ? De l’un de ses bons amis algériens, qui lui avait fait cette confidence, à l’époque des faits, tous deux étant très liés pour être passés ensemble par l’école de Saint-Cyr. Le frère de cet ami algérien était aux commandes de l’un des hélicoptères qui avait tiré sur le groupe dans lequel se trouvaient les sept moines et leurs ravisseurs.

Le témoin du juge Trébidic pourrait-il être l’informateur d’un journaliste italien, Valerio Pellizzari, qui a fait des révélations en ce sens, il y a tout juste un an ? Dans La Stampa du 6 juillet 2008, Valerio Pellizzari, enquêteur réputé, expliquait déjà ce dérapage de l’armée algérienne. En revanche, il masquait l’identité et la fonction de son informateur, se contentant d’évoquer "un haut fonctionnaire d’un gouvernement occidental". Il semblerait bien que sa source était le général Buchwalter.

Le procès-verbal du 25 juin rejoint en tous points l’article de La Stampa, lequel fournissait encore plus de détails. Il y était démontré que l’enlèvement des moines avait été planifié par des militaires algériens "déviés ". Les islamistes ne représentant que la "main-d’œuvre" de l’opération. Celle-ci avait été planifiée pour montrer le danger que représentait la déferlante islamique, de manière à provoquer l’indignation internationale face à la séquestration de sept cibles humaines désarmées. Sans la bavure des hélicoptères, les sept moines auraient peut-être été libérés sans une égratignure.

A la suite de cette méprise, les autorités algériennes firent tout pour maquiller le drame et en faire porter la responsabilité aux islamistes des Groupes islamiques armés (GIA). Mais les corps des sept religieux étant criblés de projectiles "qui ne pouvaient appartenir qu’à un arsenal d’une armée régulière" et non aux GIA, comme le soulignait Valerio Pellizzari, les moines furent décapités pour qu’on ne voie jamais leurs dépouilles. Seules, leurs têtes furent découvertes, officiellement le 31 mai. Elle furent inhumées à Tibéhirine. Les corps n’ont jamais été retrouvés.

Les autorités françaises ont-elles su, au printemps 1996, que la mort des sept moines n’était pas due aux GIA mais à un dramatique dérapage de militaires algériens ? Le témoin du juge Trévidic est formel : "oui". Il avait rendu compte à ses supérieurs des informations qu’il avait recueillies de son ami algérien dans un rapport écrit. "Il n’y a pas eu de suite. [Les uns et les autres] ont observé le black-out demandé par l’ambassadeur [de France à Alger]", répond-il laconiquement.

Par Florence Beaugé pour LeMonde.fr

Les contradictions du 11/9 : la Mitsubishi et les bagages de Mohammed Atta

La base de l’histoire officielle du 11/9 repose sur l’affirmation selon laquelle les quatre avions qui se sont écrasés ce jour-là avaient été détournés par une bande de pirates de l’air d’al-Qaïda menée par Mohammed Atta. Rien n’est jamais venu étayer cette affirmation. Mais différentes sortes de preuves ont été présentées, dont la plus importante aurait été trouvée dans les bagages d’Atta après les attentats. Les soupçons portant sur les détournements d’avions par Atta et ses confrères musulmans auraient été confirmés par les objets trouvés dans les bagages. Comme l’a écrit Joel Achenbach dans un article du Washington Post le 16 septembre 2001 :

On pense qu’Atta a piloté le vol 11 d’American Airlines, le premier à frapper le World Trade Center. Une lettre écrite par Atta, trouvée dans ses bagages à l’aéroport de Logan, Boston, disait qu’il projetait de se suicider; devenant martyr, il irait au paradis. On y trouva également un passeport saoudien, un permis de conduire international, des vidéos pour apprendre à voler sur des Boeing ainsi que les horaires des prières islamiques. ("’Vous ne pouvez imaginer’ un pirate de l’air à côté de chez vous.")

Clairement, cette découverte a été très utile pour accuser Atta et al-Qaïda.

Mais pourquoi les bagages d’Atta ont-ils pu être découverts ? Selon Achenbach :"Les officiels pensent qu’Atta et (Abdul) Alomari ont loué une voiture à Boston, sont allés jusqu’à Portland dans le Maine où ils ont retenu une chambre au Confort-Inn… Puis, le mardi matin, ils ont pris un vol court de Boston à Portland, changeant pour le vol 11."

Mais pourquoi les bagages d’Atta n’étaient-ils pas dans le vol 11 ? L’équipe de communication du 11/9 suggéra qu’il y avait un lien étroit et affirma : "Le crochet par Portland a failli empêcher Atta et Omari de prendre le vol 11 de Boston. En fait, les bagages qu’ils ont fait enregistrer à Portland n’ont pu être embarqués." (Equipe de communication N° 16, 16 juin 2004). Cependant, lorsque le rapport de la Commission d’enquête parut le mois suivant, cette suggestion n’y figurait pas. En réalité, la Commission, après avoir dit que "Atta et Omari étaient arrivés à Boston à 6:45," ajouta que "le vol 11 d’American Airlines devait décoller à 7:45" (Rapport de la Commission d’enquête du 11/9 (henceforth 9/11CR), 1-2).

S’il restait presque une heure pour transférer les bagages, pourquoi les a-t-on oubliés ? On peut supposer que l’équipe au sol a été négligente. Cependant, American Airline dit que "Atta fut le seul passager parmi les 81 à bord du vol 11 dont les bagages ne furent pas embarqués." (Paul Sperry, WorldNetDaily.com, 11 septembre 2002).

Il y avait un mystère encore plus grand : pourquoi Atta, s’il était déjà à Boston le 10 septembre, a-t-il fait le voyage pour Portland et y a-t-il passé la nuit, ce qui impliquait le vol de correspondance à l’aube ? Si le vol de correspondance avait été retardé d’une heure, Atta et al-Omari auraient raté la correspondance. Il n’y aurait eu que trois pirates de l’air à s’emparer du vol 11. De plus, on prétend qu’Atta était le pilote désigné pour ce vol et le meneur de toute l’opération qu’il aurait dû abandonner après des années de préparation.

On n’a jamais expliqué pourquoi il aurait fait un voyage si risqué. Un an après les attentats, le Directeur du FBI, Robert Muller, témoignant devant la Commission d’enquête parlementaire sur le 11/9, a dit : "La veille des attaques, Mohammed Atta[...] est passé prendre Abdul Aziz[...] et ils sont allés jusqu’à Portland, Maine. Ils sont arrivés à l’hôtel Confort Inn au sud de Portland[...] La raison de ceci demeure confuse. ("Déclaration pour le procès-verbal", Commission d’enquête parlementaire, 26 sept. 2002)

Deux ans après, la Commission du 11/9 écrivait :" Aucune preuve physique, documentée ou analytique ne fournit d’explication convaincante sur la raison du voyage d’Atta et d’Omari de Boston à Portland, Maine le matin du 10 septembre, juste pour retourner à Logan par le vol 5930 le matin du 11 septembre" (9/11CR 451n1).

C’est pourquoi deux mystères subsistent. Pourquoi Atta aurait-il pris le risque d’aller jusqu’à Portland ? Et pourquoi ses bagages n’ont-ils pas été embarqués sur le vol 11 ? Mon livre 9/11 Contradictions parle de contradictions, non de mystères. Cependant, les clés de ces mystères peuvent être trouvées en explorant une contradiction à part entière : le fait que le déplacement d’Atta à Portland contredit les récits parus dans la presse les premiers jours suivant le 11/9.

L’histoire originale : Boston et les Bukharis

Selon le compte-rendu officiel comme nous l’avons vu, Atta a conduit une Nissan Altima bleue jusqu’à Portland, puis a pris un vol de Portland jusqu’à l’aéroport de Boston le matin du 11 septembre, où les objets incriminés furent retrouvés dans ses bagages plus tard dans la journée. Pourtant, durant les premiers jours suivant le 11/9, l’histoire était très différente.

Le 12 septembre, une information de CNN dissociait Atta des hommes qui avaient pris le vol de Portland à Bosto :

Une source au sein des forces de maintien de l’ordre affirme que deux des présumés pirates de l’air [...] sont des frères qui vivaient (à Vero Beach en Floride)[...] L’un deux s’appelle Adnan Bukhari. Nous avons une photo de lui[...] Vivait également à Vero Beach le frère de Bukhari, Ameer[...] Les sources au sein des forces de maintien de l’ordre[...] disent à CNN que l’on croit que les frères Bukhari ont pris l’un des deux vols pour Boston[...] On peut également vous dire que la voiture saisie à Portland, Maine, selon les représentants des forces de maintien de l’ordre, a été louée à l’aéroport de Logan à Boston et a été conduite jusqu’à Portland, Maine. Actuellement, la police de l’état du Maine confirme que deux des présumés pirates de l’air étaient sur un vol U.S. hors de (l’aéroport de Portland.) [...] Le FBI s’intéresse également à deux autres pirates de l’air suspects[...], Mohammed Atta et Marwan Yusef Alshehhi." (" l’Amérique attaquée : comment cela a t-il été possible ?" Bien que la journaliste Susan Candiotti ait parlé de "l’aéroport de Logan", l’information qu’elle avait reçue devait faire référence à l’aéroport de Portland, d’où partaient les vols U.S., et sur lequel la police d’Etat du Maine aurait dû avoir des renseignements.)

Une autre information de CNN rapporta que le même jour, les objets incriminés avaient été trouvés dans une voiture à l’aéroport de Boston, et tandis qu’on parlait de la Nissan trouvée à l’aéroport de Portland, on ne fit pas le lien avec Atta :

Les représentants des forces de maintien de l’ordre ont confirmé qu’une voiture avait été saisie à l’aéroport international de Logan à Boston et que des objets suspects avaient été trouvés. Le Boston Herald dit que des manuels d’entraînement au vol en langue arabe se trouvaient dans la voiture.[...] Entre-temps, à Portland, Maine, la police dit que deux individus qui ont pris l’avion à Boston faisaient l’objet d’une enquête[...] Les autorités du Maine dirent qu’une voiture…une Nissan Altima argentée immatriculée dans le Maine[...] a été saisie à l’aéroport de Portland mardi soir. ("les Etats-Unis disent avoir identifié les pirates de l’air")

Le lendemain, le 13 septembre, CNN désigna les Bukhari comme étant les loueurs de la Nissan, et affirma que la voiture trouvée à Boston, désormais identifiée comme étant une Mitsubishi, avait été louée par Atta :

Deux des hommes étaient frères,[...] Adnan Bukhari et Ameer Abbas Bukhari[...] Ils ont tous deux loué une voiture, une Nissan Altima bleu argenté, chez un loueur de voitures Alamo à l’aéroport Logan de Boston, puis ils sont allés jusqu’à un aéroport à Portland, Maine, où ils ont pris le vol 5930 d’US Airways à 6h mardi pour retourner sur Boston[...]. Une Mitsubishi sedan saisie à l’aéroport de Logan a été louée par (Mohammed) Atta, disent les sources. La voiture contenait des objets, dont des manuels de vol écrits en arabe, que les sources au sein des forces de maintien de l’ordre ont jugés "utiles" à l’enquête. ("Deux frères parmi les pirates")

Une autre information de CNN rapporte ce même jour que les représentants des forces de maintien de l’ordre sont remontés jusqu’aux frères Bukhari grâce à des documents en rapport avec la Nissan. ("Hijack Suspect Detained, cooperating with FBI" – des pirates de l’air suspects en détention coopérent avec le FBI)

Surgit un problème

Cependant, ce même jour (le 13 septembre), CNN a rectifié ("Les Fédéraux pensent avoir identifié des pirates de l’air."), insistant sur le fait qu’aucun des Bukhari n’était mort lors du 11/9 : Ameer était mort l’année précédente et Adnan était toujours en vie. CNN avait présenté ses excuses pour cette "désinformation", basée sur une information émanant de différentes sources au sein des forces de maintien de l’ordre.

Cependant, cette découverte ne mena pas tout de suite à une modification totale de l’histoire. Par exemple, le jour suivant (le 14 septembre), CNN rapportait : "une Mitsuishi Sedan (qu’Atta avait) louée a été trouvée à l’aéroport de Logan à Boston. Des documents en langue arabe ont été trouvés dans la voiture." (Mike Fish, "Il se peut que l’école de pilotage Fla. ait entraîné les pirates de l’air.")

L’émergence de l’histoire finale

Ce même jour pourtant, l’histoire commença à changer de façon radicale. Un rapport de l’Associated Press se référant aux "deux suspects dans les attentats terroristes du World Trade Center", avança :

l’un des deux suspects à bord d’un vol à Portland était Mohammed Atta, 33 ans… La Nissan Altima de 2001 utilisée par les hommes venait de la même société de location qu’une autre voiture utilisée par d’autres suspects qui contenait des objets incriminés lorsqu’elle fut saisie à l’aéroport de Logan à Boston.

Arrivés dans le Maine, les suspects ont passé la nuit au Confort Inn dans le sud de Portland avant d’embarquer dans l’avion le matin suivant. ("Rapport de la Police locale de Portland")

Subitement, la Nissan Altima avait été conduite à Portland par Atta et son compagnon qui avait pris un vol retour pour Boston le matin suivant. Mais la transition, qui serait adoptée comme la version acceptée, n’était pas encore complète. Les objets incriminés avaient toujours été trouvés dans une voiture de location laissée à Logan… bien qu’on dise désormais que cette voiture avait été louée par un "suspect supplémentaire" sans nom, et non par Atta.

La transition complète fut réalisée le 16 septembre, dans l’article du Washington Post mentionné ci-dessus et rédigé par Joel Achenbach, qui mentionnait les preuves trouvées dans les bagages d’Atta.

Cette nouvelle version fut étoffée par divers détails, dont la preuve physique qu’Atta et al-Omari s’étaient rendus à Portland la nuit précédant les attentats. Un article relatait :

Le mardi (4 octobre), le FBI a révélé une chronologie détaillée indiquant que deux des pirates de l’air suspectés des attaques du 11 septembre contre le World Trade Center ont passé leurs dernières heures dans le haut Portland[...] Après avoir réservé une chambre dans un motel, Atta et Alomari ont été vus[...] entre 20 et 21 heures [...] à Pizza Hut; à 20.31, ils étaient filmés par une vidéo devant un distributeur automatique de billets de la KeyBank, et filmés à nouveau à 20.41 h au Fast Green ATM (distributeur de billets) près de la Pizzeria Uno[...] A [...]21:22 h, Atta a été filmé au Wal-Mart à Scarborough. ("La nuit avant la terreur," Portland Press Herald, 5 octobre 2001)

Les mystères et la contradiction

Cette nouvelle version résolvait un problème induit par la découverte que les Bukhari n’étaient pas morts le 11/9… comment expliquer pourquoi une voiture laissée à l’aéroport de Portland aurait pu mener les autorités jusqu’à deux des pirates de l’air. Pourtant, cette solution nimba de mystère la raison qui aurait poussé Atta à faire ce voyage, sans compter la difficulté pour expliquer les objets suspects à l’aéroport de Logan, un fait bien rapporté. Ce dernier problème a été résolu en disant qu’ils avaient été trouvés dans les bagages d’Atta, lesquels n’avaient pas été embarqués dans le vol 11. Mais cette solution créa en retour un mystère : pourquoi les bagages n’avaient-ils pas été embarqués ? Le principal souci avec cette nouvelle version est tout bonnement dû au fait qu’il s’agit d’une nouvelle version, en totale contradiction avec ce que les autorités avaient dit les premiers jours.

Le Congrès et la Presse doivent demander pourquoi cette contradiction existe et pourquoi la Commission sur le 11/9 l’a ignorée.
 

Par le Professeur. David Ray Griffin

Source : Global Research, 9 Mai 2008 The Canadian
Traduction pa apetimedia pour ReOpenNews
 


Note : Cet essai est une version abrégée du chapitre 16 de Les contradictions du 11/9, lettre ouverte au Congrès et à la Presse"du Dr Griffin : (Northampton ; Olive Branch, mars 2008).

La « pandémie désinformative »

La manipulation médiatique à propos de la psychose de la « grippe porcine ».

La psychose mondiale propagée par les médias à propos de la pandémie de « grippe porcine » révèle, une fois encore, le pouvoir et l’importance des grands groupes de presse en tant que manipulateurs et créateurs de comportements de masse à l’échelle mondiale.

L’information scientifique qui relativise et minimise le caractère « pandémique » de l’épidémie perd de son importance et se voit reléguée au second rang en face de bulletins superficiels et « catastrophiques » diffusés par la corporation médiatique dans sa soif de profits et de performances d’audience.

Les grandes chaînes médiatiques internationales, de même que les monopoles locaux de l’information, (au niveau national), bien qu’entreprises commerciales dont la règle de fonctionnement est la soumission à la loi de la rentabilité capitaliste, ne sont pas tenues de respecter une réglementation normative régulatrice de leurs activités comme celle qui régit toute entreprise commerciale.

Partout dans le monde, (tant dans les pays du centre comme dans ceux de la périphérie), le processus de fabrication et de distribution de l’information n’est pas guidé par le besoin « d’informer », mais par le besoin capitaliste de vendre des nouvelles (le produit).

Pour y parvenir, les médias de la communication (sur le modèle de n’importe quelle autre entreprise capitaliste) alimentent des besoins massifs de consommation dans la société (le marché) et dessinent des stratégies informatives destinées à faire que leur entreprise se développe et qu’elle se positionne avantageusement pour marquer des points sur le marché (recherche du profit maximum).

En dépit de cette réalité, l’activité des médias de la communication (un des secteurs les plus rentables de l’économie capitaliste), membres privilégiés de l’establishment économique, est dotée d’une auréole de « mission sociale » qui exempte ces groupes de toute critique ou investigation sur les méthodes qu’ils utilisent pour obtenir (la source), analyser (le traitement) et diffuser l’information (la communication publique).

Aucun gouvernement, aucun parti politique ou organisation sociale du système (qui tous ont recours aux médias pour gagner une légitimité sociale) n’ose affronter le pouvoir universel de la corporation journalistique de peur d’être lapidé ou transformé en « lépreux social » au moyen de la manipulation de l’information.

Et il y existe encore un autre élément qui fait des médias de la communication des « intouchables » : leur très haut potentiel de formation et d’orientation de la conduite sociale de masse (ce qui est atteint au moyen de la manipulation de l’information) fait de ces médias la colonne vertébrale des stratégies de domination du système capitaliste au niveau mondial.

C’est la raison principale qui explique pourquoi, dans aucun pays au monde, (et par conséquent au niveau international), il n’existe de réglementation régulatrice ni des tribunaux habilités à juger le fonctionnement des entreprises journalistiques mythifiées en tant qu’« entreprises au service du bien social ».

De sorte que les grandes entreprises journalistiques qui accaparent le rôle de « faiseuses d’opinion publique » sont les seules qui jouissent d’un « libre marché illimité » et leurs informations et leurs façons « d’informer » jouissent également d’une impunité sans limites.

Cela explique pourquoi les grandes chaînes « informatives » internationales (et les médias locaux) ont créé, avec une totale impunité, une psychose mondiale à l’occasion de la contagion du virus de la « grippe porcine » alors que – jusqu’à ce jour – aucune autorité ni organisation internationale n’a clairement défini la nature des faits.

A ce jour, ni les gouvernements ni les organismes internationaux de santé ne sont parvenus à décrire et à cerner avec précision l’origine du virus, ni à déterminer si tous les cas enregistrés relèvent réellement de la « grippe porcine », ni à apprécier le degré de gravité et la portée internationale que peut prendre l’épidémie.

Et pourtant la machine médiatique internationale a déjà créé une psychose mondiale et l’isolement de pays et de sociétés tout entiers (par exemple le Mexique) en semant la terreur au moyen de titres énormes et d’images sur « l’avancée irrésistible » du virus au niveau mondial.

Manipulation et réalité

Venant contredire plus d’une semaine de bombardement médiatique sur la « pandémie porcine », jeudi, l’Organisation Mondiale pour l’Alimentation et l’Agriculture », (FAO), a révélé qu’il n’existe, à ce jour, aucune preuve démontrant que le porc est l’agent responsable de la poussée de « grippe porcine » qui a causé la mort de dizaines de personnes au Mexique et des centaines d’hospitalisations aux Etats-Unis et ailleurs.

« Actuellement, il n’existe aucune preuve qui démontre que le virus de la grippe AH1N1, qui se transmet de personne à personne, ait un lien avec la contamination de porcs au Mexique ou dans d’autres pays », souligne un communiqué de la FAO.

Selon ce rapport et à partir des recherches et des conclusions formulées par des scientifiques, la consommation de viande de porc ou de ses dérivés n’est nullement un facteur de risque pour contracter le virus.

Cette information de la FAO s’ajoute au fait qu’en Amérique Latine aucun cas de la maladie n’a été confirmé en dehors du Mexique où, des 176 décès survenus suite à cette épidémie, seuls 9 cas – selon les autorités sanitaires – sont dus à la dénommée « fièvre porcine ».

Par ailleurs, l’OMS a informé, jeudi, qu’elle a cessé d’employer les termes « grippe porcine » pour éviter toute  confusion autour du danger de contamination que pourraient avoir les porcs. Elle suggère que l’on se réfère au virus en le désignant par son nom scientifique : « grippe AH1N1 ».

De plus, le porte-parole de l’OMS, Gregory Hartl, a reconnu, mardi, que cet organisme ne sait pas encore pourquoi la « grippe porcine » est plus grave au Mexique que dans d’autres pays où elle a été détectée et il a également précisé que l’OMS n’est pas favorable à des restrictions en ce qui concerne les voyages internationaux ni à la fermeture des frontières.

Un scientifique argentin de grande renommée, le docteur Daniel Stamboulian, fondateur et président de la Fondation du Centre d’Etudes Infectiologiques (FUNCEI), a déclaré à l’agence Reuters que « l’apparition de cas d’un nouveau type de grippe peut perdurer dans le monde entier, mais que cela ne devrait pas provoquer de panique car, en dehors du Mexique, le virus est en train d’évoluer comme une grippe classique »

« Ce que nous devons avoir à l’esprit c’est que cette grippe porcine, sauf au Mexique, se comporte comme une grippe saisonnière et non comme une grippe virulente telle que la grippe aviaire » a souligné l’expert en épidémiologie.

En dépit du nombre impressionnant de spécialistes qui (au niveau local et international) expriment des doutes sur l’origine et sur la portée véritable de l’épidémie et sur le nombre officiel de personnes contaminées (la majorité des personnes en question sont « suspectes » de porter le virus) ce qui contredit la qualification de « pandémie », les grands groupes médiatiques continuent de semer la panique au niveau mondial avec leurs titres à la Une et leurs écrans.

En outre, l’information scientifique perd de l’importance et se voit reléguée comme un élément de second rang face à la recherche de la performance dans la course à l’audimat menée avec des informations superficielles et « catastrophiques » avalisées par la complicité de bon nombre de gouvernements  qui se rangent au côté du « consensus  social » et veulent éviter de voir leur légitimité mise en doute par la corporation médiatique.

Et c’est ainsi que, sans détenir des données scientifiques objectives qui le justifient, les grandes chaînes  internationales  et les médias locaux créent, paradoxalement, un climat de « catastrophe sanitaire » et déchaînent un risque « d’ingouvernabilité mondiale » du système suite à la fermeture des frontières et des aéroports qui « isole » et paralyse économiquement des pays, comme c’est le cas du Mexique.

Le paradoxe « déstabilisateur »

Au delà de ses origines et des possibles stratégies d’exploitation (commerciale ou militaire), le choc provoqué par une possible contamination mondiale par le virus représente une menace qui peut être mortelle pour les économies en crise du système capitaliste.

Dans le milieu des macro-économistes du système, les théories sur l’origine de la pandémie n’ont plus guère d’importance : la préoccupation principale, aujourd’hui, concerne sa durée, le nombre de pays et de continents qui seront touchés et l’impact qu’elle aura, au final, sur une économie mondiale en récession, principalement aux Etats-Unis qui sont étroitement liés à l’économie mexicaine laquelle fait face au risque majeur de ralentissement que lui font subir les mesures d’urgence et d’isolement du reste du monde.

A son tour, la psychose mondiale, mise en place par les médias autour de la pandémie de « grippe porcine », révèle, une fois encore, le pouvoir  et la portée des grands groupes de la communication en tant que manipulateurs et créateurs de comportement collectif à l’échelle mondiale.

Curieusement, cette fois-ci, les monopoles médiatiques, par soif de lucre et de performances, n’ont pas respecté la logique voulue par la préservation de la « gouvernabilité du système » (dont ils font partie en tant que groupes économiques) et ils sont en train de mettre en danger les piliers de « l’ordre » et de la « stabilité » économique du capitalisme, avec leur manipulation démesurée de « terrorisme bactériologique » pour battre des records d’audience.

C’est néanmoins une tendance suicidaire : la rentabilité des grands monopoles médiatiques provient, pour l’essentiel, des grands groupes bancaires, industriels ou de services (en crise) qui constituent la part majoritaire du « gâteau » publicitaire et dictent leur loi, commercialement, aux monopoles de l’information.

Une épidémie étendue et généralisé de grippe porcine pourrait affecter le rétablissement de l’économie mondiale et, même, prolonger et accroître la récession mondiale, tel est l’avis qui prévaut chez les principaux analystes économiques.

De sorte que, cette fois-ci, le choc psychotique mondial provoqué et manipulé à l’occasion de la contagion de la grippe porcine conspire contre la survie économique elle-même de ces grands groupes de presse qui tirent leur rentabilité capitaliste des grandes entreprises et des banques elles-mêmes en crise.

Les gendarmes du contrôle social à l’échelle mondiale courent-ils au suicide par soif de lucre et de performances d’audience ?Qui contrôle ces grands contrôleurs – jamais sanctionnés – du comportement de masse ? Telle est la question que se posent  ceux qui conservent encore un reste de raison et de réflexion en face de l’aliénation médiatique.

Pour le moment, nous disposons d’une donnée : comme conséquence de la psychose due à la grippe porcine, bon nombre de législateurs, aux USA, tant républicains que démocrates, réclament une plus grande régulation et un contrôle accru de l’information journalistique sur les points qui touchent des domaines spécifiques de la « sécurité nationale »

Selon The Washington Post, il existe déjà des brouillons de projets de lois, surtout dans les domaines des pandémies et des catastrophes naturelles.

 

Par Manuel Freytas par IAR Noticias
Traduit par Manuel Colinas pour Investig’Action. Publié sur le site de Michel Collon, le 6 mai 2009.

Manuel Freytas est jounaliste, chercheur et analyste, spécialiste du renseignement et de la communication stratégique.


Les contradictions du 11-Septembre : quand Cheney est-il entré dans le bunker souterrain ?

