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#1 29-05-2008 18:36:32

zelda
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Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Ragondin a dit : http://forum.reopen911.info/viewtopic.p … 59#p140859

L'attaque des tours du World Trade Center et du Pentagone, le 11 septembre 2001, a justifié la sortie des États-Unis du traité ABM de 1972.

L'annonce de ce retrait fut rendu public le 13 décembre 2001, soit au lendemain des terribles attentats du 11 septembre. En effet, une clause du traité ABM prévoyait sa dénonciation du fait "d'évènements  extraordinaires". Venant de subir une attaque terroriste comme jamais il en avait existé de telles jusqu'à présent, se considérant en guerre et désirant se protéger, les États-Unis réclament alors une liberté d'action que le traité ABM ne peut qu'entraver. Le mardi 12 juin 2002, à Madrid, le Président George W. Bush affirme que le traité de 1972 est désormais "un vestige du passé". Le lendemain, les Etats-Unis sont officiellement et entièrement dégagés du traité ABM dans le contexte de la nouvelle guerre contre le terrorisme international. Ce retrait unilatéral supprima le verrou qui empêchait toute relance du bouclier anti-missiles. Non seulement ce dernier retrouvait une actualité, mais désormais c’est l’US Navy qui est en position centrale dans ce qui a dorénavant succédé au programme IDS : la National Missile Defense mise en œuvre par la Missile Defense Agency (MDA).

http://74.125.39.104/search?q=cache:JEo … &gl=fr


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#2 29-05-2008 18:38:41

zelda
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Actualité du projet américain de défense anti-missile.

par François Géré, Directeur de l'Institut Diplomatie et Défense

Ce projet est à la fois un symbole et un moyen de conserver la suprématie américaine dans le domaine de la haute technologie. Avec un budget de près de 8 milliards de dollars, la défense antimissile américaine est littéralement euphorique. Voir des graphiques comparant le budget de défense des Etats-Unis et celui de pays de l'Union européenne. 

   L'idée de mettre en œuvre une défense anti-missile est fort ancienne aux Etats-Unis. Les Américains envisagent l'interception de missiles adverses dès le début des années 1950.

En fait, depuis l'usage de missiles par l'Allemagne nazie, il s'agit d'une idée que "tout le monde" avait en tête, en particulier les Soviétiques. En 1940-1941, les Allemands utilisent contre le Royaume-Uni des V1. Il s'agit de missiles de croisière circulant à basse altitude, au-dessous du niveau de détection des radars. En 1944, les Allemands mettent au point le V2, qu'ils appellent "l'arme de représailles". Il s'agit d'un missile balistique dont la trajectoire dessine une cloche : d'abord vers le haut de l'atmosphère, puis un voyage atmosphérique plus ou moins long en fonction de la nature et de la capacité du missile, enfin une rentrée dans l'atmosphère, vers la cible. Le missile descend alors en chute libre, à une vitesse dépassant plusieurs kilomètres par seconde. Ce qui rend - aujourd'hui encore - l'interception impossible, parce que le missile va trop vite.

Comment stopper des missiles ?

Surgit ainsi un énorme défi technologique : comment arrêter des missiles balistiques ? Dès 1942, sous le nom de "cataracte", les Allemands mettent au point le prototype de la première fusée défensive.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les missiles ont été développés dans plusieurs pays, on parle même de prolifération durant toutes les années de la Guerre froide (1947-1991). Pendant ces mêmes années, on s'est efforcé de construire un début de défense anti-missile. Dès les années 1950, les Soviétiques ont commencé à envisager des intercepteurs : des missiles suffisamment rapides et précis pour se porter sur un missile attaquant. D'où l'idée de "missile anti-missile".

A la fin des années 1950 et dans les années 1960, les Soviétiques et les Américains ont mis au point des missiles anti-missile dotés de charges nucléaires. Parce que l'explosion en haute atmosphère d'une charge nucléaire peut par son effet magnétique perturber le système de guidage du missile attaquant. Ce dernier perd totalement sa cible … et s'en va on ne sait pas où, en espérant qu'il ne tombera pas sur un endroit gênant.

En 1972, les Américains et les Soviétiques signent le fameux traité ABM sur la défense anti-missile. Ils reconnaissent de facto que la défense anti-missile est à peu près impossible. On peut alors, dans le meilleur des cas, protéger un site. Les Soviétiques veulent protéger le site de Moscou, pour préserver la tête politique du système soviétique dans la perspective d'une guerre nucléaire.

La guerre des étoiles

Cette configuration dure jusqu'en 1983, date à laquelle le Président des Etats-Unis Ronald Reagan (1980-1989) lance le projet de "la guerre des étoiles". Projet extrêmement ambitieux, reposant sur l'intention de placer des armes d'interception dans l'espace extra-atmopshérique, de manière à disposer d'une capacité d'interception des missiles aussi bien au lancement en phase propulsée, que dans l'espace au moment de leur voyage extra-atmosphérique. A cela s'ajoute à terre des moyens pour les intercepter dans leur phase rentrée dans l'atmosphère. Les Américains développent alors l'idée de se doter non pas d'intercepteurs nucléaires mais cinétiques. Il s'agit de missiles qui frappent directement le missile attaquant et le détruisent par l'impact. . Ce qui renforce encore la complexité du problème technique. Il faut que l'anti-missile puisse intercepter l'anti-missile dans un espace très limité en une nano-seconde.

Le défi est immense et motive les industries américaines. Parce que le projet de "la guerre des étoiles" est aussi une énorme affaire industrielle. Les équipes de recherche des grandes entreprises et les grands laboratoires trouvent là une occasion formidable d'aller toujours vers plus sophistiqué.

Une dynamique

On sait que cette "guerre des étoiles" est restée largement mythique, mais elle a permis d'injecter 3,5 milliards de dollars par an dans la recherche. Progressivement, des programmes, des études et des savoir-faire progressent. Ce qui permet en 1995 aux Républicains lorsqu'ils obtiennent la majorité au Congrès des Etats-Unis de dire au Président Démocrate Bill Clinton : "La défense anti-missile du territoire national doit devenir un objectif prioritaire. Nous pouvons la réaliser, il faut le faire. Parce que nous sommes menacés par des Etats scélérats qui fabriquent des missiles et des armes de destructions massives qui mettent l'Amérique en danger. Il faut rapidement déployer une défense anti-missile."

Celle-ci fonctionne-t-elle en 1995 ? Non. Les essais montrent qu'il s'agit de systèmes très compliqués, encore loin d'être au point. Un déploiement précoce ne donnerait aucun résultat significatif. Les Républicains objectent alors: "Il n'empêche, commençons à déployer, continuons à faire des essais, le système s'améliorera au fur et à mesure."

A partir de 1996, le Président Bill Clinton (1992-2000) a cherché autant que possible à ralentir ce processus, mais, pressé par le Congrès, déstabilisé par l'affaire Monica Lewinski, lorsque le républicain Georges W. Bush est candidat à l'élection présidentielle, il promet de construire une défense anti-missile du territoire national, tout en pratiquant une stratégie législative de retardement.

Le 11 septembre 2001, accélérateur de l'histoire

Après les attentats du 11 septembre 2001 jetant des avions civils pleins de kérosène sur des objectifs, beaucoup ont pensé que le projet anti-missile serait ralenti, voire interrompu. Bien au contraire, l'argumentation de la Maison Blanche a été : "cette fois-ci, il ne s'agissait que d'avions avec leur carburant. Imaginez ce que cela aurait été avec un missile équipé d'une tête biologique ou nucléaire … Les attentats du 11 septembre démontrent donc encore plus la nécessité de développer une défense anti-missile du territoire national." L'opinion a massivement adopté ce point de vue.

Quelques semaines après le 11 septembre 2001, le Président G.W.Bush déclare que les Etats-Unis se retirent du traité ABM. Et les Russes ne disent pas grand chose. Moscou ne proteste que pour la forme. Ce qui montre bien à quel point leur position a changé par rapport à toutes les questions stratégiques et notamment au sujet des Etats-Unis.

Vladimir Poutine fait de nécessité vertu

Il faut penser la situation militaire de la Russie début 2003 autrement qu'il y a quinze ans. Parce qu'il y a eu un décrochage manifeste durant les présidences de Boris Eltsine (1991-1999). Depuis 1999-2000, l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine marque l'entrée en convalescence de la Russie. Pour autant, ce pays-continent a perdu pour 20 à 30 ans sa capacité d'influence sur le géosystème euro-asiatique et à fortiori dans le domaine mondial.

Tous les indicateurs restent encore très négatifs : fécondité, état de santé de la population, fuite des cerveaux au bénéfice des Etats-Unis et de l'Europe occidentale… Il faudra près de 25 ans pour voir la puissance russe se reconstituer. Le Président V. Poutine semble l'avoir compris. Il se place dans le long terme . Son projet est d'installer la Russie dans une logique de récupération progressive, voilà pourquoi j'évoque une convalescence.

En attendant, il accepte d'avaler un nombre de couleuvres considérable, par exemple dans ses relations avec les Etats-Unis au sujet des affaires nucléaires, voire la présence des Etats-Unis en Asie centrale et en Géorgie. Alors que l'homme russe de la rue a une réaction d'opposition naturelle à ce sujet, V. Poutine apparaît comme un homme d'Etat capable de passer par dessus. Parce qu'il sait qu'il ne peut pas véritablement contrer la puissance américaine. Il fait donc de nécessité vertu.

8 milliards de dollars

Aujourd'hui avec un budget de près de 8 milliards de dollars, la défense antimissiles américaine est littéralement euphorique. On explore toutes les voies qui étaient jusqu'alors bloquées par le traité ABM , en particulier les plates-formes navales qui, à mon sens, constitue la voie de l'avenir.

Pour conclure sur cette étonnante saga américaine de la défense antimissile, il importe de rappeler que l'interception efficace à 100% n'existe pas dans le monde réel et qu'une capacité d'intervention élevée voisinant 90% reste hors de portée dès lors qu'il faudrait intercepter plusieurs missiles balistiques équipés de systèmes de leurrage. Les responsables américains le savent parfaitement. La décision est donc symbolique et politique c'est une formidable manifestation de la volonté américaine de conserver la suprématie dans le domaine de la haute technologie. Les industriels européens qui comprennent parfaitement le message n'y sont pas insensibles comme en témoigne l'accord conclut en juillet 2002 à Farnborough entre Boeing et EADS.

Propos recueillis par Pierre Verluise

NDLR : A lire également , "Bush maintient le cap de la défense antimissile", par Jacques Isnard, in "Le Monde" daté du 1 er novembre 2002, p. 18.

Copyright 20 janvier 2003-Géré/www.diploweb.com

http://www.diploweb.com/p5gere3.htm


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#3 29-05-2008 18:48:02

zelda
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 1999-2000

Annexe au procès verbal de la séance du 14 juin 2000

RAPPORT D'INFORMATION

FAIT

au nom de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées (1) sur la défense antimissiles du territoire (NMD) aux Etats-Unis,

http://www.senat.fr/rap/r99-417/r99-4170.html


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#4 29-05-2008 18:57:20

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Merci Zelda
Remarks by the President to Students and Faculty at National Defense University
Fort Lesley J. Mcnair
Washington, D.C. www.whitehouse.gov/news/releases/2001/0 … 01-10.html


La liberté nous appartient. Archivez et lisez les Editions Demi Lune.
"Contrôlez le pétrole, et vous contrôlez des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations."
Henry Kissinger

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#5 29-05-2008 18:59:40

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Les Etats-Unis sous la présidence Bush :
chronologie 2000-2005 www.ladocumentationfrancaise.fr/dossier … ogie.shtml
> 2000
> 2001
> 2002
> 2003
> 2004
> 2005




2000

novembre 2000

Election du candidat républicain George Walker Bush à la présidence des Etats-Unis. Le candidat démocrate Al Gore qui devance son concurrent de 337 576 voix, demande un recompte des résultats en Floride, Etat déterminant du fait de son poids dans le collège électoral et où la marge en faveur de George W. Bush est inférieure à 0,5% (lire notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2000).

12 décembre

Confirmation de l'élection de George W. Bush à la présidence des Etats-Unis par un arrêt de la Cour suprême fédérale mettant fin aux recomptes demandés par Al Gore. Celui-ci reconnaît officiellement sa défaite le 13.

2001

21 janvier 2001

Entrée en fonction du républicain George W. Bush, 43ème président des Etats-Unis.

Janvier-mars 2001

Panne d'électricité en Californie privant de courant un million de personnes.

16 février 2001

Visite au Mexique du président George W. Bush.

23 février 2001

Visite à Camp David (Floride), de Tony Blair, premier ministre du Royaume-Uni.

13 mars 2001

Dénonciation du Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, par le président George W. Bush.

Avril 2001

Résultats du recensement décennal 2000 : les Etats-Unis comptent 281 421 906 habitants.

10-12 avril 2001

Emeutes à Cincinnati après la mort d'un jeune Noir tué par la police.

