ReOpen911.info : Site d'information sur les attentats du 11 septembre 2001

Attentats du 11 Septembre

Association loi 1901 pour la réouverture de l'enquête sur le 11 Septembre. Site d'information sur les attentats du 11 Septembre.

L’arsenal nucléaire israélien sous les projecteurs… pour isoler l’Iran ?

Le nucléaire iranien fait couler beaucoup d’encre. Quant à l’arsenal nucléaire israélien, le sujet est bien plus rarement évoqué :  n’ayant jamais infirmé ou confirmé détenir ce genre d’armement, Israël n’est pas signataire du Traité de non-prolifération nucléaire. C’est pourquoi tout contrôle de l’Agence Internationale de l’Energie (l’AIEA) sur son territoire est impossible. Pourtant, l’Etat hébreu disposerait actuellement d’un arsenal conséquent estimé, selon les experts, entre 100 à 200 têtes nucléaires, tout comme de missiles à longue portée. Tandis que se tenait à Washington le sommet international sur le nucléaire les 12 et 13 avril 2010 avec 47 pays représentés, le chef du Gouvernement Benjamin Netanyahou, sachant que le  sujet du nucléaire israélien serait évoqué, a préféré déléguer son vice Premier ministre à ce sommet. En effet, le groupe des Nations arabes (18 nations représentées) étant parvenu à faire inscrire cette question à l’ordre du jour, l’AIEA s’est pour la première fois intéressée au programme nucléaire secret israélien. L’évocation de cet arsenal risque de modifier certaines relations diplomatiques.  Cet éclairage soudain correspondrait-il à une manoeuvre de la part des Américains pour contraindre la Chine et la Russie  à durcir  le ton  vis-à-vis de l’Iran ? Si  le nucléaire israélien était  officiellement discrédité de par le monde, la Russie et la Chine ne pourraient plus reprocher à la communauté internationale de fermer les yeux sur cet arsenal. Dès lors les Etats-Unis, libérés de toute pression, pourraient appliquer les sanctions de leur choix contre l’Iran isolé … et pourtant dépourvu de tout armement nucléaire, mais que l’on sanctionne, à la demande, entre autres, d’Israël.  L’article que nous vous proposons sur le sujet a été publié par lemonde.fr.

 http://www.armagedon.org.il/images/dimona_from_above.jpg

La centrale Nucléaire de Dimona, Israel 
 

 

Arsenal nucléaire : Israël sur la défensive

Dan Meridor, vice-premier ministre israélien, en pleine discussion avec Yukiya Amano, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le 13 avril 2010, lors de la conférence sur la sécurité nucléaire à Washington.
 
AFP/SAUL LOEB – Dan Meridor, vice-premier ministre israélien, en discussion avec
 Yukiya Amano,  directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA),
le 13 avril 2010, lors de la conférence sur la sécurité nucléaire à Washington.

 

Jérusalem Correspondant

Les autorités israéliennes s’étaient réjouies un peu vite à la fin de la conférence sur la sécurité nucléaire, les 12 et 13 avril, à Washington. En dépit des interventions de représentants arabes stigmatisant le statut singulier de l’armement nucléaire d’Israël, l’alerte n’avait pas été très chaude car le programme nucléaire de l’Iran avait dominé les débats. Il en va autrement avec la déclaration adoptée le 5 mai, à New York, par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France), en marge de la conférence de suivi du traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Dans ce texte, les cinq puissances nucléaires officielles reprennent à leur compte la résolution de 1995 du TNP, qui avait appelé à l’établissement d’une zone dénucléarisée au Proche-Orient. Cette initiative vise bien sûr l’Iran, mais pas seulement. Israël est en effet la seule puissance nucléaire reconnue de la région, avec un arsenal que l’organisation américaine

Arms Control

Association évalue entre 75 et 200 têtes nucléaires.

Il s’agit donc d’un revers diplomatique – mais à ce stade encore limité -, pour Israël, dont la politique dite d’"ambiguïté" (qui vise à maintenir la fiction selon laquelle il ne "sera pas le premier (Etat) à introduire des armes nucléaires au Proche-Orient") est tacitement soutenue depuis plusieurs décennies par les Etats-Unis. Le fait que Washington critique implicitement le statut nucléaire d’Israël est interprété, à Jérusalem, comme un signe de la dégradation des relations bilatérales.

Cette initiative des Cinq est d’autant plus préoccupante qu’elle s’accompagne de celle du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, qui, dans une lettre du 7 avril (rendue publique mercredi 5 mai), demande aux ministres des affaires étrangères des 151 Etats membres de l’organisation de Vienne de lui fournir "leurs points de vue" pour tenter de convaincre Israël de signer le TNP.