En ce qui concerne la matinée du 11-Septembre, tout le monde est d’accord sur le fait qu’à un moment, après 9:03 (lorsque la tour sud du WTC a été frappée) et avant 10:00, le Vice-président Dick Cheney est descendu dans le PEOC (Presidential Emergency Operations Center), le centre opérationnel d’urgence de la présidence, que l’on appelle parfois le « bunker », sous l’aile est de la Maison-Blanche. Chacun s’accorde sur le fait qu’une fois là, Cheney était aux commandes _ qu’il prît des décisions ou relayât celles du président Bush. Mais il y a d’énormes divergences quant à l’heure exacte à laquelle Cheney est entré dans le PEOC.

Selon le Rapport de la Commission du 11/9, Cheney est arrivé "juste avant 10:00, peut-être à 9:58" (Rapport de la Commission /henceforth 9/11CR/, 40). Cependant, cette heure officielle contredit presque tous les rapports antérieurs, dont certains le disaient présent avant 9:20. Cette différence est importante, car si l’heure de la Commission est correcte, Cheney n’était pas aux commandes dans le bunker lorsque le Pentagone fut frappé, ou durant presque tout le temps où le vol 93 approchait Washington. Mais si les rapports qui le disaient présent avant 9:20 sont corrects, il était aux commandes dans le PEOC durant tout ce temps.

Compte-rendu de Mineta à propos de l’arrivée précoce de Cheney

La déclaration la plus fameuse contredisant la Commission du 11/9 a été faite par le secrétaire aux Transports, Norman Mineta, lors de son témoignage public devant la Commission, le 23 mai 2003. Ayant dit qu’il "était arrivé au PEOC vers 9:20", Mineta rapporta avoir alors surpris une conversation, qui avait manifestement débuté avant son arrivée, entre un homme jeune et le vice-président Cheney. Cette conversation, qui avait trait à un avion s’approchant de Washington, s’acheva lorsque Cheney confirma que "les ordres (tenaient) toujours". Quand le membre de la Commission Timothy Roemer demanda plus tard à Mineta combien de temps après son arrivée il avait surpris cette conversation à propos des "ordres qui tenaient toujours", Mineta répondit : "Probablement 5 ou 6 minutes". "Cela voudrait dire, souligna Roemer, vers 9:25 ou 9:26".

C’est une contradiction remarquable. Etant donné que Cheney, aux dires de Mineta, était en pleine conversation, il devait être au PEOC plusieurs minutes avant l’arrivée de Mineta à 9:20. Si Cheney avait été là depuis 9:15, il y aurait une différence de 43 minutes entre le témoignage de Mineta et le Rapport de la Commission du 11/9. Pourquoi une telle contradiction ? L’une des explications possibles serait que Mineta s’est trompé. Cependant, son histoire concorde avec celle de nombreux témoins.

D’autres rapports qui soutiennent l’arrivée précoce de Cheney.

Richard Clarke rapporta que lui-même, Cheney et Condoleezza Rice eurent une brève réunion après 9:03, à la suite de laquelle le Secret Service demanda à Cheney et à Rice de descendre au PEOC. Cependant, Rice partit avec Clarke au centre de vidéoconférence de la Maison-Blanche où Clarke devait préparer une vidéoconférence qui débuta à 9:10 environ. Après quelques minutes là-bas, Rice déclara, selon Clarke : "Vous allez avoir rapidement besoin de décisions. Je vais au PEOC pour être avec le vice-président. Dites-nous de quoi vous avez besoin". A 9:15 environ, Norman Mineta arriva et Clarke lui suggéra de rejoindre le vice-président. (Contre tous les ennemis, 2-5) Ainsi, Clarke laisse entendre que Cheney était au PEOC plusieurs minutes avant 9:15.

Dans une émission d’information d’ABC pour le premier anniversaire du 11/9, David Bohrer, photographe de Cheney à la Maison-Blanche, signala que, peu de temps après 9:00, des agents du Secret Service allèrent dans le bureau de Cheney et dirent : Monsieur, vous devez venir avec nous ». Au cours de cette même émission, Rice déclara : "Alors que j’étais en train de chercher tous les responsables, le Secret Service est entré et a dit : "Maintenant vous devez aller au bunker. Le vice-président y est déjà. Il est possible qu’un avion se dirige vers la Maison-Blanche". Ensuite, Charles Gibson d’ABC déclara : "Dans le bunker, le Vice-président est rejoint par Rice et le secrétaire aux Transports Norman Mineta". (11/9 : interviews par Peter Jennings, ABC News, 11 septembre 2002).

L’affirmation de la Commission du 11/9 quant à l’arrivée tardive (de Cheney).

La Commission du 11/9 est d’accord sur le fait que le vice-président fut poussé dans le bunker après réception d’une information selon laquelle un avion se dirigeait vers la Maison-Blanche. Cependant, elle déclara que cette information ne fut pas reçue avant 9:33. Mais à ce moment-là, d’après la Commission, les agents du Secret Service reçurent un autre message leur indiquant que l’avion s’était détourné; aussi, aucun geste ne fut esquissé pour évacuer le Vice-président à cet instant. Le Secret Service n’ordonna au vice-président de descendre que juste avant 9:36 (Rapport de la Commission du 11/9, 40, 39). Mais même après qu’il fut entré dans le souterrain, Cheney n’alla pas immédiatement au PEOC. En effet :

Une fois à l’intérieur, le Vice-président Cheney et les agents (du Secret Service) s’arrêtèrent dans une zone du tunnel pourvue d’un téléphone sécurisé, d’un banc et d’une télévision. Le Vice-président demanda à parler au Président, mais l’établissement de la communication prit du temps. Dans le tunnel, il apprit que le Pentagone avait été touché et vit un reportage télévisé montrant de la fumée sortant du bâtiment (Rapport de la Commission du 11/9, 40). Ensuite, "après que Lynne Cheney eut rejoint son mari dans le tunnel", déclare la Commission, Madame Cheney et le vice-président quittèrent le tunnel pour la salle de conférence de l’abri dès la fin de l’appel, ce qui n’eut lieu qu’après 9:55. Quant à Rice, ajouta la Commission, elle entra dans la salle de conférence peu de temps après le Vice-président. (Rapport de la Commission, 40).

La contradiction ne pourrait être plus claire. Selon la Commission, Cheney, loin d’entrer dans le PEOC avant 9:20, comme l’affirmaient Mineta et d’autres, n’y arriva pas avant 9:58 environ, 20 minutes après l’attaque du Pentagone qu’il avait apprise dans le couloir.

Le récit de Cheney à l’émission Meet the Press.

Le compte-rendu de la Commission du 11/9 contredit même celui qui fut livré par Cheney lors d’une fameuse interview. S’adressant à Tim Russert dans l’émission Meet the Press cinq jours seulement après le 11-Septembre, Cheney déclara : "Après avoir parlé au Président, je suis descendu au… Centre opérationnel d’urgence présidentiel… Peu de temps après y être arrivé, on nous a informés que le Pentagone avait été frappé". Par conséquent, Cheney lui-même indiqua qu’il était entré au PEOC avant l’attaque du Pentagone, et non 20 minutes après, comme le déclarerait plus tard la Commission.

A propos des contradictions.

Comment la Commission du 11/9 a-t-elle traité le fait que sa déclaration sur l’heure d’arrivée de Cheney dans le bunker a été contredite par Bohrer, Clarke, Mineta, Rice, d’autres rapports, et par Cheney lui-même ? Elle a simplement omis de mentionner ces rapports contradictoires.

La plus notable de ces omissions est l’absence de mention, de la part de la Commission, du témoignage de Norman Mineta, bien qu’il ait été livré à la Commission au cours d’une séance publique, comme on peut le voir à la lecture de la retranscription de cette séance (23 mai 2003). Cette partie du témoignage de Mineta a également été effacée de la version officielle de l’enregistrement vidéo des séances de la Commission dans les archives de la Commission du 11/9. Elle peut toutefois être visionnée sur internet.

Lors d’une interview pour Radio Canada en 2006, on demanda à Hamilton ce que Mineta avait dit à la Commission à propos de l’endroit où se trouvait Dick Cheney avant 10:00. Hamilton répondit : "Je ne m’en souviens pas". (11/9 : Vérité, Mensonges et complot, Interview, Lee Hamilton, CBS News, 21 août 2006.) Il est surprenant que Hamilton ne s’en soit pas souvenu, car c’était lui qui posait les questions lorsque Mineta raconta l’histoire d’une conversation entre un jeune homme et Cheney. En outre, Hamilton avait commencé son interrogatoire en disant à Mineta : "Vous avez été (dans le PEOC) une bonne partie de la journée. Je crois que vous y étiez avec le Vice-président". L’échange entre Mineta et Timothy Roemer, durant lequel il fut établi que Mineta était arrivé vers 9:20, suivit immédiatement l’interrogatoire d’Hamilton. Et pourtant, Hamilton, incapable de se rappeler quoi que ce soit, dit simplement : "Nous pensons que le Vice-président Cheney est entré dans le bunker un peu avant 10:00".

On efface le témoignage problématique de Mineta.

Pour connaître les possibles raisons qui ont poussé la Commission du 11/9 à vouloir effacer l’histoire de Mineta de l’enregistrement public, il convient d’examiner la conversation qu’il a rapportée devant la Commission. Il a déclaré : "Pendant que l’avion s’approchait du Pentagone, il y avait un jeune homme qui venait informer le Vice-président : "l’avion est à 50 miles (80 kilomètres)", "l’avion est à 30 miles (50 kilomètres)", et lorsqu’il eut indiqué : "l’avion est à 10 miles (15 kilomètres)", le jeune homme demanda également au vice-président : "Les ordres tiennent-ils toujours ?" Et le vice-président de tourner la tête dans tous les sens et de répondre : "Bien sûr que les ordres tiennent toujours. Avez-vous entendu dire le contraire ?"

L’histoire de Mineta a de dangereuses implications en ce qui concerne l’attaque du Pentagone, laquelle est survenue à 9:38. D’après la Commission du 11/9, "l’armée n’a pas su qu’un avion non identifié s’approchait du Pentagone avant 9:36, si bien qu’elle n’avait qu’une ou deux minute pour réagir" (Rapport de la Commission du 11/9, 34). Cette déclaration était essentielle pour expliquer pourquoi le Pentagone n’avait pas été évacué avant la frappe _ événement qui causa la mort de 125 personnes. Un porte-parole du secrétaire à la Défense Rumsfeld, lorsqu’on lui demanda pourquoi l’évacuation n’avait pas eu lieu, répondit ceci  : "Le Pentagone n’était absolument pas au courant que cet appareil venait vers nous". (Newsday, 23 septembre 2001). En comparaison, le témoignage de Mineta suggérait que Cheney, parmi d’autres, savait 12 minutes avant la frappe qu’un avion s’approchait de Washington.

Encore plus problématique était la question de la nature des "ordres". Mineta déclara qu’il supposait que les ordres étaient d’abattre l’avion. Mais l’avion ne fut pas abattu. En outre, les ordres attendus, surtout un jour où deux avions détournés s’étaient déjà écrasés sur deux bâtiments à New York, eussent été d’abattre tout avion civil violant l’espace aérien au-dessus de Washington, dans lequel les vols civils sont de tout temps interdits. ("Les pilotes sont avisés des espaces aériens interdits. Les contrevenants s’exposent à une action militaire". Communiqué de presse de la FAA (Federal Aviation Agency), l’Agence Fédérale de l’Aviation, 28 septembre 2001). Si ces ordres avaient été donnés, il n’y aurait eu aucune raison de demander s’ils tenaient toujours. La question aurait eu du sens si les ordres étaient d’accomplir quelque chose d’inhabituel _ ne pas abattre l’avion. Par conséquent, il semble que Mineta ait rapporté par inadvertance la confirmation, de la part de Cheney, de l’ordre de rester au sol.

Que le compte-rendu de Mineta fut considéré comme dangereux est suggéré par le fait que la Commission du 11/9, en plus d’effacer son témoignage et de retarder de 45 minutes l’entrée de Cheney dans le bunker, a remplacé l’histoire de Mineta par une nouvelle histoire d’un avion en approche. D’après le rapport de la Commission du 11/9, voici ce qui s’est vraiment passé :

A 10:02, le personnel en charge des communications présent dans l’abri a commencé à recevoir des rapports du Secret Service au sujet d’un avion en approche… A un moment donné, entre 10:10 et 10:15, un aide de camp est venu dire au Vice-président et à d’autres personnes que l’avion était à 80 miles (129 kilomètres)… On demanda au Vice-président Cheney l’autorisation d’abattre l’avion. Le Vice-président donna son feu vert pour qu’un chasseur abatte l’avion en approche… L’aide de camp revint quelques minutes plus tard, sans doute entre 10:12 et 10:18, et déclara que l’avion était à 60 miles (97 kilomètres). Il demanda de nouveau l’autorisation de l’abattre. Le vice-président répondit une nouvelle fois par l’affirmative.

Ainsi, la Commission du 11/9 a présenté l’histoire de l’avion en approche comme s’étant achevée par un ordre, non point de rester au sol, mais de descendre l’avion. Et en faisant survenir cet ordre après 10:10, la Commission, non seulement le dissocie de la frappe contre le Pentagone, mais encore exclut la possibilité que l’autorisation de Cheney d’abattre l’avion ait pu conduire à la destruction du vol 93 (lequel s’est écrasé à 10:03, d’après la Commission).

Concernant la descente de Cheney dans le bunker, étant donné que le compte-rendu de la Commission contredit non seulement le témoignage de Mineta, mais aussi celui d’autres témoins, y compris celui de Cheney lui-même, le Congrès et la Presse doivent ouvrir des enquêtes pour déterminer ce qui s’est vraiment passé.
 

Par David Ray Griffin, le 24 avril 2008 pour Global Research
Traduction par Stéphane Barthe pour ReOpenNews
 


Note : Cet essai est une version abrégée des chapitres 2 et 3 de Les contradictions du 11-Septembre : Lettre ouverte au Congrès et à la Presse (Northampton, Olive Branch, mars 2008), de D.R. Griffin.

Interview d’Annie Machon, ancien agent du MI5

Cela fait plus de dix ans qu’Annie Machon et David Shayler ont démissionné du MI5 pour dénoncer une action terroriste effectuée sous fausse bannière par le Renseignement britannique en Libye, ainsi que d’autres pratiques mensongères des Services secrets au Royaume-Uni et à l’étranger. En 2006, Annie Machon prononça un discours-programme qui fit date à la "Conférence de Chicago pour la vérité sur le 11 Septembre" (Chicago 9/11 Truth Conference), présentant son histoire à une large audience. En 2006 et 2007, Machon a organisé trois tournées en Angleterre et en Europe continentale pour William Rodriguez. Elle a voyagé et discouru avec lui à plus de quarante occasions. Elle a aussi organisé des tournées de conférences pour Richard Gage et David Ray Griffin et partagé une tribune avec Cynthia McKinney à Amsterdam en 2007. À partir de mai 2009, Annie Machon interviendra à plusieurs reprises au Canada (*).


Photographie de Chris Carr

911blogger : Mme Machon, quelle est votre relation actuelle avec David Shayler? Pensez-vous encore qu’il ait fait une véritable dépression ou bien que cette dépression était peut-être en quelque sorte préméditée dans le but de faire passer pour des cinglés les défenseurs de la vérité sur le 11/9?

Machon : Cela fait presque trois ans que nous nous sommes séparés, David et moi, et je vis actuellement en Allemagne avec mon partenaire et Molly notre chatte.

J’ai très peu de contact avec David, aujourd’hui, ce qui est étrange étant donnée l’intensité de nos années passées ensemble quand nous avons dénoncé ces affaires, nous nous sommes cachés en Europe, nous avons assisté à l’arrestation de nos amis, de nos familles et de nos soutiens, nous avons vécu en France trois ans et nous avons survécu à deux procès très médiatisés.

Quel dommage que tout ceci se soit produit juste avant que l’Internet, les archives électroniques des médias et YouTube ne deviennent endémiques – car à ce moment-là les gens auraient pu voir, d’un simple clic de souris, l’ampleur du scandale, les épreuves que nous avons endurées et la brutalité de la réaction du gouvernement et des Agences de renseignement. L’histoire a, depuis, largement été oubliée par les médias et mon livre (qui décrivait toute l’affaire) a été enterré.

Notre engagement dans le mouvement du 11/9 a commencé en 2005 à une conférence journalistique où nous essayions de promouvoir le livre, lorsqu’un important activiste anglais du 11/9 nous a approchés. Les "chasseurs de têtes" du mouvement anglais alors naissant nous recherchaient activement et durant la première année, le nom et le profil de Shayler les a vraiment aidés à construire cela – des interviews dans les médias, des tournées de conférences, etc.

Alors il a commencé à devenir de plus en plus lunatique et intraitable sur ses avis, jusqu’à ce qu’il se mette à parler en public de théories marginales et spéculatives, telles que "il n’y avait pas d’avions" ; toute la campagne fut alors ridiculisée par les médias britanniques.

En 2006, je travaillais d’arrache-pied à la construction du mouvement avec des interviews et des tournées de conférences. Vers la fin de notre relation, David et moi nous disputions constamment au sujet de son approche et ce fut une raison de notre séparation car cela me mettait en colère qu’avec ses positions, il compromette le travail de tellement de gens.

Cela dit, il s’agissait à mon avis d’une véritable dépression. Je crois que le culte du héros dénonciateur par certains secteurs de la société et sa diffamation par d’autres, ajoutés à l’isolement constant et à la lutte pour la survie, l’ont inévitablement conduit à cette mentalité de victime (sacrificielle/de Messie). Je pense que c’était seulement un mécanisme de survie d’un esprit traumatisé.

Cela m’attriste terriblement qu’un homme ayant agi avec courage et avec les meilleures intentions du monde ait pu être traité de la sorte et mis dans un tel état. Cela me met en colère que les principaux médias aient non seulement été trop mous pour demander des comptes aux espions et au gouvernement, mais à l’inverse, aient conspiré pour détruire la réputation d’un brave homme.

Cela dit, il est assez difficile d’amener le grand public à ne serait-ce que se poser les questions de base sur le 11 Septembre. Je pense qu’initier les gens au 11/9 via des sujets tels que le "No Plane Theory" (théorie selon laquelle il n’y avait pas d’avions) ou les rayons de l’espace, sans parler de l’auto-proclamation messianique, cela ne peut que faire du tort au mouvement.

911blogger : Sans forcément citer de noms, avez-vous rencontré des employés du MI5 impliqués dans le noyautage du mouvement pour la vérité sur le 11/9 en Angleterre ?

Machon : Je doute que même le MI5 puisse être suffisamment incompétent pour y envoyer quelqu’un que je reconnaîtrais !

Il y a un embrouillamini très britannique dans la manière dont la surveillance est faite dans le Royaume-Uni. Ce n’est pas seulement du MI5 dont nous avons à nous préoccuper, il y a aussi les branches des sections spéciales de la police (c.-à-d. les polices secrètes – chaque force en a une), ainsi que les compagnies privées de sécurité en plein développement, qui sont utilisées pour surveiller les activistes – et, bien entendu, tout cela peut être formellement nié. Le New Statesman Magazine comportait un bon article à ce sujet.

Aussi, le travail est bien délimité à l’intérieur du MI5. Les officiers du Renseignement (dont je faisais partie) s’occupent de coordonner les opérations; les agents sont des personnes engagées spécifiquement pour infiltrer des groupes et leurs identités sont un secret bien gardé, même au sein du Service. Ainsi, il serait extrêmement improbable que je tombe sur une personne que je serais susceptible de reconnaître.

Cela dit, j’ai donné une conférence à Londres l’année passée et un ancien officier du contre-terrorisme de la police métropolitaine, qui s’est battu contre elle pendant ces dernières années et que j’ai rencontré lors de quelques projets télévisés, m’a déclaré qu’il avait reconnu un de ses anciens collègues parmi le public. Peut-être était-il là seulement par intérêt…

911blogger : Est-ce que le MI5 en Angleterre et le MI6 à l’étranger recrutent activement des musulmans, qui à leur tour recrutent d’autres musulmans pour "Al-Qaïda" — mais qui en réalité se feront pigeonner et inculper pour des opérations terroristes sous fausse bannière ? Et est-ce vraiment cela, "Al-Qaïda"? Ou bien pensez-vous que ce soit plus compliqué ?

Machon : Le complot illégal du MI6 pour assassiner le colonel Kadhafi de Libye en 1996, était un cas classique d’une telle action terroriste sous fausse bannière et la principale raison, pour Shayler et moi, de notre dénonciation.

Dans cette affaire, le MI6 a financé un officier des renseignements libanais, du nom de code Tunworth, pour organiser cet attentat en employant un groupe d’extrémistes islamiques ayant des liens avec "Al-Qaïda". Kadhafi revenait de Sirte dans un défilé de voitures quand une explosion s’est produite sous la mauvaise voiture. Kadhafi a évidemment survécu, mais des personnes innocentes ont péri durant la fusillade qui a suivi.

En plus d’être contraire à l’éthique, et du fait de son caractère très risqué dans cette région du monde particulièrement instable, l’opération était aussi illégale pour la loi anglaise. Le MI6 est censé être régi par la loi de 1996 sur les services de renseignements. Cette loi accorde aux officiers du MI6 une immunité pour les actes illégaux commis à l’étranger (le vrai permis de tuer de "James Bond"), mais seulement s’ils obtiennent préalablement une autorisation écrite de leur instance politique supérieure – le "Foreign Secretary" (Secrétaire des affaires étrangères). Dans le cas présent, ils n’avaient pas une telle autorisation.

Nous avons essayé à maintes reprises de fournir la preuve du "complot Kadhafi" au gouvernement. À ce jour, ils ont refusé de l’accepter malgré la fuite, en 2000, d’un document du MI6 prouvant le complot et dont certaines sources dans les Renseignements français et américains étaient au courant. Quand Shayler a révélé ce crime en 1998, il a été emprisonné à Paris parce que le gouvernement britannique a essayé sans succès de l’extrader. Il y avait une énorme pression pour diligenter une enquête, mais le gouvernement s’est débrouillé pour s’en sortir en faisant traîner les choses.

Bien sûr, il est communément accepté qu’"Al-Qaïda" a commencé avec le soutien de la CIA aux moudjahidin d’Afghanistan dans les années 1980. On sait également que ces liens perdurent aujourd’hui. Mais "Al-Qaïda" est aussi devenue une idéologie, une franchise à laquelle d’authentiques musulmans en colère adhéreront. Ainsi, on y trouve un peu de tout.

911blogger : Existe-t-il un parti politique en Angleterre qui offre une véritable alternative aux partisans de la vérité pour le 11/9? Par exemple, y a-t-il un parti politique qui demande le démantèlement ou une sérieuse restructuration du MI5/MI6?

Machon : Malheureusement non. Le parti Vert anglais a manifesté un certain intérêt, il y a quelque temps, pour la cause du 11/9 mais cela n’a débouché sur rien. Les principaux partis politiques ne veulent pas y toucher. Cette question recevait une bonne couverture médiatique en Angleterre il y a quelques années, mais depuis, la campagne s’est fragmentée autour des argumentations en faveur d’une campagne politique crédible, à la David Ray Griffin ou Richard Gage, ou en faveur d’une "image globale". Beaucoup de gens ont choisi cette dernière option et cela a permis aux médias et aux classes politiques de rejeter le sujet avec une facilité déconcertante, comme pure "théorie de la conspiration".

Idem avec la réforme de la communauté du Renseignement. Les dénonciateurs sont toujours écartés comme des affabulateurs à la manière de "Walter Mitty", mécontents ou pas assez mûrs pour savoir de quoi ils parlent (pensez à Shayler, Dr. David Kelly, Katherine Gunn, Richard Tomlinson). Ainsi, en attaquant et en écartant les dénonciateurs, le gouvernement et les agents secrets s’arrangent pour éviter des enquêtes sur les révélations extrêmement graves. La seule fois où les membres du Parlement se sont mis en colère, ce fut lorsque l’un des leurs fut arrêté par la "Branche spéciale" l’année dernière : Damien Green, membre conservateur du Parlement.

Le MI5 détient des informations sur plusieurs politiciens d’importance en Angleterre, ce qui pourrait expliquer leur réticence à brider les agents secrets. C’est un vrai problème pour une démocratie – tout à fait comme la queue qui remue le chien.

Cela fait des années que je débats sur la nécessité d’une restructuration complète de nos Agences de renseignement. Elles n’ont aucun compte à rendre et sont au-dessus de toute critique, de ce fait elles deviennent des oligarchies qui s’auto-perpétuent. En leur accordant plus de pouvoir, d’argent et de ressources pour contrer la "guerre à la terreur", nous ne faisons qu’empirer les problèmes existants, nous ne les améliorons pas.

Donc, la meilleure chose que les politiciens pourraient faire serait de prendre du recul et de se demander : quelles sont les VRAIES menaces pour notre sécurité nationale et, sur cette base, comment pouvons-nous au mieux nous en protéger? Je soutiens que nous devrions démanteler le MI5, le MI6 et le GCHQ [NDT : Quartier Général du gouvernement pour les Communications, équivalent de la NSA aux États-Unis], avec tout leur bagage historique attenant, et établir une nouvelle agence qui devra travailler dans la limite de paramètres strictement définis, se conformer à la loi, et travailler sous une véritable supervision démocratique.

On trouve beaucoup plus d’informations à ce sujet sur www.anniemachon.com

911blogger : Dans son nouveau livre, Yuri Felshtinsky montre que le KGB/FSB s’est engagé dans des actes terroristes sous fausse bannière pour faire apparaître les musulmans de Tchétchénie comme des démons. Il a été récemment révélé dans le New York Times et ailleurs, que le Mossad avait recruté et employé un cousin d’un des supposés pirates du 11/9. Pouvez-vous citer quelques autres exemples d’Agences de renseignement d’autres Nations qui s’adonnent à cette pratique?

Machon : Certainement. L’exemple classique est l’attentat à la bombe qui a touché l’ambassade d’Israël à Londres en 1994. Deux Palestiniens innocents étudiant à Londres, Samar Alami et Jawed Botmeh, s’étaient liés d’amitié avec quelqu’un du nom de Reda Moghrabi, qui leur a ensuite demandé de l’aider pour l’achat d’une voiture d’occasion. Par la suite, cette voiture a explosé à l’extérieur de l’ambassade ; Alami et Botmeh ont été reconnus coupables de conspiration terroriste et condamnés à 20 ans chacun. Mograbi n’a jamais été retrouvé.

La position officielle du MI5 sur cette attaque, après avoir considéré toutes les preuves et tous les Renseignements, était que le Mossad avait attaqué sa propre ambassade à l’aide d’une explosion contrôlée. Ils l’ont fait pour deux raisons: d’abord pour obtenir un renforcement de la sécurité autour des intérêts d’Israël à Londres, et ensuite pour démolir un réseau de support palestinien qui se développait rapidement et dans lequel Alami et Botmeh semblaient actifs.

C’était l’une des affaires que nous avions dénoncées. Vous auriez pu penser que l’affaire serait rejugée immédiatement, mais le gouvernement s’est arrangé pour l’éviter, car cela aurait justifié la dénonciation, et deux personnes innocentes continuent à croupir en prison.

