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Blog de l'association ReOpen911

Le dogme du 11-Septembre

Posté par .Rédaction le 22/08/2017

 
L'esprit critique est "la disposition d'une personne à examiner attentivement une donnée avant d'en établir la validité". C'est "une forme de doute méthodique qui refuse tous les amalgames simplistes, toute généralisation hâtive, toute idée reçue, toutes les certitudes engendrées par des croyances ou des énoncés sans preuve". C'est ce doute méthodique qu'il convient d'appliquer quand on s'intéresse au débat sur le 11 septembre et aux explications données par l'administration US.
 
Dès le 11 septembre 2001, on nous a fait savoir que Ben Laden était le principal responsable des attentats et le 21 septembre, les talibans ont proposé de le remettre contre la preuve de sa culpabilité. Le 23 septembre, Colin Powell a annoncé que le gouvernement allait "présenter au monde, au peuple Américain, un dossier convaincant, montrant que Ben Laden est le responsable des attentats". Le lendemain, Condoleezza Rice a déclaré que le gouvernement avait des preuves très solides. Pourtant, le bombardement de l'Afghanistan a commencé le 7 octobre sans qu'aucune de ces preuves ne soit présentée, et 15 ans après, elles n'ont toujours pas été rendues publiques. La fiche du FBI sur Ben Laden ne mentionnait pas le 11 septembre et quand un journaliste l'a fait remarquer à un porte-parole du FBI, il lui a été répondu qu'il n'y avait "pas de preuve tangible" de son implication. 441 jours après les attentats, une commission d'enquête a été mise en place suite aux pressions exercées par des familles de victimes. Comme l'a rappelé Mediapart, les deux présidents de cette commission ont déclaré qu'elle "avait été conçue pour échouer", un de ses membres a démissionné en la qualifiant de "scandale national", un autre a déclaré qu'il faudrait "une commission permanente pour résoudre tous les mystères du 11 septembre". Le rapport de la Commission (dont les conclusions ont été rédigées avant que ne commencent ses auditions) a été publié en juillet 2004. Il incrimine Ben Laden sur la seule base du témoignage d'un détenu de Guantanamo qui a été torturé, des aveux controversés comme nous le rappelle cet article du Monde. L'ancien leader d'al-Qaïda (qui aurait rencontré la CIA deux mois avant les attentats) a en outre nié son implication à plusieurs reprises. Sa culpabilité repose en réalité exclusivement sur ces deux vidéos : 
 
 
 
Le droit au doute
 
Il ne s'agit pas de dire que Ben Laden est le nouveau Dreyfus, mais simplement de signaler qu'on ne connait pas encore le rôle qu'il a pu jouer dans l'organisation du 11 septembre [1]. Comme l'a indiqué Noam Chomsky en décembre 2001, "les Etats-Unis ne souhaitent pas avoir recours aux formes judiciaires normales, ils préfèrent ne présenter aucune preuve et ils s’opposent à l’existence d’une juridiction internationale". Les autres éléments présentés, que ce soit le passeport retrouvé au pied des tours ou les appels qui auraient été passés depuis les avions, ne sont pas plus convaincants. La thèse officielle, c'est à dire les explications présentées par l'administration américaine au travers de différents rapports, n'a toujours pas été démontrée, et comme nous l'enseigne la pensée critique, "ce qui est affirmé sans preuve peut être réfuté sans preuve". Nous n'avons donc pas besoin de présenter le moindre argument afin de justifier notre refus de valider cette thèse. Il n'y a aucune raison de croire sur parole ce qu'on nous a dit, il convient donc de s'en tenir au doute, faute de preuve. On pourrait comprendre que les défenseurs de la thèse officielle ne fassent pas l'effort de présenter des preuves si elle faisait consensus, mais ce n'est pas le cas puisqu'elle est contestée par de nombreux journalistes et universitaires.
 
Nos détracteurs n'aiment pas le doute, 
ils préfèrent leurs certitudes
 
Cela ne signifie pas que tout est faux dans les explications officielles, il y a même beaucoup de vrai, mais il est mélangé avec du faux et de l'invérifiable. Il ne suffit donc pas de nous présenter des rapports de plusieurs milliers de pages (une sorte de "mille-feuilles argumentatif" [2]) pour nous convaincre. Par ailleurs, des universitaires de différents domaines ont présenté des dizaines d'arguments qui les contestent. Nous pouvons alors envisager les deux hypothèses suivantes : soit la thèse officielle est la bonne mais pour des raisons inconnues, il n'a pas été possible de nous présenter la moindre preuve convaincante pendant les 15 dernières années, soit elle est fausse. Le principe de parcimonie des hypothèses (ou rasoir d'Occam) nous incite à privilégier cette seconde hypothèse, mais il faudrait une enquête approfondie afin de la vérifier. Toujours est-il que tant qu'aucune raison valable de croire à la thèse officielle n'a été présentée, elle n'a pas plus de valeur qu'une vulgaire fake news, et risque de finir classée avec le mythe des grottes de Tora-Bora, celui des armes de destruction massive en Irak, et bien d'autres exemples de propagande de guerre.
 
Fake news ayant servi à justifier 
la guerre contre l'Afghanistan
Colin Powell le 5 février 2003 à l'ONU
Voir aussi le débat sur l'anthrax
 
 
Les défenseurs de la thèse officielle, qui sont-ils, quels sont leurs réseaux ?
 
Pourtant, certains y croient : d'après un sondage réalisé par la junior entreprise de l'école HEC en 2011, près d'un tiers des Français se disaient convaincus par cette thèse. Six ans après, ils sont probablement beaucoup moins nombreux, mais il est difficile d'avoir des chiffres fiables. On peut d'ailleurs imaginer que certains n'osent pas dire qu'ils ont des doutes pour ne pas prendre le risque d'être associés aux théories farfelues qui circulent sur le sujet. Howard Zinn (qui avait lui aussi déclaré son scepticisme sur le 11 septembre) aimait demander à ses interlocuteurs ce qui les avait amenés à penser ce qu'ils pensent. C'est en effet une question importante : pourquoi est-ce qu'on croit ce qu'on croit ? Et dans le cas qui nous concerne, pourquoi est-ce que certaines personnes croient aux explications données par le gouvernement Bush ?
 
- La première raison, c'est bien évidemment le fait que de nombreux citoyens n'ont pas encore pris le temps d'étudier les principales zones d'ombre de ce dossier. Ils ont fait confiance à l'administration US et à ceux qui ont relayé la thèse du complot organisé par Ben Laden et al-Qaïda.
 