Déjà en septembre 2009, l’AIEA avait adopté une résolution au titre sans ambiguïté ("Capacités nucléaires israéliennes"), enjoignant l’Etat hébreu de placer ses installations nucléaires, c’est-à-dire notamment son réacteur de Dimona, dans le Néguev, sous sa supervision. Les Israéliens ne peuvent pourtant pas être surpris par la déclaration des Cinq. Depuis plusieurs mois, des responsables américains étaient en contact avec le gouvernement égyptien, qui a pris la tête du combat en faveur d’un Proche-Orient débarrassé d’armes nucléaires, qui vise notamment Israël.

L’Egypte, chef de file des pays non alignés au sein de la conférence du TNP, avait prévenu que si elle n’obtenait pas satisfaction avec la déclaration des Cinq, elle s’opposerait à toute autre décision de la conférence. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est efforcée d’atténuer l’inquiétude israélienne en soulignant que la perspective d’un Proche-Orient dénucléarisé ne saurait voir le jour sans un accord de paix régional. Elle a également rappelé que les Etats-Unis demandent à tous les pays de la région de renoncer à leurs armes de destruction massive.

Les autorités israéliennes ont refusé de commenter la déclaration des Cinq. Interrogé par Le Monde sous le couvert de l’anonymat, un responsable israélien rappelle cependant la position officielle : "Nous maintenons notre soutien au principe d’un Proche-Orient dénucléarisé. Mais pour que cette option soit abordée de façon sérieuse, il faudrait qu’il y ait des relations de paix entre tous les pays de la région, sinon c’est un voeu pieux. Sans la paix, c’est une initiative qui n’a aucun sens."

"De plus, ajoute-t-il, il ne faut évidemment pas se contenter de viser les seules armes nucléaires, mais toutes les armes de destruction massive. Or les pays arabes n’ont entériné aucun traité ou presque interdisant les armes bactériologiques et chimiques. Cette déclaration, se rassure-t-il, ne cite pas nommément Israël, même si nous savons bien à quoi nous en tenir."

Israël n’a aucune intention de signer le TNP. Il estime que ce traité a démontré son inefficacité, puisqu’il n’a pas empêché des pays comme l’Iran, mais aussi la Syrie, la Libye et l’Irak de franchir clandestinement certaines étapes menant à la production d’armes atomiques. Ces programmes ont précipité par le passé des interventions de l’armée israélienne (en Irak en 1981 et en Syrie en 2007).

L’arsenal nucléaire d’Israël a rarement été à ce point mis sur la sellette. Ephraim Kam, expert des questions nucléaires et de l’Iran à l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv, explique que si cette déclaration des Cinq reste sans lendemain, le revers sera probablement sans conséquence pour Israël. "Tout dépend si Washington ira plus loin, en adoptant des mesures concrètes, pratiques, pour faire pression sur Israël, afin qu’il rejoigne le TNP, observe-t-il. Ce n’est qu’ainsi que nous verrons si les Etats-Unis ont changé d’attitude. Le dialogue sur ce point va s’engager avec Washington."

Les Israéliens comprennent l’intention américaine, qui vise à donner des gages aux pays – Russie et Chine notamment – réticents à adopter des sanctions plus dures contre l’Iran, alors que, de leur point de vue, l’arsenal nucléaire d’Israël bénéficie d’une sorte d’impunité de la part de la communauté internationale.

Ils estiment cependant que la tentation de vouloir renvoyer dos à dos le régime iranien et les autorités israéliennes est un positionnement à la fois inique et dangereux.

Laurent Zecchini

Une puissance nucléaire

Traité de non-prolifération nucléaire. Israël n’est pas membre du TNP et n’a pas signé la Convention sur les armes biologiques (bactériologiques). L’Etat hébreu a signé, mais non ratifié, la Convention sur les armes chimiques.

Vecteurs. L’armée israélienne en disposerait potentiellement de trois pour utiliser ses armes nucléaires : ses avions F-16 et F-15 ; les missiles balistiques Jericho I et II ; des missiles de croisière embarqués sur trois sous-marins de la classe Dolphin.

Cinq zones libres d’armes nucléaires. Créées par traité, elles concernent l’Amérique latine et la Caraïbe (traité de Tlatelolco, en 1967), le Pacifique sud (traité de Rarotonga, en 1985), l’Asie du Sud-Est (traité de Bangkok, en 1995), l’Afrique (traité de Pelindaba, en 1996) et l’Asie centrale (traité de Semipalatinsk, en 2006).