En outre, il s’est produit une attaque similaire à Buenos Aires en 1994. Il y a quelques années, le gouvernement – là-bas – ORDONNA une enquête judiciaire qui a révélé que le Mossad avait conduit l’attaque, là aussi.

911blogger : Y a-t-il quelques bons livres qui décrivent de manière réaliste comment les MI5 et MI6 opèrent?

Machon : C’est bien que vous le demandiez ! Mon livre s’appelle "Spies, Lies and Whistleblowers" (Espions, mensonges et dénonciateurs). Il a été interdit pendant 15 mois par le MI5, enterré par les médias nationaux en Angleterre et je crois qu’il doit être plutôt difficile de s’en procurer un exemplaire maintenant.

Mark Urban, anciennement au Renseignement militaire et actuellement à la BBC, a également écrit un bon livre appelé "UK Eyes Alpha: Inside British Intelligence" [Yeux anglais Alpha : à l'intérieur du Renseignement britannique - NDT], qui reflète correctement l’atmosphère. Stephen Dorril, quant à lui, se base sur beaucoup de recherches pour écrire ses livres bien qu’il n’ait aucune connaissance de l’intérieur sur les agences.

911blogger : Grâce à l’Internet, nous en savons beaucoup plus sur la manière dont les "Agences de renseignement" fonctionnent, et nous avons de plus en plus conscience du contrôle, qui n’existait pas de manière significative il y a 20 ans, exercé par une élite. Face au pouvoir orwellien des médias de masse, pensez-vous que nous ayons la moindre chance de réveiller assez de gens pour changer suffisamment notre société occidentale et mettre fin au terrorisme sous fausse bannière?

Machon : L’Internet pourrait être notre salut – nous avons besoin d’être notre propre média. De plus en plus, nous voyons des citoyens journalistes enregistrer et rapporter des faits que les principaux médias choisissent d’ignorer – la semaine passée, pendant une manifestation contre le G20 à Londres, un homme est décédé après avoir été agressé par un officier de police. Les principaux médias et la police ont affirmé que l’homme s’était simplement effondré, mais un spectateur avait filmé ce qui s’était réellement produit.

Bien sûr, les mass-médias font partie de "l’establishment", ils ne représentent plus le quatrième pouvoir. En Angleterre ils sont facilement manipulés et contrôlés par des lois sur le secret, de même que par le patronage et les bobards des espions et du gouvernement. Il y a un très bon livre de Nick Davies appelé "Flat Earth News" (Nouvelles de la Terre plate) qui décrit la fin du vrai journalisme d’investigation.

Donc oui, il est difficile de faire passer le message sur le 11/9 rapidement et efficacement. Il est urgent d’étendre notre portée au-delà de notre cercle. De par le monde, beaucoup de gens sont révoltés par la mort de millions d’innocents dans les guerres illégales du Moyen-Orient, et beaucoup sont aussi révoltés par l’emploi de "la guerre contre le terrorisme" comme excuse pour tailler en pièces nos libertés et nos droits constitutionnels.

Nous devons placer le 11 Septembre au cœur de ces débats, mais nous n’aurons une chance d’y parvenir qu’en respectant une discipline dans notre campagne, et qu’importent nos croyances ou nos intérêts personnels. L’enjeu est trop important.

Interview réalisée par 911blogger
Traduction par Perry pour ReOpenNews

 


Notes: Pour en savoir plus sur cette tournée de conférences au Canada et peut-être ajouter votre ville à l’itinéraire, n’hésitez pas à prendre contact avec Elizabeth Woodworth: elizwood(at)shaw.ca ou Patrick Borden: directors(at)vancouver911truth.org.

La CIA révèle détenir 3000 pages de documents concernant des enregistrements d’interrogatoires détruits

Vendredi, l’Agence Centrale de Renseignement a fait savoir qu’elle détient 3000 résumés, transcriptions, reconstructions et notes concernant 92 enregistrements vidéo d’interrogatoires détruits par la CIA, ainsi que l’a révélé vendredi soir l’Union des Libertés Civiles Américaines.

Cependant, l’Agence dit qu’elle ne les rendrait pas publics ou qu’elle ne les donnerait pas aux groupes de droit civil. La révélation a été faite lors d’un procès.

La CIA dit avoir brûlé les enregistrements pour protéger l’identité des agents impliqués dans les interrogatoires. Leur destruction s’est produite alors qu’un juge fédéral cherchait des informations venant des magistrats de l’administration Bush à propos du membre supposé d’Al Qaïda, Abu Zubaydah.

La CIA a aussi refusé de révéler publiquement l’identité des témoins qui auraient pu voir les enregistrements ou les auraient détenus avant leur destruction.

"Le gouvernement retient encore une fois inutilement des informations sur ces enregistrements hors de l’accès public, bien que les méthodes de torture de la CIA soient bien connues ". Amrit Singh, avocat au sein de l’ACLU (NdT Union des Libertés Civiles Américaines) a déclaré dans un communiqué : "La révélation complète des méthodes illégales d’interrogatoire de la CIA est attendue depuis déjà trop longtemps et l’Agence doit être tenue pour responsable de son dédain des lois."

La CIA n’a pas pu être jointe pour donner sa version.

Il n’est peut-être pas surprenant que l’information soit sortie tard vendredi et ait été envoyée par l’ACLU à 18h44, heure de l’Est des Etats-Unis. Les organisations et les agences gouvernementales communiquent souvent des informations dommageables le vendredi soir, parce que les journaux américains se vendent moins le samedi.

Ce vendredi, d’autres publications de l’ACLU ont suivi. En décembre 2007, l’ACLU a présenté une motion visant à tenir la CIA responsable de la destruction des enregistrements en violation d’un ordre de la cour demandant à la CIA de fournir ou d’identifier tous les enregistrements demandés par l’ACLU. Cette motion est toujours en instance.

La dernière affirmation de la CIA est venue en réponse à un ordre de la cour datant du 20 août 2008 émis dans le contexte du non-respect de la motion. Cet ordre demandait à l’Agence de fournir "une liste des résumés, transcriptions et notes concernant les documents détruits et certaines reconstructions du contenu des enregistrements vidéo" ainsi qu’une liste des témoins qui auraient vu les vidéos ou les auraient détenues avant leur destruction. La CIA fournira ces listes à la cour pour un rapport filmé le 26 mars 2009.

Auparavant, la CIA avait reconnu avoir détruit les 92 enregistrements des interrogatoires. Les enregistrements, qui pour certains montrent des suspects soumis à des méthodes d’interrogatoire extrêmement dures, auraient pu être identifiés et traités par l’ACLU en réponse à sa demande d’informations sur le traitement et les interrogatoires des détenus dans les prisons américaines en vertu de la Loi pour la Liberté de l’Information. Les enregistrements ont aussi été refusés à la Commission sur le 11 Septembre, nommée par l’ancien président Bush et le Congrès, qui a formellement demandé que la CIA transmette les transcriptions et les enregistrements documentant l’interrogatoire des prisonniers de la CIA.

La lettre du gouvernement au juge de la cour américaine, Alvin K. Hellerstein, du district sud de New York, est disponible en ligne ici.

La motion de l’ACLU qui a essuyé un refus, et les documents légaux apparentés, sont disponibles en ligne ici.
 

Par John Byrne pour RawStory, le 20 mars 2009

Traduction temceln pour ReOpenNews

Complet manque d’enquête : L’effroyable montage

Que vaut l’information sur Internet ? Rien, ou pas grand chose, selon Thomas Horeau et Régis Mathé, auteurs d’un reportage surréaliste diffusé en fin d’année dernière dans Complément d’enquête sur France 2. Un reportage qui avait pour but de ramener les brebis égarées de l’Internet sur le droit chemin cathodique. Effet inverse garanti !

Au delà de l’exemple précis que je donne dans cet article, c’est une attitude plus générale des médias traditionnels vis-à-vis d’Internet qui est questionnée.

Derrière l’agressivité et la haine, il y a souvent une souffrance, une peur, une fébrilité. De nombreux journalistes, dans leurs reportages, font montre depuis plusieurs années d’une attitude très négative, faite de méfiance, de suspicion, presque de haine, lorsqu’ils traitent d’Internet. Des échanges qui s’y déroulent, des informations qu’on y trouve. Est-ce à dire qu’Internet les mette en danger, les inquiète, leur inflige une souffrance ?

Un certain nombre d’entre eux entretiennent un mauvais rapport au Net, d’abord parce qu’ils y perçoivent une concurrence à leur travail, jugée inacceptable, une source de critiques aussi, auxquelles ils ont bien du mal à se faire. Ensuite, tout simplement, parce qu’ils ne semblent pas bien connaître l’objet de leur courroux ; ils développent alors la peur classique que l’on éprouve devant l’étranger, l’inconnu, ce qu’on ne comprend pas, et qui nous dépasse, et met à mal les cadres figés de notre monde. Alors on attaque, on se défend, on mord, on montre les crocs.

Cette attitude désastreuse a pu être constatée, de manière particulièrement claire et caricaturale, dans un reportage abracadabrantesque de l’émission Complément d’enquête sur France 2, le 1er décembre 2008. D’aucuns auront dû se pincer pour croire ce qu’ils voyaient, tant ce reportage semblait avoir été fait par des hommes d’un autre temps, d’un autre siècle. Internet y était présenté comme le mal, le lieu de toutes les perditions en matière d’information, du moins lorsqu’il est le terrain de jeu, libre et sans contrainte, des amateurs, non encadrés par les professionnels des médias.

Biaisé d’entrée. Le reportage, signé Thomas Horeau et Régis Mathé, était intitulé "La vérité est ailleurs" et présenté ainsi sur le site de France 2 : "Ils ne font plus confiance aux médias traditionnels. Désormais ils s’informent uniquement sur Internet. Sites d’infos indépendants, débats citoyens, échanges de vidéos, mais aussi rumeurs, mensonges et films truqués ; pourquoi le web est-il devenu leur unique référence ?" D’emblée on remarque un présupposé : les aficionados d’Internet auraient rompu avec les médias traditionnels, ils ne s’informeraient plus que sur le seul média Internet. Et ils seraient de ce fait en grand danger, car soumis aux fausses informations, qui pullulent sur Internet, tandis que les médias traditionnels en sont, eux, comme chacun sait, exempts.

Crescendo. La construction du reportage parle d’elle-même. C’est un passage en revue de différents sites : d’abord Hoaxbuster, qui déniche les fausses rumeurs du Net, pour rétablir la vérité. Le ton est déjà donné : Internet est le royaume de la rumeur et du faux. Attention danger. Puis, le site ReOpen911, qui recense des informations sur les attentats du 11-Septembre et milite pour la réouverture d’une enquête indépendante, et que le reportage présente, en gros, comme ce qui se fait de pire sur Internet en matière de propagation de fausses informations. On est là au coeur de la Rumeur, presque dans l’antre de la folie… La séquence qui traite de ce site est d’ailleurs introduite par une accumulation d’informations, plus risibles et ridicules les unes que les autres : "Nicolas Sarkozy et Carla Bruni chantent en duo à l’Elysée… la preuve en image de visiteurs venus d’un autre monde…"

Puis vient le tour d’AgoraVox, "autoproclamé le média citoyen" (on continue dans le registre de l’imposture), où l’on ne trouverait que "très peu d’info, et beaucoup, beaucoup de commentaires". Si le site ne propose, en effet, que peu d’informations inédites, il est faux de dire qu’il ne contient que peu d’informations ; il en regorge. Même dans une analyse, une critique, un point de vue, l’auteur se base en général sur des informations (souvent sourcées) ; en outre, il peut en effet participer aux commentaires de son article, pour éclaircir certains points et débattre, ce que Thomas Horeau et Régis Mathé ne peuvent pas faire suite à leur reportage ; heureusement pour eux, tant ils se feraient vraisemblablement incendier.

Combat d’arrière-garde. Ensuite, la raison d’être d’AgoraVox serait, nous dit-on, qu’un nombre croissant d’internautes ne se fient plus aux journalistes – jugés "paresseux et suivistes" et soumis à "une censure qui ne dit pas son nom" – et ne se fieraient "plus qu’à la toile pour s’informer". Dans cette curieuse assertion, le journaliste semble oublier que tous les médias sont aujourd’hui sur Internet, que nombre d’individus regardent la télévision, écoutent la radio et lisent la presse traditionnelle sur la toile, sans plus passer par les canaux anciens. La distinction rigide entre médias traditionnels et Internet est donc absolument désuète aujourd’hui et vient créer un antagonisme qui n’existe pas en réalité, ou qui est largement exagéré. Internet met simplement tous les médias, professionnels ou non, au même niveau, les rend sujets à la critique et à l’enrichissement de chacun, ce que les mauvais journalistes continuent de vivre comme un scandale et une souffrance, au lieu de comprendre que c’est au contraire une chance pour eux, comme l’a montré le journaliste de la Silicon Valley Dan Gillmor, dès juillet 2004, dans son livre We the media – et dont la célèbre devise est : "Mes lecteurs en savent plus que moi" (alors coopérons !).

Silences coupables. Le reportage nous présente l’un des rédacteurs d’AgoraVox, Manuel Atreide (appelé ici simplement "Manuel"), pour nous dire que lui, ce qu’il n’aime pas, ce sont les journalistes qui ne paient pas leur place à l’opéra (sans préciser pourquoi) et que ce qu’il aime, c’est de ne pas avoir un rédacteur en chef qui lui dit sur quoi écrire. Un peu court comme description… lorsque l’on sait que l’équipe de France 2 a passé 2h30 en sa compagnie ! En effet, invité le 6 décembre dernier des Immédiatiques sur France Culture, pour parler de son expérience de rédacteur sur AgoraVox, Manuel Atreide n’a pas manqué de se plaindre du montage – d’une minute – que les journalistes de Complément d’enquête ont fait de son interview… longue de 2h30. Avait-on intérêt à taire les motivations du "journaliste citoyen" pour faire apparaître sa démarche comme puérile, relevant du simple caprice ?

Le critique littéraire Pierre Assouline, qui débattait avec Manuel Atreide, a jugé que celui-ci était "tombé sur un mauvais journaliste" : "Votre type de France 2, il était pas bon, et c’est pas parce que vous êtes tombé sur quelqu’un d’approximatif et qui était pas un très bon journaliste qu’il faut en faire une règle".

Certes, pas de généralité ; même si, lorsque l’on traite d’Internet, les reportages équilibrés se font rares. Un récent reportage d’Envoyé spécial (France 2) sur Facebook a ainsi, à son tour, défrayé la chronique, prenant le parti de mettre l’accent sur tous les dangers potentiels du célèbre réseau social, et en passant sous silence ses aspects positifs. De très nombreux internautes ont vivement réagi à ce reportage, décortiquant notamment ses approximations, au point que France 2, ébranlée par ce tollé, leur a proposé de faire eux-mêmes un reportage sur le sujet, que la chaîne a promis de diffuser sur son site Internet.

Mensonges par omission. Des approximations, il y en a, et pas qu’un peu, dans le reportage de Complément d’enquête. Ainsi, on laisse penser que, sur AgoraVox, les articles passent en ligne selon la seule volonté des internautes qui votent "sous pseudonyme" (ce qui est le cas de certains, mais pas de tous). Le choix du plus grand nombre, d’une marée d’anonymes… laisse-t-on penser. Sans autre préalable. C’est tout simplement omettre l’ensemble du processus de modération, dont les étapes sont pourtant décrites sur le site, et dont on peut imaginer que Carlo Revelli, le fondateur d’AgoraVox, a parlé aux reporters venus l’interroger. Le reportage veut laisser entendre que tout peut passer en ligne, et qu’aucun filtre n’existe. Faux. Au lieu de s’intéresser aux inévitables imperfections d’un système en constante évolution, on fait croire que le système de filtrage n’existe tout simplement pas. On parle d’information "sans contrôle"… Et on préfère mettre l’accent sur une déclaration faite manifestement en off par Carlo Revelli, où il dit en blaguant craindre "l’horrible montage" que les "horribles journalistes" feront de son interview… Il s’agit de faire passer les internautes pour des paranoïaques, qui craindraient sans raison les montages des vertueux journalistes : en revenant, dans un instant, sur le cas de ReOpen911, on verra que cette crainte est malheureusement plus que justifiée. Notons encore que le reportage affirme que la "une" d’AgoraVox résulte du choix des internautes, alors qu’elle relève, jusqu’ici, de celui de la rédaction. On n’en est plus à une approximation près…

La rumeur de Val. Le reportage traite enfin de sites d’information indépendants, mais animés par des journalistes professionnels : Rue 89 et Mediapart. Le salut de l’information sur Internet ? Comme s’il fallait choisir entre les uns et les autres… Mais on peut même en douter, puisque Thomas Horeau et Régis Mathé, entre la présentation de ces deux sites, donnent la parole, sans réserve apparente, à Philippe Val, qui ne dirige pourtant aucun site, mais un journal papier, Charlie Hebdo, et qui vient nous dire que l’information crédible sur Internet, "c’est juste une bonne blague dans le royaume du n’importe quoi" (l’homme est connu depuis janvier 2001 pour sa position farouchement "internetophobe" [1], qui explique sans doute son intervention dans ce reportage au parti pris assez explicite). Pour illustrer sa brillante idée, Philippe Val lance face caméra : "Y a jamais eu d’avions sur les Twin Towers, et en plus y avait pas de juifs dedans et c’est les Américains qui ont envoyé les avions, mais tout ça doit tenir ensemble. Mais sur Internet, ça tient, ça touche un peu les murs, mais ça tient". L’humanité la plus élémentaire aurait sans doute voulu que ces propos incohérents soient coupés au montage… tant ils ridiculisent leur auteur.

Selon Philippe Val, ces propos existent sur Internet ; on aimerait lui demander où. La première idée qu’il lance n’est soutenue par personne, si ce n’est par quelques illuminés qui se comptent sur les doigts de la main. La deuxième est une rumeur que celui-là même que l’on présente comme le pape du complotisme, Thierry Meyssan, a démontée dans son livre L’Effroyable imposture… dès 2002 ! Sur Wikipédia, on peut lire : "L’historien Pierre Rigoulot écrit dans son livre L’Antiaméricanisme : « Meyssan n’hésite même pas à relancer les plus odieuses rumeurs sur la responsabilité du Mossad car "les juifs avaient été prévenus et étaient peu nombreux dans le bâtiment" ». Ce livre a été condamné en diffamation par jugement de la 17e chambre du TGI de Paris, le 13 avril 2005, Pierre Rigoulot ayant inventé de toutes pièces cette fausse citation de Thierry Meyssan alors même que celui-ci réfute cette thèse dans L’Effroyable imposture" (voir aussi ce débat sur LCI, le 21 mars 2002, à partir de 8min30). Val est aujourd’hui l’un des seuls à continuer à donner vie à cette rumeur, enterrée depuis longtemps, au moins en France.

De précieuses images.
Arrêtons-nous justement, un instant, sur la séquence du reportage consacrée à ReOpen911 (que l’association a "débunkée" en vidéo, et que l’éditeur Arno Mansouri a aussi décryptée longuement sur le Réseau Voltaire). Nous avons la chance de disposer de la quasi intégralité de l’interview, que les personnes interrogées ont eu la bonne idée de filmer. Et le décalage entre ce film de 53 minutes et les 2 minutes sélectionnées par les journalistes de France 2 est saisissant. Ce qui est extraordinaire, c’est que la voix off du reportage introduit la séquence en disant : "Une défiance jusqu’à l’excès, jusqu’à l’obsession du complot. Ce jour-là, ils acceptent de nous recevoir, mais en filmant l’entretien. Ils se méfient des journalistes, de leurs questions et de leurs montages…" Et, alors qu’on s’attendrait à un montage irréprochable, fidèle, honnête, compte tenu de la dénonciation qui précède d’une défiance injustifiée, le reportage va nous présenter le montage le plus malhonnête qui soit, le plus à charge, le plus biaisé, le plus mensonger même. A noter que c’est la deuxième fois, avec le passage de Carlo Revelli, que le journaliste ironise sur la crainte injustifiée de ses interlocuteurs vis-à-vis de son futur montage… ce qui ne va pas l’empêcher de commettre son méfait. C’est ce qu’on appelle le culot.

A bas la complexité ! Ici, Thomas Horeau et Régis Mathé veulent faire passer un message simple, "sans ambiguité" : les "jeunes militants" qu’ils mettent en scène sont des "révisionnistes", qui "nient le 11-Septembre" ; on n’en fait parler qu’un seul, censé représenter tous les autres, et censé être aligné sur les premières déclarations maladroites de Jean-Marie Bigard. En regardant l’interview dans son entièreté, on est sidéré d’une telle manipulation. On y entend des gens réfléchis, qui ne pensent pas tous exactement la même chose ; l’un dit qu’il ne croit pas à la thèse de Thierry Meyssan du missile sur le Pentagone, qu’il adhère plutôt à l’idée d’un crash de Boeing, même si des questions subsistent. Un autre dit qu’il serait prêt à admettre qu’il se trompe, qu’il fait fausse route, qu’il en serait même heureux si on le lui montrait, mais qu’il souhaite un dialogue à base d’arguments, et pas d’insultes. Impensable d’intégrer de tels passages dans le montage final…

On remarque que le journaliste pose des questions souvent fermées, qui veulent simplifier le débat, comme s’il était à la recherche de la petite phrase définitive qui lui permettra de cataloguer une fois pour toutes ses interlocuteurs. Mais de manière sans doute assez désespérante pour lui, les personnes interviewées demeurent prudentes et appellent toujours à complexifier les problèmes. L’un dira à la fin que le point commun de tous les membres de son association, c’est qu’à un moment dans leur vie, ils ont eu la chance d’avoir du temps pour s’informer et prendre du recul ; Thomas Horeau et Régis Mathé n’avaient manifestement pas de temps à perdre dans la réalisation de leur reportage. Ils avaient une idée préconçue à faire valoir, une thèse, et n’ont pas démordu de leur projet ; au lieu que l’expérience ne les pousse à construire un angle à leur reportage, c’est l’angle, décidé manifestement en amont, qui a plié l’expérience pour qu’elle s’en accomode. Un journaliste devrait être ouvert à l’expérience, à l’imprévu, être réellement disposé à s’enrichir des rencontres qu’il fait, et non pas vouloir de manière forcée imposer ses préjugés.

Un joli roman. Au final, ce reportage de Complément d’enquête nous a-t-il proposé de l’information ? Cette denrée si rare sur Internet, à ce qu’on nous dit ? J’ai posé la question à Manuel Atreide. Voici sa réponse : "Le reportage est habilement fait. C’est plaisant, c’est rythmé mais ce n’est pas de l’info. C’est une histoire scénarisée, construite, pour laquelle on assemble des bouts d’interviews pour aller dans le sens qu’on veut donner. L’information, c’est raconter une histoire ou donner des faits pour que les gens se fassent leur propre idée ? Il n’y a rien à redire au reportage en lui-même, en ce qui me concerne, pas de déformation de mes propos. Mais c’est tout le montage que j’analyse comme problématique. Et je peux le faire puisque je sais ce qui a été dit, au moins en partie. C’est cela qui m’inquiète au fond. Thomas Horeau a fait un joli roman video. Pas de l’info. Selon moi !

Ce reportage est un comble : il dénonce la désinformation sur Internet, et pratique lui-même la désinformation. Il pointe la paranoïa des internautes, inquiets des montages malhonnêtes des journalistes, et (pour mieux leur donner raison ?) pratique le pire montage qui soit. Un reportage à diffuser assurément dans toutes les écoles de journalisme… comme contre-exemple à ne surtout jamais suivre !

Vigilants. Si Internet (sous-entendu : l’Internet amateur) diffuse inévitablement du faux (on se demande par quel miracle il en serait autrement), les médias traditionnels (c’est une autre évidence à rappeler) en sont aussi les vecteurs. L’article d’Ignacio Ramonet, "Médias en crise", publié en janvier 2005 dans Le Monde diplomatique, est une bonne piqûre de rappel, qui rappelle justement quelques-uns des plus retentissants bidonnages médiatiques aux Etats-Unis et en Europe, ou de simples erreurs, qui ont largement participé à remettre en cause la crédibilité des médias installés. Il rappelle aussi comment ces médias se sont parfois transformés, notamment en temps de guerre, en véritables organes de propagande et d’intoxication. Internet, qui n’est ni le média idéal ni le média du mal, aura eu au moins le mérite de mettre en lumière certains des mensonges ou des simples erreurs propagés dans les grands médias.

L’un des derniers exemples en date est la révélation, dans la blogosphère, qu’une vidéo-buzz, censée montrer les ravages causés par les bombes israéliennes sur des civils palestiniens début janvier à Gaza, datait en réalité du 23 septembre 2005 et faisait suite à l’explosion accidentelle d’un camion contenant des roquettes du Hamas dans un camp de réfugiés à Jabalya. Ce qui n’empêcha pas le 13h de France 2 de l’utiliser dans un de ses reportages, lundi 5 janvier, avant de s’excuser le lendemain de l’erreur.


Note :

[1] Philippe Val, éditorial de Charlie Hebdo du 17 janvier 2001, cité par ACRIMED : "A part ceux qui ne l’utilisent (Internet) que pour bander, gagner en bourse et échanger du courrier électronique, qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité. Vivre sous l’Occupation devait être un cauchemar. On pouvait se faire arrêter à tout moment sur dénonciation d’un voisin qui avait envoyé une lettre anonyme à la Gestapo. Internet offre à tous les collabos de la planète la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur médiocrité. C’est la réalité inespérée d’un rêve pour toutes les dictatures de l’avenir."


Annexe :

Il n’est pas inintéressant de mettre ces propos en rapport avec ceux tenus par Caroline Fourest sur France Culture le 30 janvier 2009. Dans les deux cas, on a affaire à des personnalités qui supportent mal certaines dérives facilitées par Internet, et qui – là est leur dérive propre – tendent à faire de comportements certes répréhensibles mais minoritaires le comportement-type de l’internaute moyen.

Fourest s’en prenait, dans sa chronique, à un phénomène "en vogue sur Internet" : "la haine des médias, du système médiatique, qui semble devoir jouer le même rôle que la haine du lobby judéo-maçonnique ou que la focalisation sur l’immigration, celui du bouc-émissaire". Selon cette pensée, "les médias seraient tous un peu sionistes, manipulateurs et vendus au pouvoir". Cette "pensée complotiste", qui règne selon Fourest sur Internet, se caractérise par "l’absence délibérée de discernement et de raisonnement : le réflexe, l’amalgame et le préjugé remplacent l’analyse". On remarque ici qu’à une pensée simpliste (tous les médias nous manipulent), on en oppose une autre du même acabit (la foule des internautes est dangereusement paranoïaque).

