Dans un article paru le 4 juillet 2008, BBC News fait le point sur l’état actuel du Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre. Malgré l’usage du vocabulaire abusif des pro-VO, avec des termes comme conspirationistes ou théorie du complot, ce texte a néanmoins le mérite de témoigner de l’ampleur qu’a pris le Mouvement en Europe comme aux Etats-Unis, en revenant sur son histoire et sur les principaux éléments relevés par les "Truthers".
Article paru sur BBC News le 4 juillet 2008
Il n’y a pas que les Tours Jumelles qui se sont effondrées le 11 Septembre. Une 3ème tour du World Trade Center (WTC), qui n’avait pas été frappée par des avions, s’est également écroulée. Alors qu’un rapport exposant les résultats d’une enquête sur la Tour 7 est sur le point d’être publié, Mike Rudin examine comment cette théorie du complot a pris une telle ampleur.
Le 11/9 est la théorie du complot de l’ère de l’internet.
Tapez « 9/11 conspiracy » (conspiration du 11/9) dans Google et vous obtiendrez 7,9 millions de résultats… Tapez « 9/11 truth » (vérité sur le 11/9) et ce sera plus de 22 millions.
Aux Etats-Unis, des sondages ont traduit les doutes largement répandus au sein de la population américaine. En 2006, un sondage New York Times/CBS News a démontré que 53% des personnes interrogées pensaient que l’administration Bush…

Au Royaume-Uni, une enquête menée par GfkNOP en 2006 pour l’émission télévisée de la BBC The Conspiracy Files (Les Dossiers du Complot) a mis en évidence que 16% des personnes interrogées pensaient qu’il existait une « conspiration plus vaste dans laquelle serait impliqué le gouvernement américain. »
Cet été sera un moment clé pour les sceptiques de l’explication officielle des évènements qui se sont déroulés le 11 septembre 2001, pour ce soi-disant « 9/11 Truth Movement » (« Mouvement pour la Vérité sur le 11/09 »).
Quasiment 7 ans après les terribles événements de ce jour de septembre, les autorités américaines sont sur le point de publier le rapport final sur la 3ème tour qui s’est également écroulée le 11/9. Contrairement aux Tours Jumelles, ce gratte-ciel de 47 étages et d’une hauteur de 186 mètres n’avait pas été frappé par un avion.
Ainsi, la Tour 7 est devenue un élément clé pour des « Truthers » comme Dylan Avery, le réalisateur du film sur le 11/9 diffusé sur internet, Loose Change.
« Le Mouvement pour la Vérité se focalise énormément sur le bâtiment 7, et beaucoup de gens ont, à juste titre, de graves soupçons sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là, » dit-il.
Avery précise que des locataires inhabituels étaient hébergés dans la Tour 7 : La CIA, les Services Secrets, le Pentagone et surtout le bureau de la Gestion des Situations d’Urgence (Office of Emergency Management), l’agence qui était justement chargée de gérer des désastres ou des attentats terroristes à New York. Et certains pensent que la Tour 7 est l’endroit où le complot du 11/9 a été fomenté.
L’explication officielle est que de simples incendies ont été à l’origine de l’effondrement de la Tour 7. Ceci en ferait le premier et unique gratte-ciel au monde à s’écrouler à la suite d’incendies.
Mais malgré cela, la totalité des milliers de tonnes d’acier du bâtiment a été embarquée et fondue.
La façon dont les organismes officiels ont enquêté sur la Tour 7 a conduit certaines personnes à penser qu’ils cachent quelque chose. Sa destruction n’est jamais mentionnée dans le Rapport Officiel de la Commission du 11/9.
Une enquête de l’Agence Fédérale de la Gestion des Situations d’Urgence (Federal Emergency Management Agency) a affirmé que le bâtiment s’était écroulé en raison de violents incendies qui auraient duré des heures entières, nourris par des milliers de litres de gazole stockés dans la tour pour l’alimentation des générateurs de secours. Mais le rapport a stipulé que « la probabilité d’une telle situation était faible » et qu’il fallait des études complémentaires. C’était en mai 2002.
La tâche est aujourd’hui confiée à l’Institut National des Standards et de la Technologie (NIST - National Institute of Standards and Technology) situé sur un vaste campus près de Washington DC. Cela fait plus de 2 ans et demi que les scientifiques y étudient la Tour 7.
Il est évident que les chercheurs ont été critiqués sous prétexte qu’ils seraient lents et même qu’ils auraient peur de publier (leurs travaux). Mais Shyam Sunder, chef des investigations au NIST et chargé de l’enquête sur le WTC, explique que 2 ans et demi est la durée habituelle d’une enquête sur un accident d’avion. Il ajoute que ce n’est que depuis ces dernières années qu’il a reçu des critiques de la part du Mouvement pour la Vérité.

