Dollar : Une analyse de De Gaulle plus que jamais d’actualité!

La qualité légendaire des entretiens de De Gaulle avec la presse n’est plus à démontrer. Dans cet entretien accordé en 1965 à la presse écrite, il exprime une fois de plus le choix raisonné de l’indépendance économique, politique et militaire des Etats-Unis. Que son choix politique d’un retour à l’étalon-or soit aujourd’hui sujet à débat est une chose, mais la justesse de son analyse politique dynamique est toujours d’actualité. Dès 1965 il pointe le doigt sur les dérives vénales du système économique libéral étatsunien adossé à un usage quasi frauduleux du dollar. Les travers de l’unilatéralisme ont depuis fait des ravages aux 4 coins de la planète, et révéler les supercheries du 11 Septembre pourrait bien contribuer à y mettre un frein quelques temps (osons réver!).

De Gaulle

Q. – M. le Président, en changeant en or une partie de ses avoirs en dollars, la France a provoqué certaines réactions qui ont fait apparaître les défauts du système monétaire actuel. Etes-vous partisan de réformer ce système, et, si oui, comment ?

R. - Je vais tâcher d’expliquer ma pensée sur ces points, A mesure que les États de l’Europe occidentale, décimés et ruinés par les guerres, recouvrent leur substance, la situation relative qui avait été la leur par suite de leur affaiblissement apparaît comme inadéquate, voire abusive et dangereuse. Rien, d’ailleurs, dans cette constatation n’implique de leur part et, notamment, de celle de la France quoi que ce soit d’inamical à l’égard d’ autres pays, en particulier de l’Amérique. Car, le fait que ces États veuillent, chaque jour davantage, agir par eux-mêmes dans tout domaine des relations internationales procède simplement du mouvement naturel des choses. Il en est ainsi pour ce qui est des rapports monétaires pratiqués dans le monde depuis que les épreuves subies par l’Europe lui firent perdre l’équilibre. Je veux parler - qui ne le comprend? - du système apparu au lendemain de la Première Guerre et qui s’est établi à la suite de la Seconde. On sait que ce système avait, à partir de la Conférence de Gênes, en 1922, attribué à deux monnaies, la livre et le dollar, le privilège d’être tenues automatiquement comme équivalentes à l’or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres ne l’étaient pas. Par la suite, la livre ayant été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933, cet insigne avantage avait pu sembler compromis. Mais l’Amérique surmontait sa grande crise. Après quoi, la Deuxième Guerre mondiale ruinait les monnaies de l’Europe en y
déchaînant l’inflation. Comme presque tontes les réserves d’or du monde se trouvaient alors détenues par les États-Unis, lesquels, en tant que fournisseurs de l’univers, avaient pu conserver sa valeur à leur propre monnaie, il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l’or dans leurs réserves de change et que les balances extérieures des paiements s’établissent par transferts de crédits ou de signes monétaires américains aussi bien que de métal précieux. D’ autant plus que l’Amérique n’éprouvait aucun embarras à régler ses dettes en or si cela lui était demandé. Ce système monétaire international, ce « Gold Exchange Standard », a été par conséquent admis pratiquement depuis lors.
Cependant, il ne paraît plus aujourd’hui aussi conforme aux réalités et, du coup, présente des inconvénients qui vont en s’alourdissant. Comme le problème peut être considéré dans les conditions voulues de sérénité et d’objectivité - car la conjoncture actuelle ne comporte rien qui soit, ni
très pressant, ni très alarmant - c’est le moment de le faire.
Les conditions qui ont pu, naguère, susciter le « Gold Exchange Standard » se sont modifiées, en effet. Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte. C’est dire que la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, à savoir la possession par l’Amérique de la plus grande partie de l’or du monde. Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. En effet, ce qu’ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l’or, dont la valeur est réelle, qu’on ne possède que pour l’avoir gagné et qu’on ne peut transférer à d’ autres sans risque et sans sacrifice. Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l’Amérique contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un moyen de crédit approprié à un Etat.