Fourest en vient à justifier "l’allergie" d’un certain nombre de journalistes "à la pensée bouc-émissaire en vogue sur Internet". En effet, quoi que feraient les journalistes, ils seraient immanquablement critiqués. Et la fondatrice de la revue ProChoix, dont l’objet, rappelons-le, est la défense des libertés individuelles, de rêver tout haut à quelques freins à la liberté d’expression : "Autant l’avouer, il y a des moments où l’on se prend à regretter le temps où il fallait au moins prendre sa plume, rédiger une lettre, payer un timbre et aller à la Poste pour vous donner des leçons…". Le parallèle avec les nostalgiques du suffrage censitaire serait ici tentant… De la même manière que le peuple, sous le règne du suffrage universel, vote parfois mal (la dernière fois c’était en 2005, paraît-il…), il commente aussi parfois bêtement sur les forums. Est-ce une raison pour le lui interdire ?

Selon l’analyste de France Culture, "l’internaute possède sur le journaliste un avantage qui ne sert pas forcément le débat public : en un clic anonyme, le moindre redresseur de torts peut mentir, tronquer et insulter sans avoir à se justifier." On pourrait dire exactement la même chose (à la question de l’anonymat près) des journalistes ; le reportage de Complément d’enquête l’a illustré : des journalistes peuvent mentir (au moins par omission), tronquer, insulter (l’air de rien), sans avoir à se justifier. Caroline Fourest, en opposition frontale avec la conception de Dan Gillmor, semble regretter la prise de parole du plus grand nombre sur Internet et l’ascendant qu’avait autrefois sur lui la classe journalistique.

La journaliste dit ensuite son malaise face aux innombrables commentaires sur Internet, qui auraient jusqu’au redoutable pouvoir de nous faire perdre "tout courage de penser ; car "les redresseurs de torts" (les gens qui postent des commentaires) "sont les meilleurs chiens de garde de la pensée unique et molle. Si vous les écoutez tous, vous ne direz plus rien sur rien." Mais qui a dit qu’il fallait les écouter tous ? Par ailleurs, les "chiens de garde" n’existent-ils pas aussi parmi les journalistes ? Serge Halimi, auteur des Nouveaux chiens de garde, avait pourtant fait le boulot sur cette question… Déjà oublié ? Les "chiens de garde" sont partout, y compris en chacun de nous. Pas sûr cependant que "les meilleurs" d’entre eux (les plus puissants et efficaces) soient les commentateurs du web…

Rejetant finalement la tentation de haïr l’interactivité et l’outil web en lui-même (ouf…), Caroline Fourest reconnaît que les "miracles" existent parfois : "des commentaires constructifs, qui vous signalent une erreur ou vous mettent sur une piste et contribuent à ouvrir votre horizon de journaliste". Enfin un peu de positif… "Le propre du journaliste, proclame-t-elle, c’est d’avoir le cuir assez épais pour discerner le commentaire imbécile de l’alerte utile". On pourrait dire que c’est le propre de tout internaute, journaliste ou non, qui écrit sur Internet.

Conclusion : "[Internet] n’est qu’un média. Il n’existe aucun grand ordonnateur, nous sommes tous responsables de ce que nous en faisons". On le voit in fine, avec ces toutes dernières paroles modérées, qui tranchent avec l’attaque initiale : Caroline Fourest n’a rien contre Internet et la libre expression qu’il permet ; elle est seulement atterrée par la bêtise qui y règne parfois, et qui est la bêtise humaine (rien de neuf sous le soleil…), seulement plus visible qu’à l’époque du courrier des lecteurs. Une visibilité accrue qui lui fait grossir le phénomène et minimiser, à l’inverse, les manifestations de l’intelligence (collective ou non), qu’elle va jusqu’à qualifier de "miracles".

Face à Internet, Fourest verrait donc simplement le verre à moitié vide, quand d’autres le verraient à moitié plein… Quant à Philippe Val, un brin plus extrémiste, ses propos suggèrent qu’il n’a pas trouvé la moindre trace de liquide au fond du verre. Aurait-il tout bu ?

Par Taïké Eilée pour Agoravox, le 11 Février 2008

10 scénarii de ce qui a pu se passer le 11 Septembre 2001

Parmi les tentatives pour classer les théories sur le 11 Septembre que j’ai vues, certaines éludent les problèmes ou dépeignent de manière inéquitable ce que les gens pensent. La plupart sont exposées en termes vagues. J’ai essayé de faire mieux en dressant une liste de 9 possibilités progressives qui, je crois, décrivent équitablement les opinions divergentes qu’ont réellement les gens(je me permets d’écarter ceux qui croient en une intervention divine ou extra-terrestre). Cela reste un exercice mental, mais j’espère qu’il aide à aiguiser notre logique.

 

1 LA THEORIE OFFICIELLE

19 pirates ont planifié les attentats du 11 Septembre et ont exécuté leur plan en utilisant des couteaux et des sprays incapacitants pour prendre le contrôle d’avions, sans que cela nécessite d’aide extérieure en dehors du réseau de cellules terroristes de ben Laden/al Qaïda. En dépit d’avertissements indirects et de prédictions de la part d’enquêteurs et d’expert anti-terroristes avant le 11 Septembre, le gouvernement américain n’avait pas acquis ou synthétisé de renseignements assez utiles pour empêcher les attentats. En fait, il est plausible que les attentats n’aient pu être empêchés car les terroristes ont tiré parti de notre société libre et des faiblesses de notre système. En d’autres termes, les opposants devraient arrêter d’utiliser le 11 Septembre contre Bush ou quiconque. Les sceptiques du 11 Septembre se discréditent simplement tout seuls.

 

2 LA THEORIE DE L’INCOMPETENCE

Acceptant la théorie officielle, cette opinion ajoute qu’il est probable que les échecs pour se prémunir ou se défendre contre les attentats aient été dus à l’incompétence, voire à une négligence criminelle, de la part de la Maison-Blanche, du FBI, de la CIA, de la NSA et/ou d’autres agences de renseignement et d’application de la loi. Il est impensable que des agents du gouvernement américain aient intentionnellement laissé les attentats se produire, ou qu’ils aient consciemment échoué à réagir suite à des connaissances anticipées spécifiques. Ceux qui le pensent sont fous ou dépassent outrageusement les bornes. Néanmoins, cela vaut le coup de continuer à enquêter sur le 11 Septembre pour tirer au clair les raisons des échecs, en particulier pour permettre au gouvernement de fournir une meilleure protection dans le futur et de mener plus efficacement la guerre au terrorisme.

C’est en fait ce qu’a sous-entendu la commission Kean, bien que le rapport de la Commission sur le 11 Septembre n’ait trouvé des ratés qu’à des niveaux peu élevés d’agences non militaires comme le FBI ou la FAA. Pendant leur mandat, les membres de la Commission ont fréquemment souligné qu’ils n’étaient pas là dans le but de trouver un coupable. Wesley Clark, Carolyn Maloney et quelques autres politiciens du parti démocrate ont exprimé une variante plus controversée de cette hypothèse, suggérant que les erreurs ont été faites à un haut niveau, ce qui les ramène à Bush et sa direction incompétente. Cette approche va généralement de pair avec un soutien énergique à la "Guerre contre le terrorisme", des appels à une plus grande "sécurité de la patrie", et à une critique de la tactique mise en place pour la guerre en Irak présentée davantage comme une diversion que comme une réelle tentative de destruction d’al Qaida.

 

3 DOUBLE JEU SAOUDIEN, APATHIE DE BUSH

Comme dans le cas de figure n°1, les États-Unis ne s’attendaient pas à ce qui allait arriver. Mais un rôle beaucoup plus important et actif que celui admis jusqu’à présent est attribué au jeu d’influences des intégristes saoudiens, au moins dans le financement et le soutien apporté à al Qaida. La famille Bush ne souhaite pas que cette théorie prenne de l’ampleur parce qu’elle la mettrait en situation délicate étant donné les liens d’affaires privés de longue date qui l’unissait aux intérêts pétroliers saoudiens. C’est pourquoi Bush et ses partisans ont fait obstruction aux enquêtes sur le 11 Septembre, et il est possible que l’Administration ait aussi, avant cette date, écarté le FBI des pistes principales d’investigation comme service rendu à leurs clients saoudiens. Bien qu’il ait pu involontairement faciliter les attentats, le clan Bush aurait agi pour les en empêcher… s’il avait été assez intelligent pour deviner ce qui allait se passer.

Ce point de vue est plus ou moins celui de Greg Palast dans son livre, "The Best Government Money Can Buy" ("Le meilleur gouvernement que l’argent peut acheter", NdT), et du film de Michael Moore "Fahrenheit 9/11". C’est également la philosophie sous-jacente des procès intentés par des avocats représentant les familles des victimes du 11 Septembre à l’encontre des intérêts saoudiens. Le sénateur Bob Graham, qui a co-dirigé en 2002 l’enquête du Congrès sur le 11 Septembre, a depuis identifié l’Arabie saoudite comme étant à l’origine du soutien financier apporté à al Qaida; bien qu’il ait obstinément omis de mentionner la connexion pakistanaise, bien plus explosive.

VARIANTE 3a: TRAHISON TALIBANE, CONNEXION PAKISTANAISE

Au début de l’année 2001, Bush et ses collaborateurs écartaient la possibilité d’une attaque terroriste, ralentissant ainsi l’activité des enquêteurs sur ben Laden tout en envoyant de l’aide humanitaire en Afghanistan. Tout cela était fait pour faciliter l’instauration d’un dialogue officieux avec les Talibans. Mais lorsque les Talibans refusèrent un gouvernement unifié et un marché pour un pipeline, les États-unis leur déclarèrent qu’ils avaient le choix entre « un tapis doré ou un tapis de bombes ». Al Qaida a fini par frapper les Etats-Unis juste avant que Bush n’attaque les Talibans. C’est la position du best-seller de Dasquié et Brisard, « The Forbidden Truth ».("La vérité interdite", NdT)

Beaucoup de chercheurs comme Paul Thompson, l’auteur de la Chronologie Complète du 11 Septembre, se sont concentrés plus particulièrement sur le rôle de l’armée pakistanaise et notamment sur l’agence de renseignement ISI, qui a engendré les Talibans dans les années 90 et a maintenu des liens étroits avec Al Qaida de même qu’avec la CIA jusqu’en 2001. Même d’après la version officielle, le Pakistan était le centre géographique pour l’organisation et la logistique du complot du 11 Septembre. En outre, l’ISI semble avoir financé directement les pirates de l’air présumés. Les chercheurs qui se sont penchés attentivement sur la connexion pakistanaise supposent que l’ISI a mené un double jeu, ou bien a agi comme sous-traitant d’un autre service de renseignement (peut-être la CIA) dans la préparation des pirates de l’air avant les attentats.

 

4 SOUHAIT D’UN  NOUVEAU PEARL HARBOR (« Laissons-le se produire»)

Bush et ses collaborateurs ont feint de ne rien voir au début de l’année 2001, espérant et attendant qu’une attaque se produise afin de mener à bien le plan de domination mondiale qu’ils ont eux-mêmes conçu dans leur « Projet pour un nouveau siècle américain » et qui aurait été impossible à mettre en place autrement. L’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak étaient prêtes bien avant le 11 Septembre. Les membres de l’Administration savaient vaguement(21) qu’une attaque d’Al Qaida se préparait; ils auraient même pu la provoquer (comme dans le cas de figure 3a) et ils se sont assurés qu’elle ne serait pas empêchée. En revanche, ils n’ont pas pris directement part aux attaques ou fait quoi que ce soit pour se compromettre. (Ceux qui adhèrent à ce point de vue émettent souvent l’hypothèse que les membres de l’Administration ont été surpris de voir à quel point les attentats avaient été horribles, et ont été choqués par l’effondrement des Tours du World Trade Center.) Cette position est populaire parmi les membres de « Democratic Underground » (une communauté en ligne de démocrates ou progressistes états-uniens comprenant 122 000 comptes, NdT), par défaut pour ceux qui soupçonnent le LIHOP (voir ci-dessous, NdT) mais pensent que les preuves sont insuffisantes.

 

5 LIHOP TOTAL/LIHOP PLUS = "Letting It Happen On Purpose" ("laisser faire délibérément")

Comme dans la version officielle, les pirates étaient envoyés par al Qaida (réseau de cellules terroristes inspirées par ben Laden) pour mettre à exécution le plan du 11 Septembre. Toutefois, Bush et ses collaborateurs et/ou d’autres éléments appartenant au gouvernement américain, aux services secrets ou à d’autres organisations étaient au courant de la menace d’attentats et se sont assurés qu’ils auraient lieu, ceci dans l’intention d’exploiter un nouveau Pearl Harbor. Cette aide de la part d’initiés a pu inclure la protection des pirates présumés, l’obstruction des enquêtes du FBI, la démission de la défense aérienne, une désertion volontaire des dirigeants pendant les attaques, et probablement l’invention d’autres excuses pour ne rien faire, comme « nous faisions seulement un exercice militaire et il a été corrompu par des scélérats ». C’est, au minimum, la position de Michael Ruppert, de David Ray Griffin et de la branche principale du Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre.

VARIANTE 5a, LIHOP PLUS:

Les initiés ont pris en charge d’autres étapes de réalisation du complot du 11 Septembre pour garantir son succès (pourquoi laisser quelque chose de si important aux mains d’amateurs?), par exemple en infiltrant et en aidant les pirates de l’air, probablement même en les remplaçant par des doublures loyales ou en assurant la conduite des avions (ou des drones) par contrôle à distance, ou encore en faisant toute chose considérée comme nécessaire.

POUR TOUT VOUS DIRE :

Je pense que l’hypothèse la plus vraisemblable est celle d’un coup monté de l’intérieur qui s’est servi d’un « authentique » complot terroriste. Au cours de la période entre le projet Bojinka de 1996 et le 11 Septembre lui-même, le rêve islamiste originel de faire s’écraser des avions sur des cibles américaines a été perverti et mené à terme par des cerveaux au sein de l’élite du pouvoir états-unien. C’est la voie logique pour laisser une puissante traînée de preuves indiquant la direction des pigeons. Le complot idéal aurait consisté à fabriquer un pigeon qui pensait sincèrement avoir commis le crime – comme Marinus van der Lubbe, l’homme qui se rendit fièrement à son exécution pour avoir incendié le Reichstag (parlement Allemand) en 1933, bien qu’il n’y ait réellement aucun doute sur le fait que c’étaient les nazis eux-mêmes qui y avaient mis le feu.

 

6 OPERATION NORTHWOODS 2001 MIHOP = « Déclenchement délibéré »

Il n’y avait pas de pirates de l’air. L’affaire entière était planifiée bien avant 2001 et finalement exécutée de l’intérieur par des membres des services de renseignement américains et/ou le clan Bush. Ces derniers ont mené leur opération sous fausse-bannière en se servant de pigeons ou d’une fausse liste de coupables. Les avions étaient probablement pilotés par un système de contrôle à distance, ou ont été remplacés à mi-parcours par des avions pilotés à distance. Les exercices de guerre simulant les attaques réelles ont eu lieu le 11 Septembre de manière à embrouiller une grande partie des militaires et fournir une version de secours dissimulant la vérité. Toute l’histoire aurait aussi bien pu être élaborée à Hollywood, et en fait avait déjà été présentée au public dans des productions hollywoodiennes comme l’épisode pilote de « Au coeur du complot » en mars 2001, « Couvre-feu » (1998), « Au revoir, à jamais » (1996) et autres films. En fait, de tels films pourraient avoir été utilisés volontairement comme une préparation à la propagande. C’est la conclusion des auteurs Mamadou Chinyelu, Webster Tarpley, John Leonard et d’autres.

 

7 LE REGNE DU NWO (« New World Order »)

Le point de vue est similaire à celui de Operation Northwoods 2001, mais les cerveaux du complot ne sont pas de simples «éléments au sein du gouvernement des États-Unis » mais l’élite des dirigeants mondiaux – un noyau radical parmi eux a décidé, en tant que groupe, de mettre en place un incident leur permettant d’accroître leur contrôle sur le Zeitgeist du monde. Le 11 Septembre permet à leurs émissaires de s’emparer de ressources capitales, de remodeler le monde, d’abandonner les façades démocratiques et de transiter vers un féodalisme de trusts financiers. Le dépeuplement mondial est probablement l’un de leurs objectifs ultimes. Les membres du clan Bush ne sont que des hommes de main de second ordre, qui pourraient ne pas avoir été mis au courant des détails du 11 Septembre à l’avance. Les acteurs importants, eux, dirigeaient la propagande avant et après le 11 Septembre pour que cela fonctionne. C’est l’approche de Chaim Kupferberg, Michel Chossudovsky et Don Paul.

 

8 LIGUE REBELLE / NEO-CONSERVATEURS

Bush et ses associés se sont eux-mêmes fait avoir par un groupe de néo-conservateurs radicaux au sein du complexe des services de renseignement et de l’armée, qui ont tenté ou même réussi à réaliser un coup d’Etat. C’est ainsi que j’interprète les opinions de Larouche et de ses partisans, de Thierry Meyssan, et d’autres. Tarpley s’oriente aussi dans cette direction.

NOTE SUR LES DEMOLITIONS :

Les scénarios 5a à 8, qui sont tous inclus dans « la théorie du coup monté de l’intérieur », peuvent ou non inclure l’idée que les bâtiments du World Trade Center ont été détruits par des charges explosives placées à l’avance. Alors que la théorie de la démolition (pour ceux qui y croient) est considérée comme une preuve que le 11 Septembre était un coup monté de l’intérieur, on peut facilement croire à un coup monté de l’intérieur ne nécessitant pas les démolitions. Ceux qui adhèrent à la version du coup monté de l’intérieur avec démolition se concentrent généralement sur 2 sortes de motifs. L’une se fonde sur la théorie des opérations psychologiques (« psyops »): la vision carrément biblique des tours s’effondrant provoque un choc encore plus fort que l’impact des avions. Elle traumatise les centaines de millions de personnes qui y assistent en direct à la télévision, les rendant bien plus sensibles au conditionnement mental de la représentation d’un nouvel ennemi et d’une éternelle « guerre contre le terrorisme ». L’autre groupe de motifs émane d’un monde ordinaire bassement matérialiste: les immeubles étaient démodés et remplis d’amiante, et leur destruction en règle aurait coûté des milliards ; les propriétaires ont ramassé un beau paquet d’argent grâce à leurs assurances; la destruction du WTC a stimulé par la suite de nouveaux projets de développement pour Manhattan; les dossiers gênants stockés dans le bâtiment 7 ont été détruits ; etc.

 

9 THEORIES DU TROISIEME ETAT

Différentes théories, habituellement avancées par des chercheurs isolés, ont mélangé et assorti les arguments pour faire reposer la responsabilité principale sur la Chine, la Russie, l’Allemagne nazie, ou d’autres. Ce qui donne parfois d’étranges combinaisons, allant jusqu’à suggérer, pour l’une d’elles, que le gouvernement Canadien était directement impliqué dans l’enrayement de la défense aérienne nord-américaine. Jusqu’ici, la plus importante des théories du troisième état était celle avancée par Cheney et beaucoup de ses alliés néo-conservateurs, qui ont postulé une connexion directe avec l’Irak. Bien qu’ils aient pour la plupart cessé de soutenir cette idée, cette dernière a eu un impact fatidique en tant que justification de l’invasion de l’Irak en 2003. Les sondages montrent encore chaque fois que beaucoup d’Américains pensent que le régime de Saddam Hussein est impliqué dans les événements du 11 Septembre.

Par ailleurs, l’autre théorie du troisième état la plus répandue fait reposer la responsabilité principale sur Israël ou, plus vaguement, sur « les sionistes » qui sont supposés diriger le gouvernement des États-Unis. Eric Hufschmid et Christopher Bollyn ont avancé l’opinion selon laquelle Israël n’était pas simplement complice d’un complot plus vaste dirigé par les États-Unis, mais a été véritablement celui qui fit en sorte que le gouvernement états-unien n’ait rien vu venir, afin d’engendrer une guerre mondiale entre le monde musulman et l’Occident, et d’organiser la destruction des pays arabes ennemis. L’idée selon laquelle Israël a fait en sorte que les attentats se produisent semble très répandue dans le monde arabe.

Si vous pensez toujours que l’axe du complot était à l’intérieur de l’armée et des services secrets américains, allez aux cas de figure 5 à 7. Pour l’Arabie saoudite ou les Talibans, allez au cas 3. Pour al Qaida en tant que réseau agissant seul, sans le support d’aucun état, allez aux cas 1 ou 2.

 

10 « NE SAIT PAS »

Plus de 4 ans après les attaques, la communauté de chercheurs sur le 11 Septembre doit encore établir un véritable rapport collectif et une base de données commune, et elle semble incapable de faire face à un nombre persistant d’erreurs discréditées depuis longtemps et d’exagérations. (Pour citer seulement quelques exemples représentatifs des textes d’origines douteuses qui encombrent les écrits de nombreux sceptiques du 11 Septembre : – le passeport magique d’un pirate présumé, prétendument trouvé par un policier au World Trade Center pendant les attaques, était attribué à Satam Al-Suqami, et non à Mohammed Atta. – L’équipe de la FEMA (l’Agence Fédérale des Situations d’Urgence, NdT) dirigée par Tom Kenney, des pompiers du Massachusetts, ont été envoyés à New York le mardi et non le lundi (10 septembre) comme il l’a faussement annoncé sur CBS. – Le seul élément « prouvant » que Condoleezza Rice a délivré le 10 septembre l’avertissement « ne prennez pas l’avion » au maire de San Francisco Willie Brown, était un appel anonyme lors d’une émission de radio. – Marvin Bush n’a pas dirigé ou supervisé le système de sécurité du World Trade Center; il était actionnaire dans une entreprise sous-traitante relativement mineure).

Certains se sont précipités pour décrire des scénarios complets d’évènements donnés, qui semblent prendre en compte tous les faits, mais qui restent peu probables et ne peuvent pas être prouvés. Les chercheurs, les citoyens et même les législateurs manquent de pouvoir pour faire présenter des archives ou faire comparaître des témoins qui pourraient répondre aux questions pertinentes. Le gouvernement a détruit ou supprimé des preuves, intimidé les informateurs, et se satisfait pleinement de voir le 11 Septembre enveloppé de brume et de poussière. Beaucoup de protagonistes ont leurs propres raisons pour nous arroser de désinformation, parmi lesquels : les agences des États-unis et d’autres pays; les hauts fonctionnaires cherchant à se protéger ou à se faire mousser; les corporations et beaucoup de gens à l’intérieur des médias de masse; des auteurs opportunistes; et peut être des faux informateurs et des faux témoins. La pire tentation est de déclarer l’affaire close à la faveur de son scénario favori, avant d’avoir la preuve réelle en main.

 

En tant que sceptiques authentiques, nous devons continuer à prouver et rectifier, et nous devons, bien sûr, continuer à nous battre pour une enquête indépendante et une divulgation – au moment même où nous travaillons sur des approches politiques plus larges pour traiter le fait que le gouvernement américain ne révélera jamais toute la vérité sur le 11 Septembre, avant que le peuple ne l’impose.

 

Par Nicholas Levis sur www.aldeilis.net (Document original 1 Avril 2004 – corrigé Mai 2006)
Traduction par temceln

Analyse Media 911

Analyse Media 911 est un site sur le 11 Septembre rédigé par un journaliste canadien. Il se veut "d’abord et avant tout une référence fiable et aisément accessible pour quiconque désire s’informer sur les nombreux points méconnus, anomalies et faits entourant les attaques terroristes du 11 septembre 2001". Résultat d’une "recherche personnelle, basée sur deux années complètes d’analyse de sources médiatiques crédibles et vérifiables", cet "ouvrage" constitue une très  bonne synthèse des informations disponibles sur le sujet. Nous reproduisons ci-dessous un chapitre du site appelé "note personnelle de l’auteur" qui est un vibrant appel à la recherche de la Vérité


Je me permettrai d’abord de partager avec vous une expérience personnelle dont la pertinence à cet ouvrage m’apparaît manifeste. À l’été 2002, suite à des études collégiales en journalisme puis en arts et lettres, j’ai saisi l’occasion enrichissante de remplacer un journaliste dans un quotidien local québécois pendant la période des vacances estivales. Étant assigné aux sujets les plus variés, j’eus l’opportunité privilégiée d’observer de première main le fonctionnement interne d’une salle de nouvelles.

Je me rappelle plus particulièrement l’anecdote que voici. Un jour, un collègue m’approcha, un communiqué de presse portant la mention ‘Pour parution immédiate’ à la main. Il désirait que j’écrive un bref article sur ce sujet. Ma réaction fut spontanée : je désirais confirmer les informations contenues dans le communiqué pour m’assurer de la validité de celles-ci. Du tac au tac, mon collègue rétorqua ‘Inutile de confirmer quoi que ce soit, ce communiqué provient du gouvernement. Tout ce que tu dois faire, c’est de reformuler légèrement ce qui s’y trouve.’ Étonné, j’avais alors obtempéré en songeant, ‘Tiens, c’est plus simple que je ne le croyais.’

Quoique la signification de cette expérience m’échappât sur le moment, j’en saisis finalement toute la portée en cours d’écriture de cette synthèse : les communiqués gouvernementaux jouissent d’une certaine forme de sauf-conduit leur évitant d’être soumis à une vérification préalable à leur publication. Résultat, les lecteurs de journaux – ainsi que les téléspectateurs et les auditeurs de radio, par extension – reçoivent à leur insu des informations qui ne sont pas toujours dûment vérifiées par les médias. Selon l’étendue de cette pratique, un puissant outil de désinformation peut potentiellement s’en dégager.

Parallèlement, la couverture médiatique des attentats du 11 septembre m’apparait tout aussi inédaquate de par le mutisme entretenu jusqu’ici envers le questionnement rationnel et justifié que devraient susciter les innombrables irrégularités entourant ces événements déterminants. En effet, d’un point de vue sociétaire, j’estime fondamental que la population puisse compter sur ses médias pour l’informer de telles anomalies. Mais apparemment, nous attendrons encore longtemps si nous continuons de miser uniquement sur ceux-ci. Voilà d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai désiré partager ces informations le plus objectivement possible.

Étant néanmoins conscient que mon opinion aura transpiré à maintes reprises de par la seule nature de cet ouvrage, je me permettrai ici de me prononcer sans aucun détour : je suis d’avis que la version officielle sur les attentats du 11 septembre est fausse.

Ceci dit, j’ai tenté tant bien que mal de n’imposer au lecteur aucune théorie alternative sur ces terribles événements. Je me suis plutôt efforcé d’exposer les faits et de les superposer à la version officielle. Libre à chacun par la suite de juger de la crédibilité et de la vraisemblance de celle-ci. D’une manière générale, je considère qu’une telle approche favorise le questionnement chez les individus. Et c’est précisément le but recherché par cet essai : faire réfléchir les gens.

Il existe après tout amplement de points d’échanges constructifs pour nous permettre de s’interroger sur la version officielle. Il suffit de penser aux plans d’attaque sur l’Irak et l’Afghanistan, ébauchés bien avant les attentats de septembre 2001. Il me vient également en tête le Building 7, cet édifice de 47 étages abritant différentes agences secrètes qui s’écroula sur lui-même sans avoir été frappé par un avion; ceci fut ensuite suivi d’un black-out médiatique presque total.

