“La crise informative sur les sujets sensibles plombe la France”

Demilune invité aux rencontres de Saintes

Ce Dimanche 11 Mai 2008, A l’invitation de M. Christophe Zalio, vice-président de ACDN (Association des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) et membre du comité d’organisation des « 3èmes Rencontres internationales pour le désarmement nucléaire, biologique et chimique, Saintes 2008 » à Saintes (Charentes Maritimes), Arno Mansouri, éditeur indépendant des Editions DemiLune (Paris), est intervenu au cours de l’atelier dédié à la bataille politique et informative aux côtés de Alyn Ware (Aotearoa, Nouvelle Zélande), coordinateur international de PNND, « Parliamentarians for Nuclear Nonproliferation and Disarmament » (Parlementaires pour le Désarmement et la Non prolifération Nucléaires), vice-président de l’ « International Peace Bureau » ( Bureau International pour la Paix) et membre du Conseil mondial d’Abolition 2000.

3èmes Rencontres internationales pour le désarmement nucléaire, biologique et chimique

Alyn a montré combien le mouvement PNND était désormais soutenu par plusieurs centaines de parlementaires dans le monde. Il devait ce jeudi 15 Mai rencontrer deux sénateurs français pour leur exposer les buts de son mouvement mondial, avec la volonté de créer une cellule française qui relaie les informations et points de vue préoccupants que diffuse le PNND.

Il a insisté sur le double jeu de la France, comme de l’Angleterre, qui d’un côté encouragent les recherches en matière de désarmement, mais qui de l’autre continuent leurs politiques d’armement nucléaire. Ainsi, le 21 Mars 2008, la France confirmait son soutien à l’article 6 du traité de non prolifération nucléaire… et le même jour elle lançait en présence de notre président le sous-marin nucléaire LE TERRIBLE. A la différence de l’Angleterre (Gordon Brown le 21 Janvier 2008 à Dehli) , la France ne parle pas d’abolition, mais seulement d’un agenda vers le désarmement. En Angleterre, le PNND soutient les groupes parlementaires et les commissions qui étudient comment sortir du nucléaire militaire, tout en regrettant le lancement de nouveaux sous-marins nucléaires de la classe TRIDENT, basés en Ecosse.

Le Terrible

Après cette intervention sur la bataille politique des antinucléaires, Arno Mansouri est alors intervenu sur la bataille informative que doivent mener les mouvements oeuvrant pour la paix et le désarmement. Il s’est bien sûr appuyé sur l’expérience française de l’association ReOpen911, et sur sa propre expérience d’éditeur indépendant de 10 ouvrages sur un sujet polémique en France : les recherches alternatives sur les événements du 11 Septembre.

A la différence de la cause antinucléaire, au combat parfaitement identifié dans les médias, même si les informations que détiennent les associations anti-prolifération sont mal relayées, la cause du 11 Septembre est diabolisée a priori par les medias français. Le débat ne peut avoir lieu sur le plan rationnel, et en reste à des confrontations émotionnelles. Que CANAL+ envoie Stéphane Malterre aux USA pour enquêter, et qu’il n’y trouve que 2 journalistes sulfureux, Eric Hufschimdt, antisémite déclaré devenu persona non grata du mouvement, et Willis Carto, journaliste d’extrême-droite au sein d’American Free Press, relève bien d’un a priori préoccupant quand on connaît par ailleurs la cinquantaine de chercheurs américains et anglais indépendants qui oeuvrent en ce moment même à la mise en évidence de faits qui contredisent ceux décrits dans les rapports officiels, qui font de la version officielle une vraie triple conspiration, celle qui soutient la théorie floue d’un complot d’islamistes radicaux, celle qui couvre les mensonges de cette théorie attestés par les découvertes des chercheurs, et celle bien plus grave encore qui entretient le silence des médias au sujet des découvertes de ces chercheurs.

Et Arno Mansouri a justement insisté sur les difficultés matérielles rencontrées par le mouvement en France, pour simplement obtenir des journalistes qu’ils consacrent un peu de leur temps aux informations que EDL édite, et que ReOpen911 relaie et diffuse. Avec humour, Alyn Ware a fait remarquer que s’il était en France, c’était grâce à l’argent du gouvernement français, puisqu’une partie des fonds de compensation versés au gouvernement néo-zélandais suite à l’attentat à l’explosif contre le Rainbow Warrior en baie d’Auckland, vont progressivement aux associations caritatives qui oeuvrent pour la paix dans le monde, dont bien sûr PNND fait partie !

Arno Mansouri a aussi insisté sur l’absence en France de relais d’opinion écoutés des médias, comme M. Chiesa en Italie, MM. Gänser et Chesney en Suisse, M. Von Bülow en Allemagne, ou M. Meacher en Angleterre, bien qu’il publie des traductions d’auteurs sérieux comme M. Gänser, à ce jour non contredits factuellement par ceux qui s’opposent à leurs conclusions ou les ignorent.

Discussion ACDN, PNND, DemiLune

Ces caractéristiques ne se retrouvent pas dans la cause antiprolifération plus ancienne, mieux intégrée à la pensée politique de nombreux leaders, et forte d’une mémoire collective aussi tacite que bien réelle, de Alamogordo aux déserts irakiens désormais « enrichis à l’uranium appauvri »…

Le résultat en est que la France, dans ce domaine comme dans d’autres, perd du temps alors que le reste du monde montre des signes d’ouverture avérés : Publication de la plateforme de discussion NIST/Jones par les éditions scientifiques Bentham, prise de position de la Sénatrice Johnson, succès de ZERO en Italie, à Bruxelles et à Munich, mais aussi multiplication des pétitions et des sondages.

Enfin, on peut ajouter que la question de l’unité des positions politiques et des déclarations officielles se pose dans les 2 cas. Concernant les nuances nombreuses au sein du mouvement du 11 Septembre, elles ont trouvé une sublimation consensuelle relativement récente, autour de l’idée de ne plus défendre des théories alternatives, mais bien de simplement s’en tenir aux faits avérés en contradiction avec ceux de la version officielle, et suffisants aujourd’hui pour interpeller nos médias et nos parlementaires pour l’ouverture d’une vraie enquête qui intègre les découvertes des chercheurs.

Les Editions DemiLune, accompagnées de membres de ReOpen911, ont remercié les organisateurs de leur avoir donné l’occasion d’exposer leur point de vue sans parti-pris, et d’avoir pu proposer la collection complète et les dossiers reopen911 aux visiteurs et intervenants. Ce que le mouvement français pour la vérité sur le 11 Septembre doit retenir des entretiens de Saintes, c’est qu’il doit constamment réaffirmer son caractère profondément pacifiste, légaliste et démocrate, non seulement dans les paroles et les écrits, mais aussi par sa présence aux côtés de militants d’autres causes qui partagent les mêmes valeurs et la même analyse du monde. A ce titre, le rapprochement de Saintes est exemplaire et en appelle d’autres.

Bluerider, ReOpen911 bordeaux, présent aux rencontres.

Contrebande de polonium-210 pour bombe sale ?

Par Paul Craig Roberts, le 25 mars 2008

The Shell Game

Dans son thriller publiée récemment, The Shell Game (L’Escroquerie), Steve Alten a tissé l’histoire d’une intrigue néo-conservatrice dans le but d’attaquer l’Iran. Pour surmonter la résistance, un groupe des opérations clandestines d’une administration républicaine a disposé des engins nucléaires pour les faire exploser dans deux villes des États-Unis, avec des indices fabriqués désignant l’Iran.

Les développements récents font se demander si les faits suivant sont extravagants.

La propagande à plein tube du régime Bush contre l’Iran a manifestement un sens. La presse étrangère rapporte que la raison du dernier voyage de Cheney à l’étranger est de persuader, par la menace et la corruption, de soutenir l’attaque étasunienne contre l’Iran.

Le gouvernement israélien continue à imaginer une arme nucléaire iranienne à l’horizon et fait de la gesticulation pour pousser à une action étasunienne contre l’Iran.