- D'autres y croient parce que cette thèse fait écho à leurs préjugés. En effet, les "enragés de l'identité" ont envie de croire que les attentats ont été organisés par des fanatiques islamistes, afin d'attaquer tous les musulmans.
 
"Tout ce que j'ai besoin de savoir sur l'islam, 
je l'ai appris le 11 septembre"
Exemple de photo-montage
11 - 9 - 01 : 11 septembre 2001
Exemple de faux tweet 
 
 
De la même manière que ceux qui ont des préjugés envers les musulmans sont persuadés que le 11 septembre est "un coup des musulmans", ceux qui ont des préjugés envers les juifs sont persuadés que le 11 septembre est "un coup des juifs". Ces derniers prétendent par exemple, pour corroborer leur thèse, que les tours jumelles n'ont pas été percutées par des avions, et qu'ils auraient été ajoutés après coup sur les images grâce à un montage vidéo par les médias qui seraient contrôlés par la communauté juive (une variante de cette thèse prétend que les avions étaient en réalité des hologrammes). Ils défendent également la thèse selon laquelle des mini-bombes nucléaires ont servi à faire tomber les tours en précisant, pour ceux qui ne verraient pas le rapport, qu'Israël n’a pas signé le Traité de non-prolifération des armes atomiques (voir à ce sujet notre réponse à Marianne qui a cherché à nous associer à Alain Soral). Ces thèses sont bien pratiques pour les défenseurs de la thèse officielle puisqu'elles leur permettent de faire diversion et de ne pas parler des arguments qui font consensus parmi les sceptiques.
 
- D'autres s'en prennent également aux musulmans mais ils essaient de masquer leurs préjugés derrière le prétexte de la laïcité. C'est le cas par exemple de Riposte Laïque : 
 
 
- C'est aussi le cas de Philippe ValCaroline Fourest, et quelques autres qui reprennent sur le débat du 11 septembre la rhétorique du sociologue Pierre-André Taguieff, un complotiste proche de l'extrême droite qui a détourné les travaux de l'historien Richard Hofstadter afin de servir son idéologie.
 
- Les djihadistes défendent la thèse officielle car ils ne veulent surtout pas qu'on leur enlève ce qu'ils pensent être un exploit d'al-Qaïda. Ils estiment que sa remise en cause "pousserait les musulmans à abandonner le djihad" (les spécialistes de la "déradicalisation" devraient d'ailleurs essayer cette méthode puisqu'il est préférable de contester la thèse officielle que de devenir djihadiste) [3].
 
- Nous pouvons également citer Jérôme Quirant, l'un des rares universitaires qui essaie de réfuter les arguments des sceptiques.
 
Certains défenseurs de la thèse officielle comme La Tronche en Biais se réclament de la zététique. Ils ont tellement pris le réflexe de réfuter des arguments qu'ils estiment invalides d'un point de vue scientifique (sur les médecines alternatives ou sur les OGM par exemple) qu'ils le font machinalement pour ceux des sceptiques du 11 septembre, sans avoir pris le temps de les étudier. Ils doutent de tout sauf de leurs propres certitudes, et s'inspirent principalement de la rhétorique de Gérald Bronner, un sociologue spécialiste des croyances collectives.
 
- Certains journalistes, généralement par manque de temps, de travail, ou de curiosité, ont propagé la thèse officielle sans prendre la peine de la vérifier.
 
- D'autres ont bien compris qu'il est financièrement plus intéressant de défendre la thèse officielle que de la contester, ils parviennent donc assez facilement à s'en convaincre. Cela leur permet de publier des livres ou des documentaires, de gagner en notoriété en étant invités dans des médias, ou à participer à des colloques, à des conférences, parfois dans le but de défendre d'autres causes qui leur tiennent à coeur [4]. Cela leur permet aussi de se démarquer des "simples citoyens" dont il leur semble difficilement concevable qu'ils puissent avoir raison de se méfier de ce que disent des journalistes réputés.
 
En plus des défenseurs de la thèse officielle, les sceptiques sont souvent confrontés à ceux que l'on peut qualifier de défaitistes. Contrairement aux idéologues cités précédemment, ils ne sont pas particulièrement attachés à la thèse officielle, mais ils estiment que le combat est perdu d'avance et qu'il est préférable de ne pas chercher à savoir ce qu'il s'est passé. Voici le type d'arguments qu'ils font généralement valoir :
- On nous a peut-être menti sur le 11 septembre, mais c'est comme pour l'assassinat de JFK, on ne le saura jamais.
- On le saura peut-être un jour, mais c'est comme pour les armes de destruction massive en Irak, ça ne changera rien.
- Peut-être que le fait de savoir ce qu'il s'est passé entraînera des changements (au moins dans les médias, et probablement aussi dans les institutions), mais ça ne durera pas car la nature humaine est intrinsèquement mauvaise.
Les défaitistes ont intégré les rapports de domination et ont tendance à considérer qu'il n'y a pas d'alternative à la situation actuelle, et qu'on devrait plutôt apprendre à s'en contenter.
 
 
 
L'art d'avoir toujours raison
 
Il existe donc plusieurs (mauvaises) raisons de croire à la thèse officielle et pour étudier les arguments de ceux qui la défendent, il suffit de s'appuyer sur la pensée critique qui a permis d'élaborer un ensemble de méthodes afin de tester la validité d'une hypothèse. On se rend alors compte qu'ils utilisent des arguments fallacieux, c'est à dire non valides au sens de la logique : 
 
Le faux dilemme : soit on croit à la thèse officielle, soit on croit à une thèse farfelue. 
La pente savonneuse : si vous contestez la thèse officielle, vous finirez par croire aux reptiliens.
L'homme de paille : ceux qui contestent la thèse officielle disent que les tours n'ont pas été percutées par des avions.
L’argument d’autorité : Jérôme Quirant a dit que la thèse officielle est vraie, donc elle est vraie.
 
Bien d'autres exemples pourraient être donnés mais nous allons simplement ajouter les deux principaux sophismes utilisés par nos détracteurs : le biais de confirmation, qui consiste à privilégier les informations donnant l'impression de corroborer la thèse officielle, et à écarter les arguments des sceptiques. Gérald Bronner a noté que nous avons tendance à aller "chercher les informations qui confirment les croyances que nous avons déjà", ce qu'il explique par "la contamination du croire par le désir". Nous en sommes bien évidemment tous victimes, mais nos détracteurs ont souvent tendance à penser qu'ils sont immunisés contre ce biais. 
 
Le sophisme le plus utilisé est le renversement de la charge de la preuve. Il consiste à demander aux sceptiques de démontrer que la thèse officielle est fausse, alors que c'est à ceux qui y croient de démontrer qu'elle est vraie. Etant donné qu'ils en sont incapables, ils nous demandent de démontrer une des thèses alternatives, ce qui leur permet de faire diversion. 
 
