Sérieuse confrontation Etats-Unis – Israël en vue ?

La confrontation USA-Israël : jusqu’au nucléaire (israélien) ?

 

Les indications concernant une perspective d’affrontement très sérieux entre les USA et Israël continuent à apparaître dans divers commentaires. On a déjà vu l’un des commentaires de Wayne Madsen (1) concernant Dennis Ross (2). L’information de Madsen semble clairement se confirmer, non par d’autres appréciations, mais par des faits sur le fonctionnement du département d’Etat (absence de Ross à la dernière réunion “5+1” sur le nucléaire iranien). Cela donne du crédit aux informations de Madsen dans ce domaine.

Le même Madsen, sur OnLine Journal le 13 avril 2009, donne des précisions beaucoup plus générales, qui fixent la potentialité fondamentale de cet affrontement. Le crédit de Madsen semble concerner des sources extrêmement précises au département d’Etat, lequel s’avère très actif dans cette nouvelle orientation. Pour autant, et c’est un signe particulièrement significatif, les autres centres de pouvoir de l’administration Obama, le NSC (National  Sécurity  Counsil), le vice-président Biden, voire le Pentagone et même la CIA, semblent suivre cette même ligne. Ce qui se dessine est une sorte de “révolte silencieuse” générale de la bureaucratie de sécurité nationale contre l’omniprésence et l’omnipotence de l’influence d’Israël dans la politique US durant les années GW Bush.

Plusieurs éléments ponctuels, outre l’arrivée de l’administration Obama bien sûr, expliquent cette évolution éventuelle.

  • La transformation du Lobby (le lobby pro-israélien) (3) en une machinerie d’extrême-droite directement sous l’influence du ministre des Affaires étrangères Lieberman (4). Cela rejoint l’appréciation de l’ambassadeur Freeman, dont le départ a mis au jour d’une façon quasiment officielle l’influence du Lobby. Commentant sa déclaration de renonciation à son poste de président du National Intelligence Council, Freeman avait déclaré que sa seule faute dans cette déclaration avait été de parler de Lobby pro-Israël, et non de ce qu’il est, le Lobby pro-Lieberman.

«State Department sources are now convinced that what has been called the “Israel Lobby” in Washington will soon morph into an even more problematic “Likud/Lieberman Lobby” that will push a pro-war and pro-settler policy within the Congress and the Barack Obama administration. This new and more aggressive lobby will particularly use its control over Representatives Steve Israel (D-NY) and Mark Kirk (R-IL), as well as Senator Charles Schumer (D-NY), to ensure that Israel’s new policies are conveyed to and acted upon by White House Chief of Staff Rahm Emanuel and Obama senior policy adviser David Axelrod.»

(NDT – Les sources au Département d’Etat sont désormais convaincues que ce qu’on appelait à Washington le "Lobby israélien" se transformera sous peu en un "Lobby Likoud/Lieberman" bien plus problématique, ce qui provoquera une politique de pro-guerre et de pro-colon au sein du Congrès et de l’administration Obama. Ce nouveau lobby, plus agressif, exercera plus particulièrement son contrôle sur les députés Steve Israel (D-NY) et Mark Kirk (R-IL) tout comme sur le sénateur Charles Schumer (D-NY) afin de s’assurer que la nouvelle politique d’Israël soit transmise et appliquée à la Maison-Blanche par le Secrétaire général Rahm Emanuel et le Conseiller en chef David Axelrod. – Traduction : apetimedia)

  • Ce même Lieberman est vu par les sources de Wadsen au département d’Etat comme un homme extrêmement dangereux qui représente un potentiel de très grave danger pour la politique US : «The new Likud/Yisrael Beiteinu government of Israel is pushing an agenda that runs counter to longstanding U.S. policies in the Middle East. Yisrael Beiteinu party Chairman Avigdor Lieberman, the new Israeli foreign minister, is seen by one State Department source as an “Eastern European fascist who practices racism.”»

(NDT – " Le nouveau gouvernement israelien de Beiteinu Likoud/Israël incite à mettre les compteurs en marche pour une politique durable au Moyen-Orient.  Une source au Département d’Etat considère Avigdor Lieberman, président du parti Yisrael Beiteinu, nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, comme un fasciste de l’Europe de l’Est raciste." – Traduction : apetimedia)

Les deux points que Madsen considère comme des points d’affrontements extrêmement explosifs sont la question du Hamas et la question nucléaire, – mais, surtout, la question du nucléaire israélien…

• Sur la question du Hamas, les sources de Madsen jugent que les USA vont être nécessairement conduits à établir un dialogue avec le Hamas comme seule force représentative sérieuse des Palestiniens. La politique d’Obama des deux Etats conduit à cette évolution. Cette même évolution conduirait même à modifier complètement l’appréciation US du Hezbollah :

«…The term of Palestinian President Mahmoud Abbas has elapsed and actual legitimate power in Palestine belongs to Hamas. This political fact means that the United States has no choice but to talk directly to Hamas.

»There is also the issue of Hamas being a party that favors the ballot box over traditional Middle East power grabs, whether they are by princes, generals, religious figures, or plain thugs. According to State Department sources, Hamas has even lectured Lebanon’s Hezbollah, which they claim in the past was generally opposed to achieving power through elections in Lebanon, to become more democratic. That change has occurred, according to the sources, with Hezbollah now fully engaged in the democratic process.»

 (NDT – "Le temps accordé au Président palestinien Mahmoud Abbas est écoulé; en Palestine, le pouvoir légitime  appartient désormais au Hamas. Ce fait politique signifie que les Etats-Unis n’ont d’autre choix que de traiter directement avec le Hamas. Le fait que les urnes favorisent le parti Hamas au-delà des traditionnelles luttes de pouvoir au Moyen-Orient, que ce soit par des princes, des généraux, des personnalités religieuses ou de simples brutes est problématique. Selon des sources au Département d’Etat, le Hamas a même sermonné Le Hezbollah libanais, dont on affirmait par le passé qu’il était opposé à la prise du pouvoir par (le biais) des élections au Liban, pour devenir plus démocratique. Selon les sources, ce changement s’est produit : le Hezbollah est totalement engagé dans le processus démocratique." – Traduction : apetimedia)

  • Le deuxième point d’affrontement est absolument explosif. Il concerne les questions, liées entre elles, du nucléaire iranien, de la solution recherchée pour résoudre ce problème, avec l’hypothèse que cette solution serait d’une façon ultime l’établissement d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient. Cela signifie une attaque directe contre l’arsenal nucléaire de 200 têtes d’Israël. Nous mettons en exergue une phrase d’une source de Madsen, qui met en évidence la simplicité explosive du problème telle que certains la voient au département d’Etat.

«Another confrontation that looms between the United States and Israel concerns Israel’s 200 nuclear weapons. With the United States engaged in direct nuclear talks with Iran and Saudi Arabia calling for an international regime to supply nuclear fuel for power plants along with safeguards that such technology cannot be converted to weapons development, there is also the likelihood that there will be a major push to create in the Middle East a nuclear-free zone. If the United States buys into such a plan, it will mean Israel will have to dismantle its nuclear arsenal. Given what State Department officials describe as Israel’s suicidal “Masada complex,” such a plan will be next to impossible to enact given the current drift of Israel to more theocratic and right-wing rule. As one State Department source put it, “We cannot address the Iranian nuclear program without addressing the Israeli nuclear weapons program.”»

(NDT – "Une autre confrontation imminente entre les Etats-Unis et Israël concerne les 200 armes nucléaires israeliennes. Les Etats-Unis négociant  à propos du nucléaire avec l’Iran et l’Arabie saoudite appellent à un régime international  qui fournirait du combustible nucléaire aux centrales avec des garanties qu’une telle technologie ne pourrait être convertie pour développer des armes; il est aussi fort probable que l’on veuille créer une zone dénucléarisée au Moyen-Orient. Si les Etats-Unis s’investissent dans un tel programme, cela signifie qu’Israël devra démanteler son arsenal nucléaire. Selon ce que décrit une source au Département d’Etat comme étant " le complexe Masada" suicidaire israélien, un tel programme sera presque impossible à mettre en place à cause du courant général en Israël qui appelle à plus de règlements théocratiques et de l’aile droite. Comme l’a avancé une source du Département d’Etat, "On ne peut parler du programme nucléaire iranien sans parler du programme d’armes nucléaires israélien.")

  • Enfin, un autre aspect des tensions américano-israéliennes en train de se développer concerne les rapports entre les services de renseignement. Jusqu’ici, l’aspect déséquilibré et polémique de ces relations, avec le comportement souvent manœuvrier et trompeur du Mossad vis-à-vis de la CIA, a toujours été occulté (bien qu’un certain nombre d’agents du Mossad, ou sympathisants, aient été poursuivis pour espionnage des matières de sécurité nationale US). Madsen semble avancer que cette situation pourrait bien ne plus durer.

«U.S. intelligence officials are also prepared to stop considering intelligence that comes to the CIA and other agencies from Mossad and other Israeli intelligence elements. The new team taking over at the Directorate of National Intelligence and the CIA are acutely aware that the Israelis have, as one insider put it, ”a long history of deceptive dissemination of disinformation” to U.S. intelligence officials, adding that while some foreign sources have “inadvertently provided bad intelligence, Israel has been deliberately dishonest.”»

(NDT – "Les officiels du Renseignement sont également préparés à interrompre (leurs services) en considération des renseignements qui parviennent du Mossad et d’autres éléments du renseignement israéliens, à la CIA et à d’autres agences. La nouvelle équipe qui prend place au sein du Directorat du Renseignement National et à la CIA est consciente que les Israéliens ont une longue histoire de diffusion d’infos mensongères aux officiels du Renseignement américain; tandis que des sources étrangères ont donné de mauvais renseignements par inadvertance, Israël a été délibérément malhonnête.")

Source : dedefensa.org Traduction : apetimedia pour ReOpenNews (1) Wayne Madsen : écrivain, chroniqueur et  journaliste d’investigation basé à Washington. (2) Dennis Ross : auteur américain, homme politique démocrate, ce qui ne l’a pas empêché de travailler avec George Herbert Walker Bush;  a participé à l’acccord intermédiaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza en 1995 ainsi qu’ au Protocole d’Hebron  en 1997. A favorisé le Traité de paix israéélo-jordanien tout comme le dialogue entre Israël et la Syrie (3) Voir à ce propos l’article de ReopenNews (4) Joseph I. Lieberman : sénateur démocrate, un faucon, partisan de la guerre en Afghanistan et en Irak, refuse le retrait des troupes en Irak. Surnommé le "chien-chien du Présdent G. W. Bush. En 2006, crée son propre parti, siège au Congrès en tant qu’indépendant. Fervant soutien du Républicain J. McCain, critique ouvertement Obama.


Articles connexes : 

 

  • Israël-USA. Un ami mais aussi un voyeur / geostratégie.com 
  • Israël, BHO et le biais nucléaire  / dedefensa.org
  • BMDE : retour à la logique des arrangements de la Guerre froide ? / dedefensa.org
  • L’équipe d’Obama réalise une grande opération contre les forces du Mossad aux Etats Unis / Mecanopolis.org

A voir :

Déclaration de Charles Freeman après son désistement d’un poste aux Renseignements US

Diplomate chevronné, Charles Freeman s’est désisté de son poste mardi. Il venait d’être pressenti pour la Présidence du Conseil  des services de renseignements américains par le Directeur du Renseignement National dans la nouvelle administration Obama. Désormais libéré de toute fonction officielle, il clame au danger en soutenant que l’existence même de l’Etat d’Israel est menacée, que la sécurité des pays voisins tout comme celle des Etats-Unis est remise en cause. Par qui ?

Selon Freeman, un "puissant lobby" bâillonne de façon perverse toute tentative d’information sur la situation et les enjeux réels au Moyen Orient. Ce lobby impose ses options au gouvernement américain. Les décideurs politiques, sous peine d’être discrètement évincés du pouvoir, se voient contraints de soumettre leur conduite aux intérêts de cette puissance.

Charles Freeman, pourtant au meilleur poste d’observation de par ses fonctions, rodé aux arcanes de la politique, s’avoue vaincu. Ayant fait l’objet d’attaques diffamatoires, las de ces pressions, il ne souhaite plus oeuvrer pour un gouvernement qu’il sent impuissant car maintenu sous contrôle. Freeman renonce à son poste pour retourner définitivement à la vie civile sans omettre de dénoncer ce contre pouvoir dans l’ombre qu’il identifie en le nommant : le "Lobby israélien." Voici le texte de sa déclaration.

Avertissement : il est hors de question ici de faire l’amalgame entre la population israélienne et ceux qui tirent les ficelles dans les hautes sphères du pouvoir. Aussi, toute notion relative à l’antisémitisme est formellement à écarter car ce n’est ni l’intention ni l’objet de cet article qui rapporte un témoignage.

Charles Freeman

À ceux qui m’ont soutenu et encouragé pendant la polémique de ces deux dernières semaines : vous avez ma gratitude et mon respect.

Vous avez pris connaissance de la déclaration du directeur du Renseignement national, Dennis Blair, disant que je suis revenu sur ma précédente acceptation de son invitation à la présidence de la National Intelligence Council.

J’en ai conclu que le déluge de déformations calomnieuses de mes antécédents ne cesserait pas avec ma prise de fonction. Au lieu de cela, les efforts déployés pour me salir et de détruire ma crédibilité continueraient.

Je ne crois pas que le National Intelligence Council puisse fonctionner de manière efficace si son président fait l’objet d’attaques constantes venant de personnes peu scrupuleuses et dotées d’un solide attachement aux opinions d’une faction politique dans un pays étranger. J’ai accepté de présider le NIC pour le renforcer et le protéger contre toute politisation, et non pour le soumettre aux efforts déployés par un groupe d’intérêt particulier désirant imposer son contrôle à travers une longue campagne politique.

Comme le savent ceux qui me connaissent, j’ai beaucoup aimé la vie depuis que je me suis retiré du gouvernement. Rien n’est plus éloigné de ma pensée que le retour au service public.

Lorsque l’amiral Blair m’a demandé de présider le NIC, j’ai répondu que je comprenais qu’il "me demandait de donner ma liberté d’expression, mes loisirs, la plus grande partie de mes revenus, de me soumettre à la coloscopie mentale d’un polygraphe, et de reprendre un travail quotidien avec de longues heures de travail et une ration quotidienne de mauvais traitements politiques".
J’ai ajouté que je me demandais «s’il n’y avait pas une sorte d’inconvénient à cette offre." J’étais conscient du fait que personne n’est indispensable, je ne suis pas une exception.