Selon John McGlynn dans Japan Focus (22 mars 2008), le régime Bush est d’ores et déjà en train d’attaquer l’Iran avec les efforts de son Ministère des Finances visant à couper le système bancaire iranien de toute relation bancaire internationale, empêchant ainsi ce pays d’importer et d’exporter. McGlynn qualifie d’acte de « déclaration de guerre des États-Unis contre l’Iran » la démarche du ministère étasunien.

Le voyage de Cheney montre que le régime Bush est découragé par la conclusion du National Intelligence Estimate, selon lequel l’Iran a abandonné depuis plusieurs années tout programme d’armement nucléaire. L’International Atomic Energy Agency n’a jamais trouvé d’indice sur ce genre de programme en Iran. En dépit de tous ces faits et sans preuves, le Régime Bush continue à affirmer que l’Iran dispose d’un tel programme, justifiant ainsi son attaque contre ce pays.

Le dimanche de Pâques, le général David Petraeus, commandant des forces étasuniennes en Irak et membre de l’équipe des Néo-conservateurs de Cheney, a rendu responsable l’Iran du bombardement de la Zone Verte « sécurisée » de Bagdad. Petraeus a dit que l’attaque est « en totale violation des promesses faites par le Président Ahmadinejad et les plus hauts dirigeants iraniens. » Les affirmations de Petraeus font partie de la campagne de propagande néo-conservatrice afin de mobiliser du soutien pour attaquer l’Iran.

Le chef du Commandement Central, l’amiral William Fallon, aurait déclaré que sous son mandat l’Iran ne serait pas attaqué. Avec sa récente démission, effective fin mars, Fallon a été retiré du tableau. Selon des articles de presse, Fallon a tourné en dérision Petraeus, le traitant de « flagorneur » et lui disant en face qu’il le considérait comme « un lèche-bottes de petits froussards. »

Petraeus et Bush

Fallon partant et le lèche-bottes de petits froussards restant, vous révèle tout ce que vous devez savoir sur les militaires étasuniens sous le Régime néo-conservateur des Cheney-Bush. Ce sont des lèche-bottes, des béni-oui-oui, des militaires.

Sur son site Internet, Juan Cole, professeur de l’Université du Michigan et spécialiste du Moyen-Orient, a un article du magazine Vanity Fair par l’écrivain collaborateur Craig Unger, auteur de The Fall of the House of Bush (la chute de la dynastie Bush). Unger fait remarquer que l’attaque étasunienne contre l’Iraq ne résulterait pas de « renseignements erronés. » Ce serait la retombée directe d’une cabale de conspirateurs néo-conservateurs, qui ont fabriqué les « preuves » et la propagande qui ont trompé le Congrès, les médias et les Étasuniens.

Un complot qui lancerait une guerre sur la base de « renseignements » faux et d’allégations mensongères est une intrigue qui croit fermement en son ordre du jour. Ce genre de machination ne pourrait se satisfaire de la réalisation partielle de son programme. Comme nous devrions tous le savoir maintenant, l’intention des Néo-conservateur consiste pour les États-Unis à renverser au minimum l’Irak, l’Iran et la Syrie. Selon le plan formulé par le Néo-conservateur Norman Podhoretz, l’objectif est de renverser le régime d’Égypte, d’Arabie Saoudite, du Pakistan et d’ailleurs [NDT : le Soudan, et la Somalie seraient aussi sur la liste], et de débarrasser le Liban du Hezbollah.

La difficulté de sécuriser l’Irak et l’Afghanistan n’a pas entamé la confiance des Néo-conservateurs en leur ordre du jour, mais le temps pourrait être compté pour eux si nous supposons que Bush va démissionner et ne prononcera pas les deux mots, urgence catastrophique, qui ont fait de lui un dictateur, et que le vote du public lassé de la guerre n’élira pas « bombardons pilonnons écrasons l’Iran » McCain [NDT : Roberts ne tient pas compte des machines de vote électronique].

La présidence d’un McCain donnerait encore quatre ans aux Néo-conservateurs pour orchestrer une attaque contre l’Iran. Jeffrey St. Clair, dans CounterPunch le 24 mars, note que l’ambition démesurée d’Hillary pourrait provoquer la division et la défaite des Démocrates en jouant la carte de la course contre Obama de manière à ce qu’elle puisse se présenter contre McCain dans quatre ans avant d’être trop vieille pour le challenge.

Une conspiration disposée à lancer l’invasion d’un pays sous de faux prétextes n’hésiterait pas à fomenter un événement sous fausse bannière s’il favorisait son ordre du jour. L’énorme coût humain, financier et diplomatique de l’invasion de l’Irak montre bien que les Néo-conservateurs sont prêts à faire payer n’importe quel prix aux États-Unis pour concrétiser leurs projets et obtenir l’hégémonie israélo-US au Moyen-Orient.

Litvinenko

Nous ne le saurons sans doute jamais, mais une opération sous fausse bannière des Néo-conservateurs se cache peut-être derrière ce qui semblait être l’empoisonnement d’Alexander Litvinenko avec un isotope radioactif rare et sévèrement contrôlé, le polonium-210. Litvinenko, un ancien membre du contre-espionnage du KGB, opérait dans le monde ténébreux des « consultants en sécurité, » avec un faux passeport qui lui avait été donnée par le gouvernement britannique. Litvinenko avait quitté la Russie quand son patron, l’oligarque Boris Berezovski, s’était enfui pour échapper à des accusations de fraude.

Le gouvernement britannique et les sites Internet sponsorisés par Berezovsky ont fait porter la responsabilité de la mort mystérieuse de Litvinenko au service Fédéral de Sécurité de Russie, qui aurait envoyé un agent pour mettre du polonium-210 dans le thé de Litvinenko. De prime abord, l’histoire est tirée par les cheveux, mais elle a servi à détourner l’attention sur le fait que du polonium-210 se trouvait entre les mains de particuliers.

D’où venait ce polonium ? Nul ne le sait, mais le physicien nucléaire Gordon Prather avait noté à l’époque que Litvinenko s’était rendu récemment en Israël, et que les réacteurs nucléaires d’Israël ne sont pas assujettis aux avals internationaux.

Dans quel but du polonium a-t-il été passé en contrebande ? Nul ne le sait, mais Prather note que le polonium-210 a une courte durée de vie qui ferait rater toute arme stockée pendant quelques mois.

Selon des gens bien informés, le polonium-210 serait épatant pour une « bombe sale, » qui ferait peu de dommages réels mais engendrerait assez de peur et d’hystérie pour que les Néo-conservateur puissent entamer une nouvelle guerre.

Steve Alten est plus vigilant que les médias. Il a vu ce qui pourrait être la vraie histoire derrière la mort de Litvinenko avec du polonium-210. Conscient du fait que le roman fantastique est une voie capable d’apporter des faits aux Étasuniens, et espérant empêcher pareil événement dans la réalité, Alten a écrit un thriller prophétique sur notre avenir entre aujourd’hui et 2012.

Paul Craig Roberts fut Assistant du Ministre des Finances durant le premier mandat du Président Reagan.
Il a été rédacteur adjoint au Wall Street Journal


Original : http://www.vdare.com/roberts/080325_polonium.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

Iran : L’étrange campagne de Natalie Nougayrède

Contreinfo, le 2 mars 2008

Lors d’une conférence récente, M. Heinonen, le directeur adjoint de l’AIEA, a fait état de documents sur les programmes militaires iraniens. Mme Nougayrède, journaliste au Monde, considère qu’il s’agit d’un démenti aux conclusions des services de renseignement américains sur l’arrêt du programme nucléaire militaire, et d’un camouflet infligé à M. El Baradei qu’elle suspecte de complaisance. Problème. Ces documents sont connus depuis des années, M. El Baradei les a utilisé dans son rapport, et leur authenticité n’est toujours pas fermement établie.