 
Si la thèse officielle est fausse, alors la "vérité" se trouve parmi les thèses alternatives, et le fait de toutes les qualifier de complotistes est une façon de "jeter le bébé avec l'eau du bain". Cela démontre une vision binaire que l'on peut résumer ainsi : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les complotistes. La phrase rappelle bien évidemment celle de George Bush : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes. Deux mois après les attentats, il a été l'un des premiers, à la tribune de l'ONU, à qualifier de complotistes ceux qui ne se satisfaisaient pas des explications simplistes de son administration.
 
 
 
Quand le dogmatisme se fait passer pour de l'anti-complotisme
 
Cet anti-complotisme est une imposture, et plusieurs universitaires ont eu l'occasion de le critiquer. Citons par exemple Nicolas Lebourg ou bien les enseignants et chercheurs qui ont signé cette tribune publiée dans Libération. Le Monde diplomatique a également constaté que l'accusation de complotisme visait souvent à disqualifier toute pensée critique. En effet, le fait de chercher à discréditer toutes les thèses alternatives, en partant du principe que la thèse officielle correspond à la réalité, est simplement le signe d'un manque d'esprit critique. Nos détracteurs n'en ayant pas suffisamment pour envisager que cette thèse soit erronée, ils se persuadent que l'on doit y croire tant que des preuves irréfutables d'une autre thèse n'auront pas été présentées (ce qui rappelle le fameux "Où sont les preuves ?" de Jean-Michel Apathie). Ensuite, il ne leur reste plus qu'à faire confiance aveuglément à ceux qui prétendent avoir réfuté les arguments des sceptiques.
 
 
On doit croire ce qui est démontré et douter de tout le reste
 
Pour Gérald Bronner, le crédule est celui "qui abdique face à la difficulté que représente la recherche de la vérité, soit par paresse, soit par conviction idéologique". Etant donnée l'énergie mise par nos détracteurs à essayer de nous discréditer, on peut reconnaître qu'ils ne sont pas paresseux. Il a également déclaré que "l'idéologie est l'expression inconditionnelle d'une idée qui n'est que conditionnellement vraie". C'est le cas de la thèse officielle, elle ne pourra être considérée comme "vraie" qu'à partir du jour où elle aura été démontrée. Il a aussi expliqué que "la raison évalue au cas par cas quand l'idéologie évalue en ensemble". Nos détracteurs s'efforcent d'associer le débat sur le 11 septembre aux illuminati et aux reptiliens, plutôt que d'étudier sérieusement le sujet (qui pourrait davantage être comparé à l'assassinat de JFK, l'attentat de Karachi, l'affaire Boulin, ou à d'autres affaires non résolues). Les défenseurs de la thèse officielle présentent donc trois critères indiquant qu'ils sont animés par une idéologie.
 
 
 
Croire ou ne pas croire, telle est la question
 
De la même façon que la nature a horreur du vide, l'être humain n'aime généralement pas le doute, et il a besoin de réponses, quitte à valider les premières qui lui sont données, surtout si elles lui conviennent, sans attendre qu'elles soient vérifiées. La thèse officielle convient particulièrement à Philippe Val et à Caroline Fourest, mais aussi à Mohamed Sifaoui, Daniel Leconte, Antoine Vitkine, Isabelle Kersimon, et quelques autres. Pour eux, le 11 septembre est une preuve du danger islamiste qui nous menace, c'est la raison pour laquelle ils ne veulent pas qu'on puisse la contester. Leur niveau d'aveuglement et de déni est tel qu'aucun argument rationnel ne parvient à ébranler leurs certitudes, et ils font tout pour empêcher que le débat ait lieu (tout en expliquant dans de nombreux médias que le sujet tabou, c'est l'islam). En réalité, ils sont paranoïaques vis-à-vis de la religion et naïfs sur le 11 septembre, et reprochent à leurs détracteurs d'être naïfs sur la religion et paranoïaques vis-à-vis du 11 septembre.
 
Vision paranoïaque développée par certains athées 
qui se voient en sauveurs de la démocratie
 
 
Une étude menée par l'équipe de la psychologue Jonas Kaplan publiée l'année dernière dans la revue Nature a montré que "les croyances politiques sont comme les croyances religieuses, dans le sens où elles font toutes deux parties de qui vous êtes et sont importantes pour le cercle social auquel vous appartenez". S'agissant du 11 septembre, on peut observer une corrélation entre la croyance dans la thèse officielle et le soutien à une ligne politique conservatrice ou néo-conservatrice, et les similitudes avec les croyances religieuses sont nombreuses. En effet, les crédules du 11 septembre ont :
 
leur foi (du latin fides : avoir confiance) : ils croient à la thèse de l'administration US [5]
leur livre sacré : le rapport de la commission d'enquête (qu'ils n'ont généralement pas lu)
leur apôtre : Jérôme Quirant
leurs prêtres : Philippe Val, Caroline Fourest, Gérald Bronner...
leur délit d'apostasie : ils le qualifient de complotisme
leurs fatwas médiatiques : plusieurs personnes en ont fait les frais
leur délit de blasphème : contre ceux qui vont jusqu'à se moquer de cette croyance 
 
 
 

Pour Tristan Mendes France, nous sommes 
des "complices objectifs de l’idéologie islamiste"

Vis-à-vis d'une croyance, il y a plusieurs attitudes possibles,
et cela vaut aussi pour le 11 septembre :
 
Croyant (à différents degrés)
Agnostique (ne sait pas si la croyance est fondée) [6]
Athée (est certain que la croyance n'est pas fondée)
Antithéiste (ou anticléricalisme) (lutte contre la croyance)
 
 
 
L'athéisme est une opinion personnelle, alors que l'antithéisme est une forme de militantisme qui consiste à essayer de dissuader les citoyens de croire. Et c'est le but de notre association : nous présentons des arguments qui les incitent à arrêter de croire à la thèse officielle, c'est à dire à enlever une croyance de leur cerveau, non pas pour la remplacer par une autre croyance, mais pour la remplacer par du doute, et c'est ce doute qui justifie qu'une enquête approfondie soit lancée. L'objectif étant de valider la thèse officielle si des preuves venaient à être présentées, ou bien de trouver les vrais responsables.
 
Bob Graham était le co-président de la commission d'enquête du Congrès
 
Mais Caroline Fourest et ses proches s'efforcent d'empêcher que ce débat ait lieu. Ils sont ravis que l'administration US attribue le 11 septembre à des terroristes qui se réclament de l'islam puisqu'ils pensent que cela leur fournit un argument de poids contre cette religion.
 