Il m’a fallu des semaines de réflexion avant de conclure qu’étant donné la situation difficile sans précédent dans laquelle se trouve actuellement notre pays à l’étranger et au niveau interne, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter l’appel au retour dans le service public.
J’ai alors démissionné de tous les postes que j’occupais et de toutes les activités dans lesquelles j’étais engagé. J’attends maintenant avec impatience de revenir à la vie privée, libre de toutes mes obligations antérieures.

Je ne suis pas assez prétentieux pour croire que cette polémique me concernait directement et non des questions de politique publique. Ces questions n’ont pas grand-chose à voir avec le NIC et ne sont pas au cœur de ce que j’espérais faire pour contribuer à la qualité de l’analyse mise à la disposition du président Obama et de son administration.

Pourtant, je suis attristé par ce qu’ont révélé au sujet de l’état de notre société civile la polémique et les critiques publiques au vitriol de ceux qui se sont consacrés à l’entretenir. Il est évident que nous, les Américains ne pouvons plus avoir une sérieuse discussion publique ou un jugement indépendant sur les questions de grande importance pour notre pays, tout comme nos alliés et amis.

Les diffamations me concernant et leurs pistes d’emails facilement traçables montrent de façon certaine qu’un puissant lobby  est déterminé à empêcher que soit diffusé toute opinion autre que la sienne, et encore moins de laisser les Américains comprendre les tendances et les événements au Moyen-Orient.

La stratégie du Lobby Israélien touche le fond du déshonneur et de l’indécence et comprend la diffamation, les citations sélectives inexactes, la déformation volontaire d’un dossier, la fabrication de mensonges, et un total mépris de la vérité. L’objectif de ce lobby est le contrôle du processus politique par l’exercice d’un droit de veto sur la nomination des personnes qui contestent le bien-fondé de son point de vue, la substitution d’une justesse politique de l’analyse, et l’exclusion de toutes les options pour la prise de décisions par les Américains et notre gouvernement autres que celles qu’il favorise.

C’est particulièrement ironique d’être accusé d’égards déplacés pour des opinions au sujet de sociétés et de gouvernements étrangers par un groupe ayant aussi clairement l’intention de faire appliquer une adhésion à la politique d’un gouvernement étranger – dans ce cas, le gouvernement d’Israël.

Je pense que l’incapacité de l’opinion publique américaine à débattre, ou du gouvernement à examiner toute option de politique américaine au Moyen-Orient opposée à la faction au pouvoir en Israël a permis à cette faction d’adopter et de maintenir des politiques qui à terme menacent l’existence de l’État d’Israël. Il est interdit à qui que ce soit aux États-Unis de le dire. Ce n’est pas seulement une tragédie pour les Israéliens et leurs voisins au Moyen-Orient, mais cela nuit de plus en plus à la sécurité nationale des États-Unis.

L’agitation scandaleuse qui a fait suite à la fuite concernant ma nomination imminente sera considérée par beaucoup comme soulevant de graves questions quant au fait de savoir si l’administration Obama sera en mesure de prendre ses propres décisions sur le Moyen-Orient et les questions liées. Je regrette que ma volonté de servir dans la nouvelle administration ait fini par jeter le doute sur sa capacité à examiner, sans parler de décider quelles politiques pourraient le mieux servir les intérêts des États-Unis au lieu de ceux d’un Lobby ayant l’intention de faire respecter la volonté et des intérêts d’un gouvernement étranger.

Devant le tribunal de l’opinion publique, contrairement à une cour de justice, on est coupable jusqu’à preuve du contraire. Les allocutions d’où des citations ont été tirées hors de leur contexte sont disponibles pour tous ceux qui sont intéressés par la lecture de la vérité. L’injustice des accusations portées contre moi est évidente pour ceux qui ont l’esprit ouvert. Ceux qui ont cherché à attaquer ma personne ne sont pas intéressés par les réfutations que je ou quelqu’un d’autre pourrait faire.

Néanmoins, pour le dossier : je n’ai jamais cherché à être payé ou accepté le paiement d’un gouvernement étranger, que ce soit l’Arabie Saoudite ou la Chine, contre tout service, je n’ai jamais parlé au nom d’un gouvernement étranger, de ses intérêts, ou de ses politiques. Je n’ai jamais fait pression sur n’importe quelle agence de notre gouvernement pour une raison quelconque, étrangère ou nationale.

Je suis moi-même, personne d’autre, et à mon retour dans la vie privée, je servirai une fois de plus – et à mon grand plaisir – personne d’autre que moi. Je vais continuer à m’exprimer comme je le voudrai sur des sujets qui me préoccupent, moi ainsi que d’autres Américains.

Je garde mon respect et ma confiance dans le président Obama et DNI Blair. Notre pays doit maintenant faire face à de terribles défis à l’étranger comme au niveau national. Comme tous les Américains patriotes, je continue de prier pour que notre président puisse nous aider à les surmonter.

Source : http://online.wsj.com/, traduit par MG pour ISM

 


Suite de l’affaire : Affaire Freeman : le Lobby israélien vacille publié sur le réseau Voltaire

Articles connexes :

A lire  : Le lobby pro-israélien  et la politique étrangère américaine de John Mearsheimer et Stephen Martin Walt / ed. traduite la découverte (2007)

A voir : Chomsky & Cie (long métrage); vidéos sur Dailymotion : le lobby sioniste

A écouter : une série d’émissions audio sur les Etats-Unis, le lobby pro-israélien , dont une intervention d’Obama à l’AIPAC (intervenants américains, interprètes français)

 

Le présumé pilote kamikaze du vol 93 avait-il un lien avec le Mossad?

Le présumé pilote kamikaze du vol 93 qui s’est crashé en Pennsylvanie le 11 septembre était, selon le FBI, le Libanais Ziad Al-Jarrah. Originaire de la vallée de la Bekaa, l’homme était connu pour aimer la bière et les femmes, loin de l’image du fondamentaliste donnée par le gouvernement américain.


Ziad Al-Jarra avec Mohamed Atta

Dans la famille Al-Jarrah, on retrouve ses cousins Ali al-Jarrah et Yusuf Al-Jarrah…

Quelle importance, direz-vous ?

Ali et Yusuf Al-Jarrah seraient des agents du Mossad. Ils ont été arrêtés en octobre 2008 par la police libanaise. Selon les services de sécurité libanais, le clan Al-Jarrah était le réseau d’espionnage israélien le plus performant depuis vingt ans.

C’est le journal israélien JERUSALEM POST qui reprend l’information du quotidien libanais Daily Star selon laquelle les agents du Mossad sont de la même famille que le kamikaze du 11 septembre :


Un "espion du Mossad" lié à l’assassinat de Mughniyeh

JERUSALEM POST, le 3 novembre 2008

Selon un article du quotidien libanais en langue anglaise le Daily Star de lundi dernier, les autorités libanaises enquêtent sur la possibilité qu’un citoyen libanais arrêté parce que soupçonné d’espionnage en faveur d’Israël, serait impliqué dans l’assassinat d’Imad Mughniyeh, le chef terroriste du Hezbollah.

Le quotidien libanais Al Akhbar révèle que le nom du suspect était Ali Jarrah, et rapporte qu’il a été arrêté dans le sud de Beyrouth après que l’on ait découvert qu’il suivait des personnalités du Hezbollah. Jarrah a confessé son implication dans les crimes qui lui sont attribués, rapporte le journal. Des sources menant l’enquête affirment que Jarrah a été recruté par le Mossad au milieu des années 1980 et était chargé de récolter des informations sur les organisations palestiniennes au Liban et en Syrie.

Le Jerusalem Post n’a pas pu confirmer ces informations de manière indépendante.

Le Mossad, rapportent les sources, a équipé Jarrah avec du matériel technologique avancé destinés à tracer les dirigeants du Hezbollah.

Le rapport ajoute que le frère de Jarrah, Youssouf, est suspecté d’avoir aidé son frère et arrêté de même. Le Daily Star cite une source des services de sécurité affirmant que les frères Jarrah étaient parents avec Ziad Jarrah, le Libanais qui faisait partie des kamikazes du vol UA93, lequel s’est écrasé en Pennsylvanie le 11 septembre 2001.

Traduit de l’anglais par Hubert H., version originale ici: http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1225199636945&pagename=JPost/JPArticle/ShowFull)

Israël face à la conscience des peuples

Alors que jeudi, un hôpital de Gaza a été touché par les bombardements israëliens et que les médecins français présents sur place crient au scandale humanitaire, la plupart des médias continuent à présenter le déchainement de violence que subit la population palestinienne comme la conséquence d’une guerre aux torts partagés.

Des voix courageuses s’élèvent heureusement contre cette propagande, comme en témoigne la déclaration de l’euro-député Giuletto Chiesa jeudi devant le parlement européen :

Giulietto Chiesa (PSE italien) a interpelé l’assemblée en rappelant « qu’un grand personnage antifasciste italien, Pierre Gobetti, avait déclaré que lorsque la vérité est d’un seul côté, le fait de s’en tenir à un jugement de Salomon [partage les torts entre deux parties – NdT] revient à adopter une position partisane », et « c’est ce qui se produit ces jours-ci à Gaza ». Mr Chiesa a déclaré souhaiter que le Parlement « trouve les mots justes afin de stopper Israël », dans la mesure où « s’il ne le fait pas, il se couvrira de honte face à l’histoire, face aux Palestiniens et à l’opinion publique européenne et du monde arabe ». « Israël est en train de bombarder et de décimer un ghetto », a-t-il dit, ajoutant que « les fils de ceux qui furent exterminés sont devenus des exterminateurs ». Et pour cette raison, « nous n’avons pas d’excuses et la justification du droit d’Israël à la sécurité ne vaut pas », car « chacun, s’il le veut, peut se rendre compte que personne n’est en mesure de menacer la sécurité et l’existence d’Israël ». Ceci est prouvé par le « déséquilibre des forces en présence », « par le bilan des morts et des blessés » et par le soutien « que l’Occident continue d’apporter à Israël ». « Ce carnage – a-t-il conclu – n’a d’autre but que celui d’empêcher la création d’un État palestinien, c’est comme cela qu’on tue la paix, et c’est pour cela qu’il faut stopper Israël »

Uri Avnery, homme politique engagé de la gauche israëlienne, dénonce également, dans l’article que nous reproduisons-ci-dessous, la propagande déployée par l’armée israëlienne et reprise par les grands médias occidentaux pour tenter de justifier l’injustifiable aux yeux de l’opinion publique internationale.


Israël face à la conscience des peuples

Voilà près de soixante-dix ans, lors de la seconde guerre mondiale, un crime affreux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, un gang d’extrémistes appelé « l’Armée Rouge » a pris en otage des millions d’habitants, provoquant depuis les zones habitées les représailles de la Wehrmarcht. Les Allemands n’eurent d’autre choix que de bombarder et pilonner la population et d’imposer un blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps auparavant, un crime semblable avait été commis en Angleterre. Le gang Churchill, se dissimulant au sein de la population de Londres, utilisait sans vergogne des millions de citoyens en tant que bouclier humain. Les Allemands ont été obligés d’envoyer la Luftwaffe et furent malgré leurs réticences contraints de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

Tels sont les récits que l’ont lirait aujourd’hui dans les livres d’histoire – si les Allemands avaient gagné la guerre.

Absurde ? Pas plus que les compte rendus publiés quotidiennement dans nos médias qui répètent ad nauseam : les terroristes du Hamas qui prennent les habitants de Gaza comme « otages » et utilisent les femmes et les enfants comme « boucliers humains, » ne nous laissent pas d’autre choix que de recourir à des bombardements massifs pendant lesquels, à notre grande tristesse, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes sans armes ont été tués et des blessés.

Dans cette guerre, comme dans toute guerre, la propagande joue un rôle majeur. La disparité des forces entre l’armée israélienne – avec ses avions, hélicoptères, drones, navires de guerre, son l’artillerie et ses chars – et les quelques milliers de combattants du Hamas pourvus d’armes légères, est de l’ordre de un pour mille, peut-être de un pour un million. Dans le domaine du politique, cet écart est encore plus grand. Mais dans la guerre de propagande, il est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont d’abord répété la version de la propagande israélienne officielle. Ils ont presque entièrement ignoré celle de la partie palestinienne, tout comme les manifestations quotidiennes organisées par les pacifistes israéliens. La justification avancée par le gouvernement israélien (« L’Etat doit défendre ses citoyens contre les roquettes Qassam ») a été acceptée comme l’entière vérité. Le point de vue de l’autre camp, affirmant que les Qassams sont des représailles contre un siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a absolument pas été mentionné.

Ce n’est que lorsque les horribles scènes en provenance de la bande de Gaza ont commencé à apparaître sur les écrans des télévision occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à évoluer peu à peu.

Certes, l’occident et les chaînes de télévision israélienne n’ont montré qu’une infime partie seulement des terribles événements qui sont rapportés chaque jour, 24 heures sur 24, sur la chaîne arabe Al Jazeera, mais l’image d’un bébé mort dans les bras de son père terrifié est plus marquante que mille phrases élégamment tournées d’un porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif, en dernier ressort.

La guerre – toute guerre – est le royaume du mensonge. Qu’on appelle cela propagande ou guerre psychologique, tout le monde admet qu’il faille mentir pour le bien son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être qualifié de traître.

Le problème posé par cette attitude provient du fait que cette propagande est plus convaincante pour le propagandiste lui-même que pour autrui. Et lorsqu’on se convainc soi-même que le mensonge est la vérité, que la falsification est la réalité, on n’est plus à même de prendre des décisions rationnelles.

Un exemple de ce processus est donné par la plus choquante atrocité de cette guerre jusqu’à présent : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura, située dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Immédiatement après que cet évènement ait été connu dans le monde entier, l’armée a « révélé » que les combattants du Hamas avaient tiré au mortier près de l’entrée de l’école. Comme preuve, ils ont publié une photo aérienne montrant en effet l’école et le mortier. Mais rapidement, le « menteur officiel » de l’armée a dû admettre que cette photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Plus tard, ce menteur officiel a affirmé que « nos soldats ont essuyé des tirs depuis l’intérieur de l’école ». Il s’est passé moins d’un jour avant que l’armée ne doive admettre devant le personnel de l’ONU qui c’était également un mensonge. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, aucun combattant du Hamas ne se trouvait à l’intérieur de l’école, qui était remplie de réfugiés terrorisés.

Mais cet aveu importe peu désormais. Entre temps, l’opinion publique israélienne a été convaincue qu’« ils ont tiré depuis l’intérieur de l’école », et les speakers de la TV le mentionnaient simplement comme un fait.