Considérons aussi le délai de 441 jours écoulé avant l’ouverture d’une enquête publique ‘indépendante’, mise sur pied par la Maison Blanche et constituée exclusivement de politiciens américains présentant presque tous des conflits d’intérêts, après que le président Bush se soit obstinément opposé à la création de celle-ci. Tenons également compte des nombreuses déclarations ridicules de cette même commission d’enquête, qui affirma entre autres qu’il était peu important de connaître l’origine de l’argent utilisé pour financer les attentats. Réalisons que plus du quart du rapport final de la commission est basé sur des interrogations de détenus ayant été torturés.

Souvenons-nous de plus que les tours du World Trade Center se sont écroulées sur elles-mêmes pratiquement à la vitesse d’une chute libre, sans que les étages inférieurs pourtant intacts n’aient offert de résistance notable. Prenons conscience que les incendies ne peuvent expliquer la présence d’acier fondu dans les décombres, plusieurs semaines après les événements. Gardons en tête l’existence d’importants pics d’activité sismique enregistrés au tout début de l’effondrement des tours, ceux-ci étant équivalents à plus de 20 fois l’amplitude des vagues sismiques provoquées par la chute subséquente des débris.

Tenons compte des dizaines de témoignages d’individus très crédibles, pourtant ignorés par la commission d’enquête, qui rapportèrent des explosions et des flashs au World Trade Center. Songeons ensuite au fait qu’une importante quantité d’or fut retrouvée dans un tunnel de livraison, près d’un camion et hors de ses voûtes, sans qu’aucun cadavre ne soit découvert à proximité. Et n’oublions pas que sur les huit boîtes noires normalement indestructibles, seulement trois furent retrouvées et utilisées, alors que divers passeports et cartes d’identité de présumés terroristes survécurent aux mêmes conditions.

Considérons aussi l’absence de congédiements et les nombreuses promotions qui suivirent les échecs de prévention des agences de renseignements, ainsi que la dérogation inhabituelle aux protocoles de défense aérienne malgré la pluie d’avertissements précédant les attaques. Souvenons-nous de tous ces exercices militaires suspects tenus au matin du 11 septembre, dont l’un simulait comme par hasard l’écrasement d’un avion contre un édifice gouvernemental tout près de Washington. Retenons de surcroît qu’aucun avion-chasseur n’était assigné ce matin-là à la base aérienne Andrews, chargée de protéger la capitale des États-Unis.

Gardons en mémoire que les dommages au Pentagone semblaient loin de correspondre à ceux qu’auraient dû laisser un Boeing, et qu’aucune image présentant clairement ce qui a réellement percuté l’édifice n’a encore été rendue publique. De plus, remarquons que le rapport de la commission d’enquête omettait de mentionner le témoignage du ministre américain des Transports, qui affirmait que le personnel au PEOC avait tenu un décompte de la distance entre le vol 77 et Washington jusqu’à ce que celui-ci s’écrase sur le Pentagone, le rapport officiel déclarant plutôt qu’aucun avertissement ne fut reçu à propos de ce vol. Réalisons également la complexité des manoeuvres exécutées par le soi-disant terroriste aux commandes du vol 77 deux semaines après que celui-ci ait été jugé inapte à piloter un Cessna.

Puis, songeons au fait que les investigations sur Oussama Ben Laden – et sur sa famille – furent bloquées par les administrations Bush et Clinton avant les attentats, alors même qu’il s’agissait de l’un des hommes les plus recherchés de la planète. Souvenons-nous que dans les jours suivant les attaques, plusieurs membres de sa parenté furent prestement évacués du pays par les services secrets américains, sans être d’abord interrogés et malgré l’interdiction de vol fédérale. N’oublions pas qu’Oussama Ben Laden travaillait au profit de la CIA lors de l’invasion soviétique de l’Afghanistan dans les années 80, et que sa famille a entretenu des liens étroits avec la famille Bush pendant des années. Rappelons-nous ensuite le manque de réaction du président américain lorsqu’il fut informé que les États-Unis étaient sous attaque.

Demandons-nous pourquoi plusieurs des présumés terroristes étaient toujours vivants après le 11 septembre, le FBI continuant malgré tout de les désigner en tant que coupables. Gardons en mémoire que plusieurs d’entre eux avaient été identifiés par les services de renseignements américains plus d’un an avant les attentats, et que deux de ceux-ci ont même habité avec un agent du FBI.
Retenons par ailleurs que des débris du vol 93 ont été retrouvés jusqu’à huit milles à la ronde alors qu’aucune trace de l’avion lui-même n’a subsisté sur le site d’écrasement. Souvenons-nous que des témoins ont entendu un missile à Shanksville ce matin-là, et que d’autres ont rapporté avoir aperçu des flammes dans le ciel.

Soulignons de plus l’absence de dénouement, plus de six ans plus tard, dans les investigations sur les mouvements d’actions boursières inhabituels et sur les millions de dollars brusquement acheminés à travers les ordinateurs du World Trade Center au moment précis des attaques. N’oublions pas toutes ces preuves détruites, notamment les dossiers d’Able Danger sur les terroristes, les énormes piles de documents à l’ambassade d’Arabie Saoudite, la cassette de déclarations des contrôleurs aériens, ainsi que l’acier du World Trade Center qui fut recyclé avec empressement sans être analysé.

Constatons maintenant l’illogisme de la relation entre les États-Unis et le Pakistan suite aux attentats malgré l’implication de l’ISI dans le financement des attaques. Gardons en mémoire qu’un certain général pakistanais, chef des services des renseignements, a effectué un transfert de 100 000$ vers Mohammed Atta, tête dirigeante des terroristes, et déjeunait ensuite avec les dirigeants des comités de renseignements américains à Washington pendant que les avions percutaient les tours. Sans oublier que le frère d’Oussama Ben Laden se trouvait, de son côté, en compagnie de George H.W. Bush au même moment.

Mais en fait, la première raison de questionner la version officielle réside probablement dans l’ensemble de son inconsistance. Voilà ce qui m’empêche personnellement de lui accorder la moindre crédibilité. La narration d’une telle histoire, saturée d’autant de coïncidences et enchevêtrée de contradictions majeures, frise à mon avis le ridicule et révèle l’improbabilité des événements tels que décrits par le gouvernement.

Et le plus triste, ultimement, est cette utilisation abusive par nos dirigeants de la menace terroriste pour éroder peu à peu nos libertés civiles. Je m’aperçois que les peuples, naïfs ou mal informés, consentent aveuglément à l’abandon de leurs droits et libertés. Je constate que tout au cours de l’histoire, des individus en position de pouvoir ont cherché à dominer le monde. Pourquoi serait-ce différent de nos jours?

Ce qui me rassure toutefois, c’est qu’à chaque occasion par le passé, les peuples réussirent à puiser suffisamment de courage et d’énergie pour combattre et vaincre la tyrannie de leur époque. Aujourd’hui, ce même combat semble nous revenir. D’ailleurs, je ne m’étonne guère qu’après tant d’années de complaisance et de luxe relatifs en Occident, antithèses certaines de la misère et de la pauvreté du reste du monde, nous nous retrouvions aux prises avec une telle situation. La richesse et le confort pourraient-ils nous avoir collectivement engourdis à ce point ?

Dans cet ordre d’idées, je m’interroge désormais à savoir quelle sera votre propre réaction, vous qui venez d’être exposés à toutes ces informations. Ceux qui estiment comme moi que la version officielle du 11 septembre est fausse pourront certes se dire qu’il s’agit d’une situation au-delà de leur contrôle, en tant que simple individu de la masse, et qu’ils ne peuvent rien y changer. Ceci ne reviendrait-il toutefois pas à une soumission silencieuse?

Exprimer son désaccord envers la version officielle peut pourtant se manifester sous diverses formes, sans nécessairement monter aux armes ou le crier sur les toits, réactions que je désapprouverais d’ailleurs. Mais un simple commentaire bien placé lors d’une discussion appropriée, par exemple, recommandant poliment à un autre de s’informer à ce propos constitue déjà un pas vers l’anéantissement du mythe populaire. Et c’est sur chacun de ces pas, si petits soient-ils, que nous devons nous rabattre pour parvenir à ébranler les fondations vulnérables et erronées de la guerre contre la terreur.

Car cette guerre regrettable recèle un effet dévastateur sur la psyché collective globale, nous encourageant entre autres de manière insidieuse à se méfier des étrangers d’allégeance islamique tout particulièrement, ainsi qu’à entretenir une crainte qu’en tout temps, une menace latente plane sur notre planète. ‘Et si les terroristes se dotaient d’une bombe nucléaire ?’, s’inquiète-t-on plus ou moins consciemment. ‘Sacrifions vite nos droits pour plus de sécurité !’, scande alors le peuple sans déceler la moindre machination.

J’entends encore certains leaders politiques canadiens déclarer que la population ne craint pas suffisamment la menace terroriste. Bien entendu, en instaurant tranquillement la peur au sein de la nation, le gouvernement fait germer en nous un sentiment appelé à éclore sous forme d’un besoin de protection. Ce besoin de protection justifie ensuite des lois plus strictes, plus puissantes, entraînant la perte de droits et libertés civils – prétendument dans le but d’établir des mesures de contrôle plus efficaces pour contrer ce même terrorisme – et aboutit finalement en des pouvoirs accrus vers une société totalitaire.

Je serai honnête : de tristes pensées me traversent parfois l’esprit. Après tous les efforts de nos ancêtres et prédécesseurs, pourrions-nous faire partie de la génération qui échouera finalement à contrer les plans de domination globale de certains élitistes avides de pouvoir? Face à une éventualité aussi sombre qu’angoissante, je préfère m’armer d’optimisme malgré qu’il m’apparaisse plus qu’urgent de réagir collectivement. En effet, l’heure n’est plus à la l’individualisme quasi dogmatique pour la société occidentale.

Et tout bien considéré, le rôle des individus qui se sentent interpellés par la cause du 11 septembre s’avère relativement simple : lorsque l’opportunité se présente, il suffit de sensibiliser les gens en mentionnant la nécessité d’une nouvelle enquête internationale, réellement indépendante cette fois-ci, et de s’opposer à la perte de nos droits et libertés civils sous le prétexte d’une guerre contre la terreur. Et ceux qui désireraient pousser leur implication plus loin peuvent également considérer de contacter leurs médias locaux, leur faire parvenir de la documentation crédible sur le sujet et les questionner de manière civilisée sur le mutisme dont ils font preuve.

À ce titre, je soumettais en août 2007 une version préliminaire du présent ouvrage à Louis-Éric Allard, directeur de l’information du quotidien La Tribune, à Sherbrooke (Québec), dans le but d’obtenir ses commentaires sur le sujet. Étrangement, M. Allard évita ensuite pendant plus de deux mois mes nombreux appels et ne fit suite à aucun message. En novembre de la même année, je me résignai finalement à discuter avec sa secrétaire personnelle, qui me répéta alors obstinément qu’elle me retournerait le document, sans toutefois accepter de répondre à mes questions. Malgré mon insistance, elle refusa à cinq reprises de seulement m’indiquer si quelqu’un avait feuilleté le document. Je suis d’avis que devant une pression plus soutenue de la part du public, les médias ne pourraient réagir ainsi indéfiniment.

C’est pourquoi je me permets cet appel du coeur : trouvons au fond de nous le courage et la force d’exposer de quelle manière nos gouvernements nous manipulent en prétextant la lutte contre la terreur. Les gouvernements québécois et canadien doivent cesser de perpétuer la stratégie de domination globale des Américains. Ne nous leurrons pas : notre gouvernement est parfaitement au courant des informations contenues dans cet ouvrage. Seulement, il est plus que probable que le statu quo perdurera jusqu’à ce que la population exige un changement.

Contrairement aux époques où les hommes n’avaient d’autres choix que de livrer des batailles meurtrières aux armées des tyrans qui les menaçaient, il nous est maintenant beaucoup plus aisé de fracasser, par le pouvoir du savoir et sans la moindre effusion de sang, l’illusion créée par les véritables terroristes, ceux qui cherchent à embrouiller nos esprits.

Réalisons que de toute évidence, une partie de la solution réside dans la solidarité des peuples de la Terre plutôt que dans la division de ceux-ci, division précisément recherchée par les artisans de la guerre contre la terreur. Diviser pour régner… Une technique pourtant vieille comme le monde !

J’exhorte enfin chaque personne qui partage les mêmes convictions que moi au sujet du 11 septembre à réagir de façon civilisée et réfléchie envers cette situation délicate. Soyons conscients que propager nos vues d’une manière radicale ou inappropriée risquerait malheureusement d’entraîner certaines conséquences indésirables.

Je préconise personnellement une attitude positive et pacifique en tout temps. Il m’apparaît sage et bien avisé de chercher à vivre plus que jamais en harmonie avec soi-même et son environnement, au coeur de la tempête tout particulièrement. Car quiconque parvient à une telle maîtrise de soi dans ce contexte convoitera alors la liberté véritable, destinée à tous.

D.C. sur Analyse Media 911

Israël face à la conscience des peuples

Alors que jeudi, un hôpital de Gaza a été touché par les bombardements israëliens et que les médecins français présents sur place crient au scandale humanitaire, la plupart des médias continuent à présenter le déchainement de violence que subit la population palestinienne comme la conséquence d’une guerre aux torts partagés.

Des voix courageuses s’élèvent heureusement contre cette propagande, comme en témoigne la déclaration de l’euro-député Giuletto Chiesa jeudi devant le parlement européen :

Giulietto Chiesa (PSE italien) a interpelé l’assemblée en rappelant « qu’un grand personnage antifasciste italien, Pierre Gobetti, avait déclaré que lorsque la vérité est d’un seul côté, le fait de s’en tenir à un jugement de Salomon [partage les torts entre deux parties – NdT] revient à adopter une position partisane », et « c’est ce qui se produit ces jours-ci à Gaza ». Mr Chiesa a déclaré souhaiter que le Parlement « trouve les mots justes afin de stopper Israël », dans la mesure où « s’il ne le fait pas, il se couvrira de honte face à l’histoire, face aux Palestiniens et à l’opinion publique européenne et du monde arabe ». « Israël est en train de bombarder et de décimer un ghetto », a-t-il dit, ajoutant que « les fils de ceux qui furent exterminés sont devenus des exterminateurs ». Et pour cette raison, « nous n’avons pas d’excuses et la justification du droit d’Israël à la sécurité ne vaut pas », car « chacun, s’il le veut, peut se rendre compte que personne n’est en mesure de menacer la sécurité et l’existence d’Israël ». Ceci est prouvé par le « déséquilibre des forces en présence », « par le bilan des morts et des blessés » et par le soutien « que l’Occident continue d’apporter à Israël ». « Ce carnage – a-t-il conclu – n’a d’autre but que celui d’empêcher la création d’un État palestinien, c’est comme cela qu’on tue la paix, et c’est pour cela qu’il faut stopper Israël »

Uri Avnery, homme politique engagé de la gauche israëlienne, dénonce également, dans l’article que nous reproduisons-ci-dessous, la propagande déployée par l’armée israëlienne et reprise par les grands médias occidentaux pour tenter de justifier l’injustifiable aux yeux de l’opinion publique internationale.


Israël face à la conscience des peuples

Voilà près de soixante-dix ans, lors de la seconde guerre mondiale, un crime affreux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, un gang d’extrémistes appelé « l’Armée Rouge » a pris en otage des millions d’habitants, provoquant depuis les zones habitées les représailles de la Wehrmarcht. Les Allemands n’eurent d’autre choix que de bombarder et pilonner la population et d’imposer un blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps auparavant, un crime semblable avait été commis en Angleterre. Le gang Churchill, se dissimulant au sein de la population de Londres, utilisait sans vergogne des millions de citoyens en tant que bouclier humain. Les Allemands ont été obligés d’envoyer la Luftwaffe et furent malgré leurs réticences contraints de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

Tels sont les récits que l’ont lirait aujourd’hui dans les livres d’histoire – si les Allemands avaient gagné la guerre.

Absurde ? Pas plus que les compte rendus publiés quotidiennement dans nos médias qui répètent ad nauseam : les terroristes du Hamas qui prennent les habitants de Gaza comme « otages » et utilisent les femmes et les enfants comme « boucliers humains, » ne nous laissent pas d’autre choix que de recourir à des bombardements massifs pendant lesquels, à notre grande tristesse, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes sans armes ont été tués et des blessés.

Dans cette guerre, comme dans toute guerre, la propagande joue un rôle majeur. La disparité des forces entre l’armée israélienne – avec ses avions, hélicoptères, drones, navires de guerre, son l’artillerie et ses chars – et les quelques milliers de combattants du Hamas pourvus d’armes légères, est de l’ordre de un pour mille, peut-être de un pour un million. Dans le domaine du politique, cet écart est encore plus grand. Mais dans la guerre de propagande, il est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont d’abord répété la version de la propagande israélienne officielle. Ils ont presque entièrement ignoré celle de la partie palestinienne, tout comme les manifestations quotidiennes organisées par les pacifistes israéliens. La justification avancée par le gouvernement israélien (« L’Etat doit défendre ses citoyens contre les roquettes Qassam ») a été acceptée comme l’entière vérité. Le point de vue de l’autre camp, affirmant que les Qassams sont des représailles contre un siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a absolument pas été mentionné.

Ce n’est que lorsque les horribles scènes en provenance de la bande de Gaza ont commencé à apparaître sur les écrans des télévision occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à évoluer peu à peu.

Certes, l’occident et les chaînes de télévision israélienne n’ont montré qu’une infime partie seulement des terribles événements qui sont rapportés chaque jour, 24 heures sur 24, sur la chaîne arabe Al Jazeera, mais l’image d’un bébé mort dans les bras de son père terrifié est plus marquante que mille phrases élégamment tournées d’un porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif, en dernier ressort.

La guerre – toute guerre – est le royaume du mensonge. Qu’on appelle cela propagande ou guerre psychologique, tout le monde admet qu’il faille mentir pour le bien son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être qualifié de traître.

Le problème posé par cette attitude provient du fait que cette propagande est plus convaincante pour le propagandiste lui-même que pour autrui. Et lorsqu’on se convainc soi-même que le mensonge est la vérité, que la falsification est la réalité, on n’est plus à même de prendre des décisions rationnelles.

Un exemple de ce processus est donné par la plus choquante atrocité de cette guerre jusqu’à présent : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura, située dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Immédiatement après que cet évènement ait été connu dans le monde entier, l’armée a « révélé » que les combattants du Hamas avaient tiré au mortier près de l’entrée de l’école. Comme preuve, ils ont publié une photo aérienne montrant en effet l’école et le mortier. Mais rapidement, le « menteur officiel » de l’armée a dû admettre que cette photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Plus tard, ce menteur officiel a affirmé que « nos soldats ont essuyé des tirs depuis l’intérieur de l’école ». Il s’est passé moins d’un jour avant que l’armée ne doive admettre devant le personnel de l’ONU qui c’était également un mensonge. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, aucun combattant du Hamas ne se trouvait à l’intérieur de l’école, qui était remplie de réfugiés terrorisés.

Mais cet aveu importe peu désormais. Entre temps, l’opinion publique israélienne a été convaincue qu’« ils ont tiré depuis l’intérieur de l’école », et les speakers de la TV le mentionnaient simplement comme un fait.

Il en est allé de même concernant les autres atrocités. Chaque bébé se métamorphose, lors de sa mort, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commandement du terrorisme, tout bâtiment du gouvernement civil un « symbole du pouvoir du Hamas ». Et ainsi l’armée israélienne peut garder sa pureté, sa réputation « d’armée la plus morale au monde ».

La vérité, c’est que ces atrocités sont le résultat direct du plan de bataille. Cela reflète la personnalité d’Ehud Barak – un homme dont le mode de pensée et d’action sont l’indice manifeste de ce qu’on appelle « la démence morale »( moral insanity], une maladie qui relève de la sociopathie.

Le véritable objectif de cette opération (outre le fait de gagner des sièges lors des prochaines élections) est de mettre un terme au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’esprit de ses planificateurs, le Hamas est perçu comme un envahisseur qui aurait pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est, bien entendu, tout à fait différente.

Le mouvement Hamas a remporté la majorité des votes dans les élections éminemment démocratiques qui ont été tenues en Cisjordanie, Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens en étaient venus à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien permis d’obtenir de la part d’Israël – ni un gel des colonies, ni la libération des prisonniers, ni les mesures importantes qui auraient rapproché de la fin de l’occupation et de la création de l’Etat palestinien. Le Hamas est profondément ancré dans la population – non seulement en tant que mouvement de résistance, de lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le Groupe Stern le furent par le passé – mais aussi en tant qu’organisation politique et religieuse qui fournit des services sociaux, éducatifs et médicaux.

Du point de vue de la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils de chaque famille vivant dans la bande de Gaza et dans les autres territoires palestinien. Ils ne sont pas « cachés derrière la population », mais au contraire la population les considère comme ses seuls défenseurs.

Par conséquent, l’ensemble de cette opération est basée sur des hypothèses erronées. Faire de sa vie un enfer ne conduira pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à se rassembler derrière lui et renforcera sa détermination à ne pas se rendre. La population de Leningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens se dressèrent contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre de mener une telle guerre, avec de telles méthodes, dans une zone densément peuplée, sait qu’il provoquera d’horribles massacres de civils. Apparemment, cela ne l’a pas effleuré. Ou alors il a estimé qu’ « ils allaient changer leurs façons de faire » et que « cela se graverait dans leur conscience », de sorte que, dans l’avenir, ils n’oseront plus résister à Israël.

L’une des plus grandes priorité pour les planificateurs est la nécessité de minimiser les pertes parmi les soldats, sachant que le sentiment d’une grande partie de l’opinion publique favorable à la guerre serait différent si des pertes apparaissaient. C’est ce qui s’est passé durant la première et la seconde guerre du Liban.

Cette préoccupation a joué un rôle particulièrement important car cette guerre en sa totalité fait partie de la campagne électorale. Ehud Barak, qui a gagné en popularité dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que sa cote s’effondrerait si des images de soldats morts occupaient les écrans de télévision.

Par conséquent, une nouvelle doctrine a été appliquée : éviter les pertes parmi les soldats en pratiquant la destruction totale sur leur passage. Les planificateurs ne sont pas seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour épargner un soldat israélien, comme cela s’est déjà produit, mais 800. La prévention des pertes de notre côté est la première règle, et elle est à l’origine du nombre record de victimes civiles dans l’autre camp.

Cela s’est traduit par le choix conscient d’un type de guerre particulièrement cruel – qui est aussi son talon d’Achille.

Une homme sans imagination comme Barak (son slogan électoral est « Pas un chic type, mais un dirigeant ») ne peut pas se représenter comment les gens sensés dans le monde entier réagissent face à des actes comme le meurtre de toute une famille élargie, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, et aux rangées de linceuls blancs de garçons et de filles avant leur l’enterrement, aux compte rendus sur des victimes qui se vident de leur sang durant des jours avant de mourir parce que les ambulances ne sont pas autorisées à les secourir, au meurtre de médecins et d’infirmiers qui tentaient de porter secours aux blessés, à l’assassinat de conducteurs des camions de vivres de l’ONU. Les photos des hôpitaux avec les morts, les mourants et les blessés allongés à même le sol par manque de place, ont choqué le monde entier. Aucun argument n’a de force à côté de l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur et criant : « Maman ! Maman ! »

Les planificateurs ont pensé qu’ils pourraient empêcher le monde de voir ces images en interdisant à la presse de couvrir les évènements. Les journalistes israéliens – pour leur honte – ont accepté de se satisfaire des communiqués et des photos fournies par le porte-parole de l’armée de terre, comme s’il s’agissait d’informations authentiques, tout en restant eux mêmes à des kilomètres de ces événements. Les journalistes étrangers n’ont pas été autorisés à travailler non plus, jusqu’à ce qu’ils aient protesté et ont alors été emmené en visites rapides et supervisées, organisées pour des groupes sélectionnés. Mais dans une guerre moderne, de telles images fabriquées et aseptisées ne parviennent pas à exclure du champ toutes les autres. Les caméras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au coeur de l’enfer, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazeera diffuse en permanence des images qui sont reçues dans chaque foyer.

LA BATAILLE pour les écrans de télévision est l’une des batailles décisives de cette guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans, du Nigeria à l’Indonésie voient ces images d’horreur. Cela a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs voient les dirigeants de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Autorité Palestinienne comme des collaborateurs d’Israël et de ces atrocités commises à l’encontre de leurs frères palestiniens.

Les services de sécurité des régimes arabes voient apparaître un dangereux ferment dans ces peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé en raison de sa fermeture du point de passage de Rafah face à des réfugiés au visage terrifié, a commencé à faire pression sur les décideurs de Washington qui jusqu’à présent avaient bloqué tous les appels à un cessez-le-feu. Ils commencent à comprendre que cela représente une menace vitale pour les intérêts américains dans le monde arabe et ont subitement changé d’attitude – ce qui a provoqué la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les personnes atteintes de « démence morale » ne sont pas vraiment à même de comprendre les motivations des gens normaux et doivent donc tenter de deviner quelles seront leurs réactions. « De combien de divisions dispose le pape ? » se moquait Staline. « De combien de divisions dispose la conscience des peuples ? » doit sans doute se demander Ehud Barak.

En fait, elles existent. Elles ne sont pas très nombreuses. Pas très rapide à réagir. Pas très fortes et organisées. Mais à un certain moment, avec le déferlement des atrocités et les manifestations de masse, cela peut décider de l’issue d’une guerre.

L’ECHEC à comprendre la nature du Hamas, a induit une incapacité à comprendre quels seraient les résultats prévisibles de cette guerre. Non seulement Israël est incapable de la gagner, mais le Hamas ne peut pas la perdre.

Même si l’armée israélienne réussissait à tuer les membres du Hamas jusqu’au dernier combattant, le Hamas serait tout de même victorieux. Les combattants du Hamas seraient considérés comme des exemples pour la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des modèles à imiter pour chaque jeune du monde arabe. La Cisjordanie tomberait entre les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah se noierait dans un océan de mépris, et les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.

Si à la fin de la guerre le Hamas est encore debout, ensanglanté, mais invaincu, en face de la puissante machine militaire israélienne, cela apparaîtra comme une victoire fantastique, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui va se graver dans la conscience mondiale, ce sera l’image d’Israël vu comme un monstre taché de sang, prêt à tout moment à commettre des crimes de guerre et non pas à faire preuve de retenue en respectant la morale. Cela aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre position dans le monde, nos chances de parvenir à la paix et à la tranquillité.

En fin de compte, cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël.