La thèse officielle du 11 septembre est du pain béni
pour Caroline Fourest, elle fera tout pour la protéger
 
C'est justement pour nous obliger à y croire qu'ils veulent nous empêcher de douter, au prétexte que nous risquerions de tomber dans le complotisme (rappel : à force d'avoir peur des mauvaises pensées, on s'interdit de penser tout court). Or, nous avons le droit de résister à cette obligation qui nous est faite, nous avons même le droit de nous moquer de cette croyance irrationnelle, et Caroline Fourest elle-même a fait l'éloge du blasphème. Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, a expliqué que ce droit au blasphème est justement ce qui caractérise l'esprit Charlie. Riss a d'ailleurs déclaré que les dessinateurs et les rédacteurs de Charlie Hebdo passaient leur temps à douter. On peut en déduire que ceux qui ne veulent pas que l'on conteste ce dogme et qui ne souhaitent pas que l'on puisse douter ne sont pas Charlie. Caroline Fourest, Philippe Val, et tous ceux qui essaient d'empêcher cette critique pourtant légitime ne sont donc pas Charlie [7]. Ils ont simplement remplacé la croyance dans ce que disent des autorités religieuses par la croyance dans ce que disent des autorités politiques.
 
Des croyants se moquent d'autres croyants
 
 
Un débat qui donne des boutons à beaucoup de racistes
 
Il y a au moins une chose dont on est sûrs à propos de ces attentats, c'est qu'il s'agit bien d'un complot, comme l'a indiqué Thomas Huchon. En effet, un complot est un projet secret élaboré par plusieurs personnes contre une autre ou une institution [8]. C'est le cas du 11 septembre. En revanche, on ne sait pas encore qui l'a décidé, financé, et organisé. Il y a par exemple des soupçons sur le rôle qu'a pu jouer l'Arabie saoudite (la France a menacé les Etats-Unis de représailles à cause d’une loi permettant d’en savoir plus sur le financement du 11 septembre. La raison donnée est l'inquiétude vis-à-vis de la remise en cause de l'immunité souveraine des Etats). Vous remarquerez d'ailleurs que personne ne parle de complotisme dans ce cas. Pas d'accusation de complotisme non plus quand l'Iran est condamné, quand l'Afghanistan est accusé, ou quand des tunisiens sont mis en cause. Cette accusation sert principalement si des soupçons portent sur des pays occidentaux. Il s'agit là d'un mécanisme de défense psychologique appelé réactance qui intervient quand un individu se sent poussé à croire quelque chose qu'il ne souhaite pas envisager [9]. C'est pourquoi, quand on n'est pas musulman, il est plus "rassurant" de penser que les attentats ont été commis par des musulmans.
 
L'inverse est tout aussi vrai
 
Nos détracteurs sont bien évidemment libres de trouver la thèse officielle convaincante, nous souhaitons simplement qu'ils n'essaient pas de nous l'imposer, c'est leur prosélytisme que nous dénonçons. En plus de leurs attaques répétées contre les sceptiques, ils s'efforcent de promouvoir d'autres défenseurs de la thèse officielle dans les médias. Ainsi Caroline Fourest a remis un prix littéraire à Gérald Bronner, ce qui l'a aidé à être invité dans de nombreuses émissions, elle a contribué à faire passer Rudy Reichstadt pour un spécialiste sur le complotisme, elle a remis un prix du journalisme à Thomas Huchon du site Spicee, qui s'est appuyé sur le travail de Rudy Reichstadt, ce dernier ayant pour références Pierre-André Taguieff et Gérald Bronner... Bref, c'est un petit monde qui fonctionne en vase clos, et qui voudrait nous persuader que leur croyance est répandue dans la société et que les sceptiques seraient marginaux, alors que c'est exactement l'inverse. Un sondage réalisé par le site Spicee a montré que 45% des citoyens pensent qu'on ne connait pas vraiment les responsables du 11 septembre, et les 55% restant se partagent entre ceux qui défendent la thèse officielle ou l'une des thèses alternatives. Nous sommes donc face à une poignée d'idéologues qui a réussi à faire croire à une minorité de la population qu'une thèse qui n'a jamais été démontrée ferait consensus. Rudy Reichstadt disait lui-même que Caroline Fourest est une exception parmi les journalistes. Elle fait partie, pour reprendre l'expression de Bruno Roger-Petit, d'un "microcosmique courant national laïciste identitaire" qui n'est pas aussi influent qu'il voudrait le faire croire.
 
 
Ils défendent, consciemment ou non, l'idéologie néo-conservatrice mise en place par les faucons américains. Quand le 11 septembre s'est produit, les faucons s'en sont servi comme prétexte pour entrer en guerre, ils se sont alors transformés en vautours, tout en se faisant passer pour des colombes qui allaient apporter la paix et la démocratie (l'arrêt de mort de Saddam Hussein a été signé le lendemain des attentats). George Bush a déclaré, quelques semaines avant l'invasion de l'Irak en 2003, que "les prophéties bibliques étaient en train de s’accomplir" [10]. La guerre en Irak et celle en Afghanistan ont causé la mort de plus d'un million de personnes, ce qui a été qualifié de "crime contre l’humanité proche du génocide" (il serait d'ailleurs judicieux que les experts en "déradicalisation" étudient le fanatisme qui a poussé le président américain à devenir un criminel de guerre), et elles ont eu pour conséquence la création de l'État islamique. Il est difficile pour ces idéologues d'envisager que la thèse officielle soit fausse puisque cela les obligerait à admettre qu'ils sont les alliés objectifs des vrais responsables des attentats (quels qu'ils soient). C'est pourquoi ils font en sorte qu'on ne puisse pas en débattre, en pratiquant une forme de terrorisme intellectuel contre tous ceux qui ne partagent pas leurs certitudes. Rappelons que le 11 septembre a eu pour conséquences des guerres dans plusieurs pays, mais aussi Guantanamo, la torture, la surveillance de masse.... 
 

Marie Peltier note la vision simpliste des néo-conservateurs, 
persuadés de détenir la "vérité suprême"

 
 
Où est passé le quatrième pouvoir ?
 