Il en est allé de même concernant les autres atrocités. Chaque bébé se métamorphose, lors de sa mort, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commandement du terrorisme, tout bâtiment du gouvernement civil un « symbole du pouvoir du Hamas ». Et ainsi l’armée israélienne peut garder sa pureté, sa réputation « d’armée la plus morale au monde ».

La vérité, c’est que ces atrocités sont le résultat direct du plan de bataille. Cela reflète la personnalité d’Ehud Barak – un homme dont le mode de pensée et d’action sont l’indice manifeste de ce qu’on appelle « la démence morale »( moral insanity], une maladie qui relève de la sociopathie.

Le véritable objectif de cette opération (outre le fait de gagner des sièges lors des prochaines élections) est de mettre un terme au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’esprit de ses planificateurs, le Hamas est perçu comme un envahisseur qui aurait pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est, bien entendu, tout à fait différente.

Le mouvement Hamas a remporté la majorité des votes dans les élections éminemment démocratiques qui ont été tenues en Cisjordanie, Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens en étaient venus à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien permis d’obtenir de la part d’Israël – ni un gel des colonies, ni la libération des prisonniers, ni les mesures importantes qui auraient rapproché de la fin de l’occupation et de la création de l’Etat palestinien. Le Hamas est profondément ancré dans la population – non seulement en tant que mouvement de résistance, de lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le Groupe Stern le furent par le passé – mais aussi en tant qu’organisation politique et religieuse qui fournit des services sociaux, éducatifs et médicaux.

Du point de vue de la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils de chaque famille vivant dans la bande de Gaza et dans les autres territoires palestinien. Ils ne sont pas « cachés derrière la population », mais au contraire la population les considère comme ses seuls défenseurs.

Par conséquent, l’ensemble de cette opération est basée sur des hypothèses erronées. Faire de sa vie un enfer ne conduira pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à se rassembler derrière lui et renforcera sa détermination à ne pas se rendre. La population de Leningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens se dressèrent contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre de mener une telle guerre, avec de telles méthodes, dans une zone densément peuplée, sait qu’il provoquera d’horribles massacres de civils. Apparemment, cela ne l’a pas effleuré. Ou alors il a estimé qu’ « ils allaient changer leurs façons de faire » et que « cela se graverait dans leur conscience », de sorte que, dans l’avenir, ils n’oseront plus résister à Israël.

L’une des plus grandes priorité pour les planificateurs est la nécessité de minimiser les pertes parmi les soldats, sachant que le sentiment d’une grande partie de l’opinion publique favorable à la guerre serait différent si des pertes apparaissaient. C’est ce qui s’est passé durant la première et la seconde guerre du Liban.

Cette préoccupation a joué un rôle particulièrement important car cette guerre en sa totalité fait partie de la campagne électorale. Ehud Barak, qui a gagné en popularité dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que sa cote s’effondrerait si des images de soldats morts occupaient les écrans de télévision.

Par conséquent, une nouvelle doctrine a été appliquée : éviter les pertes parmi les soldats en pratiquant la destruction totale sur leur passage. Les planificateurs ne sont pas seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour épargner un soldat israélien, comme cela s’est déjà produit, mais 800. La prévention des pertes de notre côté est la première règle, et elle est à l’origine du nombre record de victimes civiles dans l’autre camp.

Cela s’est traduit par le choix conscient d’un type de guerre particulièrement cruel – qui est aussi son talon d’Achille.

Une homme sans imagination comme Barak (son slogan électoral est « Pas un chic type, mais un dirigeant ») ne peut pas se représenter comment les gens sensés dans le monde entier réagissent face à des actes comme le meurtre de toute une famille élargie, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, et aux rangées de linceuls blancs de garçons et de filles avant leur l’enterrement, aux compte rendus sur des victimes qui se vident de leur sang durant des jours avant de mourir parce que les ambulances ne sont pas autorisées à les secourir, au meurtre de médecins et d’infirmiers qui tentaient de porter secours aux blessés, à l’assassinat de conducteurs des camions de vivres de l’ONU. Les photos des hôpitaux avec les morts, les mourants et les blessés allongés à même le sol par manque de place, ont choqué le monde entier. Aucun argument n’a de force à côté de l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur et criant : « Maman ! Maman ! »

Les planificateurs ont pensé qu’ils pourraient empêcher le monde de voir ces images en interdisant à la presse de couvrir les évènements. Les journalistes israéliens – pour leur honte – ont accepté de se satisfaire des communiqués et des photos fournies par le porte-parole de l’armée de terre, comme s’il s’agissait d’informations authentiques, tout en restant eux mêmes à des kilomètres de ces événements. Les journalistes étrangers n’ont pas été autorisés à travailler non plus, jusqu’à ce qu’ils aient protesté et ont alors été emmené en visites rapides et supervisées, organisées pour des groupes sélectionnés. Mais dans une guerre moderne, de telles images fabriquées et aseptisées ne parviennent pas à exclure du champ toutes les autres. Les caméras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au coeur de l’enfer, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazeera diffuse en permanence des images qui sont reçues dans chaque foyer.

LA BATAILLE pour les écrans de télévision est l’une des batailles décisives de cette guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans, du Nigeria à l’Indonésie voient ces images d’horreur. Cela a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs voient les dirigeants de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Autorité Palestinienne comme des collaborateurs d’Israël et de ces atrocités commises à l’encontre de leurs frères palestiniens.

Les services de sécurité des régimes arabes voient apparaître un dangereux ferment dans ces peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé en raison de sa fermeture du point de passage de Rafah face à des réfugiés au visage terrifié, a commencé à faire pression sur les décideurs de Washington qui jusqu’à présent avaient bloqué tous les appels à un cessez-le-feu. Ils commencent à comprendre que cela représente une menace vitale pour les intérêts américains dans le monde arabe et ont subitement changé d’attitude – ce qui a provoqué la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les personnes atteintes de « démence morale » ne sont pas vraiment à même de comprendre les motivations des gens normaux et doivent donc tenter de deviner quelles seront leurs réactions. « De combien de divisions dispose le pape ? » se moquait Staline. « De combien de divisions dispose la conscience des peuples ? » doit sans doute se demander Ehud Barak.

En fait, elles existent. Elles ne sont pas très nombreuses. Pas très rapide à réagir. Pas très fortes et organisées. Mais à un certain moment, avec le déferlement des atrocités et les manifestations de masse, cela peut décider de l’issue d’une guerre.

L’ECHEC à comprendre la nature du Hamas, a induit une incapacité à comprendre quels seraient les résultats prévisibles de cette guerre. Non seulement Israël est incapable de la gagner, mais le Hamas ne peut pas la perdre.

Même si l’armée israélienne réussissait à tuer les membres du Hamas jusqu’au dernier combattant, le Hamas serait tout de même victorieux. Les combattants du Hamas seraient considérés comme des exemples pour la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des modèles à imiter pour chaque jeune du monde arabe. La Cisjordanie tomberait entre les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah se noierait dans un océan de mépris, et les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.

Si à la fin de la guerre le Hamas est encore debout, ensanglanté, mais invaincu, en face de la puissante machine militaire israélienne, cela apparaîtra comme une victoire fantastique, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui va se graver dans la conscience mondiale, ce sera l’image d’Israël vu comme un monstre taché de sang, prêt à tout moment à commettre des crimes de guerre et non pas à faire preuve de retenue en respectant la morale. Cela aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre position dans le monde, nos chances de parvenir à la paix et à la tranquillité.

En fin de compte, cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël.

Par Uri Avnery, 10 janvier 2009
Publication originale Gush Shalom, traduction Contre Info


Uri Avnery (ou Uri Avneri) (de son nom de naissance Helmut Ostermann) est un écrivain et journaliste israélien né le 10 septembre 1923 à Beckum (Westphalie, Allemagne). Surtout connu pour être un militant des droits des palestiniens et pacifiste convaincu, il appartient à une tendance de la gauche israélienne [...] Il est cofondateur de Gush Shalom, (en français Bloc de la Paix), mouvement israélien qui milite pour la paix et en vue de la création d’un État palestinien. Gush Shalom est sur ce point en accord avec Shalom Archav (en français La Paix maintenant), un mouvement prônant un retour aux frontières de 1967 de la part d’Israël, la partition de Jérusalem et la création d’un État palestinien distinct d’Israël au côté de celui-ci sous le slogan de "Deux peuples, deux états".

Israël demande aux Etats-Unis l’autorisation d’attaquer l’Iran

La semaine dernière, le Guardian a confirmé qu’Israël envisageait sérieusement une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes au printemps dernier. Le journal a rapporté que lorsque le premier ministre israélien d’alors, Ehoud Olmert, avait soulevé la question en mai dernier  lors de la visite du président américain, George W Bush, en Israël, Bush avait opposé son veto.

Le spécialiste du Guardian pour le Moyen-Orient, Jonathan Steele, cite du personnel diplomatique de haut rang travaillant pour un chef de gouvernement européen et qui a rencontré Olmert quelque temps après la visite de Bush.

Selon les sources du Guardian, les discussions étaient  tellement sensibles qu’elles avaient dû être menées en privé et en l’absence de secrétaires. Ces sources disent qu’Olmert « a reçu (le refus du feu vert américain) comme étant la situation du moment et que la position américaine ne changerait vraisemblablement pas tant que Bush serait aux affaires ».

Il semble que le refus de Bush de cautionner une attaque contre l’Iran se fonde sur plusieurs facteurs. Tout d’abord les Etats-Unis craignaient qu’une telle attaque ne provoque une réplique de l’Iran, ce qui signifierait certainement une vague d’attaques contre le personnel militaire et civil en Irak, en Afghanistan et contre la flotte américaine basée dans le Golfe persique. Le gouvernement irakien à dominante chiite mis en place par les Etats-Unis, entretient des liens étroits avec Téhéran dont il dépend largement.

Deuxièmement, il est peu probable qu’une attaque aérienne israélienne, même avec des dizaines d’avions, réussisse à anéantir les installations nucléaires iraniennes, qui sont largement dispersées dans plusieurs lieux souterrains fortifiés qui sont dispersés de par le pays.

En plus, le chemin le plus court pour se rendre à Natanz, l’usine iranienne d’enrichissement d’uranium, est à plus de 1000 kilomètres d’Israël et impliquerait le survol de l’espace aérien irakien, contrôlé par les Américains. Il ne serait pas possible pour Israël de déclencher une telle attaque sans l’accord explicite des Américains.

Ceci mettrait les Américains dans l’impossibilité de démentir officiellement avoir eu connaissance de l’attaque. L’Iran aurait toutes les raisons de déduire la participation de Bush à un tel acte de guerre et cela conduirait l’Iran à riposter.

L’Iran a plusieurs fois déclaré que le pays se défendrait contre toute attaque sur ses installations nucléaires (dont elle continue à maintenir le caractère civil). Une attaque aérienne accélérerait le déclenchement d’une guerre à grande échelle, sortant largement du cadre de l’Iran et soulignant l’isolement croissant des Etats-Unis dans la région. Cela entraînerait des attaques du Hezbollah contre Israël et même des attaques terroristes sur le sol américain.

Un responsable a déclaré « Plus de dix années se sont écoulées depuis la dernière attaque terroriste du Hezbollah en dehors d’Israël, provoquant la mort de 85 personnes lors de l’attaque d’un bâtiment de l’association Argentine-Israël ». Il a ajouté : « Il y a une diaspora libanaise importante au Canada, au sein de laquelle il doit y avoir des sympathisants du Hezbollah. Il pourrait s’introduire aux Etats-Unis et y mener des actions. »

En niant que Bush ait refusé de donner son feu vert à Israël pour attaquer l’Iran lors de toutes leurs rencontres, l’attaché de presse d’Olmert n’a fait que confirmer ce que le Guardian avait avancé.

Le porte-parole du Conseil national de sécurité américain, Gordon Johndroe, a refusé de faire le moindre commentaire sur la teneur d’une conversation privée entre Bush et Olmert et il a précisé : « La position du président est qu’aucune option n’est à exclure, mais la diplomatie demeure notre priorité. »

Même s’il apparaît que Bush a mis son veto en privé aux intentions d’Israël d’attaquer l’Iran, il continue publiquement d’afficher une attitude belliqueuse envers l’Iran et rien n’indique qu’au moins pour le moment il ait exclu l’option militaire.

Le lendemain, dans son discours à la Knesset, Bush a dit aux députés : « L’Amérique se tient à vos côtés pour s’opposer fermement aux ambitions iraniennes d’acquérir l’arme nucléaire. Autoriser les principaux promoteurs du terrorisme mondial à posséder les armes les plus meurtrières au monde serait une trahison impardonnable envers les futures générations. Dans l’intérêt de la paix, le monde ne doit pas permettre à l’Iran d’avoir l’arme nucléaire. »

Les intentions israéliennes d’attaquer les installations nucléaires iraniennes n’ont pas du tout cessé, et ceci malgré le fait que 16 agences américaines de renseignement aient publié en décembre dernier un NIE (Estimation nationale de renseignement) longtemps ajourné qui concluait que Téhéran a mis fin depuis décembre 2003 à son programme d’armement atomique.

Les dirigeants politiques et militaires israéliens, qui considèrent l’Iran comme le principal rival d’Israël dans la région, ont rejeté le rapport du NIE et ont à plusieurs reprises voulu s’assurer que l’administration Bush « s’occuperait » de l’Iran avant de quitter le pouvoir.

Ces dirigeants veulent absolument garder leur suprématie militaire au Moyen-Orient et empêcher que l’Iran ou tout autre voisin n’ait la possibilité de maîtriser la technologie nucléaire leur permettant de produire des armes nucléaires. Ce n’est un secret pour personne qu’Israël possède un arsenal de plus de 200 missiles nucléaires. Afin de garder son monopole nucléaire, la classe dirigeante israélienne est tout à fait disposée à plonger toute la région dans la guerre par l’intermédiaire d’une attaque sans provocation préalable et criminelle contre l’Iran.

Des ministres chevronnés, dont Olmert en personne, en novembre dernier ont averti qu’Israël engagerait seul des actions militaires pour supprimer la « menace » posée par les installations nucléaires iraniennes. En septembre dernier, Israël avait détruit une cible syrienne désertée que Washington et Tel-Aviv prétendaient être une installation nucléaire construite par la Corée du Nord. Cette attaque n’avait pas suscité de condamnation internationale sérieuse et est considérée comme précurseur d’une attaque à venir contre l’Iran.

En avril dernier, le ministre de l’Aménagement du territoire, Benjamin Ben-Eliezer a menacé l’Iran de destruction complète si ce pays s’attaquait à Israël. Cette menace a été formulée lors d’un exercice militaire de 5 jours et d’indications continuelles d’une attaque israélienne préventive contre les installations nucléaires iraniennes.

Même après l’apparent veto de Bush, les menaces verbales et les spéculations quant à une attaque aérienne imminente contre l’Iran n’ont pas cessé. En juin, Israël a effectué des manœuvres à grande échelle au dessus de la Méditerranée occidentale avec 100 avions de combat F-15 et F-16, avec des avions de ravitaillement et des hélicoptères de sauvetage. S’appuyant sur des sources anonymes, le New York Times a annoncé que l’opération était une répétition d’une attaque contre l’Iran.

Quelques semaines plus tard, Shaul Mofaz, vice premier ministre et ancien ministre de la Défense, a prévenu que, comme les sanctions internationales avaient été inefficaces, une attaque unilatérale contre l’Iran était inévitable.  

La position officielle de Washington et Tel-Aviv consiste à dire que la diplomatie est la voie qu’ils préfèrent pour les relations avec l’Iran.  Et beaucoup considèrent ces menaces et ces jeux guerriers comme participant d’une campagne de pression orchestrée contre l’Iran pour que ce dernier obéisse aux exigences américaines d’arrêt de son programme d’enrichissement nucléaire. Mais, comme Israël n’est pas en mesure de mener seul une attaque réussie contre les installations nucléaires iraniennes, le but final de telles menaces, en ce qui concerne des personnalités influentes de Tel-Aviv et de Washington, est d’attirer les Etats-Unis dans une telle attaque.

Il ne fait pas de doute qu’il y a des individus au sein de la classe dirigeante israélienne et américaine qui font pression pour une escalade du militarisme dans cette région, tandis que la question iranienne est l’un des sujets les plus polémiques des élections présidentielles américaines.

Récemment Israël a conclu un marché avec Washington en vue de l’achat de bombardiers furtifs F-22 qui conviennent parfaitement pour le type de bombardement ciblé planifié le commandement militaire aérien israélien. La flotte existante d’avions de combat F-15 pourrait également être utilisée pour lancer une attaque sur l’Iran.

L’armée israélienne a acheté 90 chasseurs bombardiers F-161 qui peuvent atteindre l’Iran et en recevra 11 de plus d’ici la fin de l’année prochaine. Elle a également acheté à l’Allemagne deux nouveaux sous-marins de type Dolphin qui s’ajoutent aux trois sous-marins déjà en sa possession. Ces sous-marins sont déclarés capables de lancer des missiles nucléaires.

Début septembre, le ministère américain de la Défense  a déclaré au Congrès qu’ils avaient l’intention de vendre  à Israël 1000 bombes intelligentes assez  puissantes pour pénétrer 90cm de béton armé.

Dimanche, il a été annoncé que les Etats-Unis avaient fourni à Israël un système de radar supérieur qui pourra fournir  une alerte précoce dans le cas d’une attaque de missiles iraniens. Du nom de FBX-T, il sera relié à la Station terrestre tactique principale américaine et sera géré par 120 militaires américains. Actuellement, le bouclier antimissiles israélien Arrow II fonctionne avec un système de radar moins perfectionné.

Alors qu’en mai dernier, Bush a refusé à Israël son accord pour attaquer l’Iran car il pensait que c’était là un pas trop abrupt, l’intensification militaire dans la région montre clairement qu’une telle attaque est loin d’être définitivement écartée.  En effet, certains éléments au sein de l’Administration Bush n’ont pas encore exclu une attaque non provoquée contre l’Iran avant les élections présidentielles de novembre prochain.

Par Jean Shaoul pour WSWS.org, le 20 octobre 2008

Article original anglais paru le 25 septembre 2008:

Israel asked US for green light to bomb nuclear sites in Iran
US president told Israeli prime minister he would not back attack on Iran, senior European diplomatic sources tell Guardian

Commentaires sur l’affaire du sous-préfet limogé

par Tokbomi

http://tokborni.blogspot.com/ … prefet.html
sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias … nformation

Mardi 25 mars 2008

Nous publions cette analyse très documentée sur l’affaire du limogeage du sous-préfet Bruno Guigue. L’auteur revient sur le contexte particulier de l’affaire et sur la campagne médiatique actuelle des défenseurs acharnés d’Israël. Très intéressant aussi est le rappel de la défense menée par certains intellectuels (ceux-là même qui fustigent Bruno Guigue aujourd’hui !) lesquels considéraient que Redeker n’était pas tenu de respecter un quelconque "droit de réserve" au prétexte qu’il s’exprimait dans un article de presse…qu’il signait pourtant en sa qualité d’enseignant. Sans parler du contenu injurieux de sa prose qui, incontestablement pouvait constituer un motif de trouble à l’ordre public (rappelons que, comme nous le disions dans un précédent article, cela concerne l’un des motifs retenus par l’article 10.2 de la CEDH) surtout dans le contexte hypersensible du monde scolaire. Rappelons que Redeker s’il n’a pas été sanctionné…a été promu.

Vu à la télé et lu sur le Net : « Le sous-préfet de Saintes limogé après un article "anti-israélien" ». Et, évidemment, un très obscur « Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme a salué dimanche la décision de la ministre de l’Intérieur ».

Comme, à coup sûr, on va se focaliser sur d’autres sujets que ceux qui pourraient être intéressants, je vous livre quelques commentaires. Pas vraiment structurés, je manque toujours cruellement de temps.

Il est fait mention d’« un » article du sous-préfet Bruno Guigue sur le site Oumma.com, et deux phrases sont mises en vedette pour justifier le limogeage : « le seul État au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles » et les « geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer pendant Shabbat ». L’article en question est intitulé « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU ».

Aucun journaliste ne va évidemment lire ce long texte, on se contentera des deux phrases provocatrices (d’ailleurs, on ne se demandera pas beaucoup plus en quoi elles seraient infondées). De l’autre côté, on se laissera entraîner sur la « défense » de la liberté d’expression, manière de se faire promener en dehors des sujets sur lesquels on aurait pourtant quelques chances de pouvoir influer. Oumma publie d’ailleurs un communiqué ultra-convenu et, à mon avis, à côté de la plaque : « Silence dans les rangs » :

La sanction qui le frappe nous montre à l’envi que l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France. En effet, si chacun a le loisir aujourd’hui dans notre pays, fonctionnaire ou pas, de critiquer, condamner, dénoncer à peu près n’importe quel Etat, n’importe quelle religion, n’importe quelle personnalité, il existe une exception à cette règle et notre ami Bruno Guigue, que nous assurons de notre total soutien, est puni pour avoir cru à l’existence d’une véritable et totale liberté d’expression au pays des Droits de l’Homme. Les articles de presse rappellent que Bruno Guigue écrit des articles sur Oumma depuis longtemps (deux ans semble-t-il) et a publié plusieurs livres à L’Harmattan. Il me semblerait donc légitime de se demander : pourquoi maintenant ?

Piste 1 : Israël lance sa campagne contre Durban 2

Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU organise en 2009 une seconde conférence mondiale contre le racisme à Durban, après celle de 2001, dénoncée par Israël et les États-Unis comme un « cirque » antisémite et anti-israélien.

Au mois de février 2008, les milieux sionistes se passionnent pour la préparation de cette conférence (alors que le sujet ne passionne tout de même pas les foules) : il faut délégitimer la conférence de manière préventive.

Anecdotique (et presque rigolo) : le 23 février, un certain Oxyweb complète la fiche Wikipédia concernant la première conférence de Durban 1. Il écrit :

« Il est fort à craindre que la conférence dite "Durban 2" présidée par la Libye soit a nouveau l’occasion d’une rencontre entre dirigeants racistes et antisémites d’afrique et du monde arabe.»

Subtil, n’est-ce pas ? Mais la liste des contributions de cet « Oxyweb » à Wikipedia est éclairante. Vraiment, très éclairante.

Deux jours plus tard, le 25 février, Marc Knobel, activiste multi-carte, publie une tribune sur le site du « Centre des Affaires publiques et de l’État » de Jérusalem. Il raconte la décision du Canada de se retirer des préparatifs de Durban 2, et espère :

Le Canada montre l’exemple et l’Union européenne, prochainement présidée par la France, devrait entendre le message qui est délivré par ce pays ami.

Deux jours après, le 27 février, de joyeux intellectuels publient une tribune dans Le Monde dénonçant « L’ONU contre les droits de l’homme ». Dès le deuxième paragraphe il est fait mention de Durban 1, les suivants dénoncent le fameux « Conseil des droits de l’homme » organisateur de l’événement. On est en terrain connu, donc. Parmi les signataires : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel…

Je ne parlerai évidemment pas de mouvement concerté (je me ferais taxer de conspirationnisme), je me contente de constater que, dans cette semaine de février 2008, la dénonciation de la prochaine conférence de Durban, en 2009, passionne les foules…

C’est exactement à cette dernière « tribune » que répond l’article de Bruno Guigue sur Oumma : un long argumentaire démontant le texte publié par Le Monde.

Je vous fais le pari que, dans les prochains mois, la communication de crise visant à décrédibiliser la conférence de Durban sera massive. Avec la présidence française de l’Union (à partir de juillet), on peut craindre des pressions pour que les pays européens se retirent de la conférence.

Bref, il y a là un axe très spécifique de la communication israélienne. Bruno Guigue s’est trouvé sur le chemin d’un des budgets-comm des services israéliens. De manière très caractéristique, cette communication démarre très en amont, sur un sujet totalement anodin à l’heure actuelle (personne d’autre que les mouvements sionistes ne se passionne pour cette conférence autant de temps à l’avance), et ce faisant parviendra à décrédibiliser l’événement avant même qu’il n’intéresse les médias.

Un mouvement similaire a eu lieu pour le boycott du Salon du livre à Paris. Question qui n’a eu aucun écho médiatique, sauf une « préparation » en amont, contre le boycott. Le 16 février, au sujet du boycott du salon de Turin, Marek Halter titre sa tribune du Monde : « Au secours, on brûle les livres ! ». L’article est halluciné, ce qui fait que, certes, on brûle les livres, mais TF1 n’en fait pas la Une du lendemain. Le 13 mars, journée de l’inauguration, tout est prêt pour le Monde, qui fait soudain du sujet que tout le monde ignorait le thème de son éditorial, « Le Salon en otage » (l’appel au boycott est qualifié de « fatwa » : « Boycotter les livres, voire récuser une langue, a toujours été l’arme des dictatures. »), et complète avec un article pathétique de Caroline Fourest, « Israël, le boycottage et la raison » (ne pas aller au Salon du Livre « rappelle le temps où l’on brûlait des livres et des juifs après les avoir boycottés »).

Le soir même, inaugurant le Salon, Shimon Peres, sans concertation aucune avec ce vaste mouvement d’indignation international contre le boycott, a ce commentaire totalement original : « Ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté se condamnent eux-mêmes à être aveugles, à perdre la liberté ». Ce qui s’appelle une communication parfaitement maîtrisée.

Piste 2 : mise au pas de l’exécutif

Bien que perçu ou présenté comme un corps politique homogène (« le gouvernement »), l’exécutif français est en réalité une énorme machinerie humaine (en d’autres termes : un administration).

L’arrivée d’un nouveau gouvernement doit être, pour lui, une expérience frustrante : bien que contrôlant théoriquement l’exécutif, il se heurte en fait immédiatement à la pesanteur humaine et politique de cette machinerie.

Disons-là tout net : un exécutif hystériquement pro-israélien aura le sentiment de se heurter à une adminiration moins… convaincue. Sans doute pas totalement à tort (un Hubert Védrine aurait-il plus d’influence sur le Quai d’Orsay que le ministre en place ?) ; mais la « politique arabe » de la France relève pour beaucoup du fantasme (voir René Naba).

Toujours est-il que, comme le mythologique « biais » des médias mondiaux en leur défaveur, l’orientation « pro-arabe » de l’administration française est au cour des préoccupations des agitateurs pro-israéliens.

Février 2008 (toujours !), Marc Knobel dénonce un entrefilet du Canard enchaîné qui raconte qu’un « coup de balai » va avoir lieu au Quai d’Orsay. Knobel défend la nomination de François Zimeray, « classé "pro israélien en diable" par ses camarades socialistes » à la place de Michel Doucin (dont il n’est pas rappelé qu’il est tombé en disgrâce pour avoir abordé un autre thème interdit dans l’exécutif français : la « Françafrique »).

Automne 2006, Dominique Strauss-Kahn (actuel directeur général du FMI proposé par Nicolas Sarkozy) donne une interview à la revue néo-conservatrice Le Meilleur des mondes :

Sur la politique arabe de la France. « Une supercherie que le Quai d’Orsay réussit à vendre depuis des décennies à l’ensemble de la classe politique. »

Pour le ministre des Affaires étrangères, le « Quai d’Orsay » sera donc doté d’une grande autonomie et d’une volonté propre, au point de pouvoir « vendre » la politique arabe à l’ensemble de la classe politique.

Le 16 mai 2007, le Canard enchaîné publie une info faisant état des pressions du CRIF contre l’éventuel choix de Hubert Védrine comme ministre des Affaires étrangères (terreur du Jerusalem Post) :

Dès que les dirigeants du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont appris ce projet du nouveau chef de l’Etat, Roger Cukierman, président sortant du Crif, a appelé au téléphone Claude Guéant pour une violente mise en garde.

« On a eu une réunion au Crif, aujourd’hui, et la rumeur d’une nomination de Védrine aux affaires étrangères a circulé. Cela a provoqué la panique parce que, pour nous, Védrine est pire que les anti-israéliens habituels du Quai d’Orsay. »

En janvier 2006, le CRIF annonçait sur son site la position de François Hollande – propos ensuite démentis par l’intéressé :

Il a ainsi estimé, rapporte le CRIF, « qu’il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie ». Il a ajouté qu’il y a un « problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA » et que le recrutement « devrait être réorganisé ».

À défaut de préoccuper François Hollande, au moins le « problème de recrutement » préoccupe-t-il le CRIF…

Bref, y a-t-il actuellement une tentative de mise au pas de l’exécutif, via l’intimidation d’anciens énarques trop « politisés » et la nomination de « pro-israéliens en diable » au Quai d’Orsay ? Ce qui répondrait, en tout cas, à l’un des fantasmes habituels du lobby pro-israélien.

Devoir de réserve

Ces considérations circulent beaucoup sur le Web, je crois intéressant de les mettre au propre. Encore une fois, penser l’affaire uniquement sous l’angle de la liberté d’expression (ou la censure des critiques d’Israël) et du thème « Deux poids deux mesures » ne me semble pas tellement passionnant : surjouer la surprise outragée (« Comment !? Critiquer publiquement Israël n’est pas une situation confortable au pays des Droits de l’Homme ? Mais vous me l’apprenez, monsieur, vous me l’apprenez… ») ne nous mènera pas bien loin. Je note donc ce qui suit, essentiellement pour évacuer cette question du « devoir de réserve ».