Par Uri Avnery, 10 janvier 2009
Publication originale Gush Shalom, traduction Contre Info


Uri Avnery (ou Uri Avneri) (de son nom de naissance Helmut Ostermann) est un écrivain et journaliste israélien né le 10 septembre 1923 à Beckum (Westphalie, Allemagne). Surtout connu pour être un militant des droits des palestiniens et pacifiste convaincu, il appartient à une tendance de la gauche israélienne [...] Il est cofondateur de Gush Shalom, (en français Bloc de la Paix), mouvement israélien qui milite pour la paix et en vue de la création d’un État palestinien. Gush Shalom est sur ce point en accord avec Shalom Archav (en français La Paix maintenant), un mouvement prônant un retour aux frontières de 1967 de la part d’Israël, la partition de Jérusalem et la création d’un État palestinien distinct d’Israël au côté de celui-ci sous le slogan de "Deux peuples, deux états".

L’affaire de Tarnac :un ordre psychotique

Réflexion sur le fonctionnement de l’accusation de terrorisme.

Le 11 novembre 2008, dans le cadre de l’opération « Taïga », cent cinquante policiers encerclaient le petit village de Tarnac, en Corrèze. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L’interpellation de dix jeunes gens était avant tout un spectacle destiné à créer l’effroi.

Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotage de lignes de la SNCF, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants – l’arrachage de plusieurs caténaires – ont été qualifiés de « terroristes » alors qu’ils n’ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L’accusation, qui dit disposer de nombreux indices, reconnaît n’avoir aucun élément matériel de preuve.

C’est le profil des jeunes interpellés qui justifie leur mise en examen. Ils ont été arrêtés parce qu’« ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers », et que nombre d’entre eux « participaient de façon régulière à des manifestations politiques », par exemple « aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration ». Quant à leur logement, il est désigné comme « un lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes ».

Bien qu’accusés de constituer le « noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée », ils seront rapidement libérés, certains sous condition, d’autres assignés à résidence. Seul le « chef » et sa compagne resteront emprisonnés. Ce 26 décembre, la cour d’appel de Paris a, à la requête du parquet, annulé l’ordonnance de mise en liberté de Julien Coupat. La demande de libération de sa compagne avait été préalablement rejetée.

Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotage, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de « terroristes », et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, bien que la police reconnaisse l’absence de tout élément matériel de preuve. L’image du terrorisme érigée par le pouvoir crée un réel qui se substitue aux faits. Ceux-ci ne sont pas niés, mais toute capacité explicative leur est déniée. Les actes de sabotage ne peuvent être que le fait de personnes désignées comme terroristes. L’acte de nommer, antérieur à toute procédure d’évaluation objective, renverse celle-ci et l’enferme dans une forme vide.

L’absence d’éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n’est pas niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la primauté de l’image construite par le pouvoir. La position de la ministre de l’Intérieur, Mme Alliot-Marie, est particulièrement intéressante : « Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils n’utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens, qui pouvaient les prévenir de la présence d’étrangers. » Mais la ministre en convient : « Il n’y a pas de traces d’attentat contre des personnes. »

Ces déclarations résument bien l’affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c’est leur mode de vie, le fait qu’ils tentent d’échapper à la machine économique et qu’ils n’adoptent pas un comportement de soumission « proactive » aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien social est également un comportement incriminé, puisque cette pratique permet de poser un cran d’arrêt au déploiement de la toute-puissance de l’État.

Dans ces déclarations, la référence aux faits, en l’absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre une phase de délire, une reconstruction du réel avec l’image du terrorisme comme support.

Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s’opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle de « documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares ». Un horaire de la SNCF devient ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de chemins de fer.

La mise en scène de l’arrestation et de l’inculpation des « autonomes de Tarnac » est un phénomène qui révèle une mutation profonde de l’ordre symbolique de la société.

Le pouvoir a la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de la fonction symbolique expliquent l’absence de frein opposé à la toute-puissance de l’État qui se montre en tant qu’image englobante, en tant que figure maternelle.

À un ordre social qui se révèle contradictoire se substitue une structure psychotique, un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de confrontation avec le réel.

Tribune de Jean-Claude Paye pour L’Humanité

SABOTAGES SNCF : « Michèle Alliot-Marie cherche à faire un exemple à travers Julien» 

Gérard Coupat estime, dans une interview à nouvelobs.com, que le maintien en détention provisoire de son fils, Julien Coupat, soupçonné d’avoir participé aux sabotages des lignes de TGV, procède d’une volonté politique visant à tuer dans l’oeuf toute révolte de la jeunesse contre le "totalitarisme mou qui tente de s’installer en France".

Vendredi, la cour d’appel de Paris a infirmé la demande d’un juge des libertés et de la détention de libération de Julien Coupat, en décidant son maintien en détention, dans le cadre de l’enquête sur les sabotages de plusieurs lignes de TGV commis en novembre. Avez-vous pu voir votre fils après l’audience

- Ma femme avait pris un parloir au cas où Julien ne serait pas libéré. Elle l’a vu pendant une demi-heure. Il était effondré après ce qu’il venait de vivre. Effondré d’avoir subi cinq fouilles à nu entre la prison de la Santé et le Palais de justice, en moins de deux heures. Quand il a voulu aller uriner avant l’audience, les policiers ont de nouveau procédé à des vérifications, il a dû enlever ses lacets, et y est allé sous leur étroite surveillance. Ce n’est qu’une fois mis dans cet état d’humiliation que l’audience a commencé. Il y a de quoi se demander si la détention préventive n’a pas pour but unique de casser les personnes. Ensuite, il s’est retrouvé face à trois magistrats en vacation qui ne connaissaient pas bien l’affaire, sachant que le dossier de Julien compte 5 tomes et qu’ils avaient 17 ou 18 affaires à traiter en moins de 8 heures. D’emblée, les magistrats se sont montrés agressifs, l’accusant de mal se tenir et le traitant d’"Essec égaré". Julien les a sentis hostiles. Il sentait que ces magistrats n’avaient pas envie de contrecarrer la volonté du parquet et du ministère de l’Intérieur.

Comment expliquez-vous son maintien en détention ?

- A partir du moment où le parquet, qui est le représentant du pouvoir politique, a utilisé une procédure exceptionnelle – le référé rétention infirmant ce que le juge des libertés, indépendant du pouvoir politique, avait décidé, à savoir la remise en liberté immédiate –, on se doutait que personne, surtout pendant les vacances où les décisions sont prises par des juges vacataires, n’allait aller à l’encontre de l’avis du parquet. Résultat, comme l’avocat de Julien va probablement déposer une nouvelle demande de remise en liberté mi-janvier, il faudra encore 15 jours pour qu’elle soit étudiée, cela signifie que Julien en reprend pour un mois minimum, alors que rien ne justifie sa détention. Depuis le début de cette affaire, on se trouve face à une justice manipulée directement par le ministère de l’Intérieur ou indirectement par le parquet; ce qui revient au même.

Pouvez-vous le voir souvent ? Parvenez-vous à échanger tous les deux ?

- On a le droit à une visite de 40 minutes environ trois fois par semaine, sachant qu’on est sous stricte surveillance pendant les entretiens, vu que Julien est considéré comme "un terroriste dangereux". Les conditions de détention sont difficiles. Le père d’Yldune (la compagne de Julien, également gardée en détention, ndlr), raconte qu’elle est réveillée toutes les deux heures, soi-disant pour qu’elle ne se suicide pas. Quand je vois Julien au parloir, je passe mon temps à lui dire qu’il faut qu’il tienne bon, qu’il prenne de la distance. Même s’il a des gros coups de barre, comme vendredi, il reste solide face aux pratiques policières visant à l’humilier.

Vous êtes persuadé de son innocence. Pourquoi ?

- Je suis convaincu que Julien n’a rien à voir avec le terrorisme. Il est en désaccord, comme beaucoup de gens, avec une politique qui instaure une surveillance et une répression accrues des individus au nom du "tout sécuritaire", qui est le nouveau credo de notre ministre de l’Intérieur. Les jeunes de Tarnac considèrent que le capitalisme financier et l’hyper consumérisme actuels détruisent la planète et la solidarité entre les hommes et entre les peuples. Mais surtout, ce qu’on leur reproche, c’est d’être des jeunes plutôt instruits, appartenant à la classe moyenne, et ayant décidé de vivre réellement selon leurs idées. Non seulement ils contestent notre mode de vie et notre organisation sociale, mais en plus ils osent mettre les leurs en application : c’est cela qui fait peur à la police. A Tarnac, sur le plateau des Millevaches, ils essaient avec des amis de mettre en pratique une nouvelle façon de vivre fondée sur une vision collective de la société et sur une certaine frugalité. C’est une expérimentation sociale. Et c’est pour cela que leur collectif a choisi le plateau des Millevaches, un milieu âpre, pauvre, froid et symbole de résistance, pour ainsi développer ces liens sociaux tellement enrichissants.

Que pensez-vous des pièces à charge du dossier ?

- Dès le premier jour, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a clamé qu’elle avait beaucoup de preuves à charge. Et puis, en quelques jours, ces preuves sont devenues un faisceau de présomptions, c’est à dire pas grand chose. Aujourd’hui, son dossier ne tient tellement pas la route qu’elle est obligée d’extirper des bibliothèques un livre aux auteurs anonymes. C’est vraiment n’importe quoi. Entre temps, heureusement, trois jeunes de Tarnac ont été libérés… Il ne reste que Julien et Yldune.
La police a donné aux journalistes un certain nombre d’éléments à charge pour laisser penser qu’elle avait attrapé un gros poisson. Ces éléments étaient censés prouver qu’il s’agissait de terroristes. Selon cette version, Julien serait un "grand terroriste" parce qu’il n’utilise pas de téléphone portable, parce qu’il est soi-disant caché à Tarnac, parce qu’il a passé clandestinement la frontière entre le Canada et les Etats-Unis… C’est grotesque. Mais ce que le ministère de l’Intérieur ne comprend pas, c’est que tous ces indices ridicules ne sont que des éléments du mode de vie que les jeunes de Tarnac ont choisi. Julien, pour ne prendre que la dernière accusation, ne se déplace qu’en stop, afin de prendre le temps de rencontrer et de comprendre les gens. Quant à se "cacher" à Tarnac, c’est tout le contraire : le collectif est très intégré au village, c’est grâce aux enfants du collectif que l’école se perpétue, ils tiennent l’épicerie, le bar-restaurant, le ciné-club… Je suis allé à Tarnac, et ce que j’ai vu, c’est beaucoup de travail et beaucoup de discussions. La notion de chef n’existe pas, le collectif refusant toute structure hiérarchique. Julien ne peut donc pas être "chef de bande", comme le dit Mme Alliot-Marie.
On est totalement dans la logique du marketing de la peur et de la manipulation policière. L’idée géniale mise en avant par le procureur général, c’est qu’il faut prendre le terrorisme à la base. Il a fait le parallèle avec la Bande à Baader, mettant en avant le fait que cette fois, les "terroristes" avaient été pris avant qu’ils ne soient véritablement des terroristes ! Mais, hélas pour lui, dans le collectif de Julien, il n’ont pas trouvé l’ombre d’une arme. Et pendant les six mois de filature et en dépit des dizaines de policiers à leurs trousses, ceux-ci n’ont rien trouvé de très répréhensible. Quel gâchis d’argent et d’énergie, dépensés pour rien, ou uniquement pour le cirque médiatico-policier mis en scène par le ministère de l’Intérieur !

L’enquête de police dit tout de même que Julien et Yldune ont été vus près de l’une des lignes de TGV qui a été sabotée, le 7 novembre…

- Comme ils étaient suivis depuis six mois, les policiers savaient déjà tout sur eux. Nous étions tous surveillés, les enfants et les parents. Pourquoi alors, s’ils disent savoir que Julien était avec Yldune près de cette voie ferrée, ne sont-ils pas intervenus aussitôt ? Ils disent qu’ils ont perdu leur trace dans le noir pendant 20 minutes avant de les retrouver. Or, il est impossible de saboter une caténaire, à deux, pendant un laps de temps aussi court. Les professionnels sont formels. Et comment se fait-il qu’en retrouvant leur filature, les policiers n’aient pas fouillé leur voiture pour trouver des pièces à conviction ? Bizarre…
De plus, ce que la police nomme des actes terroristes sont en réalité des actes vandalisme. La seule chose sur laquelle ils fondent la procédure terroriste est le lien qu’ils établissent entre les sabotages sur les lignes TGV et le livre "L’Insurrection qui vient", dont ils affirment sans aucune preuve que Julien est l’auteur principal. Dans ce livre, il est notamment écrit que la révolte peut passer par le blocage des voies de communication. Or, couper les voies de communication, n’est-ce pas ce que font régulièrement les cheminots en grève, les pêcheurs ou les camionneurs ? Cela fait un demi-siècle que les mouvements de contestation emploient cette technique. Et soudain, le ministère de l’Intérieur décide que ces actes seront dorénavant des actes terroristes. On marche sur la tête…
Depuis le début, une autre histoire est connue des policiers mais n’a pas été prise en compte. Dès le 9 novembre, soit deux jours avant l’attaque policière sur Tarnac, les sabotages ont été revendiqués par des écologistes allemands militant contre le transport des déchets nucléaires. Ils écrivaient dans leur communiqué qu’ils avaient mis des fers à béton sur les lignes des TGV allemandes et françaises pour marquer un grand coup. Or, de ce que je sais, pas un policier n’est allé enquêter de ce côté là.

Mais pourquoi alors, selon vous, cet acharnement sur Julien ?

- Déjà parce que la ministre de l’Intérieur ne veut pas perdre la face en libérant une personne qu’elle s’est empressées d’accuser à la légère de terroriste. En outre, les idées des jeunes de Tarnac dérangent notre ministre, qui sait qu’il y a un ras-le-bol chez les jeunes de la classe moyenne qui pourrait s’embraser, comme en Grèce. Je pense que Michèle Alliot-Marie cherche à faire un exemple à travers Julien et à tester la capacité des Français à réagir à cette nouvelle agression liberticide. Ce qu’elle fait ainsi savoir c’est : regardez, si vous osez contester, voilà ce qu’il vous arrivera. En prenant pour boucs émissaires des jeunes ayant un casier judiciaire vierge, plutôt instruits, de la classe moyenne, elle réussit bien son coup en distillant la peur à grande échelle et en prenant le rôle de la grande déesse protectrice de tous les malheureux… Espérons que les Français ne se feront pas prendre à cette mise en scène.

Vous êtes ultra présent dans les médias. Dans quel but ?

- A l’inverse de la ministre de l’Intérieur, dont les équipes n’ont pas respecté le secret de l’instruction en accusant d’emblée le collectif, nous, les parents des inculpés, nous avions décidé d’attendre la fin des 96 heures de garde à vue avant de parler à la presse. Nous voulions respecter la loi républicaine. Mais après toutes ces déclarations qui faisaient de nos enfants des coupables – car d’emblée le ministère de l’Intérieur a considéré qu’ils étaient coupables –, imaginez le travail qu’on a dû faire pour réparer cette image mensongère, qui, de plus, ne respecte pas la présomption d’innocence ! Imaginez comme c’est difficile de faire en sorte que les gens changent de point de vue quand, dès les premiers jours, Mme Alliot-Marie s’est efforcée de convaincre les Français qu’elle les a sauvés d’actes terroristes, dans un contexte de peur généralisée ! Par notre travail, les journalistes, en allant à Tarnac, se sont rendus compte ensuite par eux-mêmes qu’ils avaient été manipulés, voire bernés.

Vous mêlez, au combat du père qui veut sauver son fils, celui du citoyen qui s’insurge contre les pratiques politiques actuelles… Pourquoi ce deuxième engagement ?

- Mon premier objectif, c’est, en tant que père, qu’Yldune et Julien sortent de prison le plus vite possible. Car le but de la prison préventive, je le répète, dans ce cas, c’est de les casser. Plus courte sera cette période de détention, mieux ce sera pour nos enfants, qui risquent d’en sortir détruits. Nous sommes plutôt pessimistes, car nous voyons bien que Michèle Alliot-Marie et sa police politique mettront le paquet pour s’opposer à leur libération. Il faut savoir que lorsque les magistrats vont ordonner une enquête, c’est cette même police qui va s’en charger. On va donc se retrouver immanquablement confronté au ministère de l’Intérieur, et cela peut durer des années. Je pense qu’ils vont tout faire pour que cela prenne du temps. La justice est instrumentalisée par les policiers, c’en est le parfait exemple. Mais je me battrai tant que Julien ne sera pas blanchi de cette infamie et que les pratiques policières et du ministère de l’Intérieur ne seront pas remises en question.
Mon deuxième but, c’est de montrer à tous ce que je viens de découvrir : que ces lois, qui sont des lois d’exception faites pour al-Qaida et consorts, sont utilisées pour des personnes qui ne font que contester une politique, un mode de société. J’ai découvert la scandaleuse complicité entre la justice et le ministère de l’Intérieur, une complicité plus proche d’une république bananière que d’une démocratie en bonne et due forme. Ce que je veux dire c’est, d’une part, qu’il doit y avoir respect de la constitution française, donc présomption d’innocence et non présomption de culpabilité, et, d’autre part, qu’il doit y avoir respect des droits de l’Homme, donc que la prison doit demeurer un fait extrêmement exceptionnel.
Moi qui n’avais pas de forte démarche politique dans ma vie, qui votait tantôt à droite, tantôt à gauche, en fonction des personnalités politiques, qui avais été myope, un peu lâche, je sais désormais ce que je vais faire du reste de ma vie. Je vais m’engager contre ces lois liberticides : ce sont nous, les hommes et les femmes de 40 à 60 ans, qui avons laissé les gens au pouvoir mettre en place ces lois scélérates ; c’est à nous, avec l’aide des jeunes, de les faire sauter car elles sont contraires à l’esprit de la démocratie française.
Et puis, je vais mettre toute mon énergie pour que Tarnac continue à vivre, car c’est pour moi un symbole merveilleux de résistance au totalitarisme mou qui tente de s’installer en France. Merci au peuple de Tarnac de nous avoir réveillés.

Interview de Gérard Coupat par Sarah Halifa-Legrand pour Le Nouvel Observateur
(Mardi 30 décembre 2008)


Notes ReOpenNews :

1. Voici le lien vers le comité de soutien de Julien Coupat : http://www.soutien11novembre.org/

2. La cas Julien Coupat est un nouvel exemple de répression sociale/politique au nom du "tout sécuritaire" prôné dans les démocraties occidentales depuis le 11 Septembre. A ce sujet, nous vous invitons à écouter la conférence donnée à Caen par Jean-Claude Paye sur le thème "Sécurité, sécuritarisme et contrôle social" : conférence en mp3.

Les héros sacrifiés du 11 septembre

Un documentaire intitulé Les héros sacrifiés du 11 septembre sera diffusé ce soir vendredi 2 janvier à 21h sur la chaine  LCP / Public Sénat. 

Documentaire de Xavier Deleu et Oriane Denneulin (France, 2008). 60 mn. Inédit.

Lors de l’explosion (sic!) des tours jumelles à New York, le 11 septembre 2001, 2 749 victimes ont péri. Sept ans plus tard, le bilan humain est encore plus lourd. Des milliers de sauveteurs, pompiers, ambulanciers et hommes chargés de déblayer les gravats sont intervenus dans des tonnes de poussière et de matériaux réduits en cendres. Mais ­l’immense majorité de ces « volon­taires patriotes » ont travaillé sans protection. Les plus chanceux disposaient de petits masques, du genre de ceux que les cyclistes utilisent pour pédaler… et de quelques litres d’eau minérale pour se décontaminer. Ils souffrent aujourd’hui de diabète, cécité, cancers.

Les réalisateurs Xavier Deleu et Oriane Denneulin avaient déjà signé pour Arte un documentaire de vingt-deux minutes au titre quasi similaire (Les Contaminés du 11 Septembre, diffusé en septembre 2006), qui racontait les dommages collatéraux ­subis par les sauveteurs du 11 Septembre. Dans ce film, ils ont poursuivi et élargi leur enquête sur les contaminés de Ground Zero. Cette fois-ci, ils donnent longuement la parole à des familles de disparus, comme celle de James Zadroga, « premier décès médicalement reconnu en lien avec les fumées toxiques du 11 Septembre ». Ou encore à d’ex-ambulanciers et travailleurs, au­jourd’hui laissés pour compte, ne bénéficiant plus de couverture maladie et totalement abandonnés par le gouvernement Bush. Double dénonciation d’un mensonge d’Etat et de la réalité atroce vécue par les malades et leurs familles dans l’indiffé­rence générale.

Emmanuelle Skyvington pour Télérama
(les liens ont été rajoutés par ReOpenNews)


Nous avions consacré une news au sujet de ce scandale sanitaire, que nous vous invitons à relire : L’état de New York indique que des centaines de secouristes du 11/9 sont maintenant décédés et admet que les chiffres sont en dessous de la réalité.

A noter qu’un livre sur le sujet, intitulé Les Héros sacrifiés du World Trade Center a été écrit Jacqueline Maurette.

 

Un officier de carrière de l’armée poursuit Cheney et Rumsfeld en justice pour complicité dans le 11/9

April Gallop intente un procès pour non mise en garde des personnes à l’intérieur du Pentagone, malgré la connaissance du danger, ainsi que pour connaissance préalable et complicité dans les attentats terroristes.

Un officier de l’armée qui a été blessé dans l’attaque contre le Pentagone le 11 Septembre poursuit Dick Cheney et Donald Rumsfeld en justice pour ne pas avoir alerté que le vol American Airlines 77 était sur le point de frapper le bâtiment, bien qu’ils aient eu connaissance de son approche quelque 20 minutes à l’avance.

L’officier de l’armée à la retraite April Gallop, une experte habilitée "top secret" qui a commencé à travailler pour le Pentagone en 2000, a également déposé une plainte contre le général de l’US Air Force Richard Myers, qui tenait le rôle de chef d’état-major des armées des États-Unis le 11-Septembre.

Gallop a été assommée lorsque le toit s’est effondré dans son bureau et son bébé de 2 mois a subi une grave lésion cérébrale après avoir subi les conséquences de ce que Gallop décrit comme «deux explosions». Gallop ne pense pas qu’un Boeing 757 ait percuté le bâtiment le 11/9. Elle affirme dans ses chefs d’accusation que l’attaque a été "menée par d’autres moyens, une ou des bombes déposées et/ou un missile», invoquant l’absence de débris d’avion après l’attentat, mais aussi la preuve de la «boîte noire» découverte sur site indiquant que l’avion était passé au-dessus du bâtiment juste avant que la boule de feu ait été observée, ou encore l’absence totale de défense terrestre et aérienne censées protéger le Pentagone.

Le tableau chronologique du 11/9 montre que le NORAD et la FAA étaient au courant que le vol 77 avait été détourné et se dirigeait probablement vers Washington à 9h24, 19 minutes avant que le Pentagone ait été frappé. L’écart entre l’impact du deuxième avion contre le World Trade Center et la frappe contre le Pentagone fut de 40 bonnes minutes.

« La plaignante, ex-G.I., allègue qu’elle a été privée de l’appui du gouvernement depuis lors, car elle a soulevé « des questions douloureuses » au sujet de la défaillance inexplicable de la défense militaire au Pentagone ce jour-là, et surtout de l’échec des fonctionnaires à mettre en garde et évacuer les occupants du bâtiment alors qu’ils savaient que l’attaque était imminente » a dit l’avocat de Gallop, M. William Veale, dans un communiqué de presse.


April Gallop

La plainte accuse Cheney, Rumsfeld et Myers d’avoir mené une conspiration visant à faciliter les attaques, et, sans les nommer, d’autres personnes d’avoir eu une connaissance anticipée des attaques. La déclaration préliminaire des chefs d’accusations affirme que les attaques ont été organisées de manière à « générer un climat politique d’acceptation grâce auquel la nouvelle administration pourrait adopter et mettre en œuvre des changements radicaux dans la politique et la conduite du gouvernement constitutionnel de notre pays. »

Le texte des poursuites énumère une montagne de preuves indiquant que des membres haut placés du cabinet présidentiel ont été complices des attaques, en mettant l’accent non seulement sur le Pentagone, mais également sur la connaissance préalable des attentats et sur l’inconcevable réponse aux détournements des quatre avions de ligne le 11-Septembre.

La texte cite le document stratégique "Projet pour un nouveau siècle américain" comme preuve que les néo-conservateurs influents ont aspiré à "un nouveau Pearl Harbor" afin de stimuler le soutien à un agenda géopolitique décidé à l’avance.

« En permettant à l’attentat de réussir, les accusés et leurs cohortes ont créé les fondements pour une prise de pouvoir exceptionnelle, et un prétexte pour le lancement de la soi-disant guerre mondiale contre le terrorisme, sous couvert de laquelle ils ont été libres de poursuivre des plans de conquête militaire pour "un éventail complet de domination" et "une primauté de l’Amérique" dans le monde; ce qu’ils ont fait », peut-on lire dans les actes d’accusation.

L’avocat William Veale dit que, si le procès passe la motion visant à le rejeter, il pourrait être la clé qui ouvrira une multitude de questions inquiétantes au sujet du 11/9.

« Ce qu’ils ne veulent pas est que le texte soit communiqué avant l’audience », a déclaré William Veale à Raw Story. « Si nous réchappons à leur première motion visant à rejeter ces réclamations, et que nous obtenons le pouvoir d’assignation, alors nous avons une réelle chance d’aller au bout de notre action. Nous avons la loi de notre côté. »

Paul Joseph Watson, Prison Planet.com, Jeudi 18 Décembre 2008

L’article original  propose la retranscription intégrale des actes d’accusation .
Traduction par Guillaume pour ReOpenNews

Les négationnistes du 11 septembre 2001

Il est de bon ton aujourd’hui de vilipender les Négationnistes, c’est-à-dire ceux qui essayent de nier l’utilisation des chambres à gaz pour l’extermination de juifs ou de minimiser la culpabilité du régime nazi envers les juifs. Quoiqu’on en pense, il faut pourtant admettre que les théories négationnistes n’ont pratiquement aucune influence sur les décisions politiques contemporaines, sur la vie quotidienne des gens, ou sur les guerres que mène l’Occident contre des peuples du tiers-monde. C’est donc plus sur le terrain de la symbolique que sur celui des faits qu’il faut chercher les origines de cette mode.

En revanche, depuis l’an 2001, une nouvelle catégorie de négationnistes dangereux dans les faits vient d’apparaître. Il s’agit des négationnistes du 11 Septembre, qui ne sont pas des personnes marginales. Cette mouvance très influente comprend des dirigeants politiques, des journalistes en vue et des universitaires qui apparaissent régulièrement à la télévision. Ce qui relie ces négationnistes entre eux est leur acharnement à dissimuler la vérité sur le massacre du 11 septembre et à promouvoir des insinuations et des accusations monstrueuses contre les "nouveaux juifs", je veux parler cette fois des musulmans. Ces négationnistes s’efforcent – en dissimulant la vérité – de protéger les auteurs de ce massacre.

Quelles vérités dissimulent les Négationnistes du 11 Septembre? J’en ai recensé cinq de première importance.