11 avril 2001

Accord sur la banane prévoyant la suspension des sanctions prises par les Etats-Unis à l'encontre de l'Union européenne suite à l'arbitrage rendu par l'OMC.

1er mai 2001

Discours du président George W. Bush présentant le projet américain de défense antimissile (National Missile Defense, NMD).

3 mai 2001

Les Etats-Unis perdent leur siège à la Commission des droits de l'Homme de l'ONU.

10 mai 2001

Vote du budget 2002 comportant les réductions d'impôts prévues par le programme électoral du président Bush.

17 mai 2001

Plan pour l'énergie du président Bush prévoyant un renforcement du nucléaire et un développement de la prospection pétrolière et gazière.

24 mai 2001

Suite à la défection du sénateur Jeffords quittant le Parti républicain après avoir siégé vingt-six ans dans ses rangs, le parti Démocrate devient majoritaire au Sénat. Tom Daschle remplace Trent Lott en tant que chef de la majorité.

26 mai 2001

Adoption par le Congrès du Plan Bush prévoyant des réductions d'impôts sur onze ans et applicable dès 2001.

12-16 juin 2001

Lors de sa tournée en Europe, le président George W. Bush participe au Sommet de l'OTAN à Bruxelles, où il présente à ses partenaires son projet de bouclier antimissile, et au Sommet Union européenne - Etats-Unis à Göteborg en Suède. Après s'être rendu à Varsovie, il tient avec Vladimir Poutine un 1er sommet américano-russe à Ljubljana (Slovénie), qui voit la persistance d'un différend, le président américain souhaitant la création d'un bouclier antimissile, tandis que le président russe demande le maintien du Traité ABM de 1972.

25 juillet 2001

Les Etats-Unis rejettent le protocole de vérification de la Convention internationale sur les armes bactériologiques.

10 août 2001

Le président Bush autorise le financement de la recherche sur les cellules souches.

20 août 2001

Nouvelle condamnation des Etats-Unis par l'OMC, sur les aides fiscales à l'exportation [.pdf, 471 Ko] (FSC, foreign sales corporations).

4 septembre 2001

Rachat de Compaq par Hewlett-Packard : le groupe devient le premier fabricant mondial d'ordinateurs personnels.

11 septembre 2001

Attentats terroristes à New York et Washington : deux avions de ligne détournés par des commandos suicides s'écrasent sur les tours du World Trade Center, provoquant la mort de 2 843 personnes. A Washington, le Pentagone est partiellement détruit par un 3ème avion, tandis qu'un 4ème s'abat près de Pittsburgh.
Le 12 septembre, dans sa résolution 1368 [.pdf, 93 Ko], l'ONU condamne catégoriquement les attentats. Le même jour le Conseil extraordinaire de l'OTAN décide, pour la première fois, la mise en ouvre du principe de solidarité prévu par l'article 5 du Traité.
Le 24, la Russie qui apporte son soutien aux Etats-Unis dès le 12, se déclare prête à participer à des "opérations de représailles. en Afghanistan" et donne son accord pour une collaboration des républiques d'Asie centrale.

21 septembre 2001

Plan de sauvetage des compagnies aériennes américaines très fragilisées par les attentats du 11 septembre.

22 septembre 2001

Levée des sanctions imposées par les Etats-Unis à l'Inde et au Pakistan après les essais nucléaires de ces deux pays en 1998.

23 septembre 2001

Gel des avoirs financiers des organisations terroristes par le président Bush.

2 octobre 2001

Le Président Bush se prononce en faveur de l'idée d'un Etat palestinien.

5 octobre 2001

Contamination à l'anthrax aux Etats-Unis : un photographe décède en Floride le 5 octobre, le Congrès puis la Cour suprême sont ensuite contaminés, les 21, 22 et 30 octobre deux employés d'un centre postal à Washington et une employée d'un hôpital de New York décèdent de la maladie. L'enquête ne parvient à démontrer aucun lien avec les attentats du 11 Septembre.

7 octobre 2001

Début des frappes aériennes américaines et britanniques en Afghanistan en représailles aux attentats du 11 septembre. Plus de 40 pays, dont la France, apportent leur soutien aux opérations.

18 octobre 2001

Condamnation à la prison à vie des auteurs des attentats anti-américains de Dar-es-Salam et Nairobi ayant provoqué la mort de 231 personnes, le 7 août 1998.

26 octobre 2001

Loi antiterroriste aux Etats-Unis, intitulée "Patriot Act 2001", prévoyant l'allongement à sept jours de la détention provisoire des étrangers en situation irrégulière, la surveillance des communications par téléphone ou sur Internet et des réseaux de financement. Elle suscite des critiques de la part des associations de défense des droits et libertés publiques.

2 novembre 2001

Compromis entre Microsoft et le Département américain de la justice visant à mettre fin à la longue procédure antitrust engagée depuis 1998. Jugement validé par un arrêt du 1 er novembre 2002.

6 novembre 2001

Election du républicain Michael Bloomberg à la mairie de New York, fondateur de l'agence d'information financière qui porte son nom, il succède à Rudolph Giuliani.

12 novembre 2001

Un avion d'American Airlines s'écrase dans le quartier du Queens à New York, provoquant la mort de 262 personnes.

12 novembre 2001

Sommet américano-russe entre George W. Bush et Vladimir Poutine (Washington) marqué par un rapprochement entre les deux pays, mais aussi par l'absence d'accord sur la remise en cause du Traité ABM de 1972.

13 novembre 2001

Décret autorisant le jugement de terroristes par des tribunaux militaires spéciaux américains suivant une procédure secrète et spéciale.

2 décembre 2001

Faillite d'Enron principal groupe de distribution d'énergie aux Etats-Unis.

11 décembre 2001

11ème baisse des taux d'intérêt aux Etats-Unis en 2001 : ramené à 1,75%, les taux sont au niveau le plus bas depuis 1961.

13 décembre 2001

Retrait américain du Traité antibalistique ABM de 1972.
Interdisant tout système de défense antimissiles balistiques, il est jugé obsolète par les Etats-Unis qui désirent déployer un tel système sur le sol américain.

22 décembre 2001

Tentative d'attentat par Richard Reid sur le vol d'American Airlines Paris-Miami. Ce ressortissant britannique converti à l'islam et lié au mouvement Al Qaida, essaie de déclencher des explosifs cachés dans la semelle de ses chaussures.


Haut de page

2002

11 janvier 2002

Le groupe américain Ford annonce la suppression de 35 000 emplois dans le monde.

22 janvier 2002

Faillite de Kmart 3ème groupe de distribution américain.

28 janvier 2002

Faillite de Global Crossing, opérateur américain de réseaux de fibres optiques. La société dont le siège se trouve aux Bermudes, est soupçonnée d'avoir falsifié ses comptes.

29 janvier 2002

Discours sur l'état de l'Union du président George W. Bush. Il dénonce le caractère terroriste de trois pays, l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord cherchant à se procurer des armes de destruction massive, annonce une forte augmentation des dépenses militaires et appelle le Congrès à voter le plan de relance de l'économie.

4 février 2002

Hausse de 13,7% des dépenses militaires dans le projet de budget américain pour 2003. Celui-ci comporte un déficit de 80 milliards de dollars pour un total de 2130 milliards de dollars.

17-22 février 2002

Tournée en Asie du président George W. Bush : il se rend au Japon, en Corée du Sud et en Chine. Le soutien apporté par la Chine après les attentats du 11 septembre facilite la reprise du dialogue. Sont abordées la question des ventes de missiles, celle de Taiwan, ainsi qu'une reprise des pourparlers entre les deux Corées.

21 février 2002

Assassinat au Pakistan du journaliste américain Daniel Pearl, correspondant du Wall Street Journal enlevé le 23 janvier à Karachi où il enquêtait sur les milieux islamistes extrémistes.

3-18 mars 2002

Reprise des opérations militaires américaines en Afghanistan
L'opération "Anaconda", dans la région de Gardez, au sud-est de l'Afghanistan, vise à éliminer les derniers bastions d'Al Qaida.

5 mars 2002

Instauration de taxes à l'importation d'acier aux Etats-Unis. Elle provoque une plainte de l'Union européenne auprès de l'OMC, suivie de celle de sept pays.

8 mars 2002

Après un long débat, vote au Congrès du Plan de relance de l'économie après les attentats du 11 septembre. Il porte sur le déblocage de plus 60 milliards de dollars qui s'ajoutent aux 40 milliards d'aide d'urgence pour New York et aux 15 milliards pour les compagnies aériennes.

14 mars 2002

Inculpation de la firme Arthur Andersen pour destruction de pièces comptables dans l'affaire Enron. Le licenciement de 7 000 employés est annoncé fin mars. Le 15 juin, le tribunal de Houston (Texas) déclare la firme coupable d'obstruction à la justice.

20 mars 2002

Loi sur le financement électoral aux Etats-Unis. Elle limite les contributions faites aux partis par les groupements d'intérêt collectif ("soft money"), qui représentaient près de 500 millions de dollars en 2000, mais relève le plafond des donations directes aux candidats ("hard money").

10 avril 2002

Réunion à Madrid entre les Etats-Unis, l'ONU, l'Union européenne et la Russie sur la situation au Moyen-Orient. La déclaration commune demande un cessez-le-feu et le retrait immédiat des forces israéliennes des villes palestiniennes et du quartier général de Yasser Arafat à Ramallah. Elle appelle ce dernier à persuader le peuple palestinien de cesser toute action terroriste

3 mai 2002

Sommet Union européenne - Etats-Unis à Washington : les délégués affirment leur détermination à régler leurs différends commerciaux dans le cadre de l'OMC.

5-7 mai 2002

Visite aux Etats-Unis d'Ariel Sharon, premier ministre israélien.
Il exprime son refus d'un Etat palestinien et demande une réforme de l'Autorité palestinienne.

13 mai 2002

Loi d'aide à l'agriculture augmentant les subventions de près de 80% sur 10 ans : adoptée avec l'accord des Démocrates, elle suscite de vives protestations de la part de l'Union européenne, du Canada et du Mexique.

22-28 mai 2002

Tournée en Europe du président George W. Bush : il se rend d'abord à Berlin puis à Moscou, où il signe avec Vladimir Poutine, le 24, un Traité de désarmement nucléaire visant à réduire de deux tiers les arsenaux nucléaires stratégiques russe et américain d'ici 2012. Il se rend ensuite en France, puis à Rome où, le 28, lors du sommet OTAN-Russie est signée la "Déclaration de Rome" et créé le Conseil OTAN-Russie.

30 mai 2002

Réforme du FBI, mis en cause après les attentats du 11 septembre. Elle porte sur un accroissement des moyens d'action et la création d'un bureau de coordination avec la CIA.

20 juin 2002

Décision de la Cour suprême des Etats-Unis interdisant l'exécution des handicapés mentaux.

24 juin 2002

Plan du président Bush pour le Moyen-Orient : il demande le remplacement de Yasser Arafat à la tête de l'Autorité palestinienne.

16 juillet 2002

Réunion du "quartette ONU, Union européenne, Etats-Unis, Russie" sur le Proche-Orient (New York) : désaccord des partenaires des Etats-Unis sur la demande du président américain George W. Bush d'évincer du pouvoir Yasser Arafat, mais approbation de son appel à la création d'un Etat palestinien d'ici à trois ans.

16 juillet 2002

Plan stratégique de défense contre le terrorisme [.pdf, 2 704 Ko] : le rapport remis au Congrès prévoit la création d'un ministère de la sécurité intérieure regroupant 22 agences fédérales afin de prévenir les attaques sur le sol américain et minimiser les dommages en cas d'attaque notamment bactériologique.

21 juillet 2002

Faillite de WorldCom, 2ème compagnie de télécommunications américaine. Il s'agit du plus important dépôt de bilan de l'histoire économique mondiale.

30 juillet 2002

Loi sur "la responsabilité des comptes des entreprises" [.pdf, 198 Ko], dite loi Sarbanes-Oxley. Elle fait suite à la révélation de faillites frauduleuses comme celles d'Enron, Arthur Andersen, Global Crossing, WorldCom.

6 août 2002

Loi conférant des pouvoirs de négociation commerciale ("Fast Track") au président George W. Bush.

11 août 2002

La compagnie aérienne US Airways se place sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. American Airlines, première compagnie aérienne mondiale, annonce, le 13, un plan d'austérité et la suppression de 7 000 emplois.

30 août 2002

Confirmation de la condamnation [.pdf, 179 Ko] des Etats-Unis par l'OMC dans le différend l'opposant à l'Union europénne sur les aides américaines aux exportations (FSC, Foreign Sales Corporation).

17 septembre 2002

Nouvelle réunion du "quartette ONU, Union européenne, Etats-Unis, Russie" sur le Proche-Orient (New York) : il adopte un calendrier du plan de paix devant mener à la création d'un Etat palestinien d'ici 2005.

20 septembre 2002

Rapport sur la "Stratégie nationale de sécurité" : il prévoit d'éventuelles actions militaires préventives contre les "Etats voyous".

11 octobre 2002

Attribution du Prix Nobel de la Paix à l'ancien président Jimmy Carter.

11 octobre 2002

Le Congrès américain, autorise avec l'accord d'une majorité de démocrates, le recours à la force armée contre l'Irak.

16 octobre 2002

Réforme du système électoral américain : elle concerne l'amélioration de l'équipement des bureaux de vote pour éviter les contestations qui avaient retardé d'un mois la proclamation du résultat de l'élection présidentielle 2000.

22-25 octobre 2002

Visite du président chinois Jiang Zemin aux Etats-Unis. Les entretiens portent sur la poursuite du programme d'armement nucléaire de la Corée du Nord, l'Irak et la coopération dans la lutte antiterroriste.

5 novembre 2002

Elections législatives et locales du mi-mandat. Elles marquent un net succès pour le président Bush, les Républicains reprenant le contrôle du Sénat (51 sièges sur 100), et gardant la majorité à la Chambre des représentants.

5 novembre 2002

Démission de Harvey Pitt, président de la Securities Exchange Commission (SEC). Critiqué pour sa réticence à engager des réformes après la révélation des scandales financiers, il est remplacé par William Donaldson.

6 novembre 2002

Baisse des taux d'intérêt ramenés à 1,25%.

8 novembre 2002

Résolution 1441 [.pdf, 130 Ko] de l'ONU sur le désarmement de l'Irak. Présentée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni et adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité, elle donne à l'Irak une dernière chance de s'acquitter de ses obligations en matière de désarmement.

27 novembre 2002

Création d'une commission d'enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre sur la demande pressante des familles des victimes afin d'examiner les circonstances ayant rendu possible ces attentats.

9 décembre 2002

United Airlines, deuxième compagnie aérienne mondiale, se place sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites.

17 décembre 2002

Début de mise en place du système de défense antimissile aux Etats-Unis. Il doit être opérationnel en 2004-2005.

18 décembre 2002.

Faillite de l'assureur Conseco aux Etats-Unis. C'est la troisième faillite la plus importante après celles de Worldcom (21 juillet 2001) et Enron (2 décembre 2001).

20 décembre 2002

Sanction de dix grandes banques américaines pour conflits d'intérêts. Elles acceptent de payer une amende d'1,4 milliard de dollars.


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2003

7 janvier 2003

Plan de soutien à l'économie américaine présenté par le président Bush : d'un montant de 674 milliards de dollars sur dix ans, ces mesures qui seront débattues au Congrès comportent la suppression de l'impôt sur les dividendes versés aux actionnaires par les entreprises, les baisses d'impôts déjà votées en 2001 et des aides pour les chômeurs.

11 janvier 2003

Le gouverneur de l'Illinois gracie 4 condamnés à mort et commue la peine des 163 autres condamnés à la peine capitale dans cet Etat.

27 janvier 2003

Rapports des chefs des inspecteurs de l'ONU en Irak. Hans Blix, président de la Commission de contrôle des Nations unies et Mohamed El Baradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique dressent un bilan mitigé de deux mois d'inspections et demandent un délai de plusieurs mois pour mener à bien leur mission.

28 janvier 2003

Discours sur l'état de l'Union du président Bush. Il demande une réunion du Conseil de Sécurité pour examiner les informations américaines sur les armes nucléaires et biologiques de l'Irak. Sur le plan intérieur, il propose d'appliquer dès 2003 les réductions d'impôts prévues pour 2004 et 2006 et demande au Congrès d'approuver son initiative en faveur des groupes confessionnels.

30 janvier 2003

Dans une lettre commune, 8 pays européens apportent au président Bush leur soutien dans la crise irakienne (Danemark, Espagne, Italie, Grande-Bretagne, Portugal, Hongrie, Pologne, République tchèque).

1er février 2003

Explosion de la navette spatiale Columbia au-dessus du Texas.

3 février 2003

Présentation au Congrès du projet de budget pour 2004  : malgré un déficit de 307 milliards de dollars il maintient les baisses d'impôts inscrites du plan de relance. Les crédits de la défense augmentent de 5,3% mais ne comportent pas de montant spécifique en vue d'une guerre en Irak.

5 février 2003

A l'ONU, discours sur l'Irak du secrétaire d'Etat Colin Powell présentant des preuves de la présence d'armes de destruction massive.

14 février 2003

Rapports des inspecteurs du désarmement en Irak qui n'ont pas découvert d'activité nucléaire interdite, mais demandent un renforcement des moyens et l'allongement des délais d'inspection.

15 février 2003

Manifestations dans le monde contre la guerre en Irak. Malgré la position du premier ministre Tony Blair, partisan de la guerre, plus d'un million de personnes défilent à Londres. En Italie, trois millions de personnes et en France plusieurs centaines de milliers se mobilisent. A New York, 200 associations pacifistes rassemblent une centaine de milliers de personnes. L'Amérique latine, l'Asie et le Moyen-Orient connaissent également de nombreux rassemblements.

1er mars 2003

Le parlement turc vote contre le déploiement de troupes américaines sur son territoire.

7 mars 2003

Rapports d'étape des inspecteurs du désarmement de l'Irak à l'ONU  : il faut encore plusieurs mois pour régler les questions en suspens. La France, l'Allemagne et la Russie refusent une deuxième résolution du Conseil de sécurité légitimant la guerre.

16 mars 2003

A Lajes (Portugal), sommet sur l'Irak entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Espagne  : les trois pays annoncent une "ultime" demande d'un ultimatum de l'ONU autorisant l'usage de la force, mais y renoncent faute de consensus.

17 mars 2003

Ultimatum du président Bush à Saddam Hussein  : il lui donne 48 heures pour quitter l'Irak. Le 18, Saddam Hussein rejette l'ultimatum. Tous les inspecteurs en désarmement de l'ONU quittent l'Irak.

20 mars 2003

La Turquie autorise le survol de son territoire par l'aviation américaine.

20 mars 2003

Lancement de l'opération américano-britannique "Liberté de l'Irak". Elle commence par une série de raids et de bombardements sur la capitale irakienne et des tirs de missiles à partir de navires stationnés dans le Golfe, en mer Rouge et en Méditerranée. Les forces terrestres pénètrent ensuite en Irak depuis le Koweit. De nombreux raids aériens visent Bagdad, Bassorah, Mossoul les jours suivants.

27 mars 2003

Démission de Richard Perle, président du Conseil américain de défense, partisan actif de la guerre en Irak, mis en cause pour conflit d'intérêts.

1er-3 avril 2003

Tournée en Europe du secrétaire d'Etat américain Colin Powell, à propos de l'Irak  : à Ankara, il obtient une assistance logistique de la Turquie. A Bruxelles, ses entretiens avec l'Union européenne et l'OTAN ainsi qu'avec le ministre russe Igor Ivanov font apparaître des divergences sur l'après-guerre en Irak, les Européens souhaitant un rôle central pour l'ONU alors que Colin Powell évoque un simple "partenariat", la coalition américano-britannique gardant le rôle principal.

7-8 avril 2003

Sommet sur l'Irak entre George W. Bush et Tony Blair (Belfast). La déclaration commune affirme «le rôle vital des Nations unies dans la reconstruction de l'Irak», soutient la création d'une administration transitoire dirigée par les Irakiens.

9-14 avril 2003

Prise de Bagdad par les forces américaines puis de Kirkouk, Mossoul, Tikrit.

27 avril-2 mai 2003

Tournée de Donald Rumsfeld, Secrétaire américain à la défense, dans les pays du Golfe, en Afghanistan et au Royaume-Uni.

1er mai 2003

Allocution du président George W. Bush annonçant la fin des opérations militaires en Irak.

6 mai 2003

Nomination du diplomate américain Paul Bremer au poste d'administrateur civil provisoire en Irak

10-17 mai 2003

Tournée du Secrétaire d'Etat Colin Powell, au Moyen-Orient et en Europe. Il rencontre Ariel Sharon à Jérusalem, puis Mahmoud Abbas (Abou Mazen), Premier ministre palestinien, à Jéricho en vue du démarrage du processus de la "feuille de route" [.pdf, 23 Ko], puis se rend en Egypte, en Jordanie, en Arabie saoudite, en Russie, en Allemagne et en Bulgarie.

14 mai 2003

Première rencontre entre G. W. Bush et Roh Moo-Hyun, président de la Corée du Sud. Les entretiens portent sur le risque nucléaire après la dénonciation par la Corée du Nord de l'Accord de 1994 sur la dénucléarisation de la péninsule. Le 5 juin 2003, le Pentagone annonce un redéploiement des forces américaines au sud de la zone démilitarisée .

23 mai 2003

Réductions d'impôts votées par le Congrès des Etats-Unis : elles s'inscrivent dans le cadre du Plan de soutien à l'économie et portent sur un montant de 330 milliards de dollars sur dix ans au lieu des 674 milliards demandés initialement.

29 mai-5 juin 2003

Tournée du président américain George W. Bush en Europe et au Moyen Orient. Il se rend en Pologne, à Saint-Pétersbourg où il rencontre Vladimir Poutine, à Evian pour le sommet du G8 . En Egypte et en Jordanie il participe aux sommets de Charm el-Cheikh et d'Aqaba où est discutée l'application de la "feuille de route" prévoyant la création d'un Etat palestinien d'ici 2005.

Juin 2003

Opérations militaires américaines contre la guérilla sunnite en Irak, en réponse aux attaques quasi quotidiennes dans la région sunnite depuis début mai.

1er juin 2003

Ratification du Traité de désarmement stratégique par la Russie et les Etats-Unis. Signé le 24 mai 2002, il prévoit la réduction de deux tiers des arsenaux nucléaires d'ici 2012.

2 juin 2003

Déréglementation dans le domaine des médias par la Commission fédérale des communications (FCC). Elle élargit la possibilité pour un même groupe de détenir journaux et chaînes de radio et de télévision et suscite la critique des associations de défense des droits civils, de consommateurs et de nombreux hommes politiques. Le 3 septembre, son application est suspendue par une Cour d'appel fédérale. Le 16 septembre 2003, le Sénat approuve un projet de loi déposé rétablissant certaines limites à la propriété des médias.

23 juin 2003

Statuant sur la plainte d'un étudiant de l'université du Michigan, la Cour suprême maintient le principe de la discrimination positive (Affirmative Action).

24 juin 2003

Aide financière américaine au Pakistan. Décidée lors d'une visite du président Moucharraf aux Etats-Unis, elle porte sur un montant de trois milliards de dollars sur cinq ans à partir de 2005 et doit être approuvée par le Congrès.

25 juin 2003

Baisse des taux d'intérêt aux Etats-Unis. Le taux des fonds fédéraux est ramené à 1% par la Réserve fédérale.

25 juin 2003

A Washington, Sommet Union européenne - Etats-Unis, marqué par la signature de deux traités concernant l'extradition et l'entraide judiciaire et par des accords sur la lutte contre le financement du terrorisme et sur le contrôle des exportations dangereuses.

7-12 juillet 2003

1ère tournée en Afrique du président George W. Bush . Entretiens avec les dirigeants du Sénégal, de l'Afrique du Sud, du Botswana, de l'Ouganda et du Nigeria. Portant sur la lutte contre le terrorisme et la création d'un fonds de 15 milliards de dollars (soumis à l'accord du Congrès) pour la lutte contre le sida.

11 juillet 2003

Condamnation des Etats-Unis par l'OMC pour les taxes à l'importation d'acier.

24 juillet 2003

Rapport de la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre. Il critique la non prise en compte d'un grand nombre d'informations par le FBI, la CIA et le manque de coordination concernant le réseau Al Qaida. Le rapport dont la publication a été retardée de plusieurs mois ne reprend pas les informations mettant en cause l'Arabie saoudite.

13 août 2003

Accord sur l'agriculture entre l'Union européenne et les Etats-Unis pour relancer les négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce.

14-15 août 2003

Gigantesque panne d'électricité au nord-est des Etats-Unis et en Ontario (Canada). Elle dure 29 heures et touche les villes de New York, Detroit, Cleveland, Toronto, Ottawa. Le rapport d'enquête publié le 13 avril 2004 met en évidence l'insuffisance des réseaux de distribution et du dispositif de sécurité.

26 août 2003

Rapport sur l'explosion de la navette spatiale Columbia mettant en cause les restrictions budgétaires imposées à la NASA. L'accident avait provoqué, le 1er février 2003, la mort des sept astronautes.

7 septembre 2003

Discours sur l'Irak du président Bush demandant au Congrès un budget supplémentaire de 87 milliards de dollars dont 66 milliards pour des dépenses militaires et 20 milliards pour la reconstruction. Ce collectif est adopté le 3 novembre.

17 septembre 2003

Dick Grasso, président de la Bourse de New York, démissionne après un scandale concernant le montant de ses primes.

