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#26 16-06-2008 21:23:30

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Le stratège et le philosophe
LE MONDE | 15.04.03
www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,4 … 921,0.html

Dans et hors de l'administration, Richard Perle va retrouver Paul Wolfowitz, tous les deux travaillant pour Kenneth Adelman, autre contempteur de la politique de détente, ou Charles Fairbanks, sous-secrétaire d'Etat. En matière stratégique, leur maître à penser est Albert Wohlstetter. Chercheur à la Rand Corporation, conseiller du Pentagone et néanmoins grand spécialiste de gastronomie, Wohlstetter (mort en 1997) est un des pères de la doctrine nucléaire américaine.

Plus exactement, il est à l'origine de la remise en question de la doctrine traditionnelle, dite de "destruction mutuelle assurée" (MAD, selon le sigle anglais), qui fondait la dissuasion. Selon cette théorie, les deux blocs ayant la capacité d'infliger à l'autre des dommages irréparables, les responsables hésiteraient à déclencher le feu nucléaire. Pour Wohlstetter et ses élèves, MAD était à la fois immorale – par les destructions infligées aux populations civiles – et inefficace : elle aboutissait à une neutralisation mutuelle des arsenaux nucléaires. Aucun homme d'Etat doué de raison, en tout cas aucun président américain, ne déciderait un "suicide réciproque". Wohlstetter proposait au contraire une "dissuasion graduée", c'est-à-dire l'acceptation de guerres limitées, éventuellement avec des armes nucléaires tactiques, avec des armes "intelligentes", de haute précision, capables de s'attaquer aux dispositifs militaires de l'adversaire.
Il critiquait la politique de contrôle des armements nucléaires menée de concert avec Moscou. Elle revenait, selon lui, à brider la créativité technologique des Etats-Unis pour maintenir un équilibre artificiel avec l'URSS.

Il sera écouté par Ronald Reagan, qui lance l'Initiative de défense stratégique (SDI), baptisée "guerre des étoiles", ancêtre de la Défense antimissiles, reprise par les élèves de Wohlstetter. Ceux-ci seront les plus chauds partisans d'une dénonciation unilatérale du traité ABM, qui, à leurs yeux, empêchait les Etats-Unis de développer ses systèmes de défense. Et ils ont convaincu George W. Bush.


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#27 17-06-2008 19:11:06

weas
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Reuters le 17/06/2008 18h45
Bouclier antimissiles - Les USA discuteraient avec la Lituanie

VARSOVIE, 17 juin (Reuters) - Les Etats-Unis ont ouvert des négociations avec la Lituanie en vue de l'installation d'une composante de leur bouclier antimissiles au cas où les discussions avec la Pologne échoueraient, a dit le chef des négociateurs polonais.

"Je peux confirmer que les Etats-Unis sont en pourparlers avec la Lituanie (sur le bouclier anti-missiles). Le ministre lituanien de la Défense l'a proposé lui-même en mai et la partie polonaise est au courant", a déclaré Witold Waszczykowski.

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, contacté par Reuters, n'a pas souhaité faire de commentaires.

"Nous ne sommes pas en négociations avec la Lituanie, nous restont engagés avec la Pologne", a répondu pour sa part un porte-parole de l'ambassade américaine à Varsovie.

"Si la Pologne choisit finalement de ne pas accueillir nos missiles intercepteurs (...) nous regarderons ailleurs. Ce n'est pas une menace, mais une question pratique."

Engagée dans des négociations pour accueillir une partie du bouclier antimissiles que les Etats-Unis souhaitent installer en Europe de l'Est - un radar serait installé en République tchèque -, la Pologne a posé des conditions.

Elle souhaite notamment que les Etats-Unis consacrent plusieurs milliards de dollars au renforcement des défenses aériennes polonaises, la Russie ayant menacé de pointer ses ogives vers la Pologne si elle accueillait les dix missiles intercepteurs américains.

Selon une source proche des négciateurs polonais, Washington donnerait jusqu'à fin juillet à Varsovie pour se décider, bien qu'aucun ultimatum n'ait été fixé officiellement.

L'administration Bush justifie la mise en place de ce bouclier par la nécessité de protéger son territoire et celui de ses alliés contre une attaque des "Etats voyous", en particulier l'Iran. La Russie s'oppose à ce projet qu'elle juge menaçant pour elle-même./GBL


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#28 17-06-2008 19:24:10

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Je pense que ce sujet devient difficile pour l'Europe car nous allons nous en remettre aux forces armées US si un conflit intervient.
De Gaulle doit se retourner dans sa tombe.


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#29 04-07-2008 18:25:48

weas
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Ils sont gentil les ricains mais ils ont pas les russes comme voisin eux...

Bouclier antimissiles - La Pologne rejette l'offre US

(Complété avec réaction américaine, §3)

VARSOVIE, 4 juillet (Reuters) - La Pologne rejette l'offre de Washington sur l'installation d'une partie du bouclier antimissiles américain sur son territoire mais reste ouverte à des négociations, a déclaré vendredi le Premier ministre polonais Donald Tusk.

"Nous n'avons pas atteint de résultat satisfaisant sur la question du renforcement de la sécurité polonaise", a dit Tusk lors d'une conférence de presse, après avoir étudié l'offre américaine dont les détails n'ont pas été dévoilés.

"Les discussions vont se poursuivre", a réagi à Washington le porte-parole de la Maison blanche, Gordon Johndroe.

La Pologne souhaite que les Etats-Unis investissent plusieurs milliards de dollars dans le renforcement de sa sécurité aérienne, en lui fournissant notamment des missiles sol-air, en échange de l'accueil de dix missiles intercepteurs sur son sol.

Ces missiles intercepteurs font partie du bouclier antimissiles que Washington espère déployer en Europe de l'est pour se protéger, ainsi que ses alliés européens, d'une attaque éventuelle depuis un Etat ennemi, notamment l'Iran.

L'autre partie du dispositif est constituée d'une station radar qui devrait être installée en République tchèque. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice est attendue à Prague la semaine prochaine pour entériner l'accord.

"Si la menace justifiant le bouclier implique des améliorations, alors nous avons besoin d'éléments tels que les missiles Patriot sur le territoire polonais", a expliqué Tusk.

"Nous voulons participer à un système de sécurité internationale, mais nous devons prendre particulièrement en considération la sécurité polonaise", a-t-il ajouté, assurant que le rejet n'était pas motivé par des raisons financières.

Le projet de bouclier américain est vivement critiqué par la Russie, qui le perçoit comme une menace pour sa propre sécurité.

Moscou a prévenu qu'il pointerait des missiles vers la Pologne et la République tchèque si le dispositif voyait le jour./GBL

SOURCE: Boursorama

Dernière modification par weas (04-07-2008 18:28:24)


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#30 10-07-2008 09:44:57

zelda
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Défense antimissile : face aux provocateurs, la Russie menace de riposter militairement

9 juillet 2008

« Si le déploiement véritable d’un bouclier américain de défense stratégique débute à proximité de nos frontières, nous serons alors forcés de réagir non pas par des méthodes diplomatiques, mais par des méthodes militaro-techniques », a annoncé hier le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le communiqué faisait suite à la signature à Prague mardi, entre Condoleezza Rice et le ministre Tchèque des affaires étrangères, d’un accord concrétisant l’installation d’un radar à proximité de la frontière russe, qui, relié à dix missiles stationnés en Pologne est sensé intercepter des missiles iraniens.

« La Russie ne va pas se livrer à l’hystérie, mais réfléchir à des mesures de rétorsion », a déclaré le président Medvedev à l’issue du sommet du G8 à Toyako (Japon), sans s’étendre sur la nature de ces mesures.

Bien que la Russie ait proposé aux américains à plusieurs reprises d’utiliser les stations radar d’Armavir dans le sud de la Russie et celle de Gabala en Azerbaidjan, Washington persiste à dire que ces stations, au mieux, ne pourraient servir que d’appoint.

« Il est clair que la partie russe prendra, dans une telle situation, les mesures adéquates pour compenser la menace (ainsi) créée à sa sécurité nationale. Mais ce n’est pas de notre choix », ajoute le ministère. Toutes les mesures proposées par la Russie ont été rejetées et l’agence de presse russe Ria Novosti soulignait « que la déclaration conjointe élaborée par les présidents russe et américain à Sochi le 6 Avril 2008 a été bafouée ».

L’ambassadeur russe aux Nations unies Vitali Tchourkine a spécifié que la Russie n’annonçait pas une action militaire mais un changement de « posture stratégique ».

http://www.solidariteetprogres.org/article4311.html


Il existe deux manières de souffrir des complots : en les voyant partout ou en ne les voyant nulle part.

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#31 10-07-2008 15:36:52

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Rappel historique
Opération Paperclip

http://img297.imageshack.us/img297/8049/12905784nq9.png

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre
.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Paperclip
Originellement appellé Opération Overcast, l’Opération Paperclip fut menée à la fin de la Seconde Guerre mondiale par l'état-major des armées des États-Unis, à l'insu du Président Roosevelt, afin d’exfiltrer et de recruter près de 1 500 scientifiques allemands issus du complexe militaro-industriel allemand pour lutter contre l'URSS et récupérer les armes secrètes du Troisième Reich. Ces scientifiques effectuèrent des recherches dans divers domaines, notamment sur les armes chimiques (Zyklon B), sur l'usage des psychotropes, sur la conquête spatiale, sur les missiles balistiques et sur les armes à longue portée (bombes volantes V1 et V2).

Loin de les affecter à des postes subalternes, le Département de la Défense des États-Unis leur confia la direction de ses programmes de recherches. Ils furent affectés aux bases de White Sands, dans le Nouveau-Mexique, et à Fort Bliss, au Texas. Grâce en partie à l'aide de ces scientifiques, l'avancée technologique des États-Unis fut considérable pendant la guerre froide.

Le projet est stoppé en 1957, lorsque l'Allemagne de l'Ouest proteste auprès du gouvernement des États-Unis qui la dépouille de ses compétences scientifiques et l'opération Paperclip sera déclassifiée en 1973.

www.rr0.org/org/us/dod/Paperclip.html

Dernière modification par ragondin (10-07-2008 15:45:42)


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#32 12-07-2008 02:33:48

weas
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

  Avec l’OTAN, la tension monte entre Tbilissi et Moscou
11 juillet 2008 - 18:20


11 juillet 2008 (Nouvelle Solidarité) – Jeudi soir, le ministère des Affaires étrangères de la Russie a annoncé que quatre avions russes ont survolés mardi l’Ossétie du Sud, une province autonome de la Géorgie. Pour Moscou, il s’agissait d’éviter un bain de sang et de « refroidir les têtes brûlées » de Tbilissi. L’armée géorgienne, affirme la Russie, était sur le point de déployer des forces militaires dans la province sous prétexte de libérer quatre militaires géorgiens détenus par la police.

