Les ‘conspirationnistes’ du tabac… avaient donc raison

Voici un article pas comme les autres… rien à voir avec le 11-Septembre. Enfin, presque. Car à y regarder de plus près, le parallèle est quand même saisissant. En effet, les termes de "complot", "conspiration", "conspirationnistes", "théoriciens du complot" ont été tellement utilisés par les défenseurs des versions officielles – surtout depuis que la contestation à propos du 11-Septembre a pris une certaine ampleur -, qu’il est de notre devoir de relayer cet article lumineux du plus grand quotidien français à propos de la conspiration… du tabac.

Compromission d’experts scientifiques, de gouvernements, de grands médias, de la justice, tout y passe, des centaines voire des milliers de personnes impliquées dans ce gigantesque complot depuis 50 ans, le tout détaillé dans un immense corpus de documents rendus publics depuis plusieurs années, les "Tobacco Documents". Cette masse de plusieurs millions de documents vient de faire l’objet d’un livre de Robert Proctor, "Golden Holocaust", et fait souffler un vent de scandale aux Etats-Unis.

Mais au fait, comment a-t-on pu nous cacher un tel complot pendant 50 ans ? Comment les gouvernements ont-ils pu laisser ces lobbies du tabac empoisonner sciemment des centaines de milliers de leurs citoyens ? Voilà quelques questions qui mettent à mal l’argument trop souvent entendu selon lequel une conspiration du 11-Septembre n’aurait pas pu rester cachée… pendant ces dix années.

 


D’anciens fumeurs ou ceux fumant moins de dix cigarettes par jour
n’ont pas paru avoir plus de risques.REUTERS/© Paul Yeung / Reuters

 


Les conspirateurs du tabac

par Stéphane Foucart, Le Monde, le 25 février 2011

STANFORD (ETATS-UNIS), ENVOYÉ SPÉCIAL – Si vous souhaitez rester convaincu que l’on fume parce que c’est agréable et que c’est ainsi, tournez la page. Vous avez tout à perdre à lire ce qui suit. Mais peut-être avez-vous envie de savoir pourquoi les gens fument et pourquoi il leur est aussi difficile de s’arrêter. De savoir pourquoi autant d’entre eux devraient en mourir. Et de comprendre pourquoi tout cela nous semble aussi normal. Pour cela, il faut entrer dans la salle des machines de la plus vaste entreprise d’ingénierie du consentement jamais menée à bien. C’est un endroit compliqué. C’est un enchevêtrement d’hommes et d’institutions devenus les rouages d’une subtile mécanique, capable d’infiltrer la culture et la science, de subvertir la médecine et de corrompre en masse. Et, pour vous guider dans ce dédale, Robert Proctor est la personne qu’il vous faut.

Robert Proctor, 57 ans, n’est ni un conspirationniste ni un hygiéniste acharné. Historien des sciences, professeur à la prestigieuse université Stanford (Californie), il est l’auteur de Golden Holocaust, un livre qui paraît ces jours-ci aux Etats-Unis et qui inquiète sérieusement l’industrie américaine du tabac. Au point qu’elle a eu recours à toutes les voies légales pour tenter de mettre la main sur le manuscrit avant sa publication. Sans succès.

Qu’y a-t-il dans ce pavé de 750 pages qui trouble tant des géants comme RJ Reynolds ou Philip Morris ? Il y a leurs propres mots. Leurs petits et grands secrets, puisés dans les mémos et les messages internes, dans les rapports confidentiels, dans les comptes rendus de recherche de leurs propres chimistes, de leurs propres médecins. Le fait est peu connu en France : cette précieuse et explosive documentation – les "tobacco documents" – est publique depuis la fin des années 1990. En 1998, le Master Settlement Agreement, qui clôt les poursuites engagées par 46 Etats américains contre les cigarettiers, ne comprend pas qu’un volet financier (le versement de 250 milliards de dollars – 188 milliards d’euros – échelonnés sur deux décennies), il ordonne aussi la mise dans le domaine public des secrets de l’industrie.