Évidemment, il y a d’ autres conséquences à cette situation.
Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’ autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d’année en année, une balance déficitaire. Non point que le total de leurs échanges commerciaux soit en leur défaveur. Bien au contraire! Leurs exportations de matières dépassent toujours leurs importations. Mais c’est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties l’emportent toujours sur les rentrées. Autrement dit, il se crée en Amérique, par le moyen de ce qu’il faut bien appeler l’inflation, des capitaux, qui, sous forme de prêts en dollars accordés à des Etats ou à des particuliers, sont exportés au dehors. Comme, aux États-Unis même, l’accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contre-coup rend moins rémunérateurs les placements à l’intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une sorte d’expropriation de telles ou telles de leurs entreprises.
Assurément, une telle pratique a grandement facilité et favorise encore, dans une certaine mesure, l’aide multiple et considérable que les États-Unis fournissent à de nombreux pays en vue de leur développement et dont, en d’ autres temps, nous avons nous-mêmes largement bénéficié. Mais les circonstances sont telles aujourd’hui qu’on peut même se demander jusqu’où irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or? Lors même, d’ailleurs, qu’un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu’il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé. On sait qu’elle l’a fait, notamment, lors de la Conférence monétaire de Tokyo. Étant donné la secousse universelle qu’une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l’éviter. Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’ aucun pays en particulier.
Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’à cet égard il puisse y avoir de critère, d’étalon, autres que l’or. Eh oui ! L’ or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n’a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. D’ailleurs, en dépit de tout ce qui a pu s’imaginer, se dire, s’ écrire, se faire, à mesure d’immenses événements, c’est un fait qu’encore aujourd’hui aucune monnaie ne compte, sinon par relation directe ou indirecte, réelle ou supposée, avec l’or. Sans doute, ne peut-on songer à imposer à chaque pays la manière dont il doit se conduire à l’intérieur de lui-même. Mais la loi suprême, la règle d’or - c’est bien le cas de le dire - qu’il faut remettre en vigueur et en honneur dans les relations économiques internationales, c’est l’obligation d’équilibrer, d’une zone monétaire à l’ autre, par rentrées et sorties effectives de métal précieux, la balance des paiements résultant de leurs échanges.
Certes, la fin sans rudes secousses du « Gold Exchange Standard », la restauration de l’étalon -or, les mesures de complément et de transition qui pourraient être indispensables, notamment en ce qui concerne l’organisation du crédit international à partir de cette base nouvelle, devront être concertées posément entre les Etats, notamment ceux auxquels leur capacité économique et financière attribue une responsabilité particulière. D’ailleurs, les cadres existent déjà où de telles études et négociations seraient normalement menées. Le Fonds monétaire international, institué pour assurer, autant que faire se peut, la solidarité des monnaies, offrirait à tous les Etats un terrain de rencontre approprié, dès lors qu’il s’agirait, non plus de perpétuer le « Gold Exchange Standard », mais bien de le remplacer. Le « Comité des Dix », qui groupe, aux côtés des États-Unis et de l’ Angleterre, d’une part la France, l’ Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique, d’ autre part le Japon, la Suède et le Canada, préparerait les propositions nécessaires. Enfin, il appartiendrait aux Six États qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique européenne d’élaborer entre eux et de faire valoir au -dehors le système solide que recommande le bon sens et qui répond à la puissance renaissante de notre Ancien Continent.
La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste reforme qui s’impose désormais dans l’intérêt du monde entier.