Philippe Barbrel, Contre Info, 2 mars 2008

Dans un article titré L’AIEA détient des preuves que l’Iran a mené un programme nucléaire militaire après 2003, la journaliste du Monde propose un scoop majeur :

« Les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), bras de l’ONU chargé de vérifier le respect des normes de non-prolifération, détiennent des documents indiquant que l’Iran a mené des travaux sur l’élaboration d’une ogive nucléaire et que ces efforts se sont poursuivis au-delà de l’année 2003, contrairement à ce qu’ont affirmé les agences de renseignement américaines en décembre 2007. »

Elle rapporte le contenu d’une présentation effectuée par le directeur général adjoint de l’AIEA, le Finlandais Olli Heinonen devant les représentants des missions étrangères auprès du siège de l’Agence, à Vienne. L’exposé de M. Heinonen, portait sur trois points : la conversion de dioxyde d’uranium (Green Salt Project), des études sur un site de test d’explosifs de haute intensité et la mise au point d’un corps de rentrée de missile. Il a présenté à son auditoire des documents que Natalie Nougayrède dit n’avoir jamais été soumis préalablement aux iraniens. L’un d’entre eux portait la date du 14 janvier 2004.

Le délégué iranien à l’AIEA Ali Asghar Soltanieh, présent lors de la réunion a dénoncé une falsification des documents et une tentative américaine de saborder la coopération entre l’Iran et l’AIEA, indique la journaliste.

Elle note que :

« Les affirmations de M. Heinonen signalent une différence de ton par rapport à M. ElBaradei, dont le rapport était plus ambigu. Cela semble confirmer l’existence de tiraillements au sein de l’AIEA entre, d’un côté, les experts vérificateurs techniques et, de l’autre, le directeur, qui revendique un rôle de "politique" et voue une farouche hostilité à l’administration Bush depuis les manipulations du renseignement qui ont précédé la guerre d’Irak en 2003. »

En résumé, cet article donne donc le sentiment que de nouveaux éléments seraient apparus, non utilisés par M. El Baradei, et qui contredisent les conclusions des services de renseignement américains.

Il s’agit là d’une présentation étonnante des derniers développements des travaux de l’AIEA. Pour y voir plus clair il est nécessaire de remonter un peu dans le temps.

L’ordinateur des Moudjahiddines du Peuple

Car l’existence des programmes décrits par les documents dont a fait état M. Heinonen, loin d’être une révélation, est connue depuis fort longtemps et leur signification fait l’objet d’une controverse ancienne.

Ils proviennent d’un ordinateur portable qui a été transmis aux services américains en 2004. La version américaine indique que ce portable a été volé à un iranien que les services allemands tentaient de recruter. Il aurait ensuite été transmis en Turquie par un autre iranien à une agence de renseignement étrangère. Selon Gareth Porter, qui cite plusieurs sources allemandes, c’est en fait l’organisation des Moujahidines du Peuple qui aurait fourni cet ordinateur aux services de renseignement US . Ce groupe paramilitaire qui s’oppose au régime de Téhéran, disposait d’une base militaire en Irak du temps de Saddam Hussein. Désormais les Moudjahiddines, bien que placés sur la liste du Département d’Etat des organisations terroristes, jouissent de la protection américaine en Irak, et mènent avec le soutien des services américains des opérations de déstabilisation sur le sol de l’Iran.

Cet ordinateur contenait un millier de page de documents techniques, notamment un ensemble de plans pour un site souterrain de test d’explosifs, dont M. Heinonen a fait état. Selon le Washington Post, ce document n’est pas daté et son auteur n’est pas identifié. Les experts qui l’ont étudié jugent que ces schémas pourraient relever d’un programme nucléaire, mais n’ont connu aucun début de réalisation.

Cet ordinateur contenait également les plans d’une petite usine de production de gaz d’uranium - le projet « green salt » - et une étude sur la modification des têtes des missiles balistiques iranien. Les plans de modifications du missile Shahab mentionnés par Natalie Nougayrède sont décrits ainsi par le Washington Post :

Les modifications du missile, jugées au premier abord comme basées sur une conception Nord Coréenne, sont désormais considérées comme étant l’œuvre d’ingénieurs iraniens. « Cela n’a clairement pas été réalisé par la meilleure équipe du programme iranien, » juge un des experts nucléaires qui a analysé les documents. « Cela a pu être confié à une équipe extérieure, ou sous traité par les militaires. »

Le quotidien indique également que si ces plans avaient été mis en œuvre, ils n’auraient pas fonctionné.

Le Washington Post note que les services de renseignement américains considèrent ces documents authentiques, sans pouvoir le prouver, mais qu’ils « n’écartent pas complètement la possibilité que les opposants intérieurs au régime iraniens auraient pu les forger pour impliquer le gouvernement iranien, ou que ces documents aient été fournis par Téhéran pour convaincre l’occident que son programme nucléaire n’en est qu’à un stade immature. »

Le Washington Post révèle que « des analystes de la CIA avaient au début supposé qu’un pays tiers, comme Israël, aurait pu fabriquer ces preuves » avant d’abandonner cette théorie.

« Il est toujours possible que ce soit la plus grosse manipulation destinée à abuser les services US, » reconnaît une source du Washington Post, qui conclut cependant que « c’est un corpus de documents tellement riche, fournissant une présomption forte d’une intention de produire une arme nucléaire, et où rien n’apparaît inconsistant »

Les experts du renseignements avaient bien évidemment connaissance de ces documents lorsqu’ils ont rédigé le rapport du NIE concluant que le programme nucléaire militaire iranien était interrompu depuis 2003. Ils considèrent qu’aucun des documents contenu dans ce portable ne remet en cause leur estimation : il faudrait dix ans à l’Iran pour produire une arme nucléaire après avoir maîtrisé le processus d’enrichissement d’uranium, ce qui n’est pas le cas à ce jour.

Le Washington Post précise par ailleurs qu’aucun des documents contenus dans cet ordinateur ne contient le mot « nucléaire »

La transmission des documents à l’AIEA

Le plan de travail élaboré par M. El Baradei incluait la demande d’explications sur les trois programmes décrits par ces documents. Pourtant c’est seulement le 15 février, soit une semaine avant la date prévue pour la publication du rapport très attendu de l’AIEA, que les autorités américaines ont accepté de transmettre à l’Agence certaines de ces informations, malgré des demandes répétées de M. El Baradei. On peut s’interroger sur les raisons d’une communication aussi tardive des éléments dont il avait besoin pour mener à bien sa tâche.

Le paragraphe A.5 du rapport de l’AIEA du 22 février détaille les questions que l’agence a abordé en s’appuyant sur les documents des services de renseignements américains et d’autres nations non identifiées, qu’elle nomme « alleged studies » soit études présumées, indiquant ainsi qu’elle considère que la nature de ces documents n’est pas formellement établie.

Il a été demandé à l’Iran de fournir des explications sur le projet « green salt, » le plan d’un site de test d’explosif et sur les études sur les missiles balistiques pouvant emporter une arme nucléaire. A deux reprises, fin janvier et début février des rencontres ont eu lieu à Téhéran à ce sujet. L’Iran a répondu que ces accusations étaient infondées et que les documents présentés étaient des faux.

Le paragraphe 42 du rapport précise que le 15 février l’Agence a « proposé à l’Iran de tenir une nouvelle réunion afin de lui transmettre des documents additionnels provenant des « études présumées, » après y avoir été autorisé par les pays qui les ont fournis. » L’Agence note que l’Iran n’a pas encore formellement répondu à cette proposition à la date de publication.

Dans ses conclusions, au paragraphe 52, l’AIEA affirme qu’elle a été en mesure de « vérifier la non diversion de matériel nucléaire en Iran » et que l’Iran lui a donné l’accès aux matériels déclarés et a fourni les justificatifs requis. L’Agence note que « l’Iran a répondu aux questions et fourni les clarifications et les précisions [attendues] dans le contexte du plan de travail [ mis en place en en août dernier entre l’Iran et l’Agence], à l’exception des « études présumées ».

Enfin, l’Agence précise paragraphe 54 que la « question majeure restant en suspens » est celle des études présumées sur le projet green salt, le site de test d’explosif et le missile balistique et rappelle que l’Iran considère qu’il s’agit de faux et d’accusations sans fondement.

La date de 2003

L’ AFP rapporte les déclarations du délégué britannique à Vienne :

« Certaines des dates dont nous avons parlé (…) se situaient après 2003 », a déclaré M. Smith à des journalistes à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs, l’exécutif de l’AIEA, agence de sécurité nucléaire de l’ONU qui a son siège à Vienne.