26-27 septembre 2003

A Camp David, Sommet américano-russe entre George W. Bush et Vladimir Poutine sur l'Irak, la situation au Moyen-Orient et en Afghanistan, l'aide russe au développement du nucléaire civil en Iran et l'arme nucléaire en Corée du Nord.

29 septembre 2003

Les Etats-Unis réintègrent l'UNESCO.

6 octobre 2003

Mise en place d'un Groupe pour la stabilisation de l'Irak sous contrôle de la Maison blanche et placé sous l'autorité de Condoleezza Rice, conseillère à la sécurité nationale du président.

7 octobre 2003

L'acteur républicain Arnold Schwarzenegger est élu gouverneur de Californie. Son prédécesseur, le démocrate Gray Davis, était critiqué pour son incapacité à réduire le déficit budgétaire de l'Etat (38 milliards de dollars).

17-23 octobre 2003

Tournée en Asie du Président George W. Bush. Il se rend au Japon, aux Philippines, en Thaïlande où il participe au forum de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique), à Singapour, en Indonésie où il rencontre des dirigeants islamiques, et en Australie.

27 octobre 2003

Rachat par la Bank of America de la banque FleetBoston Financial. La fusion, avalisée le 8 mars 2004 par les autorités de tutelle, est susceptible d'entraîner entre 9 et 11 000 suppressions d'emplois.

11 novembre 2003

Le Congrès américain adopte des sanctions économiques contre la Syrie, en réaction au soutien apporté par ce pays aux terroristes agissant en Irak et à son occupation du Liban.

15 novembre 2003

Plan de transfert du pouvoir à un gouvernement provisoire irakien d'ici fin juin 2004. Il fait l'objet d'un accord entre le Conseil intérimaire de gouvernement et l'administrateur Paul Bremer et prévoit l'élaboration, d'ici fin février 2004, d'une loi fondamentale préalable à la rédaction d'une Constitution permanente et la tenue d'élections avant fin 2005.

18-21 novembre 2003

Voyage officiel du président américain George W. Bush au Royaume-Uni. Première visite d'Etat d'un président américain depuis 1918, elle est marquée par d'importantes manifestations contre la guerre en Irak.

22 novembre 2003

Accord sur la création d'une Zone de libre-échange des Amériques, initiative américaine lancée en 1994 qui tend à créer en janvier 2005 la plus vaste zone de libre-échange du monde.

4 décembre 2003

Levée des taxes américaines sur les importations d'acier instaurées en mars 2002, suite à la confirmation, le 10 novembre, de la condamnation des Etats-Unis par l'OMC.

8 décembre 2003

Loi réformant le Medicare, assurance maladie des retraités. Votée malgré une forte opposition des démocrates, elle prévoit, à partir de 2006 et suivant certaines conditions, le remboursement à 75 % des médicaments. Parallèlement, elle accroît le rôle des organismes privés d'assurances et de soins.

13 décembre 2003

Capture de Saddam Hussein en Irak.

17 décembre 2003

Signature d'un Traité de libre-commerce entre les Etats-Unis et l'Amérique centrale  : il prévoit un abaissement sur dix ans des barrières douanières et concerne plus de 80% des exportations américaines.

23 décembre 2003

Premier cas de vache folle aux Etats-Unis. L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est diagnostiquée dans l'Etat de Washington. Les pays importateurs de bouf américain, dont le Japon, décrètent un embargo. Le 30, les Etats-Unis, qui n'appliquent pas de dépistage systématique, interdisent la vente des animaux incapables de marcher jusqu'à l'abattoir.

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2004

7 janvier 2004

Plan de régularisation des travailleurs immigrés clandestins : soumis à un vote du Congrès, il prévoit la création d'un statut de travailleur temporaire d'une durée de trois ans renouvelable et concerne les quelques dix millions d'immigrés sans papiers mais ayant un emploi, dont la plupart sont mexicains.

14 janvier 2004

Rachat de Bank One par la banque J.P.Morgan. L'opération, qui doit être approuvée par le Département de la Justice, créera un nouveau géant financier prenant la deuxième place aux Etats-Unis après Citigroup.

19 et 27 janvier 2004

Caucus de l'Iowa et élection primaire du New Hampshire, premières étapes de l'élection présidentielle du 2 novembre 2004. Du côté des démocrates, John Kerry, sénateur du Massachusetts, arrive en tête en Iowa avec 37,6% des voix, suivi par le sénateur John Edwards, 31,8%. Howard Dean, gouverneur du Vermont, seul opposant à la guerre en Irak et ayant suscité une forte mobilisation sur internet occupe la 3ème place, avec 18% des voix. Puis vient Richard Gephardt, ancien chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, soutenu par les syndicats, qui, obtenant 10,6% des voix, déclare forfait.
Dans le New Hampshire, John Kerry l'emporte avec un score de 39%, suivi de Howard Dean, score de 26%, le général Wesley Clark et John Edwards, avec un même score de 12%, précédant Joe Lieberman, 9% des voix.
Du côté des républicains, la candidature du président Bush qui a décidé de se représenter est soutenue par le Parti, même si, comme pour les démocrates, son investiture officielle doit intervenir ultérieurement lors de la Convention républicaine, à la fin août.

20 janvier 2004

Discours sur l'état de l'Union du président George W. Bush. Il met l'accent sur la lutte contre le terrorisme (demande de reconduction du Patriot Act), sur la reconstruction de l'Afghanistan, sur la mise en oeuvre de la démocratie en Irak et au Moyen-Orient et sur l'élimination de la menace nucléaire par le biais de négociations stratégiques. Il demande par ailleurs la pérennisation des baisses d'impôts, le renforcement de la privatisation dans le secteur de l'assurance maladie et des soins.

2 février 2004

Projet de budget pour 2005. Il prévoit une baisse d'un tiers du déficit (qui doit atteindre 521 milliards de dollars en 2004) grâce à la réduction des dépenses pour l'environnement, l'agriculture, les transports et nombre de programmes sociaux. Il finance cependant le remboursement des médicaments inscrit dans la loi de décembre 2003 et reconduit les baisses d'impôts. Les crédits de la sécurité intérieure augmentent de 9,7% et ceux de la défense de 7%.

3 février 2004

Elections primaires démocrates : John Kerry arrive en tête dans cinq Etats et obtient au moins 50% des voix dans le Delaware, le Missouri et le Dakota du Nord. John Edwards l'emporte avec 45% des voix en Caroline du sud. Le général Clark est vainqueur dans l'Oklahoma devant John Edwards, avec 30% des voix. Howard Dean obtient ses meilleurs scores au Nouveau Mexique, 16% et en Arizona 14%. Joe Lieberman, second dans le Delaware avec seulement 11% des voix, déclare forfait.

6 février 2004

Création d'une commission bipartisane d'enquête sur les armes de destruction massive (ADM) en Irak. Elle fait suite à la démission le 23 janvier de David Kay, chef de la mission d'inspection, et à sa déposition devant le Congrès, suivant laquelle il n'avait pas de preuves de la présence d'ADM en Irak. Le rapport est attendu pour la fin mars 2005.

7, 8, 10 et 14 février 2004

Caucus et élections primaires démocrates. Lors des caucus dans le Michigan, l'Etat de Washington, le Maine, des primaires du Tennessee et de Virginie, puis des caucus de Washington D.C. et du Nevada, John Kerry devance ses concurrents avec un score moyen d'environ 50%. Howard Dean termine second dans le Michigan, le Nevada, le Washington et le Maine avec des scores de 17, 30 et 27%, et John Edwards dans le Tennessee et en Virginie avec un score de 27%. Le général Wesley Clark, troisième dans le Tennessee, abandonne la course.

17 et 24 février

Le 17, élection primaire du Wisconsin : John Kerry obtient 40% des voix, suivi par John Edwards, 34%, seul concurrent restant en lice alors qu'Howard Dean avec un score de 18% déclare forfait. Le 24, lors de l'élection primaire en Utah, John Kerry bat John Edwards, sénateur de la Caroline du Nord, avec 55% des suffrages contre 30%. Le même jour, lors des caucus en Idaho, John Kerry obtient 54% contre 22% à son principal rival, à Hawaï il remporte 46% des scrutins, contre seulement 13% pour John Edwards, Dennis Kucinich, représentant démocrate de l'Ohio, arrivant deuxième avec 30% des voix.

22 février 2004

Candidature de Ralph Nader à l'élection présidentielle 2004.
Avocat militant depuis les années soixante-dix pour la défense des consommateurs et la protection de l'environnement, Ralph Nader, candidat du parti des Verts en 2000 ayant obtenu 2,7% des voix, avait été critiqué pour avoir privé le candidat démocrate Al Gore des quelques milliers de voix qui lui ont manqué pour devancer George W. Bush. Il se présente à titre indépendant n'étant soutenu ni par les Verts, ni par son propre mouvement Public Citizen et dénonce l'emprise des grandes entreprises sur les Partis démocrate et républicain.

24 février 2004

Accord Union européenne - Etats-Unis sur la coopération entre les systèmes de navigation par satellite Galileo et GPS.

26-27 février 2004

Visite du chancelier allemand Gerhard Schröder aux Etats-Unis, marquée par une normalisation des relations après la crise résultant du différend sur la guerre d'Irak.

1er mars 2004

Sanctions européennes contre le maintien de la législation Foreign Sales Corporation (FSC) d'aide aux exportations américaines, non conforme aux règles de l'OMC. Elles consistent en l'application d'un droit de douane additionnel de 5% sur certains produits.

2 mars 2004

Lors des élections primaires démocrates du "super-mardi", John Kerry arrive en tête dans neuf des dix Etats où elles ont lieu. Il obtient au moins 60% des voix dans cinq Etats dont celui de New York et la Californie, et 72% dans le Massachusetts dont il est sénateur. John Edwards, n'ayant pas obtenu le vote majoritaire qu'il espérait en Géorgie et dans l'Ohio où il obtient 42 et 34% des voix, abandonne la course à l'investiture.

2 mars 2004

Accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis. Soumis à un vote du Congrès, il prévoit une libéralisation très large des échanges. Le blé marocain reste toutefois protégé. Le textile marocain devrait bénéficier de l'accord qui favorise globalement par ailleurs les exportations américaines.

9-20 mars 2004

Caucus et élections primaires démocrates. Le 9 mars, en Floride, Louisiane, Mississippi, Texas, John Kerry l'emporte avec une moyenne de 73% des voix. Le 13 et le 16, obtenant 72% des voix dans le Kansas et l'Illinois, il dispose désormais des 2 162 mandats de délégués nécessaires à l'investiture démocrate à la présidentielle de novembre. Al Sharpton renonce le 15 et lui apporte son soutien. Lors des caucus du 20 mars, le score de John Kerry est de 48% en Alaska et de 77% dans le Wyoming.

24 mars 2004

Condamnation de Microsoft à une amende record de 497 millions d'euros pour abus de position dominante sur le marché européen.

8 avril 2004

Témoignage de la conseillère du Président Condoleeza Rice, devant la commission d'enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre.

14 avril 2004

Soutien américain au plan israélien d'évacuation de Gaza. Il est annoncé lors d'une visite aux Etats-Unis du Premier ministre israélien, Ariel Sharon.

23 avril 2004

Levée des sanctions américaines envers la Libye, suite à l'abandon par celle-ci de son programme de développement d'armes de destruction massive.

29 avril 2004

Témoignage du président G.W. Bush devant la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre. Lors de la déposition qui n'est pas faite sous serment ni enregistrée, le président et le vice-président indiquent que les informations reçues tout au long de l'année 2001 concernaient des menaces à l'étranger et non le territoire américain.

Mai 2004

Scandale après la révélation de tortures à la prison d'Abou Ghraib en Irak, par la chaîne américaine CBS, puis par les télévisions arabes qui diffusent des photos des sévices infligés aux prisonniers irakiens par des soldats de la coalition.

4 mai 2004

Réunion du "Quartette ONU, Union européenne, Etats-Unis, Russie" sur le Moyen-Orient.

7 mai 2004

Audition par le Congrès de Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la défense, qui présente ses "profondes excuses" à propos des tortures subies par les prisonniers irakiens mais refuse de démissionner comme le demandent les démocrates et une partie de la presse.

10 mai 2004

La banque américaine Citigroup, accusée de fraudes comptables après la faillite du groupe WorldCom, verse une amende de 2,65 milliards de dollars aux actionnaires de ce groupe.

24 mai 2004

Discours du président américain George W. Bush sur l'Irak (Carlisle, Pensylvanie). Il annonce un plan en cinq étapes pour instaurer la liberté et la démocratie en Irak et la constitution prochaine d'un gouvernement interimaire.

3 juin 2004

Démission de George Tenet, directeur de la CIA, faisant suite à la mise en cause de l'agence pour son incapacité à prévenir les attentats du 11 septembre, pour avoir fourni les informations erronées sur les armes de destruction massive en Irak et pour son rôle dans les tortures infligées aux prisonniers irakiens.

4-6 juin 2004

Voyage en Europe du président G.W. Bush. En Italie, il rencontre le Pape et le premier ministre Silvio Berlusconi, puis se rend en France où, après une entrevue avec le président Chirac, il prend part aux cérémonies commémoratives du Débarquement de Normandie en juin 1944.