INFILTRATION

Des millions de documents, recouvrant plus de cinq décennies, ont ainsi été exfiltrés des quartiers généraux des grands cigarettiers et confiés à l’université de Californie à San Francisco, chargée de bâtir la Legacy Tobacco Documents Library, et de mettre sur le Net ce fabuleux corpus. Treize millions de documents, soit plus de 79 millions de pages, sont déjà numérisés. De nouveaux sont ajoutés chaque jour ou presque. C’est au prisme de ces archives que Golden Holocaust tente de raconter une histoire globale de la cigarette. Robert Proctor épluche les "tobacco documents" depuis plus de dix ans. De quoi devenir paranoïaque. Entre mille autres choses, il y a découvert que le professeur qui l’a recruté à Stanford, voilà de nombreuses années, avait secrètement émargé chez les géants du tabac. Il y a aussi compris pourquoi une de ses demandes de financement avait été refusée par la National Science Foundation (principale agence fédérale de financement de la recherche américaine) : celui qui examinait les dossiers touchait de l’argent du tabac…

Tous ceux qui ont passé du temps sur les "tobacco documents" sont peu ou prou arrivés aux mêmes conclusions. Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en ont tiré un rapport explosif de 260 pages, publié en juillet 2000, montrant comment les cigarettiers avaient infiltré leur organisation grâce à des associations écrans ou à des scientifiques secrètement payés par eux. Le tout, bien sûr, pour entraver la mise en oeuvre de politiques de contrôle du tabac. Et lors des poursuites engagées en 1999 par l’administration Clinton, en partie fondées sur les "documents", les procureurs fédéraux ont plaidé que les manufacturiers américains du tabac ont "préparé et exécuté – et continuent à préparer et exécuter – un vaste complot depuis un demi-siècle pour tromper le public".

5,5 MILLIONS DE MORTS PAR AN

La cigarette, ce sont d’abord des chiffres. Des chiffres colossaux. Chaque année, la cigarette tue plus que le paludisme, plus que le sida, plus que la guerre, plus que le terrorisme. Et plus que la somme des quatre. Plus de cinq millions et demi de vies emportées prématurément chaque année. Cent millions de morts au XXe siècle ; sans doute un milliard pour le siècle en cours.

Réfléchir au tabac donne le vertige et la nausée. Chaque année, il se produit suffisamment de cigarettes pour emplir 24 pyramides de Khéops. Leur combustion déposera quelque 60 000 tonnes de goudron au fond de poumons humains. On peut aussi aborder la question en se demandant ce que l’homme a inventé de plus inutilement dangereux pour lui-même : rien. "La cigarette, résume Robert Proctor, est l’invention la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité."

Il y a d’autres chiffres, d’autres calculs. "A chaque million de cigarettes fumées au cours d’une année, il y aura un mort prématuré dans les vingt-cinq ans qui suivent. C’est une loi qui est valable à peu près partout ", constate Robert Proctor. Cette macabre règle de trois a des applications inattendues. Comme celle de savoir combien de morts ont causé les mensonges des hauts cadres de "Big Tobacco".

"MAINTENIR LA CONTROVERSE VIVANTE"

Le 14 décembre 1953, les grands patrons du tabac se retrouvent discrètement à l’hôtel Plaza de New York. Quelques mois auparavant, des expériences menées sur des souris ont montré que le produit qu’ils vendent est cancérigène – ce que les médecins allemands savaient depuis les années 1920 –, et des journaux commencent à évoquer cette possibilité. Au terme de réunions avec le patron de Hill & Knowlton, conseiller en relations publiques, les géants du tabac se lancent dans une entreprise de propagande et d’instrumentalisation du doute scientifique qui retardera la prise de conscience des ravages de la cigarette. Il faut "maintenir la controverse vivante". Un cadre de Brown & Williamson l’écrit dans un célèbre mémo, découvert dans les "tobacco documents " : "Le doute est ce que nous produisons." Avec succès. Ce n’est qu’en 1964 que les autorités sanitaires américaines commenceront à communiquer clairement sur le lien entre tabac et cancer du poumon.