Le Monde précise qu’il s’agit d’un « compte rendu établi par une équipe iranienne sur l’état d’avancement d’un projet de corps de rentrée de missile (projet "P111"). Il porte sur l’une des multiples étapes du projet, celle allant du 9 juillet 2003 au 14 janvier 2004. »

Faut-il donc déduire de ce fatidique « 14 janvier 2004 » que le programme iranien s’est poursuivi au-delà de 2003 ? Le Monde précise pourtant qu’il s’agit de la date de fin d’une phase débutée en juillet 2003. Est-ce contradictoire avec l’arrêt du programme ? Pas forcément si l’on considère qu’il puisse s’agir d’une date de fin prévisionnelle. Il n’est pas non plus inconcevable qu’une interruption décidée fin 2003 ne devienne effective que dans les premiers jours de l’année 2004, compte tenu des délais nécessaires pour réaffecter les ressources, les hommes et les matériels.

Dans son compte rendu de la conférence de M. Heinonen, le Washington Post indique que les recherches se seraient poursuivies « plusieurs mois » après la date de l’arrêt du programme mentionnée par les services de renseignements US, selon des notes prises par un participant.

Qu’il ait eu lieu fin 2003 ou très précisément le 14 janvier 2004, ou même plus tard, l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien ne fait pourtant aucun doute pour les services américains.

Peu de temps après la publication du National Intelligence Estimate, le New York Times indiquait que les agences de renseignements avaient appris grâce à des écoutes effectuées en 2007 et l’obtention de notes internes rédigées par des officiers iraniens, que les cercles militaires de Téhéran débattaient âprement du bien fondé de l’arrêt de leur programme nucléaire fin 2003. « Ces notes décrivaient des échanges et des délibérations durant lesquels certains militaires se plaignaient amèrement de la décision prise par leurs supérieurs fin 2003 de mettre fin à un projet complexe de conception d’armes nucléaire, y compris une tête nucléaire pouvant être adaptée aux missiles iraniens, » précise le New York Times.

Sensationnalisme ou parti pris ?

Le Monde n’est pas le seul quotidien à avoir titré sur l’apparente contradiction entre la date mentionnée par M. Heinonen et les conclusions des services de renseignement américains. Le site canadien Cyberpresse, reprenant une dépêche AFP, titrait lui aussi L’Iran pourrait avoir travaillé à l’arme atomique après 2003 pourtant, la présentation qu’en fait Mme Nougayrède va largement au-delà. En laissant entendre que l’exposé de M. Heinonen révèle l’existence d’un programme nucléaire militaire qui aurait été ignoré par M. El Baradei, qu’elle soupçonne ouvertement de partialité, elle profère une contre vérité. Les documents provenant du portable, et les projets qu’ils décrivent, sont connus depuis fort longtemps, leur véracité est sujette à caution, et leur existence n’avait en rien modifié les conclusions du rapport du renseignement américain sur le programme militaire iranien. Elle omet également de mentionner que les trois sujets abordés par M. Heinonen, le projet green salt, le site de test d’explosif et la modification des têtes de missiles, ont été soumis aux iraniens, et que le rapport de l’AIEA en fait état.

Pour Madame Nougayrède la culpabilité de l’Iran ne fait aucun doute, et les travaux de l’AIEA, tout comme le rapport du NIE sont nuls et non avenus. Le 22 Janvier 2008, elle écrivait :

« La diplomatie piétine aussi parce que, ces dernières semaines, l’administration Bush, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, se sont consacrés à réparer les dégâts causés par le rapport des agences de renseignement américaines, publié le 3 décembre 2007. » (nous soulignons)

Le 10 février, elle s’inquiétait à nouveau du rapport qu’allait remettre le directeur de l’Agence.

« Le rapport de M. ElBaradei est important car il pourrait entraver le processus de sanctions contre l’Iran au Conseil de sécurité de l’ONU. »

Mme Nougayrède a donc choisi depuis longtemps déjà de privilégier l’option des sanctions voire de la menace militaire, et de déplorer les progrès enregistrés par l’AIEA. C’est son droit absolu, comme c’est aussi le nôtre que d’être partisan des solutions diplomatiques et de l’ouverture d’un dialogue entre l’Iran et les USA comme le préconisait le rapport de l’Irak Study Group en 2007.

Mais lorsque ce parti pris conduit à ignorer la réalité des faits, les lecteurs du Monde - et les autres - sont en droit de s’interroger.

Documents

La conférence de M. Heinonen vue par le Washington post U.N. Says Iran May Not Have Come Clean on Nuclear Past

L’analyse des documents du portable iranien : Washington Post : Strong Leads and Dead Ends in Nuclear Case Against Iran

Les interceptions de communications de militaires iraniens NYT : Details in Military Notes Led to Shift on Iran, U.S. Says

Le rapport de l’AIEA Implementation of the NPT Safeguards Agreement and relevant provisions of Security Council resolutions 1737 (2006) and 1747 (2007) in the Islamic Republic of Iran

L’OTAN, veut-elle la guerre totale? D’anciens généraux de l’OTAN exigent de pouvoir recourir à la guerre atomique préventive

Un missile nucléaire britanniqueCinq anciens militaires de haut grade des pays de l’OTAN ont, selon un article du quotidien britannique «The Guardian» du 22 janvier, («

Preemptive nuclear strike a key option, Nato told

»), rédigé un manifeste de 150 pages envoyé, pour consultation, tant au Pentagone à Washington, qu’au secrétaire général de l’OTAN. Il s’agit des cinq militaires suivants:

 

  • John Shalikashvili (USA), ancien commandant de l’OTAN en Europe et de 1993 à 1997 à la tête de l’état-major interarmées;
  • Klaus Naumann (Allemagne), commandant de l’armée allemande de 1991 à 1996 et ancien président du Comité militaire de l’OTAN;
  • Peter Inge (Grande-Bretagne), maréchal britannique, ancien chef d’état-major de 1992 à 1994 et chef de l’état-major de la défense entre 1994 et 1997;
  • Henk van den Breemen (Pays-Bas), ancien chef d’état-major néerlandais;
  • Jacques Lanxade (France) ancien chef des forces navales françaises et ancien chef de l’état-major de la défense française.

Ces anciens militaires dressent un sombre tableau des menaces qui pèsent sur les «valeurs occidentales» et le «style de vie occidental» et présentent l’Occident comme victime de "forces ténébreuses". En réponse à cette menace, ils exigent donc dans leur manifeste le droit pour l’OTAN de porter un coup préventif avec des armes nucléaires, même contre des pays ne possédant pas cette arme.

Ils préconisent par ailleurs une réorientation de l’OTAN. Cette dernière doit être dirigée par un nouveau «directoire» de chefs américains, européens et de l’OTAN elle-même, afin d’être capable de réagir rapidement en cas de crise. A l’avenir il s’agira d’empêcher une «obstruction» de la part de l’Union Européenne. Il ne devra plus être nécessaire d’arriver à un accord unanime pour autoriser une intervention de l’OTAN, une décision à la majorité devra suffire. Des restrictions nationales comme dans le cas de l’intervention de l’OTAN en Afghanistan ne seraient plus acceptables et les Etats membres de l’OTAN qui ne participeraient pas à de futures guerres de l’alliance ne devraient plus avoir de droit de co-décision. L’OTAN devra pouvoir engager des guerres sans l’aval des Nations Unies et pas seulement en matière défensive.

Les propositions du manifeste devront être discutées en avril prochain lors de la réunion de l’OTAN à Bucarest.

Le retour de Dick Cheney

« D’après des sources au sein de services de renseignement à Washington, le Vice Président a recommencé à exhorter Bush à agir contre l’Iran avant la fin de sa présidence. » Philip Giraldi.

Après la publication du rapport NIE 2007 des services de renseignements américains sur l’Iran qui affirme que Téhéran a arrêté son programme nucléaire depuis 2003, contredisant toutes les affirmations de plus en plus alarmistes de l’administration Bush, le monde entier a poussé un soupir de soulagement. L’Amérique ne se lancerait finalement pas dans une troisième guerre au Moyen Orient, avec tous les risques d’extension incontrôlable pouvant déboucher sur un embrasement généralisé.

Curieusement, ce n’est semble-t-il pas l’affirmation de l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien qui a soulagé les chancelleries.