Charles de G au lle
Extrait de "Discours et Messages" - Charles de Gaulle
- Plon, 1970 - pages 330 à 334

Après la menace saoudienne, les États-Unis plantent Internet au Moyen-Orient et la Russie répond avec l’armée de l’air

Par Sorcha Faal, le 3 février 2008 (traduit par Alterinfo)

Dollar

​​​​Les rapports circulant au Kremlin aujourd’hui dépeignent le sombre tableau des meneurs de guerre étasuniens devenus désespérés, qui, pendant que leur économie poursuit sa chute libre vers la faillite totale, ont planté l’accès mondial à Internet des centres bancaires du Moyen-Orient, d’Égypte, d’Arabie Saoudite, d’Abou Dhabi, d’Iran, des Républiques Arabes Unies, de Turquie et du Koweït.

​​​​Ces rapports indiquent que les Étasuniens sont devenus furieux la semaine dernière, quand l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole a rejeté [1] leur demande d’augmenter immédiatement de la production pétrolière.

​​​​En outre, la semaine dernière, les Étasuniens ont été rendus furieux par le refus de la Turquie [2] de rompre ses liens avec la Banque Mellat d’Iran, qui permet à ce pays de continuer à accéder aux ressources bancaires mondiales.

​​​​Mais, ces rapports signalent que les plus grandes peurs étasuniennes ont été suscitées la semaine dernière, quand l’Arabie Saoudite leur a conseillé de faire marche arrière quant à leurs menaces contre l’Iran, ou alors d’être confrontés à la séparation du dollar des énormes transactions commerciales mondiales de pétrole saoudien.

​​​​Bien que le Président étasunien soit personnellement allé au royaume saoudien pour presser ses alliés du Moyen-Orient de se mettre d’accord afin d’attaquer l’Iran, à cause de la séparation du dollar de son commerce pétrolier, Bush a été promptement repoussé [3].

​​​​Il doit être noté que les nations qui ont osé découpler leur commerce pétrolier du dollar, l’Iraq, l’Iran, la Russie et le Venezuela, ont fait l’objet d’attaques cinglantes de la part des Étasuniens et de leurs alliés occidentaux. Les Irakiens ont signalé avoir subi les pires pertes, plus d’un million de morts depuis l’invasion étasunienne en 2003.

​​​​Mais, comme ces rapports le signalent, le pire cauchemar des Étasuniens a semblé se réaliser la dernière semaine, quand leurs alliés saoudiens auraient commencé la séparation du dollar de leur commerce pétrolier, avec l’intention de remplacer rapidement cette devise dans le déclin par l’Euro européen.

​​​​Pourtant, les meneurs de guerre étasuniens ont déjà eu des avertissements concernant la crainte grandissante des Saoudiens, de demeurer détenteurs de billions de dollars en baisse, quand, pour la première fois, l’Arabie saoudite a refusé de réduire ses taux d’intérêt en mode rigide [4] avec la Réserve Fédérale, ce qui a amené l’appréhension d’une débandade [4] de la part des autres nations du Moyen-Orient pour sortir des avoirs adossés au dollar étasunien.

​​​​Dans ces rapports, les analystes militaires russes déclarent que, les États-Unis, devant pareille menace, avec en plus le Roi saoudien se rapprochant de plus en plus du Président Ahmadinejad d’Iran, ont invoqué l’une de leurs fameuses « options nucléaires, » en coupant [5] quatre [6] grands câbles sous-marins reliant les grands centres bancaires du Moyen-Orient à leurs homologues mondiaux en Occident.

​​​​La coupure de ces câbles signifie que les centres bancaires du Moyen-Orient se voient refuser l’accès à la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT), basée à Bruxelles. Ce central transporte jusqu’à 12,7 millions de communications par jour, qui contiennent les instructions concernant les nombreux transferts d’argent internationaux entre banques. . . .

​​​​Dans cette affaire de sectionnement des câbles par les États-Unis, Moscou a rapidement réagi contre l’Occident. Le Président russe, Vladimir Poutine, a ordonné aux chasseurs et aux bombardiers de prendre des mesures immédiates pour protéger les câbles sous-marins vitaux de la nation Russe dans les océans Atlantique et Arctique.