Dix ans de retard. "Si on décale les courbes de la consommation du tabac, c’est-à-dire si on place en 1954 le début de fléchissement constaté à partir de 1964, on voit que 8 000 milliards de cigarettes "en trop" ont été consommées aux Etats-Unis. Elles n’auraient pas été fumées si le public avait su la vérité dix ans plus tôt, explique Robert Proctor. Cela représente environ huit millions de morts dans les décennies suivantes." Les mensonges d’une demi-douzaine de capitaines d’industrie provoquant la mort de plusieurs millions de personnes ? Une fiction qui mettrait en scène une conspiration de cette ampleur serait taxée d’irréalisme ou de loufoquerie…

Tout ne commence pas en décembre 1953. D’autres manoeuvres sont plus anciennes. Le plan Marshall, par exemple. Le grand programme d’aide à la reconstruction de l’Europe dévastée par la seconde guerre mondiale a également été "mis à profit par les cigarettiers américains pour rendre les populations européennes accros au tabac blond flue-cured, facilement inhalable". Tout est là. Le flue-curing est une technique de séchage des feuilles de tabac qui se répand largement aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, et qui permet de rendre la fumée moins irritante, donc plus profondément inhalable. Or jusque dans la première moitié du XXe siècle, on fume encore, dans une bonne part de l’Europe continentale, du tabac brun, très âcre, beaucoup moins dangereux et addictif. Car plus la fumée peut pénétrer profondément dans les poumons, plus l’afflux de nicotine dans l’organisme est rapide, plus l’addiction qui se développe est forte. Et plus les dégâts occasionnés sur les tissus pulmonaires sont importants. "Au cours de la réunion de Paris (le 12 juillet 1947) qui a mis en mouvement le plan Marshall, il n’y avait aucune demande des Européens spécifique au tabac, raconte Robert Proctor. Cela a été proposé et mis en avant par un sénateur de Virginie. Au total, pour deux dollars de nourriture, un dollar de tabac a été acheminé en Europe."

"RENDRE LES FUMEURS LE PLUS ACCRO POSSIBLE"

Le succès de la cigarette repose toujours, aujourd’hui, sur le talent des chimistes de "Big Tobacco" pour rendre la fumée plus douce, plus volatile, plus pénétrante. Les fumeurs, qui connaissent cette sensation de piquante fraîcheur aux poumons, tiennent pour naturel et normal de fumer ainsi. "Avaler" la fumée, dit-on. C’est au contraire le résultat d’une chimie pointue et compliquée. Plusieurs centaines de composés – accélérateurs de combustion, ammoniac, adjuvants divers, sucres, etc. – sont ajoutés au tabac. Ils rendent la fumée moins irritante, plus inhalable. "On peut dire que la cigarette est véritablement un produit défectueux en ce sens qu’il est beaucoup plus nocif qu’il ne devrait "normalement" l’être… Il est modifié pour rendre les fumeurs le plus accro possible et cela le rend plus dangereux", explique Robert Proctor.

Parfois, ce qu’on retrouve dans les cigarettes n’a pas été ajouté par les chimistes de l’industrie, mais par les caprices de la nature. Ainsi du polonium 210. Pour des raisons non encore éclaircies, la feuille de tabac a une détestable propriété : elle fixe et concentre cet élément radioactif naturellement présent dans l’environnement à des teneurs infimes. Les "tobacco documents" montrent que, dès les années 1950, l’industrie a découvert cette vérité qui dérange. Elle ne divulguera rien. Les premières publications indépendantes sur le sujet n’interviendront qu’au milieu des années 1960…

Golden Holocaust raconte par le menu comment les cadres de l’industrie ont réagi à ce "petit souci" de qualité du produit fini. Et le luxe de détails prodigués par les "tobacco documents" fait basculer dans un univers sidérant. Dans un premier temps, les cigarettiers cherchent à se débarrasser de cet élément radioactif. Ils font mener des travaux qu’ils gardent secrets. Car les publier pourrait "réveiller un géant endormi" ("waking a sleeping giant", dans le texte), écrit un cadre de Philip Morris à son patron, en 1978, ajoutant : "Le sujet va faire du bruit et je doute qu’il faille fournir des faits."