 Article paru dans l’édition du 08.05.10


 

Note ReopenNews

A la base du nucléaire israëlien : les relations franco-israëliennes dans les années 50
 

En 1949, David Ben Gourion, premier ministre de l’Etat naissant d’Israël, amorce le programme nucléaire. Tout au long des années 50, la France et Israël coopèreront dans la recherche nucléaire, les deux nations s’engageant ainsi dans un processus de dissuasion à l’encontre de l’Egypte de Gamal Abdel Nasser concernant le contrôle du Canal de Suez. 1957 : les accords franco-israëliens diplomatiques et techniques sont supervisés par l’israëlien Shimon Pérès qui puise dans les fonds du Ministère de  la  Défense pour financer le projet. Avant l’éclatement de la crise du Canal de Suez, la France a promis de fournir la centrale israélienne de Dimona qui sera implantée dans le désert du Neguev  : elle livre un réacteur de 24 mégawatts et délègues des techniciens sur place. Les travaux de la Centrale de Dimona débutent en 1958. Le Général de Gaulle, revenu au pouvoir cette même année, ordonnera l’arrêt de la coopération franco-israélienne sur le nucléaire en prévoyance des futurs accords d’Evian en 1962 sur l’indépendance de l’Algérie  «Mais surtout, il veut assurer le caractère français de la bombe, recentrer l’outil de dissuasion sur le territoire national», indique Pierre Razoux, qui occupe aujourd’hui des fonctions au Collège de défense de l’Otan à Rome…" Si la France détient la bombe en 1960, pour Israrël, ce sera en 1967. Ensuite : "… Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing puis Jacques Chirac mèneront une politique nucléaire beaucoup plus proliférante. Paris ira même jusqu’à fournir un réacteur nucléaire, celui d’Osirak, à l’Irak de Saddam Hussein…" 1967 : à la veille de la guerre des Six jours, le Tsahal dispose d’armes nucléaires quasiment abouties. Un technicien, Morddechai Vanunu est condamné à dix-huit ans de prison pour avoir confié le secret du nucléaire israëlien au Sunday Times en 1986. En 2006, le premier ministre Ehoud Olmert reconnait que l’Etat est doté d’ogives nucléaires. Israël est donc la sixième puissance nucléaire au monde. Washington, voulant rester en ligne de tête sur ce programme (les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki au Japon) a refusé toute collaboration… 1990 : Tel Aviv a passé des accords de collaboration avec Berlin pour la livraison de trois sous-marins Dauphin …" Source


En lien avec l’article

Articles

  • Le secrétaire général de l’AIEA souhaite mettre en application une résolution demandant au régime israélien de signer le TNP / Agence presse de la Republique islamique / irna
  • Sérieuses confrontations Etats-Unis – Israël en vue ? Reopennews
  • "L’espion nucléaire" Vanunu condamné à trois mois de prison (tribunal) / lemonde.fr
  • Nucléaire israélien, l’Europe à l’abri ? / voxnr
  • La Centrale nucléaire de Dinoma
  • Stratégie du secret /  Le "flou nucléaire israélien" / monde-diplomatique.fr – Extrait :"Deux chercheurs israéliens, Avner Cohen et Yoel Cohen, viennent de publier chacun un livre qui traite du « flou nucléaire » considéré comme un élément stratégique de la politique israélienne…Israël est actuellement le seul des huit Etats disposant de l’arme nucléaire à maintenir le plus grand flou sur cette capacité. Paradoxalement, même les révélations de Mordehai Vanunu, un ancien technicien de Dimona, sur le programme nucléaire militaire d’Israël dans le Sunday Times (2), il y a près de vingt ans, n’ont rien changé… Ce qui frappe enfin, dans le livre d’Avner Cohen comme dans celui de Yoel Cohen, c’est la complaisance et l’hypocrisie des gouvernements des Etats-Unis comme des pays de l’Union européenne à l’égard de l’activité nucléaire d’Israël…"   

Vidéo

  • L’arsenal nucléaire israélien  – document BBC 2003 / dailymotion
  • Le Président Barack Obama répond à la journaliste Helen Thomas sur la question du nucléaire au Proche-Orient / V.O.
  • "Le projet nucléaire israélien et les fonctions des réacteurs de Dimona sont rarement évoqués par les médias. En novembre 2001, la projection de "A Bomb in the Basement" par Channel Two en Israël a été un événement unique." / V.O.
     

 





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