1ère vérité dissimulée : Le gouvernement américain n’a jamais produit une seule preuve que des liens existaient entre Oussama ben Laden et le massacre du 11 septembre 2001. Ceux qui ont "fait leurs devoirs" auront sans doute découvert qu’aucun dirigeant américain n’a affirmé la culpabilité d’Oussama ben Laden dans l’affaire du 11 septembre. Toutes les déclarations officielles sont restées au niveau des insinuations. En juin 2006, la police fédérale américaine (FBI) a finalement reconnu qu’elle ne possédait aucune preuve fiable qui permettrait de lier Oussama ben Laden au massacre du 11 septembre. Un journaliste du Muckraker Report [1] téléphona au FBI pour demander pourquoi la page web du FBI sur les exploits d’Oussama ben Laden [2], ne mentionnait pas son rôle dans le massacre du 11 septembre. Rex Tomb du FBI lui répondit que le FBI ne possèdait pas de preuves suffisantes pour mentionner cette participation. Point à la ligne. Les Négationnistes du 11 septembre, dont les directeurs et rédacteurs en chef des grands journaux mondiaux, ont caché cette nouvelle au public pour faire en sorte que le mythe fondateur perdure et pour protéger les vrais auteurs du massacre.

2ème vérité dissimulée : Le gouvernement américain n’a jamais produit de preuve que des musulmans ont détourné des avions le 11 septembre. Ceci pourrait sembler incroyable au lecteur non averti. Et pourtant c’est une vérité incontournable. Le FBI a publié les noms de 19 personnes soupçonnées d’avoir détourné quatre avions commerciaux le 11 septembre. Mais même le FBI ne se sent pas en mesure d’affirmer leur responsabilité [3]. Dans son communiqué de presse datant du 27 septembre 2001 (et qui n’a pas été changé depuis) le FBI déclare que l’identité desdits kamikazes reste en suspens. En effet il n’existe pas la moindre preuve que les personnes mentionnées par le FBI ont embarqué dans ces avions. Ces noms n’apparaissent pas sur les listes authentiques des passagers ; leurs cartes d’embarquement n’ont pas été trouvées ; personne ne les a vu embarquer dans les avions ; il n’existe aucun enregistrement vidéo de leur embarquement ; et leurs restes humains n’ont pas été identifiés. [4] Il s’agit donc de fantômes qui ont servi la propagande américaine. Les Négationnistes du 11 septembre ont dissimulé ce fait majeur pour maintenir dans l’esprit du public le mythe fondateur des terroristes musulmans que personne n’a vu monter dans les avions.

3ème vérité dissimulée : Le gouvernement américain a fait tout son possible pour empêcher une enquête judiciaire et une enquête publique sur le massacre sur le 11 septembre. Quel intérêt aurait un gouvernement quelconque à empêcher une enquête sur un massacre perpétré sur son propre sol? Les Négationnistes du 11 septembre ont fait tout leur possible pour que l’opinion publique ne prenne pas connaissance des efforts faits par le gouvernement américain pour étouffer la vérité sur ce massacre.

4ème vérité dissimulée : Le gouvernement américain n’a pas traduit en justice les personnes qui ont délibérément détruit des preuves qui auraient facilité l’enquête sur le massacre du 11 septembre. Par exemple l’acier des tours jumelles a été rapidement vendu à l’étranger, avant qu’une étude technique sur la raison de leur effondrement n’ait été entamée. Des témoignages enregistrés sur bande magnétique le matin du 11 Septembre par des contrôleurs des transports aériens ont été déchiquetés en morceaux par leur supérieur. Une quantité énorme de fichiers du projet Able Danger prouvant que la CIA surveillait depuis longtemps avant le 11 Septembre certains futurs "terroristes", a été détruite. Tandis que quelques journaux américains ont mentionné ici et là ces destructions de preuves, les Négationnistes du 11 septembre ont fait tout leur possible pour que l’opinion publique ne pose aucune question sur le but de ces destructions.

5ème vérité dissimulée : Quand un meurtre de droit commun a lieu, les journaux commencent normalement à poser des questions si, après quelques mois, personne n’est inculpé. En ce qui concerne le massacre de 3.000 personnes le 11 septembre, les nouveaux Négationnistes n’ont pas posé la moindre question sur le fait que le gouvernement américain n’avait pas encore inculpé ni traduit en justice une seule personne pour complicité ou soutien à ce massacre monumental, et ceci pendant plus de six ans!

Les Négationnistes du 11 septembre ne sont pas des êtres marginaux pourchassés devant les tribunaux parce qu’ils mettent en question un événement historique. Ce sont des personnes qui dirigent des pays et manipulent l’opinion publique. Ce sont eux qui ont justifié le bombardement de villages en Afghanistan – le pays le plus pauvre de la planète -, qui a causé des milliers de morts d’innocents dont aucun n’était responsable du crime du 11 Septembre. Ce sont eux qui ont préparé le public pour la guerre d’agression contre l’Iraq et la mort de plus d’un million de personnes dans ce pays meurtri depuis l’embargo. Ce sont eux qui incitent la population du monde occidental à considérer chaque islamiste comme un terroriste potentiel, copiant en ceci les idéologues nazis qui incitaient leur peuple à soupçonner les juifs de crimes contre le peuple allemand. Les Négationnistes du 11 septembre sont les vrais héritiers du régime nazi dont le but final serait de criminaliser toute opposition politique au nom de la guerre contre le terrorisme.

Il est temps de se dresser contre cette mouvance négationniste dangereuse, et de l’isoler intellectuellement et politiquement avant qu’elle ne nous mène à la barbarie.

Par Elias Davidsson, le 2 décembre 2008 pour Mondialisation.ca
Écrit en avril 2008, publié en septembre 2008 sur Aldeilis.


A propos de l’auteur de cet article, M. Elias Davidsson :

M. Elias Davidsson, membre du mouvement européen pour la vérité sur le 11 Septembre, est un spécialiste du droit international et un défenseur de la Paix et des Droits de l’Homme. Homme de multiples talents et intérêts (informaticien, compositeur de musique…) M. Davidsson est né en Palestine, en 1941, avant la création de l’État d’Israël. Voici sa présentation :

« Mes parents étaient des réfugiés juifs d’Allemagne. Mon histoire personnelle, comme celle de mes parents, m’a convaincu de m’opposer de toutes mes forces contre le racisme. Or, aujourd’hui le racisme le plus virulent pratiqué en Occident vise les musulmans. Ce sont donc eux qui devraient avoir droit à notre protection et à notre sympathie. La diabolisation des musulmans est un instrument de propagande utilisé pour justifier les attaques de pays musulmans et s’accaparer leurs richesses énergétiques, comme le régime nazi a diabolisé les juifs pour leur dérober leur patrimoine. L’odieux journal Der Stürmer qui diffusait un antisémitisme grossier et ordurier est remplacé aujourd’hui, non par un seul, mais par des centaines de médias qui diffusent sournoisement des mythes non moins odieux sur un soi-disant complot terroriste mondial inspiré par l’Islam. C’est donc en tant que juif – comme les autorités rabbiniques me définissent – que je m’oppose à la diabolisation des musulmans, particulièrement par le biais d’accusations sans fondement contre 19 prétendus kamikazes musulmans. » (Note de la rédaction : il s’agit pour M. Davidsson de la version officielle des événements du 11-Septembre, celle du complot islamiste des 19 kamikazes, que personne n’a vu embarquer dans les avions). « C’est aussi en tant que chercheur – dont les écrits ont été publiés par des revues spécialisées de droit – que je me révolte contre le manque de rigueur intellectuelle de ceux qui propagent à tout vent des mythes sur le danger du terrorisme islamique. Les faits, et en particulier, les statistiques sur le terrorisme démentent ce discours. Comme toujours, le talon d’Achille des puissants se situe dans leurs mensonges et leur peur panique de la vérité. »


Notes :
[1] http://www.muckrakerreport.com/id267.html
[2] http://www.fbi.gov/wanted/topten/fugitives/laden.htm
[3] http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel01/092701hjpic.htm
[4] http://www.aldeilis.net/france/index.php?option=com_content&task=view&id=50&Itemid=28

Quand Penny Little s’attaque au 11 Septembre

L’un des films, très documenté, de Penny Little porte sur les poussières du 11 Septembre que les autorités avaient déclarées inoffensives alors qu’elles étaient très toxiques. La révélation de ce mensonge d’État ouvre la porte à un scepticisme grandissant sur la globalité de l’événement. Une nébuleuse de questions sans réponses, délimitée à une extrémité par l’opacité de l’Administration Bush, et à l’autre extrémité par l’obscurantisme du négationnisme.

Penny Little

Entre les deux extrêmes fraient de plus en plus de gens qui doutent des versions officielles. Penny Little, qui dit ne pas être «théoricienne de la conspiration» finit elle-même par reconnaître : « Personne ne croit à la version officielle du 11 Septembre mais les gens ne veulent plus penser à une merde pareille. »

Réalisatrice et musicienne, elle provoque ses contemporains par ses œuvres engagées. Sa tournée des scènes alternatives du pays vient de l’amener jusqu’à Bloomington. Son public d’un soir, essentiellement composé d’intellectuels libéraux, a sagement applaudi sa chanson illustrée sur le « conte de fées » du 11 Septembre. Comme quoi le sujet deviendrait moins tabou. Même sur le sol américain, on aurait droit de douter sans se laisser happer par la spirale des accusations faciles.

Pas conventionnelle du tout,  Penny Little a surgi au téléphone, comme une "tarte à la crème dans la gueule" . Elle ne dira même pas où elle a déniché le numéro de téléphone des deux blogueurs français de Bloomington, « faut dire que nous le laissons partout où nous passons. »

Elle ne pouvait pas laisser filer l’occasion du rapprochement des styles. Car elle aussi a pour ambition de comprendre ce que pensent les Américains et de les faire parler. De Chicago où elle est née, à la Californie où elle habite, elle est presque aussi étrangère que nous au Middle East conservateur. Bref, un sacré choc que cette petite bonne femme inclassable, mélange de folie punkie et de romance.

Nous nous sommes donc présentés à son rendez-vous dans notre désormais annexe qu’est le Players Pub. « Hey Penny, lâche un peu ta caméra et passe devant la nôtre. Et dis-nous un peu ce que tu penses de la version officielle des attentats de New York. » Elle a commencé par nous répondre en chantant puis elle a accusé les principaux médias et le gouvernement de mensonges. Regardez ici :
 

(Pour visionner la version originale, cliquez ici

Quelle énergie ! Sans un penny (arf, arf, c’était facile), elle s’est lancée dans un « Unconventional tour » à travers les États-Unis pour montrer ses films engagés contre la fraude électorale, « Electile dysfunction », ou contre les mensonges qui auraient entouré les événements du 11 Septembre, « 911 Dust and Deceit ». Par ses chansons, ses happenings, ses projections et les débats qu’elle suscite, elle prétend réveiller les consciences.

Vous voulez mieux connaître Penny Little, petite icône d’une Amérique créative et contestataire? Regardez ici :
 

(Pour visionner la version originale, cliquez ici)

par Franck sur le Blog de liberation.fr

 

Les journalistes étatsuniens et les crimes de guerre

Par Peter DYER, pour Consortium News.

Traduit et publié par Le Grand Soir, le 16 octobre 2008

Commentaire : Cette année aux USA, les médias ont salué l’ouverture d’un “Newseum” (musée du journalisme – NdT) de 450 millions de dollars à Washington dans une autocélébration du journalisme étatsunien. Pourtant, au lieu des claques dans le dos, ces grands médias auraient pu exprimer quelques remords pour leur complicité dans la propagande de guerre de l’Administration Bush qui a servi de justification à l’invasion de l’Irak.

Un journaliste indépendant, Peter Dyer, fait remarquer que le Tribunal de Nuremberg a considéré qu’un tel soutien médiatique à des crimes de guerre constituait lui-même un « crime ». Le 16 Octobre est un anniversaire qui devrait intéresser de près les journalistes qui ont soutenu l’invasion et l’occupation de l’Irak.


photo : Julius Streicher, pendu à Nuremberg.
Profession : journaliste.
Crime : propagande de guerre

"il serait difficile de nier qu’ils ont du sang sur les mains"
Les journalistes étatsuniens et les crimes de guerre

Il y a soixante-deux ans, le 16 octobre 1946, Julius Streicher fut pendu.

Streicher faisait partie d’un groupe de 10 Allemands exécutés au lendemain du premier procès du Tribunal de Nuremberg – un procès qui dura 40 semaines avec, au banc des accusés, 22 des nazis les plus importants. Chacun de ces accusés était jugé pour au moins deux des quatre crimes définis par la Charte de Nuremberg : crime contre la paix (agression), crime de guerre, crime contre l’humanité et conspiration.

Tous les condamnés à mort étaient d’importants officiels du gouvernement allemand ou des chefs militaires. Tous, sauf Streicher. Julius Streicher était journaliste.

Rédacteur en chef du journal violemment antisémite, Der Stürmer, Streicher fut jugé coupable et, selon les termes du jugement, « l’incitation au meurtre et à l’extermination, au moment même où les Juifs en Europe de l’Est se faisaient tuer dans les plus horribles conditions, constitue à l’évidence un crime contre l’humanité. »

Dans son plaidoyer contre Streicher, le procureur britannique Lieutenant Colonel M.C. Griffith-Jones déclara : « Monsieur de juge, il se peut que l’accusé n’ai pas été directement impliqué dans les crimes contre les Juifs… Nous soutenons néanmoins que son crime n’en est pas moins grave parce qu’il a rendu ces actes possibles, rendu ces crimes possibles, crimes qui n’auraient jamais été commis sans son soutien et celui de ses semblables. Il a mené la propagande et l’éducation du peuple allemand à cette fin. »

A Nuremberg, le rôle primordial joué par la propagande fut confirmé, non seulement par l’accusation et le jugement rendu, mais aussi par le témoignage du plus célèbre des accusés nazis, le Reichsmarshall Hermann Goering :

« Les guerres modernes et totales se déroulent, à mon avis, selon trois axes : la guerre des armes sur terre, dans l’air et sur mer ; la guerre économique, qui est devenue une partie intégrante à toute guerre moderne ; et, troisièmement, la guerre de propagande, qui est aussi un élément essentiel de la guerre. »

Deux mois après l’exécution des condamnés à Nuremberg, l’Assemblée Générale des Nations Unies vota la résolution 59(I) qui déclare :

« La liberté de l’information requiert un élément indispensable qui est la volonté et la capacité d’en user sans en abuser. Elle nécessite comme principe de base l’obligation morale de rechercher les faits sans préjugés et de diffuser l’information sans intention malveillante. »

L’année suivante, une nouvelle résolution de l’Assemblée Générale fut adoptée : résolution 110 qui « condamne toute forme de propagande, dans tous les pays, qui tente de provoquer ou d’encourager toute menace contre la paix, toute violation de la paix ou tout acte d’agression. »

Les résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies n’ont pas force de loi, mais les résolutions 59 et 110 pèsent d’un poids moral considérable. Ceci parce que, comme l’ONU elle-même, ces résolutions constituent l’expression même d’une réaction à la brutalité et aux souffrances engendrées par deux guerres mondiales et le désir universel d’éviter de nouveaux massacres.

Crimes de propagande

La plupart des juridictions n’assimilent pas la propagande de guerre à un crime. Cependant, plusieurs journalistes ont récemment été condamnés pour incitation au génocide par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Les efforts déployés pour criminaliser la propagande de guerre se heurtent à une résistance déterminée, particulièrement celle des États-Unis, et le combat est loin d’être gagné. Pourtant, sur le terrain purement légal, les choses sont claires : si l’incitation au génocide est un crime, l’incitation à l’agression, autre crime défini par Nuremberg, pourrait et devrait l’être aussi. Après tout, l’agression – le déclenchement d’une guerre sans provocation – est « le crime international par excellence qui ne se distingue des autres crimes de guerre qu’en ce qu’il englobe à lui tout seul l’ensemble des autres crimes, » selon les termes du jugement rendu à Nuremberg. Criminelle ou pas, une bonne partie du monde considère l’incitation à la guerre comme un acte moralement indéfendable.

À la lumière de ce qui précède et de la recette de Goering (une guerre, c’est des armes, une guerre économique et de la propagande) il est instructif d’examiner le rôle joué par les journalistes et les propagandistes de guerre étatsuniens dans le déclenchement et le soutien à la guerre.

L’Administration Bush a commencé à vendre l’invasion de l’Irak au peuple étatsunien peu après le 11 septembre 2001. Afin de coordonner les efforts, le chef de cabinet de George Bush, Andrew Cars, créa au cours de l’été 2002 un Groupe Irak de la Maison Blanche (White House Iraq Group – WHIG) dont l’objectif était expressément le « marketing » de l’invasion de l’Irak.

Parmi les membres de ce groupe, on trouvait les personnalités médiatiques/propagandistes Karen Hughes et Mary Matalin [toute ressemblance avec la France n’étant que… - NdT]. Le groupe WHIG était remarquable non seulement pour son mépris à l’égard de la vérité, mais aussi par la candeur avec laquelle il reconnaissait mener une campagne de publicité. Un article du New York Times du 7 septembre 2002, intitulé « la Terreur tracée : la stratégie ; les assistants de Bush définissent une stratégie pour vendre leur politique », révéla :

« Selon des officiels de la Maison Blanche, l’Administration suivait un plan méticuleusement préparé pour convaincre l’opinion publique, le Congrés et ses alliés de la nécessité d’affronter la menace posée par Saddam Hussein… »

« Selon les lois du marketing, » a dit Andrew H. Cars Jr, chef de Cabinet à la Maison Blanche et coordinateur du projet, « on ne peut pas introduire de nouveaux produits en plein mois d’aout. » Comme si le « produit » – l’invasion injustifiée d’un état souverain – n’était qu’un bien de consommation, une voiture ou une émission de télé. L’argument de vente inventé fut « le danger imminent » posé par les armes de destruction massive irakiennes. En d’autres termes, le travail du groupe WHIG était avant tout l’incitation à une guerre d’agression par le biais d’une propagande de la peur.

Dans cet esprit, le membre le plus éminent du WHIG, la Conseillère en Sécurité nationale Condoleezza Rice, lors d’une interview accordée à Wolf Blitzer de CNN, brandit le spectre d’un holocauste nucléaire déclenché par l’Irak,

« Nous savons qu’il y a eu des livraisons à l’Irak, par exemple, de tubes d’aluminium d’aluminium de haute qualité qui ne peuvent servir qu’à la création d’armes nucléaires, à l’enrichissement de l’uranium… Le problème est que nous ne saurons jamais exactement à quel moment (Saddam Hussein) pourra disposer d’armes nucléaires. Mais nous ne voulons pas voir ces soupçons se transformer en champignon atomique ».

Cette image de champignon atomique fut une des plus marquantes de toute la guerre de propagande de la Maison Blanche. Elle fut inventée par Michael Gerson quelques jours plus tôt lors d’une réunion du groupe WHIG. La présence d’armes de destruction massive en Irak constituait la clé de voute de la campagne de l’Administration Bush. D’autres éléments importants étaient les liens entre Saddam Hussein et Al Qaeda et par conséquent l’implication de l’Irak dans la tragédie du 11 Septembre.

Tout était faux. Mais en termes de propagande, il y a vérité lorsqu’on réussit à vendre le produit.

SOUMISSION DES MÉDIAS

Le rôle joué par les grands médias étatsuniens au cours des préparatifs de l’invasion contre l’Irak fut marqué par leur soumission généralisée à l’Administration Bush et leur abandon des devoirs les plus fondamentaux quant à l’opinion publique. Cette responsabilité est affirmée non seulement par la résolution 59 mais aussi par le Code d’Éthique de l’Ordre des Journalistes Professionnels, qui précise : « les journalistes doivent vérifier la véracité de l’information de toute source et doivent veiller à ne pas commettre une erreur involontaire. »

Judith Miller, journaliste influente au New York Times,  en s’abstenant de vérifier l’information, a joué un rôle dans la campagne de l’Administration Bush visant à convaincre l’opinion publique d’attaquer un pays qui ne représentait aucune menace. Bien qu’elle n’ait pas été la seule, et loin de là, Miller a probablement eu une responsabilité plus grande que tout autre journaliste pour avoir distillé la peur devant des armes de destruction massive imaginaires. [ndt : le New York Times a finalement licencié Judith Miller pour non-respect de la déontologie – pour l’affaire Valery Plame notamment. L’auteur de cet article semble sous-estimer le travail conscient et volontaire entrepris par Judith Miller dans la guerre contre l’Irak.] A cet égard, elle, comme d’autres journalistes influents qui faillirent, porte sa part de responsabilité morale, sinon pénale, pour les centaines de milliers de morts, les millions de réfugiés et tout le carnage, destruction et souffrances humaines de l’opération « Liberté pour l’Irak ».

Cela dit, certaines personnalités éminentes des médias étatsuniens ont fait beaucoup plus que d’omettre la vérification des sources. Certains ont activement et passionnément encouragé les étatsuniens à commettre et/ou approuver des crimes de guerre, avant et pendant l’agression contre l’Irak.

Parmi les plus connus, on trouve Bill O’Reilly de Fox News qui – à la fois pour l’Afghanistan et l’Irak – a soutenu des crimes interdits par la convention de Genève tels que les punitions collectives contre les civils (Gen. Con. IV, Art. 33) ; l’attaque de cibles civiles (Protocol I, Art. 51) ; la destruction des réserves d’eau (Protocol I Art. 54 Sec. 2) et même la famine (Protocol I, Art. 54 Sec. 1).

Le 17 septembre 2001 : « les États-Unis devraient bombarder les infrastructures de l’Afghanistan et les réduire en miettes : l’aéroport, les centrales électriques ; les réserves d’eau, les routes » s’ils refusent de livrer Ben Laden aux États-Unis. Plus tard, il ajouta : « Ce pays est très primitif. Et leur retirer la capacité d’exister au quotidien ne sera pas compliqué… Il ne faut pas viser les civils. Mais s’ils ne se soulèvement pas contre leur gouvernement criminel, ils crèveront de faim, point final ».

Le 26 mars 2003, quelques jours après le déclenchement de l’invasion de l’Irak, O’Reilly a déclaré : « Certains pensent que nous aurions du accorder aux habitants de Bagdad 48 heures pour évacuer la ville, les avertir en larguant des tracts et en diffusant des messages à la radio et tout ça. Vous avez 48 heures pour dégager, après nous rasons la ville. » [voir Peter Hart “O’Reilly’s War : Any rationale—or none—will do” chez Fairness & Accuracy in Reporting, Mai/Juin 2003]

Punition collective

Un autre journaliste très influent, lauréat du prix Pulitzer et ancien rédacteur en chef au New York Times, le feu A.M. Rosenthal, a aussi défendu les attaques contre des cibles civiles et les punitions collectives dans le cadre de la guerre contre les nations musulmanes du Moyen-Orient. Le 14 septembre 2001, dans un article intitulé « Comment les États-Unis peuvent gagner la guerre », Rosenthal écrivit que les États-Unis devraient laisser à l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, la Syrie et le Soudan trois jours pour réfléchir à un ultimatum leur enjoignant de livrer tous les documents et informations relatifs aux armes de destruction massive et les organisations terroristes. Pendant ces trois jours, « les habitants de ces pays seraient encouragés 24/24h par les États-Unis d’évacuer la capitale et les grandes villes, parce qu’à l’aube du quatrième jour, tout serait rasé. »

Figure médiatique de la droite, Anne Coulter, à l’émission Sean Hannity Show le 21 juillet 2006, appela à une autre guerre et à plus de représailles contre les civils, cette fois contre l’Iran. « Eh bien, je n’arrête pas d’entendre dire que nous ne trouvons pas le matériel nucléaire, et qu’il pourrait être enterré dans des grottes. Et si nous les bombardions de fond en comble jusqu’à qu’ils ne puissent même plus construire un poste de radio ? Alors, ça n’aurait plus d’importance s’ils possèdent le matériel nucléaire. »

Cette pratique des personnalités des grands médias étatsuniens qui consiste à promouvoir des guerres d’agression date d’avant le 11 Septembre. Thomas Friedman, trois fois lauréat du prix Pulitzer, a publié un appel virulent en faveur de crimes de guerre, dont la punition collective des Serbes et la destruction de leurs réserves d’eau, au moment de la crise du Kosovo :

« Mais si la seule force de l’OTAN est celle de pouvoir bombarder sans fin, alors il faut en tirer le maximum. Passons à une vraie guerre aérienne. Que l’on puisse encore organiser des concerts de rock à Belgrade, ou faire des promenades du dimanche, tandis que d’autres Serbes « nettoient » le Kosovo, est scandaleux. Belgrade devrait être une ville plongée dans le noir : chaque centrale électrique, chaque aqueduc, chaque pont, chaque route et chaque usine en rapport avec la guerre doit être visée.

Que ça vous plaise ou non, nous sommes en guerre contre la nation Serbe (et les Serbes sont d’accord là-dessus), et les enjeux doivent être très clairs pour eux : pour chaque semaine que vous passez à ravager le Kosovo, nous vous pulvériserons dix ans en arrière. Vous voulez retourner à 1950 ? Nous pouvons vous faire retourner à 1950. Vous préférez 1389 ? Va pour 1389. » [New York Times, avril 1999]

Ces commentaires à l’emporte-pièce, parfois même sur le ton de la plaisanterie, sur l’imposition d’une guerre contre des pays relativement faibles, sont formulés par des journalistes et personnalités étatsuniens au sommet de la profession. Chacun touche un public de plusieurs millions. Il est difficile d’exagérer leur influence.

Pour ne parler que de ces dix dernières années, les destructions et les massacres engendrés par le « crime international par excellence » de l’agression étatsunienne ont été facilités par cette influence insouciante, irresponsable et/ou malveillante. Malheureusement, les paroles du Procureur de Nuremberg Griffith-Jones sur la propagande du journaliste allemand Julius Streicher s’appliquent aujourd’hui pour certains des journalistes les plus influents d’un pays qui, il y a 60 ans, représentait un espoir à Nuremberg :

Streicher « a rendu ces actes possibles, rendu ces crimes possibles, crimes qui n’auraient jamais été commis sans son soutien et celui de ses semblables. »

En 1947, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopta la résolution 127 dans laquelle « l’Assemblée Générale … invite les gouvernements des états membres … à étudier les mesures à prendre au niveau national, dans le cadre de la légalité constitutionnelle, contre la diffusion d’informations fausses ou déformées qui seraient en mesure de porter atteinte aux relations d’amitié entre deux états. »

Malheureusement, 60 ans plus tard, peu de progrès ont été accomplis. La propagande de guerre est toujours légale et très vivante – florissante même, comme on peut le constater dans les appels réitérés à envahir un autre pays qui n’a jamais menacé les États-Unis : l’Iran.