​​​​À propos des ressources utilisées par l’armée de l’air de Russie, nous pouvons lire l’article de Reuters intitulé « La Russie envoie des bombardiers et des chasseurs en Atlantique et en Arctique » :

​​​​Le porte-parole des forces aériennes a déclaré, « Les pilotes de l’armée de l’air effectueront, dans les régions qui doivent être surveillées, des exercices d’attaques par bombardement de missiles contre les forces navales d’un ennemi hypothétique, des combat air-air, des ravitaillements et des patrouilles. » Le groupe de bombardement comporte deux bombardiers stratégiques Tupolev Tu-160, baptisée « Blackjack » par l’OTAN, deux bombardiers stratégiques à turbopropulseurs Tu-95 « Bear, » et huit bombardiers Tu-22 « Blinder. » Des chasseurs MiG-31 et Su-27 ont aussi été envoyés sur zone.

​​​​Ce qu’il adviendra de ces événements nous est inconnu. L’une des banques officielles russes, qui a souhaité garder l’anonymat, a précisé que, « Si l’Arabie Saoudite découple effectivement son pétrole du dollar, pour tout un tas de raisons pratiques, les États-Unis cesseront d’être une puissance mondiale. Car leur économie s’effondrera complètement, et le dollar n’a pas de valeur en soi à cause de l’incroyable dette des Étasuniens. Sans pétrole, ils ne sont rien. »

Original : http://www.whatdoesitmean.com/index1067.htm

Extraits de quelques articles référencés

​​​​1- VIENNE, 2 février 2008 — Hier, l’OPEP a gardé inchangé l’approvisionnement pétrolier, à 29,67 millions de barils et a entamé un débat pour savoir si oui ou non la réduction de la production est nécessaire en mars pour défendre les prix contre la baisse de la demande.

​​​​L’OPEP a rejeté la demande de Washington de produire plus de pétrole afin d’abaisser la factures de carburant et soutenir l’économie. . . .

​​​​2- Un diplomate turc a rejeté la demande des États-Unis de passer au crible et suspendre l’activité de la banque iranienne Mellat, basée en Turquie.

​​​​Ce diplomate a déclaré au Daily News : « Ce qui engage la Turquie, ce sont les résolutions de l’ONU, et non pas les décrets présidentiels ou les décisions du Congrès des États-Unis. » . . .

​​​​3- Bush ne parvient pas à convaincre les États Arabes face à l’Iran (La source de cet article est le Council on Foreign Relation)

​​​​Inquiétés par la diminution du pouvoir de l’administration Bush, les régimes arabes sunnites ne se confronteront pas à l’Iran, comme le voudraient les États-Unis, mais semblent se mettre dans les petits papiers de la nation chiite et de son président, Mahmoud Ahmadinejad.

​​​​À propos de sa très vantée visite au Moyen-Orient au début de ce mois-ci, les dirigeants arabes ont comblé de cadeaux et d’éloges le Président Daobeuliou, tout en jaugeant si son administration de canards boiteux était capables de contenir l’Iran. Apparemment, la réponse fut non, car, le Président n’avait pas même quitté la région que déjà les critiques commençaient à pleuvoir sur lui.

​​​​« Dans ses remarques d’affrontement contre l’Iran, il n’offre aucune avantage, aucune incitation, aucun compromis, juste les gros bâton étasuniens, » a écrit Arab News, un journal saoudien qui reflète souvent la position du gouvernement. « Ce n’est pas de la diplomatie en recherche de la paix. C’est de la folie en recherche de guerre. »

​​​​Les retombées de la visite de Bush marquent la fin d’une alliance entre Washington et les régimes arabes sunnites : l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et d’autres États du Golfe Persique, qui ont essayé de contrer l’Iran, un pays non arabe.

​​​​Les États sunnites, qui composent en grande partie le Golfe Persique, continuent à considérer l’Iran chiite comme une menace importante, mais ils préfèrent maintenant la négociation avec Téhéran plutôt que l’affrontement.