6 juin 2004

Décès de Ronald Reagan. Elu président des Etats-Unis en 1980, l'ancien acteur puis gouverneur de Californie avait été réélu à la Maison blanche en 1984.

28 juin 2004

Transfert de souveraineté au gouvernement irakien dirigé par Iyad Allaoui. Il intervient avec deux jours d'avance pour éviter une surenchère des attentats et fait suite au vote de la résolution 1546 [.pdf, 140 Ko] de l'ONU, adoptée à l'unanimité au Conseil de sécurité, entérinant ce transfert.

1er juillet 2004

Hausse de 1/4 de point des taux d'intérêt aux Etats-Unis. Elle intervient deux semaines après la reconduction dans ses fonctions d'Alan Greenspan, président de la "Fed" (Federal Reserve) depuis 17 ans. Le taux des fonds fédéraux qui avait été ramené progressivement de 6,5% en mai 2000 à 1% en juin 2003, est relevé à 1,25%.

6 juillet 2004

John Edwards, candidat démocrate à la vice-présidence américaine. John Kerry, candidat démocrate à l'élection présidentielle 2004, choisit le sénateur de Caroline du Nord, John Edwards, lui-même précédemment candidat à l'investiture démocrate, comme colistier.

7 juillet 2004

Aux Etats-Unis, inculpation de Kenneth Lay ancien PDG d'Enron. La faillite d'Enron, le 2 décembre 2001, avait eu d'importantes répercussions pour les salariés perdant leur emploi et leur retraite, mais aussi pour de nombreuses banques et pour la firme Arthur Andersen qui a perdu, le 15 juin 2002, le droit de certifier les comptes. Les inculpations de fraude et délit d'initiés visant Kenneth Lay sont similaires à celles des autres dirigeants d'Enron déjà inculpés.

9 juillet 2004

Au Sénat américain, rapport sur les informations ayant mené à la guerre en Irak. Le rapport de la Commission du renseignement du Sénat dénonce les erreurs et les exagérations de la CIA à propos des armes de destruction massive en Irak et ses défaillances avant les attentats du 11 septembre 2001.

22 juillet 2004

Rapport de la Commission d'enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. La Commission d'enquête bipartisane avait été créée à la demande des familles des victimes en novembre 2002. Le rapport met en cause la responsabilité des administrations Clinton et Bush et des services de renseignement, mais n'établit aucune responsabilité individuelle. Pour l'avenir, il propose de créer un centre national de contre-terrorisme et un poste de directeur national du renseignement sous l'autorité directe du Président.

26-29 juillet 2004

A Boston, Convention du Parti démocrate en vue de l'élection présidentielle. John Kerry, sénateur du Massachusetts, obtient l'investiture officielle du Parti, John Edwards, sénateur de Caroline du Nord, étant candidat au poste de vice-président. Dans son discours d'investiture, John Kerry se présente comme un vétéran du Vietnam particulièrement qualifié pour protéger le pays contre le terrorisme et insiste sur le fait que sous son égide l'Amérique sera «plus forte à l'intérieur» et «plus respectée à l'extérieur».

10 août 2004

Porter Goss, président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, est nommé directeur de la CIA. Coprésident de l'enquête parlementaire indépendante sur les attentats du 11 septembre qui a mis en lumière les négligences de l'Agence de renseignement, il aura pour tâche de la réformer en profondeur.

16 août 2004

Annonce du redéploiement des forces américaines à l'étranger. Le président George W. Bush annonce le rapatriement dans les dix années à venir de plus de 150 000 militaires et civils actuellement basés en Allemagne et en Corée du Sud, afin de rendre le dispositif militaire américain plus souple et plus adapté aux nouvelles menaces et à la lutte antiterroriste.

30 août-2 septembre 2004

A New York, Convention du Parti républicain en vue de l'élection présidentielle. George W. Bush, président sortant, reçoit le soutien de personnalités comme le sénateur John McCain, candidat à la présidence en l'an 2000, Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie, Rudy Giuliani, maire de New York en septembre 2001. Dans son discours d'acceptation de l'investiture, il met l'accent sur la lutte contre le terrorisme, s'affirmant le plus apte à défendre le pays. Il critique l'attitude de son concurrent John Kerry face à l'Irak. Dick Cheney, actuel vice-président, est candidat à la vice-présidence.

13 septembre 2004

Les armes d'assaut à nouveau en vente libre. Ces armes semi-automatiques avaient été interdites pour dix ans par une loi en 1994. Le non renouvellement de la loi témoigne de l'importance du lobby des armes à feu, la NRA (National Rifle Association).

Septembre-octobre 2004

Débats télévisés de la campagne présidentielle. Trois débats opposent le Président George W. Bush à son concurrent démocrate, le sénateur John Kerry. Le premier débat a lieu le 30 septembre à Miami en Floride et porte sur la politique étrangère et la sécurité intérieure, le deuxième se tient à Saint Louis dans le Missouri le 8 octobre et porte sur la guerre en Irak et sur l'économie, le troisième à Tempe dans l'Arizona, le 13 octobre, porte sur les questions économiques et sociales. Le 5 octobre 2004, un autre débat oppose le vice-président Dick Cheney au sénateur John Edwards colistier de John Kerry sur le ticket démocrate.

4 octobre 2004

4ème loi sur les baisses d'impôts. La loi promulguée par le Président Bush et intitulée "Working families tax relief act" porte sur 146 milliards de dollars de réduction d'impôts. Elle bénéficiera aux familles en évitant aux couples mariés de payer plus d'impôts que les célibataires, mais augmentera de près de 30 milliards de dollars le déficit budgétaire prévu pour 2005.

2 novembre 2004

Réélection de George W. Bush avec 51 % des voix et 279 grands électeurs, contre 48% des voix et 252 grands électeurs pour le démocrate John Kerry, dans un contexte de forte mobilisation, la participation électorale dépassant 56%. L'écart étant de 3,5 millions de votants, John Kerry reconnaît sa défaite le 3 novembre. Le score de Ralph Nader, candidat écologiste ne dépasse pas 0,3% des voix.
Aux élections législatives tenues le même jour, renforcement du Parti républicain : la Chambre des représentants comporte désormais 231 républicains pour 200 démocrates, le Sénat 55 républicains et 44 démocrates. Onze postes de gouverneurs étant soumis à réélection, les républicains en gardent 28, les démocrates passent de 22 à 21 postes.
Sur 163 référendums tenus dans 34 Etats, 11 portent sur le rejet du mariage homosexuel.

15 novembre 2004

Démission du Secrétaire d'Etat américain Colin Powell. Qualifié de colombe dans un gouvernement de faucons et considéré comme modéré, il sera remplacé, le 20 janvier, à l'entrée en fonction de la nouvelle administration, par Condoleeza Rice, précédemment conseillère pour la sécurité nationale. Démissionnent également John Ashcroft, secrétaire à la justice remplacé par le Républicain texan Alberto Gonzales, les secrétaires au commerce, à l'énergie, à l'éducation et à l'agriculture.

1er-3 décembre 2004

Démission des secrétaires américains à la sécurité intérieure et à la santé et de John Danforth, ambassadeur américain à l'ONU.

8 décembre 2004

Réforme des services de renseignement. Faisant suite aux recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, sont créés un poste de directeur national du renseignement, un Centre national de lutte contre le terrorisme et un Centre national de lutte contre la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires, ainsi qu'un Bureau pour la protection des libertés civiles et de la vie privée.


Haut de page

2005

6 janvier 2005

Confirmation par les grands électeurs de la réélection de George W. Bush à la présidence des Etats-Unis. Elle intervient malgré une interruption temporaire du dépouillement au Congrès du scrutin du 13 décembre 2004, par des élus démocrates mettant en cause les conditions de vote dans l'Ohio, le candidat démocrate John Kerry ne souhaitant pas, pour sa part, contester le résultat de l'élection.

20 janvier 2005

Investiture officielle du président George W. Bush et entrée en fonction de la nouvelle administration.


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#6 29-05-2008 19:02:54

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Conférence de presse de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'issue de la réunion spéciale du Conseil de l'Atlantique nord.
http://74.125.39.104/search?q=cache:VFE … &gl=fr
QUESTION - Monsieur le Président, vous avez rappelé ce matin dans votre intervention que le Traité ABM restait un pilier de notre équilibre stratégique. De son côté, le Président BUSH affirmait, lui hier à Madrid, qu'il s'agissait d'une relique du passé. Sans vouloir rejouer la querelle des anciens et des modernes, est-ce qu'un traité qui remonte à 72 est encore un traité opérationnel ?

LE PRÉSIDENT - Le Traité peut-être pas, et je n'ai jamais prétendu que le Traité était intouchable, naturellement mais les principes sont des principes qui sont importants. C'est à cela que je voulais faire allusion. Et en ce qui concerne le Traité ABM, il est fondé sur un certain nombre de principes qui répondent à des préoccupations capitales.

Première préoccupation, il faut prendre garde de ne pas remettre en cause l'équilibre stratégique international. C'est capital sinon nous allons sur la voie du danger. Aujourd'hui, cela repose sur le Traité ABM. Ce n'est pas le Traité qui est important. Naturellement, un Traité peut être modifié, évoluer etc. C'est les principes. Alors, si un autre cadre devait être envisagé, ce que je conçois naturellement parfaitement, je l'ai d'ailleurs dit au Président BUSH, il faudrait à tout le moins qu'il ait un contenu réel et stabilisateur. C'est cela qui à mon avis reste essentiel, pas le Traité ABM. Son contenu réel et stabilisateur.

J'ajoute qu'il faut empêcher toute militarisation de l'espace. J'ai eu l'occasion de le dire dans un discours que j'ai fait devant l'IHEDN le 8 juin dernier et c'est très important.

La deuxième préoccupation, c'est qu'il faut par ailleurs rappeler la pertinence de la dissuasion, dans son concept de non-emploi naturellement. Ceci pour garantir notre sécurité dans le nouvel environnement international. Je l'ai aussi rappelé ce matin mais je dois dire que, de ce point de vue, nous n'avons pas de divergence de vues avec nos amis américains.

Et, enfin c'est la troisième préoccupation, il faut relancer les efforts de lutte contre la prolifération, je vous l'ai dit tout à l'heure, et ceci dans tous les domaines, mais notamment dans le domaine balistique. Alors, j'en ai parlé aujourd'hui et je souhaite que l'Union européenne prenne l'initiative, à Göteborg, sur ce sujet, en proposant, je le répète, je l'ai déjà dit, l'universalisation du code de conduite du MTCR de façon à pouvoir donner un cadre plus contraignant pour lutter contre la prolifération.


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#7 29-05-2008 21:07:39

jp34
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Modeste contribution...

Le texte intégral du traité ABM :

http://www.obsarm.org/obsnuc/traites-et … is/abm.htm

Un grand coup de chapeau pour l'ensemble du travail de Ragondin..!!!   wink  smile   cool

Dernière modification par jp34 (29-05-2008 21:08:10)


"ne profanez pas le mot Vérité en acceptant le sens qu'en donnent les hommes et les institutions"
"évitez de confondre les mots avec les idées (qu'ils transportent)"

et tenez pour suspecte toute "vérité révélée"...

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#8 30-05-2008 10:38:19

zelda
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Un Pearl Harbor spatial
Une « divine surprise » pour Donald Rumsfeld

Alors qu’il était administrateur de la Rand Corporation et juste avant qu’il ne devienne secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld a théorisé l’Arme spatiale. Son ambition est de créer un nouveau type d’armée dont le coûteux bouclier anti-missiles n’est qu’un élément parmi d’autres. Pour réaliser ce rêve qui consacrera "la puissance militaire illimitée des États-Unis", M. Rumsfeld s’est demandé "si, comme cela a déjà été le cas par le passé, le seul événement capable de galvaniser les énergies de la Nation et de forcer le gouvernement des États Unis à agir doive être une attaque destructrice contre le pays et sa population, un Pearl Harbor spatial".
--------------------------------------------------------------------------------
14 décembre 2001

Pour calmer les ardeurs belliqueuses du Parti républicain, les Démocrates acceptèrent, à l’occasion du vote de la loi de finances 2000, la constitution d’une commission d’évaluation de l’organisation et de la planification de la sécurité des États-Unis en matière spatiale. La commission rendit son rapport le 11 janvier 2001, quelques jours avant que son président, l’honorable Donald Rumsfeld, ne devienne secrétaire à la Défense de l’administration Bush et ne quitte son fauteil au conseil d’administration de la Rand Corporation. Huit de ses douze membres étaient des généraux en retraite. Tous étaient des partisans du " bouclier anti-missiles ". De sorte que les trente-deux jours de travaux de la commission ne furent pas consacrés à un audit de la situation, mais à la recherche d’arguments justifiant a posteriori les convictions communes de ses membres.