Plusieurs solutions sont découvertes. Changer d’engrais ? Traiter les feuilles de tabac à l’aide d’un bain d’acide ? Sélectionner les feuilles les moins chargées en polonium ? Aucune de ces solutions ne sera, semble-t-il, retenue. Car résoudre ce problème ne procure pas d’"avantage commercial ", selon l’expression d’un haut cadre de RJ Reynolds, consignée dans les documents. Le passage des feuilles de tabac par un bain acide, par exemple, contraindrait à une "gestion spécifique" d’effluents radioactifs. Cela coûte de l’argent.

"UNE FORME D’ESCLAVAGE"

Surtout, redoutent les industriels, ce traitement pourrait affecter les propriétés chimiques de la nicotine, la rendant moins efficace à entretenir leur capital le plus précieux : l’addiction. Et puis, mieux vaut ne pas mettre sur la place publique ce problème, même si c’est pour annoncer l’avoir résolu. Dans les années 1980, Philip Morris ferme son laboratoire ad hoc. Surtout, ne pas réveiller le "géant endormi".

Quelque trente années plus tard, il dort toujours d’un sommeil de plomb. Combien de fumeurs savent qu’ils ont dans la poche un paquet de 20 tiges légèrement chargées de polonium 210 ? Combien savent qu’un paquet et demi par jour équivaut – selon une évaluation publiée en 1982 dans le New England Journal of Medicine – à s’exposer annuellement à une dose de rayonnement équivalente à 300 radiographies du thorax ? Combien savent que ce polonium 210 est responsable d’une fraction non négligeable des cancers contractés par les fumeurs ? Lorsqu’on sait, il y a quelque chose de tristement effarant à voir des militants antinucléaires griller une cigarette lorsqu’ils attendent, pour les intercepter, les convois d’oxyde d’uranium de l’industrie nucléaire ; eux-mêmes introduisent dans leur organisme un radioélément qui les irradiera de l’intérieur…

On mesure le succès d’une entreprise de propagande à l’aune de ce genre de paradoxe. Il y en a d’autres. Par exemple, le plaisir procuré par la cigarette. "C’est une pure fabrication de l’industrie, répond M. Proctor. C’est une différence fondamentale avec d’autres drogues comme l’alcool et le cannabis. La cigarette n’est pas une drogue récréative : elle ne procure aucune ébriété, aucune ivresse." Elle ne fait que soulager celui qui est accoutumé au tabac, elle le rend fonctionnel. "C’est écrit en toutes lettres dans les documents : fumer n’est pas comme "boire de l’alcool", c’est comme "être alcoolique", dit Robert Proctor. Parmi ceux qui aiment la bière ou le vin, seuls 3 % environ sont accros à l’alcool. Alors qu’entre 80 % et 90 % des fumeurs sont dépendants. C’est une forme d’esclavage."

PROPAGANDE

Pourtant, l’American Civil Liberties Union (ACLU) – l’équivalent de notre Ligue des droits de l’homme – a fait campagne au début des années 1990 pour la "liberté" de fumer sur le lieu de travail. Mais il est vrai que la prestigieuse ACLU venait, elle aussi, de toucher quelques centaines de milliers de dollars de l’industrie du tabac… "Comment peut-on parler de liberté lorsque 90 % des fumeurs interrogés disent vouloir s’arrêter sans y parvenir ?" Le novlangue d’Orwell n’est pas loin. "La guerre, c’est la paix", "l’amour, c’est la haine" professait le Parti omnipotent de 1984. Dans le monde du tabac, "l’esclavage, c’est la liberté".

Et ce message fait mouche. Les adolescents voient souvent dans la cigarette une manifestation d’esprit rebelle. Convaincre qu’inféoder ses fonctions biologiques à de grands groupes industriels tient de la rébellion, voilà un tour de force marketing, dont le projet est inscrit en toutes lettres dans les "tobacco documents" : il faut vendre aux jeunes l’idée que fumer procède d’une "rébellion acceptable".

