Syrie: le traitement fallacieux du Massacre de Houla par la presse britannique
A l’heure d’un nouveau massacre extrêmement grave perpétré à Treimsa (Tureymisah), devenu nouveau village martyr après Houla et Al Koubeir, et de l’intensification des combats entre rebelles et loyalistes, nous souhaitons une fois de plus appeler à la prudence envers les accusations contre le gouvernement Assad, et revenir sur les réactions des médias face au premier massacre désormais attribué aux forces de la mouvance anarchique anti-Assad, ce qui éclaire forcément les 2 autres.

En Angleterre, quelques sites veillent au discours médiatique, comme ici MEDIALENS qui se livre à une analyse sans concession des médias britanniques, un peu comme ACRIMED en France. Mais rien sur ces massacres sur le site d’ACRIMED… Contacté en milieu de mois, avec à l’appui nos précédentes traductions d’articles, le site ACRIMED n’a toujours pas répondu. Un autre site, NEWS SNIFFER , sans équivalent en France, comme ça c’est encore plus simple, renseigne les citoyens britanniques sur les changements de contenus opérés dans des articles parus sur des dizaines de sites officiels du gouvernement et des principaux médias britanniques. Concernant le massacre de Houla, cette surveillance éditoriale est très fructueuse, et montre comment les médias officiels renâclent à intégrer les conclusions dissonantes de médias beaucoup plus autonomes et honnêtes qu’eux.
Ce mur médiatique est bien connu de ReOpen911, qui l’affronte chaque jour avec des fortunes diverses. Et pour quelques percées significatives, n’oublions jamais qu’une seule "piqûre de rappel" de la VO du 11/9 à la "grand messe du 20H00", repousse des millions de téléspectateurs un peu plus loin dans les dédales de l’ignorance et de la mystification qui empêchent une vraie démocratie de respirer, comme en cet instant avec la Syrie où en fait, avec la complicité des médias, des puissances étrangères dont la France empêchent le peuple syrien très majoritairement pacifique et méfiant de respirer – et nous avec, qui sommes là encore rejetés dans l’ignorance – c’est à dire d’accomplir sa mission de démocratisation par une pression populaire et parlementaire sur le gouvernement Assad qui a amorcé des réformes et procédé à des élections (un parlementaire légitimiste sunnite converti au chiisme a d’ailleurs été exécuté lors du massacre de Houla).
Nous devrions tous concentrer nos efforts sur ce mode de transition, au lieu d’enterrer hier le rapport de la mission d’observation de la ligue arabe, et à présent de saper en coulisses tous les efforts de la mission Annan. Nous n’avons aucune leçon à donner à la dynastie Assad, aussi violente ait-elle été par le passé. Si nos yeux de démocrates calibrés se révulsent aujourd’hui, quid de ceux de nos gouvernants élèves de Machiavel, qui trouveront en aparté de quoi justifier leurs complicités de massacres, persuadés qu’ils sont de travailler pour le confort énergétique et matériel de leurs peuples à la pensée trop limitée, tout en cajolant les intérêts de leurs grands argentiers ?
Si la Turquie vocifère contre Assad, tout en s’aventurant dans son espace aérien et en hébergeant et armant des camps rebelles aidés par la CIA et nichés au milieu des réfugiés (rien dans les médias dominants, et Annan n’a pas pu tout visiter…) quid de la "grande catastrophe d’Asie Mineure" de 1922, du massacre arménien si cher à nos gouvernements, et de la répression contre les kurdes ?
Car depuis 1970, combien de millions de morts de par le monde, doivent être imputés aux forces qui conspirent à présent contre le gouvernement Assad ? Et combien à la dynastie Assad ? Quant au trésor oligarchique présumé des Assad, est-il comparable aux appétits des multinationales pétrolières et des stratèges et politiciens occidentaux qui, outre le sol et le gaz syriens, visent le pétrole iranien ? Même madame Assad n’est pas épargnée, alors que les frasques des élites occidentales en guerre partout, et des dignitaires du Golfe sont légions, de Hollywood à Miami, de Genève à Monaco, d’Ibiza aux Seychelles en passant par tous les paradis fiscaux, City en tête… N’oublions jamais, comme pour l’affaire du 11-Septembre, combien le chemin de la vérité est éloigné des Aboiements de Dissuasion Massifs des médias, politiciens et affairistes occidentaux dominants, surtout lorsqu’ils sont en guerre. L’article qui suit le prouve encore une fois, en attendant la vérité sur Al Koubeïr et Treimsa.