Qui a écrit :

  1. « L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres. Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? » ;
  2. « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran » ;
  3. « Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. » ;
  4. « Et que au contraire, si l’histoire du christianisme est entachée de violence, c’est quand les chrétiens s’éloignent de l’enseignement de leur messie, Jésus Christ ».

Il s’agit d’extraits du célèbre pamphlet de Robert Redeker publié dans le Figaro du 19 septembre 2006. Alors professeur de philosophie, l’auteur n’est pas « limogé ». Pourtant, insulter une partie de ses élèves va évidemment à l’encontre du but même du « droit de réserve », qui est conçu pour que les déclarations d’un fonctionnaire ne perturbent pas le fonctionnement du service public et pour assurer l’égalité des citoyens face à l’administration.

Au contraire, selon le site du Ministère de l’Éducation nationale :

« Gilles de Robien, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a reçu Robert Redeker ce jour à 16h. Le ministre a tenu à lui réaffirmer toute sa solidarité dans les épreuves qu’il a endurées, depuis la parution de sa tribune dans la presse en septembre 2006. »

Le ministre a également rappelé que toute atteinte à la liberté d’opinion et d’expression est intolérable et doit être condamnée.

Finalement, sur proposition du ministre, Robert Redeker est recruté au CNRS.

La grande messe de soutien à laquelle participent Soheib Bencheikh, Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay, Blandine Kriegel, Claude Lanzmann, Hélène Roudier de Lara, Philippe Val… donne lieu à une tribune dans le Figaro (tribune qui s’en prend, comme d’habitude, à la LDH et au MRAP). Il faut bien lire :

« Un professeur a un devoir de réserve dans sa classe, mais nullement lorsqu’il s’exprime dans ses écrits publics. Il faut rappeler ici la distinction kantienne entre l’usage public et l’usage privé de la raison. Robert Redeker s’est exprimé dans le cadre d’un article de presse, en exerçant son « usage public » de la raison, comme tout citoyen français peut le faire, et non pas dans son cours, par « un usage privé » de la raison. »

La guerre annoncée contre l’Iran: Est-ce que la Turquie sera encore complice d’une autre guerre contre un autre pays voisin?

 

Par Cem Ertür, le 24 février 2008

Turquie et Iran

Malgré le dernier rapport positif de l’AIEA concernant le programme nucléaire de l’Iran [1], les efforts visant à lancer une guerre contre l’Iran s’accélèrent [2]. Compte tenu de l’impopularité d’une telle guerre, les grandes puissances demeurent tranquilles à son sujet, tout en utilisant des méthodes sophistiquées pour préparer psychologiquement les citoyens.

Pendant ce temps, les seules choses dont nous entendons parler concernant la Turquie dans la presse marchande de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord sont les discussions entourant son adhésion dans l’Union européenne, le conflit entre le gouvernement religieux de l’AKP et les institutions laïques du pays (y compris l’armée) et les opérations transfrontalières dans le Nord de l’Irak.

N’y a-t-il aucun lien entre la Turquie et cette nouvelle menace de guerre? Comment fonctionne le travail de préparation psychologique dans le cas de la Turquie? Quelles sont les pressions que les pays membres de l’OTAN exercent sur le gouvernement turc? Comment l’opposition extraparlementaire réagit à la perspective de la prochaine étape de la « guerre mondiale contre le terrorisme? »


LA « TRIPLE ALLIANCE »

En 2006, le chercheur Michel Chossudovsky commentait sur une alliance qui avait été précédemment décrite par le Middle East Report comme étant « probablement le plus grand changement stratégique dans les années du gouvernement Clinton de l’après Guerre Froide:

« Déjà au cours de l’administration Clinton, une alliance militaire triangulaire entre les États-Unis, Israël et la Turquie s’est mise en place. Cette « triple alliance » est … jumelée aux fortes relations bilatérales entre Tel-Aviv et Ankara. Amplement documenté, Israël et la Turquie sont partenaires dans le projet d’attaques aériennes des États-Unis contre l’Iran, qui est dans un état avancé de préparation depuis la mi-2005. » [3]

La récente visite d’état du président israélien Shimon Peres et du ministre de la défense israélien, Ehoud Barak à la Turquie était l’indication la plus manifeste de cette alliance contre l’Iran.

La visite d’état par le ministre de la défense israélienne BARAK et du président Peres

À bord de son avion en direction d’Ankara le 11 février dernier, le ministre de la défense israélien Ehoud Barak a déclaré qu’il présenterait les rapports des services de renseignement israéliens aux principaux dirigeants de la Turquie concernant les plans nucléaires de l’Iran :

« Il est important … d’essayer de convaincre [la Turquie] des faits. » [4]

À la suite de cette visite, les officiers de la défense israélienne ont fait les déclarations suivantes:

« La Turquie est intéressée à acquérir un système de défense de missiles devant la menace de la poursuite de la course de l’Iran vers l’énergie nucléaire. » [5]

« Tous les pays de la région comprennent que la menace iranienne n’est pas seulement contre Israël. Les missiles de longue portée de l’Iran peuvent atteindre [des cibles] bien au-delà d’Israël. » [6]

Toutefois, Barak avait une autre attitude à l’égard de la Syrie:

« La Turquie joue un rôle naturel dans certaines médiations et elle a trouvé une bonne façon de dialoguer avec la Syrie. Il y a du respect envers la Turquie autant en Syrie qu’au Liban. Ce respect doit être utilisé pour bloquer le flux d’armes en provenance de l’Iran destiné au Hezbollah qui transite par la Syrie. Nous respectons la Syrie, mais nous nous attendons aussi que la Syrie respecte tout autant l’identité d’Israël. Vous ne pouvez pas imposer la paix. … Il faut deux parties consentantes. » [7]

Cette déclaration doit être considérée comme faisant partie de la stratégie « diviser pour régner » visant à isoler l’Iran. Puisque le principal allié de l’OTAN ne sera pas en mesure d’attaquer l’Iran et la Syrie en même temps, ils ont besoin de rompre l’alliance stratégique entre ces deux pays et d’y aller une étape à la fois.

Les déclarations de Barak faisaient écho à ceux du Président israélien, Shimon Peres, lors de sa visite à Ankara en novembre de l’année dernière.

L’auteur Kemal Camurcu a analysé le discours de Peres au parlement turc pour un comité à participation majoritaire des parlementaires du Parti pour la justice et le développement (AKP):

« Peres a été applaudi par les parlementaires de l’AKP pour avoir dit : " Vous ne réalisez pas et vous ne comprenez pas que votre véritable ennemi est votre voisin de la porte d’à côté, l’Iran!" Le but de sa visite était de déclarer à l’ensemble de la région que "Il y a deux tendances dans la région: l’Iran en tant que parrain du terrorisme et la Turquie favorable à la paix." Il a déclaré cela et il a reçu des applaudissements! Considérant ses interviews, son discours dans le Parlement turc et les sujets d’actualité sur "le partage des renseignements," il est plausible d’affirmer que le seul but de la visite de Peres était d’expliquer à Ankara la « menace iranienne » [8].

Ces déclarations sont d’autant plus importants, compte tenu qu’elles sont faites à un moment où les États-Unis, Israël et leurs alliés européens étaient désespérés d’obtenir un soutien à la Conférence d’Annapolis face à l’ampleur de l’opposition de cette initiative dans l’ensemble du Monde Arabe. Toutefois, tout cela a été en grande partie non rapporté dans les principaux médias turcs. Le principal député du Felicity Party (Saadet Partisi) monsieur Sevket Kazan explique le véritable ordre du jour derrière cette conférence:

« Cette guerre contre l’Iran sera lancée par les États-Unis et Israël avec le soutien de la Turquie. Une fois que la puissance de ces deux [pays] se sera révélée insuffisante, le Royaume-Uni, la France et finalement les forces de l’OTAN, y compris la Turquie, seront également engagés. » [9]

Le soutien des États-Unis et d’Israël contre les séparatistes kurdes PKK

Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue israélien en visite Ehoud Barak, le ministre de la Défense Vecdi Gonul a déclaré:

« Nous remercions Israël pour son soutien à la Turquie dans l’industrie de la défense. Nous remercions M. Barak pour l’envoi d’équipement et de dispositifs que la Turquie utilise dans le sud-est et dans les opérations transfrontalières [contre le PKK]. » [10]

À la veille de cette visite, le site alternatif Fikritakip a fait la remarque suivante:

« Depuis quelque temps, il est frappant de constater que tous les soirs Show TV a présenté très longuement les armes « de haute-technologie » et les systèmes de défense fournis par Israël à la Turquie dans sa lutte contre le PKK … Cela démontre que les milieux nationalistes, qui passaient pour être anti-israéliens, sont en réalité reconnaissants à ce pays pour son soutien contre le PKK. » [11]

Les reportages des médias turcs sur le soutien des États-Unis contre le PKK allaient dans le même sens et ils se sont avérés avoir contribué à dissiper le sentiment anti-américain à travers la population turque. En fait, avant que les États-Unis n’aient commencé à apporter leur soutien à la fin de l’année dernière, ils étaient accusés par les grands médias turcs et par les hommes politiques non seulement de fermer les yeux sur l’utilisation de la violence du PKK, mais aussi de lui fournir un soutien clandestin.

Dans un article paru dans un journal, l’ancien député Mehmet Bekaroglu pose la question suivante:

« N’est-il pas étrange que les États-Unis déclare que : "le PKK soit un ennemi commun de la Turquie, des États-Unis et de l’Irak," tout en encourageant, voire même en fournissant l’armement, la formation et les renseignements à l’appui du même PKK sous le nom de PJAK, contre un autre pays de la région, à savoir l’Iran? » [12]

En fait, ce n’est pas si étrange compte tenu de la stratégie « diviser pour régner » des États-Unis, de l’Union européenne et d’Israël dans le monde musulman basée sur l’exploitation de toutes les hostilités et les divisions existantes. Jusqu’à tout récemment, ils soutenaient en même temps les forces armées turques, le PKK et son organisation soeur PJAK ainsi que le Gouvernement Régional du Kurdistan en Irak. Selon l’Agence de Presse Firat, la raison derrière le soutien des États-Unis est:

« Un accord conclu entre les États-Unis, la Turquie et l’Administration fédérale du Kurdistan du Sud pour la construction dans le sud et dans le nord du Kurdistan [c'est-à-dire le nord de l'Irak et le sud-est de la Turquie respectivement] de deux bases militaires stratégiques US dirigées contre l’Iran. » [13]

La base en Turquie serait située dans le district de Yuksekova, à la frontière iranienne. Inutile de dire que, dans l’éventualité d’une guerre contre l’Iran, les États-Unis et leurs principaux alliés de l’OTAN utiliseront toutes les bases à leur disposition sur le territoire turc, y compris les secrètes. Il est important de garder à l’esprit que la tristement célèbre base militaire US de Incirlik (au sud de la Turquie), qui a joué un rôle crucial dans toutes les invasions anglo-US de l’après guerre froide au Moyen-Orient, contient 90 ogives nucléaires.

Rétrospectivement, le rejet de la motion parlementaire de mars 2003 visant à autoriser les troupes US à utiliser le sol turc comme une base pour l’invasion de l’Irak ne semble pas avoir eu beaucoup d’impact puisque de toute façon, l’armée US est clandestinement allée de l’avant avec ses plans.

Le système de défense antimissile

« La Turquie joue un rôle de leadership régional au Moyen-Orient. La frontière commune de la Turquie avec l’Irak, l’Iran et la Syrie offrent l’occasion de faire avancer la paix et la stabilité, de lutter contre la prolifération des armes nucléaires, et de vaincre les terroristes dans une région qui est aujourd’hui l’épicentre de la politique étrangère états-unienne. » [14] (Le sous-secrétaire US aux affaires politiques, Richard Burns, à la suite de sa visite en Turquie en septembre 2007)

Le chef de l’Agence des Missiles de Défense du Pentagone, le général Henry Obering a déclaré récemment:

« Les États-Unis espèrent mettre un troisième grande composante antimissile en Europe ainsi que ceux en cours de négociation avec la Pologne et la République tchèque pour contrer l’Iran… La troisième étape auparavant non annoncée en Europe… serait placée plus près de l’Iran qui accélère les efforts pour construire des missiles balistiques capables de transporter des armes meurtrières au-delà du Moyen-Orient… Le puissant système de radar "en territoire avancé" irait du sud-est de l’Europe, peut-être en Turquie, le Caucase ou dans la région de la mer Caspienne. » [15]

En fait, « la troisième étape auparavant non annoncée en Europe » a été annoncée en mars 2007 par l’ambassadeur des États-Unis à l’OTAN, Victoria Nuland:

« Le système de défense contre les missiles de longue portée de l’Iran et d’autres pays… va couvrir la plupart des territoires des pays membres de l’OTAN et il ne sera pas nécessaire d’avoir un second système au sein de l’OTAN. Mais la menace des missiles à courte et à moyenne portée de l’Iran est toujours présente pour des pays comme la Turquie. Afin de contrer cela, à l’exemple de la Turquie et des États-Unis, nous travaillons au niveau bilatéral ainsi que dans le cadre de l’OTAN. » [16]

Des pressions pour couper les liens économiques avec l’Iran

À l’instar des principaux partenaires commerciaux de l’Iran dans l’Union européenne, la Turquie a été soumise à de fortes et continuelles pressions des États-Unis pour couper ses liens économiques avec l’Iran:

« La récente conclusion d’un mémorandum destiné à la Turquie sur la coopération énergétique avec l’Iran est troublante. Ce n’est pas le moment pour faire des affaires comme d’habitude avec l’Iran. Nous demandons à tous nos amis et tous nos alliés, y compris la Turquie, de ne pas récompenser l’Iran en investissant dans son secteur pétrolier et gazier, alors que l’Iran continue de défier le Conseil de sécurité des Nations Unies en poursuivant ses recherches nucléaires à des fins militaires. » [14]

En janvier de cette année, M. Stuart Levey, le sous-secrétaire aux affaires terroristes et du renseignement financier, a exhorté la Turquie à faire preuve de vigilance dans ses relations financières avec l’Iran:

« Il est essentiel de partager l’information afin de discuter des risques … et la vigilance est nécessaire afin de veiller à ce que les institutions financières de la Turquie ne soient pas malmenées par des institutions financières iraniennes et les banques d’État iraniennes. » [17]

La relation particulière de l’Union européenne avec la Turquie

L’ancien ministre des Affaires étrangères allemand, Joschka Fischer, a fait la déclaration suivante en octobre 2006:

« La Turquie doit être un pilier de la sécurité pour la communauté européenne, et les efforts visant à faire dérailler cette relation sont absolument irréfléchis. » [18]

Le chercheur Mahdi Darius Nazemroaya fait valoir que:

« La chancelière [allemande] Angela Merkel a intensifié ses appels à l’inclusion de la Turquie dans le cadre de l’Union européenne par le biais d’une "relation spéciale," mais pas dans le cadre de l’actuel bloc européen. Cela préfigurait ce que Nicolas Sarkozy souhaitait proposer plus tard aux Turcs. » [18]

Le chroniqueur Umur Talu explique ce que cette « relation spéciale » implique:

« Le Président français Sarkozy, qui "ne veut pas de la Turquie dans l’UE," mais qui s’accroche aux États-Unis et à Israël et qui "veut une attaque contre l’Iran" adoptera une "politique de la carotte et du bâton" à l’égard de la Turquie. Autrement dit, il va utiliser l’Union européenne comme appât pour notre territoire, notre espace aérien et nos bases. » [19]

Le fait que la Turquie soit devenue membre de l’OTAN en 1952, mais qu’elle se soit vu refuser l’adhésion à l’Union européenne depuis la création de l’Union européenne est tout à fait révélatrice. Les États-Unis et les principaux pays de l’Union européenne ont une politique commune envers la Turquie: Ils utilisent le PKK, l’accession à l’Union européenne, les résolutions sur le Génocide Arménien de 1915 comme atouts pour amener l’opinion publique turque dans les rangs des États-Unis et en conformité des objectifs de la politique étrangère de l’Union européenne.

La déclaration suivante de Brad Sherman, du parti Démocrate US, est plutôt étrange étant donné la complicité conjointe US-turque dans les génocides en Afghanistan et en Irak ainsi que dans la perspective d’un autre génocide en Iran:

« Car, si nous espérons arrêter de prochains génocides, nous devons admettre ces actes horribles du passé ». [20]

Après tout, les leaders mondiaux du pouvoir sont tout à fait disposés à utiliser les génocides et les massacres de masse passés comme une excuse pour mener leurs propres génocides. [21]

Les cellules turques « GLADIO » sont toujours à l’oeuvre

Danièle Ganser, l’auteur de « Les armées secrètes de l’OTAN: Opération GLADIO et le terrorisme en Europe de l’Ouest, » (I) explique le schéma en cours à travers les pays de l’OTAN:

« Au cours des 50 dernières années, les États-Unis ont organisé des attentats en Europe de l’Ouest, qui ont été faussement attribués à la gauche et à l’extrême gauche [de la Grèce et de la Turquie] pour les discréditer aux yeux de leurs électeurs. Cette stratégie demeure encore présente aujourd’hui, inspirant la peur de l’Islam et pour justifier des guerres pour le pétrole. » [22]

Depuis le début de 2007, des attentats à la bombe, des assassinats, des meurtres, des complots déjoués, des ultimatums au gouvernement lancés par les forces armées, les constantes spéculations sur l’imminence d’un coup d’État, la guerre en territoire turc ou transfrontalier avec le PKK, la mise en scène des manifestations de style démocratique "des révolutions de couleurs," (II) les opérations de police fortement médiatisées et de nouvelles lois anti-terrorisme ont dominé l’opinion publique turque.

« La détention à Istanbul [fin janvier] des membres présumés d’un ténébreux groupe ultranationaliste turc a ravivé les accusations que des éléments au sein de l’appareil de sécurité turques ont longtemps tenté de déstabiliser le pays par le biais d’une campagne d’attentats à la bombe et d’assassinats. Cela inclus supposément des opérations sous fausse bannière [III] qui ont été attribuées à des séparatistes kurdes et islamistes violents [sic]. » [23]

L’assassinat du chroniqueur et journaliste d’investigation de gauche Ugur Mumcu en 1993, a été considérée par les institutions laïques de la Turquie, les médias et les forces armées comme une occasion de galvaniser de façon général des sentiments anti-islamistes et en particulier des sentiments anti-iranien. L’assassinat a été imputé à l’Iran, qui aurait utilisé le Hezbollah (turc) comme un pion.

En réalité, le Hezbollah sunnite (turc) a très peu en commun avec son homonyme au Liban et c’est un fait établi que ce groupe a été créé et utilisé par les institutions paramilitaires de la Turquie contre le PKK au cours des années 1990. En fait, lors du 15e anniversaire de l’assassinat de Mumcu le mois dernier, son frère à la fois avocat Ceyhan Mumcu a lancé l’appel public suivant:

« Soyons prudents à partir de maintenant et ne prétendons pas que Ugur Mumcu, a été assassiné par l’Iran. Bien que j’aie souvent réitéré ce fait, malheureusement certaines personnes font encore des déclarations contraires à la presse. Selon mes recherches, les États-Unis ont pris la décision de l’assassiner en mai 1992. » [24]

Récemment, des dépêches sur le Hezbollah (turc) ont de nouveau commencé à apparaître dans les médias turcs. Il y a des raisons d’interpréter cela dans le cadre d’une opération psychologique subtile pour dresser l’opinion publique turque contre l’Iran.

Les cellules belliqueuses d’Al-Qaïda

Au cours des deux derniers mois, il y a aussi eu une augmentation des reportages sur Al-Qaïda:

« Les agences de sécurité ont reçu des renseignements spécifiques selon lesquels des cellules d’Al-Qaïda ont infiltré la Turquie et elles envisagent de mener des attentats terroristes contre des cibles israéliennes et des sites associés aux États-Unis… À la lumière de cette menace, de récentes directives de sécurité ont été relayées aux agences gouvernementales israéliennes et aux entreprises opérant dans toute la Turquie. » [25]

Ils (les reportages de la presse) ont été suivis par des opérations anti-terroristes à travers le pays. [26] La menace a été reprise par le procureur général US, Michael Mukasey, lors de sa visite à Ankara ce mois-ci:

« Nous surveillons de près Al-Qaïda. Et nous avons vu au cours des derniers temps qu’ils ont accru leurs activités en Turquie… Il semblerait qu’Al-Qaïda pourrait avoir choisi la Turquie comme base. » [27]

Retournons en novembre 2003 lorsque le chercheur Michel Chossudovsky a écrit que les attentats à la bombe au consulat britannique et au siège social de la banque HSBC à Istanbul coïncidaient avec la visite du Président George Bush à Londres, qui a eu lieu le lendemain où s’est achevé la rencontre annuelle du Groupe de Défense conjoint Turco-US à Williamsburg aux États-Unis:

« Les attentats ont créé les conditions pour un rôle plus actif de la Turquie dans le théâtre de guerre en Irak… Les attentats à la bombe à Istanbul ont également servi à faire respecter la légitimité chancelante du premier ministre Tony Blair face à la montée de l’opposition politique concernant la participation de la Grande-Bretagne dans les guerres menées par les États-Unis. » [28]

Cela ressemble à une stratégie similaire qui est à l’œuvre face à une autre menace de guerre. Comme dans le cas du Hezbollah (turc), il n’est pas vraiment question de savoir si Al-Qaida a un quelconque lien avec l’Iran. Cela permet de confondre l’islamophobie et le racisme servant à mettre le feu à la guerre.

L’iranophobie des médias turc

Intitulé « Les tanks du PKK ou la bombe atomique de l’Iran?, » l’article de Kadri Gursel donne un parfait exemple de la propagande anti-iranienne de la presse turque:

« L’Iran a fourni au PKK la protection et un appui logistique dans les années 1990, qui était une période où la Turquie avait une étroite coopération régionale avec les États-Unis; il fomente le terrorisme à l’aide d’une cellule du Hezbollah et il soutient ouvertement les mouvements islamistes par le biais de ses représentants diplomatiques. Les assassins formés par l’Iran ont tué nos intellectuels. L’Iran a tout fait cela pour déstabiliser la Turquie, qui est perçue comme un adversaire naturel.

Une fois que l’Iran réalisera son premier essai nucléaire, il deviendra une super-puissance à l’échelle de ses missiles. Ensuite, on s’attend à un comportement encore plus téméraire car il aura la capacité de soutenir sa politique étrangère agressive avec un bouclier dissuasif nucléaire. » [29]

Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas eu de guerre entre les deux pays depuis la signature du traité de paix d’Qasr-e-Shirin signé en 1639.

Dans une récente interview publiée dans un journal, l’ancien président turc Suleyman Demirel mentionne encore un autre argument typique contre l’Iran :

« Ils ne cessent de me demander: Qu’est-ce qui nous arrive? Allons-nous devenir comme l’Iran? Vers où sommes-nous en train d’aller? Est-ce que ces changements individuels nous feront finalement devenir un Iran? Voilà le problème. La nation est anxieuse et effrayée à la perspective d’une contre-révolution. » [30]

Dans sa lettre ouverte publiée dans le quotidien turc Milliyet, Handan Haktanir, l’épouse de l’ambassadeur de Turquie à Téhéran de 1991 à 1994, donne une sombre mise en garde aux femmes turques:

« Contre certains règlements adoptés au nom de la liberté d’une manière très innocente, mais qui ensuite ouvre la voie à un régime beaucoup plus répressive. Selon mes amies iraniennes, à commencer par l’introduction du port du hijab obligatoire dans les écoles, il a fallu trois ans pour que cet insidieux et graduel processus soit complété et alors, il était trop tard. » [31]

Le débat ad-nauseam sur le port du foulard sur la tête en public et la laïcité de l’État turc semblent avoir une motivation souterraine visant à alimenter l’hostilité contre l’Iran. En fait, sauf pour quelques exceptions, même les religieux de l’opposition extraparlementaire et les médias sont, au mieux, ignorant de la menace contre l’Iran et, au pire, ils augmentent la crainte de la sphère d’influence croissante de l’Iran en Irak ou au Moyen-Orient et des menaces contre les intérêts nationaux de la Turquie. Les préjugés sunnites contre les prédominants chiites de l’Iran jouent certainement aussi un rôle. Quant aux diverses nuances de l’opposition de la gauche extraparlementaire et les médias, sauf exceptions, ils ne font pas beaucoup plus que de prononcer de belles paroles sur l’Irak, la Palestine et Guantanamo Bay.

Alors, quel est l’impact de toutes ces manipulations des citoyens turcs? L’ensemble de la société est extrêmement polarisée sur des bases ethniques, sectaires et les identités de classe, en montrant trop d’intolérance et de méfiance entre eux, dans un état de peur et de confusion, largement désensibilisés à la poursuite des guerres au Moyen-Orient et en Afghanistan (sans parler de n’importe où ailleurs) et inconscient de la menace qui s’approche contre ses deux autres voisins, à savoir l’Iran et la Syrie. En bref, l’ancienne « stratégie de la tension » (IV) des Opérations Gladio s’est avéré très efficace.

La prochaine importante étape vers la guerre: La visite de Cheney en mars

Le quotidien turc Hurriyet a rapporté la prochaine visite de Dick Cheney sous le titre « Cheney viendra pour les Mollahs » :

« La menace "nucléaire" de l’Iran est la raison derrière la visite qu’envisage de faire en Turquie le vice-président des États-Unis Dick Cheney… Au cours de sa visite en mars, Dick Cheney donnera de "graves" messages sur l’Iran… Il dira: « L’Iran est une menace très sérieuse. Aidez-nous et supportez-nous. » [32]

Le chroniqueur Nagehan Alci du quotidien turc Aksam s’inquiète de cette visite:

« La dernière visite de Cheney remonte à 2002, dans la période précédant la guerre en Irak pour demander le soutien à la guerre au premier ministre turc, M. Ecevit. Il était dans une grande tournée au Moyen-Orient afin de mesurer l’état d’esprit au sujet de la guerre… Si cette visite se matérialise, alors Cheney discutera de l’appui fourni par les troupes turques en Afghanistan et de la situation en Irak.

Mais le principal sujet sera l’Iran. Cheney pourrait donner le signal que l’option d’une intervention militaire en Iran est sur la table, mais il ne parlera pas ouvertement de ces plans. En revanche, il mentionnera les sanctions qu’ils veulent faire passer au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il mettra l’accent sur la nécessité d’isoler l’Iran et que la puissance nucléaire de l’Iran menace aussi la Turquie. (Il a donné un avertissement semblable [contre l'Irak] en 2002). » [33]

Pendant la période d’avant la guerre en Irak, il y avait en Turquie une écrasante unité contre la guerre, que l’on estime englober 90 à 95% de citoyens turcs. Une guerre contre l’Iran sera probablement tout aussi impopulaire, mais cette fois, il semble que les citoyens turcs semblent être trop distraits et trop divisés pour prendre la menace au sérieux jusqu’à la dernière minute, alors que le parlement se livre à une conspiration du silence. D’où la raison d’être du présent article qui se veut une tentative pour corriger le manque d’information et de souligner particulièrement les opérations psychologiques dirigées en Turquie pour ouvrir la voie à un conflit avec l’Iran, ceci afin que les turcs et que le public mondial perçoivent le danger et qu’ils agissent à temps pour l’éviter. Nous vous encourageons à faire circuler cet article à tous les intéressés et à toutes les parties concernées.


GLOSSAIRE

(I) Opération Gladio: Initialement mis en place comme un réseau de cellules clandestines pour être activées derrière les lignes dans le cas d’une invasion soviétique dans l’Europe occidentale, Gladio évolua rapidement en un outil de répression politique et de manipulation, dirigée par l’OTAN et par Washington. Utilisant les milices de droite, les provocateurs du gouvernement et des unités militaires secrètes, non seulement Gladio a répandu largement le terrorisme, les assassinats et la subversion électorale dans les États démocratiques comme l’Italie, la France et l’Allemagne de l’Ouest, mais Gladio a aussi renforcé les tyrannies fascistes en Espagne et au Portugal, a encouragé le coup d’État militaire en Grèce et a facilitée la répression des Kurdes en Turquie.

(II) Les révolutions de couleurs: La révolution safran en Birmanie, comme la révolution orange en Ukraine ou la révolution des roses en Géorgie et les différentes couleurs des révolutions instiguées ces dernières années contre les États stratégiques entourant la Russie, est un exercice bien orchestrée pour des changements de régime dirigés par Washington.

(III) Des opérations sous fausse bannière (False Flag – littéralement Faux Drapeau): Des opérations secrètes menées par les gouvernements, des compagnies ou d’autres organisations, qui sont conçues pour apparaître comme si elles avaient été réalisées par d’autres entités. Le terme est dérivé du concept militaire consistant à faire voler un avion sous une fausse couleur, c’est-à-dire en battant pavillon d’un pays autre que le sien. Les opérations sous fausse bannière ne sont pas limitées à la guerre et aux opérations anti-insurrectionnelles, elles ont été utilisées en temps de paix, par exemple au cours de la stratégie de tension en Italie. [NDT : La plus connue des opérations sous fausse bannière est certainement le 11 septembre 2001.]