Créer de toutes pièces des réflexes mentaux dans la population – qui ne résistent ni à l’analyse critique ni même au simple bon sens – est la part la plus fascinante de cette histoire. C’est le fruit d’investissements lourds. Depuis des décennies, les apparitions des marques de cigarettes dans le cinéma hollywoodien sont millimétrées, à coups de millions de dollars. D’autres millions sont investis par l’industrie dans la recherche biomédicale académique : non pour trouver des remèdes aux maladies du tabac mais, très souvent, pour documenter des prédispositions génétiques à des maladies, attribuées ou non à la cigarette… "Des sommes colossales ont été injectées par le tabac dans la génétique fonctionnelle, au détriment des travaux sur les facteurs de risques environnementaux, dont le tabac, explique Robert Proctor. Cela crée ce que j’appelle un "macrobiais" dans la démarche scientifique. Cela contribue à développer l’idée que les maladies sont programmées en nous et qu’on n’y peut rien."

Infiltration de la culture, infiltration de la science. Il restait à Robert Proctor à en découdre avec sa propre discipline. "J’ai aussi cherché les rats dans ma propre maison", déclare-t-il. Une cinquantaine d’historiens – la plupart financés ou secrètement payés par les cigarettiers – ont formulé lors des procès du tabac des témoignages favorables aux industriels. Dans les "tobacco documents", les cigarettiers parlent de développer une "écurie" de savants. Seuls deux historiens américains – dont l’auteur de Golden Holocaust – ont témoigné du côté des malades.

L’histoire est un enjeu important, crucial même. "Aborder l’histoire d’une certaine façon, conclut le professeur de Stanford, comme, par exemple, dans cette étude présentant "les origines de la controverse du tabac dans l’Angleterre du XVIIe siècle", permet de normaliser un phénomène qui, regardé autrement, serait simplement intolérable." Il faut inscrire la cigarette comme une variable banale de l’Histoire longue pour occulter le caractère inédit de l’addiction de masse qui s’est développée depuis le milieu du siècle dernier.

Peser sur l’histoire et les sciences sociales pour fabriquer le consentement. Philip Morris a formalisé ce projet en 1987 sous le nom de Project Cosmic – un plan destiné à "créer un réseau extensif de scientifiques et d’historiens partout dans le monde", toujours selon les "tobacco documents ". "Il s’agissait de recruter des savants dont les travaux ou les idées pourraient contribuer à forger une "narration" favorable aux industriels", explique Robert Proctor.

Cas pratique, parmi tant d’autres. Dans les années 1990, l’historien travaillait sur un sujet original et peu défriché : les politiques de santé publique dans l’Allemagne nazie et la guerre qu’Hitler avait déclarée à la cigarette. L’un de ses articles sur le sujet fut accepté en 1997 par le Bulletin of the History of Medicine. Mais, quelques années plus tard, la revue a refusé un autre de ses articles  – cette fois sur l’industrie américaine du tabac. Lorsqu’une étude permet de nourrir un amalgame entre contrôle du tabac et totalitarisme, elle est acceptée ; lorsqu’elle dérange les industriels, elle est rejetée… Pour comprendre, dit Robert Proctor, "il suffit de regarder la composition du comité éditorial de la revue et les liens financiers de certains de ses membres avec le tabac". Les chiens de garde du Project Cosmic surveillaient les portes de la revue savante.

Contactés par Le Monde, les cigarettiers cités n’ont pas souhaité commenter les travaux de M. Proctor.

Stéphane Foucart

 


En lien avec cet article :

 


 

14 Responses to “Les ‘conspirationnistes’ du tabac… avaient donc raison”

  • nabil

    bonjour à tous

    Ah! j’ai penser que le polonium 210, un élément radioactif était fabriqué par les industriels du tabac , alors qu’en faite la présence dans la cigarette du polonium 210 est d’origine naturel grâce au feuille de tabac

    merci pour l’information

  • JPR

    «Voici un article pas comme les autres… rien à voir avec le 11-Septembre. Enfin, presque.»

    Au contraire… Cet article est un des plus pertinents publiés ici au sujet des événements du 11 septembre 2001.

    Plusieurs interventions faites sur ce site par les stipendiés professionnels de service se comprennent à la lumière de cet article.

  • Sébastien

    Bon, apparemment, depuis plus de cinquante ans, personne de sait que la cigarette est dangereuse . Qu’est-ce que tout ce cirque cache encore?