​​​​Bush a tenté de convaincre les États arabes, en particulier les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, d’isoler l’Iran. Mais les Émirats ont d’importants liens économiques et bancaires avec Téhéran. Et au cours des derniers mois, l’Arabie saoudite a pris des mesures importantes pour tendre la main à Ahmadinejad.

​​​​Début décembre, avec l’approbation tacite saoudienne, Ahmadinejad a pris la parole devant le Conseil de Coopération du Golfe Persique, un bloc arabe formé pour résister à l’Iran. Plus tard dans le mois, le Roi saoudien Abdullah a invité le Président iranien à effectuer le pèlerinage annuel à la ville sainte de La Mecque.

​​​​Ahmadinejad est un musulman chiite et un persan, dans une région dominée par les Arabes sunnites. Historiquement, les Arabes ont peur de l’Iran et de son influence politique culturelle. Mais ils jouent la carte de la lutte anti-étasunienne et anti-israélienne pour tenter de transcender les clivages persan-arabe et les tensions chiites-sunnites, qui montent à cause de la guerre en Irak.

​​​​Pour sa part, l’administration Bush est devenue si impopulaire que même ses fervents alliés tentent de se distancer publiquement d’elle. Et cette stratégie semble marcher pour les Saoudiens, à en juger par la réaction dans les médias étasuniens et dans la rue arabe. Les Saoudiens sont aussi couvert les risques, en flirtant à la fois avec les Étasuniens et les Iraniens.

​​​​Le Roi Abdullah a commencé à rompre publiquement avec l’administration Daobeuliou en mars dernier, quand, pour la première fois il a dénoncé la présence militaire Étasunienne en Irak comme une « occupation étrangère illégitime. » Le roi reflétait l’avis de nombreux Arabes, qui reprochent aux États-Unis d’avoir renversé la minorité sunnite de Saddam Hussein du régime en Iraq, pour renforcer l’Iran.

​​​​Les dirigeants arabes reprochent aussi l’échec des pourparlers israélo-palestiniens . . .

​​​​4- Craintes d’effondrement du dollars comme les Saoudiens s’effarouchent

​​​​L’Arabie saoudite a pour la première fois refusé de réduire les taux d’intérêt au rythme de la Réserve Fédérale. Cela indique que le riche royaume pétrolier s’apprête à rompre sa fixation à la devise dollar. Un mouvement qui risque de déclencher une débandade loin du dollar travers le Moyen-Orient. . . .

​​​​-5 Un troisième câbles sous-marins coupé au Moyen Orient

​​​​(CNN) - Un câble sous-marin d’acheminement du trafic Internet a été coupée dans le golfe Persique, isolant l’émirat de Dubaï, ont annoncé des fonctionnaires vendredi, la troisième perte en trois jours d’une ligne transportant le trafic téléphonique et Internet.

​​​​Mercredi, des navires ont été dépêchés pour réparer les deux câbles sous-marins endommagés au large de l’Égypte.

​​​​FLAG Telecom, qui possède l’un des câbles, a déclaré que les réparations devraient être terminées d’ici au 12 février. France Telecom, propriétaire d’une partie d’un autre câble, a dit qu’il était incertain quant au moment des réparations. . . .

​​​​-6 Les navires ne coupent pas les câbles Internet

​​​​Les navires ne sont pas responsables d’avoir endommagé les câbles sous-marins d’Internet en Méditerranée, affirme le gouvernement d’Égypte.

​​​​Deux câbles ont été endommagés en début de semaine, en Mer Méditerranée et au large de Dubaï, perturbant Internet et les services téléphoniques internationaux en Égypte, dans les États Arabes du Golfe et en Asie du Sud.

​​​​Dimanche, un quatrième câble reliant le Qatar aux Émirats arabes unis a été endommagé, engendrant encore plus de perturbations, a déclaré le fournisseur de télécommunications Qtel.

​​​​Le Ministère du Transport égyptien a dit que les images de l’endroit des câbles, enregistrées par les caméras vidéo à terre, ne montraient aucun trafic maritime dans la zone quand les câbles ont été endommagés. . . .

Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

La fragile hégémonie du dollar : La bourse du pétrole de l’Iran pourrait renverser le dollar

Dollar-Bush

Global Research, par Mike Whitney, le 4 février 2008

Il y a deux semaines, George Bush était envoyé en mission au Moyen-Orient pour remettre une tête de cheval. Nous avons tous en mémoire la scène troublante du film de Francis Ford Coppola, « Le Parrain, » où Brassi Lucca va à Hollywood pour convaincre un producteur de film récalcitrant de prendre son neveu Don Corleone dans son prochain film. Le producteur riche à craquer est finalement persuadé d’embaucher le jeune acteur lorsqu’il se réveille dans son lit à côté de la tête coupée de son pur-sang tant estimé.J Je pense que Bush a fait une « offre que l’on ne peut refuser » du même genre aux différents dirigeants des pays du Golfe lorsqu’il s’est entretenu avec eux au début du mois.

Les médias ont tenté de décrire le voyage de Bush au Moyen-Orient comme une « mission de paix, » mais il ne s’agissait que d’un écran de fumée. En fait, trois jours après que Bush ait quitté Jérusalem, Israël renforçait ses opérations militaires dans les territoires occupés, et reprenait son impitoyable blocus de la nourriture, de l’eau, des médicaments et de l’énergie, contre le 1,5 million d’habitants de Gaza. En termes clairs, soit Bush a donné le feu vert aux opérations, soit les agressions israéliennes doivent être perçues comme une gifle au visage au Président des États-Unis.

Alors, quel était le but réel du voyage de Bush ? Après tout, il n’a aucun intérêt dans la paix ou dans le respect de son engagement à résoudre la crise israélo-palestinienne. Pourquoi aurait-il choisi de visiter le Moyen-Orient alors que son second mandat présidentiel tire à sa fin et qu’il n’y a aucune chance de succès ?

Parfois, les visites personnelles sont importantes, spécialement quand la nature de l’information est si sensible que le message doit être dit face à face. Dans ce cas-ci, Bush s’est donné la peine de faire un voyage équivalent à la moitié d’un tour du monde, pour dire aux Saoudiens et à leurs amis des États du Golfe qu’ils devaient continuer à lier leur pétrole au dollar sinon ils iraient « dormir avec les poissons. » Dans les deux derniers mois, plusieurs cheikhs et ministres des finances se sont lamentés et ont gémi à propos de la chute du dollar, menaçant de rompre avec le fameux « arrimage au dollar, » et de l’échanger contre un panier de devises. Le voyage de Bush semble avoir ravivé l’esprit de coopération fraternelle. La grogne a cessé et tout le monde est remonté « à bord. » Les dirigeants régionaux semblent aujourd’hui beaucoup moins gênés par le fait que l’inflation gruge leurs économies et ne cesse d’accroître les coûts de la main-d’œuvre, de la nourriture, de l’énergie et de l’immobilier. L’agence de presse Reuters a résumé ça ainsi :

Après une rafale de désaccords publics sur la réforme monétaire l’an dernier, les banques centrales du Golfe tentent de resserrer les rangs en vantant la fixité comme une source de stabilité et en minimisant la faiblesse du dollar comme un phénomène passager. [NDT : La fixité concerne sans doute l’arrimage des transactions pétrolières au dollar étasunien, ou bien les taux d’intérêts saoudiens, qui étaient jusqu’ici arrimés à ceux de la Réserve Fédérale.]

Cela ressemble aux propos adoucis de Bush.

Au cours des deux dernières semaines, les dirigeants du Golfe observaient nerveusement quand la Réserve Fédérale a drastiquement réduit les taux de 125 points de base [1,25%]. Les réductions [de taux] ne cessent d’éroder le capital d’un billion de dollars que les cheikhs ont investi en bonds du Trésor et autres obligations des États-Unis.

