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A qui profitent les révélations de Wikileaks ?

Nombreux sont ceux autour de nous qui pensent que le monde se porte mieux avec Wikileaks que sans. Il suffit d’écouter les personnes interviewées par les télévisions ou les journaux, de discuter avec nos collègues ou nos proches, cet avis est largement partagé. Et il est vrai que l’image d’une nouvelle espèce de James Bond seul contre tous, défiant les gouvernements et les Services secrets de tous les pays, désormais recherché par toutes les polices du monde (Interpol vient d’émettre un mandat d’arrêt), et profitant d’Internet pour briser les grands secrets  des États, a tout de captivant. Pourtant, maintenant que nous sommes prévenus des possibles "implants mentaux" dont parle Pino Cabras, autrement dit les "messages cachés" que pourrait véhiculer ce "11-Septembre de la diplomatie et de l’Internet", il convient de  nous intéresser à la question de qui profite véritablement de ces "révélations". C’est ce que s’attache à faire le journaliste Hicham Hamza dans cet article fouillé et bien documenté paru hier sur oumma.com.

 

 

 


 

A qui profitent les révélations de Wikileaks ?

Hicham Hamza, Oumma.com, 30 nov. 2010

Psychodrame international. Dimanche, le site Wikileaks a commencé à dévoiler des centaines de milliers de rapports diplomatiques, la plupart classés confidentiels. En ligne de mire : les Etats-Unis mais aussi, et surtout, l’Iran, la Turquie et le Pakistan. Retour sur une divulgation unanimement critiquée par les chefs de gouvernement à travers le monde, à l’exception d’un seul qui l’a salué aujourd’hui : le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Des potins sur les grands de ce monde : c’est ce qui ressort de la couverture médiatique initiale au sujet des 250000 mémos diplomatiques en cours de publication par le site Wikileaks et son porte-parole, Julian Assange, déjà interrogé précédemment par Oumma. Aucun secret d’Etat n’est dévoilé. Sarkozy en « empereur nu, autoritaire et susceptible », Angela Merkel surnommée « Teflon »,  Berlusconi en amateur de « parties sauvages », Kadhafi et son « infirmière ukrainienne, blonde et voluptueuse » et Poutine vu comme un « mâle dominant » : la géopolitique abordée sous l’angle people. Plus intéressantes sont les révélations, dignes d’un thriller d’espionnage, sur la propension des diplomates américains à recueillir tout élément d’information (y compris l’ADN) au sujet d’individus jugés intéressants par le Département d’Etat. De même, une rumeur stupéfiante, autrefois envisagée avec dédain par les zélateurs de Washington, est désormais confirmée : les Etats-Unis ont proposé de réaliser un « troc » entre prisonniers de Guantanamo et avantages diplomatiques en tout genre à des pays divers tels la Belgique et la république insulaire de Kiribati. D’autres informations sont plus anecdotiques comme celle relative au vice-président afghan, Ahmed Zia Massoud, transportant 52 millions de dollars en cash aux Emirats arabes unis. Un autre secret de polichinelle est aussi confirmé : la prépondérance de notables saoudiens dans le financement d’Al Qaida. Plus compromettante pour les Etats-Unis est la divulgation d’un mémo indiquant les intimidations des Américains à l’encontre de l’Allemagne pour ne pas poursuivre en justice la CIA, responsable de la séquestration en Afghanistan d’un citoyen allemand confondu avec un terroriste.

L’embarras touche aussi le Moyen-Orient : l’Arabie saoudite, la Jordanie et le Bahreïn se révèlent être des partisans vindicatifs d’une attaque américaine contre l’Iran. Autre source de gêne, la position du président yéménite, exprimée en janvier dernier, à l’égard des victimes de bombardements américains dans son propre pays : non seulement il ne condamne pas ceux-ci mais il s’est explicitement engagé à occulter la responsabilité américaine en revendiquant lui-même les attaques contre les groupes islamistes. Inquiet des trafics d’armes et de drogues, le président yéménite, Ali Abdullah Saleh, précise au passage, à l’attention du général américain David Petraeus, se soucier davantage que le whisky arrive à bon port, « pourvu qu’il soit bon ».