Le communiqué précisait que cette opération fait suite aux déclarations géorgiennes menaçant d’une décision « unilatérale » en vue du retrait des soldats de la paix russes dans les régions séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie.

Aujourd’hui, la Géorgie a répliqué que la Russie devrait récupérer ses avions en « petits morceaux » s’ils violent à nouveau l’espace aérien géorgien. Nikoloz Rurura, vice-président de la commission nationale géorgienne de sécurité, a déclaré aujourd’hui à l’Associated Press que la Géorgie ne tolérerait pas de nouvelles violations de son espace aérien : « Nous préparons très sérieusement nos forces armées. Elles sont capables de repousser » de telles incursions, a-t-il déclaré.

La militarisation programmée de l’Europe de Lisbonne ainsi que le voyage de George Bush dans la région visant à accélérer l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN, ainsi que le refus américain de toute concertation honnête sur le déploiement du bouclier anti-missiles en Pologne et en République Tchèque, a fortement fait monter les tensions dans cette partie du monde.
Source: http://www.solidariteetprogres.org/article4322.html


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#33 26-07-2008 09:56:27

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Rappel historique

Roberta Wohlstetter, veuve du défunt Albert Wohlstetter, est l'une des plus importantes historienne d'Amérique  sur les services de renseignements.
L'un de ses travaux les plus importants a été Pearl Harbor: Warning and Decision (Stanford, CA: Stanford University Press, 1962), une étude qui tente d'expliquer les causes des échecs des services de renseignements américains qui ont conduit à l'attaque surprise du Japon impérial en 1941.

Albert Wohlstetter (1913-1997) était un intellectuel américain, professeur à l'université de Chicago, inspirateur du néo-conservatisme et du développement des armes alternatives non nucléaires.

Diplômé de l'université Columbia à New York, Albert Wohlstetter travailla de 1951 à 1963 en tant que consultant puis analyste au centre de recherche de la «Rand Corporation». À ce titre, il conseilla avec sa femme, Roberta Wohlstetter, de nombreuses administrations américaines quelles soient démocrates ou républicaines.

Wohlstetter enseigna à l'UCLA et à l'université de Californie à Berkeley.

De 1964 à 1980, il enseigne les sciences politiques à l'université de Chicago notamment à celui qui sera son protégé, Paul Wolfowitz. Il est souvent cité en tant que maître à penser de nombreux intellectuels néo-conservateurs tels Richard Perle et Zalmay Khalilzad.

Wohlstetter est l'auteur du concept d'"équilibre de la terreur". Cette stratégie est basée sur le fait que les gouvernements sont mutuellement neutralisés par leur capacité nucléaire. Wohlstetter propose alors l'utilisation d'armes nucléaires tactiques en liaison avec d'autres armes de précisions téléguidées et suffisamment précises pour éviter les dommages collatéraux sur les populations civiles.

Ce faisant, il était un adversaire des traités de désarmement nucléaire signés entre l'Union soviétique et les gouvernements américains lesquels restreignaient selon lui la créativité technologique des États-Unis tout en maintenant un équilibre artificiel avec l'URSS.

Wohlstetter est mort à Los Angeles le 10 janvier 1997 à l'age de 83 ans.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Wohlstetter


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#34 30-07-2008 18:40:33

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

La défense antimissile américaine de A à Z
publié le samedi 26 avril 2008 
www.armees.com/La-defense-antimissile-a … 17550.html
   
Le 13 décembre 2001, George W. Bush annonçait le retrait unilatéral des Etats-Unis du Traité de défense antimissile (ABM) de 1972. Un an plus tard, il donnait l’ordre de déployer un système de défense antimissile. Sur le plan officiel, la réaction de Moscou à cette initiative du président américain fut très modérée. Le Kremlin ne fit que « regretter » cette démarche, alors que Iouri Balouïevski, à l’époque numéro deux de l’Etat-major général des forces armées russes, affirma que le déploiement par les Etats-Unis d’un ABM global ne menacerait pas la sécurité de la Russie avant 2010-1015, voire même peut-être avant 2020.

En effet, pour les dix ou quinze ans à venir, le déploiement d’une DAM (défense antimissile ou ABM) est, pour la Russie, un problème plus politique que militaire. Les technologies existantes ne permettront pas, dans les années à venir, de mettre sur pied un système hautement efficace d’interception de missiles, et d’autant moins de missiles à têtes multiples à guidage individuel. L’unique chose qui pourrait provoquer un agacement de Moscou, c’est le rapprochement d’éléments de DAM des frontières russes, par exemple, leur déploiement en Pologne et en République tchèque.

Conventionnellement, la trajectoire du vol d’un missile balistique intercontinental peut être divisée en quatre étapes. La première, dit secteur actif, dure du départ jusqu’à la mise en marche des propulseurs du dernier étage, à une altitude de 200 à 300 km. Elle prend 3 minutes tout au plus pour les missiles à carburant solide et 5 minutes pour les missiles à ergols liquides. Du missile, il ne reste par la suite que l’étage portant les ogives, un système de direction, des moteurs-fusées de correction de trajectoire et des dispositifs pour la percée des défenses antimissiles. Parmi ces derniers, des leurres lourds et légers, dont les principales performances physiques permettent de les assimiler aux ogives d’attaque en termes de température, de surface efficace de dispersion et de vitesse du vol, ainsi que des centaines de milliers de réflecteurs antiradars.

A la deuxième étape, sur commande d’un centre de contrôle, le dernier étage réalise une évolution vers le point prévu numéro 1 où il tire une ogive sur la cible numéro 1, qui part accompagnée d’une certaine quantité de moyens anti-DAM. Suit alors une évolution vers le point prévu numéro 2 et ainsi de suite, en fonction du nombre de charges nucléaires portées. Chaque évolution prend 30 à 40 secondes.

La troisième étape est un vol libre de tous les éléments tirés (des ogives et des leurres), en trajectoire balistique et à des altitudes allant jusqu’à 1.200 km. Cette phase prendra 15 à 20 minutes.

Et enfin se déroule la phase finale, la plus courte, d’une durée de moins d’une minute, lorsque les « nuages » d’éléments entrent dans l’atmosphère à une altitude de 110 à 120 km et à une vitesse de près de 7 km/sec. Rencontrant la résistance aérodynamique, les leurres légers accuseront du retard sur les leurres plus lourds et les ogives réelles. Et pourtant, la tâche consistant à identifier une ogive volant dans un nuage de leurres est incroyablement difficile sur le plan technique et tout porte à croire que ce problème n’aura pas de solution dans un proche avenir. Aucun système de défense antimissile ne sera efficace si la plupart des missiles ne sont pas détruits sur le secteur actif, autrement dit à la phase initiale de leur vol. Cette phase permet leur détection la plus efficace (grâce au rayonnement infrarouge de leurs propulseurs), ainsi que le pointage des intercepteurs.

Et en plus, les dimensions des missiles et leur solidité mécanique relativement faible les rendront plus vulnérables. Sur ce secteur cependant, l’interception n’aura lieu que si la vitesse de l’intercepteur (basé au sol) est supérieure à celle du missile attaquant et si l’intercepteur est éloigné de la trajectoire du missile de 500 km au maximum pour un lanceur à ergols liquides et de 300 km pour un lanceur à poudre. Les Américains se disent eux-mêmes incapables à ce jour d’intercepter les missiles lancés des régions intérieures de la Russie. D’où leur volonté de rapprocher leurs systèmes antimissiles des frontières russes.
Le succès de la lutte anti-missiles dépend aussi à plus d’un titre des capacités d’un système d’information et de reconnaissance dont la mission consiste à détecter le départ et à suivre la trajectoire d’un missile, ainsi qu’à guider son intercepteur. Plus tôt le tir est détecté, plus l’interception a de chances de réussir.

Avant même leur retrait du Traité ABM de 1972, les Etats-Unis ont entrepris des démarches concrètes en vue de déployer à proximité des frontières russes des radars destinés à enregistrer les départs de missiles et à désigner des objectifs aux intercepteurs. Le premier radar de ce genre a été déployé en Norvège (Have Stare). Et si les radars qui devront être installés en République tchèque ont les mêmes performances que le radar norvégien, ils balaieront pratiquement tout le territoire russe jusqu’à l’Oural.

Les experts de la prestigieuse Société américaine de physique en sont venus à des conclusions intéressantes dans un rapport intitulé « Systèmes d’interception sur le secteur actif de la trajectoire pour la défense antimissile nationale ». Ses auteurs attirent l’attention sur le fait que même si l’interception réussie d’une fusée sur le secteur de sa mise en vitesse peut empêcher une frappe contre les objectifs prévus, les ogives nucléaires restantes retomberont sur les localités situées le long de sa trajectoire, causant un préjudice matériel notable et des décès massifs au sein de leur population.

Ce qui veut dire qu’en cas de conflit nucléaire, le premier coup sera porté contre les pays qui accueillent les éléments de la défense antimissile américaine. On affirme également que les ogives ne retomberont en aucun cas sur le territoire du pays d’où ces missiles balistiques partiront. Des calculs montrent que si un missile est atteint par un intercepteur à une vitesse de 3,9 km/sec, ses ogives voleront encore 2.000 km. A une vitesse de 5,5 km/sec, elles couvriront encore près de 5.000 km.
Parlons maintenant des mesures qui pourraient être prises pour sinon neutraliser du moins réduire l’efficacité du futur système américain d’interception.

Le moyen le plus radical consiste à comprimer la durée du secteur actif de la trajectoire. Grâce, notamment, au remplacement des missiles à ergols liquides par des missiles à carburant solide, c’est ce qu’on est en train de faire dans les Troupes russes de fusées stratégiques. A terme, la durée du secteur actif doit être portée à 1 minute et son achèvement à une altitude de 80 à 100 km au maximum.

Les évolutions qu’un missile réalise sur le secteur de l’espacement des ogives devront également compliquer son interception. Iouri Solomonov, constructeur général du Topol-M, le plus récent des missiles balistiques russes, affirme que cet engin est en mesure d’effectuer des manoeuvres aussi bien à la verticale qu’à l’horizontale, ce qui a été d’ailleurs confirmé par des tests. Un vol en trajectoire rasante - sans pratiquement sortir des couches denses de l’atmosphère - peut aussi rendre son interception encore plus difficile.
La Russie, tout en reconnaissant que le retrait des Etats-Unis du Traité de défense antimissile est une erreur ne présentant pas à l’heure actuelle de menace pour sa sécurité, juge toutefois nécessaire de suivre avec attention la marche des travaux en cours en Amérique dans ce domaine et de concevoir des méthodes de neutralisation de ses systèmes antimissiles.

Il est également à noter qu’en réduisant les armements stratégiques offensifs, les systèmes antimissiles verront leur rôle s’accroître notablement, du moment que leurs efficacité est inversement proportionnelle au nombre de missiles attaquants et au nombre d’ogives portées. Voilà pourquoi le maintien du potentiel nécessaire de dissuasion nucléaire dans les décennies à venir peut être considéré comme l’un des objectifs militaires et politiques les plus importants de la Fédération de Russie.


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#35 02-08-2008 12:45:00

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Les accords SALT, SALT II et START
www.guerrefroide.net/minidoc/salt

     Vers le début des années soixante, les États-Unis jouissent d'une supériorité militaire quant aux armements nucléaires en leur possession, mais l'URSS est crut de refermer l'écart entre les deux pays. À ceci se joint la possibilité de recherche nucléaire par des pays du tiers monde, dont notamment la Chine.

     Désirant éviter la propagation d'armes nucléaires sure une échelle mondiale, et surtout la propagation à des pays n'ayant pas les ressources requis pour la préservation d'une méthode sécuritaire de ces ogives, les États-Unis engendrent des discussions en 1964 avec l'Union Soviétique pour limité la diffusion de telles armes.

SALT

     Ces discussions débouchent éventuellement sur une série de négociations en 1969 connues sous l'acronyme SALT, pour leur nom anglais Strategic Arms Limitation Talks, ou les négociations sur la limitation des armes stratégiques. S'achevant en 1972, les négociations produisent une multitude d'accords sur le déploiement, la diffusion et la croissance des arsenaux nucléaires des deux pays, ainsi que des ententes sur la dissuasion de développements d'ogives nucléaires par d'autres pays.

     Des conventions adoptées, le traité sur la limitation des systèmes de missiles anti-balistiques (Anti-Balistic Treaty) fut l'accord principal de SALT. Le traité ABM limita le nombre d'armes que chacune des forces pu posséder, ainsi que leur emplacement et composition. Malgré ceci, le traité permit la recherche, l'expérimentation et le développement de nouvelles armes. Le traité fut signé le 26 mai 1972.

SALT II

     En 1979, après une deuxième ronde de discussions américano-soviétiques, le traité SALT II fut signé le 18 juin. Tandis que le traité ABM mis l'accent sur les installations nucléaires terrestres, le traité SALT II limita le nombre de lance-missiles et de bombardiers stratégiques.
     En contraste avec son prédécesseur SALT I, le traité SALT II n'entra jamais en vigueur. En opposition de l'invasion soviétique de l'Afghanistan, le président américain Jimmy Carter retira le traité lors des discussions de ratification dans le Sénat américain. Malgré ceci, les États-Unis se sont portés à suivre les limitations proposées dans le traité.

START

     La troisième ronde de discussions commença en 1982, lorsque le récemment élu président des États-Unis Ronald Reagan proposa le traité START, Strategic Arms Reduction Treaty. Ce traité pour la réduction des armes stratégiques eut pour but de réduire les arsenaux nucléaires des deux pays de 25%, et non que de les limiter. Les discussions furent rompues à plusieurs reprises par faute de disputes par les Soviétiques qui désirent se protéger de possibles déploiements américains en Europe.
     Le traité fut finalement signé en 1991 par Mikhaïl Gorbatchev de l'URSS et George Bush des États-Unis, mais ne fut que ratifié en 1993.


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#36 04-08-2008 09:13:12

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

ABM: Kaczynski appelle à signer l'accord avec l'administration Bush
09:44 | 04/ 08/ 2008  http://fr.rian.ru/world/20080804/115608202.html
WASHINGTON, 4 août - RIA Novosti. Varsovie doit assouplir sa position dans les négociations sur le déploiement du bouclier antimissile (ABM) américain sur le territoire polonais et signer l'accord avec l'actuelle administration américaine, a déclaré dimanche le président polonais Lech Kaczynski à la télévision polonaise.

Le 1er août, le premier ministre polonais Donald Tusk, dont les positions entrent régulièrement en contradiction avec celles de M. Kaczynski, avait fait savoir que les négociations pourraient se poursuivre après la présidentielle américaine du 4 novembre prochain.

Alors que les négociations s'enlisent entre Varsovie et Washington, le président Kaczynski a appelé à ne pas adopter une attitude "trop exigeante" sur ce dossier, car si les négociations avec Washington venaient à échouer, la "situation polonaise connaîtrait une forte détérioration". Par conséquent, Varsovie doit signer l'accord avec "l'actuelle administration américaine ", sans attendre l'élection présidentielle, a-t-il poursuivi.

"Nous ne savons pas qui sera le vainqueur de l'élection américaine, ni quels seront les axes de sa politique", a-t-il mis en garde, avant de faire savoir son mécontentement quant à l'actuelle progression des négociations sur le bouclier antimissile.

Le 4 juillet, M. Tusk avait déclaré que le déploiement de l'ABM en Pologne renforcerait la sécurité américaine, mais pas celle de la Pologne, dont les dirigeants ne sont pas satisfaits par les propositions de Washington.

Les Etats-Unis envisagent d'implanter dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar en République tchèque afin de contrer la menace balistique émanant d'Iran. L'accord de déploiement d'un radar dans le cadre de l'ABM a déjà été signé avec Prague.

Afin d'accueillir des missiles intercepteurs américains, Varsovie souhaite que les Etats-Unis l'aident à moderniser ses forces armées. La Pologne souhaite acquérir des missiles à courte et à moyenne portée Patriot PAC-3, THAAD ou AMRAAM.


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#37 06-08-2008 09:20:25

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Les Etats-Unis, tueurs de traités, par Philip H. Gordon et Julien Vaïsse
www.vaisse.net/BiblioJustin/Tribunes/Bi … re2001.htm
• LE MONDE | 07.09.01 |

Si George W. Bush maintient son rythme moyen d'un traité par mois, il pourrait bien finir son mandat actuel avec plus d'une quarantaine d'accords internationaux tués ou vidés de leur substance : le traité ABM, déjà "une relique du passé"; le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), qui languit au Sénat sans que le président puisse le tuer; le traité sur les armes légères, rendu insignifiant; le protocole sur les armes biologiques; la Cour pénale internationale ; le protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique et les initiatives de l'OCDE contre le blanchiment et les paradis fiscaux.

Le retrait de la délégation américaine de la Conférence des Nations unies sur le racisme, bien que compréhensible, vient confirmer cette tendance.

Plusieurs de ces accords, y compris celui sur les mines antipersonnel, avaient déjà été rejetés du temps de Bill Clinton, ce qui montre bien que des facteurs structurels, et non pas seulement politiques, sont à l'œuvre dans ce désamour de l'Amérique pour le multilatéralisme.

On peut même avancer que, sur le long terme, l'Amérique n'a pas vraiment changé. Au fond, elle n'a jamais été multilatérale au sens européen, elle n'a jamais cédé des pans significatifs de sa liberté de manœuvre ou de sa souveraineté et a toujours dominé les enceintes collectives - ou du moins gardé un droit de veto. Mais le reste du monde a changé. La fin de la guerre froide et l'émergence d'une société civile internationale ont entraîné une prolifération sans précédent des initiatives visant à imposer un règlement multilatéral de tel ou tel problème.

Au cours des derniers mois, de nombreux observateurs européens ont conclu que l'administration Bush était irrémédiablement unilatéraliste, hostile à toute coopération internationale par principe. Mais si l'idéologie de certains républicains a sa place parmi les facteurs de rejet, on ne peut cependant pas nier la logique de la nouvelle administration. Il est irresponsable, et parfois dangereux, d'accepter un mauvais traité. Signer un document inefficace ou insignifiant au seul prétexte que des dizaines de pays ont réussi à se mettre d'accord, au prix, souvent, des objectifs initiaux et du simple bon sens, affaiblit sur le long terme la légitimité des accords multilatéraux.

La question devient donc : pris un par un, ces traités sont-ils bons ? La réponse est mitigée. Prenons le cas du protocole sur les armes biologiques : ses dispositions étaient insuffisantes pour empêcher une fraude massive par certains Etats, mais suffisamment sérieuses pour inquiéter certains secrets industriels. Faut-il rappeler que les découvertes de l'UNSCOM en Irak ont mis au jour les insuffisances flagrantes des traités anti-prolifération, y compris ceux comportant des volets de vérification ?

A l'heure où les Européens mettent en avant le multilatéralisme comme moyen principal de lutte contre la prolifération, plutôt que les systèmes antimissiles, il ne faut en aucun cas s'en remettre à des critères au rabais sous prétexte d'obtenir un accord large à tout prix.

Le traité sur les mines antipersonnel : c'est l'armée américaine qui assure la sécurité de la Corée du Sud, et personne ne souhaite voir cette garantie disparaître. Or les mines représentent une sécurité indispensable pour ces troupes, qu'elles permettent également d'économiser. Ne fallait-il pas offrir ici aux Etats-Unis le statut dérogatoire provisoire qu'ils demandaient ?

Le cas du traité ABM : La France n'est aucunement opposée par principe aux systèmes antimissiles en tant que tels. Elle développe d'ailleurs des projets de défense de théâtre. Pour des pays comme le Japon, ces systèmes sont largement préférables à l'option nucléaire. Or le traité ABM interdit l'essai en vol de certains systèmes prometteurs, notamment en phase de propulsion, les moins déstabilisateurs. Bush n'a t-il pas raison de chercher à lever les contraintes de ce traité vieux de trente ans ?

Le problème est double, en réalité. D'un côté, si l'Amérique a souvent raison de pointer les insuffisances du multilatéralisme, elle a tort de le faire de manière cavalière et brutale comme c'est le cas depuis l'arrivée de Bush. Le rejet du protocole de Kyoto est un parfait exemple : manque de concertation, justification par des facteurs essentiellement intérieurs, absence totale d'alternative. En agissant ainsi, l'administration Bush abdique son leadership et se résigne à l'isolement au lieu de conduire la communauté internationale vers un monde plus coopératif.

D'autre part, l'Amérique s'obstine à opposer par principe certains traités qui ne lui posent pas de réels dangers ou qui, avec sa participation, pourraient au moins être améliorés : TICE, Cour pénale internationale, Kyoto, armes légères. Elle a tort, en somme, de profiter de sa position de prééminence pour faire passer des considérations intérieures (soutien de la National Rifle Association, pressions des industriels) avant sa mission d'exemple extérieur (freiner le trafic des armes légères en Afrique).

A long terme, cette évolution est inquiétante, pour deux raisons au moins. En agissant ainsi, les Etats-Unis paient un prix moral de plus en plus élevé, comme l'échec à la Commission des droits de l'homme de l'ONU en mai dernier le montre. Son "soft power" s'étiole. Ensuite, le système international, au diapason de sa première puissance, risque de s'orienter vers moins de normes et de contraintes, moins de prévisibilité et donc moins de sécurité.

L'ironie de l'histoire est que le pays qui a le plus d'intérêt à voir se développer le droit au niveau international est celui qui refuse le plus, pour le moment, d'y contribuer.

Philip H. Gordon est directeur du Centre sur les Etats-Unis et la France à la Brookings Institution (Washington).
Justin Vaïsse est historien.


• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 08.09.01


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#38 16-08-2008 00:34:04

weas
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

La Russie se fait menaçante sur le bouclier antimissiles américain

Dans un climat déjà tendu par la crise en Géorgie, l'accord signé entre Varsovie et Washington pour l'installation d'une partie du bouclier antimissiles américain, a suscité vendredi la colère de Moscou. L'accord "ne peut pas rester impuni", a déclaré le chef d'état-major adjoint russe, avant d'estimer que la Pologne "s'expose elle-même"à une attaque.

Le général Anatoli Nogovitsine, qui fait office de porte-parole depuis le début du conflit en Géorgie, n'a donné aucune précision sur la forme que pourrait prendre cette sanction. Mais Moscou avait d'ores et déjà menacé de diriger ses propres lanceurs vers la Pologne et la République tchèque, qui a conclu en juillet un accord avec Washington prévoyant l'installation d'un radar sur son sol dans la cadre du projet américain.

Le général Nogovitsine a franchi une nouvelle étape dans la guerre des mots en déclarant, selon l'agence de presse russe Interfax, que "la Pologne s'expose à une frappe, à 100%". Il a rappelé que la doctrine militaire russe permet le recours à l'arme nucléaire dans certains cas précis: "contre des Etats disposant de l'armement nucléaire, contre les alliés des Etats disposant de l'armement nucléaire, s'ils aident ces derniers, et aussi contre ceux qui accueillent sur leur territoire les armes nucléaires des autres", a-t-il énuméré.

Depuis la station balnéaire de Sotchi sur la mer Noire, le président russe Dimitri Medvedev a également réagi à cet accord américano-polonais qui, selon lui, "démontre tout à fait clairement ce que nous avions dit plus tôt: le déploiement prend pour cible la Fédération de Russie".

C'est "une triste nouvelle pour tous ceux qui vivent sur ce continent densément peuplé, mais ce n'est pas un drame", a-t-il toutefois nuancé lors d'une conférence de presse aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel.

Le général Nogovitsine a jugé pour sa part "regrettable" que cet accord américano-polonais survienne "à un moment où nous sommes déjà dans une situation difficile et que la partie américaine vient encore exacerber davantage les difficultés dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie". Ces relations ont connu un regain de tension depuis le début de la crise en Géorgie, le 7 août.

Le Kremlin est opposé à la réalisation du bouclier américain car il modifierait selon lui l'équilibre des forces en Europe. Néanmoins l'état-major russe assure que le système actuellement en construction serait dans l'incapacité de stopper ses missiles.

Du côté polonais, le président Lech Kaczynski, partisan depuis longtemps de ce projet de bouclier antimissiles, s'est contenté de se féliciter de la conclusion de l'accord et n'a pas réagi aux menaces russes. "L'existence même de cette structure augmente la sécurité de la Pologne", a affirmé M. Kaczynski, qui assistait vendredi à un défilé militaire organisé sur une avenue de Varsovie, comprenant 1.200 soldats ainsi que des chars.

"Nous avons d'excellents alliés, nous devons être capables de nous défendre nous-mêmes", a prévenu M. Kaczynski. "Nous devons disposer de forces armées dignes d'une nation de 40 millions d'habitants, dans une situation géographique périlleuse", a-t-il souligné.

Le président polonais s'était rendu mardi à Tbilissi pour apporter son soutien au gouvernement géorgien, fragilisé par l'avancée de l'armée russe qui a repoussé son offensive en Ossétie du Sud.

Les relations entre Varsovie et Moscou sont toujours marquées par la période de la guerre froide et l'occupation de la Pologne par les troupes soviétiques.

Jeudi, après la signature de l'accord avec Washington, le Premier ministre polonais Donald Tusk a expliqué que son pays "avait franchi le Rubicon" en acceptant que les Etats-Unis installent une batterie de dix missiles d'interception sur son territoire. En échange, Washington s'est engagé à fournir des missiles Patriot à Varsovie pour augmenter sa capacité de défense.

Le futur bouclier, présenté par les Etats-Unis comme un dispositif de défense contre une éventuelle frappe d'un état-voyou du Proche-Orient et particulièrement de l'Iran, est très contesté par les opinions tchèque et polonaise. L'accord annoncé jeudi soir intervient après 18 mois d'âpres négociations entre Varsovie et Washington. AP
source: http://www.boursorama.com/pratique/actu … ws=5787608


Pendant que nous cherchons ce que nous voulons, il se produit déjà ce que nous ne voulons pas !

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#39 16-08-2008 06:55:02

Dr Gonzooo
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

http://fr.rian.ru/world/20080815/116072240.html

ABM: le projet de bouclier américain n'est qu'un "chat crevé" (Rogozine)

BRUXELLES, 15 août - RIA Novosti. Le délégué permanent russe auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a comparé vendredi à Bruxelles le bouclier antimissile américain à un "chat crevé", car l'efficacité d'un tel système ne pourrait être vérifiée qu'en cas d'échange de coups nucléaires balistiques, rapporte le correspondant de RIA Novosti sur place.

"Les Européens ont reçu des Américains un "chat crevé", a déclaré devant les journalistes M. Rogozine, en commentant à leur demande l'accord sur le déploiement de certains éléments du bouclier antimissile américain sur le sol polonais que Washington et Varsovie ont signé jeudi 14 août. Les Américains comptent installer un radar en République tchèque et dix missiles intercepteurs en Pologne, officiellement pour parer à d'éventuelles attaques venant d'Iran.

"Mais si la menace émanait effectivement d'Iran, il serait logique de déployer ces éléments du système ABM américain sur le flanc sud de l'Alliance de l'Atlantique Nord, notamment en Turquie, Bulgarie ou Roumanie", a fait remarquer l'ambassadeur russe auprès de l'OTAN.

En acceptant d'accueillir le bouclier antimissile américain en pleine crise géorgienne, la Pologne a confirmé qu'il était dirigé contre la Russie, a indiqué M. Rogozine.

Et d'ajouter: "Il faut remercier les Polonais qui ont de facto dévoilé la véritable orientation stratégique du bouclier antimissile américain".

Dans le même temps, a poursuivi l'ambassadeur, en acceptant d'accueillir sur leur territoire le bouclier antimissile américain, la Pologne et la République tchèque deviennent potentiellement des cibles pour les terroristes, mais aussi pour les militaires russes.

Résultat, nul n'a ajouté à sa sécurité, alors que les relations internationales ont souffert, a constaté M. Rogozine.

"Je pense que le président américain George W. Bush ne comprend même pas ce qu'on lui a "refilé". Il ne s'agit en fait que des ambitions du complexe militaro-industriel convoitant de grosses commandes", a-t-il dit.

Selon l'ambassadeur russe, en privé, même les militaires otaniens qualifient d'inefficace le système ABM américain.

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#40 17-08-2008 07:05:17

f6
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Je suis d'accord avec cette analyse, cette ambition à surtout servi à prendre des milliards de dollars avec des marchés publics reservés aux copains et aux coquins!

Ils n'ont même pas été capable de rendre ce projet pharaonique opérationnel et c'est tant mieux !


N'oublions jamais la force de conviction d'un petit homme aux pieds nus, qui sut se défaire de tout un empire...

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#41 19-08-2008 23:49:06

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Merci à émilie la news du tarité ABM n'en déplaise à certains (?) fait son chemin.
Ceci est une victoire de la claivoyance et du bon sens.

http://img56.imageshack.us/img56/2513/siteon0ot5.jpg
http://img56.imageshack.us/img56/2513/siteon0ot5.545d089815.jpg

UN SAAKACHVILI PEUT METTRE LE FEU A LA PLAINE ! Par Claude Beaulieu
dimanche 17 août 2008, par Comité Valmy
  www.comite-valmy.org/spip.php?article75

Union des peuples du monde contre la menace américaine qui grandit !

http://img241.imageshack.us/img241/7857/027129lamenaceamericainsr7.jpg
http://img241.imageshack.us/img241/7857/027129lamenaceamericainsr7.e121fc7aa8.jpg

Nombreux sont les commentateurs politiques qui considèrent que Mikhaïl Saakachvili, s’il est bien responsable du carnage provoqué en Ossétie du Sud par l’intervention militaire et les bombardements géorgiens qu’il a déclenchés, n’en est pas le principal initiateur.

Dans Libération, Bernard Guetta par exemple a estimé que : « Mikhaïl Saakachvili n’est pas le seul coupable. Ses responsabilités sont immenses. Il s’est lancé à la reconquête de l’Ossétie sécessionniste sans penser le coup d’après, sur un coup de dés, sans être certain que l’Occident l’appuierait face à l’inéluctable réaction russe. Il a créé une crise internationale de première ampleur et mené son peuple à une défaite assurée, mais la profondeur même de cette aberration dit qu’elle ne peut pas relever de sa seule erreur ».

Saakachvili n’est qu’un agent américain installé à la tête de l’Etat géorgien par les services étasuniens, comme d’autres dirigeants actuels dans d’autres ex- pays de l’Union Soviétique. Il est impensable qu’il ait pu se lancer dans cette aventure belliqueuse de sa propre initiative et sans y avoir été incité. Coïncidence : Condoleeza Rice était précisément à Tbilissi les 8 et 9 juillet 2008, où elle devait préparer « le coup du 8 Août et rencontrer très officiellement la marionnette ossète, Dimitri Sanakojew, chef du « gouvernement ossète en exil » fabriqué par Saakhachvili, qui aurait dû être installé à Tshkinvali après l’éviction manu militari, voire la liquidation physique, de l’actuel gouvernement de l’Ossétie du Sud » (voir l’article "Les Gros sabots de l’impérialisme" de Comaguer dans la rubrique "Brèves").

Des manœuvres militaires américano-géorgiennes auxquelles participaient, outre les nombreux « instructeurs » présents en permanence, 1000 autres soldats US venus d’Italie et d’Allemagne, ont été terminées en Géorgie la veille de la provocation militaire menée par les mercenaires des Américains contre l’Ossétie. Manifestement tout était planifié, y compris, assez probablement, la déconfiture inéluctable de ce supplétif des Américains qu’est Saakhachvili. Celui-ci semble avoir été manipulé par les néo-conservateurs étasuniens afin de relancer leur stratégie de guerres préventives.

Depuis l’effondrement de l’URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie (1er juillet 1991), l’impérialisme américain et l’OTAN n’ont jamais cessé de mener une stratégie anti-russe d’encerclement. Ainsi, en mars 1999 l’OTAN a intégré la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, puis la Roumanie en 2004. Après avoir financé et organisé aux portes de la Russie les pseudo révolutions « oranges » en Ukraine et en Géorgie, les dirigeants étasuniens y ont installé, avec l’aide des euros-atlantistes, des gouvernements fantoches qui, eux aussi, demandent d’intégrer l’OTAN, ce qui ne correspond ni à l’intérêt de leurs peuples, ni à celui de la paix dans le monde.

Les attentats du 11 septembre 2001 sur lesquels la lumière reste à faire, ont aussi servi de prétexte à la sortie des USA du traité ABM de 1972, conclu entre Nixon et Brejnev et qui empêchait les bellicistes américains de poursuivre leur militarisation de l’espace. Annoncé le 13 décembre 2001, ce retrait du traité ABM a immédiatement permis à G.W. Bush de relancer la « guerre des étoiles » et la constitution unilatérale, pour le moment, d’un bouclier antimissile destiné à renforcer la domination militaire américaine. L’un des objectifs de la crise déclenchée par les va-t-en-guerre étasuniens semble avoir été de profiter de celle-ci pour accélérer la signature d’un accord sur le déploiement d’éléments de ce système américain antimissile sur le territoire polonais. « L’Amérique a tout simplement réalisé son plan », a déclaré à l’agence RIA Novosti un analyste politique russe.  Sans commentaire et quel plaisir à lire

L’intervention militaire géorgienne est aussi une affaire de pétrole. Elle offrait aussi, pensaient les atlantistes, l’objectif stratégique de sécuriser l’oléoduc BTC (pour Bakou-Tbilissi-Ceyhan) qui conduit du pétrole depuis l’Azerbaïdjan jusqu’à la Turquie via la Géorgie – 260 km dans ce pays sur un total de 1776 km. A noter que 20% du pétrole consommé par Israël provient de cet oléoduc dont il est partenaire.

Les dirigeants étasuniens ont fait de la Géorgie, depuis des années, l’un des postes avancés de leur stratégie d’agression et de guerre. Quelles sont leurs intentions actuelles ? Concernant la signification de l’encouragement des USA et de l’OTAN à l’agression de l’Ossétie du Sud par la Géorgie, la question posée par Michel Chossudovski est pertinente : « Est-ce une provocation délibérée destinée à déclencher la réponse militaire des Russes, pour les aspirer dans une confrontation militaire élargie avec la Géorgie (et les forces alliées), qui pourrait dégénérer en guerre » ?

Certains considèrent en effet que les Etats-Unis sont déjà dans un processus conduisant à une troisième guerre mondiale. Mais la pire des hypothèses n’est pas encore certaine. La donne géopolitique a changé et les Etats-Unis, encerclés par la réprobation hostile des peuples du monde dont ils sont l’ennemi commun, ne sont plus certains de vaincre ni d’avoir les moyens de réaliser leur ambition (c’est-à-dire pérenniser leur domination mondiale), même s’ils peuvent toujours détruire la planète.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré jeudi 14 août lors d’une conférence de presse qu’ « il ne voulait pas de retour à l’époque de la "guerre froide", bien que les relations américano-russes puissent être affectées négativement pour les années à venir »… En réalité, les dirigeants étasuniens n’ont jamais cessé leur « guerre froide » contre la Russie, qu’ils ont plutôt eu tendance à réchauffer comme l’a montré la triste histoire du sous-marin russe Koursk.

Depuis plus d’un siècle, les impérialistes américains développent leur stratégie de domination mondiale. Durant la seconde guerre mondiale par exemple, ils ont entrepris la constitution en France d’une cinquième colonne, euro-atlantiste avant l’heure, qui monopolise le pouvoir d’Etat depuis la Libération ( les seuls gouvernements favorables à l’indépendance nationale et à la souveraineté populaire auront été ceux du Général de Gaulle -avec ou sans ministres communistes-).

Les déclarations actuelles de certains dirigeants étasuniens sur leur non-intervention militaire dans le Caucase n’ont aucune crédibilité et n’engagent que ceux qui les prennent au sérieux. Les Etats-Unis se sont installés dans une logique de guerre, dans un engrenage que seul un vaste front anti-impérialiste des peuples du monde et des nations libres pourra mettre en échec.

Il sera, de ce point de vue, intéressant d’observer, au sujet de la crise caucasienne, quelles seront les réactions éventuelles de solidarité envers la Russie de l’Organisation de Coopération de Shanghai, restée silencieuse jusqu’ici et objet de manigances étasuniennes Son sommet annuel est prévu pour le 28 août. La République populaire de Chine n’ignore pas qu’elle est également directement concernée par la volonté américaine d’encerclement et de conflits militaires.

L’Union européenne supranationale est germano-américaine. Pour l’essentiel elle est vassale des Etats-Unis. Dans une certaine mesure cependant, elle vit des contradictions inter-impérialistes. Les intérêts de l’Allemagne, qui construit méthodiquement son hégémonie nationaliste sur l’Europe, ne coïncident pas toujours avec ceux des Américains. Ainsi, en avril 2008, l’Allemagne, suivie par la France, a amené le sommet de l’OTAN à repousser jusqu’en décembre l’examen du projet d’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine. L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder a déclaré le 16 août à Berlin que les hostilités qui ont éclaté dans le Caucase ont été provoquées par « l’invasion géorgienne de l’Ossétie du Sud ».

Sarkozy l’Américain, au nom de la France vassalisée, a déjà fait savoir qu’il soutiendrait les dirigeants américains en cas d’attaque contre l’Iran. Il ne fait guère de doute que si les USA s’engagent plus avant dans le processus qu’ils ont entrepris et qui mène à un affrontement militaire avec la Russie, ils pourront compter sur les militaires de l’armée française en tant que supplétifs et comme chair à canon. Les Français savent que les dirigeants du Parti Socialiste sont tout aussi atlantistes que ceux de l’UMP. Rétablir la souveraineté populaire du peuple français contre le renoncement national et républicain de l’UMPS est à l’ordre du jour.

Il est ainsi devenu extrêmement urgent que le peuple de France construise une alternative politique nouvelle autour de la République, du peuple-nation, du progrès social et de la lutte anti-impérialiste pour la paix mondiale.

C’est dans cet objectif que le Comité Valmy a contribué à la création, le 21 juin dernier, de l’Arc Républicain de Progrès.

De façon urgente, l’intérêt supérieur de la France exige de :

• Rétablir son indépendance nationale

• Reconquérir la maîtrise de sa politique intérieure et extérieure

• Sortir de la logique UMPS de vassalisation

• Quitter l’OTAN et l’Europe supranationale.

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Dernière modification par ragondin (19-08-2008 23:55:47)


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#42 20-08-2008 00:04:15

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Nous n'en sommes plus aux reprises de textes mais de nos propres investigations. cool
Je ne boude pas mon plaisir ce soir. tongue

Dernière modification par ragondin (20-08-2008 00:04:37)


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#43 20-08-2008 00:33:44

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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

smile


Il est bien trop tard, et la situation est bien trop mauvaise, pour être pessimiste. (Dee Hock)

La guerre est menée par l’oligarchie contre ses propres sujets, et son objet n’est pas la victoire sur l’Eurasia ou l’Estasia, mais la conservation de la structure même de la société. (George Orwell)

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#44 21-08-2008 13:52:13

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Préface du livre de Bernard Lavarini La Grande Muraille Nucléaire par Hubert Védrine
Bernard Lavarini, La Grande Muraille nucléaire, éditions L'Harmattan, Paris, 2005

www.hubertvedrine.net/index.php?id_article=113

Hubert Védrine préface le livre de Bernard Lavarini portant sur les systèmes stratrégiques défensifs.
Cet ouvrage de Bernard Lavarini, père de la première arme laser française et ancien directeur de la prospective au sein d'un grand groupe industriel français, est un appel passionné et argumenté à la construction d'une défense européenne antimissile.


Pour lui, c’est clair : les menaces potentielles pesant sur l'Europe commandent ce choix. Et si elles n'y suffisaient pas, la détermination inébranlable des Etats-Unis à réaliser leur propre bouclier, sans pour autant renoncer à leur dissuasion nucléaire, devrait y conduire l’Europe, sauf à achever de perdre ce qui peut lui rester d'autonomie stratégique et politique.

Le moins que l'on puisse dire est qu'en ce moment l'Europe, si l'on peut en parler au singulier, n'a pas la tête à cela. Sous le coup de l'arrêt imposé du processus "constitutionnel" après les insurrections électorales du printemps 2005 et de l'affirmation de l’urgence sociale, taraudée par les effets de la mondialisation économique sur les pays les plus nantis, elle paraît sonnée, moins prête que jamais à relever quelque défi stratégique que ce soit. Il n'empêche. Il faut lire le livre de Bernard Lavarini. On peut en discuter les prémices, et les conclusions, c'est mon cas. Mais il a l'immense utilité de nous replonger dans le débat stratégique, dangereusement occulté. Tout au long de la guerre froide, aiguillonnée par la crainte, celui-ci a été très vif parmi les experts, mais aussi dans l’opinion, et de grands intellectuels y participaient. Raymond Aron discutait ainsi les choix stratégiques de De Gaulle. Après la fin de l 'URSS et du monde bipolaire l'Europe, qui aspirait ardemment à vivre dans une "communauté internationale", un monde post-tragique régi par le droit et la charte des Nations Unies a voulu avant tout toucher les "dividendes de la paix". Elle a connu à cet égard une évolution divergente de celle des Etats-Unis. Car cette hyperpuissance prenait dans le même temps conscience de sa singularité, aspirait au maximum de sécurité possible et rêvait d'invulnérabilité, plus encore après le traumatisme du 11 septembre, ce que Georges W Bush symbolise parfaitement. Cependant, les événements brutaux des années 2000-2005 devraient avoir fait éclater la bulle dans laquelle les Européens s'étaient confortablement installés.