L’inflation en Arabie Saoudite et dans le Sultanat d’Oman est à son sommet le plus élevé depuis 16 ans, et l’inflation grimpe à un sommet atteint il y a 19 ans dans les Émirats Arabes Unis. Les décideurs politiques du Golfe sont prêts à intervenir directement dans le marché des prêts, des biens immobiliers et des produits pour compenser la réduction des taux. (Reuters)

La valeur des biens immobiliers est montée en flèche. Dans les Émirats Arabes Unis, la valeur des propriétés commerciales a doublé depuis début 2007. La bombe inflationniste a contraint d’autres pays du Golfe à donner des subventions alimentaires à leur population et une « hausse de 70% des salaires pour certains employés du gouvernement fédéral des Émirats Arabes Unis. »

Les travailleurs émigrés mécontents ont violemment manifesté récemment à Dubaï, exigeant d’être indemnisés équitablement pour la forte augmentation des prix. La valeur du riyal, la monnaie de l’Arabie Saoudite, a grimpé jusqu’à son sommet d’il y a 21 ans.

Les cambistes s’attendent à une autre hausse de 8% du dirham et du riyal d’ici avril prochain, et ils prédisent que les taux d’intérêt vont obliger les banques centrales des États du Golfe à se convertir soit à l’euro, soit à un panier de devises régionales. Toutefois, jusqu’à présent, les fidèles princes saoudiens n’ont pas cessé de soutenir le dollar.

 

Défendre l’hégémonie du dollar

Quelle importance y a-t-il donc à continuer à libeller le pétrole en dollars ? Les États-Unis feraient-ils la guerre pour défendre le statut de « monnaie de réserve » mondiale du dollar ?

La réponse à cette question pourrait venir dès cette semaine, puisque la tant attendue Bourse du Pétrole Iranienne doit ouvrir entre le 1er et le 11 février. Selon Davoud Danesh-Jafari, le ministre des Finances l’Iran, « Tous les préparatifs ont été faits pour démarrer la bourse ; elle ouvrira au cours des 10 jours de la fête de l’Aube (les cérémonies marquant la victoire de la Révolution islamique de 1979 en Iran.) Cette bourse est considérée comme une menace directe à la domination mondiale du dollar, car elle exigera que le « pétrole, les produits pétrochimiques et le gaz iranien, » soient échangés contre des monnaies autres que le dollar US. (Press TV, Iran)

Le système du pétrodollar n’est pas différent du système de l’étalon-or. Aujourd’hui, cette devise est tout simplement garantie par une source d’énergie vitale, dont dépend chaque société industrialisée, le pétrole. Si le dollar n’était plus l’unique monnaie utilisée dans la vente de pétrole, il ne serait plus de facto la monnaie de réserve mondiale, et les États-Unis seraient contraint de réduire massivement leurs déficits commerciaux, de reconstruire leurs capacités industrielles, et de redevenir un pays exportateur. La seule alternative est de créer un réseau de régimes satellites qui répriment les aspirations collectives de leur peuple afin qu’ils puissent suivre scrupuleusement les directives de Washington.

Quant à savoir si l’administration Bush entamerait une guerre pour défendre l’hégémonie du dollar, c’est une question qui devrait être posée à Saddam Hussein. L’Irak fut envahi tout juste six mois après que Saddam se soit converti à l’euro. Le message est clair, l’Empire va défendre sa monnaie.

De même, en 2007 l’Iran a remplacé le dollar et a exigé que le Japon paie ses énormes factures d’énergie en yens. La « conversion » a irrité l’administration Bush et, depuis lors, l’Iran est la cible de l’agressivité des Etats-Unis. En fait, même si 16 agences de renseignement des États-Unis ont publié un rapport (NIE) disant que l’Iran ne développe pas d’armes nucléaires, et même si l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique constate que l’Iran respecte ses obligations envers le Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), une attaque préventive des États-Unis contre l’Iran paraît toujours probable.