Pour discréditer les sceptiques, ils peuvent compter sur de puissants relais médiatiques. Edward Snowden (qui s'est inspiré d'un des lanceurs d'alerte du 11 septembre) considère qu'après le 11 septembre, beaucoup de grands médias US ont abandonné leur rôle de contre-pouvoir. Ils auraient dû vérifier la thèse officielle, mais ils l'ont, à quelques exceptions près, relayée en faisant confiance aveuglément à l'administration Bush. C'est également le cas de la plupart des médias français, qui ont ensuite cherché à discréditer les citoyens qui ont commencé à faire ce travail de vérification à leur place. Notre association, qui aura 10 ans dans quelques semaines, n'a ainsi pu s'exprimer, en cumulé, que quelques minutes dans les grands médias (alors que nos articles et nos vidéos totalisent plusieurs dizaines de millions de vues sur internet), face à des milliers d'articles, de dossiers, d'émissions, de documentaires diffusés dans les mêmes médias (financés chaque année par plus d'un milliard d'euros d'argent public), dénonçant "les complotistes du 11 septembre" et s'efforçant de présenter la thèse de l'administration Bush comme une évidence. On ne peut donc qu'être d'accord avec Gérald Bronner quand il dit qu'il faut "contrebalancer le fait que les tenants de nombre de formes de crédulité s'expriment beaucoup plus que les autres et qu'ils occupent une trop grande place".
 
Une dizaine de milliardaires contrôlent 95% 
de la production journalistique en France
 
L'expression à la mode depuis quelques mois, c'est la "post-vérité". Elle désigne "des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles". Steve Tesich a employé ce terme en 1992 en faisant allusion à l'affaire Iran-Contra, et en 2004, Ralph Keyes et Eric Alterman l'ont utilisé en dénonçant la propagande de l'administration Bush après le 11 septembre. Le concept a été popularisé récemment pour cibler les mensonges, bien plus facilement décelables, de l'administration Trump. Cela a permis de détourner le concept et de défendre les administrations précédentes qui, parce qu'elles semblent avoir été moins néfastes que l'actuelle, pourraient être exonérées de critiques. Certains journalistes appellent fake news les hypothèses qui leur déplaisent, pourtant une fake news flagrante est moins dangereuse que celle qui parvient à se faire passer pour une information fiable, surtout quand elle rend possible des guerres.
 
Appel à l'émotion pour modeler l'opinion publique
 
 
Le journal de référence détient-il la vérité ?
 
Le journal Le Monde recommande, dans les conseils accompagnant la sortie de son Décodex, de faire "attention à ne pas voir des conspirationnistes partout. Il existe des définitions plus ou moins larges du complotisme, mais il ne faut pas réduire toute critique ou tout doute exprimé à une théorie conspirationniste. Il est tout à fait légitime d’interroger un discours auquel on est confronté, d’exiger des explications, des arguments, des preuves. L’important est simplement de ne pas inverser les choses, en tirant des conclusions inverses et définitives sans réelle preuve." Nous serions ravis que les Décodeurs tiennent compte de ces conseils quand ils veulent nous imposer leur point de vue sur le 11 septembre, et nous pouvons les inciter à se référer au gouvernement, selon lequel il y a manipulation "quand on invente des complots, quand on désigne des boucs émissaires, et quand on demande d’y croire, sans aucune preuve". Le gouvernement nous invite à découvrir "les bons réflexes à avoir pour garder son sens critique et prendre du recul par rapport aux informations qui circulent". Ceux qui croient sans preuve à la thèse du complot organisé par Ben Laden (qu'on nous disait caché dans les montagnes de Tora Bora) devraient y réfléchir :
 
 
D'après Les Décodeurs du Monde, "le fait de répéter mille fois des mensonges avérés ne fabrique pas une vérité, si aucune source fiable n’est fournie". Or la thèse du complot organisé par Ben Laden et al-Qaïda a beau avoir été répétée des milliers de fois, elle ne repose pas sur des sources fiables, on ne peut donc pas la considérer comme une vérité. C'est une opinion qui a le droit d'exister mais ce n'est pas encore un fait avéré et vérifié. Le Monde juge la fiabilité des informations proposées en se posant ces questions : "la source est-elle clairement identifiée, les informations sont-elles recoupées, la différence entre les faits et les opinions est-elle clairement indiquée ?". On en déduit donc qu’un média qui défend la thèse officielle du 11 septembre n'est pas fiable. Les Décodeurs du Monde devraient indiquer clairement leur opinion, nous avons d'ailleurs déjà pu constater que son responsable, Samuel Laurent, n'hésite pas à prendre des libertés avec la vérité quand il a besoin de défendre ses croyances.
 
 
Frédéric Lordon a reproché aux fact-checkeurs de faire principalement du "gardiennage de cadre", et c'est justement parce que la thèse officielle du 11 septembre est un pilier de ce cadre qu'il ne leur vient pas à l'idée de la vérifier, puisqu'ils y voient une vérité absolue, gravée dans le marbre à tout jamais. L'économiste a rappelé que "c’est le propre du point de vue dominant que de pouvoir se nier comme point de vue particulier", et c'est le cas de la thèse défendue par Le Monde sur le 11 septembre, elle n'est qu'un point de vue que nous sommes libres de ne pas partager. Elle nous est vendue depuis 15 ans avec beaucoup de publicité, un peu comme un paquet de lessive, grâce à des éléments de langage très efficaces. Et visiblement, certains ont tendance à penser que la publicité ne fonctionne que sur les autres.
 
Samuel Laurent a compris le concept de la croyance, 
il ne lui reste plus qu'à s'interroger sur les siennes
 
Contrairement à ce qu'on peut penser, les journalistes ne sont pas toujours les mieux informés puisqu'ils sont au milieu d'une bulle cognitive dans laquelle toute remise en cause de la thèse officielle est combattue par certains idéologues. Ils sont obligés de faire confiance à d'autres journalistes, qui ne sont pas spécialistes du sujet, et comme le disait Thomas Huchon, aucun média n'a fait d'enquête de fond sur ce dossier. Par ailleurs, les journalistes sont souvent formatés dans des écoles de journalisme, puis sélectionnés par des rédacteurs en chef, eux-mêmes choisis par des patrons de presses, eux-mêmes choisis par des industriels (souvent en affaire avec le gouvernement) dont on peut imaginer que l'objectif premier n'est pas la fiabilité de l'information. Bien évidemment, il est difficile pour un journaliste ayant de l'influence d'envisager qu'il a été choisi non pas pour la seule qualité de son travail mais aussi pour son aptitude à défendre un cadre. La remarque vaut aussi pour le "spécialiste" convié à s'exprimer sur ce sujet, simplement pour qu'il dise au journaliste ce qu'il a envie d'entendre (signalons que la plupart de nos détracteurs refusent de discuter des faits).
 