La France, nain politique

Qu’en est-il de la France ? La confirmation de ce que l’on savait déjà : l’hostilité des diplomates de l’Elysée, dont le premier en tête, Jean-David Levitte, à l’endroit de l’Iran, cet Etat « fasciste » ou du Venezuela, pays dirigé par ce « fou » de Hugo Chavez. Plus singulière est la révélation relative à l’ancien ministre de la Défense, Hervé Morin  : lors d’un entretien effectué en février dernier avec son homologue américain, le président du Nouveau Centre a fait preuve d’une certaine résistance aux desiderata américains, critiquant l’opportunité d’un nouveau système de défense antimissile sous l’égide de l’OTAN ou la mise à distance de la Russie dans des transactions d’équipements militaires. Au passage, le mémo révèle une chose étonnante : le désaveu du ministre par ses propres subalternes qui ont fait savoir aux Américains que son « opinion » ne reflétait que la sienne. Il est aussi question dans ce rapport confidentiel de l’envoi secret de forces spéciales françaises pour tenter de libérer les journalistes de France 3 détenus en Afghanistan ou de l’engagement du secrétaire américain à la Défense de ne pas embarrasser les Français, sur la question délicate du renfort militaire, au cours de la campagne des élections régionales.

Pour le plus grand bonheur de Tel-Aviv

« Ces [révélations] n’affectent pas du tout Israël, peut-être même est-ce le contraire », a reconnu Giora Eiland, général israélien à la retraite et ancien conseiller d’Ariel Sharon. Ces documents, précise-t-il, « montrent que des pays arabes tels que l’Arabie saoudite s’intéressent bien plus à l’Iran qu’au conflit israélo-palestinien, par exemple ». Le Premier ministre est encore plus enthousiaste : «  Pour la première fois dans l’histoire, il y a un consensus pour dire que l’Iran est la menace ». Lyrique, Benjamin Netanyahu veut s’afficher comme un pacifiste  : « Si la divulgation amène les dirigeants de la région à parler ouvertement contre Téhéran, alors les révélations auront contribué à la paix dans le monde », ajoute-t-il. Priez de ne pas sourire : les documents révélés pas Wikileaks, décrivant une menace nucléaire croissante de la part de l’Iran, les liens de la Turquie avec Al Qaida en Irak, le danger pakistanais et la discorde au sein de la Ligue arabe font les délices de Tel-Aviv qui œuvre, comme chacun le sait, pour « la paix dans le monde ». Gideon Lévy, chroniqueur au quotidien Haaretz, ne s’y est pas trompé : fin octobre, dans un éditorial satirique, il avait félicité, au nom d’Israël, Wikileaks pour avoir démontré au reste du monde que les exactions de guerre commises par les Américains étaient bien plus graves que celles effectuées en 2009 par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. De là à suspecter que Wikileaks est une habile opération psychologique sous-traitée par des services secrets, notamment israéliens, c’est une hypothèse, déjà populaire sur Internet, que rien de substantiel ne permet à ce jour d’étayer. Une chose demeure pourtant évidente : en 2010, les révélations du site ont davantage embarrassé les Etats-Unis, ses alliés au Moyen-Orient et l’Iran qu’elles n’ont gêné d’autres puissances régionales comme la Chine, l’Inde et Israël.

Evidemment, parmi les documents divulgués, certains peuvent titiller quelque peu les alliés traditionnels de Tel-Aviv : ainsi en va-t-il de celui relatif au Maroc. Après avoir qualifié le président Kadhafi d’« émotif » et déploré le danger islamiste au sud de l’Algérie, Meir Dagan, l’ancien directeur du Mossad (qui vient justement de quitter ses fonctions après huit ans de bons et loyaux services en tout genre), avait fait savoir en 2007 aux diplomates américains que le Maroc, confronté au terrorisme, s’en sortait plutôt bien, « en dépit de son roi  ». Sous-entendu : à ses yeux, Mohammed VI n’aurait pas d’intérêt pour la gouvernance du pays. Difficile, pourtant, de concevoir, à ce jour, une réaction indignée de Rabat à l’endroit de Tel-Aviv pour ce propos peu amène.