Inhumation des victimes du massacre de Houla, photo AFP reprise par The Guardian
Massacre de Houla, mise à jour : le rapport des Nations Unies

Ce que les lecteurs étaient supposés faire, à part y voir, n’était pas très clair. Après tout, l’un des grands triomphes de la politique moderne est la presque totale étanchéisation de la politique étrangère des USA-Royaume-Uni contre les pressions démocratiques. Dans l’article, David Randall (ci-contre) écrit ces phrases amères : « Il est le Président, elle est la Première Dame ; ce sont des enfants morts. Il gouverne, mais ne protège pas ; elle fait du shopping, et s’en fiche… et on se prend à espérer que ceux du Conseil de sécurité des Nations Unies, lors de leur prochaine réunion, regarderont dans les yeux fixes de ces enfants morts et se souviendront des mots creux de l’épouse d’Assad lorsqu’elle a geint qu’elle réconfortait les familles des victimes de son pays.»
Cependant, comme nous l’avons expliqué dans notre bulletin d’alerte du 13 juin, des fissures sont apparues très vite. Il s’est avéré que des femmes et des enfants n’avaient PAS eu leurs gorges tranchées, comme cela avait été universellement rapporté. De plus, le rédacteur en chef de BBC world News Jon Williams (ci-contre) a commenté : « A Houla, et maintenant à Koubeir, on a pointé du doigt les shabiyas, la milice pro-gouvernementale. Mais si on met de côté le nombre tragique de morts, les faits sont très ténus : qui a ordonné les tueries, ou pourquoi… ce n’est pas clair. » Mes ces commentaires, et une poignée d’autres –ainsi que les sources à leur origine – furent maintenus à la marge et ne firent jamais l’enjeu de discussions entre médias. De façon inexplicable, leurs implications vis à vis des déclarations des medias faites auparavant restèrent lettre morte, sans examen ni discussion.
The Independent, qui, comme évoqué, s’était empressé de prendre la tête du battage sur Houla, décrit ainsi les conclusions de l’ONU : « Des hommes armés ont investi hier le quartier général d’une TV syrienne pro-gouvernement, tuant 7 employés, kidnappant les autres et démolissant des bâtiments. Le gouvernement a décrit les assassinats comme un « massacre », au moment même où l’ONU accusait les forces gouvernementales du massacre de Houla. » S’il s’agissait d’une grosse erreur d’interprétation des conclusions de l’ONU, celle-ci en devenait absurde en cliquant vers un lien qui propose d’en savoir plus, et qui redirige les lecteurs vers le texte de Patrick Cockburn (ci-contre) : « Le rapport de l’ONU sur le massacre de Houla le mois dernier, près de la ville de Homs au nord du pays, ne nomme pas ceux qui sont responsables, disant seulement que des forces loyales envers le gouvernement « sont susceptibles d’être responsables » d’un grand nombre de morts. Il ne nomme pas les milices alaouites –les Shabiyas- comme responsables, ainsi que cela a été largement rapporté, mais il dit que c’était très facile pour elles de s’y rendre. » C’est bien cela qui était l’information nouvelle: le rapport de l’Onu avait fortement contredit la certitude « largement diffusée », mais fausse.