Rudy Reichstadt ne débat qu'avec ceux 
qui partagent ses certitudes
 
Samuel Laurent prétend nous "expliquer le monde tel qu'il va" mais il n'envisage jamais que sa vision du monde ne soit pas la bonne. Il critique ceux qui mettent tous "lémédia" dans le même panier (tout en regrettant que l'ère des médias qui font l'opinion soit révolue), puis il insulte tous "léconspi" qui ne disent pas ce qu'il veut entendre sur le 11 septembre, sans chercher à distinguer les différentes approches (rappel : nous ne sommes responsables que de ce que nous publions). C'est justement parce que certains journalistes comme Samuel Laurent ont une vision binaire de ce débat qu'il est aussi difficile d'en parler sereinement. Cela contribue à renforcer la défiance des citoyens envers les médias, et donc le complotisme, mais il préfère bien évidemment rejeter la faute sur ceux qui le critiquent, ce qui lui permet de ne pas avoir à se remettre en question.
 
Adaptation du tweet épinglé de Samuel Laurent

On ne peut donc être que dubitatif quand le directeur du Monde prétend "contribuer à stimuler le débat public en le préservant mieux de ceux qui cherchent à l’étouffer par la prolifération de contenus fallacieux ou tendancieux", ou quand il dénonce certains sites, dont le nôtre, en expliquant que "cela ressemble à du journalisme, et c’est tout le contraire : de l’idéologie à l’état brut, fondée sur la manipulation et visant à la dissolution pure et simple de la brique élémentaire du débat public, les faits". Il peut paraître difficilement concevable que des journalistes renommés travaillant dans des médias prestigieux cherchent à discréditer les sceptiques du 11 septembre, c'est pourquoi certains citoyens s'imaginent qu'ils sont conscients de désinformer leurs lecteurs. Ce n'est pourtant pas le cas, ils sont surtout victimes de leurs préjugés (rappel : ne jamais attribuer à la malveillance ce que l'incompétence suffit à expliquer).
 
Vision paranoïaque développée par certains journalistes 
qui se voient en sauveurs de la démocratie
 
 
Quand le sceptique montre les zones d'ombre du 11 septembre, l'idéologue regarde le doigt
 
La thèse officielle du 11 septembre est un "récit théorique qui se prétend cohérent et cherche à démontrer l'existence d'un complot entendu comme le fait qu'un petit groupe de gens puissants se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements". Il s'agit de la définition du complotisme reprise par wikipedia. En effet, il parait cohérent de qualifier de complotisme le fait de dénoncer un complot sans avoir de preuve.
 
Hoaxbuster explique le 11 septembre par l'existence 
d'un complot sans avoir la moindre preuve

La définition devrait alors s'appliquer à tous ceux qui défendent une thèse sur le 11 septembre, la thèse du complot organisé par al-Qaïda ou l'une des thèses alternatives [11]. Mais nos détracteurs ont décrété que le fait de croire sans preuve que le 11 septembre est un complot ourdi par al-Qaïda n'était pas du complotisme, alors qu'avoir l'outrecuidance de demander de bonnes raisons d'y croire en serait.
 
 
Il n'y a donc pas que la charge de la preuve qu'ils renversent, c'est également le cas des critiques que nous leur adressons.
En effet, ils nous reprochent :
- de croire sans preuve que le 11 septembre est un complot organisé par des forces occultes, 
          alors qu'ils croient sans preuve à la thèse du complot organisé par al-Qaïda.
- d'être hypercritiques vis-à-vis de la thèse officielle 
          alors qu'ils sont hypercritiques vis-à-vis des thèses alternatives [12].
- d'être influencés par l'extrême droite antisémite
          alors qu'ils sont souvent influencés par l'extrême droite islamophobe.
- de gagner de l'argent en militant contre la thèse officielle
          alors qu'ils gagnent souvent de l'argent en militant pour la thèse officielle.
- d'utiliser le terme "thèse officielle" pour la discréditer
          alors qu'ils utilisent le terme "théories du complot" pour discréditer les thèses alternatives.
- de défendre des thèses alternatives sans le dire
          alors qu'ils défendent la thèse officielle sans le dire.
- de critiquer sans distinction tous les grands médias
          alors qu'ils critiquent sans distinction tous les médias qui contestent la thèse officielle.
- d'être les complices de l'idéologie islamiste
           alors qu'ils sont les complices de l'idéologie néo-conservatrice.
- de demander "A qui profite le crime ?"
           alors qu'ils demandent "A qui profitent les théories du complot ?". 
 
 
Les deux pattes d'un canard boiteux
 
L'anti-complotisme institutionnel (c'est à dire financé et relayé par les institutions) repose essentiellement sur deux courants. D'abord le courant de ceux qui luttent contre le complotisme au nom de valeurs morales. Ils prétendent combattre le racisme, alors que c'est justement à cause de leurs préjugés qu'ils sont incapables d'envisager que les responsables du 11 septembre ne soient pas tous des fanatiques islamistes. Ce courant s'appuie principalement sur la rhétorique développée par Pierre-André Taguieff [13].
 
Il a été renforcé par un autre courant qui se veut rationaliste, mais qui n'est qu'une instrumentalisation de la science, et dont Gérald Bronner est le principal promoteur dans les médias (nous y reviendrons dans un prochain article). Il est pourtant présenté comme le spécialiste des croyances collectives, mais il a simplement oublié de s'intéresser aux siennes. Il est imperméable à la contradiction, ne tient pas compte des faits, et présente donc les caractéristiques des croyants qu'il dénonce.
 
 
Pierre-André Taguieff Gérald Bronner

Ces deux sociologues ont chacun contribué à élaborer une argumentation (elles sont complémentaires l'une de l'autre) afin d'empêcher tout débat sur le 11 septembre. Pierre-André Taguieff prétend lutter contre le racisme alors qu'il le renforce, et Gérald Bronner prétend lutter contre la crédulité alors qu'il ne fait que défendre ses propres croyances.
 