Philip Giraldi, un ancien agent de la CIA, qui s’est déjà distingué en 2005 pour avoir révélé les plans de Cheney de préparation d’une attaque nucléaire contre l’Iran, analyse l’évolution récente des discours et de Bush et dépeint une situation bien plus inquiétante.

Loin de l’avoir dissuadé d’attaquer l’Iran, le rapport NIE 2007 a surtout vexé Bush et l’a conforté dans ses certitudes guerrières. A en lire cet extrait d’un article du Monde, les va-t-guerre américains ont malheureusement aussi leurs relais en France : « La diplomatie piétine aussi parce que, ces dernières semaines, l’administration Bush, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, se sont consacrés à réparer les dégâts causés par le rapport des agences de renseignement américaines, publié le 3 décembre 2007. »

Dominique Larchey-Wendling

Le retour de Dick Cheney

par Philip Giraldi, Huffington Post, 21 janvier 2008

Il y a là une forme d’ironie toute particulière : les rencontres qui sont ostensiblement dédiées à la cause de la paix sont fréquemment utilisées pour préparer la guerre. La visite que le président George W. Bush vient de terminer au Moyen Orient en est un exemple précis. L’objectif affiché de pousser les Palestiniens et les Israéliens à faire la paix a rapidement été dilué dans un agenda plus vaste de confrontation avec l’Iran devenant le point d’orgue des rencontres avec les amis Arabes de l’Amérique lors des étapes en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes qui ont suivit les trois jours passés en Israël. L’agenda de Bush visait les alliés présumés de l’Iran dans la région, tout particulièrement la Syrie, le Hezbollah et le Hamas ; ils ont tous été critiqués pendant et après cette tournée.

Depuis son retour à Washington, les attaques verbales contre l’Iran et la dénonciation de ses prétendues "ingérences" dans le golfe Persique ont continué de plus belle. La révélation de nombreux aspects de "l’incident du détroit d’Ormuz" du 6 janvier qui montrent qu’il s’agissait d’une histoire largement fabriquée par le Pentagone n’a pas diminué la fureur contre Téhéran de l’administration et des candidats à la présidence du parti républicain, l’un d’entre eux ayant même suggéré que si les iraniens s’étaient approché un peu plus des navires US, il les aurait envoyé directement au paradis comme martyrs afin qu’ils puissent essayer les vierges qui leur ont été promises.

Certaines de mes sources à Washington pensent que lorsqu’il était en Israël, Bush a donné son feu vert au premier ministre Ehud Olmert et à l’autorité Palestinienne pour attaquer et détruire le Hamas dans la bande de Gaza, en utilisant tous les moyens nécessaires. Israël n’avait guère besoin d’encouragement et a seulement été restreinte dans son action parce qu’il craignait qu’un nombre important de victimes civiles ne vienne ternir son image publique. En outre, Mahmoud Abbas, le président de l’autorité Palestinienne, était lui aussi heureux de pouvoir se débarrasser du Hamas, d’autant plus qu’il était parfaitement conscient d’être dans l’incapacité de résoudre ce problème avec ses propres moyens. Il en résulte une série de frappes aériennes israéliennes majeures sur Gaza qui ont tué vingt sept palestiniens dans les dix derniers jours ; bon nombre d’entre eux étaient des civils. En novembre, après la conférence de paix d’Annapolis, il y eut également une escalade similaire pendant laquelle trente deux palestiniens ont été tués par les israéliens. Aucun signe ne montre que l’accumulation des cadavres n’ait affaibli le Hamas d’une quelconque manière.

On aurait pu penser qu’à la fois Israël et les Etats-Unis, sans même parler de Mahmoud Abbas, auraient finalement compris qu’il n’existe pas de solution militaire au problème que pose le Hamas à Gaza, mais cette nouvelle attitude, plus ferme, est le produit de la résurgence du vice président Dick Cheney et des faucons néoconservateurs qui l’entourent.

Cheney et ses amis sont à nouveau en train de planifier une attaque contre l’Iran préalable à la fin du mandat de Bush. La capacité du vice président à dicter la politique étrangère de la Maison Blanche s’était érodée l’année dernière lorsqu’une série d’articles est parue dans le Washington Post, détaillant comment il avait la main haute sur de nombreux choix politiques de l’administration, au détriment du président.

Il a été rapporté que le président Bush fut choqué par la suggestion qu’il était un poids plume politique par rapport à son adjoint et il a alors choisi de placer sa confiance dans les politiques plus modérées promues par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et ministre de la défense Robert Gates.

Le succès de Cheney pour reprendre le contrôle du processus de décision en politique étrangère est venu de l’exploitation du manque de confiance du président Bush dans la communauté du renseignement qu’il considère depuis longtemps comme hostile à sa politique interventionniste. La communauté du renseignement travaille pourtant pour le président et est constituée de si nombreux contre-pouvoirs qu’elle est incapable de jouer un tel rôle. Cet argument est hors sujet depuis longtemps dans la mesure où l’administration et ses soutiens ont trouvé en elle un bouc émissaire bien utile à leurs échecs désastreux en politique étrangère.

La publication du rapport "National Intelligence Estimate" (NIE) sur l’Iran début décembre a apporté l’élément clef qui a permit à Cheney de remettre le président sur une voie plus belliqueuse. Dans la mesure où le NIE a défendu la thèse que l’Iran a abandonné son programme d’armes nucléaires, il a largement été perçu comme contradictoire avec la politique de l’administration qui cherchait à diaboliser l’Iran et provoquer un changement de régime. Bush, qui est un homme immodérément têtu même dans les meilleures circonstances, n’était certainement pas prêt à laisser les faits changer sa manière de penser.

C’est pendant le voyage du président Bush au Moyen Orient qui vient juste de se terminer que ce processus de distanciation avec les agences de renseignements a culminé lorsque le président a déclaré au premier ministre Ehoud Olmert et aux Saoudiens que le rapport NIE n’avait pas d’influence sur son point de vue sur l’Iran. A un moment, il a dit : "j’ai défendu nos services de renseignement, mais j’ai été clair sur le fait qu’ils sont une agence indépendante ; qu’ils aboutissent à des conclusions qui ne sont pas déterminées par ce que je voudrais ou ne voudrais pas."

Bush a aussi dit à Olmert qu’un rapport des services de renseignements israéliens qui détaille la menace que pose l’Iran et affirme que les programmes d’armement sont de nouveau en place et fonctionnent correspond mieux à sa propre estimation. L’affirmation de Bush comme quoi la communauté du renseignement serait indépendante du gouvernement dont elle serait une branche séparée est bien-sûr complètement absurde mais symptomatique du mode de pensée de Cheney et de ses soutiens.

Bush et Cheney sont à nouveau sur la voie d’un programme visant à renforcer la rôle de la démocratie américaine au Moyen Orient, par la force des armes si cela est nécessaire. Lorsque le directeur des services de renseignements Mike McConnell et des analystes de haut rang de la CIA ont briefé le vice président Cheney à propos de potentiels retours de bâtons suite à une confrontation militaire avec l’Iran début janvier, Cheney fût méprisant, répondant que les Etats-Unis pouvaient faire face à n’importe quelles conséquences.

Le vice président qui, selon des témoignages, a régulièrement dénigré les rapports des services de renseignements US aux réunions du Conseil National de Sécurité, défend le point du vue que la communauté du renseignement se venge pour avoir été blâmé de la piètre qualité des informations qui ont contribué à l’invasion de l’Irak et sape délibérément la politique américaine vis-à-vis de l’Iran.

McConnell, et le général Micheal Hayden de la CIA se sont senti frustrés de l’hostilité en provenance de la Maison Blanche. A contre-coeur, ils en sont arrivés à la conclusion que Cheney dénigre intentionnellement et délibérément les agences de renseignement US par le biais de ses alliés au sein des "think tanks" de Washington d’obédience néoconservatrice. Il a également personnellement soutenu la campagne médiatique contre le rapport NIE, qui s’est concentrée sur les relais médiatiques usuels des néoconservateurs, le Wall Street Journal, le Weekly Standard, la National Review et Fox News.