L'analyse par Bernard Lavarini de l'obsession stratégique des Américains – être protégés du reste du monde – est impeccable et explique leur désir de bouclier. Je ne contesterai certainement pas son impressionnante démonstration sur les résultats et les promesses des formidables recherches en cours aux Etats-Unis. Néanmoins sa plaidoirie me suggère trois remarques : 

- En premier lieu sa présentation des menaces stratégiques à venir se ramène à une affirmation, très semblable aux démonstrations américaines, du caractère inéluctable de la prolifération des missiles balistiques et des armes de destruction massive. Et certes le problème existe. Mais je ne pense pas que cela soit suffisant pour bouleverser la réaction des décideurs et d’une opinion européenne déjà au courant, surtout après que Bush et Blair aient discrédité pour un long moment l’invocation des ADM.

- En sens inverse, l'approche américaine actuelle est très différente de l'initiative de défense stratégique de Reagan de 1983. Bernard Lavarini fait allusion aux controverses de l'époque entre les conseillers de François Mitterrand, quand Ronald Reagan prétendait que son bouclier serait rapidement réalisable et allait rendre obsolète la dissuasion nucléaire, de toute façon "immorale". En ce qui me concerne, je ne trouvais pas immorale une stratégie qui garantissait la paix depuis si longtemps, et j’avais d'autant plus conseillé à François Mitterrand de résister aux offres américaines que je ne croyais pas que le bouclier serait réalisable avant très longtemps, si il l'était un jour. Je ne pensais donc pas qu'il rendrait obsolète la dissuasion nucléaire, ne serait ce que parce que les Etats-Unis n'abandonneraient pas cette dernière. De fait vingt sept ans après cet épisode Bernard Lavarini nous annonce le bouclier pour dans … vingt cinq ans. Il n’y avait aucune raison de bouleverser dans les années quatre vingt notre stratégie. Mais aujourd’hui, il y a une différence majeure : l'administration Bush ne prétend pas remplacer la dissuasion nucléaire, mais combiner bouclier antimissile et dissuasion nucléaire. Sur un plan conceptuel et de cohérence stratégique rien ne s'oppose donc plus selon moi à ce que les Européens réfléchissent soit à leur participation à un système global anti-missile anti-accident ou anti-chantage, soit à la mise en place d'éléments qui leur soient propres dans le cadre d'une coopération entre quelques Etats Européens. Si c'est faisable et, si c'est finançable bien sûr.

- En fait, l’argument essentiel de B.Lavarini, menaces ou pas, est que le bouclier américain va dévaluer l’Europe, menaces ou pas. Et c’est contre cela qu’il se dresse. Cela nous ramène donc non pas à ce que veut "l'Europe", mais les Européens. Oui, que veulent-ils ? Ou plutôt que voudront-ils quand ils ressortiront de la pause de réflexion institutionnelle qui s’impose aujourd’hui et va entraîner, non pas un recul, mais une remise à plat de tout le projet, et qui peut durer longtemps ? Se convaincront-ils qu'ils ne pourront préserver leur mode de vie, ce à quoi, au-delà de leurs différences, ils sont viscéralement attachés, sans devenir une puissance, sans doute pacifique et tranquille, mais quand même une puissance ? Se montreront-ils prêts à accepter de tels systèmes défensifs parmi les nouveaux projets européens ? Comment savoir ? A priori c'est presque impensable si le désarroi social, identitaire et civique reste aussi profond qu'en ce moment. Mais ce n'est pas impossible si les sociétés européennes reprennent confiance en elles, et si un tel projet apparaît comme une manifestation d'un renouveau scientifique de l'Europe, avec de multiples retombées possibles. Bien sûr cela dépendra aussi d'une comparaison des diverses priorités en compétition, de leur coût, et d'un choix politique.

Les Européens ne peuvent pas se poser ces questions sur les menaces actuelles et à venir, et la façon pour eux d’y répondre. Et c'est en quoi l'ouvrage de Bernard Lavarini est si utile.

Hubert Védrine


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#45 21-08-2008 17:24:01

f6
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Cette reflexion de Védrine sur le livre de Bernard Lavarini est intéressante, sauf que inscrite en creux la logique de remise en question des affrontements pour la domination globale n'est pas à l'ordre du jour.

Tant que "l'espèce " n'entreprendra pas ce travail de reflexion sur les causes du désordre, nous continuerons de déployer et de gaspiller beaucoup d'énergie pour la fabrication des armements qu'ils soient soit-disant défensifs donc transformable à loisir en armement offensif!

Que penser des risques encourus si d'aventure un psychopathe de la domination s'emparait du pouvoir politique, avec de telles armes à sa disposition, nulle doute que la tentation serait grande de contraindre ses interlocuteurs à ses ambitions!

Tant que nous répondrons au risques par des logiques d'armements tjrs plus destructeurs et perfectionnés, nous nous conduirons comme les mauvais médecins qui préfèrent administrer des médicaments et s'attaquer aux symptômes , plutôt que d'entreprendre le traitement de fond en s'attaquant aux causes du désordre!

Les peuples sont pacifistes, ils préfèrent tous le bonheur de la paix à la souffrance absurde de la guerre.

Ce sont les dirigeants politiques agissant au service des intérêts particulier des stés transnationales de ceux qui commercent avec l'énergie et la guerre qui sont belliqueux !

Restaurer la citoyenneté partout dans le monde est un préalable à une paix planétaire durable!
Développer ensemble les outils contrôlés par les peuples pour garantir cette paix, est l'autre impératif de cette ambition, tant que nous verrons un Empire violer pour son profit les traités et les lois qu'il impose aux autres selon les circonstances que lui imposent ses interêts, rien ne pourra fonctionner normalement!

Nous débarrasser des ces psychopathes de la domination qui nous ont fabriqués le 911 est une urgence!

Pour la paix, pour les peuples , pour nos enfants et les enfants de nos enfants à venir!


N'oublions jamais la force de conviction d'un petit homme aux pieds nus, qui sut se défaire de tout un empire...

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#46 28-08-2008 20:43:55

Dr Gonzooo
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

ABM: la Russie prête à réagir "militairement" (Medvedev)

SOTCHI, 27 août - RIA Novosti. La Russie sera obligée de réagir "militairement" si l'OTAN déploie ses missiles à proximité de ses frontières, a déclaré le président russe Dmitri Medvedev dans une interview accordée mercredi à la chaîne de télévision panarabe Al-Jazeera.

"Pour ce qui concerne le bouclier antimissile, le déploiement de missiles en Pologne et d'un radar en République tchèque, cela n'est qu'un pas de plus vers l'attisement des tensions. Nous ne pouvons pas considérer cette démarche autrement que comme dirigée contre la Russie, quels que soient les motifs évoqués en l'occurrence par les pays de l'OTAN", a-t-il affirmé.

"On nous raconte que certains pays représentent une menace, c'est du blabla, a-t-il poursuivi. Ces missiles, une fois installés à proximité de nos frontières, nous menaceront, c'est certain. Cela ne manquera pas d'aggraver les tensions, et nous serons amenés à réagir, naturellement par des moyens militaires."

"Je pense que l'OTAN le comprend parfaitement. C'est le choix de l'Alliance atlantique, ce n'est pas nous qui installons des missiles", a ajouté le chef du Kremlin.

Washington envisage de déployer en Europe de l'Est des éléments de son bouclier antimissile pour parer à d'éventuelles attaques venant d'Iran ou de Corée du Nord. Il compte ainsi installer un radar en République tchèque et dix missiles intercepteurs en Pologne. Moscou, se sentant menacé, a exprimé à plusieurs reprises son hostilité envers ce projet malgré les tentatives américaines pour rassurer la Russie.

Interrogé sur l'éventuelle réaction russe face à l'admission de la Géorgie et de l'Ukraine au Plan d'action pour l'adhésion à l'OTAN (MAP), le chef du Kremlin a reconnu: "Finalement, c'est une affaire de l'OTAN". "Mais si cette décision est prise, nous ne nous en réjouirons pas. Cela attisera les tensions sans nul doute", a-t-il ajouté.

Evoquant l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, M. Medvedev a appelé à "demander l'avis des Ukrainiens, car il n'y a jamais eu de référendum sur cette question ".

http://fr.rian.ru/russia/20080827/116306171.html

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#47 03-09-2008 23:45:52

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Traité FCE: Moscou prêt à poursuivre les consultations (Lavrov)
19:37 | 12/ 02/ 2008
   
http://209.85.135.104/search?q=cache:9c … &gl=fr

GENÈVE, 12 février - RIA Novosti. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a réaffirmé mardi à Genève que la Russie était disposée à poursuivre les consultations sur l'avenir du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), dont elle a suspendu l'application en décembre dernier.

"Nous sommes prêts à poursuivre les négociations en vue de rétablir la viabilité du régime de contrôle des armements conventionnels", a-t-il indiqué lors de la conférence sur le thème "Vu de Moscou, quel avenir pour la coopération européenne?" qu'il a tenue mardi au Palais des Nations.

La Russie a suspendu en décembre dernier sa participation au Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), signé en 1990, en exigeant que tous les pays membres de l'OTAN ratifient la version adaptée du document, qui tient compte de la dissolution du pacte de Varsovie, et procèdent à sa stricte application.

"Avec la disparition de l'Organisation du Traité de Varsovie et l'élargissement de l'OTAN, le vieux traité FCE est devenu obsolète", a souligné M. Lavrov.

Conformément à l'ancienne version du traité FCE, les pays de l'OTAN peuvent augmenter leurs arsenaux en Europe jusqu'à 26.000 chars, 40.000 véhicules blindés, 25.000 pièces d'artillerie, 8.300 avions de combat et 2.500 hélicoptères d'attaque, a-t-il rappelé.

"Bien sûr, la question légitime qui se pose est de savoir pourquoi les pays de l'OTAN ont besoin d'un tel potentiel d'armement. Car, sur pratiquement tout le périmètre de ses frontières - au nord, à l'ouest et au sud - l'Alliance atlantique est baignée de mers et d'océans. Entre-temps, l'OTAN étend ses infrastructures militaires vers l'est en les rapprochant de nos frontières", a résumé le ministre russe.