Ils dénoncent tous les deux les thèses fantaisistes du 11 septembre alors qu'elles leur permettent de pratiquer l'amalgame, ils sont donc ravis d'en trouver. Ils ont décrété que leur objet d'étude serait la défiance des citoyens vis-à-vis de la parole officielle, mais il s'agit d'un choix guidé par un postulat initial selon lequel les thèses officielles sont les bonnes. Pourtant, l'histoire a démontré à de nombreuses reprises que ce n'est pas toujours le cas. Ils auraient été bien inspirés d'appliquer la démarche, pourtant bien connue en sociologie, appelée réflexivité, consistant "à appliquer les outils de l'analyse à son propre travail ou à sa propre réflexion et donc d'intégrer sa propre personne dans son sujet d'étude". Ils auraient ainsi pu remarquer que leur propre vision du monde créait chez eux une prédisposition à certaines croyances. Pierre Bourdieu voyait dans la réflexivité "un moyen particulièrement efficace de renforcer les chances d’accéder à la vérité", en permettant de "contrôler plus attentivement les facteurs propres à biaiser la recherche". Il ajoutait que "la capacité pour le sociologue de considérer la relation qu’il entretient avec son objet constitue un moyen d’améliorer la qualité scientifique de ses travaux. Il s’agit d’un processus d’auto-analyse du rapport à l’objet, de son propre parcours social pour rendre la recherche plus rigoureuse". La sociologie permet, quand elle est pratiquée sérieusement, d'éviter que des recherches soient biaisées (ou en tout cas de limiter ce risque), et agit alors comme un antidote contre certaines idéologies. Nous devons garder en tête que notre cerveau peut nous jouer des tours, il est en particulier toujours plus facile de dénoncer les croyances et les biais que l'on croit déceler chez les autres, plutôt que de s'intéresser aux siens, même quand ils sont bien plus flagrants.
 
 
Ce mécanisme de défense intellectuel consistant pour un individu à "rejeter sur autrui des pulsions, des désirs, et des pensées qu'il ne peut reconnaître pour siens" est désigné en psychologie par le terme de projection. Celui qui pratique cette inversion accusatoire n'a généralement pas conscience d'appliquer ce mécanisme puisqu'il est persuadé d'avoir des facultés morales et/ou intellectuelles supérieures à celui qu'il critique. Il se retrouve alors comme face à un miroir à qui il reproche des travers qui sont en réalité les siens. On retrouve régulièrement ce comportement chez ceux qui reprennent les rhétoriques de Pierre-André Taguieff et de Gérald Bronner, ils ne sont donc pas les mieux placés pour développer l'esprit critique des citoyens, et en particulier des jeunes, mission qu'ils se sont pourtant vu confier par la ministre de l'éducation nationale. C'est un peu comme demander à Jérôme Cahuzac de lutter contre la fraude fiscale.
 
 
Conclusion
 
 
Le simple fait de demander à ce que l'on puisse aborder sereinement ce débat a tendance à irriter : 

- l'administration US qui refuse de lancer une enquête approfondie 
- des islamophobes qui veulent croire que le 11 septembre est "un coup des musulmans" 
- des antisémites qui veulent croire que le 11 septembre est "un coup des juifs" 
- des djihadistes qui veulent que le 11 septembre soit attribué à al-Qaïda 
- des journalistes qui confondent le complotisme et le scepticisme 
- des antiracistes qui confondent le racisme et le scepticisme 
- des Charlie et des rationalistes qui défendent le dogme du 11 septembre
 
Ce débat fait office de révélateur, au sens chimique du terme, de l'imposture de nos détracteurs [14]. Il suffit d'en mettre quelques gouttes sur un individu pour voir, à sa réaction, si on a affaire à un idéologue (attention, le test n'est pas fiable à 100%). Il serait d'ailleurs judicieux que les journalistes, les universitaires ... se désolidarisent de ceux qui instrumentalisent leur discipline afin de défendre une croyance irrationnelle (#NotInMyName). Nos détracteurs défendent la thèse officielle en attaquant ceux qui la contestent alors qu'ils devraient se méfier de ce qu'ils ont envie de croire. Caroline Fourest et ses amis utilisent les thèses fantaisistes relayées par certains sites (un peu comme si nous choisissions de nous focaliser sur les arguments de Jean-Paul Ney), sans vous parler du travail colossal réalisé par un mouvement initié il y a plus de 15 ans par des familles de victimes du 11 septembre. Ils défendent la même thèse que Bush et al-Qaïda tout en reprochant à ceux qui la contestent de faire le jeu des extrémistes. Ils prétendent lutter contre la désinformation alors qu'ils s'efforcent d'empêcher tout débat sur l'événement le plus marquant de ces 30 dernières années, simplement parce que les arguments des sceptiques heurtent leurs croyances.
 
 
Toute la question est de savoir comment établir une certitude à propos d'une information qui nous est présentée, il faut donc se demander ce qu'est une preuve et ce qui permet de déterminer si elle est convaincante. Pour le moment, il ne s'agit pas de savoir qui a organisé ces attentats mais de savoir si nous sommes obligés de croire les explications qui nous ont été données. Si ce n'est pas le cas, on peut les contester et il convient alors de donner la parole aux lanceurs d'alerte du 11 septembre qui ont beaucoup de choses à dire. C'est d'ailleurs le meilleur moyen de lutter contre les fantasmes autour de ce débat, et c'est ce que cherche à empêcher l'anti-complotisme institutionnel. En effet, il vise d'abord à défendre les institutions et la vision du monde de ceux qui les dirigent, au lieu de lutter contre les théories fantaisistes qui circulent sur internet. Les imposteurs de l'anti-complotisme sont principalement réunis autour de Caroline Fourest, et elle a décrété que ce débat ne devait pas être abordé. Elle dénonce la désinformation sur internet, mais elle oublie que la désinformation peut aussi venir des gouvernements. Son esprit critique est sélectif (elle ne critique que les thèses qu'elle refuse d'envisager, en partant du principe qu'elles sont fausses), ce n'est donc pas un véritable esprit critique. Et puisqu'elle pense que la fin (lutter contre la menace islamiste) justifie les moyens, elle va jusqu'à mentir pour défendre la thèse qu'elle a envie de croire. Elle prétend que l'accusation d'islamophobie sert à empêcher de penser, alors qu'elle accuse les sceptiques du 11 septembre de complotisme pour les empêcher de penser. C'est pourtant bien parce qu'elle a des préjugés islamophobes qu'elle défend la thèse officielle. 
 
-- La rédaction de ReOpen911 -- 
 
 
Notes : 
 
[1D'après Jacques Baud, ancien analyste du renseignement stratégique suisse, aucun élément ne permet d’incriminer Ben Laden.
 
[2] En réalité, le mille-feuille argumentatif est une technique rhétorique qui vise à submerger un individu d'un grand nombre d'arguments qui sont tous faux. Gérald Bronner nous accuse d’utiliser cette technique, sans jamais démontrer qu’un seul de nos arguments serait faux.
 
[3] D'après un sondage réalisé pour le think tank Policy Exchange, 96% des britanniques de confession musulmane ne sont pas convaincus par la thèse officielle. Le site identitaire Fdesouche a présenté l'information comme une preuve de "l'échec du vivre ensemble".
 
[4] Certains se servent de l'antifascisme, de l'antiracisme, ou de l'anti-complotisme pour défendre la thèse officielle du 11 septembre, mais comme l'a expliqué Raphaël Enthoven : "quand on se sert d'une cause, on la dessert".
 