(IV) La stratégie de tension: Une façon de contrôler et de manipuler l’opinion publique en utilisant la peur, la propagande, la désinformation, la guerre psychologique, des agents provocateurs, ainsi que des actes terroristes sous fausse bannière. Selon l’historien Danièle Ganser, « c’est une tactique qui consiste à commettre des attentats à la bombe et de les attribuer à des tiers. Par le terme « tension » on se réfère à la tension émotionnelle, à ce qui crée un sentiment de peur. Par le terme « stratégie » on se réfère à ce qui alimente la peur des gens envers un groupe particulier. »

Traduit par Dany Quirion pour Alter Info

Source : http://www.campaigniran.org/casmii/index.php?q=node/4153


REFERENCES

1] IAEA’s report on Iran
IAEA, 22 February 2008
[2] The US-NATO Pre-emptive Nuclear Doctrine: Trigger a Middle East Nuclear Holocaust to Defend "The Western Way of Life"
by Michel Chossudovsky, Global Research, 11 February 2008
[3] "Triple Alliance": The US, Turkey, Israel and the War on Lebanon
by Michel Chossudovsky, Global Research, 6 August 2006
[4] Israel’s Barak in Turkey to discuss defense cooperation
AFP, 12 February 2008
[5] "Barak hoping for Turkish satellite sale" by Jacob Katz, Jerusalem Post, 11 February 2008
[6] Israel’s Barak To Visit Turkey For Talks On Iran Dow Jones Newswires, 11 February 2008
[7] Barak says he’s lobbying for Turkey’s EU bid
by Emine Kart, Today’s Zaman, 14 February 2008
[8] AKP iktidarinin bolgesel etkin rolu nedense hep Washington-Tel Aviv’e ayarli gerceklesiyor!
Kenan Camurcu, Fikritakip, 15 November 2007
[9] Turkish Party Issues Warning on a War on Iran
Milli Gazete, 28 November 2007
[10] Cooperation between Turkey, Israel Contributes to Mideast Peace: Turkish Defense Minister
Xinhua News, 13 February 2008
[11] Ali Kirca uygun ortam hazirlama telasindayken!
Fikritakip, 5 February 2008
[12] ‘Ortak dusman’ emperyalizmdir!
Mehmet Bekaroglu, Radikal Iki, 8 February 2008
[13] Blood price for the US support to Turkey’s PKK operation: A military base against Iran
by Mehmet Yaman, Firat News Agency, 14 January 2008
[14] The Future of the U.S.-Turkey Relationship
by R. Nicholas Burns, Remarks at the Atlantic Council of the United States (ACUS), 13 September 2007
[15] U.S. says will seek 3rd missile-defense site in Europe
by Jim Wolf, Reuters, 12 February 2008
[16] ‘Turkey is under the threat of Iran’s short and medium range missiles’ claims US Ambassador to NATO
by Utku Cakirozer, Milliyet, 5 March 2007
[17] Turkey Warned Over Iranian Banks
Associated Press, 28 January 2008
[18] The Mediterranean Union: Dividing the Middle East and North Africa
by Mahdi Darius Nazemroaya, Global Research, 10 February 2008
[19] Who allies with whom against Iran?
by Umur Talu, Sabah, 20 September 2007
[20] House Panel Votes to Condemn Armenian Killings as Genocide
by Steven Lee Myers and Carl Hulse, New York Times, 10 October 2007
[21] The Hidden Holocaust: Our Civilizational Crisis
by Nafeez Ahmed, The Cutting Edge
Part 1: The Holocaust in History, 25 November 2007
Part 2: Exporting Democracy, 3 December 2007
[22] NATO’s Hidden Terrorism
Daniele Ganser interviewed by Silvia Cattori, Voltaire Network, 22 January 2007
[23] Mass Arrests Expose Operations of Turkey’s “Deep State”
by Gareth Jenkins, Terrorism Focus, Vol. 5, Issue 4, 29 January 2008
[24] Ugur Mumcu was assassinated by the US, claims his brother
Tevhid Haber, 26 January 2008
[25] Warning: Al-Qaeda planning attacks on Israeli targets in Turkey
Ynetnews, 31 December 2007
[26] Five die in raids on al Qaeda cells in Turkey
Reuters, 24 January 2007
[27] Mukasey warns Turkey on recent expansion of Al Qaeda presence
Zeynep Gurcanli, Hurriyet Online, 15 February 2008
[28] Turkish Top Military Brass meets Wolfowitz one day before Istanbul Attacks
by Michel Chossudovsky, Global Research, 21 November 2003
[29] PKK’nin tanki mi? Iran’in atom bombasi mi?
by Kadri Gursel, Milliyet, 7 October 2007
[30] Karsi devrim endisesi
by Fatih Cekirge, Hurriyet, 14 February 2008
[31] “Iran’da ortu okula sinsice girdi; 3 yilda herkes ortundu”
by Can Dundar, Milliyet, 7 February 2008
[32] Cheney molla icin geliyor
by Kasim Cindemir, Hurriyet, 17 February 2008
[33] Cheney Turkiye’ye neden gelir?
by Nagehan Alci, Aksam, 20 February 2008

 

Jeudi 28 Février 2008
danyquirion@videotron.ca

L’Iran et la Syrie prévoient une confrontation majeure avec Israël

17 février 2008

Les officiels iraniens et syriens estiment qu’une confrontation militaire majeure aura lieu dans un futur proche, si l’on en croit Al Akbar, le quotidien libanais proche du Hezbollah. La réponse du Hezbollah à l’assassinat d’Imad Mughniyah, le responsable des opérations de l’organisation, obligera Israël à une « décision difficile, » affirme dans un éditorial ce quotidien. Le Hezbollah accuse Israël d’être responsable de l’assassinat de son dirigeant à Damas la semaine dernière.

par Yoav Stern, Amos Harel et Yuval Azoulay, Haaretz, 16 février 2008

Ibrahim Al Amin, le rédacteur en chef d’Al Akhbar, a déclaré lors d’un entretien télévisé que le Hezbollah n’avait pas l’intention d’accepter sans réagir l’assassinat de M. Mughniyah. La réponse du Hezbollah « obligera Israël à prendre une grande décision, » a-t-il déclaré. Cependant, il a également affirmé que le Hezbollah ne souhait pas la guerre avec Israël. Les responsables de la défense israélienne se préparent pourtant à une riposte du Hezbollah. Ils s’inquiètent de la possibilité d’une attaque par un drone, un petit avion sans pilote, chargé d’explosifs visant une cible civile ou militaire au nord ou au centre d’Israël. L’aviation israélienne est en alerte.

Le Hezbollah a déployé à cinq reprises jusqu’à présent des drones d’origine iranienne contre Israël, dont trois durant la guerre du Liban en 2006. Deux ont été abattus par l’armée de l’air et le dernier s’est écrasé au sol. Ces drones étaient chargés de dizaines de kilos d’un puissant explosif et étaient apparemment destinés à s’écraser dans la région densément peuplée de Dan.

L’armée israélienne a renforcé son dispositif à la frontière nord, en préparation à une éventuelle attaque massive à la roquette du Hezbollah, sur cette zone. L’armée ne dispose d’aucune information sur les intentions de l’organisation à ce sujet.

Les médias libanais ont annoncé que Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, avait désigné un successeur à M. Mughniyah, mais son identité n’a pas été dévoilée. Selon des sources israéliennes, il pourrait s’agir de Ibrahim Akil, le responsable du sud Liban, de Fouad Sukur, un haut dirigeant de la milice, ou de Tala Hamiyah, qui était l’adjoint de M. Mughniyah. Les médias libanais ne retiennent quant à eux aucun de ces trois noms.

Le quotidien libanais Al Safir rapporte que le Hezbollah est en état d’alerte renforcé au sud Liban, et a procédé à l’évacuation de ses commandements régionaux, craignant des frappes aériennes israéliennes. Selon ce journal, l’organisation aurait mobilisé 50 000 miliciens.

L’enquête sur l’assassinat de M. Mughniyah se poursuit en Syrie.

« L’enquête est menée dans le plus grand secret en raison du lieu confidentiel où se trouvait M. Mughniyah avant l’attaque, » indique Al Akhbar.

M. Mughniyah venait de quitter une réunion peu avant d’être tué, à proximité des bureaux du directeur des services secrets syriens, Asif Shuwekat, qui est le beau frère du président Bachar El Assad.

Plusieurs palestiniens suspectés d’avoir pris part à l’assassinat ont été arrêtés, précise le quotidien.


 

Publication originale Haaretz, traduction Contre Info

Illustration : Discours de Hassan Nasrallah (archive)

 

 

Liban : l’ancien directeur des services secrets français accuse les Etats-Unis

Extraits d’un entretien avec Yves Bonnet, ancien directeur de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire).

Al Intiquad, 8/02/2008
Traduction par Raymond RICHA

- Pourquoi toute cette préoccupation internationale au Liban ?

Trois pays veulent s’ingérer au Liban, les États-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël. Leurs intérêts convergent et la coopération américano saoudienne, via le club Welch, est forte au Liban. Les États-Unis souhaitent transformer le Liban en une base à partir de laquelle ils auront à faire pression sur la Syrie et le Hezbollah.

- Que voulez-vous dire par club Welch ?

Il s’agit du groupe Geagea-Joumblatt-Hariri-Sanioura ; ce groupe est totalement sous les ordres de David Welch.

- Pourquoi nommez-vous ce groupe « club Welch » ?

Regarder l’actuelle situation au Liban. La division est grande et une de ses conséquences, la faiblesse des chrétiens dans leur incapacité de choisir un président de la République, sans l’accord des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie Saoudite.Lors de ma visite du Liban, j’ai été surpris de l’importance de cette division provoquée par l’ingérence étrangère.

Tout le monde vise à imposer sa volonté aux libanais, en premier, notre ministre Bernard Kouchner qui, à une époque, avait déclaré que l’armée libanaise devait détruire le camp de Nahr Al Bared. Je suis persuadé que, sans aucune ingérence étrangère, les libanais auraient pu former un gouvernement d’unité nationale.

- Qui, d’après vous, a interdit la formation de ce gouvernement ?

Les États-Unis et Israël ; autrement, qui a intérêt à ce que ce gouvernement ne soit pas formé ? La division au Liban sert en priorité l’intérêt d’Israël.Lors de ma visite en août 2006, j’avais constaté que le Liban traversait une période que l’on pouvait qualifier d’unité nationale, ceci grâce aux positions de Michel Aoun et de Hassan Nasrallah. A cette époque, Nasrallah avait été très intelligent en considérant la victoire du Hezbollah comme étant celle de tous les libanais ; simultanément, Aoun était resté fermement solidaire de la Résistance durant toute la période d’agression israélienne. Les États-Unis et Israël s’attèlent aujourd’hui à diviser les libanais selon la formule connue « diviser pour régner ».

- Pourquoi l’armée libanaise mena le combat de Nahr Al Bared ?

Les États-unis exprimaient leur volonté de revenir militairement au Liban. Cependant, la partie Sud du pays étant sous l’influence du Hezbollah, la solution idéale était alors de s’infiltrer par la porte nord en réanimant l’ancien projet de construction d’une base militaire à cet endroit. D’où l’idée de quelques uns aux États-Unis de provoquer des troubles au nord du pays pouvant ainsi fournir le prétexte à une présence militaire au Liban. Sur ce sujet, il faut savoir que les groupuscules connus sous le nom de Fath Al Islam étaient soutenus financièrement par les Hariri, avec un salaire mensuel de sept cent dollars par individu. Il n’est pas nécessaire d’en débattre compte tenu de la véracité de cette information. Ainsi, l’armée libanaise tomba dans ce grand piège qui lui était tendue ; elle fut contrainte à s’engager dans un dur affrontement dont elle n’avait pas besoin.
Quand je vois Monsieur Kouchner se comporter comme un général d’armée et je l’entends appeler à la destruction de Nahr Al Bared, je devine l’importance de l’irresponsabilité avec laquelle ce sujet avait été traité.

- Qui est derrière les attentats au Liban ?

Là se présente à nouveau la question de savoir : à qui profite ces crimes ? Peut-on alors accuser la Syrie ? Les syriens savent parfaitement que leur pays est la principale cible. Je crois que la Syrie est totalement étrangère à ces attentats.

- D’après vous, qui a assassiné Wassam Eid ?

Cet assassinat est l’œuvre de ceux qui étaient proches de lui et qui travaillaient dans son entourage. Ici, l’essentiel n’est pas de connaître les exécutants de ce crime mais plutôt les commanditaires.

- Pourquoi tous ces assassinats ?

A travers ces assassinats, le but recherché est le maintien de la crise et son aggravation. Ces attentats ne ciblent un individu que dans l’unique but d’aggraver cette crise. De là nous nous posons une question au sujet de l’assassinat de Pierre Gemayel et sur l’importance du dérangement que représentait cette personne. En vérité, le but de cet assassinat était la propagation du feu amorcé sur le fil conducteur de la crise.

- D’après vous, pourquoi monsieur Geagea ressent-il tant de force et d’assurance ?

Une seule explication à cela : il est du côté de ceux qui exécutent ces crimes. Toujours à propos des ces assassinats, monsieur Joumblatt accuse le Hezbollah.….Il est certain pour tous que le Hezbollah n’a aucun lien avec tous ces crimes qui servent les intérêts de ses ennemis.

- Vos déclarations se basent-ils sur des faits ou des analyses ?

Les deux à la fois. A propos de l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri les enquêteurs affirment qu’ils possèdent des preuves. Mais alors qu’ils les avancent. Pourquoi ne les annoncent-t-ils pas ?

- A propos de l’entente Hezbollah (Courant Patriotique Libre), comment appréciez-vous cette entente ?

D’abord il faudra que l’on signale la modération et le calme qui caractérisent la personnalité de Hassan Nasrallah. A travers cette entente, Michel Aoun a agit en écartant tous les dangers d’une nouvelle guerre civile. Le Hezbollah est un fort garant aux chrétiens et à leur rôle important au Liban et au Moyen Orient. Si j’étais chrétien libanais, je me serais allié à Michel Aoun et aurais soutenu sa politique. Croyez-vous que les chrétiens au Liban, de surcroît minoritaires dans le monde arabe, pourraient vivre sous l’emprise salafiste ?

- A propos de la politique de la France envers le Liban, comment appréciez-vous cette politique ?