Pour la " Commission Rumsfeld ", l’espace est un domaine militaire comparable à la terre, l’air et la mer. Il doit disposer de sa propre Arme, à équivalence avec l’Army, l’Air Force et la Navy. Les États-Unis doivent occuper ce domaine et empêcher toute autre puissance de s’y installer. Grâce à cette asymétrie des moyens, leur suprématie militaire sera incontestable et illimitée. La Commission Rumsfeld a dégagé dix propositions [1] :

1-L’Arme spatiale doit dépendre directement du président.
2-Le président doit s’adjoindre un conseiller en matière spatiale pour que les États-Unis exploitent au mieux leur avantage.
3-Les diverses agences de renseignement doivent être coordonnées et subordonnées à l’Arme spatiale à l’intérieur du Conseil national de sécurité.
4-L’Arme spatiale étant à la fois un outil de renseignement et une arme létale, son usage suppose une coordination du secrétaire à la Défense et des nombreux services de renseignements ; ces derniers étant placés sous l’autorité unique du directeur de la CIA.
5-Le secrétaire à la Défense doit s’adjoindre un sous-secrétaire pour l’espace.
6-Le commandement de l’espace doit être distingué du commandement aérien.
7-L’Arme spatiale doit pouvoir utiliser les services des autres armes.
8-La NRO (agence de l’imagerie spatiale) doit être rattachée au sous-secrétaire à l’Air Force.
9-Le secrétaire à la Défense doit lui-même superviser les investissements en recherche et développement spatial, de manière à accroître l’asymétrie entre les forces US et celles des autres puissances militaires.
10-De très importants moyens budgétaires doivent être débloqués pour le programme spatial militaire.

Outre la dénonciation du traité ABM de 1972, cet ambitieux programme suppose de telles réformes de l’organisation et de la stratégie américaine qu’il semble irréalisable. C’est pourquoi, la Commission Rumsfeld écrit : " L’histoire est pleine de situations dans lesquelles on a ignoré les avertissements et résisté au changement jusqu’à ce qu’un événement extérieur, jugé jusque-là "improbable", vienne forcer la main des bureaucraties réticentes. La question qui se pose est de savoir si les États-Unis auront la sagesse d’agir de manière responsable et de réduire au plus vite leur vulnérabilité spatiale. Ou bien si, comme cela a déjà été le cas par le passé, le seul événement capable de galvaniser les énergies de la Nation et de forcer le gouvernement des États Unis à agir doive être une attaque destructrice contre le pays et sa population, un "Pearl Harbor spatial".
Nous avons été alertés, mais nous ne sommes pas en alerte. "

Pour Donald Rumsfeld, les événements du 11 septembre constituent une " divine surprise ", selon l’expression employée par les fascistes français lorsque la défaite leur permit de renverser " la Gueuse " et de confier les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.

Le 11 septembre, à 18 h 42, Donald Rumsfeld donna une conférence de presse au Pentagone [2]. Pour manifester l’unité de l’Amérique dans ce moment difficile, les leaders démocrates et républicains de la commission sénatoriale de la Défense s’étaient joints à lui. On était sans nouvelles du président Bush et le monde attendait avec inquiétude la réponse US. Or, au milieu de la conférence, en direct devant les caméras de la presse internationale, Donald Rumsfeld prit à partie le sénateur Carl Levin (Démocrate-Michigan) : " Vous, ainsi que d’autres représentants démocrates au Congrès, avez exprimé la crainte de ne pas avoir les moyens de financer l’importante augmentation des budgets de défense sollicitée par le Pentagone, notamment la défense anti-missiles. Vous craignez d’avoir à puiser dans les fonds de la Sécurité sociale pour financer cet effort. Est-ce que le genre d’événements qui vient de se produire suffit à vous convaincre qu’il est urgent pour ce pays d’augmenter les dépenses consacrées à sa défense et que, s’il le faut, il faudra puiser dans les fonds de la Sécurité sociale pour payer les dépenses militaires ? - l’augmentation des dépenses militaires ? "

Face à un adversaire -qui n’était pas alors officiellement identifié-, un tel étalage de dissensions, représente une faute majeure pour un dirigeant politique. Aussi le sénateur Lévin répondit-il brièvement en rappelant que la Commission de la Défense fut unanime sur de nombreux points y compris la conscience des besoins budgétaires.

Donald Rumsfeld avait-il commis une faute grave ou s’était-il dévoilé ?

http://www.voltairenet.org/article7624. … %20spatial

Dernière modification par zelda (11-08-2008 17:07:08)


Il existe deux manières de souffrir des complots : en les voyant partout ou en ne les voyant nulle part.

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#9 30-05-2008 12:53:45

zelda
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

L’objectif caché du bouclier antimissile américain : le contrôle de la puissance russe
       
Une initiative stratégique politiquement orientée

A l’heure d’une fin libérale de l’histoire considérée comme voie inéluctable depuis la chute du communisme soviétique en 1991, l’idée d’une paix démocratique et éternelle s’est imposée comme une évidence morale. Or, cette vision déterministe de l’histoire, inspirée de Fukuyama (1), a été infirmée par l’évolution géopolitique récente marquée par l’éclosion de conflits périphériques succédant de facto, à la conflictualité centrale Est/Ouest de la Guerre froide. Sans verser dans un anti-américanisme primaire, on peut supposer que la stratégie de Washington mise en œuvre en phase post-communiste et avide, au nom de sa ‘’destinée manifeste’’ (2), d’universaliser l’idéologie libérale, n’est pas étrangère à cette impasse.

De ce point de vue on peut, avec légitimité, incriminer la stratégie américaine visant à renforcer son système de domination globale en Eurasie et dans ce but, y contrôler la montée en puissance d’Etats potentiellement menaçants pour son leadership. En tant qu’acteurs susceptibles d’exercer dans un futur proche une concurrence géopolitique sur l’espace eurasien, la Russie, la Chine et l’Inde, voire l’Europe, semblent à terme visés. Dans ce contexte, l’extension par l’Amérique du système anti-missile ABM (anti-ballistic system) prend une signification politique évidente, en vue du contrôle de l’Eurasie ‘’scène centrale de la planète’’, selon l’expert américain Brzezinski (3), et d’y préserver son statut de ‘’seule superpuissance mondiale’’(4). En cherchant à neutraliser une puissance russe en reconstruction, le bouclier ABM est donc une pièce maîtresse de l’Amérique sur le grand échiquier eurasien, qui dépasse la seule dimension stratégique et s’inscrit dans une volonté d’hégémonie politique. Cette soif de puissance de l’Amérique se présente, selon R. Kagan (5), chef de file du courant néoconservateur, comme un fondement objectif et surtout, légitime, de l’ordre libéral international (6).

Dans cet axe, il s’agit de se demander si cette offensive américaine en Eurasie - catalysée par l’ABM - est focalisée contre la menace russe, perçue comme l’héritière politique de la surpuissante URSS. Au-delà, il convient de s’interroger sur la capacité de l’Amérique à empêcher le ‘’retour’’ de la Russie, voire de réduire son pouvoir au cœur de son espace d’influence historique hérité du soviétisme, la Communauté des Etats indépendants (CEI). Dans la perception stratégique russe, issue de son Concept de sécurité 2000, toujours en vigueur, l’ABM s’inscrit dans une démarche globale menaçant à la fois son système sécuritaire et ses prérogatives politiques en CEI. Ce Concept précise que les ‘’menaces contre la sécurité nationale de la fédération de Russie (…) se manifestent dans les tentatives d’autres Etats de s’opposer au renforcement de la Russie, comme un des centres influents du monde multipolaire, de gêner la mise en œuvre de ses intérêts nationaux et d’affaiblir ses positions en Europe, au Proche Orient, en Transcaucasie, en Asie centrale et dans la région Asie Pacifique’’(7). Par ailleurs, dans le texte, il est précisé que ‘’l’apparition potentielle de bases militaires et de contingents militaires étrangers, à proximité directe des frontières de la Russie’’ fait partie des menaces majeures contre la sécurité nationale russe. Autrement dit, les bases de l’Otan et des Etats-Unis (dont celles du futur ABM) sont implicitement visées. Or en janvier 2000 - date de l’élaboration du Concept stratégique - le bouclier anti-missile n’était encore qu’à l’état de vague projet. On peut donc supposer que la future doctrine stratégique russe, en voie de révision, se focalisera davantage contre ces initiatives douteuses de l’Occident, à but théoriquement défensif, mais qui tendent à stigmatiser la menace russe. Ces stratégies militaires insidieuses d’Etats membres de l’Otan ont été dénoncées le 20 novembre 2007, par le président Poutine, précisant que la Russie ne resterait pas ‘’indifférente face à cette façon de jouer les muscles’’ (8). Dans ce schéma il s’agit de se demander si l’extension eurasienne du système ABM - en parallèle à celle de l’Otan - s’inscrit dans la stratégie de long terme du roll back (refoulement) de la puissance russe, théorisée par Zbigniew Brzezinski. Un élément clé est l’encerclement de la puissance russe grâce à la déstabilisation de ses régions frontalières et l’instauration d’une ceinture politico-stratégique visant – via l’ABM et l’Otan – à isoler cette dernière. Comme l’a rappelé sans aucune ambiguïté, Henry Kissinger, ancien conseiller du président Nixon, ‘’L’Otan doit rester un rempart contre une Russie toujours tentée par le démon de l’impérialisme’’(9).

Dans ses grandes lignes, le 11 septembre a fourni une indéniable opportunité à l’administration néo-conservatrice, nourrie d’un ‘’orgueil impérial démesuré’’ selon l’aveu surprenant de Brzezinski en février 2007 (10), d’accélérer cette stratégie anti-russe. En cela, le double redéploiement actuel de l’ABM et de l’Otan autour de la Russie apparaît comme une initiative stratégique politiquement non neutre et surtout, selon Moscou, une trahison des promesses issues de la fin de la Guerre froide.

L’ABM s’inscrit dans une ligne historique anti-russe

La crise du 11 septembre a été utilisée par Washington comme levier de la révision du statut politique de l’atome dans les équilibres stratégiques internationaux. Profitant de l’opportunité de son rapprochement avec la Russie et de l’euphorie née de sa victoire afghane qui, dans un premier temps, a renforcé la légitimité de son leadership et de son avancée en zone post-soviétique, Washington s’est unilatéralement retirée le 13 décembre 2002 du traité ABM américano-soviétique de 1972, pour pouvoir développer une défense anti-missile face aux nouvelles menaces. Signé conjointement à Moscou par R. Nixon et L. Brejnev, le 26 mai 1972, en plein cœur de la guerre froide, le traité ABM visait à réduire les tensions internationales et à renforcer la confiance entre les deux Etats ennemis, auto-légitimés comme ’’puissances élues’’. Jusqu’à présent, en freinant le développement de boucliers anti-missiles, ce traité avait pu préserver le principal élément de puissance (nucléaire) de la Russie fédérale, hérité d’une URSS brejnévienne sur-militarisée et qui, en 1970, avait fini par surpasser la puissance nucléaire américaine. Marquée dans sa mémoire stratégique, l’Amérique se devait de réagir, tôt ou tard. Elle le fera, brutalement, avec son initiative du bouclier ABM empreinte d’un unilatéralisme arrogant. De ce point de vue, le nouveau projet anti-missile de G.W. Bush est un vecteur de déstabilisation des rapports de forces américano-russes.

A l’origine, l’initiative américaine implique l’abandon de la rationalité sous-jacente aux équilibres nucléarisés de la Guerre froide et partiellement fondés sur le traité ABM de 1972. Or c’est cette rationalité structurée par l’atome - via le principe de dissuasion - qui a maintenu, jusque là, le statut international de l’Etat russe, dans le prolongement du soviétisme (11). En effet, le traité ABM de 1972 institutionnalise la fonction politique de l’atome militaire, d’une part comme variable structurante (donc identitaire) du pouvoir des deux superpuissances antagonistes et d’autre part, comme variable régulatrice (donc stabilisatrice) des grands équilibres internationaux. Ainsi, l’équilibre de la terreur se fondait sur l’idée de l’impossibilité d’une guerre totale, du fait du principe de ‘’destruction mutuelle assurée’’ (mutually assured destruction, MAD) rendu possible par les surcapacités nucléaires des deux blocs. L’atome est donc un symbole fort de l’affrontement idéologique Est/Ouest et in fine, peut être considéré comme le verrou d’un conflit central stabilisateur.