    Pour résumer: expériences psychologiques, irradiations nucléaires bienfaisantes, agent orange, tabac, monoxyde de carbone, propagande et relations publiques, marketing et publicité, bombe atomique, esclavagisme, impérialisme, terrorisme, génocides, armes chimiques et bactériologiques.
    J’en oublie surement.
    Tout ça pour un seul pays.
    Ouf.
    Arrêtez-moi ou je fais un malheur!

  • Hijack
  • Seb

    Dire que le tabac n’apporte aucun plaisir car il n’apporte par exemple pas l’ivresse comme l’alcool est faux.
    J’ai tout à fait plaisir à fumer du bon tabac 100% naturel (acheté en paquet et humdifié par mes soins). Et c’est d’ailleurs pour ça que je fume très peu.
    Or tout produit dans un usage raisonnable ne pose aucun problème. Si ce n’est qu’il concoure à la mort certaine, comme la simple respiration (l’oxygène pur étant nocif)…

  • Lisa

    voilà un article édifiant!

    et après on s’étonne que certaines, voir beaucoup de personnes ne croient plus à la « version officielle » que ce soit dans n’importe quel domaine!

    cela me renforce dans mon idée de mettre en doute systématiquement les infos que l’on nous diffuse.

    comme disait une grande comique: « on ne nous dit pas tout »! et ce qu’on nous dit est fortement déformé!

  • Cristof

    Merci pour cet article qui peut donner un + pour aider à arrêter de fumer.

    Il prouve que les secrets peuvent être bien gardés sous la pression financière ou simplement avec les clauses des contrats de travail, blindés par une législation hyper protectrice des droits privés de commerce et publics du secret d’état.

    @JPR
    Stipendier, c’est pas utilisé tous les jours.
    Qu’est-ce qu’on se cultive avec les news de RéOpen911 et certains commentaires !!

  • paul vetran

    Pour compléter cet article on pourrait aussi évoquer les « Torches de la Liberté » d’Edward Bernays en 1929, dont les défilés « médiatisés » avait pour but de faire tomber le tabou de la consommation du tabac chez les femmes.
    Edward Bernays, théoricien et père de la propagande, fut le premier à utiliser la psychologie dans le but de manipuler l’opinion publique.
    Aujourd’hui son petit neveu, Matthew Freud, est le gourou et le génie des relations publiques en GB. Il est le « beauf » de James Murdoch qui lui est marié à Kathryn Hufschmid, et dont le frère Eric, a empoisonné le mouvement pour la vérité sur le 11/9 avec sa posture antisémite.
    L’histoire de la manipulation de l’opinion à propos du 11/9 par le clan Murdoch, aussi bien du côté de la VO que celui de la contestation, reste à être écrite.
    Elle pourrait s’intituler : « Les Torches de la Dictature », dont la symbolique des deux tours enfumées du WTC préfigurent l’érosion de nos libertés.

  • IKAR

    Excellent article. Les exemples de dissimulations de masse sont légion. Permettez moi de vous livrer l’histoire très édifiante du ferry ESTONIA, avec ci-dessous un extrait de la fiche wikipedia :