Autre exemple d’un embarras tout relatif : la révélation d’une inquiétude des autorités israéliennes à l’encontre de l’Iran avant l’accession au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad. En mars 2005, soit quelques mois avant l’élection du maire de Téhéran à la présidence du pays, Ariel Sharon redoutait déjà la prétendue menace nucléaire que constituerait l’Iran à moyen terme. Dans l’opinion publique, le danger iranien est surtout associé au tempérament provocateur de Mahmoud Ahmadinejad . Le mémo de 2005 suggère pourtant que l’Iran, même sous la direction du modéré Mohammad Kathami, était déjà perçu comme la menace la plus importante après l’élimination opportune de celle que représentait l’Irak.

The show must go on

La satisfaction publique d’un Benjamin Netanyahu révèle l’identité du camp réjoui par les dernières révélations de Wikileaks : non pas un quelconque « axe américano-sioniste » mais plus précisément la frange dure des néoconservateurs  américains, israéliens et européens qui propagent, depuis une quinzaine d’années, le fantasme d’un « péril islamo-nucléaire » incarné par le Pakistan et l’Iran et la nécessité, en corollaire, d’assurer la sécurité d’Israël par tous les moyens nécessaires. Le mensonge et la ruse au besoin, comme l’illustre le mythe, toujours impuni, des armes de destruction massive en Irak.

Et le jeu de dupes continue. Dimanche, le ministre italien des Affaires étrangères a qualifié la divulgation opérée par Wikileaks de « 11-Septembre diplomatique ». Peu s’en souviennent mais au lendemain des attentats de New York et du Pentagone, un certain Benjamin Netanyahu s’était publiquement félicité de la tragédie, indiquant qu’il s’agissait d’une « bonne chose pour Israël ». Neuf ans plus tard, le même homme, qui a reconnu avoir anticipé les révélations de Wikileaks, sait toujours comment instrumentaliser positivement les événements de son époque. Pourvu qu’ils soient nimbés de mystère quant à l’identité réelle de leurs commanditaires.

 

Hicham Hamza

Oumma.com, 30 nov. 2010

 

 


 

En lien avec cet article :

 

11 Responses to “A qui profitent les révélations de Wikileaks ?”

  • Shemlotus

    Je trouve l’article trop orienté, puisqu’à ce jour, comme il le précise lui-même, aucun indice ne permet de dire que Wikileaks aurait été instrumentalisé sur cette affaire. Je me permet de faire ce commentaire puisque l’auteur lui-même suggère que ces « cables » diplomatiques sont orientés pour en dire le moins possible sur les alliés des USA et le plus possible sur le danger nucléaire représenté par les pays islamiques.

    Mes réflexion personnelles sur le sujet :

    1) le « fatras » d’informations qui combine à la fois des « analyses » psychologiques, le recueil d’informations personnelles sur l’ensemble des personnalités importantes (et donc notamment politiques) et les conversation diplomatiques « off » ressemble assez à l’idée que je me fais du rôle « obscur » des ambassades, avec son cortège d’impressions subjectives et de platitudes (faut pas croire non plus que les diplomates sont des surhommes hein ^^). Ca me semble donc crédible et effectivement pas très surprenant quant au contenu. Bien sur on peut me rétorquer que pour la manipulation soit bonne il faut que ça ait l’air crédible et je le concède.

    2) La position des pays cités, notamment arabes et Israel, est crédible quand on connait leur animosité envers l’Iran, pays perse qui serait déjà une puissance régionale sans toutes les restrictions économique qu’il subit. Quant à la France, pour le coup, elle s’oppose simplement à une prolifération nucléaire militaire qu’elle ne peut contrôler (i.e. non issue de sa propre technologie), ce qui risque de mettre en péril sa dissuasion nucléaire qui assure à notre petit pays de 60 millions d’habitants, non seulement la tranquillité mais aussi le statut de puissance mondiale.

    3) Jusqu’ici Wikileaks a diffusé des documents crédibles qui n’allaient franchement pas dans le sens des USA (dérapages à gogo lors des guerres américaines) et qui pour tout dire étaient, du fait même de leur source (documents de l’armée américaine) par nature beaucoup plus subversifs que ceux-ci. Je ne vois pas Wikileaks comme une organisation radicalement anti-américaine donc le fait que ces documents me semblent d’un degrès moindre de subversion ne me choque pas : on ne peut pas avoir tous les jours des preuves aussi brûlantes que celles sur les massacres de civils iraquiens. Bien sur cela n’empêche pas une manipulation sur ce coup là …

    4) si manipulation il y a, elle ne peut venir que des USA (directement ou indirectement). Dans le cas contraire les USA auraient dit « bull-shit » et auraient trouvé le moyen de décrédibiliser le site. Dans le cas présent les USA semblent être dérangés par ces révélations ce qui suppose grosso-modo deux scénarios:
    - soit c’est une vraie fuite et je comprend leur positions car ils veulent que leur diplomatie reste « confidentielle », à l’image des autres diplomaties du monde, notamment pour des questions de crédibilité et de confiance.
    - soit c’est une manipulation et donc ils feignent publiquement l’embarra, ils créent de toute pièce un coupable et ils font mine de se préparer à attaquer en justice le site et son concepteur. Par ailleurs il faut que ce soit sacrément bien « coordonné » pour que les pays incriminés (c’est-à-dire ceux qui hormis les USA sont « dénoncés » comme des bellicistes anti-Iran) ne se rebiffent pas (bon bien sur par les temps qui courent pour la France ce ne doit pas être trop difficile). C’est un peu tiré par les cheveux mais après tout une manipulation de cet ordre est tout de même possible.

    Ce que je pense : La grosse majorité, si ce n’est l’intégralité des informations diffusées par Wikileaks sont vraies, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une compilation de vrais « cables » diplomatiques américains. Cependant je n’exclu pas complètement qu’il ai pu y avoir une manipulation subtile consistant à ne sélectionner dans ces vrais « cables » que ceux qui ne sont pas trop dérangeant et ceux qui permettent effectivement de laisser un « implant mental » sur certains sujets, mais alors dans ce cas à mon avis Wikileaks est juste le dindon de la farce…

    Bref, ma position est que quelle que soit la « vérité », il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain : Wikileaks ne peut pas être accusé de ne pas révéler toute la vérité (puisqu’ils ne font que diffuser les documents qui leur parviennent). Enfin pour ce qui est de l’association avec des médias mainstream, à mon avis c’est un moyen pour eux d’éviter les critiques d’irresponsabilité et en même temps de gagner en crédibilité et en visibilité, ce qui pourrait être un atout majeur dans le futur (notamment pour la publication de contenus beaucoup plus sensibles).

  • Red Cloud

    On peut relire cet article d’Engdhal, paru ici en août, dont voilà un extrait:

    « Au cours de la même entrevue [parue dans Der Spiegel, qui avait publié les précédentes révélations, sur l'implication du Pakistan], il [Assange] a affirmé : « J’aime écraser les salauds. » Pourtant, si l’on observe de près sa position affichée sur l’une des questions les plus controversées des dernières décennies, à savoir les forces cachées derrière les attaques du 11 septembre sur le Pentagone et le World Trade Center, il se montre curieusement du même avis que l’ordre établi. Lorsque le Belfast Telegraph l’a interviewé le 19 juillet, il a déclaré : « Chaque fois que des personnes en position de pouvoir font des plans en secret, ils fomentent une conspiration. Il y a donc des conspirations partout. Il existe aussi des théories de conspirations délirantes. Il est important de ne pas confondre les deux […] » Qu’en est-il du 11 septembre? : « Cela m’agace constamment que les gens soient distraits par de fausses conspirations comme celles entourant le 11 septembre, alors que nous fournissons des preuves de réelles conspirations concernant la guerre et la fraude financière. » Et qu’en est-il des conférences de Bilderberg? : « En ce qui a trait au réseautage, c’est vaguement collusoire. Nous avons publié leurs comptes rendus de réunion. ». »

    Or seule la divulgation des documents ayant trait, en premier lieu, aux simulations d’attentats et à la mise en place de la Continuité du gouvernement le 11 Septembre serait de nature à avoir un impact décisif sur le cours de l’histoire présente.

    Au contraire, ces révélations de Wikileaks laissent croire que le site est l’ultime contre-pouvoir. Pour l’hyperpuissance qui a tant a caché, c’est une illusion opportune, relayée tout autour du monde avec une efficacité toute particulière par les médias.

    Comme un seul homme: celui qui « aime écraser les salauds » bien sûr.

    Quel poids ont ces révélations d’ailleurs? Le mensonge à la face du monde en 2003, la légalisation de la torture depuis 2002 et surtout le bain de sang depuis 2001 ont-ils changé la donne?

    Que dire enfin de la façon dont certains médias posent la question: triomphe de la technologie au service de la démocratie ou dictature de la transparence? Dans un verbiage nuageux, un hors-sujet définitif et finalement misérable, compte-tenu des enjeux.

  • Sébastien

    Le propre des complots est de ne pas laisser de traces. Demander des preuves sur les soupçons qui pèsent sur Wikileaks est donc parfaitement idiot.
    Ces gens sont beaucoup plus subtils, capables de tours de passe-passe, de sous-entendus au 5ème degré, de diluer n’importe quelle responsabilité à quelque niveau que se soit, manipuler des gens qui manipulent d’autres gens tout en leur laissant croire que la manipulation vient d’eux-même. On voit bien çà dans les films et séries d’Hollywood à longueur d’années. Si de gentils scénaristes l’ont imaginé, pourquoi les gens au pouvoir s’empêcheraient-ils de penser et d’agir ainsi?

    Les preuves sont dans la mécanique, le déroulement et la chronologie des évènements. Si chaque pièce trouve sa place et que l’équilibre des pouvoirs ne change pas, on peut être quasi-certain de l’escroquerie. C’est comme une sorte d’empreinte du complot, de signature. On retrouve les mêmes techniques, souvent les mêmes personnes, ou comme Julian Assange, des personnages mystérieux sortis de nulle part -comme Ben Laden d’ailleurs.
    Sans oublier la fanfare des médias avec les majorettes et les gros tambours qui cachent la petite musique du triangle si on ne tend pas l’oreille.
    Trop louche pour être honnête tout çà…

  • Phrygane

    Si mes souvenirs sont bon, on parle de plus de 200 000 documents révélés par Wikileaks cette fois-ci.

    Et publiés, en petite partie (tout au plus quelques milliers) par des journaux, tels que LE MONDE et d’autres, de même envergure, à l’étranger.
    Ces journaux-là seraient-ils devenus révolutionnaires ou leurs propriétaires, notoirement affiliés à » l’establishment », des révoltés ?

    Ou bien assiste-t-on à une savante opération de tri, ne laissant apparaître que les révélations les moins dangereuses, voire anecdotiques?
    Pour que le grand public, avec le temps assimile l’ensemble des révélations au peu de valeur de celles que l’on a choisi de publier….

    Ainsi on peut penser être informés alors qu’est mise en place une censure bien réelle, pour cause de « secret-défense » sur les éléments les plus gênants.