En fait, l’initiative ABM en vue de l’instauration d’un bouclier global en Eurasie fait suite à une série de tentatives avortées et structurellement inspirées d’une logique anti-russe. La ligne historique de la stratégie américaine s’inscrit en effet dans un désir endémique de protéger son espace national, voire dans la période la plus récente, sa zone d’influence idéologique. Dès 1957, le programme défensif ‘’Nike Zeus’’ prévoyait des intercepteurs de longue portée à charge nucléaire, capables de détruire en vol les missiles visant les Etats-Unis. En 1966, le programme ‘’Sentinel’’ espère installer autour des grandes villes américaines, cibles probables des Soviétiques, des silos de missiles intercepteurs. En 1974, ‘’Sentinel’’ est transformé en ‘’Safeguard’’, programme centré sur la protection des sites de lancement de missiles intercontinentaux. En 1969, en pleine Guerre froide, le président des Etats-Unis, Richard Nixon lance le projet (abandonné peu après) d’une défense anti-missile, pour faire face à la menace communiste et au danger virtuel des puissances nucléaires émergentes. En 1979, l’Otan lance le projet d’installer des missiles à moyenne portée (Pershing II, portée de 1770 kms) au cœur de l’Europe dans le but de contrebalancer les forces soviétiques, dont les fameux missiles SS-20 (portée de 1600 kms). Cette installation des missiles Pershing commence effectivement en novembre 1983. La même année, le 23 mars 1983, apparait l’Initiative de défense stratégique (IDS) de Ronald Reagan en vue de créer un bouclier spatial et, surtout, épuiser l’économie soviétique dans une course technologique au surarmement. En fait, faute d’une réelle efficacité, l’ensemble de ces programmes ont conduit à une impasse et de ce fait, été progressivement abandonnés.

Au début des années 2000, la nouvelle initiative anti-balistique de Washington - le projet ABM - illustre sa volonté de ne pas traiter d’égal à égal (et de le faire sentir) une Russie affaiblie par la transition post-communiste et d’occulter son avis sur les décisions stratégiques, en dépit de leur rapprochement depuis la création du Conseil Russie-Otan en juin 2002. En fait, ce Conseil s’est très vite révélé, selon les russes, un ‘’aimable club de discussion’’, visant à donner un vernis démocratique au monopole américain et notamment, à entériner ex-post des décisions unilatérales. En décembre 2007, cette manipulation du Conseil a été suspectée par Moscou d’accélérer et de légitimer la double extension vers l’Est de l’Otan et de l’ABM. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a récemment déploré ‘’l’inconsistance des décisions prises à caractère unilatéral’’, le plus souvent ‘’au détriment de nos intérêts nationaux’’ et a visé, en particulier, ‘’les projets prévoyant l’élargissement de l’Otan vers l’Est ou le déploiement en Europe d’éléments du système stratégique américain de défense anti-missile’’ (12). Le 20 novembre 2007, V. Poutine a mis l’accent sur l’illégitimité des décisions de certains membres de l’Otan, qui ‘’développent leurs ressources militaires en dépit de leurs engagements antérieurs et ce, à proximité de nos frontières’’ (13). Mais, désormais, le plus inquiétant est la démesure du projet ABM et surtout, son instrumentalisation politique dans l’optique de la sécurisation, voire de l’élargissement de la sphère d’influence américaine – sur la base des mécanismes de l’Otan. Aujourd’hui, la Russie est préoccupée par la coopération entre le Japon et les Etats-Unis qui serait, selon Lavrov, destinée à créer un système anti-missile nippo-américain dans le cadre du bouclier américain global centré sur l’Eurasie. Le ministre considère que la construction de ce dernier vise à assurer ‘’la suprématie militaire’’ des Etats-Unis et, en théorie, ‘’peut être utilisé contre les armements stratégiques russes et chinois’’ (14). Autrement dit, la Russie se sent visée par l’extension eurasienne du bouclier ABM qui constitue, dans sa vision stratégique, une menace latente.

Sur la base des ‘’recommandations’’ de P. Wolfowitz sur le maintien de la suprématie américaine, prônant de bloquer toute puissance concurrente sur l’espace post-soviétique et reprises en 2002 par la nouvelle doctrine stratégique américaine, les craintes russes sont parfaitement justifiées (15). A l’époque, le Secrétaire adjoint à la défense de G.W. Bush affirme ainsi, sans ambages : ‘’Notre premier objectif est de prévenir la réémergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou n’importe où, qui présenterait une menace comparable à celle de l’ancienne Union soviétique’’ (16). Au regard de l’agressivité actuelle de la politique américaine à l’égard de la Russie, on peut penser que cette dernière représente désormais un redoutable ‘’rival’’ exprimant une ‘’menace comparable’’ à celle de l’ancienne URSS, pour rependre les termes de Wolfowitz. Dans cette hypothèse, le déploiement de l’ABM serait prioritairement axé sur le contrôle de la puissance russe, dont le retour serait politiquement dangereux pour le leadership américain. En fait, l’approche de Wolfowitz prolonge la doctrine Kennan (17) du containment (endiguement) de la puissance russe, dépassée et radicalisée en phase post-communiste par la doctrine Brzezinski dans l’optique de son refoulement (18). Au cœur même de l’ex-URSS, note Brzezinski, ‘’s’est formé avec l’encouragement des Etats-Unis, un axe Tachkent-Bakou-Tbilissi-Kiev réduisant l’influence de la Russie à sa périphérie’’. Indéniablement, il y a là les éléments d’une troublante continuité historique, centrée sur la déstabilisation de la CEI et l’encerclement politico-stratégique de la puissance russe, en vue de l’affaiblir. Or officiellement, le double affaiblissement de la CEI et de l’influence russe est considéré comme une ‘’menace principale’’ contre la sécurité nationale de la Fédération de Russie (19).

L’ABM comme facteur de déstabilisation stratégique

Pour l’Amérique, l’abrogation du traité ABM de 1972 était nécessaire à la mise en œuvre d’un bouclier anti-missile destiné à renforcer son autonomie stratégique et à sanctuariser son espace politique et par ce biais, élargir son espace potentiel d’intervention. Cela explique l’attachement de la Russie soviétique puis fédérale au traité de 1972, pierre angulaire de la stabilité stratégique internationale, et dont l’abandon a été qualifié très tôt de ‘’décision erronée’’ par le président Vladimir Poutine. Dans un premier temps, le président russe a avancé l’idée que cette initiative favoriserait la prolifération missilière. En effet, en autorisant l’émergence de systèmes anti-missiles, elle risquait, selon lui, de pousser certains pays à développer en quantité et qualité des armes nouvelles destinées à contourner cette protection – notamment par le principe de saturation. Dans un second temps, le président Poutine a émis l’idée que le système anti-missile de l’administration Bush menaçait directement les intérêts russes. Cette hypothèse est reprise comme un leitmotiv dans le discours de Sergueï Lavrov, affirmant que les menaces des missiles iraniens ou sud coréens invoquées pour justifier le système ABM ne sont pas crédibles et sont, en quelque sorte, un faux prétexte. Dans un troisième temps, dans son discours de Munich du 10 février 2007, V. Poutine a ouvertement accusé l’Amérique d’utiliser le bouclier ABM pour renforcer son système de domination unipolaire. L’Amérique est, en particulier, suspectée d’utiliser le bouclier pour se protéger de représailles éventuelles issues de son ingérence croissante dans des zones sensibles. En ce sens, elle cherche à se donner les moyens (stratégiques) de son offensive impérialiste.

Dans la vision russe, le développement d’un ABM eurasien, élargi à l’est européen (Pologne, Tchéquie) et à la zone post-soviétique (CEI, principalement au Caucase et en Ukraine), s’inscrit dans la logique unilatéraliste de la politique américaine fondée sur la force et dénoncée par V. Poutine dans son harangue anti-impérialiste de Munich. Le président russe a alors ouvertement condamné ‘’l’emploi hypertrophié, sans aucune entrave, de la force – militaire – dans les affaires internationales’’ (20). Ce faisant, il confirme le durcissement de la doctrine stratégique russe, qui sous son influence depuis 2000, dénonce ‘’l’importance des aspects de force militaire dans les relations internationales’’ (21). Dans ce cadre, l’insertion de l’ABM américain dans une stratégie globale de contrôle de l’espace eurasien post-communiste est perçue par la Russie comme une atteinte contre ses intérêts nationaux élargis - dans la continuité soviétique - à sa proche périphérie. Le 8/11/2007, lors d’une conférence sur le thème “Défense antimissile: un bouclier pour l’Occident”, Vladimir Egorov, chef adjoint du département des traités internationaux au ministère russe de la Défense, a affirmé que la tendance des Etats-Unis à occulter les préoccupations russes prouvait que le projet ABM est bien ‘’dirigé contre la Russie’’ (22). Cette hypothèse est renforcée par la rumeur de l’implantation prochaine d’un radar dans les régions caspienne et caucasienne, au sud de la Russie. Selon l’expert Ivan Safrantchouk, cette infrastructure serait susceptible d’être utilisée contre la Russie (23). Le 15/12/2007, cela a été confirmé par Iouri Balouïevski, chef d’Etat-major général des Forces armées russes, dans une conférence de presse. Balouïevski a en effet affirmé que ‘’L’objectif réel du déploiement de la troisième zone de positionnement de l’ABM ne correspond pas à son but officiel. Celui-ci cherche à modifier l’équilibre européen des systèmes de défense” (24) et surtout, prévenir tout conflit avec la Russie. En conséquence, la Russie est contrainte de renforcer son potentiel stratégique dans l’optique d’assurer la défense de ses intérêts vitaux, notamment face aux manœuvres militaires suspectes à proximité de ses frontières, sous la conduite de l’Otan et - suprême provocation - en association avec d’anciennes républiques soviétiques.

Cette préoccupation est rappelée par V. Poutine : ‘’La Russie a suffisamment de forces et de moyens pour se défendre et défendre ses intérêts aussi bien sur son territoire que dans d’autres régions du monde’’ (25). En définitive, du point de vue russe, l’ABM - associée au renforcement de l’Otan - entraînera une instabilité stratégique structurelle, découlant d’un déséquilibre des forces au profit de la puissance américaine. En fait, cette crainte est présente dés 2000 du fait de l’intervention de l’Otan ‘’en dehors de la zone de responsabilité du bloc’’ et perçue, depuis la crise yougoslave, comme ‘’une menace de déstabilisation de la situation stratégique dans le monde’’ (26). Or la Russie, dans la tradition soviétique, reste attachée au principe de l’équilibre bipolaire des forces nucléaires russes et américaines qui implique de préserver une capacité (dissuasive) de riposte. Cela est très clair dans l’avertissement de l’ancien chef d’état major des troupes russes de missiles stratégiques, le général Viktor Essine, lancé le 11 octobre 2007 : ‘’Même si l’équilibre n’est pas encore total, nous devons en matière de riposte être constamment prêts à infliger aux Américains des dommages intolérables (…)’’ (27) A terme, la Russie redoute une remise en cause des équilibres géopolitiques - donc, de son statut - dans le monde et surtout, sa marginalisation comme simple puissance régionale du fait de la neutralisation par l’ABM du levier nucléaire. Autrement dit, la Russie redoute une rupture stratégique qui rendrait caduc son retour comme grande puissance.

Neutralisation de la fonction politique de l’atome

Dans sa finalité latente, le bouclier ABM vise à contrôler le retour de la Russie en réduisant d’une part, sa force projetable sur la scène internationale et d’autre part, sa domination stratégique sur l’espace post-soviétique. Il s’agit, en quelque sorte, d’empêcher la puissance russe d’utiliser l’atome comme levier politique dans sa sphère d’influence, en vue de son renforcement.

L’atome apparaît comme un élément structurel de la puissance russe soviéto-fédérale et symbolise un lien identitaire avec son ancien statut de grande puissance. Il permet à la Russie, par la puissance projetée, de faire entendre sa voix et surtout, de peser sur les grandes décisions internationales. Dans un passé pas si lointain, il a été le vecteur de l’expansion idéologique du communisme et de sa défense face aux velléités agressives de l’ennemi américain, brandissant la menace d’une attaque nucléaire préventive. A l’époque de la Guerre froide, les Etats-Unis ont ainsi adhéré à l’idée d’une première frappe stratégique, dans le but de déstabiliser la sphère communiste et stopper son expansion sous leadership soviétique. Cela a profondément marqué la mémoire stratégique russe, l’obligeant à une veille permanente.