Cette politique interpelle la désolation, ceci depuis le règne de Jacques Chirac qui confondait ses intérêts avec ceux de la France. Avec Nicolas Sarkozy, les considérations personnelles ne sont plus comme elles étaient du temps de Chirac ; cependant Sarkozy n’est pas Charles De Gaulle et est très proche des américains.
Quant au ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, il est l’homme des idéologies et agit en s’y référant. Dans la situation libanaise et dans la question iranienne, souvent il agit à partir de ses émotivités juives ; n’était-t-il pas un des rares qui avaient soutenu l’invasion de l’Iraq ?

- Vous avez évoqué le caractère modéré du Hezbollah ; cependant les médias en France disent le contraire ?

Les médias en France tentent de faire croire et admettre que le Liban est divisé en deux parties : le groupe de la démocratie, c’est-à-dire celui au pouvoir et le groupe pro syrien, c’est-à-dire l’opposition.

- Sur quoi vous vous basez pour croire que le groupe au pouvoir est plus démocratique que les autres ?

L’ironie est le fait qu’une bonne majorité des gens actuellement au pouvoir, s’était rassasié depuis longtemps, tout en étant à table, hôte de syriens, et qu’aujourd’hui elle accuse Michel Aoun d’être proche de la Syrie. Enfin, le Hezbollah en 2008 n’est pas celui de 1985. Il est un mouvement de résistance à l’occupation, et son chef, Hassan Nasrallah, agit au Liban comme avait agit De Gaulle en France.

- Avez-vous l’intention de visiter prochainement le Liban ?

Je visite souvent le Liban et mon plus grand souhait est de rencontrer un jour Hassan Nasrallah : cette divine personnalité mérite grand respect

 

Source: http://libanresistance.blogspot.com/200 … -bris.html

Le retour de Dick Cheney

« D’après des sources au sein de services de renseignement à Washington, le Vice Président a recommencé à exhorter Bush à agir contre l’Iran avant la fin de sa présidence. » Philip Giraldi.

Après la publication du rapport NIE 2007 des services de renseignements américains sur l’Iran qui affirme que Téhéran a arrêté son programme nucléaire depuis 2003, contredisant toutes les affirmations de plus en plus alarmistes de l’administration Bush, le monde entier a poussé un soupir de soulagement. L’Amérique ne se lancerait finalement pas dans une troisième guerre au Moyen Orient, avec tous les risques d’extension incontrôlable pouvant déboucher sur un embrasement généralisé.

Curieusement, ce n’est semble-t-il pas l’affirmation de l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien qui a soulagé les chancelleries.

Philip Giraldi, un ancien agent de la CIA, qui s’est déjà distingué en 2005 pour avoir révélé les plans de Cheney de préparation d’une attaque nucléaire contre l’Iran, analyse l’évolution récente des discours et de Bush et dépeint une situation bien plus inquiétante.

Loin de l’avoir dissuadé d’attaquer l’Iran, le rapport NIE 2007 a surtout vexé Bush et l’a conforté dans ses certitudes guerrières. A en lire cet extrait d’un article du Monde, les va-t-guerre américains ont malheureusement aussi leurs relais en France : « La diplomatie piétine aussi parce que, ces dernières semaines, l’administration Bush, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, se sont consacrés à réparer les dégâts causés par le rapport des agences de renseignement américaines, publié le 3 décembre 2007. »

Dominique Larchey-Wendling

Le retour de Dick Cheney

par Philip Giraldi, Huffington Post, 21 janvier 2008

Il y a là une forme d’ironie toute particulière : les rencontres qui sont ostensiblement dédiées à la cause de la paix sont fréquemment utilisées pour préparer la guerre. La visite que le président George W. Bush vient de terminer au Moyen Orient en est un exemple précis. L’objectif affiché de pousser les Palestiniens et les Israéliens à faire la paix a rapidement été dilué dans un agenda plus vaste de confrontation avec l’Iran devenant le point d’orgue des rencontres avec les amis Arabes de l’Amérique lors des étapes en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes qui ont suivit les trois jours passés en Israël. L’agenda de Bush visait les alliés présumés de l’Iran dans la région, tout particulièrement la Syrie, le Hezbollah et le Hamas ; ils ont tous été critiqués pendant et après cette tournée.

Depuis son retour à Washington, les attaques verbales contre l’Iran et la dénonciation de ses prétendues "ingérences" dans le golfe Persique ont continué de plus belle. La révélation de nombreux aspects de "l’incident du détroit d’Ormuz" du 6 janvier qui montrent qu’il s’agissait d’une histoire largement fabriquée par le Pentagone n’a pas diminué la fureur contre Téhéran de l’administration et des candidats à la présidence du parti républicain, l’un d’entre eux ayant même suggéré que si les iraniens s’étaient approché un peu plus des navires US, il les aurait envoyé directement au paradis comme martyrs afin qu’ils puissent essayer les vierges qui leur ont été promises.

Certaines de mes sources à Washington pensent que lorsqu’il était en Israël, Bush a donné son feu vert au premier ministre Ehud Olmert et à l’autorité Palestinienne pour attaquer et détruire le Hamas dans la bande de Gaza, en utilisant tous les moyens nécessaires. Israël n’avait guère besoin d’encouragement et a seulement été restreinte dans son action parce qu’il craignait qu’un nombre important de victimes civiles ne vienne ternir son image publique. En outre, Mahmoud Abbas, le président de l’autorité Palestinienne, était lui aussi heureux de pouvoir se débarrasser du Hamas, d’autant plus qu’il était parfaitement conscient d’être dans l’incapacité de résoudre ce problème avec ses propres moyens. Il en résulte une série de frappes aériennes israéliennes majeures sur Gaza qui ont tué vingt sept palestiniens dans les dix derniers jours ; bon nombre d’entre eux étaient des civils. En novembre, après la conférence de paix d’Annapolis, il y eut également une escalade similaire pendant laquelle trente deux palestiniens ont été tués par les israéliens. Aucun signe ne montre que l’accumulation des cadavres n’ait affaibli le Hamas d’une quelconque manière.

On aurait pu penser qu’à la fois Israël et les Etats-Unis, sans même parler de Mahmoud Abbas, auraient finalement compris qu’il n’existe pas de solution militaire au problème que pose le Hamas à Gaza, mais cette nouvelle attitude, plus ferme, est le produit de la résurgence du vice président Dick Cheney et des faucons néoconservateurs qui l’entourent.

Cheney et ses amis sont à nouveau en train de planifier une attaque contre l’Iran préalable à la fin du mandat de Bush. La capacité du vice président à dicter la politique étrangère de la Maison Blanche s’était érodée l’année dernière lorsqu’une série d’articles est parue dans le Washington Post, détaillant comment il avait la main haute sur de nombreux choix politiques de l’administration, au détriment du président.

Il a été rapporté que le président Bush fut choqué par la suggestion qu’il était un poids plume politique par rapport à son adjoint et il a alors choisi de placer sa confiance dans les politiques plus modérées promues par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et ministre de la défense Robert Gates.

Le succès de Cheney pour reprendre le contrôle du processus de décision en politique étrangère est venu de l’exploitation du manque de confiance du président Bush dans la communauté du renseignement qu’il considère depuis longtemps comme hostile à sa politique interventionniste. La communauté du renseignement travaille pourtant pour le président et est constituée de si nombreux contre-pouvoirs qu’elle est incapable de jouer un tel rôle. Cet argument est hors sujet depuis longtemps dans la mesure où l’administration et ses soutiens ont trouvé en elle un bouc émissaire bien utile à leurs échecs désastreux en politique étrangère.

La publication du rapport "National Intelligence Estimate" (NIE) sur l’Iran début décembre a apporté l’élément clef qui a permit à Cheney de remettre le président sur une voie plus belliqueuse. Dans la mesure où le NIE a défendu la thèse que l’Iran a abandonné son programme d’armes nucléaires, il a largement été perçu comme contradictoire avec la politique de l’administration qui cherchait à diaboliser l’Iran et provoquer un changement de régime. Bush, qui est un homme immodérément têtu même dans les meilleures circonstances, n’était certainement pas prêt à laisser les faits changer sa manière de penser.

C’est pendant le voyage du président Bush au Moyen Orient qui vient juste de se terminer que ce processus de distanciation avec les agences de renseignements a culminé lorsque le président a déclaré au premier ministre Ehoud Olmert et aux Saoudiens que le rapport NIE n’avait pas d’influence sur son point de vue sur l’Iran. A un moment, il a dit : "j’ai défendu nos services de renseignement, mais j’ai été clair sur le fait qu’ils sont une agence indépendante ; qu’ils aboutissent à des conclusions qui ne sont pas déterminées par ce que je voudrais ou ne voudrais pas."

Bush a aussi dit à Olmert qu’un rapport des services de renseignements israéliens qui détaille la menace que pose l’Iran et affirme que les programmes d’armement sont de nouveau en place et fonctionnent correspond mieux à sa propre estimation. L’affirmation de Bush comme quoi la communauté du renseignement serait indépendante du gouvernement dont elle serait une branche séparée est bien-sûr complètement absurde mais symptomatique du mode de pensée de Cheney et de ses soutiens.

Bush et Cheney sont à nouveau sur la voie d’un programme visant à renforcer la rôle de la démocratie américaine au Moyen Orient, par la force des armes si cela est nécessaire. Lorsque le directeur des services de renseignements Mike McConnell et des analystes de haut rang de la CIA ont briefé le vice président Cheney à propos de potentiels retours de bâtons suite à une confrontation militaire avec l’Iran début janvier, Cheney fût méprisant, répondant que les Etats-Unis pouvaient faire face à n’importe quelles conséquences.

Le vice président qui, selon des témoignages, a régulièrement dénigré les rapports des services de renseignements US aux réunions du Conseil National de Sécurité, défend le point du vue que la communauté du renseignement se venge pour avoir été blâmé de la piètre qualité des informations qui ont contribué à l’invasion de l’Irak et sape délibérément la politique américaine vis-à-vis de l’Iran.

McConnell, et le général Micheal Hayden de la CIA se sont senti frustrés de l’hostilité en provenance de la Maison Blanche. A contre-coeur, ils en sont arrivés à la conclusion que Cheney dénigre intentionnellement et délibérément les agences de renseignement US par le biais de ses alliés au sein des "think tanks" de Washington d’obédience néoconservatrice. Il a également personnellement soutenu la campagne médiatique contre le rapport NIE, qui s’est concentrée sur les relais médiatiques usuels des néoconservateurs, le Wall Street Journal, le Weekly Standard, la National Review et Fox News.

D’après des sources au sein de services de renseignement à Washington, le vice président a recommencé à exhorter Bush à agir contre l’Iran avant la fin de sa présidence. Cheney a suggéré que si Israël agit contre l’Iran, les Etats-Unis seront entrainés dansl’attaque et n’auront d’autre choix que de rejoindre Tel Aviv dans l’action militaire.

Le retour de Cheney et l’instabilité qui fait suite aux tentatives de Bush de revigorer la coalition arabe anti-iranienne chancelante a alarmé plusieurs membres de haut rang de la communauté du renseignement américaine, qui font maintenant marche arrière quand à leur affirmation optimiste que le NIE sur l’Iran empêcherait une attaque US de l’Iran.

Beaucoup pensent maintenant que Bush est d’accord avec Cheney sur le principe qu’un conflit militaire avec l’Iran doive être déclenché avant que le nouveau président ne prenne ses fonctions.

Philip Giraldi est un ancien agent de la CIA, spécialiste des questions de sécurité et de contre-terrorisme.


Publication originale Huffington Post, traduction Dominique Larchey-Wendling pour Contre Info.

 

Israël informera George Bush des options d’attaque contre l’Iran

Uzi Mahnaimi à Tel Aviv, pour The Sunday Times (Royaume-Uni), le 6 janvier 2008

Les responsables de la sécurité israélienne transmettront au président George W. Bush leurs plus récents renseignements concernant le programme nucléaire iranien et sur la manière dont il peut être détruit, lorsqu’il débutera cette semaine à Jérusalem sa tournée du Moyen-Orient.

Le ministre de la Défense, Ehud Barak, dit vouloir le convaincre qu’une attaque militaire israélienne contre les installations d’enrichissement d’uranium en Iran serait réalisable si les efforts diplomatiques ne permettent pas d’arrêter les activités nucléaires. Un éventail d’options militaires a été élaboré.

Ehud Barak, ministre de la défense

Le mois dernier, il a été révélé que le rapport du National Intelligence Estimate US, rassemblant les informations provenant de 16 organismes, avait conclu que l’Iran a mis fin en 2003 à un programme secret d’armes nucléaires.

Il est entendu que les services de renseignements israéliens sont d’accord pour dire que le projet a été interrompu vers l’époque de l’invasion de l’Irak par les États-Unis, mais qu’ils possèdent des informations aussi solide que le rock que depuis, le projet a été relancé.

Alors que les responsables de la sécurité sont réticents à révéler toute leurs informations, craignant que les fuites pourraient mettre en danger l’élément de surprise de toute attaque future, il est attendu qu’ils présenteront au président les derniers détails des activités d’enrichissement d’uranium de l’Iran, qui pourraient être utilisés à des fins civiles ou à des fins militaires, ainsi que pour le développement de missiles qui pourraient transporter des ogives nucléaires.

Dans une interview avec le quotidien israélien Yediot Aharonot ce week-end, le président Bush a fait valoir qu’en dépit de l’appréciation de renseignements US, l’Iran continue de poser une menace.

« J’ai lu attentivement le rapport de renseignement», a déclaré le président Bush. « Essentiellement, ce que le rapport dit est que l’Iran avait élaboré un plan secret pour développer des armes nucléaires. »

« Je dis qu’un État qui a adopté une politique non transparente et qui avait élaboré un plan secret pour fabriquer des armes nucléaires pourrait aisément élaborer un plan alternatif dans le même but. Ainsi, pour conclure sur le rapport de renseignement qu’il n’y a pas de plan iranien de développement d’armes nucléaires, ne sera qu’une vérité partielle. »

Les responsables de la sécurité israélienne croient que la seule façon d’empêcher l’enrichissement d’uranium de qualité militaire est de détruire les installations iraniennes. De nombreux Israéliens sont impatients de savoir si les États-Unis donneront à leur pays le feu vert à une attaque, tel qu’ils l’ont fait en septembre dernier, lorsque Israël a attaqué un mystérieux site nucléaire en Syrie.

Bush a refusé de parler lorsqu’on lui a demandé s’il serait favorable à une attaque israélienne. « Mon message à tous les pays de la région, c’est que nous sommes en mesure de résoudre le problème d’une manière diplomatique, mais toutes les options sont sur la table » a-t-il dit.

Traduit au mieux par Dany Quirion pour Alter Info
Source: http://www.timesonline.co.uk/tol/news/w … 137521.ece