[5] Ceux qui adhèrent à une croyance religieuse ont la foi, c'est une croyance qui ne s'explique pas, alors que les crédules du 11 septembre sont persuadés que leur croyance est basée sur des preuves simplement parce qu'ils font confiance à d'autres croyants.
 
[6] A une époque où il lui restait un peu d'esprit critique, Rudy Reichstadt a fait part de son "agnosticisme" à propos de l'assassinat de JFK.
 
[7] Il ne s'agit pas ici de donner un avis sur le fait d'être Charlie, mais d'indiquer qu'il est incompatible de se dire Charlie et de défendre le dogme du 11 septembre. Rappelons que pour Nathalie Saint-Cricq, "il est important de repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale" ceux qui ne sont pas Charlie.
 
[8] Par exemple, si Lee Harvey Oswald a agi seul, alors l'assassinat de Kennedy n'est pas un complot. En revanche, si plusieurs personnes sont impliquées, il y a, par définition, un complot. Pour le 11-Septembre, plusieurs personnes sont impliquées, c'est donc bien un complot.
 
[9] On peut y voir une sorte de "failure of imagination".
 
[10] Rappelons que nous parlons d'un pays dont seulement 28% des citoyens sont convaincus par la théorie de l'évolution.
 
[11] En réalité, les spécialistes du complotisme s'entendent sur une définition totalement différente, selon laquelle le complotisme est la croyance que tous les événements importants sont causés par des forces toutes-puissantes, et dans ce cas, aucune thèse sur un événement particulier, aussi farfelue soit-elle, ne devrait être qualifiée de complotiste.
 
[12] Le terme hypercritique est utilisé ici au sens d'excès de doute. Voir cette interview de Pierre-André Taguieff ou cette vidéo de La Tronche en Biais.
 
[13] Pierre-André Taguieff a raison quand il explique que la théorie du complot permet de préserver les dogmes idéologiques (il a d'ailleurs essayé d'en préserver un en défendant cette théorie). Il n'a simplement pas réalisé que c'est également le cas de l'accusation de complotisme.
 
[14] C'est également un révélateur de l'état de nos médias, ainsi que de l'état de notre démocratie.
 

 

 

Publié dans Projets ReOpen911 | 7 Commentaires »

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Commentaires (7)

  1. Christo ,

    Un article de grande qualité sur le fond comme sur la forme. Bravo au rédacteur / contributeurs .

    Christo, membre jadis actif mais soutien inconditionnel :)

    Bise à toute l'équipe.

    PS: l'asso ne devrait -elle pas publier une brève sur les "révélations" de l'ex agent de la CIA, ne serait-ce que pour mettre en garde vos lecteurs sur le fait qu'il s'agit d'une info non verifiee, pour ne pas dire suspecte ?

  2. Coquecigue,

    "Théorie" du complot ? Quel complot ? Chacun sait, de source sûre, qu'il n'y JAMAIS eu dans l'histoire, de complot, conspiration, cabale, intrigue.... Cela n'existe pas, et n'a jamais existé. Ou alors, il y a longtemps... ce sont des élucubrations, des rumeurs.
    Le 11/9/01, TOUT LE MONDE a vu à la télé, en boucle, les petits avions pilotés par les méchants (et habiles) musulmans formés par Ben Laden - quel talent ! Un peu comme tout le monde a vu Jésus ? Une fois établi, il est très difficile de détruire un dogme.
    Il faut être incrédule ascendant sceptique, et suffisamment curieux et disponible pour mettre en doute les versions officielles.
    Bravo à REOPEN !

  3. Bourget,

    Il est vrai que je peux éprouver de la compassion pour ces pauvres journalistes ayant "l'épée de Damoclès"(leur grand patron qui est à peu près le même pour tout le monde!)au dessus de leur tête pour leur dire:"attention mon petit gars,on ne dit pas n'importe quoi surtout sur les attentats du 11 Septembre 2001,juste ce qu'il nous plaît et nous arrange sinon dehors!".Alors,Mesdames,Messieurs les journalistes des grands médias,s'il vous plaît,si vous avez encore du courage,de l'abnégation,une envie d'envoyer valser vos supérieurs par honnêteté intellectuelle,qu'attendez-vous pour rechercher la vérité,des femmes américaines(les Jerseys girls)dont les maris sont morts dans les tours l'ont fait avant vous en 2002 et ont obligé Georges.W.Bush à créer contre son gré(comme c'est bizarre)la commission d'enquête en 2003.Qu'attendez-vous?

  4. Leon,

    C'est vrai qu'une fois une vérité instaurée ce n'est pas évident de faire passer un message contraire à cette idée, et ceux qui s'y bornent se cassent bien souvent les dents, ils restent quand même selon moi quelques irréductibles comme wikileaks qui tirent leur épingle du jeu.

  5. Céleste ,

    Je continue de me tenir au courant de l'évolution de notre combat pour la Vérité et la Justice à propos des événements du 11septembre. Cet article est bien fait, et cible admirablement les travers de ceux qui partent en croisade contre le dit Complotisme. Toutefois, j'ai essayé de m'inscrire afin d'être un membre actif, un relais local, caribéen de cette action militante, mais mon inscription n'a jamais pu être activée ni en tant que membre, ni à la newsletter !...mais je vais éssayer de nouveau ! À bientôt...

  6. Jacques,

    Bonjour,
    Vos renversement d'arguments ne tiennes pas toujours, par exemple Jérôme Quirant ne dis pas «j'ai raison parce que je suis un universitaire» mais ses arguments techniques sont recevables justement parce qu'il est docteur en GC. Ce n'est donc pas un argument d'autorité.
    Il n'y a pas non plus de mille-feuille argumentatif de la thèses «a priori évidente» (qui est mieux que le très réducteur «officielle» ) il y a bien des site de debunkage, mais je chercher toujours le site de la propagande officiel qui nous explique comment on doit penser.

  7. latakia,

    Jacques

    Que les arguments de Jérôme Quirant aient à priori du poids du fait de ses diplômes, cela peut paraître tomber sous le sens. Ce qui est plus dérangeant, lorsqu'on possède un minimum de connaissances scientifiques, c'est de s'apercevoir que, si il développe de façon complexe et inaccessible aux non spécialistes certains détails- à la limite admissibles- de son argumentation, il élude et détourne totalement les vraies questions, soit en les balayant d'autorité, soit en se basant sur des hypothèses de départ manifestement inexactes. Il affirme, là où tout scientifique sérieux reconnaîtrait sa difficulté à trancher. J'ai suffisamment parcouru ses théories pour ne pas remarquer ces artifices.

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