Sur un plan historique, l’atome a joué un rôle clé dans la logique sécuritaire de la Russie. Il a notamment renforcé sa structure de défense périphérique, sur la base d’un glacis protecteur formé aujourd’hui par la CEI. Cette dernière forme d’ailleurs son ‘’étranger proche’’ selon la terminologie russe, qui signifie sa zone d’intérêts vitaux. En d’autres termes, la CEI est considérée par Moscou comme une zone d’intervention potentielle, justifiant de ce fait sa protection par le nucléaire russe. Cela est confirmé par son Concept de sécurité 2000 qui stipule un droit d’ingérence inaliénable de Moscou pour sécuriser la zone post-soviétique, fragilisée par les crises politiques et nationalistes. Cette orientation militaire de la ligne sécuritaire, à l’échelle de la CEI, est favorisée par l’influence politique croissante des siloviki, les représentants des structures de forces, plus ou moins liés aux lobbies du complexe militaro-industriel russe. Les siloviki et les élites militaires, avides de développer ce dernier - sur la base du levier nucléaire - sont politiquement favorables au durcissement de la pensée stratégique russe, sous prétexte de la résurgence de l’ennemi historique (américain). La menace virtuelle de ‘’l’ennemi’’ est un régulateur unitaire de la société russe et en quelque sorte, nécessaire au métabolisme de son système politique. A juste titre, Jacques Fontanel parle ‘’d’ennemi systémique’’ (28). Mais désormais face à l’ennemi virtuel, il s’agit pour l’Etat russe de défendre - au moyen de l’atome, si nécessaire - ses intérêts nationaux fondés sur la stabilité politico-stratégique de la CEI (dont sont issus ses ‘’alliés’’). Son Concept sécuritaire précise, en particulier, que ‘’L’objectif essentiel de la Fédération de Russie est la réalisation de la dissuasion en vue de prévenir une agression de n’importe quelle envergure, y compris avec l’emploi de l’arme nucléaire, contre la Russie et ses alliés’’ (29). Le nucléaire a donc une fonction (stabilisatrice) de cohésion politique en CEI sous le leadership russe mais, dans le même temps, il exerce une pression latente sur les anciennes républiques infidèles en vue de leur soumission. En ce sens, l’atome est un levier essentiel de l’autorité russe en zone post-soviétique. En neutralisant la puissance nucléaire russe, la stratégie américaine de l’ABM rend de facto caduc cette fonction politique de l’atome. Or, face à l’érosion de son pouvoir, la Russie ne peut rester inactive, sous peine d’être définitivement marginalisée.

Dans ce contexte, on perçoit un autre objectif implicite de la stratégie ABM, visant à réduire la dépendance stratégique des républiques post-soviétiques vis-à-vis de Moscou et, par ce biais, éroder sa domination politique. En fait, cet objectif s’inscrit dans la stratégie Brzezinski de détachement de la CEI de la domination russe. Dés 1997, ce dernier reconnait que ‘’(…) malgré sa puissance nucléaire, elle (la Russie: jg) subit un recul catastrophique. Les Etats-Unis s’emploient à détacher de l’empire russe ce qu’on dénomme aujourd’hui à Moscou ‘’l’étranger proche’’, c’est-à-dire les Etats qui autour de la Fédération de Russie constituaient l’Union soviétique’’ (30). Cette stratégie suppose de maintenir une Russie faible, incapable de rétablir son hégémonie en zone post-soviétique. L’Occident, souligne H. Kissinger, ‘’a le devoir d’encourager la Russie à renoncer à prétendre dominer ses voisins’’. Dans le cas contraire, avertit ce dernier, ‘’on verra inéluctablement ressurgir des tensions comparables à celles de la guerre froide’’ (31). En empiétant sur les prérogatives de Moscou au cœur de son espace historique, l’Amérique manifeste une ingérence certaine dans sa ceinture sécuritaire, au risque de la déstabiliser. A juste titre, la Russie redoute qu’après l’installation du système anti-missile, certains de ses anciens alliés (dans un premier temps, l’Ukraine et la Géorgie) rejoignent l’Otan dans l’optique de s’isoler de la ‘’menace russe’’, suspectée de vouloir reconstituer son Empire. Sous l’impulsion russe, le renforcement de l’alliance politico-stratégique OCS (Organisation de coopération de Shanghai (32) semble justifié et, selon une logique d’équilibre stratégique, adapté à l’avancée provocante de l’Otan en zone post-soviétique. En outre, la Russie voit dans la création du GUAM (33) en 1997, une manipulation américaine visant à encourager une alliance anti-russe dans le but de l’affaiblir et de l’écarter du transit des hydrocarbures dans la région Caspienne-Transcaucasienne. A travers l’OCS, la Russie cherche donc à créer un axe eurasien contrebalançant les alliances de l’Otan et du GUAM, dont l’hostilité est perçue comme un relent de Guerre froide.

L’enjeu de l’ABM est donc au cœur d’une lutte d’influence impériale en Eurasie entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide. En ce sens, on peut considérer que la stratégie offensive des Etats-Unis en zone post-communiste vise, à terme - via l’ABM - à instaurer une nouvelle forme de dépendance politique de cette zone à l’égard de son leadership triomphant. Au moyen d’une adroite manipulation des acteurs clés de l’échiquier eurasien, il s’agit désormais pour l’Amérique de verrouiller sa suprématie mondiale. Cela est explicitement défini dans la ligne Brzezinski : ‘’La longévité et la stabilité de la suprématie américaine sur le monde dépendront entièrement de la façon dont ils (les Etats-Unis : jg) manipuleront ou sauront satisfaire les principaux acteurs géostratégiques présents sur l’échiquier eurasien et dont ils parviendront à gérer les pivots géopolitiques clés de cette région’’ (34).

Dans le même temps, la stratégie ABM cherche à pénétrer un espace post-soviétique longtemps interdit et surtout, y jeter les bases d’une domination stable, isolée des menaces extérieures. Mais cette domination vise aussi, de manière insidieuse, à renforcer les positions de Washington dans le ’’grand jeu’’ eurasien centré sur le contrôle des ressources et des corridors énergétiques. Protégée par son bouclier, l’Amérique pourra étendre ses interventions en zones caucasienne et centre-asiatique, pour renforcer ses pressions politiques sur les régimes post-soviétiques et par ce biais, son influence potentielle. Sur la base d’une stratégie préventive émancipée du droit international et élevée au rang de dogme par M. Walzer (35) - le théoricien libéral de la guerre juste - l’Amérique pourra instaurer une forme de domination légitime au nom d’une ‘’idéologie universaliste’’, selon l’expression de R. Kagan (36). A ce jour, Washington a soutenu politiquement et financièrement le tracé de tubes contournant le territoire russe pour comprimer le monopole énergétique et en définitive, le pouvoir de Moscou dans la région. Dans ses grandes lignes, cette stratégie a été illustrée par la construction de l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) fortement appuyée par Z. Brzezinski, dans l’optique de développer le ‘’pluralisme géopolitique’’ en zone post-soviétique mais en fait, pour isoler et fragiliser Moscou. Selon ce dernier, ‘’La stabilité du pluralisme en Eurasie (…) vise à empêcher l’émergence d’une puissance unique susceptible d’y exercer sa domination’’ (37). On perçoit là les éléments d’une stratégie consciemment axée sur le refoulement politique de la puissance russe et inscrivant l’ABM dans une stratégie plus globale à l’échelle de l’Eurasie. La Russie peut donc, avec raison, redouter l’instrumentalisation de l’ABM eurasien comme levier de l’unilatéralisme américain, sous couvert de protéger le pluralisme démocratique sur le pourtour de la Russie (38).

L’ABM comme levier de compression de la puissance russe

Aujourd’hui, Moscou considère comme ‘’menaces majeures’’ pour sa sécurité les manœuvres d’Etats ou d’organisations internationales visant à réduire son influence comme centre de puissance dans le système mondial. A moyen terme, le déclin de son influence en zone post-soviétique pourrait être accéléré d’une part, par l’extension eurasienne du bouclier anti-missile américain et d’autre part, par celle de l’Otan à ses zones périphériques. Or ces mesures politiquement orientées ont réactivé la peur ancestrale de l’encerclement, désormais présente dans le discours stratégique russe. Cela est explicite dans les propos du général Gareev, président de l’Académie des sciences militaires de Moscou, lors de son rapport sur les grandes lignes de la nouvelle doctrine militaire de la fédération de Russie, le 20 janvier 2007 : ‘’les menaces militaires pesant sur la Russie se maintiennent, il existe un risque de conflits armés et, dans certaines circonstances, d’éclatement d’une guerre majeure. Les grandes puissances veulent manifestement effectuer un bond qualitatif pour parvenir à la suprématie militaro-technologique, de puissants dispositifs de forces, déstabilisant considérablement l’équilibre militaire, sont déployés aux portes de la Russie. On ne peut non plus ignorer le fait que l’OTAN étend sa sphère d’activité et se propose d’agir à l’échelle globale’’ (39). Ainsi, dans la perception russe, l’ABM - associé au levier otanien - s’inscrit dans une recherche incessante de la supériorité stratégique sur sa périphérie post-soviétique, au mépris de ses inquiétudes.

Dans l’optique d’intégrer ces pressions militaro-politiques sur ses zones frontalières la Russie a, dés la fin des années 90, infléchi sa ligne extérieure et en 2007, est sur le point de réviser sa doctrine stratégique en vue d’affronter les velléités agressives de l’Amérique catalysées par l’ABM. Selon I. Balouïevski, le déploiement futur du bouclier ABM montre que la possibilité d’un ‘’affrontement direct’’ avec la Russie est désormais intégrée dans la stratégie américaine (40), rendant vitale la révision de la doctrine stratégique russe. En conséquence, la nouvelle orientation doctrinale sera marquée par un recentrage sur les forces nucléaires stratégiques et tactiques tenues, selon V. Poutine, ‘’de rechercher de nouvelles possibilités pour neutraliser – y compris au stade précoce – les menaces pesant sur la Russie’’ (41). Pour reprendre une analyse récente, il s’agit bien d’un ‘’retour de l’atome rouge’’, sur la base des anciennes normes stratégiques soviétiques (42). Cette volonté structurelle de la Russie d’équilibrer la menace ABM, conformément au principe du balancier stratégique, est traduite aujourd’hui à la fois par le durcissement de sa doctrine militaire et la hausse sensible de son budget de défense (43). Or l’ampleur de cet effort budgétaire inquiète le gendarme américain et justifie une étroite ‘’surveillance’’, selon la secrétaire d’Etat C. Rice (44). Dans son essence, l’extension de l’ABM pose donc le double problème du statut de l’atome dans la régulation des équilibres géopolitiques et de son poids comme critère de puissance internationale, auquel est attachée la Russie depuis l’ère soviétique. En réduisant la fonction politique de l’atome, l’ABM s’inscrit donc dans une stratégie détournée de compression de la puissance russe et de son statut sur la scène internationale.

Dans ce schéma, la mise en œuvre du projet ABM posera, dans une échéance proche, la question du rôle de la Russie dans l’ordre mondial issu du post-communisme et légalisant de facto, un système de domination globale d’inspiration messianique. A terme, un enjeu majeur sera la capacité de l’actuelle gouvernance libérale, sous leadership américain, à promouvoir un monde multipolaire plus démocratique, dans le prolongement de la novoe mychlenie (nouvelle pensée) gorbatchévienne, issue d’une révolution impossible (45). Dans son avertissement de Munich dénonçant l’illégitimité du monde unipolaire, sous l’impulsion de l’Amérique comme ‘’avant-garde d’une révolution libérale planétaire’’ (46), Vladimir Poutine l’a amplement souligné.

Jean Geronimo est Docteur en Sciences économiques, Spécialiste de l’URSS et des questions russes, Université Pierre Mendès France, Grenoble, CREPPEM Centre des Recherches Economiques sur la Politique Publique en Economie de Marché Mail : Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr

Notes :

1 -Fukuyama F. (1992) : ‘’La fin de l’histoire et le dernier homme’’, éd. Flammarion.

2 - Podhoretz N. (2000) : ‘’Pour une diplomatie néo-reaganienne’’, Politique internationale, n°89, automne 2000.

3 - Zbigniew Brezinski, ancien conseiller du Président Carter, exprime la continuité de la politique étrangère américaine. Il fonde cette dernière sur les deux concepts stratégiques clés de Henry Kissinger, promoteur de la Realpolitik en phase de guerre froide : l’équilibre des puissances théorisé par Metternich et la doctrine du containment élaborée par George Kennan. Il préconise aujourd’hui la déstabilisation des zones périphériques de la Russie en vue de son encerclement.

4 - Brzezinski Z. (1997, p. 249) : “Le grand échiquier – L’Amérique et le reste du monde”, éd. Bayard.

5 - Kagan R. (2006) : ‘’La puissance et la faiblesse’’, suivi de ‘’Le revers de la puissance’’, éd. Hachette littératures, Pluriel Actuel.

6 - Sur ce point, Kagan rappelle que ‘’Les Etats-Unis sont à tous égards une société libérale, progressiste et, dans la mesure où ils croient à la puissance, les américains pensent que celle-ci doit servir à promouvoir les principes d’une civilisation libérale et d’un ordre mondial libéral’’. Kagan R. (2006, p. 69), op. cit.

7 - ‘’Concept de sécurité nationale de la fédération de Russie’’, Décret présidentiel n°24, 10 janv. 2000. Souligné par moi.

8 - www.fr.rian.ru, ‘’Poutine accuse l’Otan de jouer des muscles’’, 20/11/2007.

9 - Kissinger H. (2004, p. 110) : ‘’La Nouvelle Puissance Américaine’’, éd. Fayard, le Livre de Poche.

10 - www.legrandsoir.info, ‘’La bombe de Brzezinski : Bush cherche un prétexte pour attaquer l’Iran’’, Barry Grey, 5/02/2007.

11 - Après l’implosion de l’URSS en 1991 et en dépit de l’effondrement de l’économie russe - phase de décroissance jusqu’en 1998 - l’atome militaire a permi