    « Parti de Tallinn pour rejoindre Stockholm le mercredi 28 septembre 1994, l’Estonia fit naufrage entre 0 h 55 et 1 h 50 (UT+2). Sur les 989 personnes à bord, seules 137 purent être secourues, 852 périrent de noyade ou d’hypothermie. La majorité (501) des victimes étaient suédoises. Seuls 94 corps ont été retrouvés. Une polémique naquit, les autorités ne voulant pas récupérer les corps des victimes prisonniers dans l’épave, qui se trouvait pourtant à une faible profondeur.
    Les conclusions de l’enquête ont été les suivantes : la cause directe de l’accident réside dans la faiblesse des attaches de l’étrave mobile (casque), qui cédèrent sous la force des vagues. L’étrave mobile finit par se séparer du navire, entraînant dans sa chute la rampe de proue qui fermait l’accès au pont à voitures et provoquant une voie d’eau fatale. Le ferry fut déstabilisé, la gîte atteignant rapidement 30 à 40°. De là, une réaction en chaîne mena à la perte du navire…
    … Plusieurs doutes naissent sur la nature du chargement et le rôle de ce chargement dans le naufrage. La réaction des autorités suédoises est à l’origine de ces doutes. Les éléments dérangeants sont :
    • L’interdiction des autorités de plonger sur l’épave pour les besoins de l’enquête,
    • la signature d’un traité international interdisant la plongée sur l’épave (Estonia Agreement 1995),
    • La volonté de recouvrir l’épave sous une chape de béton,
    • La non prise en compte de divers témoignages,
    • Les conclusions sur le déroulement des faits, en contradiction avec d’autres naufrages sur des bateaux similaires.
    En 2000 l’aventurier américain Gregg Bemis et son équipage plongent sur l’épave en dépit de l’accord international. Ils réussissent à filmer une ouverture déchiquetée dans la coque. (Ils seront arrêtés suite à cette action).L’analyse des résidus menée par Stephen Davis sur le métal remonté à l’endroit de cette faille conclut à une explosion à ce niveau. La contre-expertise suédoise contredit cette conclusion. Enfin, suite aux révélations d’un douanier estonien en 2004 sur un chargement d’armes en Estonie, une enquête officielle est rouverte pendant deux ans. L’interdiction de plonger sur l’épave sera maintenue lors de cette seconde enquête. La conclusion est identique. »

    Un remarquable reportage sur ce drame fut diffusé il y a quelques années dans « Thalassa » sur France 3. On y voyait le témoignage de l’ex –douanier concernant le trafic d’armes de guerre effectué à l’insu des passagers, et on y apercevait l’ouverture parfaitement circulaire dans la coque, évoquant sans conteste des dégâts occasionnés par une torpille. Les avocats des familles des victimes se sont battus pendant des années, hélas sans résultat.

  • Henri

    Dans le même registre, une pléthore de méga production US de films catastrophe, action, ou épouvante narre dans tous les sens de la trame des scénarios de complots fomentés par des commanditaires de tout ordre.

    Beaucoup de ces films sont regardés en famille du fond d’un canapé par un auditoire nonchalant voire blasé.

    Et quand tout à coup lors du 9/11 la réalité se rapproche de la fiction, alors tous les stratèges médiatiques poussent des hauts cris de vierges effarouchées devant ce monument inavoué, se voilant la face, mais sans pour autant omettre d’en retirer tous les liquidités possibles.

    L’argument du manque d’imagination n’est qu’une pantalonnade !

  • celine

    Oui, enfin, c’est pas un scoop que les cigarettiers ont tues (verbe taire ^^) certaines informations pour asseoir leur lobby et continuent sans doute à le faire !
    Idem actuellement pour les labos pharmaceutiques sans quoi, le médiator n’aurait pas vu le jour….

  • René M

    @ paul vetran
    Merci pour l’explication des liens de famille : Bernays — Mathew Freud — Murdoch — Katryn Hufschmid — Eric Hufschmid

    Quand aux 2 Tours vu comme symbolique  » Torches de la Dictature » bien vu ! Surtout qu’elles faisaient face à la torche de la statue de la Liberté toute proche et bien « enfumée » ce jour là et depuis…. enfumage aussi bien sur de sa sœur la Vérité.

    @ IKAR
    Je ne connaissais pas ces faits très intéressants autour du naufrage de l’Estonia

    Que de similitudes dans les réflexes, les décisions et la psychologie des officiels.
    « Raison d’Etat que de — saloperies — on commet en ton nom »

  • paul vetran

    @ René M et pour ceux que cela intéresse…

    Mise en ligne fort à propos de deux extraits sous-titrés de Century of Self (2002) d’Alan Curtis* sur Edward Bernays ; http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/edward-bernays-propaganda-34078
    Imaginez les techniques de Bernays « raffinées » par Murdoch Inc à la fabrique du mensonge sur le 11/9…

    * Curtis est mieux connu pour sa série documentaire « The Powers of Nightmares »

  • Corto

    sur l’Estonia, lire Christopher Bollyn, même si ce journaliste est contesté au même titre qu’Hufschmidt, ce qu’il dit est argumenté ici:

    http://www.bollyn.com/estonia-sinking.

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