D’après des sources au sein de services de renseignement à Washington, le vice président a recommencé à exhorter Bush à agir contre l’Iran avant la fin de sa présidence. Cheney a suggéré que si Israël agit contre l’Iran, les Etats-Unis seront entrainés dansl’attaque et n’auront d’autre choix que de rejoindre Tel Aviv dans l’action militaire.

Le retour de Cheney et l’instabilité qui fait suite aux tentatives de Bush de revigorer la coalition arabe anti-iranienne chancelante a alarmé plusieurs membres de haut rang de la communauté du renseignement américaine, qui font maintenant marche arrière quand à leur affirmation optimiste que le NIE sur l’Iran empêcherait une attaque US de l’Iran.

Beaucoup pensent maintenant que Bush est d’accord avec Cheney sur le principe qu’un conflit militaire avec l’Iran doive être déclenché avant que le nouveau président ne prenne ses fonctions.

Philip Giraldi est un ancien agent de la CIA, spécialiste des questions de sécurité et de contre-terrorisme.


Publication originale Huffington Post, traduction Dominique Larchey-Wendling pour Contre Info.

 

Vol de secrets nucléaires : Le london Times confirme les déclarations de Sibel Edmonds

[Gregoire Seither - IES News Service - 20/01/2008]

La bombe médiatique publiée par Sibel Edmonds dans le Sunday Times d’il y a 15 jours a été soigneusement ignorée par la presse occidentale et surtout U.S. Cette auto-censure de la presse semble lentement s’effriter. Plusieurs stations de radio aux Etats-unis ont repris les informations données par Mme Edmonds et l’ont interviewée par téléphone. En Grande-Bretagne, c’est le très sérieux London Times, dans son édition du jour qui titre sur “Le vol des secrets nucléaires”

Et dans la foulée, il nous révèle une information nouvelle (voir en fin d’article) :

“Le FBI a été accusé d’avoir étouffé un dossier clé apportant des preuves détaillées d’un cas de corruption à un très haut niveau du gouvernement des Etats-unis en relation avec un réseau d’espionage de secrets nucléaires à destination du Pakistan et de l’Iran.

Ces accusations ont été faites à la suite de la publication, le 6 janvier dernier, dans le journal “The Sunday Times” d’un article sur Sibel Edmonds, une dénonciatrice du FBI qui a travaillé pour l’agence lors de l’enquête sur ce réseau.

Edmonds, qui a aujourd’hui 37 ans, est une ancienne traductrice de Turc qui a écouté et traduit des centaines de conversations sensibles interceptées par le services secrets U.S., lors de son travail au centre d’enquêtes du FBI, à Washington. (…)

L’un des documents cités par Mme Edmonds, porte la côte 203A-WF-210023. Mais la semaine dernière, dans une réponse à une demande de communication de ce document au titre du “Freedom of information act”, le FBI a répondu qu’il n’existait aucun document portant cette côte. Cette affirmation s’est avérée fausse quand la rédaction du “Sunday Times” a pu obtenir un document signé d’un directeur du FBI et qui confirme l’existence de ce document. (…)

La demande de communication de ce document, dans le cadre de la loi sur l’accès des citoyens aux documents administratifs (FOIA) n’a pas été déposée par Mme Edmonds mais par un groupe étatsunien de défense des droits de l’homme, la “Liberty Coalition”, sur la base d’une information reçue d’un correspondant anonyme.

La lettre du FBI donne un certain nombre d’indications sur le contenu de ce dossier, indications qui confirment les révélations faites par Mme Edmonds. Selon elle des membres de la communauté diplomate turque aux Etats-unis ont mis en place un réseau de collecte d’informations sensibles sur l’industrie nucléaire. L’implication de la Turquie n’était d’ailleurs qu’un paravent, les vrais commanditaires étaient les militaires pakistanais et les services secrets de ce pays, l’ISI, Inter-Services Intelligence. Mme Edmonds affirme que des haut fonctionnaires corrompus ont apporté leur assistance au résau, utilisant des organisations culturelles et économiques, comme le American-Turkish Council (ATC) comme points de relais.” (…)

Parmi les accusations proférées par Mme Edmonds, il y a notamment le fait qu’un haut fonctionnaire de la Maison Blanche aurait fourni au réseau d’espionnage des informations sur l’enquête de la CIA, l’avisant de ne pas approcher la société Brewster Jennings étant donné que celle-ci était une société écran pour la CIA dans son enquête sur le trafic de matières nucléaires.

Cette trahison de la part du haut fonctionnaire en question est survenue deux ans avant que la société Brewster Jennings soit révélée au grand jour, quand, suite à une fuite orchestrée, l’une de ses employés, Valerie Plame, fut “grillée” par la presse comme étant une agente de la CIA.

Mme Plame est l’épouse d’un diplomate, Joseph Wilson qui avait mis dans l’embarras l’Administration Bush lors de la préparation de l’invasion de l’Irak en démontrant que certains éléments présentés par la Maison Blanche pour prouver que Saddam Hussein cherchait à se doter de l’arme nucléaire étaient faux et avaient été fabriqués par les conseillers du Président Bush. Il fut donc soupçonné qu’elle avait été grillée par vengeance contre son mari. L’affaire devint une cause célèbre aux U.S. avant d’aboutir à la condamnation, en 2007, de Lewis Libby, “spin doctor” et proche conseiller du Président Bush.”

Tout comme le “Sunday Times”, le “London Times” ne nomme pas le haut fonctionnaire, alors que de très nombreux analystes de l’affaire ont présenté des preuves, depuis 2004, qu’il s’agit en fait de Marc Grossman.

Si les affirmations de Sibel Edmonds sont vraies, alors non seulement la couverture de Mme Wilson a été “grillée” par l’Administration Bush mais , deux ans auparavant, l’intégralité de l’opération d’infiltration du marché noir nucléaire par la CIA a été “grillée” par un haut fonctionnaire de l’Administration U.S.

Il n’est pas anodin de mentionner que Marc Grossman, travaillant pour l’Administration Clinton, savait pertinement que les informations qu’il vendait aux Turcs étaient en fait destinés au Docteur Folamour pakistanais, le Professeur A.Q. KhanAbdul-Qadeer-Khan-Profile Dec-07 , qui a exporté la technologie nucléaire militaire vers l’Iran et la Corée du Nord.

Mais, à l’époque, à la Maison Blanche des Clinton, on était très ami avec le Pakistan… il n’est donc pas impossible qu’il y ait eu des consignes de tout faire pour empécher la CIA d’aller mettre son nez dans les petits traffics du Docteur Khan et de son parrain politique, le Général Pervez Musharraf.

A noter également que, en 2005, l’ancien conseiller pour la sécurité nationale du Président Bill Clinton, a été condamné pour avoir fait disparaître un certain nombre de documents classifiés des Archives Nationales, afin de les soustraire à la commission d’enquête sur le 11 septembre. Parmi les documents “emportés par mégarde”, il y aurait notamment un dossier (jamais retrouvé) sur les amitiés particulières des Clinton au Pakistan…

L’affaire Sibel-Edmonds est loin d’avoir encore révélé tous ses secrets.

Lundi 21 Janvier 2008

http://libertesinternets.wordpress.com/

Affaire Sibel Edmonds: le retour!

De nouvelles révélations faites au Sunday Times par Sibel Edmonds

A Vendre : Secrets Nucléaires Mortels de l’Occident

«… Les Turcs et les Israéliens avaient planté des « taupes » dans des institutions militaires et universitaires qui s’occupaient de technologie nucléaire…Il y avait plusieurs transactions de matériel nucléaire chaque mois, et les Pakistanais étaient parmi les acheteurs éventuels. « Le Réseau semblait obtenir des informations de chaque agence nucléaire aux US…»

A Vendre : Secrets Nucléaires Mortels de l'Occident

A Vendre : Secrets Nucléaires Mortels de l’Occident

Une dénonciatrice a fait toute une série d’affirmations extraordinaires concernant le fait que des responsables gouvernementaux corrompus ont autorisé le Pakistan et d’autres pays à voler des secrets sur des armes nucléaires.

Sibel Edmonds, l’ancienne traductrice de 37 ans en langue turque ayant travaillé pour le FBI, a écouté des centaines de conversations sensibles interceptées alors qu’elle travaillait au bureau des opérations de l’agence à Washington.

Elle a pris contact le mois dernier avec le Sunday Times après avoir lu un article sur un terroriste d’Al Qaeda qui avait révélé son rôle dans la formation de certains de ceux ayant détournés les avions lors du 11 septembre tandis qu’il était en Turquie.

Edmonds a décrit comment des agents étrangers avaient obtenu le soutien de fonctionnaires US pour placer un réseau de taupes dans des institutions sensibles militaires et nucléaires.

Parmi les heures d’enregistrements audio, elle dit qu’elle a entendu des preuves qu’un haut fonctionnaire bien connu au sein du Département d’Etat US était payé par des agents Turcs pour vendre des informations à des acheteurs sur le marché noir, inclus le Pakistan.

Le nom de ce fonctionnaire – qui a occupé toute une série de postes de haut niveau au sein du gouvernement – est connu du Sunday Times. Il nie avec force les affirmations.

Cependant, Edmonds a dit : « Il aidait des agents étrangers contre les intérêts des US en leur faisant passer des informations classées top secret, non seulement du Département d’Etat, mais aussi du Pentagone, en échange d’argent, position et objectifs politiques. »

Elle affirme que le FBI collectait aussi des preuves contre des fonctionnaires de haut rang du Pentagone – incluant des personnalités connues de tous- qui aidaient les agents étrangers.

« Si vous rendez public toute l’information que le FBI a sur cette affaire, vous verrez des personnes haut placées poursuivies dans des affaires criminelles, » a-t-elle dit.

Son histoire montre à quel point l’Occident a été infiltré par des états étrangers cherchant des secrets nucléaires. Cela illustre comment des fonctionnaires gouvernementaux occidentaux ferment les yeux, ou ont même aidé, des pays comme le Pakistan à acquérir la technologie sur la bombe.

Le réseau nucléaire élargi a été sous surveillance pendant des années par un travail conjoint des services de renseignement américano anglais. Mais, au lieu d’y mettre fin, des enquêtes menées par des services juridiques chargés de l’application des lois tel que le FBI et le Revenue & Customs britannique ont été sabotées pour préserver les relations diplomatiques.

Edmonds, qui parle couramment le Turc et le Farsi a été recrutée par le FBI après les attaques du 11 septembre. Ses affirmations précédentes sur l’incompétence au sein du FBI sont bien documentées en Amérique.

Elle a apporté des preuves devant des réunions à huit clos du Congrès et de la Commission du 11 septembre, mais une grande partie des points clés de ses témoignages sont restés secrets. Elle a maintenant décidé de divulguer certaines de ces informations après avoir été déçue par l’échec des autorités US à agir.

L’un des principal rôle d’Edmonds au sein du FBI était de traduire des milliers d’heures de conversations tenues par des cibles diplomatiques et politiques Turques qui avaient été enregistrées clandestinement par l’agence.

Un grand nombre d’enregistrements avaient été accumulés, certains remontant à 1997, dont le FBI avait besoin pour son enquête sur les liens entre des cibles Turques et Pakistanaises, Israéliennes et Américaines. Avant de quitter le FBI en 2002, elle a entendu des preuves qui faisaient ressortir des actions de blanchiment d’argent, d’importation de drogues et de tentatives d’acquisition de la technologie pour des armes conventionnelles et nucléaires.

« Ce que j’ai trouvé était accablant » a –t-elle dit. « Tandis que le FBI enquêtait, plusieurs branches du gouvernement couvraient ce qui se passait. »

Les Turcs et les Israéliens avaient planté des « taupes » dans des institutions militaires et universitaires qui s’occupaient de technologie nucléaire. Edmonds a dit qu’il y avait plusieurs transactions de matériel nucléaire chaque mois, et les Pakistanais étaient parmi les acheteurs éventuels. « Le Réseau semblait obtenir des informations de chaque agence nucléaire aux US, » a-t-elle dit.

Ils ont été aidé, a-t-elle dit, par le haut fonctionnaire du Département d’Etat qui fournissait à certaines de leurs taupes – principalement des Etudiants en PhD – un passe sécurisé pour travailler dans des installations de recherche nucléaire sensible. Cela incluait le laboratoire nucléaire de Los Alamos au Nouveau Mexique, qui est responsable pour la sécurité de la force de dissuasion nucléaire US.

Lors d’une conversation qu’a entendue Edmonds le fonctionnaire faisait les arrangements pour récupérer 15 000 § en espèces de pot de vin. Le paquet devait être jeté à un endroit convenu par quelqu’un de la communauté diplomatique Turque qui travaillait pour le réseau.

Les Turcs, dit –elle, agissaient souvent comme intermédiaire pour l’ISI (Inter Services Intelligence) l’agence d’espionnage du Pakistan, parce qu’ils étaient moins sujets à attirer les soupçons. Des lieus tels que celui du American Turkish Council (Conseil Américain Turc) à Washington étaient utilisés pour déposer l’argent liquide, qui était récupéré par le fonctionnaire.

Edmonds a dit : « j’ai entendu au moins 3 transactions comme celle là sur une période de 2 ans ½. Probablement qu’il y en a certainement plus. »

L’opération du Pakistan était dirigée par le Général Mahmoud Ahmad, alors chef du ISI.

Des communications interceptées montrent qu’Ahmad et ses collègues stationnés à Washington étaient en contact permanent avec des attachés de l’ambassade Turque.

Des analystes du renseignement ont dit que des membres d’ISI étaient proches d’Al Qaeda avant et après le 11 septembre. Effectivement, Ahmad a été accusé d’avoir endossé le virement du paiement de 100 000 $ à Mohammed Atta, l’un de ceux ayant détourné les avions du 11 septembre, juste avant les attaques.

Les résultats de l’espionnage ont presque certainement été passés à Abdul Qadeer Khan, le scientifique spécialiste du nucléaire Pakistanais.

Khan était un proche d’Ahmad et du ISI. Tandis qu’il dirigeait le programme nucléaire du Pakistan, il est devenu millionnaire en vendant des secrets atomiques à la Libye, l’Iran, la Corée du Nord. Il a aussi utilisé un réseau de sociétés en Amérique et en Grande Bretagne pour obtenir des composants pour le programme nucléaire.

Khan a provoqué une alerte parmi les agences de renseignements occidentaux quand ses aides ont rencontré Ben Laden. « Nous avions connaissance de contact entre des gens de A Q Khan et Al Qaeda » a dit un ancien officier de la CIA la semaine dernière. « Il y a eu une panique totale au début quand nous avons découvert cela, mais finalement à la fin cela s’est arrangé. »

C’est probable que les secrets nucléaires volés des US ont été vendus à un certain nombre d’états voyous par Khan.

Edmonds allait voir plus tard l’étendue des connections Pakistanaises quand on a découvert que l’une des collègues traductrices au FBI était la fille d’un fonctionnaire de l’ambassade Pakistanaise qui travaillait pour Ahmad. La traductrice a reçu un passe sécuritaire pour des informations classées top secret malgré les protestations d’enquêteurs du FBI.

Edmonds dit que des paquets contenant des secrets nucléaires étaient délivrés par des agents Turcs à des contacts à l’ambassade Pakistanaise à Washington, utilisant leur statut de membres de la communauté diplomatique et militaire comme couverture.

Suite au 11 septembre, un certain nombre d’agents étrangers* ont été appréhendés pour être interrogés parle FBI qui les soupçonnait d’avoir connaissance ou d’avoir aidé d’une certaine façon aux attaques.

Edmonds a dit que le fonctionnaire du Département d’Etat s’est montré de nouveau utile.
«Une cible principale appelait le fonctionnaire pointant certains noms sur la liste et disait, « nous avons besoin de les faire sortir des US parce que nous ne pouvons pas nous permettre qu’ils vendent la mèche » a-t-elle dit. « Le fonctionnaire a dit qu’il « s’en occuperait. ».

Les quatre suspects sur la liste ont été relâchés de l’interrogatoire et extradés.

Edmonds affirme également qu’un certain nombre de fonctionnaires de haut rang au Pentagone ont aidé les agents Israéliens et Turcs.

« Les gens ont fourni des listes de taupes potentielles au sein d’institutions liées au Pentagone qui avaient accès aux bases de données concernant cette information, » a –t-elle dit.