  • Shemlotus

    Pour ce qui est du sujet du 11 septembre et de la position de Assange sur cela:

    - si, comme je le crois, Assange cherche à ce que Wikileaks gagne en crédibilité auprès de l’opinion publique quitte à se « copiner » avec des médias mainstream (qui occulterons certaines parties trop dérangeantes), je me garderais bien de me prononcer en faveur des théories de conspiration alternatives à la théorie officielle, même si je n’en pense pas moins. Donc dans ce cas je mentirais sciemment quant à mes convictions, si c’est le prix à payer pour être crédible, ce sans quoi de toute façon tout ce que je pourrais diffuser, y compris sur le 9/11, sera immédiatement discrédité. N’oublions pas que l’opinion publique est un système à forte inertie, sur lequel il faut agir progressivement. Bref je vois ça comme du réalisme…

    - si, comme je le crois, Assange est passablement mégalomane, il doit penser que tout ce qu’il n’a pu être révélé par Wikileaks n’ « a pas du arriver ». Dans cette hypothèse, tant qu’il ne possèdera pas des documents fiables et déterminants sur une conspiration interne durant le 9/11 ou sur une obstruction organisée à l’enquête qui s’en suivi (genre mémos internes à l’administration Bush, au FBI, au DoD, à la CIA et compagnie), c’est que, pour lui, celle-ci ne doit pas exister…

    L’un dans l’autre, si je me met dans la peau d’Assange, en partant du principe que celui-ci n’est pas « complice » d’une manipulation, je ne vois aucun intérêt à dire, dans l’immédiat, quoi que ce soit sur le 9/11.

    Bref je pense que si les conspirations et manipulations en tout genre existent, il ne faut pas non plus en voir partout, ce qui n’empêche pas bien sur de s’interroger, voire d’investiguer, sur la question. En somme, il faut rester passablement sceptique et voir les choses de façon rationnelle.

    Donc quand je vois certains commentaires du genre « de toute façon c’est super caché comme conspiration donc on aura aucune preuve et que demander une preuve sur ça c’est idiot », je rétorque que :
    1) le complot du 9/11 est 1000 fois plus important (et dangereux pour ceux qui en sont la source si jamais ça venait à exploser au grand jour) qu’un hypothétique « complot Wikileaks », et que pourtant les indices et preuves formelles s’accumulent de façon quasi exponentielles au point que la version officielle est maintenant totalement bancale pour tous ceux qui s’intéressent au sujet. J’en déduis que demander des preuves ou au moins des indices forts est tout sauf idiot.
    2) C’est exactement avec le même genre d’arguments que certains gens « bien pensant » (je suis sur que vous trouverez des noms de personnalités bien connues) peuvent dire, sans aucune preuve ni indice, que les sites « conspirationnistes » sont manipulés par les mouvements islamistes anti-juifs. La seule justification de ces dires est que puisque ce que disent les sites conspirationniste va à l’encontre des intérets Israéliens et américains, voire plus largement occidentaux, c’est que forcément les gagnants sont les « horribles dictatures et groupes extrémiste arabo-musulmans » qui les manipulent. On voit bien ou ce genre de raisonnement peut mener… personnellement je ne m’y risquerai pas tant.

    Ca faisait un moment que je n’étais pas passé sur le site et ce que je constate, c’est que beaucoup de commentaires sont à mon gout trop excessifs et je pense que ça dessert la cause de l’association reopen (qui, même si c’est regrettable, ne peut être dissociée dans l’esprit des gens, des commentaires qu’elle laisse publier). N’oublions pas que les-dits commentaires sont lus aussi par ceux qui critiquent ce mouvement pour la vérité sur le 9/11. Par ailleurs, j’ai également l’impression que plus ça va plus on dévie du sujet initial aussi bien sur les articles que sur les commentaires, comme en témoigne le présent article. Là-aussi ça ne fait que donner plus de poids à ceux qui désignent reopen comme un site de conspirationnistes compulsifs, facilitant encore l’entreprise de décrédibilisation du mouvement.