« Ce n’est qu’à la toute fin 2005 que ce groupe a commencé à se faire entendre et qu’on a commencé à les voir à quelques-unes de nos réunions. Mais pendant longtemps ils n’étaient même pas présents. Ce n’est pas vraiment le retard qui les a motivés, ils se sont tout simplement réveillés un beau jour avec l’idée qu’ici se trouvait un problème qu’ils devaient gérer. »
Une grande remise en question.
En avril 2005, les 1000 premiers DVD de Loose Change de Dylan Avery ont été gravés. Sa production n’a coûté que 2000 dollars. Ce fut un moment critique pour le développement du mouvement. Les producteurs de Loose Change affirment que plus de cent millions de personnes l’ont visionné. Steven Jones, ancien professeur à l’Université de Brigham Young, qui est devenu la première voix académique du mouvement, avait regardé une vidéo de l’effondrement de la Tour 7 pour la première fois au printemps 2005. Mais quand il le fit, le physicien qu’il était fut déconcerté. La conversion de l’architecte américain, Richard Gage eut lieu en 2006 quand, au volant de sa voiture, il écoutait une station de radio indépendante en train d’interviewer le théologien David Ray Griffin. « Il fallait que je remette tout en question et que je fasse des recherches. Et plus je découvrais, plus j’étais perturbé et je me suis rendu compte que ce que je cherchais c’était… les architectes et les ingénieurs. »
Constatant que ces derniers n’étaient pas encore vraiment entrés dans la bataille, Gage décida qu’il lui fallait agir. [NdT - Voir la vidéo de l’interview de Richard Gage traduite et sous-titrée par ReOpen911]
« Ça m’est venu comme ça, il fallait que je fonde une organisation nommée « Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11/9 » (Architects and Engineers for 9/11 Truth). »

Le cinquième anniversaire du 11/9 fut un moment énorme pour les « truthers ». Sous le feu des projecteurs des médias, les manifestations se sont intensifiées, des sites web ont vu le jour et des films ont proliféré sur internet.
Avec la publicité, sont arrivés aussi les « déboulonneurs » (debunkers) qui mettaient les « truthers » à l’épreuve à chaque étape.
Après Loose Change il y a eu le site web Screw Loose Change (Que Loose Change aille se faire foutre). Et puis le film internet 9/11 Mysteries (Les Mystères du 11/9) a été suivi par Screw 9/11 Mysteries (Que les Mystères du 11/9 aillent se faire foutre).
Les scissions de la conspiration.
Et les « truthers » ont riposté. Quand le magazine américain de technologie Popular Mechanics a sorti un livre intitulé Debunking 9/11 Myths (La démysitification des Mythes du 11/9) il a été contredit par un livre de David Ray Griffin intitulé Debunking 9/11 Debunking (La Démystification de la Démystification du 11/9).
Avec le temps, la portée du complot présumé a pris de l’ampleur, mettant en cause non seulement des sections de l’administration Bush et les services secrets, mais aussi les pompiers, la police, les premiers secours, des enquêteurs officiels, des experts, le propriétaire des bâtiments (WTC) et les médias et puis, ah oui ! même la BBC.
Et, avec le temps, des scissions sont apparues au sein du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9.
Des soi-disant « Pas-d’avionistes » croient que des avions de ligne ne se sont pas vraiment écrasés contre les Tours Jumelles, contre le Pentagone ou dans un champ en Pennsylvanie. Certains soutiennent que des lasers envoyés depuis l’espace ont été utilisés.
Les « Avionistes » croient que des avions ont effectivement été employés mais affirment que l’effondrement des tours du WTC ne peut véritablement être expliqué que par des démolitions contrôlées.

Et puis il y a les LIHOPs et les MIHOPs. La plupart des « Truthers » sont des MIHOPs- ils croient que le gouvernement a « fait en sorte que ça arrive » (Made It Happen On Purpose), en élaborant et orchestrant les attentats du 11/09.
Mais les LIHOPs soutiennent que le gouvernement n’a fait que « laisser sciemment les évènements se produire » (Let It Happen On Purpose) pour lui permettre de justifier les guerres en Afghanistan et en Irak et pour appliquer des mesures de répression des libertés civiles à l’intérieur de son propre pays.
C’est dans cette atmosphère fébrile que le rapport officiel final sur le 11/9 fait son apparition.
On saura cet été si le rapport du NIST est parvenu à répondre aux multiples questions soulevées ou s’il rencontrera le même destin que la Commission Warren chargée d’enquêter sur l’assassinat du Président américain John F. Kennedy et qui, en définitive, n’a fait qu’alimenter les théories du complot.
Traduit de l’anglais par Kate G. et Stéphane Barthe pour ReOpen911






Près de sept ans après le 11 septembre 2001, des questions troublantes demeurent sur ces attentats qui firent près de 3 000 morts à New York, à Washington et à Shanksville, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis.