ReOpen911.info : Site d'information sur les attentats du 11 septembre 2001

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L'enquête sur les attentats du 11 Septembre : une enquête non grata

Posté par Christo le 03/09/2009

Article mis à jour le 6 octobre 2009

« Pouvez-vous croire qu’à la suite d’un tel attentat, le gouvernement ne voulait même pas ouvrir une enquête ? » s’exclama Ralph Nader, candidat indépendant aux élections présidentielles américaines de 2008, au cours d’une interview filmée lors d’un meeting de campagne à Cincinnati. 

L'administration Bush était effectivement opposée à ce qu'une enquête ait lieu sur les attentats du 11 Septembre (CBS News, 23/05/02).  Ce n'est que sous la pression médiatisée des familles de victimes qu’une commission d’enquête fut finalement ordonnée le 27 novembre 2002 (Congrès des Etats-Unis, 27/11/02), soit 441 jours  après les attentats !  A titre de comparaison, il avait suffi de 9 jours pour qu’une enquête soit ordonnée sur l’attaque de Pearl harbour, 7 jours sur l’assassinat de Kennedy, 7 jours également sur l’explosion de la navette Challenger, ou encore 6 sur le naufrage du Titanic.

La Commission fut composée d’un nombre égal de représentants des deux partis, 5 Républicains dont Thomas Keane nommé président et 5 Démocrates dont Lee Hamilton nommé vice-président, mais elle n’avait en réalité que l’apparence d’une commission non partisane. Elle fut bien au contraire étroitement pilotée par la Maison Blanche.

 


Condoleezza Rice et
Philip D. Zelikow

En effet, le poste de Directeur exécutif de la Commission d’enquête fut attribué au Républicain neo-conservateur Philp Zelikow, un proche collaborateur de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et membre du gouvernement de transition de Bush fin 2000 et début 2001.  De l’aveu même des président et vice-président Keane et Hamilton dans leur livre Without Precedent : The Inside Story of the 9/11 Commission paru en  2006, c’est Philip Zelikow qui avec son staff administratif fut chargé du travail d’enquête (Without Precedent, page 38 ; Shenon 2008, pages 69-70, 81-83 et 85-86).  Les Commissionnaires quant à eux étaient chargés de conduire les audiences et les entretiens sur la base des éléments que leur mettaient à disposition Philip Zelikow et les services gouvernementaux (Without Precedent, pages 269-270).  Dans une interview à CBC News le 21 août 2006, Lee Hamilton a reconnu que « beaucoup de choses ont été soumises à l'attention du groupe de travail [dirigé par Zelikow] qui ne sont pas arrivées jusqu'à la Commission. [...] Le groupe de travail a filtré nombre de ces choses ».  Par ailleurs, non seulement Philip Zelikow dirigea l'enquête, mais c'est également lui qui dirigea la rédaction du rapport final que les Commissionaires ont simplement annoté et co-signé (Shenon 2008, pages 388-389, 317-324 et 394-396).

De plus, la Commission fit l’objet d’obstructions répétées de la part de la Maison Blanche et des services gouvernementaux, parmi lesquelles la restriction d’accès à certains documents cruciaux (Newsweek, 22/09/02 ; Associated Press, 4/30/03 ; New York Times, 26/10/03 ; Shenon 2008, pages 122-126, 214-219 et 222-224), ce qui conduisit à la démission de l’un de ses membres - le Sénateur Max Cleland - qui dans une interview affirma « La Maison Blanche veut dissimuler les faits » (voir fait n°12).  La Commission s’est également vue interdire de procéder à des interrogatoires des prétendus comploteurs en détention (1) (Without Precedent, pages 118-126 ; New York Times, 2/01/08), ni de désigner les éventuels responsables de la débâcle du 11 Septembre (CBS News, 20/09/02).  Pas une seule personne n’a d’ailleurs jamais été sanctionnée ou démise de ses fonctions pour les incompétences grossières dont nous avons été témoins ce jour-là !  Bien au contraire, ces manquements ont été « sanctionnés » … par des promotions ! (voir fait n°6).

Par ailleurs, le budget initial que la Maison Blanche alloua à l’enquête ne fut que de 3 millions de dollars (2) (Associated Press, 27/01/03), ce qui provoqua l'ire du leader de la majorité démocrate au Sénat : « c'est une blague ! » (Shenon 2008, page 31).  A titre de comparaison, les enquêtes sur les explosions des navettes Challenger (1986) et Columbia (2004) bénéficièrent d’un budget de 75 et 50 millions $ respectivement. Quant à l'enquête sur l'affaire Clinton-Lewinsky, pas moins de 40 millions $ lui fut alloué !

La Commission publiera son rapport final le 22 juillet 2004, lequel se révéla comporter une multitude d'incohérences, omissions et inexactitudes dont vous trouverez de nombreux exemples dans cette rubrique « Les points clés du 11 Septembre ».

Par Christo pour Reopen911


(1) Ainsi, toutes les déclarations que le rapport final attribue à des prétendus comploteurs en détention sont exclusivement des informations de troisième main transmises à la Commission par la CIA, et comme le reconnaissent Kean et Hamilton, la Commission n'avait « aucun moyen de vérifier la fiabilité des informations (...) fournies » (Without Precedent, pages 118-126).

(2) Le budget fut par la suite porté à 14 millions de dollars à la demande insistante des membres de la Commission.

 

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