    Ce n’est pas que j’ai envi que plus personne n’ouvre sa gueule, mais juste que les commentaires soient plus pondérés (avec des « je crois », des « il est possible », avec des questions posées plus qu’avec des réponses toutes faites, avec différentes éventualités prises en compte, etc.). Je comprend que dans sa volonté de laisser une libre expression totale il n’y ai pas ou peu de censure sur le site, mais j’ai peur que ça finisse aussi par se retourner contre vous et au final contre votre cause, qui elle mérite d’être soutenue (et à mon avis à « plein temps », sans se laisser dévié par d’autre sujets plus ou moins connexes ou supposés tels).

  • Phrygane

    Bien d’accord avec Shemlotus, pour ce qui est du « refus » d’Assange d’adhérer aux thèses « conspirationnistes » sur le 11 Septembre.
    C’est trop facile d’orienter l’opinion ( ou plutôt de la désorienter) vers la conclusion qu’il s’agit de rumeurs quelque peu paranoïaques…

    Si l’on admet l’existence du complot (inside job), cela doit nécessairement peser sur la conscience de ceux qui sont, plus ou moins au courant, disposent d’éléments plus précis mais risquent leur peau.
    Cela cadre assez bien avec les initiatives de Wikileaks, de « tout balancer » ou en tout cas de balancer un maximum de choses gênantes. Même si, pour l’instant, il n’en ressort rien de décisisif, semble-t-il, c’est une sorte de « révolte » sans précédent.

  • luisa

    Il est vrai que les premiers cables semblent anodins. Mais j’ai l’impression qu’on les met en ligne en ordre croissant.
    Hier, alors que Wikileaks était encore en fonction, sur certains sites américains, y apparaissaient des fuites beaucoup plus graves dont en voici quelque uns:

    - Les Américains ont emmagasiné des piles de bombes à fragmentation en Angleterre alors qu’elles sont bannies;
    - Les diplomates américains ont été requis par la CIA de recueuillir toutes les informations sur des diplomates étrangers: # de carte de crédit, compte ouvert sur internet ainsi que les mots de passe, # de téléphone, # de fax, leurs listes de contacts, leurs réseaux socials ainsi que les dates et heures précises de leurs appels téléphoniques;
    - Washington aurait appelé des diplomates de Roumanie, Hongrie et Slovénie afin qu’ils produisent des informations « biométriques » sur des chefs d’état actuels et à en devenir, informations sur leur santé et vulnérabilité.
    - Indication que les E-U sont derrière le raid aérien tuant 21 enfant au Yemen alors que le premier ministre en a pris l’entière responsabilité.
    - Le programme de torture de Bush a inspiré des centaines de jihadistes.
    - Obama a travaillé étroitement avec les Républicains afin de faire annuler toute tentative par l’Espagne d’intenter un procès contre Bush et ses compères pour tortures et crime contre l’humanité.

    Présentement, Washington fait tout pour anéantir Wikileaks, sachant très bien que les prochains cables traiteront des banques et banquiers américains ce qui créera probablement un scandale partout sur la planète.

    Tous les cables entre les mains de Wikileaks n’étaient pas classifiés « top secret », d’où la facilité d’y avoir accès.

    En ce qui concerne les dossiers sur le 11 sept. il est évident que les documents sont classifiés « top secret » mais j’opte plutôt pour leur destruction totale. Personne ne veut laisser de trace sur un crime de cet envergure à moins que quelqu’un ait eu la brillance d’en préserver quelques uns et un jour, dira la vérité.

  • friedrich

    Salut Reopen,

    J’ai déniché cet excellent article sur Wikileaks

    http://mondeenquestion.blogspot.com/2010/12/wikileaks-ou-le-triomphe-de-la.html

    Cordialement

  • lutèce

    Merci Friedrich! Un article avec une perspective tout à fait intéressante!

  • lutèce

    Je viens de dénicher cet article du mois d’août par Engdahl sur Wikileaks. Vous l’avez peut-être déja posté quelque part?!

    http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/Geopolitics___Eurasia/WikiLeaks/wikileaks.html

  • lutèce

    Juste un Tout Dernier lien pour les anglophones;
    http://globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=22275

    Passablement rigoureux et gratifiant pour les « sceptiques ».

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