De façon contrastée, et avec plus de précision, Alex Thompson (ci-contre) de Channel4 a tweeté : « rapport sur la Syrie de l’ONU : le massacre de 108 personnes à al-Houla peut avoir été perpétré aussi bien par des milices pro-Assad que des anti-Assad. Nous avons écrit à Thompson : Intéressant, le Guardian rapporte l’info de cette manière : ‘« des loyalistes du gouvernement syrien « sans doute responsables du massacre » –rapport de l’ONU ». Thompson a répondu : "vrai, mais l’ONU dit de façon identique que des milices anti-gouvernementales ont pu le faire. Et je parle en tant que personnalité interrogée par l’ONU à ce sujet. »
L’ex journaliste du Guardian et de l’Observer, Jonathan Cook, nous a adressé cet email : « Oui, en fait, la une du Guardian affirmant que des loyalistes du gouvernement syrien « sont sans doute responsables » du massacre de Houla, est simplement grotesque. Le récit déjà vendu par le Guardian (et tous les autres) est qu’ils « étaient » responsables. Donc il devrait être particulièrement évident aux yeux des rédacteurs en chef que la seule information de ce rapport de l’ONU est que les loyalistes peuvent très bien ne pas être responsables. Jonathan » (email à Medialens, 27 juin 2012)
A peine trois jours après que le rapport de l’ONU ait été publié, Martin Chulov a écrit dans The Guardian : « Une famille originaire de Houla, où un massacre fin mai a été largement attribué à des soutiens du régime, a trouvé refuge dans le village syrien de Qatma, près de la frontière turque. » Dans l’article, qui se concentrait exclusivement sur les perspectives de l’opposition syrienne armée, Chulov n’a pas mentionné le rapport de l’ONU, ou le fait qu’il avait mis en cause les allégations largement répandues. Au lieu de cela, il conclut : « Là où l’ONU et la Communauté internationale peuvent avoir été considérées comme pondérées dans les Balkans, elles sont vues sous un jour bien plus sombre par l’opposition syrienne –incapables d’agir. « Leurs discussions à Genève sont insensées », a déclaré Idris (un exilé syrien). « Cela ne va rien changer. » Considérées « pondérées » par qui ? Sans doute pas l’opposition syrienne. Et sans doute pas ceux d’entre nous qui furent émus par la propagande mensongère utilisée pour justifier la guerre de l’OTAN contre l’opposition serbe en 1999. Chulov pensait, bien évidemment, aux gens bien pensants. Le commentaire rappelait la réponse antérieure de Chulov via twitter : « Cela a pris beaucoup de temps pour mobiliser le soutien à une réponse en Bosnie et au Kosovo. En Syrie, ce sera encore plus difficile. »
Le site de la BBC a d’abord commenté « les enquêteurs de l’ONU et l’auteure du rapport Karen Abuzayd (ci-contre) ont raconté à la BBC que « ces actes sont susceptibles d’avoir été commis par trois groupes différents. Elle a dit que "les forces gouvernementales étaient responsables du pilonnage d’artillerie initial, au cours duquel quelques personnes ont perdu la vie. Mais ce qu’elle a appelé ensuite le « massacre » dans les maisons de la population, a été perpétré soit par des miliciens des villages alaouites, connus sous le nom de Shabiyas, soit par des groupes armés de l’opposition. » Comme le site « News Sniffer » l’a noté et archivé, ces mots ont été rapidement nettoyés. Des commentaires similaires ont été rétablis plus tard.