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#48 04-09-2008 15:49:39

ragondin
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Une « religion politique »
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/07/ZAJEC/14947

L’obsession antimissile des Etats-Unis

Les ministres de la défense de l’Alliance atlantique ont tacitement approuvé, le 14 juin dernier, le projet de bouclier antimissile américain en Europe, tout en acceptant l’offre de coopération russe. Mais l’activisme des Etats-Unis, qui contraste avec l’apathie de l’Union européenne, est plus fondé sur une « religion politique » que sur une analyse stratégique. L’obsession antimissile de Washington, partagée par les républicains et les démocrates, remonte en fait aux années 1950.
Par Olivier ZajecDans un rapport d’information parlementaire, l’Assemblée nationale française s’est penchée, le 28 mars 2001, sur les projets américains de défense antimissile (1). Publié six mois avant que ne s’effondrent les tours jumelles de New York, le document interprétait ces projets comme reposant moins sur une « analyse stratégique » que sur une « théologie politique ». Cette théologie serait dotée d’une trinité identifiable : le « fantasme de sécurité absolue des Etats-Unis » ; le « mythe de la frontière » (ici, la frontière technologique) ; une « dichotomie bons-méchants ». « L’empire du mal, dénonçait alors ce rapport, n’est plus un Etat désigné, l’Union soviétique, mais une catégorie d’Etats relativement fluctuante, aujourd’hui la Corée du Nord, l’Irak ou l’Iran et, demain, peut-être d’autres. »

Début 2007, l’annonce de l’installation prochaine d’éléments du programme « National Missile Defense » (NMD) américain en Europe est venue relancer les spéculations sur la signification de ce programme. Les intercepteurs de Pologne et les radars tchèques font réagir Moscou, inquiètent les « vieux Européens », et marginalisent une Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) soudainement très mal à l’aise.

Les commentaires de la presse se focalisent surtout sur les réactions russes, prétextes à d’innombrables parallèles historiques ressuscitant la guerre froide. Pourtant, le fond du débat se situe ailleurs. Par exemple dans les pistes lancées par le rapport parlementaire français de 2001. Obsession de l’invulnérabilité, tropisme de la frontière et « moralisation » de la politique internationale : en quoi cette grille de lecture explique-t-elle l’éternel retour de la défense antimissile américaine, malgré les remises en question consécutives au 11-Septembre ?

En 1957, la défense antimissile américaine naît d’une prise de conscience brutale, celle de la vulnérabilité des Etats-Unis. Le premier Spoutnik commence en effet ses révolutions autour de la planète. Traumatisée par son célèbre signal, qui résonne pour elle comme un glas, l’Amérique doit cesser de se penser comme une île hors d’atteinte : ce succès spatial ouvre aux soviétiques la possibilité d’atteindre le territoire américain à l’aide de missiles balistiques intercontinentaux.

Dès 1957, le programme défensif « Nike Zeus » prévoit des intercepteurs de longue portée à charge nucléaire, capables de détruire en vol les missiles visant les Etats-Unis. John Fitzgerald Kennedy, élu en 1960 sur le thème d’un « retard américain » en matière balistique (le missile gap), est bientôt le premier président à engager résolument son pays à la fois sur un programme de perfectionnement des missiles balistiques intercontinentaux (2) et sur la voie de la défense antimissile. Le programme « Sentinel », en 1966, compte installer autour des villes américaines des silos de missiles intercepteurs, protégeant ainsi les grands centres de population, cibles probables des Soviétiques. Vingt-cinq sites de protection sont prévus, dotés de missiles eux aussi à tête nucléaire, censés détruire les missiles ennemis tant en deçà qu’au-delà de la couche atmosphérique.

Des armes nucléaires obsolètes
Face à la réaction très négative des citoyens américains, qui ne conçoivent pas de vivre avec des armes nucléaires à leur porte, « Sentinel » est transformé en 1974 en « Safeguard », un programme « dérivé » ne protégeant plus les centres urbains mais les sites de lancement de missiles intercontinentaux. Toutefois, en ces années 1970, le Vietnam a creusé les déficits et, devant le coût du projet, un seul site sera concerné par « Safeguard ». De son côté, l’URSS bâtit des silos de défense antimissile autour de Moscou, aucune réaction de la population n’empêchant, contrairement aux Etats-Unis, la réalisation de ce projet et l’installation des missiles Galosh.

Le traité antimissile balistique (ABM) (3) de 1972 figera ces progrès antimissiles parallèles russes et américains, pour des raisons d’équilibre stratégique. Dès 1976 néanmoins, le système américain est abandonné pour des raisons de politique intérieure, de budget et d’efficacité technique, alors que le système installé autour de Moscou, quoique peu performant, demeure. Cette première course antimissile tourne donc à l’échec pour les Etats-Unis. Le jeune secrétaire américain à la défense qui doit à l’époque se résigner à annuler « Safeguard » s’appelle Donald Rumsfeld. Dès lors, pour Washington, le volet offensif, avec l’amélioration des missiles intercontinentaux, marginalise logiquement le volet défensif. Cette éclipse de la défense antimissile prend pourtant fin avec éclat le 23 mars 1983.

Ce jour-là, dans le discours qui officialise l’Initiative de défense stratégique (IDS, dite « guerre des étoiles »), le président Ronald Reagan annonce son ambition de marginaliser les armes nucléaires « obsolètes et inefficaces ». Le moyen : une défense antimissile globale, fondée sur des satellites et des lasers spatiaux, capable d’intercepter tout tir de missile balistique intercontinental à charge nucléaire venant d’Union soviétique (4). Ce discours a marqué la mémoire collective en raison de la course aux armements qu’il induisait et de l’asphyxie consécutive qui mit à genoux le système soviétique. Il faut toutefois nuancer : comme on l’a vu, l’URSS dispose alors d’une avance sur les Etats-Unis en matière antimissile. De plus, l’ambition de l’IDS va très vite être revue à la baisse. En 1987, il ne s’agit déjà plus que de protéger les sites de lancement de missiles lors d’une première frappe russe.

En 1991, l’IDS est rebaptisée « Protection globale contre les frappes limitées », et le nombre de cibles à intercepter est réduit. La même logique qui avait abouti en 1976 à l’abandon de « Safeguard » se reproduit : l’IDS est rapidement dénaturée. L’année 1991 marque une rupture avec l’élan reaganien, le National Missile Defense Act focalisant désormais l’effort national sur une défense antimissile « de théâtre » (opérationnelle sur le terrain) capable d’intercepter des vecteurs de courte portée lancés par des Etats « voyous » : la leçon de la première guerre du Golfe (1990-1991) et de la médiatisation des frappes de Scud irakiens, en particulier sur Israël, est ainsi tirée. La défense antimissile de théâtre remplace donc la défense antimissile de territoire (c’est-à-dire intercontinentale, basée sur une opposition entre les deux supergrands).

Ainsi, entre 1957 et 1991, seule l’URSS a pu déployer un système de défense antimissile intercontinental effectif. Aux Etats-Unis, les programmes se sont succédé, appuyés sur des déclarations politiques retentissantes, mais aucun n’a débouché sur un système opérationnel généralisé et cohérent.

Elu en 1992, le président William Clinton avait pris acte du passage d’une défense de territoire à une défense de théâtre, rebaptisant la très reaganienne Initiative de défense stratégique en une Organisation de la défense antimissile balistique, moins idéologique. C’est pourtant sous sa présidence qu’apparaît pour la troisième fois le thème de l’antimissile, fruit d’un rapport de forces entre une présidence démocrate affaiblie et, à partir de 1995, un Congrès républicain conquérant sur le plan des idées. L’élément-clé sur lequel s’appuie ce Congrès est la publication, en 1998, du rapport d’une commission parlementaire, présidée par M. Rumsfeld, qui réévalue la menace balistique mondiale en se fondant non plus sur les intentions des acteurs, mais sur leurs capacités.

La même année, les essais nucléaires pakistanais et indien, le tir d’un missile Taepodong-1 nord-coréen et d’un missile iranien valident l’analyse de la commission Rumsfeld, plaçant les démocrates sur la défensive. Capitalisant ce succès et arrivant au pouvoir en 2001, le président George W. Bush donne à la défense antimissile un nouvel élan. La systématisation du concept par les Américains ainsi que son extension géographique, augmentant les chances d’intercepter les projectiles adverses en phase de lancement, sont, depuis, les signes visibles de cette troisième saga antimissile dans l’histoire stratégique américaine.

L’idée de la défense antimissile ne date donc pas de la seconde présidence Bush. L’assurance d’une invulnérabilité de leur territoire, béni par la géographie, a toujours fondé le sentiment de sécurité des Etats-Unis, que le providentialisme de leurs fondateurs assimile très tôt à une Jérusalem terrestre. Dans ce contexte, toute atteinte au territoire américain ne constitue pas seulement un affront, mais bien une profanation du tabernacle de la liberté. Celui qui le commet est sacrilège, justiciable en quelque sorte du feu du ciel. Dans cette éventualité de guerre punitive, la stratégie américaine repose à la fois sur une dilection pour l’offensive influencée par le général Antoine-Henri Jomini (5) et sur le postulat d’annihilation stratégique de l’adversaire.

De fait, la triade des moyens nucléaires – sous-marins lanceurs d’engins, missiles balistiques intercontinentaux, bombardiers stratégiques – permet aux Etats-Unis de toucher virtuellement tout le globe. Mais que vaut ce potentiel offensif dès lors que l’invulnérabilité du sanctuaire – le territoire des Etats-Unis – n’est plus garantie ? Ayant tout juste effacé par le feu nucléaire déclenché sur Hiroshima la profanation de Pearl Harbor, les Etats-Unis ont vécu, dès les années 1950, la capacité balistique nucléaire russe – parce qu’elle pouvait atteindre leur territoire – comme une nouvelle hérésie contrariant leur destinée manifeste. Hérésie d’autant plus douloureuse que la posture de dissuasion à laquelle sont contraints les Etats-Unis laisse leur défense reposer sur l’assurance d’une destruction mutuelle, censée geler tout déclenchement de l’apocalypse. Casuistique nucléaire perverse qui revient, dans la mentalité américaine, à composer de manière inacceptable avec le Mal.

A Oskar Morgenstern, cofondateur de la théorie des jeux qui, en 1959, dans The Question of National Defense, défend encore l’offensive appliquée à la stratégie nucléaire, Bernard Brodie peut répondre en publiant la même année La stratégie à l’âge des missiles (6), que la destruction mutuelle assurée (mutually assured destruction, MAD), qui « fait dépendre la sécurité des Etats-Unis de la capacité du Kremlin à demeurer rationnel », est inacceptable pour des raisons morales (7). De ce besoin métaphysique d’une meilleure répartition entre attaque et défense découle l’impératif catégorique de la défense antimissile, nécessité morale à laquelle la psyché américaine se voit sans cesse ramenée.