Et même si les médias occidentaux minimisent désormais les perspectives d’une nouvelle guerre dans la région, Israël est en train de prendre des précautions qui suggèrent que l’idée n’est pas tirée par les cheveux. « Israël demande que des chambres abri soient installées dans le but de préparer le public à une autre guerre qui, cette fois, verra pleuvoir des missiles. » (Press TV, Iran) [NDT : une pièce abri blindée devrait être installée dans chaque appartement en Israël.]

« La prochaine guerre connaîtra un recours massif aux armes balistiques contre l’ensemble du territoire israélien, » a affirmé Udi Shani, un général à la retraite.

La Russie, voyant aussi que les probabilités grandissent pour que des hostilités éclatent dans le Golfe, a répondu par l’envoi d’une force navale dans la mer Méditerranée et dans l’Atlantique Nord.

Selon un article paru en anglais sur le site Global Research :

Le fleuron de la flotte de Mer Noire de la Russie, le croiseur lance-missiles Moskva, a rejoint la marine de guerre russe en Méditerranée le 18 janvier pour participer aux manœuvres en cours… L’opération actuelle est la première opération à grande échelle de la Marine russe dans l’Atlantique depuis 15 ans. Tous les navires et les avions de combat transportent des munitions de combats.

La France planifie aussi des manœuvres militaires dans le détroit d’Ormuz. L’opération « Bouclier du Golfe 01, » aura lieu au large des côtes de l’Iran et engagera des milliers de personnes dans des combats interarmes qui simuleront des attaques de plates-formes pétrolières.

Selon le ministre de la Défense français, Les exercices, qui se dérouleront du 23 février au 5 mars, et qui nécessiteront la participation de 1 500 français, 2 500 citoyens des Émirats, et 1 300 Qataris, manœuvreront sur terre, sur mer et dans les airs. Le lieutenant-colonel Fusalba a annoncé… « Environ une demi-douzaine de navires de guerre, 40 avions et des dizaines de véhicules blindés prendront part aux exercices militaires. »

http://www.defensenews.com/story.php?F=3346953&C=mideast

En plus, dans la dernière semaine, trois des principaux câbles sous-marins qui assurent le trafic Internet ont été coupés dans le Golfe Persique, et les trois quarts des communications internationales entre l’Europe et le Moyen-Orient ont été interrompues. Une grande partie du Moyen-Orient a été plongée dans l’ignorance.

N’est-ce qu’une coïncidence ou quelque chose d’autre se déroule sous la surface ?

Ian Brockwell, de « American Chronicle » a dit :

Dans l’hypothèse où le sectionnement des câbles n’est pas le fruit du hasard, nous devons nous demander qui ferait une chose pareille et pourquoi. Évidemment l’Iran, qui a été le plus touché, n’aurait rien à gagner de ce genre d’action, et est peut-être la cible de ceux qui en sont responsables ? … S’agit-il du prélude à une attaque, ou peut-être un test pour une attaque future ?

Les communications ont toujours été un facteur important de l’actions militaires, et le sectionnement de ces câbles pourrait affecter la capacité de l’Iran à se défendre.

Malgré l’absence de couverture médiatique, les tensions montent dans le Golfe, et la probabilité d’une attaque étasunienne contre l’Iran est encore très élevée. Bush est convaincu du fait que, s’il n’affronte pas l’Iran, alors personne ne le fera. Il croit aussi que, s’il ne défend pas militairement le dollar, alors les jours de l’unique superpuissance mondiale que sont les États-Unis seront bientôt choses du passé. Alors, la vraie question est de savoir si Bush réalisera que les Etats-Unis sont déjà irrémédiablement embourbés dans deux conflits « ingagnables » ou s’il va y aller encore une fois avec ses tripes, et nous entraînent dans un ruineuse vaste conflagration dans la région.

Source : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=7998
Traduit au mieux par Dany Quirion et Pétrus Lombard pour Alter Info