- Syrie: le remède pire que le mal, par Gilles Pichon, le 21 juillet 2012 sur le site Atlantico
- Syrie: Une analyse de la crise syrienne, publiée par l’EPEE Experts Partenaires pour l’Entreprise à l’Étranger, société de conseil en intelligence stratégique, et relayée sur le site Afrique Asie par son auteur Fréderic Pichon, le 12 juillet 2012
- L’oposition syrienne : qui produit le discours ? (The Guardian), par Charlie Skelton, Le Grand Soir, le 18 juillet 2012
- Une élimination, confirmation sur le massacre de Houla, par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, article de Reiner Hermann, paru le 13 juin 2012
- Nouvelles révélations sur le massacre de Houla, par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, article de Reiner Hermann, paru le 6 juin 2011
- L’ASL nous a attiré dans un piège pour nous faire exécuter, par Channel4news, article de Alex Thompson
- Syrie: Manœuvres militaires en Jordanie…simple message ou signes avant-coureurs d’une opération militaire conjointe de 19 pays par le Dr. Amin Hoteit, Mondialisation.ca, le 23 mai 2012
- Giulietto Chiesa : Vastes exercices militaires US à la frontière jordano-syrienne, mais quel curieux hasard… par Giulietto Chiesa, sur Megachip, le 14 mai 2012
- Obama et le Pentagone préparent les plans de guerre contre la Syrie par Bill Van Auken, InternationalNews, le 9 mars 2012
- Paul Craig Roberts : Pourquoi les Américains ne peuvent-ils pas avoir de vraie démocratie ? par Paul Craig Roberts, pour mondialisation.ca, le 5 mars 2012
- The Telegraph : 13 officiers français capturés par l’armée syrienne par Henry Samuel, Paris, et Amy Willis, The Telegraph, le 5 mars 2012
- SYRIE : Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l’homme par Michel Dakar, mondialisation.ca, le 27 janvier 2012
- Les USA envoient un très vieux porte-avions vers l’Iran… par Papinette, sur AgoraVox, le 27 janvier 2012
- L’OTAN et la CIA arment en cachette les rebelles syriens afin d’affaiblir l’Iran par Daan de Wit, DeepJournal, le vendredi 27 janvier 2012
- John Pilger : La guerre mondiale contre la démocratie par John Pilger, mondialisation.ca, le 22 janvier 2012
- Le journaliste Chris Hedges nommé « homme de la semaine » par TruthDig pour sa dénonciation de la loi NDAA sur la détention préventive indéfinie paru sur TruthDig, le 20 janvier 2012
- La guerre financière globale, l’escalade dans le golfe Persique et les menaces vitales contre le système des pétrodollars par Maxime Chaix, sur mondialisation.ca, le 15 janvier 2012
- Les USA « tournent la page » vers de nouvelles guerres par Manlio Dinucci sur mondialisation.ca, le 7 janvier 2012
- (en anglais) Coleen Rowley: VIPS Memo to Obama: Avoid Another Long War par Coleen Rowley, sur xydo.com, le 4 janvier 2012
- Etats-Unis : Obama signe la loi controversée sur la Défense et la détention indéfinie sans procès paru sur mondialisation.ca, le 2 janvier 2012, article original de Russia Today
- John Pilger : Obama, le fils de l’Afrique, s’accapare les joyaux du continent par John Pilger, sur mondialisation.ca, le 21 oct. 2011
- Faire la guerre « au nom » des victimes par Jean-Claude Paye et Tülay Umay, sur VoltaireNet le 9 mai 2011
- Sibel Edmonds : Mais au fait, l’OTAN, c’est quoi exactement ? par Sibel Edmonds, sur son blog BoilingFrogs, le 8 décembre 2011
- Programme nucléaire de l’Iran : on recycle la propagande orchestrée pour la guerre en Irak (Democracy Now !) Interview de Seymour Hersh par Amy Goodman, sur DemocracyNow!, repris en français par Le Grand Soir, le 30 novembre 2011
- L’engagement armé de l’Allemagne en Afghanistan: Au delà du droit allemand et du droit international (en 2 parties) | Frankfurter Rundschau | par le juge fédéral de la cour de Karlsruhe Dieter Deiseroth, le 26 novembre 2009
S’il n’y avait que la presse britannique….
A voir absolument!
http://www.youtube.com/watch?v=neqMGQiNz2I&feature=player_embedded
Inventaire exhaustif des opérations sous fausse bannière connues:
New Suspect in Batman Colorado Massacre
http://www.infowars.com/our-government-is-the-number-one-suspect/
Peu après le massacre de Houla le journaliste free lance russe Marat Musin avait publié une contre enquête sur le terrain allant à contre sens des affirmations des médias occidentaux.
THE HOULA MASSACRE: Opposition Terrorists « Killed Families Loyal to the Government »
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=31184
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/PRCoISyria15082012_en.pdf
pour l’ONu aussi, ce sont les chabihas responsables de Houla….
le cancer de la novlangue des néo-conservateurs est partout :l ‘armée régulière commet des crimes contre l’humanité, mais l’ASL, qui n’est pas une armée, commet elle des crimes de guerre… comprenne qui peut…