La date du débat de 1959 entre Brodie et Morgenstern, juste avant l’accession au pouvoir du président Kennedy, est importante. Se comporter « moralement » à l’âge nucléaire, c’est ne pas considérer la vulnérabilité américaine comme une fatalité. Significativement, les Américains citent souvent le sermon célèbre de 1630, A Model of Christian Charity, dans lequel le pasteur puritain John Whintrop use d’une formule appelée à connaître une fortune étonnante. Loin, bien loin de Machiavel, il dépeint l’Amérique comme une « cité sur la colline » (city upon the hill), point de mire régénérateur du monde, tenue de se comporter moralement pour l’édification des nations. Onze jours avant son entrée en fonctions, Kennedy cita ce sermon (8). Plusieurs fois, Reagan fit de même. A ces deux présidences « morales » se rattache, signe fort, le lancement de programmes antimissiles importants (9).

Dans cette filiation, les projets actuels renouvellent le cycle. Dans un discours de 2000 précédant son élection, M. Bush soulignait ainsi son objectif de réduire le nombre de missiles nucléaires offensifs, jusqu’au « plus petit nombre possible compatible avec notre sécurité nationale (10)  ». La même année, le futur secrétaire à la défense Rumsfeld déclarait lors d’une tournée en Europe que poursuivre la défense antimissile était une « question de morale », et non technologique (11). Le lancement d’une révision nucléaire (nuclear review) par le même président Bush au début de son premier mandat (12) a ainsi ressemblé à un examen de conscience national renouvelant les lustrations accomplies en leur temps par Kennedy et Reagan.

Le rapport parlementaire français de 2001, en pointant une « théologie politique » au fondement de la défense antimissile américaine, donnait une des clés du débat. Le primat de la métaphysique providentialiste dans la psyché américaine et l’histoire toujours recommencée des programmes de défense antimissile depuis 1957 laissent à penser que rien ne fera renoncer Washington au mouvement à nouveau relancé. Reste une question pour le Vieux continent : programme NMD américain en Europe ou défense antimissile européenne ? Tel est le vrai choix.

Olivier Zajec.


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#49 05-09-2008 00:00:42

Dr Gonzooo
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Ça serait bien quand même que les politiques Us arrêtent de foutre la merde en Europe et fourguent leur bouclier à quelqu'un d'autre. Israël par exemple comme ça ils n'auront plus peur de l'Iran ou Chavez, en cas d'atttaque d'E.T big_smile

ABM: Moscou entend implanter des armes de haute précision à la frontière polonaise

KALININGRAD, 4 septembre - RIA Novosti. La Russie pourrait déployer de nouveaux types d'armes de haute précision dans une région frontalière de la Pologne, qui a accepté d'accueillir des éléments du bouclier antimissile américain (ABM), a annoncé aux journalistes Viktor Zavarzine, président du comité de la Douma pour la Défense.

Le 20 août dernier, les Etats-Unis et la Pologne ont signé à Varsovie un accord prévoyant la mise en place d'une base de missiles intercepteurs dans les environs de la ville polonaise de Slupsk.

"Nous disposons de nouveaux types d'armes et envisageons de les installer à proximité des zones de positionnement qui seront déployées en Pologne. Cette question est actuellement à l'étude", a déclaré le président du comité parlementaire à l'issue d'une réunion intersectorielle consacrée à la modernisation du dispositif militaire dans la région de Kaliningrad en raison de l'élargissement de l'OTAN vers l'est.

"Les systèmes de haute précision - pour l'aviation et les troupes terrestres - ne manquent pas en Russie. Il s'agit seulement d'en acquérir des lots supplémentaires pour les déployer dans les régions opérationnelles appropriées", a précisé M. Zavarzine.

Interrogé sur l'implantation possible d'armes nucléaires tactiques dans la région de Kaliningrad, le parlementaire a répondu que "ces propositions avaient été formulées".

"Les armes nucléaires tactiques (ANT) ont fait l'objet d'un grand nombre de nos échanges de vues avec les Etats-Unis. Le fait est qu'elles ne figurent pas à l'ordre du jour des négociations sur la stabilité stratégique que nous menons avec Washington. Lorsque j'étais représentant militaire de la Russie auprès de l'OTAN, les Américains nous ont souvent demandé si nous avions l'intention de déployer des ANT dans la région de Kaliningrad. Nous leur avons posé une question en retour: pourquoi des armes nucléaires tactiques ont-elles été implantées en Europe de l'ouest? En Belgique, par exemple", a fait savoir M. Zavarzine.

Selon lui, il n'est pas actuellement nécessaire d'installer des armes nucléaires tactiques dans la région de Kaliningrad.

http://fr.rian.ru/world/20080904/116557061.html

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#50 05-09-2008 10:29:15

zelda
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Re: Sortir du traité ABM, Objectif du 911 ?

Défense anti-missile : Le Monde se rapproche d'une guerre à cause de Washington et de la Pologne.

par F. William Engdahl

Mondialisation.ca, Le 28 aout 2008

La signature le 14 août d'un accord entre les gouvernements des États-Unis et la Pologne pour déployer sur le territoire polonais des « intercepteurs de missiles » US est l'action la plus dangereuse entreprise en direction d'une guerre nucléaire dont le monde est témoin depuis la crise des missiles de Cuba en 1962. Loin d'être une action défensive pour protéger les états européens de l'OTAN d'une attaque nucléaire russe, comme l'ont fait remarquer les experts militaires, le système anti missile US en Pologne pose une menace existentielle totale pour le futur de la nation russe. Le gouvernement russe a prévenu à maintes reprises de cela depuis la révélation des plans US début 2007. Maintenant, malgré des tentatives diplomatiques de la Russie pour obtenir un accord avec Washington, l'administration Bush, suite à l'humiliante défaite en Géorgie, a fait pression sur le gouvernement de Pologne pour que le pacte soit finalement signé. Les conséquences pourraient être impensables pour l'Europe et la Planète.

Les arrangements préliminaires pour mettre en place les éléments du système de protection de la défense anti-missiles mondiale US ont été signés par le vice-ministre des Affaires étrangères polonais, Andrzej Kremer, et le négociateur en chef US, John Rood, le 14 août. Selon les termes de cet accord, Washington projette de stationner 10 intercepteurs de missiles en Pologne couplés à un système de radar dans la République Tchèque, sous le prétexte fallacieux qu'ils sont prévus contre des attaques possibles de ce qu'ils appellent des états « voyous », dont l'Iran.

Pour obtenir l'accord, Washington a accepté de renforcer le système de défense aérienne de la Pologne. L'accord nécessite encore l'approbation des gouvernements des deux pays et du parlement polonais. Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a dit lors d'une intervention télévisée, que « les évènements dans le Caucase montrent clairement que de telles garanties de sécurité sont indispensables ». Les discussions US Pologne sur le système de défense anti-missile traînaient depuis plusieurs mois avant les hostilités en Géorgie.

La porte parole de la Maison Blanche de Bush, Dona Perino, a déclaré officiellement : « nous croyons que le système anti-missile de défense est une contribution substantielle à la sécurité collective de l'OTAN. « Des responsables ont dit que le système d'interception basé en Pologne serait opérationnel en 2012. La République Tchèque a signé un accord le 8 juillet pour accueillir un système radar US.

Maintenant, cette signature garantit une escalade des tensions entre l'OTAN et la Russie et une nouvelle course totale aux armements type Guerre Froide . Il est important pour les lecteurs de comprendre que, comme je l'ai détaillé minutieusement dans mon livre qui sera publié cet automne « Full Spectrum Dominance : The National Security State and The Spread of Democracy », la capacité de l'un des deux partis de stationner des missiles intercepteurs (missiles anti-missiles) à 150 km du territoire de l'autre, même avec des missiles intercepteurs primitifs de première génération, fournit à ce parti une victoire certaine en matière de balance nucléaire des pouvoirs et oblige l'autre à envisager une capitulation inconditionnelle ou une réaction préventive en lançant une attaque nucléaire avant 2012. Des parlementaires russes ont dit vendredi que l'accord endommagera la sécurité de l'Europe, et ont réaffirmé que la Russie devrait maintenant prendre des mesures pour assurer sa sécurité.

Andrei Klimov, vice-président du Comité des affaires internationales de la Douma de l'état russe, a dit que l'accord visait à prouver la « loyauté de Varsovie à l'égard des États-Unis et recevoir des bénéfices matériels. Pour les Étasuniens, c'est une opportunité d'étendre leur présence militaire partout dans le monde, y compris à proximité de la Russie. Pour l'OTAN, cela représente un risque en plus…De nombreux pays de l'OTAN sont mécontents de cela, dont les Allemands et les Français. »

Klimov a nommé cet accord « un pas en arrière vers la Guerre Froide. »

La Réponse russe

Le projet étasunien de déploiement d'un radar en République Tchèque et dix intercepteurs de missiles dans le Nord de la Pologne comme faisant partie d'un bouclier anti-missile contrôlé par les États-Unis pour l'Europe et l'Amérique du Nord, a été vendu officiellement avec l'argument fallacieux que c'est contre de possibles attaques d'« états voyous » dont l'Iran. Au printemps dernier, le Président russe, Vladimir Poutine, a démontré le caractère superficiel de la propagande étasunienne en faisant une offre au Président Bush étonné, celle de l'utilisation par les États-Unis d'installations de radar russes louées en Azerbaïdjan à la frontière de l'Iran afin de bien mieux contrôler le lancement de missiles iraniens. L'Administration Bush a simplement ignoré l'offre, montrant par là que la véritable cible c'est la Russie et non des « états voyous comme l'Iran ». La Russie considère, à juste titre, le déploiement du bouclier anti-missile US comme une menace pour sa sécurité.

Le dernier accord polonais s'attire une réponse russe.

Des responsables russes avaient dit préalablement que Moscou pourrait déployer des missiles tactiques et des bombardiers stratégiques en Biélorussie et dans l'enclave la plus à l'ouest de la Russie celle de Kaliningrad si Washington réussissait dans ses plans d'implantation de bouclier antimissile en Europe. Moscou a également prévenu qu'il pourrait cibler la Pologne avec ses missiles.

La Russie discute également de la possibilité de mettre en orbite un système de missiles balistiques en réponse aux plans étasuniens de système de défense anti-missile pour l'Europe Centrale, selon un expert militaire russe de haut niveau.

« Un programme pourrait être appliqué pour créer des missiles balistiques mis en orbite, capables d'atteindre le territoire des États-Unis via le Pôle Sud, contournant les bases de défense aériennes US, » a dit le général Viktor Yesin, ancien chef d'état major des forces stratégiques russes de missiles, actu