Dans l’état actuel des choses, avec les États-Unis qui sont toujours la plus grande puissance militaire au monde, les propagandistes étatsuniens qui ont permis l’invasion de l’Irak et d’autres guerres d’agression n’ont pas de souci à se faire quant à leur responsabilité devant les principes de Nuremberg. Et pourtant, il serait difficile de nier qu’ils ont du sang sur les mains.

Peter Dyer

11 Septembre, Superclan et crise du Caucase, l’opinion de Giuletto Chiesa

Était organisé ce 16/09/08 à l’espace Delvaux à Bruxelles, une projection du film « Zéro, Enquête sur le 11 Septembre » suivie d’un débat animé par deux invités, Jean-Luc Guilmot et Giuletto Chiesa.

par Montag, Bruxelles – 26/09/08

(1ère partie)

Le premier est ingénieur et conseiller communal en Belgique ainsi qu’administrateur d’un site Internet francophone regroupant les témoignages de plus de 750 personnalités états-uniennes et internationales remettant en cause le rapport officiel sur le 11 Septembre, et présentant la controverse sur le WTC7. Le deuxième, Monsieur Chiesa, est journaliste italien et député au Parlement européen depuis 2004. Il est également l’un des réalisateurs du film en question.

J’ai eu l’occasion d’assister à cette soirée et d’enregistrer le débat. L’objet de cette série d’articles, qui comportera 3 parties, est de vous faire part des interventions clés du débat. La 1ère partie est centrée sur les objectifs du film et donc de facto sur les attentats du 11 Septembre. La 2ème partie s’attardera sur ce que G. Chiesa appelle le » Superclan» , à savoir les personnes qui détiennent le pouvoir en Occident. La 3ème quant à elle, se penchera sur le conflit récent qui s’est déroulé entre la Géorgie et la Russie. Il est à noter que chacun des 3 articles sera accompagné d’un document audio correspondant aux passages cités. Mais trêve de commentaires, entrons à présent dans le vif du sujet.

Quel est le but du film?

G. Chiesa : « C’est une opération politique, ouvertement politique, dont l’objectif est de créer une nouvelle commission d’enquête, mais cette fois internationale et indépendante. »

JL Guilmot : « Nous n’avons pas à jouer le rôle d’un tribunal qui établit la vérité, pas plus  que vous-même. Vous comme nous, avons été témoins d’un crime. Lorsque vous êtes témoin d’un incident ou d’un crime, il en va de votre responsabilité de le reporter aux autorités compétentes.»

G. Chiesa : « On ne prétend pas que tout ce qui a été montré dans le film est rigoureusement exact. Il est probable que le film comporte certaines erreurs, comme il y a des erreurs dans les films » Loose Change»  ou dans » Confronting the evidence»  etc.  […] Il est possible que des éléments nouveaux apparaissent dans le futur, comme il y a eu des développements très importants au cours des années 2006 et 2007, c’est donc un » work in progress» . »

Comment le film a-t-il été fait?

G. Chiesa : « Comment a-t-on fait ce film ? Très simplement. On a fait notre travail de journalistes, on a examiné le résultat officiel contenu dans » The 9/11 Commission Report» . C’est un document de 500 pages qui est le résultat de la commission officielle des États-Unis d’Amérique qui a réalisé l’enquête sur le 11 septembre. On a pris ce document, on a lu ces 500 pages, on a analysé chaque page et on a trouvé plus de 150 passages où la version officielle ne correspond pas à la réalité, aux faits élémentaires que nous sommes en condition d’analyser. […] Vous (NDLR la commission d’enquête) avez menti, c’est vous qui nous avez raconté des histoires fausses, ce n’est pas Oussama Ben Laden. C’est le président de la commission d’enquête officielle qui ouvertement ment sur ces questions. […] Et donc, on a fait un film où l’on pose des questions. Des questions qui restent ouvertes, qui ne sont pas résolues dans ce film. »

JL Guilmot : « Le seul objectif, comme l’a très bien dit Monsieur Chiesa, c’est d’être critique, c’est de faire travailler nos neurones, c’est de réfléchir par nous-mêmes sur base d’éléments factuels qui ont été soustraits au vu et au su de tous. » En effet, les questions ne sont pas résolues dans le film. Néanmoins, en le regardant, on en déduit rapidement que la thèse privilégiée par les réalisateurs est celle de l’opération sous fausse bannière (false flag operation), autrement dit, des attentats organisés par les États-Unis eux-mêmes. Les questions qui viennent naturellement à l’esprit lorsque l’on découvre pareille théorie, c’est alors de se demander :

Comment ont-ils pu organiser ces attentats, comment ont-ils fait pour qu’il n’y ait pas de fuites?

G. Chiesa : « Il faut savoir comment travaillent ceux qui organisent le terrorisme d’état à grand niveau : ce sont des personnes très bien préparées, qui connaissent la psychologie des individus. Par exemple, ils connaissaient très bien le fait que la plupart, la grande majorité, l’écrasante majorité de ceux qui vont réagir (NDLR : face aux attentats du 11/09) seront incapables de comprendre, ce qu’aucun d’entre nous n’est capable de concevoir : ici dans cette salle, je pense que personne n’a jamais tué personne ; nous ne sommes pas des assassins, pour nous il est déjà difficile de comprendre comment on peut tuer quelqu’un. Et nous sommes en face de gens qui sont capables de penser à tuer des milliers de personnes. Donc, la réaction psychologique est évidente : c’est-à-dire que tout le monde va penser que ce sont sûrement des fous qui ont fait cela, sûrement des fous… Cela ne peut pas être une personne qui organise rationnellement une opération pareille. Nous ne sommes pas capables d’imaginer des choses comme celles-là. La réaction automatique est donc de penser que ce sont des fous, des fanatiques. Alors, ils ont créé des fous et des fanatiques. C’est le premier point, ils étaient déjà prêts… Deuxième point, quand on organise des choses comme celles-là, et là je parle en tant qu’Italien qui a bien vu et qui a analysé le terrorisme en Italie pour lequel on retrouve exactement le même schéma : le système consiste à utiliser plusieurs personnes qui participent à l’action terroriste sans même savoir qu’ils y participent. Comment peut-on arriver à cela ? On peut y arriver » merveilleusement» , en attribuant simplement à chacun un petit morceau de cette action terroriste. »

JL Guilmot : « Cela s’appelle de la compartimentation. »
 

(2ième partie) 

Deuxième volet de cette série de trois, dans le prolongement du débat tenu à Bruxelles le 16/09/08 après la projection du film ‘Zéro, Enquête sur le 11 Septembre» , nous présentons ici les vues de Giuletto Chiesa sur ce qu’il appelle le Superclan.

À noter lors de cette soirée la diversité de l’audience, composée de quelque 300 personnes, plutôt, » Monsieur et Madame tout le monde»  entre 20 et 65 ans, et non simplement de jeunes altermondialistes. C’est donc devant ce public que Monsieur Chiesa a tenu des propos sortants du strict cadre du film. Cette 2ème partie regroupe ses opinions sur ceux qui, selon lui, détiennent véritablement le pouvoir en Occident.

Qui sont-ils?

« J’ai écrit un livre il y a quatre ans qui s’appelait » Superclan» . Le Superclan c’est un petit groupe de personnes, ils ne sont pas très nombreux, tout au plus 400 à 500 personnes. Ils détiennent le véritable pouvoir dans ce monde, ce ne sont pas nécessairement les chefs de gouvernement. C’est un groupe qui possède des pouvoirs qui, pour nous simples citoyens (et je me considère comme en faisant partie), sont pratiquement inconcevables. C’est l’Empire ! Ce sont eux qui décident de la structure des médias, de l’information générale et du niveau émotionnel de la population du monde… »

L’Empire est avant tout médiatique.

« Nous ne sommes plus, depuis longtemps, des citoyens libres : nous sommes dépendants de l’Empire. C’est l’Empire qui impose ses règles quant à ce que nous devons savoir, ce que nous pouvons savoir et ce qui est à empêcher de connaitre. L’Empire possède le domaine de la communication. Ce n’est pas une exagération, c’est la vérité, je peux vous donner beaucoup d’exemples, mais le 11 septembre c’est le paradigme de tous les mensonges du monde. C’était un évènement médiatique très puissant : pendant une journée, trois milliards de personnes ont regardé la même chose, ont éprouvé les mêmes sentiments et ont été manipulés de la même façon. On n’a rien pu comprendre, mais on a pensé qu’on avait tout vu… C’était une incroyable opération médiatique, sans précédent. »

Avec une telle grille d’analyse, Giuletto Chiesa possède un avis bien tranché sur la situation actuelle de notre planète: selon lui, tout est à relier au Superclan et il n’est pas très optimiste quant aux suites à venir.

Coup d’État et abandon du capitalisme?

« Au vu de la guerre d’Ossétie du Sud, de la crise financière internationale, de la crise énergétique, de la crise climatique et de la crise alimentaire, nous sommes malheureusement au commencement d’une grande, d’une terrible catastrophe, et ce, pour nous tous. Je suis persuadé que la crise ne date pas d’hier, elle a commencé dès les années 1999, 2000 et 2001. Bush ne devrait pas être le Président des États-Unis : les États-Unis ont subi un réel coup d’État, car Mr Bush avait perdu les élections en 2000, c’est Mr Gore qui avait gagné, mais le décompte des voix a été stoppé par la Cour Suprême des États-Unis. Ce coup d’État, au sein même de l’Empire, a changé le monde. Pourquoi ? Parce que le Superclan [...] savait très clairement ce qui se tramait : c’est la fin de ce système économique et social! C’est la fin des idées complètement irrationnelles de la possibilité d’un développement économique et social illimité. C’est la fin de ces idées ! Et c’est la fin du capitalisme que l’on a connu parce que le développement est fini, il est déjà terminé ! »

Quel fut le point de départ?

« Le 11 Septembre a été la réalisation du projet » Project for the New American Century» . C’est-à-dire le document qui fut écrit en 1998 par les conservateurs, ceux-là mêmes qui ont pris le pouvoir durant l’année 2000 […]. »

« Dans le document PNAC, il y a des choses incroyables […]. Quand ils disent par exemple […] : » le processus de transformation, même s’il apporte un changement révolutionnaire, sera probablement long en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor» . (NDLR PNAC, page 51) donc, il paraît évident qu’il s’agit d’un groupe de personnes qui étudiait la situation mondiale et qui préparait le changement révolutionnaire. Et je peux donner beaucoup de citations précises pour lesquelles il est clair qu’ils comprenaient très bien les problèmes liés au pic du pétrole, qu’ils avaient connaissance de la situation du climat mondial, qu’ils connaissaient la situation financière internationale, etc. Nous sommes donc en face d’un groupe puissant, très bien informé, nourri d’informations stratégiques et qui pensaient aux changements révolutionnaires. […] Le 11 Septembre n’est que le commencement de ce changement révolutionnaire, pas la fin. »

Et M. Chiesa de conclure : « Je les connais même, certains de ces membres du Superclan, j’en ai connu directement et je sais ce qu’ils pensent, c’est pour cela que je suis terrorisé. Alors, je pense que la seule possibilité de nous défendre, c’est de mobiliser l’opinion publique. »
 

(3ième partie)

Dans la 2ème partie, nous avons pu entendre les considérations de Giuletto Chiesa, député italien au Parlement européen, sur les personnes qui détiennent selon lui le pouvoir réel en Occident : le » Superclan» . À présent, nous allons nous pencher dans cet ultime volet sur les implications du récent conflit entre la Géorgie et la Russie. Ces propos ont été recueillis durant le débat qui faisait suite à la projection du film « Zéro, Enquête sur le 11 Septembre » le 16/09/08 à Bruxelles.

À cette date, G. Chiesa était à peine revenu d’un séjour à Moscou où le film était diffusé à la télévision russe (audience estimée à 20 millions de téléspectateurs). La diffusion était également suivie d’un débat et cette fois, outre la présence de G. Chiesa, figuraient parmi la liste d’invités le général Ivashov (ancien chef d’état-major des forces armées russes) ainsi que Thierry Meyssan. Durant l’autre débat, à Bruxelles, Monsieur Meyssan fut assimilé à un » effroyable imposteur»  par une personne du public, ce qui entraina une prise de position de la part de G. Chiesa.

Concernant Thierry Meyssan

« Thierry Meyssan a eu le courage d’être le premier à commencer le travail. Il a peut-être commis quelques erreurs, mais il a fait un travail convenable à mon sens. S’il n’y avait pas eu Thierry Meyssan, peut-être que personne d’autre n’aurait poursuivi ce travail. […] La presse française a cherché à le détruire et ils y sont parvenus. Menacé de mort  plusieurs fois, Thierry Meysan a dû abandonner la France […]. Il vit maintenant au Liban, en exil, car il n’a plus aucune protection française. » Revenons à présent sur le sujet principal de cet article et sur ce séjour à Moscou où Giuletto Chiesa eut l’occasion de faire d’importantes rencontres.

Concernant le duo Medvedev-Poutine

« Durant ce séjour, j’ai rencontré Monsieur Poutine et Monsieur Medvedev […]. Mon sentiment sur ces rencontres c’est que les évènements du mois d’août ont changé les choses en profondeur. Je vais citer simplement une phrase de Monsieur Medvedev : » Le 8 août a représenté la fin de nos illusions sur le fait que le monde fut bâti sur des bases justes» . […] »

« Qu’elle a été l’information que l’on a reçue le 08/08/08 après l’attaque en Ossétie du Sud ? J’ai suivi avec attention l’attitude de la presse écrite et télévisuelle : la plupart des médias occidentaux ont livré non seulement une version manipulée, mais également une version totalement opposée à la vérité ! »

De nouvelles preuves de manipulations ?

« Je suis revenu de mon séjour de Moscou avec de merveilleuses informations. En effet, je suis à présent en possession des images diffusées par la CNN et la FOX, et je compte bien en faire part à tout le monde, qui montrent les chars géorgiens pendant leur attaque de Tskhinvali sur des civils. Figurez-vous qu’ils ont diffusé ces images en disant que c’étaient des troupes russes qui attaquaient Gori ! […] Qui a organisé cette manipulation ? Qui a organisé cette unanimité de la presse occidentale ? »

Quelles sont les conséquences de ce conflit ?

« Je crois que la Russie aujourd’hui est en train de s’afficher sur la place mondiale d’une manière totalement différente. Ils ont à présent la conscience d’être très puissants. Ils le sont du point de vue énergétique, mais également du point de vue financier. Ils ont en effet intégralement remboursé leurs dettes et détiennent même entre leurs mains une partie de la dette américaine. […] La Russie a reculé pendant 18 ans ; ceci est terminé, car ils vont à présent répondre à toute nouvelle provocation à leur encontre. Ils l’ont signifié ouvertement. »

Allons-nous vers un nouveau conflit ?

« Il faut être réaliste, nous sommes les responsables de ce changement d’attitude de la Russie […]. Je l’ai déjà dit au Parlement à plusieurs reprises : si un élargissement de l’OTAN signifie un élargissement de notre sécurité collective, bien. Mais si au contraire cela constitue un danger pour notre sécurité, pourquoi alors devrait-on soutenir cet élargissement ? Est-ce dans l’intérêt de l’Europe ou bien est-ce dans l’intérêt du Superclan qui souhaite organiser une guerre ? Mon impression, c’est que le Superclan est en train d’organiser une guerre entre l’Europe et la Russie. Toutes deux seront dès lors dans une position de faiblesse vis-à-vis du Superclan, c’est-à-dire de l’Empire. »

Le FBI empêche des agents de révéler la vérité sur Le 11 Septembre sur PBS

Publié sur Planète non-violence, le dimanche 5 octobre 2008

Les défaillances des agences américaines de renseignement avant le 11 Septembre ont généralement été attribuées à des blocages bureaucratiques – "échec de transmission de données " – amplifiés par les rivalités au sein de ces agences, et entre elles. Au fil du temps et des révélations, il apparaît que ces "défaillances " auraient été volontairement orchestrées.

Le FBI a empêché deux de ces agents vétérans du contre-terrorisme de rendre publiques leurs accusations selon lesquelles la CIA avait délibérément refusé de révéler des renseignements cruciaux avant les attaques du 11 Septembre 2001.

Les agents spéciaux du FBI, Mark Rossini et Douglas Miller ont demandé l’autorisation de participer à un documentaire télévisuel public à venir, prévu pour être diffusé en janvier, sur les rivalités qui existaient entre la CIA et le FBI et la NSA (Agence de Sécurité Nationale) avant le 11 Septembre. Le programme est un sous-produit de "The Shadow Factory: The Ultra-Secret NSA from 9/11 to the Eavesdropping on America", un reportage d’investigation du renommé James Bamford, qui devrait sortir bientôt.

Le FBI a refusé d’autoriser Rossini et Miller à participer au livre ou au documentaire de PBS "NOVA", qui est aussi écrit et produit par Bamford, prétextant que le FBI "ne veut pas réveiller de vieux conflits avec la CIA" selon de multiples sources fiables.

Bamford, contacté par téléphone, a dit qu’il ne pouvait pas faire de commentaire, car son éditeur avait prévu le lancement de son nouveau livre aux environs du 10 octobre. Bamford, qui est l’auteur de deux livres explosifs sur la NSA a également dit qu’il n’avait pas, par principe, pour habitude de discuter sur ses négociations pour des interviews avec des agences de renseignement.

Les défaillances du renseignement avant le 11 Septembre ont généralement été attribuées à des blocages bureaucratiques – "échec de transmission de données " – amplifiés par les rivalités au sein des agences de renseignement.

Mais Rossini et Miller, qui avaient été assignés au Centre de Contre-Terrorisme (CTC) de la CIA pendant la période précédant le 11 Septembre, sont prêts à expliquer devant les caméras comment la CIA les a empêchés de partager des informations cruciales avec les quartiers généraux du FBI – et a plus tard fait pression sur eux pour qu’ils ne disent pas la vérité aux enquêteurs.

La première accusation n’est pas totalement nouvelle, ayant été rapportée entre autres par l’écrivain Lauwrence Wright dans son livre de 2006, " The Looming Tower: Al Qaeda and the Road to 9/11".

Mais ce qui est nouveau c’est que Rossini et Miller – qui occupent toujours des postes sensibles au sein du FBI, et sont identifiés ici pour la première fois – sont prêts à affirmer publiquement que, sous la pression de la CIA, ils ont dissimulé toute la vérité à l’Inspecteur Général (IG) du Département de la Justice, qui a étudié en 2004 la façon dont le FBI avait utilisé les renseignements de la période pré-11 Septembre.

"Il y a eu des pressions pour ne pas dévoiler ce qui s’était réellement passé" selon des sources proches de l’enquête du IG.

On dit qu’en particulier Rossini s’est senti menacé par la CIA d’être poursuivi pour violation de l’Intelligence Identities Protection Act s’il disait aux enquêteurs de l’IG ce qui s’était réellement passé au sein du CTC.

Les officiers de la CIA se trouvaient dans la pièce lorsque lui et Miller, ainsi qu’un officier sympathisant de la CIA, ont été questionnés. Les enquêteurs de l’IG leur ont montré des copies de rapports de renseignement du CTC et des emails.

Mais les agents du FBI ont soudain été incapables de se souvenir des détails sur qui avait dit quoi, ou qui avait rapporté quoi et à qui, sur la question de la présence de deux agents d’al-Qaïda aux États-Unis avant les attaques du 11 Septembre. Les enquêteurs du IG ont eu des soupçons.

En effet, leur rapport, qui utilisait des pseudonymes pour les agents de la CIA et du FBI interviewés – Rosini et Miller étaient appelés "Malcom et " Dwight", et un analyste de la CIA "Eric" – faisait allusion à une opération de dissimulation.

"Quand nous avons interviewé tous les individus impliqués dans le CIR (Current Intelligence Report – Rapport Actuel du Renseignement – NdT), ils ont affirmé ne se souvenir de rien à ce sujet", disait-il.

L’IG se concentrait sur ce que la CIA avait dissimulé concernant les déplacements des deux agents d’al Qaïda, Nawaf al-Hazmi et Khalid al Mihdhar, de la Malaisie aux USA début 2000.

"Dwight a dit à l’OIG qu’il ne se souvenait pas avoir eu connaissance d’une information concernant Mihdhar, qu’il ne se souvenait pas avoir rédigé le CIR, ne se rappelait pas s’il avait rédigé le CIR de sa propre initiative ou sur ordre de son superviseur, et ne se souvenait pas de discussions sur les raisons de retarder l’achèvement et la distribution du CIR. Malcom a dit qu’il ne se souvenait pas avoir surveillé le trafic téléphonique ou toute information concernant Hazmi et Mihdhar. Eric a dit à l’OIG qu’il ne se souvenait pas du CIR."

Par conséquent, Rossini et Miller n’ont pas été appelés à témoigner par la Commission du 11 Septembre pour dire ce qu’ils savaient, bien que certaines sources aient indiqué qu’ils le feraient bien volontiers. En revanche, ils se sont expliqués lors d’une enquête interne du FBI, qui reste sous le sceau du secret.

Des sources qui ont une connaissance directe de l’enquête interne au FBI disent que les agents ont fourni au Bureau des versions inaltérées de leur expérience au CTC. Cela inclut des ordres qu’ils ont reçus du vice-directeur du Centre de l’époque, Tom Wilshire, leur demandant de dissimuler au FBI des renseignements sur les déplacements des agents d’al-Qaïda dans le pays.

Quand les agents du FBI ont demandé la permission de raconter la même histoire à la télévision, le FBI a d’abord accepté, puis s’est rétracté au dernier moment, selon deux sources impliquées dans les délibérations, avec pour seule explication qu’ils ne voulaient pas risquer de provoquer la colère de la CIA.

Le porte-parole principal du FBI, l’assistant du directeur John Miller, ne s’est pas directement occupé du problème. Mais il a dit que le FBI n’avait pas donné la permission que l’on cite les agents dans différents rapports sur le 11 Septembre pour des raisons de sécurité et des préoccupations en lien avec la vie privée.

"Ces questions ont été examinées attentivement par plusieurs agences indépendantes et des commissions" a-t-il dit via un email mercredi. "Il a été décidé que les deux employés du FBI ne seraient pas nommés dans ces rapports parce qu’ils continuent à occuper des positions sensibles au FBI de même que par souci des problèmes posés par le Private Act concernant l’actuel et l’ancien personnel."

L’Agent Douglas Miller a dit qu’il n’avait pas de "réponse rationnelle" pour expliquer le fait que la CIA ait bloqué le partage d’information avec le bureau (FBI), et en particulier un rapport d’une telle ampleur sur des agents d’al-Qaïda opérant aux États-Unis. Il a émis l’hypothèse selon laquelle les officiers de la CIA au CTC appréciaient peu qu’on empiète sur leur territoire.

Un porte-parole de la CIA, Paul Gimigliano, a ridiculisé de telles allégations.

" J’ai toute raison – toute raison- de croire que c’est totalement incorrect" a-t-il dit lors d’une brève interview téléphonique. " Non seulement la Commission du 11/9 s’est penchée en détail sur la question, mais l’ancien directeur (de la CIA – NdT) George Tenet, a largement écrit sur ce sujet dans son livre."

Mais l’Inspecteur général du Département de la Justice a contredit les affirmations de Tenet selon lesquelles la CIA avait partagé ses renseignements sur les agents d’al-Qaïda avec le FBI en temps voulu.

Selon le rapport de l’IG, "Nous avons étudié le fait que cette information avait été transmise par la CIA au FBI et sur la base de preuves. Nous avons conclu que tandis que la CIA a passé au FBI certaines informations concernant Mihdhar, elle n’a pas en même temps transmis l’information concernant son visa aux USA".

"Nous avons conclu que cela n’a pas été révélé au FBI avant fin août 2001 juste avant les attaques terroristes du 11 Septembre."

Une autre source du renseignement a dit que la CIA craignait que si les quartiers généraux du FBI apprenaient l’arrivée des suspects aux USA, ils essaieraient de les arrêter – et flanquerait en l’air une opération sensible de la CIA pour infiltrer al-Qaïda.

La CIA croyait que Mihdhar et Hazmi complotaient pour préparer une attaque en dehors des États-Unis et ne voulait pas que le FBI s’en mêle.

"Ils ont dit que cela n’avait rien à voir avec le FBI, que la prochaine attaque serait en Asie du Sud," a dit une source ayant connaissance des détails. " Ils ont dit ce n’est pas votre affaire".

Rossini et d’autres agents du FBI étaient furieux selon une source fiable. Le FBI est responsable des enquêtes concernant les complots intérieurs.

"Ils sont ici" a protesté Rossini auprès de ses patrons du CTC. "Cela concerne le FBI".

Le rapport de l’IG a critiqué Douglas Miller ("Dwight") pour avoir tenu compte des objections de la CIA et ne pas avoir envoyé son rapport crucial sur Mihdhar aux quartiers généraux du FBI.

Mais Miller, qui a l’époque occupait un rang relativement bas de GS-12, a dit aux enquêteurs que cela était impensable pour lui de violer les ordres de ses supérieurs du CTC. Il aurait été renvoyé, "renvoyé à la maison" leur a-t-il dit.

"Miller serait heureux d’accorder aux responsables de la CIA le bénéfice du doute dans une interview télévisée", a-t-il dit à des amis, concédant qu’ils avaient peut-être de bonnes raisons dont il n’avait pas connaissance.

Il a décrit le CTC comme un endroit rempli de professionnels dévoués qui étaient " des travailleurs professionnels de l’Amérique avec de bas salaires, payés sur une base horaire" tout le temps sous pression se consacrant à essayer de détecter des complots terroristes.

Mais sauf si le FBI revient sur sa décision, il devra garder cette histoire pour lui-même.

Jeff Stein 01/10/08 – www.cqpolitics.com

Introduction Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Information complémentaire

Sur le fait d’avoir eu connaissance du plan d’attaque du WTC avant le 11 Septembre, un livre "Prior Knowledge of 9/11" ( voir site http://www.eventson911.com) offre des réponses détaillées à la question de savoir pourquoi la CIA a délibérément gardé une information capitale : en janvier 2000, elle avait travaillé conjointement avec le gouvernement malaisien pour photographier lors d’une réunion à Kuala Lumpur, les terroristes malaisiens connus, Khalid al Midhar, Nawaz al Hazmi, Tawfiq bin Attash ( Khallad) qui y participaient pour comploter sur les attaques de l’USS Cole et du 11 Septembre .

Dans sa conclusion, le livre de Bamford affirme que la CIA a travaillé, avec des agents des quartiers généraux du FBI qu’ils avaient assujettis, pour faire obstruction à l’enquête sur l’attaque du USS Cole, attentat lié aux attaques du 11 Septembre. Ils savaient tous qu’en agissant de sorte que cette enquête n’aboutisse pas, ils fermaient d’une certaine façon les yeux sur ce que complotaient ces agents d’al-Qaïda présents aux États-Unis. Donc, la responsabilité des attentats du 11/9 incombe pour partie directement à certains membres de la CIA et du FBI qui ont délibérément fait échouer les enquêtes qui auraient empêché ces attaques de se produire et aurait sauvé la vie de 3000 Américains.