« Les responsables des agents, qui faisaient partie de la communauté diplomatique, essayaient alors de recruter ces personnes pour qu’elles deviennent des taupes pour le réseau. Les listes contenaient tous leurs « points faibles », qui pouvaient être financiers ou sexuels et sur lesquels faire pression, leur travail exact au Pentagone et à quel type de document ils avaient accès. »

L’une des personnalités du Pentagone sous enquête c’était Lawrence Franklin, un ancien analyste du Pentagone qui a été emprisonné en 2006 pour avoir passé des informations sur la Défense US à des lobbyistes (du Lobby pro sioniste AIPAC actuellement poursuivis ndlt) et d’avoir partagé des informations classées secret défense avec un diplomate israélien.

« C’était l’une des personnes au sommet fournissant des informations et des paquets pendant les années 2002 2001 » a –t-elle dit.

Une fois récupérés, les secrets nucléaires ont pu aller n’importe où. Le FBI a surveillé des diplomates Turcs qui vendaient des copies de l’information au plus offrant.

Edmonds a dit : «Certains agents Turcs avides d’argent faisaient des copies du matériel et cherchaient des acheteurs. Ils avaient des agents chargés de trouver des acheteurs potentiels. »

Au cours de l’été 2000, Edmonds dit que le FBI a surveillé l’un des agents alors qu’il rencontrait deux hommes d’affaires Saoudien à Détroit pour vendre des informations nucléaires volées d’une base de l’armée de l’air en Alabama. Elle a surpris l’agent entrain de dire : « nous avons un paquet et nous allons le vendre pour 250 000 $. »

L’emploi d’Edmonds au FBI n’a duré que six mois. En mars 2002, elle a été congédiée après avoir accusé un collègue de couvrir des activités illégales de nationaux Turcs.

Elle a toujours affirmé qu’elle a été victime pour avoir parler ouvertement et a été innocentée par une enquête du bureau de l’Inspection Générale qui a étudié son cas trois ans plus tard. Ils ont trouvé que l’une des raisons qui avait contribué à son licenciement c’était qu’elle avait émis des reproches justifiés.

Le procureur général US a imposé un ordre étatique arguant du privilège du secret sur elle, ce qui l’empêche de révéler plus de détails des méthodes du FBI et des enquêtes en cours.

Ses accusations ont été entendues lors d’une réunion à huit clos du Congrès, mais aucune action n’a été entreprise et elle continue de faire campagne pour une audition publique.

Elle a pu discuter du cas avec le Sunday Times parce qu’à la fin de janvier 2002, le Ministère de la Justice avait mis fin au programme.

Le fonctionnaire haut gradé du Département d’Etat n’y travaille plus. La semaine dernière il a nié toutes les accusations d’Edmonds : « si vous m’appelez pour me dire que quelqu’un a dit que j’ai pris de l’argent, c’est outrageant… je n’ai rien à dire sur de telles choses si stupides et ridicules. »

Dans ses recherches faites pour écrire cet article, le Sunday Times a parlé avec deux officiers du FBI (l’un en poste l’autre un ex) et deux ex sources de la CIA qui ont travaillé sur la prolifération nucléaire. Bien qu’aucun n’avait connaissance des accusations spécifiques contre les fonctionnaires qu’elle a nommés, ils ont effectivement fourni une corroboration coïncidant avec l’histoire d’Edmonds.

L’une des sources de la CIA a confirmé que les Turcs ont acquis des secrets nucléaires des US et ont partagé les informations avec le Pakistan et Israël. « Nous n’avons aucune indication que la Turquie a ses propres ambitions nucléaires. Mais les Turcs sont des commerçants. A ma connaissance ils sont devenus de grands acteurs à la fin des années 90, » selon la source.

06/01/08 Copyright The Sunday Times. Cet article n’est pas signé il est suivi d’un résumé intitulé "Comment le Pakistan a obtenu la bombe, puis l’a vendue à ceux faisant les offres les plus élevées".

Lire la totalité du document

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

 

Remarques :

Il faut replacer cette information dans son contexte géopolitique actuel :

1) Les relations entre le Pakistan et les US sont tendus, on parle même dans les médias anglo-saxons d’une possible intervention d’unités spéciales US pour « sécuriser » les sites nucléaires Pakistanais, entendez mettre la main sur l’arme de dissuasion du Pakistan et ce qui reste d’indépendance de ce pays vis-à-vis des US. Tout cela doit être aussi vu dans le cadre d’un probable renforcement de l’action militaire US/OTAN en Afghanistan. Le scénario Al Qaeda et sa possible main mise sur une « bombe sale » ne sont qu’un écran de fumée entretenu par des médias complaisants.

2) Les relations entre la Turquie et les US sont également tendues notamment en ce qui concerne le Nord de l’Irak, où la Turquie voit d’un très mauvais oeil une éventuelle indépendance Kurde.

3)Tout ceci fait partie de la déstabilisation amorcée par les US (« Destruction Positive ») dans cette région avec la complicité de leurs alliés occidentaux dont la France de Sarkozy qui prévoit un renforcement de la participation française militaire en Afghanistan.

Il faut aussi replacer cette information dans son contexte médiatique :

The Sunday Times appartient au magnia des medias Rupper Murdoch, (Fox News la TV pro guerre US c’est lui), un pro néo con américano sioniste notoire qui a affirmé il y a peu (information reprise dans le journal le Monde) qu’il influençait sciemment le contenu de ses médias. En révélant maintenant ces informations détenues depuis un mois (comme écrit dans l’article plus haut), il se fait donc l’écho du mécontentement et de la pression exercée par Washington sur ses « alliés » Turcs et Pakistanais, qui semblent ne pas être suffisamment dociles au goût de Washington. De plus, il minimise l’implication israélienne dans ces affaires. * On peut rappeler par exemple que plus d’une centaine de faux étudiants (agents du Mossad) en art israéliens ont été arrêtés et interrogés en lien avec les attaques du 11 septembre, juste après, dont certains (déguisés en déménageurs) ont été vus et filmés entrain de se réjouir en contemplant les tours attaquées. Ils ont tous été expulsés vers Israël et les informations recueillies les concernant sont classées top secret, même la Commission du 11 septembre n’y a pas eu accès.

Tous ceux qui remettent, à juste titre – Deux responsables de la Commission ayant enquêté sur le 11 septembre viennent d’accuser la CIA de leur avoir cacher l’existence des enregistrements des tortures de certains détenus de Guantanamo dont les témoignages obtenus sous la torture ont été utilisés à charge pour déterminer qui était responsable - en question la version officielle des attaques du 11 septembre évoquent la complicité du Mossad qui aurait été au courant (voire plus) notamment en surveillant ceux qui ont détourné les avions (Certains de ces étudiants étaient voisins de ces hitjakkers).

Enfin dernier point indirectement lié : La « tournée » au Moyen Orient de G.W Bush n’a rien à voir avec le problème palestinien mais se concentre sur la volonté de Washington de contrer le développement régional de l’Iran notamment parce que l’Iran est entrain de développer des liens avec les pays arabes de la région (le dernier en date le rapprochement Iran/Egypte), ce qui déplaît fortement aux américano sionistes. Les médias sionistes rapportent que Bush doit s’entretenir avec le gouvernement de Tel Aviv de plans militaires sionistes d’attaques des installations nucléaires iraniennes. Faisant écho à cette information, G.W Bush a réitéré l’engagement des US à défendre son allié Israël si l’Iran l’attaquait. Une attaque contre l’Iran n’est pas du tout écartée, et le scénario probable est celui déjà mentionné par le Vice Président Américain Dick Cheney, un néo con :

Une attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes, des représailles iraniennes contre Israël justifiant une intervention militaire américaine contre l’Iran.

Une extrême vigilance pour 2008 reste donc de mise, surtout pendant les premiers mois de cette année, car les américano sionistes n’ont pas du tout abandonné leur projet d’attaque contre les installations nucléaires de l’Iran.

Pour mémoire : l’affaire Sibel Edmonds

http://www.reopen911.info/11-septembre/l%e2%80%99affaire-sibel-edmonds/

Sibel Edmonds